Waw magazine

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Avec la Citadelle, la cathédrale Saint-Aubain, l’église Saint-Loup ou encore l’Arsenal, le Théâtre Royal de Namur est l’un des fleurons de la capitale wallonne. Un outil magnifique qui a été élevé – pour sa façade, son foyer et les parties dorées de sa grande salle – au rang de patrimoine civil public majeur de Wallonie lors de sa campagne de restauration de 1993.

 

Ancré à quelques pas de la place d’Armes, le bâtiment frappe d’abord par sa majestueuse façade mêlant des éléments classiques, néo-classiques, baroques et même doriques. De style éclectique, mais néanmoins harmonieux, cette façade cache l’une des plus belles salles de Belgique, œuvre de l’architecte-ingénieur Julien Rémont, à qui l’on doit également l’aménagement du Théâtre Royal de Liège (Opéra royal). « C’est un outil magnifique, un stradivarius ! » lance son directeur Patrick Colpé. « Mais il fait partie des meubles depuis si longtemps que je finis par oublier la chance que j’ai ! »

Le bâtiment n’est pas si ancien puisqu’il date de 1868. Peu auparavant, en 1824, un premier théâtre avait été construit au même endroit, sur le site de l’ancien couvent des Annonciades édifié deux cents ans plus tôt. La Révolution française de 1789, on le sait, n’a pas laissé derrière elle beaucoup d’édifices et de sites religieux en état de tenir debout. Les espaces ainsi libérés par cette destruction organisée furent tour à tour récupérés pour de nouveaux équipements urbains (théâtres, kiosques, banques, parcs, etc.). À Namur, en 1824, c’est un théâtre digne de ce nom, dédié entièrement et exclusivement aux arts de la scène et de la musique, que le Conseil de Régence décida de construire. Ce théâtre, plus étroit que l’actuel, comprenait une salle de spectacle, un foyer et une salle des redoutes pour les bals et concerts.

Trois incendies en huit ans !

À l’époque où la sécurité incendie était généralement assurée par une pompe et des cuves remplies d’eau placées dans la salle – à ne pas confondre avec les baignoires, qui sont des loges aménagées légèrement au-dessus du parterre ! –, bien des bâtiments servant à abriter la comédie connurent des fins tragiques. C’est ainsi qu’en 1860, la rupture d’un tuyau de gaz d’éclairage fut à l’origine d’un premier incendie. En 1862, les travaux de reconstruction avaient à peine repris que la foudre entreprit de transformer le chantier en brasier. On espérait la malédiction chassée en 1863 quand de nouveaux travaux de rénovation lui redonnèrent de l’éclat, mais la belle aventure fit une fois encore long feu puisqu’en 1867, un troisième incendie détruisit complètement la salle après une représentation de l’opéra Faust de Gounod. (1)

Une salle à l’italienne conçue dans le style français

Il était donc écrit que la reconstruction du théâtre allait être la pièce du répertoire namurois la plus souvent jouée. En 1867, Julien Rémont, tout en s’appuyant au maximum sur les structures du bâtiment précédent, proposa de reporter les deux façades latérales sur l’alignement des avant-corps afin de donner plus de largeur à la salle. Il fit aussi ajouter un portique d’entrée d’origine dorique pour un meilleur accueil des passagers des calèches. Concernant la scène, qu’il prit soin d’adapter aux impératifs de l’opéra-comique et aux besoins du grand opéra, l’architecte liégeois lui donna plus d’aisance en lui adjoignant à l’arrière un espace réservé aux loges des artistes. Quant à la salle, si sa configuration en forme de fer à cheval est l’une des caractéristiques des théâtres à l’italienne illustrées par la Scala de Milan, elle s’assimile plutôt au style français par l’absence de loges. « En Italie, les gens se rendaient au théâtre en famille et ils restaient dans l’intimité de leur loge. En France, ils y allaient pour se montrer, ce côté “m’as-tu-vu” se traduisant par la disposition en vis-à-vis des fauteuils en galerie », explique Olivier Stoffels, responsable de la promotion et des relations extérieures du théâtre. « À Namur, où les fauteuils des balcons sont légèrement orientés vers la scène, on peut donc parler d’une salle à l’italienne conçue dans le style français. »

Épargné par la Première Guerre mondiale, mais violemment ébranlé par la deuxième lors des bombardements d’août 1944, le Théâtre de Namur – qui s’appelait Grand Théâtre ou Théâtre de la Ville jusqu’à ce que le roi Albert Ier consente, en 1933, à ce qu’il porte le titre de « Théâtre Royal » – nécessita d’importants travaux de rénovation qui furent entrepris en 1948. Mais c’est en 1993 que commença la grande campagne de restauration qui en fit le stradivarius que l’on connaît aujourd’hui : une magnifique salle de 800 places adaptée aux récentes technologies, complétée de deux espaces plus restreints aménagés dans les dessous de scène, à savoir l’amphithéâtre et le studio.

L’Abbaye de Malonne et les Abattoirs de Bomel

Jusqu’à la saison 2014-2015, le Théâtre Royal de Namur disposait avec le Manège, situé à 400 m de là, rue Rogier, d’une deuxième infrastructure proposant un espace brut, une esthétique plus rustique et une capacité plus réduite (300 places) convenant davantage aux spectacles plus modernes ou à des comédiens moins aguerris aux grandes salles. Mais cet espace, qui fut construit en 1856 à la demande du ministre de la Guerre et qui servit à l’exercice des cavaliers militaires (lanciers, puis chasseurs à cheval), avant de devenir un garage puis un entrepôt, est actuellement en rénovation et donc indisponible jusqu’en 2019. Heureusement, le Centre culturel - Théâtre de Namur dispose aujourd’hui, avec l’Abbaye musicale de Malonne, d’une salle dotée d’une excellente acoustique permettant d’accueillir les concerts. Et, avec les Abattoirs de Bomel, non loin de la gare, de bâtiments fraîchement rénovés qui conviennent désormais à merveille aux activités de son pôle Action culturelle et de son Centre d’expression et de créativité.

Trois récompenses en 2016

« Le Théâtre de Namur est également un centre dramatique et donc un lieu de création, » poursuit Patrick Colpé. « Par manque de moyens financiers, nous sommes cependant obligés de nous limiter à une ou deux pièces par an. L’an dernier, ce fut Une veillée de Gary Kirkham et Élisabeth II de Thomas Bernhard. Cette saison, il s’agit de deux coproductions : Tristesses (avec le Théâtre de Liège) et Tableau d’une exposition (avec l’ASBL Les gens de bonne compagnie). » Dans ce registre également, les responsables ont des raisons de se montrer fiers, puisque le Théâtre de Namur s’est vu décerner trois récompenses lors des Prix de la Critique 2016 : Tristesses a reçu le prix du meilleur spectacle, le duo Alexandre Trocki et Denis Lavant celui du meilleur comédien pour Élisabeth II et Cold Blood de Jaco Van Dormael, Michèle Anne De Mey et Thomas Gunzig, celui de la meilleure création artistique et technique. Un bilan surprenant pour une équipe qui s'est hissée en division d'honneur à la seule force des poignets ! 

Théâtre de Namur
Place du Théâtre, 2
B-5000 Namur
+32 (0)81 226 026
www.theatredenamur.be

UNE PROGRAMMATION ÉCLECTIQUE QUI SÉDUIT 5000 ABONNÉS   
« Les villes de Charleroi, Mons et, surtout, Liège reçoivent bien plus que Namur en matière de subventions culturelles. Mais si nos subsides sont ceux d’un petit théâtre bruxellois, nous parvenons à jouer en division d’honneur, car nous compensons par des recettes publiques importantes. Avec ses 5000 abonnements et ses 65 000 spectateurs par saison, le Théâtre de Namur se classe dans le top 5 en termes de fréquentation en Fédération WallonieBruxelles. » Ce succès, Patrick Colpé, le directeur général du Centre culturel - Théâtre de Namur, reconnaît le devoir à un public fidèle avec lequel s’est noué au fil des ans un dialogue privilégié. « Depuis mon arrivée en 1998, nous avons pris l’habitude de nous rendre dans quelque 80 maisons de la région pour y présenter notre saison aux abonnés et écouter leurs avis. Nous sommes le seul théâtre à faire cela. Si le public avouait être mauvais juge en matière de théâtre à l’époque, il a aujourd’hui acquis une grande maturité. Il nous a clairement fait savoir qu’il ne demandait pas à voir des vedettes, mais des spectacles variés et de qualité. »

 

FORMÉ PAR ARMAND DELCAMPE

 

