Waw magazine

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ARTISTE PLASTICIENNE


© Karl_Delandsheere
La nageuse

Après ses études de graphisme à l’École Supérieure des Arts de Saint-Luc à Liège, Océane, qui se sent animée par les voyages, les découvertes, la culture et les rencontres, s’envole au Brésil et en Argentine. Sur la route, elle fait des rencontres artistiques très riches comme Koralie et Supakitch, Fafie, Mambo, Shepard Fairey et d’autres. Elle peint et réalise des collages dans les rues, expérimente de nouvelles techniques.

Depuis, sous le pseudo « whoups », elle compose des poésies graphiques remplies de symboles, elle y métisse les sentiments autant que les matériaux. La peinture, la danse, la sérigraphie et la couture sont quelques-uns de ses outils d’expression. Ses univers évoluent sur tous types de supports, du papier en passant par le verre et les murs. Sa passion est un vaste terrain de jeu où elle ne se fixe aucune limite et où l’expérimentation prend tout son sens.

Son univers plastique découle d’une démarche instinctive où ses inspirations telles que la nature, l’environnement, le mouvement, les structures organiques, l’ombre et la lumière prennent place afin de donner vie à une poésie graphique qui ne se lit pas mais se regarde.

© Kurt Bosmans
Skate Park Hasselt - Street Art Festival

La réduction du rythme de nos expositions suite aux contraintes financières qui nous sont imposées prive les photographes de la rencontre avec le public. Pour tenter de pallier ce manque, la Boîte Noire, au premier étage, présentera désormais sur écran l’oeuvre d’un photographe que nous avons retenu et que nous voulons faire découvrir au public. Pour cette première édition, notre choix s’est porté sur Régis Defurnaux. Une raison de plus de visiter le musée !

RÉGIS DEFURNAUX
Maiko no hikari
À VOIR JUSQU’AU 17 MAI 2015

 

PLUS D’INFOS

Maiko no hikari est un travail photographique de six années sur le monde des apprenties geisha de Kyoto, les Maiko. Prisonnières des clichés liés au monde de la prostitution, et instrumentalisées à des fins touristiques, ces jeunes femmes sont d’une toute autre nature : ce sont des artistes à part entière.

Ces femmes témoignent de pratiques artistiques très anciennes (danses, chants, récitations, instruments), profondément liées aux saisons, et par là même aux cycles du monde végétal. Elles nous transportent également jusqu’aux origines animistes de la société japonaise, tout en plongeant leurs racines dans l’art courtois, le théâtre Kabuki et les danses propitiatoires du monde champêtre.

OEuvres d’art vivantes, elles sont aux avant-postes de la féminité japonaise en redéfinissant le statut de la femme dans le tissu social, via le modèle d’indépendance qu’elles incarnent. Bien au-delà de l’opposition simpliste entre tradition et modernité, ce sont des femmes modernes en quête d’une vie différente.

Maiko no hikari peut se traduire par la lumière des apprenties geisha, mais la lumière (hikari) peut aussi se traduire par espoir. À ce titre, ce travail photographique montre de manière inédite l’évolution en cours du rapport des genres au Japon, et la manière dont ce pays si particulier recompose ses identités, à l’aube de ce XXIe siècle. Puissamment liées au monde évanescent des fleurs, ces jeunes femmes questionnent notre condition humaine : un équilibre vivant entre une sensation intime d’immédiateté et un sentiment étrange de permanence – comme en photographie.

Un tel anniversaire, ça se fête. L’année sera donc parsemée d’événements de tous ordres. Parmi eux, le week-end du 6 mai sera dédié aux familles.

Arrêt sur image

Le Musée de la Photographie, Centre d’art contemporain de la Communauté française Wallonie-Bruxelles à Charleroi, a été inauguré en 1987 dans l’ancien carmel de Montsur- Marchienne. Il est aujourd’hui le plus vaste et un des plus importants musées de la photographie en Europe avec une collection de 80 000 photographies dont plus de 800 en exposition permanente et la conservation de 3 millions de négatifs.

Depuis juin 2008, une nouvelle aile à l’architecture audacieuse jouxte le carmel du Musée et le conforte dans sa modernité, sa fonctionnalité et sa convivialité. Même si la photographie belge est bien représentée, la collection est largement internationale. Les choix qui ont présidé à son élaboration ont été déterminés par la volonté de constituer un panorama de l’histoire de la photographie, mais également par les opportunités nées de rencont res et d ’échanges. L’organisation d’expositions temporaires, au rythme de trois tous les quatre mois, permet de poser certains jalons essentiels de l’histoire du médium et surtout de traduire la dynamique de la création contemporaine. Le musée est doté d’une bibliothèque spécialisée qui comprend plus de 10 000 ouvrages, d’une salle de conférence et de projection, d’ateliers pour les enfants, d’une boutique et du « Café du musée » ouvert sur un parc.

L’occasion est trop belle, faisons la fête !

L’occasion d’une fête virevoltante et entraînante avec des activités pour tous et toutes autour de la photographie. Un déluge de surprises vous attend durant le week-end des 5 et 6 mai.

