Waw magazine

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Récemment honoré du titre de « plus beau village de Wallonie », Our regorge d’atouts. Entre son patrimoine architectural,  son église classée, sa gastronomie, les randonnées, difficile de ne pas tomber sous le charme.


C’est un petit village lové dans les profondeurs de l’Ardenne, au cœur de la commune de Paliseul. Il est installé au creux d’une vallée façonnée par l’Our, au fil des siècles. Le cours d’eau a donné son nom à cette entité qui vient de se voir honorée du titre de « plus beau village de Wallonie ». Our rejoint donc les sept villages en province de Luxembourg et les 22 autres répartis ailleurs en Wallonie qui jouissent déjà d’une telle reconnaissance. 

Beauté naturelle

La vraie beauté, d’ailleurs, est celle qui s’exprime au naturel. Pour être reconnu plus beau village de Wallonie, rien ne sert de déployer strass et paillettes. Le charme doit opérer seul, sans effort ni contrainte. Our ainsi que les autres villages se distinguent par leur singularité, leur caractère, la qualité d’accueil qu’ils proposent...

On pourrait franchement ignorer l’existence du village d’Our, bien caché au cœur de la vallée de la rivière éponyme, entouré de forêts et d’une nature luxuriante. On peut difficilement trouver un cadre plus bucolique que celui proposé ici. Pourtant, beaucoup le traverseront sans prendre le temps de poser leur regard sur ce qu’il a à proposer. Mais si l’on y prête ne fût-ce qu’un brin d’attention, difficile de ne pas être séduit.

C’est un village ardennais typique qui se présente sous vos yeux, avec ses nombreuses maisons en schiste. La configuration du village, avec cette rivière qui l’enserre, cette église qui trône à son sommet, pourrait lui donner des allures de poste avancé fortifié. Il n’en est rien. Pour y accéder, enjambez le cours d’eau, via l’un des deux ponts à trois arches et parapet en pierres taillées en demi-lune. 


Hors du temps

Bienvenue à Our. Le village compte une nonantaine d’âmes. On y vit au rythme de l’eau et de la forêt. Sans, semble-t-il, se soucier des tracas du monde extérieur. L’Ardenne elle-même, pourtant réputée pour sa rudesse, y apparaît presque douce. Et le temps semble n’avoir pas de prise sur ce hameau. Sa beauté, il la doit avant tout à son patrimoine architectural. Ses vieilles maisons en pierre, basses, surmontées d’un toit en ardoise, confèrent tout leur caractère à la poignée de rues qui composent le village. Le temps d’une visite, ce patrimoine préservé et bien entretenu vous transporte loin des lotissements modernes que l’on connaît et qui poussent un peu partout. Une visite à Our, c’est un voyage au cœur du passé, de notre patrimoine wallon.

Et pourtant… On sera surpris d’apprendre, en appréciant les charmes d’Our, que le champion de la construction moderne en Wallonie, Thomas & Piron, est installé à quelques centaines de mètres de là, en haut d’un des deux versants de la vallée. Une barrière végétale isole cependant le village du zoning. L’aménagement d’un contournement, en outre, est envisagé au niveau communal pour préserver la quiétude du village. Tandis que le patron de l’entreprise, Louis-Marie Piron, œuvre à sa manière à la préservation de ce patrimoine unique. Il a notamment rénové plusieurs biens, dans le respect de l’architecture locale, qui ont accueilli des établissements horeca.

Gastronomie et immersion naturelle

Mais saint Laurent, qui fut martyrisé sur un gril à Rome en 258, n’est pas seulement reconnu pour être le guérisseur des brûlures. C’est aussi le saint patron des cuisiniers. Ceci expliquerait-il la présence, au niveau de ce village d’à peine 90 habitants, de plusieurs tables savoureuses, dont celle du chef étoilé Maxime Collard (La Table de Maxime) ? Rien ne permet d’établir directement un lien de cause à effet. Les nombreux touristes de la région, cependant, le confirmeront : la gastronomie constitue certainement un atout supplémentaire du village.

Tout comme le sont aussi les randonnées pédestres et cyclables que l’on peut entamer au départ d’Our. Elles parcourent la vallée et les forêts avoisinantes. Our offre une invitation à vous plonger dans une forêt préservée. Vous y apprécierez toute la richesse de l’Ardenne en parcourant à peine quelques kilomètres à pied.


Une église classée


Au-delà du caractère ardennais du village dans son ensemble, observez cette petite église entourée de son vieux cimetière, posée sur un promontoire de schiste et qui surplombe le village. On y accède par un petit escalier de pierre. C’est le bâtiment le plus remarquable de l’entité. L’édifice religieux, haut perché, est classé comme monument depuis 1983. Il n’impressionne pas par son envergure, ni par son style. Trapue, l’église SaintLaurent n’en est pas moins attachante, notamment aux yeux de nombreux artistes qui ont pris plaisir à la peindre. L’édifice est un réel témoin des siècles passés. Une première chapelle aurait été érigée là en 1500, par le sieur de Boulin. L’église, dans sa configuration actuelle, une seule nef à trois travées, a été construite à partir de 1680. En témoigne la date gravée et encore visible aujourd’hui sur le portail intérieur. Sa construction s’est étendue jusqu’au début de XVIIIe siècle. Mais l’histoire tumultueuse n’a pas épargné le lieu de culte, incendié en 1819 pour être rebâti l’année suivante. Les amoureux du patrimoine apprécieront son clocher à quatre étages, avec base carrée, puis, un étage droit surmonté d’une flèche octogonale en double cône. Aujourd’hui, c’est toujours un lieu de pèlerinage. L’on y vient, avec ses enfants notamment, pour implorer le patron du village de ce qui est connu en Ardenne comme étant « les clochettes de saint Laurent », des éruptions cutanées ou des cloques liées à des brûlures. 

 

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Le Luxembourg Belge, terre de vacances.  Connu pour l’Ardenne, ses forêts, ses sangliers, ses candidats de Top Chef et pour le loup dont on aurait vu la queue du  côté de Nassogne… Et si on vous contait d’autres histoires ?


GALAXIA

À Transinne, c’est un parc d’activités dédié au spatial qui se développe à côté de l’Euro Space Center et à deux pas de la station de l’ESA installée à Redu. Tout prochainement, Galaxia accueillera le centre logistique et de maintenance des opérations au sol du programme Galileo.

La province de Luxembourg est réputée pour son caractère paisible et son patrimoine naturel. Ceux qui empruntent l’axe BruxellesLuxembourg se sont dès lors peut-être étonnés de croiser, entre champs et forêts, une fusée allongée en bordure d’autoroute. À Transinne, l’Euro Space Center accueille chaque année quelque 40 000 visiteurs et stagiaires et les emmène à la découverte de l’espace. À côté de cette attraction touristique se développe un pôle spatial unique en Wallonie.

Depuis 1968, à Redu, à quelques kilomètres de Transinne, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) opère une de ses stations de contrôle. « À l’époque, pour communiquer avec les satellites, l’Agence cherchait un lieu situé au calme, loin des villes, exempt de toute pollution électromagnétique. C’est pour cette raison, principalement, que l’ESA a choisi Redu », commente Michel Ponthieu, Responsable Spatial et Hautes Technologies d’Idélux, intercommunale en charge du développement économique de la province de Luxembourg. Bien installée, l’ESA continue à mener de nombreuses opérations depuis Redu. Elle veille notamment au bon fonctionnement des satellites en orbite, participe à des missions d’observation de la terre et garantit des missions de télécommunications à l’échelle européenne.

Avec la volonté de capitaliser sur cet atout, en 2008, Idélux développe Galaxia, juste à côté de l’Euro Space, un centre de services et d’entreprises dédié au spatial. Des acteurs du secteur, jeunes ou déjà bien établis, peuvent y profiter de bureaux et de salles de réunions équipés et sécurisés. « Nous aidons les entreprises actives dans le domaine du spatial à s’installer et à se développer. Elles peuvent profiter d’un écosystème adapté, rencontrer d’autres acteurs présents ou actifs dans le domaine, à commencer par l’ESA », assure Michel Ponthieu. Le centre d’entreprises de Transinne présente l’avantage d’être directement connecté au site de l’ESA par la fibre. « Les entreprises présentes peuvent donc facilement exploiter la quantité de données reçues par satellites », précise Michel Ponthieu.

