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En plein boum

Plus de 100 hectares de vignes sont certifiés bio ou en conversion en Wallonie. Et la tendance s’accélère.

 


Le Domaine XXV, à Héron, est situé sur une magnifique parcelle entourée de 100 hectares de bois.

Depuis 2012, le règlement européen qui régissait la viticulture biologique a été étendu à la vinification, ce qui permet désormais la vente de « vins bio ». Un cahier de charges strict prévoit l’interdiction de certains intrants et pratiques. Pour obtenir ce label, une période de trois ans est indispensable et des contrôles réguliers sont opérés.

Le premier vigneron belge à avoir obtenu le label bio fut Hugo Bernar, à Tirlemont, mais les vignerons du nord du pays n’ont jamais vraiment suivi le mouvement, à l’une ou l’autre exception près. La raison réside dans le choix des variétés plantées : contrairement à la Flandre, la Wallonie a largement adopté les cépages résistants. Moins sensibles aux aléas climatiques, certaines de ces variétés ne demandent que très peu de traitements et la conversion bio est d’autant plus facilitée.

Nombreux sont ceux qui adoptent des pratiques bio dès les premières plantations, pour que les vins sortent directement avec le label européen représentant une feuille composée d’étoiles.


Si de grands vignobles comme le Domaine du Chenoy ou le Château de Bioul sont certifiés depuis peu, nombreux sont ceux qui adoptent des pratiques bio dès les premières plantations, pour que les vins sortent directement avec le label européen représentant une feuille composée d’étoiles. C’est le cas notamment du Domaine de la Portelette à Lobbes, du vignoble d’Annevoie à Anhée, du domaine du Château de Bousval à Genappe, ou encore du domaine Marquise de Moulbaix à Ath, ainsi que de nombreux petits vignobles de moins d’un demi-hectare, déjà en production ou non.

Certains entendent toutefois réussir l’entreprise avec des cépages traditionnels de type Vitis Vinifera. Voici trois exemples récents.

Domaine XXV, le vin en famille

Le Domaine XXV (qui se lit « Vins des Cinq ») est exploité par cinq frères et sœur de la famille Grégoire qui, en avril 2018, ont planté en deux étapes huit hectares de Chardonnay, Pinot noir, Pinot gris et Müller Thurgau, sur une magnifique parcelle située non loin de Couthuin (Héron) et entourée de 100 hectares de bois.

Dans la fratrie, Damien est ingénieur agronome et a suivi les cours en « Viticulture – Œnologie » de l’IFAPME de Villers-le-Bouillet. Ses frères et sœur, qui travaillent ensemble dans la même étude notariale, viennent ici pour se divertir de leur métier de services, mais tous participent aux travaux. Leur ambition : créer un vignoble bio, mais aussi un centre d’œnotourisme grâce à la rénovation d’une ancienne fermette en double gîte pouvant accueillir douze personnes et inauguré en juillet 2020. Malgré des dégâts dus au gel printanier, une première vendange a été effectuée en septembre 2020, les premiers essais de vinification sont donc en cours.

Domaine W, le premier vignoble biodynamique


© Marc Vanel

Si certains vignerons annoncent respecter, mais sans les faire certifier, les pratiques de la biodynamie (travailler selon le calendrier lunaire et intensifier la vie du sol en n’utilisant que des préparats dynamisés à base de plantes et encore moins de soufre qu’en bio), seul le Domaine W à Saintes (Tubize) l’est réellement. Et ce, depuis ses débuts.

Créé en 2016 par Sophie Wautier et Dimitri Vander Heyden, le Domaine W exploite aujourd’hui huit hectares de Pinot noir, Chardonnay et Pinot Meunier, dont quatre plantés en 2020. La première vendange a eu lieu en 2018 et a permis de sortir à la mi-décembre 2020 quelque 2.500 bouteilles d’un excellent Crémant de Wallonie. La récolte 2019 permettra de sortir 10.000 bouteilles en 2021, et celle de 2020, 20.000 bouteilles en 2022.

Particularité de l’entreprise : elle n’est pas une coopérative, mais elle a été financée par les membres du Club W qui reçoivent chaque année une à six bouteilles selon le niveau de leur partenariat. Original.

Maraîchage, grandes cultures et… vin à La Falize

Certifié bio depuis ses débuts en 2012 et détenu par l’homme d’affaires Frédéric de Mévius, le Domaine La Falize, à Rhisnes, s’insère dans un projet plus large de maraîchage et de grandes cultures de 150 hectares eux aussi certifiés bio, et menés, comme le vignoble de 2,5ha, en biodynamie depuis de nombreuses années.

L’objectif du domaine est de faire du très haut de gamme et donc de privilégier la qualité au rendement. En charge de la vinification, Alice Danzin est assistée par deux pointures du vin, le Bourguignon Sylvain Pellegrinelli et le Flamand Peter Colemont (l’excellent Clos d’Opleeuw).

Le premier millésime a été réalisé avec l’excellente récolte de 2018, 100 % Chardonnay, et seules 5.000 bouteilles sont disponibles. Elles sont vendues à… 40 euros, prix départ cave. Comme on dit, il n’y en aura pas pour tout le monde!

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