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Le sac de luxe pour hommes

Audacieux et fonceur, Paolo Bari a créé en juillet 2017 sa propre marque de sacs en cuir pour hommes réalisée à Naples par l’une des meilleures usines au monde. Au-delà du style élégant et racé, les modèles de ce jeune entrepreneur liégeois de 23 ans sont fonctionnels et ne tolèrent aucun compromis question qualité des matériaux. « On ne veut pas d’un luxe qui ne serve à rien », clame-t-il, alors qu’il vient de lancer en décembre une nouvelle collection de trois modèles de sacs complémentaires au design 100% belge. Pour financer la production, le créateur liégeois a opté pour un canal de vente inconnu dans le secteur du luxe : une campagne de prévente. Une stratégie audacieuse et moderne qui reflète le caractère volontaire et combatif de ce jeune entrepreneur qui en a fait une réelle image de marque. Un cadeau intemporel à (se) faire sans tarder !

www.paolo-bari.com

Active dans le secteur de l’emballage depuis 1858 à Lille, fondée en 1885, l’entreprise Delsaux a posé ses cartons en 1924 à Mouscron où elle occupe aujourd’hui une superficie de 5.500m2 dans le zoning industriel. Après la Belgique, les Pays-Bas constituent son deuxième marché.


Le profil de cette entreprise familiale – son fondateur, Paul Delsaux, a transmis son savoir-faire de génération en génération – se range du côté de l’artisanat industriel. Chaque produit est différent et résulte d’un processus de création artistique soutenu par une maîtrise technique parfaite. Chaque commande suit un parcours qui va de la conception à la fabrication, en commençant par le bureau d’étude qui gère la partie création esthétique en tenant compte des contraintes techniques. Les logiciels de développement et les tables traçantes permettent de réaliser des prototypes uniques au format et les possibilités d’imprimer des décors. Ainsi, le client peut se faire une idée bien précise des dimensions et de l’aspect visuel de son projet. « Nous travaillons de la même manière avec l’artisan chocolatier qu’avec une entreprise de cosmétique de luxe. Nous pouvons répondre à une commande de 100 à 200.000 pièces, c’est le point fort de notre entreprise », explique l’administrateur délégué Charles Delsaux.

Un savoir-faire hérité des boîtes à pralines

En Belgique, la tradition des fameuses « boîtes de pralines » pourrait expliquer l’origine de ce savoir-faire. La sublimation de l’emballage alimentaire est une tradition qui remonte à l’implantation de la maison Neuhaus à Bruxelles, en 1857. Appel d’offres, projets, maquettes, devis, commandes, production et livraison, chaque étape est un défi face à la concurrence mondiale. Chacune des réalisations a pour vocation de devenir une référence. C’est une performance, un spectacle. C’est particulièrement vrai dans le cosmétique, la parfumerie et l’échantillonnage. Ces secteurs ont toujours souhaité créer une mise en scène qui doit être le reflet du produit. L’emballage fait partie du produit et devient son âme.

« Nous travaillons beaucoup dans la mise en scène de l’aide à la vente par échantillonnage, par exemple les tapis, les tissus, les peintures… jusqu’à la pierre bleue, précise Charles Delsaux. Nous travaillons sur des nuanciers, des coffrets d’exception, des catalogues d’échantillons. Le visuel et le contact tactile sont des soutiens à l’argumentaire de vente. La mise en valeur d’un produit d’excellence doit être à la hauteur de sa promesse. La vente est une mise en scène qui doit être crédible et authentique. »

Les Arabes emballés également

Même si les réseaux fonctionnent très bien, Delsaux Cartonnages assure aussi sa présence sur ses marchés de base via les salons professionnels.Charles Delsaux : C’est l’occasion de consolider notre position et de rencontrer de nouveaux clients qui recherchent notre profil, à savoir une « vocation généraliste », avec une légitimité sur la chocolaterie, la confiserie et la  biscuiterie, mais aussi la parfumerie et le cosmétique ».

Installée à la première porte d’entrée sud de la Wallonie, à proximité de plusieurs nœuds autoroutiers, l’entreprise affiche clairement des visées internationales. « Nous pouvons maintenant dire que 50% de nos commandes vont à l’export, principalement vers la France et les Pays-Bas, ce pays étant notre second marché. Nous avons aussi des réseaux de clientèles en Angleterre et en Allemagne. Nous commençons même à avoir des clients dans la région du golfe Persique… »

Bon à savoir : Cartonnages Delsaux produits des cartons verts. L’entreprise, en effet, a installé 1.295 m² de panneaux solaires sur sa toiture. Au nombre de 800, ces panneaux permettent de produire 180.000 kWh d’électricité « verte », ce qui correspond à la consommation annuelle moyenne d’environ cinquante-deux ménages.

