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une évidence au féminin

Les femmes et le numérique ?
Les cinq artistes que nous avons rencontrées et qui travaillent sur ou avec les nouvelles technologies sous leurs différentes formes attestent que celles-ci constituent pour elles un outil d’expression et de connexion avec le monde.
Et non une fin en soi.

 

Virginie Pierre :

« COMMENT AVONS-NOUS PU VIVRE À L’ÉCART DE TELS OUTILS ? »

« Le numérique sauvera les femmes où qu’elles soient. » Cette affirmation aux allures de prophétie nous vient de Virginie Pierre, une femme multi-active, entre entrepreneuriat au féminin – elle a été chargée de projet pour le réseau Diane de l’UCM – et le monde de l’art – elle a été commissaire d’exposition. Aujourd’hui, sa carte de visite indique « International Poetic Business Developer ». Entre autres activités, elle aide à promouvoir des femmes artistes et mène des projets aux quatre coins du monde.

« Je suis née à l’époque du téléphone à cadran, rigole-t-elle. Grâce à internet, j’ai pu travailler à distance avec mes enfants, mais aussi promouvoir des artistes et des projets dans tous les coins du monde. Pour ceux-ci, c’est un levier de visibilité énorme, car il permet de faire connaître leur travail partout, même depuis des endroits à l’écart des grands centres urbains. Avec le recul, on se demande comment on a pu vivre à l’écart de tels outils… »

Même si elle reconnaît que ce n’est pas toujours simple pour toutes les femmes, Virginie Pierre se méfie des études qui décrètent que celles-ci seraient en froid avec le numérique. « D’expérience, j’ai vu en Wallonie, comme partout dans le monde, que les femmes avaient pris possession du web. Et elles sont présentes sur les réseaux sociaux pour activer leurs projets. J’en profite pour dire que je ne crois pas au fantasme de la déshumanisation qui entoure ces réseaux. C’est d’abord un outil qui renforce les liens. Animer les réseaux sociaux, pour moi, c’est leur donner une âme. »

Les artistes que nous présentons dans ce mini-dossier confirment ces propos. Pour la DJ Ada Lattanzi, la technique numérique n’a jamais été un frein à la mise en œuvre de sa passion et elle n’a jamais senti qu’être une femme ait pu présenter le moindre désavantage, au contraire. Si on baigne dans le flux internet, la comédienne Valérie Cordy nous invite à ne pas se laisser arrêter par la technologie ou à ne pas s’y noyer, mais plutôt à s’intéresser à ce qu’elle fait de nous. C’est aussi le travail de la chorégraphe Julie Bougard dans son spectacle Stream Dream, dans lequel elle réalise l’exploit d’évoquer l’impact du jeu vidéo sur nos vies sans convoquer la moindre image sur le plateau. Quant à la réalisatrice Guionne Leroy, elle ne vit que pour les images de synthèse car ces techniques développent la créativité et l’esprit d’équipe.

« J’en profite pour dire que je ne crois pas au fantasme de la déshumanisation qui entoure ces réseaux. C’est d’abord un outil qui renforce les liens. Animer les réseaux sociaux, pour moi, c’est leur donner une âme. »

 
« C’est vrai que nous sommes en retard sur le futur, reprend Virginie Pierre. Il y a encore du travail d’information. Je pense que nous devrions, à l’instar de ce qui se fait dans certains pays nordiques, apprendre à coder dès le plus jeune âge comme on apprend à lire. »

A noter que si les nouvelles technologies sont bien présentes dans toutes ses pièces, la metteuse en scène Anne-Cécile Vandalem trace cependant une limite dans son utilisation. Pour elle, l’humain doit rester au centre de son travail.

Anne-Cécile Vandalem

la faim des histoires

Identité: Anne-Cécile Vandalem
Age: 41 ans
Origine: Liège
Formation: Conservatoire royal de Liège
Passion: Partager ses histoires avec le public

En inscrivant ses histoires au cœur d’un spectacle total qui mêle théâtre, son, image et musique, l’auteur et créatrice liégeoise a construit une œuvre personnelle qui fait salle comble bien au-delà de nos frontières.


Nous sommes en 2025. Six personnages coincés à bord de l’Arctic Serenity, un navire à la dérive sur les mers glacées de l’Arctique, sont en quête de secrets enfouis dans le passé, le temps d’un thriller d’anticipation onirique sur fond de réchauffement climatique et de main-mise industrielle sur les ressources naturelles. Sur scène, les salons, les couloirs et coursives d’un navire de luxe, un impressionnant décor tournant au service d’un spectacle total qui mêle théâtre, cinéma, musique et effets spéciaux. Avec cette pièce ambitieuse, Anne-Cécile Vandalem poursuit une oeuvre personnelle et originale qui mêle les technologies et les médiums au service d’un plaisir communicatif de la narration. Créé au Théâtre National de Bruxelles en janvier 2018, Arctique a été applaudi en France, en Allemagne au Luxembourg, ainsi qu’à Minsk, en Biélorussie.

Bidouiller la technique

Enfant, Anne-Cécile Vandalem écrivait déjà des histoires qu’elle enregistrait sur son lecteur à cassettes. Des rêves de cinéma plein la tête, elle s’inscrit au Conservatoire de Liège afin de suivre des études de comédienne et y découvre une passion grandissante pour le théâtre. Sortie en 2001, elle crée, deux ans plus tard, son premier spectacle, Zaï Zaï Zaï Zaï, pour lequel elle monte sa propre compagnie. « Quand je pense à une histoire, je pense autant au fond qu’à la forme et à ce qui sera nécessaire en production pour monter cette forme. C’est vraiment un tout. » Dès ce premier spectacle, où un homme et une femme vivent leur vie par procuration à travers les programmes télévisés, captation live et écrans étaient indissociables de la narration.

« J’ai toujours eu envie de bidouiller la technique au service de l’histoire. On l’a fait pour Zaï Zaï, on l’a fait pour Hansel et Gretel, et je l’ai encore fait avec le son pour Self Service. Pour les deux derniers spectacles, les moyens sont devenus plus importants. » Dans le théâtre global d’Anne-Cécile Vandalem, l’envie d’innover emmène le spectateur dans des contrées scéniques inexplorées. L’image, le son, la lumière et les décors fusionnent pour être partie intégrante de l’histoire racontée sur le plateau. L’acteur est au service de l’histoire, au même titre que le musicien, le caméraman ou le régisseur vidéo. « Là où la technologie me pose problème, c’est quand elle déshumanise. C’est pour cela que je ne supporte pas quand il y a désynchronisation entre l’image et le son. Ça peut parfois exaspérer mes collaborateurs parce qu’en vidéo, j’arrête très vite. Je ne veux pas d’effets, je ne veux pas d’image extérieure au plateau. Il y a une limite au-delà de laquelle je ne vais pas. »

En 2019, Anne-Cécile Vandalem a créé Die Anderen (Les Autres) au Schaubühne (Berlin). La pièce est une dystopie politique s’interrogeant sur les conséquences de l'incurie de l'Europe à propos de l'accueil des réfugiés.


Des projets ambitieux

Après Tristesses et Arctique, qui sont deux grosses machineries tant en terme de décor que de personnel, l’auteure rêve parfois de quelque chose de plus léger, tout en doutant d’en avoir la capacité. « A mes débuts avec Jean-Benoit Ugeux, j’en rigolais en me demandant si un jour je serai capable de faire un spectacle avec un acteur et une chaise. Ce serait l’avènement de ma carrière ! Le jour où j’aurai 85 ans, peut-être, mais pour l’instant j’en suis incapable. Je me dis aussi que c’est ma façon de faire. J’aime être avec des grandes équipes, j’aime quand il y a trente personnes concentrées qui travaillent à créer la même chose. J’aime les projets ambitieux. Pas par mégalomanie, mais parce que j’ai besoin de cette énergie là pour vivre. »

Deux ans après sa création, Arctique en est à sa 90e représentation. Un chiffre qui peut paraître modeste pour un spectacle où troupe et décor peuvent se glisser dans une camionnette, mais pour une production qui mobilise vingt-cinq personnes en tournée et qui demande trois jours de montage, c’est énorme. Pour y arriver, il faut convaincre des co-producteurs à l’étranger, avant même de commencer le travail. Ce qui n’est pas une mince affaire. « Pour Arctique, j’avais l’impression d’avoir gagné un tour gratuit après Tristesses. Le spectacle s’est donc monté relativement facilement. Tous les gens qui me découvraient par Tristesses se demandaient « Où l’avons-nous ratée ? Il faut absolument sauter dans le train pour son prochain spectacle ! » Beaucoup de gens se sont présentés pour coproduire, d’autres se sont aussi retirés après, ce qui n’est jamais facile. On se lance dans un projet ambitieux et puis la réalité fait que des subventions tombent et qu’on a moins d’argent, il faut faire des choix. Nous avons eu deux gros coproducteurs qui se sont retirés alors que les répétitions avaient commencé. A ce moment là, on ne peut rien faire. C’est là où une compagnie comme la nôtre est très fragile comparée aux institutions, parce qu’elle n’a pas les réserves nécessaires. »

Maintenant que Tristesses et Arctique continuent de tourner, Anne-Cécile Vandalem a commencé l’écriture de son prochain spectacle qui prend doucement forme. Quant à son avenir à plus long terme, il reste encore à écrire. « J’ai reçu plusieurs propositions pour diriger un lieu en France, mais je n’ai pas cette ambition. J’ai juste envie de pouvoir développer mon travail sans le reproduire. Si je vois que ça ne touche plus personne et que ça ne sert plus à rien, peut-être que je développerai un outil, un lieu, qui me permettra de faire en sorte que mes histoires rencontrent les gens autrement. »

« A mes débuts avec Jean-Benoît Ugeux, j’en rigolais en me demandant si un jour je serai capable de faire un spectacle avec un acteur et une chaise. Ce serait l’avènement de ma carrière ! »


Guionne Leroy

l’animation à la belge

Identité: Guionne Leroy
Age: 53 ans
Origine: Liège
Formation: Diplômée de la Cambre en filmographie d’animation
Passion: Longs métrages d’animation en images de synthèse

Diplômée de la Cambre en cinéma d’animation, la Liégeoise a bien voyagé pour faire ses armes avant de nous ramener son art en Belgique. De l’animation en pâtes à modeler à l’image de synthèse, plongeons dans son univers.


Son diplôme en poche, Guionne est repérée par John Lasseter qui la recrute pour rejoindre l’aventure de Toy Story 1, premier long métrage réalisé entièrement en images de synthèse. La voilà partie à San Francisco pour vivre l’aventure des studios à l’américaine. Elle enchaîne ensuite avec L’étrange Noël de Monsieur Jack, d’Henry Selick, avant de rejoindre Nick Park, Peter Lord et l’équipe d’Aardman, à Bristol, pour la production de Chicken Run.

« J’ai étudié l’animation classique avant l’apparition de la synthèse. J’ai travaillé en stop motion qui était ma première passion. Je fais partie de ceux qui ont dû partir pour trouver du travail : quatre ans aux USA, cinq ans en Angleterre, un an et demi en Suisse. Sur les longs métrages, nous avons un statut d’employé le temps de la durée spécifique du projet. Ce qui n’est pas extra pour sa pension ! »

Au milieu de tout cela, Guionne Leroy a trouvé le temps de signer en Belgique quelques publicités et courts métrages personnels, dont les remarqués La Traviata et Arthur. « C’était un mariage de raison de me convertir aux images de synthèse, parce que je n’avais pas d’autres choix si je voulais revenir m’installer en Belgique. Et puis, passer deux à trois ans de sa vie dans la peau d’un personnage animé, c’est très éprouvant ! Aussi bien physiquement que mentalement. En stop motion, on a une marionnette, il faut découper tous les éléments à la main, quand on commence une scène il faut aller jusqu’au bout. On découvre seulement à la fin si c’est réussi ou non, donc c’est beaucoup plus stressant ! »

Guionne Leroy a participé aux aventures de Toy Story 1, Coraline et Chicken Run.

