Waw magazine

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La Waterlootoise, native de Rio, rêve de retourner dans sa ville natale pour y disputer les JO 2016. C’est plutôt bien parti. À 24 ans, Chloé Leurquin est la numéro un belge de golf et ne compte pas s’arrêter là. Rencontre avec une citoyenne du monde qui rêve aussi de LPGA aux États-Unis, le circuit majeur.  

Rio de Janeiro. Ses plages, son Pain de sucre, son Christ rédempteur. Mais surtout, Rio et ses Jeux Olympiques en 2016.

Dans un peu plus d’un an. Cette splendide mégalopole brésilienne est aussi la ville natale de Chloé Leurquin, l’actuelle meilleure golfeuse belge. Vivre les JO dans « sa » ville, un rêve ? Plus que cela : un objectif qui pourrait bien devenir réalité en août 2016. Dans l’établissement waterlootois où nous l’avons rencontrée autour d’une tasse de thé, la jeune femme de 24 ans a les yeux qui pétillent. Elle raconte, avec un enthousiasme qui transpire la passion, ses premiers drives à douze ans jusqu’à ses débuts sur le circuit professionnel en mars 2013. Il y a de l’énergie mais aussi de la zénitude dans ce petit bout de femme, toute finette mais capable d’envoyer la balle à plus de 220 mètres. Bref, derrière son regard doux et cette impression de fragilité, se cache une véritable athlète dont la carrière n’en est qu’à ses prémices et dont la détermination est réelle, malgré une vraie modestie. « Avec un papa et des oncles golfeurs, j’ai vite eu un club entre les mains. À douze ans, j’ai immédiatement mordu. Ma maman me déposait au golf le matin et j’y passais la journée », se souvient-elle. « J’ai toujours aimé les sports de balle. Cela m’a sans doute donné des prédispositions et j’ai très vite progressé. Lors de ma première saison, j’étais 36 de handicap. À la fin de cette première saison, j’étais déjà 24. Puis l’année d’après, je suis passée de 24 à 8 ! » Ces progrès rapides permettent à Chloé de s’aligner rapidement lors de tournois juniors en Belgique. Dans sa tranche d’âge (les filles nées en 1990), elle est confrontée à beaucoup de joueuses d’un bon niveau. « Cette émulation a été très importante. Tout le monde élève le niveau de tout le monde. À 15 ans, j’ai décroché ma première sélection en équipe nationale ».

La gamine est douée : elle dispute les championnats d’Europe à 16 à Oslo, puis les Championnats du monde à 18 ans à Adélaïde en Australie, avant de passer pro quatre ans plus tard, en mars 2013. « Ce n’était pas forcément un objectif. J’étais à l’univ et je ne pensais pas avoir le niveau pour faire carrière sur les greens. »

La golfeuse du Royal Waterloo va pourtant réussir à combiner études et sport de haut niveau. Étudiante à l’UCL en vue de l’obtention du titre d’ingénieur de gestion, elle devrait valider son diplôme cette année. Il lui reste à terminer un mémoire qu’elle consacre à la fiscalité du sport. Ensuite, sa tête sera à 100% tournée vers le golf. « En passant la moitié de l’année à l’étranger, j’ai dû m’organiser. Ce n’est pas facile, mais c’est une expérience géniale », reconnaît la protégée d’Arnaud Langenaeken, son coach technique. Chloé admet que « la solitude, quand on se retrouve à l’hôtel après une mauvaise journée, c’est parfois difficile. Quand ça se passe mal, quand je ne joue pas bien, j’aimerais être avec ma famille pour me changer les idées. »

Le sport de haut niveau n’est donc pas fait que de strass et de paillettes. Et même si les golfeurs ne sont pas les plus mal lotis, il n’est pas non plus synonyme de poule aux oeufs d’or. Sur une saison, le budget avion/hôtel est estimé à 50 000 €. « Chez les filles, il faut remporter un tournoi pour gagner autant d’argent », fait remarquer la jeune femme. « Pour le moment, grâce à divers partenaires, je parviens à m’en sortir. » Mais faute de moyens, la jeune femme est souvent contrainte de voyager seule : « Je n’ai pas le budget pour emmener un caddy ou un entraîneur. Je n’ai d’ailleurs aucun caddy attitré. Parfois ma soeur, mon coach ou mon père me “caddient… S’il n’y a personne, je fais appel à des locaux. C’est toujours le cas en Chine ou en Inde. Jusqu’à présent, j’ai eu beaucoup de chance. J’ai toujours été assistée par des caddies motivés qui avaient vraiment envie de m’aider. Certaines filles sont parfois plus mal tombées. »

Les sacrifices ne sont pas vains et Chloé Leurquin n’échangerait sa vie pour rien au monde. « Je me vois encore faire ça cinq ou six ans au moins. Après, tout va dépendre de mon évolution. Si je ne parvenais pas à assumer financièrement, il faudrait passer à autre chose. Je n’ai pas les mains vides, je suis diplômée. Mais pour le moment, je sens que je progresse, que je joue de mieux en mieux. Et surtout, j’aime ce que je fais. »

« J’ai beaucoup de chance », admet-elle en évoquant ses nombreux voyages qui en font une « citoyenne du monde » dont les amies proviennent de tous les continents. « C’est parfois frustrant de partir loin et de rester bloquée toute la journée dans un complexe hôtelier. Mais en général, les organisateurs de tournois nous proposent des visites », raconte la golfeuse. Des temples en Chine à la baie de Sydney en passant par les plages d’Agadir, Chloé Leurquin en prend plein les yeux. « J’adore l’Australie, Sydney. Le début de la saison se passe là-bas, au chaud. J’y vais trois semaines avant le premier tournoi pour disputer des « ProAm » en guise d’entraînement. Nous sommes logées dans des familles d’accueil. C’est beaucoup plus fun que les tournois officiels. » Sûr donc qu’elle apprécierait aussi de fouler le sable de Copacabana en août 2016. « Il y aura deux golfeurs par pays et 60 concurrents au total. Pour le moment, je suis 53e. Si la sélection était effectuée aujourd’hui, je serais de la partie. Je dois continuer à bien jouer, rester dans le coup. Nous serons fixés en mai 2016 », explique-t-elle. La délégation belge devrait être composée de 120 athlètes, a annoncé le Comité Olympique et Interfédéral Belge fin avril.

« Depuis que je suis toute petite, je ne manque rien des Jeux. C’est un événement génial. Tous ces sportifs réunis, c’est exceptionnel. En plus, c’est à Rio, c’est exotique, je suis née là-bas. C’est sympa. Pour n’importe quel athlète, c’est un événement grandiose. » La présence de la Waterlootoise aux JO serait aussi une bonne nouvelle en termes de reconnaissance médiatique. À l’exception de Nicolas Colsaerts, peu de golfeurs attirent l’attention régulière des médias belges (ndlr : découvrez le portrait du joueur dans notre numéro 21 disponible gratuitement online). « Depuis que Nicolas a disputé la Ryder Cup (en 2014, ndlr), le golf est un peu plus présent dans la presse », se réjouit-elle. Et avec une ambassadrice de charme qui continue de progresser, cet intérêt ne devrait que croître.

 

ATHLÈTE COMPLÈTE, MENTAL HAUT !

Jadis considéré à tort comme un sport de bourgeois pensionnés, le golf a changé d’image ces dernières années. Des athlètes comme Tiger Woods ont modifié la perception du grand public, l’image du golfeur bedonnant s’estompant au profit d’une représentation beaucoup plus positive. Les golfeurs de haut niveau sont des sportifs complets, athlétiques. Et Chloé Leurquin ne fait pas exception. Conseillée par un coach technique, Arnaud Langenaken, un coach physique, Thierry Noteboom, et peut-être bientôt par un coach mental, elle met tous les atouts dans son jeu pour remplir ses objectifs à moyen terme : intégrer la prestigieuse LPGA (le circuit américain) et remporter un tournoi majeur.

TECHNIQUE : « Mon point fort, c’est le jeu long, l’approche, le driving. Je suis dans la moyenne des meilleures. Mon putting ( jeu court) a longtemps été un point faible énorme quand je suis passée pro. Mais j’ai vraiment beaucoup travaillé cet aspect de mon jeu. On ne peut plus parler de point faible mais ce n’est pas encore un atout. Ma progression dépendra beaucoup de ma capacité à progresser dans ce secteur. Il faut encore m’améliorer à ce niveau car c'est en tournoi que tout se joue, c’est là que l’on fait la différence. »

PHYSIQUE : « Depuis que je suis pro, je me suis fort renforcée. Je travaille beaucoup l’explosivité en salle (sprint, courses, medecine ball, etc.). On travaille tout le corps. Pas que les bras. Les jambes aussi doivent être solides. C’est exigeant. Regardez les golfeurs actuels : tout le monde est fit. Mes loisirs m’aident aussi à entretenir ma forme. Quand je ne joue pas au golf, je défie mes amies au tennis. J’adore courir, marcher. Je pense aussi me mettre au yoga. C’est relaxant et c’est intéressant au niveau du stretching. »

MENTAL : « Au niveau de l’approche psychologique, je n’ai pas encore trouvé la bonne personne. Je ne suis pas contre. Ce n’est peut-être pas nécessaire, mais cela pourrait sans doute m’aider sur certains points. Concernant mon putting, j’ai un problème de confiance, par exemple. Il faudra trouver quelqu’un qui me corresponde et m’apporte vraiment quelque chose. Je n’ai pas envie de faire de la préparation mentale, juste pour dire d’en faire. Je ne suis pas stressée par nature. Pour me relaxer, je fais souvent appel aux physios ou aux masseurs. Ça m’aide à me relâcher, à me sentir bien. J’ai souvent un creux au milieu de la saison. L’été passé, je me demandais ce que je faisais là. J’étais tombée à la 110e place du circuit alors qu’il faut rester dans le top-80 pour conserver sa place. Mais j’ai très bien fini la saison en réussissant plusieurs top-20. Je me suis reprise en main. J’ai sans doute ce besoin d’être mise sous pression. »

 

LES 5 BONNES ADRESSES DE CHLOÉ LEURQUIN
  1. Kobo Resto (Waterloo) « Une vraie découverte. C’est de la cuisine africaine, vraiment très diff érent de ce que l’on mange d’habitude. Et surtout, c’est un délice. J’ai découvert cet endroit il y a peu : l’ambiance est vraiment très bonne. Les patrons et le personnel sont très sympathiques. Vraiment, c’est un dépaysement. » Rue François Libert 4 – B-1410 Waterloo www.kobo-resto.be
  2. Le bar de l’Amusoir (Waterloo) « Quand je vais prendre un verre avec mes ami(e)s, c’est très souvent dans cet établissement du centre-ville. Cosy. Une institution à Waterloo. » Ch. de Bruxelles 121 –B-1410 Waterloo www.lamusoir.be
  3. La ferme du Hameau du Roy (Vieux-Genappe) « J’adore cette boulangerie de Lasne (Vieux-Genappe). Le pain est parfait. Mais surtout, il y a une tartelette aux framboises qui est à tomber. » Chaussée de Bruxelles 70 B-1472 Vieux-Genappe www.fermeduhameauduroy.be
  4. La terrasse du Royal Waterloo Golf Club « J’y passe tout mon temps quand je suis en Belgique… Et je ne m’en lasse pas. On y mange très bien. Le cadre est magnifi que et l’ambiance dans le club house est très détendue. C’est un peu ma deuxième maison. » Vieux chemin de Wavre 50 B-1380 Lasne www.royalwaterloogolfclub.be 
  5. La pâte et ose (Waterloo) « Allez-y. Goûtez le fameux trio de pâtes. Vous m’en direz des nouvelles ! » Ch. de Bruxelles 526 – B-1410 Waterloo www.lapateetose.be

« Il faut créer des lieux habités plein de sentiments », a énoncé Alain Ducasse, le célèbre Chef français. Le pari est doublement tenu par Jean-Philippe Watteyne au travers de ses deux établissements montois. En fait, « notre Jean-Phi », largement médiatisé par Top Chef, part d’une belle démarche simple et généreuse, totalement enracinée dans son amour du terroir et de sa région.

