Waw magazine

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Saint-Hubert, la capitale européenne de la chasse, est aussi une terre propice à la contemplation. Cette balade en vélo à travers
la Forêt du Roi Albert, qui passe à proximité du Fourneau Saint-Michel, est un livre ouvert sur la faune et la flore du pays.

 
En cette matinée d’hiver, le givre s’est déposé sur la forêt de Saint-Hubert. Les chênes et les hêtres sont des statues de glace avant que le soleil ne perce la brume et ne chauffe les corps. Le sourire sur les lèvres, heureux à l’idée de traverser à vélo une des plus belles régions du pays, nous quittons Saint-Hubert par la rue Saint-Michel. Après un kilomètre, nous tournons à droite vers le parc à gibier en suivant le balisage vert. Le chemin carrossable nous fait ensuite entrer dans la forêt. Autour de nous, les imposants troncs des hêtres nous dominent de haut, serions-nous les petits poucets de la journée ?

Dans cette grande forêt d’Ardenne, les traces de nos pneus se mêlent aux empreintes du bestiaire. Près de la fagne du Bèyôli, elle nous enveloppe, devient immense quand elle se drape de filandres de brume. On ne distingue plus ses contours. Quel plaisir d’entendre uniquement le bruit de nos pneus… Sur ces chemins aisés, nous prenons la peine de ressentir cette magnificence forestière. Et le merveilleux est omniprésent.
Après avoir dévalé la pente le long du ruisseau de Palogne, le parcours rejoint le ruisseau de la Masblette qui bondit de roche en roche et scintille, tandis que les colonnes de hêtres ouvrent des baies de lumière comme une cathédrale. Avant de traverser ce ruisseau, il est possible de poursuivre le chemin jusqu’à l’Arboretum Saint-Michel, voire même jusqu’aux lieux historiques du Domaine du Fourneau Saint-Michel où l’on pourra visiter le Musée du fer et le Musée de plein air.

Distance : boucle de 29 km via le réseau des circuits balisés VTT.
Difficulté : élevée (pour vélos électriques)
Balisage : le tracé suit d’abord le circuit n° 2 (balisage vert), puis rejoint le n° 3 (balisage jaune) via le parcours de la GTA (Grande Traversée des Ardennes, carré jaune et blanc).
Départ : place du Fays à Saint-Hubert.

Reconstruite en 1729, l’abbaye de Saint-Hubert demeure de nos jours une perle architecturale au cœur de la forêt ardennaise. 


L’abbaye de Saint-Hubert

Au VIIe siècle, Hubert est évangélisateur d’une contrée dont le christianisme eut des difficultés à pénétrer le massif sombre. Devenu premier évêque de Liège, saint Hubert meurt en 727. Sa dépouille est transférée en plein cœur de l’Ardenne, sur le plateau désolé d’Andage. Des moines bénédictins s’y établissent et fondent une abbaye, l’une des plus anciennes et des plus illustres de l’Europe occidentale. Le culte de saint Hubert donnera son nom à la nouvelle cité. Au XIe siècle, l’abbaye bénédictine connaît prospérité et fonde plusieurs prieurés. Reconstruite en 1729, elle demeure de nos jours une perle architecturale au cœur de la forêt ardennaise.

