Waw magazine

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En 2017, le thème choisi pour l’Année du Patrimoine est « Voies d’eau, de terre et de fer — Patrimoines et RaVeL ». L’occasion était rêvée pour vous présenter une sélection de lieux et activités autour de deux promenades RaVel associées à des voies d’eau.

 

CIRCUIT CANAUX, FLEUVES ET RIVIÈRES
www.ravel.be

Leers-Nord → Tournai 23 KM

Cathédrale de Tournai
Cinq clochers pour tutoyer le ciel. Chef d’œuvre de l’architecture médiévale, la cathédrale Notre-Dame associe une nef et un transept roman avec un chœur gothique. Reprise sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000, elle bénéficie d’une restauration de grande ampleur qui n’empêche pas la visite.
www.visittournai.be

 

Tournai → Peruwelz 22 KM

Fours à Chaux
Dressées le long de l’Escaut, ces huit constructions majestueuses dégagent un parfum de mystère et de poésie. Elles offrent aussi un témoignage sur une activité industrielle révolue, la production de chaux hydraulique naturelle à partir de la pierre calcaire. Depuis plusieurs années, l’association « Passeurs de mémoire » développe sur le site un projet artistique et mémoriel.
www.famawiwi.com 

 

Peruwelz → Mons 30 KM

Marais d’Harchies
Les oiseaux les connaissent bien mieux que nous. Nichés au creux de la vallée de la Haine, les marais d’Harchies s’étendent sur 150 ha et abritent d’innombrables espèces ailées qui y résident à l’année ou y transitent lors des migrations. Le CRIE d’Harchies organise des visites les 1ers et le 3e samedi de chaque mois.
www.oiseauxmaraisdharchies.be 

 

Mons → La Louvière 19 KM

Ascenseurs des canaux du centre
Des huit ascenseurs hydrauliques à bateaux construits entre la fin du XIXe et le début XXe, quatre subsistent dans leur état de fonctionnement originel. Merveille de l’ingéniosité humaine et éloge de la lenteur, il faut les franchir au moins une fois dans sa vie. Dans le cadre de l’Année du Patrimoine 2017, des bateaux électriques sont proposés à la location à Houdeng-Goegnies, du 01/04 au 14/04, du mardi au dimanche de 10h à 17h.
voiesdeau.hainaut.be 

 

La Louvière → Charleroi 45 KM

Quai 10
Dans les anciens bâtiments modernistes de la Banque Nationale à Charleroi, se déploie désormais un nouveau lieu dédié à l’image animée, cinéma et vidéo. Avec ses cinq salles de projection, son espace gaming, sa brasserie et son lieu d’accueil pour les entreprises, c’est un nouvel espace urbain, un lieu de vie qui s’ouvre en bord de Sambre.
www.quai10.be 

 

Charleroi → Anhée 49,5 KM

Centre d’interprétation
ReGare, Fosses-la ville Dans l’ancienne gare de Fosses-la-Ville, les horaires de chemins de fer et les coups de sifflet ont laissé la place à Saint-Feuillien, aux Chinels et à tous les personnages issus de l’histoire et du patrimoine fossois. On y retrouvera les traces du moine irlandais fondateur de la ville, on apprendra ce qu’est la curieuse Limotche et bien d’autres choses.
www.regare.be

 

 


LE CIRCUIT AU FIL DE L’EAU
www.ravel.be

Chaudfontaine → Huy 43,5 KM

En marche citoyen !
Activer la mémoire pour mieux regarder le présent, tel est le sens de cette balade citoyenne autour d’Hermalle-sous-Argenteau. Une application smartphone et des lieux de patrimoine ou des lieux du quotidien pour développer les thématiques de la démocratie, la liberté d’expression, l’éducation et le travail de mémoire. Dans le cadre de l’Année du Patrimoine 2017, le circuit est accessible jusqu’au 14 avril 2017.
www.territoires-memoire.be

 


Huy → Namur 32,5 KM

Église Saint-Loup
L’Église Saint-Loup au cœur du vieux Namur est considérée comme est un des plus beaux édifices baroques du XVIIe siècle en Belgique. La somptueuse voûte en tuffeau calcaire de Maastricht, les boiseries finement ciselées et ses imposantes colonnes de marbre noir de Mazy et de «jaspe» rouge de Rochefort n’aspirent qu’à la gloire du sacré. Dans le cadre de l’Année du Patrimoine 2017, une visite est proposée tous les samedis à 15h jusqu’au 14 avril 2017.
www.eglise-saint-loup.be



Namur → Charleroi 47,5 KM

Sambreville, les sentiers d’Arsimont
Les sentiers de la Rousse, des Violettes ou de la Mousse accueillent promeneurs et habitants de ce petit village champêtre. L’initiative est née de la volonté d’offrir aux enfants un accès à l’école qui évite les routes encombrées par le trafic automobile. Six sentiers ont été dégagés et balisés avec l’aide de la Fondation Roi Baudouin des vieux noms ont été exhumés et des nouveaux apportés par les enfants du village.
www.cracs.eu


Charleroi → Thuin 21 KM

À s’naise su la Sambe ?
La Haute Sambre en passe de devenir un haut lieu de tourisme fluvial à l’instar du canal du midi ou des canaux de Bourgogne ? C’est tout ce que souhaite Sambre Tourisme avec ses deux embarcations Le Lord Josef pouvant accueillir de 2 à 10 personnes ou l’Helix, lointain cousin du Petit Baigneur de De Funès, prêt à accueillir de 6 à 20 personnes.
www.sambre-tourisme.be

 


Thuin → Erquelinnes 19,5 KM

Solre-sur-Sambre
Le château fort de cette localité à vocation agricole est un des plus beaux exemples de construction fortifiée du Moyen Âge dans le Hainaut. Une balade dans le village permettra en outre d’admirer l’église SaintMédard de style gothique, la ferme du Clocher et sa tour-porche et enfin les ruines de l’Abbaye de la Thure.

 

 

www.journeesdupatrimoine.be
ravel.wallonie.be

En développant une technique de refroidissement passive sans ventilateur et sans pompe, Calyos arrive sur le marché avec une technologie de rupture qui lui ouvre de prometteuses perspectives.

 

Janvier 2017, CES Las Vegas. Le Consumer Electronics Show est le rendez-vous incontournable des geeks de la planète à l’affut des indispensables de demain. Au stand 26904, la technologie révolutionnaire d’une PME de chez nous fait le buzz. Du jamais vu, jamais entendu. Concourant dans les catégories Gaming et Computer Hardware, elle décroche à chaque fois la première place. Pas mal pour une start-up qui comptait encore quinze personnes douze mois plus tôt. La raison de cette effervescence ? Un PC doté d’un système de refroidissement passif qui n’émet pas le moindre bruit et qui fonctionne en circuit fermé et sans eau.

Cette incroyable aventure a commencé quelques années plus tôt avec Olivier de Laet. Ingénieur diplômé de l’ULB, il participe à la création d’EHP (Euro Heat Pipes), spin off qui externalise un département de la SABCA dédié à la régulation thermique. L’objectif est d’exploiter une technologie de refroidissement sans air et sans moteur qui sommeillait depuis des années dans un des tiroirs de l’avionneur. Le marché visé est celui du spatial où les conditions extrêmes, et notamment l’absence d’air, que connaissent les satellites en orbite autour de la terre exigent des solutions fiables et économes en énergie pour refroidir toute l’électronique embarquée. En 2011, Olivier De Laet crée Calyos pour cette fois se tourner vers des applications « terrestres ». Le savoir-faire et la technologie d’EHP, désormais parfaitement maîtrisés, permet d’offrir des solutions technologiques innovantes et à bas coût dans de nouveaux domaines. Le premier est celui du matériel ferroviaire qui débouche sur une collaboration avec Alstom et se concrétise par un système de refroidissement pour les rames du métro parisien. Mais d’autres secteurs s’annoncent prometteurs comme ceux des data centers et des PC.