En janvier dernier, Jean-Philippe Watteyne déménage iCook, son restaurant phare, en bordure des boulevards montois. Cette belle villa appartenait jadis à un médecin connu de la région. La bâtisse a été transformée et revisitée par Charlotte Esquenet, architecte d’intérieur cofondatrice de la société EXSUD. La première impression est très chaleureuse dès le desk d’accueil de l’établissement qui compte également quatre suites où trônent des sculptures de petits singes contemporains. Il s’agit là de répliques du Singe du Grand Garde, emblème montois placé sur la façade de l’Hôtel de Ville et considéré comme le porte-bonheur de la Cité du Doudou.

Agrémentés de canapés confortables, les lieux offrent une ambiance zen et une lumière diffuse propice aux confidences et à la consultation d’une carte des vins très abordable. Le restaurant se présente sous la forme d’un cube de verre. Une belle grande table d’hôtes en bois clair, située face à la cuisine ouverte, peut accueillir une douzaine de convives.

Pure nature !

« Ce que je veux d’abord mettre en avant dans ma cuisine, c’est le produit », nous assure le cordon-bleu, bien éloigné du bling bling de la médiatisation des émissions culinaires. C’est un Chef simple et accueillant, presque timide avec un petit sourire digne de Jacques Brel. En fait, c’est de sa grand-mère que lui est venu son amour de la cuisine. Tout petit, il se découvre une passion pour les tartelettes et les plats mijotés. On l’imagine aisément choisissant ses produits au gré des saisons selon l’humeur du jour et élaborant sa recette au fil de ses trouvailles culinaires. Le produit, sa fraîcheur et ses senteurs sont fondateurs de la structure de ses émotions dont témoigne sa carte. Son palmarès démontre qu’il sait jouer dans la cour des grands, mais surtout apporter du bonheur avec un rapport qualité- prix remarquable.

On l’imagine aisément choisissant ses produits au gré des saisons selon l’humeur du jour et élaborant sa recette au fil de ses trouvailles culinaires. Le produit, sa fraîcheur et ses senteurs sont fondateurs de la structure de ses émotions dont témoigne sa carte.


Le service de salle reste à visage humain avec une capacité de 34 couverts. La présentation des vins se révèle discrète et sans chichis. Maureen, sa femme, supervise la salle, bien secondée par Frédéric et Pauline qui rivalisent de gentillesse.

Pourquoi déménager iCook ?

« Avoir un restaurant au centre-ville, c’était bien, mais il fallait que j’évolue. La clientèle me faisait de temps en temps des remarques sur le cadre qui ne correspondait plus à leur attente. On a donc voulu plus de confort tout en restant simple. » Au fait, iCook a été réalisé en collaboration avec une bande d’amis, une belle équipe et de bons fournisseurs. « L’équipe est très importante à mes yeux. Et les produits aussi bien sûr. Surtout que je veux mettre en avant plus de sincérité dans ma cuisine. Ici, les gens doivent manger pour de vrai de bons produits. Je le fais en live dans ma cuisine ouverte, une petite pièce de théâtre qui se doit d’être la plus transparente et Tendance la plus vraie possible. À force, mes fournisseurs sont devenus mes complices, mais aussi des amis à l’instar d’Yves, mon poissonnier, qui me livre chaque jour le meilleur de la marée et surtout des poissons « petits bateaux » en provenance de Bretagne. Pour le bonheur du client, une décoration, une ambiance sont nécessaires. Dans ce sens, je ne peux que remercier mon architecte d’intérieur, Charlotte Esquenet, une femme de passion, toujours à l’écoute et dans la recherche de l’élégance, de la modernité et du confort. »

Une déco soucieuse du détail, ou quand la gastronomie s’installe aussi dans les couloirs

Au départ, pas de volonté particulière dans le chef de Jean-Philippe pour proposer à la fois le couvert et le gîte à ses hôtes dans son nouvel établissement. Ce projet était dans les cartons, mais à réaliser plus tard. Bien plus tard. Mais voilà, l’espace est là. Les mètres carrés aussi. Presque trop pour garder la dimension humaine qu’il veut préserver pour son deuxième restaurant. Très vite, l’idée germe dans son esprit, avec la complicité de sa compagne. Si le rez-de-chaussée offre le bien-manger (le très bien manger même), l’étage, lui, sera dédié au bien-dormir.

Le premier étage est parfait pour accueillir des chambres, quatre au total, chacune avec son espace d’eau privatif et surtout, surtout, une identité bien définie. Deux d’entre elles évoquent les origines des deux tourtereaux. « La Bretonne » fait référence aux origines de Maureen, la compagne du Chef. Déclinée en tonalités de gris, une atmosphère à la fois brute et cosy s’en dégage. On remarquera l’addition de détails métalliques comme les luminaires géométriques ou encore le mur de galets cuivrés, ainsi que les éviers en pierre, qui eux aussi rappellent la Bretagne. Du côté de Jean-Philippe, c’est sa belgitude qui est incarnée dans « La Belge ». Sans vouloir en faire trop et basculer dans le patriotisme exacerbé, l’espace est structuré par couleurs. Une dominante de noir, et des touches de jaune et de rouge.

Les deux autres chambres, quant à elles, évoquent des moments forts de la vie de Jean-Philippe. « La Chef » représente son passage à l’émission Top Chef en 2013, un tournant indéniable dans sa vie. Un véritable tremplin dans sa carrière, Jean-Philippe l’admet avec humilité. Cette chambre est probablement une des plus audacieuses ! Au plafond, au-dessus du lit, des dizaines de casseroles et de poêles peintes en orange et brun forment un immense tapis métallique. Les robinets de la salle de douche ont été remplacés par des douchettes industrielles que l’on retrouve habituellement à la plonge des grandes cuisines. Comme en gastronomie, chaque détail compte. Toute la déco du restaurant a été pensée avec goût et souci du détail. Enfin, la dernière, « L’Exotique », symbolise la rencontre de Jean-Philippe et sa compagne au Club Med. Tout dans cet espace illustre le calme et la détente. Une lampe de chevet en forme de poisson, un divan au textile bariolé de perroquets, des bambous qui délimitent l’espace nuit de la salle de bains... Pas de doute, il est bien question de voyage et d’évasion. Et pour ceux qui ne seraient pas suffisamment relaxés par l’ambiance de la chambre, ils peuvent aussi se prélasser dans l’immense baignoire pouvant accueillir allègrement deux personnes.

« La Chef » représente son passage à l’émission Top Chef en 2013, un tournant indéniable dans sa vie. Un véritable tremplin dans sa carrière, Jean-Philippe l’admet avec humilité. Cette chambre est probablement une des plus audacieuses ! Au plafond, au-dessus du lit, des dizaines de casseroles et de poêles peintes en orange et brun forment un immense tapis métallique.


Si les clients du restaurant apprécieront sans nul doute la touche déco de chaque espace, ils seront surtout sensibles au fait de pouvoir jouir d’un bon repas, pourquoi pas bien arrosé, sans se tracasser du retour…

 

Renseignements

iCook
Avenue Reine Astrid, 31
B-7000 Mons
+32 (0)65 33 40 33
www.restaurant-icook.be

 

BIO EXPRESS

Sorti de l’école d’hôtellerie l’Ilon Saint Jacques à Namur en 1997
Finaliste à deux reprises au concours Prosper Montagné en 2010 et 2011
Finaliste du concours Meilleur Artisan-Cuisinier de Belgique 2012
Candidat à l’émission Top Chef en 2013. La même année, il publie iCook for you en collaboration avec le photographe culinaire Anthony Florio. Ce livre regroupe les recettes de Jean-Philippe Watteyne et
de cinq de ses amis (Florent Ladeyn du Vert Mont, Christophe Thomaes du Château du Mylord, Sang-Hoon Degeimbre de L’Air du Temps, Pierre-Yves Gosse de La Cinquième Saison et Chi Tien-Chin de L’Esprit Bouddha).
Fouet d’Or du chef le plus inventif dans le Guide du Vif 2013-2014.
Une toque et 14/20 dans le Gault & Millau 2015

 

À LA CARTE

De beaux plats sont à la carte. Citons les filets de maquereaux en escabèche et oignons en famille (pickles d’oignons rouges, oignons brûlés et crème d’oignons au caramel). Les Noix de Saint-Jacques d’Erquy poêlées sont accompagnées de deux préparations d’un même légume : des poireaux confits brûlés et un granité de la même plante. On peut aussi repérer à la carte des plats canailles comme un beau parmentier de joues de boeuf, une poitrine de porc confite durant 24h accompagnée d’une ratatouille de scaroles de bonne maman, voire un waterzooi de poissons aux petits légumes. Chaque plat est largement revisité. De la pure merveille ! Nous ne pourrions faire abstraction des mets sucrés comme la sphère meringuée, le tiramisu ou le dessert betteraves et chocolats Manjari.

 

LES BONNES ADRESSES DE JEAN-PHILIPPE

La Cinquième Saison

« Pierre-Yves Gosse est en quelque sorte mon père spirituel et aussi mon coach. Il m’a accompagné dans l’émission Top Chef, mais il reste avant tout un ami. Il est à la fois très carré et très compréhensif. Il explique bien les choses ». En effet, La Cinquième Saison demeure une des plus belle table de Mons près de la Grand Place. Les gourmands pourront jeter un oeil sur la façade avec vue imprenable sur la cuisine.

Rue de la Coupe, 25
B-7000 Mons
+32 (0)65 72 82 62

Mimolette Cacahuète

« Un bel endroit tout petit. Stéphanie Deghilage, c’est ma fromagère et ma complice. Elle affine elle-même certains fromages, en particulier des fromages belges. Mais elle peut faire du sur-mesure en me fournissant par exemple au Bistro une verticale de Comté de toute beauté. » Une belle petite adresse gourmande où Stéphanie Deghilage régale le chaland amateur de fromage à Mons depuis près de 15 ans. Elle possède un bel assortiment de fromages, de charcuteries, de moutardes, de confitures et de bon pain cuit au feu de bois provenant de chez Jean- Sébastien Demeyer. De quoi faire de bons sandwiches ! Elle réalise aussi de magnifiques soupes du jour.