 


Une à deux secondes d’animation par jour !

S’il y a moins de 200 artistes dans le monde qui savent faire de l’animation en stop motion tellement c’est spécifique, l’image de synthèse, en revanche, est beaucoup plus répandue. « En animation, le projet est découpé, chaque équipe recevant une partie du travail. Mon rôle est de définir qui fait quoi. Je coordonne pour que tout se passe bien, ensuite, les plans sont distribués entre les différents animateurs. Chacun est préparé avec son décor et ses personnages, mais pas encore animé, ils ne bougent pas encore ! C’est notre job de leur rendre vie. »

De son côté, le réalisateur fait le tour des différents studios. Il fait part de ses remarques, il corrige. Ce sont des processus très lents. Pour un long métrage, l’animation ne représente qu’un tiers du projet et ça prend un an minimum. En moyenne, c’est une à deux secondes utiles d’animation par jour et par animateur ! Une seconde correspond à 24 poses du personnage qui doivent être réfléchies en fonction du rythme, de la vitesse et de la silhouette du corps. Tout est fait sur ordinateur, les animateurs arrivent quand le travail est bien préparé en amont. « Au niveau créatif, nous n’avons rien à dire, nos sommes comme des acteurs. Nous sommes dirigés par le réalisateur qui nous explique quelles émotions il convient de faire passer. »

Les années de travail au sein des studios connus sont évidemment riches en souvenirs et en expérience. Mais Guionne Leroy aime sa liberté. « C’est pour cela que je travaille aujourd’hui sous le statut de freelance. Je m’aménage des pauses entre deux projets pour me retrouver. Aujourd’hui, par exemple (ndlr : début février), je pars pour cinq semaines avant de me lancer dans mon prochain projet qui va m’accaparer trois ans ! »

Un projet avec le studio liégeois Mikros

A son retour, en effet, Guionne enchaînera avec un projet luxembourgeois en coproduction avec le studio liégeois Mikros. « Je vais travailler avec eux sur l’animation du long métrage Icare, du réalisateur Carlo Vogele, lequel a travaillé dix ans chez Pixar. Ce sera la première fois que nous aurons l’occasion de travailler sur autant d’animations, de surcroît avec Mikros. » Il faut savoir que le studio liégeois fait plutôt des effets spéciaux, comme ce fut le cas avec le film auquel Guionne a participé l’an dernier, Le Prince oublié, de Michel Hazanavicius (le réalisateur de The Artist). « Nous sommes tous très fiers d’avoir travaillé sur son long métrage. Ceux-ci sont beaucoup plus gratifiants. Le travail permet vraiment de donner vie à un personnage, mais aussi de faire parler davantage sa créativité. Et puis, c’est un travail d’équipe, il y a une ambiance, un esprit. »

BIO EN BREF
  • 1993 Réalisatrice d’un court métrage en plasticine, La Traviata, pour « L’Opéra imaginaire » (Pascavision, Paris)
  • 1993-1994 Animatrice sur Toy Story 1, réalisé par John Lasseter (Pixar, San Francisco)
  • 1998 Chef animatrice sur Chicken run, long métrage en stop-motion (Studios Aardman, Bristol)
  • 2008 Animatrice « stop motion » sur le long métrage Coraline, réalisé par Henri Selick (Laika, Portland)
  • 2019 Animatrice sur Un Prince oublié, de Michel Azanavicius (Mikros, Liège)

 

Les astéroïdes numériques

de Valérie Cordy

Identité: Valérie Cordy
Age: 52 ans
Origine: Bretagne
Formation: Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS) en section théâtre et Université Paris Dauphine en Management des institutions culturelles
Passion: Démonter le moteur des nouvelles technologies pour comprendre comment il peut affecter nos vies

Dans ses performances connectées, la comédienne et artiste a développé un langage singulier de narration pour raconter le monde d’aujourd’hui tel que nous le percevons au bout de nos claviers.


On est dans un bain numérique
», explique Valérie Cordy. « Pourtant, il y a un déni de ce que les technologies font sur nous. Même les jeunes qui sont nés dedans ont tendance à ne pas s’interroger sur ce qui leur est offert via les écrans. »

Depuis 2003, l’artiste a développé des performances connectées qu’elle a baptisées astéroïdes et dans lesquelles elle s’intéresse aux effets du numérique sur nos sociétés à partir du flux de données dans lequel nous baignons. Assise à une table dans un coin de la scène, Valérie Cordy fait comme si le public n’existe pas. Derrière son portable, elle mène des recherches en ligne qu’elle répercute sur le grand écran dans son dos. Il lui est même arrivé d’envoyer des mails à son public.

« Je suis dans un coin, tout le monde ne me voit pas, alors je montre à tous ce que je fais. L’écran est comme un miroir pour les spectateurs. Je ne fais que leur renvoyer leurs pratiques quasi quotidiennes, quand ils s’égarent dans les réseaux pour y perdre leur temps et parfois leur vie. » Jamais archivée, ni complètement préparée à l’avance, chaque performance est éphémère et unique. Plutôt que de dresser un réquisitoire à charge en ressassant les gros poncifs, elle s’appuie sur la fascination qu’exerce le monde d’internet pour emmener le public dans un récit aux multiples ramifications. « J’essaie d’amuser la galerie pour créer des trucs énormes. J’aime bien tordre la réalité avec une certaine légèreté. »

Comédienne, metteuse en scène, Valérie Cordy est passée à l’écriture numérique peu après le 11 septembre 2001. « C’est événement tellement soudain m’a traumatisé parce qu’il disait quelque chose sur notre société. J’ai senti le besoin de travailler avec un médium artistique plus immédiat qui me permet de parler de ce qui se passe aujourd’hui. L’actualité est devenue la matière de base de mes narrations. »

Derrière son portable, Valérie Cordy mène des recherches en ligne qu’elle répercute sur le grand écran dans son dos. Il lui est même arrivé d’envoyer des mails à son public.


Directrice de la Fabrique de Théâtre

Quand elle n’est pas sur scène, Valérie Cordy développe d’autres projets à la Fabrique de Théâtre dont elle est directrice depuis 2012. Située en périphérie de Mons, dans un bâtiment qui a abrité une école de la chaussure, cette ruche créative se déploie sur plusieurs axes : les résidences d’artistes avec une quarantaine de compagnies en rotation par an, une école de régisseurs de spectacles, la diffusion de spectacles dans les vingt-trois centres culturels de la Province de Hainaut et, enfin, le travail de médiation dans lequel les technologies numériques émergent et questionnent, comme dans la société. A commencer par les « Ateliers des rêves contradictoires », des ateliers cinéma ouverts à un public fragilisé. « Si on prend la peine de les écouter, ces personnes ont peut-être plus à nous apporter que nous ne pouvons leur apporter. » Grâce à des outils numériques très complexes, les participants se créent des avatars qui leur permettent de raconter leur histoire au cinéma. « A force de ne pas écouter les personnes fragiles, on perd l’essentiel… »

Une fois par an, en octobre-novembre, ont lieu les APREM (pour pour Ateliers, Partages, Rencontres des Ecritures en Mutation), des rencontres d’éducation permanente où l’on interroge avec des invités les relations entre les arts du spectacle et le numérique. Les sujets abordés vont des algorithmes aux Big Data ou aux résistances numériques.

Valérie Cordy partage encore sa curiosité et ses interrogations sur le monde numérique dans une session de cours qu’elle donne à La Cambre. « Les technologies numériques ne sont pas que des outils, ils peuvent être des leviers extrêmement puissants pour transformer le monde. Comme le pharmakon de Platon, ils sont à la fois le remède et le poison. A nous de bien les doser et les utiliser. »

www.valerie-cordy.com

Ada Lattanzi

la musique en partage

Identité: Ada Lattanzi
Age: 44 ans
Origine: La Hestre (Manage)
Formation: Educatrice,la musique en autodidacte
Passion: Créer et partager la musique pour faire danser les gens

Elle est une des rares femmes DJ et productrice en Wallonie. Une passion qui illumine quelques-unes de ses nuits et soirées, même si elle a fait le choix de ne pas en faire son métier.


La reine de la nuit, c’est la musique électronique. Pour des milliers de jeunes et de moins jeunes, le week-end ne s’envisage pas autrement qu’en se laissant porter par les beats et les nappes électroniques. Un corps dansant au milieu de centaines d’autres qui partagent ce même plaisir d’être absorbé par la musique et le rythme. Derrière ses platines et sa table de mixage, le DJ est le grand ordinateur de cette célébration hédoniste. Un métier et une passion souvent masculine.

En Wallonie, il y a quand même quelques femmes qui ont embrassé cette carrière. Parmi elles, Ada Lattanzi. La Hennuyère voit cela comme une passion plutôt qu’un métier. Il faut dire qu’elle a commencé sur le tard. « Je travaillais en extra dans le monde de la nuit et j’y ai rencontré mon deuxième mari qui était DJ. De fil en aiguille, je me suis intéressée à ce qu’il faisait. Comme il a son studio d’enregistrement à domicile, on a commencé à travailler ensemble. » Pour elle, le passage de l’autre côté des platines est venu tout naturellement, presque sans qu’elle s’en rende compte. « On s’entraîne à la maison, on y prend plaisir et on va toujours un peu plus loin jusqu’au jour où on arrive dans des événements et que l’on se rend compte qu’on a une petite renommée et un public qui attend votre musique. » Elle n’a pas l’impression qu’être une femme ait pu la desservir. Au contraire. Dans la région, les « Djettes » étant plutôt des oiseaux rares, elles attirent l’attention.

Productrice également

Ada, qui a dépassé la quarantaine, a connu l’époque des mega dancings et a vu la scène musicale évoluer et se professionnaliser. « J’ai l’impression que c’était plus festif auparavant. Aujourd’hui, les DJ sont de plus en plus nombreux et se font concurrence. Avec les nouvelles technologies, c’est presque à la portée de tout le monde de faire des mixes. Il ne faut pas forcément être fort doué pour percer. Certains y arrivent parce qu’ils ont une bonne promo, parce qu’ils savent se vendre. Et ce ne sont pas toujours les vrais artistes qui arrivent au sommet. »

Même si elle a la modestie de ne pas se considérer comme une musicienne, elle ne se contente pas de mixer. Elle a commencé à produire et à créer ses propres morceaux qu’elle a sorti sur différents labels spécialisés belges. « Certains font du sport, moi, je me mets derrière l’écran, je compose. J’aime surtout créer de l’émotion dans les morceaux en rajoutant des vocaux qui transportent, surtout des voix orientales et ethniques. C’est très excitant, mais je vois cela aussi comme un challenge de faire de la musique qui peut toucher et faire danser le public. »

A force de bidouiller dans un studio, Ada jongle avec les sons sans que cela lui fasse tourner le tête. « Je ne suis pas une acharnée des technologies, même si je cherche tout le temps de nouveaux sons. C’est incontournable pour avancer et ne pas toujours proposer la même chose. Je cherche à différencier mon travail, en trouvant à chaque fois des petits “plus“ à rajouter. »

Un de ses plus beaux souvenirs? Avoir partagé la scène du Rockerill avec son mari devant un public chauffé à blanc, le jour de son anniversaire.

Elle n’a pas l’impression qu’être une femme ait pu la desservir. Au contraire. Dans la région, les « Djettes » étant plutôt des oiseaux rares, elles attirent l’attention.