Un système scellé

Que peut-on dire sur cette technologie au cœur de l’innovation d’EHP, puis de Calyos ? Tout est parti d’un brevet déposé par un ingénieur russe dans les années 1970 et enrichi par les applications déposées au début des années 1980 aux États-Unis par Stephen Fried, directeur technologique de la firme informatique Microway. Longtemps, cette technologie a fait du surplace faute d’avoir pu être mise en œuvre de façon convaincante. Le principe du Loop Heat Pipe (LHP) est celui d’un système de refroidissement scellé composé d’un évaporateur et d’un condensateur reliés par deux flexibles. Il contient un gaz qui permet de vaporiser et puis de condenser la chaleur dégagée par un système mécanique ou électronique. L’avancée décisive concerne l’évaporateur qui est, en quelque sorte, la boîte noire du système. Chez Calyos, seules trois personnes connaissent sa composition exacte et ses concepteurs n’ont pas voulu breveter le procédé pour éviter de laisser la moindre trace écrite. « Dans les milieux industriels, beaucoup étaient sceptiques » précise Elisa Wolf, Marketing Manager « parce que toutes les tentatives précédentes avaient échoué pour une raison ou une autre. Stephen Fried, aujourd’hui très âgé, nous a donné son feu vert. Il était très heureux de voir son invention mise en pratique et de pouvoir montrer ainsi qu’il n’était pas un doux rêveur ! »

Un marché important

Le refroidissement est une des préoccupations majeures des gestionnaires de data centers. Les serveurs et les baies de stockage doivent être maintenus à une température de 20°. Toute sur
chauffe induit un surcoût énergétique et une possible détérioration des éléments du système. Les petites unités de refroidissement sont logées dans des tiroirs régulièrement insérés dans les murs de données. On en compte plusieurs milliers pour un data center de bonne taille. « C’est un marché important » souligne Elisa Wolf. « Notre technologie est complètement au point. On prend la chaleur dégagée par les composants électroniques et on va la sortir pour la refroidir dans le radiateur sans souffler de l’air et encore moins faire circuler de l’eau. Cela permet de diviser le prix final de la consommation énergétique par trois ou quatre. » Deux types d’arguments séduisent les clients. Il y a ceux qui souhaitent baisser leur consommation d’électricité et puis ceux qui veulent développer une plus grande puissance de calcul dans leurs serveurs tout en maintenant la même température de fonctionnement. Si la technologie existe et a prouvé qu’elle est performante, elle doit être adaptée à chaque environnement, ce qui est un processus assez long. « Pour que cela soit rentable, il faut tout changer, ce qui représente un investissement énorme. Tant qu’il n’y a pas de retour sur utilisation, les entreprises restent frileuses. C’est le problème que rencontrent toutes les nouvelles technologies de rupture. » Calyos est en contact avec quelques grands gestionnaires de centres de données, mais préfère à ce stade rester discret sur leur identité.


Le refroidissement est une des préoccupations majeures des gestionnaires de data centers. Les serveurs et les baies de stockage doivent être maintenus à une température de 20°. Toute surchauffe induit un surcoût énergétique et une possible détérioration des éléments du système. 


 

L’ouïe fine

L’intérêt pour l’autre grand marché, celui du PC, a été amorcé par la présentation d’un premier prototype « fait maison » dans un salon en Allemagne. « Pour mettre en valeur les atouts de notre technologie passive, il nous a semblé plus pratique de montrer un PC fonctionnel assemblé à partir d’éléments électroniques disponibles sur le marché. » Ce premier prototype pesait trente-cinq kilos, mais a tout de suite fait tourner pas mal de têtes par son silence et son très faible dégagement de chaleur au vu de la puissance de sa carte graphique particulièrement vorace en énergie. En l’absence de pompe, le PC passif de Calyos élimine déjà une source de panne et, comme il n’y a pas de mouvement d’air, il n’y a pas de poussière. Le plus immédiatement remarquable reste l’absence du bruit caractéristique des ventilateurs. « Certains utilisateurs m’ont toutefois dit qu’ils entendaient le grésillement des composants électroniques ! » Mais là, il faut vraiment avoir l’ouïe fine.

Les premières réactions positives venant des fabricants de PC et des techno-geeks ont encouragé Calyos à se présenter à Las Vegas avec une machine plus compacte, le NSG-S0. Le nom, résultat de nombreuses heures de brainstorming, est l’acronyme de Never Stop the Game qui souligne la longévité de la machine quand on fait tourner un jeu.

Autre perspective intéressante pour Calyos, la firme américaine Supermicro l’a approchée pour la création d’un PC compact. Aujourd’hui encore au stade de prototype, il devait être disponible dans les circuits de distribution grand public après septembre 2017, dans le meilleur des cas.

Production limitée

Plus près de nous, Calyos s’apprête à lancer une campagne Kickstarter pour financer la production en quantité limitée de la vedette de Las Vegas, le NSG-S0. « À terme, la société ne souhaite pas faire de la vente directe au consommateur. Mais beaucoup de gens ont du mal à comprendre qu’on ne vend pas de PC. Le marché est encore balbutiant, alors cette campagne kickstarter vise à tester l’intérêt d’un public de niche et rassurer les industriels du secteur. On veut se positionner comme des intermédiaires entre des fabricants et des assembleurs. Notre nom est d’ailleurs appelé à disparaître complètement des produits. » La production ne devrait pas dépasser les 1000 pièces. Ces PC mis en vente pour un prix aux alentours de 1 500 € sont des ordinateurs de salon, destinés avant tout au gaming, à la lecture vidéo et aux activités récréatives. « En raison de nos autres projets et commandes, nous essayons de trouver un juste milieu entre la satisfaction de tous ces gens qui nous contactent au quotidien pour acquérir le PC présenté au CES et nos commandes B2B comme celle de Supermicro ou celles que nous amorçons avec les acteurs du secteur Data Center. »

Équipes polyvalentes

Depuis août 2017, Calyos occupe une nouvelle implantation à Jumet. Un bâtiment tout blanc d’un étage où l’entreprise concentre la recherche et développement et la production de leur technologie unique. Dans le hall trônent les machines qui ont fait sensation à Las Vegas, ainsi que le prototype du NSG-Cube que Calyos développe avec Supermicro. On peut également admirer le système qui équipe le métro de Paris et qu’Alstom garantit pour 50 ans !

Calyos occupe aujourd’hui une trentaine de personnes dont une moitié d’ingénieurs. Les équipes sont polyvalentes et s’adaptent en fonction des priorités des clients. Un grand espace à l’arrière du bâtiment a été réservé aux chaines de production qui doivent encore être customisées pour atteindre leur vitesse de croisière. Pour son financement, Calyos a bénéficié d’un peu plus d’1 million d’euros investis par la Région wallonne pour la R&D auxquels s’ajoutent environ 500 000 € pour l’aide à l’investissement. L’entreprise est également soutenue par des fonds privés et l’AWEX.

À l’horizon 2018, Calyos prévoit de produire 10 000 boucles de refroidissement par an. L’entreprise va sous-traiter toutes les éléments où elle n’apporte pas sa valeur ajoutée. Calyos envisage l’avenir avec confiance même s’ils se savent surveillés par d’autres. Leur seul véritable concurrent est Master Cooler, poids lourd chinois du secteur. « On a quand même beaucoup d’avance, on a une dizaine d’années de développement derrière nous. » La PME veut cependant rester prudente et envisage le développement étape par étape. Il est clair que le passage au CES a changé la donne. « On a fait des plans sur plusieurs années, l’objectif est de vendre du cooling à des clients industriels, pas au grand public. Mais il faut rester réactif car on n’est pas à l’abri d’un remaniement total. Peut-être que dans un an, on vendra quand même des PC. » Non seulement Calyos inverse les flux économiques habituels en exportant sa technologie vers les pays producteurs d’informatique, mais sera peut-être un jour à l’origine du premier PC wallon !

www.calyos-tm.com


Calyos occupe aujourd’hui une trentaine de personnes dont une moitié d’ingénieurs. Les équipes sont polyvalentes et s’adaptent en fonction  des priorités des clients. Un grand espace à l’arrière du bâtiment a été réservé aux chaînes de production qui doivent encore être customisées pour  atteindre leur vitesse de croisière. 


 

Pionnière dans la géolocalisation, l’entreprise namuroise Market-IP combine la puissance de la télématique avec les données cartographiques afin d’optimiser la mobilité des flottes de sociétés.

 

Pour beaucoup d’entreprises, la mobilité, c’est la vie. L’efficacité et l’optimisation en temps réel des déplacements d’une flotte de véhicules génèrent des gains de temps et surtout d’argent. Bien sûr, avec la généralisation du GPS, on a fait un sérieux bon en avant, mais ce n’est qu’une toute petite partie de la solution. Un trajet entre un point A et un point B à bord d’un véhicule génère une foule de données qui n’attendent qu’à être optimisées. Elles sont aussi au cœur des compétences et du métier de la PME namuroise Market-IP qui vient de remporter un des prix à l’exportation décernés par l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers (AWEX) en 2016.

Des solutions logicielles

L’aventure commence en 2001 quand Arnaud Storder, jeune licencié en sciences géographiques, se lance dans la cartographie digitale en ligne. Pour se différencier des poids lourds du secteur, il développe « Telefleet » qui rassemble des solutions logicielles liées à la localisation des véhicules. Cet outil qui permet de localiser à distance les déplacements de tout type de véhicule s’impose comme un dispositif particulièrement efficace en cas de carjacking. Il offre également aux flottes à l’arrêt des opportunités de télémaintenance. Dans la foulée de ce premier succès, Market-IP affine sa stratégie qui se concentre sur la conception de logiciels en laissant à d’autres la fabrication des boîtiers et, à des partenaires, la vente et l’installation de l’ensemble du dispositif dans les véhicules.

Dans les années qui suivent, la PME introduit « Geoplanning », un outil de planning géographique qui permet, d’une part, de préparer et d’optimiser les déplacements et, grâce à une interface avec les systèmes de gestion interne de l’entreprise, une gestion optimale des stocks nécessaires aux réparateurs et, d’autre part, d’augmenter le nombre d’interventions et de simplifier les factures d’intervention.