Un fer qui casse

Nous sommes en 1780, les caisses de l’abbaye de Saint-Hubert sont vides ! Pour l’abbé, il faut construire des hauts-fourneaux, vite ! Ambitieux, il veut casser le monopole des sidérurgistes liégeois. L’implantation est choisie : ce sera à Saint-Michel. Le cadre est idéal. Les forêts apportent le charbon de bois, combustible nécessaire aux hauts-fourneaux. Et les rivières et leurs forts courants donnent l’énergie nécessaire pour actionner les soufflets et les marteaux (les makas). « C’est le plus beau haut-fourneau de la province », s’enorgueillit l’abbé. La précipitation n’est pas bonne conseillère car les hommes, plus habitués à utiliser la cognée, sont malhabiles. Le minerai de Jemelle est de mauvaise qualité et les affaires débutent mal. Beaucoup plus loin, dans le Nouveau Monde, le canon gronde : la Guerre d’indépendance américaine débute. Benjamin Franklin, futur président, se rend en Europe et achète des armes, beaucoup d’armes. A Liège, les makas frappent 24 heures sur 24. La cité ardente devient l’arsenal des révolutionnaires. L’abbé veut s’approprier une partie du butin et fabriquer des canons lui aussi. Et tant pis pour la morale ! Malheureusement, la forge produit trop vite les bouches de canons. Ils explosent un à un… C’est la ruine ! Le haut-fourneau qui a craché tant de fumées et de poussières s’éteint à jamais. De nos jours, le bâtiment du facteur de forge, la halle à charbon et le haut-fourneau, intacts, sont les témoins du rêve de grandeur de l’abbé entrepreneur.

La forêt mythique

Le circuit s’engouffre alors à nouveau dans la forêt en suivant le parcours n°3 (balisage jaune) qui s’élève for- tement pendant près de trois kilomètres. Près de Mochamps, minuscule hameau situé sur le territoire de Tenneville, nous allons côtoyer l’emblème de la forêt, le cerf élaphe, grâce aux postes d’observation disséminés ci et là pour le plaisir des yeux et des sens. 

La forêt laborieuse

En Ardenne, si la terre est ingrate et difficile à cultiver, la forêt permet aux hommes d’en tirer subsistance. Elle a enfanté des métiers qui se sont perdus à l’aube de la mécanisation. Ainsi, aux alentours de Mochamps, au nord de Saint-Hubert, vivaient des sabotiers et des charbonniers. La fabrication du charbon de bois était effectuée dans les clairières comme en témoignent les quelques aires de faulde qui sont encore bien visibles sur les côtés des chemins. Le charbonnier enflammait du bois empilé sous une meule de foin recouverte de terre. A l’abri de l’oxygène, le bois se consumant était carbonisé, c’est-à-dire qu’il perdait son humidité et sa matière végétale. Les charbonniers vivaient plusieurs semaines dans les bois pour surveiller ces foyers qui étaient régulièrement source d’incendies de forêt.
De nos jours, les hommes n’occupent plus en permanence le hameau de Mochamps qui ne possède toujours pas de réseau électrique ni de distribution d’eau !
La Tour d’observation de Priesse et l’aire de vision de Bilaude, remarquables constructions s’intégrant dans la nature, nous permettent de voir la faune sauvage de près. Dans le carnet déposé à l’attention des promeneurs, nous notons les observations du jour. De l’étang, le paysage est magnifique.
Un peu plus loin se présente la boulaie du Rouge Poncé, l’une des plus anciennes réserves naturelles domaniales en Région wallonne puisqu’elle a été créée en 1969. Cette étrange forêt de bouleaux pubescents s’étend sur 37 hectares sur un sol tourbeux, un milieu que l’on retrouvait régulièrement en Ardenne avant son assèchement pour la production et l’exploitation de conifères. Cette boulaie présente une succession de zones ouvertes et humides lui permettant d’accueillir des espèces rares comme la camarine, la linaigrette vaginée ou encore l’un des plus grands coléoptères de la Belgique, le carabe chagriné.
Nous retrouvons le ruisseau de la Masblette le long duquel nous nous laissons griser par une descente magnifique qui s’interrompt par un coup de frein peu avant le Pont Colle quand, sur la gauche, viennent à notre rencontre le ruisseau de Palogne et notre itinéraire de l’aller que nous allons suivre en sens inverse pendant un kilomètre environ avant de bifurquer sur la gauche et de reprendre le fil du circuit n°2.

