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LE RETOUR DE L’AIGLE

A l’heure du bicentenaire de sa mort, Napoléon Bonaparte est plus vivant que jamais. A Liège, une copieuse exposition enrichie de reconstitutions et d’objets authentiques retrace et remet en contexte son règne. Jusqu’au 9 janvier 2022.


Comment raconter, comment montrer Napoléon, cette “rock star de l’histoire” comme le qualifie Bruno Ledoux, le collectionneur qui a prêté bon nombre de pièces de l’exposition Au-delà du mythe, montée par Europa Expo à la gare de Liège-Guillemins ? Homme de vision et d’ambition, il a émaillé son règne de faits d’armes et de décisions politiques, parfois autoritaires. Tous ces éléments sont présents dans cette exposition-événement qui marque le bicentenaire de la disparition d’un homme politique et d’un militaire qui a su se faire admirer autant que détester. Trois-cent-cinquante pièces authentiques, dont certaines n’avaient jamais été montrées, racontent cette destinée exceptionnelle sur près de 3.000 m2.

© Collection Bruno ledoux

Longwood House

Le règne de Napoléon a été assez court, mais son impact sur l’Europe a été énorme. Si sa vie s’est achevée à Sainte-Hélène, c’est aussi là que le mythe a pris de l’ampleur, nourri par les mémoires auxquelles il a consacré une bonne partie de ses dernières années. L’exposition commence sans fanfare sur ce petit bout de rocher perdu au milieu de l’Atlantique Sud. Les premiers objets s’y déploient pour évoquer le séjour du monarque déchu à Longwood House, une résidence posée sur un plateau humide et venteux où il vécut dans un relatif confort avec sa suite. Aux représentations hagiographiques de l’empereur dictant ses mémoires répondent les caricatures d’un homme ventripotent croquées par un de ses geôliers anglais.

Enfant de la Révolution

Napoléon Bonaparte n’avait pas 20 ans quand éclate la Révolution et son accession au pouvoir est une conséquence directe du nouveau régime instauré à partir de 1789 et auquel se consacre la suite de l’exposition. Une lame de guillotine, qui devait peser entre trente et soixante kilos, éclabousse de son tranchant cette section où l’on trouve également la chemise que portait Louis XVI le jour où il a été conduit à l’échafaud, une impressionnante clé de la prison du Temple, ou encore un bonnet phrygien et une carmagnole (qui n’était pas qu’une danse puisqu’elle désignait aussi une veste à basques courtes et gros boutons adoptée par les sans-culotte).

La famille Buonaparte, ses frères, ses sœurs, leurs femmes et enfants, ont aidé Napoléon à conserver le contrôle des territoires conquis par les armes. Il a fait de ses frères et beaux-frères des rois qu’il a positionnés sur la carte de l’Europe comme les jetons d’un Stratego. La ligne du temps agrémentée d’un profil généalogique nous permet de savoir qui est qui dans cette famille aux innombrables alliances.

Le visiteur plonge dans une de ces reconstitutions immersives dont Europa Expo a le secret.


Une machine de guerre

Poursuivant le parcours, on plonge dans une de ces reconstitutions immersives dont Europa Expo a le secret. C’est le bivouac de l’armée. On traverse une cour de ferme pavée, il y a des soldats qui réchauffent leur rata, Bonaparte et ses conseillers qui planchent sur les mouvements de troupe à venir, les chevaux mis en repos, le mamelouk qui prend l'air et quelques chiens errants à l’affut de victuailles. L’armée napoléonienne, qui a compté jusqu’à 600.000 hommes, était une véritable machine de guerre. Seuls les officiers disposaient d’un cheval, les soldats se contentaient d’avancer un pied devant l’autre. Devant les villageois partagés entre l’effroi et l’admiration, la troupe pouvait défiler pendant plusieurs heures. De nombreuses pièces d’équipement et d’armement restituent cette armée en marche. D’un côté, on a le havresac du soldat, un bon vingt-cinq kilos, de l’autre, le matériel de campagne de l’empereur avec lit pliant, nécessaire de toilette, bibliothèque portative, longe vue et cartes. Entre 1792 et 1815, Napoléon a porté le sabre et le canon à travers l’Europe au cours de sept campagnes jusqu’à la défaite de Waterloo. On en voit des armes et des uniformes, dont notamment ceux des Gardes wallonnes qui ont affronté les troupes napoléoniennes lors de la bataille de Burgos, en 1808.