Un travail d’éducatrice et une vie de famille

Sa carrière aurait sans doute tourné autrement si elle avait commencé plus jeune. Mais elle n’a aucun regret. Aujourd’hui, elle se sent épanouie. Avec son travail d’éducatrice dans un centre pour personnes handicapées dans la région d’Anderlues et avec sa vie de famille, Ada a fixé ses priorités. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à apprendre et à découvrir, et surtout à faire danser les gens sans voir les heures défiler. « J’avance sans rien calculer, je laisse venir. Tout ce que je souhaite c’est continuer à partager ma musique, même si ça doit rester local ou en Belgique, car j’ai un bon échange avec un public fidèle. » Et si elle se mettait à rêver ? « Entendre un de mes morceaux joué par un grand DJ à Ibiza , ce serait magique.»

Julie Bougard

dans le miroir du virtuel

Identité: Julie Bougard
Age: 48 ans
Origine: Mons
Formation: Danse-Etude à l’Athénée Jules Bordet (Bruxelles) et formation à la danse contemporaine à la « Arts Educational School » (Londres)
Passion: La danse et les arts de la scène, et l’enseignement aux publics les plus divers possible

Dans un spectacle jeune public, la chorégraphe décode la séduction et les logiques de l’univers du jeu vidéo. Pour y arriver, elle utilise le terrible pouvoir de la danse, « l’art de tous les possibles » !


Avec sa nouvelle création Stream Dream, la chorégraphe Julie Bougard plonge dans l’univers du jeu vidéo. Une évidence pour elle. Lors des multiples ateliers qu’elle a donnés à des ados et à des jeunes enfants, elle n’a pu que constater la présence grandissante des écrans, quels qu’ils soient, dans le quotidien de ses élèves et… de leurs parents. « Ça envahit vraiment tous les espaces. Mais pour être honnête, je crois que je suis encore plus intoxiquée que les enfants », reconnaît cette ancienne “gameuse” qui a beaucoup joué quand elle était plus jeune. Elle s’y est amusée et a beaucoup appris. On ne s’étonnera pas, dès lors, que le spectacle ne se veut pas un règlement de comptes et encore moins une critique de l’univers vidéoludique. « C’est un univers très intéressant avec beaucoup de jeux très malins quand on prend la peine d’aller voir plus loin que les têtes de gondole. »

Avec son œil de chorégraphe, elle n’a pu manquer de remarquer que le corps est omniprésent dans le jeu vidéo. Un corps qui se métamorphose d’une boule de quelques pixels à une armoire bodybuildée dans laquelle le joueur ou la joueuse se glisse pour vivre des aventures et des sensations inaccessibles dans le monde réel.

D’emblée, Julie Bougard s’est demandé comment associer le corps vivant et le corps virtuel sur un plateau. L’un est soumis à la gravité alors que l’autre en est est complètement affranchi. Au delà du déplacement dans l’espace, l’univers du gaming questionne les réflexes et les comportements sociaux. « On y parle d’émancipation par rapport au monde et de la capacité à se prendre en main. L’univers du jeu est souvent très concurrentiel. On joue pour gagner. Qu’est-ce que cela nous dit du gagnant dans notre quotidien ? Est-ce celui qui écrase les autres, celui qui est le plus fort ou celui qui a le plus d’argent ? »

La suggestion par le son et la lumière

Très vite, la chorégraphe a abandonné l’idée de reproduire le décor d’un jeu vidéo sur le plateau, préférant la voie de la suggestion en évoquant l’architecture du jeu avec ses lignes de fuite et ses codes. Dans les arts vivants, la création d'un projet est un long parcours. Dans sa phase de recherche, Julie Bougard s'est adressée à Numédiart, l'Institut de recherches pour les technologies créatives de l'UMONS et aux enseignants de la Haute école Albert Jacquard à Namur. La première idée qui a pris forme était de projeter sur un écran des avatars virtuels des danseurs pour jouer avec la dichotomie des deux univers. L'indisponibilité du créateur infographiste a amené l'équipe à radicaliser son propos pour se concentrer sur le son et la lumière.

Aux manettes, Laurent Delforge, électroacousticien, musicien et sound designer, a créé une bande son pour soutenir ce qui se passe sur le plateau. « Le son a un pouvoir de suggestion très fort. Pas besoin d’images pour suggérer que les interprètes volent, glissent ou tombent dans l’eau. Tous les métiers de la scène participent à ce travail de suggestion et, en particulier, la lumière avec laquelle on peut créer aussi bien des grottes que des labyrinthes et avec laquelle on peut faire apparaître ou disparaître les danseurs en un claquement de doigts. »

Stream Dream, qui sera présenté le 6 mai à Bruxelles (à la Raffinerie de Charleroi-Danse), s’adresse au jeune public. C’est une première pour la chorégraphe, mais aussi une suite logique de son parcours artistique et professionnel qui l’a amenée, en plus de ses ateliers, à jouer dans Tel Quel !, un spectacle jeune public de Thomas Lebrun. « J’ai beaucoup côtoyé des enfants et j’ai aussi des ados à la maison. Ils ont un univers bien à eux que je commence à comprendre de mieux en mieux. Cela me met en confiance et, en même temps, je ne dis pas que je fais un spectacle pour enfants. Il s’adresse à eux, mais il doit d’abord me parler. »

Stream Dream qui sera présenté le 6 mai à Bruxelles (à la Raffinerie de Charleroi-Danse), s’adresse au jeune public. C’est une première pour la chorégraphe, mais aussi une suite logique de son parcours artistique et professionnel.


L’art le plus complet ? La danse !

Depuis la fin des années 90, Julie Bougard a créé une quinzaine de spectacles en solo ou à plusieurs dans lesquels elle mêle danse et théâtre. Quand elle ne s’inspire pas d’auteurs comme Beckett et Fassbinder, il y a souvent dans son travail un regard amusé sur le quotidien. Que se soit Drache, en 2008, où elle arpente les paysages de notre petit royaume en ciré jaune et en costume de gille, ou L’Ogre de Tervuren, en 2009, où elle évoque le terrible été 69 d’Eddy Merckx. « Je ne fais pas des chorégraphies, mais des spectacles. Je me permets d’utiliser le médium qui va le mieux servir le propos, que ce soit le son, la lumière ou le cinéma. Jusqu’à présent, j’ai toujours travaillé avec les images. C’est donc un peu paradoxal que la première fois que je travaille sans, c’est pour évoquer un univers avec une forte identité visuelle. Aujourd’hui, nous sommes tellement submergés par les images qui nous construisent, nous émeuvent et convoquent nos souvenirs, que cela devient un défi un peu grisant de construire un spectacle sans images. »

Peu importe, puisqu’elle a une confiance inébranlable dans le pouvoir de la danse. « A mes yeux, c’est l’art le plus complet. Cela parle de l’espace, du temps, du rythme et de l’émotion. Tout le monde peut comprendre. C’est poétique, c’est abstrait et pictural. C’est l’art de tous les possibles. »

sans frontières

Créé à Mouscron par deux frères passionnés d’informatique, d’automation et de réalité virtuelle, le Virtual Park est, avec ses 4.000 m2, le plus grand parc de réalité virtuelle d’Europe.

 

Virtual Park

Il existe du côté de Mouscron un endroit qui ne figure sur aucune carte. Et pour cause, sa géographie se métamorphose au gré de l’imagination et de l’habileté de ceux qui l’explorent. On s’y déplace arc ou fusil laser à la main, en moto lumineuse ou sur le dos d’un robot de combat. On peut y grimper au sommet de l’Everest ou parcourir les fonds marins. Avec ses 4.000 m2, le Virtual Park est le plus grand parc d’attraction dédié à la réalité virtuelle et à la réalité augmentée en Europe.

Ouvert en mars 2019, il a accueilli, après huit mois d’exploitation, près de douze mille visiteurs et affiche des weekends complets plusieurs semaines à l’avance.

Un premier test à Tournai
Derrière ce projet innovant, on trouve Frédéric et Jean-Louis Verbaert, deux frères passionnés par l’univers de la réalité virtuelle et convaincus de son formidable potentiel dans le secteur des loisirs. 


Pour tester leur idée, ils ouvrent, en janvier 2017, Virtual Cabs, à Tournai. En poussant la porte de cette ancienne blanchisserie de la rue de Clarisses, on y trouve quatre espaces de jeu dégagés d’une quinzaine de mètres carrés. Coiffé d’un casque et muni d’une manette contrôle dans chaque main, le joueur peut évoluer dans une dizaine de mondes virtuels différents sans risque de tomber d’une falaise, de se perdre au fond des océans ou même de se cogner aux murs. Le succès est immédiat. Alors que les casques et le matériel VR accessibles aux particuliers sont encore très onéreux, Virtual Cabs permet d’accéder à une technologie de pointe à prix démocratique.


Fort de ce succès, le duo a pu frapper à la porte des investisseurs et défendre un projet plus ambitieux. « A un moment, si ça se développe, il faut sauter sur l’occasion et offrir quelque chose qui n’existe pas encore. Nous avions confiance dans une technologie que nous maîtrisons et nous avons pu constater que l’attente du public était forte », note Fréderic Verbaert. Grâce au soutien de WAPInvest et de fonds privés, via le prêt « Coup de pouce », ils ont pu rassembler le million d’euros nécessaire. « Ça nous a tout de même pris deux ans. Se lancer quand il n’y avait rien était un challenge. Le secteur des nouvelles technologies n’a pas toujours été apprécié par les investisseurs, mais maintenant les choses sont en train de changer. » Pour accueillir le Virtual Park, l’IEG (Intercommunale d’Etude et de Gestion) a mis à leur disposition en périphérie de Mouscron un vaste bâtiment avec un espace continu, libre de piliers.


Maximum 300 visiteurs par jour
La réalité virtuelle et les mondes numériques ont longtemps été considérés comme une affaire de geek, destinée à un public de niche. Le Virtual Park veut inverser cette tendance en s’adressant aussi au public familial. Les mondes visités ne sont pas peuplés de zombies et autres monstres sanguinaires. Quand il faut faire équipe pour défendre son pré-carré contre les envahisseurs, c’est sans effusion de sang. L’accent est mis sur le dépaysement et l’exploration. Il ne faut pas être un habitué des manettes pour pousser la porte du Virtual Park. La manipulation des accessoires est basique et à la portée de tout le monde. Et si, d’aventure, ce ne serait pas le cas, il y a toujours du personnel pour prodiguer aide et conseils.


En semaine, place aux entreprises qui sont les bienvenues pour des séances de Team building ou autres événements « corporate ». Le Virtual Park est alors mis à leur disposition avec un programme d’accompagnement sur mesure adapté au budget et aux demandes spécifiques.


La capacité a volontairement été limitée à 300 personnes par jour. « Il faut viser la qualité d’expérience. Si on accepte 1.000 personnes à la fois, le temps d’attente sera multiplié par trois. Nous ne sommes pas prêt à diminuer cette qualité pour faire plus de profit. » Pour permettre à son public de profiter pleinement de son expérience virtuelle haut de gamme, le Virtual Park propose un tarif à la journée, voire à la demi-journée. Les visiteurs souvent originaires de Flandre, du Nord de la France, mais aussi des Pays-Bas et d’Allemagne, semblent apprécier la formule.