Rue des Fripiers, 15
B-7000 Mons
+32 (0)65 84 54 00

Le 44 Rue des Fripiers

« J’aime l’ambiance et le Chef, qui s’appelle aussi Jean-Philippe. Le 44 a un côté très cool. C’est un beau lieu de rencontre où l’on se voit entre potes, qu’ils soient ou non des professionnels de la restauration. » L’établissement du Chef Ransquin est situé dans le coeur historique de Mons. La part du vin est importante et originale car le patron est un amoureux de ce divin breuvage. À l’origine, il s’était lancé dans un bar à vins accompagné de tapas pour en arriver par la suite à une restauration plus élaborée.

Rue des Fripiers, 44
B-7000 Mons
+32 (0)65 31 37 94

Esprit Bouddha

« Tien Chi est devenu un ami, c’est d’ailleurs l’ami de nombreux restaurateurs. On s’échange plein de recettes, lui pour ses préparations culinaires asiatiques et moi pour les desserts. Il nous arrive de temps en temps de réaliser un repas à quatre mains. » Le restaurant L’Esprit Bouddha, anciennement Le Palais Impérial, a ouvert ses portes en septembre 2002. Il a été repris par M. Tien-Chin Chi et Mlle Ajing Xiang, fille des précédents propriétaires. Formé au CERIA à Anderlecht, Tien Chi représente la troisième génération d’une famille de restaurateurs. Il sélectionne les meilleurs produits. Le restaurant possède une cave à vins assez importante avec également un choix très large de Whisky et de thés. Coup de coeur particulier pour l’ambiance lounge de ce restaurant.

Place des Martyrs, 30
B-6041 Gosselies
+32 (0)71 37 22 05

Maga-Vins

« Didier Gendarme, caviste, gère la société Maga-Vins à Marcinelle. Il passe souvent me voir pour me faire part de ses découvertes. À cette occasion, il vous fait déguster sa sélection de vins du Nord du Rhône ou d’ailleurs. C’est un passionné des beaux flacons qui est aussi le complice de pas mal d’amis restaurateurs. »

Rue Constantin Meunier, 115
B-6001 Marcinelle
+32 (0)71 37 25 30

Marie Kremer associe le charme, l’élégance et la fraîcheur à l’image de sa Wallonie. Jeune actrice déjà pourvue d’une large expérience aussi bien sur les planches que sur le grand écran, la comédienne ne craint pas les nouvelles expériences. Avide de nature et de liberté, loin d’elle l’idée de rester confinée dans un rôle ou dans un espace ! Entretien.

Dès son premier pas dans le Château de La Hulpe, la jeune femme sourit… Des tas de souvenirs lui passent par la tête. Cet endroit, c’est toute son enfance. Et avec la fraîcheur d’une enfant mi-rêveuse mi-sauvage, elle se livre. La journée shooting/interview gardera ce ton spontané du début à la fin. Humour, légèreté, pureté, simplicité, véracité et magie de l’existence sont au programme.

Marie Kremer a cette faculté d’avoir à la fois les pieds sur terre,  la tête au ciel et… de nous y emmener !

Marie, racontez-nous ce que vous faisiez quand vous étiez petite dans ce Château de La Hulpe !
Marie Kremer — Dès qu’il y avait un mariage, je m’y introduisais avec mes copines. On faisait semblant de faire partie du mariage pour pouvoir en profiter et manger tout ce qu’il y avait sur les tables ! (Rires) Le Château de La Hulpe, c’est aussi mes premiers désirs de solitude, d’échappées, de nature. Ce n’est pas qu’un château, c’est un parc ouvert sur la forêt. J’ai toujours eu besoin de partir seule dans la nature.

Vous êtes née à Uccle mais vous êtes heureuse de faire la couverture d’un magazine wallon parce que la Wallonie fait partie de vos racines ancestrales mais surtout pour votre grand-père…
MK — Oui, j’adorais mon grand-père. Il voulait que l’on parle wallon ! J’ai d’excellents souvenirs des moments passés avec mes grands-parents. Ils habitaient entre Sivry et Rixensart et m’ont fait découvrir la Wallonie. On partait souvent visiter différents endroits. On prenait notre pique-nique. Mon grand-père était très attaché à la Wallonie et très fier d’être wallon. Il nous emmenait partout, à Charleroi, au Grand-Hornu, à La Louvière, à Namur voir des musées… Il était originaire de Soignies. Toute ma famille est wallonne en fait, sauf mon père qui est Luxembourgeois. Et moi, j’ai grandi entre Limal et La Hulpe.

Aujourd’hui, vous vivez principalement à Paris mais revenir à La Hulpe régulièrement vous est vital…
MK — Je vis des deux côtés en fait, et j’échappe à Bruxelles par La Hulpe ! Je m’y ressource grâce à sa nature, ses arbres. Mais c’est surtout mon lien à l’enfance qui m’y fait revenir.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus en Wallonie que vous ne trouvez pas ailleurs ? 
MK — L’accent ! Toute ma famille a cet accent typique que je ne retrouve nulle part ailleurs ! Et puis, il y a tous les souvenirs de mon enfance. Cela va paraître fou parce que beaucoup s’en plaignent mais, moi, j’adore la pluie, ses nuages. Tout ce qui est typique de la Belgique ! La façon de vivre des gens aussi.

Vous avez un rituel, des endroits où vous ne manquez jamais d’aller quand vous y revenez ?
MK — Ici bien entendu mais aussi à l’Abbaye de Villers-la-Ville. C’est un endroit magnifique !

Il y a dix ans, vous avez tourné dans : J’ai toujours voulu être une sainte. Cela vous plairait d’en être une ? 
MK — Sûrement pas. Et ça n’existe de toute façon pas !

Vous avez un visage d’ange. Cache-t-il une part rebelle que vous aimeriez extérioriser ? 
MK — Oui. J’ai de la colère en moi face à certaines choses. Je l’extériorise via le sport et mon métier mais… je n’ai pas encore trouvé la bonne manière de la faire sortir. 

Quelle est la plus grande cause pour laquelle vous seriez prête à entrer dans un combat comme une vraie guerrière ?
MK — Pour la justesse, mon travail, pour une famille que j’ai à inventer. Me battre pour apprendre à être juste avec moi-même. Ensuite, on peut se permettre d’avoir un vrai positionnement par rapport au monde. Je suis sur un chemin, j’évolue mais à certains moments, je me sens comme un loup…

Êtes-vous féministe ? 
MK — Non, enfin, ça dépend. Pas féministe contre les hommes car j’ai besoin d’eux, de leur avis. Ils m’apportent des choses essentielles que nous n’avons pas. Ils ont une simplicité de pensée que je ne retrouve que chez eux et qui m’est indispensable. Ils sont moins compliqués que les femmes. 

La féministe d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier. Elle a évolué et être féministe, c’est surtout prôner l’égalité… 
MK — Dans ce sens, je le suis. Je trouve qu’on a bien avancé et qu’il ne faut pas s’arrêter mais continuer la revendication là où c’est nécessaire. Quand je vois ce qui se passe ailleurs, même si je suis d’accord avec certains combats, je trouve qu’on n’a pas à se plaindre. On est bien chez nous. Ici, j’ai bien conscience que je vais où je veux, je m’habille comme je veux et je fais ce que j’aime.

Cela vous plairait une société matriarcale avec les femmes aux commandes ? 
MK — Non, pas du tout ! On a besoin des deux. En politique aussi, il faut un équilibre.

Marie Kremer et le cinéma, confidences

Vous tournez depuis 11 ans, à un rythme soutenu, environ 4 films par an et, pourtant, vous dites vous remettre sans cesse en question. Que remettez-vous en question ? 
MK — Le fait que je doive toujours apprendre et m’améliorer… On apprend tous les jours et il faut toujours recommencer. Chaque rôle est différent. Et chaque tournage nécessite de se réinvestir différemment à chaque fois.

Vous fonctionnez à l’envie. Cela veut dire que vous ne tournez que dans des films qui vous parlent ? 
MK — Pas du tout. Tout d’abord parce qu’il faut travailler. Aujourd’hui, je peux me permettre d’être un peu plus sélective mais le métier de comédien n’est pas facile. On ne bosse pas tous les jours. Refuser des rôles est une question de choix mais je pense qu’un acteur doit travailler autant qu’il peut tout en restant honnête face à son éthique. Certaines personnes disent qu’il ne faut pas faire de télé par exemple. Je ne suis pas d’accord. J’ai appris beaucoup sur tous mes tournages et des choses différentes à chaque fois ! Là, je tourne d’ailleurs pour France télévision.

On peut en savoir plus ?
MK — Je tourne dans Caïn, une série de huit épisodes réalisés par Bertrand Arthuys et diffusés sur France2. 

À seulement 17 ans, vous commencez sur scène en intégrant la troupe des Baladins du miroir, avant de rejoindre la Compagnie des Bonimenteurs à Namur pour faire du théâtre de rue… Vous préférez le théâtre ou le cinéma ?
MK — Les deux… J’ai fait beaucoup de théâtre de rue mais j’aime aussi mon évolution.

Vous êtes plutôt discrète et timide, mais pour l’amour du cinéma, seriez-vous prête à jouer une scène plus intime ?
MK — Si c’est dans la continuité de l’histoire, oui. Mais il faut de la pudeur dans le cinéma. 

Que pensez-vous du cinéma belge ?
MK — Beaucoup de bien. Il y a de bons films, qu’ils soient wallons ou flamands ! 

Le réalisateur Joachim Lafosse disait à la conférence de presse des Magritte que les films ne sont pas bons parce qu’ils sont belges, wallons ou flamands mais parce qu’ils sont justes. Qu’est pour vous un film juste ? 
MK — Et il a raison ! Un film juste, c’est comme un acteur qui joue juste. C’est avoir le bon ton pour tout, dans le message à faire passer y compris.

Qu’est-ce qui est important pour vous en tant qu’actrice ?
MK — Une chose importante est de savoir bien s’entourer, aussi de gens qui ne font pas spécialement ce métier. Garder les pieds sur terre, ne pas devenir fâché sur un système qui n’est pas simple. Savoir se réinventer. Se battre.

Le DVD de Sous le figuier, superbe film d’Anne-Marie Étienne, sortira en novembre. Film produit en partie pour la Belgique, par Tarantula Production. Il aborde la mort avec beaucoup de délicatesse, sérénité et grandeur d’âme. Croyez-vous que de l’autre côté de la barrière, rien ne s’arrête vraiment ? 
MK — Je ne sais pas. Ce que je pense, c’est qu’on ne meurt pas, dans la mesure où ce que l’on a transmis durant notre vie reste. Mon grand-père, par exemple, continue à vivre à travers moi par tout ce qu’il m’a apporté de beau et de fort.

Votre vision de la mort a changé après le film ?
MK — Oui peut-être… Parce que Selma (NDLR : Gisèle Casadesus) leur transmet une certaine douceur, un apaisement… Une façon d’aimer aussi. Elle donne beaucoup. Elle a depuis longtemps arrêté d’être égoïste. 