Pour saluer l’évènement, cet anniversaire met entre autres à l’honneur la photographe belge Véronique Massinger qui, avec savoirfaire et dynamisme, aura soigneusement préparé un appareil photo pas comme les autres. De quoi faire entrer dans l’univers fabuleux et magique de la Camera obscura.

Pour les mordus de la photo, le plaisir passe aussi par l’après prise de vue et cela risque de friser l’émeute : musique, manège, popcorn, friandises, ballons… Plein les mirettes.

Georges Vercheval - L’ordre des choses
(Photographies 1958-1988)

La fondation en 1987 du Musée de la Photographie a quelque peu éclipsé l’oeuvre photographique de Georges Vercheval. L’implication dans le projet muséal du photographe et de son épouse, Jeanne, a occulté en effet un travail entamé au début des années soixante et que peu de gens ont perçu dans son ensemble, n’ayant souvent qu’une vision fragmentaire de certains chapitres, telles les séries des Terrils ou des Fenêtres. Construit par thématiques, et essentiellement réalisé en noir et blanc, le travail de Georges Vercheval ne forme pas pour autant une oeuvre éparse. Une même cohérence formelle relie ces séries, leur conférant une approche originale, qu’il s’agisse du regard porté sur le paysage, l’espace urbain, la géométrisation de l’objet ou la capture du temps.

Georges Vercheval, né à Charleroi en 1934, a étudié la photographie à Vevey, en Suisse, le dessin et la peinture à l’Académie des Beauxarts de Charleroi. À côté de quelques années de pratique photographique et d’une activité importante sur le plan créatif (nombreuses expositions en Belgique et à l’étranger), il enseigne la photographie puis l’histoire de la photographie dès 1961, notamment à l’Ecole d’art de Maredsous, à l’Académie des Beaux- Arts de Tournai, à l’Institut des Arts de Diffusion à Bruxelles, à l’Académie des Beaux-Arts de Charleroi, à l’Ecole nationale supérieure des Arts visuels La Cambre, à Bruxelles. Il crée l’association Photographie Ouverte en 1979 et fonde le Musée de la Photographie à Charleroi qu’il dirige jusqu’en mars 2000. Georges Vercheval est membre de l’Association européenne pour l’Histoire de la Photographie, d’Oracle, de la Libre Académie de Belgique et de Culture et Démocratie. Pour fêter ses 25 ans, le Musée de la Photographie présente naturellement une exposition de son fondateur.

 

Demandez le programme

À partir de 11h00
Visites flash, départ toutes les heures. Ces visites proposent d’aborder en 25 minutes une réflexion sur un photographe, une photographie, un courant, un thème, une technique… Visites ouvertes à tous y compris aux non et mal voyants.

À 10h30 et 13h00
Ateliers photogrammes « Mais comment fait-on pour faire une photo sans appareil photo ? » Réponse durant l’atelier.

À 14h30 et 16h00
Ateliers sténopés. « Ne bougez plus, le petit oiseau va sortir ! » Comment expérimenter la photographie avec une boîte à biscuits ou à chocolats transformée en appareil photo. Ateliers ouverts à tous.

À 13h30 et 16h00
Visite contée. « Racontez-moi une histoire pour rêver, chanter, danser… » Une photographie et un conte pour aborder les images autrement. Visites ouvertes aux petits et aux grands.

À 13h30
Visite philo. « Se rencontrer et échanger autour d’oeuvres, les aborder autrement à travers quelques questions philosophiques. Sommes-nous libre de créer ? Le temps existe-t-il en photographie…? » Visite ouverte à tous.

À partir de 10h30
Atelier création de bijoux et magnets. « Confectionner son bracelet, ses boucles d’oreilles, son collier, ses magnets à partir de photos. » Atelier pour tous accessible à partir de 10h30 et jusqu’à 16h00. Durant le week-end des 5 et 6 mai, l’entrée et les activités seront gratuites.

Nouvelles expositions au Musée jusqu’au 20 janvier 2013

Dave Anderson - Charleroi

C’est après l’exposition Rough Beauty consacrée à Vidor, une ville mal-aimée du Texas (USA), que le Musée de la Photographie, en partenariat avec le CPAS de Charleroi, a proposé à Dave Anderson de réaliser un reportage photographique sur Charleroi, s’inscrivant dans le cadre des missions photographiques initiées par le Musée pour conserver la trace d’une ville en pleine mutation.

À l’opposé de Bernard Plossu, attiré par le ring et le décor urbain, Dave Anderson s’est tourné vers ce qui est la richesse de Charleroi : ses habitants et la mosaïque qu’ils composent, mais aussi les lieux et les travaux témoignant de ces années de transition décisives pour la métropole sambrienne. Un regard humaniste, efficace et direct, sans préjugés ni faux-semblant, servi par une grande maîtrise de la couleur et de la composition, un reportage photographique qui dit toute sa tendresse et son espoir en une ville passionnante qui cherche un second souffle. Ce sont près de 120 photographies qui composent l’exposition.

