Waw magazine

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Plus qu’une ligne de vêtements féminins, « Façon Jacmin », c’est l’histoire d’une belle complicité, entre deux sœurs jumelles qui ont su associer  talent et passion. 


L’ une est blonde, l’autre brune. Toutes deux irradient de grâce et d’élégance. Ségolène est fonceuse, extravertie. Alexandra est tout en retenue et en intériorité. La première aime les maths, la gestion et les journées qui déménagent. La seconde, discrète et posée, apprécie la maturation qu’apporte le temps aux projets.

Nées dans le Tournaisis, sous le signe du Taureau, en 1986, les jumelles Jacmin présentent une belle indépendance et font de leurs différences, une force. Leur éducation leur a permis de développer leurs talents respectifs dans le respect de leur singularité. Ségolène vit aujourd’hui à Bruxelles après avoir suivi des études d’ingénieure à Leuven et passé un an à Chicago. Alexandra a, de son côté, choisi Oxford puis le stylisme à la Cambre. Sa lumière, c’est Paris. Son univers, le haut de gamme. Elle a fait ses classes, d’abord à la Maison Martin Margiela, puis au studio de design Jean-Paul Gaultier. 

Du grenier à l’entreprise

Toute petite déjà, Alex aimait passer des heures, seule, à réinventer la garde-robe de ses poupées… quand ce n’était pas celle de ses sœurs. Ces dernières ne rechignaient pas à jouer les mannequins, ravies de donner corps à la créativité de leur frangine. Ségolène se souvient avec tendresse de la première « création » de sa sœur : un petit sac fait de chutes de jeans ressuscitées…

Un matin, alors qu’elle travaillait dans la consultance, Ségolène sent que sa place est ailleurs. Ecoutant son intuition, elle s’inscrit à un « Start-up week-end » – deux jours pour développer une idée. Il y eut un avant, il y eut un après… Au sortir de week-end, elle se fait la promesse d’implémenter rapidement un projet avec sa jumelle. C’était oublier un peu vite qu’Alexandra aime laisser du temps au temps. Sa proposition reçoit un accueil plus que mitigé que l’on pourrait résumer en trois lettres : bof ! Loin de se laisser abattre, Ségolène décide alors de mettre ses compétences de gestionnaire au service d’une asbl spécialisée dans le coaching de créateurs de mode. Quelques mois plus tard, elle commercialise, avec une amie, une gamme d’écharpes nommée « Coucou », tissées en laine, fabriquées au Népal et disponibles en dix coloris.

Cette réussite servira de déclencheur. A-t-elle titillé la curiosité d’Alexandra ou tout simplement dissipé ses craintes ? Toujours est-il que le soir de Noël 2015, la styliste offre à sa famille le plus beau cadeau qui soit.

Nonchalamment, elle dépose sur la table un ensemble de dessins conçus, dans le plus grand secret, durant six mois. Puis – comme si de rien n’était – elle propose à sa frangine qu’ensemble, elles donnent fibres à ces modèles de papier. - « On lance en mai 2016 ! » répond aussitôt Ségolène. Les frangines montent un dossier et obtiennent une bourse de pré-activité de la Région wallonne. Le plus difficile ? Remplir le formulaire d’inscription. Le plus formateur aussi, car ce simple geste sera pour elles une étape essentielle dans le processus de création de leur entreprise. Avant de gagner la bourse, il fallait que, sur papier, elles décrivent le projet, pensent le business plan, le pitch et choisissent leur positionnement. Ce sera « milieu de gamme, entrée haute-gamme ».

Une fois la bourse décrochée, ne restait plus qu’à trouver un fournisseur, puis un atelier de confection. Après une tentative avortée sur Bruxelles, c’est en Bulgarie qu’elles dénichent la perle rare. Un atelier dont la qualité des finitions rencontrait les exigences de Sonia Rykiel, Pierre Balmain, Hugo Boss, Chloé et donc aussi, bientôt, celles d’Alexandra… Le premier prototype sort fin janvier 2016. Quatre mois plus tard, leur collection est commercialisée. Elle comporte seize modèles en jeans et quatre en popeline de coton ou soie fluide.

Trame de vies

Réminiscence heureuse de l’enfance ou choix délibéré d’une matière qui traverse les générations avec style, les motivations qui ont fait du Denim, le tissu phare de la collection, sont multiples : noblesse de la matière, singularité des patrons, usure magnifiée. « Le jeans, commente Alexandra, s’embellit avec le temps. Sa couleur, le bleu, permet une déclinaison infinie de dégradés. Enfin, tous et toutes, toutes les classes sociales confondues, entretenons avec lui un lien fort. C’est comme une seconde peau qui évolue avec nous. » C’est vrai que dans sa trame, se glisse, chaque année, un peu de notre de vie. Le jeans est en quelque sorte, le témoin silencieux de notre histoire personnelle.

Noblesse oblige, c’est au Japon que les jumelles ont trouvé une qualité du tissu à la hauteur de leurs exigences. Là-bas, le coton est trempé dans huit bains successifs avant d’être fixé. Un luxe qui justifie le prix plus élevé de la matière, sachant que beaucoup de fournisseurs se contentent de quatre passages.

« Façon Jacmin », c’est aussi une façon différente de concevoir la mode, une envie irrésistible de faire éclater les codes, de sortir du cadre et d’innover. Robes, jupes, tops, pantalons, manteaux, (…), quelle que soit leur coupe, toutes les pièces proposent une approche à la fois sophistiquée, confortable, et élégante de la mode. Alexandra met en effet un point d’honneur à ce que la collection s’adapte avec élégance à chaque femme : de la plus naturelle à la plus sophistiquée, de la plus élancée à la plus épanouie.

La femme Jacmin, comme la décrit Ségolène, « est une femme active, bien dans sa tête. Elle a entre 35 et 65 ans et présente ce tout petit supplément de personnalité qui fait d’elle une femme unique … qui s’assume. »

 

Sortir des boutiques

Dans un contexte où le retail traditionnel souffre, les sœurs Jacmin ont délibérément choisi une commercialisation alternative et innovante : deux fois par mois, une boutique mobile, « façon camion vintage réaménagé », vient à la rencontre des clientes sur Anvers et Bruxelles. Parallèlement, la marque voyage aussi de ville en ville, via des boutiques éphémères. Knokke, Gand, Liège et Paris seront parmi les prochaines destinations. Les dates sont régulièrement actualisées sur le site, Facebook et Instagram. À vos smartphones !

Preuve de la reconnaissance de leur pairs, les sœurs Jacmin ont récemment été récompensées par le prix « Best Talent 2016 » de la catégorie mode par la RTBF et Paris Match. Un prix qui leur a ouvert, durant un mois, les portes de la célèbre maison Natan, au côté de trois autres jeunes designers belges dans le cadre du concept « Natan Collective ». En se mobilisant pour créer, elles-mêmes, le cadre de leur travail, les jumelles ont peut-être remporté une autre victoire : contourner le paradoxe que Giulia Mensitieri, anthropologue à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales de Paris, décrit dans sa thèse (1), paradoxe selon lequel « plus un travail est valorisant d’un point de vue symbolique, moins il sera payé. Et vice versa. » Éléments de réponse à paraître, dans le livre, annoncé aux éditions « La Découverte », pour janvier 2018.


RENSEIGNEMENTS

FAÇON JACMIN sprl
+32 474 330 255
[email protected]
www.faconjacmin.com

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Portée par les grands groupes brassicoles, la consommation de cidre vit une véritable mutation ces dernières années, avec des produits en constant renouvellement. À Aubel, la cidrerie Stassen est l’un des leaders mondiaux du secteur. Elle est depuis 2012 le «Cider Innovation Center» du géant néerlandais Heineken.


Agriculteur, apiculteur et bourgmestre d’Aubel jusqu’en 1929, Léon Stassen réalise dès 1895 du cidre artisanal pour sa consommation personnelle avec les pommes de ses vergers. Le succès aidant, il commence à les commercialiser dans la région d’Aubel. L’entreprise ne va cesser de prospérer, le cidre étant alors une alternative au champagne, trop cher et trop rare. En 1944, Jean Stassen reprend l’entreprise et va s’entourer de ses trois fils, Jean-Pierre en 1979, et Philippe et Luc en 1982 et 1983. Ensemble, ils vont créer de nouvelles recettes et surtout introduire en 1987 les cidres fruités (pêche, lychee, fruits des bois…) et en 1991, le premier véritable cidre sans alcool, décliné en plusieurs variantes, sous la marque Degré Zéro. Le succès est immédiat. Entre 1987 et 1992, le marché des cidres passe de 4 à 12 millions de litres, dont 65% sont produits par Stassen !

En 1992, Jean Stassen prend sa retraite. Pour accroître sa notoriété et se développer au plan international, la société aubeloise décide alors d’intégrer le groupe anglais HP Bulmers qui est encore aujourd’hui le leader mondial dans la production de cidres. Deux ans plus tard, Stassen crée un nouveau segment dans les boissons sans alcool et lance ce qui va devenir une véritable marque-phare, Kidibul, la boisson festive par excellence pour les enfants.

La saga des reprises connaît un nouvel épisode en 2003 avec le rachat de HP Bulmers par le groupe S&N (Scottish & Newcastle), troisième brasseur européen propriétaire alors d’Alken Maes, de Foster ou de Kronenbourg, qui luimême sera racheté en 2008 par Heineken et Carlsberg. Devant les démantèlements du groupe S&N par ces deux géants, la famille Stassen rachète les parts avant de les revendre complètement en 2012 à Heineken. 

Innovation

En 2014, Philippe Stassen rachète à Heineken les marques Kidibul, Vintense (vin sans alcool) et Vivaro (vin aromatisé) et crée sa nouvelle société Neobulle. Luc Stassen étant déjà sorti fin 2012 pour reprendre une société de négoce en textile (il a toutefois réintégré la société en 2016 en tant qu’expert packaging), Jean-Pierre se retrouve seul représentant familial dans la cidrerie Stassen et est nommé à la tête du Heineken Cider Innovation Center.

« Aujourd’hui, explique celui-ci, nous sommes devenus le Centre d’innovation Cidres d’Heineken, l’entreprise aubeloise emploie désormais 110 personnes dans les chaînes de production (contre 14 en 1979 quand je suis arrivé) dont 10 dans le Centre d’innovation. En 2016, la production est de 45 millions de litres dont 40 de cidres. »

On le sait peu, mais les activités de la société néerlandaise Heineken s’axent sur deux piliers : la bière bien sûr, mais aussi le cidre qui représente pour elle un produit stratégique. Elle possède diverses usines dans le monde qui produisent des marques que vous connaissez sans aucun doute et qui sont classées en trois catégories. Les cidres dits «Accessible Premium» tels que Strongbow (le cidre le plus vendu dans le monde) et Apple Bandit (aussi appelé Orchard Thieves), les Premium avec Bulmers ou Old Mout et les Super Premium avec la gamme Stassen ainsi qu’une série de cidres mélangés avec des spiritueux. La quasi-totalité des recettes de ces cidres sont sorties du laboratoire de Stassen et de son unité-pilote qui ont mis au point l’an dernier près de 50 nouveaux produits dont les 2/3 seront réellement commercialisés et qui correspondent aux goûts des pays de destination. Ces recettes sont également utilisées dans sept autres unités de production dans le monde, dont au Nigeria, en Afrique du Sud ou à Singapour. Stassen produit également Strongbow pour les États-Unis et Strongbow Cherry Blossom pour Taïwan.