Dernier né dans la boîte à outils de Market-IP, « Drivexpert » est un logiciel qui analyse le comportement du conducteur, tant d’un point de vue sécurité que de la consommation. Les données recueillies peuvent se révéler particulièrement intéressantes pour les sociétés de leasing et les fleet managers qui cherchent à promouvoir un usage plus économique et écologique des véhicules d’entreprise ou pour la compagnie d’assurance ainsi à même de proposer des contrats sur-mesure adaptés au comportement du conducteur.

Évolution permanente

Grâce à son modèle économique indirect, l’entreprise fonctionne avec un nombre réduit de collaborateurs, une vingtaine aujourd’hui, et concentre l’essentiel de son travail sur son site de Naninne. Grâce aux collaborations avec différents fabricants, Market-IP peut proposer à son utilisateur final une soixantaine de boîtiers différents en fonction du type de véhicule ou des conditions d’exploitation. Un camion qui traverse le désert n’a pas les mêmes besoins qu’une camionnette qui circule en ville. Un des maîtres mots de l’entreprise est l’adaptabilité. Chaque utilisateur a des attentes différentes. L’équipe est majoritairement composée de développeurs qui travaillent à l’évolution permanente des produits. « Chaque semaine, nous proposons des mises à jour dont bénéficie l’ensemble de nos clients. Parfois, ça part d’une réponse à une demande spécifique, mais dès qu’une fonctionnalité est susceptible d’intéresser un cercle plus large d’utilisateurs, nous la partageons à plus grande échelle », explique Sarah Laval, Marketing Manager.

L’organisation chez Market-IP est très horizontale et le turnover très faible. Un informaticien qui entre comme développeur peut passer de la programmation au développement d’applications mobiles s’il fait preuve d’une sensibilité particulière à ces outils. Pour répondre au plus près aux besoins de l’utilisateur, l’équipe de développeurs a adopté la méthode SCRUM. « Au lieu de travailler de manière très compartimentée, étape après étape, on a décidé de travailler par itérations, en équipe avec un reporting quotidien. Cela nous permet d’accélérer les développements, d’augmenter la qualité, d’aligner les besoins réels du marché avec les exigences business. »

Les mises à jour répondent à la fois aux sollicitations des utilisateurs et à un travail de veille sur les tendances du marché. « Certaines demandes de développement peuvent nous demander 9 heures de travail, d’autres 20 à 30 jours. On module les développements en fonction de leur importance et de leur potentiel », avance Romain Olieslager, Middle East Business Developer. Quand certains besoins spécifiques dépassent les compétences disponibles en interne, l’entreprise peut s’adresser à des centres de recherches universitaires. Ce fut le cas avec le CETIC à Charleroi pour le développement d’algorithmes ; ce le sera peut-être avec le Centre de Recherche Information, Droit et Société (CRIDS) en prévision des nouvelles dispositions européennes en matière de respect de la vie privée. « On s’efforce d’intégrer en interne un maximum de développements, notamment ceux liés au mobile. Chaque fois qu’on sous-traite, on perd en maîtrise et en réactivité », pointe Sarah Laval.

Besoins particuliers

Les clients de Market-IP se répartissent dans les entreprises de transport de tout type, de leasing, mais aussi dans le secteur pétrolier ou celui de la construction. Dès 2007, la société commence à développer ses activités à l’étranger. Aujourd’hui, la PME est présente en France, en Belgique et en Nouvelle-Calédonie, ainsi qu’au Moyen-Orient (Qatar, Oman et Arabie Saoudite) et en Afrique subsaharienne. Chaque marché a ses besoins particuliers et ses leviers pour accroître des parts de marché dans les pays limitrophes. Au Sultanat d’Oman, le transport pétrolier, très réglementé, donne un peu le « la » aux autres secteurs en matière d’équipement. « Nous y sommes depuis 2011 et, aujourd’hui, nous occupons la deuxième ou troisième place sur le marché. » Par contre, au Qatar où Market-IP est actif commercialement depuis un an, ils découvrent un territoire où l’on n’a encore jamais entendu parler d’une gestion télématique de la flotte. En Afrique, où il faut tenir compte d’une flotte très dépareillée avec des véhicules parfois très anciens, un des problèmes les plus préoccupants est celui du vol de carburant. « Nous installons des sondes dans les réservoirs qui émettent une alarme en cas de baisse soudaine de plus de 5 % de la jauge », souligne Romain Olieslager.

Malgré ses attributions, le jeune attaché à l’export ne passe pas sa vie dans les avions. Les séjours n’ont pas besoin d’être longs pour autant qu’ils soient réguliers. « On essaie de visiter les partenaires trois à quatre fois par an et eux viennent à Naninne une ou deux fois également. Sinon, on se téléphone pratiquement tous les jours. On a remarqué que les visites sont presque toujours suivies d’un regain d’activité parce qu’on apporte de nouveaux développements et un surplus de motivation. »

Travail stratégique

Market-IP aborde l’avenir avec confiance. L’entreprise a de nombreux marchés en développement à prospecter et de nouveaux partenaires à trouver, avec l’idée d’accroître encore l’offre et l’intensité du service. La croissance passera aussi par une évolution vers des produits mieux intégrés les uns aux autres. « On se rend compte qu’un nombre croissant de sociétés ont des besoins transversaux. Pour y répondre, il serait sans doute préférable de modifier et simplifier l’architecture de nos produits pour encourager les utilisations intégrées et monter en valeur auprès de nos clients », estime Sarah Laval.

Quand on évoque l’avenir de la géolocalisation télématique, un marché potentiel énorme se profile : celui de l’industrie automobile avec des véhicules équipés de série. « C’est un marché difficile pour une PME de 20 personnes. On commence un travail stratégique pour s’entourer des partenaires adéquats, parce que seuls, nous n’y arriverons pas. Ce qui est encourageant, c’est que l’évolution de l’architecture des produits va dans ce sens. Nos bases de données sont prêtes. 100 licences ou 10 000 ne feraient pas beaucoup de différences pour nous. Nous possédons le levier technologique nécessaire. Pas besoin de modifier notre structure ou d’accroître sensiblement notre personnel pour passer à la vitesse supérieure. »

www.market-ip.com

EN BREF 
Au cours des cinq dernières années, le chiffre d’affaires a plus que doublé. Au 30 juin 2016, il s’élève à plus de 2 000 000 €, dont 43 % à l’export.
25 % de croissance annuelle.
21 collaborateurs employés par Market-IP.
Plus de 35 000 véhicules et plus de 8 000 personnes géolocalisés.
Leurs logiciels sont compatibles avec plus de 60 modèles de boîtiers télématiques.
Projets et réalisations dans 10 pays

 

Les séculaires ruines de l’abbaye de Villers-la-Ville viennent de se doter d’un nouveau centre du visiteur et d’un nouvel accès au site qui permet de découvrir toute l’ampleur de ce joyau gothique dans son écrin naturel.

 

On peut les compter sans aucun doute parmi les plus belles ruines du monde chrétien, celles qui présentent le site cistercien le plus complet d’Europe. Subjuguant Victor Hugo, l’abbaye de Villers bénéficia, à la fin du XIXe siècle, d’un retour en grâce porté par la fascination romantique pour les ruines. Ambivalentes comme la vanité, ces ruines témoignent aussi bien de la destruction du temps que de la résistance qui s’y oppose.

En 1146, les moines cisterciens entament, sous l’impulsion de Saint-Bernard de Clairvaux, la construction d’une abbaye romane dans un creux de vallée où serpente la Thyle. Pragmatiques, les hommes de bure décident de s’établir au-dessus du cours d’eau plutôt que sur l’un des deux versants afin de tirer parti du débit de la rivière pour leurs besoins ménagers et leurs ateliers. Au XIIIe siècle, l’abbaye connaît un premier âge d’or au faîte de la splendeur gothique. Au XVIIIe siècle, les bâtiments médiévaux sont réaménagés en style néo-classique, le palais abbatial et ses jardins s’ajoutant au site. L’abbaye qui héberge alors 100 moines et 300 convers vit un nouvel apogée, brisée net par la Révolution française. En 1796, le domaine est vendu en trois lots. Le premier comprend les vestiges de l’abbaye, le second, les bâtiments annexes avec le moulin et l’étang, et le troisième rassemble la colline et la ferme. Cette segmentation va perdurer jusqu’à l’époque moderne où les ruines sont toujours propriété de l'État fédéral, alors que les deux autres lots appartiennent à la Région wallonne. Une particularité belgo-belge qui n’a heureusement pas trop entravé la gestion du site dans son ensemble.

 

Réfléchir autrement

Un des soucis majeurs du site est ce long serpent d’asphalte qui le traverse de part en part. Présente depuis l’époque révolutionnaire, la route altère l’homogénéité de l’ensemble et est un facteur d’insécurité pour les visiteurs. « Depuis vingt ans, on parle d’un détournement de la route, mais il s’est révélé impraticable pour des questions de budget et pour les innombrables expropriations qu’il implique. C’est comme ça qu’on est arrivé à réfléchir autrement », explique Corinne Roger, Directrice du service des Missions immobilières à l’Institut du Patrimoine wallon. L’idée d’une passerelle pour enjamber la route et réunir les différentes sections du site s’est peu à peu imposée comme le meilleur moyen de le valoriser en augmentant sa visibilité, ainsi que la sécurité du public.