Gisèle Casadesus interprète le rôle d’une vieille dame qui tire les cartes et manipule le pendule. Croyez-vous en la voyance ? 
MK — Je pense que certaines personnes ressentent réellement des choses mais qu’il faut rester très prudent car il y a pas mal de charlatans.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans votre rencontre avec Gisèle Casadesus, doyenne du cinéma français puisqu’elle  vient de fêter ses 99 ans ? 
MK — Sa sagesse sur la vie, son humour permanent sur les choses de la vie y compris la sexualité ! La façon dont elle regarde aussi. Il n’y a aucune frustration, ni colère, ni mépris sur son visage. Je désire profondément grandir, vieillir de cette manière-là. Je veux retenir ça. Les personnes âgées sont souvent marquées d’une manière pas très jolie. Elle, elle porte l’amour en elle. 

Parlez-nous de vos projets, des tournages en vue ? 
MK — Oui, des projets de longs métrages… Tout est là, mais il faut que ça se concrétise. J’écris aussi un court-métrage que j’aimerais réaliser moi-même.

 

Bio Express

15 avril 1982 — naissance de Marie Kremer à Uccle

2001 — début des cours de comédienne à l’Insas

Juin 2012 — Marie reçoit le prix Suzanne Bianchetti (SACD)

Juin 2012 — l’actrice se marie

 

Filmographie (sélective)

Cinéma
J’ai toujours voulu être une sainte (2002)
Saint-Jacques… La Mecque (2003)
Les Toits de Paris (2006)
Dikkenek (2006)
Soeur Sourire (2008)
Au cul du loup (2011)
Louise Wimmer (2012)
Chez nous c’est trois ! (2012)

Télévision
L’Arche de Babel (2007)
Chez Maupassant, saison 1 (2007)
Un Village français, saison 1 à 5 (2008-2013)
La Solitude du pouvoir (2011)

Videos

Dix chefs personnifient actuellement la Wallonie dans ce qu’elle a de mieux au niveau culinaire, la Génération W. Parmi eux, Maxime Collard et Pierre Résimont. Entre leurs mains et dans leurs casseroles, c’est la sublimation du terroir wallon !

Maxime Collard

Né à Paliseul le 24 Mars 1984 d'une famille d'enseignant
École hôtellière de Libramont
Stage aux Forges du Pont d'Oye (Habay-la-Neuve)
Formation au Karmeliet (Bruges - 3* Michelin)
Ouverture en 2009 de la Table de Maxime (Our)
Novembre 2010 : une étoile au Guide Michelin

Pierre Résimond

Né à Mettet le 12 Mai 1965 de parents banchisseurs
École hôtellière de Namur
Formation chez Michel Guérard, Eric Lekeux et en France
Ouverture en 1990 de l'Eau Vive
Décembre 1994 : une étoile au Guide Michelin
Novembre 2010 : Deux étoiles au Guide Michelin


MAXIME 
COLLARD Le goût discret

Paliseul est une charmante commune rurale du sud du Luxembourg belge, entre bois, prés et habitat, le tout dans un cadre rustique à souhait, où règnent le calme et la sérénité. C’est là que Maxime Collard est né le 24 mars 1984 d’une famille d’enseignants. Il fréquente d’abord l’école primaire d’Opont, un hameau tout proche, avant de partir vers Bertrix et entrer à l’École hôtelière de Libramont. Une institution réputée pour la rigueur de son enseignement et la formation des restaurateurs, où le futur chef apprend les bases de son métier. Cela lui permet d’ouvrir sa propre maison, La Table de Maxime, vite reconnue et fréquentée par les gourmets.

Tout jeune, Maxime lorgne avec envie les fourneaux de sa maman et de sa grand-mère. Ses parents se rendent vite compte que la voie professionnelle est tracée. On l’encourage à poursuivre dans ce qui devient rapidement une passion. Il fait ses classes aux Forges du Pont d’Oye (Habay-la-Neuve) et chez le triple étoilé, Karmeliet de Bruges, pendant cinq ans, où il se confronte aux exigences du chef Van Hecke.

Maxime Collard est passionné par son métier. Il admire Michel Bras, un des grands chefs français dont il apprécie par-dessus tout les ouvrages de référence. Notre chef ardennais sait gérer son équipe (cinq à six personnes) et accepte volontiers les remarques de ses collaborateurs et de ses clients dans un but ultime de perfectionnement. Il aime que tout se déroule bien dans un climat convivial pour pouvoir offrir à sa fidèle clientèle la crème de son art.

Il aimerait vivre en Provence, mais il reste profondément amoureux de son pays, et surtout, des produits du terroir local. La boucherie Poncelet l’approvisionne en viandes et gibiers, tandis que Daniel Leblond est son fournisseur attitré de légumes, sans oublier les services d’attentifs producteurs locaux. Il suggère toujours aux nouveaux arrivants dans sa cuisine de faire connaissance avec les collègues et d’apprendre à goûter de façon juste et critique si nécessaire. Sa belle et méritée étoile Michelin lui a apporté de la fierté, mais aussi la nécessité de ne jamais décevoir, une constante remise en question…

C’est donc à Our que Maxime Collard peut s’installer dans une ancienne bâtisse villageoise élégamment transformée. La salle à manger s’ouvre sur la nature verdoyante qui pénètre par une lumineuse terrasse dans le restaurant. Six chambres hyperconfortables sont à disposition pour une nuit sereine. Mieux vaut rejoindre Morphée que la rubrique des faits divers.

Le Pré Maho

Exaltant avec brio la noblesse du bois, la Fabrique du Pré Maho offre le confort et le raf finement modernes de ses quatre chambres grand luxe à proximité du restaurant. Sans oublier de signaler la construction prochaine des Jardins de Maxime : quatre chambres prolongées d’espaces verts et d’une brasserie.

L’entrepreneur Thomas & Piron, l’entrepreneur dont le siège se trouve dans le même village, a apporté son savoir-faire habituel dans l’édification des divers endroits. Louis-Marie Piron, le patron, est un gastronome passionné. Il allie ses goûts et ses connaissances en matière de plaisirs de la table à ses compétences de bâtisseur en devenant le porteur des murs et en apportant à la région un important dynamisme dont les retombées sont multiples… et bienvenues.

Aux fourneaux, le jeune chef multiplie inventions et créations très personnelles mettant à l’honneur des beaux produits dont le terroir n’est jamais absent. Formes, couleurs, goûts, assemblages : un fabuleux et séduisant quatuor. Une équipe jeune et enthousiaste vous accueille pour des moments de pur bonheur gastronomique. Le lunch de midi est proposé en trois services (32 €). Le menu de saison déploie ses charmes en quatre, cinq ou six services (40 €, 50 € et 65 €). Celui consacré à la chasse se concrétise en mousse de ramier, filet de plie et anguille fumée, écrevisses au jambon d’Ardenne… Le chevreuil s’escorte de mûres, champignons et d’une délicate sauce à la Rochefort, pour se terminer, en apothéose, avec une figue rôtie.

RENSEIGNEMENTS

La table de maxime
Our, 23
B-6852 Our (Paliseul)
+32 (0)61 23 95 10
www.tabledemaxime.be

PIERRE RÉSIMONT L’énergie des saveurs

C’est dans un petit moulin du XVIIe siècle, le long de la rivière Burnot, à Arbre, que Pierre et Anne Résimont ont établi leur restaurant l’Eau Vive, en bordure des bois. Le salon, au mobilier résolument contemporain, se pare de brun et de rouge, délicate et étonnante harmonie de couleurs et de matières. Voilà une ambiance aussi confortable que conviviale pour l’apéritif, le digestif ou le café. Anne vient prendre votre commande en soulignant et expliquant les spécialités du chef avant de vous inviter dans la verrière avec vue sur la jolie terrasse, prolongée par une bruissante cascade. Sur réservation, le chef peut vous inviter aussi à prendre place à la table d’hôte où vous serez en contact direct avec la cuisine et pourrez ainsi suivre le déroulement des préparatifs de votre repas tout en admirant les nouveaux équipements mis à la disposition des cuisiniers.

Comme le souligne Pierre, sa « cuisine est un voyage vers une certaine émotion, équilibre alliant le croquant, l’acidité et le gras, une constante évolution dans le respect permanent des produits ». Le chef est un perfectionniste mêlant vivacité et invention dans un feu d’artifice de saveurs très personnelles, déclinant le terroir local dans un registre très astucieux. Inventive à souhait, la cuisine ne recule devant aucun accord audacieux et puissant. Le « menu découverte » déroule ses six services dans un défilé de petits trésors à frémir de joie. Les huîtres Gillardeau sont servies tièdes avec bettes, tomates et lomo. Le filet de sole s’enroule de crevettes grises délicatement rehaussées par du yuzu. Une belle tranche de foie gras, parfaitement cuite, se complète de figues et citrons sur pain d’épices. La délicate selle de chevreuil est escortée par des poires et des betteraves. Vous avez le choix entre un vaste et odorant plateau de fromages ou un sorbet. Le dessert est une subtile déclinaison combinant caramel, pommes et citrons. D’autant plus appréciable que le service féminin se révèle aussi gracieux qu’efficace.

Le chef est un perfectionniste mêlant vivacité et invention dans un feu d’artifice de saveurs très personnelles, déclinant le terroir local dans un registre très astucieux.


Pierre Résimont est né le 12 mai 1965 dans une famille de blanchisseurs qui a vite compris la vocation du jeune homme en le guidant vers l’École hôtelière de Namur. Enfant, il admirait le travail de sa grand-mère et de sa mère aux fourneaux : pains, tartes, cailles, rognons n’avaient pas de secrets pour elles. Après un parcours de compagnonnage dans des établissements prestigieux et auprès de chefs renommés où il apprit les bases de son métier, il ouvre l’Eau Vive en 1990 et obtient en 1994 sa première étoile Michelin. La deuxième lui est accordée en 2010. Anne et lui ont adopté deux enfants. On ne parle pas encore de reprise du restaurant par les enfants, mais l’intérêt est bien réel !

Bien qu’homme très rigoureux dans ses démarches professionnelles, Pierre est toujours à l’écoute des remarques formulées par son épouse, mais aussi par son personnel, sans omettre l’une ou l’autre suggestion d’un client avisé. Pour lui, un cuisinier doit être ouvert au monde extérieur et ne pas être cachottier. Il faut laisser les expériences s’échanger, il n’est lui-même jamais avare de conseils. Il recommande le calme dans son environnement de tous les jours pour parvenir au but final, la satisfaction du client. Alain Ducasse est le chef qui l’a inspiré au travers de ses écrits et de sa façon de mener son entreprise ; Pierre aime se recycler à son contact. Le plat qu’il préfère est simplement les boulettes sauce tomates avec des frites et une vraie mayonnaise, mais ne lui parlez pas de couscous. Il verrait bien Sophie Marceau s’asseoir dans son restaurant en compagnie d’Astérix ! Sa pince en inox et sa fourchette à deux dents sont ses instruments privilégiés. Pour lui, la convivialité de ses amis est un  mode de vie important avec des irremplaçables moments de rire et de bonne humeur. Il aimerait vivre au Québec où les gens lui semblent extraordinaires.