Des collaborations avec l’UMons
Si les technologies sur lesquelles reposent les attractions du parc ne sont pas originales, leur mise en œuvre, en revanche, n’a pas d’équivalent. « Nous n’avons pas acheté de packs tout faits, nous avons tout créé de nos mains. La technologie qu’on utilise est comme un Frankenstein de choses qui existent mais qui ont été adaptées. » Ainsi, la motion capture qui commande le jeu Arena 42 a été transposée pour capter le mouvement en temps réel. Pour le contenu, un partenariat a été établi avec la firme française SmartVR. Le Virtual Park peut compter sur une cellule de recherche et développement avec deux ingénieurs en interne, renforcée par de nombreuses collaborations extérieures, notamment avec l’université de Mons. « Nous cherchons à créer nous-mêmes ce qui nous manque. Nous essayons de mettre en place des synergies cohérentes pour faire avancer cette technologie ici, en Belgique. »

Une équipe jeune
Propriétaire à 100%, le duo pilote entièrement le projet. Frédéric Verbaert en est convaincu, le succès remporté par le parc dans ses premiers mois d’exploitation tient autant dans l’originalité du contenu – des nombreux visiteurs étrangers confirment n’avoir jamais rien vu de pareil – que dans le business model qui repose sur un personnel réduit et polyvalent. « Nous avons formé une très bonne équipe de jeunes. Nous pouvons compter sur eux et ils peuvent compter sur nous. » 


Actuellement, le Virtual Park n’a pas de concurrent affichant la même ambition, ça viendra sans doute, mais les frères Verbaert sont bien décidés à rester en tête de la course. « Après le succès des Virtual Cabs à Tournai, nous avons vu apparaître quelques initiatives qui s’en sont inspiré, mais cela reste à un niveau très local. »


Dans les prochains mois, le Virtual Park s’apprête à passer à la vitesse supérieure avec un nouveau développement sur lequel le duo veut garder le mystère. La réalité virtuelle n’a pas fini de nous étonner.

Virtual Park

Sept univers à découvrir dans la boîte à images 
Arena 42.
Dans une arène, deux équipes de 4 joueurs s’affrontent dans les décors grandioses de la planète Mars. Complètement harnachés, les joueurs sont saisis en motion capture dans leurs déplacements. « C’est la première attraction à reproduire aussi fidèlement les mouvements du joueur dans un mode virtuel. » 
Team 51.
Toujours sur Mars, mais pour une mission collaborative de 4 à 6 joueurs envoyée au secours d’un poste avancé qui ne donne plus de nouvelles. Attention, les extraterrestres ne sont jamais loin ! 
Robot Ring.
Deux joueurs s’affrontent en contrôlant des petits robots à l’aide de leur smartphone. Sur l’écran de celui-ci s’affiche, en temps réel, la vision de la machine. Destiné aux petits et grands enfants. 
VR Box.
Dix cabines individuelles, similaires à celles qui on fait le succès de Virtual Cabs. Une quinzaine de jeux et d’univers sont disponibles. Idéal pour se familiariser à la VR. « Ce sont des conditions optimales pour vivre des expériences actives et contemplatives, suivant l’humeur. » 
V-Race.
Les deux joueurs enfourchent une moto futuriste pour une course effrénée dans des univers inspirés du film Tron. 
The Playground.
Grâce à la réalité augmentée, cet espace intelligent réagit en temps réel aux comportements et aux interactions des joueurs. C’est le lieu qui combine amusement, créativité et condition physique. 
Tower Defense.
C’est la dernière activité en date. A l’aide de son arc et de son laser virtuel, le joueur doit défendre son village contre les assauts des orques. Les capteurs logés dans les deux manettes de contrôle et dans le casque permettent au joueur de se repositionner en temps réel dans l’espace virtuel avec moins d’un millimètre de marge d’erreur. Chaque succès permet d’accéder à l’un des quatre univers qui s’emboîtent.

 
Virtual Park 
Rue des Bengalis 4
7700 Mouscron

www.virtualpark.eu

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On pèche par gourmandise

A un jet de louche de l’abbaye de Leffe se niche Le Confessionnal, un restaurant dont la cuisine comme le cadre semblent surgis du passé. Son chef, Philippe Gérard, y sublime les plats traditionnels, simples et copieux. Comme ceux que préparaient nos grands-mères.

 

Philippe Gérard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si on s’y confesse, c’est en faisant bombance devant un copieux repas plutôt qu’en chuchotant assis sur une étroite banquette en bois. Installé à l’entrée de Dinant, le restaurant, aujourd’hui tenu par Philippe Gérard, doit son nom à sa proximité avec l’abbaye de Leffe qui se dresse de l’autre côté de la rue. L’établissement occupe deux anciennes maisons ouvrières dont l’une était celle d’un cordonnier. Quand on pousse la porte, on a l’impression d’entrer chez un antiquaire. Les petites tables de bois couvertes d’une nappe à carreaux sont entourées d’un amoncellement d’objets patinés par le temps où les cloches à fromage avoisinent une statue polychrome de Saint-Nicolas, les peintures de basse cour répondant à un curieux ancêtre de la machine à écrire.

C’est en 2016 que Philippe Gérard a repris l’établissement créé quelques années plus tôt par Alain Blondiaux. Le gros de la rénovation était fait. Le nouveau chef y a façonné une atmosphère plus personnelle avec les objets chinés sur les brocantes et marchés. Par la suite, ce sont les clients qui sont venus apporter, qui une vielle soupière, qui un vieux livre de recettes ou une tête de moine en bois.

Les casseroles sur les tables

 

La cuisine que l’on sert ici est à l’image de cette atmosphère chaleureuse et chargée. « Le meilleur compliment que l’on peut me faire, glisse le chef, c’est de me dire : « J’ai mangé comme chez ma grand-mère ». » A la carte, rien que des plats de terroir qui ont progressivement déserté les tables de la plupart des restaurants. Os à moelle rôti au four et pain grillé, ris de veau aux girolles ou joue de bœuf à la bourguignonne. « On fait de la cuisine simple sans chichis. On dépose les casseroles sur les tables. C’est plus convivial, ça permet de s’échanger les portions. » Pas plus de 20 couverts au Confessionnal. Philippe Gérard est seul en cuisine, aidé d’une personne pour le service en salle et d’une autre pour la plonge. Tout est préparé sur place, de bout en bout. « Pour la blanquette, j’achète la pièce de veau que je découpe moi-même avant de la cuire. Après, on le goûte parce qu’on a encore des morceaux de cartilage sous la dent, alors que la viande des blanquettes industrielles est toute filandreuse ». Pareil pour les vols au vent qui ne sont pas des préparations au poulet, comme le tout-venant, mais bien avec de la poule qui a été longuement mijotée sur les fourneaux.

Complet midi et soir

Avec sa petite jauge, le restaurant est complet midi et soir, plusieurs jours à l’avance. Le midi, Philippe Gérard met souvent le téléphone sur répondeur plutôt que de devoir invariablement répondre qu’il n’y a plus de place, il peut ainsi se concentrer sur ses casseroles. La clientèle est composée de gens des environs et d’habitués parmi lesquels des chefs de restaurants étoilés qu’il a souvent entendu louer sa cuisine authentique. « Le seul reproche qu’on a pu me faire, c’est que c’est trop copieux. »

A contre-courant du gastronomiquement correct, la cuisine du Confessionnal n’est pas pour les petits mangeurs. « Celui qui est au régime ne vient pas ici. Je vois aussi que les gens qui font attention sont les premiers à mettre le couteau dans le beurre. Comme je ne fais jamais de pub, ceux qui sont déjà venus reviennent avec des amis parce qu’ils savent qu’ils vont aimer. »

Passionné par son métier, Philippe Gérard n’a vraiment pas la grosse tête. Pour lui, on n’invente plus rien en cuisine, on se contente d’adapter les anciens. « Prenez la cuisson à basse température, ce n’est pas nouveau. Quand on laisse une casserole mijoter sur le bord d’un fourneau, on fait de la basse température. Pour le matériel de cuisine, c’est la même chose. On a juste ajouté un moteur et mis du plastique tout autour. »

L’homme n’est pas pour autant rétif au changement. « Rien n’est acquis, il ne faut pas croire qu’on connaît tout. » Ainsi, au détour d’un film sur la toile, il a vu que le chef Jean-Pierre Bruneau cuisait sa pièce de veau pour la blanquette avant de la découper et il a adopté l’idée.

Le plus beau métier du monde

 

Même s’il travaille seul, il n’a jamais voulu d’apprenti. Il a bien fait quelques essais, mais le candidat le plus assidu a été remercié après un mois. « Je ne trouve pas de jeune suffisamment passionné. Ils sont déjà fatigués dès qu’ils commencent et leur grand-mère peut mourir trois fois quand il s’agit de trouver des excuses pour tirer au flanc. Je n’ai pas trop de temps pour expliquer dix fois la même chose. Je veux travailler sans être stressé. »

Ne lui parlez pas de Top Chef et de toutes les émissions culinaires à succès. Philippe Gérard n’a plus de télévision depuis qu’il a repris Le Confessionnal, voici 9 ans. « Quand est-ce que je le regarderais ? Je n’ai pas le temps. Je me lève à 7h et je me couche vers minuit. Top Chef, ce n’est pas la réalité. Ma télé, ce sont les gens. En fin de soirée, j’adore passer en salle et discuter avec les clients ».

Philippe Gérard en est convaincu, il fait le plus beau métier du monde. Quand il a repris le Confessionnal, il avait 54 ans. Comme il hésitait à encore se lancer dans une telle aventure, il est passé voir son premier patron, Jean Ureel, qui tient aujourd’hui La Ferme du Faubourg, à Quenast. À 77 printemps, il était toujours au fourneau, bon pied bon œil. « Ça a changé mon optique et je ne le regrette pas. Le jour où je souffle à l’idée du travail qui m’attend quand je me lève, j’arrêterai. Pour le moment, ça me plaît toujours autant. Quand je vois arriver dans mon établissement des gens avec un grand sourire, je sais que je ne pourrais pas rêver mieux. »

« J’aime le changement »

En 1978, Philippe Gérard sort avec son diplôme en poche de l’Ecole Hôtelière de Namur, la ville où il a grandi. Une formation qu’il a choisie par fainéantise, reconnaît-il avec le sourire. « Mon frère et ma sœur avaient suivi la médecine ou la pharmacie et je ne m’y voyais pas. Quand je suis rentré à l’école, je ne pouvais distinguer un persil d’un cerfeuil ! » Très vite, la passion du métier a pris le dessus. Le week-end, alors que rien ne l’y obligeait, il filait en stage. Après avoir connu son baptême du feu à l’Auberge de Basse-Cabecque (Rebecq-Rognon), il est monté à Bruxelles pour travailler à l’Écailler du Palais Royal. Toujours curieux de nouvelles expériences, il est passé par la Côte d’Azur, au Couloubrier (Le Muy), avant de retourner au pays, au Moulin de Lisogne (Dinant). Pendant 15 ans, il a alors proposé un service traiteur. Comme il avait la bougeotte, il est encore passé par l’Art de Vivre (Barvaux) et le Quartier latin (Marche-en-Famenne). Puis, après un changement de décor avec la cuisine des ambassades de Belgique (4 ans à Londres et 3 ans à Rome), il revient au Quartier latin pour, finalement, prendre les commandes du Confessionnal. « J’aime le changement, c’est vrai. Tous les gens avec qui j’ai travaillé m’ont marqué et sont souvent devenus des amis pour lesquels j’ai le plaisir de cuisiner dans mon restaurant. »

 

Le Confessionnal

Rue Rémy Himmer 4

B-5500 Dinant

+32 (0) 82 22 45 22

www.leconfessionnal.be

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Le Parc naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier, avec ses 85.000 hectares de paysage et de patrimoine, a d’innombrables trésors à offrir. Parmi eux, le Moulin de Hollange qui, depuis sa restauration dans les années 90, sent bon le pain à l’épeautre cuit sur pierre.

 

Vers 1900, la province du Luxembourg comptait encore 420 moulins hydrauliques en activité. Aujourd’hui, le Moulin de Hollange est l’un des derniers en Belgique. Et il fait ce que savent le mieux faire les moulins, moudre la farine. C’est au XVe siècle, comme l’attestent des documents de la Cour des Comptes, qu’un premier moulin démarra ses activités à Hollange alimenté par le cours de la Strange, un affluent de la Sûre. Son histoire moderne commence en 1860 avec sa relocalisation à l’emplacement qu’il occupe toujours aujourd’hui et se complète en 1947 par la mise en place d’une minoterie artisanale et par la production de farines de fine mouture. Depuis lors, la roue, les engrenages et les meules de silex du vieux moulin et de la minoterie ont continué à tourner inlassablement pour produire une farine de fine mouture à partir de blé d’épeautre cultivé en Wallonie.

