Waw magazine

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Suivre les traces des contemporains d’Astérix sur le trajet d’une voie romaine tout en découvrant des sites riches en histoire à deux pas de chez vous… Plus de 2000 ans d’histoire au fil de la voie romaine Boulogne- Bavay-Tongres-Cologne.

Les Romains se sont dotés d’un impressionnant réseau routier, planifié à l’échelle de leur vaste territoire et remarquablement bien construit. Après la conquête de la Gaule par Jules César, ils ont prolongé les liaisons routières du sud vers le nord, et de l’ouest vers l’est. La voie Boulogne-Cologne est une des grandes artères de l’Empire romain. Elle est, avec les tumulus et les murailles de fortifications, l’un des rares vestiges antiques conservés dans le paysage de nos régions. De Boulogne jusqu’à Cologne, l’itinéraire invite à suivre cet antique monument sur plus de 400 km et à découvrir la vie quotidienne des Gallo-Romains installés sur son parcours à travers les sites, les réalisations architecturales et le mobilier. Marie-Hélène Corbiau, professeur d’Archéologie nationale à l’Université de Namur, a consacré une partie de sa vie à l’étude de cette colonne vertébrale de notre histoire. Elle présente le fruit de ses recherches dans un ouvrage édité par l’Institut du Patrimoine Wallon.

Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à écrire un livre sur ce sujet ?

Marie-Helene Corbiau — C’est la volonté de rappeler un patrimoine qui traverse 4 pays, un monument linéaire de l’empire septentrional qui est encore visible aujourd’hui et qui marque le paysage sur plus de 400 km, mais qui pourtant est méconnu du grand public. La vocation de cette voie était de relier Boulogne à Cologne, et de nombreuses découvertes archéologiques y ont été faites. Je voulais présenter toute une série de sites historiques qui se trouvent le long de cette voie en fournissant des explications simples.

Quel est l’intérêt de ce livre ?

MHC — Accroché à la voie romaine, on en profite pour approcher plusieurs aspects de la vie romaine comme l’alimentation, l’architecture, la religion… Chaque site est un tout, on retrouve sa position par rapport à la voie romaine, des photos du site, sa reconstitution… Cela permet de s’imaginer plus facilement à quoi ressemblaient des vestiges qui, aujourd’hui, sont à ras du sol. On met des images sur des mots.

Il y a aussi un aspect pédagogique. Par exemple, les professeurs du primaire et du secondaire peuvent y retrouver des informations sur le panorama de la civilisation galloromaine, une diversité d’informations qui suit la logique de la civilisation romaine et fait un parallèle avec la vie d’aujourd’hui. On y retrouve quelques grandes caractéristiques architecturales romaines, par exemple à Boulogne, où se trouve un port qui permettait un accès direct avec l’Angleterre ; à Bavay, un des plus grands forums d’Europe y a été bâti, car les envahisseurs romains voulaient s’affirmer dans les provinces septentrionales. Et bien d’autres…

De plus, pour beaucoup de bourgades, il y a un dialogue entre le terrain et le musée. En effet, à côté de chaque article concernant un site, on retrouve la fiche du musée où sont exposés les vestiges découverts, avec les informations pratiques et les contacts. Il y a donc un objectif de promotion du tourisme culturel de qualité.

A qui s’adresse votre ouvrage ?

MHC — À tout le monde. Même, et surtout, à ceux qui n’ont pas de bases sur la civilisation gallo-romaine. Ils en retireront quelque chose. C’est un ouvrage de vulgarisation scientifique qui s’efforce de présenter les choses simplement. On retrouve les 400 km du parcours schématisés en 2e de couverture, des cartes de l’époque gallo-romaine, mais aussi des photos aériennes de tronçons qui nous montrent que la voie Boulogne- Cologne marque encore le paysage à l’heure actuelle. Subdivisé en quatre parties (France, Belgique, Pays-Bas et Allemagne), le livre suit la logique de l’itinéraire avec la voie romaine en partant de l’aspect géographique du parcours, passe par les villes, agglomérations, tumulus, etc.