Signalons que le restaurant se complète d’un espace Medissey qui se trouve à cinq minutes, dans un environnement calme et serein, où la fluidité des lignes et des volumes s’harmonise avec la lumière. Par ailleurs, le Comptoir de l’Eau Vive est établi depuis un an près de Namur, à Erpent, où l’on vous sert des plats de brasserie à déguster à table ou au comptoir dans une ambiance décontractée.

RENSEIGNEMENTS

L'eau vive

Route de Floreffe, 37
B-5170 Arbre (Profondville)
+32 (0) 81 41 11 51
www.eau-vive.be
Fermé samedi midi, mardi et mercredi

Génération W

La valorisation de la Wallonie passe par son patrimoine gastronomique 

Dix ! Ils sont dix chefs emblématiques des quatre régions de la Wallonie à s’unir dans un collectif dont l’objectif est de témoigner des valeurs de la gastronomie en terre wallonne. Une reconnaissance qui entend dépasser les frontières du pays. Ce collectif rassemble des chefs, des entrepreneurs-restaurateurs, des créateurs d’émotions gustatives qui ont en commun la volonté de montrer le vrai visage et la grandeur de notre patrimoine gastronomique. Des cuisiniers modernes, avec de la personnalité, du dynamisme et de la conviction, qui bougent et transmettent l’image créatrice de la Wallonie. Le mouvement Génération W a pour objectif de promouvoir, par l’intermédiaire de la gastronomie et la créativité de ses chefs emblématiques, notre région et, par conséquent, des artistes et artisans, liés de près ou de loin au plaisir de la table en tant que patrimoine. Il a également pour but de valoriser les produits du terroir et leurs producteurs grâce au savoir-faire acquis par ses membres et de permettre le rayonnement de la gastronomie et du terroir wallons sur le plan national et international. Tout restaurateur qui souhaite poser sa candidature au groupement doit répondre aux critères repris dans une charte. Ce projet ambitieux compte bien avoir le retentissement suffisant pour passer à la vitesse supérieure et créer ainsi une vivacité dont un premier acte est la publication d’un livre de portraits – chefs, mais aussi producteurs – et de recettes. La présence de Génération W au salon Horecatel de Marche, en mars 2014, est d’ores et déjà programmée. Un moyen pour se faire connaître et d’apporter un souffle nouveau aux concours organisés. 

La piste aux étoiles

Des chefs passionnés, qui ont de la personnalité et des convictions, inscrites dans le tissu économique de leur région, générateurs d’emplois et sources d’apprentissage de leur fabuleux métier. Maxime Collard (Table de Maxime, à Our), Sang Hoon Degeimbre (Air du Temps, à Liernu), Mario Elias (Cor de Chasse, à Wéris), Éric Martin (Lemonnier, à Lavaux-Sainte-Anne), Arabelle Meirlaen (Arabelle Meirlaen, à Marchin), Christophe Pauly (Coq aux Champs, à Soheit-Tinlot), Clément Petitjean (Grappe d’Or, à Torgny), Pierre Résimont (Eau Vive, à Arbre), Jean-Baptiste Thomaes (Château du Mylord, à Ellezelles), Laury Zioui (Éveil des Sens, à Montigny-le-Tilleul).

 

Le charme du vin

Si le métier de sommelier fut souvent la chasse gardée des hommes, on constate, avec bonheur, l’apparition de jeunes dames dans l’exercice de ce métier. À l’Eau Vive, Anouk Fransolet ravit par son talent et son sens inné de bien servir et renseigner. Il faut dire que Pierre Résimont lui laisse carte blanche pour découvrir et surtout faire découvrir. Anouk aime travailler avec quelqu’un, et non pour quelqu’un. Elle a ainsi trouvé la connivence parfaite avec le chef. Elle a exercé son sens de la convivialité et de la recherche au Darville, à Wierde, avant de rejoindre l’équipe de Pierre Résimont il y a presque deux ans. « Le Fouet d’Or » de la meilleure sommelière du Guide Le Vif est bien mérité. La Table de Maxime dispose avec Anissa Body d’un atout de charme. Âgée d’à peine vingt ans, elle est issue de l’École hôtelière de Namur et de son exigeante septième année de spécialisation oenologique (Bravo, Monsieur Cornet). Avec deux autres filles de sa classe, elle a remporté le concours de Val de Loire. Depuis six mois, elle a intégré l’équipe de Maxime où elle fait déjà preuve de convaincantes qualités en matière de conseils aux clients pour trouver le meilleur équilibre avec les préparations du chef, le tout ponctué d’autant de sourires que d’enthousiasme.

 

Horecatel et son Palais Gastronomie

Du dimanche 9 au mercredi 12 mars 2014, Horecatel est le lieu de rendez-vous stratégique où se déclinent, sur 23 500 m² de vitrines gourmandes, toutes les tendances qui marqueront la nouvelle saison. Chaque année, quelque 350 sociétés choisissent ce salon pour y présenter leurs produits et fournitures aux 40 000 visiteurs professionnels du monde de l’Horeca, des collectivités, de la restauration hors foyer et de la gastronomie, venus de toute la Belgique et des pays frontaliers. Les associations professionnelles et les représentants officiels du secteur s’y retrouvent pour débattre, lors des tables rondes, des séminaires et autres rencontres informelles, des enjeux de la profession. Des chefs, jeunes et confirmés, des gastronomes, des experts viennent y partager, le temps d’un concours, d’une démonstration, d’une session culinaire, leurs talents et leurs passions auprès d’un public averti et toujours curieux. Depuis son ouverture il y a deux ans, l’attrait pour le Palais Gastronomie ne cesse de croître ! Ce nouvel espace se positionne comme un rendez-vous d’excellence pour les chefs, leurs fournisseurs et leurs producteurs ! Pour porter haut les valeurs de la gastronomie, les organisateurs ont confié la veste d’Ambassadeur 2014 au chef étoilé Éric Martin, du restaurant Lemonnier, à Lavaux-Sainte-Anne. 

Renseignements

Horecatel
Wallonie Expo Parc d’activités du Wex
Rue des Deux Provinces, 1
B-6900 Marche-en-Famenne
9 au 12 mars 2014 (de 11 à 19 heures). 
Réservé aux professionnels
[email protected]
www.horecatel.be

 

Saveurs de nos Régions

Bienvenue dans Saveurs de nos Régions. C’est la septième année de cette infolettre envoyée mensuellement à plus de 37 000 contacts, amateurs de restaurants, maisons de bouche, produits du terroir et des plaisirs de la table en général. Le rayonnement géographique est vaste : du Pays de Liège à la Wallonie avec des extensions sur la Belgique et plus loin… Liège n’est pas (encore !) le centre du monde des saveurs.

Cette infolettre est rédigée par une équipe de spécialistes sous la conduite de notre collaborateur Guy Delville dont vous pouvez régulièrement lire les écrits dans WAW Wallonie Magazine. Chroniqueur gastronomique depuis plus de vingt-cinq ans, il n’a pas son pareil pour vous dénicher les belles adresses et vous guider, sourire aux lèvres, dans vos recherches de bonnes tables. Cette lettre aborde, avec autant de bonheur que de compétence, tous les aspects du bien manger, bien boire et bien recevoir en suggérant des produits nouveaux, des endroits insolites et méconnus, pour partir à la découverte des richesses et des spécificités de nos régions. Sont signalées les ouvertures de nouveaux établissements et les manifestations relatives aux plaisirs de la bouche. Quelques balades gourmandes vous entraînent, avec bonne humeur, dans les arcanes de la découverte. On analyse une vaste sélection d’ouvrages à savourer, les yeux bien ouverts, pour connaître des recettes inédites qui feront le bonheur de votre entourage. Les produits du terroir sont toujours à l’ordre du jour : un florilège de bonnes surprises ! Sans oublier les indispensables coups de gueule mettant en valeur les errements farfelus et dérives incompréhensibles de certains.

Suivant l’humeur, toujours avec humour, on vous entraîne dans des enquêtes auxquelles le Commissaire Magret aurait aimé participer. Aidé des fidèles G. Loeil et Lebon, gastronomie et oenologie sont toujours au rendez-vous au gré des évènements, au hasard des encontres. Guy Delville mange, goûte, relate, déguste, croque, grignote, teste, compare, décrit, savoure à longueur d’année en épicurien et en hédoniste.

Saveurs de nos Régions, un site à visiter ! L’abonnement à l’infolettre est gratuit ! Les avis, commentaires et même les critiques sont toujours les bienvenus afin d’améliorer cette conviviale et amicale lettre mensuelle. Sans préjugés. Sans tabous. En parfaite et totale autonomie.

Renseignements 

www.saveurs-regions.be

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Nommée « Artiste complice » de Mons 2015, la plasticienne française Fanny Bouyagui a reçu pour mission dans le cadre de Mons, Capitale européenne de la Culture, de « corrompre la jeunesse » !

Dans les communications liées à Mons 2015, il n’est pas rare de lire, associé au nom de Fanny Bouyagui, le terme de « prêtresse ». C’est vrai que Fanny a des airs de gourou féminin : grande, forte, tatouée, son look attire irrémédiablement l’attention, mais c’est bien sa personnalité et son talent qui la conserve, cette attention du public.

À 54 ans, et après déjà trois décennies de travail, la Roubaisienne a derrière elle, et plus que probablement devant également, un long et riche parcours où se mèle une multitude d’arts et de styles. Pour généraliser, voire simplifier, disons que Fanny Bouyagui est une plasticienne. Le terme est cependant un peu réducteur quand on constate la diversité des domaines dans lesquels l’artiste a apposé sa patte au fil des années : défilés de mode, installations multimédias, spectacles vivants, expositions, etc.

Spectacles inattendus

À la base, Fanny est… couturière. Elle a en effet obtenu un CAP de couture avant d’entrer dans ce qui s’appelle désormais l’École Supérieure d’Art du Nord-Pas-de-Calais Dunkerque-Tourcoing. En 1991, elle fonde son association, Art Point M, dont elle devient la directrice artistique et qu’elle installe dans un ancien entrepôt de tissus de Roubaix. Avec ses collaborateurs, au nombre de sept à l’heure actuelle (sans compter les six personnes de l’équipe technique), Fanny a monté de nombreux projets artistiques, spectacles, performances, évènements… Parmi ses « grosses » productions, on peut citer sa participation à Maubeuge en 1998 au festival Les Inattendus, l’un des premiers festivals des arts de la rue, créé par Didier Fusillier, directeur du Manège de Maubeuge et qui unira sa programmation et sa communication avec le Manège de Mons dès 2002. Les liens avec Mons sont donc déjà bien présents.

Fanny expérimente les rapports entre le spectateur et l’acteur, elle fomente des recherches vers des univers surprenants et décalés.


