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© Thierry Strickaert

« Vous êtes ici chez vous ! »

  • Économie
  • / Trajectoire
Brabant wallon  / LLN

Par Stéphane Renard

Après avoir dirigé les parcs d’attractions de Bellewaerde et de Plopsaland, Paul van Havere a créé de toutes pièces « Loungeatitude » à Louvain-la-Neuve. Un lieu de convivialité et de restauration unique dans la cité universitaire, fruit d’une vie professionnelle mouvementée. Parcours.

Si vous lui aviez dit qu’un jour, il créerait à Louvain-la-Neuve un prestigieux lieu de restauration, « Loungeatude », il ne l’aurait pas cru. Pour lui, « LLN », c’était une ville d’étudiants, avec des rues sales et des guindailles bruyantes. Et pourtant, une petite visite dans la cité universitaire allait jaunir pour de bon cette image d’un autre âge. Paul van Havere est devenu aujourd’hui l’un des plus ardents promoteurs de la ville brabançonne, dont le développement commercial, résidentiel — les étudiants sont désormais minoritaires —, scientifique et économique s’affiche comme une splendide réussite.

C’est là, il y a sept ans, que Paul van Havere retroussait ses manches, une fois de plus. À 53 ans, il fallait du punch pour se lancer seul dans l’aventure. Et de la combativité. Mais aujourd’hui, « Loungeatude » — prononcez « Longitude » — est un lieu où l’on se pose avec plaisir, à quelques mètres de la Ferme du Biéreau. « Je ne voulais pas un restaurant de plus, confie-t-il. Je désirais une ambiance, un endroit où l’on n’avale pas un plat en vitesse, mais où l’on profite d’un moment de convivialité. » Un concept, né d’une trajectoire atypique. Que l’on en juge…

Ce francophone de Flandre, né à Waaesmunster dans une famille d’industriels du textile, a toujours eu le goût de l’entreprise. Au début des années 70, après trois années d’études en design industriel à Saint-Luc Liège, il se lance dans la vie professionnelle. Après un an chez Kleber, il passe chez Philip Morris. Époque dorée : le cigarettier américain, qui a racheté Weltab, propriétaire des marques belges Visa et Armada, veut lancer sur le marché belge ses Marlboro. Paul van Havere prend en charge la promotion du paquet rouge et blanc. « Ce furent des années incroyables, se souvient-il. Nous avions des moyens considérables. De plus, j’avais un patron exceptionnel, Jean Célis. »

Les rois du bac à sable

Lorsque ce dernier quittera la multinationale, Paul van Havere n’attend pas de faire partie de la charrette qui accompagne toujours le départ du boss. Il rejoint, comme associé, le groupe City7, véritable phénomène des années 80 dans la publicité et la communication évènementielle. « Belle époque aussi que celle-là. Nous étions les rois du bac à sable ! », s’exclame-t-il. Et pour cause. Le groupe, qui a racheté le Sportpaleis d’Anvers, organise l’ECC de tennis (avec sa fameuse raquette en or sertie de diamants), le Hard Cross Motocross indoor, le Ladies European Masters (golf féminin) au Bercuit… Mais la roue tourne. Après avoir échoué dans le rachat des raquettes Donnay, qu’emporte un certain Tapie, le groupe City 7 jette son dévolu sur l’autre grand de la raquette belge, Snauwaert. Le virage industriel va hélas ! se terminer par un sacré revers : relancer Snauwaert exige de gros moyens et, in fine, une entrée en Bourse pour City7, qui s’était alors toujours financée sur fonds propres. Ce sera l’échec.

Ce francophone de Flandre né à Waaesmunster, dans une famille d’industriels du textile, a toujours eu le goût de l’entreprise. Au début des années 70, après trois années d’études en design industriel à Saint- Luc Liège, il se lance dans la vie professionnelle.


De Bellewaerde à Plopsaland…

Pour redémarrer, Paul van Havere change son fusil d’épaule. Le voilà à la tête de Bellewaerde Park. Une mission que lui confie Gérard Constant, directeur général du groupe Walibi. « J’ai pris la place de Luc Florizoone, fondateur de Bellewaerde. Ma mission ? Changer les mentalités et élaborer une stratégie à 5 ans. Passer d’une gestion familiale à une gestion de société cotée en Bourse n’était pas une mince affaire, évoque-til non sans fierté. Cela m’a pris 5 ans, de 1995 à 2000. Et puis, je suis parti… Parce qu’un homme doit rester en accord avec ses principes. Il arrive un moment où l’on ne peut plus vendre son âme au diable. » Le diable ? Il va prendre les traits du groupe américain Six Flags, qui a racheté Walibi et Bellewaerde.