 

Cartonnages Delsaux
Boulevard du Textile 13
B-7700 Mouscron
+32 (0) 56 33 12 78
info@cartonnagesdelsaux.com
www.cartonnagesdelsaux.com 

La société namuroise Bibmatic a mis au point “Invineo”, un distributeur de vin au verre d’un nouveau genre, résultat de quatre années de recherches. Vingt-cinq prototypes sont actuellement testés.

 
Inscrite à Andenne mais actuellement installée dans des locaux industriels de Court-Saint-Etienne, en Brabant wallon, la SA Bibmatic est dirigée par Thierry Tacheny. Fils de Jules Tacheny, pilote de moto belge qui géra notamment le circuit de Mettet, l’homme n’a pas suivi les traces paternelles mais s’est investi corps et âme depuis 1983 dans la pub et les médias. Il est l’un des fondateurs de la régie IP, il en fut DG ajoint, et participa à ce titre à la recherche du financement de RTL-TVi en Belgique. Après une expérience similaire de cinq ans en France, il revient au pays en 2002 pour diriger le groupe SBS Belgium, multinationale qui détient les chaînes flamandes VT4, Vijf et Zes. En 2014, il disparaît du paysage médiatique, il a décidé de changer de vie.

« Après 35 ans, explique Thierry Tacheny, il y a toujours quelques idées saugrenues qui traînent dans les tiroirs. Invineo en est une. C’est une vraie idée de créatif, spontanée, du type de celles qui naissent en fin de soirée… Nous étions plusieurs à déguster du vin lorsque nous nous sommes demandés s’il était possible d’inventer une technologie permettant de servir un verre de vin de qualité à la bonne température et de créer ainsi une manière originale de servir le vin. »

 Les 3 F

La réflexion peut étonner lorsque l’on sait que d’autres machines du genre existent dans l’Horeca. Mais leur système a des limites et nécessite notamment l’injection de gaz alimentaire ou d’azote pour remplacer le vin prélevé et éviter l’oxydation du solde de vin. Après avoir consulté plusieurs spécialistes et techniciens, Thierry Tacheny décide d’aller plus loin et d’investir pour créer un prototype avant de pouvoir en déposer le brevet.

« J’ai fait appel à la société WOW Technology (tombée en faillite en 2017 – ndlr) à Namur. Mon ambition est de créer un service qui pourrait s’apparenter à une célèbre machine à café où il suffit de placer une capsule pour avoir un café à la bonne température, une espèce de sommelier à domicile. Après un tour des trois F (Friends, Family and Fools – Famille, Amis et Fous), nous avons levé un budget de 750.000 euros et obtenu aussi un prêt de la Région wallonne de 350.000 euros via son programme d’aide aux prototypages. Ce budget nous a permis de valider la faisabilité du projet dans de bonnes conditions et d’élaborer un prototype présentable permettant de refroidir, servir et conserver le vin, mais aussi une surveillance à distance. »

 Vin en tube

Concrètement, Invineo se présente comme une grosse machine à café comme on les voit dans l’Horeca avec trois tubes de vin protégés par une coque en plastique et ornés d’une grande étiquette, plus grande que celle d’une « vraie » bouteille. De loin, on dirait un magnum. Le vin n’est en effet pas distribué en bouteilles dans cette machine d’un nouveau genre, mais dans un contenant mi-carton, mi-plastique qui contient une poche de bag-in-box (BIB) pouvant être servie par le haut et non par un robinet extérieur.

Le vin est expulsé du tube par un mécanisme qui le refroidit dans le même temps. Aucun gaz alimentaire n’est ajouté, le vin est donc préservé de l’oxygénation. Chaque tube contient deux litres de vin et dispose d’une autonomie de vie de l’ordre de neuf semaines. Une puce est collée sur chaque tube et permet à la machine d’analyser les ventes et d’être contrôlée à distance par Bibmatic.

« Notre projet, continue l’ex-publicitaire, n’est pas seulement de vendre nos machines et d’en assurer l’entretien, mais surtout de vendre les tubes et d’étendre la gamme au fil des ans. La prochaine étape va être l’aménagement d’une usine logistique où seront stockés ces vins et les cartouches assemblées. »

Pour sa première gamme de vins, Invineo a récupéré les soixante références qui ont quelque temps été commercialisées chez nous sous la forme de BIB par la société française BiBoViNo qui s’est retirée du marché belge mais poursuit ses activités en France. Pour l’heure, les vins arrivent chez Bibmatic dans des poches Biobovino et sont transvasés dans les contenants Invineo. A moyen ou long terme, Bibmatic devrait importer ses propres vins, mais ce sera pour une étape ultérieure.