Pour sa production, Stassen exploite 150 ha de vergers avec 350 variétés de pommes cidrières à Aubel, en province de Liège ainsi que dans les Ardennes françaises. Il s’agit de petites pommes très amères, avec beaucoup de tanins, qui ne sont pas destinées à la table. Celles-ci sont complétées par des pommes culinaires provenant de vergers principalement de Belgique et des pays voisins.


Les équipes de Stassen ont mené huit années de recherche en collaboration avec le Centre wallon de recherches agronomiques (CRW-A) pour donner naissance à une pomme à chair rouge permettant de produire du cidre naturellement rosé. Les fleurs et les branches de ce pommier de variété Geneva sont également rouges…


Retour à l’origine

Bénéficiant de l’entière confiance (et des moyens) du groupe Heineken, dont il connaît personnellement la famille encore détentrice de 52% du capital, Jean-Pierre Stassen est fier d’annoncer que la société se recentre aujourd’hui sur son produit d’origine, la pomme. « Nous voulons revenir au cœur du métier, confie-t-il, tel que mon arrière-grand-père l’a commencé, avec la pomme au centre du projet et produire un cidre traditionnel de haut de gamme. Pour marquer cette évolution, nous avons changé toutes nos étiquettes depuis un an, avec un label plus classieux qui vient d’ailleurs de gagner une médaille d’or en Floride, et resserré nos produits, surtout à l’international. La production des cidres aromatisés Stassen est d’ailleurs désormais réservée à la Belgique. » La gamme se compose aujourd’hui d’un Cidre brut, d’un Cidre Cuvée Rosé, de deux Cidres de l’Abbaye du Val-Dieu (blond et brun), d’un Cidre Grand Cru du Pays d’Aubel, d’un Cidre de Glace (à partir de jus purs congelés) et, bientôt, de deux Cidres tranquilles. Ces produits sont en vente dans la grande distribution ainsi que dans les cafés et restaurants. Ils sont une véritable alternative aux boissons effervescentes plus alcoolisées et surtout au prix plus élevé.

www.stassen.be

COMMENT LE CIDRE STASSEN EST-IL ÉLABORÉ ?   
Le cidre est une boisson obtenue par la fermentation de jus de pommes. Connu dès l’Antiquité sous le nom de shekbar où c’était une boisson forte, il sera introduit en Europe par les Romains, par les Arabes en Espagne et par les Normands en GrandeBretagne, toujours aujourd’hui premier consommateur mondial de cidre. La boisson connaîtra des fortunes diverses selon les époques, dans l’Entre-deux-guerres, on faisait même en France plus de cidre que de bière.
Chez Stassen, au moment de la récolte, les pommiers (de 3,5 à 4 m de haut) sont secoués et les fruits ramassés mécaniquement ou à la main selon les espèces. Après avoir été nettoyées, les pommes sont pressées et le jus est soit concentré dans une proportion de 8 à 1 afin d’en faciliter le transport et le stockage, soit utilisé en tant que jus frais en fermentation pour certains produits. La fermentation s’étale ensuite pendant une période de 10 à 15 jours sous l’action d’une levure champagnisée qui va transformer le sucre en alcool. Le futur cidre sera alors clarifié, filtré et stocké prêt à être assemblé, refroidi à 2°C, re-filtré et complété par du gaz carbonique juste avant sa mise en bouteille et son habillage. Pour certaines marques, le produit part en vrac dans des camions citernes et embouteillé dans d’autres sites à l’étranger.

 

Pionnière dans la géolocalisation, l’entreprise namuroise Market-IP combine la puissance de la télématique avec les données cartographiques afin d’optimiser la mobilité des flottes de sociétés.

 

Pour beaucoup d’entreprises, la mobilité, c’est la vie. L’efficacité et l’optimisation en temps réel des déplacements d’une flotte de véhicules génèrent des gains de temps et surtout d’argent. Bien sûr, avec la généralisation du GPS, on a fait un sérieux bon en avant, mais ce n’est qu’une toute petite partie de la solution. Un trajet entre un point A et un point B à bord d’un véhicule génère une foule de données qui n’attendent qu’à être optimisées. Elles sont aussi au cœur des compétences et du métier de la PME namuroise Market-IP qui vient de remporter un des prix à l’exportation décernés par l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers (AWEX) en 2016.

Des solutions logicielles

L’aventure commence en 2001 quand Arnaud Storder, jeune licencié en sciences géographiques, se lance dans la cartographie digitale en ligne. Pour se différencier des poids lourds du secteur, il développe « Telefleet » qui rassemble des solutions logicielles liées à la localisation des véhicules. Cet outil qui permet de localiser à distance les déplacements de tout type de véhicule s’impose comme un dispositif particulièrement efficace en cas de carjacking. Il offre également aux flottes à l’arrêt des opportunités de télémaintenance. Dans la foulée de ce premier succès, Market-IP affine sa stratégie qui se concentre sur la conception de logiciels en laissant à d’autres la fabrication des boîtiers et, à des partenaires, la vente et l’installation de l’ensemble du dispositif dans les véhicules.

Dans les années qui suivent, la PME introduit « Geoplanning », un outil de planning géographique qui permet, d’une part, de préparer et d’optimiser les déplacements et, grâce à une interface avec les systèmes de gestion interne de l’entreprise, une gestion optimale des stocks nécessaires aux réparateurs et, d’autre part, d’augmenter le nombre d’interventions et de simplifier les factures d’intervention.

Dernier né dans la boîte à outils de Market-IP, « Drivexpert » est un logiciel qui analyse le comportement du conducteur, tant d’un point de vue sécurité que de la consommation. Les données recueillies peuvent se révéler particulièrement intéressantes pour les sociétés de leasing et les fleet managers qui cherchent à promouvoir un usage plus économique et écologique des véhicules d’entreprise ou pour la compagnie d’assurance ainsi à même de proposer des contrats sur-mesure adaptés au comportement du conducteur.

Évolution permanente

Grâce à son modèle économique indirect, l’entreprise fonctionne avec un nombre réduit de collaborateurs, une vingtaine aujourd’hui, et concentre l’essentiel de son travail sur son site de Naninne. Grâce aux collaborations avec différents fabricants, Market-IP peut proposer à son utilisateur final une soixantaine de boîtiers différents en fonction du type de véhicule ou des conditions d’exploitation. Un camion qui traverse le désert n’a pas les mêmes besoins qu’une camionnette qui circule en ville. Un des maîtres mots de l’entreprise est l’adaptabilité. Chaque utilisateur a des attentes différentes. L’équipe est majoritairement composée de développeurs qui travaillent à l’évolution permanente des produits. « Chaque semaine, nous proposons des mises à jour dont bénéficie l’ensemble de nos clients. Parfois, ça part d’une réponse à une demande spécifique, mais dès qu’une fonctionnalité est susceptible d’intéresser un cercle plus large d’utilisateurs, nous la partageons à plus grande échelle », explique Sarah Laval, Marketing Manager.

L’organisation chez Market-IP est très horizontale et le turnover très faible. Un informaticien qui entre comme développeur peut passer de la programmation au développement d’applications mobiles s’il fait preuve d’une sensibilité particulière à ces outils. Pour répondre au plus près aux besoins de l’utilisateur, l’équipe de développeurs a adopté la méthode SCRUM. « Au lieu de travailler de manière très compartimentée, étape après étape, on a décidé de travailler par itérations, en équipe avec un reporting quotidien. Cela nous permet d’accélérer les développements, d’augmenter la qualité, d’aligner les besoins réels du marché avec les exigences business. »

Les mises à jour répondent à la fois aux sollicitations des utilisateurs et à un travail de veille sur les tendances du marché. « Certaines demandes de développement peuvent nous demander 9 heures de travail, d’autres 20 à 30 jours. On module les développements en fonction de leur importance et de leur potentiel », avance Romain Olieslager, Middle East Business Developer. Quand certains besoins spécifiques dépassent les compétences disponibles en interne, l’entreprise peut s’adresser à des centres de recherches universitaires. Ce fut le cas avec le CETIC à Charleroi pour le développement d’algorithmes ; ce le sera peut-être avec le Centre de Recherche Information, Droit et Société (CRIDS) en prévision des nouvelles dispositions européennes en matière de respect de la vie privée. « On s’efforce d’intégrer en interne un maximum de développements, notamment ceux liés au mobile. Chaque fois qu’on sous-traite, on perd en maîtrise et en réactivité », pointe Sarah Laval.

Besoins particuliers

Les clients de Market-IP se répartissent dans les entreprises de transport de tout type, de leasing, mais aussi dans le secteur pétrolier ou celui de la construction. Dès 2007, la société commence à développer ses activités à l’étranger. Aujourd’hui, la PME est présente en France, en Belgique et en Nouvelle-Calédonie, ainsi qu’au Moyen-Orient (Qatar, Oman et Arabie Saoudite) et en Afrique subsaharienne. Chaque marché a ses besoins particuliers et ses leviers pour accroître des parts de marché dans les pays limitrophes. Au Sultanat d’Oman, le transport pétrolier, très réglementé, donne un peu le « la » aux autres secteurs en matière d’équipement. « Nous y sommes depuis 2011 et, aujourd’hui, nous occupons la deuxième ou troisième place sur le marché. » Par contre, au Qatar où Market-IP est actif commercialement depuis un an, ils découvrent un territoire où l’on n’a encore jamais entendu parler d’une gestion télématique de la flotte. En Afrique, où il faut tenir compte d’une flotte très dépareillée avec des véhicules parfois très anciens, un des problèmes les plus préoccupants est celui du vol de carburant. « Nous installons des sondes dans les réservoirs qui émettent une alarme en cas de baisse soudaine de plus de 5 % de la jauge », souligne Romain Olieslager.

Malgré ses attributions, le jeune attaché à l’export ne passe pas sa vie dans les avions. Les séjours n’ont pas besoin d’être longs pour autant qu’ils soient réguliers. « On essaie de visiter les partenaires trois à quatre fois par an et eux viennent à Naninne une ou deux fois également. Sinon, on se téléphone pratiquement tous les jours. On a remarqué que les visites sont presque toujours suivies d’un regain d’activité parce qu’on apporte de nouveaux développements et un surplus de motivation. »

Travail stratégique

Market-IP aborde l’avenir avec confiance. L’entreprise a de nombreux marchés en développement à prospecter et de nouveaux partenaires à trouver, avec l’idée d’accroître encore l’offre et l’intensité du service. La croissance passera aussi par une évolution vers des produits mieux intégrés les uns aux autres. « On se rend compte qu’un nombre croissant de sociétés ont des besoins transversaux. Pour y répondre, il serait sans doute préférable de modifier et simplifier l’architecture de nos produits pour encourager les utilisations intégrées et monter en valeur auprès de nos clients », estime Sarah Laval.