Galaxia, c’est aussi un Centre de connaissances permettant aux entreprises présentes d’accéder aux universités, pour proposer des sujets de fin d’étude à des étudiants par exemple. « Nous proposons aussi des programmes d’incubation d’entreprises, en partenariat avec WSL, le programme d’incubation wallon, et ESA BIC, celui de l’agence spatiale européenne. Actuellement, une douzaine de start-ups profitent d’un accompagnement qualitatif, pour assurer le développement de leur activité. »

Ce pôle spatial, aux nombreux atouts, s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de développement. Grâce aux investissements de la Région wallonne et de l’Etat fédéral, la Commission européenne a choisi d’implanter le nouveau centre de soutien logistique dédié au programme européen de navigation par satellite « Galileo ». Des équipes, au départ d’un tout nouveau bâtiment, assureront la logistique et la maintenance des 16 stations de contrôle terrestres de Galileo (le GPS européen), réparties à travers le monde, et de dix autres centres opérationnels en Europe. « Aujourd’hui, Galaxia prend une nouvelle dimension. Au-delà du centre d’entreprises, nous développons un parc d’activités sur 20 ha, entièrement dédié au spatial, poursuit le responsable d’Idélux. Galileo doit permettre la création de nombreux nouveaux services et applications. Notre volonté est de développer un pôle d’attractivité autour du spatial, d’accueillir des acteurs ayant la volonté de développer de nouveaux services en lien avec Galileo et souhaitant évoluer dans un environnement de travail dédié au spatial. »



GROUPE FRANÇOIS

Installé à Latour, près de Virton, le Groupe François a développé un modèle unique d’économie circulaire qui intègre et valorise durablement une ressource locale et durable, le bois.

C’est en 1980 que Bernard François se lance dans l’aventure du bois avec son père Pierre, un ancien meunier. Installés à Signeulx, près de Virton, père et fils fabriquent des palettes et des caisses en bois. Depuis lors, la petite entreprise familiale a bien grandi. Au fil des ans, elle est parvenue à fédérer différents métiers autour d’un socle commun, le bois. « Petit à petit, nous avons intégré toute la filière bois pour créer un modèle d’économie circulaire. À travers lui, nous transformons cette ressource naturelle d’une manière logique et efficace, tant d’un point de vue environnemental que socio-économique. Nous veillons à la valoriser au mieux à chaque étape de son traitement, explique Bernard François. Le bois d’éclaircie une fois coupé alimente tout d’abord notre scierie. À partir de planches, nous fabriquons des palettes, notre activité historique. La sciure résiduelle, provenant de la découpe, est alors séchée grâce à la chaleur produite par notre unité de cogénération avant d’être transformée en granulés de bois combustibles, commercialisés sous la marque Badger Pellets. »

Du bois, mais aussi de l’énergie

Déployée depuis 2004 en collaboration avec l’intercommunale Idélux, l’unité de cogénération produit non seulement de l’énergie thermique mais également électrique. Un tiers de l’électricité verte est utilisée afin de répondre aux besoins propres de la société, qui est ainsi devenue totalement autonome. Le surplus est distribué dans le réseau et approvisionne 11 000 ménages. La chaleur émise, quant à elle, permet de sécher les sciures mais aussi de traiter les palettes et de chauffer les bâtiments de l’entreprise. « Sur notre site de KioWatt à Bissen, au Luxembourg, nous parlons même de tri-génération puisque les déchets servent également à refroidir le data center de LuxConnect, installé à proximité immédiate », précise le fondateur du Groupe François.

Pour fonctionner, l’unité de cogénération est alimentée, d’une part, par les résidus de bois en fin de vie du site et, d’autre part, par les déchets de bois des ménages recueillis dans les parcs à conteneurs de la province de Luxembourg. Au total, cela représente environ 400 000 m3 de déchets chaque année. Depuis ce mois de mars, les bois de rebut, nettoyés, broyés et déferrisés, sont également valorisés à travers la création de blochets, des pièces qui entrent dans la fabrication des palettes.

« Une question de bon sens »

Toutes ces activités autour du bois sont organisées dans un même lieu, dans le zoning de Latour notamment. Cette intégration permet à la fois de réduire les coûts liés au transport et son impact environnemental, de maîtriser toute la chaîne et d’assurer la qualité des produits proposés.

Bien sûr, cet incroyable circuit ne s’est pas construit en un claquement de doigt. « Tous les jours, nous cherchons à améliorer nos processus, dans une optique de durabilité, à la fois pour notre entreprise, nos collaborateurs, notre environnement et les générations futures, assure Bernard François. C’est un long cheminement, une démarche intellectuelle de fond, basée sur le respect de la matière première. Car le challenge consiste avant tout à utiliser la ressource de manière équilibrée et d’en prendre soin. Trop d’investissements se font aujourd’hui sans tenir compte de la ressource dans son bassin de vie et sans s’assurer de sa pérennité. Une adéquation entre la disponibilité du matériau à long terme et l’activité que l’on souhaite développer est essentielle. C’est une question de bon sens. » Dans cette optique, le Groupe François a choisi de ne transformer que du bois d’éclaircie, provenant de forêts gérées durablement et situées dans un rayon de 0 à 300 km.

Une stratégie

« Nous devons réussir à ce que les énergies renouvelables soient réellement un enjeu de demain », poursuit le patron. Le Groupe François, lui, y veille. Sur base d’une ressource locale et renouvelable, il produit ainsi chaque année 2,5 millions de palettes et 50 000 tonnes de Badger Pellets sur son site virtonnais. Regroupant une dizaine de sociétés, le groupe emploie 250 personnes. Depuis sa création il y a un peu moins de quarante ans, l’entreprise gaumaise peut donc se prévaloir d’une croissance continue, intégrant un modèle social, économique et environnemental qui a de quoi séduire et inspirer.

Benoît Greindl entreprend, de l’Ardenne au canton du Valais en Suisse, après un détour par la Chine. Résident suisse, où il développe avec Montagne Alternative un concept hôtelier unique dans un cadre naturel inaltéré, il reste attaché à son Ardenne natale. Il est aussi devenu le président du conseil d’administration du Libramont Exhibition & Congress. À travers ces deux projets, il prône un retour à la nature et une reconnexion de l’humain avec son environnement.

«Je suis un entrepreneur », se présente Benoît Greindl. « J’ai participé au développement d’une entreprise pendant 15 ans en Belgique. Nous l’avons vendue en 2004, avant de partir en Chine, pour en créer une autre, spécialisée dans l’assistance à la maîtrise d’ouvrage pour le compte d’entreprises occidentales actives en Chine. À l’époque, ma famille a fait preuve d’un réel enthousiasme à l’idée de partir à la découverte d’une nouvelle culture, de nouveaux challenges et plaisirs. Nous y avons vécu cinq ans, avant de retrouver l’Europe, aspirant à des valeurs et des rythmes plus sains, plus durables. » En Chine comme en Belgique, Benoît Greindl a démontré sa capacité à rencontrer le succès, restant fidèle à une citation de Winston Churchill, selon laquelle « le succès est de pouvoir passer d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. » Parmi les faits remarquables de Realys Group, sa société développée dans l’Empire du Milieu, on relèvera la construction du Pavillon belge de l’Exposition universelle de Shanghaï avec Interbuild.

Retour à l’essentiel

Un succès rencontré en Asie, mais aussi un choix, celui de revenir en Europe. « Nous voulions retrouver nos racines, notre culture, nos familles et offrir autre chose à nos quatre enfants que cet univers exaltant, mais aussi rutilant découvert en Chine », précise-t-il. Ce n’est toutefois ni en Ardenne ni même en Wallonie, que la famille Greindl a déposé ses bagages. Ils ont trouvé refuge à quelques centaines de kilomètres de là, dans le Valais, aux confins des alpages Suisse. Benoît y a rejoint son cousin, Ludovic Orts, qui au détour d’un chemin de montagne avait trouvé là un authentique village, le hameau de Commeire, isolé et menacé de désertification. Ludovic nourrissait l’idée d’y développer un projet de valorisation immobilière. Avec l’aide de Benoît, et une envie partagée de promouvoir d’autres valeurs, c’est une toute autre activité qui a vu le jour. « Nous avons toujours été fascinés par cette nature. Nous avons eu le désir de partager avec le plus grand nombre cette passion, cet espace de montagnes. Le village de Commeire n’avait jusqu’alors pour vocation principale que l’agriculture, explique Benoît Greindl. Nous avons choisi d’en revaloriser une partie. Nous avons transformé 11 des 35 bâtiments en un concept hôtelier qui prône le retour à l’essentiel, à la nature, à la beauté des paysages, en proposant évidemment tout le confort qu’un client est en droit d’attendre. » C’est sur cette base qu’est né le projet Montagne Alternative. Le village a trouvé une nouvelle fonction sans en être altéré. Le projet veille particulièrement à préserver le caractère authentique et multiséculaire du bâti et des alentours. Les deux hommes proposent à leurs visiteurs de se reconnecter à la nature, loin du bruit, loin des villes et même du brouhaha des remontées mécaniques qui résonne tant sur les hauteurs du Valais. L’offre développée entend surtout répondre à une tendance forte, réelle lame de fond, qui se fait ressentir au sein de la société : un besoin de retour aux fondamentaux, au calme et à la quiétude, au bon sens, à un environnement préservé et à une alimentation saine. Particuliers comme entreprises désireuses de mettre leurs salariés au vert y viennent tout au long de l’année. « Notre approche se pose en alternative à ce que propose l’industrie hôtelière en général, précise le CEO de Montagne Alternative. Pas de remonte-pente, pas de voiture, juste 35 constructions authentiques, faites de mélèze, avec une ligne architecturale respectée, pour accueillir nos visiteurs, et une nature luxuriante. Le restaurant de Montagne Alternative valorise une alimentation saine, naturelle et du terroir. »