Le site est désormais accessible par un nouveau centre du visiteur installé dans l’ancien moulin, un bâtiment qui, au cours des âges, a connu de multiples transformations, mais qui, depuis le XIIIe siècle, est toujours resté en fonction. Il rassemble à présent les bureaux de l’ASBL Abbaye de Villers-la-Ville, deux salles didactiques et la boutique d’accueil.

 « Quand on est venu avec le projet de passerelle, j’étais un peu dubitatif à l’idée de créer une telle rupture dans un bâtiment ancien. Mais il est vrai que, du temps des moines, le moulin était beaucoup plus réduit et ce n’est que par la suite qu’il a été profondément transformé. Cette passerelle démarre d’un étage qui n’existait pas du temps de l’abbaye. Elle permet de rejoindre la colline en offrant une visibilité inédite sur le site », confie Michel Dubuisson, historien et directeur adjoint de l’ASBL.

Passé l’accueil et sa boutique regorgeant d’articles et produits créés en abbaye, cistercienne ou non, on monte vers les deux salles situées aux étages supérieurs. Désaffectée depuis 1858, cette aile du bâtiment a fait l’objet d’une première campagne de conservation à la fin du XIXe siècle où l’architecte Charles Licot prévoyait déjà d’y implanter un musée ! La rénovation aux lignes épurées marie sobrement les panneaux d’acier Corten, le bois naturel et les vénérables murs de brique dérochée. La première salle propose une introduction au monde cistercien. On peut ainsi visualiser l’implantation des abbayes en Europe, le plan et leur organigramme de fonctionnement, ainsi que l’horaire étonnamment complexe qui mobilise les moines en fonction des saisons. Une série d’écrans tactiles permet d’approfondir encore les informations. La deuxième salle est presque entièrement occupée par une grande maquette en schiste de l’abbaye à son heure d’apogée. Le matériau fait évidemment référence aux pierres utilisées à 95 % dans la construction de l’abbaye et extraites de deux carrières des environs. Avant le réaménagement de l’ancien moulin, différents travaux de restauration, d’équipements, d’aménagements paysagers et de scénographie ont permis de restaurer, en 2010, la porte de la ferme et la grange qui abrite aujourd’hui des ateliers techniques, ainsi qu’en 2011-2012, la buanderie qui abrite une microbrasserie artisanale.

 

Rester dans la sobriété

Avant de s’accorder sur l’aménagement définitif du centre du visiteur, Michel Dubuisson et d’autres membres de l’ASBL se sont rendus sur quelques-uns des 200 sites cisterciens européens, pour y glaner quelques idées. Parmi les plus marquants, il y a notamment celui de l’abbaye de Fountains dans le Yorkshire. « À l’issue de ces visites, nous étions renforcés dans notre volonté de rester dans la sobriété et de ne pas nous égarer dans une scénographie à outrance. Il ne faut pas que l’introduction prenne le pas sur la visite. Ce qui compte, c’est qu’une fois que les gens pénètrent au cœur du site, ils disposent de toutes les clés. »

La colline est comme un gradin naturel. On y voit tout le domaine en un coup d'œil et on se rend compte que les moines ont vraiment posé le site sur le fond de la vallée. « On perçoit beaucoup mieux tout l’environnement naturel et beaucoup de gens m’ont dit que, lorsqu’on traverse les ruines, on ne s’imagine pas que le site est si grand. » Depuis 1146, la colline a toujours maintenu une vocation agricole bien vivante. Aujourd’hui, on peut voir des moutons et des chevaux rustiques s’ébattre dans les pâtures qui s’étendent jusqu’au sommet dans le cadre de programmes de conservation cadrant parfaitement avec la vocation patrimoniale du site. La ferme, également restaurée, accueille à présent une ASBL d’insertion et un centre nature. Les gestionnaires du site ont aussi profité de l’aménagement du nouveau circuit et du centre du visiteur pour rafraîchir et harmoniser la signalétique et les quelques panneaux informatifs disposés sur le parcours. Après les avoir vues depuis les hauteurs, on goûte encore mieux la beauté majestueuse des ruines. Quelques interventions contemporaines discrètes sont visibles. Ici, un muret ; là, une gangue de béton pour abriter un ascenseur destiné aux personnes à mobilité réduite. Attirant les regards vers le haut, la grande nef est toujours aussi impressionnante. Elle témoigne des restaurations de Charles Licot qui, à la fin du XIXe siècle, n’hésitait pas à poursuivre le geste gothique. Ici, une colonne pour soutenir un pan de mur ; là, au-dessus de nos têtes, deux des trois voûtes ne sont pas d’origine monastique. La nature qui enveloppe le site a aussi ramené des Grands Ducs qui, ironie de l’histoire, nichent quelques mètres au-dessus d’un écusson en l’honneur du Duc Henri II de Brabant.

« Je crois que Villers est unique pour trois raisons, reprend Michel Dubuisson. D’abord, elle garde toute la puissance d’évocation d’une ruine romantique. Ensuite, pour son réseau de collecte hydraulique, unique pour l’époque. Et puis, surtout, il est très rare de trouver sur un même site des traces de l’ensemble des lieux de vie et d’activités des moines déployés tout autour du carré du cloître. »

 

www.villers.be


Objectif 60 000

Nouveau circuit, nouvelle dynamique, nouvelles ambitions ! Pour l’heure, le site de Villers reçoit 35 à 40 000 visiteurs par an. Si on y ajoute les événements comme les spectacles d’été, la Nuit des Chœurs ou les Nuits du Cirque, le total monte à 100 000. « Nous ne voulons pas nous contraindre à des objectifs chiffrés, mais pensons néanmoins pouvoir atteindre 60 000 visiteurs par an, avance Michel Dubuisson. Pour cela, il faut relancer régulièrement l’intérêt en proposant des choses nouvelles. » Des zones fermées ont été rouvertes, comme le réseau de caves remontant au XVIIIe siècle qui s’étend sous le palais abbatial. Début 2017, un vidéo guide sera mis à la disposition des visiteurs avec une reconstitution de l’abbaye en réalité augmentée.


Miracle à la chapelle

Sur les hauteurs de la colline de Garenne, qui s’élève par-delà les arcades de chemin de fer, niche la chapelle Notre-Dame de Montaigu. À l’occasion du 400e anniversaire de sa consécration, une exposition revient sur quelques événements extraordinaires. En 1614, Robert Henrion, 48e abbé de Villers, fut appelé à l’abbaye du Verger, près de Douai, pour présider un procès de sorcellerie à l’issue duquel six malheureuses moniales périrent sur le bûcher. La gestion expéditive de l’abbé fut par la suite remise en cause. Heureusement pour lui, quelque temps après son retour à Villers, la chapelle Montaigu fut le théâtre de plusieurs miracles, comme une cloche qui se prit à sonner seule la nuit. Un signe divin ? De quoi rester perplexe, surtout qu’il paraît que, 400 ans plus tard, un arbre, apparemment sain, s’est abattu seul la nuit, juste à côté de la chapelle…

« Miracles et sorcellerie à l’Abbaye… »

jusqu’au 30 décembre 2016 dans les jardins de l’abbé


L’automne à l’Abbaye
 
24 et 25.09
Festival des micro-brasseries Carrément Bières
 
09.10
Atelier Plantes et Santé
Suivant les préceptes de la médecine moyenâgeuse, vous apprenez à réaliser un sirop, un cérat et une alcoolature à base de plantes.
 
29.10
Balade chantée
Du chœur de l'église à la chapelle de Montaigu, la chanteuse Marie Fripiat vous emmène en balade avec les chants a cappella du Moyen-Âge.
 
05.12.16 > 31.03.17
Exposition sur l’enfance au Moyen-Âge
 
22, 26, 27 et 30.12
L’incroyable ballet de Monsieur Peppernote
Spectacle équestre par la Compagnie Tempo d’Éole

28e édition des Journées du Patrimoine en Wallonie

Le patrimoine religieux a façonné nos paysages et notre Histoire. Le patrimoine philosophique a modelé nos consciences. Bien des lieux de culte ont vu les époques et les styles rebattre leurs cartes jusque dans un passé pas trop éloigné qui a même vu l’apparition de quelques nouvelles églises. Au cours des siècles, des bâtiments religieux se sont sécularisés pour embrasser d’autres fonctions. Les méandres de l’histoire nous donnent à lire notre présent. Le patrimoine religieux n’est pas monolithique, il appartient également aux religions minoritaires. Les Journées du Patrimoine, c’est une invitation au dialogue, c’est l’occasion de pousser des portes pour découvrir et apprécier d’un regard curieux et ouvert des lieux que l’on néglige peut-être, que l’on croit connaître parfois, ou qui nous renvoient à nos ancêtres. Profitons-en aussi pour tendre l’oreille et goûter aux animations musicales et autres conférences. Quête de sens, quête des sens, l’un n’exclut pas l’autre, quand c’est la curiosité qui gagne.

 

- www.journeesdupatrimoine.be - 

 

WAW a sélectionné pour vous une vingtaines de lieux d'exception à découvrir ce week-end des 10 et 11 septembre 2016.