Un catalogue de 132 pages accompagne l’exposition. Le texte est de Pascal Lorent.

Dave Anderson (né en 1970) a toujours photographié, mais c’est vers l’âge de trente ans qu’il se consacre sérieusement au médium. Après une brève formation à l’International Center for Photography, il renonce à une brillante carrière dans les médias et la politique pour devenir photographe. Rapidement, son travail gagne une reconnaissance internationale. En 2005, Rough Beauty remporte le concours national du Santa Fe Center for Photography.

Décrit par le magazine allemand fotoMAGAZIN comme « l’un des talents prometteurs de la scène photographique américaine », Dave Anderson est présent dans plusieurs collections publiques et privées, notamment au Musée des Beaux-Arts de Houston, à l’Ogden Museum of Southern Ar t, au Worcester Ar t Museum et à la George Eastman House. Anderson a travaillé pour les magazines Esquire, Stern et ES PN.

Originaire d’East Lansing dans le Michigan, Dave Anderson vit à Little Rock, Arkansas.

 

Aurore Dal Mas - Ultima

À la suite de la réfection complète en 2010 des résidences de l’Île de Comacina (Italie), menée par Wallonie-Bruxelles International, des artistes ont à nouveau occupé les lieux de juin à septembre 2011. La photographe belge Aurore Dal Mas était parmi les auteurs sélectionnés. Elle nous livre le fruit de son travail : Ultima.

À propos de la série Ultima, Aurore Dal Mas nous confie : « Les photographies de la série “Ultima” évacuent les personnages, les indices de temps, de lieu et l’anecdotique pour aller vers des images plus universelles, voire archétypales. Leur point commun est qu’elles montrent des paysages supérieurs à l’être humain, que ce soit en taille, en temps, en force. Elles sont, au-delà de l’esthétique, une réflexion sur la nature profonde de l’être humain, une forme de métaphore méditative. » Et de poursuivre : « “Ultima”, c’est une mise au diapason qui va dans le sens de la vie : exigeante, authentique, spontanée, presque inhumaine, dans ce qu’elle a d’inconnu. »

Aurore Dal Mas a obtenu un Master en photographie et recherches paraphotographiques à La Cambre (B) en 2005.

Elle tente, à travers la photographie, l’écriture, la vidéo et des installations, de ramener à la surface du visible des images intérieures, individuelles et universelles, originelles.

Son travail se nourrit, avec une égale importance, de ses lectures métaphysiques, de son goût pour la peinture italienne, de sa constante recherche sur l’autoportrait, des films lents du portugais Joao Cesar Monteiro, comme de ses expériences en travail de la voix et sur les flux énergétiques du corps.

 

Magali Koenig - Milieu de rien

L’oeuvre de Magali Koenig s’est construite au gré de ses voyages. Géorgie, Sibérie, Russie, Cuba et bien d’autres contrées viennent rythmer comme des récits, ses images du quotidien qu’elle archive et collectionne depuis bientôt 30 ans.

À propos du travail de Magali Koenig, Nicolas Couchepin écrit ceci : « Les photographies de Magali Koenig représentent rarement des personnes. Et pourtant, on pourrait presque dire que ce sont des portraits. Quelqu’un vient sans doute de passer par là, juste avant le déclic. Ces lieux qui semblent fraîchement abandonnés, ces espaces voués au désenchantement, ces paysages à la fois immenses et remplis de cachettes sont investis de toute l’émotion de la vie qui se déroule, hors cadre, juste avant, juste après ». Et de poursuivre sur la série Milieu de rien : « Les photos de Magali Koenig montrent des tas d’endroits proches et lointains ; ils ont tous en commun d’être à la fois familiers et abandonnés, et de représenter des milieux de rien qui vous ramènent au milieu de tout. On y entre, on tombe dedans, on a la sensation de voler, on sent l’odeur du soleil sur les plumes, on se dit qu’il nous arrive quelque chose, et à la fin, on ne sait plus si le bonheur s’appuie sur la nostalgie, ou si c’est le contraire »

Magali Koenig est née à Lausanne en 1952. Elle vit et travaille à Vevey. Elle est diplômée de l’École supérieure de la photographie de Vevey. Elle a reçu une bourse fédérale des Arts Appliqués en 1986, 1990, 1992.

À voir au Musée de la Photographie de Charleroi jusqu’au 12 mai 2013.

Sous le titre Variations. Cet ouvrage est un tissu de mensonges. À Bruxelles, il pleut, Charles Paulicevich, photographe belge, montre son attachement à la Belgique. Sa démarche entamée il y a quatre ans à Bruxelles, est riche d’images qui échappent à la banalité, qui ne sont ni anecdotiques, ni ironiques et qui semblent fausses malgré leur ancrage dans la réalité. Le photographe aime se confronter à ses a priori.

Le sujet de la femme semble au coeur des photographies qui sont en ce moment exposées au Musée. Femme aux différents visages… Qu’ils soient celui de la femme donnant la vie, femme libérée, femme-objet ou femme-fatale, la femme se décline sous différentes variations dans le travail de Paulicevich.