Quand on évoque l’avenir de la géolocalisation télématique, un marché potentiel énorme se profile : celui de l’industrie automobile avec des véhicules équipés de série. « C’est un marché difficile pour une PME de 20 personnes. On commence un travail stratégique pour s’entourer des partenaires adéquats, parce que seuls, nous n’y arriverons pas. Ce qui est encourageant, c’est que l’évolution de l’architecture des produits va dans ce sens. Nos bases de données sont prêtes. 100 licences ou 10 000 ne feraient pas beaucoup de différences pour nous. Nous possédons le levier technologique nécessaire. Pas besoin de modifier notre structure ou d’accroître sensiblement notre personnel pour passer à la vitesse supérieure. »

www.market-ip.com

EN BREF 
Au cours des cinq dernières années, le chiffre d’affaires a plus que doublé. Au 30 juin 2016, il s’élève à plus de 2 000 000 €, dont 43 % à l’export.
25 % de croissance annuelle.
21 collaborateurs employés par Market-IP.
Plus de 35 000 véhicules et plus de 8 000 personnes géolocalisés.
Leurs logiciels sont compatibles avec plus de 60 modèles de boîtiers télématiques.
Projets et réalisations dans 10 pays

 

Lorsque l’on passe la porte de l’imposant bâtiment, un doux parfum de sciure de bois vous enivre. Dans le hall d’entrée s’étalent jouets et ameublements en bois. Au fond du couloir, les machines tournent à plein rendement. Ça travaille dur, dans les bureaux comme dans l’atelier !

À la tête d’une équipe de huit personnes, le patron, Pierre Maréchal, mène sa barque. L’ingénieur civil, ancien directeur d’une usine automobile au Grand Duché, se présente comme un Ardennais pure souche, avec en permanence un pied de chaque côté de la frontière. Et de planter le tableau. « Les Ardennais passent pour des êtres taiseux, tenaces, teigneux et travailleurs… et aussi un peu tête de bois » ! Il ne pense pas si bien dire… En 2010, il se voit offrir l’opportunité de plonger dans le monde des PME, lorsqu’une entreprise en difficulté fait appel à son expertise pour relancer le commerce. Naît ainsi 4 wood, société spécialisée dans la création et la fabrication de présentoirs en bois. Les panneaux en MDF s’emboîtent selon un système d’assemblage sans aucune quincaillerie (ni clou, ni vis), le tout à un prix défiant toute concurrence. Ce dispositif offre de nombreux avantages d’un point de vue technique, écologique et logistique. Le marché est florissant, en particulier en France où la fabrique exporte environ 85% de sa production. « Notre savoir-faire est tel qu’on ne rencontre que peu ou pas de concurrents sur notre chemin », se réjouit l’entrepreneur.

Et si on jouait ?

Lorsqu’il établit son business plan au lancement de l’entreprise 4 wood, Pierre Maréchal prévoit de créer au moins une activité autre que le présentoir, dans un esprit de sécurisation. En gardant le système d’assemblage sans clou ni vis – sa marque de fabrique –, l’équipe imagine diverses possibilités permettant de réutiliser les chutes de présentoirs. Et pourquoi pas un jeu éducatif, labellisé 100% « made in Belgium » ? Entouré et encouragé par Macovi, société spécialisée dans la commercialisation de jeux, l’idée de construction de voitures d’abord, de bâtiments ensuite, voit le jour pour finalement « déraper » sur des châteaux forts. Le marché est demandeur de ces jouets au design sympathique, au prix attractif, à leur esprit bio (uniquement en bois, teinté au moyen d’une laque à base d’eau créée spécialement pour eux).

La marque Ardennes Toys est née. Deux semaines à peine, c’est le temps qu’il a fallu pour vendre les 150 premiers châteaux. Fin 2012, quatre mois après le début de la production, le stock de 480 boîtes est épuisé. L’année suivante, Ardennes Toys remporte contre toute attente le prix du jouet de l’année, dans la catégorie construction. Conséquence directe : les clients s’arrachent la nouveauté, les ventes montent jusqu’à 3650 boîtes. En 2014, le compteur affiche un chiffre record de plus de 5000 boîtes écoulées, réparties sur une vingtaine de références.

Dès les débuts, une vraie logique de circuit court apparaît dans ce projet : acheter local, exploiter la matière première de la région, développer l’emploi en Ardennes. « Je me suis rendu compte que bien des gens partageaient ces mêmes valeurs. Par exemple, nous entretenons un étroit partenariat avec l’atelier protégé des Hautes Ardennes, situé à Vielsalm et spécialisé dans l’emballage. Cet impact social positif donne du sens humainement à la construction d’entreprise, autant pour eux que pour nous. » Les clients d’Ardennes Toys sont bien souvent de jeunes parents responsables et animés par cette même optique de retour à l’essentiel et de recherche de solutions alternatives. Père de trois enfants et soucieux du monde qui les entoure, Pierre Maréchal souhait mettre toute son énergie et son savoir-faire au service de la société en participant au circuit économique local.

La clé du succès ? « L’innovation et le fait de communiquer largement sur les valeurs que l’on porte. Un vrai message basé sur l’authenticité et l’intégrité. » Et en matière de communication, Ardennes Toys a trouvé le bon filon : un tapis de 3 x 5 m sur lequel employés, patron y compris, et enfants s’agenouillent… et construisent tous ensemble un château ! « Les parents observent, puis s’assoient également avec nous. On ne demande rien à personne, tout se fait naturellement. » Une communication non agressive en parfaite cohérence avec l’image simple de l’entreprise et offrant une visibilité exceptionnelle, le tout en s’amusant.

Et ils vécurent heureux…

Au total, huit équivalents temps-plein forment l’équipe créative et productive commune de 4 wood et Ardennes Toys. « Bien entendu, l’objectif n’est pas de rester à huit après avoir construit tout ça. » Parallèlement, une douzaine d’agents commerciaux occupent le terrain, wallon et français principalement. En Flandre, aux Pays-Bas comme au Luxembourg, le marché progresse également. D’autres pays plus inattendus montrent de l’intérêt : l’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Allemagne, l’Ukraine et même le Panama. « Des contacts qui nous tombent du ciel ! Ce sont eux qui nous approchent. Et à vrai dire, je ne sais même pas comment ils nous trouvent », s’amuse le chef d’entreprise. Dans les maisons, les châteaux forts Ardennes Toys ne restent jamais bien longtemps dans leur boîte. De plus, avec une seule de ses boîtes, il est possible de monter un nombre infini de bâtisses. Développer à la fois la créativité et le regard que porte l’enfant sur lui-même représente un réel plus. « Nous avons une bonne place sur le marché du jouet en bois. Notre produit, unique, est une pure innovation. Nous n’avons donc aucun concurrent direct. »

Les secteurs du jouet et du présentoir de fabrication 100% ardennaise auraient-ils encore de beaux jours devant eux ? C’est là tout ce qu’on leur souhaite.  

 

2012

C'est en 2012 que les premiers châteaux sortent de l’usine. Il n'aura fallu que 15 jours pour que les 150 premiers châteaux se vendent comme des petits pains. Ensuite, c'est l'escalade. 480 boîtes vendues en 2012, 3 650 en 2013 et plus de 5 000 en 2014.

2013

C’est en octobre 2013 qu’Ardennes Toys s'est vu décerner le prix du jouet de l’année, dans la catégorie construction.

80%

Chaque année, 80% de la production est écoulée durant le second semestre, à l’occasion de la Saint- Nicolas et de Noël. 50% des ventes de châteaux forts s’eff ectuent sur le Benelux, l’autre moitié a lieu aux 4 coins de la France.

20

Outre sa douzaine d’agents commerciaux en activité, 4 employés et 4 ouvriers composent l’équipe commune d’Ardennes Toys et 4 wood.

 

Renseignements:

Ardennes Toys

La Chaussée, 55 B-6637 Malmaison (Fauvillers)

+32 (0) 61 41 48 88

www.ardennestoys.com

 

LE GREEN HUB LUXEMBOURGEOIS, UNE VISION OUVERTE SUR LA CRÉATIVITÉ

Dans le cadre du programme Creative Wallonia et sa volonté de déployer les initiatives, chaque province wallonne est invitée à proposer son propre projet. Comme ses homologues, le Luxembourg belge s’est lancé dans l’aventure en mettant sur pied une plate-forme créative, appelée « Green hub », un nom aux couleurs des paysages alentours. L’objectif consiste à monter un programme d’actions visant à susciter la créativité à tous les niveaux et ainsi connecter les acteurs entre eux, tous secteurs confondus.

Comme le souligne son président Laurent Briou, « la créativité et l’innovation représentent une nécessité de survie sur le marché actuel ; telle est la philosophie du hub luxembourgeois. On dit toujours que ceux qui n’avancent pas reculent. Si l’on n’innove pas, si l’on reste sur ses acquis, il ne faut pas traîner à regarder dans le rétroviseur ; sinon, les autres acteurs risquent de vite nous dépasser. C’est là tout l’enjeu d’apprendre à réduire ou conserver, selon les cas, cet écart compétitif. »

Initié début 2014, le programme étendu sur cinq ans en est toujours aux balbutiements et est ouvert à toutes les propositions. Pour sa première année d’activités, l’ASBL se voit allouer un budget de 160 000 €. 50% sont consacrés aux diverses animations, formations ou conférences. L’autre moitié constitue un soutien purement financier, afin de donner un « coup de pouce » à certains projets et de permettre des synergies. Luxembourgeois, innovez !

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Affable quadragénaire, originaire du Pays de Herve, il transforme le chocolat en un produit de luxe. Passionné, il crée des associations de saveurs à couper le souffle. Jean-Philippe Darcis, créateur de bonheur !

