Waw magazine

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Dans le village de Thorembais-Saint-Trond (Perwez), six ares de terre couvent amoureusement les bulbes précieux d’une fleur de légende. Une fleur qui n’a pas de prix cultivée par un couple qui a pris le temps.

 

 

Envoûtés par la fleur di Crocus sativus, Anthony Minet et son épouse Pauline la cultivent dans leur jardin, unique safranière du Brabant Wallon, dans les règles de l’art, sans machines et sans recourir aux produits phytosanitaires.

Élégante fleur couleur lilas, le Crocus sativus recèle un trésor : trois stigmates écarlates et odorants utilisés pour produire une épice convoitée : le safran. Envoûtés par la fleur, Anthony Minet et son épouse Pauline la cultivent dans leur jardin, unique safranière du Brabant Wallon, dans les règles de l’art, sans machines et sans recourir aux produits phytosanitaires. Car le Crocus sativus est une plante de caractère qui, pour que ses filaments rougeoient au début de l’automne, réclame non seulement une terre saine mais aussi des soins méticuleux et réguliers.

En pleine floraison, la cueillette de la fleur est manuelle, journalière et éreintante. Elle est suivie par l’émondage, opération au cours de laquelle les stigmates sont détachés un à un puis séchés pour laisser le temps à l’épice de développer son arôme. Environ deux cents fleurs sont nécessaires pour obtenir un gramme de safran. Une culture rare et exigeante qui justifie le prix de l’épice : 40.000 euros le kilogramme. Et ne croyez pas être plus malin en achetant à prix cassé des capsules de safran réduit en poudre : l’épice pourrait alors avoir le goût amer de la fraude ! «Par souci de transparence et pour assurer le consommateur d’un produit hors norme, j’ai fait analysé mon safran en 2015 par un laboratoire d'expertises certifié en matière de qualité des produits, explique Anthony. Je suis fier d’annoncer que ma production a obtenu des scores qui l’ont classé en safran de qualité supérieure. » 

Cuisine et médecine douce

Les vertus du safran sont nombreuses et son utilisation parcimonieuse. En cuisine, les brins de safran sont un excellent exhausteur de goût et un colorant naturel (jaune or) pour les aliments. Le connaisseur laissera infuser les brins de safran dans de l’eau, du lait, du bouillon ou même du champagne avant de l’incorporer dans une préparation afin que sa saveur singulière et sa couleur s’associent parfaitement aux ingrédients du plat.

Anthony et Pauline explorent avec curiosité les possibilités d’emploi de leur épice et la liste des produits safranés offerts à la consommation se complètent au fil de leurs expérimentations : brins de safran pur, gelée de coings, de pommes-poires, confiture de framboises, galettes et, dernière née, une bière artisanale, « La 4 Pistils ». Une bière blanche, aromatisée aux écorces d’orange et de citron, produite par la Brasserie coopérative de la Lesse, à Éprave (Rochefort). L’ajout de safran lors de la mise en bouteille permet de la différencier d’une même Blanche non safranée. Au nez, au goût comme à la couleur, la présence de l’épice dans « La 4 Pistils » est perceptible, légère et elle sublime le côté agrume de la boisson rafraîchissante et agréablement acidulée.

Agent tinctorial et aromatique, le safran possède aussi des propriétés médicinales qui vous coupent le souffle (momentanément). L’épice aurait en effet des pouvoirs phytothérapiques, connus depuis l’époque des pharaons, dans les cas de surmenage, d’anxiété, de difficultés digestives, d’excès de cholestérol et d’asthénie sexuelle. Incorporé au miel, le safran guérirait même les plaies et les brûlures. 

Bref, un élixir universel que nous serions tous tentés de cultiver. « C’est faisable en petite quantité. Nous vendons dans ce but des bulbes, car de plus en plus de curieux veulent tenter l’aventure de la culture du safran. Et c’est vrai que, même en ville, un pot sur une terrasse suffit pour obtenir quelques pistils», assure Anthony qui organise des visites pour groupes et des dégustations sur réservation.

 

L'histoire d'Anthony 
+32 473 77 47 13
[email protected]
 
www.lhistoiredanthony.be

 

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Depuis 10 ans, nous voyons fleurir partout en Belgique comme en Europe une myriade de microbrasseries plus créatives les unes que les autres. Parmi celles-ci, à Thorembais-SaintTrond, non loin de Gembloux, la brasserie Valduc-Thor a réalisé son premier brassin en avril dernier. 