Expérience authentique

Commeire comptait une centaine d’habitants juste après la guerre. Ces dernières années, conséquence de l’exode rural, ils n’étaient plus qu’une dizaine. « Nous avons travaillé en collaboration étroite avec les entreprises, les autorités locales et les habitants du village et de la vallée pour progressivement transformer ce village. Il a fallu beaucoup communiquer, expliquer le concept, installer la confiance nécessaire afin que les habitants y adhèrent entièrement. Nous vendons une « expérience culturelle », « une expérience alpine authentique ». Par ailleurs, nous voulons favoriser et valoriser une économie locale à travers notre concept, commente Benoît Greindl. Nous travaillons principalement avec des producteurs locaux. Les constructions ont été entièrement réalisées par de véritables artisans, hautement qualifiés dans tous les domaines de la construction. Nous profitons également des dernières technologies et sources d’énergie alternative pour répondre à nos besoins. »

« Nous travaillons principalement avec des producteurs locaux. Les constructions ont été entièrement réalisées par de véritables artisans, hautement qualifiés dans tous les domaines de la construction. Nous profitons également des dernières technologies et sources d’énergie alternative pour répondre à nos besoins. »


Le LEC, en écho à la Suisse

C’est cependant un tout autre projet qui a ramené Benoît Greindl à ses racines. Dès son retour de Chine, c’est le Libramont Exhibition & Congress, le centre de congrès qui a été bâti sur le champ de la Foire Agricole de Libramont, qui a sollicité l’entrepreneur. Du LEC, le petit nom affectueux de ce bâtiment monumental, l’entrepreneur préside le conseil d’administration. Inauguré il y a bientôt trois ans, ce paquebot intégré au coeur du champ de foire et pouvant aussi bien accueillir des petits groupes et événements que des manifestations de grande ampleur, nourrit de belles ambitions. « J’ai adhéré à ce projet parce qu’il se développe en écho aux valeurs que nous prônons depuis la Suisse. Le LEC est aujourd’hui porté par une équipe de gens professionnels, déterminés, ambitieux pour leur région, attachés à ces valeurs sociales et proches de la nature. Ce sont ces valeurs que porte depuis toujours l’association du cheval de trait ardennais à travers son événement majeur qu’est la Foire Agricole et Forestière de Libramont », commente Benoît Greindl. Avec un positionnement hors du commun, la Foire Agricole est un des rares événements du genre à faire tomber des frontières, en rassemblant aussi bien particuliers que professionnels, en alliant réalité économique et préoccupations sociétales, en privilégiant le contact humain ancré dans la nature. Bref, en étant désormais à la fois indoor et outdoor. « La nature et l’espace de cette Ardenne que j’affectionne particulièrement, offre, avec le Libramont Exhibition & Congress, une opportunité unique à l’industrie des foires et salons. Il n’y avait sans doute qu’en ce lieu qu’un tel positionnement marketing était possible. Toutes les industries, la société au sens large doit se réconcilier et intégrer la nature dans son équation de développement. C’est un impératif et un des enjeux majeurs du XXI e siècle. Se réunir en pleine nature plutôt qu’en ville pour débattre de ces enjeux donne beaucoup de cohérence aux évènements organisés au LEC, poursuit le président du conseil d’administration. À travers le LEC, ce sont ces valeurs fortes que nous voulons faire rayonner tout au long de l’année depuis Libramont. »

Connexion intelligente à la nature

Le LEC accueille désormais des foires et des salons de janvier à décembre. Et si la Foire reste l’événement majeur de l’année, avec ses 250 000 visiteurs, d’autres événements y trouvent un nouveau terrain de jeu (voir encadré). « Les changements sociétaux que j’évoque à travers Montagne Alternative touchent toutes les dimensions de la société, et forcément aussi le monde de l’entreprise, le développement économique, du loisir à l’industrie. Sans établir une connexion intelligente avec l’environnement, c’est toute la société qui va dans le mur. Dans ce contexte, le LEC se pose en catalyseur du changement qui s’opère tant à travers la population que l’économie. Il est un lieu qui fédère et travaille à des relations plus harmonieuses entre l’humain et la nature », précise Benoît Greindl. Tout au long de l’année, le centre de congrès de Libramont, avec ses salles de séminaires et de réceptions, accueille des événements privés, des salons, des conférences, des réunions. Situé le long de la E411, avec une gare sur la ligne Bruxelles-Luxembourg, à égale distance des aéroports de Charleroi, Bruxelles, Luxembourg et Bierset, Libramont est au coeur d’une région au potentiel économique conséquent, la Grande Région, une zone qui a su préserver son cadre naturel. Quoi de plus normal que de vouloir initier au milieu de cette nature, à deux pas d’une forêt parmi les plus denses du royaume, le mouvement qui fera que, demain, chacun pourra vivre dans un monde plus sain, en harmonie avec son environnement, en profitant d’une économie basée sur le respect et le bon sens. C’est tout le voeu de Benoît Greindl, aujourd’hui, et celui auquel il entend contribuer à travers l’ensemble de ses projets.

 

RENSEIGNEMENTS

Montagne Alternative
Commeire — 1937 Orsières
+41 27 783 21 34
[email protected]
www.montagne-alternative.com

Libramont Exhibition & Congress
Rue des Aubépines, 50
B-6800 Libramont
+32 (0)61/ 23 04 04
[email protected]
www.libramont-exhibition.com

 

OUTDOOR SHOW, UN NOUVEL ÉVÉNEMENT PROMETTEUR

Le LEC vit au-delà de la Foire Agricole de Libramont. D’autres événements voient aujourd’hui le jour et nourrissent de réelles ambitions. Les 25 et 26 avril prochains, le LEC proposera l’Outdoor Show, un événement unique dédié aux loisirs actifs de plein air. L’événement s’inscrit dans la philosophie du LEC. Il s’adressera aux particuliers, en quête d’amusement et de sensations le temps d’un week-end, et fédérera les professionnels, notamment autour des enjeux de loisirs toujours plus proches de la nature. Une quarantaine d’acteurs de l’outdoor et du tourisme actif seront présents à cette occasion. On y retrouvera notamment Hélène Diving Belgium (voir p. 10 de ce numéro). L’Outdoor Show Belgium aura lieu en même temps que Job & Life Up, une course à pieds en équipe qui s’adresse notamment aux entreprises et associations. Cette activité particulière sera organisée pour la troisième fois à Libramont. Dès sa première édition, cette course conviviale a drainé 2 000 personnes en un jour.

Au-delà de l’Outdoor Show et de la Foire Agricole, le LEC accueillera « Les Naturales de Libramont » du 2 au 4 octobre, un salon des innovations durables orienté vers une meilleure utilisation des ressources nécessaires à notre existence.

Il y a un peu plus d’un an, une nouvelle et jeune équipe est arrivée aux commandes du « Gastronome » à Paliseul. Une cuisine de qualité créative et accessible y est proposée. Celles et ceux qui désirent passer une nuit ou un week-end au coeur de la forêt ardennaise y trouveront des espaces accueillants qui allient confort et modernité.

Au coeur de Paliseul, la maison est connue de tous. « Au Gastronome », l’enseigne éveille à elle seule les papilles du tout-venant. Derrière cette façade en pierre du pays, cette rocaille ardennaise sur laquelle s’étend une forêt dense, s’est construite une forte tradition culinaire. Pendant de nombreuses années, Michel Libotte a dirigé cet établissement et ses cuisines pour les emmener vers les hautes sphères de la gastronomie. Le « Gastronome », en son temps, se distinguait ainsi avec deux étoiles au Michelin.

Reprendre l’établissement, après un tel prestige, constituait un défi de taille. Clément Petitjean, chef de la « Grappe d’Or » à Torgny, qui figure parmi les autres grandes tables de la province de Luxembourg avec une étoile au Michelin, a voulu le relever. En association avec Louis-Marie Piron, mécène de la région, il a rouvert le « Gastronome ». Il en a confié les rênes à Sébastien Gouguet et à sa compagne Mylène Frignet. Le premier était son second à Torgny, alors que Mylène Frignet officiait à l’ « Empreinte du Temps », restaurant frère de la « Grappe d’Or », qui offre une cuisine gourmande et créative à un prix accessible. « C’est sur ce créneau que nous avons voulu positionner le Gastronome, en proposant une gastronomie créative et de qualité accessible à tous », explique Maurice Petitjean, le père de Clément, qui a aidé le couple au cours de cette première année d’activité. « Nous avons d’ailleurs été confortés dans ce choix avec une récente reconnaissance par le Bib Gourmand de Michelin. »

Sébastien Gouguet met en valeur les produits du terroir et de saison. Avec une certaine pression. En décidant de garder le nom, il fallait pouvoir satisfaire à une certaine attente de celles et ceux qui, par le passé, onteu l’occasion d’apprécier la cuisine du chef Libotte. « L’enjeu est d’y parvenir tout en proposant un style de cuisine plus personnel. Notre volonté, toutefois, n’est pas faire de la gastronomie comme notre devancier la proposait. Bien sûr, la cuisine se veut de qualité, mais aussi plus accessible. Nous voulons également attirer un public plus jeune », poursuit le jeune chef. La cuisine de Sébastien Gouguet est originale et créative. Le chef met en valeur avec brio, pour un prix abordable et selon les saisons, les produits de la chasse, la truffe ou encore les asperges. Différentes formules sont proposées, du lunch de midi au menu 4 services, en passant par un menu Règle de Trois.