 

Les chapitres ne sont pas de taille égale, car la voie s’étend sur plus de surface en France et en Belgique qu’en Allemagne et aux Pays- Bas. Mais ces derniers ne sont pas en reste pour autant. En ce qui concerne les Pays- Bas, il y a de très nombreuses informations sur Maastricht où la chaussée romaine est encore bien perceptible à l’heure actuelle et où de nombreux vestiges ont d’ailleurs été découverts. Mais aussi sur les villes de Hulsberg et Rimburg. Sans oublier sur l’agglomération antique de Heerlen, qui est une étape sur la voie où divers bâtiments ont été mis à jour. Tels des thermes publics remarquables par leur importance et leur conservation. Ils couvrent un espace de 50 m sur 50 m. ■

 

Itinéraires du Patrimoine Wallon

Cette collection, dont ce volume constitue le septième numéro, propose une série de guides à destination du grand public axés sur la découverte active du Patrimoine de Wallonie. Ces livres, véritables outils pratiques de visite, sont déclinés à travers différentes thématiques. La collection est constituée de guides richement illustrés et documentés, mais faciles à consulter grâce à leur format pratique. Destinés au grand public, ces livres, accompagnés d’une carte touristique et routière, constituent des outils de visite de notre patrimoine. À la description rigoureuse des monuments s’ajoutent de nombreuses informations pratiques facilitant la visite sur place.

 

La voie romaine. Boulogne- Bavay-Tongres-Cologne

Marie-Hélène Corbiau

Édition Institut du Patrimoine Wallon — 144 pages – 12 €  

Hugo d’Oignies et Jacques de Vitry y ont laissé des traces précieuses !

En 1187, quatre frères, avec leur mère veuve, s ’instal lent à Oignies. Ce petit hameau en bord de Sambre, aux environs de Tamines, dans le Hainaut, dispose d’un corps de bâtiment jouxtant une ancienne chapelle dédiée à Saint-Nicolas. La famille y aménage un prieuré. Des quatre frères, trois sont prêtres : Gilles, Robert et Jean. Le quatrième, Hugues (ou Hugo), est un orfèvre qui marquera l’histoire du patrimoine wallon. Vivant selon la règle de Saint-Augustin, la famille travaille autour d’Hugo et l’atelier attire les apprentis recherchant le contact avec le maître. La plupart des oeuvres ont été exécutées au prieuré même. Hugo est à la fois orfèvre, scribe et miniaturiste. Il signe plusieurs de ses oeuvres et s’est même représenté dans certaines d’entre elles. Mais comme dans toutes entreprises, seul on ne fait rien de grand. En 1207, Marie de Nivelles arrive à Oignies et intègre la petite communauté. Marie connaît bien un certain Jacques de Vitry, théologien parisien qui, en 1216, sera nommé évêque de Saint-Jean d’Acre en Terre Sainte. Dix ans plus tard, il sera consacré évêque de Tusculum, situé à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Rome, il profitera de sa position en pleines cinquième et sixième Croisades, pour faire parvenir au prieuré d’Oignies des reliques, des pierreries et autres richesses. Ces dons, issus des pillages en Terre Sainte, permettront à Hugo de réaliser de somptueux reliquaires.

En 1240, Jacques de Vitry meurt en léguant le contenu de sa chapelle privée au prieuré d’Oignies. Sa crosse d’évêque, ses mitres, ses anneaux épiscopaux, son autel portatif rejoignent les oeuvres d’Hugo d’Oignies, constituant aujourd’hui l’une des sept Merveilles de Belgique. Durant les feux de la Révolution française, le dernier prieur emmure le trésor dans une ferme à Falisolle. Remis à jour en 1818, il est confié aux soeurs de Notre-Dame à Namur. En 1939, alors que la guerre menace, le trésor est de nouveau caché et échappe de justesse à la destruction du couvent. Après la reconstruction des bâtiments, le trésor d’Hugo d’Oignies y est exposé.

Aux sublimes émaux liégeois colorés, fort prisés à l’époque, Hugo d’Oignies préfère le nielle, plus sobre, mettant en valeur le travail sur les métaux. Il pousse l’art des filigranes jusqu’à détacher ceux-ci du fond pour donner encore plus de relief à ses oeuvres. Tout le long des filigranes, il soude une multitude de petites perles qui font chatoyer la matière. Par soudage et décolletage, il ajoute de minuscules pampres de vigne ou des feuillages. Chaque centimètre est un bijou, une prouesse qu’il faut apprécier en tenant compte des conditions techniques de l’époque.