Formé au métier par Armand Delcampe, le directeur de l’Atelier Théâtre Jean Vilar (Louvain-la-Neuve) aux côtés duquel il travailla durant 13 années, aussi à l’aise dans le milieu socioculturel que dans le théâtre professionnel, Patrick Colpé avoue ne suivre qu’une seule ligne directrice dans sa programmation : l’éclectisme. Chaque saison, le Théâtre de Namur propose ainsi un panel varié de près de 70 spectacles et concerts. Et ce, pour tous les goûts. « Ce serait dommage de n’avoir qu’une seule couleur dans une programmation, car nous sommes tous dissonants, » explique le Jambois. « Nous pouvons aimer les thrillers, mais aussi l’humour. Les drames sociaux en même temps que le cirque ou la danse. C’est pourquoi, nous essayons d’alterner les genres. Ainsi, en ce début de saison, nous avons programmé “Tristesses”, pièce assez dure d’Anne-Cécile Vandalem, entre le spectacle de James Thierrée – le petit-fils de Charlie Chaplin – et trois courtes pièces de Feydeau, avant de poursuivre par “La femme rompue” de Simone de Beauvoir, avec Josiane Balasko. » Pour la saison 2017-2018, le directeur et son équipe ont déjà préprogrammé plusieurs pièces touchant aux grandes questions du moment telles l’immigration, le libre-échange économique, l’environnement, la guerre, les tueries dans les écoles… « Mais nous cherchons encore des spectacles rassembleurs, qui ont du souffle, comme peuvent en avoir les pièces de Molière, les créations de Jaco Van Dormael, le cirque… » Au fil des saisons, le Théâtre de Namur a tissé des relations privilégiées avec quelques artistes et metteurs en scène, comme les Belges Anne-Cécile Vandalem et Fabrice Murgia, le Suisse James Thierrée, la Française Aurore Fattier, le Libano-Canadien Wajdi Mouawad ou encore le Britannique Declan Donnellan. Et l’institution a aussi noué des liens d’amitié avec des partenaires des premières heures, comme le cirque canadien Eloize et le cirque français Plume, lequel viendra à Namur en mai 2019 pour y présenter son dernier spectacle avant de mettre la clé sous les planches – coïncidence, l’événement correspondra avec les adieux professionnels de Patrick Colpé.

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WorldSkills, connu pour son Mondial des métiers, est la vitrine internationale des professions manuelles, techniques et technologiques. Mais c’est beaucoup, beaucoup plus que l’organisation de championnats...

 

Derrière l’appellation générique de WorldSkills, il y a d’abord un enracinement dans l’histoire. L’Espagne lance, en 1950, le premier concours international des métiers. Une initiative relayée les années suivantes par plusieurs pays européens, dont la Belgique. Il faut cependant attendre 2005 et la compétition internationale d’Helsinki pour que le mouvement explose – le nombre de pays membres et de compétiteurs a depuis doublé – et que son organisation trouve sa forme actuelle.

 

Deux mains et une tête bien remplie

Les compétitions, bien suivies et relayées par les médias, ne représentent pourtant que la pointe de l’iceberg. En parallèle, WorldSkills Belgium mène un travail de fond moins médiatisé en vue de soutenir durablement les filières de formation professionnelle à l’attention des jeunes en organisant notamment de nombreuses animations de découvertes des métiers. Portée par le slogan « L’avenir, c’est deux mains », l’association entend démontrer que, non seulement, l’économie mondiale ne peut se passer de main-d’œuvre qualifiée à qui elle offre des débouchés stables, mais aussi qu’un métier manuel, technique ou technologique est une formidable opportunité d’accomplissement personnel. Il est frustrant de soutenir le développement des filières qualifiantes alors que, malgré leur haute valeur ajoutée, elles n’ont toujours pas la réputation qu’elles méritent. Les préjugés sont tenaces et nombre d’entre nous sont toujours persuadés que l’ascenseur social monte uniquement grâce auxétudes générales et universitaires. Le défi de WorldSkills Belgium consiste donc à convaincre un jeune d’oser faire le choix d’un métier manuel pour réussir sa vie. Mais lentement, les mentalités évolueraient, si l’on en croit le développement d’un système de formation par alternance (ou duale) particulièrement développé dans la communauté germanophone de Belgique. Un pied à l’école, unpied dans l’entreprise : la solution ? C’est prouvé ! Intégrer une expérience de travail en même temps qu’une formation générale est la garantie d’un apprentissage motivant visant l’excellence. « Je défie un carreleur ou un charpentier de remettre un devis exact s’il n’a pas de notions en géométrie. Comment devenir dessinateur industriel assisté par ordinateur si vous n’êtes pas capable d’utiliser un didacticiel en anglais et que vous ne comprenez pas ce que sont un algorithme et une intégrale », interroge Francis Hourant, directeur de WorldSkills Belgium. La réponse, il la connaît. Les champions, notamment les médaillés d’or, sont aussi des jeunes gens qui obtiennent d’excellents résultats dans les cours généraux. Un constat qui s’applique à l’apprentissage des langues étrangères qui, de l’avis des compétiteurs, leur manque cruellement pour s’ouvrir au monde.

La force des compétences, Francis Hourant l’avait suggérée en son temps à qui de droit en ces termes : « Monsieur le Ministre, vous pouvez avoir les meilleurs ingénieurs du monde pour vous dessiner une éolienne, si vous n’avez pas un soudeur, un grutier, un électromécanicien, votre éolienne restera de papier. »

 

Ne dites plus garagiste, mais mécatronicien

WorldSkills International a de l’ambition comme ses compétiteurs. L’objectif serait de devenir le « Hub » mondial (une plate-forme d’échanges) de l’information sur les métiers et la formation professionnelle. Les compétitions constituent un outil précieux pour atteindre ce but, car elles permettent de réfléchir à l’évolution des filières professionnelles. C’est exactement comme aux Jeux Olympiques où de nouveaux sports apparaissent, tandis que d’autres disparaissent, car ils ne sont plus pratiqués. « Nous nous posons la même question. Quels sont les nouveaux métiers représentatifs des besoins de l’économie que nous allons introduire dans nos compétitions ? Une étude du Foremmontre que 50 % des enfants qui naissent aujourd’hui pratiqueront un métier qui n’existe pas encore. C’est une donnée essentielle pour les jeunes qui cherchent une orientation. Je vous cite un exemple. Si un jeune souhaite aujourd’hui devenir tailleur de pierre ou imprimeur, il doit réaliser qu’il évoluera probablement plus dans l’art. S’il veut travailler dans la mécanique et l’ingénierie, il ne sera plusgaragiste, mais électromécanicien ou mécatronicien. Des métiers s’effacent au profit d’autres. »

WorldSkills est un révélateur de ces tendances qui correspondent aux besoins économiques contemporains et futurs. Des données qui devraient idéalement être redistribuées dans les écoles grâce, notamment, au travail des experts de l’association (des enseignants, des formateurs, des indépendants). « Nous tâchons, en Belgique, d’informer les filières professionnelles et de les faire bénéficier de l’expérience technique et pédagogique acquise par les experts grâce aux échanges qu’ils ont tant en Belgique qu’à l’international lors des compétitions. Nous n’y parvenons pas comme nous le voudrions, mais cela évolue. »

 

Sur la plus haute marche du podium

La Finlande ! Sans aucun doute le premier pays à avoir tout compris en matière d’éducation et de formation. Les Finlandais ont créé une Académie de manière à utiliser les compétitions de WorldSkillscomme outil pédagogique. Le principe est simple. Les experts finnois qui accompagnent les finalistes aux EuroSkills ou WorldSkills sont priés d’être attentifs à ce qui se fait d’intéressant à l’étranger en matière d’enseignement dans les filières manuelles afin d’adapter (et de tirer vers le haut) leur propre système éducatif. WorldSkills Belgium ambitionne d’importer le système des vases communicants finlandais en Belgique. Selon Francis Hourant, l’objectif des quatre prochaines années est que les experts et membres des jurys puissent, dans leurs sphères de travail réciproques, partager leur expérience. « Nous avons beaucoup à apporter à notre système d’enseignement. Notre dynamique d’échanges internationaux nous permet d’évaluer de manière constante et de rehausser nos compétences en matière de connaissance des métiers. »

 

Belgian Team EuroSkills 2016

Cap sur Göteborg ! Après le Mondial 2015 des Métiers à São Paulo, cette année est consacrée, suivant le principe de l’alternance, aux championnats régionaux. Une compétition EuroSkills est donc prévue pour les sélectionnés du Belgian Team 2016. Au terme d’un long processus éliminatoire, 25 jeunes gens obtiennent un sésame pour la Suède. Une sélection impitoyable quand on sait qu’ilsétaient 752 inscrits aux présélections. En plus d’une formation technique unique donnée par les experts, les 90 finalistes des Startech’s Days (trois médaillés d’or, d’argent et de bronze représentant 30 métiers) ont reçu, pour la première fois dans l’histoire des compétitions, une formation au soft skills, c’est-à-dire en gestion personnelle. Le savoir-être est aussi précieux que le savoir- faire. La motivation, la capacité et la volonté d’apprentissage, la marge de progression technique, la gestiondu stress, l’esprit d’équipe... autant de facteurs qui ont été évalués par des team leaders et pris en compte pour désigner, parmi les 90 médaillés, ceux ou celles qui représenteront la Belgique et leur métier à Göteborg.