Nous voulions connaître le pourquoi de la récurrence du personnage féminin dans ses photographies. Voici ses mots…

« Un beau jour, face à mes images, Louise (ma chère et tendre) me dit :
— Dis donc mon gars… T’as remarqué que tu photographies très peu de femmes et que lorsque tu le fais, c’est toujours sous l’angle de la femme-objet

Évidemment, il s’agissait pour moi de ne pas perdre la face et entretenir un mythe fondateur de notre histoire :
— Ben… bien sûr que j’ai remarqué. Non mais tu me prends pour qui dis donc ?

Il faut reconnaitre que Louise en a vu d’autres et sa réponse fut à la fois précise et cinglante :
— Ouais, c’est ça… ben tu sais quoi ? Tu vas prendre ton appareil et te concentrer doucement sur les représentantes de mon genre. Parce que là, ta vision elle commence à m’effrayer !

— …

C’est ainsi que je me suis concentré sur des personnages féminins. J’ai fait beaucoup d’images. En voici quelques-unes. »

Nouvelles expositions au Musée de la Photographie jusqu’au 22 septembre 2013

Nikon Press Photo Awards 2013

Parallèlement aux expositions qui seront présentées jusqu’au 22 septembre 2013, le Musée de la Photographie à Charleroi accueille les Nikon Press Photo Awards. Les Nikon Press Photo Awards constituent la plus importante compétition belge réservée aux photographes de presse. Via ce concours, Nikon souhaite mettre en exergue les plus belles photos de presse réalisées par des photographes de presse belges ou résidant en Belgique. Les Nikon Press Photo Awards s’adressent en effet aux photographes de presse professionnels en possession d’une carte de presse officielle ou qui sont en mesure de prouver leur activité via une publication commerciale. Cette année, quatre catégories ont été proposées aux participants : actualité, sport, portrait et stories.

Pour cette édition 2013, les Nikon Press Photo Awards récompensent davantage de photographes. Outre le traditionnel premier Prix, le Nikon Press Photo Award, le jury remet d’une part, le Prix du Promising Young Photographer Award à l’attention du photographe le plus talentueux et âgé de moins de 30 ans. Nikon récompense d’autre part la photographie qui au sein de chaque catégorie reflète au mieux la philosophie et la qualité de ces Awards. Les différents prix sont constitués de matériel Nikon : d’une valeur d’environ 6 000 € pour le lauréat du Nikon Press Photo Award et d’environ 2 000 € pour le gagnant du Promising Young Photographer Award. Les prix attribués au sein de chaque catégorie ont une valeur approximative de 1 000 €.

Nikon Press Photo Awards, une organisation de Nikon Belux en collaboration avec le FotoMuseum d’Anvers (www.fotomuseum.be) et le Musée de la Photographie à Charleroi.

Jens Olof Lasthein - Charleroi

C’est après l’exposition White Sea, Black Sea, présentée au Musée de la Photographie en 2010, que ce dernier a proposé à Jens Olof Lasthein de réaliser un reportage photographique sur Charleroi, s’inscrivant ainsi dans le cadre des missions photographiques initiées par le Musée pour conserver la trace d’une ville en sa mutation.

Pendant plusieurs semaines, et en l’espace de deux voyages, le photographe suédois a sillonné Charleroi et ses environs, à la rencontre de ses habitants, de leur quotidien pour capturer des instants de vie.

De cette immersion dans la cité carolorégienne, il livre, en une quarantaine de panoramiques en couleur, un travail remarquable sur des scènes de la vie de tous les jours. Des images fortes, teintées de mélancolie, de tristesse et de gravité, témoignant du quotidien des gens simples. Magnifiés par une lumière surprenante et une grande maîtrise de la composition, les hommes, femmes et enfants qui se sont prêtés ou non au jeu de la pose, que ce soit au détour d’une rue, d’un terrain vague ou dans un bistrot, nous racontent une histoire… leur histoire. Une histoire qui ne laissera personne indifférent.

Et Xavier Canonne, le directeur du musée, d’ajouter : « La vision panoramique, s’approchant du récit filmique qui est la marque de fabrique de Lasthein, fait de chacune de ses photographies un tableau médiéval où chaque détail compte, où s’ébauchent de droite à gauche, devant et au fond, des histoires à se raconter dans un paysage qui ressemble aux sujets et les rassemble. »

CV

Né en Suède en 1964, Jens Olof Lasthein a grandi au Danemark. Aujourd’hui, il vit et travaille à Stockholm. Il enseigne occasionnellement la photographie en Suède tout en continuant à développer des projets personnels et à répondre à des commandes pour la presse.

Un ouvrage accompagne l’exposition.
Avec le soutien de la Ville de Charleroi, la Wallonie, la Fondation Mons 2015 et Ores.