 

Renseignements

Hôtel de Gaiffier d’Hestroy
Rue de Fer, 24
B-5000 Namur
[email protected]

 

Étapes gourmandes

Cuisinémoi
Rue Notre-Dame 44 - B-5000 Namur
Parfums de cuisine
Rue Bailly 10 - B-5000 Namur

 

Trésors cachés ou trésors classés ?

Jacques Toussaint, Conservateur en chef des musées en province de Namur (1), s’étonne que l’on ait choisi d’évoquer ce patrimoine de l’orfèvrerie médiévale mosane en le considérant comme « caché » alors qu’il est « classé ». Le choix de ce terme vient du fait que, depuis la grande exposition Rhin-Meuse de 1972, aucune initiative n’est venue remettre en valeur ce patrimoine, certes classé, mais naturellement dispersé sur un axe de plus de deux cents kilomètres entre Aachen, Maastricht, Liège et Tournai. Caché parce que dispersé… et c’est là que WAW crée un itinéraire cohérent, global valorisant un itinéraire culturel ouvert sur une grande partie de la Wallonie. Tourisme et culture, voilà un binôme souvent évoqué et insuffisamment mis en oeuvre, notamment par les voyagistes. Il y a tant de choses à (faire) découvrir !

(1) Il est également Président de la Commission consultative du patrimoine culturel mobilier de la Communauté française de Belgique

La Route Merveilleuse lui a servi de tremplin professionnel. Depuis cinq ans, Thierry Pierre propose des balades en Segway sur le site de la Citadelle de Namur. C’est original et pas fatigant du tout. Il suffit de se pencher. La machine fait le reste !

Il était constamment collé à terre, les genoux en feu, puis, un jour, il a entendu une voix lui souff lant : « Penche-toi et avance ! », et il s’est mis à gravir la Citadelle de Namur en deux temps et quelques mouvements. Suivi, comme le joueur de flûte de Hamelin, par une ribambelle de petits bonshommes fluo et casqués, enchantés de se mouvoir ainsi sans effort sur les pentes tortueuses de cette forteresse qui a résisté pendant des siècles aux assauts des plus grands conquérants.

Cette histoire, ce n’est pas celle de Lazare ni un conte des frères Grimm, mais bien l’aventure vécue par Thierry Pierre, un Namurois, qui propose depuis cinq ans, un moyen très original pour visiter la capitale wallonne et son fleuron, la Citadelle. Vous avez certainement déjà vu cet engin à deux roues sur lequel on se tient debout et que l’on fait avancer en se penchant vers l’avant. Cela s’appelle un Segway ou un transporteur personnel. L’engin fonctionne sur le principe du gyroscope, c’est-à-dire que c’est la position du corps qui décide de la vitesse et la direction. Grâce à ses capteurs très sophistiqués, l’appareil détecte votre inclinaison et donne aux roues le mouvement nécessaire pour que vous restiez en équilibre tout en vous déplaçant. C’est non seulement enfantin, mais c’est aussi électrique, silencieux et non polluant !

Départ dans la caserne Terra Nova

« J’ai travaillé une vingtaine d’années dans le bâtiment en tant que carreleur », explique Thierry Pierre sur la plate-forme Terra Nova, au coeur du domaine fortifié, où ses Segways sont alignés en attendant le départ. « Mais à force de m’appuyer sur le sol, j’ai commencé à avoir des problèmes aux genoux. Il devenait impératif pour des raisons de santé de trouver un autre job. Lors d’un séjour en République dominicaine, j’avais eu l’occasion d’essayer cette machine mise au point par un ingénieur californien. J’y ai réfléchi, pensant d’abord devenir vendeur officiel. Mais l’idée m’est vite venue de l’utiliser à des fins touristiques. Je l’ai testée sur les pentes de la Citadelle, puis je me suis lancé. »

En 2008, Thierry fait donc l’acquisition de douze Segways, à 8 400 € pièce. Mais il lui faut un camion pour les transporter et un site où s’installer. « La Ville de Namur a accepté que je prenne place dans l’ancienne caserne Terra Nova, à côté de l’accueil des visi teurs. J’ai signé avec elle une convention. Je promeus le site qui lui appartient et elle me soutient. »