Et ce n’est pas nécessairement le médaillé d’or du podium qui partira. L’excellence acquise durant une formation est une chose, tenir physiquement et mentalement face aux contraintes d’une compétition en est une autre. Il est par ailleurs intéressant de noter qu’une enquête auprès des finalistes dévoile que 90 % des finalistes des Startech’s Days s’y sont inscrits pour vivre une expérience professionnelle et humaine supplémentaire avant même de penser à partir à l’étranger. Cependant, un jeune qui concourt au championnat national des métiers gagne un à deux ans d’expérience. S’il est sélectionné pour l’Europe ou le monde, il fait un bond qualitatif de cinq ans. D’un coup !

 

Les métiers sont-ils suffisamment connectés ?

Namur accueillera en mai 2017 une conférence internationale pour souligner les impacts de la société digitale sur la formation et les métiers techniques. Regards et expériences croisés de pays membres de WorldSkills avec ceux de nos acteurs régionaux, en un lieu symbolique, le Château de Namur, école d’application liée à l’École hôtelière de la Province.

 

RENSEIGNEMENTS : 
WorldSkills Belgium
Square Masson, 1/15
B-5000 Namur
+32 (0)81 40 86 10
 

www.worldskillsbelgium.be


BARTHÉLÉMY DEUTSCH remet le couvert

Barthélémy, c’est le champion du service en salle. Il incarne le jeune qui en veut et qui a pu saisir lesopportunités offertes par WorldSkills pour aller loin, très loin... Médaillé d’or en 2013 aux Startech’s Days, il est parti, a 20 ans, au Mondial de Leipzig. Il ne monte pas sur le podium, mais est repéré par le célèbre restaurant britannique The Fat Duck qui l’engage. Ironie du sort, Barthélémy a échoué àLeipzig, car il ne comprenait rien aux consignes qui lui étaient données en anglais ! Devenu parfaitement bilingue (et chef de rang), il parcourt le monde pour encore en apprendre davantage. À 23 ans, la compétition lui manque. Il se représente aux Startech’s Day 2016, est de nouveau couronné d’or et espère (NDLR : la décision est attendue au moment  nous mettons sous presse) êtresélectionné pour l’EuroSkills de Göteborg. Gagnant, il l’est déjà. « Cette année, plus qu’une médaille, j’ai bénéficié d’une formation hors norme qui étend mes compétences au-delà de la sphère de mon métier. Nous avons par exemple participé avec notre expert Dominique Bal à la finale belge des cocktails. Une manière de nous apprendre des techniques nouvelles, de travailler les produits et d’affiner nos connaissances en matière de goûts. Nous avons reçu une formation de la part de l’ancien maître d’hôtel du Palais royal qui nous a appris ce qu’était le protocole et comment dresser une table parfaite. Au restaurant Comme chez soi, c’est Monsieur Jacques qui nous a expliqué comment gérer de bonnes relations avec le client. Ce sont des apports inestimables qui feront de moi un meilleur compétiteur, un meilleur professionnel. » Sélectionnés par WorldSkills sur base d’un dossier de candidature, neuf champions issus de tous les continents sont les ambassadeurs mondiaux du projet WorldSkills pendant deux ans. Barthélemy Deutsch fait partie de ce WorldSkills Champions Trust et reçoit en bonus des formations internationales. Son objectif ? Transmettre les valeurs de WorldSkills, ici et ailleurs.

 

ANAÏS PIRART, une source d’inspiration

Son école, l’École Secondaire Provinciale d’Andenne, est fière d’elle. Elle est fière d’elle-même (et elle a raison). Mais surtout, « avoir gagné la médaille d’or au championnat national dans le métier “coiffure”, je le vois bien, ça motive les élèves des classes inférieures », commente simplement Anaïs Pirart. Grâce à sa médaille, Anaïs, qui espère monter au championnat européen, n’est pas une star, mais un exemple à suivre pour des jeunes gens prêts à tenter les Startech’s Days afin de mettre en valeur le métier qu’ils ont choisi d’exercer. Anaïs, 19 ans, est en dernière année de coiffure. A 17 ans,elle avait déjà tenté la sélection nationale. « Une première compétition, une première expérience qui m’a permis de grandir. Les concours, j’aime cela, car ils me donnent des objectifs. » Anais vient de vivre le week-end de formation aux soft skills et c’est sereinement qu’elle attend la décision de WorldSkills Belgium. Partira ou ne partira pas à Göteborg ? « J’y crois, mais ce n’est pas grave si je ne suis pas sélectionnée dans le Belgian Team. J’ai appris à avoir confiance en moi et que le travail donne toujours des résultats. »

 


WORLDSKILLS, UNE STRUCTURE À TROIS NIVEAUX

 

01. Mondial WorldSkills International (WSI) regroupe 75 pays membres répartis dans cinq régions du monde. L’organisation représente 70 % de la population mondiale.

02. Régional : les pays membres de WSI se distribuent dans cinq régions (Europe, Amérique, Océanie,Asie et les pays du Golfe arabique). Un objectif : créer prochainement une sixième région africaine. LaBelgique relève de la région Europe, WorldSkills Europe (WSE), qui réunit 28 pays.

03. National : chaque pays membre est représenté par une organisation accréditée aux niveaux international et régional. WorldSkills Belgium est le représentant off iciel en Belgique de WorldSkillsInternational et WorldSkills Europe.

 

De l’or, de l’argent et du bronze

Des championnats sont organisés aux trois niveaux de la structure. La Belgique organise chaque année un championnat national des métiers, les Startech’s Days. Le Belgian Team (sélection parmi les médaillés des Startech’s Days) concourt, en alternance, au championnat européen (EuroSkills) les années paires (chaque pays membre concourt dans sa région) et au Mondial des métiers (WorldSkills) les années impaires. Chaque finaliste national n’a le droit de participer qu’une seule fois à une compétition régionale et à une compétition mondiale dans la limite de la tranche d’âges (maximum25 ans l’année du concours en Europe et 22 ans au Mondial). EuroSkills Göteborg (Suède) accueillera, du 29 novembre au 1er décembre 2016, le Belgian Team 2016. En octobre 2017, le 44e Mondial des métiers sera organisé à Abu Dhabi.


ON NOTICE

Un métier est on notice, c’est-à-dire en danger, si moins de douze pays au niveau mondial et sept auniveau régional s’inscrivent dans une compétition. Aux compétitions suivantes correspondantes, si lasituation se répète, le métier disparaît. C’est le cas de l’imprimerie qui a déjà disparu du niveaueuropéen. Au Mondial 2015 de Sao Paulo, seuls onze pays ont participé à la compétition. L’imprimerie est donc on notice et son sort se jouera au prochain Mondial, en 2017, à Abu Dhabi. La taille de pierre est dans le même cas. A l’inverse, de nouveaux métiers tentent de s’imposer, comme la gestion logistique, l’aquatronic (la gestion de l’eau) ou le game development (la création de jeux vidéo).


LES COMPÉTITIONS DE WORLDSKILLS, C’EST UN PEU LA VIE EN RACCOURCI

Spécialisé en développement personnel depuis une vingtaine d’années, Jean-Claude Raskin, coachmental, encadre le Belgian Team au niveau de la communication générale, de la gestion du stress et de la motivation des jeunes avant et pendant les compétitions. « La compétition se fait d’abord vis-à-vis de soi-même. Ce que je demande aux jeunes, c’est de se dépasser non pour écraser les autres, mais pour être fiers d’eux-mêmes. Quel que soit le résultat, cette attitude leur permet de ne pas être (trop) déçus s’ils ne sont pas sur le podium. Au niveau de la sélection des médaillés des Startech’sDays, mon rôle comme celui d’autres collègues est d’aider les experts techniques à identifier, lorsqu’il y a un doute, les jeunes qui monteront en compétition européenne ou mondiale. Un jeune excellent dans son métier peut se révéler, après un week-end d’épreuves sportives, mentales et psychologiques, très fragile face à la pression. » Ou réfractaire à la discipline !