Pour en revenir plus directement à Fanny et à Art Point M, les rencontres et les projets se suivent. 1999 marque la création du spectacle multimédia Quelques Gens de Plus ou de Moins suite à la rencontre avec Didier Thibaut, directeur de La Rose des vents, scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq. Dans ce spectacle, il s’agissait pour les spectateurs d’être dans un face-à-face seul avec un comédien jouant une situation particulière et généralement troublante ou émouvante – une chanteuse de cabaret, une strip-teaseuse, une femme léopard... – , dans le monde clos d’une caisse en bois pour laisser le visiteur aux prises de ses désirs, de ses an-goisses, de ses vérités et de ses mensonges. C’est bien le style de Fanny Bouyagui : interroger, interpeller, choquer… mais jamais gratuitement. Fanny expérimente les rapports entre le spectateur et l’acteur, elle fomente des recherches vers des univers surprenants et décalés. Le tout en utilisant bien entendu son expérience dans la mode dont elle se sert comme d’un support.

En 2001, elle imagine I have a dream, avec l’aide de Jean Blaise. Ici, la directrice d’Art Point M faisait baigner le spectateur dans un environnement entièrement blanc avec un mélange de vidéos et de sons électroniques. Derrière des vitres, des femmes se faisaient lentement transformer en mannequin, donnant l’impression d’être à la fois des figures de podium, mais aussi des prostituées. Le spectateur est voyeur et participant. Une manière pour Fanny Bouyagui de dénoncer les excès du paraître et la dictature de la beauté. « Je travaille beaucoup sur les corps et sur le thème de la standardisation, sur le corps de la femme surtout, je traite aussi régulièrement du thème de la nourriture, de la dictature du maigre, des angoisses face aux canons imposés par la société. »

La musique est aussi une part importante du travail de Fanny. Aux débuts des années 2000, elle élabore le Laboratoire Factory, club électronique éphémère pensé pour Lille 2004, Capitale européenne de la Culture. Dans sa lignée, naît le N.A.M.E. festival (pour Nord Art Musique Electronique) qui fêtait sa 10e édition en septembre 2014.

Art Point M est également à l’origine du projet «La Braderie de l’Art», à Roubaix, née en 1991 : pendant 24h, des artistes et designers créent des oeuvres en public à partir d’objets et matériaux de récupération.
www.labraderiedelart.com


Mais Fanny, c’est aussi Violences commerciales pour la 25e heure au Festival d’Avignon de 2005, les chambres de l’Hôtel Europa à la Gare Saint-Sauveur de Lille en 2009, 2010 et 2011, sa collaboration avec Lille 3000 et notamment la parade d’ouverture aux côtés de Jean- Charles de Castelbajac. Fanny, c’est également « NAINPORTEKOI », la plus grande opération mondiale de customisation de nains de jardins. Bref, Fanny, justement, ce n’est pas « n’importe qui ». D’ailleurs, pour toutes ces créations traitées de manière non exhaustive ci-dessus, l’artiste s’est vue élevée au rang de Chevalier de la Légion d’honneur en septembre 2013.

Fanny et Mons 2015

Rôdée aux grands évènements, et en bonne connaisseuse du Hainaut, Fanny Bouyagui a été invitée directement par Yves Vasseur à apposer sa touche si spéciale sur Mons 2015. Ce qu’on lui a demandé : inspirer la nouvelle génération pour la conduire vers 2016. Sur les cinq projets qu’elle a proposés, trois ont finalement été retenus. Elle sera ambassadrice de lille3000 à la Maison Folie, horticultrice de Tournesols à la Grand-Place de Mons… et commandante en chef de la grande manifestation poétique de « Mon(s) Idéal ».

Pour la soirée d’ouverture du 24 janvier, on la retrouvera donc à la Maison Folie où elle aura conçu un parcours à sa sauce. « Le public suivra un parcours dans tout l’établissement. D’abord dans la cour où les passants seront invités à déposer leurs messages sur des rubans que nous pendrons aux arbres. Il y aura 2015 bougies, un univers fait de miroirs, des performances, de la musique. Au 1er étage, les visiteurs rencontreront Peau d’âne puis une exposition de photos contemporaines et une série de personnages délirants les mèneront vers la sortie », explique-t-elle. « Pour l’Ailleurs en Folie Lille, j’ai prévu un défilé mêlant l’art et la mode, mais aussi des cours de cuisine pour les enfants. Ceux-ci prépareront le dîner de leurs parents pour le soir. J’organise aussi un repas avec des chefs lillois. Le plasticien Mimi le clown posera ses collages sur les murs », continue-t-elle.

Fanny Bouyagui se transforme en horticultrice pour organiser l’installation d’un labyrinthe géant fait de 15 000 tournesols sur la Grand-Place de Mons. Accessible pendant 10 jours en juillet 2015.

 

Et ce n’est pas tout. La plasticienne se transforme donc en horticultrice pour organiser l’installation d’un labyrinthe géant fait de 15 000 tournesols (100 m de long et 30 m de large) sur la Grand-Place de Mons. Accessible pendant dix jours en juillet 2015. « Je travaille sur ce projet depuis deux ans. Je n’y connaissais rien, mais maintenant j’en connais un bout sur les différentes variétés de tournesols, grâce à l’aide d’horticulteurs de la région. »

Le dernier de ses projets estampillé Mons 2015 consistera en une grande manifestation, «Mon(s) Idéal». « Cela bouclera l’année. C’est un passage vers l’après Mons 2015. J’inviterai la jeunesse de Mons à défiler avec des banderoles, des slogans bien trempés à travers lesquels ils communiqueront leurs souhaits, leur vision de l’avenir, leurs attentes. Il y aura aussi un défilé de mode, une parade sur le monde et les grands hommes, toutes époques confondues. »

Il a suffi d’un film et d’une Palme d’or pour que la jeune actrice wallonne entre dans la grande famille du cinéma.

En entrant dans la peau de Sonia, la jeune mère « désenfantée » de L’Enfant de Jean-Pierre et Luc Dardenne, Déborah François a compris que le plateau serait sa vie. La jeune femme s’installe alors à Paris et enchaîne les rôles. À l’écran, elle est tour à tour tourneuse de pages, résistante, journaliste, une femme qui cache ses pouvoirs sataniques sous une bure de moine, caissière de supermarché ou dactylo.

Depuis les bords de Seine, elle n’oublie jamais les bords de Meuse, revenant autant qu’elle le peut dans sa ville natale pour s’y ressourcer entre deux tournages. Aujourd’hui, elle nous donne rendez-vous à l’hôtel du Berger à Bruxelles, un ancien hôtel de rencontre, devenu un hôtel au charme fou. Toutes les chambres sont différentes et portent des prénoms féminins. Déborah nous attend chambre 406, celle qui porte le doux nom de « Manon ».

Vous vivez entre Paris et Liège. Celle-ci vous apparaîtelle différemment depuis la ville lumière ?
D.F. — C’est vrai que la distance change le regard. Liège reste ma ville natale, elle est toujours ancrée dans mon esprit par mes souvenirs, ma famille et les amis d’enfance. Je n’y travaille pas, donc quand j’y suis, ce sont des vacances, c’est mon recul. Je n’ai pas pu y retourner énormément cette année, mais dès que c’est possible, je m’y rends.

Quand vous redevenez liégeoise, quels sont les endroits que vous appréciez ?
D.F. — Je vais beaucoup au cinéma Sauvenière. Ils passent de très bons films. C’est étonnant le nombre de films qu’on peut voir à Liège par rapport à d’autres villes en Belgique. J’y vais chaque fois avec mes proches, sinon je retourne aux endroits où on allait quand on était plus jeunes, et notamment dans le Carré. Je rends beaucoup visite à mes amis et je les fais venir chez moi aussi. Je préfère passer du temps juste avec eux plutôt que de me balader.

Les lieux de tournage de L’Enfant restent-ils particuliers pour vous ?
D.F.
— Je ne vais jamais à Seraing, ce n’est pas l’endroit qu’on a envie de visiter en premier sauf si on n’a jamais vu les films des frères Dardenne (rires). D’autant plus que je n’y connais personne. Je n’y passe pratiquement jamais sauf en bord de Meuse et là, j’y pense à chaque fois.

Vous êtes en ce moment entre deux tournages, est-ce une période que vous appréciez ?
D.F.
— Non. En général, les comédiens n’aiment pas ne pas travailler. Même si je fais d’autres choses, je considère que l’essentiel de mon travail, ce sont les tournages. Après, il faut finir les films, faire de la post synchro, des interviews et puis des castings. Tout cela est pour moi secondaire par rapport à mon métier qui est de jouer, d’être soit sur une scène, soit sur un plateau de cinéma. C’est sûr que ce n’est jamais très marrant d’être inactive mais, en même temps, on ne peut pas tourner tout le temps. C’est tellement intense. On serait complètement épuisé.

« Je vais beaucoup au cinéma Sauvenière. Ils passent de très bons films. C’est étonnant le nombre de films qu’on peut voir à Liège par rapport à d’autres villes en Belgique. »

 

Pouvez-vous vous satisfaire de ce qu’on vous propose ou avez-vous parfois envie d’autres genres de rôles ?
D.F.
— On a toujours envie d’aller chercher les trucs qu’on n’a pas encore fait. Je ne me plains pas pour autant parce que je reçois des propositions tous les mois. Je ne suis pas en manque de travail, même si je n’ai pas forcément envie de faire tout ce qu’on me propose. J’essaie de faire des choses qui ne soient pas trop proches de ce que j’ai déjà fait avant. J’aimerais refaire une comédie ou un film d’action. Ce qui n’est pas facile parce qu’on tourne très peu de films d’action en France. Et quand il y en a, ce sont souvent de rôles de garçons.

C’est un plaisir de spectatrice qui vous attire dans ce genre de films ?
D.F.
— Oui. Il y a cette envie de me retrouver dans une scène où je me fais tirer dessus, où il y a une poursuite en voiture. J’ai envie de faire des choses qui sortent de l’ordinaire : courir dans un couloir de métro, faire des pirouettes, apprendre à me battre au sabre ou à manipuler une arme à feu. Dans un film d’action, j’apprendrai forcément quelque chose. Et puis j’adore les scènes spectaculaires.

Aimez-vous vous voir à l’écran ? 
D.F. — Je ne déteste pas ça. Sinon, je ne ferais pas ce métier. En règle générale, je suis assez critique vis-à-vis de moimême. J’aime bien me voir faire des choses que je ne ferais pas dans la vie, comme sauter d’un avion. J’aime bien aussi l’envers du décor, tout ce qu’on met en place pour créer une scène spectaculaire et faire vivre des émotions aux gens. Au cinéma, on peut tout se permettre, on peut bloquer des rues. Pour Populaire, par exemple, on a fermé le Pont d’Iéna. C’est bête, mais j’adore voir cette scène parce que je me rappelle comment on l’a tournée. Ce qui me titille, ce n’est pas vraiment de me voir, c’est plutôt de revivre la situation. Sinon, pour ce qui est de moi, il y a des moments où je trouve que ça va, d’autres où bon...