Si notre clientèle est diversifiée, composée aussi bien de jeunes que de moins jeunes, elle comprend une part importante de touristes. La région constitue une destination bucolique par excellence, avec de nombreuses possibilités de promenades au grand air et la vallée de la Semois toute proche. 

 

Avant de rouvrir, il y a un peu plus d’un an, le « Gastronome » a été rénové intégralement. L’enjeu, pour la nouvelle équipe, a été de lui conférer de nouvelles tonalités en respectant l’esprit et surtout l’histoire de cette institution régionale. L’espace « CôtéSouvenirs », par exemple, rend hommage au passé du lieu. « C’est à partir de cette salle, qui était à l’origine un café, que tout a démarré », explique Maurice Petitjean. « Nous avons recouvert les murs de cette salle de reproductions de photographies d’époque du village, témoignant de son histoire. » Les nouveaux gérants y servent la formule lunch proposée le midi et des préparations plus légères en soirée. De l’autre côté du couloir d’entrée, au-delà du confortable salon aménagé pour prendre l’apéritif, la salle de restaurant a pris des allures plus contemporaines. « Sans dénaturer le caractère de la maison, en préservant le côté apaisant du lieu, nous avons voulu créer un espace plus moderne et dynamique, avec des tonalités plus vives pour le mobilier, avec du fuchsia, de l’orange, de l’ocre ou encore du violet », agrémente Maurice Petitjean. Cette décoration contemporaine a été déclinée dans les six chambres et la suite dont dispose l’établissement. « Si notre clientèleest diversifiée, composée aussi bien de jeunes que de moins jeunes, elle comprend une part importante de touristes. La région constitue une destination bucolique par excellence, avec de nombreuses possibilités de promenades au grand air et la vallée de la Semois toute proche », conclut Maurice Petitjean. Si le « Gastronome » a changé, c’est pour mieux allier une fine cuisine pour tous à un accueil chaleureux pour les amoureux d’escapades forestières. En la matière, l’adresse ne déçoit pas. ■

Il y a comme un charme d’ailleurs dans cette grande bâtisse qui surplombe la vallée de l’Amblève. Le « 7 Hills » est un écrin de bien-être dont les environs offrent un dépaysement garanti.

Construit en 1950, « l’Hôtel des collines », a été réaménagé en 2008 en un chalet de style savoyard au confort 5***** afin de proposer en Ardenne, un tourisme de qualité. Tourisme, Marielle De Schutter, la propriétaire sait de quoi elle parle puisqu’elle est l’ancien propriétaire du parc d’attraction « Télécoo » (avant que ce dernier ne soit racheté par Plopsa Coo). Qualité, aussi, puisqu’elle a ouvert trois gîtes de luxe à Stoumont. Le troisième, dont l’ouverture est prévue pour cette fin d’année, offrira comme les deux autres, le même niveau d’aisance.

Cette résidence-ci allie un confort d’exception (piscine intérieure, sauna, chambres avec salles de bain privatives) à une atmosphère soignée et une vue imprenable sur la vallée de l’Amblève. Tous les éléments sont réunis pour garantir aux familles un séjour inoubliable avec de nombreuses installations mises à disposition telles que la piscine intérieure chauffée à 30°, le sauna, le banc solaire, le hammam, le bar avec billard et airhockey…

Également destiné à accueillir des entreprises en séminaire ou team-building, cette résidence de luxe compte aussi une salle de réunion d’une capacité de 24 places avec écran, matériel de projection, DVD et connexion Internet.

Le charme est accentué par sa situation. Stoumont, en province de Liège, est également un village riche en eau ; plusieurs sources naturellement gazeuses jaillissent en son sous-sol ! ■

 

Renseignements et réservations:

Pour le particulier : www.ardennes-etape.com/102251-02

Pour les séminaires d’entreprises : www.business-etape.com/102251-02

 

A voir, à faire

Si vous voulez découvrir les Ardennes belges au départ de votre maison de vacances située à Stoumont, vous êtes au bon endroit ! Les cascades de Coo ne sont qu’à 10minutes, les Cantons de l’Est et Malmedy n’est qu’à une demi-heure et la plus petite ville Durbuy à 45 minutes.

• Dans la commune de Manhay, le Champs de Harre accueille un centre d’activités étonnant. En effet, le Ranch Don Diego vous propose randonnées en quad, en moto, en buggy mais aussi à cheval et une multitude d’autres évènements.

• L’agro-golf ou golf fermier est devenu très populaire ces dernières années. Ce sport, pour les jeunes et moins jeunes, pour les amis, famille ou collègues, garantit un après-midi hilarant dans la belle région Stoumont.

• Le Monde Sauvage d’Aywaille tout proche offre mille façons de s’amuser pour toute la famille entre safari, promenades, cinéma 3D, plaine de jeux, show d’otaries, ferme, volière, boutiques, restaurations…

• Venez découvrir l’Abbaye de Stavelot et ses trois musés ; le musée de la principauté de Stavelot-Malmedy, le musée du Circuit de Spa-Francorchamps et le Musée Guillaume Apollinaire.

Autres curiosités et activités

• C’est au hasard d’une balade dans les environs boisés de Theux que le château de Franchimont vous apparaîtra. Magnifique tache ocre sur le fond vert sombre de la forêt il est un joyau architectural dans un cadre verdoyant.

• Et si vous cherchez une bonne table dans la région, n’hésitez pas à rendre visite à la famille Op’t Roodt qui vous accueille au restaurant Zabonprés pour une cuisine raffinée et inventive…

Virginie Harzé est responsable de production à la brasserie de l’abbaye Notre-Dame du Val-Dieu, au coeur du Pays de Herve. Cette jeune femme de 33 ans, agronome de formation, met toute sa passion au service de ces bières de qualité.

L’abbaye Notre-Dame du Val-Dieu cache bien des trésors. Parmi eux, les bières produites au coeur de sa brasserie. Leur gardienne, aujourd’hui, est Virginie Harzé. Au qualificatif de maître-brasseur, cette passionnée préfère la qualité de « responsable de production ». Avec dynamisme et vigueur, elle veille attentivement à la production de ces bières de qualité et au respect de leurs recettes qui, depuis quelques années, séduisent un nombre grandissant de consommateurs.

La maîtrise des éléments

Le processus de fabrication des bières de Val- Dieu, qu’il s’agisse de celui de la Blonde, de la Brune, de la Triple ou encore de la Grand- Cru, sans oublier la bière de Noël, n’a plus de secret pour elle. Un jour hivernal de brassage, en route depuis six heures du matin, elle s’active ci et là, entre les hommes de la brasserie, pour s’assurer que tout fonctionne correctement. C’est qu’il faut veiller au grain. De l’empâtage au brassage jusqu’à la mise en bouteille ou en fût, il faut que tout le processus reste sous contrôle. « La fabrication de la bière est réalisée sur base d’une recette. Chaque bière a la sienne et il convient de la respecter, explique-t-elle. Mais la bière est un produit vivant. De nombreux facteurs et éléments interviennent au cours de sa fabrication. Et il y a toujours bien quelque chose qui peut altérer sa qualité ou modifier son goût. Il faut jongler entre les ingrédients de base que sont le malt, le houblon, l’eau et les levures, puis veiller au suivi des différentes phases de production, comme les paliers de température au moment du brassage ou à la juste fermentation de la bière en cuve de garde… » S’il n’est pas forcément difficile de faire de la bière, c’est une autre histoire lorsqu’il s’agit de produire la même bière d’un brassin à l’autre. Tous les maître-brasseurs le confirmeront. « L’enjeu est d’améliorer la qualité de la bière en permanence, sans en altérer le goût ou la couleur, poursuit Virgine Harzé. C’est cela qui rend ce métier passionnant. »

La bière plutôt que le chocolat

Il y a maintenant huit ans que cette dynamique personne est arrivée à la brasserie de Val-Dieu. Agronome de formation, elle nourrissait dès ces études l’envie de travailler dans le secteur agroalimentaire. « À vrai dire, j’hésitais entre la bière et le chocolat. Au moment de faire un choix de stage lors de ma dernière année d’étude, considérant que je connaissais déjà bien assez l’univers du chocolat, j’ai opté pour le secteur brassicole », explique-t-elle. C’est à ce moment que Virgine est « tombée dedans ». « J’ai été fascinée par le produit, la complexité du procédé, le nombre de facteurs à prendre en considération pour réaliser une bonne bière. J’ai découvert un produit exceptionnel. Pour tout avouer, avant de découvrir l’univers brassicole, je ne buvais pour ainsi dire pas de bière. J’ai découvert le produit en même temps qu’un univers chaleureux et convivial. Je vous rassure, depuis lors, j’ai eu l’occasion de rattraper mon retard », explique-t-elle.