Une même passion, de père en fille

Tombé amoureux de la bâtisse et de son site, Dominique Delacroix abandonne son boulot dans l’industrie pharmaceutique pour devenir meunier. Il fait l’acquisition du moulin en 1991, entreprend de restaurer l’installation et de réhabiliter tout son environnement en créant des étangs lacunaires et en restaurant les prés humides. En 2010, c’est sa fille Adrienne qui met les mains dans la farine. « Mon père m’avait transmis sa passion pour la saveur des goûts authentiques et je ne trouvais pas mon équilibre personnel dans mon métier d’avocate. » Elle poursuit la rénovation du moulin et conforte la qualité artisanale de la production. « On travaille uniquement avec des farines d’épeautre naturelles, dépourvues de toutes les « crasses » que l’on retrouve dans la grande majorité des farines et des pains – même bio – et, grâce à la mouture traditionnelle, on préserve les éléments nutritifs essentiels de la farine. »

Rien à cacher

Le pain et les farines du moulin ont désormais acquis une réputation qui dépasse les frontières de la Province du Luxembourg. Fiers de leurs produits, du pain d’épeautre blanc ou gris, cuit sur pierre ou sur platine, ces artisans n’ont rien à cacher. En réaménageant le magasin, qui est ouvert du mercredi au samedi, ils ont voulu offrir une vue directe sur l’atelier. Les plus curieux peuvent ainsi jeter un œil au moulin, voir tourner sa roue et sa meule, et y sentir les vibrations et ce bouquet de parfums particuliers où se mêlent les odeurs de bois, de silex et de farine.

 

Moulin de Hollange

Route de la Strange 87
B-6637 Hollange (Fauvillers)
+32 (0) 61 26 68 76

www.moulindehollange.be

 

Le Geopark Famenne Ardenne, qui s’étend de Durbuy à Beauraing, est le premier du genre en Belgique. Ce label, attribué par l’Unesco, vise à distinguer un territoire qui présente un intérêt géologique, mais aussi touristique et environnemental. Une opportunité pour cette région.

Vous vous demandez ce qu’est la Calestienne ? Comme beaucoup de gens en dehors de la communauté des géologues. Le terme indique une étroite zone de relief calcaire qui s’étend sur près de 130 kilomètres dans les sous-sols de la Fagne-Famenne en suivant les bassins de la Lesse, de la Lomme et de l’Ourthe. Les événements géologiques successifs y ont ont dessiné un paysage unique en Europe constitué, d’une part par les collines issues des affleurements calcaires et d’autre part par les grottes creusées par l’érosion des roches. Cette zone constitue l’épine dorsale du Geopark Famenne Ardenne qui s’étend sur 911 km2 par-delà les communes de Durbuy, Hotton, Marche-en-Famenne, Nassogne, Tellin, Rochefort, Wellin et Beauraing. Un géoparc est un espace territorial unifié reconnu et labellisé par l’Unesco pour ses sites et paysages revêtant un intérêt géologique de portée internationale. Dans le monde, il y en a 140 répartis dans 38 pays, parmi lesquels, désormais, la Belgique.

L’idée est venue de trois géologues, Yves Quinif de l’UMons, Vincent Hallet de l’UNamur et Sophie Verheyden de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. « Si l’intérêt scientifique de la Calestienne est depuis longtemps évident, explique Alain Petit, directeur du Geopark Famenne Ardenne, nous avons pensé qu’en y associant d’autres acteurs de la sphère politique et touristique, nous pourrions disposer d’un outil formidable pour le développement et la mise en valeur de ce territoire. »

Au-delà du patrimoine naturel
Un premier dossier a été déposé en 2015. Les experts de l’Unesco qui se sont rendus sur place au cours de l’été 2015 ont été soufflés par le potentiel de ce territoire qui dépasse celui de bien d’autres géoparcs. Ils ont prodigué une série de conseils portant sur la création d’une asbl, l’engagement de personnel propre et l’agrandissement de la zone initialement prévue. Moins de trois ans plus tard, en avril 2018, l’Unesco attribuait son label au Geopark Famenne Ardenne.

L’équipe dynamique qui s’est constituée autour de Alain Petit est consciente des défis autant que des promesses qui les attendent. « Un géoparc, ce n’est pas que de la géologie. Au-delà du patrimoine naturel, cela inclut les musées, les châteaux et tous les sites liés à l’histoire. Cela concerne aussi les habitants qui sont parties prenantes du projet, l’héritage des traditions dans les villages et les produits locaux. La Trappiste de Rochefort, par exemple, doit son caractère à l’eau de source de la Tridaine profondément liée au sol. »

Développer un tourisme durable
Pour réussir et acquérir encore d’avantage de visibilité, le Geopark souhaite intégrer dans son projet un maximum de partenaires sensibilisés, essentiellement dans le secteur de  l’hébergement et de la restauration. Car la finalité du projet, porté par son caractère scientifique, est de développer un modèle de tourisme durable. Traitement de l’eau, contrôle de la consommation d’énergie, mise en place de circuits courts pour l’alimentation ou guide des bonnes attitudes à adopter lors des balades en forêt, il n’y a pas de petites initiatives, toutes concourent à une gestion plus durable de l’environnement. « Bien sûr, nous n’avons pas de pouvoir contraignant en matière d’environnement ou d’aménagement du territoire. Notre rôle vise plutôt à nous appuyer sur notre expertise et nos compétences pour apporter des conseils et un accompagnement. »

Une des priorités du Geopark repose sur une information visible. A commencer par des panneaux délimitant le territoire qui seront disposés le long des routes, notamment le long de la E411. Des panneaux d’interprétation doivent également être placés à proximité des géosites ou des points de vue. « Nous avons cinq carrières encore en activité sur la zone. Nous réfléchissons à créer un parcours balisé de points de vue où l’on identifie le lieu et où on explique l’activité économique qui y est liée. Si l’équipe scientifique rassemble au départ des géologues, il seront appuyés par des experts en fonction des dossiers à traiter, que ce soit la faune et la flore ou l’hydrologie pour le contrôle des rivières. »

Une Maison du Geopark en 2020
Des actions de sensibilisation s’adresseront aussi aux premiers concernés, les habitants, avec des conférences dans les communes et dans les écoles qui seront aussi invitées à des visites sur le terrain. La visibilité passera aussi par un réseau d’une quinzaine de bureaux d’accueil souvent hébergés par les maisons du tourismes locales. L’asbl prévoit en outre, pour 2020, l’ouverture d’une Maison du Geopark sur le site de l’ancien Musée du monde souterrain à Han-sur-Lesse. On y trouvera une scénographie avec des maquettes, des films et une bibliothèque. Un grand événement annuel est aussi dans les cartons, histoire de féderer les acteurs et d’augmenter la visibilité du territoire.

Du côté des professionnels du tourisme, les retombées du label prestigieux de l’organisation internationale ne seront pas négligeables. « Avec des pôles d’attraction comme Han-sur-Lesse et Durbuy, nous nous trouvons déjà dans une zone historiquement très touristique. L’augmentation de la fréquentation sera mesurée. On peut raisonnablement tabler sur 15 % d’augmentation auprès d’une clientèle de niche qu’on ne parvenait pas à toucher jusqu’à présent, comme les Allemands qu’on dit fort sensibles au label Unesco. Notre volonté est de pérenniser l’emploi des milliers de personnes déjà actives dans le tourisme. »

Avec le soutien des communes et de la Région
Cette augmentation attendue de la fréquentation et de activités ne doit évidemment pas se faire au détriment de paysages parfois fragiles. L’inscription dans un géoparc devrait servir comme catalyseur pour encourager tous les acteurs du territoire à s’inscrire dans une dynamique encore plus durable.

Le label géoparc mondial ne s’accompagne pas d’un soutien financier de la part de l’Unesco. Celui-ci provient des communes qui s’acquittent d’un montant de 50.000 euros par an, ainsi que d’une convention-cadre de 150.000 euros annuels accordée par le ministre wallon du Tourisme jusqu’à la fin 2023. Pour l’asbl, qui ne compte actuellement que deux équivalents temps plein, le travail ne manque pas, pas plus que les projets. « On travaille à la conception de produits Geopark, tout en restant très prudents car il n’est pas question pour nous de proposer n’importe quoi. Ainsi, l’Unesco nous interdit de valoriser des sites qui commercialisent des minéraux et des fossiles. La notion de durabilité doit toujours rester une balise. »

Une superficie qui pourrait s’étendre
Alain Petit a rapidement pu mesurer la notoriété du label géoparc. En visite au Parlement européen, une centaine d’officiels chinois, qui comptent chez eux  pas moins de tente-sept géoparcs, ont tenu à découvrir le potentiel touristique, les atouts et les projets durables du Geopark Famenne Ardenne.

Celui-ci pourrait-il augmenter sa superficie ? Le règlement prévoit que tant qu’il reste sous la barre des 10%, l’agrandissement peut être avalisé sans dépôt d’une nouvelle candidature. « Notre volonté, c’est de poser les choses de manière sereine pendant deux ou trois ans. Par la suite, s’il y a une volonté de nos organes de gestion, pourquoi ne pas s’étendre vers l’est et/ou l’ouest ? Les parcs transfrontaliers augmentent les dynamiques de synergie. »

Attention : le label géoparc n’est pas permanent. Il doit être renouvelé tous les quatre ans et faire l’objet d’un rapport annuel. La prochaine visite des experts est prévue pour 2021. « Les cartes rouges sont plutôt rares, mais ils peuvent sortir des cartes jaunes avec des points à surveiller et améliorer. » D’ici là bien de choses auront bougé au-dessus de la Calestienne. Même si l’échelle du temps des géologues n’est pas tout à fait la même que celle du commun des mortels.

 

Geopark Famenne-Ardenne asbl
Place Théo Lannoy 2
B-5580 Han-sur-Lesse (Rochefort)
+32 (0) 84 36 79 30
[email protected]
www.geoparkfamenneardenne.be

Cinq sites à découvrir

Le Geopark Famenne Ardenne, ce sont des géosites géologiques, des panoramas, des villages pittoresques, des sites Histoire & Patrimoine, sans oublier les 350 kilomètres de véloroutes. En toute subjectivité, voici cinq sites à découvrir en priorité et en prenant son temps.

Grotte de Lorette-Rochefort
On y descend quasiment verticalement depuis la surface du plateau jusqu’à une grotte souterraine. Le parcours traverse un impressionnant labyrinthe jusqu’à la salle du Sabat, à 60 mètres sous terre. La lente montée d’une petite montgolfière libérée par le guide permet alors d’apprécier les 85 mètres de la salle.


www.grotte-de-han.be/fr/la-grotte-de-lorette

Site naturel de Fond des Vaulx
A deux pas du centre de Marche-en-Famenne se niche une petite vallée au paysage sauvage et mystérieux. A travers un relief typique de la Calestienne, les roches calcaires érodées par le temps se succèdent en parois rocheuses, chantoirs et surprenantes cavités, dont le gouffre de Trotti-aux-Fosses dans lequel près de15.000 m2 de roches se sont effondrées.