En mars 2018, les promoteurs du projet ont levé 2,7 millions supplémentaires et élargi l’actionnariat à quelques acteurs du vin, tels que Cinoco/Le Palais du Vin ou Jean-François Baele qui abrite actuellement le remplissage des poches dans son entrepôt du Ry d’Argent à La Bruyère. La Société régionale d’investissement  de  Wallonie  (SRIW)  a  également mis 750.000 euros sur la table tandis que Namur Invest a avancé 250.000 euros.

 Quels marchés ?

L’intention d’Invineo n’est pas de démarcher la restauration gastronomique qui dispose généralement d’un sommelier en chair et en os, mais de viser des établissements plus modestes qui peuvent ainsi débiter trois vins (ou six avec deux machines) et se concentrer sur leur core business. Mais on peut aussi imaginer de placer ce type de machines dans les hôtels, soit au bar ou, pourquoi pas ?, dans les chambres. Vingt-cinq machines sont actuellement en test dans divers établissements, deux ont même été placées au Parlement wallon avec six vins wallons.

Pour Fabrizio Bucella, l’un des propriétaires du bar à vins Wine Club qui teste la machine, celle-ci a trois avantages : « La température de service, le dosage choisi sur le tableau de commande exactement respecté et l’approvisionnement très facile par Invineo. Pour le service au verre, la gestion des tubes est beaucoup plus simple que celle des bouteilles dont on jette souvent une bonne partie en fin de journée ou le lendemain. A terme, je vois bien un coin avec cinq machines et quinze vins qui seront débités sans aucun problème. »

La reproduction en série est en cours d’étude, les premières Invineo sortiront à la mi-2019. Thierry Tacheny et son associé Etienne Mertens espèrent pouvoir en placer 2 à 3.000 dans les 3 à 5 ans, la rentabilité devrait être atteinte au seuil de 1.500 pièces. Celles-ci devraient être assemblées en Wallonie, créant par là aussi une cinquantaine d’emplois.

 www.invineo.com

 

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Laurent Couline a notamment (dés)habillé Beyoncé. Concrètement, c’est le couturier français Thierry Mugler qui a dessiné le dernier costume de scène de la star, mais derrière celui-ci se cache aussi une bonne dose de technologie. C’est là que notre créateur liégeois entre en scène pour trouver une solution qui permette de désintégrer le costume à distance. Au départ, le projet était basé sur des électro-aimants. Mais, compte tenu des contraintes liées aux conditions de scène, Laurent a privilégié une nouvelle solution basée sur des servo-moteurs miniatures tels que ceux utilisés en modélisme. Pour l’artiste liégeois, la créativité ne sert pas seulement l’apparence finale de ses réalisations, elle intervient aussi à chaque étape de leur conception technique. Malheureusement pour ses fans liégeois, Beyoncé ne s’est pas déplacée dans la Cité Ardente lors de la réalisation de ce costume, Laurent ayant travaillé à distance.

 Contrôlé aux rayons X

« Peu après les attentats de Paris, j’ai dû me rendre à Saint-Denis avec des armures et des scaphandres pour les essayages du film « Valerian », la superproduction française à 200 millions d’euros. Dans le Thalys, on m’a forcément posé quelques questions. De même, dans les aéroports, le personnel de sécurité s’amuse du contenu de mes valises. Ils me posent des questions quand ils voient passer foreuses, outils et armures aux rayons X ! Quand j’ai dû rejoindre Luc Besson en Californie, il m’avait d’ailleurs fourni une lettre de recommandation avec des numéros à contacter en cas de doute. J’ai aussi toujours avec moi mes contrats de travail, les plans et l’historique du projet… »

Ses trois endroits favoris en Wallonie

Fan du grand Canyon et des parcs de l’Ouest américain, le Liégeois reste attaché à ses racines.

La Cathédrale de Liège • « Bien que je sois athée, c’est un des endroits où j’aime aller m’asseoir pour me ressourcer. Ma grand-mère m’emmenait aux Chiroux pour louer des livres, elle allait ensuite prendre un café et on repassait parfois par la cathédrale. C’est un endroit de paix en plein centre de l’agitation de la ville. »

Le marché de Noël de Milmort • Originaire de la plus petite ville du monde, Durbuy, Laurent Couline recommande le plus petit marché de Noël du monde qui se situe dans le village de Milmort où il a installé son atelier. « Il n’y a qu’une seule bawète (mot wallon pour désigner une ouverture sur l’extérieur ou par extension un stand, ndlr), où on vend des huitres ».
Spa-Francorchamps • Passionné de sport automobile, Laurent Couline a roulé en Nascar à Las Vegas. Du coup, il embarque souvent son vélo à Francorchamps afin de se promener autour du circuit lorsqu’il y a des courses.  « Je bois une bière au-dessus du Raidillon, je suis heureux ».

