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© Geopark.be
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Le premier géoparc en Belgique !

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Luxembourg  / Famenne Ardenne

Par Gilles Bechet

Le Geopark Famenne Ardenne, qui s’étend de Durbuy à Beauraing, est le premier du genre en Belgique. Ce label, attribué par l’Unesco, vise à distinguer un territoire qui présente un intérêt géologique, mais aussi touristique et environnemental. Une opportunité pour cette région.

Vous vous demandez ce qu’est la Calestienne ? Comme beaucoup de gens en dehors de la communauté des géologues. Le terme indique une étroite zone de relief calcaire qui s’étend sur près de 130 kilomètres dans les sous-sols de la Fagne-Famenne en suivant les bassins de la Lesse, de la Lomme et de l’Ourthe. Les événements géologiques successifs y ont ont dessiné un paysage unique en Europe constitué, d’une part par les collines issues des affleurements calcaires et d’autre part par les grottes creusées par l’érosion des roches. Cette zone constitue l’épine dorsale du Geopark Famenne Ardenne qui s’étend sur 911 km2 par-delà les communes de Durbuy, Hotton, Marche-en-Famenne, Nassogne, Tellin, Rochefort, Wellin et Beauraing. Un géoparc est un espace territorial unifié reconnu et labellisé par l’Unesco pour ses sites et paysages revêtant un intérêt géologique de portée internationale. Dans le monde, il y en a 140 répartis dans 38 pays, parmi lesquels, désormais, la Belgique.

L’idée est venue de trois géologues, Yves Quinif de l’UMons, Vincent Hallet de l’UNamur et Sophie Verheyden de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. « Si l’intérêt scientifique de la Calestienne est depuis longtemps évident, explique Alain Petit, directeur du Geopark Famenne Ardenne, nous avons pensé qu’en y associant d’autres acteurs de la sphère politique et touristique, nous pourrions disposer d’un outil formidable pour le développement et la mise en valeur de ce territoire. »

Au-delà du patrimoine naturel
Un premier dossier a été déposé en 2015. Les experts de l’Unesco qui se sont rendus sur place au cours de l’été 2015 ont été soufflés par le potentiel de ce territoire qui dépasse celui de bien d’autres géoparcs. Ils ont prodigué une série de conseils portant sur la création d’une asbl, l’engagement de personnel propre et l’agrandissement de la zone initialement prévue. Moins de trois ans plus tard, en avril 2018, l’Unesco attribuait son label au Geopark Famenne Ardenne.

L’équipe dynamique qui s’est constituée autour de Alain Petit est consciente des défis autant que des promesses qui les attendent. « Un géoparc, ce n’est pas que de la géologie. Au-delà du patrimoine naturel, cela inclut les musées, les châteaux et tous les sites liés à l’histoire. Cela concerne aussi les habitants qui sont parties prenantes du projet, l’héritage des traditions dans les villages et les produits locaux. La Trappiste de Rochefort, par exemple, doit son caractère à l’eau de source de la Tridaine profondément liée au sol. »

Développer un tourisme durable
Pour réussir et acquérir encore d’avantage de visibilité, le Geopark souhaite intégrer dans son projet un maximum de partenaires sensibilisés, essentiellement dans le secteur de  l’hébergement et de la restauration. Car la finalité du projet, porté par son caractère scientifique, est de développer un modèle de tourisme durable. Traitement de l’eau, contrôle de la consommation d’énergie, mise en place de circuits courts pour l’alimentation ou guide des bonnes attitudes à adopter lors des balades en forêt, il n’y a pas de petites initiatives, toutes concourent à une gestion plus durable de l’environnement. « Bien sûr, nous n’avons pas de pouvoir contraignant en matière d’environnement ou d’aménagement du territoire. Notre rôle vise plutôt à nous appuyer sur notre expertise et nos compétences pour apporter des conseils et un accompagnement. »

Une des priorités du Geopark repose sur une information visible. A commencer par des panneaux délimitant le territoire qui seront disposés le long des routes, notamment le long de la E411. Des panneaux d’interprétation doivent également être placés à proximité des géosites ou des points de vue. « Nous avons cinq carrières encore en activité sur la zone. Nous réfléchissons à créer un parcours balisé de points de vue où l’on identifie le lieu et où on explique l’activité économique qui y est liée. Si l’équipe scientifique rassemble au départ des géologues, il seront appuyés par des experts en fonction des dossiers à traiter, que ce soit la faune et la flore ou l’hydrologie pour le contrôle des rivières. »

Une Maison du Geopark en 2020
Des actions de sensibilisation s’adresseront aussi aux premiers concernés, les habitants, avec des conférences dans les communes et dans les écoles qui seront aussi invitées à des visites sur le terrain. La visibilité passera aussi par un réseau d’une quinzaine de bureaux d’accueil souvent hébergés par les maisons du tourismes locales. L’asbl prévoit en outre, pour 2020, l’ouverture d’une Maison du Geopark sur le site de l’ancien Musée du monde souterrain à Han-sur-Lesse. On y trouvera une scénographie avec des maquettes, des films et une bibliothèque. Un grand événement annuel est aussi dans les cartons, histoire de féderer les acteurs et d’augmenter la visibilité du territoire.