La forêt silencieuse

Le chemin entre à nouveau dans le grand massif. En quelques tours de roue, nous sommes à nouveau happés. Plus on roule, plus on pénètre dans la forêt sans retour tant elle paraît s’étendre vers nulle part. Et elle n’a rien de sombre ni de triste. Les feuillus captent une partie de la lumière mais laissent d’autres rayons illuminer le sol, les ruisseaux et le roc. Les côtes succèdent à des descentes en plein bois et l’on prend du plaisir à sillonner entre les grands arbres. Le sentier aboutit dans une vallée perdue où trônent quelques bouleaux épars, isolés au milieu d’une lande. Quelle quiétude ! Nous fermons les yeux et écoutons ce silence des grands espaces… Qui n’a pas rêvé un jour de se balader en terre sauvage, de s’y ressourcer, de rouler à n’en plus finir et de souffler un instant ? En parcourant ces terres préservées, en empruntant ce magnifique chemin qui longe la fagne de La Doneuse, on s’illumine de bonheur simple. Cette large vallée a été l’objet d’une restauration qui a éliminé les massifs d’épicéas. Au fil des années, de nombreuses vallées d’Ardenne retrouvent enfin leur milieu originel.

Mais la fin de la balade est proche. Les derniers kilomètres de l’itinéraire rejoignent doucement l’orée avant de plonger vers l’abbaye qui domine la petite cité de Saint-Hubert, ceinturée par ce grand vert que nous venons de parcourir avec une joie indicible.

Cet itinéraire, proposé grâce au partenariat avec l’éditeur Olivier Weyrich, est tiré du mook « 10-Découvertes », rédigé par deux experts du vélo,
 Pierre Pauquay et Olivier Béart. 

 

 

 

LE TEMPS S’EST ARRÊTÉ

Niché dans la vallée de la Masblette, dans le cadre naturel préservé de la Grande Forêt de Saint-Hubert, le Domaine provincial du Fourneau Saint- Michel abrite le Musée du Fer et celui de la Vie rurale en Wallonie. Une double plongée dans le temps.

 


© P. Willems

A la fin du XVIIIe siècle, l’ambition industrielle de Dom Nicolas Spirlet, le dernier abbé de l’Abbaye de Saint-Hubert, s’est écroulée. Lourdement endetté (pour l’équivalent de plus de 625.000 de nos euros), le monastère n’est pourtant pas au bout de son chemin de croix. La Révolution française gronde et, en 1791, tous les biens de l’abbaye sont confisqués par la République avant d’être vendus comme biens nationaux. C’est un industriel et homme d’affaires de Saint-Hubert, Léopold Zoude, qui rachète le fourneau. Il tente bien de continuer à l’exploiter mais, peu à peu, la fonderie se limite à une forge au service des besoins agricoles.

La renaissance

Vendu par la famille Zoude en 1942, le fourneau est classé dix ans plus tard au patrimoine national belge par la Commission royale des Monuments et des Sites. Ouf, sauvé ? Pas pour autant ! Les bâtiments entrent dans la torpeur et l’oubli. L’étincelle, ce sera l’arrivée de l’historien et archéologue Willy Lassance, tombé amoureux de ce coin de la vallée de la Masblette. Epris de vieilles pierres, des archives abondantes du monastère et de la tradition orale, ce collaborateur des Musées royaux d’Art et d’Histoire à Bruxelles crée, en 1959, l’asbl Le Fourneau Saint Michel. Objectifs : relever de sa ruine l’unique haut fourneau au charbon de bois conservé in situ en Belgique, que les historiens de la métallurgie considèrent comme le plus beau complexe wallon du XVIIIe siècle, et le transformer en un musée de la métallurgie tout en mettant en valeur les petits métiers ardennais disparus ou en voie de l’être (cloutiers, sabotiers, tonneliers, forgerons…).