Bio express

1972 : Naissance à Liège
1994 : Degré supérieur d’humanité artistique à Saint-Luc (Liège)
1995 : Stage à l’Opéra Royal de Wallonie et rencontre avec Georges Dejardin
1998 : Stage au Jim Henson’s Creature Shop de Londres (Muppet Show, Dark Crystal, Star Wars) et aux Tatopoulos Studios à Hollywood (Stargate, Gozila, I-Robot, Underworld)
2002 : Crée l’hippopotame du long-métrage d’Alain Chabat : « RRRrrr…. !!! ». Entame une collaboration avec Franco Dragone en réalisant des costumes, accessoires, masques et perruques pour ses spectacles

2002 à 2004 : Costumes, décors et accessoires pour la tétralogie de Richard Wagner : « Der Ring des Nibelungen » (Opéra Royal de Wallonie)
2009 : Réalise deux costumes animatroniques pour « Beyonce » « I am tour », en collaboration avec Thierry Mugler.

2011 : Costumes, masques et accessoires pour les danseuses du Moulin Rouge

2015 : Costumes, accessoires et masques pour le long-métrage de Luc Besson : « Valerian »
2018 : Réalise 70 masques et accessoires pour «  MacBeth » (Opéra Royal de Wallonie)

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Quel est le point commun entre Beyoncé et Alain Chabat, et entre le Cirque du Soleil et Luc Besson ? Les deux premiers peuvent danser (rappelez-vous la célèbre Carioca de la Cité de la Peur), les deux autres ont travaillé avec le même compositeur, Eric Serra. Mais ce qui les rassemble tous les quatre, c’est qu’ils ont collaboré avec un artiste de chez nous, Laurent Couline.

 

Et ils ne sont pas les seuls ! De Paris à Hollywood, masques, costumes, accessoires et autres créations de Laurent Couline se retrouvent dans toute une série de films et de spectacles. Comme par exemple dans « Valerian », la dernière superproduction de Luc Besson, ou lors des tournées de Beyoncé, où il a été chargé d’habiller la star elle-même !

Mais, d’abord, qui est Laurent Couline ? Un aventurier. Un gamin de Aisne (minuscule village lové dans la mignonne vallée du même nom pas très loin de Durbuy) qui avait envie de rêver, de s’amuser et de repousser les limites. « Un jour, j’irai à Hollywood », déclara le jeune homme. Non seulement il l’a fait, mais il ne s’est pas arrêté là ! Entre Chine et Etats-Unis, il voyage aujourd’hui à travers le monde entier pour les besoins de ses clients, car les plus grandes productions viennent aujourd’hui le chercher afin qu’il conçoive des accessoires de costumes qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

L’histoire de chaque costume, accessoire de scène, armure et masque commence cependant près de chez nous, à Milmort (Herstal), où Laurent Couline réalise les rêves les plus fous de ses clients, depuis l’esquisse des premiers plans jusqu’au façonnage de ses créations. C’est là, en région liégeoise, que nous sommes partis à la rencontre de cet artiste dont l’univers est aussi fascinant qu’un spectacle du Moulin Rouge.

Vous rappelez-vous comment votre passion est née ?

Tout jeune, je réalisais déjà des décors pour les fêtes du village. Mais au départ de mon parcours, il y a probablement un peu d’hérédité. Ma mère, Michelle Dessouroux, s’occupait des spectacles de Saint-Nicolas dans mon village. Mon père, Pierre Couline, était bijoutier. Mon grand-père, Freddy Dessouroux, était ingénieur et il réparait aussi des jouets. Et mon beau père, Alain Lovenberg, est toujours graveur ciseleur sur armes - il en a d’ailleurs réalisé une pour Steven Spielberg. Enfin, mon autre grand-père, Walther Couline, était un marin, un aventurier. 

Vous avez suivi une formation spécifique ?

Le métier que j’exerce aujourd’hui, on ne l’apprend nulle part. Enfant, j’adorais aller au cinéma. J’en ressortais rempli de rêves. J’avais envie de créer des univers, des monstres… Star Wars et Dark Crystal sont des films qui m’ont vraiment marqué. J’aimais aussi beaucoup Freddy Krueger, référence du cinéma d’horreur. A l’époque, j’achetais des magazines Mad Movies, sur le cinéma fantastique, d’horreur et de science-fiction. Un jour, à la fin d’un magazine, j’ai vu une publicité pour des cours de maquillage par correspondance, en cassettes vidéo. C’est ainsi que j’ai commencé à maquiller mes amis, à leur faire de fausses brûlures. J’ai fait des humanités artistiques à Saint-Luc. Aujourd’hui, je suis toujours content quand une ancienne institutrice me propose de venir parler de mon métier car, à l’époque, j’étais un très mauvais élève, dissipé, qui a même doublé quelques fois. On ne croyait pas en moi. Pourtant, j’ai réussi à faire ce que j’aime.

