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ON DIRAIT LE SUD… Innovations

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Luxembourg  / Transinne

Par Sébastien Lambotte

Le Luxembourg Belge, terre de vacances.  Connu pour l’Ardenne, ses forêts, ses sangliers, ses candidats de Top Chef et pour le loup dont on aurait vu la queue du  côté de Nassogne… Et si on vous contait d’autres histoires ?


GALAXIA

À Transinne, c’est un parc d’activités dédié au spatial qui se développe à côté de l’Euro Space Center et à deux pas de la station de l’ESA installée à Redu. Tout prochainement, Galaxia accueillera le centre logistique et de maintenance des opérations au sol du programme Galileo.

La province de Luxembourg est réputée pour son caractère paisible et son patrimoine naturel. Ceux qui empruntent l’axe BruxellesLuxembourg se sont dès lors peut-être étonnés de croiser, entre champs et forêts, une fusée allongée en bordure d’autoroute. À Transinne, l’Euro Space Center accueille chaque année quelque 40 000 visiteurs et stagiaires et les emmène à la découverte de l’espace. À côté de cette attraction touristique se développe un pôle spatial unique en Wallonie.

Depuis 1968, à Redu, à quelques kilomètres de Transinne, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) opère une de ses stations de contrôle. « À l’époque, pour communiquer avec les satellites, l’Agence cherchait un lieu situé au calme, loin des villes, exempt de toute pollution électromagnétique. C’est pour cette raison, principalement, que l’ESA a choisi Redu », commente Michel Ponthieu, Responsable Spatial et Hautes Technologies d’Idélux, intercommunale en charge du développement économique de la province de Luxembourg. Bien installée, l’ESA continue à mener de nombreuses opérations depuis Redu. Elle veille notamment au bon fonctionnement des satellites en orbite, participe à des missions d’observation de la terre et garantit des missions de télécommunications à l’échelle européenne.

Avec la volonté de capitaliser sur cet atout, en 2008, Idélux développe Galaxia, juste à côté de l’Euro Space, un centre de services et d’entreprises dédié au spatial. Des acteurs du secteur, jeunes ou déjà bien établis, peuvent y profiter de bureaux et de salles de réunions équipés et sécurisés. « Nous aidons les entreprises actives dans le domaine du spatial à s’installer et à se développer. Elles peuvent profiter d’un écosystème adapté, rencontrer d’autres acteurs présents ou actifs dans le domaine, à commencer par l’ESA », assure Michel Ponthieu. Le centre d’entreprises de Transinne présente l’avantage d’être directement connecté au site de l’ESA par la fibre. « Les entreprises présentes peuvent donc facilement exploiter la quantité de données reçues par satellites », précise Michel Ponthieu.

Galaxia, c’est aussi un Centre de connaissances permettant aux entreprises présentes d’accéder aux universités, pour proposer des sujets de fin d’étude à des étudiants par exemple. « Nous proposons aussi des programmes d’incubation d’entreprises, en partenariat avec WSL, le programme d’incubation wallon, et ESA BIC, celui de l’agence spatiale européenne. Actuellement, une douzaine de start-ups profitent d’un accompagnement qualitatif, pour assurer le développement de leur activité. »

Ce pôle spatial, aux nombreux atouts, s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de développement. Grâce aux investissements de la Région wallonne et de l’Etat fédéral, la Commission européenne a choisi d’implanter le nouveau centre de soutien logistique dédié au programme européen de navigation par satellite « Galileo ». Des équipes, au départ d’un tout nouveau bâtiment, assureront la logistique et la maintenance des 16 stations de contrôle terrestres de Galileo (le GPS européen), réparties à travers le monde, et de dix autres centres opérationnels en Europe. « Aujourd’hui, Galaxia prend une nouvelle dimension. Au-delà du centre d’entreprises, nous développons un parc d’activités sur 20 ha, entièrement dédié au spatial, poursuit le responsable d’Idélux. Galileo doit permettre la création de nombreux nouveaux services et applications. Notre volonté est de développer un pôle d’attractivité autour du spatial, d’accueillir des acteurs ayant la volonté de développer de nouveaux services en lien avec Galileo et souhaitant évoluer dans un environnement de travail dédié au spatial. »



GROUPE FRANÇOIS

Installé à Latour, près de Virton, le Groupe François a développé un modèle unique d’économie circulaire qui intègre et valorise durablement une ressource locale et durable, le bois.