Avez-vous aujourd’hui le sentiment d’être meilleure actrice qu’il y a dix ans ?
D.F.
— Ça dépend sans doute du film. Je ne sais pas si je joue mieux, mais je le vis mieux, beaucoup mieux. Je pense forcément que si je suis plus sereine, je dois être meilleure.

Avez-vous moins le trac ?
D.F.
— Non, c’est plutôt que je ressens moins de pression. Avant, j’avais un enjeu sur les épaules qui parfois était très lourd, une pression que je m’imposais toute seule d’ailleurs. Maintenant je le prends avec plus de sérénité. Je ne suis pas chirurgienne ou pilote d’avion, je n’ai pas la vie de gens entre mes mains. Au pire du pire, je serai mauvaise dans le film. Je n’ai évidemment pas envie que ça arrive mais je n’ai pas la responsabilité d’une vie. Ce n’est que du cinéma.

BIO-EXPRESS

1987   Naissance à Liège le 24 mai.

2000  Fréquente les cours de l’Académie Grétry, à Liège.

2006  Nomination au César du meilleur espoir féminin pour L’Enfant.

2007  Nomination au César du meilleur espoir féminin pour La Tourneuse de pages.

2008  Nomination au César du meilleur espoir féminin pour Les femmes de l’ombre.

2009  César du meilleur espoir féminin pour Le premier jour du reste de ta vie.

2011  Prix d’interprétation féminine au Festival de Sarlat pour Les Tribulations d’une caissière.

2013  Nomination au Magritte du cinéma de la meilleure actrice pour Les Tribulations d’une caissière.

 

Vous sentez-vous aussi plus légitime dans le monde du cinéma ?
D.F.
— Oui, j’ai sans doute moins besoin de dire que je suis là et que j’ai le droit d’être là. Je ne me pose plus trop la question. J’ai aussi compris que les autres ne se la posaient pas.

Quand vous allez au cinéma, regardez-vous les films en spectatrice ou en actrice ?
D.F.
— Les deux. Si c’est vraiment un super film et que je m’y laisse prendre, je suis complètement spectatrice. Maintenant que je suis actrice, j’ai une grille de lecture que je n’avais peut-être pas avant. Je suis devenue plus exigeante avec le cinéma que je regarde aujourd’hui. Je vais remarquer si l’image est moche, si le rythme ne tient pas. Ça peut me sortir du film. Quand je vois quelque chose qui ne va pas, je redeviens une actrice. Je me dis : « Ah tiens, ils n’auraient pas dû faire ça. Je n’aurais pas mis la lumière là. Je n’aurais pas dirigé cet acteur comme ça. » Ce sont presque toujours des questions techniques. Sinon, j’essaie vraiment de me laisser prendre et de me laisser porter par le film.

Vous avez tourné à Londres un film en anglais, Unmade Beds. Était-ce une belle expérience ? D.F. — C’était super. J’ai adoré. J’adore Londres. C’était vraiment un de mes meilleurs tournages avec une équipe très jeune et un super réalisateur. Cela m’a permis d’avoir un agent là-bas. Du coup, je fais de temps en temps des castings sur place ou en envoyant des essais enregistrés.

Serait-ce un drame pour vous de ne plus tourner ?
D.F.
— Je ferais autre chose, mais je pense que j’aurais le coeur brisé. Je ferais autre chose parce qu’à un moment, il faut avancer. Je n’ai pas de diplôme. Que voulez-vous que je fasse ? (elle éclate de rire)

Il y en a d’autres qui sont arrivés à de belles choses sans diplôme.
D.F.
— Ils ne font pas grand-chose en ce moment, ceux qui n’ont pas de diplôme à Liège... C’est extrêmement difficile.

Ce ne doit pas nécessairement être à Liège.
D.F.
— Si je n’étais pas actrice, est-ce que je resterais à Paris ? Je ne sais pas.

HOTEL LE BERGER 

Projet de l’architecte Gabriel Duhoux, l’Hôtel Le Berger, situé près de la Porte de Namur, à Bruxelles, a ouvert ses portes en 1933. Véritable institution, il fut au départ conçu comme un lieu de « rendez-vous » galants et de réunions clandestines en tout genre. Son agencement particulier et sa décoration art déco kitsch, propice à la discrétion et à la luxure, ont été conservés lors de sa rénovation en 2012 : ascenseur double, salles de bains ouvertes, miroir bordant les baignoires, etc. Aujourd’hui, l’Hôtel, désormais « sage », compte 66 chambres, un restaurant et un bar dont les alcôves constituent un malicieux clin d’oeil au passé.
Empreint d’une atmosphère incontournable d’intrigues et d’érotisme, l’endroit est particulièrement recherché comme cadre pour photographies de mode et comme lieu de tournage.

Renseignements 
Hôtel Le Berger : Rue du Berger, 24 - B-1050 Bruxelles
[email protected]http://lebergerhotel.be

 

Dans Populaire, vous étiez radieuse et pétillante. La comédie vous va bien mais vous n’en avez pas tourné tellement. Il y a eu Fais-moi plaisir, d’Emmanuel Mouret et Les tribulations d’une caissière. Pensez-vous que vos débuts avec les Dardenne vous ont marquée dans un certain type de cinéma ? D.F. — Forcément L’Enfant a marqué. Heureusement pour moi parce que sinon je ne serais sans doute pas là en train de vous parler. Comme le film a marqué, les gens pensent à vous plus pour ce genre de films que pour d’autres. Mais je suis très contente. J’ai fait Populaire, donc je n’ai plus rien à prouver pour ce qui est des comédies. Si les frères Dardenne veulent écrire une comédie et qu’ils ont la gentillesse de me la proposer, je serais ravie. Ce serait drôle.

On est dans un ancien hôtel de rendez-vous, lieu propice aux histoires. Ce genre de lieux vous évoquent-ils parfois des histoires, quand vous êtes seule dans un hôtel pour un tournage, par exemple ?
D.F.
— Les lieux me parlent quand il s’agit de films d’époque. Quand on arrive et qu’on voit les décors et les costumes, je suis toute excitée. J’adore les coiffures et les effets. Pour tout ça, je suis vraiment restée une petite fille. Tout ce qui fait que le cinéma est le cinéma. Dans ces circonstances, c’est sûr que je me raconte des choses. Je chante, j’ai ma musique. Sinon pour me raconter des histoires, je n’ai pas besoin d’être sur un tournage. J’aime bien être toute seule. Je n’ai pas besoin d’être tout le temps entourée et d’avoir des amis autour de moi. Au contraire, ça me fait du bien de penser au calme. Du coup, j’ai du temps pour me raconter des histoires. Pour entretenir une vie intérieure très imaginative...

Si vous rencontriez la petite fille que vous étiez à 10 ans, qu’auriez-vous envie de lui dire ?
D.F. — T’inquiète pas, ça va bien se passer.

Vous étiez inquiète ?
D.F.
— Je me suis toujours demandé ce que j’allais faire plus tard et ça m’inquiétait un peu de ne jamais avoir de réponse. Je ne savais jamais qu’imaginer. Et du coup, quand je me suis retrouvée sur un plateau de cinéma, j’ai eu l’impression de me trouver au bon endroit et je me suis dit en fait, c’est ça. Sur le plateau de L’Enfant, ce n’était pas un tournage facile, mais je me sentais à ma place. Je ne sais pas pourquoi. C’est sans doute pour ça que je ne savais pas que c’était ça. Avant, je n’osais même pas me dire que c’était possible. Je lui dirais donc « Ne t’inquiète pas, tu vas trouver. »

FILMOGRAPHIE (SÉLECTIVE)

L’Enfant (2005)
La Tourneuse de pages (2006)
Le Premier Jour du reste de ta vie (2008)
Unmade Beds (London Nights) (2009)
Fais-moi plaisir (2009)
My Queen Karo (2009)
Les Tribulations d’une caissière (2011)
Populaire (2012)
Un beau dimanche (2014)

Télévision
Dombais et fils (2007)
Ah, c’était ça la vie ! (2008)
Mes chères études (2010)
C’est pas de l’amour (2013)

Videos

Créateur depuis 30 ans pour des célébrités telles que Sharon Stone, Mickey Rourke et Amélie Nothomb, pourvoyeur de couvre-chefs pour nombre de têtes couronnées, Elvis Pompilio, Liégeois d’origine italienne, multiplie les initiatives : créateur de costumes pour un opéra en plein air et d’une table pour San Pellegrino. Portrait d’un entrepreneur wallon aux multiples casquettes !

Pourquoi vous prénommez-vous Elvis ?
E.P. — Lorsque je suis arrivé dans la famille, ma mère avait 42 ans et mes soeurs étaient déjà ados. L’une d’elles était fan d’Elvis Presley. Disons que j’ai échappé à Fernandel…

Elvis aimait aussi les chapeaux ?
E.P. — Plutôt des casquettes, militaires notamment.

Dans votre façon de travailler, on note à la fois un contrôle total du processus et, en même temps, de multiples collaborations…
E.P. — L’un ne va pas sans l’autre. Pour être respecté dans le milieu de la mode, il s’agit de développer son style propre. Par contre, si on vous demande chez Chanel ou Véronique Branquinho, il convient d’être à la hauteur. Travailler avec les plus grands est personnellement un vrai défi, surtout au début où ce genre d’expérience est à la fois stressante et excitante.

Ces collaborations sont-elles fructueuses au niveau des idées ?
E.P.
— Plutôt sur le plan des rapports interpersonnels. Il en va de même dans ma relation à la clientèle. Chacune de mes clientes est différente et je ne peux les recevoir de la même manière. Au final, qu’il s’agisse d’un événement, d’une silhouette ou d’un défilé, l’essentiel est de toujours bien faire son travail.
Dans la mode, les chapeaux représentent un métier à part. Concevant des couvre-chefs, je ne suis pas contraint de me limiter à une seule cible : chapeaux pour enfants, pour personnes classiques ou plus branchées, des bonnets en hiver… Je ne connais pas de limites. Certains modistes font des chapeaux uniquement pour des mariages, mais cela ne m’intéresse pas.

Vous êtes en relation avec d’autres créateurs de chapeaux ?
E.P.
— Non. Le milieu de la mode, mis à part dans le cadre d’une collaboration, ne se fréquente pas vraiment, les gens travaillent beaucoup. Il y a bien quelques soirées où nous nous croisons, ce qui ne veut pas dire que l’on devient amis.

Le plus important pour vous, c’est de coiffer Madonna ou la Reine Mathilde ?
E.P. — Chacune d’elle est une bonne ambassadrice de mon métier. Je ne voudrais pas créer que pour des princesses ou des stars. Disons que ces deux célébrités m’ont permis d’élargir le spectre. Ce qui me plaît, c’est de concevoir un jour un chapeau pour un bébé de six mois et le jour d’après, un autre pour une dame de 102 ans. J’aime la diversité. Pour certains, faire des chapeaux pour Madonna serait la honte parce qu’elle apparaît comme quelqu’un de vulgaire, pour d’autres, en créer pour la reine s’avérerait complètement ringard. À mes yeux, c’est pareil. Je considère comme gratifiant de créer des chapeaux pour des personnes mondialement connues qui voyagent beaucoup et qui ont accès à tout.