C’est ainsi qu’est née Segwaynam, une petite sprl qui propose, par exemple, pour 30 €, un circuit d’une heure trente comprenant la visite de la Citadelle et le tour de la vieille ville. Ou une variante de deux heures… Grâce à ses deux batteries, le gyropode à une autonomie de 40 kilomètres environ. La plupart du temps, c’est Thierry Pierre lui-même qui fait office d’accompagnateur, tout en dispensant ci et là quelques commentaires à propos des lieux. « Je travaille aussi avec des moniteurs que je recrute via une agence d’intérim. Et, parfois, lorsque le client le demande, avec un guide attitré. Car ce n’est pas mon job et je ne veux prendre la place de personne. »

Également aux Lacs de l’Eau d’Heure

Au fil des grimpettes et des inclinaisons – en avant ou en arrière –, d’autres idées sont venues étoffer le catalogue de la petite société namuroise. Aujourd’hui, Segwaynam, qui est désormais riche de vingt-cinq transporteurs, propose également, le plus souvent en association avec des partenaires locaux, des balades autour des Lacs de l’Eau d’Heure, sur le Ravel de la vallée de la Molignée, dans le centre d’Andenne, les environs de Dinant et de Floreffe… « Au début de l’aventure, quand nous nous faufilions entre les passants, on devinait à leur expression qu’ils nous prenaient pour des fainéants, raconte l’initiateur. Aujourd’hui, c’est un sourire de sympathie qui s’affiche sur leur visage. Les automobilistes sont fair-play et prennent le temps de nous laisser passer. Quant aux touristes, ils sont de plus en plus intéressés, que ce soit en groupe ou en famille. Mais mon plus gros chiffre d’affaires vient des entreprises pour lesquelles j’ai concocté différents modules de teambuilding, tels que circuits découverte, chasses au trésor ou parcours d’habileté. » Le fondateur parvient-il à vivre de ses Segways ? « Pas encore, concèdet- il. J’ai gardé mon activité de carreleur pour meubler les périodes creuses. Comme en hiver. Celui-ci fut particulièrement long… »

Bref, si la partie n’est pas définitivement gagnée, Thierry Pierre n’en est pas moins sur la bonne pente !

 
Renseignements

Segwaynam
Rue Jean Colin, 2
B-5020 Flawinne
+32 (0) 475 66 14 47
www.segwaynam.be

 

En « mets et chants… sons »

Le dimanche 4 août, l’asbl Comité Animation Citadelle proposera un parcours pédestre sur le site de la Citadelle mêlant musique, gastronomie et histoire. De 11 à 14 heures, le public sera amené à découvrir des lieux historiques d’exception habituellement fermés et à y écouter des musiques en rapport avec leur période. De la musique médiévale au Château des Comtes, du classique à Terra Nova, de la musique folklorique au Hangar aux Affûts, des groupes vocaux au Théâtre de Verdure et de la musique pop-rock au Belvédère. Sur chaque espace, des chefs de renom accueilleront le public en proposant des dégustations culinaires également en lien avec l’époque.

 

Une visite de Namur sur deux roues

« Mettez bien vos pieds au milieu du plateau. Pour démarrer, il suffit de vous pencher légèrement en avant. Plus vous vous inclinerez, plus le Segway prendra de la vitesse… Pour tourner, tirez le guidon du côté où vous voulez aller. Pour freiner et vous arrêter, redressez-vous ! »

Avant d’entamer chaque balade, Thierry Pierre consacre toujours un petit quart d’heure à expliquer le fonctionnement de ses gyropodes. Ce matin-là, sur le parking de Terra Nova, il encadre des étudiantes de 6e année de l’Institut Ilon Saint-Jacques, l’école d’hôtellerie et de tourisme de Namur. Céline, Stéphanie et Anna n’ayant pu accompagner le reste de leur classe en voyage scolaire, les jeunes filles ont opté pour la visite de la Citadelle et du vieux Namur en Segway, accompagnées de Saji, leur professeur de mathématiques.