Et le rêve de Willy Lassance prend forme : le musée voit le jour en 1960, avec l’aide financière de la Province de Luxembourg – qui achètera le site six ans plus tard – et de la Ville de Saint-Hubert.

Un musée relooké

Le Musée du Fer et de la métallurgie ancienne, qui a subi un lifting complet à partir de 2012 avant de rouvrir ses portes en 2018, propose un parcours à travers les différents bâtiments : halle à charbon, gueulard d’enfournement, grange, haut fourneau, halle de coulée… Chemin faisant, le visiteur découvre les techniques de fabrication de la fonte et l’importance de l’usage du fer dans la vie quotidienne d’autrefois et… d’aujourd’hui encore.

Si le musée parle du passé, c’est de façon moderne. Des exemples ? Une maquette animée explique la force hydraulique. En utilisant des écrans tactiles, les enfants peuvent observer les décors des taques de cheminées : Adam et Eve prêts à succomber au serpent tentateur ; la cigogne revancharde de la fable de La Fontaine, trompant le renard qui l’a bernée… Des artisans modernes (serrurier, fabricant de taques d’égouts…) détaillent leur travail. Un petit film explique le fonctionnement du maka, ce gros marteau pesant de 500 à 600 kilos qui permettait d’expulser les scories de la masse de fer. Ce martelage soudait les grains de métal, corroyait le fer et lui donnait la forme de barres brutes. Cela produisait un bruit lourd que l’on l’entendait de loin dans la vallée de la Masblette.

RACONTE-MOI LA VIE RURALE D’AUTREFOIS !


© Province de Luxembourg

Mais à quoi servait donc cet objet haut de 32 centimètres et profond de 44,5 centimètres qui présente une paire de rouleaux en laiton gravé en creux ? C’est un « bâti à cylindres », dans le jargon du confiseur. Au début du siècle dernier, il permettait le moulage de friandises. En tournant une manivelle, on imprimait un motif sur des bandes de mélasse agrémentées d’arômes, posées sur les cylindres. On formait ainsi les bonbons qui étaient séparés et tamisés. C’est qu’à l’époque les sucreries étaient (déjà) très appréciées. L’utilisation du sucre de betterave, moins cher que le sucre de canne importé, donnait des ailes aux confiseurs…

Ce bâti à cylindres, c’est l’un des innombrables objets que l’on peut découvrir au Musée de la vie rurale en Wallonie créé en 1970 à un jet de pierre du Fourneau Saint-Michel. La Province de Luxembourg y a rassemblé, sur une quarantaine d’hectares, une série de bâtiments représentatifs des différentes régions et sous-régions au sud du Sillon Sambre et Meuse. La Chaumière de Malvoisin, avec logis grange et étable, typique de l’Ardenne-Famenne au milieu du XIXe siècle, a ouvert le bal puis, au fil des années, le site s’est enrichi de cinquante-quatre autres bâtisses rurales (fermes, école, chapelle, magasin, four à pain, ateliers d’artisans…).

Sur une quarantaine d’hectares, la Province de Luxembourg a rassemblé une série de bâtiments représentatifs des différentes régions et sous-régions au sud du Sillon Sambre et Meuse : fermes, école, chapelle, magasin, four à pain, ateliers d’artisans...


Des bâtisses démontées puis remontées

Toutes ces bâtisses ont été transplantées, c’est-à-dire démontées dans leur région d’origine, puis remontées sur le site en utilisant des techniques et des matériaux anciens pour veiller à conserver le cachet authentique. Le personnel provincial a donc dû acquérir certaines techniques artisanales un peu oubliées, comme, par exemple, la fabrication du torchis, en mélangeant paille hachée, chaux, terre et urine de vache (destinée à éloigner les insectes).

Les objectifs de ce musée de plein air ? Sauvegarder le patrimoine bâti ancien, mais aussi faire connaître les conditions de vie, les traditions des paysans et artisans de nos campagnes. Car les cuisines, les chambres, les ateliers sont peuplés de meubles, d’ustensiles, d’accessoires, d’outils et de machines d’époque.

