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© DOC Coursier Wallon

LE COURSIER WALLON, le patron est sur le vélo !

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 / Mons et Namur

Par Charline Cauchie

Qu’il pleuve, qu’il vente ou que la pente fasse 10 degrés, Jérôme Robert et Olivier Bringard convoient à vélo vos petits ou gros colis.

L’un basé à Namur et l’autre à Mons, ils sont de vrais symboles d’une économie wallonne en pleine mutation vers l’entrepreneuriat et le durable.

Rencontre avec ces fous du guidon.

 

Quand avez-vous lancé votre activité et d’où vous est venue l’idée ?

Jérôme — Enseignant de formation et depuis plusieurs années dans une association de sensibilisation à l’environnement, j’avais envie d’une réorientation professionnelle. J’ai passé plusieurs mois à réfléchir à la conception du Coursier Mosan, avant de me lancer, en 2011, dans le parcours de création d’entreprise. Je suis devenu véritablement indépendant en 2012.

Olivier — J’ai entendu parler de Jérôme par la presse. On s’est rencontré en 2013. À l’époque, je conseillais des indépendants et des entreprises. J’ai eu envie de me lancer dans ma propre aventure entrepreneuriale et d’être enfin sur le terrain. J’aimais le vélo depuis tout petit, j’ai donc voulu tenter ce projet de Coursier Montois ! Bien sûr, c’est une autre manière de faire du vélo, car on est dans le secteur du transport, plus que dans celui du vélo…

Très vite, vous avez eu envie de travailler ensemble. Quels sont les avantages de cette association ?

J. — Le secteur du transport s’avère très concurrentiel. Deux indépendants qui commençaient avec deux petites structures, on avait tout intérêt à se serrer les coudes. On a très vite travaillé à la standardisation des produits, à une manière de tarifer et à la communication pour renvoyer une image plus professionnelle et être ainsi mieux vus par le marché. Mais pour moi, ça a surtout été décisif d’un point de vue humain : s’apporter un soutien mutuel. Sans l’entraide, on se disperse et, pour ma part, j’aurais sans doute arrêté…

O. — S’associer au sein d’une structure, c’était aussi la possibilité d’aller chercher des financements sous forme de crowdfunding ou de décrocher une bourse d’étude de faisabilité via la SAWB* et leur programme Impulcera. Le Coursier Wallon nous permet d’être plus visibles et de rejoindre, en tant que membre, des structures comme Logistics in Wallonia, le pôle de compétitivité wallon pour le secteur du transport et de la logistique. Nous devenons ainsi des acteurs à part entière du secteur et nous participons à son évolution.

Faire évoluer les mentalités en matière de transport de marchandises fait partie de la philosophie de votre entreprise, n’est-ce pas ?

O. — Tout à fait, mais l’abord n’est pas forcément « que » écologique. En fait, c’est l’efficacité qui a guidé notre choix et celui de nos premiers clients. Le vélo est avant tout un outil efficace, qui correspond bien à la mobilité en ville. On se faufile, on improvise un itinéraire bis et on échappe aux embouteillages plus facilement. Namur et Mons ont des configurations similaires avec un centre historique où le tourisme a pris de l’ampleur. La mobilité doit s’y réinventer. C’est la deuxième raison de notre choix : participer à l’amélioration du cadre urbain en provoquant moins de nuisances sonores ou visuelles que de gros engins à moteur. J’aime beaucoup l’idée de redonner l’envie de vivre dans sa ville, d’y pratiquer une économie plus locale et circulaire qui réintègre les petits commerces « coups de cœur » plutôt que les gros centres commerciaux des périphéries. D’un point de vue pratique, c’est une activité porteuse qui nécessitait un minimum d’investissements… Puis, plus personnellement, j’aime la sensation de liberté qu’offre le vélo.

Et vous modernisez un vieux métier !

O. — Oui, on l’a peut-être un peu oublié, mais, historiquement, les vélos ont été inventés pour le transport ! À Copenhague, on a retrouvé pas mal de photos de vieux vélos de coursier. Là-bas, les infrastructures ont fait perdurer cette fonction du vélo**. Mais, chez nous aussi, on a besoin de services en ville. Le Coursier Wallon propose une vraie alternative et joue la carte de la proximité. On parle plus facilement à un coursier à vélo qu’à un chauffeur-livreur. Ce qui nous permet de faire remonter des informations précieuses à nos clients.