L’initiation terminée, le petit groupe s’élance en file indienne, escorté par Thierry et suivi par Renaud, son assistant. Tous portent un casque et un gilet fluo. En quelques louvoiements, l’Esplanade est atteinte. « Le Stade des Jeux et le Théâtre de Verdure sont l’oeuvre d’un architecte contemporain de Léopold II, Georges Hobé, qu’il ne faut pas confondre avec le pilote de motocross Georges Jobé qui, lui aussi, s’est illustré autour de la Citadelle », explique le guide, avant de sortir une clé et de débrider les Segways. « Au départ, je limite leur vitesse à 8 kilomètres à l’heure. Maintenant, ils peuvent rouler deux fois plus vite. »

C’est donc avec des ailes dans le dos que les jeunes filles s’élancent maintenant sur la Route Merveilleuse et dévalent la pente jusqu’aux Jardins de Médiane, où Thierry peut leur décrire la vue plongeante sur Namur : le Bef froi, la Cathédrale, le Parlement wallon, la Meuse… Après un nouveau coup de reins pour franchir le Pont des Hollandais, on poursuit la descente jusqu’au Jardin des Plantes, non loin de l’endroit où, voici un peu plus d’un siècle, s’élançait le funiculaire qui reliait la ville au Grand Hôtel de la Citadelle. « Son coût d’exploitation élevé et la concurrence du tram ont provoqué son démantèlement en 1907 », explique Thierry avant de s’élancer sur le chemin de halage.

Au pont du Grognon, où, malgré le nom, tous et toutes affichent un large sourire, le guide explique que ce triangle formé par la Meuse et la Sambre était jadis le berceau de Namur. « Plus de 2 000 personnes y étaient serrées dans 150 habitations. C’était le quartier des Sarrazins, nom donné à ceux qui travaillaient dans les bas fourneaux. » La Sambre franchie sans effort, voici le groupe devant le Théâtre de Namur. Puis, c’est la visite de la vieille ville : la Tour Marie Spilar, le Beffroi, la rue des Fripiers, la place Marché aux Légumes… Sur un coin, un établissement datant de 1616, le « Ratin-Tot » (« attends tout », en wallon). « C’est là que les hommes s’attablaient en attendant que leurs épouses reviennent de la messe à l’église Saint-Jean », commente Thierry.

Sous le regard amusé des passants, la chenille sur roues zigzague à travers les ruelles jusqu’au Musée Félicien Rops. Puis, c’est le retour via la Halle aux Grains et le chemin de halage. Au pont de l’Évêché, les Segways traversent la Sambre et attaquent les pentes de la Citadelle via l’avenue Jean 1er. « Nous sommes presque arrivés, lance Thierry, comme le groupe aborde la Route des Canons. Faites attention ! C’est souvent dans les dix dernières minutes, alors que l’on sent trop confiant, que l’on risque une chute. » Il n’avait pas fini de parler que Stéphanie se retrouve les jambes en l’air. Plus de mécontentement que de mal, heureusement. Près du Hangar aux Affûts et son magnifique point de vue, la jeune fille a retrouvé son sourire pour la « photo de famille ». « Je croyais que les Segways, c’était un truc pour garçons, commente- t-elle. Mais ce n’est pas compliqué… » « C’est une façon originale de découvrir la Citadelle », intervient Anna. « En un mot, c’est gé-nial ! », conclut Céline.

Un séminaire ou un mariage, les pieds dans l’eau ? Pourquoi pas ! Depuis quatre ans, Boat for you attire les particuliers comme les professionnels. L’esprit yachting des lieux, luxueux et classiques, invite à la fête. À bord, toutes ! 

Sur les quais situés au pied de la Citadelle de Namur, sur le site du Grognon, deux bateaux flamboyants amarrés l’un à l’autre attirent les regards. Sur l’un d’entre eux, une pancarte interpelle. « Boat for You : votre événement à bord ». Le propriétaire, Bernard Schorkops, commence la visite des lieux. Le plancher craque, les quincailleries brillent, les hublots laissent entrevoir les eaux paisibles de la Haute-Meuse. Des réceptions en tous genres s’y déroulent. Pas de doute, le capitaine sait rondement bien mener sa barque.

Cet homme est à lui tout seul à l’initiative de ce concept audacieux, né depuis bien longtemps dans sa tête et concrétisé en 1998 par l’achat d’un premier vaisseau. Le projet définitif, quant à lui, a pris vie une dizaine d’années plus tard. Depuis, les clients défilent mais ne se ressemblent pas. Tantôt chefs d’entreprise, tantôt particuliers, tous Un séminaire ou un mariage, les pieds dans l’eau ? Pourquoi pas ! Depuis quatre ans, Boat for you attire les particuliers comme les professionnels. L’esprit yachting des lieux, luxueux et classiques, invite à la fête. À bord, toutes ! se rejoignent pourtant sur un point : leur émerveillement lorsqu’ils posent le pied sur le pont.