Consultez gratuitement le flipbook ou le PDF ci-dessous.

 

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La PME namuroise Vésale Pharma fait le pari de la nouvelle médecine générée par les probiotiques

et ambitionne d’en devenir leader mondial d’ici quelques années.

 

Ils sont 100 000 milliards et nous accompagnent toute notre vie, essentiellement pour notre plus grand bien. On les appelle les probiotiques. Ces bactéries qui colonisent la plupart de nos organes pourraient être le ferment d’un bouleversement thérapeutique et préventif considérable. Une jeune PME wallonne s’en est fait le champion et ambitionne de devenir, dans les trois ans, pas moins que le leader mondial. Pour faire connaissance avec Vésale Pharma, il faut gravir les quelques marches du perron du château de Noville-sur-Mehaigne, près d’Éghezée, un environnement qui tranche avec les cocons high-tech dans lesquels se développent généralement les jeunes pousses du biopharma.

 

Un procédé inédit

Jehan Liénart a lancé Vésale Pharma en 1996 en introduisant sur le marché belge le Bacilac, un premier probiotique destiné à lutter contre la diarrhée. « Économiste de formation, je venais du monde de la publicité et c’est presque par hasard que je me suis investi dans le secteur de la pharmacie. Très vite, j’ai pressenti l’énorme potentiel des probiotiques. Un monde fascinant qui m’a passionné. » En 2007, la société prend vraiment son envol en concentrant toutes ses activités sur les probiotiques et en démarrant des programmes de recherche. Et en 2011, la PME passe à la vitesse supérieure avec le dépôt d’un brevet pour l’Intelicaps®, un procédé inédit de microencapsulation des bactéries. Le défi pour ces organismes vivants, c’est d’arriver sans encombre à destination sans se faire décimer par le pH acide, les sucs digestifs et autres imprévus. Grâce à une membrane protectrice à base d’algues, les probiotiques, qui sont ingérés par voie orale, peuvent poursuivre leur voyage dans l’organisme et s’ouvrir une fois arrivés dans le colon pour y libérer 1000 fois plus de bactéries vivantes et en bonne santé. Le procédé protège également les fragiles probiotiques de la chaleur et de l’humidité, ce qui représente un atout supplémentaire pour le stockage et le transport. Grâce à cette invention qui les distingue de la concurrence et les différentes souches bactériennes déjà brevetées, Vésale Pharma a les moyens de développer une identité qui lui est propre. « Nous consacrons 25 % de nos moyens à la recherche, précise le CEO. Nous avons quatre chercheurs en interne, mais nous travaillons en étroite collaboration avec les laboratoires des universités de Liège, de Gand ainsi que de l’Institut Pasteur de Lille. » Vésale Pharma est désormais un des acteurs qui comptent sur le marché des probiotiques avec une gamme de produits déjà très ciblés dans les domaines de la dermatologie, de la santé féminine, pédiatrique et digestive et de l’immunité.

 

La rigueur scientifique

Une trop grande majorité des probiotiques proposés à la vente aujourd’hui est produite par ceux que Jehan Liénart appelle les « cowboys » du secteur, c’est-à-dire qu’ils proposent des produits où les souches sont en quantité insuffisante ou ne sont pas identifiées. Et c’est là que Vésale Pharma veut faire la différence en mettant en avant la rigueur scientifique de ses recherches avec des procédés galéniques innovants. Parmi ses inventions, citons les Intelicaps®, ou encore des sachets de granules qui se dissolvent immédiatement dans la bouche sans eau. Ils proposent également des souches spécifiques comme cette formule vaginale originale qui contient une souche de lactobacillus habituellement très difficile à reproduire. L’entreprise peut déjà compter sur cinq brevets déposés et trois en cours de développement. On y trouve un traitement contre le muguet buccal, ces mycoses blanchâtres qui apparaissent dans la bouche, mais surtout un produit dont ils attendent beaucoup, à savoir le premier probiotique pour lutter contre l’obésité. « Des tests ont été menés avec les souris et les effets sont stupéfiants. On peut raisonnablement s’attendre à ce qu’il en soit de même chez l’homme », se réjouit Jehan Liénart.

 

Trois filiales

Aujourd’hui, Vésale Pharma vend déjà ses produits dans 30 pays. En cinq ans, la PME a développé, via les foires et les salons, un impressionnant réseau international d’agents qui se chargent de trouver des distributeurs. « C’est l’histoire d’un premier contact, qui en génère un second et ainsi de suite », souligne Éric Poskin, responsable communication. La PME a grandi très vite sans avoir de culture internationale. « On peut gérer et croître dans dix pays à partir d’ici, mais pas dans trente ou plus. » Vésale s’est structuré en engageant par exemple Pierre Iweins, un ancien de la société Kraft Foods qui s’occupera du développement international. Prochaines étapes dans la conquête du monde de l’entreprise namuroise, le développement de trois filiales, une par continent. La première est attendue pour octobre 2016 à São Paulo ; l’année suivante, une joint venture devrait être nouée à Shenzhen en Chine ; enfin, pour 2018, une collaboration avec la Texas A&M University devrait renforcer la crédibilité scientifique sur le continent nord-américain. Pour faire face à l’accroissement attendu de la demande, une unité de production industrielle est opérationnelle depuis début juin à Ghlin, en province de Hainaut. Si le développement se poursuit, Vésale a déjà prévu une nouvelle extension sur un autre site en 2019. Pour couper court aux craintes que pourrait susciter l’internationalisation de son entreprise, Jehan Liénart se veut clair. « À terme, une partie de la production pourrait être assurée dans les filiales, mais de toute manière, notre principal atout, l’Intelicaps®, restera en Wallonie. » Et il ne craint pas davantage les contrefaçons. « C’est une technologie très complexe, sourit-il, qui dépend d’une machine particulière que nous avons aussi brevetée. »

 

Changement de culture

Le probiotique n’est pas un médicament et n’est pas (encore) reconnu comme tel. D’abord parce que le cadre du médicament a été prévu pour du chimique, pas pour du vivant. Et puis, le médicament est une substance curative, alors que le probiotique a une action tant préventive que curative. L’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a décidé que les probiotiques seraient considérés comme des compléments alimentaires et pas comme des médicaments et que, par conséquent, on ne peut pas avancer d’effet santé. C’était compréhensible au début des années 2000 où tout le monde mettait quasiment n’importe quoi sur le marché. Mais aujourd’hui, cela place des acteurs comme Vésale Pharma dans une position inconfortable. Avec les autres acteurs « sérieux » du secteur, ils plaident pour un changement législatif qui devrait également s’accompagner d’un changement de culture. « L’Europe est clairement à la traîne. Nous avons une culture allopathique et pas préventive, contrairement à l’Asie où les probiotiques vont exploser », prédit Éric Poskin. Jehan Liénart ne s’en inquiète pas. Trois fois par an, il prend une cure d’un mois de bifidobacteria et de rhamnosus. Et il en est convaincu, les lignes commencent à bouger. « Aujourd’hui encore, 90 % des médecins prescrivent les probiotiques sans les connaître, mais le changement est en marche. Du côté académique d’abord, on note entre cinq et six publications importantes par jour sur le sujet. Le monde industriel n’est pas en reste puisqu’on assiste, aux USA notamment, à des levées de fonds invraisemblables du secteur pharmaceutique dans la recherche sur les probiotiques. »

 

Aux ordres du colon

« La chimie atteint à ses limites et nous sommes en train de découvrir une médecine nouvelle grâce à une meilleure connaissance des bactéries qui colonisent nos organes et de leur impact majeur sur la santé », relève le Dr Jean-Pol Warzée, Président de la Ligue Scientifique Européenne des Probiotiques (ESLP). Chaque individu dispose d’un microbiote (anciennement appelé flore bactérienne) qui lui est propre. C’est un capital reçu à la naissance qui peut être influencé par l’alimentation. Unique, chaque souche bactérienne de notre microbiote dispose d’un profil et d’une compétence spécifique. Jusqu’à très récemment, on ne connaissait que 20 % des micro-organismes colonisant nos organes. Grâce à la révolution technologique du séquençage génomique et aux progrès de la bio-informatique, nos connaissances font des bonds considérables.

En 1908, Ilya Metchnikov pressentit les vertus immunologiques de la bactérie d’acide lactique présente dans le colon, mais il fallut attendre 2001 pour que l’Organisation Mondiale de la Santé publie la définition officielle du probiotique.

Depuis une dizaine d’années, la séquence s’accélère et de nombreuses études mettent en évidence l’influence des bactéries sur le système nerveux et immunitaire. Il est prouvé que l’intestin, qui héberge ces bactéries, possède son propre système nerveux doté de millions de neurones communiquant entre eux et avec le cerveau. La notion de deuxième cerveau s’impose de plus en plus quand on évoque le colon. Certains en font même le premier, puisqu’il serait, dans l’évolution, antérieur à celui qui se loge dans la boîte crânienne. Presque tous les jours, des chercheurs découvrent de nouvelles interactions entre le cerveau, le système immunitaire et les bactéries. On a ainsi constaté que nous dépendons largement de ces micro-organismes pour synthétiser la sérotonine.