 

Frédéric Pauwels - L’envers du décor

Les prostituées, livrées à elles-mêmes dans un environnement précaire, le manque de considération, l’indécise législation et le tabou qui entourent leur profession plongent la situation de ces femmes dans un paradoxal « No Man’s Land ». Raison pour laquelle l’association Espace P… se bat pour faire reconnaître leurs droits aux prostituées, leur offrir un cadre légal de protection mais également pour sensibiliser l’opinion publique et les politiques. Au travers des 43 photographies présentées et tirées à l’aide d’un tout nouveau procédé, Frédéric Pauwels, photojournaliste, et l’Espace P… proposent un certain éclairage sur le milieu de la prostitution belge. Loin de jeter l’opprobre sur la profession ou de fustiger les consommateurs alimentant cette « économie », Frédéric Pauwels s’est immiscé dans le milieu et a acquis la confiance de certaines de ces prostituées. Il en ressort un travail respectueux et sensible s’attachant moins à la prostituée qu’à la femme qui exerce ce métier. Le témoignage est d’autant plus fort qu’il obtient le support de certaines d’entre elles qui ont non seulement accepté d’être photographiées à visage découvert mais aussi de s’exprimer sur leur rapport intime à la prostitution. Métier social, profondément humain pour les unes, stratégie de survie intolérable pour les autres, leurs paroles sont fortes, inattendues et bousculent. D’un autre côté, loin d’idéaliser la profession, la réalité parfois sordide est également présente avec ces femmes expulsées par les réaménagements urbains et obligées de travailler dans de véritables cloaques où ordures et préservatifs jonchent le sol. Sur ce point, Espace P… a recueilli le témoignage écrit de plusieurs femmes que le visiteur pourra découvrir dans un petit livre mis à sa disposition au sein de l’exposition.

CV

Frédéric Pauwels est un photographe belge né en 1974.
Ex-membre fondateur du collectif international Luna, photographe attitré au Vif-L’Express et professeur au sein de l’atelier Contraste, il s’allie avec Gaëtan Nerincx et Virginie Nguyen Hoang pour fonder le nouveau collectif Huma. Persuadé que la photographie dénonce mieux que les mots, il entreprend depuis plus de douze ans de rendre compte des situations qui le touchent : les SDF, la fin des champs de courses en Belgique, la musique à l’hôpital, le Quartier Nord de Bruxelles, la destruction de Doel (village délaissé par les habitants pour l’élargissement du port d’Anvers) et le quotidien des femmes prostituées en Belgique. Il a été nominé pour le Prix Dexia en 2008 et lauréat du 16e Prix National Photographie Ouverte avec le Prix du Patrimoine/Amis de l’UNES CO en 2010. Il a également fondé en avril 2012 son école de photographie dans laquelle il enseigne : l’atelier Obscura.

Cette exposition est le fruit d’une collaboration entre le Musée de la Photographie à Charleroi, Espace P… et Frédéric Pauwels.

 

Les études de Monsieur Gaspar - Charles Gaspar (1871-1950)

Le Musée de la Photographie s’est plongé au coeur de sa collection pour dévoiler le travail de Charles Gaspar, photographe amateur belge du XIXe siècle, dont les photographies acquises en 2003 n’ont jamais été montrées.

Membre de l’ABP (Association Belge de Photographie), Charles Gaspar a exercé de 1892 à 1915 en s’inscrivant dans le courant du pictorialisme aux côtés de photographes belges comme Léonard Misonne et Gustave Marissiaux. Il a pu se perfectionner auprès d’eux, participer à de nombreux salons et exercer ainsi son oeil d’apprenti photographe pour atteindre un niveau de qualité comme en témoigne la trentaine de photographies prochainement présentées au Musée de la Photographie. Jouant avec la lumière et intervenant de sa main sur ses photographies pour les rehausser, les études de Charles Gaspar, dans la droite ligne des pictorialistes, témoignent d’un travail recherché sur la composition, la lumière et la pose. Et avec le procédé au platine ou platinotypie, il jongle davantage avec ces notions grâce aux différentes nuances de gris que peut rendre la technique. Le lys, symbole d’innocence et de pureté, revient comme un thème récurrent dans ces photographies teintées d’influences préraphaélites comme ces modèles aux gestes suspendus vêtus de robes antiques.

Les études de Monsieur Gaspar offrent le temps de la réflexion et de la pause à l’heure du geste automatique et de l’instamatic.

 

Nouvelles expositions au Musée de la Photographie jusqu’au 19 janvier 2014

Marcel Mariën 
Le Surréalisme belge, deuxième vague

Disparu en 1993, Marcel Mariën est un surréaliste, un vrai. Méconnu du grand public, il revit au Musée de la photographie le temps d’une expo (pratiquement) rétrospective jusqu’au 19 janvier 2014. Depuis qu’en 1937, brisant ses lunettes, il en rassemble les branches autour d’un seul verre créant L’introuvable, l’une de ses oeuvres les plus connues, Marcel Mariën aura exaucé en une très large part le voeu de son ami Paul Nougé, la tête pensante du surréalisme en Belgique, qui réclamait la création de « sentiments nouveaux ». Réalisant nombre de collages, de photographies, d’assemblages suscitant tour à tour le rire, le scandale, le plaisir ou l’émotion poétique, Mariën aura su tirer de l’image et de l’objet des possibilités jusque-là insoupçonnées. 