Bernard Schorkops est lui aussi animé par ce même sentiment d’enchantement. Ayant grandi au bord du fleuve, il se définit comme un « fils de Meuse, en perpétuel besoin d’eau ». Sa passion du nautisme, véritable art de vivre, remonte à sa plus tendre enfance. Sportif, il a notamment pratiqué le ski nautique, la voile et le motonautisme. « J’ai certainement trop regardé ‘La croisière s’amuse !’ Cette série télévisée était gnangnan à souhait, mais ses belles histoires faisaient rêver les gens. Un bateau sur lequel l’on oublie tous ses soucis… Malgré les années, cette référence n’a pas pris une ride. D’ailleurs, encore à l’heure actuelle, lorsque les invités montent à bord et que la fête commence, ils font le rapprochement et sourient, l’esprit rêveur. Comme monter à bord n’est pas si fréquent, cela stimule l’imaginaire. »

« Notre spécificité réside dans le fait que nous ne louons pas simplement un lieu, mais nous proposons un service complet au cas par cas. On s’occupe de tout : son, lumière, déco, repas… Du sur mesure ! »


Les activités sont diverses, entre les réceptions privées (mariage, anniversaire, fête de famille…) et les événements business (séminaire, conférence, repas d’affaires, lancement d’un nouveau produit, fête du personnel…). Chaque dossier bénéficie d’un service personnalisé. « Je consacre énormément de temps à la préparation de chaque événement de sorte qu’ils soient tous mis sur pied de manière irréprochable. Notre spécificité réside dans le fait que nous ne louons pas simplement un lieu, mais nous proposons un service complet, au cas par cas. On s’occupe de tout : son, lumière, déco, repas… Du sur mesure ! » Côté cuisine, le capitaine compte sur son fidèle collaborateur, le traiteur Pierre Paulus, présent depuis le début de l’aventure. Entre les deux hommes s’est installée une relation de confiance sans faille, au même titre que celle qui les unit à leurs clients.

Le Belrive et le Cap Meuse

N’en déplaise à certains, le mal de mer est proscrit à bord. Les deux embarcations, nommées Belrive et Cap Meuse, restent en permanence à quai, dans l’eau presque immobile du fleuve. Le Belrive date de 1935 et mesure 39 mètres de long. Premier achat de Bernard Schorkops, cet ancien bateauciterne provient de Gand et servait à transborder de l’huile végétale dans le port de la ville. Le Cap Meuse, long de 28 mètres, date de 1956, époque à laquelle il servait de navire de dragage. Situé à quelques encablures du centre historique de Namur, l’accessibilité du lieu de réception constitue un atout considérable.

D’ici peu, les amateurs de balade nautique pourront embarquer à bord de l’Astaga. Entièrement restaurée, l’embarcation servira à la fois de « taxi boat » et de « dîner croisière », un produit de grand luxe inédit chez nous.


Les différents ponts qui composent les deux vaisseaux sont autant de salles polyvalentes et modulaires, pleinement équipées en son, lumière et matériel de projection. Ces installations peuvent accueillir jusqu’à 150 convives. Concernant le design intérieur, « le bateau en soi représente déjà un élément déterminant de la déco. Le reste relève du traditionnel : un plancher en noyer, des quincailleries en laiton, des hublots… Tout ce que l’on imagine retrouver sur un bateau. C’est précisément cet esprit yachting, luxueux et classique à la fois, que j’ai tenu à développer. »

Limousine flottante

D’ici peu, les amateurs de balade nautique retrouveront ce même esprit sur l’Astaga, un bateau-mouche de 22 mètres de long. D’origine hollandaise, ce vaporetto de 1965 possède un nom pour le moins unique. Soucieux de respecter la tradition batelière, l’heureux papa de trois enfants a compressé les premières lettres de chaque prénom – Astrid, Tanguy et Gauthier. Bientôt entièrement restaurée, l’embarcation servira à la fois de « taxi boat » et de « dîner croisière », pour un maximum de douze personnes. Un produit de grand luxe inédit chez nous équivalant, en quelque sorte, à une limousine flottante.

