- Dossier
Par Christian Sonon
Les deux activités qui attirent le plus de visiteurs sur le site des Lacs sont celles liées à la nature et aux sports nautiques ? Fort bien. Mais sait-on comment la nature et l’eau se sont mariées, sur l’autel commun de Froidchapelle (Hainaut) et Cerfontaine (Namur), pour engendrer aujourd’hui la première station touristique de Wallonie ? L’histoire de cette alliance est gravée près du Centre d’accueil de la Plate Taille, repérable à sa tour panoramique.
Les visiteurs, trop empressés d’enfiler leurs bottines de marche ou leur maillot de bain, n’y pensent pas souvent, mais la visite guidée du Barrage de la Plate Taille est à elle seule une attraction, la première qui s’est – naturellement – créée sur le site. C’est de surcroît le seul barrage belge que l’on puisse visiter de l’intérieur. On peut marcher au cœur de celui-ci, dans les galeries souterraines, jusqu’à la centrale hydroélectrique et découvrir, à travers une maquette géante, l’histoire et le pourquoi de la création de ces lacs.
Vous voulez que l’on vous mette l’eau à la bouche ? Soit. On a commencé à réaliser ces lacs artificiels en 1974, afin de réguler le niveau de la Sambre dont le débit, pendant les périodes sèches, pouvait tomber à moins d’un mètre par seconde et entraver fortement le transport fluvial sur le canal Charleroi-Bruxelles. Il fallait donc installer des réservoirs permettant de faire face à ce manque. Après étude de différents sites, le choix s’est porté sur la vallée de l’Eau d’Heure, petite rivière qui prend sa source dans un bois de Cerfontaine et se jette dans la Sambre à Marchienne-au-Pont.
Cinq lacs, quatre barrages
C’est ainsi que naquirent le barrage et le lac de la Plate Taille – le plus grand lac de Belgique avec ses 351 ha, soit la superficie de 700 terrains de football, et sa capacité de 68 000 000 m³ –, ainsi que quatre autres lacs de moindre mesure : ceux de l’Eau d’Heure (165 ha), de Falemprise (41 ha), du Ry Jaune (32 ha) et de Féronval (21 ha) – les trois derniers équipés d’un pré-barrage. En raison du fort dénivelé (45 m) entre le lac de la Plate Taille et celui de l’Eau d’Heure, il fut décidé d’installer une centrale hydro-électrique. À l’époque, la seule attraction devait être la visite du barrage principal qui était de la compétence du Ministère de l’Équipement et du Transport. Mais une fois les lacs remplis, en 1981, les touristes ont naturellement été attirés vers leurs berges. Très vite, quatre clubs se sont constitués aux Lacs de l’Eau d’Heure et de la Plate Taille proposant plongée, voile, ski nautique et jet-ski. L’avenir du site se joua en 1994 lorsque la Région wallonne, encouragée par un cofinancement européen, décida d’y créer une véritable station touristique. De nouveaux équipements virent alors le jour, comme l’Aquacentre et le village de vacances Landal, et les investisseurs privés montèrent à leur tour à bord…
LE SAVIEZ-VOUS ?
D’où l’Eau d’Heure tire-t-elle son nom étrange ? D’un cauchemar datant du Moyen Âge. Lorsqu’il pleuvait abondamment, cette rivière inondait la région en à peine une heure avant de retrouver son lit. Cela lui valut le nom « d’eau qui vient en une heure », contracté en « Eau d’Heure » avec le temps.