Né à Anvers d’un père flamand et d’une mère wallonne (et vice-versa, précisait-il), Mariën développa dès ses premiers contacts avec René Magritte et le groupe surréaliste de Bruxelles une activité d’éditeur, de photographe, d’assemblagiste, de poète, de cinéaste et de collagiste, refusant délibérément de privilégier une discipline ou un matériau, seul comptant pour lui l’efficacité du propos, hors de toute préoccupation esthétique, de toute concession formelle. 

Le passager clandestin

Témoignant de la vigueur de la seconde génération du surréalisme, Marcel Mariën en incarna durant plus de 50 ans la pérennité et en fut à la fois l’acteur et l’historien, le juge et le témoin à charge, le dynamiteur également, pourfendant les imposteurs et les usurpateurs. Ami intime de Nougé, dont il fit obstinément connaître les écrits et reconnaître le rôle capital, et de Magritte, prolongeant leur démarche et leur esprit, il se brouillera cependant avec le peintre en publiant le tract Grande Baisse confectionné en 1962 avec son complice Leo Dohmen.

En 1959, avec des moyens limités et le concours de bénévoles, Mariën réalise le seul film belge authentiquement surréaliste L’Imitation du cinéma, qui sera censuré en Belgique et interdit en France. Il séjournera ensuite aux États-Unis et en Chine communiste, dénonçant à son retour le caractère totalitaire du régime maoïste. Connaissant en 1967 sa première exposition personnelle à Bruxelles, la première d’une longue série, il poursuivra son activité au travers de la revue Les Lèvres nues fondée en 1954 et des éditions du même nom, éditant, outre ses propres créations, les textes essentiels du surréalisme en Belgique, en révélant toute la singularité.

Marcel Mariën est décédé il y a vingt ans, le 19 septembre 1993. Loin de se vouloir rétrospective, l’exposition du Musée de la Photographie abordera les diverses pratiques de Marcel Mariën, faisant la part belle aux photographies dont les plus anciennes sont demeurées long temps inconnues. L’exposition est accompagnée d’un ouvrage Marcel Mariën, Le passager clandestin, écrit par Xavier Canonne, directeur du Musée de la Photographie et commissaire de l’exposition, qui fut un intime de Marcel Mariën. L’ouvrage qui paraîtra aux Éditions Pandora à Anvers comportera 460 pages reprenant plus de 700 illustrations et sera disponible en deux versions, française et anglaise.

 

Michel Mazzoni
White Noise

D’origine française, Michel Mazzoni (1966) vit à Bruxelles. Il a suivi des études de colorimétrie et sensitométrie. Dans sa pratique artistique, à laquelle il se consacre depuis 2004, il a recours à la photographie, mais aussi quelquefois à l’installation vidéo. Son travail traite des méditations sur le temps et l’espace. Depuis 2008, il a publié trois ouvrages monographiques, White Noise est son quatrième. Son travail est régulièrement montré dans des biennales, foires d’art contemporain, centres d’art, galeries, en Belgique, en France, au Luxembourg et en Corée du Sud. Artiste enseignant, il intervient également en cycle supérieur de photographie à l’école de Condé Nancy en France.

« Michel Mazzoni travaille le temps mais aussi l’espace. Il voue une quête à l’imperceptible, à ce mouvement du temps que nous ne pouvons pas percevoir. Il s’attache aussi à l’indifférence, à l’abandon, aux zones laissées pour compte par l’homme qui, elles aussi, subissent insensiblement cette lente érosion. (…) Mazzoni fait sien un travail sur la lumière. Sous-exposition, surexposition se confrontent, se complètent, entament un dialogue qui n’a de cesse de perturber notre vision. Ces travaux sur la matière photographique sont évidemment volontaires, ils s’effectuent, selon les conditions, pendant la prise de vue et/ou pendant le travail de laboratoire, de scan de l’image. Ce travail sur la lumière semble venir dresser un infime voile entre le regardeur et l’objet photographique, instaurer une séparation et vient non pas occlure mais perturber ce sentiment océanique. (…) Peu à peu, de l’épaisseur du voile, des détails, des formes imperceptibles se précisent. L’observation s’affine et vient saisir ces formes, des dégradés se forment dans les traitements, a priori monochromes. (…) Certes Michel Mazzoni travaille sur la lumière mais aussi sur la densité des choses, une impression de pesanteur émane généralement de ses séries. (…) La texture photographiée prend la forme d’éther, le brouillard ou les nuages, par exemple…

L’une des interrogations posées par Michel Mazzoni, dans ces photographies, dans ces lieux, est donc la place de l’homme. (…) sa trace reste présente, par indices, résidus ou par l’architecture… Elle est signifiée par l’entropie elle-même, se piste par abandons successifs de lieux autrefois fréquentés par la présence humaine. » *

Il est représenté par la galerie anyspace à Bruxelles.