« J’ai été fascinée par le produit, la complexité du procédé, le nombre de facteurs à prendre en considération pour réaliser une bonne bière. J’ai découvert un produit exceptionnel. »


À l’issue de ses études, Virginie a d’abord trouvé un emploi dans une entreprise bien éloignée du secteur brassicole. Elle y est rapidement revenue, devenant laborantine en charge du contrôle qualité de la bière pour le compte d’une très grosse brasserie belge. « C’était bien différent de ce que je vis ici, au sein d’une petite brasserie. Chez mon employeur précédent, on travaillait à grande échelle. Alors qu’à la brasserie de Val-Dieu, il y a une vraie richesse à toucher à tout et à travailler sur l’ensemble du processus de production », explique la jeune femme.

Entente et entraide

C’est un brin de chance qui l’a amenée à Val- Dieu, dans cette abbaye cistercienne fondée en 1216. Souhaitant se rapprocher de sa campagne natale, la jeune femme a envoyé une candidature spontanée aux dirigeants de cette petite brasserie. « Je suis tombée au bon endroit au bon moment puisque, alors, ils cherchaient quelqu’un pour assurer le suivi du contrôle qualité et pour travailler au brassage des bières », poursuit-elle. C’était il y a huit ans. Pendant plusieurs années, elle a complété ses connaissances en travaillant avec les deux associés de la brasserie, Alain Pinckaers, à l’époque plus actif au niveau du développement commercial, et Benoît Humblet, ingénieur agronome qui a mis au point les différentes recettes des bières produites à Val-Dieu. « J’ai donc eu l’occasion de sortir du laboratoire pour me plonger dans le processus de fabrication de la bière et ainsi voir comment la qualité pouvait en être améliorée. Progressivement, j’ai appris énormément sur la production de la bière en mettant la main à la pâte. J’ai pu assouvir cette envie en arrivant ici. Même si, je le reconnais volontiers, j’ai souvent l’impression d’avoir encore beaucoup à apprendre », confie-t-elle. Elle a aussi pu découvrir le secteur et l’ambiance qui y règne. « Si la concurrence est réelle, vu le nombre de producteurs de bières qui se côtoient en Belgique, il y a une ambiance conviviale. J’ai été bien accueillie et l’on m’a toujours soutenue ».

Par ailleurs, si le secteur brassicole est un monde principalement masculin, elle y a facilement trouvé une place. C’est toujours avec plaisir, aujourd’hui, qu’elle savoure de bonnes « spéciales », toujours, avec ses confrères en échangeant quelques conseils pour parfaire les bières ou leur processus de production. « Il y a une réelle entente cordiale entre les acteurs, une entraide qui fait chaud au coeur. Et si, quand j’ai commencé, il s’agissait avant tout d’un milieu d’hommes, je me rends compte qu’il attire de plus en plus de femmes. »

Il y a deux ans, suite au départ de Benoît Humblet, parti de la brasserie de l’abbaye de Val-Dieu pour créer d’autres bières du côté de Gembloux, c’est à Virginie que l’on a confié la responsabilité de la production. De l’équipe, en dehors d’Alain Pinckaers, qui s’est aussi plus impliqué dans la production, l’actuelle responsable de production est celle qui a le plus d’expérience. Aujourd’hui, elle l’a partage avec le nouvel associé de la brasserie, Michaël Peisser, neveu d’Alain Pinckaers, ainsi qu’avec deux personnes qui la soutiennent au niveau de la production. Son travail a par ailleurs évolué. Les objectifs de la brasserie aussi. « Les défis sont nombreux. Il faut former le nouveau personnel, nourrir sans cesse la vertu de la bière grâce à un suivi au niveau du laboratoire, brasser effectivement et trouver les solutions pour répondre à cette volonté de doubler la production à moyen terme. C’est beaucoup de choses à la fois, mais c’est aussi ce qui rend mon métier exaltant. »

Restera à créer

Aujourd’hui, la brasserie de l’abbaye de Val- Dieu produit 7 500 hectolitres de bière par an. Tour à tour sont brassées la Blonde (qui présente un taux d’alcool de 6 %), la Brune (8 %), la Triple (9 %) et la Grand-Cru (10,5 %). Mais aussi, en saison, la Val-Dieu de Noël ainsi qu’une série de bières « à façon » représentant 10 % de la production. À l’horizon 2015-2016, la production devrait atteindre 15 000 hectolitres. Cette hausse de production ne se fera pas sans incidence sur le processus de fabrication qu’il faudra améliorer et élargir en veillant à ne pas altérer la qualité des bières. L’équipe, aujourd’hui composée de cinq personnes, devrait aussi s’élargir. Les défis sont donc considérables. Mais Virginie Harzé et ses comparses sont prêts à les relever avec enthousiasme.

Restera à la responsable de production, un jour, à créer sa propre recette et à la produire. Jusqu’alors, Virginie Harzé met en oeuvre les recettes de Benoît Humblet. La production d’une bière créée par ses propres soins sera donc l’étape suivante. « L’envie est là, même si je n’en fais pas une priorité. C’est une tout autre expérience pour moi. Je dois tout apprendre en la matière », explique-telle. Les festivités liées au 800e anniversaire de l’abbaye (en 2016) seront sans doute une occasion unique pour créer cette première bière. « Des réflexions sont menées actuellement. J’expérimenterais bien, pour l’occasion, la création d’une bière bio. Mais je ne suis pas la seule à décider. Nous verrons donc bien ce qu’il est possible de faire. » Ce qui sortira des cuves de brassage et qui se laissera savourer une fois fermenté en bouteille reste donc une surprise. Mais, sans aucun doute, cette bière reflétera l’expérience que Virginie Harzé a pu acquérir en huit ans. Elle ajoutera dès lors un trésor de plus à ceux que recèle l’abbaye de Val-Dieu. Des trésors que l’abbaye, cependant, aime partager et faire découvrir, pour que chacun prenne plaisir à les savourer.

 

Un ensemble majestueux

L’abbaye de Val-Dieu date de 1216 et est riche d’histoire. En son temps, haut-lieu du patrimoine du Pays de Herve, il a accueilli une communauté monastique cistercienne. La plupart des bâtiments que l’on connaît actuellement ont dû être réédifiés, suite à un pillage des troupes calvinistes en 1574. L’abbatiale, elle même, s’est partiellement effondrée en 1839 ! Le chantier de sa reconstruction s’est achevé seulement en 1884. Ensemble majestueux, cette église conserve de magnifiques stalles de la Renaissance en provenance d’une autre abbaye cistercienne liégeoise, la Paix-Dieu à Amay.

En 2001, les trois derniers moines cisterciens quittent l’abbaye et une communauté de laïcs investit le site afin d’y perpétuer les valeurs de la vie chrétienne suivant les principes de l’ordre cistercien. L’abbaye, comme la brasserie, peuvent être visités sur rendez-vous. Au coeur du Moulin du Val-Dieu, en face de l’abbaye, la restauration du terroir est mise à l’honneur depuis janvier 2013 afin de régaler les touristes belges et étrangers. En effet, le nom de Val-Dieu s’apprécie au-delà de nos frontières, notamment grâce à sa bière. 30 % de la production de la brasserie part à l’exportation dans 17 pays tels que les États-Unis, l’Italie, la France, les Pays-Bas, l’Espagne, la Chine, l’Ukraine, Suisse, Angleterre, le Canada, la Pologne…

 

Renseignements

Abbaye du Val Dieu
Val-Dieu, 227
B-4880 Aubel
[email protected]
www.abbaye-du-val-dieu.be

Comptant parmi les derniers producteurs de Tabac de la Semois, Vincent et Gaëtane Manil, à Corbion, entretiennent la tradition. On vient de loin pour ce tabac traditionnel, qui fait parler de lui… jusque dans le New York Times.

Les chemins qui mènent à Corbion sont aussi tor tueux que les méandres de la Semois. Ce petit village, situé à deux pas de la cité médiévale de Bouillon, est particulièrement connu des amateurs de tabac. C’est au coeur de l’entité que l’on trouve en effet l’un des derniers fabricants de Tabac de la Semois. Vincent Manil et son épouse, Gaëtane, ont commencé à torréfier le tabac en 1989, s’inscrivant dans une tradition régionale qu’ils entendent perpétuer. « Le climat de la vallée, entre douceur et brume, et une terre pauvre, permettent de planter un tabac tout à fait particulier, à la couleur et aux saveurs appréciées des connaisseurs », commente Gaëtane.