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« Comme au premier jour ! »

 

Il parcourt à vélo de long en large le RAVeL depuis plus de vingt ans. Il court au bout du monde à la rencontre de Belges qui ont trouvé leur bonheur ailleurs. C’est aussi le fondateur du concours de reportages pour les apprentis journalistes francophones et néerlandophones, Belgodyssée. Adrien Joveneau a plus d’une corde à son arc et ne compte pas s’arrêter là.

Rencontre avec un animateur-producteur radio amoureux de la vie, passionné comme au premier jour.

 ©RTBF

Vous êtes animateur à la RTBF depuis 1985. Comment avez-vous atterri à la radio ?

A.J. — Quand j’étais adolescent, j’étais passionné par les chevaux. Je voulais d’abord être moniteur d’équitation puis vétérinaire. En rhéto, mon professeur de français a réalisé un spectacle sur le poète français Jacques Prévert. J’ai eu la chance de présenter sur scène. À la fin du spectacle, j’ai dit à mes parents « Je ne veux plus faire vétérinaire, mais comédien ». Ils m’ont répondu « Tu es fou, ce n’est pas un vrai métier ! » Nous avons finalement trouvé un compromis, les études de communication. Cela s’est fait sur un coup de tête à la fin de mes secondaires. Quand j’ai commencé mes études à l’IHECS, à la fin des années 1970, c’était le début des radios libres. Là, j’ai vraiment su que c’était ça que je voulais faire. Je me suis dit « Waw, ça, c’est mon truc ! » J’ai eu envie d’en faire mon métier. Et depuis, je n’ai plus lâché la radio.

Qu’est-ce qui vous a plu dans les radios libres ?

A.J. — C’était le fruit défendu. Les radios libres émettaient illégalement sur la bande FM. Ce côté pirate et hors-piste me plaisait. Avec des amis, nous avons acheté un émetteur et fait quelque chose de nouveau. Depuis, j’ai continué cet esprit pionnier à la radio. Même à la RTBF, j’ai l’impression de faire des émissions en dehors des sentiers battus. J’ai un peu gardé cet esprit pionnier.

Après la radio libre, vous êtes donc entré à la RTBF ?

A.J. — Ce n’était pas facile de travailler à la RTBF. Mon rêve était de pouvoir vivre de ma passion. Quand je faisais de la radio libre, je payais pour le faire. Je n’ai pas eu de contrat tout de suite. J’ai d’abord fait des petits jobs à droite et à gauche. J’ai été éducateur puis professeur. J’ai aussi travaillé comme animateur pendant six mois dans un club de vacances en Grèce. J’étais vraiment quelqu’un de timide et d’introverti. Être animateur m’a décomplexé et m’a donné une certaine confiance en moi, une liberté. C’est en revenant que j’ai enfin signé un contrat à la RTBF.

Au début, vous avez donc un peu « galéré » ?

A.J. — Pendant un an ou deux, j’ai été une espèce de « mercenaire ». Je faisais tous les remplacements possibles et imaginables. J’ai animé les petits matins à Liège Matin, Hainaut Matin… Enfin, dans tous les centres RTBF ! J’étais le gars qui acceptait de dépanner. Finalement, on m’a donné ma chance. En décembre 1985, on m’a proposé un vrai contrat à la RTBF Namur au petit matin. C’est là que j’ai pu passer à la vitesse supérieure et devenir animateur professionnel.

C’est au même moment, il y a un trente ans, que votre première émission radio est lancée : Les Belges du Bout du Monde.

A.J. — J’ai accepté de travailler six jours semaine en échange d’une petite compensation. Je voulais qu’un jour par semaine, je puisse animer mon émission à l’extérieur du studio. Me rendre dans des endroits où les auditeurs se lèvent tôt, comme dans une boulangerie, une ferme ou un bureau de poste. À l’époque, mon sponsor Belgacom, l’ancienne RTT, m’a demandé de réaliser un reportage dans leurs locaux à Lessive. On m’a dit « Tu peux appeler où tu veux, les téléphones sont gratuits ». Alors autant appeler à l’étranger ! J’ai lancé un appel sur antenne. « Si vous avez un oncle en Amérique, un fiston en Australie, faites signe, je vais les appeler ! » Et c’est comme ça qu’est née l’émission Les Belges du Bout du Monde en 1986. On va fêter les trente ans cette année.

L’émission a-t-elle évolué en trente ans ?

A.J. — Évidemment ! Mais c’est toujours la même tranche horaire, le dimanche matin. Je suis très content car elle me donne l’occasion de parcourir le monde, de découvrir des tas d’endroits où je ne serais pas allé si j’avais un métier « normal ». Là, je rentre tout juste d’un voyage en Savoie pour la Francodyssée. La semaine prochaine, je pars au Portugal. Je n’aurais jamais pu rêver d’un métier aussi passionnant, fabuleux, avec des rencontres et des expériences diverses. Je me sens comme au premier jour de mon premier job !

Sur Twitter, vous écrivez souvent dans vos messages #ilovemyjob. Votre métier est une vraie passion.

A.J. — Je ne devrais pas le dire parce que ça pourrait être mal interprété, mais je le dis quand même ! À la limite, je paierais pour faire ce job et j’ai énormément de chance que l’on me paie pour le faire. C’est magnifique, je suis comblé ! J’ai eu d’autres jobs, j’ai été professeur, éducateur, animateur dans un club. J’ai toujours mis de la passion dans tout ce que je faisais. Idem quand, adolescent, je m’occupais de chevaux. Je suis quelqu’un qui aime et qui fait les choses « à fond les ballons » !

RAVeL du bout du monde au Cameroun - ©FRÉDÉRIQUE THIÉBAUT

Vous aimez aller à la rencontre des gens.

A.J. — Tout à fait. Faire des rencontres au bout du monde, puisque c’est ma première émission. Avec Le Beau Vélo de RAVeL, j’aime aller à la rencontre des gens de chez moi et près de chez moi. L’aventure n’est pas qu’au bout du monde, même si j’ai cette chance. Au bout de ma rue, dans mon village, dans ma province, dans mon pays, il y a aussi des gens fabuleux.

Vous parlez justement de votre émission radio Le Beau Vélo de RAVeL. Comment l’idée vous est-elle venue ?

A.J. — En 1995, avec Marie-Pierre Mouligneau, qui fait maintenant la météo, on a lancé une série d’émissions radio intitulée Les Rayons de l’Été. C’était déjà une émission à vélo. C’est un peu l’ancêtre du Beau Vélo de RAVeL. À ce moment-là, j’ai également vu de grandes affiches sur les autoroutes avec l’inscription « Roulez RAVeL ». C’était un projet de la Région wallonne, le Réseau Autonome de Voies Lentes. Je suis allé les voir en leur expliquant que leur concept était vraiment chouette, mais que ce n’était pas comme ça que les gens allaient comprendre ce qu’était le RAVeL. Je leur ai dit « Donnezmoi le budget d’une dizaine d’affiches et je vous fais une émission radio. Les gens vont avoir envie de venir voir le RAVeL ». Ils m’ont donné le budget. J’ai donné rendez-vous aux auditeurs à la Cantine des Italiens le dimanche pour la première émission. On était 83. J’étais très surpris ! La semaine suivante, on était 150, celle d’après, 300. Ça a ensuite fait boule de neige. Maintenant, une petite vingtaine d’années plus tard, on est 5000 à se retrouver le dimanche pour une balade à vélo. C’est magnifique, on se sent porté. La famille s’agrandit de semaine en semaine et ça réchauffe le coeur. C’est aussi une manière de montrer que notre pays est magnifique.

Découvrez-vous encore de nouveaux endroits ? La Belgique n’est pas si grande...

A.J. — Et bien, je fais l’émission depuis vingt ans et je découvre encore des coins magnifiques. Le pays est petit, c’est vrai, mais je le parcours sans arrêt et je découvre chaque semaine de nouveaux endroits. C’est excitant. Dernièrement, je suis allé repérer un RAVeL du côté de Boussu (Hainaut). Des petits chemins le long des terrils. Même si on a déjà été sur ce RAVeL il y a une dizaine d’années, le réseau s’est agrandi. D’anciens rails de chemin de fer sont devenus des sentiers. Je découvre chaque fois de nouveaux tronçons aménagés. La toile s’agrandit. On peut maintenant aller de Namur à Bordeaux à vélo ! Il y a aussi la Véloroute numéro 6 qui va de Nantes à Budapest ! De grands itinéraires européens se dessinent et s’agrandissent chaque année. Et c’est bon pour la planète, on comprend que l’on peut se déplacer autrement qu’en voiture !

Quel est votre plus beau souvenir sur Le Beau Vélo de RAVeL ?