Maître de la France à 30 ans, Napoléon se fait couronner empereur quatre ans plus tard. Le sacre qui déroule ses fastes sous la voûte de Notre-Dame est une opération de communication et propagande à usage interne et vis-à vis des cours étrangères. C’est le moment d’évoquer les apparats de l’Empire avec la vaisselle, le mobilier et la garde-robe, avec un savant mélange de pièces d’époque et de reconstitution. Beaucoup voient dans le code Civil et toutes les institutions publiques qu’il a mises en place, la quintessence de l’héritage napoléonien. Une section lui est consacrée dans un décor néo classique qui évoque l'Antiquité sublimée de ses héros Jules César et Alexandre le Grand.

© Collection Bruno Ledoux

Entre 1792 et 1815, Napoléon a porté le sabre et le canon à travers l’Europe au cours de sept campagnes jusqu’à la défaite de Waterloo.


Deux légions d’honneur “liégeoises”

Napoléon est venu deux fois à Liège d’où les troupes françaises avaient chassé les autrichiens en 1794. De retour de sa première visite, il demande à un jeune lauréat du Prix de Rome, Jean-Auguste-Dominique Ingres, de le peindre en habit de consul avec en arrière fond, la Cathédrale Saint-Lambert qui était alors en ruine. On évoquera aussi les deux légions d’honneur “liégeoises”. La première accordée à André Modeste Gretry, musicien très apprécié de Napoléon et par ailleurs invité d’honneur au sacre. La seconde, et c’est moins connu, a été attribuée à Hubert Goffin, un modeste ouvrier mineur qui, avec son fils de 12 ans, a sauvé la vie de 70 travailleurs piégés par une inondation.

Une baignoire en campagne

Une des pièces marquantes de la section est sans conteste la baignoire en zinc offert par Jean-Jacques Dony à Napoléon. Chanoine et chimiste, le fondateur de l’entreprise La Vieille Montagne déposa le brevet pour un procédé de production du zinc. Il offrit cette baignoire à l’empereur pour démontrer les qualités hydrofuges et la malléabilité de son nouvel alliage. Convaincu, l’empereur en aurait emportée un exemplaire identique avec lui lors de la campagne de Russie.

C’est avec des agrandissements de dessins du dernier voyage de la Belle Poule, une frégate de soixante canons qui ramena les cendres de Napoléon en France en 1840, que s’achève l’exposition.

Au final, chaque visiteur y trouvera sans doute le Napoléon qu’il est venu chercher. Si Bonaparte a très tôt veillé à contrôler son image et a compris son potentiel de propagande, l’exposition y ajoute aussi de nombreux objets qui permettent de replacer le personnage et ses agissements dans son contexte historique.

De Waterloo à Sainte-Hélène


Tableau de Maurice Dubois, où l’on voit, au couchant, une fillette fleurir l’Aigle blessé, le monument en hommage à la garde impériale.

En cette année de célébration du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte, le Mémorial 1815, à Waterloo, est évidemment un lieu incontournable. Une grande exposition inédite y est proposée jusqu’au 17 octobre. Intitulée De Waterloo à Sainte-Hélène, la naissance de la légende, elle s’intéresse à la période cruciale qui s’écoule entre la défaite à Waterloo en 1815 et le décès de Napoléon à Sainte-Hélène en 1821. Six années qui vont participer à la naissance de la légende napoléonienne. Exilé et désarmé, l’empereur a continué le combat avec la parole et la plume livrant sa vérité telle qu’elle apparaît dans le célèbre Mémorial de Sainte-Hélène.

L’exposition qui rassemble une centaine d’objets originaux et des documents d’époque provenant de musées et de collections privées déroule un parcours qui s’articule en quatre thématiques.