Une réputation tenace

Au coeur des années 1960, dans cette belle région de la Semois, la fabrication du tabac constituait un élément essentiel de l’économie locale. Aujourd’hui, les planteurs comme les fabricants se font de plus en plus rares. La réputation de ce tabac, toutefois, ne s’amenuise pas. La preuve en a encore été apportée au printemps dernier. Le Tabac de la Semois a été mis à l’honneur sur trois pleines pages au coeur du New York Times. « C’est assez incroyable », commente Vincent. « Quelques mois auparavant, nous avons reçu un coup de téléphone d’un journaliste anglophone qui nous a fait part de son souhait de faire un reportage sur notre tabac qu’il avait découvert chez un ami en Italie et dont il était tombé amoureux. Pour être franc, nous n’y avons pas cru… » À leur grande surprise, le journaliste a débarqué dans la région et a passé trois jours avec la famille Manil pour découvrir tous les secrets d’un si bon tabac et aussi pouvoir en vanter, en long et en large, les mérites outre-Atlantique.

Au coeur des années 1960, dans cette belle région de la Semois, la fabrication du tabac constituait un élément essentiel de l’économie locale. Aujourd’hui, les planteurs comme les fabricants se font de plus en plus rares. La réputation de ce tabac, toutefois, ne s’amenuise pas.


Le Tabac de la Semois est le fruit d’une longue tradition. S’il ne plante et ne récolte pas le tabac lui-même, Vincent Manil le torréfie dans sa cave, à l’ancienne, avant de l’empaqueter ou d’en faire des bouchons de pipe. Torréfier le tabac nécessite un réel savoirfaire que seule l’expérience peut apporter. « Un bon tabac ne doit pas être trop sec, parce qu’il ne serait pas bon à fumer, ni trop humide, parce qu’il ne se conserverait pas bien. Torréfier le tabac exige d’être particulièrement attentif. Il faut pouvoir l’apprécier au toucher pendant le processus de torréfaction, afin de l’extraire du four un moment le plus opportun. » Tout est question de doigté, de précision. Surtout, développer un tel savoir-faire nécessite de la passion, et du temps.

Le plaisir des effluves

Depuis près de 25 ans, Gaëtane, Vincent et leurs enfants baignent dans cet univers. Plusieurs jours après chaque torréfaction, leur magasin, le musée qui y est annexé et leurs espaces de vie baignent dans d’agréables effluves. L’odeur du tabac produit ici n’a rien de comparable avec l’odeur de ces cigarettes qui peuvent empoisonner l’atmosphère. Ici, elle se respire avec plaisir. Le Tabac de la Semois, d’ailleurs, ne se fume généralement qu’en connaissance de cause, par passion. « Il n’est en rien addictif comme pourrait l’être la cigarette. On parle ici d’un produit de qualité, auquel nous voulons redonner ses lettres de noblesse », explique Gaëtane. « Nos clients sont des fumeurs de pipes ou de cigares. En fumant, ils partent à la recherche du goût et du plaisir que procure le tabac, un plaisir d’épicurien. »

À Corbion, sur les hauteurs, où ne vivent que quelques dizaines d’âmes, la porte du magasin de la famille Manil s’ouvre bien plus souvent que l’on n’aurait pu l’imaginer. Au-delà de la clientèle locale et nationale, on vient de loin, de très loin même, pour se procurer ce savoureux tabac. « Nous avons encore eu un Parisien voici deux jours. Et au début de la semaine, c’est un Australien qui est venu nous acheter du tabac. Des gens viennent des quatre coins de la planète, d’Italie, de Malaisie, de Chine… », poursuit l’épouse de Vincent Manil. « Aujourd’hui, les passionnés échangent énormément sur les forums de discussion en ligne à propos du tabac. Cela contribue énormément à la notoriété du Semois. » Forcément, de nombreuses demandes affluent également des États-Unis. L’article du Times, évidemment, n’a pas été sans conséquence. « Nous recevons beaucoup d’emails en provenance des États-Unis », explique Vincent. « Nous ne pouvons, jusqu’à présent, pas envoyer de tabac directement à l’étranger. Les législations en vigueur ne facilitent pas l’exportation. Mais des démarches ont été entamées pour pouvoir proposer notre tabac dans l’une ou l’autre boutique spécialisée à New York. L’obtention des autorisations nécessaires n’est cependant pas aisée. »

Un musée et un livre

Passionnés par le tabac et par leur région, terroir à l’origine de ce produit remarquable, Vincent et Gaëtane témoignent de cette tradition par leur métier et leur production. Mais ils ne se sont pas arrêtés là. Dans la cave de leur boutique, ils ont créé un musée dédié au tabac et plus particulièrement au Semois. « Quand nous nous sommes lancés dans la production du tabac, nous n’avions pas de plan de carrière. Nous sommes partis à l’aventure. Mais, au fil des années, nous nous sommes laissé gagner par la passion. Nous avons accumulé de nombreux objets en lien avec le tabac. Nous avons souhaité présenter notre collection, proposer une visite de l’atelier, afin de permettre à tout un chacun de mieux comprendre ce métier traditionnel. Nous proposons donc une visite ludique et atypique au coeur de notre passion et de la tradition. »

Au-delà du musée, Gaëtane et Vincent ont eu l’idée de retracer l’histoire du Tabac de la Semois au moyen d’un livre. L’ouvrage, partant des connaissances qu’ils ont accumulées, permet de découvrir cette culture singulière des bords de Semois aujourd’hui menacée. L’ouvrage décrit notamment le cheminement du tabac, depuis la graine plantée jusqu’au produit qui ne demande qu’à être fumé. Le livre s’attarde aussi largement sur la Semois, la vallée dans laquelle il est produit. « Cet ouvrage est un réel témoin de l’existence de cette activité qui tend à disparaître. À nos yeux, il manquait une telle trace. Nous avons donc voulu y remédier », ajoute Gaëtane. Il ne fait aucun doute que cet ouvrage illustré ne se savoure à sa juste valeur qu’en appréciant en parallèle le goût authentique du Tabac dont il parle.

Annah, alias Nathalie Noël, illumine vos intérieurs en créant des ambiances originales. La créatrice gaumaise repousse les limites du convenu en mélangeant matières, couleurs, styles et époques. À travers ses créations, ce savoir-faire traditionnel prend une nouvelle vie.

Nathalie Noël crée des abat-jours. Voilà une activité peu commune et plutôt rare de nos jours. Pourtant, à travers Annah, la marque qu’elle a créée, elle parvient à redonner tout son lustre à cet artisanat particulier. En 2010, elle démarre son activité depuis le petit hameau gaumais de Nantimont. Elle crée des attiques originaux et sur mesure, dessine des luminaires design. Cette idée a pris corps lors d’un séjour de quatre ans au Burkina Faso. Nathalie Noël et son mari travaillaient avec les artisans locaux. « L’objectif était d’aider la population à créer des produits artisanaux destinés à l’exportation en fonction de leurs possibilités. Les femmes du village savaient tisser. Elles avaient de magnifiques tissus. Nous avons décidé de fabriquer des abat-jours et nous avons mis une collection en place. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me passionner pour ces objets. En rentrant en Belgique, j’ai voulu en faire mon activité », explique Nathalie Noël. Romaniste de formation, notre créatrice a d’abord appris en autodidacte avant d’aller se former à cer taines techniques spéciales et anciennes à Paris.

Sur mesure

Dès le départ, Nathalie Noël a développé des abat-jours selon la demande et les besoins de ses premiers clients. Le principal de son activité, aujourd’hui, est de créer des pièces sur mesure. « Je peux répondre à toutes les demandes, pour créer des abat-jours uniques ou pour des réparations, explique-t-elle. Ma passion me permet de maîtriser un savoir-faire traditionnel que je remets au goût du jour par des créations originales. Je ne m’impose pas de limites. »

Rapidement, toutefois, cette activité de création sur-mesure n’a pas suffi. Nathalie Noël a eu envie de créer. « J’ai rapidement ressenti le besoin de m’exprimer autrement, artistiquement. C’est là qu’est venue l’idée de créer une première collection, il y a un peu plus d’un an, précise la créatrice. Je voulais susciter un intérêt pour mon activité et de l’émotion à travers des créations qui me correspondent. »

Pour créer, Nathalie Noël joue avec les techniques, les matières, de la soie au papier chinois, les couleurs. « J’aime mélanger les éléments, les époques, les styles. Si je connais les tendances actuelles, je n’essaie pas de me calquer dessus dans le développement de mes créations. Au-delà des abat-jours, je crée des luminaires. Je réf léchis à des nouvelles lignes », poursuit la créatrice.