Parc des Topiaires
Il est établi que « Edward aux mains d’argent » n’est jamais passé par Durbuy, mais il a dû avoir des émules qui se sont donnés à cœur joie sur ce petit parc unique en Europe. Une collection de 250 buis taillés en forme de crocodiles, oiseaux, sirène, éléphant et autres fantaisies végétales à découvrir en famille.


www.topiaires.durbuy.be

Maison des Mégalithes
A proximité du charmant petit village de Wéris, un champ de mégalithes de 8 kilomètres de long offre la vision exceptionnelle d’alignements de menhirs et dolmens en pierre poudingue façonnés il y a plus de 5.000 ans. Dans le musée, au centre du village, des reconstitutions aident à imaginer ce que fut la vie des agriculteurs-éleveurs du Néolithique, ainsi que leurs coutumes funéraires et la façon dont ils érigeaient ces monuments.


www.megalithes-weris.be

Château de Lavaux-Sainte-Anne
La somptueuse demeure des seigneurs de Lavaux se visite des caves au donjon. Classé patrimoine majeur de la Région wallonne, le château entouré de ses douves et de son magnifique parc offre une vitrine saisssante de la vie en Famenne du  XVII au XIXe siècle, ainsi que de la faune et la nature.


www.chateau-lavaux.com

 

Les célèbres personnages de Peyo fêtent les soixante ans de leur apparition avec une exposition événement immersive à Brussels Expo. Avant de faire le tour de la planète... bleue.

On les appelle Pitufos à Madrid, Strumpar à Reykjavik, Siriner à Istanbul, Smurfs à Los Angeles ou Lan Jing Ling à Pékin, mais ils ne changent jamais. Ils sont toujours haut comme trois pommes (bleues) et sous leur blanc bonnet, ils représentent toute la diversité de la comédie humaine.

Soixante ans après leurs apparition dans un album de Johan et Pirlouit, les Schtroumpfs ont conquis le monde. Peyo fut un des premiers auteurs de bande dessinée européens à prendre conscience du potentiel du marketing et des produits licenciés pour accroître la notoriété de ses personnages. Aujourd’hui, la bande dessinée ne représente plus que 4% des revenus de IMPS, l’entreprise, toujours basée à Genval, qui gère les droits, l’image et les développements des petits lutins bleus. Les aventures des Schtroumpfs se déclinent désormais sur de multiples supports, les dessins animés, le cinéma, les jeux vidéo, les parcs d’attraction et maintenant « La Schtroumpf Experience » (« The Smurf Experience »), installée jusqu’au 27 janvier 2019 à Brussels Expo. Sur 1.500 m2, un parcours immersif et interactif emmène le visiteur à travers l’univers magique des Schtroumpfs et l’invite à parcourir neuf espaces successifs pour déjouer les plans de leur ennemi de toujours, Gargamel, qui a construit une machine infernale pour détraquer le climat au-dessus du village de champignons.

 Vivre comme un Schtroumpf

Il suffit d’écarter une case de bande dessinée géante, et nous voilà plongé dans un monde magique où les nouvelles technologies interactives se combinent aux techniques plus traditionnelles des arts vivants. Au cours de la balade, on croise des comédiens costumés ou manipulant des marionnettes géantes de Schtroumpf. Grâce à la technologie du facelift, on peut aussi contempler dans un miroir son double virtuel avec la tête d’un Schtroumpf ou déclencher des images interactives sur des écrans. « Nous avons rassemblé tous les moyens à notre disposition pour raconter une belle histoire et vivre une chouette expérience, explique Marcos Viñals Bassols, le scénographe. Les effets théâtraux, principalement des décors immersifs, restent très efficaces. Tout le monde sait bien qu’on est dans du faux, mais on aime bien croire que c’est du vrai. Surtout les enfants qui ont gardé intact leur capacité à l’émerveillement. »

Les petits bouts, qui constituent le public prioritaire de l’expérience, ont été consultés en amont pour évaluer leur niveau de connaissance schtroumpfesque, mais aussi pour connaître et rencontrer leurs attentes. « Ce qu’ils voulaient, c’était découvrir le village, vivre comme un Schtroumpf et défier Gargamel. Et tout cela, bien entendu, avec les touches de magie et les sortilèges qui rajoutaient à la fascination. »

© Ingrid Otto

On ne trahira personne en révélant que cette aventure se termine bien pour les Schtroumpfs et leurs visiteurs. Dernière formalité, avant de regagner le monde des hommes, il faut échapper à l’infâme sorcier. Et pour cela, rien de tel qu’une cigogne qui se fera un plaisir de jouer au taxi des airs. Grâce à la magie de la réalité virtuelle, on peut grimper sur le dos du grand oiseau et regagner sans encombre le village des Schtroumpfs en survolant des paysages montagneux, des marais putrides et glisser entre les arbres d’une forêt touffue pour arriver sur la place du village où nous attend un grand feu de joie. « Les séquences de réalité virtuelle sont maintenant fréquentes dans les parcs d’attraction. Mais, en général, après avoir enlèvé les lunettes, il n’en reste pas grand chose. Nous avons trouvé quelque chose de fort à raconter, quelque chose que normalement un être humain ne peut pas faire. Sans la réalité virtuelle, on ne peut pas se mettre sur le dos d’une cigogne et se balader au-dessus d’un village schtroumpf. »

Des valeurs estampillées ONU

Le succès planétaire des Schtroumpfs en a fait des mascottes universelles dans lesquelles toutes les races peuvent se reconnaître. C’est sans doute pour ça qu’en 2016 les Nations Unies les ont choisis comme ambassadeurs des dix-sept Objectifs de Développement Durable adoptés par 195 pays. Des objectifs à concrétiser d’ici à 2030 pour éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous. Sur l’ensemble du parcours de « La Schtroumpf Experience », dix-sept objets incarnant chacun de ces objectifs ont été disséminés dans les décors. Une corde à linge pour illustrer l’égalité des genres, un coffre pour incarner la disparation de la pauvreté, un rouleau à tarte pour symboliser la réduction des inégalités sociales. Ils sont accompagnés de fiches explicatives et d’un dossier pédagogique en trois langues à l’intention du public scolaire. « La trame narrative est une métaphore de la dégradation du climat par l’homme. Aujourd’hui, c’est clair que, dans nos pays occidentaux, l’opinion générale et le système éducatif font que ces valeurs de préservation de la nature ou de l’égalité homme-femme sont courantes et largement acceptées, mais cette exposition va voyager dans d’autres pays et continents où ces objectifs ne vont pas de soi. C’est donc une bonne chose que les Schtroumpfs arrivent là-bas avec leurs valeurs estampillées ONU pour être diffusées dans le cœur de ces enfants qui seront les décideurs de demain. »

 Un savoir-faire belge

Gardienne de l’oeuvre de Peyo et de son image, la société IMPS de Genval se partage entre l’octroi des licences et le développement de projets inédits. C’est elle qui a conçu l’exposition en association avec différents partenaires belges développant chacun une grande expertise dans leur domaine. La production et la conception sont assurées par l’Usine à Bulles, aux commandes du Festival International de BD de Liège, qui s’est pour l’occasion associé avec DC & J, nouvelle société de production liégeoise engagée à soutenir des projets forts et novateurs pour le théâtre, la danse, le cirque et l’opéra. L’exploitation de « La Schtroumpf Experience » est prise en charge par Cecoforma, société de communication et d’événementiel dirigée, comme l’Usine à Bulles, par Stephan Uhoda, actif dans l’organisation d’événements et grand passionné de culture.

Tous les contenus visuels et interactifs ont été réalisés par la société Dirty Monitor, basée à Charleroi, qui s’est fait connaître par la technique du vidéo mapping et exporte son expertise audio-visuelle des USA au Proche-Orient. La production est prise en charge par Exhibition Hub, société bruxelloise de création, de production et de distribution d’expositions qui conçoit des projets à vocation internationale comme Terracota Army, The Art of the Brick, ou Van Gogh Experience.

 Le compte à rebours

Après Bruxelles, « La Schtroumpf Experience » va tourner pendant cinq années en Europe et au-delà. Ce sera la même exposition qui sera remontée, voire dupliquée, comme ce sera sans doute le cas en Asie. « Nous sommes très fiers d’externaliser tout ce savoir-faire belge », se réjouit Philippe Glorieux, directeur Marketing et Communication. Intemporels, universels, les Schtroumpfs plaisent parce qu’ils prolongent l’enfance. En dehors des traductions dans 84 langues, il n’y a rien à changer, les valeurs des sympathiques petits lutins sont les mêmes partout dans le monde. Pour trouver un équivalent à l’ubiquité des petits personnages de Peyo, c’est du côté de Disney qu’il faudrait aller chercher, mais contrairement à l’entreprise basée en Californie, IMPS n’a pas de filiales. Toute la gestion de l’univers Schtroumpf est assurée depuis Genval par une équipe de 38 personnes. « Nous avons eu un bureau à Los Angeles et un autre à Hong Kong, mais nous avons tout rapatrié ici, ce qui nous semblait plus rationnel ». IMPS accorde toujours ses licences après un examen scrupuleux de la demande. Mais une fois qu’elle est accordée, c’est au licencié de gérer la fabrication et la distribution des produits. Reste le problème lancinant de la contrefaçon qu’IMPS gère avec vigilance mais sans illusions excessives.

Aujourd’hui, la Chine est le plus grand marché extérieur. C’est dans les années 80 que les Lan Jing Ling (les petits esprits bleu en mandarin) y ont fait leur apparition via une série télévisée. Celle-ci fut d’ailleurs la première série étrangère à recevoir l’autorisation officielle du parti communiste pour être diffusée sur les chaînes nationales. Les enfants d’alors ont grandi et ont fait des enfants à leur tour, qu’ils emmènent aujourd’hui dans les grands shopping malls de l’Empire du Milieu, théâtre d’événements réguliers autour des Schtroumpfs générant d’importantes recettes en merchandising.

Chez IMPS, le compte à rebours jusqu’au printemps 2020 a déjà commencé. Un nouveau chapitre au potentiel énorme  s’ouvrira dans la saga des Schtroumpfs : une nouvelle série télévisée. Produite en France par IMPS et Media Participation en partenariat avec TFI, elle comptera deux fois 52 épisodes de 11 minutes. Réalisé entièrement en images de synthèse, elle introduira de nouveaux personnages avec un Gargamel, encore plus fourbe et encore plus bête, mais toujours perdant. Si l’impact mondial de ces nouveaux épisodes dépasse ou égale celui de la première série, la planète sera vraiment bleue.

 www.smurfexperience.com

 

 Les Schtroumpfs en chiffres

 Livres

120 éditeurs

90 pays

50 millions de livres vendus dans le monde

300 titres

 

Télé

272 épisodes

diffusés sur plus de 100 territoires

doublés en plus de 40 langues

 Merchandising

70 licences actives

100 millions de figurines Schleich vendues

160 millions d’œufs Kinder

1 gomme Schtroumpf avalée chaque minute quelque part dans le monde

 Guiness Book

5.000 participants habillés en Schtroumpf dans 11 pays

 

Grâce à sa suite logicielle de gestion open source, cette entreprise du Brabant Wallon est arrivée, en une petite dizaine d’années, à s’imposer sur le marché porteur des petites et moyennes entreprises. 

 

 

En 2002, Fabien Pinckaers créait, dans un kot de Louvain-la-Neuve, la première version d’un logiciel de gestion qui s’appelait encore Open ERP. Aujourd’hui, son successeur, Odoo, compte près de 4 millions d’utilisateurs et est développé dans une ancienne ferme à Grand-Rosière (Ramilies), dans le Brabant Wallon. Soucieuse de donner de l’espace à ses 200 collaborateurs, la jeune entreprise, qui revient d’une tournée mondiale (Europe, Amérique du Sud et Asie) afin de présenter la dernière et onzième version de son pacquage maison, vient d’étendre ses bureaux à une autre ferme, toute proche, pour créer dans ce cadre bucolique un campus digital relié aux quatre coins du monde. « Economiquement, c’est intéressant car plus personne ne veut des fermes aujourd’hui et c’est aussi un plus pour le confort des employés. » relève le CEO d’Odoo, qui a été élu « Top manager de l’année » par « Le Soir », en 2015.