La relation doit se révéler essentielle…
E.P. — Bien sûr. Chaque personne est importante. En général, cela se passe bien. De nature assez facile et ouverte, j’aime tous les types de gens et je m’adapte facilement aux situations. Heureusement, car dans ce métier, il faut à la fois être mondain et ne pas commencer à être le fan de qui que ce soit.

Dans la mode, les chapeaux représentent un métier à part. Concevant des couvre-chefs, je ne suis pas contraint de me limiter à une seule cible : chapeaux pour enfants, pour personnes classiques ou plus branchées, des bonnets en hiver… Je ne connais pas de limites. Certains modistes font des chapeaux uniquement pour des mariages, mais cela ne m’intéresse pas.

 

Peut-on faire un rapport entre un modiste et un coiffeur ?
E.P. — Cela englobe la tête à la différence que le chapeau s’enlève et que l’on peut changer de look très rapidement. Une coiffure trop courte exige de la patience. Avec le chapeau, comme on peut l’enlever, on se sent plus libre. Mais il est vrai qu’un couvre-chef conserve une aura de mystère et intimide encore en 2014. J’ai connu cela depuis le début de ma carrière, période à laquelle les gens étaient encore moins habitués aux chapeaux qu’aujourd’hui. Disons que je les ai remis un peu à la mode.

La tête est-elle un endroit intime du corps ?
E.P. — Non. Les gens l’exposent et ne peuvent la cacher.

En même temps, le modiste touche la tête des gens comme le fait un coiffeur.
E.P. — Oui, mais quand les gens viennent chez moi, je sais comment leur parler, les accueillir, les rassurer, car comme le chapeau est un objet assez inhabituel, on y est un peu réticent. Mais, en général, mes clients, déjà un peu familiers des chapeaux, sont plus audacieux, plus ouverts.

Faut-il être une tête pour faire des chapeaux ? 
E.P. — Il y a faire des chapeaux et faire des chapeaux. Personnellement, je crée des couvre-chefs. Faire un chapeau, à mes yeux, consiste, à partir de rien, à créer la forme jusqu’à servir un client. Toutes les étapes sont donc importantes. Depuis la création elle-même jusqu’à la gestion ou au suivi presse… Il faut tout gérer. Être un modiste connu et reconnu exige en effet d’être une « tête ». Mais bon, c’est pareil dans tous les métiers. 
Maintenant, être un petit modiste de quartier – métier que je respecte complètement – acheter des bases et mettre des fruits dessus, ne demande pas forcément la même exigence à tous les niveaux.

Être connu internationalement, vendre dans le monde entier et avoir des boutiques partout, exige sans doute de travailler beaucoup du chapeau…
E.P. — Oui. Personnellement, je présente des collections avec lesquelles il ne faut ni être trop en avance ni trop Elvis Pompilio a créé les costumes de l’opéra La Bohème (de Puccini) dans le cadre des opéras en plein air organisés par l’association Opéra pour tous. Ces spectacles ont été présentés cet été au Palais des Princes-Évêques à Liège, au château de Bois-Seigneur-Isaac à Braine-l’Alleud et au château d’Ooidonk en Flandre orientale. www.operamobile.be en retard. Il faut être juste au bon moment, avoir les bons volumes… Une nouvelle collection, c’est à chaque fois un risque de tomber à côté ou de réaliser des pièces qui plaisent. La vraie création, ce n’est pas suivre les tendances.

Vous venez de travailler sur les costumes dans le cadre d’un opéra en plein air, La Bohème de Puccini. Le spectre s’élargit encore un peu plus.
E.P. — Ce n’était pas mon coup d’essai dans ce domaine. Mais chaque fois que j’ai mis sur pied un défilé, et j’en ai fait beaucoup, j’ai toujours conçu les vêtements et les accessoires qui accompagnaient le chapeau. Cela peut paraître nouveau aux yeux du grand public, mais j’ai toujours réalisé des objets et des vêtements dans le but d’accessoiriser le couvre-chef.

Mais le thème central reste le chapeau ?
E.P. — Finalement, c’est ce que je fais de mieux, la branche dans laquelle je me détache le plus des autres créateurs et où je m’exprime le plus complètement.

Elvis Pompilio, homme-orchestre ?
E.P. — Oui, au niveau de la promotion de ma produc tion notamment… Disons que c’est un tout, il faut être complet : mondain, psychologue, travailleur. Ce métier demande beaucoup de qualités, et je le dis sans prétention puisque je ne parle pas de moi en particulier.

« Les Liégeois sont des Belges à la française, moins germaniques que les Flamands, avec un esprit français, révolutionnaire et anarchiste. Raison pour laquelle, parfois, on ose y proposer des choses très décalées… avec des artistes comme Jacques Lizène, Jacques Charlier… »

 

Êtes-vous un Italien de Liège ou un Liégeois d’origine italienne ?
E.P. — Je suis un Italien de Liège. Ma famille est originaire des Abruzzes, de Pescara précisément, ville située à la même hauteur que Rome. Pompilio est d’ailleurs un nom romain qui vient de Numa Pompilius, deuxième roi de Rome après Romulus.
En fait, je ne me positionne pas d’une nationalité ou d’une religion. Je suis plutôt individualiste et capable, je crois, de plaire partout. Je n’accorde donc pas beaucoup d’importance à l’identité. C’est vrai, j’ai toujours un passeport italien, mais je viens de Liège.

Il a existé une forte tradition anarchiste dans la ville principautaire. Cela vous a-t-il influencé ?
E.P. — Bien sûr. Les Liégeois sont des Belges à la française, moins germaniques que les Flamands, avec un esprit français, révolutionnaire et anarchiste. Raison pour laquelle, parfois, on ose y proposer des choses très décalées… avec des artistes comme Jacques Lizène, Jacques Charlier… Le surréaliste est belge, mais pas que bruxellois. Ayant beaucoup travaillé en Flandre, j’ose dire qu’il n’y a pas beaucoup de différences finalement entre les deux communautés. La différence vient du fait que les Wallons sont plus spontanés, souriants, ouverts directement ; en Flandre, tout se passe par étape. Il faut connaître, y aller doucement… Mais au final, les Flamands rigolent de la même manière !

Par ailleurs, vous êtes un Liégeois qui habite Bruxelles. C’est rare…
E.P. — Oui, j’adore Liège et je suis content d’y avoir grandi, d’y avoir fait mes études et d’en être parti à 24 ans. Pour entreprendre ce que je souhaitais, il fallait venir à Bruxelles pour être plus près de tout. La mode se passe ici, plus encore qu’à Anvers. La capitale offre une vitrine sur le monde et s’avère plus cosmopolite grâce à l’Europe notamment, et son brassage de nationalités. Ceci dit, la réputation de la Cité ardente de Liège est loin d’être usurpée.

À Liège, régnait anciennement un Prince-Évêque. Y a-t-il une origine catholique du chapeau ou est-il lié simplement au pouvoir ?
E.P. — Plutôt synonyme du pouvoir au départ, mais un peu les deux, Église et pouvoir. D’ailleurs, aujourd’hui encore, on ne peut pas pénétrer dans une église coiffé d’un chapeau. Mais ce sont des considérations que je ne prends pas en compte.

Avez-vous pensé à Magritte en commençant à faire des chapeaux ?
E.P. — J’ai suivi des études d’arts plastiques, d’histoire de l’art. Mais je n’ai jamais songé à un artiste en particulier. J’ai plus été influencé par le surréalisme en général que par un artiste en particulier. Et ce n’est pas parce qu’il y a un chapeau sur une image qu’elle va forcément plus m’attirer qu’un paysage. Je ne me suis pas inspiré et j’essaie de ne pas faire de choses qui ont existé. Bien sûr, il y a des références qui son récurrentes dans mon travail, mais cela reste inconscient.

Elvis Pompilio a créé les costumes de l’opéra La Bohème (de Puccini) dans le cadre des opéras en plein air organisés par l’association Opéra pour tous. Ces spectacles ont été présentés cet été au Palais des Princes-Évêques à Liège, au château de Bois-Seigneur-Isaac à Braine-l’Alleud et au château d’Ooidonk en Flandre orientale.
www.operamobile.be

 

À la tête d’une PME, pensez-vous que cette forme d’entreprise soit l’avenir de la Wallonie ?
E.P. — Je l’espère parce que sinon que reste-t-il ? Il faut que les gens se bougent et prennent ce genre d’initiative, en créant des PME et en redonnant une valeur à certains métiers qui sont intégrés dans des grands magasins, mais que l’on peut aussi trouver sous forme artisanale. Et dont la production ne se révèle pas excessivement plus chère que les objets produits de façon industrielle ou en série à l’étranger. Il est essentiel de garder cet esprit de petites entreprises et d’artisanat.

Avez-vous l’impression que cette forme d’entrepreneuriat revient à la mode ?
E.P. — Elle a n’a jamais disparu grâce notamment aux populations immigrées, italiennes et portugaises, qui sont venues vivre ici. En Italie par exemple, il s’agit de la forme d’entreprise la plus courante. L’avenir de l’Europe passe par ce genre d’entreprises. Que nous reste-t-il ? La culture, les belles pierres, et c’est vers ces initiatives différentes et de qualité qu’il faut aller.

Plusieurs de vos pièces sont dans des musées : Musée Grévin, Musée de la mode à Paris. Est-ce une consécration et n’y a-t-il pas une crainte d’être figé par cette muséification ?
E.P. — Justement, je peux rarement répondre aux musées positivement, ne possédant aucune archive. Il est important à mes yeux que les choses restent vivantes. J’aime que les chapeaux vivent, que les gens les portent. Malgré tout, il faut être dans les musées, car c’est une consécration. Mais ce n’est pas une fin en soi. De la même façon, être décoré de l’Ordre de Léopold est gratifiant même si cela ne change rien.

Vous travaillez dans l’image, le design et le style. Quelle définition de la Wallonie donneriez-vous sur ce plan-là ?
E.P. — En Wallonie, beaucoup de gens se détachent du lot, font de belles choses et sont peut-être moins m’as-tu-vu qu’ailleurs, qu’ils fassent des gaufres ou des chapeaux. Ces personnes ne se vantent pas et ne se vendent pas assez. L’image vieillotte change, les villes font des efforts comme Liège avec la gare des Guillemins. Et heureusement que cela évolue, prouvant de la sorte que les choses bougent et qu’il y a une volonté de changement.

Bio Express

1961  Naissance à Liège.

1987  Ouverture de son premier workshop à Bruxelles où il crée pour les défilés des grandes marques telles que Dior et Valentino.

1990 — Ouverture de sa première boutique dans le centre de Bruxelles. Il ouvrira plus tard des magasins à Anvers, Paris et Londres. Ses créations sont également vendues aux États-Unis et au Japon.

2005  Dans l’émission de la RTBF « Le plus grand Belge », Elvis Pompilio est classé à la 84e place.

2014  Elvis Pompilio crée les costumes de l’opéra La Bohème.

 

Renseignements

www.elvispompilio.com

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