Antoine Limbourg, 34 ans, et Peter Gerard, 27 ans, bioingénieurs, diplômés de l’UcL en master en génie brassicole se sont lancés dans la grande aventure de la compétition microbrassicole. Mais y a-t-il encore une place dans l’immense offre déjà installée ? Tout dépend si chacun accepte de rester juste en dessous de son niveau d’endettement et de gérer sa production de manière « responsable ». Après 2 ans de recherche et 200 recettes plus loin, le 6 avril 2017, les deux partenaires réalisent enfin leur premier brassin « grandeur nature ». Bien sûr, il a fallu régler quelques petits soucis techniques. Peter s’est donc mis à l’italien en 24 h pour consulter les techniciens de chez Meccanica Spadoni, leur fournisseur situé aux portes d’Orvieto… 

Une vision durable

Première étape pour la brasserie coopérative Valduc : viser le marché local en priorité et assurer une production maitrisant chaque étape. Avec une capacité de production de 3 000 hl par an, le choix a été fait de gérer les ressources avec un sens des responsabilités très pointu. Installée à 500m de l’ancienne brasserie Meurice qui disposait d’un captage d’eau, la microbrasserie espère récupérer ce privilège. Car une brasserie consomme des quantités énormes d’eau, six litres d’eau sont en effet nécessaires pour produire un litre de bière : eau de préparation, lavage des bouteilles, nettoyage divers… En travaillant avec du matériel moderne sur mesure, il est possible de limiter cette consommation d’eau. Deux citernes de 15 000 litres ont en outre déjà été prévues pour traiter l’eau de la manière la plus précise, sans dilution et produits polluants. Cette eau peut être réutilisée pour le nettoyage. Les drêches sont offertes à l’éleveur local qui produit un orge brassicole.

Le bâtiment a été conçu pour limiter les consommations. Une isolation par des panneaux sandwich permet de diminuer grandement les impétrants. Au-dessus de la chambre chaude, le laboratoire et la salle de réunion profitent de la chaleur ascendante. Au-dessus de la chaudière se trouvent les bureaux. Ces astucieuses configurations dispensent l’entreprise de faire l'acquisition d’un système de chauffage supplémentaire. L’énergie utilisée par le circuit froid est récupérée pour chauffer la salle de fermentation… C’est donc principalement pour limiter son empreinte écologique que les coopérateurs interviennent (investissements panneaux, éolienne, eau). Par ailleurs, la brasserie propose des visites et des formations : bière à façon et événements divers sont les arguments marketing que l’on retrouve dans toutes les brasseries de cette taille.

Brasserie Valduc-Thor
rue du Ponceau 38
B-1360 Thorembais-Saint-Trond
+32 483 01 08 99
www.brasserievalduc.be

 

Secrets et confidences, sous l’œil des ancêtres

Un manoir a toujours un petit côté mystérieux, une histoire à raconter, des souvenirs tapis. Celui qui se cache derrière un haut mur d’enceinte, dans cette rue tranquille de Thorembais-Saint-Trond (Perwez), est aussi appelé château Jadoul, du nom de l’arboriculteur du village qui le fit ériger à la fin du XIXe siècle. Entouré d’un petit parc et de quelques arbres remarquables, il impressionne par sa façade en très bon état relevée par un balcon à garde-corps en fer forgé, et par son imposante toiture en ardoises flanquée, aux quatre angles, de tourelles et colonnettes. Son âge vénérable lui vaut d’être repris à l’inventaire du patrimoine architectural de Wallonie. Mais il est aussi gratifié de quatre épis par le Commissariat général au Tourisme depuis que les nouveaux propriétaires y ont aménagé deux chambres d’hôtes dont les noms semblent jouer avec les effluves de jadis : « La chambre des secrets » et « La suite des confidences ». Le mystère est cependant vite levé dans la salle à manger où Sandrine et Olivier de Ghellinck nous ont tout raconté. Sous l’œil intéressé d’Eviac, le cocker anglais, qui fut le premier à nous accueillir et qui dresse maintenant ses grandes oreilles rousses pour ne perdre aucune bribe de la conversation.