La première section évoque la période qui sépare le retour du vaincu à Paris et le départ vers sa destination finale. Une des pièces maîtresses est la grande toile de Paul Delaroche, plus exactement une copie d’atelier, où Napoleon, botté et avachi sur une chaise, semble accablé par son destin, quelques jours avant son abdication à Fontainebleau, en 1814.

Ensuite, on évoque l’exil à Sainte-Hélène. On peut découvrir l’île montagneuse telle qu’elle est apparue aux passagers du HMS Northumberland, sur une gravure réalisée par un officier de bord britannique. Il y a aussi cette baignoire en cuivre où il restait nonante minutes le matin, ainsi qu’un verre de malade avec lequel il soignait l’ulcère d’estomac qui va l’emporter.

Le masque mortuaire en bronze de Napoléon réalisé par son médecin Antommarchi.

Entre la défaite à Waterloo en 1815 et le décès de Napoléon à Sainte-Hélène en 1821, six années vont participer à la naissance de la légende napoléonienne.


La construction du mythe

Le troisième espace est consacré à la construction littéraire du mythe, notamment nourri de ses mémoires dictées à ses compagnons d’exil. On peut ainsi voir différents ouvrages originaux issus de la bibliothèque de Sainte-Hélène prêtés par le Musée de Châteauroux.

La dernière section s’attarde sur le temps du héros quand, après sa mort, Napoléon est élevé au statut de figure mythique. Les objets de cette section sont de ceux qui perpétuent la gloire de Napoléon, empereur et martyr. On peut voir notamment le masque mortuaire en bronze réalisé par son médecin Antommarchi ou le fameux tableau de Maurice Dubois, où l’on voit, au couchant, une fillette fleurir l’Aigle blessé, le monument en hommage à la garde impériale. La légende a pris son envol…

I presume ?

Savez-vous qu’à la gare des Guillemins vous pouvez prendre le bateau et remonter le Nil jusqu’à la Vallée des Rois, puis pénétrer dans le tombeau de Toutankhamon sans risquer d’être frappé par la malédiction ? Non ? Alors dépêchez-vous de prendre votre ticket, cette exposition exceptionnelle se clôture le 31 mai.


Une exposition sur le « pharaon oublié » à Liège ? Certains se sont demandé si les organisateurs ne prenaient pas un gros risque alors que trônait encore dans les mémoires l’exposition sur Toutankhamon qui avait illuminé les salles de Brussels Expo en 2011, mais aussi et surtout compte tenu des 1.420.000 visiteurs qui s’étaient déplacés à Paris, entre mars et septembre 2019, afin d’admirer le « Trésor du Pharaon » et ses nombreuses pièces issues des collections permanentes du musée du Caire. « Un risque ? Non ! D’ailleurs, nous avons déjà fait 30.000 entrées durant le premier mois », tranche, le sourire aux lèvres, Marie Kupper, qui n’était pas encore née en 1991 quand son grand-père, René Schyns, organisa la première exposition sur Hergé à Welkenraedt et qui se prépare aujourd’hui, à 25 ans, à prendre doucement sa succession à la tête d’Europa Expo.

Et la jeune directrice organisationnelle et financière d’expliquer : « Nous avons toujours cherché à présenter les grands événements d’une manière différente. Pour cette exposition, nous avons choisi d’entraîner les visiteurs sur les pas d’Howard Carter, de leur faire partager ses espoirs, ses doutes, puis son émerveillement lorsqu’il tomba soudain sur ce tombeau que tout le monde avait cherché en vain. Ensuite, après avoir découvert, comme l’archéologue, les trois principales salles du tombeau reconstituées à l’identique, ils pourront se faire une idée précise, en cheminant à travers une quinzaine de salles thématiques, de ce qu’était l’univers du jeune pharaon grâce à la multitude d’objets trouvés sur place et remis dans leur contexte historique. C’est sans doute cet ensemble de connaissances qui constitue le véritable trésor de Toutankhamon ! »

A 25 ans, Marie Kupper se prépare à prendre doucement la succession de son grand-père René Schyns à la tête d’Europa Expo.