L’aventure commence en 1996, lorsque Jean-Philippe Darcis et son épouse ouvrent leur premier point de vente. « Pourquoi à Verviers ? Parce que Verviers a toujours été une ville connue pour ses pâtisseries et chocolateries. À ce moment-là, il n’y avait plus vraiment de pâtissier qui sortait du lot dans la région. » Le succès au rendez-vous, ils investissent dans un espace plus imposant, pour y installer un beau magasin avec un salon de dégustation et un grand atelier. L’artisan explique cette réussite grâce, entre autres, aux participations à nombre de concours prestigieux. En 2001, il gagne le Trophée Prosper Montagné qui le consacre premier pâtissier-chocolatier de Belgique. Il remporte le titre d’Ambassadeur du chocolat belge. S’ensuivent alors d’autres compétitions, la coupe du monde de pâtisserie et les championnats du monde. « Ces concours m’ont permis, tout en alliant ma carrière professionnelle, de continuer à apprendre le métier. Notamment par le contact avec d’autres grands noms. J’ai eu la chance de côtoyer le top à une époque de ma carrière où mon esprit d’entreprise ne faisait que s’accroître. On doit toujours dépasser ses propres limites. L’esprit d’entreprendre, on l’a ou on ne l’a pas ! Moi, je tiens ça de mon papa, travailleur acharné. Il m’a donné cette volonté d’aller toujours plus loin. D’avancer, tout simplement. »

Passion d’entreprendre

En 2002, l’artisan a la bonne idée de se lancer dans la création de son propre chocolat. « Pâtisserie et chocolat sont des produits qui se complètent. À l’époque, j’allais chercher mon chocolat chez des fournisseurs. Mais c’est toujours frustrant de vendre des produits qu’on ne maîtrise pas. Quand on est passionné et qu’on souhaite aller au bout des choses, on aime bien tout faire soi-même. » La suite s’enchaîne très rapidement avec, dès 2005, des ouvertures successives de boutiques et corners en Wallonie, à Bruxelles et, plus récemment, en Flandre, ainsi qu’en Espagne et au Japon. La marque propose une gamme variée d’aliments : pains, pâtisseries, macarons de Paris, pralines aux mille saveurs et même de la glace en été. À Verviers, où est fabriquée l’intégralité de ces produits, l’atelier tourne à plein rendement. Boulangers, pâtissiers, macaroniers et chocolatiers se relaient nuit et jour. Entre ouvriers, vendeurs, livreurs et autres, la structure familiale compte aujourd’hui une quarantaine d’employés. « Toute cette fourmilière ne s’est pas créée du jour au lendemain. Il faut une sacrée expérience et de l’investissement personnel pour en arriver là. C’est ça, l’entreprenariat ! Au-delà de la recherche de produits, le métier de patron est passionnant. Tous les jours, vers 5h du matin, je suis dans l’atelier. Bien que j’aie une confiance aveugle en mes gars, ça me permet de garder un oeil sur mon bijou », admet le maître-chocolatier.

Depuis le début de l’aventure, le créateur met un point d’honneur à utiliser exclusivement des matières premières de haute qualité. Dans cette même optique, il se lance à présent dans la fabrication de son propre chocolat à partir de fèves de cacao en provenance directe des planteurs. « En Belgique, nous ne sommes que six artisans du chocolat à utiliser ce procédé. Ce mouvement appelé ‘From bean to bar’ (de la fève à la tablette) est assez récent. Les professionnels qui ont envie de créer leur produit de A à Z utilisent progressivement cette méthode. Ça leur permet d’injecter leur propre signature dans leur chocolat. Il m’a fallu un an de travail avant d’arriver au raffinement que j’espérais. Il faut du temps avant de parvenir au produit qui vous ressemble, dans la lignée de ce que l’on faisait déjà et en lequel vous croyez. Cette touche-là, c’est ce qui nous intéresse ! »

Projet d’une vie

Les années passent et l’entreprise croît inlassablement, à tel point que l’atelier actuel est devenu bien trop exigu pour répondre à la demande. Il faut voir plus grand, tout en conservant la structure familiale et la pure tradition de l’artisanat. Fin 2015 et après six ans de réflexion, « La Chocolaterie, Belgium chocolate factory by Darcis » ouvrira ses portes aux gourmands, et ce, en plein coeur de l’Euregio. En grande partie vitré, le bâtiment contemporain de 2 800 m² s’étendra sur quatre étages entièrement dédiés au chocolat. Le sourire aux lèvres, Jean-Philippe Darcis ne cache pas sa joie. « La Chocolaterie, c’est le projet de ma vie. En 18 ans, je suis passé d’un petit rez-de-chaussée de 35 m² à un immense espace multifonctionnel. J’accède enfin au projet tel que je l’imaginais : colossal et unique, tout en gardant une taille humaine. »

Depuis le début de l’aventure, le créateur met un point d’honneur à utiliser exclusivement des matières premières de haute qualité.


L’infrastructure se situe sur l’Esplanade de la Grâce à Verviers, lieu stratégique entre le centre commercial Crescendo et l’Hôtel Verviers. Des collaborations sont d’ailleurs programmées avec ce dernier : ateliers, team buildings, stages, séminaires sur le chocolat et autres activités destinées aux entreprises, aux professionnels du monde culinaire et, bien entendu, aux particuliers, tous âges confondus. « Les gens adorent voir, toucher, découvrir. Et quelle fierté pour les artisans de montrer leur travail et ainsi tisser un véritable lien de confiance ! » Le site regroupera l’entièreté de la production des chocolats, macarons et pâtisseries. En plus d’un somptueux magasin et d’un salon de dégustation, les visiteurs profiteront d’un parcours didactique interactif haut en couleurs imaginé avec l’aide d’un scénographe. Au programme, torréfaction, cuisson, senteurs, mélanges, ganache, côté artistique, culture des cabosses et bien d’autres découvertes encore. N’essayez pas de résister à ce parfum envoûtant, c’est peine perdue…

 

RENSEIGNEMENTS

Darcis Chocolat et Pâtisserie SPRL
Crapaurue, 121-123
B-4800 Verviers
+32 (0)87 33 98 15
[email protected]
www.darcis.com

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C’est au coeur de la Thudinie que bouillonnent les alambics de la dernière distillerie de fruits frais en Belgique. Des recettes jalousement gardées, un savoir-faire généreusement transmis, et surtout beaucoup de fruits.

« Tu veux une petite goutte ? » Il fut un temps pas très éloigné où chaque foyer belge avait quelques bouteilles de liqueur que l’on sortait à la moindre occasion. Les distilleries locales vivotaient en servant une clientèle de proximité avec des installations approximatives. Le vent de la modernité a soufflé, le temps des réglementations est venu et on a laissé la liqueur dans le buffet de grand-mère. Faute de clients et d’investissements, les distilleries ont arrêté leurs activités l’une après l’autre. Sauf une, la distillerie de Biercée. Fondée en 1946 par Jules Cleempoel, pharmacien de son état, elle s’est implantée au coeur de la Thudinie. Dans ses premières années, la distillerie a exploité les deux fruits les plus abondants dans la région, la pomme et la cerise, en produisant un calva et une liqueur de cerises fort appréciés. Avec l’arrachage progressif des vergers, elle a compris la nécessité d’une diversification, sans jamais déroger à sa règle d’or : des fruits frais uniquement. En 96, d’importants investissements lui ont permis de renouveler complètement l’outil, désormais prêt à entrer dans le XXIe siècle. Aujourd’hui, dans un marché des spiritueux assez stable, la Distillerie de Biercée affiche une insolente croissance à deux chiffres, grâce à son produit phare, L’Eau de Villée, et à plus d’une vingtaine d’autres produits parfois très étonnants comme cette Eau de vie de Cèleri vert ou encore Noir d’Ivoire, une liqueur à base de cacao. À Biercée, on ne se contente pas de ses propres produits, on distille aussi pour des tiers, des grandes marques comme des petits producteurs et on envoie des distillats jusqu’au Japon.

Un outil exceptionnel pour des produits authentiques

Conscients de leur spécificité, les distillateurs ont décidé d’ouvrir leur savoir-faire à la curiosité du public. Bien leur en a pris puisqu’ils comptent aujourd’hui 30 000 visiteurs par an.

Installée depuis 2004 entre les murs d’une ferme du XVIIe siècle, ancienne dépendance de l’abbaye de Lobbes, la distillerie dispose d’un magnifique écrin en pierre bleue du pays. Dans la « Grange des Belges » sont disposées des longues tables en bois où l’on sert des repas et bien entendu des boissons. Les murs sont couverts d’une impressionnante collection de plaques émaillées vantant les qualités de boissons alcoolisées aujourd’hui disparues telle la Krak pils, l’original Imperial Stout ou la Speciale Baf. « C’est un peu le coeur public de la distillerie. On y sert à manger et on fête les événements saisonniers avec quelques-uns de nos nombreux amis Facebook », glisse Marc Tillon, administrateur délégué. L’arrivée, il y a un an et demi, de cet ancien cadre de Rémy Martin, chargé des régions Asie-Pacifique, a donné un coup de pouce à une marque et des produits dotés d’un potentiel énorme. « Nous disposons ici d’un outil exceptionnel où l’on travaille un produit authentique, mais dont la notoriété se limite aux connaisseurs et aux circuits gastronomiques. » Lancée dans les années 80, l’Eau de Villée, liqueur à base de citron, a connu un succès très rapide. En 5 ans, tout Charleroi ne parlait que de ça. Dégustée givrée, tout droit sortie du congélateur, elle exhale son cocktail d’arômes frais.

Le développement de la distillerie se joue sur le terrain de la diversification avec la création de nouveaux produits, des eaux de vie, mais aussi une bière à base d’Eau de Villée, brassée par la Brasserie de Silly.


Dans les années ’90, la liqueur a explosé, adoptée par des chefs au nez fin pour relever les plats ou le sorbet au citron. Mais Marc Tillon ne pouvait s’en satisfaire, convaincu qu’avec un tel produit, il pouvait séduire un public plus large. Ainsi, il demande à de jeunes barmans en vue de concocter un cocktail inédit. En 2011, il invite également le jeune artiste gantois Manor Grunewald, finaliste du prix de la jeune peinture belge, à visiter la distillerie. Emballé, celui-ci a réalisé une eau forte pour couvrir la bouteille de la subtile liqueur au citron. « À l’avenir, nous voulons continuer à personnaliser nos bouteilles en donnant carte blanche à de jeunes artistes. » Le développement de la distillerie se joue sur le terrain de la diversification avec la création de nouveaux produits, des eaux de vie, mais aussi une bière à base d’Eau de Villée, brassée par la Brasserie de Silly. Parfois aussi, il faut pouvoir saisir une occasion lorsqu’elle se présente. L’année passée, ils se voient proposer quelques tonnes de prunelles sauvages cueillies en Thiérache juste après les premières gelées. Sans hésiter, ils font chauffer les alambics pour produire une eau de vie de prunelle en édition limitée. Une expérience appréciée du public et certainement appelée à se renouveler.

Rien que des fruits

Lorsqu’il était enfant, Christophe Mulatin a souvent accompagné ses parents à la Distillerie de Biercée pour y acheter le précieux breuvage. Par un de ces détours dont le destin a le secret, il s’est retrouvé quelques décennies plus tard, après des études d’agronomie et de pharmacie, à travailler avec le maître distillateur, Georges Pire, celui-là même à qui l’on doit la recette de l’eau de Villée. Aujourd’hui, 4e maître distillateur, c’est lui qui couve de son regard attentif et de ses gestes amoureux tout le processus de distillation. En franchissant les portes de l’ancienne grange, on aperçoit les grandes cuves en inox où, en février, on déverse les 250 à 300 tonnes de citrons frais non traités arrivés en droite ligne de Murcie. « Ils sont coupés le jour même, parce qu’ici il n’y a pas de frigo. On les met alors en cuve pour trois semaines pour en extraire l’alcool. » À chaque saison ses fruits ! Deux distillations ne se chevauchent jamais. Après les citrons, c’est au tour des cerises en juin, des framboises en juillet, des poires William fin août et des prunes, mirabelles et pommes en septembre- octobre. Après trois à quatre semaines de macération et de fermentation pour les fruits sucrés, ce qui s’apparente à une purée de fruits est transféré dans les alambics en cuivre de 1 000 kg pour la distillation. Chauffés au bain-marie, les fruits exhalent leur vapeur d’alcool qui passe alors dans une colonne de rectification jusqu’à atteindre les 70°. Il ne leur reste plus qu’à sagement vieillir dans leurs cuves en inox. Le calva et la vieille poire vieilliront, pour leur part, dans des fûts en chêne pendant deux ans.

