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L’AUTRE BÉBÉ DE FREDDY TACHENY

Zélos. Un nom qui claque. Celui du dieu grec de l’émulation, de la rivalité, de la compétition. Ce dieu à l’origine de l’expression “faire de l’excès de zèle”. En grand communiquant qu’il est Freddy Tacheny, ancien directeur général de RTL Belgique, une chaîne qu’il considérait comme “son bébé”, a donc donné “ce nom qui claque” à sa société fondée il y a une dizaine d’années et aujourd’hui basée à Namur.

 


Barry Baltus en Freddy Tacheny

A l’approche de la soixantaine qu’il fêtera l’an prochain, Freddy Tacheny a donc gardé intact ses deux passions, la communication et le sport, et n’a rien perdu de son sens des défis.


Zelos compte une quinzaine d’employés. Des touche-à-tout qui gèrent la carrière de pilotes moto ou auto, qui organisent des événements sportifs, qui gèrent des droits TV, qui conseillent clubs ou fédérations en matière de gestion et de marketing, qui possède une régie publicitaire…

Concrètement, c’est Zelos qui détient les droits TV des Grand Prix de moto vitesse (Moto3, Moto2 et MotoGP) diffusés par la RTBF. C’est aussi Zelos qui est chargée de la communication et de la commercialisation du Circuit Jules Tacheny à Mettet, lequel porte fièrement le nom de son papa, ancien grand pilote moto décédé en 1984 à l’âge de 77 ans.

Enfin, en basket, les experts financiers, marketing et juridiques de Zelos accompagnent le club des Sharks d’Antibes (Pro B en France) dans son management et sa gestion.

Une société touche-à-tout, écrivions nous plus haut. Avec en tête de gondole les sports moteurs via l’organisation du Superbiker de Mettet et la gestion de la carrière du jeune Barry Baltus en Moto2, de Xavier Siméon en championnat du monde d’endurance, ou encore de Nigel Bailly, pilote paraplégique engagé pour les 24 Heures du Mans 2021 au sein d’une écurie 100 % handisport.

« Barry a deux ans de contrat au sein d’une écurie néerlandaise. Deux ans pour apprendre. Il y aura de la pression. Il faudra qu’il fasse des résultats. Mais je crois beaucoup en son potentiel. »


Ramener un pilote belge en MotoGP

A l’approche de la soixantaine qu’il fêtera l’an prochain, Freddy Tacheny a donc gardé intact ses deux passions, la communication et le sport, et n’a rien perdu de son sens des défis. L’un d’eux : ramener rapidement un pilote belge en MotoGP, la catégorie reine de la moto vitesse.

« Ce pilote pourrait bien être Barry Baltus », reconnaît Didier de Radiguès, qui fut longtemps conseiller sportif de Zelos avant de faire un pas de côté pour se consacrer à sa carrière de photographe artistique. « A 17 ans, c’est de loin le plus jeune pilote de Moto2, l’antichambre de l’élite. Mais malgré son jeune âge, il n’est pas du tout impressionné par la puissance des bolides. »

Didier de Radiguès sait de quoi il parle, lui qui est le seul pilote belge à être monté sur des podiums de la catégorie reine où s’affrontent les vingt-sept meilleurs pilotes du monde. « Barry a deux ans de contrat au sein d’une écurie néerlandaise. Deux ans pour apprendre. Il y aura de la pression. Il faudra qu’il fasse des résultats. Mais je crois beaucoup en son potentiel », ajoute celui qui officie toujours comme consultant moto pour la RTBF.

Un fonds d’investissement pour aider les jeunes pilotes

Amener un pilote au sommet, cela coûte évidemment très cher. Mais pour financer son programme d’aide aux pilotes, Zelos a plus d’un tour dans son sac. « J’ai très vite été conscient que plus un pays est petit, comme la Belgique, plus il faut élargir la base des financements potentiels. C’est pour cette raison que Zelos se diversifie tellement », explique Freddy Tacheny, qui peut notamment s’appuyer sur l’expérience acquise avec le rallye Télévie de RTL dont il fut l’un des fondateurs. « C’est plus compliqué de trouver de l’argent en Belgique qu’en France. Il faut faire preuve d’imagination, surtout en cette période, avec ce Covid qui ne nous facilite pas la tâche. Chez Zelos, nous sommes en réflexion constante. »

Parmi les sources de revenus, outre les classiques droits TV et régie publicitaire, Zelos mise notamment sur les « meet and greet » que la société organise pour des clients friands de moments uniques et qui propose de rencontrer les meilleurs pilotes du monde sur les plus beaux circuits et de vivre les courses dans des conditions uniques.