Objectif ? « L’argent, rien d’autre, martèle l‘ancien directeur. Il fallait à tout prix faire plaisir aux actionnaires. » Paul van Havere démissionne et va poser ses valises ailleurs… À la tête de l’ex-Meli Park, rebaptisé Plopsaland. Les personnages sortent de Studio 100, et cartonnent tant en Flandre qu’en Hollande. Ils ont pour nom Plop et Pipolette, Wizzy et Wooppy, Big et Betsy… En deux ans et demi, le nouveau directeur redessine tout le parc, met en place une équipe à qui il transmet son expérience, et relance la dynamique. Mission terminée. Et ensuite ?

… et de Groenendael à Louvain-la-Neuve

« J’ai longuement mûri un projet, mais qui n’a pas abouti. La SNC B avait mis en vente certains sites de gares désaffectées. Celle de Groenendael et son hectare de terrain m’intéressaient. Je souhaitais y créer un grand parc indoor sur le thème de la forêt. J’étais en bonne position parmi les 27 candidats repreneurs, mais les délais que j’exigeais, ainsi que mes investisseurs, ne pouvaient être garantis par la SNC B, toujours aux prises avec son chantier RER. Mon projet a été refusé. Quand je vois les retards du RER, je ne me plains pas ! » L’aventure aura pourtant une suite… à Louvain-la-Neuve. Nous y voilà ! « L’un de mes contacts lors du projet Groenendael, la Brasserie Moortgat, qui produit la Duvel et la Vedett, m’a suggéré de relancer un espace abandonné qu’il avait à Louvain-la-Neuve. Je suis allé voir, sans y croire. » On connaît la suite.

Trois espaces, une ambiance

En ce milieu d’après-midi baigné de soleil, il se dégage du salon de « Loungeatitude » une impression de calme, de sérénité. Moment hors du temps. « Il a fallu tout créer, explique le maître des lieux. Tout penser. Cet endroit, qui avait accueilli le restaurant de Nino, la toute première pizzeria de Louvain-la-Neuve, avait connu un parcours chaotique, avant d’être abandonné. Le défi m’a plu. Lorsque je dirigeais un parc d’attractions, je voulais offrir du bonheur au public. C’est le même état d’esprit qui m’a animé ici. »

Tout a été conçu avec le même souci d’apaisement et de sérénité : le feu ouvert et le piano sont des indispensables du salon, tandis que la disposition astucieuse des tables du restaurant garantit aux convives liberté et discrétion.


Et ici, c’est bien vrai, si l’on vient pour manger — ou pour un rendez-vous professionnel —, c’est aussi pour savourer un moment, dans un cadre contemporain, mais reposant : sol en béton lissé, équilibre des couleurs, mobilier confortable — le patron a dessiné lui-même certains meubles. Tout a été conçu avec le même souci d’apaisement et de sérénité : le feu ouvert et le piano sont des indispensables du salon, tandis que la disposition astucieuse des tables du restaurant garantit aux convives liberté et discrétion. Là aussi, un grand feu ouvert convivial. Et si la terrasse offre un accueil chaleureux en été, le sous-sol, lui, se moque des saisons : Paul van Havere y a aménagé l’espace BAB’L, le Business After Business Lounge, avec bar et piste de danse, dédié aux évènements d’entreprises et aux soirées privées. Les murs servent de cimaises aux artistes contemporains. Session de travail ou soirée privée, au rez-de-chaussée ou au sous-sol, toujours cette volonté de joindre l’utile à l’agréable. Avec un maître de cérémonie dont la devise se passe de commentaires : « Vous êtes ici chez vous ! »

 

Côté cuisine

« J’attache une grande importance à une cuisine saine et peu grasse, à la stabilité et à la constance des préparations. En fait, résume Paul van Havere, j’aime une cuisine intelligente limitant au maximum les pertes. » Ce qui explique pourquoi on croisera ici des préparations traditionnelles et incontournables, mais revisitées avec originalité.

La carte permanente : jambonnette de volaille aux scampi, crème de coco et risotto exotique, carpaccio de filet pur au foie gras, coquilles Saint- Jacques à la Tartufata…

Les suggestions : elles changent toutes les 3 semaines. À choisir individuellement ou en formule menu 3 services.

Espace BAB’L : en principe libre de service traiteur. Accueille une formule de restauration qui allie convivialité, flexibilité, qualité, créativité et détente. À expérimenter.

 

Renseignements

« Espace Loungeatude »
Place Polyvalente (derrière La Ferme du Biéreau)
1348 Louvain-la-Neuve.
+32 (0)10 45 64 62
Fermé le samedi midi et le dimanche.
www.loungeatude.be

Photos

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