*Extraits du texte de Valéry Poulet : Michel Mazzoni : L'axiome de la pose B? pour performArt, août 2012.

 

Kodachrome
Des diapositives réinterprétées

Que reste-t-il du Kodachrome ? Une chanson de Paul Simon, des diapositives et des milliers de souvenirs pour celle qui fut la pellicule la plus vendue au monde. Le passé est désormais imposé mais aussi composé depuis que Kodak a définitivement décidé d’arrêter la production de la mythique pellicule en 2009.

Aujourd’hui, il ne reste plus que les réminiscences de ses couleurs saturées. Sa mort laisse des traces en obligeant les nostalgiques à singer son vieillissement si caractéristique avec Instagram®. Néanmoins, il nous reste le charme désuet de la projection où l’on s’invente une multitude d’histoires merveilleuses dans un monde qui ne semble pas le nôtre. Les couleurs délavées rincent notre esprit et renvoient aux yeux brillants de la découverte de ces films d’antan.

La diapositive conjugue l’époque fixée dans leur chimie à un autre temps, celui de leur représentation. Projection ou tirage, la dia est positive au propre comme au figuré. Elle ne se fige pas et se présente vierge à son support. Sur l’écran blanc, souvenirs et amnésies se perdent dans l’écho de leur temps. Sur le papier, elle s’abandonne à son support et s’égare, jaunit ou perdure avec lui. Dans tous les cas, la diapositive et le Kodachrome offrent au spectateur le loisir de son interprétation.

Cropping America

Le service Collection est tombé sous le charme de ce fonds anonyme constitué de Kodachromes pris par un couple de Belges ayant vécu sur la côte Est des États-Unis. Ces images prises entre 1949 et 1952 nous renvoient directement à l’époque où Jack Kerouac traversait le continent et rédigeait son célèbre On the Road. Nous sommes loin de la folie de Cassady et de Kerouac ainsi que de leur fulgurance éructant à chaque seconde mais davantage dans cette langueur et cette beauté mythique qu’ils chantent et admirent sans borne.

Pourtant, cette Amérique légendaire était loin de sauter aux yeux. Les sujets semblaient se perdre dans ce format carré comme si ce dernier tenait de l’impossible aux États-Unis. Compte tenu de la nature interprétative de la diapositive, nous avons pris le parti de recadrer ces images pour resserrer le propos et révéler son essence proprement cinématographique. 

Cropping America offre un parcours en cinémascope de la côte Est où chacun projettera ses envies et ses fantasmes à une époque où Duke Ellington se déchaînait dans des improvisions Be-bop, où le Maccarthysme battait son plein, et où Marilyn Monroe effectuait ses premiers pas au cinéma…

Nouvelles expositions au Musée du 25 janvier au 18 mai 2014

Gilles Caron
Le Conflit intérieur

En quelques années, Gilles Caron (1939-1970) a ma rqué de son empreinte le monde de la photographie. Jeune journaliste passionné et audacieux, il a renouvelé un genre, celui du photoreportage. En 1968, il fonde avec Raymond Depardon l’agence Gamma, et se distingue très rapidement en couvrant tous les grands conf lits de l’époque : Proche-Orient, Vietnam, Tchad, Irlande, Biafra… Il est sur tous les fronts jusqu’au 5 avril 1970, date à laquelle il disparaît au Cambodge dans une zone tenue par les Khmers rouges.

S’il s’est fait connaître comme reporter de guerre, Caron a aussi su remarquablement capter l’esprit des années soixante. Le cinéma (la Nouvelle Vague), la mode, la chanson, la jeunesse révoltée, la politique… figurent parmi ses grands sujets, ceux qui lui inspirèrent des images particulièrement marquantes. Son compte-rendu extrêmement vivant des évènements de Mai 68, et notamment la fameuse photographie de Daniel Cohn-Bendit défiant un CRS, sont restées dans toutes les mémoires.

Son oeuvre s’inscrit dans la grande tradition du photojournalisme, mais elle en annonce aussi la crise naissante qui s’exprime sous la forme d’une conscience malheureuse, laquelle constitue une critique en acte du métier. Le « conflit intérieur » de Caron est celui de toute une génération qui s’interroge sur la portée du témoignage en images et plus généralement sur le sens de l’action. Chez Caron, la guerre est devant l’objectif, mais aussi au coeur de la conscience du photographe.

Conçue par Michel Poivert, l’exposition de Gilles Caron, Le Conflit intérieur présente en 150 images et documents, provenant de la Fondation Gilles Caron, du Musée de l’Élysée et de collections privées, l’oeuvre d’un photoreporter qui n’a cessé de questionner la finalité de son engagement. À partir des archives – tirages d’époque, négatifs, planches contact, documents anciens – l’exposition permet de redécouvrir l’une des plus importantes figures du photojournalisme de la seconde moitié du XXe siècle.

Jours de guerres

Présentée dans les chapelles du Musée de la Photographie, l’exposition de Gilles Caron, Le Conflit intérieur, constitue une rétrospective majeure de l’oeuvre de ce photoreporter français qui a couvert de nombreux conflits de 1965 à sa tragique disparition au Cambodge en avril 1970.