« Nous avons aussi créé un fond d’investissement, le Motorcycle Investment Group, qui a placé de l’argent dans le but d’aider nos pilotes dans le futur, souligne Freddy Tacheny. Et sous l’égide de la Fondation Roi Baudouin, nous avons mis en place un programme de détection pour les pilotes à partir de sept ans : la BMF, pour Belgian Motorcycle Foundation. Et le patron de Zelos de conclure : « Nous nous donnons ainsi les moyens d’avoir rapidement un champion belge en MotoGP. Barry Baltus pourrait bien être celui-là. »

www.zelos.be

« SPA N’A PAS ÉTÉ DESSINÉ SUR UN BOUT DE PAPIER! » 


Didier de Radiguès

Spa-Francorchamps, le plus beau circuit du monde ? Nous avons demandé l’avis de Didier de Radiguès, qui a triomphé sur le “toboggan des Ardennes” tant en moto (en vitesse et en endurance en 1983) qu’en auto (en endurance en 1997), et l’avis du pilote belge est clair : « Ce circuit est effectivement unique et tous les pilotes qui ont eu la chance de s’y produire vous confirmeront que cette expérience est inoubliable. Spa, c’est un circuit routier et il est resté dans cet esprit même si c’est aujourd’hui devenu un circuit permanent. C’est ce qui le rend si particulier. Ce n’est pas un circuit “moderne”qui a été dessiné sur un bout de papier par un ingénieur comme c’est le cas aujourd’hui. C’est donc un circuit rapide et plus dangereux que beaucoup d’autres. »

Et le consultant moto de la RTBF de poursuivre : « Les circuits actuels (notamment ceux voulus par de richissimes émirs, ndlr) sont conçus pour éviter le danger, les accidents. Je peux bien sûr le comprendre mais, par définition, les sports moteurs sont dangereux. Le rapport au danger, voire à la mort, c’est un paramètre dont il faut toujours tenir compte. C’est particulièrement le cas sur des circuits routiers comme Spa. »

Voilà pour l’aspect vitesse, mais qu’en est-il au niveau technique ? « En terme de pilotage, Spa se démarque aussi des circuits traditionnels. L’épingle de La Source avec sa sortie large, son freinage difficile, l’Eau Rouge, le Raidillon… tout cela c’est magique. Je le répète : Spa est une piste très rapide qui monte et qui descend. En MotoGP, on peut y atteindre 350 km/h en pointe et 250 km/h dans les virages comme au sommet du Raidillon ou à la sortie de Stavelot ! »



En 1983, Didier de Radiguès s’est imposé à deux reprises sur le circuit de Spa-Francorchamps.

Souvenirs spadois

DDR rêve-t-il de revoir un jour des MotoGP sur ce circuit sur lequel il a roulé à de multiples reprises ? « C’est mon vœu le plus cher. Financièrement, c’est faisable. Au niveau des infrastructures aussi, même s’il faudra mettre en place de plus grands dégagements. Il faut juste une volonté politique mais je veux y croire. Et si un promoteur me demande des conseils techniques, je répondrai volontiers présent. »

En attendant ces jours, Didier de Radiguès a les yeux qui pétillent en se remémorant ses souvenirs spadois.

« Tout jeune, j’y ai disputé ma première course moto internationale. C’était en Kawa lors d’un “match” Belgique-France. J’étais en tête lors de ma première course et devant mon public. Un bonheur incroyable ! »

S’il ne doit retenir qu’un souvenir de Spa, c’est sans doute son succès en vitesse pure (250 cc) en juillet 1983. « J’avais livré un duel vraiment intense avec le Français Christian Sarron. Les dépassements avaient été multiples et, véritablement poussé par le public, j’avais fini par m’imposer », sourit le natif de Louvain.

 

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