200 demandes par jour

Fonctionnant comme une suite d’applications, Odoo est une boîte à outils multi-tâches pour l’entreprise. Elle peut se charger de la gestion des sites web, des mails, des serveurs, de la relation client, de la création d’applications personnalisées, de la gestion des coûts, de la comptabilité et de mille autres choses. La suite logicielle est téléchargeable gratuitement sur le site.  Les plus petites sociétés peuvent opter pour un pack d’hébergement à 20 euros tandis que celles qui dépassent les 50 employés sont invitées à opter pour un abonnement correspondant à un service d’accompagnement et de maintenance. 

Face à ces concurrents, comme SAP ou Microsoft Dynamics, qui misent sur des logiciels propriétaires, souvent lourds et chers pour les PME, Odoo se distingue par l’accessibilité et la polyvalence de son produit. Une de ses spécificités est d’être open source. Un choix que Fabien Pinckaers a pris pour des raisons éthiques. «J’ai voulu un projet transparent et accessible qui offre aux PME un logiciel de gestion intégré et pas cher.»

Avec l’open source, il y avait un modèle économique à inventer. «Pendant dix années, nous avons perdu de l’argent et avons dû nous accrocher jusqu’à trouver la bonne balance. Il y a encore deux ans, nous perdions 500.000 euros par mois, alors qu’aujourd’hui nous sommes passés à 500.000 euros de gains, se réjouit le jeune patron. Nous avons actuellement 200 demandes de clients par jour, mais nous sommes tout petits dans un marché gigantesque. La difficulté pour nous, c’est de grandir efficacement, d’attirer les bons profils et de les former. »

La force d’Odoo, c’est de pouvoir compter sur un réseau de sociétés de services à travers le monde. Des partenaires qui gèrent tout le suivi de maintenance et de personnalisation avec la clientèle dans les entreprises qui souscrivent un abonnement. Ces partenaires, qui sont formés et supportés par la maison mère, sont aujourd’hui au nombre de 1.000, répartis dans 140 pays et générant 65 % des profits de l’entreprise.

Expansion internationale

En mars dernier, Odoo a signé un accord de joint-venture avec Inspur, numéro 1 des serveurs internet et le numéro 3 des logiciels de gestion en Chine. L’objectif étant de revendre des solutions Odoo sur le gigantesque marché des petites et moyennes entreprises dans l’Empire du Milieu.

Odoo concentre un peu plus de la moitié de son personnel en Belgique où travaillent 224 personnes et en déploie 95 en Inde, 90 aux USA, 31 à Hong Kong et 7 au Luxembourg. L'expansion internationale est venue très tôt et très naturellement. « Nous nous sommes rapidement fait connaître par Internet et nous avons répondu aux demandes venant du monde entier. Nos concurrents ont généralement des difficultés à trouver des clients, alors que nous c’est l’inverse. Nous avons trop de demandes et pas assez de partenaires.»

Odoo est une des ces entreprises qui se confond avec son produit unique, ce que Fabien Pinckaers ne considère pas comme un frein au développement. «Nous avons une équipe de sept personnes dédiée à la veille des besoins et attentes des utilisateurs, c’est déjà une première indication pour orienter nos développements. En plus d’une amélioration continue de nos logiciels, nous veillons à ajouter deux à trois grosses révolutions qui permettent de faire des pas en avant. Nous touchons à tous les domaines de l’entreprise et il y a encore énormément de choses à faire, même là où nous avons l’impression d’avoir fait le tour. » 

Calculateur de salaire

Odoo, qui s’était fait remarquer par des levées de fonds spectaculaires (4 millions de dollars en 2010 et 10, 4 millions en 2014), peut aujourd’hui fonctionner en fonds propres, mais veille à bien cibler ses investissements et à choisir ses batailles. En renforçant ce qui fait la valeur ajoutée d’Odoo : la qualité, l'ergonomie et l’efficacité du produit, quitte à délaisser le marketing.

Cette orientation se reflète forcement dans la politique de recrutement. Sur les quelques 200 personnes qui rejoindront cette année l’entreprise en Belgique, on compte 120 développeurs. Quand on sait qu’ils sont à peine quelques dizaines à sortir de l’UCL et un peu moins de Namur, on voit que l’objectif est ambitieux. Pour y répondre, l’entreprise compte sur cinq recruteurs à temps plein qui font le tour des universités et vont chasser dans les entreprises pour ramener des profils intéressants.

Innovant dans ses produits, Odoo l’est aussi dans son management et dans les ressources humaines. La mise à disposition d’un calculateur de salaire sur le site a attiré de nombreux candidats. En quelques clics, on peut calculer son pacquage salarial en jouant sur les variables d’ajustement que sont les jours de congé, les transports, la voiture de société ou la participation aux frais internet. Après ça, l’ensemble des entretiens d’embauche peut être bouclé en trois heures. Comme on le voit, il n’y a pas que dans les logiciels qu’Odoo joue la carte de la transparence et de la rapidité.

Derrière ses résultats économiques et ses innovations technologiques, chaque entreprise a toujours son moment zéro, celui où naît la légende. Pour Odoo, on ne doit pas aller le chercher dans un garage du Brabant Wallon, mais plutôt dans une salle de fête de l’UCL où Fabien Pinckaers a développé un logiciel pour optimiser et rationaliser la gestion des flux de… fûts de bière. Aujourd’hui, le jeune patron peut déjà mesurer avec satisfaction le parcours accompli. Revers de la médaille, l’entrepreneur, qui développait son premier programme pro à 13 ans, n’a plus beaucoup de temps pour ça aujourd’hui. « Le développement est souvent plus marrant et intellectuellement stimulant que le management, mais il est aussi très important de garder le cap et l’identité d’Odoo.»

Comment Fabien voit-il son entreprise dans cinq ou dix ans ? « J’ai toujours été très mauvais dans les prévisions, rigole-t-il. La seule chose que je sais c’est que dans une dizaine d’années, nous pouvons attendre une consolidation dans le marché de la gestion, comme on l’a vu en informatique. Il ne restera alors plus que trois ou quatre acteurs. Et Odoo en sera.»

La force d’Odoo, c’est de pouvoir compter sur un réseau de sociétés de services à travers le monde. 

 

Odoo S.A. 
Chaussée de Namur 40
B-1367 Grand-Rosière
+32 81 81 37 00

www.odoo.com
 

 

© Alexandre Laurent

L’espace restaurant niché derrière la Ferme du Biéreau, à Louvain-la-Neuve, vient de fêter ses dix ans. A la grande satisfaction de la clientèle et du patron qui veut continuer à diversifier son offre avec l’espace BAB’L, une salle de location en sous-sol qui a tout d’une grande.


Quand on pousse la porte du Loungeatude, on peut avoir un moment d’hésitation. Un vaste salon occupe une large portion de l’espace avec des fauteuils moelleux, une bibliothèque largement garnie, un feu ouvert et même un piano. La salle à manger avec les tables se situe de l’autre côté, dans une ambiance tout aussi cosy.

Quand il a repris, en 2005, Scavée du Biéreau, une brasserie laissée à l’abandon pendant un an, Paul van Havere avait une idée précise de ce qu’il voulait pour son restaurant en totale opposition avec tout ce qui se faisait dans la ville estudiantine. « Quand mes parents recevaient des amis à manger, je me rappelle qu’on s’habillait bien et qu’on prenait le temps avant de passer à table. C’est cette atmosphère chaleureuse et cette ambiance conviviale de notre maison familiale que je voulais recréer ».

Au début, les clients se sont montrés un peu surpris quand on leur suggérait de passer d’abord au salon et de prendre leur temps. Dix ans plus tard, c’est l’inverse. Tout le monde se réjouit de passer au salon, avant de passer à table. Certains soirs, il n’y a même pas un fauteuil de libre.

© Alexandre Laurent© Alexandre Laurent© Alexandre Laurent

 

Dès le début, Paul van Havere a pensé son projet en visant une clientèle spécifique. Ville universitaire, Louvain-la-Neuve est aussi une pépinière d’entreprises et de start-up avec des cadres affamés ravis de disposer d’un restaurant qui allie le confort, la quiétude et la gastronomie pas loin de leurs bureaux. Grâce à une habile politique de marketing, le patron des lieux a rassemblé un fichier de près de 5 000 clients fidèles, chouchoutés par des offres spéciales et des facilités de réservation.

Priorité aux circuits courts

L’enquête de satisfaction réalisée à l’occasion du dixième anniversaire confirmait au Loungeatude qu’il était sur la bonne voie. « Nos clients ont confirmé qu’ils adoraient l’endroit, mais aussi qu’ils étaient demandeurs d’une formule plus rapide et d’attentions particulières pour les plus fidèles ». La réponse est venue avec le menu « Chrono Gourmand », une entrée, plat et dessert pour 37 €, ainsi qu’une appli grâce à laquelle on peut réserver une table en trois clics et faire du shopping dans la boutique virtuelle.

Pas de restaurant sans cuisine. Au Loungeatude, l’accent est mis sur la qualité des produits sublimés par une cuisine française avec des petites touches de fusion créative. La priorité est donnée aux circuits courts. Les viandes viennent de la Ferme des Noyers à Corroy-le-Grand, les légumes de la Ferme aux Sources à Autre-Eglise et les fromages de chez A table! à Hannut. L’essentiel de ce qui se retrouve dans l’assiette est préparé en cuisine sous la direction du chef Pascal Marcin et ce qui ne l’est pas provient d’artisans locaux.

Un logiciel de gestion pour les restaurants

Paul van Havere, designer industriel de formation et entrepreneur dans l’âme, n’avait aucune expérience dans la restauration, c’est sans doute ce qui lui a permis de casser certaines habitudes et d’aller de l’avant. Lorsqu’il gérait le parc récréatif Bellewaerde et Plopsaland, il avait une règle d’or : chaque zone doit être rentable et source de profit. « Tous les jours, on épluchait les recettes de chaque centre de profit à la virgule près. J’ai utilisé le même outil au Loungeatude et je me suis rendu compte que les restaurateurs n’avaient aucun outil de gestion ». Du coup, l’outil qu’il a développé en interne est devenu Clearway, un logiciel de gestion qu’il propose à ses collègues restaurateurs. L’arrivée de la Black Box a chamboulé le secteur de la restauration. Habitué depuis des années à la double comptabilité, les patrons de restaurant ont été désarçonnés par cette nouvelle obligation de transparence. « Dans le secteur, les marges bénéficiaires ne sont pas évidentes partout. Il faut parfois compenser par des nouvelles sources de profit qui ne doivent pas cannibaliser l’activité principale. Clearway a l’avantage de rassembler toutes les informations utiles à l’activité sous un encodage unique. »

BAB’L, un espace de 275m2

Diversifier les centres de profit, c’est ce qu’a fait Paul van Havere en développant un troisième espace. Sous un auvent intérieur s’ouvre l’escalier qui descend vers le BAB’L, pour Business After Business Lounge. Espace polyvalent aux murs capitonnés de blanc, il distille la même ambiance feutrée et cosy qui fait la signature des lieux. Tout est fait pour qu’on oublie qu’on est dans une salle de location. Le mobilier est confortable, le service est attentif et les murs sont ornés des œuvres de l’artiste invité du mois. Indépendant et parfaitement isolé du salon et de la salle à manger, il se prête à une grande variété d’événements tels que lancements de produits, soirées privées, after work, vernissages, soirées de dégustation... « J’ai décidé de l’aménager en 2010 parce que j’ai senti qu’il répondait à une demande. On trouve facilement des espaces pour des grosses jauges, mais il y a peu de lieux disponibles pour des événements jusqu’à 200 personnes ». L’espace, qui fait 275 m2, est complètement équipé. Le prix de location comprend le mobilier, le bar, le matériel de projection et de sonorisation, le Wifi et des sanitaires séparés. « On accepte les demandes avec prudence parce que nous ne voulons pas nuire à l’activité du haut ».