La dernière phase est celle de l’assemblage et de la coloration des liqueurs, toujours avec des produits exclusivement naturels. Un peu à l’écart, derrière une épaisse grille fermée d’un gros cadenas, on aperçoit sous la voûte de vieilles pierres l’alignement des fûts en chêne. Dès que l’on s’en approche, de discrets effluves d’alcool viennent chatouiller le nez. C’est la part des anges, comme on a baptisé dans le métier les 3% d’évaporation lors d’une mise en tonneau. Ils en ont de la chance, les anges !

À découvrir aussi

La distillerie occupe aujourd’hui une des quatre anciennes et imposantes fermes de Ragnies. Ce paisible hameau de 450 âmes compte parmi les plus beaux villages de Wallonie. Une distinction amplement méritée par son cadre champêtre et par l’harmonie qui se dégage de ses habitations d’un autre siècle parfaitement restaurées. À noter que son église romane classée contient des stalles baroques provenant de l’Abbaye d’Oignies. Riche en patrimoine, la Thudinie a bien d’autres centres d’intérêts à offrir. À commencer par son centre naturel, la ville de Thuin, rassemblée autour de son beffroi du XVIIe siècle. Du haut de ses 60 mètres, on peut profiter d’une vue splendide sur les deux vallées de la Sambre et de la Biesmelle. Tout récemment restaurés, les jardins suspendus qui occupent le coteau en amont de la Biesmelle ont retrouvé leur charme d’antan. Dans ce magnifique ensemble de jardins en terrasses, orné entre autres de vignes et encadré de ruelles médiévales, le temps semble suspendu. En empruntant le tramway historique, on peut rejoindre Lobbes et sa collégiale de Saint-Ursmer. Tour à tour église funéraire pour les moines de l’abbaye, église paroissiale et enfin collégiale, elle est la doyenne des églises du royaume.

Juchée sur une colline, se profile une imposante silhouette ponctuée de 7 tours, le château du Fosteau. Ce château classé des XIVe et XVe abrite, avec la prestigieuse salle des Chevaliers, une des plus belles salles gothiques de Belgique. Ses jardins français, dessinés en terrasses successives jusqu’à un étang, achèvent de lui conférer un discret charme romantique. Les amateurs d’antiquités trouveront dans les salons du château un large choix de mobilier régional belge et français des XVIIIe et XIXe siècles en exposition- vente.

 

Renseignements

Distillerie de Biercée
Ferme de la Cour
Rue de la Roquette 36
B-6532 Ragnies (Thuin)
Tél. : +32 (0)71 59 11 06
[email protected]
www.distilleriedebiercee.be

 

L’Eau de Villée

Lancée dans les années 80 sous l’initiative du Maître Distillateur Georges Pire, l’Eau de Villée a connu un succès fulgurant. Cette liqueur doit son nom au petit ruisseau qui coule derrière la Distillerie de Biercée.

Véritable cascade de fraîcheur pour le palais, l’Eau de Villée est le résultat de l’assemblage de différents distillats de citrons jaunes de Murcie et de quatre autres eaux-de-vie de fruits frais macérés et fermentés.

Jusqu’ici secrète (et cela ne risque pas de changer de sitôt), la recette est bien gardée par les Maîtres Distillateurs. La meilleure façon de la consommer pure est givrée, sortie tout droit du congélateur car c’est à -20°C que la richesse aromatique de l’Eau de Villée prend toute son ampleur. Mêlant naturellement les saveurs sucrées et salées, elle peut également rehausser les plats et desserts.

Le Coco Villée

Créé par Olivier Jacobs, jeune barman gantois surdoué, ce cocktail pur et élégant est celui qui exprime le mieux le caractère vif de l’Eau de Villée avec ses ingrédients et ses épices asiatiques.

— 4,50 cl d’Eau de Villée
— 2,00 cl de lait de coco
— 1,50 cl de sirop d’ananas
— 1,00 cl de jus de kaffir
— 1 dose de «Chocolate mole bitters» (The Bitters Truth)
— 1 feuille de kaffir

Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec beaucoup de glace (privilégier les gros cubes de glace).
Secouer énergiquement et servir dans un verre évasé - préalablement refroidi au congélateur - au travers d’une passoire. Garnir avec des zestes de citron jaune.

Black Villée

— 4,00 cl d’Eau de Villée
— Citron vert
— Menthe fraîche
— Coca-Cola

Dans un verre à fond épais, presser menthe, citron vert et Eau de Villée.

Remplir le verre de glace et ajouter le Coca-Cola, terminer par une feuille de menthe en décoration. Vous pouvez aussi remplacer le Coca-Cola par du jus de cranberry pour obtenir le cocktail « Red Villée ».

Ancrées à Profondeville, les enseignes Euro Center et èggo sont deux exemples de réussites socio-économiques. Philippe Taminiaux, leur fondateur, a réussi à insuffler un formidable esprit d’équipe à ses collaborateurs. Sa recette ? Enthousiasme et passion égalent succès !

C’est une maison pas comme les autres, c’est sûr. Où les valeurs traditionnelles en ont pris joyeusement un coup au fil de l’aventure. Le premier choc, on le savoure en arrivant au siège d’Euro Center et d’éggo, à Bois-de Villers : sur le parking, les meilleures places sont réservées aux visiteurs ! « C’est juste, le client est roi », me rappelai-je, en grimpant l’escalier menant à la réception. J’avais rendez-vous avec Philippe et Frédéric Taminiaux. Le père et le fils, responsables des deux sociétés soeurs, aiment se fondre dans la masse de leurs « collaborateurs. » La preuve, sur le mur du hall d’entrée, leurs photos respectives sont noyées dans l’anonymat de quelque trois cents têtes souriantes – parmi lesquelles celles de Halle Berry et de Brad Pitt, mais de fortes présomptions m’inclinent à penser qu’il s’agit là d’une ruse pour impressionner les visiteurs. « Mon père aime traiter son personnel d’égal à égal, m’avait prévenu Frédéric au téléphone. Il fait la bise à tout le monde et chacun l’appelle par son prénom ! »

« Euh… est-ce que Philippe est là ? », susurraije à la réceptionniste, en montrant le numéro 255 accroché aux valves. « Il achève de brosser la cuisine afin d’éliminer les frasques de la veille et il est à vous ! », entendis-je quelqu’un répondre. Je commençais à douter de ma propre identité quand je vis un gars assis dans le couloir, devant des pages et des pages de formulaires, en train de marmonner je ne sais quoi et en comptant fébrilement sur ses doigts. « Il postule pour une place dans la société, m’expliqua, un peu plus tard, Fabrice Pollet, le directeur des ressources humaines. Chaque semaine, nous recevons vingt-cinq candidatures spontanées ! Mais ces postulants ont intérêt à savoir bien compter parce que, chez nous, ce sont les vingt premiers mots et les vingt premières secondes de l’entretien, ainsi que les vingt centimètres de leur visage, qui importent. Cela nous suffit pour juger de leur motivation et de leur enthousiasme. »

Milliard !

Je me sentis rougir. Mes vingt premiers mots n’avaient-ils pas été : « À propos, vous me parlez d’accueil, mais vous ne m’avez toujours pas offert une bonne tasse de café » ? Mais je me rassurai aussitôt. Car Philippe Taminiaux était parti d’un grand éclat de rire et avait commandé du café et de la tarte. « C’est vrai que j’ai toujours eu l’obsession du client. Dès l’ouverture des premiers magasins, j’ai cherché à l’étonner en lui offrant la livraison et le café ! Déjà alors, je voulais lui donner l’envie de revenir… »

Puis, il me raconta son histoire… En 1979, dans un trou perdu de Floreffe, le Namurois ouvre, en tant que franchisé, son premier magasin de type « discounter » sous l’enseigne Electro-Cash et jette pour ce faire toutes ses économies dans la publicité. C’est gonflé, mais la sauce prend. De 35 millions de francs belges cette année-là, son chiffre d’affaires atteint 350 millions en 1989 – année où il quitta le réseau de franchisés pour fonder, avec un autre entrepreneur namurois, l’enseigne Euro Center – puis franchit la barre du milliard en 1998 ! « Jusque 2003, nous avons ouvert près d’un magasin par an. Une success story qui repose sur trois éléments : la passion pour le client qui doit toujours être satisfait, ainsi que l’enthousiasme et le sourire de nos collaborateurs. C’est ce que nous appelons notre «légende». Chacun doit constamment l’avoir en tête. On se taquine souvent à ce propos… »

Une vision a Milan

En 2004, Euro Center saisit l’opportunité de se développer dans le nord du pays en reprenant et en aménageant selon sa philosophie dix magasins de l’enseigne Megapool. Le spécialiste en électronique et électroménager compte alors 33 points de vente et plus de 300 collaborateurs. Hélas ! Le concept ne démarre pas en Flandre car les gens sont réticents à changer leurs habitudes d’achat. « C’est alors que j’eus une vision à Milan – que l’on pourrait traduire par une vision à long terme (Ndlr) – en découvrant un nouveau design de cuisine associé à une façon inédite de mettre le produit en valeur. Au lieu de données techniques, des images du bonheur : une naissance, des enfants qui rient, des fruits, des oiseaux… » Philippe Taminiaux s’arrête net, car en feuilletant les projets de décoration qu’on venait de lui mettre sous les yeux, une image le choque. « Qui est-ce qui m’a fait cela ? On ne coupe pas la queue d’un oiseau ! Il faut refaire ce cadrage…. » « Mon père est passionné par la nature, me souffle Frédéric. C’est lui qui a lancé le Festival Nature Namur il y a 17 ans. Il vous en parlera sûrement tout à l’heure… » L’image du bonheur ? Il suffisait d’y penser. Comme l’oeuf de Colomb. D’ailleurs, la nouvelle enseigne s’appellera éggo. Et le logo aura la couleur de l’olive, accentuée d’une touche d’orange (ou jaune d’oeuf). Après avoir lancé sur ce nouveau projet une équipe de vendeurs, coloristes, éclairagistes, archi- tectes d’intérieur, publicitaires, Philippe Taminiaux, qui se considère humblement comme un lieur de sauce mayonnaise (décidément, on reste dans l’oeuf !) au sein d’un groupe, ouvre ses quatre premiers éggo en mars 2007. La marque en comptera vingt en septembre ! Dans la foulée, il a la bonne idée de convertir les enseignes Euro Center du nord du pays en magasins éggo. « Nos meubles proviennent de notre usine-partenaire Nobilia, en Allemagne. Mais ils sont fabriqués sur mesure pour répondre à nos concepts. Avec nos designers, nous avons développé un style très zen qui se caractérise notamment par l’îlot central qui intègre le cuisinier à la maisonnée et incite les gens à prendre l’apéritif en sa compagnie. » « Ou le café », faillis-je d’ajouter. Mais je m’abstins.