On voit également que des souris élevées dans un milieu stérile développent de l’anxiété et, inversement, on note chez des souris normales soumises au stress une modification en quantité et qualité du microbiote. L’axe intestin-cerveau, comme on l’a appelé, fonctionne donc dans les deux sens. « On découvre aussi que bien des inflammations du système digestif peuvent être à l’origine de différentes pathologies. On parle de l’obésité, de certains diabètes, de la dépression et peut-être même de l’Alzheimer. » L’espoir est là d’apporter des solutions à des pathologies jusqu’à présent incurables. « Ces maladies ont un point commun : elles sont toutes liées à des défaillances immunitaires. Or, l’interaction, le dialogue entre le système immunitaire et les micro-organismes de l’intestin est crucial pour le traitement de ces pathologies », expliquait à l’AFP Pierre Bélichard, PDG de l’entreprise française Enterome Bioscience.

Le traitement avec les probiotiques suscite également de nombreux espoirs en médecine vétérinaire où l’on a pu constater les ravages des antibiotiques. Il est établi qu’après la prise d’un antibiotique, entre deux et six semaines sont nécessaires à notre flore microbienne pour retrouver son équilibre. Avec les probiotiques, rien de tout cela ! On constate, au contraire, qu’ils « boostent » l’immunité de l’animal et optimalisent la bonne assimilation de l’alimentation. « On vient d’une non-connaissance et on est en train de découvrir les prémices d’une nouvelle médecine. Les prochaines années nous réservent encore de belles surprises », conclut Jean-Pol Warzée.

 

www.vesalepharma.com


 

VÉSALE PHARMA EN CHIFFRES
6 850 000 €
Chiffre d’affaires en 2015 (les prévisions pour 2016 sont de plus de 9 000 000 € et de 60 000 000 € pour 2020)
 
2 300 000 €
Chiffre d’export en 2015 (soit une augmentation de 53 %). Les prévisions d’export pour 2016 sont de 4 200 000 €
 
2 800 000 €
Investissements en Research & Development en 2014-2015 (dont 60 % investis par la Région Wallonne)
 
51
Emplois prévus en 2016 (R&D et export compris)
 
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En transformant une réalité complexe et fluctuante en équations, N-SIDE propose aux entreprises un outil innovant d'aide à la décision stratégique.

 

On est déjà dans un autre monde. Le marché de l’énergie a entamé une mutation qui est loin d’être achevée. L’arrivée d’électricité renouvelable (même si elle ne concerne encore que 27 % de l’offre) a bouleversé la régularité et le volume de production. Le particulier ne s’en rend pas vraiment compte, mais cela devient une donnée essentielle pour l’industriel qui est confronté à des variations de coûts importantes.

Si l’on remonte à moins d’une dizaine d’années, la production électrique était constante et prévisible, l’offre s’adaptait à la demande et les prix variaient de manière linéaire. Avec l’arrivée du renouvelable avec une offre irrégulière et peu de possibilités de stockage, la donne a complètement changé. Il suffit d’une période très venteuse ou ensoleillée pour avoir un gros volume d’énergie produite à coût pratiquement nul qu’il va falloir consommer dans la foulée. Le prix sera modulé en fonction de la disponibilité, ce qui a un impact important pour l’industriel qui en consomme de grosses quantités. Il y a cinq ans, ces variations pouvaient être quotidiennes, mais restaient modérées. Désormais, c’est le yoyo. Ainsi à l’automne dernier, le prix a dépassé de vingt fois la valeur normale suite à une variation imprévisible de la météo. Alors qu’on attendait grand vent, les producteurs éoliens avaient promis à leurs clients de l’électricité qu’ils n’ont pu livrer et ont dû acheter sur le marché. Cette tendance ne peut que s’accentuer à l’avenir. Le prix du photovoltaïque devrait continuer à baisser, les panneaux étant de plus en plus puissants et de moins en moins chers. Aujourd’hui, dans les pays largement ensoleillés, le prix du kWh produit par le photovoltaïque est moins cher que celui produit par les centrales nucléaires, au charbon ou gaz-vapeur. « Pour l’industriel, cette volatilité des prix sur le marché débouche sur un risque et une opportunité. Grâce à nos outils et nos capacités d’analyse, nous pouvons transformer le risque en opportunité », assure Philippe Chevalier, président de N-SIDE.

 

Le bon format d’équation

L’histoire de cette entreprise innovante basée à Louvain-la- Neuve a commencé en 2000, lorsque Philippe Chevalier, professeur de mathématiques spécialisé en recherches opérationnelles à la Louvain School of Management, et Yves Pochet, spécialiste en performance industrielle, s’associent dans la création d’une spin-off. Le duo travaille alors au sein du CORE (Center for Operations Research and Econometrics) où des entreprises peuvent soumettre des cas basés sur leurs besoins d’optimisation concrets. « À la fin d’un de ces projets, on est revenu vers l’entreprise avec un code pour optimiser leur processus de production. Le problème, c’est que l’entreprise ne disposait de personne en interne pour installer et interpréter le logiciel. On s’est rendu compte qu’il y avait un chaînon manquant entre la recherche et l’industrie pour appliquer ce genre de techniques. » Si la recherche opérationnelle n’est pas une discipline nouvelle en mathématiques, le développement des techniques informatiques leur ouvre un potentiel énorme. N-SIDE fait partie de ces jeunes entreprises qui ont fait de l’exploitation du Big Data le cœur de leur métier. L’idée est de rassembler et transformer des données quantitatives et mesurables éparses qui se déversent continuellement en un outil d’aide à la décision. Comme on a affaire à des mathématiciens et des informaticiens, cette aide repose souvent sur un algorithme ou sur des équations créées sur mesure ou déjà disponibles. Actif dans les secteurs de la sidérurgie et de la pharmacie, N-SIDE est devenu aussi une référence sur le marché européen de l’électricité grâce à Euphemia. Cet algorithme permet de calculer chaque jour les tarifs et les volumes d’électricité pour les prochaines 24 heures sur l’ensemble du réseau européen, grâce à son adoption par le PCR (Price Coupling of Regions), organisme qui regroupe 19 bourses européennes de l’électricité. « Notre principale compétence réside moins dans le développement d’algorithmes que dans la capacité à formuler un problème. L’essentiel de notre travail consiste à comprendre les besoins de l’entreprise et à les transposer dans le bon format d’équation », tient à préciser Philippe Chevalier.

 

Des besoins énormes

Alors qu’il s’agit aujourd’hui de mettre en pratique les engagements de la COP21, la pertinence des outils proposés par N-SIDE n’en est que plus éclatante. « Si les neuf milliards d’habitants estimés sur terre en 2050 veulent disposer des mêmes standards de vie que chez nous et que rien ne change, on va droit dans le mur. Soit on sera forcé de vivre de manière plus “primitive”, soit on arrive au même confort de vie en utilisant beaucoup moins de ressources. Les besoins sont énormes, mais les techniques existent. Il faut faire le pas. » Le marché de l’énergie est à la croisée des chemins. Deux tendances se dessinent. Soit on aura des sous-ensembles locaux où les foyers disposant de panneaux photovoltaïques seront plus producteurs que consommateurs ; le Brabant wallon, par exemple, pourrait être autosuffisant et raccordé aux autres provinces pour assurer des dépannages ponctuels. Soit de grosses installations renouvelables seront installées dans le désert africain pour être acheminées vers l’Europe par des lignes à haute tension. « Personne ne sait quelle tendance va prendre le dessus, mais ce qui est sûr, c’est que les marchés seront de plus en plus complexes et volatiles. »

N-SIDE occupe actuellement une trentaine de personnes parmi lesquelles une moitié de docteurs en mathématiques appliquées ou en informatique, un quart d’ingénieurs civils et un quart d’ingénieurs commerciaux. Comme ces compétences très pointues ne sont pas aisées à recruter, on y trouve une dizaine de nationalités différentes, avec une bonne moitié de diplômés de l’UCL.

C’est dans la sidérurgie que l’entreprise a entamé ses activités, l’objectif étant d’optimiser la consommation de toutes les matières premières et d’intégrer tout le processus industriel pour produire de l’acier au coût le plus bas possible. Aujourd’hui, N-SIDE a développé un outil d’aide à la décision stratégique qui repose sur une approche intégrée combinant les aspects techniques (équilibres chimiques et thermodynamiques) et économiques (achat des matières premières et coûts de production). N-SIDE a également innové dans des solutions de gestion dans le domaine logistique en permettant une adaptation plus rapide et plus fluide de la chaîne de distribution et de la gestion des stocks. Bien implanté dans le secteur pharmaceutique, N-SIDE y propose notamment des solutions de modélisation mathématique d’optimisation logistique pour les essais cliniques aujourd’hui adoptées par 12 des 20 plus grandes sociétés du secteur.