Du côté des professionnels du tourisme, les retombées du label prestigieux de l’organisation internationale ne seront pas négligeables. « Avec des pôles d’attraction comme Han-sur-Lesse et Durbuy, nous nous trouvons déjà dans une zone historiquement très touristique. L’augmentation de la fréquentation sera mesurée. On peut raisonnablement tabler sur 15 % d’augmentation auprès d’une clientèle de niche qu’on ne parvenait pas à toucher jusqu’à présent, comme les Allemands qu’on dit fort sensibles au label Unesco. Notre volonté est de pérenniser l’emploi des milliers de personnes déjà actives dans le tourisme. »

Avec le soutien des communes et de la Région
Cette augmentation attendue de la fréquentation et de activités ne doit évidemment pas se faire au détriment de paysages parfois fragiles. L’inscription dans un géoparc devrait servir comme catalyseur pour encourager tous les acteurs du territoire à s’inscrire dans une dynamique encore plus durable.

Le label géoparc mondial ne s’accompagne pas d’un soutien financier de la part de l’Unesco. Celui-ci provient des communes qui s’acquittent d’un montant de 50.000 euros par an, ainsi que d’une convention-cadre de 150.000 euros annuels accordée par le ministre wallon du Tourisme jusqu’à la fin 2023. Pour l’asbl, qui ne compte actuellement que deux équivalents temps plein, le travail ne manque pas, pas plus que les projets. « On travaille à la conception de produits Geopark, tout en restant très prudents car il n’est pas question pour nous de proposer n’importe quoi. Ainsi, l’Unesco nous interdit de valoriser des sites qui commercialisent des minéraux et des fossiles. La notion de durabilité doit toujours rester une balise. »

Une superficie qui pourrait s’étendre
Alain Petit a rapidement pu mesurer la notoriété du label géoparc. En visite au Parlement européen, une centaine d’officiels chinois, qui comptent chez eux  pas moins de tente-sept géoparcs, ont tenu à découvrir le potentiel touristique, les atouts et les projets durables du Geopark Famenne Ardenne.

Celui-ci pourrait-il augmenter sa superficie ? Le règlement prévoit que tant qu’il reste sous la barre des 10%, l’agrandissement peut être avalisé sans dépôt d’une nouvelle candidature. « Notre volonté, c’est de poser les choses de manière sereine pendant deux ou trois ans. Par la suite, s’il y a une volonté de nos organes de gestion, pourquoi ne pas s’étendre vers l’est et/ou l’ouest ? Les parcs transfrontaliers augmentent les dynamiques de synergie. »

Attention : le label géoparc n’est pas permanent. Il doit être renouvelé tous les quatre ans et faire l’objet d’un rapport annuel. La prochaine visite des experts est prévue pour 2021. « Les cartes rouges sont plutôt rares, mais ils peuvent sortir des cartes jaunes avec des points à surveiller et améliorer. » D’ici là bien de choses auront bougé au-dessus de la Calestienne. Même si l’échelle du temps des géologues n’est pas tout à fait la même que celle du commun des mortels.

 

Geopark Famenne-Ardenne asbl
Place Théo Lannoy 2
B-5580 Han-sur-Lesse (Rochefort)
+32 (0) 84 36 79 30
geopark@geoparkfamenneardenne.be
www.geoparkfamenneardenne.be

Cinq sites à découvrir

Le Geopark Famenne Ardenne, ce sont des géosites géologiques, des panoramas, des villages pittoresques, des sites Histoire & Patrimoine, sans oublier les 350 kilomètres de véloroutes. En toute subjectivité, voici cinq sites à découvrir en priorité et en prenant son temps.

Grotte de Lorette-Rochefort
On y descend quasiment verticalement depuis la surface du plateau jusqu’à une grotte souterraine. Le parcours traverse un impressionnant labyrinthe jusqu’à la salle du Sabat, à 60 mètres sous terre. La lente montée d’une petite montgolfière libérée par le guide permet alors d’apprécier les 85 mètres de la salle.


www.grotte-de-han.be/fr/la-grotte-de-lorette

Site naturel de Fond des Vaulx
A deux pas du centre de Marche-en-Famenne se niche une petite vallée au paysage sauvage et mystérieux. A travers un relief typique de la Calestienne, les roches calcaires érodées par le temps se succèdent en parois rocheuses, chantoirs et surprenantes cavités, dont le gouffre de Trotti-aux-Fosses dans lequel près de15.000 m2 de roches se sont effondrées.

Parc des Topiaires
Il est établi que « Edward aux mains d’argent » n’est jamais passé par Durbuy, mais il a dû avoir des émules qui se sont donnés à cœur joie sur ce petit parc unique en Europe. Une collection de 250 buis taillés en forme de crocodiles, oiseaux, sirène, éléphant et autres fantaisies végétales à découvrir en famille.


www.topiaires.durbuy.be

Maison des Mégalithes
A proximité du charmant petit village de Wéris, un champ de mégalithes de 8 kilomètres de long offre la vision exceptionnelle d’alignements de menhirs et dolmens en pierre poudingue façonnés il y a plus de 5.000 ans. Dans le musée, au centre du village, des reconstitutions aident à imaginer ce que fut la vie des agriculteurs-éleveurs du Néolithique, ainsi que leurs coutumes funéraires et la façon dont ils érigeaient ces monuments.


www.megalithes-weris.be

Château de Lavaux-Sainte-Anne
La somptueuse demeure des seigneurs de Lavaux se visite des caves au donjon. Classé patrimoine majeur de la Région wallonne, le château entouré de ses douves et de son magnifique parc offre une vitrine saisssante de la vie en Famenne du  XVII au XIXe siècle, ainsi que de la faune et la nature.


www.chateau-lavaux.com

 

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