 Y a-t-il eu quelqu’un qui vous a aidé à démarrer ?

Ce métier est impossible à apprendre si l’on ne voyage pas. Quand j’ai commencé, je pratiquais un anglais approximatif mais je suis parti à Los Angeles, au culot. J’ai sonné aux portes des maîtres des effets spéciaux mécaniques avec une maquette sous le bras et j’ai eu la chance que Patrick Tatopoulos m’ouvre ses portes. C’est une référence dans le domaine pour ses contributions à de superproductions telles que Batman ou Godzilla.

 

 D’autres rencontres déterminantes ?

J’ai eu la chance de rencontrer le maître-perruquier de l’Opéra Royal de Wallonie, Georges Dejardin. Il a été le premier à croire en moi. Il m’a appris les bases du métier : faire des faux nez, des cheveux… Ca me plaisait à 200% ! J’ai vraiment eu un déclic, un coup de cœur. A l’époque, j’étais un peu paumé mais une fois que j’ai vu son travail, tout s’est éclairé, cela me semblait naturel de m’investir totalement pour cela. J’ai quitté l’univers des sorties un peu punk et les copains métalleux et j’ai investi tout mon temps et mon argent dans la construction de mon métier.

Une autre rencontre déterminante dans mon parcours est Michel Strée, un rebelle idéaliste des années 80, connu pour avoir pris un bus en otage alors qu’il était encore adolescent. Muni de fausses armes, il a mené le bus jusqu’à la RTBF où il voulait dénoncer les abus et donner au monde son point de vue. « Cowboy », le film de Benoît Mariage, avec Benoît Poelvoorde, s’inspire d’ailleurs de ce fait divers. A la fin du film, une longue interview est consacrée à Michel Strée. Son acte n’était certainement pas une bonne solution car il était naïf, mais à mes yeux, c’était Robin des Bois. Il volait littéralement aux riches pour donner à manger aux pauvres à la gare du Midi. Quand je l’ai rencontré, il a cru en moi. Avec lui, nous avons organisé des fêtes médiévales pour diffuser les valeurs de la vraie chevalerie, la défense de la veuve et de l’orphelin. 

Georges Dejardin et Michel Strée m’ont donné des ailes. Avant de les rencontrer, j’étais anesthésié par l’incompréhension de la vie. Grâce à eux, j’ai pu me réaliser. Georges pour le côté pro, Michel pour le côté humain. C’était des rencontres magiques qui m’ont vraiment donné confiance en mon talent et en mes capacités à l’exploiter.

 Sur quels projets travaillez-vous aujourd’hui ?

J’aime me plonger dans des univers différents, chaque projet contient sa part de magie et de défis techniques. Les codes du cinéma ou du spectacle vivant ne sont pas les mêmes et c’est justement la possibilité de passer d’un monde à l’autre sans transition qui m’amuse beaucoup. En ce moment, je peux passer du façonnage de bébés pour une scène d’accouchement à un projet de décapitation pour une reconstitution historique. Après avoir créé la tête, je dois créer des fausses épaules et concevoir une mise en scène pour pouvoir procéder à une décapitation en toute sécurité. Je vais aussi prévoir de vrais faux cheveux pour que l’on sache bien attraper la tête !

A côté des superproductions pour le cinéma ou de mon travail pour les arts de la scène, notamment pour l’Opéra Royal de Wallonie, je travaille également pour des collectionneurs privés. Chaque projet a une approche différente. Un jour, un client m’a demandé de reproduire une racine de trente centimètres sur deux mètres de haut. Je l’ai construite à partir d’une armature en acier, avec des volumes en polystyrène et recouverte d’un treillis. La finition est en époxy recouvert d’un vernis. Cette œuvre est aujourd’hui au Parlement Européen. Celle-là, je l’aurais bien gardée pour moi…

 Quels conseils donneriez-vous aux personnes désireuses de se former à votre métier ?

Au départ, il faut des qualités artistiques. Ensuite, des capacités d’adaptation, d’écoute et un sens de la négociation. Une certaine souplesse horaire est également de mise. Par exemple, sur le tournage de « Valerian » qui a duré six mois, il y a eu six mois de travail en atelier, à raison de douze à seize heures de travail par jour. J’ai conçu six costumes pour le comédien principal Dane DeHaan et quatre pour Cara Delevingne. Pourquoi autant ? Parce qu’il y avait des cascades et qu’il fallait assurer si un costume venait à être endommagé. C’est le genre de tournage avec 3.000 personnes dans l’équipe de production, on ne peut donc pas perdre une seule heure. Il faut pouvoir intervenir sur place. Pour ce tournage, lors du dernier essayage, Luc Besson m’a demandé de réduire l’épaisseur du col des scaphandres de quatre millimètres. Afin de respecter les délais, certaines productions exigent de travailler de nuit ou les week-ends. Bref, à ceux ou celles qui auraient vraiment envie d’exercer ce métier, je conseille de bien se structurer, de prendre des risques calculés et de bien faire les choses. 