A.J. — Pour la fin de la première saison, je m’étais fixé comme objectif de réunir 1000 participants. J’ai demandé à François Walthéry, le papa de la bande dessinée Natacha, de me dessiner une Natacha à vélo. On a donc tiré un tee-shirt spécial à 1000 exemplaires. J’ai annoncé que les 1000 personnes qui viendraient pédaler avec nous recevraient un tee-shirt exclusif. C’est peut-être banal, mais nous étions dans les années 1990, le RAVeL commençait. J’ai explosé de joie en voyant les 1000 cyclistes arrivés dans la région d’Éghezée au mois de septembre. J’ai été très ému. Depuis, Le Beau Vélo de RAVeL est devenu un projet d’entreprise à la RTBF. C’est une émission qui draine le plus d’équipes et le plus de monde à l’extérieur. La télévision nous a rejoints, et les réseaux sociaux aussi. Une petite idée au départ est devenue une aventure collective.

Auriez-vous une anecdote particulière du Beau Vélo de RAVeL à nous partager ?

A.J. — C’est un pari entre copains qui a pris énormément d’ampleur. Je mangeais une pizza un soir de décembre 1999 avec Francis Hubin, mon bras droit aujourd’hui, à Aubel, près de chez lui. Francis est le fondateur de l’ASBL Les Chemins du Rail. Il m’a demandé ce que je faisais pour le réveillon de l’an 2000. « Je n’ai rien de prévu, mais en voyant ton enthousiasme sur le RAVeL dans ta région, j’ai bien envie que l’on fasse un réveillon à vélo ! » Il m’a répondu « Chiche ». On s’est tapé dans la main. Le 31 décembre 1999, 1000 cyclistes sont venus passer le réveillon de l’an 2000 à vélo ! C’était incroyable. On a réalisé un parcours de 20 km en posant un flambeau tous les 100 m. Il y avait des calèches pour les enfants, des conteurs racontaient des légendes aux coins des chemins. François Walthéry nous avait même réalisé un magnifique dessin de Natacha à vélo, mais avec un flambeau cette fois.

C’est plutôt atypique comme réveillon !

A.J. — Et l’événement a pris une telle ampleur… Cela a été un de mes meilleurs souvenirs professionnels, mais aussi un des pires ! Thomas Van Hamme et Corinne Boulangier, qui est devenue ma directrice à La Première, sont venus animer le réveillon de la RTBF en direct de l’arrivée de ce Beau Vélo de RAVeL. C’était à l’Abbaye Val Dieu à Aubel. J’étais à l’extérieur pour lancer le feu d’artifice, entouré des cyclistes. On était en duplex. Je devais lancer le feu d’artifice, mais il faisait humide. Corinne et Thomas m’ont dit « Adrien, c’est à vous ! ». J’ai fait le décompte « 5, 4, 3, 2, 1, 0… Et partez ! » S’ensuit un grand silence, le feu d’artifice n’est pas parti ! Je me trouve face caméra en essayant de meubler. J’ai regardé autour de moi et j’ai vu Blabla. Je lui ai demandé comment allait se passer l’an 2000. J’ai mis le micro devant sa bouche, mais c’était débile. Ce n’est pas vraiment Blabla qui parle. Mais c’était vraiment drôle, on comprenait à peine ce qu’il disait. C’était un événement magnifique pour moi, le vélo et les flambeaux. Mais c’était aussi un râteau. La vie, c’est ça aussi. Ce sont des réussites, des râteaux, des joies, des chagrins. En même temps, ce sont des souvenirs drôles. La preuve, on en rigole encore !

Enfin, auriez-vous des projets à nous dévoiler ?

A.J. — Il faut toujours avoir des projets, un homme sans projet est un homme mort. J’aimerais bien commencer à décliner des itinéraires européens sur Le Beau Vélo de RAVeL. J’ai fait Le RAVeL du Bout du Monde pendant une quinzaine d’années. Maintenant, j’ai envie de réaliser des itinéraires plus proches de chez nous. Il faut réfléchir à l’empreinte écologique que l’on a sur le monde, un peu dans la foulée de la COP21. On peut aussi faire de très beaux voyages à vélo sans nécessairement aller au bout du monde. Nous allons faire un itinéraire vélo au mois de septembre 2016, je suis encore en train de travailler sur le concept. Je ne peux donc pas vous en dire plus, c’est encore secret !

 
RAVeL du bout du monde au Cameroun - ©FRÉDÉRIQUE THIÉBAUT

 www.rtbf.be/lebeauvelo


 

SI ADRIEN JOVENEAU ÉTAIT UN VÉLO, LEQUEL SERAIT-IL ?

J’aimerais bien être un Grand-Bi, avec une grande roue devant et une petite à l’arrière. C’est très élégant. Mais en même temps, j’aime bien l’avenir. Je viens de tester en Savoie un vélo Fat Bike avec de très larges pneus, comme ceux de tracteur. Il passe partout et il a une assistance électrique. En pédalant, vous avez l’impression d’avoir des ailes. C’est vraiment magique, vous pouvez même monter les pistes de ski. J’aime tous les vélos, c’est très difficile de choisir. C’est comme si vous demandiez à une maman quel est son enfant préféré. C’est impossible !


 

BIO EXPRESS

1960 — Naissance le 6 janvier à Tournai.

1985 — Licencié en Communication à l’IHECS, il entre à la RTBF après avoir été éducateur, professeur et animateur dans un club de vacances en Grèce. La même année, il fait ses débuts comme animateur radio avec Nationale 4 Matin à la RTBF Namur.

1988 – Lancement de l’émission Les Belges du Bout du Monde en 1988 sur Radio Une et 10 ans plus tard en télévision.

1995 – Lancement de l’émission Le Beau Vélo de RAVeL sur La Première.

2002 – Lancement de l’émission Le RAVeL du Bout du Monde sur VivaCité.

2004 – Lancement de l’émission Grandeur Nature (La Francodysée) sur VivaCité.

2005 – Il fonde Belgodyssée, le concours de reportages d’apprentis journalistes francophones et néerlandophones, sur VivaCité.


 

LES 5 COUPS DE CŒUR EN WALLONIE

01. La région de Chimay est très belle, elle me fait rêver. J’ai de la famille là-bas. Je recommande donc vivement l’Abbaye de Chimay où je vous conseille de goûter les bons produits. Il y a aussi de jolis RAVeL, comme la ligne 109. On peut aussi faire des parcours transfrontaliers, du côté français. J’aime beaucoup la Botte du Hainaut.

02. Ensuite, je vais être un peu chauvin et vous conseiller la région de Namur. J’ai découvert le RAVeL de la Molignée il y a une dizaine de jours. Il part de Fosses-la-Ville et va vers l’Abbaye de Maredsous. Il longe la Molignée, une petite rivière très torrentueuse.

03. La région d’Aubel avec un petit restaurant « Aux Berges de la Bel ». La Bel est une rivière. C’est juste à côté de l’Abbaye de Val Dieu. Cela me rappelle beaucoup de souvenirs, c’est là qu’on a notamment passé le réveillon de l’an 2000.

04. Ma ville natale évidemment, Tournai. Première capitale de l’Occident, une ville magnifique. Le centre-ville a subi un lifting, il est désormais devenu piétonnier en grande partie, en tout cas il est cyclable. Tournai est aussi entourée de collines comme Rome. À (re)découvrir !

05. Enfin, dans mon village à Malonne près de Namur. Un comité, des gens vraiment géniaux, a rénové l’Église du Piroy et en a fait une brasserie. On y brasse une bière, La Philomène, délicieuse et artisanale. C’est un beau projet citoyen.

 Tempus fugit ? Une ballade sur le chemin perdu est logiquement basé sur la notion du temps.

« Le chemin perdu », chez les horlogers, c’est l’espace entre ce qu’ils nomment le repos et la chute, autrement dit, entre le tic et le tac, entre le debout et le couché, entre la tension et le relâchement… Un prétexte fabuleux pour relire l’ensemble des grands moments qui ont fait l’histoire et la réputation du Cirque Plume au fil de ses spectacles.

Des spectacles emplis des couleurs de la vie, tout en nuances, ils alternent le joyeux et le grave, le rire et la mélancolie… sur terre comme dans les airs, en vol sur des cordes, en sauts périlleux sur des vélos, en souffle sur des rayons de lumière, en invention sur des musiques, en équilibre sur des plumes… C’est un spectacle total, riche de mille émotions et d’images surprenantes.

Ce dizième spectacle du Cirque Plume n’est que poésie dans l’espace infini de l’éternité de l’instant.