 

Extension géographique précoce

N-SIDE propose à ses clients trois types d’offres : un conseil en optimisation stratégique, une aide qui s’appuie sur un logiciel créé sur mesure avec un support d’utilisation et, enfin, un logiciel lui aussi sur mesure que les clients utilisent avec une équipe autonome moyennant une licence. L’entreprise, qui vient de fêter ses 15 ans, dégage 90 % de ses revenus à l’étranger, dont 50 % hors Europe. Une extension géographique précoce qui tient autant à une volonté délibérée qu’à un concours de circonstances. « Très vite, on a compris que dans le domaine sidérurgique, il fallait aller voir plus loin que Charleroi et Liège. Suite à un article publié dans une revue scientifique, nous avons été contactés par des sidérurgistes brésiliens, ce qui nous a permis d’entrer dans le marché américain. » Dans le domaine pharmaceutique, N-SIDE a pu convaincre Eli Lilly and Company d’être son premier client. Quand Lilly s’est repliée vers les États-Unis, la société a demandé à la jeune entreprise belge de venir implémenter son programme d’optimisation sur leur siège d’Indianapolis, car elle ne trouvait pas d’équivalent chez eux. D’autres contrats américains ont suivi.

L’approche mathématique pour l’aide à la décision stratégique dessine une nouvelle frontière où beaucoup de choses restent à faire. Face à l’abondance de perspectives, N-SIDE ne craint pas la concurrence et doit mettre encore beaucoup d’énergie pour vaincre les réticences. « C’est une nouvelle manière de prendre des décisions et certaines entreprises auprès desquelles nous prospectons n’en comprennent pas l’intérêt. » Beaucoup de prospects doutent de la puissance des chiffres et de l’opportunité de tout intégrer dans des modèles mathématiques, comme si une part de décision leur échappait. C’est un type de services nouveau où les références manquent. « Il y a encore une éducation à faire. Rares sont les chefs d’entreprise qui se disent d’emblée “J’ai besoin d’un bon management opérationnel”. Notre réponse, c’est de développer un outil sur mesure, car toutes les entreprises ne fonctionnent pas de la même manière. Cela paraît plus évident quand on commence par établir une maquette informatique de l’entreprise avec laquelle on étudie les flux. C’est donc à certains égards une démarche qui n’est pas naturelle et qui n’est pas bon marché non plus. Pourtant, les gains sont énormes et le payback se compte en mois bien plus qu’en années ! »

 

 www.n-side.com


 

N-SIDE EN CHIFFRES
4 000 k
4 millions de chiffre d’affaires en 2015 avec 40 % de croissance. 90 % à l’international, dont 50 % hors Europe
 
35
En 2016, l’objectif est de 25 % de croissance et un accroissement de l’équipe à 35 personnes
 

 

PHILIPPE CHEVALIER PRÉSIDENT

Ingénieur civil en mathématiques appliquées de l’UCL, il a obtenu un Master en Operations Research au MIT. Il occupe la présidence de N-SIDE, qu’il a cofondé en 2000, et continue à enseigner la recherche opérationnelle à la Louvain School of Management.

JACQUES PRALONGUE CEO

Ingénieur civil de l’ULB il a participé au développement commercial de spin-off universitaires (Leuven Measurement Systems, Numeca International). Il a rejoint N-SIDE en 2014 pour y occuper le poste de CEO.

Entre les calèches d’antan et les étudiants d’aujourd’hui, le château de La Berlière a vu s’écouler le sablier du temps sans rien perdre de son charme.

 

La Berlière est parmi les secrets les mieux gardés de Wallonie. Classé patrimoine exceptionnel, il est pourtant peu visité. Sauf par des jeunes gens avides de savoirs. Et pour cause, le château racheté en 1946 par la communauté des Pères Joséphites est, depuis lors, un établissement secondaire. Il paraît que les anciens élèves du collège se reconnaissent à leur capacité à imiter le cri caractéristique des paons qui braillent dans le grand parc du domaine. Si vous croisez des jeunes gens se taper dans les mains en poussant des « léééonn » l’œil malicieux, il s’agit peut-être d’anciens élèves.

C’est en 1790 que Balthasar d’Ennetières, dixième baron de La Berlière, demande à l’architecte tournaisien Antoine Payen de lui reconstruire un château, le précédent ayant été incendié par les troupes révolutionnaires. Et c’est à peu de choses près celui qui a subsisté jusqu’à nous. Adossé à un chapelet d’étangs, il se niche au cœur d’un domaine de 166 ha. Depuis la route, le visiteur doit emprunter une allée ombragée de près d’un kilomètre avant de découvrir le bâtiment aux lignes classiques disposé en U. Avant de pénétrer à l’intérieur, jetez donc un coup d’oeil vers le perron gardé par deux élégantes sphinges, où s’étend ce qui est supposée être la plus grande dalle de pierre bleue au monde.

©DOC Internat La Berlière

 

L’allégorie des quatre saisons

Après le somptueux grand hall d’où part l’escalier d’honneur, se déploient les salons qui ont bien dû s’adapter à la vie étudiante. Même si les jeunes gens ne passent que peu de temps dans le château, il est surprenant de découvrir, dans les salons lambrissés aux plafonds stuqués du rez-de-chaussée, un long comptoir en inox brossé et les tables de formica où jeunes gens et jeunes filles avalent, dans un brouhaha contrôlé, les repas du midi. Dans un des salons devenu réfectoire, les élèves peuvent lever les yeux entre deux bouchées et admirer l’allégorie des quatre saisons peinte au plafond. Dans une autre pièce, on remarque également un évier en marbre moucheté rouge boucherie qui servait – ça ne s’invente pas – à nettoyer les prises de chasse. Çà et là, des poignées de porte aux armes d’Ennetières. Peintures et boiseries sont d’ailleurs les derniers éléments à avoir fait l’objet d’importantes restaurations qui remontent déjà aux années 1990. Au sous-sol, les vastes cuisines qui conservent encore les volumes et certains aménagements du XVIIIe sont, bien sûr, dotées d’équipements modernes, puisque c’est là que l’on prépare les repas des étudiants. L’étage, privé celui-là, accueille le logement du père directeur, ainsi qu’une belle petite chapelle aujourd’hui destinée aux membres de la congrégation, avec son balcon jadis réservé au personnel du château. C’est avec le comte Adhémar d’Oultremont, qui hérita du château en 1849, que La Berlière connut ses années fastueuses. Avec son épouse, la princesse Clémentine de Croÿ, le comte transforme et embellit le château. En témoigne le jardin à la française qu’il fit dessiner devant le château dans le prolongement de l’allée d’honneur trace une ligne droite jusqu’au portail d’entrée. Son entretien mobilisait à lui seul une quarantaine d’ouvriers-jardiniers habitant le village. Les femmes étant quant à elles affectées à l’entretien des sentiers et à la bonne succession des cinq rangées de cailloux, deux bleues, une blanche, deux bleues. Le jardin est toujours là, et son entretien demande aujourd’hui bien moins de personnel. L’étang de La Berlière, là où pousse la berle ou céleri sauvage qui a donné son nom au domaine, fut élargi en un chapelet de trois plans d’eau agrémentés d’un charmant débarcadère japonisant et d’un canal où, en hiver, on découpait la glace pour la Glacière.

 

Réputées au-delà de nos frontières

Le couple réputé pour mener une vie « heureuse et simple » n’en possédait pas moins des écuries parmi les plus fournies du royaume. Elles abritaient une septantaine d’attelages en tout genre et une trentaine de chevaux spécialement dressés pour la chasse à courre à laquelle participaient des têtes couronnées de toute l’Europe, parmi lesquelles on vit Albert Ier. Les écuries et les bâtiments attenants sont ceux qui abritent aujourd’hui l’internat et les salles de cours. Dans les années 1950, une de ces deux écuries est transformée en chapelle pour les élèves. On y découvre le choc des époques avec sa voûte en brique, ses piliers en pierre bleue polie et les vitraux aux formes colorées géométriques.

©Gilles Bechet

 

De l’autre côté du jardin français, on trouve les bâtiments de l’ancienne ferme modèle. Les installations, à la pointe de la technique pour l’époque, étaient renommées bien au-delà de nos frontières. Y subsistent encore les boxes aux soubassements en brique pour les animaux de trait et les rails du système de wagonnets mis en place pour évacuer le lisier du centre d’élevage porcin. Tournant le dos à la ferme, l’ancien pavillon de chasse où le comte Adhémar installa son atelier de photographie. Avec ses murs de brique envahis par le lierre et sa curieuse tourelle d’angle en carreaux de céramique colorée, l’ancien pavillon de chasse dégage un charme tout victorien. En 1991, Pierre Granier-Deferre y tourna d’ailleurs son film « Archipel », avec Michel Piccoli, où La Berlière se glissait dans les briques d’un collège anglais. En 1893, la comtesse Clémentine meurt à 36 ans. Inconsolable Adhémar fit bâtir, dans le cimetière de Houtaing, un mausolée à la mémoire de sa chère disparue. Construit par l’architecte bruxellois Victor Evrard, cette folie néogothique octogonale est inspirée du mémorial Léopold Ier édifiée dans le parc de Laeken. Sous la chapelle, une crypte abritant 14 caveaux a été aménagée pour les châtelains et leurs descendants. Pour être à même de contempler à toute heure du jour et de la nuit la flèche du mausolée, le comte fit déraciner et replanter quelques dizaines d’arbres en bordure du parc pour créer une perspective jusqu’à la chapelle située à 2 km du château. Aujourd’hui, depuis la terrasse du salon, on devine encore la silhouette dentelée entre les branches des arbres qui ont pris de l’ampleur. Classé patrimoine exceptionnel de Wallonie, le mausolée a fait l’objet d’une importante restauration dans les années 2000. Propriété privée, il n’est ouvert que deux fois par an à l’occasion des Journées du Patrimoine et lors de la bénédiction des tombes organisée le 2 novembre. En même temps que le mausolée, le comte d’Oultremont avait fait construire un hospice pour offrir au personnel du château un cadre confortable à leurs vieux jours. Mis en location, l’édifice est en cours de restauration par son propriétaire. Au coin de la rue du Carnier à l’ombre de l’hospice, on peut voir un bassin circulaire où pouvaient s’abreuver les chevaux qui tiraient les calèches du château. Il y a aussi un petit banc sur lequel les habitants de Houtaing aiment se poser et rêvasser le regard flottant sur la surface immobile du bassin en pensant peut-être à la douce Clémentine.