Laurent Couline

+32 (0) 477 91 33 60

www.laurentcouline.com

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Organisé par l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers (AWEX), le Grand Prix Wallonie à l’Exportation est un concours bisannuel qui récompense les entreprises qui ont contribué à la promotion de la qualité et du savoir-faire wallon à l’étranger, grâce à une augmentation de leur volume d’exportation ou par la conquête de marchés difficiles.

 

 

Mention exceptionnelle du jury

UCB, des médicaments et des solutions innovantes!

Créée en 1928, UCB est une société biopharmaceutique qui se consacre à la recherche et au développement de nouveaux médicaments et de solutions innovantes destinés aux personnes atteintes de maladies graves du système immunitaire ou du système nerveux central. L’entreprise travaille avec 7.500 collaborateurs répartis dans une quarantaine de 40 pays, dont près de 2.000 sur son site de Braine-l’Alleud où l’emploi, ces trois dernières années, a progressé de 12% et où UCB a récemment investi quelque 100 millions d’euros dans son usine pilote biotech, les biotechnologies constituant la nouvelle cible de l’entreprise depuis le début des années 2000.

Chaque année, UCB investit plus d’un milliard d’euros en R&D afin de trouver de nouvelles solutions pour ses trois millions de patients qui sont répartis un peu partout dans le monde puisque l’entreprise brabançonne exporte plus de… 99% de sa production ! Les marchés clés sont les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Angleterre, la France, l’Espagne, l’Italie, le Japon et la Chine.

En 2017, le chiffre d'affaires d’UCB a connu un nouveau record : 4.5 milliards d’euros.  

 

Grand Prix Wallonie à l’Exportation 

Lasea, le spécialiste du micro-usinage laser

Lasea est une société de 68 personnes spécialisée dans la fabrication de machines de micro-usinage laser extrêmement précises (jusqu’à 0,2µm, soit 250 fois moins que le diamètre d’un cheveu). Basée à Liège, elle est également présente à Bordeaux depuis 2012 et a plus récemment ouvert deux filiales aux USA et en Suisse.

Avec 250 machines installées sur les quatre continents et dans vingt-sept pays, Lasea met à disposition ses technologies innovantes pour l’industrie pharmaceutique, médicale, électronique et horlogère. L’entreprise exporte notamment ses machines en Australie pour la réalisation d’implants électroniques auditifs, aux USA pour les implants intra-oculaires ou encore en Suisse pour la fabrication de montres (décors et pièces du mouvement). Elle compte parmi ses clients des grands noms de la Silicon Valley et plusieurs sociétés du top 5 de l’industrie horlogère suisse. Ses exportations représentent 95 % de son chiffre d’affaires avec 88% hors UE.

Lasea avait déjà obtenu le Prix Tremplin à l’Exportation en 2014. Depuis, l’entreprise liégeoise a plus que triplé ses effectifs (72 personnes hors acquisition Ciseo), tandis que son chiffre d’affaires (7 millions d’euros) a plus que doublé. 

 

Prix à l’Exportation « Grande exportation »

Euresys, des cartes d’acquisition d’image et des logiciels

Située dans le Parc Scientifique du Sart Tilman à Liège, Euresys est une PME qui développe, depuis 1989, des cartes électroniques d’acquisition d’image et des logiciels de traitement d’image. Les premières permettent de connecter une caméra à haute définition ou une caméra ultra-rapide à un PC, tandis que le logiciel Open eVision est constitué de nombreuses librairies de traitement d’image qui permettent l’alignement, la mesure, la reconnaissance de caractères et la lecture de codes barre ou de codes QR.

Les produits d’Euresys sont destinés au marché de la vision industrielle qui regroupe les caméras, les capteurs, les éclairages, les objectifs et les PC de calcul. Ces composants sont utilisés sur des lignes de fabrication dans l’industrie automobile, médicale, électronique, pharmaceutique, agroalimentaire ou l’imprimerie et permettent l’identification, le contrôle ou la mesure, en 2D ou en 3D.

Euresys, qui rivalise aujourd’hui avec des multinationales américaines, allemandes ou japonaises, exporte 99% de sa production au départ de la maison-mère et de ses filiales à Singapour, Tokyo, Shanghai et en Californie. En 2017, 92% de ses exportations avaient pour destinations des pays hors Union Européenne, dont 80% en Asie. 

Euresys s’est fortement développée en Corée du Sud et à Taiwan, où des taux de croissance sur 3 ans de 124% et 190 % ont été enregistrés. La Corée du Sud constitue aujourd’hui son marché le plus important.