Zorro est arrivé !

Bref, une nouvelle aventure démarre. Jusqu’à la crise de 2008. La marque frôle alors le crash. « La pompe Euro Center ne parvenait plus à alimenter en fuel l’avion éggo, qui venait d’investir 12 millions € pour son décollage, explique Philippe. Heureusement, Zorro est arrivé ! » Zorro, c’est Frédéric. Formé à l’Ecole de Commerce de Solvay (ULB), le jeune homme (27 ans) va s’atteler à mettre de l’ordre dans la logistique et les finances, un domaine quelque peu délaissé par le paternel. « Mon père vient de la publicité, justifie Frédéric, aujourd’hui directeur des opérations de vente. Sa force, c’est son audace, jointe à un enthousiasme débordant grâce auquel il arrive à convaincre ses interlocuteurs. Quand il va trouver une banque pour un prêt, il arrive sans plan financier, mais sûr de ses idées. Quand il doit investir, il est du genre à pousser tout son argent sur le tapis, comme James Bond dans «Casino Royal». Les autres sont estomaqués et déposent leurs cartes… »

Les deux entreprises sont peu à peu remises sur orbite. En 2011, année historique pour le groupe, Euro Center (22 magasins en Wallonie) et éggo (41 dans toute la Belgique) ont vu leurs chiffres d’affaires monter respectivement à 57 et 85 millions €. Des hausses de 13 et 16 % ! Cette année, trois nouvelles enseignes sont prévues dans les zones de Charleroi et Liège. Et les responsables réfléchissent aujourd’hui à une implantation en Espagne et aux Pays-Bas.

« Le groupe travaille actuellement avec 600 personnes, soit 450 salariés et 150 indépendants, des installateurs de cuisine principalement, explique Fabrice Pollet. De nombreux postes sont occupés par des conseillers en cuisine, des vendeurs en électroménagers, des livreurs bilingues et des logisticiens. » « Notre politique de l’emploi est basée sur la pratique du «Vis ma vie», ajoute Frédéric Taminiaux, C’est-à-dire que nous demandons à chacun de travailler quelques temps dans les autres départements afin de mieux comprendre les impératifs de ses collègues. Ce qui leur permet également de faire connaissance. »

Des voyages initiatiques au Sénégal

Pour consolider les liens entre ses collaborateurs, Philippe Taminiaux a également pris l’habitude, pendant dix ans, d’envoyer ses collaborateurs au Sénégal. Un pays pour lequel il a jadis eu le coup de foudre et où il a tissé des liens, loin des circuits touristiques. « Les habitants sont dépourvus de presque tout, mais vous êtes reçus comme des rois, même lorsqu’ils viennent de parcourir sept kilomètres dans la brousse pour aller chercher de l’eau ! C’est ce sourire permanent, cette chaleur naturelle, que j’attends de nos vendeurs en présence des clients. Même si les destinations changent parfois – l’an dernier, nous sommes allés au Sri Lanka – ces voyages initiatiques sont toujours nécessaires pour que chacun ouvre les yeux. Pour que notre «légende» survive et se transmette aux nouveaux venus. »

J’avais compris. Au moment de quitter le père, le fils et le saint esprit qui règne dans cette belle famille, je me fendis de dix centimètres de sourire. Las ! Personne ne me fit la bise, ni même n’articula mon prénom. Mon ego en prit un coup. Je croyais avoir réussi mon examen d’entrée et voilà que j’étais juste bon pour la sortie. La faute au café, c’est sûr… ! ■

 

Un Festival Nature Namur légendaire !

En octobre 2011, le Festival Nature Namur a rassemblé plus de 35 000 visiteurs en dix jours sur le site de l’Acinapolis, à Jambes. Quelque 200 films amateurs et professionnels et plus de 6 000 photos étaient en compétition. Sans oublier les balades nature, les conférences, les soirées à thème, les animations… Un tout grand rendez-vous et une autre success story que l’on doit à ce grand amoureux de la nature, photographe et, plus récemment, jardinier qu’est Philippe Taminiaux.

« Ce festival est connu partout en Europe où il reste le numéro 1 en matière de films amateurs », explique le responsable qui a réussi à fédérer ses collaborateurs qui se font un plaisir, chaque année, de donner un coup de main à l’organisation. Que ce soit en dressant les buffets ou en servant au bar, chacun, du vendeur au gérant, aborde alors en permanence son sourire légendaire et plus … naturel que jamais. Vous êtes sceptiques ? La 18e édition aura lieu du 12 au 21 octobre prochain.

www.festivalnaturenamur.be

 

Limelette est le joli petit village traditionnel où s’est établi Lhoist, le plus grand producteur mondial de chaux et de dolomie. Cette entreprise familiale, qui emploie plus de 5 500 travailleurs à travers le monde, affiche un chiffre d’affaires de 1,9 milliard. Un véritable colosse, pourtant trop méconnu du grand public.

«Celui qui est né pour un petit pain n’en aura jamais un gros. » Les plus belles histoires n’apportent-elles pas les plus beaux démentis au proverbe ? Des contes de fées bien réels qui prouvent qu’on ne doit pas être né avec une cuillère en argent dans la bouche. Qu’à force de labeur, d’engagement et de persévérance, on peut soulever des montagnes ! De «rags to riches», des guenilles à l’opulence, comme disent les Américains. C’est précisément de cette manière qu’a débuté l’histoire de Lhoist.

Hyppolyte, de son surnom Léon

Les racines du groupe remontent à la fin du XIXe siècle. En 1861, Hippolyte Dumont, de son surnom Léon, naît dans une famille de sept enfants. Après seulement deux années passées sur les bancs de l’école primaire, il commence à travailler dans les carrières de Chainaye et Lhoist. À l’âge de vingt ans, il est déjà passé contremaître et, en 1886, il reprend l’exploitation de la carrière communale d’Ampsin, la bourgade dont il deviendra plus tard bourgmestre. En 1889, il épouse une jeune chapelière du nom de Caroline Wautier. La même année, il crée la carrière qui porte leurs deux noms : Carrières et Fours à Chaux Dumont-Wautier.

Clairette, l’une des filles du couple, épouse en 1920 un descendant de la lignée des Lhoist. Et oui, les carriers qui possédaient aussi la carrière où Dumont s’était forgé sa première expérience professionnelle. Lorsque Dumont commença à y travailler, la famille Lhoist dut probablement le regarder de haut, lui, le jeune bougre issu d’un milieu modeste et comptant seulement deux ans d’école primaire. Mais à présent, sa fille épouse un Lhoist ! C’est peut-être difficile à imaginer aujourd’hui, mais dans la société d’avant-guerre, cela fait impression. Et la progression dans les rangs de la société déjà entamée par Dumont ne fait que commencer.

Avec 90 sites de production dans 24 pays et un chiffre d’affaires de 1,9 milliard €. L’entreprise du petit village de Limelette est un acteur international du marché de la chaux et de la dolomie.


Ce beau-fils, Léon Lhoist, fonde en 1924 une carrière à laquelle il donne son nom et qui est le précurseur direct de l’actuel groupe éponyme. Deux ans plus tard, il étend son activité à la France. À la dépression des années ‘30 succède la Seconde Guerre mondiale et l’expansion subit un coup d’arrêt temporaire. Le changement arrive sous la houlette du jeune Lhoist, baptisé, tout comme son père et son grand-père, Léon. En 1981, la croissance internationale est en marche avec la reprise du groupe américain Chemical Lime du Texas. Les extensions s’enchaînent alors à un rythme élevé : Europe de l’Est, Allemagne, Mexique, Angleterre, Brésil, Malaisie, Russie et Oman. Aujourd’hui , Lhoist emploie des personnes de 30 nationalités différentes. Avec 90 sites de production dans 24 pays et un chiffre d’affaires de 1,9 milliard €, l’entreprise du petit village de Limelette est un acteur international du marché de la chaux et de la dolomie. On dénombre dans le monde entier autant de travailleurs que d’habitants de Limelette : un peu plus de 5 500. Ainsi, le conte de fées réel entamé en 1861 avec la naissance d’Hyppolite Dumont a atteint son apogée… pourtant provisoire.

L’art d’unir

Le Groupe Lhoist est réputé pour sa discrétion : Lhoist ne communique jamais avec l’extérieur. C’est ainsi que l’une des plus grandes multinationales privées belges est pratiquement inconnue du public. Ce que nous savons par contre du Groupe Lhoist, c’est qu’il est un grand sponsor d’activités culturelles et sociales. Dans les années ‘90, le jeune Lhoist se lance dans la création d’une importante collection de photos et de sculptures. La collection d’art, qui n’est malheureusement pas accessible au public, a pour but d’unir les travailleurs de Lhoist. Le site web spécial de la collection le mentionne : « L’art est un formidable moyen de poser un regard différent sur le monde qui nous entoure. À travers notre collection, les expositions et les visites culturelles que nous organisons pour nos collègues et leurs enfants, Lhoist tend vers une organisation plus ouverte d’esprit et plus sensible à la culture. »

Les oeuvres d’art sont non seulement exposées au siège à Limelette, mais aussi dans différents bureaux régionaux. Chaque travailleur peut égayer son bureau avec une oeuvre de la collection et choisir une nouvelle pièce aussi souvent qu’il le souhaite. Chaque année, une personnalité connue du monde artistique organise une exposition basée sur la collection. Des évènements culturels sont en outre organisés régulièrement pour tous les collaborateurs de l’entreprise, de l’ouvrier au membre de la direction, et leur famille. Dans ce cadre, des collaborateurs issus de différents pays et de différentes couches de l’entreprise se côtoient le temps d’une journée informelle et apprennent à se connaître dans un contexte culturel.

Un écran de veille ingénieux

Amusant et original aussi, l’écran de veille installé sur l’ordinateur de chaque collaborateur. Il affiche des photos de la collection d’art dès que l’ordinateur n’est plus utilisé pendant cinq minutes. Chaque photo s’accompagne d’un commentaire écrit. Les images sont diffusées simultanément sur les ordinateurs du monde entier, pour autant bien sûr qu’un collaborateur ne soit pas occupé à ce moment-là. Les collaborateurs disséminés sur des continents différents et exerçant des fonctions totalement différentes sont ainsi unis par ces photos qui apparaissent au même moment sur leur écran.

Outre la collection d’art, Lhoist sponsorise une palette d’évènements culturels. Un bel exemple est son soutien à l’association Entr’ Ages, coordinatrice de la deuxième édition du Festival du film intergénérationnel (FFI) à Louvain-la-Neuve (voir page 8). Ce géant de la chaux et de la dolomie mérite donc bien son nom de sympathique colosse.

www.lhoist.com

 

Lhoist, en quelques mots

Que produit le Groupe Lhoist ?