D’autres projets ? Vu le regard malicieux et le sourire discret de Bernard Schorkops, on se doute qu’il lui reste encore des cartes à jouer. « Un quatrième bateau est bel et bien prévu au programme… dans un tout autre style. Mais il est encore trop tôt pour dévoiler mon secret ! »

Conscient des enjeux de ses divers projets, l’homme d’affaires choisit la prudence. « Nous proposons un produit très atypique par nature. Mieux vaut se préparer à un éventuel revers de médaille. Nos clients recherchent un côté insolite, ils ne reviendront donc pas dix fois d’affilée sur le même bateau comme ils le feraient dans un hôtel. Cependant, malgré le climat d’instabilité ambiant et les lourds investissements, nous ne devons pas nous plaindre. Les affaires marchent plutôt bien ! »

 

Renseignements

Boat for You, votre événement à bord !
Bernard Schorkops
+32 (0) 475 49 38 90
[email protected]
www.boat-for-you.com

 

Liège au fil de Meuse

En collaboration avec la Province de Liège, la société coopérative « Liège au fil de Meuse » met jusqu’au 31 octobre des bateaux à propulsion électrique (et donc non polluants) à disposition du grand public. L’objectif : rendre la Meuse aux Liégeois, comme le confirme Jean-Louis Schmetz, amoureux de la navigation et un des initiateurs du projet : « C’est une façon de redécouvrir la ville d’une autre manière et de mettre le fleuve en évidence. » Concrètement, à partir de 40 €/h, l’apprenti navigateur embarque sur la péniche « Sayonara », accostée au début du parc de la Boverie. Pas d’inquiétude, la conduite est accessible à tous et ne nécessite pas de permis, le bateau ne va pas plus vite que 10km/h. La seule condition est d’être âgé d’au moins 18 ans. La promenade comprend le tour de Liège, du pont Atlas au pont de Fragnée.

À découvrir sur le parcours : l’Evêché, la Grand Poste, le Grand Curtius… dans un sens et le port des yachts, le plongeur, et au-delà du Palais des Congrès, le jet d’eau dans l’autre sens. Il est également possible d’allonger le parcours, que ce soit vers l’île Monsin ou vers Visé. Les bateaux peuvent aussi être loués à la demi-journée, voire plus. Actuellement, le bateau ne permet que cinq personnes à son bord mais au total, la base nautique disposera de 7 bateaux de 5 places et de 2 bateaux de 10 places.

www.facebook.com/LiegeAuFilDeMeuse

Du 11 au 20 octobre, la 19e édition du Festival Nature Namur présentera sa sélection de films professionnels et amateurs autour du thème de la nature. Mais pas seulement ! Le festival proposera également un Village et des Balades Nature, le Concours International de Photo Nature et une quarantaine d’expos photos. Et justement, WAW vous propose de découvrir en avant-première quelques-uns des superbes clichés qui seront exposés au public durant l’évènement dans des espaces emblématiques de Namur.

C’est dans le quartier du Vieux Namur que trône l’église Saint- Loup. Actuellement en restauration, le monument a conservé sa splendeur passée. Les Amis de Saint-Loup se dévouent pour faire revivre le monument, classé patrimoine exceptionnel de Wallonie.

L’histoire de l’église Saint-Loup doit être racontée en évoquant le lien la liant à l’actuel Athénée royal François Bovesse. Autrefois appelé École du Faucon, celui-ci est repris en 1611 par les frères jésuites qui en font un collège d’humanités. Ils agrandissent les bâtiments et y construisent un réfectoire, un lavoir, et même une brasserie. Sur base des plans de l’architecte jésuite Père Huyssens, les premières pierres de la chapelle jouxtant le collège sont posées en 1621. L’église est baptisée Saint-Ignace en l’honneur du fondateur de la Compagnie de Jésus. L’argent vient à manquer et la construction de l’église s’éternise. Elle est seulement achevée en 1641. Quatre ans plus tard, Englebert Dubois, l’évêque de Namur, l’inaugure.