 

Prix Wallonie à l’Exportation « Europe »

Thales Alenia Space, n° 1 des applications électroniques spatiales

En Belgique, Thales Alenia Space est représentée par sa filiale Thales Alenia Space Belgium (700 collaborateurs), à Charleroi, Louvain et bientôt Hasselt. Cette entreprise est non seulement le numéro 1 belge des applications électroniques spatiales pour satellites et lanceurs, mais aussi un leader mondial en conditionnement et distribution d’énergie pour satellites et un acteur majeur pour l’électronique des lanceurs européens. 

Réalisant près de 100% de son chiffre d’affaires à l’exportation, Thales Alenia Space Belgique s’est notamment distingué par son dynamisme au sein du secteur spatial européen. L’entreprise fournit non seulement 50 % de l’électronique d’Ariane 5, mais elle participe au développement de la chaîne de sauvegarde et des systèmes d’actionnement des tuyères du lanceur Ariane 6. En outre, elle sera bientôt la seule en Europe à produire automatiquement des panneaux solaires pour les satellites.

 

Prix Tremplin « Grande exportation »

Ampacimon ou l’intelligence dans les réseaux électriques

Créé en 2010 suite à des recherches menées, depuis 2003, au sein de l’Université de Liège, Ampacimon a développé des systèmes innovants qui permettent d’équiper les réseaux électriques du monde entier de la technologie « Dynamic Line Rating » (DLR) qui s’inscrit dans la gestion intelligente des réseaux (Smart grid). Elle est composée de capteurs autonomes installés sur les lignes haute-tension et de softwares reliés au centre de dispatching d’un gestionnaire de réseau. L’installation consiste en un système de monitoring des lignes, qui permet de mesurer en temps réel différents paramètres (vibrations, flèche et vitesse du vent) qui déterminent la puissance maximale qui peut transiter par la ligne, en relation avec la limite thermique. En d’autres termes, elle détermine l’ampacité de la ligne haute-tension. 

En 2014, l’entreprise a commencé à développer un réseau de représentants à l’étranger, d’abord en Asie, dans les pays du Golfe et en Amérique du Sud, ensuite en Allemagne, dans les pays de l’Est, aux Etats-Unis, en Inde et dans l’Asie du Sud-Est. En trois ans, Ampacimon a ainsi réussi à établir une représentation commerciale quasi-mondiale. Aujourd’hui, l’entreprise réalise 57% de ses exportations vers les pays de l’Union européenne, dont 30% en France, 10% aux Pays-Bas et 10% en Allemagne. Soutenue par une stratégie efficace de développement (produits et services), ainsi que par de nouveaux partenariats et accords technico-commerciaux, sa croissance annuelle moyenne a dépassé les 50% ces trois dernières années.

 

Prix Tremplin « Europe »

Pollet, des produits de nettoyage écologiques

La société tournaisienne Pollet est spécialisée dans la recherche, la fabrication et la commercialisation de produits de nettoyage professionnels efficaces, écologiques et biotechnologiques.

L’entreprise compte aujourd’hui 50 collaborateurs et est présente dans dix-sept pays à travers le monde. Plus de 60% de ses ventes sont réalisées à l’étranger et cette tendance se poursuit année après année, la France, les Etats-Unis, les Pays-Bas, l’Italie, la Roumanie, le Canada et l’Espagne étant les sept pays principalement visés par l’augmentation des parts de marché. Ses gammes et innovations qui font fureur à l’étranger sont la maintenance et la protection des sols, son offre biotechnologique pour le traitement des odeurs, et le nettoyage en milieu alimentaire. 

En 2017, l’entreprise a mis sur le marché trente-huit améliorations ou nouveautés et a remporté deux prix de l’innovation grâce à une nouvelle gamme de produis (les Caps) pour laquelle elle a déposé un brevet. La même année, sa production écologique a dépassé 56% de sa production totale. Son ambition est d’arriver à 70% d’ici 2020.

Le « Gin de Binche » ou comment un amusant jeu de mots donne naissance à un succès commercial. Les arômes d’orange sanguine dominent, évidemment. Et la bouteille est en forme de pavé de Binche. Ambiance !

 

 

Echevin à Binche depuis 2006, Jérôme Urbain est aussi passionné de marketing que de sa ville et son patrimoine. En mars 2017, avec quelques amis, un jeu de mots vient sur la table. Tellement évident que l’on se demande pourquoi personne n’y avait encore pensé: «Gin de Binche» ! L’expression amuse tellement l’assemblée que Jérôme Urbain et son épouse Céline Harvengt décident de créer cette nouvelle marque. 

«Nous habitons sur la Grand-Place, explique Jérôme, nous vivons au rythme de la ville et… nous aimons le gin. Nous avons voulu aller plus loin dans la réflexion en créant une boisson en lien direct avec Binche. Sans hésitation, nous avons opté pour des arômes dominants d’orange sanguine, en référence au Carnaval et à la célèbre offrande des Gilles. Nous souhaitions faire quelque chose d’assez rond et doux, nous avons alors couché sur papier tout ce que nous voulions».