Le Groupe Lhoist possède des mines dans 24 pays où sont extraites la chaux et la dolomie. Les 90 sites de production de l’entreprise transforment ces matières premières en différents produits. La matière brute est broyée en poudre ou en fragments de diverses tailles. Portés à des températures supérieures à 900 °C, ces fragments sont transformés en chaux vive. Celle-ci est utilisée, par exemple, dans la fabrication de l’acier pour ôter les impuretés du minerai. En ajoutant de l’eau à la chaux vive, on obtient une poudre appelée chaux éteinte. Il s’agit d’un ingrédient du ciment, mais aussi de produits de lessive et d’aliments. L’ajout d’encore plus d’eau forme du lait de chaux, qui régule le taux d’acidité et la dureté de l’eau potable.

Chaux et dolomie, quel intérêt ?

Au quotidien, nous nous soucions peu de ces matières premières qui ont bâti le monde moderne. Eh bien, vous serez surpris de n° 18 Économie leurs nombreuses applications. La dolomie, ou spath amer, est une forme de chaux qui apparaît dans le calcaire avec une certaine teneur en magnésium. Elle est notamment utilisée comme pierre naturelle et matière première pour le ciment. La chaux est utilisée dans la fabrication de l’acier, du papier et d’une kyrielle de produits chimiques. Elle est à la base d’un mélange appelé ciment Portland, qui est utilisé pour le béton préfabriqué et le béton immergé. Autant dire que la chaux et la dolomie sont des éléments essentiels dans presque chaque construction.

En mélangeant l’argile et la glaise à la chaux, on solidifie le sol, le rendant apte à supporter des chantiers et à servir de fondation aux terrains urbanisés et aux routes. Les boues de dragage des voies d’eau et les boues des stations d’épuration des eaux peuvent également être ainsi réutilisées dans le respect de l’environnement. Hormis la construction, la chaux intervient également dans l’agriculture. Elle neutralise les méfaits des acides du sol et prévient de la sorte l’intoxication des végétaux. Elle permet par ailleurs aux plantes de mieux assimiler les substances nutritives. La chaux est aussi utilisée dans les cheminées d’installations industrielles pour assainir les fumées.

Essentiel pour l’eau potable

Comme en témoignent les exemples ci-dessus, la chaux et la dolomie ont des applications très importantes dans l’industrie et l’agriculture. Mais leur principale application est peut-être l’eau potable. La quantité de calcaire contenue dans l’eau potable, qu’on appelle la dureté de l’eau, est fixée par voie légale. Une dureté trop élevée, trop de chaux dans l’eau potable, est nocive pour les équipements et pour l’environnement. Quant à une dureté trop faible, elle ouvre la porte aux substances toxiques qui peuvent se dissoudre plus facilement dans l’eau. Pour éviter ces conséquences fâcheuses, l’eau potable trop dure est adoucie et l’eau potable trop douce est au contraire enrichie en calcaire.

Derrière un grand homme se cache toujours une femme. À L’Air du Temps, pas de préséance. Carine n’est ni derrière ni devant mais bien aux côtés du culinairement inénarrable Sanghoon Degeimbre. Histoire d’amour et de gastronomie à reculons.

Épilogue : La fin n’est que le début

Carine Degeimbre, la « patronne », laisse sans regret la brillance aux deux étoiles Michelin du restaurant. Le succès de San, son Chef de mari, elle le partage sans qu’il en soit fait état. Elle sait ce qu’il en est. Dans la restauration, la réussite n’est jamais solitaire. De deux en 1997, l’équipe est passée à quinze en 2013. Aujourd’hui, Carine est responsable de la gestion administrative et comptable de ce qui tend à devenir une entreprise où excellence gastronomique, terroir, hospitalité et apprentissage feront un tout explosif de plaisir. Abandonner le service en salle : « un mal pour un bien » pour celle, spontanée, qui aime le contact humain. La montée en puissance du restaurant méritait le sacrifice. En cuisine, San invente tranquille, la maison est bien gardée et les factures payées à temps. Quant aux instants privilégiés passés avec la clientèle, les retrouvailles sont planifiées pour ce printemps lorsque Carine s’assurera, au petit déjeuner, que les hôtes des cinq chambres récemment ouvertes à l’étage sont heureux comme des carottes dans le potager.

Épisode 2013 : Le rêve, Liernu

Une ferme d’architecture rurale traditionnelle, des terres à la campagne, des annexes de charme pour s’étirer à l’envi… San et Carine en ont rêvé en s’épongeant le front pendant quinze années. Combien de kilomètres parcourus entre les tables d’un premier et modeste (en taille) restaurant pour franchir la ligne séparant la fiction de la réalité ? Chez les Degeimbre, on ne compte pas, on bosse. « Je pense être un excellent commis ». Dans la grammaire technique et humble de Carine, « commis » signifie « exécutant sans responsabilité », un poste utile en cuisine. Retrousser ses manches n’est pas déshonorant. En déplacement à Melbourne, Carine a souhaité accompagner San. « Si tu viens », lui avait dit son mari, « tu remplaces un homme ». Ainsi, Carine a vu Melbourne et ses cuisines dans lesquelles elle a travaillé comme un homme. Qui pourrait croire que, pour arriver jusque Liernu, le chemin n’a pas été à paver ? Le restaurant rêvé de Liernu est-il un aboutissement ? Carine le souhaite à défaut d’y croire. San aura le dernier mot de toute façon. Car, comme le dit son épouse : « San, c’est l’accélérateur et moi, je suis le frein. Mais ce n’est pas pour autant que je n’aime pas foncer et quand on a l’a fait, sans toujours savoir au départ vers quoi on allait, on était deux. »

Épisode 1997-2013 : La Voie lactée, Noville-sur-Mehaigne

Une déclaration lucide pour cette femme sans chichis qui avoue d’autre part que, sans sa rencontre avec San, elle aurait probable ment quitté le métier pour se réorienter, pourquoi pas, vers l’enseignement. Il en a été autrement. Quand, en 1997, San a senti les murs se rétrécir, il fut temps de partir. Charleroi, bye, bye. Carine, confiante, quitte aussi son emploi. Le jeune couple achète, à Noville, une maison sur la chaussée dans laquelle ils ouvrent leur premier restaurant. « Nous n’avions pas investi des masses, nous n’avions pas peur. » Carine est le maître d’hôtel et, en avant-poste, le « goûteur » officiel le plus objectif. Trois ans plus tard, au téléphone, un journaliste les avertit que San décroche sa première étoile au Guide Michelin. « On entrait dans le guide et déjà avec une étoile. À l’époque, j’étais enceinte d’Émilie et, du jour au lendemain, plein de monde. Nous n’étions que deux en salle. J’étais crevée. La nouvelle a fait le buzz : un petit restaurant qui ne paye pas de mine, vingt couverts seulement, sans salon, récompensé pour l’assiette. » Suivie d’une seconde consécration huit ans plus tard. L’Air du Temps acquiert une notoriété méritée. La clientèle se diversifie, se « luxifie » aussi. Carine garde la tête froide et ses « sourires restent les mêmes pour tout le monde. » Liernu est en germe.

Épisode 1987-1997 : Le Berceau, Charleroi

Le 7 septembre 1987, Carine fête ses vingt ans et, diplômée de l’École hôtelière de Fleurus, signe, le jour même, son premier contrat d’embauche à La Bruxelloise, un restaurant de Charleroi. À l’époque, San travaille pour le même patron, dans la même ville mais dans un autre restaurant. La rencontre est inévitable. San est bouillonnant et place la barre très haut. Il a de l’ambition pour deux et une vocation pour la perfection. Carine l’encourage et se dit prête à lui emboîter le pas. Ce qu’ils font bien pour les autres, pourquoi ne le feraient-ils pas pour eux-mêmes ? San est reconnu comme sommelier, il ne cuisine pas encore mais, en observant patiemment, il s’est forgé une idée précise de ce que pourrait être « sa » cuisine. Ensemble, ils partent à la recherche d’un bâtiment qui pourrait accueillir leur restaurant, accessoirement leur foyer. Estelle a six ans, Manon – en hommage aux pralines dont sa maman raffole — va naître. Ils recherchent une maison, bien visible, en bord de route, facile d’accès. Ne pas prendre trop de risque. Leur choix se porte sur Noville. Ce n’est pas le coup de foudre mais juste pratique et stratégique. La suite est inespérée. L’histoire d’amour et de gastronomie est en marche.

 

Bio-express

Septembre 1987 : premier job, Carine a 20 ans exactement.
Mars 1991 : naissance d’Estelle.
Septembre 1993 : rencontre de San à Charleroi.
Mai 1997 : naissance de Manon.
Juillet 1997 : ouverture du premier restaurant à Noville-sur-Mehaigne.
Janvier 2000 : 1ère étoile Michelin.
Juin 2000 : naissance d’Émilie.
Novembre 2008 : 2e étoile Michelin.
Janvier 2013 : ouverture de L’Air du Temps, à Liernu.

 

Renseignements

L’Air du temps
Rue de la Croix Monet 2
B-5130 Liernu (Éghezée)
+32 (0)81 81 30 48
[email protected]
www.airdutemps.be

 

Pluie de Star-lettes

San les a repérées dans son ciel étoilé. Elles scintillaient plus que les autres. « Elles », ce sont les artisans et productrices qui gravitent autour de L’Air du Temps. Moment avec deux d’entre elles.

Ben l’hyper douée

Une sacrée nana aux mimiques attachantes. D’emblée, elle vous lâche que « tourner » lui a sauvé la vie. Nous n’en saurons pas plus mais c’est suffisant pour comprendre que Ben, la potière, voue un amour viscéral à la terre qu’elle façonne en objets utilitaires. Son mari, élève à la San’ School, avait confié au Chef que « Ben faisait des choses extraordinaires ». Curieux, San se déplace jusqu’à son atelier. Le courant passe entre les deux artistes. Bols, assiettes plates et profondes, formes d’inspiration coréenne ou classique, la vaisselle naît entre les mains de Ben et se remarque sur la table de San. Comme la boîte à café, rebaptisée « la boîte de L’Air du Temps » qui surprend le convive en fin de repas. Une idée de San sur une interprétation de Ben à partir de grès « chamottés » en provenance des Argilières Hins à Saint-Aubain (Florennes). De la céramique possédée par la sensibilité de Ben.

Véronique la reconvertie

Elle eut une autre vie professionnelle. Elle l’a oubliée. À ce jour, elle pense tout le temps à L’Air du Temps. Lors de chaque salon du design, chaque foire de l’ameublement et de la décoration, Véronique cherche des meubles, des objets ou des accessoires contemporains que l’« on ne voit pas ailleurs ». Pour sa boutique improbable mais aussi pour le restaurant de ses amis. Plus que n’importe qui, elle connaît sur le bout des doigts les goûts de San et Carine. Le mobilier de Liernu, c’est elle en grande partie qui l’a suggéré et trouvé. Son inclination pour les tendances scandinaves est aussi naturelle que le bois clair de la longue table d’hôte installée dans une des salles à manger. Il arrive même qu’un accessoire original trouvé par cette dénicheuse invétérée soit l’occasion de créer un plat assorti. L’Air du Temps : un compromis entre épure asiatique et design de la nature.