Après la suppression de la Compagnie de Jésus par le Pape Clément XIV en 1773, les Jésuites doivent quitter les lieux. À quelques rues de là, l’église Saint-Loup est en ruine. La ville confie alors à son curé et ses paroissiens l’ancienne chapelle jésuite. L’église devient donc paroissiale en 1777 sous le patronyme de Saint-Loup. La statue de Saint-Ignace qui trône dans le maître-autel est légèrement transformée, se parant d’une mitre et d’une crosse. En janvier 1936, l’église Saint-Loup et le collège, devenu Athénée, deviennent patrimoines immobiliers classés de la Région wallonne. C’est récemment, en 2013, que l’église Saint-Loup est classée patrimoine immobilier exceptionnel.

L’élégance extérieure

À deux pas de la Cathédrale Saint-Aubain de Namur, Saint-Loup n’a rien à lui envier. Inspirée de celle du Gesù à Rome, la façade en met plein la vue au visiteur. Le monogramme IHS est gravé dans la pierre : Iesus Hominum Salvator (« Jésus, sauveur des hommes »). Il représente le blason traditionnel d’un monument jésuite. Une autre phrase est inscrite au-dessus des deux portes en bois, Namurci Decus Ac Gloria Resurgo. Il s’agit d’un chronogramme : « Honneur et Gloire de Namur, je resurgis ». Certaines lettres sont en majuscules et en les assemblant, elles donnent une date ; 1865, année de restauration quasi à l’identique de la façade. Celle-ci n’étant plus en marbre noir, très fragile, mais en pierre de taille de la région. Son architecture est d’inspiration baroque avec ses colonnes et pilastres annelés ou ses murs-boutants. Plus petit que prévu, le clocher a été repoussé au bout de l’église.

Depuis 2012, les Amis de Saint-Loup rassemblent près de trente personnes, passionnées par cette église qui n’a pas encore rendu son dernier souffle. Architecte, professeur, historien ou jeune retraité, tous contribuent à la rénovation du patrimoine wallon.


C’est par un sas de verre que le visiteur s’aventure au coeur de la chapelle. Celle-ci est étonnement lumineuse. Les rayons du soleil traversent les fenêtres dépourvues de vitraux. Le sol est en pierre bleue polie. Complètement noire à l’origine, la voute sculptée est en pierre de sable depuis 1976. Les colonnes annelées en marbre rouge ressortent dans la lumière. Une seule toile est accrochée au mur, les autres attendent dans la réserve un petit coup de fraîcheur. Dix confessionnaux sont encastrés dans les murs. Sont sculptés dans le bois, guirlandes, feuillages, raisins, pommes, poires, fleurs, tantôt des têtes d’anges, tantôt des têtes grotesques. En 1866, Charles Baudelaire, de passage à Namur, écrit : « Saint-Loup. Merveille sinistre et galante. Saint-Loup diffère de tout ce que j’ai vu des jésuites. L’intérieur d’un catafalque brodé de noir, de rosé et d’argent. » C’est d’ailleurs lors de cette visite que l’écrivain des Fleurs du mal perd connaissance.

Un nouveau souffle grâce aux bénévoles

La décision de restaurer l’église Saint-Loup a été prise en 1979. Depuis cette date, d’importants travaux ont été réalisés. Les dix confessionnaux ont été retirés de leur niche, puis replacés. La chaire de vérité, ainsi que les marbres, ont été remis à neuf. Cependant, la liste des travaux à effectuer est longue. Les statues, les peintures, le maître-autel, les autels latéraux et les orgues à relever. Depuis 2012, les Amis de Saint-Loup rassemblent près de trente personnes, passionnées par cette église qui n’a pas encore rendu son dernier souff le. Architecte, professeur, historien ou jeune retraité, tous contribuent à la rénovation du patrimoine wallon. Les cloches ne sonnent plus et la messe n’est plus donnée à Saint-Loup. Mais ce n’est pas pour autant que l’église est désacralisée. Concerts, expositions ou visites, l’église namuroise a déjà attiré plus de 15 000 curieux.

Renseignements

Le sas vitré est accessible du mardi au dimanche, de 10h à 16h, d’octobre à mars, et de 10h à 18h, d’avril à septembre.
L’église est ouverte tous les samedis de l’année de 11h à 16h les mois d’hiver, à 18h les mois d’été.
Visite guidée à 15h.

 

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