Fantaisie délicate

Pour rendre réelles les créations qu’elle a imaginées sur papier, Nathalie Noël s’est allié les talents d’un designer. « Ce qui m’importe est de susciter de l’émotion, de voir des visages qui s’illuminent en découvrant mes luminaires », explique-t-elle. De ces créations, Nathalie Noël dit que c’est de « la fantaisie délicate ». « J’adore les couleurs, les tissus aux motifs vintage qui peuvent évoquer des souvenirs auprès de nombreuses personnes, mais j’aime aussi travailler le blanc, avec du papier japonais par exemple, pour des pièces plus épurées. Je crée des pieds de luminaires design et contemporains et j’y associe des abatjours avec de la passementerie, des éléments plus baroques ». Derrière sa marque, Nathalie Noël crée, mélange les époques, les styles, les valeurs. « Je me fais avant tout plaisir. L’idée d’association et de mélange est ce qui soutient le concept, la ligne de la collection que j’ai créée », ajoute-t-elle.

À travers ses abat-jours et luminaires, Nathalie Noël allie fantaisie, beauté et simplicité. Ses créations suscitent l’admiration tant par la touche qu’elles peuvent apporter à un intérieur, que par l’ambiance qu’elles créent au coeur de la maison, d’un hall d’accueil ou d’un restaurant. Pour développer son activité, Nathalie Noël a notamment été accompagnée par la Maison du Design de Mons qui lui a permis de définir la taille qu’elle souhaitait donner à son entreprise.

Parmi les créateurs

« Ma volonté est de continuer à créer dans mon petit atelier, de faire des productions limitées,à la main », explique la créatrice. Aujourd’hui, pour valoriser sa première collection, Nathalie développe son réseau de points de vente. « Mon projet trouve une place dans les magasins de créateurs, les boutiques éphémères qui mettent en avant les artisans-créateurs. De manière générale, mes clients sont des personnes à la recherche d’une pièce originale qui aiment en connaître l’histoire, ce qui se cache derrière », poursuit Nathalie Noël. 

Sa collection trouve aussi sa place dans les expositions et espaces dédiés aux créateurs, à l’art contemporain et moderne. En décembre, sa collection intégrera le Marché des Créateurs du Mudam, le Musée d’Art Moderne du Grand-Duché de Luxembourg. Les 14 et 15 décembre, elle aura présenté sa collection à Labelle à Bruxelles, une exposition de talents créatifs.

Mon projet trouve une place dans les magasins de créateurs, les boutiques éphémères qui mettent en avant les artisans-créateurs. De manière générale, mes clients sont des personnes à la recherche d’une pièce originale qui aiment en connaître l’histoire, ce qui se cache derrière

 

Annah crée des pièces qui ne manquent pas d’étonner. « L’inspiration ne fait jamais défaut. J’ai plein d’idées. Tout me nourrit. La nature qui m’environne, les couleurs, ce que je peux observer au quotidien, ou encore les rencontres et les demandes des clients… Tout est à même d’éveiller une idée et me pousse à retrouver mon petit atelier. En cela, je suis particulièrement créative », explique-t-elle.

Entre arts et chaleur de l’authentique

Dans la Vallée de l’Attert, le Parettois accueille les amateurs de promenades et autres amoureux d’une nature luxuriante. Dans le cadre chaleureux et authentique offert par cet ancien presbytère restauré, on passe des moments conviviaux entre amis ou en famille.

La principale richesse de la Vallée de l’Attert, dans le sud de la province de Luxembourg et à proximité de la frontière qui nous sépare du Grand-Duché, c’est sa nature luxuriante. Depuis les fenêtres du Parettois, un gîte familial installé dans le petit village de Parette, on prend plaisir à observer cet environnement pendant de longues minutes. La nature se dévoile sur des kilomètres. Au loin, on distingue sans peine les clochers des églises de Saint-Donat et Saint-Martin d’Arlon, pourtant à quinze kilomètres de là. « C’est l’un des éléments qui nous a décidés à ouvrir un gîte ici », commente Magali Lemaître qui, avec son mari, accueille les visiteurs qui ont choisi de passer un week-end ou une semaine dans la région. « Nous avons aussi été particulièrement séduit par la bâtisse, un ancien presbytère, et son caractère authentique. » Il y a deux ans, le couple fait l’acquisition de cette demeure, située en hauteur, à l’ombre de l’église du village. Légèrement reculée, elle n’est pas visible depuis la route. Surélevée, ce n’est qu’après avoir arpenté une petite allée de gravier qu’elle se révèle à vous, imposante. Orientée plein sud, sa devanture est baignée de la lumière du jour. On s’imagine facilement là, à profiter des belles soirées d’été, attablés sur la terrasse ou autour d’un feu, assis sur un des rondins de bois disposés en cercle. Derrière, quelques chevaux de trait sont là pour vous accueillir. La bâtisse, elle, est imposante et peut accueillir jusqu’à seize personnes. « Nous avons voulu ouvrir un gîte de grande capacité, dans la mesure où nous sommes nous-mêmes des adeptes des week-ends entre amis ou en famille et qu’il est souvent difficile de trouver des lieux pour accueillir des groupes imposants », poursuit Magali Lemaître.

Préserver l’authentique

Le Parettois accueille des visiteurs depuis le début de l’année 2014. Suite à l’acquisition de cet ancien presbytère, le couple a entrepris d’importants travaux afin de le transformer en un endroit accueillant, chaleureux et confortable. « L’intérieur était en effet dans un piteux état », commente la propriétaire. « Nous avons donc choisi de le rénover en profondeur, tout en veillant à préserver son caractère authentique. »

Dans la plupart des pièces du gîte, le plancher est d’origine. Comme dans les vieilles demeures, il craque sous la pression du pied, participant au charme du lieu. Les portes de bois, restaurées, sont aussi d’origine et participent à la chaleur des pièces intérieures. Les propriétaires ont même pu récupérer deux vastes miroirs encadrés de dorures pour les restaurer. Dès l’entrée, un salon cosy vous accueille, et promet de belles soirées autour du poêle à bois. La salle à manger, avec une longue, large et unique table entourée de chaises en bois, invite à des repas animés. Dans la pièce adjacente, face à l’âtre d’origine, le couple a installé une cuisine full équipée.

À chaque chambre son art

Si le concept de gîte de grande capacité peut effrayer, que le visiteur se rassure. Magali et Dimitri Ghesquière, son mari, ont veillé à assurer à chacun confort et intimité. « Le gîte comprend six chambres, cinq à l’étage et une au rez-de-chaussée. Quatre d’entre elles disposent de leur propre salle de douche », explique Magali. « L’étage compte encore une salle d’eau avec baignoire et une salle de douche indépendante. » C’est en visitant les chambres que se révèle au visiteur la signification du slogan « Art et Toit », figurant sous le logo de l’établissement. « Chaque chambre reprend une thématique liée à l’art. L’une d’elle est décorée sur le thème de la musique, une autre de la littérature. On y retrouve la bande dessinée, les arts de la scène, la sculpture, la peinture… Je suis occupée à mettre en valeur les arts médiatiques, que sont par exemple la photo et le cinéma, dans une autre pièce », poursuit Magali.

Escapade en pleine nature

L’hôte, à l’accueil chaleureux et spontané, ne manquera pas de vous recommander les découvertes à faire dans la région et les événements qui s’y déroulent. La région est propice au ressourcement, à la promenade. Elle offre une multitude de circuits à parcourir à pied ou en VTT. « On vient essentiellement pour la nature. Nous sommes à la frontière de deux Parcs Naturels, celui de la Vallée de l’Attert et celui de la Forêt d’Anlier. La Parc Naturel de la Haute Sûre n’est qu’à quelques kilomètres », assure Magali. Et si vous n’êtes pas un adepte de la marche ou du vélo, il existe un autre moyen de locomotion original pour découvrir les environs. « Monsieur Richard, notre voisin, est un éleveur passionné de chevaux de trait. Régulièrement, il accepte d’emmener nos convives pour une balade en calèche », précise encore la propriétaire.

Convivial, au dehors comme au dedans

Proche d’Arlon et de Luxembourg, les amateurs pourront aussi découvrir le patrimoine historique de la région ou encore partir sur les traces des contes et légendes de la forêt ardennaise. Et si le temps n’est pas de la partie, le Parettois offre tout le confort pour passer un bon moment en famille à l’intérieur. Une annexe de la maison a été transformée en salle de jeux, avec notamment un jeu de fléchette et un kicker. « J’ai cherché longtemps pour retrouver un baby-foot avec des personnages en bois, comme on en trouvait dans les bistrots il y a quelques années. Je trouvais que des joueurs en plastique ne participait pas de la même manière au caractère authentique de la maison », s’amuse Magali. Les combles ont été aménagés en un vaste espace au cœur duquel les enfants peuvent s’amuser. Le sous-sol accueille un sauna pour les amateurs de bien-être et de relaxation. Le petit salon, installé lui aussi au sous-sol permet de s’isoler du brouhaha du groupe, pour lire par exemple. Dans cette pièce, un vieux transistor auquel il faut quelques secondes pour chauffer, participe à l’ambiance générale du lieu par les ondes sonores qu’il relaie. 

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

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Louis-Marie Piron, dirigeant de l’entreprise de construction Thomas & Piron, investit depuis plusieurs années dans la gastronomie locale et soutient de jeunes talents prometteurs.