 

Renseignements :

Du 28 janvier au 7 février 2016

Théâtre de Namur
Place du Théâtre 2
B-5000 Namur
 
 

Installée en février 2015 a la pointe de la Citadelle, au Bonnet de Prêtre, la sculpture monumentale en bronze signée Jan Fabre intitulée Searching for Utopia est plus connue des Namurois sous le nom « la tortue ». Elle est d’ailleurs devenue l’emblème de l’exposition Facing time. Rops / Fabre qui s’est terminée le 30 août dernier au Musée Félicien Rops. En quelques mois, la création de l’artiste s’est taillé une place de choix dans la capitale wallonne, si bien que la Ville et ses habitants ont exprimé le souhait de conserver l’ouvrage. Et c’est officiel, la tortue fait désormais partie du paysage namurois ! Elle ne cesse d’éveiller la curiosité de bon nombre de touristes et de familles. Une chose est sure, Rebecca Evrard, photographe amatrice de la région, ne l’a pas loupée… pour notre plus grand plaisir !

 

www.museerops.be

En cours de rénovation, le « campus hôtelier » de Namur ne recule pas devant les moyens. Il met à la disposition de ses élèves une école d’application unique en son genre : un hôtel de prestige et un restaurant gastronomique.

Le 8 juillet 1891, le roi Léopold II signe l’arrêt de déclassement de la Citadelle comme place forte et la remet officiellement à la Ville de Namur. Ayant perdu tout intérêt stratégique, la Citadelle (à l’exception de la Médiane et de Terra nova) est démilitarisée. Le roi entrevoit déjà le potentiel touristique de ce site historique. En 1893, un entrepreneur bruxellois propose que soient aménagés un hôtel avec établissement hydrothérapique et des jardins. Un funiculaire puis un tramway complètent le projet de manière à relier l’hôtel, d’une part, au bas des fortifications (côté Meuse) et, la gare de Namur, d’autre part. À charge de la ville de construire les routes carrossables (Merveilleuse et des Panoramas), escaladant chacune un versant de la colline. Une société anonyme voit le jour, Namur Citadelle, chargée de l’exécution des travaux et de la gérance du complexe touristique. Le 21 mai 1899, le Grand Hôtel de la Citadelle est inauguré alors qu’il est toujours inachevé. Le guide du Touriste et du Cycliste de l’époque écrit : « C’est dans les hauteurs de la Citadelle qu’on trouvera une habitation confortable exempte d’un luxe qui coûte cher sans rien donner, avec des eaux froides et des eux chaudes à chaque étage et constamment des ascenseurs… ». Cependant, l’argent vient à manquer et l’exploitant, dans une situation précaire, propose la reprise de la concession par la Ville. L’acte de vente est signé le 8 juillet 1911. L’hôtel est modernisé et ouvre à nouveau ses portes le 8 avril 1914. Une année qui sonne comme un glas. Le 23 août, le Grand Hôtel est bombardé. Il va se consumer deux jours durant. C’en est fini de l’hôtel pionnier à l’assaut de la Citadelle.

Campus hôtelier

Il faut attendre l’année 1930 pour que de nouveaux travaux sur l’emplacement de l’hôtel détruit débutent : le chantier du futur Château de Namur est mis en route. Devenu hôtel « Amigo », le propriétaire, bridé dans ses projets d’expansion en raison de l’architecture du bâtiment (un espace colossal sous toit inutilisable), propose à l’École Hôtelière, située quelques mètres plus bas, d’en assurer la gestion. C’est une opportunité, d’une part, pour l’école de s’adjoindre un hôtel-restaurant d’application de prestige et, d'autre part, pour la Ville de Namur de céder à la Province (bail emphytéotique) un bien qui lui coûte cher. Ainsi, depuis 1978, au sommet de la Citadelle, se développe un « Campus hôtel ier » unique en Communauté française : une école secondaire professionnelle, une Haute École en gestion hôtelière (Baccalauréat) et une école d’application qui n’est autre qu’une maison de stage. Il n’existe pas encore de Master, mais un projet est en cours de réflexion. « Un campus hôtelier aussi complet que le nôtre, cela n’existe pas ailleurs », précise, avec un subtil mélange d’humilité et de fierté, Cédric Vandervaeren, directeur du Château de Namur, professeur en management hôtelier en Baccalauréat et ex-élève du campus. Comme le furent aussi Pierre Résimont de L’Eau vive à Arbre ou encore Lionel Rigolet et Laurence Wynants du Comme chez soi à Bruxelles. Des références. Tous les diplômés ont obligatoirement suivi un stage au Château de Namur au cours de leur formation. Là, les professionnels de l’Horeca ont une approche pédagogique qui leur permet de former les stagiaires et de les évaluer de manière cohérente et optimisée. « Au Château, nous apprenons aux étudiants à se frotter au métier. Il faut savoir que, dans la restauration, beaucoup de diplômés quittent le métier dans la première année de leur vie professionnelle. Le choc est trop grand. Une école d’application est là pour éviter cela. » Autre atout de l’école d’application : la rencontre avec une clientèle réelle. « Le Château de Namur n’est pas le restaurant de l’école. C’est un vrai hôtel quatre étoiles avec un restaurant gastronomique. Nous ne pouvons pas nous permettre des dérapages ou de servir quelque chose de mal préparé. » Le message semble passer si l’on en juge l’application des jeunes gens en blouse blanche et noeud papillon noir. Le maître d’hôtel n’est jamais loin et veille discrètement.

Pour tester son courage

Durant le cursus du Baccalauréat, la formation technique est centrale. Les méthodes de gestion d’entreprise, le marketing, la gestion financière et l’apprentissage des logiciels informatiques spécifiquement hôteliers constituent un axe majeur de la formation. Le management des ressources humaines et l’apprentissage des langues étrangères sont également au coeur du programme d’études, tant la profession est un métier où le service et les contacts humains sont prioritaires. « Je pousse les étudiants à être créatifs. Le Château possède des caves inutilisées que je souhaitais rentabiliser sans faire de frais. Pendant les cours, nous avons réfléchi et trouvé ensemble une solution gagnante : monter un deal avec une entreprise bruxelloise spécialisée dans le team building pour l’installation d’une infrastructure de type Fort Boyard appelée Fort Bayard (Namur oblige). » Tout y est : tyrolienne, maîtres de jeux, toiles d’araignées et fumée anxiogène ! Depuis l’ouverture, l’attraction cartonne ! Comme une idée géniale a une vie courte, le professeur et ses élèves sont déjà en train de se creuser les méninges pour la suite. « Une Haute École qui n’a pas un outil comme le nôtre, je me demande comment elle fonctionne pour toucher à la réalité du métier si ce n’est dans les livres ? » Bonne question.

 

Renseignements :

Château de Namur

Avenue de l’Ermitage 1

B-5000 Namur

Tel +32 (0)81 72 99 00

[email protected] www.chateaudenamur.com

Au confluent de la Sambre et de la Meuse, la Citadelle de Namur ressemble à un bateau en cale sèche. Sa « proue » domine le Grognon, banc de terre chargé d’histoire. Les canons ne crachent plus de feu : la Citadelle est pacifiée et se réjouit des attentions de conservation dont elle fait à présent l’objet.

« Quand je suis arrivé au Service Citadelle en 2009, il y avait un bon moment que les murailles n’avaient plus fait l’objet de restauration », commente Jean-Sébastien Misson, historien, responsable du Service Citadelle. « Or, leur état de dégradation n’avait échappé à personne. Pour crédibiliser une demande d’intervention de la Région wallonne, nous avons commandité, en 2010, une étude détaillée sur l’état de conservation des murailles à un bureau d’architecture parisien, spécialisé dans l’architecture militaire. » Cette étude a permis de cartographier 50 000 m2 de murailles, avec, pour chaque muraille, une fiche descriptive des mesures à prendre ainsi qu’un estimatif des dépenses liées. Une ardoise élevée ! La restauration d’une seule traite des murailles est alors estimée à 24 000 000 €. « Ce diagnostic a non seulement permis d’objectiver l’état de conservation alarmant des murailles, mais a aussi permis d’arrêter un programme global de rénovation sur 10 ans ». Dès 2011, un chantier d’envergure, le plus important jamais mené sur la Citadelle depuis son classement comme site, est lancé (achevé en novembre 2012) : 5000 m2 de murailles, d’une seule venue, sont restaurés. Un second chantier d’intérêt archéologique (achevé fin 2014) fait suite et voit la restauration de la Porte de Médiane. Un projet plus spécifique de restauration qui dévoile et rend en partie accessible un témoin du château fort des Comtes de Namur : une tour médiévale du XIVe siècle. Au cours de ces derniers travaux, une boulangerie souterraine, aménagée à l’époque hollandaise et dont on redécouvre les fours, est restaurée. Cette boulangerie est aujourd’hui accessible lors d’animations comme, notamment, la dégustation de vins namurois ou de vins vinifiés par des Namurois. À noter qu’une animation analogue autour de la bière, dont la trouble Blanche de Namur, est organisée dans une ancienne casemate de la Citadelle en partenariat avec la Brasserie du Bocq.