« Le musée est vraiment le reflet de l’habitat et des métiers ruraux d’autrefois, explique Marie-Eve Soenen, directrice du Domaine. Nous possédons quelques 40.000 objets de
collections provenant en grande partie de dons accumulés depuis 1970. »

Recréer les biotopes

Reconstruire une maison de Lorraine belge ou d’Ardenne centrale n’a pas de sens si on la coupe de son environnement. Le site a donc accueilli des haies, des jardins potagers, des vergers, des prairies de fauche, des mares et étangs… Conséquence : le Domaine du Fourneau Saint-Michel n’abrite plus la végétation naturelle qu’on trouve aujourd’hui en forêt de Saint-Hubert. Des plantes rares y ont été observées, ainsi que des animaux devenus presque exceptionnels en nos contrées (des orchidées sauvages , des castors… ).

Un tour du monde en forêt


© P. Willems

Le tsuga heterophylla, cela vous dit quelque chose ? Ce conifère de Californie, au dense feuillage d’un beau vert clair avec des reflets argentés au printemps, a ancré ses racines dans l’Arboretum du Fourneau Saint-Michel. Comme le mélèze du Japon, dont le feuillage vire au jaune orangé en automne.
Mais que font donc ces deux arbres exotiques dans la forêt domaniale de Saint-Michel, au cœur de la forêt ardennaise ? C’est le roi Léopold II qui fit créer cet arboretum en 1899 dans le but d’observer les facultés d’adaptation des espèces exotiques dans les conditions de sol et de climat de l’Ardenne. « Sur la base d’observations, plusieurs espèces ont pu être introduites dans la forêt wallonne. Comme le sapin de Douglas originaire de l’Orégon », explique André Detroz, le garde forestier du cantonnement de Nassogne.
L’arboretum accueille 67 essences résineuses et 37 feuillues. Ses deux hectares sont divisés en 86 parcelles, contenant chacune une ou plusieurs essences. Un sentier didactique de trois kilomètres permet de le parcourir. « Les groupes scolaires qui viennent ici font un tour du monde, ajoute le garde-forestier. Quand je leur explique que le sequoia, à l’imposant tronc de plus de deux mètres de diamètre, est originaire de la Sierra Nevada, en Californie, je vois des yeux briller. C’est l’Amérique ! »

 

Fourneau Saint-Michel
Fourneau Saint-Michel 4
B-6870 Saint-Hubert
+32 (0) 84 210 890

www.fourneausaintmichel.be

 

Lovée au coeur du massif ardennais, dans la province de Luxembourg, la commune de Saint-Hubert est connue de tous les chasseurs. Si la nature environnante est particulièrement foisonnante, Saint-Hubert cultive un certain art de vivre qui ravira les gourmands comme les amateurs d’art et de patrimoine.

Saint-Hubert est la capitale européenne de la chasse et de la nature. Et l’on comprend un peu mieux pourquoi en traversant les milliers d’hectares de forêt qui entourent la petite commune de 5 000 habitants. En automne, ils accueillent de très nombreux chasseurs qui viennent y chasser sangliers, cerfs et autres chevreuils. La chasse fait partie intégrante de l’histoire de la commune. Selon la légende, Saint Hubert, fils de Bertrand, duc d’Aquitaine et évêque de Liège (665-727), se serait converti au christianisme suite à la rencontre d’un grand cerf blanc, au cours d’une partie de chasse, non loin de Saint-Hubert. Saint Hubert est le patron des chasseurs.