Deux premières mondiales

Sur les centaines d’œuvres d’art emblématiques qui sont exposées à Liège, environ 200 sont des pièces originales issues de musées (le MET Museum de New York, Le Louvre, les musées de Mariemont, Manchester…) et de collections privées. Et 250 sont des copies certifiées provenant des ateliers du musée du Caire et prêtées par le ministère des antiquités égyptiennes. « Notre exposition présentera en outre deux « premières » mondiales : la reproduction d’une partie d’un palais royal et à la réplique de l’atelier de Touthmose, le sculpteur officiel de la royauté », explique Marie Kupper, qui souligne que les peintures murales du palais ont été réalisées par les artistes des ateliers d’Europa Expo qui ont utilisé des piments – comme à l’époque – et ont poussé le souci du détail en reproduisant les moisissures ! Que ceux qui craignent la malédiction se rassurent : elles sont bien imitées, mais elles sont fausses. Il n’y a donc aucun risque d’inhaler des poussières allergènes…

www.europaexpo.be

Repères
• 4 novembre 1922 : découverte de l’escalier conduisant au tombeau de Toutankhamon.
• 26 novembre 1922 : Howard Carter pénètre dans l’antichambre du tombeau en présence de Lord Carnavaron.
• 17 février 1923 : ouverture de la chambre mortuaire en présence de la Reine Elisabeth et du célèbre égyptologue belge Jean Capart.
• 28 octobre 1925 : ouverture du 3e cercueil abritant la momie.


Toutankhamon et l’Egypte antique

La civilisation de l’Égypte antique commence vers 3150 av. J-C. avec l’unification politique de la Haute-Egypte et de la Basse-Egypte, et se développe jusqu’au règne de Ptolémée XV (le fils de Cléopâtre VII), le dernier pharaon qui fut exécuté en -30 par Octave (le futur premier empereur romain). Ces trente-deux siècles ont été divisés en trente-trois dynasties. Toutankhamon (-1335 à -1327) appartient à la XVIIIe dynastie, durant laquelle l’Egypte connut la puissance et la gloire – alors que la XIXe dynastie sera marquée par le règne de Ramsès II. Il avait 8 ans quand il est monté sur le trône et est mort à 17 ou 18 ans, sans laisser de descendance.


La reproduction de la décoration d’un palais royal, une première mondiale. 

Akhénaton, le pharaon « impie »

Toutankhamon était le fils du pharaon Amenhotep IV, surtout connu pour avoir voulu balayer le polythéisme en imposant le culte monothéisme du dieu solaire Aton. Pour mieux honorer ce dieu, il s’est fait appeler Akhénaton (« celui qui est utile à Aton ») et a bâti une ville, Akhétaton (« horizon d’Aton »), entre Memphis (Le Caire) et Thèbes (Louxor), dont il a fait le nouveau cœur de l’Égypte. A sa mort, soit après un règne peu glorieux sur le plan militaire, l’ancien culte fut rétabli et la ville du pharaon « impie » fut laissée à l’abandon. Le site archéologique d’Akhétaton a été exploré sous le nom d’Amarna.

« Mister Carter est un garçon de bonne composition qui s’intéresse exclusivement à la peinture
et à l’histoire naturelle... Je ne vois pas l’utilité pour moi d’en faire un fouilleur ! » 
(l’archéologue Sir Flinders Petrie au service duquel Howard Carter travailla à 17 ans).


L’antichambre merveilleux

C’est en 1922, soit après cinq saisons de vaines recherches, que l’archéologue britannique Howard Carter qui travaillait pour le compte de Lord Carnavaron découvrit la tombe de Toutankhamon dans la vallée des Rois, près de Louxor. On comprend l’émotion de son équipe quand un ouvrier mit au jour une première marche, le 4 novembre de cette année là. Après avoir dégagé l’escalier et traversé un long couloir, l’archéologue risqua un œil dans l’antichambre du tombeau par une ouverture pratiquée dans la porte. « Pendant quelques secondes – qui durent sembler une éternité à mes compagnons –, je restais muet de stupeur. Lorsque Lord Carnarvon me demanda enfin : « Vous voyez quelque chose ? », je ne pus que répondre : « Oui, des merveilles ! »