Ces chantiers donnent le signal d’une relance des travaux de restauration de la Citadelle. Relance soutenue par un accord-cadre de 10 000 000 €. La décision fut prise par le gouvernement wallon fin 2013 et l’accord signé au printemps 2014. Le Namurois Maxime Prévot, nouveau Ministre du Patrimoine, ne pouvait qu’embrayer. Depuis, les chantiers se succèdent, les échafaudages se montent et se démontent pour un vaste lifting des murailles et des fortifications de la Citadelle. Fin des travaux prévus en 2018.

Scénographie souterraine

Pour la bonne cause, les « Grands souterrains », dont on visite environ 600 mètres courant, fermeront à la fin de l’année. Les restaurations nécessaires à la pérennité du monument et la sécurité des visiteurs seront menées, avec, pour problématique spécifique à un tel réseau enterré, la gestion de l’eau qui s’y infiltre. La majeure partie des tronçons visités est d’époque hollandaise, mais certaines zones témoignent encore de l’époque de Vauban. Qui plus est, l’Armée belge a également transformé ces souterrains durant l’Entre-deux-guerres par la création de zones censées résister aux attaques de gaz irritants (comme le gaz moutarde) dont on craignait les effets. Un  gunitage de béton a donc été projeté sur les parois de certaines zones et de nouveaux espaces souterrains ont même été creusés, gunités eux aussi, afin de les étanchéifier. Les vestiges du système de ventilation (air pressurisé) destiné à renouveler l’air vicié par de l’air frais en chassant les gaz à l’extérieur sont toujours visibles. Au terme de la restauration des « Grands souterrains », une scénographie sera créée, qui trouvera son achèvement en 2017. Sous la conduite du guide, le visiteur y découvrira diverses animations qui l’immergeront dans le passé de la « termitière de l’Europe », telle que Napoléon qualifiait la Citadelle.

Voyage au coeur de 2000 ans d’histoire namuroise

Avant la réouverture des souterrains, un espace très attendu ouvrira ses portes ce 26 juin : le nouveau Centre du Visiteur de la Citadelle de Namur. Le Centre présentera de manière ludique et moderne, la formation du site et du paysage namurois et deux mille ans d’histoire namuroise, depuis l’époque romaine jusqu’à nos jours et abordera les défis patrimoniaux et urbanistiques de la Citadelle et de la ville. Un tel outil de médiation et d’interprétation manquait cruellement depuis l’ouverture du site au public.

En lien avec l’ouverture de cet espace, durant le mois de juillet (les vendredi, samedi et dimanche en soirée), un spectacle « sons et lumières », Waterloo : The day after, sera proposé aux visiteurs. Le spectacle raconte le repli vers la France (en passant par Namur) des troupes napoléoniennes dirigées par le général Grouchy, après la défaite de Napoléon à Waterloo. S’il nous était donné de voir la Citadelle à cette époque, nous découvririons une citadelle en décrépitude. En effet, suite à la décision de Joseph II en 1782 (décision confirmée par Napoléon en 1801) de démilitariser les places fortes de ses territoires pour privilégier les batailles en rase campagne moins longues et coûteuses que les sièges devant de hauts murs fortifiés, la Citadelle de Namur est une ruine, une carrière de pierres à ciel ouvert. Il faut attendre le régime hollandais (1815 -1830) pour une reprise en mains. Après la défaite de Napoléon, selon un projet inspiré par le Duc de Wellington, les Hollandais construisent une barrière dissuasive de fortifications sur la frontière sud du nouveau Royaume des Pays-Bas afin de dissuader la France de toute nouvelle velléité expansionniste. Projet pour lequel ils réédifient la Citadelle. Ainsi, la Citadelle d’aujourd’hui est à 90% une citadelle hollandaise de la première moitié du XIXe siècle et pas du tout une Citadelle « Vauban ». Fin d’un mythe.

 

www.citadelle.namur.be  

 

CONCENTRÉ D’HISTOIRE

IIIe siècle Dès le IIIe siècle de notre ère, l’éperon rocheux dominant le confluent de la Sambre et de la Meuse et la bourgade gallo-romaine est déjà occupé par un établissement défensif. À partir du IXe siècle et jusqu’au XVe siècle, une importante forteresse, résidence des Comtes de Namur, s’y développe.

XVe siècle En 1429, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, acquiert le comté de Namur. En 1477, Marie de Bourgogne épouse Maximilien d’Autriche. Quand elle décède en 1482, Namur appartient à la maison des Habsbourg. Le développement de l’artillerie et les tensions entre Habsbourg et rois de France renforcent la vocation exclusivement militaire du site qui se transforme en une imposante citadelle.

XVIe siècle Charles Quint commandite une première extension bastionnée entre 1542 et 1559 (actuelle Médiane). Les rois d’Espagne poursuivent en ce sens à partir de 1631 par la construction d’une nouvelle extension (actuelle Terra Nova). La Citadelle poursuit ses efforts de défense au cours des conflits opposant Louis XIV et ses voisins. Elle atteint alors son extension maximale (80 ha).

XVIIIe siècle L’Empereur Joseph II, en 1782, et Napoléon, en 1801, déclassent la Citadelle de Namur. Après la défaite de Napoléon et la création des Pays-Bas (1815), le gouvernement hollandais entreprend la construction d’une ligne défensive pour contenir la France dans ses frontières.

XIXe siècle Après l’indépendance de la Belgique (1831), ces travaux sont complétés par de nouveaux bâtiments militaires (casernement). En 1893, la villégiature se développant dans la vallée mosane, l’État belge cède à la Ville de Namur les terrains extérieurs à la place forte. Le Grand Hôtel s’installe sur une partie de ceux-ci (voir article sur le Château de Namur).

XXe siècle En 1975, après les terrains avoisinants, le domaine fortifié (environ 10 ha) est cédé par l’Armée belge à la Ville de Namur. En 1978, l’ASBL Comité Animation qui en assure la gestion avec peu de moyens ouvre, pour la première fois, les portes de la forteresse au public. Il faut attendre le classement de la Citadelle comme site (1991) et comme monument (1996), puis son inscription sur la Liste du patrimoine immobilier exceptionnel de Wallonie (1999) pour que la Ville de Namur s’investisse dans son développement en créant, en articulation au Comité Animation Citadelle ASBL (animation et valorisation de la Citadelle en tant que produit touristique), un service communal chargé de la gestion du domaine fortifié dans ses aspects matériels et physiques. Une décision attendue par de vieilles pierres moussues en mal de rénovation.

CHARLIE’S CAPITAINERIE

Après de nombreuses années passées à sillonner le monde dans des destinations de rêves pour surfeurs, Bertrand Loute décide de jeter son ancre en Belgique, et plus particulièrement à Namur. Mais certainement pas pour s’y reposer. Cet adepte des sports nautiques extrêmes est monté sur pile électrique. Avec son esprit vif et quelque peu disjoncté, il se lance dans le pari un peu fou de redynamiser les berges de Meuse en reprenant la capitainerie de Jambes. Entièrement remis à neuf, le géant flottant coule aujourd’hui des jours paisibles en bord de Meuse, arborant fièrement son look élégant et retro-design. Intérieurs et extérieurs ont été entièrement repensés et relookés à la sauce Bertrand Loute.

Avant tout un port de plaisance, la capitainerie de Jambes accueille chaque année une foule de plaisanciers issus de plus de 20 nationalités différentes. Certains voyageurs sont simplement en transit, tandis que d’autres profitent des installations du port pour découvrir Namur. « Le site a un réel attrait touristique. Australiens, Allemands, Hollandais, Italiens découvrent Namur par le port. Il y a un esprit participatif et convivial ici. La capitainerie est devenue un lieu de rencontre où les gens ont plein d’histoires à raconter. C’est un vrai village dans la ville », précise Bertrand Loute, gestionnaire du lieu. Avec une capacité de 60 bateaux, le site totalise entre 8000 et 9000 nuitées pour l’année écoulée, soit l’équivalent d’une activité hôtelière traditionnelle. La logique semi-privée de la gestion de la capitainerie participe à ce succès. « Plus qu’un métier, c’est une réelle passion », ajoute Bertrand Loute. Avec son équipe, il prône une logique événement iel le dynamique et innovante.