Nature et patrimoine

La nature et la chasse sont omniprésentes jusqu’au coeur de la cité. Elles prennent alors une forme nouvelle pour remplir les assiettes des restaurants et autres estaminets que compte Saint-Hubert. Les noms suffisent à faire saliver. Le Coin gourmand, Le Cor de Chasse, La Table des Champions… Si les chasseurs, et plus généralement encore les amoureux de la nature, sont en leur fief, Saint-Hubert n’est pas chasse gardée. Les fines gueules y sont les bienvenues, tout comme les touristes affichant un penchant pour l’histoire, le patrimoine et l’art, ce qui n’empêche d’ailleurs nullement d’être également sensible aux charmes de la spécialité locale qu’est le « borquin », un saucisson pur porc préparé selon une recette ancienne. Les amateurs de peinture pousseront la porte du musée Pierre-Joseph Redouté, aquarelliste né à Saint-Hubert en 1759. L’endroit cultive le souvenir de celui que l’on a surnommé le Raphaël des fleurs, connu mondialement pour ses roses. De nombreuses oeuvres originales de son époque (lithographies), estampes et objets y sont exposés. À découvrir aussi, l’Église Saint-Gillesau- Pré, considérée comme étant la plus ancienne église paroissiale de Belgique. Sur la grand-place de l’Abbaye, se dresse le Palais Abbatial (Le Quartier) qui se distingue par sa belle architecture et sa couleur rosée. Construit en 1729 sous l’abbatial de Célestin De Jong, il offrait autrefois un gîte digne de leur rang aux invités, visiteurs ou pèlerins de marque des prélats. Il abrite aujourd’hui des archives et des salles d’exposition. Juste à côté du Palais Abbatial, se dresse, celle qui, chaque année, attire des milliers de visiteurs et de pèlerins, la Basilique Saint-Hubert.

Une palette architecturale

« La Basilique a pour particularité d’afficher de multiples types architecturaux qui se sont accumulés au fil des siècles », souligne d’emblée l’une des guides de l’endroit. Plusieurs églises abbatiales successives, de plus en plus vastes, se sont en effet succédées pour accueillir à la fois la vie monastique et la dévotion des pèlerins. Si la première fondation remonte au VIIe siècle, l’édifice actuel a été bâti, pour l’essentiel, au XVIe siècle (1525-1564) avec de la pierre calcaire extraite des carrières environnantes.

Plusieurs églises abbatiales successives, de plus en plus vastes, se sont succédées pour accueillir à la fois la vie monastique et la dévotion des pèlerins. Si la première fondation remonte au VIIe siècle, l’édifice actuel a été bâti, pour l’essentiel, au XVIe siècle (1525- 1564) avec de la pierre calcaire extraite des carrières environnantes.


Véritable leçon d’histoire de l’évolution architecturale, la Basilique décline le Roman, le foisonnement du Gothique, la Renaissance, le Baroque de la façade du début XVIIIe... Au-delà de son intérêt sur le plan architectural, la basilique abrite différents objets. À l’entrée, trônent les statues des évangélistes Saint Jean, Saint Luc, Saint Mathieu et Saint Marc, chefs d’oeuvre de l’art baroque. Réalisés en bois de tilleul par les ateliers de Guillaume Evrard au XVIIIe siècle, elles ont fait l’objet d’une récente restauration. À voir aussi, deux grandes toiles consacrées à la vie de Saint Hubert. Sur l’une d’elles on voit Saint Hubert à la chasse, le jour où il croise le cerf crucifère qui, à jamais, va bouleverser le cours de sa vie et de la commune de Saint-Hubert, autrefois appelée Andage. On peut également y voir un mausolée offert par le Roi Léopold I, mais il ne contient pas le corps de Saint Hubert car, aujourd’hui encore, celui-ci demeure introuvable. Une sainte étole rappelle aussi la pratique de la « taille » que des pèlerins en grand nombre venaient demander dans l’espoir d’obtenir, du saint patron des chasseurs, la guérison de la rage. « La taille consistait à entailler le front de l’enragé. Puis un fil d’or provenant de l’étole du saint était inséré dans la plaie. Au début du XXe siècle, des personnes venaient encore demander à se faire ainsi soigner », explique la guide avant d’inviter les visiteurs à prendre de la hauteur. Au sens premier du terme puisqu’il est possible, sur réservation, de visiter les combles et le clocher de la basilique. Un parcours unique qui permet notamment de découvrir les 23 cloches qui composent le carillon inauguré en 2011 après 214 ans d’absence, les imposantes charpentes et l’énorme roue « écureuil » employée pour monter les pierres et autres pièces de bois, utilisées pour la construction.

