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© Doc Alstom

ALSTOM - Un leader incontournable

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Hainaut  / Charleroi

Par Charline Cauchie

Dans le secteur ferroviaire, Alstom est devenu un leader incontournable. Présente dans 60 pays, la multinationale française occupe  aussi une place importante en Belgique, notamment à Charleroi. Un investissement sur le sol wallon pas près de s’arrêter.

 

On a déjà tous entendu le nom de cette entreprise, mais que fait-elle exactement ? Alstom est leader mondial des systèmes ferroviaires intégrés. Cela veut dire que cette multinationale française conçoit et propose des systèmes, des équipements (d’infrastructure ou de signalisation) et des services personnalisés (maintenance ou modernisation) pour les trains à grande vitesse ou les métros et les trams. En 2015-16, l’entreprise communique un chiffre d’affaires de 6,9 milliards d’euros et enregistré pour 10,6 milliards d’euros de commandes. « Nous sommes présents dans plus de 60 pays et nous pouvons compter actuellement sur 31 000 collaborateurs », nous explique Sonia Thibaut, porte-parole d’Alstom Benelux.

Une histoire carolo

En Belgique, Alstom emploie près de 1000 personnes sur ses sites de Bruxelles et Charleroi. Y sont développés des systèmes de traction et des systèmes pour la signalisation ferroviaire. La filiale belge offre également des prestations de maintenance et de rénovation des systèmes vendus.

Le lien d’Alstom avec Charleroi ne date pas d’hier. À la fin du XIXe siècle, la région wallonne est une plateforme majeure de l’industrie lourde et 40 % des sociétés de tramways électriques à travers le monde sont sous contrôle belge. Une de ces sociétés, les Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi (ACEC), participera étroitement au développement d’Alstom et sera intégrée dans le groupe à la fin des années 1980. Les ACEC avaient accumulé, depuis les années 1920, une expertise incroyable dans la signalisation ferroviaire en Belgique. Et c’est d’ailleurs un de ses ingénieurs qui, en 1921, importe des EtatsUnis une idée nouvelle pour la SNCB, la signalisation à trois positions, adoptée par la suite dans toute l’Europe !

Mais la fusion ne se fait pas sans douleur. En 1986, ACEC est en pleine dérive et la Région wallonne cherche des repreneurs. L’entreprise va perdre certaines de ses activités pour se recentrer sur trois pôles (alternateurs hydrauliques pour la construction de centrales électriques, moteurs spéciaux et maintenance). Il faut alors restructurer et redéfinir les métiers. La situation mettra plusieurs années à s’améliorer. « En attendant, à Charleroi, on sera passé de 900 à 150 employés tandis que les deux sites de la région liégeoise auront été fermés », tient à préciser Sonia Thibaut.


Ce n’est pas tout. Promoteur de la mobilité durable, Alstom a reçu en 2016 plusieurs récompenses pour sa sousstation de récupération d’énergie dans le métro de Londres, un système super innovant développé sur le site carolo. 


 

Et, en effet, depuis plus de 20 ans, la filiale en Belgique d’Alstom investit significativement en recherche et développement dans les systèmes électroniques de sécurité (environ 19 millions d’euros par an), une expertise qui a consacré le site de Charleroi centre d’excellence mondial du groupe Alstom pour les activités de signalisation. En octobre dernier d’ailleurs, Alstom signait un contrat avec Infrabel, gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge, pour la fourniture des nouveaux équipements en cabines de signalisation sur le réseau ferroviaire de la zone portuaire d’Anvers. « Charleroi est également le centre de compétences signalisation dites “ERTMS” (European Railway Trafic Management System) pour le groupe : la dernière version disponible sur le marché a été testée au Danemark avec succès, il s’agit d’une première ! », se targue Sonia Thibaut. Ces systèmes représentent le développement de l’interopérabilité en Europe et l’avenir de la signalisation ferroviaire. Charleroi est donc bien à la pointe mondiale et les heures sombres semblent bien loin derrière !

Pas de repos pour HESOP

Ce n’est pas tout. Promoteur de la mobilité durable, Alstom a reçu en 2016 plusieurs récompenses pour sa sous-station de récupération d’énergie dans le métro de Londres, un système super innovant développé sur le site carolo. « HESOP est en service commercial depuis 2015 à la station Cloudesley Road du métro de Londres et permet une efficacité énergétique optimale en limitant les émissions de CO2 et en faisant baisser la température à l’intérieur du réseau de métro », détaille Sonia Thibaut.

En fait, Hesop permet de convertir l’énergie perdue par les trains lors de la phase de freinage afin de la réinjecter dans un circuit moyenne tension pour la réutiliser au sein du réseau. Les équipements de climatisation disposés le long du système peuvent alors être optimisés et la température dans les tunnels est réduite sans investissements considérables dans des équipements supplémentaires. « Une extension d’Hesop sur tout le réseau de métro londonien engendrerait d’importants bénéfices potentiels en termes de réduction d’énergie et de climatisation des tunnels », a déclaré Terence Watson, directeur général d’Alstom Royaume-Uni & Irlande. Hesop fait aussi ses preuves depuis quatre ans sur la ligne T1 du tramway de Paris. D’autres mises en place sont prévues à Milan, Ryad, Sydney ou encore Panama. Au total, 109 sous-stations Hesop ont déjà été vendues à travers le monde. 