Des cercueils gigognes

Après la découverte du tombeau, il fallut encore beaucoup de patience et d’huile de bras à l’équipe d’Howard Carter pour arriver à la momie, puisque celle-ci reposait dans un sarcophage de 110 kilos en or massif qui avait été enfermé dans deux autres cercueils à l’intérieur d’un grand sarcophage en quartzite, lui-même disposé sous quatre chapelles gigogne ou châsses dorées. « Nous étions le 28 octobre 1925. On retira doucement les longs clous d’or massif, puis on souleva le couvercle par ses poignées d’or. Sous nos yeux gisait une impressionnante momie, nette et soignée. Un magnifique masque d’or brillant représentait le visage du pharaon… »

Des en-cas pour la route

Carter a mis dix ans pour répertorier les 5.398 objets retrouvés dans le tombeau, dont quelque 200 glissés sous les bandelettes de la momie. Parmi ces objets, des chars, des armes (épées, haches, massues, cuirasse, boucliers…), des bijoux, des vêtements…, ainsi que de la nourriture en quantité (48 boîtes de viande de bœuf et de volaille, 28 jarres de vin…). Les Égyptiens, en effet, croyaient en la vie éternelle et à la rétribution des actes posés pendant notre passage sur terre. C’est donc un véritable voyage qu’ils entreprenaient après leur mort, pour comparaître devant un tribunal de quarante-deux dieux. Ces aliments, vêtements et richesses devaient permettre au jeune pharaon de supporter le voyage, mais aussi de faire des offrandes aux dieux.

Thoutmose, le sculpteur de l’idéal féminin

La reproduction de l’atelier de Thoutmose, le sculpteur officiel d’Akhénaton, constitue une première mondiale. Les fouilles effectuées à Amarna ont permis de le reconstituer avec les instruments de l’époque, les plâtres et les blocs à sculpter. Les visiteurs peuvent suivre, étape par étape, le travail de l’artiste toujours en quête d’une recherche de perfection formelle absolue comme l’atteste le fameux buste de Néfertiti sorti de son atelier. La reine était sans doute fort belle, mais quand on sait que pour les Égyptiens, la beauté du corps était le miroir de la beauté de l’esprit, on devine que le sculpteur se soit surpassé afin de reproduire des traits atteignant la perfection.

La malédiction : quand la légende tombe en poussières

Toutankhamon n’ayant pas eu le temps d’accomplir de grandes choses durant son court règne, le pharaon est surtout connu en raison de la malédiction liée à la violation de son tombeau. En effet, plusieurs membres de l’équipe d’Howard Carter ainsi que plusieurs proches décédèrent quelques années après la découverte de la momie, dont Lord Carnavaron, le commanditaire des fouilles, qui mourut seulement cinq mois après. En se rasant, il se blessa à l’endroit où il avait été piqué par un moustique et l’infection se mua en septicémie. Il avait
 56 ans.


Selon les scientifiques, les candidats les plus sérieux à l’origine de cette « malédiction » seraient des substances organiques (fruits ou légumes) présentes dans la tombe. Au cours des siècles, ces produits se sont décomposés et ont donné naissance à de la moisissure qui s’est transformée en particules de poussière allergène.


EUROPA EXPO

Europa Expo est à l’initiative d’une dizaine de grandes expositions qui ont attiré trois millions de visiteurs : Tout Hergé à Welkenraedt (1991), Tout Simenon à Liège (1993), J’avais 20 ans en 45 (1995), Made in Belgium (2005) et Léonardo Da Vinci à Bruxelles (2007-2008). Depuis la création de l’espace muséal Calatrava à la gare de Liège-Guillemins, Europa Expo en a fait le rendez-vous culturel de la ville de Liège. Se sont ainsi enchaînées, les expos SOS Planet (2010-2011), Golden Sixties (2012-2013), Liège Expo 14/18 (2014-2015), De Salvador à Dali (2016), L’Armée Terracotta (2017), J’aurai 20 ans en 2030 (2017-2018) et Génération 80 Experience (2018-2019).