Au-delà de son activité première, la capitainerie se veut aussi être un centre de loisirs sportifs, culturels et festifs. La particularité du lieu, et qui témoigne de son caractère unique en Belgique, est sa terrasse flottante. « Nous avons 300 m2 de terrasse flottante, dont 200 m2 totalement modulables », précise le gestionnaire. Ces mètres carrés modulables peuvent tantôt servir de passage d’une berge à l’autre, de terrain de pétanque, de basquet, de ping-pong ou encore de dancefloor. L’offre événementielle du lieu est particulièrement variée ; en plus de son événement phare, le « Happy Summer Festival », la capitainerie organise également des concerts et des dj sets un jeudi sur deux en alternance, les « Happy Sunday » chaque dimanche d’été... De juillet à septembre, c’est la fête à la capitainerie. Ici, pas de musique commerciale, on n’entendra que de la soul des années 1960-1970. « Se réveiller ou simplement prendre un verre avec du Nina Simone dans les oreilles, ça fait du bien à tout le monde ! », lance Bertrand Loute. Le site propose également des événements privés sur-mesure, comme par exemple « La journée du capitaine » pour les anniversaires des petits, des sorties scolaires ou encore des teambuildings. L’espace intérieur est 100% insonorisé, de quoi faire la fête jusqu’au bout de la nuit, sans troubler les nuits paisibles des plaisanciers. « Les différents espaces, intérieurs et extérieurs, nous permettent d’organiser des événements privés tout en continuant à accueillir nos plaisanciers habituels dans des conditions optimales et dans le respect de chacun. Et avec la terrasse flottante, les possibilités sont quasi infinies. » Ne nous étonnons donc pas si un jour nous voyons une table de banquet dressée en plein milieu de la Meuse, c’est possible (si, si).

www.lacapitainerie.be

 

HAPPY SUMMER FESTIVAL (19 28 juin)

Le Happy Summer Festival est devenu un événement incontournable. Depuis quatre ans, les Namurois s’essayent aux sports nautiques en bords de Meuse, avec une vue imprenable sur la Citadelle depuis la capitainerie. Au programme ? Du Blob Jump, une activité sensationnelle consistant à s’élancer d’un ponton pour atterrir sur un énorme coussin gonflable et flottant ; du Slackline, une activité sportive proche du funambulisme permettant le passage d’une  berge à l’autre ; de la pirogue hawaïenne et enfin, le désormais célèbre stand up paddle, sport consistant à se tenir debout sur une planche et à se propulser à l’aide d’une pagaie. Inconnu au bataillon il y a quelques années à peine, ce sport nautique avait pourtant un adepte forcené à Namur, Bertrand Loute, encore lui. En 2012, il organise une compétition de stand up paddle, une première en Belgique. Cette année, sa course a été sélectionnée pour figurer parmi les six épreuves européennes composant le championnat du monde ! Si de grands champions sont attendus pour cette compétition, le public sera également invité à s’initier à la pratique de ce sport.

 

Qui a dit que Namur était une ville morte ? Probablement un oiseau de nuit mal luné… Car si en apparence la belle et élégante capitale wallonne semble plutôt jouir d’une aura diurne, certains sont bien décidés à vanter le Namur by night.

NAMUR EVENTS

« Mettons un bar sur une place et invitions des gens... » Certains ont des idées brillantes dans un garage et envahissent ensuite le monde du numérique ; ceux-ci ont eu l’idée d’organiser des apéros urbains, au détour d’une conversation entre anciens potes de fac, autour… d’un apéro ! À trois, ils se remémorent les bons souvenirs, les guindailles estudiantines… « Après la fac, nous revenions un peu tous vivre sur Namur, nous étions tous dans l’organisation d’événements ou actifs dans des groupes d’étudiants », raconte Nicolas Bonomi, président et administrateur général de Namur Events. « Quand nous étions étudiants à Louvain-la-Neuve, il y a avait beaucoup d’événements et d’activités, mais à Namur pas du tout. Namur avait un peu cette image de ville morte. Nous avons voulu donner un souffle nouveau à l’animation sur l’espace public du centre-ville. L’idée était de créer un événement facile d’accès, gratuit, et où les Namurois auraient la possibilité de se réunir pour simplement prendre l’apéro en toute convivialité. » Créer un événement namurois, pour les Namurois ; telle était l’ambition de ces trois jeunes. Ils créent l’ASBL Namur Events en 2010. Les premiers Apéros namurois rassemblent entre 500 et 600 personnes. Aujourd’hui, nous sommes loin du simple bar installé sur une place… Pour leur saison 2014, les apéros ont réuni en moyenne 3000 personnes pour chaque date ! Une institution pour beaucoup de Namurois.

Aujourd’hui gérée par neuf administrateurs, Namur Events ne cesse de prendre de la hauteur et de l’ampleur et diversifie ses activités. « Au fil des années, on a toujours eu envie de grandir et de multiplier les événements. Au moment de la création de Namur Capitale de la bière et du terroir, on a augmenté la taille de la structure, organisée désormais par projets », précise Nicolas Bonomi. Namur Capitale de la bière et du terroir, c’est trois jours pour découvrir les bières spéciales, dans l’espace public toujours. Sont présentes des brasseries très connues évidemment, mais aussi de petites brasseries. L’heure est à la découverte, non seulement avec les bières spéciales, mais également au travers d’happenings divers : concours du meilleur serveur de bière, démonstrations culinaires autour de la bière par des chefs de renom comme Benoît Van den Branden du Cuisinémoi, etc.

Et puisqu’il y a toujours plus dans deux têtes que dans une, inutile de dire que les idées fusent lorsque les neufs administrateurs se réunissent… Des idées parfois totalement insolites et décalées, qui se concrétisent et gonflent le catalogue événementiel de la petite structure. Ils lancent rapidement des dérivés de leurs concepts phares, comme par exemple Namur Capitale de la bière de saison, dont le principe est de découvrir des bières d’ouverture de saison, qu’on ne trouvera pas forcément dans les commerces toute l’année. L’hiver 2015 verra la première édition de Namur Capitale de la bière de Noël. Autre projet, le Namur Beer Tour, un jeu de piste autour de la bière à réaliser par équipes de deux personnes. De café en café, les participants parcourent les rues à la recherche de l’énigme suivante et découvrent le tourisme namurois d’une façon tout à fait insolite encore une fois. Au programme également, les soirées Old School qui offrent la possibilité au public d’assister à la projection d’un film plutôt décalé en dégustant une bière spéciale. Et enfin, en mars 2015, les organisateurs lançaient les soirées Awake, un concept importé des États-Unis consistant à faire la fête dès l’aube. Pour le coup, pas de bière, simplement du jus de fruit et des softs. Danser et rigoler dès le réveil, nul doute, ça vous met de bonne humeur pour toute votre journée !

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Situé au cœur de la citadelle de Namur, le « Verdur Rock » (27 juin), est bien connu pour son ambiance conviviale et festive mais aussi pour sa gratuité. De plus, cette 31ème édition pourrait bien être synonyme de changements.

Au fil des années, le « Verdur Rock », le festival le plus ancien de Wallonie est devenu une institution. Pourtant cette année, quelques petites évolutions sont à prévoir. Pour commencer, les organisateurs du Festival Esperanzah entrent dans la danse. La ville de Namur les a choisis comme co-organisateurs et espère ainsi redynamiser ce festival légèrement en perte de vitesse. Pas question pour autant d’avoir un mini-Esperanzah. Le « Verdur Rock » conserve son identité !

Autre mutation qui concerne cette fois le portefeuille des festivaliers. Cette année il va falloir payer son entrée : 15 € sur place et 10 € en prévente. Un prix plutôt démocratique comparé aux grands festivals mais qui sonne tout de même la fin d’une ère. Pourtant, ce changement permettrait selon les organisateurs de faire venir des artistes plus en vogue et souvent plus chers. On pourra ainsi découvrir cette année des groupes comme « Skip The Use », « The Subs » ou encore « The Computers ».

Organisé par la Ville de Namur, en partenariat avec l’Université de Namur et la Chambre de Commerce et d’Industrie, ce salon réunit à la fois le monde de l’entreprise et le monde académique autour d’un même thème de réflexion : l’innovation.

Le Nino cherche à sensibiliser le public à l’innovation en la vulgarisant, en expliquant son processus de création et de fabrication au travers de conférences et d’expositions.

L’innovation est avant tout un état d’esprit. Il faut savoir repérer les besoins et les opportunités et imaginer la solution. L’innovation allie imagination, courage, recherche, apprentissage, fabrication et protection intellectuelle au travers du brevetage d’un produit et sa commercialisation.

Quarante exposants, dont des entreprises, des start-up, des sociétés et autres, présenteront leurs innovations en analysant leurs processus de réflexion et la concrétisation de leurs projets.

Le Nino accueillera aussi l’exposition « L’innovation dans tous ses états. »

 

Salon Nino 2015

Le dimanche 22 mars (grand public) et le lundi 23 mars (public averti)

Université de Namur (auditoire Pedro Arrupe)

Rue Grandgagnage

5000 NAMUR

Contact: Luc Gennart  +32 (0)812 46 943

Entrée libre

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