Les trois espaces se sont révélés complémentaires. Les clients de la salle à manger sont souvent intéressés par la salle polyvalente et inversement. Paul van Havere vient de confier la gestion du BAB’L à Haïfa Rachid, bien connue à Louvain-la-Neuve. Dynamique et pro-active, elle s’attellera à réveiller le potentiel dormant sous la surface. Rendez-vous dans dix ans.

Loungeatude – Espace BAB’L
Scavée du Biéreau 2
B-1348 Ottignies Louvain-la-Neuve
+32 10 45 64 62
[email protected]
www.loungeatude.be

En octobre 2017, le cuisiniste èggo a fêté ses dix ans. En une décennie, la PME de Profondeville s’est hissée au rang de leader du marché belge avec 53 points de vente, plus de 100 000 cuisines vendues et installées dans le pays, et l’amorce d’une extension internationale.

 

 © Eggo

La cuisine est un lieu de vie particulier, lié aux émotions, aux odeurs comme aux habitudes familiales. Philippe et Frédéric Taminiaux géraient depuis 25 ans les magasins wallons d’une chaine d’electro-ménager, où ils vendaient des cuisines équipées à côté d’aspirateurs, de machines à laver, de téléviseurs et d’ordinateurs, quand ils ont senti qu’il y avait « autre chose à faire ». L’intuition s’est concrétisée à l’occasion d’une visite au Salone del mobile à Milan. Dans l’espace dédié aux cuisines, ils se rendent compte qu’elles peuvent être mises en scène de manière à faire ressortir les émotions et tout le vécu qu’on y associe. « Le monde de la cuisine a toujours été axé sur le technique, des charnières aux plaques de cuisson. » précise Frédéric Taminiaux, le CEO. « On a eu envie de créer un cocon autour de la cuisine en proposant un lieu de vente différent, avec une ambiance chaleureuse qui invite à la promenade et aux émotions, pas au calcul. » Le père et le fils se sont mis au travail en ne voulant rien laisser au hasard. Pendant un an, architectes, décorateurs et coloristes ont uni leurs efforts pour créer ce cocon baptisé èggo, en s’appuyant sur des études qualitatives et quantitatives.

Une visibilité nationale

Les premiers clients qui ont foulé les allées feutrées de leur Kitchen House ont été surpris. Plus aucune communication marketing mais des photos, des visages en gros plan ou de personnes allongées dans les bois. « Certains ont dû avoir l’impression que c’était très cher, parce que l’ambiance était très qualitative alors que nos prix se veulent accessibles. »

Dès le début, èggo a voulu jouer sur le volume avec un programme ambitieux de 47 magasins en trois ans dans les trois régions du pays. « C’était assurément un challenge de vitesse, mais c’était important d’acquérir rapidement une visibilité nationale et de garder un contrôle total sur l’image et le concept. » Dès le début, l’entreprise s’est mise à l’écoute de ses clients. Dans un premier temps, il a fallu accompagner la découverte d’un nouveau concept et communiquer sur les prix. La force du réseau intégré, c’est qu’il est à même d’offrir des prix nets et sans surprises, quel que soit le magasin. « Chez nous, il n’y a jamais de remises, ni de prix à la tête de client. Je ne trouverais pas ça normal. » Très vite aussi sont remontées des demandes pour du mobilier d’appoint destiné aux buanderies et aux dressings. « Les clients nous poussent à nous réinventer. On a monté un bureau d’étude qui analyse et objective les tendances, par exemple en donnant des points aux images qui circulent sur Pinterest. On en tire des indictions qui nous permettent de renouveler les show-rooms où 25% des cuisines exposées sont chaque année renouvelés avec des accents différents en fonction des régions. »

© Eggo 

Recyclage des déchets

Pour répondre aux préoccupations sociétales en matière d’environnement et de développement durable, l’entreprise a lancé le programme « èggo life » qui coordonne notamment le soutien à des projets de développement de zones naturelles protégées. S’il va de soi que tout le bois utilisé est labellisée PEFC, garantissant une gestion durable (1), èggo a entamé un projet ambitieux de recyclage des déchets, carton comme frigolite, qui sont ramenés en centrale pour être reconditionnés et revendus. « On est persuadé d’atteindre la rentabilité d’ici un an ou deux. »

Aujourd’hui, le web est devenu le système nerveux du commerce. Chez èggo, il est bien souvent devenu le premier point de contact du client qui peut y trouver des catalogues interactifs ou des outils de configuration en ligne. « On développe aussi « My èggo ». Nos clients pourront y retrouver tous les plans et documents en lien avec leur commande. En interne, on a aussi mis en place des algorithmes de planification afin d’optimaliser la gestion de la flotte et des équipes de montage. »

Quand il arrive dans un show room, le client a bien souvent déjà fait son choix. Ce qu’il vient chercher, c’est une confirmation et l’expérience absente du virtuel, à savoir le contact avec les matières ou la perception des volumes dans l’espace. Certains sont aussi en attente de conseils pour choisir le style qui convient le mieux à leur intérieur. Formés à vendre un projet et pas seulement des meubles, les vendeurs sont préparés au sein de l’èggo academy. Six formateurs plein temps y proposent des modules de technique, style et design.

Un style européen

Après le marché belge, le cuisiniste est en confiance pour poursuivre son développement à l’étranger. Avec ses quatre magasins en Espagne, èggo commence à se faire un nom dans la péninsule ibérique. « On est arrivé en pleine crise économique, alors que toutes les grandes chaînes qui auraient pu être nos concurrents s’étaient retirés, sauf une. On peut compter sur un trio de managers dynamiques et ambitieux. On espère que ces trois ou quatre années d’avance nous permettront d’accélérer le rythme. » Au Grand-Duché de Luxembourg, le réseau èggo compte déjà deux magasins. Et aux Pays-Bas, proches par la langue, un premier Kitchen House est sur le point de s’ouvrir. « Même si des ajustements sont nécessaires entre les pays, comme entre les Régions en Belgique, le style èggo est européen. On éprouve les mêmes émotions à Madrid qu’à Marche-en-Famenne ». La diversification n’est pas uniquement géographique. Avec « èggo Pro », le cuisiniste accède à un marché et à une clientèle qui lui échappaient jusqu’à présent. Les nouveaux intermédiaires sont les promoteurs immobiliers. « Ça nous permet de toucher des clients qui ne seraient pas venus en magasin. C’est un axe de développement important au nord du pays. En deux ans, on a doublé nos ventes qui se montent déjà à 10% de notre chiffre. »

Le « taux de légende »

Quand on lui demande quels sont les ingrédients de l’insolent succès d’èggo, Frédéric Taminiaux n’hésite pas longtemps avant de souligner que cela repose d’abord et avant tout sur la qualité des collaborateurs. « On investit beaucoup d’argent et d’énergie dans le recrutement, la formation et la mise en place d’un environnement de travail motivant et agréable. Quand il se sent bien dans son magasin, le personnel a toujours tendance à surperformer. » Frédéric Taminiaux parle en connaissance de cause, car il n’est pas de ses managers qui se retranchent dans leurs bureaux ou dans les contacts avec les fournisseurs. Il retire de nombreux enseignements des tournées régulières qu’il fait dans les magasins. A la centrale, la formule « Vis ma vie » est largement répandue. Il s’agit pour les employés de passer une journée avec les tâches, les responsabilités et la salopette d’un monteur ou d’un chauffeur. « Le message, c’est que tous les métiers sont importants. Ça crée aussi plus de respect et une meilleure connaissance de ce que fait l’autre. »

Et quant à imaginer comment il se voit dans dix ans, Frédéric Taminiaux mise sur le développement de èggo en Europe en restant le champion du service et de l’accompagnement du client. « On rêve aussi de ne plus devoir faire de marketing », sourit-il. « Ce seront nos clients qui s’en chargeront puisqu’ils sont nos meilleurs ambassadeurs. » Aujourd’hui déjà, six clients sur dix poussent la porte d’un show-room sur base d’une recommandation. Au sein de l’entreprise, on est très attentif à ce qu’on appelle le « taux de légende », qui tient compte de l’écho que chacun donne de l’entreprise. « On fait des statistiques pour les chauffeurs, les vendeurs, les magasiniers. Tout le monde a un rôle à jouer dans l’objectif d’offrir au client une expérience hors norme. C’est un boulot qui nous motive chaque jour et qui ne s’arrête jamais ! »

(1)   Voir Dossier Bois & Habitat

Èggo
Rue Léon François 6-8
B-5170 Bois-de-Villers (Profondeville)
+32 81 43 24 24
[email protected]
www.eggo.be

Le week-end du 9 et 10 septembre, partout en Wallonie

 

Inlassablement, les Journées du Patrimoine font (re)découvrir des lieux, de prestige ou non, des monuments de pouvoir spirituel ou séculier, des espaces de travail et de vie. Cette année, la focale s’est portée vers une thématique aussi essentielle qu’intemporelle, le déplacement. Sur les voies d’eau, de terre et de fer. On les dit « voies lentes » parce qu’on peut les parcourir à pied, à vélo, en péniche ou en train (qui n’est plus si lent que cela d’ailleurs). La Wallonie est à cet égard particulièrement richement pourvue avec ses 1 350 kilomètres de pistes pédestres et cyclables sur d’anciennes lignes vicinales et voies (dé)ferrées en pleine nature, ses sentiers de randonnée, ses 4 000 km de chemins balisés et puis, ses cours d’eau, ses centaines de kilomètres de voies navigables et son réseau de chemin de fer. Touffu comme toujours, le programme 2017 nous balade d’installation ferroviaire en ouvrage hydraulique, d’ancienne voie romaine en chemin de halage, de pont sur un canal en viaduc surplombant une vallée. Ce programme incite à des promenades qui parcourent les villes et les campagnes à la découverte des biefs qui ont alimenté forges, moulins et laveries ou sur les chemins de pèlerinage de Compostelle. Le patrimoine est d’abord un regard sur le monde d’avant, qui est, cette année, celui d’avant l’essor automobile, un âge où le train, le tramway vicinal, les voies maritimes reliaient les populations et ses activités. Ce regard sur l’évolution passée des techniques est aussi un regard vers l’avenir alors que les conséquences du changement climatique nous imposent de repenser drastiquement nos modes de déplacement et de transport. Si la marche s’apparente d’abord à une mobilité de loisir, il en va autrement du vélo, des transports collectifs, que ce soit sur bitume, sur voie ferrée ou fluviales. Les chromos de jadis s’estompent devant les perspectives de développement, les déplacements d’hier nous invitent au plaisir de la découverte et à la mobilité de demain.

 Découvrez nos coups de coeur

 


Nos coups de coeur

1. Dans la quiétude du vieux canal (Maubray)
2. Signal de Prusse (Sourbrodt)
3. Eau d’Ardenne (Ry de Rome)
4. Tous les chemins mènent à l’Histoire (Burdinale-Mehaigne)
5. Sur les traces du Vicinal (Freux)
6. Passages à tabacs (Bohan)
7. Les noeuds du réseau (Atelier de Bascoup)
8. Les couches du temps (Scladina)
9. Liège, ville d’eau
10. Château l’artiste ! (Thozée)
11. Sous le signe de la coquille (Nivelles)
12. La grand tablier (viaduc d’arbre)
13. Des locos dans le rétro ( Retrotrain)
14. Dompter les eaux (station pompage)
15. Passé Anhée
16. La vie de château (Louvignies)
17. Trier le bon grain (Tarare Wauters)
18. Où est l’oiseau ? (Rixensart)
19. Le feu au lac (Pommeroeul)
20. Bon anniversaire Amélie
21. Du haut de la Redoute

www.journeesdupatrimoine.be

 

Et découvrez également les parcours spécifiques Patrimoine et RaVel

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