Le petit village d’Our, dans la commune de Paliseul, en province de Luxembourg, héberge deux fleurons wallons. Le premier n’est autre que l’entreprise Thomas & Piron, la plus grande entreprise de construction en Région wallonne. Le second est un restaurant étoilé. Depuis 2009, La Table de Maxime délecte gourmands et gourmets. Au coeur de cette campagne somme toute reculée, dans une entité comptant quelques dizaines d’âmes, on peut s’étonner de découvrir l’une des plus grandes sociétés de construction de Belgique et le restaurant de Maxime Collard (voir WAW n°23), l’un des chefs belges les plus prometteurs de sa génération. Les deux sont intimement liés. Si nous ne retracerons pas ici les quarante années de la success story de Thomas & Piron, nous préciserons que le jeune restaurant gastronomique est né à l’initiative du patron de l’entreprise de construction, Louis-Marie Piron luimême. « Tout a débuté après que Michel Libotte, chef du restaurant étoilé Le Gastronome à Paliseul, m’a fait part de sa volonté d’arrêter sa carrière. Je ne pouvais me résoudre à l’idée que la seule table digne de ce nom de la région disparaisse, commente le patron de Thomas & Piron. D’un autre côté, j’avais acheté une vieille demeure, ici, à Our, dont je ne savais pas encore ce que j’allais faire. L’idée de la transformer en restaurant est partie de là. J’en ai parlé autour de moi, au cas où quelqu’un aurait entendu parler d’un chef capable d’assurer. » Rapidement, les chemins de Maxime Collard et de Louis-Marie Piron vont se croiser. Si l’on peut parler de hasard, il ne fait aucun doute qu’il fait alors franchement bien les choses. Deux semaines après avoir eu vent des intentions de l’entrepreneur, sa décoratrice lui annonce connaître peut-être quelqu’un… « Étonné, je lui ai demandé si cette personne cuisinait bien, commente l’entrepreneur. Elle m’a répondu que oui, dans la mesure où notre cuisinier était à l’époque occupé au Karmeliet à Bruges. De plus, j’apprenais que ce chef était natif de Paliseul. Je pouvais même dire qui il était, connaissant bien ses parents. Son père a été l’instituteur de mes enfants. » La rencontre était inévitable. Elle a été à l’origine d’une belle collaboration. « Je lui ai proposé de transformer le bâtiment selon ses envies et de le mettre à sa disposition pour un loyer qui n’est pas exagéré. Mon souhait est, dans cette période où les banques ne sont pas prêteuses, face aux difficultés de lancer une telle activité, de permettre à des jeunes talents comme Maxime de s’épanouir comme il se doit », poursuit Louis-Marie Piron. Si, au départ, Maxime Collard était lui-même sceptique quant à la viabilité d’un restaurant de qualité dans la petite entité de Our, l’entrepreneur l’a mis en confiance. « Je lui ai affirmé que, à partir du moment où il avait du talent, s’il faisait de la bonne cuisine, était sympathique et accueillant vis-à-vis de la clientèle, s’il était travailleur, il ne pouvait que réussir », poursuit Louis-Marie Piron, témoignant sans aucun doute de son expérience personnelle par la même occasion. La fréquentation de la Table de Maxime, aujourd’hui, lui a donné raison.

« Tout a débuté après que Michel Libotte, chef du restaurant étoilé Le Gastronome à Paliseul, m’a fait part de sa volonté d’arrêter sa carrière. Je ne pouvais me résoudre à l’idée que la seule table digne de ce nom de la région disparaisse. »

 

Fort de ce succès, l’entrepreneur-constructeur ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Il a confié à Maxime Collard et sa compagne le soin de gérer le mini-hôtel qu’il a développé à 300 mètres de là. Our dispose désormais d’un établissement de 11 chambres. Afin de diversifier l’offre, Louis-Marie Piron entend encore développer un projet de brasserie-restaurant en face de cet endroit, avec une petite salle de séminaires et un centre de spa-wellness, afin qu’un maximum de visiteurs puissent profiter de cette belle région.

Après l’ouverture de la Table de Maxime, Louis-Marie Piron a fait l’acquisition du Gastronome à Paliseul. Il a entièrement rénové le bâtiment, afin d’en confier la gestion à d’autres chefs. Ce n’est pas tout. À côté de ces établissements gastronomiques, le patron de Thomas & Piron a repris une boulangerie dans le village voisin, un magasin de proximité et une station-service, tous menacés de fermeture.

La motivation de l’entrepreneur n’est certainement pas le profit, mais plutôt l’amour d’une région dont il entend préserver la vitalité. À tel point que Louis-Marie Piron, pourtant peu fan du ballon rond, est même allé à la rescousse du club de football d’un autre village voisin. « La réalité est que j’aime ma région et j’entends la soutenir. Ces actions, c’est une manière de contribuer à son développement, de partager le fruit de ce que nous avons bâti en son sein. Puis, j’habite ici. Ces investissements contribuent aussi à mon confort personnel. Je suis un client régulier de ces établissements », confie-t-il. Certes, il s’agit d’un luxe qui n’est pas donné à tout le monde. Fier de cette région, se considérant comme chanceux de vivre au coeur d’une nature luxuriante, Louis-Marie Piron tient à valoriser ces beaux espaces ruraux. « Le luxe de vivre en Wallonie, c’est de pouvoir profiter de cette nature, de ce patrimoine mais aussi des produits qui en sont issus, du talent de réels artisans locaux. »

À l’avenir, le patron de l’entreprise de construction entend continuer à agir localement. Il mène d’ailleurs d’autres projets à proximité de chez lui. Avec des amis, il va rénover la Barrière de Transinne, établissement horeca bien connu. Le long de la deuxième chasse qu’il exploite – car l’entrepreneur est un chasseur passionné – à Vencimont, à proximité de Gedinne, Louis-Marie Piron veut à nouveau rendre fonctionnel un vieux moulin à eau, dans un but purement didactique. Dans ce lieu, dont il confiera la gestion à un autre jeune talent, il souhaite créer une boulangerie artisanale de qualité où sera produit un pain à l’ancienne à partir de farines naturelles. « Un pain à l’image de celui fabriqué au sein du Moulin de Hollange. Une fois que l’on a goûté à un produit de cette qualité, il est difficile de revenir à ce pain industriel que l’on nous propose aujourd’hui partout », commente-t-il. C’est donc dans cette optique que Louis-Marie Piron place son action. « La Wallonie compte de nombreux jeunes de qualité, qui présentent un potentiel énorme, mais qui n’ont pas forcément les moyens de se lancer », explique-t-il. « À travers ces actions, je veux les aider à s’épanouir. Je ne dis pas qu’ils n’y arriveraient pas sans. Ce que je leur propose les aide sans doute à y arriver plus rapidement. »

LE LUXE D’ACCÉDER À UNE PROPRIÉTÉ … VERTE

Chaque année, Thomas & Piron créé environ 1 100 habitations – maisons unifamiliales et appartements – à travers la Wallonie et le Grand-Duché de Luxembourg. C’est le principal acteur du secteur. Au coeur d’un numéro dédié au luxe, celui de devenir propriétaire fait toujours partie des aspirations de beaucoup de monde. « C’est certainement le rêve de pas mal de personnes. Afin de leur permettre d’y accéder, nous veillons à développer un produit compétitif, de qualité », explique Louis-Marie Piron. Le leitmotiv de l’entreprise basée à Paliseul reste donc de proposer des produits accessibles et peu énergivores. « En tant que principal constructeur de maisons et d’appartements de la Région wallonne, nous nous devons de faire preuve de professionnalisme, de montrer l’exemple », explique le patron. Il n’en demeure pas moins que qualité et accessibilité ne sont pas toujours simples à allier. « Il faut veiller à investir dans la qualité, dans la mise en oeuvre des bons matériaux, des technologies disponibles », poursuit l’entrepreneur. Afin de rester à jour, Thomas & Piron a créé son propre département de recherche et un centre de formation. Au total, 1 500 personnes travaillent pour Thomas & Piron en Wallonie et au Grand-Duché. Aussi, le constructeur peut tester les innovations. « Aujourd’hui, tous nos bâtiments présentent des performances énergétiques qui vont bien au-delà des normes prescrites. Il va de notre responsabilité, afin de préserver cette magnifique nature qui nous entoure, de mettre en oeuvre des bâtiments basse-énergie. Toutes nos habitations. » Par contre, un produit passif, plus coûteux et présentant de nombreuses contraintes, ne fait pas l’objet de nombreuses demandes. « Ce n’est aujourd’hui pas forcément le bon choix que d’opter pour du passif. Beaucoup de gens souhaitent profiter d’un poêle à bois ou d’un feu ouvert. Ce n’est pas possible avec une maison passive », explique le patron. Parce qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, l’entreprise a mis en oeuvre un bâtiment administratif durable pour elle-même. « Les bureaux sont chauffés à partir de déchets de bois et des panneaux solaires produisent de l’électricité, avec pour objectif de produire le moins de C02 possible. Nous nous devons, évidemment, de montrer l’exemple. »

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