Parallèlement à cette exposition, le service chargé des collections du Musée a opéré une sélection dans ses fonds photographiques en vue d’inscrire la pratique de Caron au sein du photojournalisme de son époque.

Une collection photographique se construit en effet sur différents thèmes et réflexions par le biais d’achats, de dons mais aussi au fil des  encontres avec les différents photographes. Le documentaire social et le photojournalisme sont cruciaux pour comprendre l’histoire, mais également l’histoire de la photographie. La collection du Musée en témoigne notamment en présentant plus de 150 ans d’histoire du reportage, depuis les images de la guerre de Crimée jusqu’aux actualités récentes, en passant par la Commune de Paris, les deux Guerres mondiales, le Vietnam, le génocide du Rwanda et même les conflits sociaux.

La sélection de Jours de guerres a été opérée au départ de lieux des reportages effectués par Caron – on pense à Mai 68, à la guerre des Six Jours, à celle du Vietnam, au Printemps de Prague – mais a également débordé sur ses années de pratique et les évènements qu’il n’a pas couverts car mobilisé sur d’autres conf lits telle la prise de Stanleyville. Une vingtaine d’images issues des grands noms du photoreportage sont exposées dans la galerie du cloître. Certaines sont mêmes devenues les icônes de mouvements sociaux, notamment la photographie de Marc Riboud lors des manifestations anti-Vietnam ou encore celles de Franz Pans et de Claude Dityvon. D’autres sont tout aussi puissantes dans l’émotion comme celles de Philip Jones Griffiths, reporter de l’agence Magnum, avec ses témoignages de la guerre du Vietnam. Tantôt les civils qui subissent cette guerre sont mis en avant, avec Leonard Freed, tantôt l’attention est portée sur les lieux mêmes, comme Craig Barber, ancien G.I., revenu des années plus tard sur ces villages abandonnés. La force de l’instant prend aussi toute sa mesure avec Dick Durrance, présent au plus fort du conflit du Vietnam, ou Josef Koudelka qui suggère le déclenchement de la guerre.

Avec les 25 ans de Visa pour l’image à Perpignan, cette exposition au Musée de la Photographie atteste de la place qu’a prise le photojournalisme dans notre histoire et dans nos collections. Les maîtres exposés aux côtés de Caron résonnent en écho à la nouvelle génération présente au sein des collections permanentes du Musée de la Photographie.

Claire Chevrier
Charleroi

Le Musée de la Photographie a proposé à Claire Chevrier de réaliser un reportage photographique sur Charleroi, s’inscrivant dans le cadre des missions initiées par le Musée pour conserver la trace d’une ville en mutation. Pendant plusieurs semaines et en l’espace de quatre voyages, la photographe française a sillonné la cité carolorégienne et ses environs. De cette immersion, elle nous livre en une trentaine de photographies couleur sa vision de la ville.

Sur cette mission, elle écrit ceci : « J’ai tout de suite voulu commencer par les abords de la ville, comprendre sa structure et ses limites, regarder les quartiers et observer les flux. Il était important de travailler le plus possible en extérieur par des journées ensoleillées, je ne voulais surtout pas rajouter une lecture noire par la grisaille, mais au contraire que l’on se concentre sur l’agencement des modules constituant la ville. Dans un deuxième temps, je suis passée de l’extérieur à l’intérieur mais avec la même démarche. Je souhaitais observer des lieux dédiés au travail, des entreprises dans des secteurs divers et pas entrer dans les appartements, dans l’intimité. Le choix des distances, des cadrages, des détails… est un questionnement de l’espace. Comment on tient un espace, comment on structure une surface déterminée (celle de l’espace et celle de la photo), des espaces en attente où pourraient se jouer différentes histoires. Des images génériques, des espaces ouverts, c’est ce vers quoi tend mon travail. »

Claire Chevrier est née en 1963, elle vit et travaille à Paris et à Mayet. Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis à Rome en 2007-2008 et a réalisé plusieurs expositions personnelles importantes : en 2005, au Musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône, avec ses travaux issus de plusieurs années de voyages de recherche sur différentes mégapoles (Bombay, Rio, Lagos, Le Caire…). Dernièrement, elle a présenté plusieurs expositions monographiques : au Centre de la photographie Île-de-France, à Pontault-Combault et dans « la Salle Blanche » du Musée des Beaux-Arts de Nantes en 2009 ; l’exposition Connivence 1 au Musée de l’Image à Épinal en 2011, et Il fait jour au Centre Régional de la Photographie de Douchy-les-Mines en 2012, ainsi que l’exposition Camminando à la Villa Médicis à Rome. Claire Chevrier a également participé à plusieurs expositions collectives depuis 2005. Elle enseigne par ailleurs à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles depuis 2012.

Avec le soutien de la Ville de Charleroi, la Wallonie, la Fondation Mons 2015, Ores + logo Mons Capitale européenne de la culture…

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