 

Renseignements :
Château de La Berlière
Route de Frasnes, 243
B-7812 Houtaing

 


 

L’ÉLIXIR DE CLÉMENTINE

C’est presque par hasard que la Montoise Beatrice Roucour vint s’installer à Houtaing. Depuis son jardin, elle a une vue sur le mausolée ; il ne lui fallut donc pas longtemps pour tomber sous le charme de l’édifice et déployer toute son énergie à créer une association qui veillera à la sauvegarde du monument. En parcourant les archives de la famille d’Oultremont, elle tomba sur la recette d’une boisson rafraichissante que Clémentine servait à ses invites. De l’eau de source, du jus de citron, du sirop d’amande et un ingrédient secret. La Climonade était née. Préparée avec de l’eau de sources des Ardennes, par un limonadier de la province de Luxembourg, la boisson légèrement pétillante est déjà en vente dans quelques établissements selects de Bruxelles et de Wallonie. A boire frais avec des glaçons ou en cocktail, la Climonade surprend par sa douceur.

©Le Cercle de Clémentine
 Renseignements :
Béatrice Roucour
 +32 (0)494 58 05 63

L’ancienne abbaye d’Hélécine avec son fameux dôme est le cœur historique d’un domaine de 40 hectares qui vient de se doter d’un programme ambitieux pour aborder les décennies à venir.

 

Les gens du coin l’appellent « le château ». C’est vrai qu’avec ses lignes symétriques et son décor classique, l’édifice qui ferme la cour d’honneur du domaine d’Hélécine fait bien plus penser à une résidence aristocratique qu’à l’abbaye qu’elle a pourtant été à l’origine. Pendant la seconde moitié de XVIIIe siècle, l’abbaye d’Heylissem, comme on l’appelait alors, était considérée comme « le plus bel ornement de la contrée » et les chanoines norbertins implantés sur le site depuis le XIIe siècle étaient une des communautés les plus puissantes et les plus riches de Hesbaye. Le bâtiment néoclassique construit à partir de 1768 est signé Laurent-Benoît Dewez, alors Premier Architecte du Gouverneur des Pays-Bas autrichiens, à qui l’on doit de nombreuses églises et abbayes, ainsi que le château de Seneffe. Tous les regards portent sur l’ancienne église abbatiale qui en occupe le centre, avec son large fronton en pierre de Gobertange et son dôme majestueux. Elle est flanquée de part et d’autre des deux ailes de la prélature avec leur toiture d’ardoise. Si un cloître prolongeait le bâtiment à l’arrière, il a aujourd’hui disparu, mais on peut encore voir la trace de ses arcades sur les murs extérieurs. Les conséquences de la Révolution française, de la persécution religieuse et du Concordat n’ont pas permis à ces chanoines de l’Ordre de Prémontré de profiter bien longtemps du pouvoir qu’ils entendaient magnifier.

Après la cassure révolutionnaire, l’abbaye est désacralisée et devient un château qui passe de mains en mains. Fin XIXe, son propriétaire Gustave van den Bossche, le futur baron d’Heylissem, fait appel à Alphonse Balat pour apporter quelques transformations à son fastueux chez lui. Le célèbre architecte qui était le favori de la jet-set de l’époque rehaussa le dôme en forme d’ogive d’obus et lui adjoignit une terrasse cernée d’une balustrade. Il retravailla également dans un style néoclassique la façade latérale donnant sur l’étang. En 1962, le château, ses dépendances et le parc furent vendus à la Province de Brabant.

Réaménagées dans les années 1970-1990 et au début des années 2000, les deux ailes du château ont perdu beaucoup de leurs décorations et aménagements intérieurs à l’exception de l’escalier monumental en chêne du XVIIIe, ainsi que les décors conçus par Balat pour les pièces du rez-de-chaussée. Le dôme qui formait le chœur de l’ancienne église abbatiale impressionne toujours avec ses 40 m de hauteur qui donneraient presque le vertige. L’ancien pavement a été remplacé par un dallage de marbre beige avec, en son centre, une étoile en marbre blanc de Carrare. Dans une des dépendances qui se font face de part et d’autre de la cour, s’est installé le musée d’interprétation archéologique. Adressé aux enfants, il s’intéresse à la vie quotidienne des chasseurs de rennes et aux outils des chasseurs-cueilleurs de l’époque préhistorique que les élèves de maternelle et primaire apprennent à fabriquer et manipuler.

 

Une nouvelle salle

De l’hôtel à la micro-brasserie, en passant par le musée de la boîte à biscuits, bien des projets ont été lancés pour participer à l’avenir du domaine d’Hélécine et, aujourd’hui, un cadre plus concret a fini par se mettre en place. Le Règlement Urbanistique et Environnemental (RUE) qui a été déposé en juin dernier à la commune définit l’orientation que les différentes autorités en charge souhaitent donner à l’exploitation du domaine qui attire déjà environ 180 000 personnes par an. « Le domaine d’Hélécine est un site patrimonial classé de style néoclassique avec un parc romantique. Nous voulons qu’il reste un lieu de détente et de loisirs familial et multifonctionnel », précise Mathieu Michel, député provincial. La superficie du domaine de 38 ha a été complétée par l’acquisition d’une parcelle de 12 ha supplémentaires. Le changement le plus notable sera la construction d’une nouvelle salle en liaison directe avec le château. « Aujourd’hui, le dôme est un but en soi, nous voudrions en faire un point d’accès pour une salle polyvalente pouvant accueillir 500 personnes. On en profitera pour retravailler le caractère paysager du parc et recréer des perspectives visuelles entre les différentes zones. » Les ailes du château abriteront à l’étage des salles de séminaire, ainsi qu’un espace d’hébergement. À proximité du château subsistent encore les restes de l’ancienne ferme et ses belles écuries dont la réhabilitation pose question, faute d’une affectation cohérente. Le domaine renforcera ses équipements sportifs tournés vers le tennis et les sports équestres, sans oublier l’hébergement scolaire à La Bascule. Le grand réaménagement paysager permettra l’apparition d’une cafétéria adossée à la plaine de jeux et les pieds dans le troisième étang. D’importants ouvrages de terrassement redessineront les axes de communication entre les différentes zones du domaine. Si tout se déroule comme prévu, les travaux devraient démarrer fin 2016 - début 2017. L’objectif n’étant bien entendu pas d’occuper la moindre parcelle de terrain, les concepteurs du projet désirent se donner de la marge et recadrer les zones et les types d’activités en fonction des besoins et de l’évolution des territoires environnants.

 

Renseignements :

Domaine provincial d’Hélécine

Rue Armand Dewolf, 2

B-1357 Helecine

+32 (0)19 65 54 91

www.domainehelecine.be

 

C’est par un spectacle son et lumière que s’ouvrira la 27e édition des Journées du  Patrimoine wallon. L’Abbaye de Gembloux servira de cadre à cet événement haut en couleurs et en musique.

Par ce spectacle, nous est racontée l’histoire de la vie de Laurent-Benoît Dewez. Fameux architecte de la région, grand maître du néo-classicisme – qu’il introduira dans les Pays-bas autrichien au XVIIIe siècle – qui finit ruiné et oublié de tous. Ce son et lumière historico-fantastique rend hommage à ses œuvres, telles l’Abbaye d’Hélécine, le Château de Seneffe et, bien évidemment, l’Abbaye de Gembloux. Mais pas seulement. Sa biographie sert d’accroche aux évènements historiques, sociaux et économiques de la Wallonie, du XVIIIe au XIXe siècle. Le son, la lumière et les techniques 3D nous plongent dans le siècle des Lumières et nous font revivre l’essor de la Wallonie grâce à un véritable show. Un ravissement instructif pour les grands comme pour les petits !

- www.journeesdupatrimoine.be - 

 

WAW a sélectionné pour vous une vingtaines de lieux d'exception à découvrir ce week-end.

Consultez gratuitement le flipbook ci-dessous.

 

 

 

Spectacle son et lumière à l'Abbaye de Gembloux

Passage des Déportés, 2

B-5030 Gembloux

Les 11 et 12 septembre

Tous les soirs à 21h30, 22h00 et 22h30

Entrée libre

[email protected]

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