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La voie romaine vers la connaissance

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Namur  / Namur

Par Simon Poirrier

Suivre les traces des contemporains d’Astérix sur le trajet d’une voie romaine tout en découvrant des sites riches en histoire à deux pas de chez vous… Plus de 2000 ans d’histoire au fil de la voie romaine Boulogne- Bavay-Tongres-Cologne.

Les Romains se sont dotés d’un impressionnant réseau routier, planifié à l’échelle de leur vaste territoire et remarquablement bien construit. Après la conquête de la Gaule par Jules César, ils ont prolongé les liaisons routières du sud vers le nord, et de l’ouest vers l’est. La voie Boulogne-Cologne est une des grandes artères de l’Empire romain. Elle est, avec les tumulus et les murailles de fortifications, l’un des rares vestiges antiques conservés dans le paysage de nos régions. De Boulogne jusqu’à Cologne, l’itinéraire invite à suivre cet antique monument sur plus de 400 km et à découvrir la vie quotidienne des Gallo-Romains installés sur son parcours à travers les sites, les réalisations architecturales et le mobilier. Marie-Hélène Corbiau, professeur d’Archéologie nationale à l’Université de Namur, a consacré une partie de sa vie à l’étude de cette colonne vertébrale de notre histoire. Elle présente le fruit de ses recherches dans un ouvrage édité par l’Institut du Patrimoine Wallon.

Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à écrire un livre sur ce sujet ?

Marie-Helene Corbiau — C’est la volonté de rappeler un patrimoine qui traverse 4 pays, un monument linéaire de l’empire septentrional qui est encore visible aujourd’hui et qui marque le paysage sur plus de 400 km, mais qui pourtant est méconnu du grand public. La vocation de cette voie était de relier Boulogne à Cologne, et de nombreuses découvertes archéologiques y ont été faites. Je voulais présenter toute une série de sites historiques qui se trouvent le long de cette voie en fournissant des explications simples.

Quel est l’intérêt de ce livre ?

MHC — Accroché à la voie romaine, on en profite pour approcher plusieurs aspects de la vie romaine comme l’alimentation, l’architecture, la religion… Chaque site est un tout, on retrouve sa position par rapport à la voie romaine, des photos du site, sa reconstitution… Cela permet de s’imaginer plus facilement à quoi ressemblaient des vestiges qui, aujourd’hui, sont à ras du sol. On met des images sur des mots.

Il y a aussi un aspect pédagogique. Par exemple, les professeurs du primaire et du secondaire peuvent y retrouver des informations sur le panorama de la civilisation galloromaine, une diversité d’informations qui suit la logique de la civilisation romaine et fait un parallèle avec la vie d’aujourd’hui. On y retrouve quelques grandes caractéristiques architecturales romaines, par exemple à Boulogne, où se trouve un port qui permettait un accès direct avec l’Angleterre ; à Bavay, un des plus grands forums d’Europe y a été bâti, car les envahisseurs romains voulaient s’affirmer dans les provinces septentrionales. Et bien d’autres…

De plus, pour beaucoup de bourgades, il y a un dialogue entre le terrain et le musée. En effet, à côté de chaque article concernant un site, on retrouve la fiche du musée où sont exposés les vestiges découverts, avec les informations pratiques et les contacts. Il y a donc un objectif de promotion du tourisme culturel de qualité.

A qui s’adresse votre ouvrage ?

MHC — À tout le monde. Même, et surtout, à ceux qui n’ont pas de bases sur la civilisation gallo-romaine. Ils en retireront quelque chose. C’est un ouvrage de vulgarisation scientifique qui s’efforce de présenter les choses simplement. On retrouve les 400 km du parcours schématisés en 2e de couverture, des cartes de l’époque gallo-romaine, mais aussi des photos aériennes de tronçons qui nous montrent que la voie Boulogne- Cologne marque encore le paysage à l’heure actuelle. Subdivisé en quatre parties (France, Belgique, Pays-Bas et Allemagne), le livre suit la logique de l’itinéraire avec la voie romaine en partant de l’aspect géographique du parcours, passe par les villes, agglomérations, tumulus, etc.

 

Les chapitres ne sont pas de taille égale, car la voie s’étend sur plus de surface en France et en Belgique qu’en Allemagne et aux Pays- Bas. Mais ces derniers ne sont pas en reste pour autant. En ce qui concerne les Pays- Bas, il y a de très nombreuses informations sur Maastricht où la chaussée romaine est encore bien perceptible à l’heure actuelle et où de nombreux vestiges ont d’ailleurs été découverts. Mais aussi sur les villes de Hulsberg et Rimburg. Sans oublier sur l’agglomération antique de Heerlen, qui est une étape sur la voie où divers bâtiments ont été mis à jour. Tels des thermes publics remarquables par leur importance et leur conservation. Ils couvrent un espace de 50 m sur 50 m. ■

 

Itinéraires du Patrimoine Wallon

Cette collection, dont ce volume constitue le septième numéro, propose une série de guides à destination du grand public axés sur la découverte active du Patrimoine de Wallonie. Ces livres, véritables outils pratiques de visite, sont déclinés à travers différentes thématiques. La collection est constituée de guides richement illustrés et documentés, mais faciles à consulter grâce à leur format pratique. Destinés au grand public, ces livres, accompagnés d’une carte touristique et routière, constituent des outils de visite de notre patrimoine. À la description rigoureuse des monuments s’ajoutent de nombreuses informations pratiques facilitant la visite sur place.

 

La voie romaine. Boulogne- Bavay-Tongres-Cologne

Marie-Hélène Corbiau

Édition Institut du Patrimoine Wallon — 144 pages – 12 €  

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