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© Alain Voisot

Le trésor de la Collégiale Sainte-Waudru

  • Dossier
Wallonie  / Mons

Par Alain Voisot

L’Histoire est passée par là et laisse un inventaire désolant : pillages, vols et destruction ont marqué le coeur historique de Mons. C’est probablement dans ces drames que la ville a puisé l’énergie de son folklore très vivant, donnant à son patrimoine un dynamisme étonnant.

On ne possède que peu de traces de ce qui aurait été le reliquaire médiéval de Sainte-Waudru (612-688). On sait qu’en 1250, Marguerite de Constantinople dota d’un somptueux écrin la tête de la sainte et qu’en 1451, lors des assises de la Toison d’Or à Mons, Philippe le Bon fit don au trésor d’un reliquaire.

La période napoléonienne laisse revenir à la surface quelques pièces miraculées. Les reliques de la sainte sont replacées en 1804 dans un coffre en bois doré et y restent en l’état jusqu’en 1887, année du douze centième anniversaire de la naissance de Sainte- Waudru, fondatrice de la ville de Mons. Il est alors convenu de confier à l’orfèvre liégeois, J. Wilmotte, le soin de concevoir une châsse- reliquaire inspirée de la tradition médiévale.

Après les excès de la Révolution de 1789, Victor Hugo déclare la guerre aux démolisseurs du patrimoine médiéval. La notion de protection du patrimoine puis de classement est une idée neuve qui n’aura force de loi qu’au début du XXe siècle.


Mais, à Mons, le drame de la dispersion d’une grande partie du trésor a ravivé la nécessité de lui redonner du sens en ravivant les rites anciens. Le samedi, veille de la Trinité, la foule remplit la collégiale pour la traditionnelle cérémonie de la « Descente de la châsses-reliquaires des deux saints Patrons du Hainaut, Sainte-Waudru et Saint- Vincent, pour obtenir, grâce à leur intercession, la cessation de l’épidémie de peste qui dévastait alors la région. Ainsi est née la tradition de cette procession annuelle en hommage à Sainte-Waudru en reconnaissance de la grâce obtenue. Depuis 1352, la date du cortège est fixée au dimanche de la Trinité (voir WAW n° 20).

L’artiste imagine une église avec transept, pinacles et crétage, longue de 146,5 cm, large de 42,5 cm et haute de 108 cm, en cuivre doré et laiton, orné de pierres précieuses et semi-précieuses, d’émaux et de cabochons. La mise en scène classique dans ce genre d’ouvrage reprend, sur les pignons, le Christ et la Vierge à l’Enfant. Sur les flancs, les groupes de Sainte-Waudru et de ses filles, d’une part, et de Saint-Vincent et de ses fils, de l’autre, sont accompagnés chacun de six apôtres. À l’intérieur, se trouvent un rouleau de plomb daté de 1250 sur lequel figure, gravé, le texte de la séparation du chef et du corps de la sainte ; des parchemins de 1250, 1313, 1804 et 1887 et trois linceuls qui ont vraisemblablement servi lors des translations de 1157, 1313 et 1804. Deux sacs contiennent des poussières du corps. En pièce principale, un sac en peau contient tous les os du corps de Sainte-Waudru, enveloppés d’un tissu de soie vert et blanc.

Le Trésor de la collégiale de Mons, outre la châsse-reliquaire de Sainte-Waudru, expose La Benoîte Affique, une broche qui aurait servi d’agrafe du manteau de Sainte- Waudru. Une bague en or au chaton bleu sombre qui aurait appartenu à la sainte a servi d’anneau épiscopal au premier évêque concordataire de Tournai. Cette pierre ronde gravée en creux est sertie d’or et de pierres fines avait valeur de relique. Une vitrine présente une collection de 22 calices (XIVe - XIXe) témoignant de l’évolution de l’art des orfèvres au cours des siècles. Le trésor renferme encore nombre de reliquaires anciens, dont le bateau-reliquaire de Saint-Julien, pièce exceptionnelle d’orfèvrerie montoise de 1776.

Une autre vitrine renferme de précieux reliquaires du XII e au XVIIe s. parmi ceux-ci, le reliquaire de la Croix du XII e s. transformé en ostensoir au XIVe s. ; le reliquaire de Saint-Vincent du XIVe s. - attribué à l’école du frère Hugo d’Oignies ; le reliquaire de Sainte-Waudru (XVe s.) par Laurent Herbault, orfèvre du Chapitre. Le petit reliquaire du saint Sang pourrait provenir d’un ensemble plus important, don du comte Guillaume de Hainaut en 1323. Philippe le Bon pourrait aussi l’avoir offert à Sainte-Waudru en 1451, à l’occasion du huitième Chapitre de la Toison d’Or. Mons rejoint ainsi les cités honorées par cette confrérie chevaleresque d’envergure européenne dont le trésor, demeurées possession des Habsbourg, est exposé au Schatzkammer, à Vienne.

 
Renseignements

Maison du Tourisme de Mons
Rue du Chapitre, 1
B-7000 Mons

 

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