Des exportations en veux-tu en voilà

Un autre gros projet qui démarre actuellement ? « En tant que centre d’excellence mondial des systèmes de traction et convertisseurs auxiliaires pour le groupe Alstom, le site de Charleroi est en charge du développement du système de traction pour le métro d’Hanoï », raconte Sonia Thibaut. Un contrat signé en janvier dernier d’un montant de 190 millions d’euros afin de fournir un système de métro pour la ligne 3 de Hanoï qui devrait entrer en service commercial avant la fin de l’année 2021.

Alstom va fournir et intégrer un système qui permet de faire circuler les trains à des fréquences et des vitesses plus élevées en parfaite sécurité. « Le système qui va être développé à Charleroi est un système de traction de dernière génération Optonix optimisé en taille, volume et performance permettant la réduction de la consommation d’énergie et du coût global du système fourni aux opérateurs de métros ». Ces systèmes de traction de dernière génération développés en Wallonie sont déjà déployés à Pékin, Montréal, Paris, Riyad ou encore Dubaï où ils permettent de transporter chaque jour des centaines de milliers de personnes.

À côté d’Hanoï, il faut aussi citer la participation à la mise sur pied du premier métro automatisé d’Hong Kong pour lequel Alstom Charleroi recrutait en janvier dernier une quarantaine de nouveaux collaborateurs avec un profil technique hautement qualifié.

Au cœur du réseau « Benelux »

En fait, Alstom a organisé le Benelux comme un hub d’activités. Le site de Charleroi est un support en signalisation pour le site d’Utrecht et le centre de compétences signalisation et traction du site de Charleroi sont impliqués dans le contrat de plus de 800 millions d’euros qui vise à fournir 79 nouveaux trains aux Pays-Bas. Alstom Charleroi s’occupe en effet de la signalisation embarquée de ces trains qui circuleront sur le réseau national, sur la ligne Amsterdam-RotterdamBreda et sur le couloir Den Haag-Eindhoven. « Une technologie éprouvée et en même temps un train prêt pour le futur. Voilà en résumé ce que nous offre Alstom, à nous et à nos voyageurs. Nous avons vraiment hâte de poursuivre notre collaboration dans les prochaines années. Nous devons maintenant faire avancer ce projet avec Alstom car nous avons un planning ambitieux et beaucoup à faire, a expliqué Roel Okhuijsen, directeur des acquisitions de matériel roulant chez NS. Les nouveaux trains Intercity sont nécessaires pour remplacer le matériel existant et pour étendre les services. »


Le 21 décembre dernier, Alstom  a signé un accord d’achat pour l’acquisition de Nomad Digital, un leader mondial dans les solutions de connectivité pour l’industrie ferroviaire. 


 

Et l’avenir ?

Du 1er avril au 31 décembre 2016, les prises de commandes d’Alstom se sont établies à 7,2 milliards d’euros. Contre 6,3 milliards d’euros sur la même période l’année précédente, soit une hausse de 16 %. « Alstom a enregistré une performance commerciale solide durant les neuf premiers mois de 2016-2017. Nous avons récemment signé un contrat pour la fourniture de quinze trains régionaux au Sénégal, notre première commande en Afrique de l’Ouest. La semaine dernière, le consortium Alstom-Bombardier a été sélectionné pour renouveler les trains RER en France. Ces deux contrats devraient être enregistrés au prochain trimestre. La croissance organique du chiffre d’affaires à 5 % est parfaitement en ligne avec nos objectifs 2020 », a ainsi déclaré Henri Poupart-Lafarge, président-directeur général d’Alstom.

Et l’entreprise ne cesse de grandir. Le 21 décembre dernier, Alstom a signé un accord d’achat pour l’acquisition de Nomad Digital, un leader mondial dans les solutions de connectivité pour l’industrie ferroviaire. Selon les données communiquées par Alstom, le chiffre d’affaires du groupe a atteint 5,2 milliards d’euros, ce qui représente une progression de 6 %, par rapport à l’année précédente. « Au 31 décembre 2016, le carnet de commandes a atteint un nouveau niveau record de 33,8 milliards d’euros, donnant au Groupe une large visibilité́ sur les ventes futures », se réjouit Sonia Thibaut.

Qu’en est-il d’Alstom Belgium ? « Nous suivons les mêmes objectifs que pour le groupe. Au niveau de la stratégie, l’innovation est centrale pour Charleroi qui investit près de 19 millions d’euros par an en Recherche et Développement et travaille avec une centaine de chercheurs. Nous sommes également très impliqué dans les projets du plan Marshall et créons des collaborations avec les universités locales et les PME en Wallonie. »

www.alstom.com

CHIFFRES CLÉS   
6,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires
10,6 milliards d’euros de commandes enregistrées en 2015-16
5% de croissance organique du chiffre d’affaires
7% de marge d’exploitation ajustée
100% de conversion du résultat net en cash- flow libre (Objectifs 2020)

 

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