« Les de Ghellinck sont originaires d’Elseghem, près d’Audenaerde, où le château familial a brûlé en 1973, explique le propriétaire. Quand nous nous sommes installés ici, en 1999, ma femme et moi habitions déjà la région. Nous cherchions depuis quelque temps un logement de caractère à rénover. Cette demeure, qui a vu défiler plusieurs générations de propriétaires et locataires, nous a plu tout de suite. Par son style, son âme et ses potentialités, mais également par sa situation géographique sur l’axe Bruxelles-Namur, près de l’entrée de l’autoroute E411 et de la gare de Gembloux. Nous nous sommes aussitôt attelés à la rénovation. En réalité, nous n’avons quasiment pas touché aux murs. En revanche, le rafraîchissement et la décoration nous ont pris près de dix années. Heureusement, c’est notre dada à tous les deux. Ma femme est habile en couture et en peinture, moi je me suis spécialisé en garnissage de sièges. Et j’adore redonner vie aux antiquités. »
« Nous voulions trouver une juste harmonie entre le confort moderne et la préservation de l’authenticité des pièces, enchaîne son épouse. La cuisine bénéfice ainsi de tout l’équipement moderne, mais dans les pièces les meubles sont anciens et les décorations en harmonie. » Et la maîtresse de maison de citer l’exemple de la salle à manger, jadis une véranda surmontée d’un toit très peu esthétique. « J’ai confectionné des bandes de tissus formant un velum que nous avons accrochées au plafond avant d’y suspendre un lustre d’époque. Ainsi habillée, cette pièce a tout de suite un autre cachet. »

C’est quand les trois enfants du couple sont devenus grands et ont commencé à s’installer dans un kot pour se rapprocher de l’université que l’idée lui est venue d’aménager des chambres d’hôtes. Après avoir complètement réaménagé – sous l’œil vaguement inquiets des ancêtres de Ghellinck dont les portraits et les armoiries ornent les murs des couloirs – les chambres du deuxième étage et refait tout le sanitaire, le couple a reçu le feu vert de la Fédération des Gîtes de Wallonie pour ouvrir une chambre et une suite dotées de tout le confort moderne et décorées avec des meubles et bibelots tantôt achetés dans les brocantes, tantôt trouvés dans les greniers familiaux. « Les trois pièces peuvent héberger six personnes, mais plusieurs configurations sont possibles selon qu’il s’agit de la même famille ou pas, explique Sandrine. Nous offrons bien sûr le petit-déjeuner, mais nous ne faisons pas tables d’hôtes car nous voulons garder un peu d’intimité. »

Un gîte dans l’avant-cour

Après avoir pris le temps de souffler quelque peu, le couple a retroussé une nouvelle fois ses manches pour aménager un petit gîte coquet dans l’avant-cour de la propriété. « Nous sommes partis d’un bâtiment existant, à l’origine une serre qui fut ensuite transformée en garage, explique Olivier. Nous avons abattu un mur pour permettre une extension à l’arrière et ajouté un étage et un toit. Il a fallu faire preuve d’ingéniosité avec l’architecte car nous ne disposions pas de beaucoup de place pour y aménager deux chambres et une salle de bain, mais nous y sommes arrivés. Au rez-de-chaussée, la cuisine, le salon et la salle à manger ont la particularité d’être agencées autour d’un pan de mur central. C’est assez moderne comme conception, mais ça plaît. »

« Le gîte est complémentaire aux chambres d’hôtes », note Sandrine, qui avoue s’être lancée dans l’aventure par intérêt pour les rencontres et les échanges. « Les gens viennent de partout. On ne connaît rien d’eux quand ils s’installent, nous aurions même pu avoir de mauvaises surprises, mais à chaque fois nous avons été ravis… Et même parfois étonnés quand nous avons vu débarquer chez nous Yves Duteil et Yolande Moreau ! » Et devant notre air interdit : « Pas ensemble. Le premier était venu chanter à Perwez, la seconde était invitée à un mariage ».

À VOIR, À FAIRE

Gastronomie et vélo

Situé à six kilomètres de « L’air du temps » (Aische-en-Refail, deux étoiles au Michelin) et à neuf du « Chais gourmand » (Gembloux, une étoile), le Manoir de Thorembais est idéal pour un week-end gastronomique. Il peut aussi être le point de départ de promenades à vélo dans la région, puisque le RAVeL peut être happé à un kilomètre à peine. Avantage : le Manoir de Thorembais a reçu le label « Bienvenue Vélo », c’est-à-dire qu’il dispose d’un local de rangement, d’un petit matériel de dépannage et d’une trousse de soins. Un itinéraire parmi d’autres ? A partir du gîte, suivre la ligne 147 (Sombreffe-Lincent) jusque Ramilies, puis redescendre vers Namur via le RAVeL 2 ; après l’échangeur de Daussoulx (rassurez-vous, on passe en dessous !), remonter vers Meux et Grand-Leez en suivant l’itinéraire rando-vélo (RV), marqué par des traits bleu et jaune, jusqu’au RAVeL, et reprendre celui-ci vers Perwez. Total : 50 kilomètres. 

Rue de l’Intérieur 28

B-1360 Thorembais-Saint-Trond (Perwez)

+32 (0) 81/ 65 89 72 

[email protected]

www.manoir-de-thorembais.be

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

En collaboration avec : 

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