La Reine Elisabeth, piètre prophétesse

« En mars 1923, lorsque la Reine Elisabeth apprit que Lord Carnarvon était malade, elle a dit à son fils, le futur Léopold III : « Tous ceux qui ont pénétré dans la tombe de Toutankhamon, moi compris, sont voués à une mort rapide. » Élisabeth a été une des premières à évoquer la malédiction. Dieu merci, elle était meilleure reine que prophétesse puisqu’elle a vécu jusqu’à 
89 ans. Moi-même, je suis mort d’un cancer à l’âge de 64 ans, en 1939. » (Howard Carter , audioguide)

Ne cherchez plus la mère : Néfertiti


Extrait de la biographie d’Akhénaton écrite par Dimitri Laboury et publiée chez Pygmalion / Flammarion en 2010 

Même si des doutes subsistent encore aujourd’hui, de nombreux scientifiques s’accordent à dire que la reine Néfertiti, l’épouse d’Akhénaton, était la mère de Toutankhamon. Dimitri Laboury, professeur adjoint d’histoire de l’art et archéologie de l’Égypte pharaonique à l’Université de Liège, qui est à la tête du comité scientifique de l’exposition, fait partie de ceux-là.

« Les données égyptologiques sont en réalité assez claires, explique-t-il. Tout d’abord, le fait que cet enfant d’environ 8 ou 9 ans soit couronné pharaon à un moment délicat de l’histoire égyptienne, où le pouvoir de fait est tenu par des personnages haut placés dans l’armée qui succèderont à l’enfant-roi, mais le laisse néanmoins passer devant eux, révèle, sans le moindre doute possible, que cet enfant a des origines royales, car son droit de préséance ne peut s’expliquer, à cet âge, que par son sang. Par ailleurs, la documentation épigraphique provenant du site d’Amarna révèle l’existence d’un « fils du roi de son corps, Toutankhaton », dont on sait parfaitement qu’il s’agit du nom original, de naissance, du futur Toutankhamon. En ce qui concerne la mère de l’enfant-roi (nécessairement intime avec le souverain Akhénaton), une scène de deuil de la tombe royale d’Amarna – soit un monument très officiel – montre le couple royal en train de pleurer la mort de leur seconde fille, la princesse Méket-Aton, avec une nourrice (elle porte la coiffure caractéristique des nourrices de l’époque) qui emporte un très jeune enfant. La titulature (panneau protocolaire, voir illustration) qui l’accompagne montre, sans le moindre doute possible, qu’il s’agit d’un enfant royal, dont le nom comporte l’élément Tout- et le déterminatif (le signe à la fin du nom des individus dans l’écriture hiéroglyphique) est clairement masculin ; elle se termine en outre par la précision « enfanté par » Néfertiti. Dans ce contexte, la parenté de Toutankhamon ne fait pas de doute (d’autant que le calcul de l’année de sa naissance correspond à quelque temps avant le décès de Méketaton).

D’un point de vue égyptologique, Néfertiti est donc la mère de Toutankhamon. L’étude de paléogénétique sur les momies suspectées faire partie de la famille de Toutankhamon révèle par ailleurs que la momie KV35 YL (young lady) est génétiquement la mère de Toutankhamon. L’équation est donc facile à établir : le cadavre de Néfertiti n’est autre que la momie KV35 YL.

Alors, certes, quelques collègues prétendent encore chercher la sépulture de la reine, mais je pense que l’entreprise est totalement vaine car si on a sa momie, comment expliquer que sa tombe serait encore à découvrir ? »

Jusqu’au 2 juin 2019, la gare de Liège Guillemins accueille une expérience immersive dans une époque marquante de l’histoire. La nouvelle exposition d’Europa Expo plonge les nostalgiques et les curieux dans l’atmosphère « libérée » des années 80. Embarquement immédiat pour “Génération 80 Expérience” !

 
Direction le niveau 1 du parking de la gare, un endroit insolite pour accueillir une exposition. Mille cinq cents mètres carrés d’espace, une centaine d’écrans, plus de 500 pièces originales prêtées ou louées en provenance de musées, d’institutions ou encore de collectionneurs privés. Une veste de Freddie Mercury et de Madonna, la Formule 1 de Thierry Boutsen, Tatayet, des dessins de Kroll, un oreiller signé par Michael Jackson… Des objets mis en scène par une équipe de spécialistes qui, pendant six mois, s’est attelée à construire les décors d’une exposition qui en durera huit et dont le coût s’élève à 3,5 millions d’euros.