C’est en 1980 que Bernard François se lance dans l’aventure du bois avec son père Pierre, un ancien meunier. Installés à Signeulx, près de Virton, père et fils fabriquent des palettes et des caisses en bois. Depuis lors, la petite entreprise familiale a bien grandi. Au fil des ans, elle est parvenue à fédérer différents métiers autour d’un socle commun, le bois. « Petit à petit, nous avons intégré toute la filière bois pour créer un modèle d’économie circulaire. À travers lui, nous transformons cette ressource naturelle d’une manière logique et efficace, tant d’un point de vue environnemental que socio-économique. Nous veillons à la valoriser au mieux à chaque étape de son traitement, explique Bernard François. Le bois d’éclaircie une fois coupé alimente tout d’abord notre scierie. À partir de planches, nous fabriquons des palettes, notre activité historique. La sciure résiduelle, provenant de la découpe, est alors séchée grâce à la chaleur produite par notre unité de cogénération avant d’être transformée en granulés de bois combustibles, commercialisés sous la marque Badger Pellets. »

Du bois, mais aussi de l’énergie

Déployée depuis 2004 en collaboration avec l’intercommunale Idélux, l’unité de cogénération produit non seulement de l’énergie thermique mais également électrique. Un tiers de l’électricité verte est utilisée afin de répondre aux besoins propres de la société, qui est ainsi devenue totalement autonome. Le surplus est distribué dans le réseau et approvisionne 11 000 ménages. La chaleur émise, quant à elle, permet de sécher les sciures mais aussi de traiter les palettes et de chauffer les bâtiments de l’entreprise. « Sur notre site de KioWatt à Bissen, au Luxembourg, nous parlons même de tri-génération puisque les déchets servent également à refroidir le data center de LuxConnect, installé à proximité immédiate », précise le fondateur du Groupe François.

Pour fonctionner, l’unité de cogénération est alimentée, d’une part, par les résidus de bois en fin de vie du site et, d’autre part, par les déchets de bois des ménages recueillis dans les parcs à conteneurs de la province de Luxembourg. Au total, cela représente environ 400 000 m3 de déchets chaque année. Depuis ce mois de mars, les bois de rebut, nettoyés, broyés et déferrisés, sont également valorisés à travers la création de blochets, des pièces qui entrent dans la fabrication des palettes.

« Une question de bon sens »

Toutes ces activités autour du bois sont organisées dans un même lieu, dans le zoning de Latour notamment. Cette intégration permet à la fois de réduire les coûts liés au transport et son impact environnemental, de maîtriser toute la chaîne et d’assurer la qualité des produits proposés.

Bien sûr, cet incroyable circuit ne s’est pas construit en un claquement de doigt. « Tous les jours, nous cherchons à améliorer nos processus, dans une optique de durabilité, à la fois pour notre entreprise, nos collaborateurs, notre environnement et les générations futures, assure Bernard François. C’est un long cheminement, une démarche intellectuelle de fond, basée sur le respect de la matière première. Car le challenge consiste avant tout à utiliser la ressource de manière équilibrée et d’en prendre soin. Trop d’investissements se font aujourd’hui sans tenir compte de la ressource dans son bassin de vie et sans s’assurer de sa pérennité. Une adéquation entre la disponibilité du matériau à long terme et l’activité que l’on souhaite développer est essentielle. C’est une question de bon sens. » Dans cette optique, le Groupe François a choisi de ne transformer que du bois d’éclaircie, provenant de forêts gérées durablement et situées dans un rayon de 0 à 300 km.

Une stratégie

« Nous devons réussir à ce que les énergies renouvelables soient réellement un enjeu de demain », poursuit le patron. Le Groupe François, lui, y veille. Sur base d’une ressource locale et renouvelable, il produit ainsi chaque année 2,5 millions de palettes et 50 000 tonnes de Badger Pellets sur son site virtonnais. Regroupant une dizaine de sociétés, le groupe emploie 250 personnes. Depuis sa création il y a un peu moins de quarante ans, l’entreprise gaumaise peut donc se prévaloir d’une croissance continue, intégrant un modèle social, économique et environnemental qui a de quoi séduire et inspirer.

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