 

Renseignements

Ateliers Bibenbou
Rue de la Cure, 13 - B - 1350 Jauche
+32 (0)19 63 72 96
[email protected]
www.bibenbou.be

Au détour du chemin
Véronique Lemage
Ferme de Ghlin - Rue du Village, 147
B - Noville-sur-Mehaigne
+32 (0)81 74 70 36
www.addc.be

Videos

Des copains, du talent, de l’imagination. Des jeux video, des plateformes, le virtuel et la troisieme dimension. Les ingredients d’un studio de developpement delirant. Fishing Cactus, une entreprise bizarroide.

Il était une fois… deux virtuoses du monde artificiel, Bruno et Julien. Le grand groupe d’édition et de développement européen de jeux 10Tacle, dans lequel ils travaillaient et se côtoyaient, était actif dans le domaine du game-design jusqu’au jour où une zone de turbulences emmèna la société à la faillite en 2008. Les deux jeunes hommes décident alors de prendre le taureau par les cornes. C’est ainsi qu’ils combinent leurs forces et mettent sur pied les projets ambitieux qu’ils avaient en tête depuis tout ce temps pour créer leur propre boîte de développement au nom surprenant de Fishing Cactus. « Une appellation à l’origine tue pour des raisons top secrètes ! », s’amuse à expliquer Silvia, responsable des relations publiques.

C’est donc sur les cendres de 10Tacle que Fishing Cactus, reconnu aujourd’hui comme le développeur officiel de jeux vidéo pour Microsoft, Apple et Nintendo, a vu le jour en 2008. Tout a commencé dans la cave d’une ancienne maison à Cuesmes où les spécialistes du design, de la programmation, du graphisme et du développement se retrouvent pour partager leurs idées et leur passion pour les jeux vidéo. Ils vont convaincre Ramsès et Maxime — anciens employés, eux aussi, de 10Tacle — de les rejoindre. L’équipe des moins de trente ans s’est donc rapidement agrandie.

De la cave au garage, ils prennent leurs quartiers à Mons, dans un open space aux allures de loft industriel. En 2013, ils investissent dans un nouvel immeuble, plus spacieux et plus caractéristique, qui sera entièrement customisé par leur mascotte : le cactus.

Une famille hors pair

En attendant leur nouveau QG, l’équipe de Fishing Cactus occupe une grande salle tamisée, qui, tel un bunker, ne laisse pas filtrer la lumière extérieure. Il y a évidemment un cactus — un vrai ! — pour l’accueil, des murs et des bureaux décorés à la façon des employés et, bien en évidence, un cactus géant au sourire ravageur. Le tout dans une atmosphère détendue et bon enfant. Car ici, « quand on sort, on sort tous ensemble ! », confie Silvia, l’Italienne à l’accent prononcé. Et Andrea, designer depuis trois ans à Fishing Cactus, d’ajouter : « C’est un lieu où boss et employés sont sur la même plateforme. Notre petite équipe coopère chaque jour. Les projets mis en place doivent motiver l’ensemble des membres, ils sont soumis au regard de chacun et doivent plaire à tous. » « Les premières personnes à convaincre, c’est l’équipe ! », surenchérit l’artiste au style décontracté. Fishing Cactus tend donc à responsabiliser ses employés. Une sensibilisation qui passe aussi par l’investissement. Devenue à présent société par actions, l’entreprise mobilise son personnel à investir en ses lieux.

Une petite industrie… de grands produits

La grande famille, dont le cadet a 22 ans et l’aîné 31 ans, ne compte pas moins de 32 employés à l’imagination débridée et à l’analyse fine du secteur des jeux vidéo. Outre les casual games, les jeux traditionnels destinés au grand public, près de 50 % de leur marché concerne les serious games. Le lauréat des casual games, c’est Paf le Chien avec plus de 20 millions de joueurs de par le monde. Cette version mobile et très ludique consiste à envoyer le chien le plus loin possible après lui avoir donné un coup de pied. Une victoire lorsqu’on sait que l’application a été la plus téléchargée en France en 2011. Cette industrie vidéoludique a pour objectif premier de concevoir des jeux vidéo originaux, et ce, de l’idée à la mise en pratique sur plusieurs supports. C’est dans ce but que Mojito, leur moteur multiplateforme interne, a été créé de manière à distribuer les jeux vidéo sur différentes plateformes. Du mobile à la console, en passant par l’ordinateur, la plupart des jeux conçus par Fishing Cactus sont transposables.

Quant à la gamme de produits de la branche serious games, il s’agit de jeux ludiques à vocation pédagogique, d’apprentissage ou d’entraînement . Prenons l’exemple du programme R.O.G.E.R. — encore au stade expérimental et de dévelop-pement —, qui est destiné aux personnes qui pâtissent d’une défaillance cognitive ou intellectuelle, comme dans le cas de patients souffrant de la maladie d’Alzheimer. En cours d’études auprès d’une dizaine de cliniques de recherche à Bruxelles, ce jeu vise à reconnecter les synapses des patients afin qu’ils parviennent d’eux-mêmes à se souvenir de certaines actions à accomplir face à une situation particulière : mettre son maillot de bain dans la valise avant de partir au soleil. 

Vers les frontieres… et au-dela

C’est bien grâce à un seul axe d’exploitation que Fishing Cactus a pu convaincre la Région wallonne : les casual games. Cette petite entreprise, qui n’a pas connu la crise, a été récompensée par l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements (AWEX). Elle a raflé, cette année, le prix « Tremplin à l’exportation » grâce à un taux d’exportation n’excédant pas la barre des 70 % pendant trois exercices consécutifs. Mais pas seulement ! Fishing Cactus a rempli tous les critères pour endosser parfaitement le rôle de lauréat. Entre autres, son volume d’exportation s’est considérablement accru en l’espace de quelques années. La bande de copains a su démontrer qu’elle contribuait activement à la promotion de la qualité et du savoir-faire wallon hors des frontières belges et a été félicitée pour cette prouesse. Le succès grandissant, le studio de développement a dépassé, pour l’année 2011, le quota des produits exportés. Leur nombre de fans ne cesse d’évoluer. Les joueurs chinois, américains et japonais s’arrachent le téléchargement des jeux vidéo les plus emblématiques de Fishing Cactus comme Shift, sur iPhone, avec 16 millions de joueurs.

Seule au monde

À la conquête des marchés internationaux, Fishing Cactus enregistre à son palmarès plus de cinquante jeux différents disponibles sur une large gamme de plateformes digitales, Androïd, Windows, Xbox, iPhone, PC, Mac, Nintendo. D’ailleurs, parmi les forces de Fishing Cactus, on retrouve sa capacité à réagir simultanément sur tous les supports. Ce n’est pas tout. En Belgique, rares sont les studios de développement proposant des serious games aux entreprises, collectivités ou services publics. La concurrence locale est pour ainsi dire nulle. Et aux frontières du numérique, elle est inexistante. Mais d’autres forces, plus subtiles, font de Fishing Cactus une industrie qui travaille avec de grands partenaires comme Disney, SEGA, BigBen ou encore Ubisoft. « On a tous une histoire particulière. On a tous travaillé dans une grosse boîte où il n’était pas permis d’exprimer sa créativité », explique la jeune Sophie, assistante en relations publiques. Et d’ajouter : « Ici, notre opinion compte et c’est ce qui fait la différence sur un projet. Notre créativité est sans limites et comme nous ne sommes pas bridés, on réalise des merveilles ! » Mais pour répondre aux exigences de ses clients et respecter les délais, Fishing Cactus se doit, parfois, de refuser certains projets. « On ne peut pas grandir trop vite pour prévoir un développement durable de la société. On n’a pas envie de prendre trop de risques sur des gros projets si on ne peut pas garantir de livrer à temps ! », confie Silvia.

Des Creatures tant attendues

Le plus gros studio de développement en Wallonie refuse, certes, de gros projets mais a aussi du travail à en perdre la tête. Outre lacréation de jeux ludiques de découverte et de parcours pour Mons 2015 et Liège 2017, la fine équipe de Fishing Cactus s’affaire à la saga Creatures, un jeu culte né dans les années 90. « Depuis tout jeune, je suis passionné par ce jeu », s’engoue Andrea, game designer sur le projet. « Aujourd’hui, les messages de fans, qui attendent avec grande impatience la sortie de Creatures 4, se multiplient sur les forums. Et c’est génial ! » D’un graphisme archaïque de l’époque, Creatures s’est modernisé avec la 3D et les petites créatures attachantes se sont dotées d’une intelligence artificielle surprenante capable de simuler des gestes. Depuis deux ans, et pour la plus grande satisfaction des 20 millions d’adolescents qui ont grandi avec le jeu, Fishing Cactus et BigBen ont acquis la licence. Creatures, ce monde imaginaire où Norns, Grendels, Ettins vivent sur une même planète, est un concept qui se décline, depuis, aussi bien sur PC et Mac OS que sur iPod, iPhone et iPad. On peut y jouer de partout et reprendre la partie là où on l’a laissée. Cet environnement, au réalisme sans pareil, laisse une grande place à l’écologie avec une faune et une flore typiques. Les petits animaux, aux grands yeux et aux grandes oreilles et au pelage vert, rose, bleu ou encore violet, peuvent interagir avec leur univers et, même, avec vous. Les Norns apprennent, enseignent et s’adaptent. Sauf que, dans cette dernière série, les créatures naissent, se reproduisent et finissent par mourir. L’aventure fantastique est infinie. Que nous promet celle de Fishing Cactus ? ■

 

Les Belges, pionniers du web !

Pour rappel (voir waw n°11), les precurseurs d’Internet et des moteurs de recherche comme Google se trouvent au Mundaneum de Mons. Fishing Cactus s’y frotte depuis le 9 octobre dernier. Jusqu’au 1er juillet 2013, le Mundaneum perce les secrets de l’origine du web a travers son exposition Renaissance 2.0 : le savoir au bout des doigts. Pour retracer l’histoire de l’organisation de la connaissance et du savoir, le ≪ Google de papier ≫ propose de remonter le temps au cours d’un parcours interactif et de decouvrir, au fil de l’aventure, la fabuleuse histoire de deux visionnaires, Paul Otlet et Henri La Fontaine. Tous deux peres de la Classification Decimale Universelle (CDU).

Serious games

L’espace d’exposition a donc prevu une serie d’activites autour de l’evolution des sciences de l’information. C’est la que Fishing Cactus entre en scene avec son serious game disponible, meme apres l’exposition, sur tablettes Android. Ce jeu tres ludique va accueillir, guider et accompagner les enfants, les parents, les professeurs, et tous les visiteurs, a travers l’exposition. Une alternative pour decouvrir autrement le Mundaneum et sa lumineuse mappemonde. ≪ Le jeu va amener l’élève à se questionner sur le monde communicationnel dans lequel il évolue, sur l’avenir et sur la révolution que sa société est en train de vivre ≫, explique Sophie Schiaratura de Fishing Cactus. Mais le petit plus de cette animation est qu’elle est realisee en collaboration avec le studio de production de jeux video Atomic Turtles. Alors que Fishing Cactus gere les aspects artistiques et le design, le petit studio montois se charge, quant a lui, de la programmation. Quand des cactus rencontrent des tortues atomiques…

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