Deux grandes fêtes populaires

Durant l’hiver, la Basilique de Saint-Hubert est comme endormie, transie par un froid qui fait parfois éclater ses pierres. Mais, dès les beaux jours, elle se réchauffe pour raisonner des voix des touristes et des pèlerins venus de France, d’Italie ou d’Allemagne, parfois à pied, pour honorer Saint Hubert. Une atmosphère qui monte encore en température à l’occasion de deux grands rendez-vous.

Chaque année, durant le premier week-end de septembre, Saint-Hubert fête les Journées Internationales de la Chasse et de la Nature. À 11 heures, les cors de chasse raisonnent dans une Basilique comble. Une Grand-messe est également organisée le 3 novembre à l’occasion de la Fête de la Saint-Hubert. Au cours de cette célébration a lieu la bénédiction des pains suivie, à la sortie de la basilique, par la bénédiction des animaux. Les petits pains bénis au nom du saint sont une des caractéristiques de son culte. « Ces rites sont destinés à manifester la protection accordée par Saint Hubert aux chasseurs ainsi qu’à leurs animaux. Pour l’occasion, un marché artisanal anime le centre-ville tout au long de la journée », précise la Maison du Tourisme de la commune. La convivialité. La nature. La tradition. Les plaisirs de la table. Finalement, on y revient toujours…

Chaque année, durant le premier week-end de septembre, Saint-Hubert fête les Journées Internationales de la Chasse et de la Nature. À 11 heures, les cors de chasse raisonnent dans une Basilique comble.


www.saint-hubert-tourisme.be

 

À VOIR ET À FAIRE À SAINT-HUBERT

Le Musée des Celtes
Unique en Belgique, ce musée situé à Libramont propose de découvrir la vie quotidienne des Gaulois et des Celtes, ainsi que l’héritage qu’ils ont laissé, au travers de maquettes, de reconstitutions, de dispositifs interactifs et, bien sûr, de remarquables pièces archéologiques : vaisselle, outils, parure, armement, etc.

Le Domaine du Fourneau Saint-Michel
C’est le musée de la vie rurale en Wallonie. Il se compose de plus de 50 habitats et ateliers d’époque qui ont été transplantés ou reconstitués dans un site naturel remarquable.

Le Parc à gibier
Situé à moins de deux kilomètres du centre de Saint-Hubert et traversé par divers circuits pédestres, le parc à gibier permet aux visiteurs de découvrir, dans un cadre forestier naturel, la diversité du gibier de l’Ardenne. Plus d’une centaine d’animaux en semi-liberté sont à découvrir.

Le Centre Marcassou
C’est à la Barrière de Champlon que les charcuteries Marcassou voient le jour, des salamis aux jambons salés, selon des recettes traditionnelles d’antan. L’ancien espace de production est devenu le « Centre Marcassou ». À visiter pour découvrir comment sont fabriqués les saucissons et autres jambons d’Ardenne. Et les goûter !

Les Dendronautes, les voyageurs de l’arbre
« Un voyage initiatique insolite à la découverte des mystères et des charmes de la forêt », voilà ce que promettent les Dendronautes, les Voyageurs de l’arbre. Plus concrètement, l’endroit propose des animations à la journée, axées sur l’initiation à la grimpe d’arbres, l’éveil des sens et les mythes et légendes dans le monde arboré. Il est également possible de passer une nuit dans les arbres.

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