 

Jérôme Urbain et son épouse Céline Harvengt décident de créer cette nouvelle marque. 

Produire local

Avec l’aide d’un ami graphiste et designer, Laurent Monniez, le trio avance rapidement sur le projet. Pour la distillation, ce sera la distillerie la plus proche, la Distillerie de Biercée à Thuin, spécialisée dans les eaux-de-vie et liqueurs, dont l’Eau de Villée est plus que connue. «Nous avions pensé suivre des cours de distillation en Angleterre ou en Allemagne, mais nous voulions un produit local. Nous avons tracé un cercle sur la carte et Biercée était à moins de dix kilomètres…»

La première phase d’élaboration de la recette a été entamée avec le distillateur Pierre Gérard, qui procéda par essais-erreurs sur une douzaine d’échantillons. «Au bout de ces étapes, poursuit l’entrepreneur binchois, nous avons testé notre gin auprès d’amis novices dans le monde des spiritueux et de quelques restaurateurs, dont le Pilori à Ecaussinnes où il fut servi en apéro aux clients. Vu l’accueil, la recette fut calée et nous avons fait produire 3.000 bouteilles de 70 cl que nous avons lancées en décembre dernier.»

Mais pas n’importe quelle bouteille, une bouteille en forme de pavé de Binche, pas tout à fait rectangulaire et légèrement bombée. Toutes les indications sont sérigraphiées directement sur le flacon par un artisan local, on sent ici le souci du détail. Pour le logo de la marque, il s’agit bien sûr de la déclinaison du lion noir sur gueule d’argent tiré du blason de la ville et restylisé. Le tout emballé dans une très belle boîte-coffret. 

Le succès fut immédiat, le premier stock étant épuisé, une seconde distillation de 3.000 bouteilles est en cours. Un nouveau format de 35 cl, très utilisé au Royaume-Uni, a été créé également et sera diffusé à 5.000 exemplaires au début de l’été. «Nous avons souvent été contactés par les centrales d’achat de la grande distribution, précise Jérôme Urbain, mais nous avons refusé, tant pour des raisons de stock que d’image de marque. Nous nous occupons nous-même de la vente directe aux revendeurs, tous ceux qui le goûtent le prennent. Pour l’instant, nous avons une cinquantaine de points de vente repris sur notre site.»

Et le goût ?

Un gin s’obtient en faisant macérer et fermenter diverses épices, écorces et plantes dans de l’alcool éthylique. Dans le « Gin de Binche », chaque épice est distillée séparément pour éviter des variations de qualité. La chauffe au bain-marie dans les cuves en cuivre martelé permet à ce gin de développer son caractère bien particulier. Les arômes d’orange sanguine dominent, mais on trouve aussi du citron, de la lavande, du genévrier, du houblon, des clous de girofle, de l’anis vert, du carvi, de la coriandre, du cumin, du fenouil et de l’hysope, une plante de garrigue aux fleurs mauves. 

Le résultat est un gin très parfumé et doux à la fois, avec une belle attaque florale, suivie d’une touche herbacée marquée par le genévrier. Le tout est très fin et soyeux, on peut le déguster pur sans se brûler l’œsophage ou bien sûr en cocktails mais avec un tonic neutre, aux arômes naturels, pour ne pas déformer ses saveurs. « Il plaît peut-être plus aux femmes, constate Jérôme, car les hommes recherchent quelque chose qui claque un peu plus, mais c’est exactement ce que nous voulions. »

Déjà deux médailles

Ce qui n’était qu’un heureux jeu de mots s’est aujourd’hui transformé en réussite commerciale, le trio initiateur s’est pris au jeu et présente désormais son gin dans les concours internationaux. Deux médailles déjà à leur palmarès à Londres et Berlin, et ce n’est sans doute qu’un début. « Le marché du gin progresse en Belgique, c’est même un peu étonnant car il a déjà énormément progressé ces dernières années », constate l’apprenti-distillateur. A la question de la rentabilité de la chose, celui-ci esquisse un sourire : « Si l’on prend en compte les frais de développement, la fabrication de la bouteille, le packaging, les taxes (10 euros htva !) et la marge du revendeur, nous ne gagnons que quelques euros sur une bouteille vendue 50 euros. Mais notre notoriété démarre bien, nous espérons que le gin de Binche ira le plus loin possible ! ».

Pour obtenir ce gin-orange très estival, mélangez 60ml de Gin de Binche, 100ml  de jus d’orange, 10ml de purée de fraises, 10 ml de jus de raisin et beaucoup de glace. Santé !

www.gindebinche.be

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