Qui sont ces clients qui font appel à vous ?

O. — Les commerçants, qui ont parfois tout intérêt à rester dans leurs magasins pendant que nous nous occupons de livrer leurs clients ; les professions libérales pour lesquelles nous transportons des documents ; des pharmacies, etc. De manière générale, nos clients comprennent que cela coûte moins cher de faire appel à des professionnels que de débaucher des employés pour faire des livraisons. Et les particuliers ou les traiteurs apprécient particulièrement notre service sur-mesure et notre flexibilité.

J. — Amnesty International, depuis 2 ans, nous confie la livraison des bougies de leur campagne annuelle. C’est une belle preuve de confiance. Par ailleurs, on aimerait capter un peu plus les secteurs médical et universitaire ainsi que les administrations communales, provinciales, régionales qui, à Mons ou à Namur, sont multi-sites et pourraient apprécier nos services.

Quelle est la journée type du Coursier Wallon ?

J. — On fait tout ! « Le patron est sur le vélo », c’est notre leitmotiv. On doit inévitablement consacrer du temps à la gestion et, à Namur, depuis deux ans, j’ai la chance d’avoir un, voire plusieurs collaborateurs réguliers. Mais pour savoir de quoi on parle, il faut être sur la selle et essayer d’y rester un maximum…

O. — Il n’y a pas vraiment deux jours semblables. On s’adapte aux difficultés et, tous les matins, on voit petit à petit le fruit de notre travail. On participe à notre manière à une ville avec plus de bien-être. C’est clairement une des parties les plus enrichissantes de ma vie professionnelle. On reçoit très régulièrement des retours positifs et des encouragements. On se sent vraiment supporté par le citoyen.

Aujourd’hui, votre ambition est de développer les activités du Coursier Wallon. Y a-t-il d’autres villes wallonnes intéressées ?

J. — À court terme, il faut d’abord consolider le volume de travail pour atteindre nos objectifs de rentabilité financière. On n’a plus besoin de prouver qu’il y a un enjeu de transporter à vélo, mais il y a toujours énormément de gens à convaincre qu’ils pourraient faire appel à nous !

O. — 2016, Année du Vélo, va vraiment être une année-clé pour le Coursier Wallon. Notre but est de parvenir à engager du personnel, d’augmenter notre disponibilité et notre visibilité pour intercepter plus de livraisons, dans l’e-commerce notamment.

 ©DOC Coursier Wallon
 

www.lecoursiermosan.be/coursier-wallon


 

* Solidarité des alternatives wallonnes et bruxelloises est une fédération pluraliste d’entreprises d’économie sociale. Ni secteur privé classique, ni secteur public, l’économie sociale est généralement considérée comme un troisième secteur. Les actions de SAW-B visent à soutenir l’émergence de nouvelles structures d’économie sociale et le développement d’entreprises existantes.

** Pour aller plus loin : le film “Demain”, en ce moment dans nos salles de cinéma, évoque, entre autres thématiques, les avantages de la mobilité à vélo à Copenhague.


 

UNE MULTITUDE DE RÉCOMPENSES

« Outre la bourse Impulcera, le Prix Mercure de la Ville de Mons destiné aux entreprises locales a donné un véritable coup de boost, c’est vrai. Puis, surtout, le système de couveuse d’entreprises de Sace ou de Job’in aide vraiment ceux qui, comme nous, se lancent dans les services. Nous sommes membres de l’European Cyclists’ Federation et, chaque année, nous participons au Festival International du Cycle Utilitaire de Nijmegen aux Pays-Bas. Il y a aussi des exemples de bonnes pratiques de vélo cargo à suivre à La Rochelle ou Monaco où l’on empêche les camions d’entrer en centre-ville ; ou à Nantes où le projet “Les Boîtes à vélo” permet le partage d’infos entre plombiers, médecins, coursiers, etc. », nous explique Olivier. En outre, leurs partenariats à Bruxelles (Dioxyde de Gambettes), Gand, Courtrai ou encore Liège leur permettent de fédérer une communauté d’échanges de bonnes pratiques et, peut-être plus tard, de lobbying.

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