L’idée a été définitivement adoptée à l’été 2017. L’équipe d’Europa Expo a alors procédé à la phase d’étude. C’est l’étape de documentation et de recherche des pièces phares au sein du réseau de collectionneurs et musées. Puis est venue la construction du scénario. Le fil rouge va permettre l’organisation des espaces et la mise en scène. Une dizaine de thèmes sont abordés : les nouvelles technologies, les grands événements, la politique, l’économie, l’humour, les arts, la culture, le sport, le cinéma… La majorité des décors a été spécialement créée par l’équipe pour les besoins de l’exposition. Les nostalgiques, les simples curieux ou la génération qui n’a pas connu la disquette ne resteront pas indifférents en parcourant les allées de l’exposition.

Plongée au coeur d’une décennie mémorable

Pendant deux heures, l’expo “Génération 80 Expérience » immerge le visiteur au sein des années 80. Si celui-ci s’attend à découvrir une longue série de cadres fixés au mur, retraçant une décennie qui a incroyablement marqué les esprits, autant dire qu’il sera déçu. L’exposition invite le visiteur, ou le spectateur, à vivre une expérience immersive. Un véritable dancing des années 80 où on peut se dandiner sur le rythme de « La danse des canards », le studio d’une radio libre, le plateau de l’émission télévisée de Michel Drucker « Champs Elysées », la cuisine de E.T… Manfred Dahmen, responsable communication et relations presse pour Europa Expo, explique la démarche : « L’idée vient d’un consensus au sein de l’équipe à propos des années 80. Elles constituent un thème d’actualité et elles ont profondément marqué l’histoire, que ce soit au niveau technologique, politique, économique ou encore culturel. »

Il y a en effet un avant et un après ces années. La décennie est empreinte de nouveautés : la naissance de technologies frémissantes, une (pop) culture riche, des avancées médicales importantes, Voyager 2 dans l’espace… Une jeunesse qui goûte à la liberté éclose après les mouvements sociaux de 1968. Cette époque a cependant été bouleversée par la gravité de l’actualité : la guerre froide, la découverte du virus du sida, Tchernobyl, la chute du Mur de Berlin…

Trois spectacles d’immersion

En parcourant l’expo “Génération 80 Expérience”, le visiteur passe à travers trois espaces particuliers où sont proposés des « spectacles ». Le premier plonge le spectateur dans un cimetière ! Pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de celui qui caractérise le clip vidéo historique « Thriller » de Michael Jackson, sorti en 1983. Un court-métrage de 14 minutes, en 35 mm. La chanson démarre, une tombe s’ouvre, une femme morte-vivante arrive et un zombie ouvre une porte. On pose le pied sur les pavés, les lianes recouvrent les murs, un aventurier et une pierre précieuse... Le deuxième spectacle envoie le visiteur dans le Temple Maudit d’Indiana Jones (1984), le deuxième volet d’une série de quatre films réalisés par Steven Spielberg et mettant en scène l’aventurier Harrison Ford. Quant au troisième, il clôture le parcours par un événement décisif de la décennie : la chute du Mur de Berlin en 1989. Avec la possibilité de casser soi-même des morceaux de mur via la technologie de réalité augmentée…

Et de sept pour Europa Expo !
C’est la septième fois qu’Europa Expo organise une exposition dans l’enceinte de la gare de Liège Guillemins. La société, qui regroupe Europa 50 et Collections & Patrimoines, a été créée par le Welkenraedtois René Schyns. Depuis plus de 25 ans, elle est spécialisée dans « la conception, la production et l’organisation d’expositions de grande envergure », telles que « SOS Planète », « Golden Sixties », « Liège Expo 14-18 », « J’aurai 20 ans en 2030 »… A l’automne prochain, c’est l’Egypte qui sera à l’honneur dans le même espace.

 www.europaexpo.be

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