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LE CHÂTEAU DE LA BELLE AU BOIS DORMANT

Savez-vous que le château de Vêves, à Celles, héberge la Belle au bois dormant ? Quoi d’étonnant à ce que cet édifice perché sur un piton rocheux, classé Patrimoine exceptionnel de Wallonie, ait été élu patrimoine bâti préféré des Wallons en 2019 ?

 


Un voyage dans le temps qui emprunte escaliers et passages voûtés pour découvrir la vaste salle à manger, d’élégants salons, ou encore la cour intérieure et sa galerie en colombages.

Il y a quelques années encore, de grands panneaux touristiques fleurissaient au bord des autoroutes wallonnes. Sur l’un d’eux, on pouvait lire : « Trois crayons dessinent le ciel ». Le poète chanteur Julos Beaucarne décrivait ainsi le château de Vêves, flanqué de tours aux toits coniques, dominant les vallons boisés de la Mirande et du ry de Vêves.

C’est cet emplacement dominant et commandant l’ancienne route de Dinant vers Rochefort qui explique la construction d’un château aux VIIe et VIIIe siècle, selon la tradition et les chroniques. C’est Pépin de Herstal, l’arrière-grand-père de Charlemagne, qui en aurait fait son fief au VIIIe siècle, attiré sans doute aussi par le voisinage de l’ermitage où vivait saint Hadelin, moine originaire d’Aquitaine qui était venu évangéliser la région.

Heurs et malheurs

Comme tant d’autres, le château connut ses heures de gloire et de disgrâce et se transforma au fil des siècles. C’était d’abord une structure en bois, fragile, qui fut détruite, puis rebâtie en pierre au XIIe siècle. Ensuite, au début du XVe siècle, les bâtiments furent la proie des flammes avant d’être reconstruits par les seigneurs de Beaufort.

Le château médiéval se présentait comme une forteresse défensive, avec une solide enceinte qui ceinturait la cour intérieure pentagonale et montait jusqu’à mi-hauteur des tours. Un corps de logis s’appuyait contre l’enceinte au sud-ouest et un chemin d’accès escarpé menait vers un châtelet coudé par rapport au rempart.

A la Renaissance, il fut transformé en château de résidence. On construisit, dans la cour intérieure, une galerie en colombages ; on colla à l’enceinte de robustes constructions en pierre calcaire. Plus tard, au XVIIIe siècle, on transforma la rampe d’accès pour permettre le passage des carrosses. Et puis, à l’intérieur, les espaces furent réaménagés pour accueillir de luxueux appartements décorés en styles Louis XV et Louis XVI.

Dix années de travaux

Dégradé par les révolutionnaires en 1793, le château le fut aussi par les soldats qui l’occupèrent à la Libération, en 1945. La léthargie se prolongea jusqu’à ce que le Comte Christian de Liedekerke Beaufort, le père du propriétaire actuel, crée une asbl dans le but d’ouvrir le château au public. D’importants travaux de restauration ont été réalisés entre 1969 et 1979 par cette association. Avec l’aide de l’Etat, elle a, par exemple, rendu son aspect initial à la salle d’armes au beau pavement de grès provenant des anciennes carrières de Spontin et de Chevetogne. Elle avait été divisée en appartements au XVIIIe siècle et des planches masquaient la cheminée. Ces travaux ont aussi permis de retrouver dans une chambre, derrière une porte murée, un escalier menant à l’une des tours.

Une histoire familiale

L’histoire du château de Vêves, à Celles, l’un des Plus Beaux Villages de Wallonie, c’est aussi celle d’une longue lignée familiale. A partir du XIIe siècle, l’histoire de la seigneurie de Celles-Vêves se confond avec celle des seigneurs de Beaufort. Cette puissante famille participa à la plupart des conflits féodaux dans la région. Comme la Guerre de la Vache, qui ravagea le comté de Namur et la principauté de Liège entre 1275 et 1278, et le siège de Dinant, au XVe siècle, quand la ville fut rasée par Charles le Téméraire. En 1609, dans le cœur d’un chêne qu’il venait d’abattre, un bûcheron découvrit la statue d’une Vierge en terre cuite qui fut transportée dans l’oratoire du château de Vêves et suscita un tel enthousiasme qu’elle fut déclarée miraculeuse. Sur l’emplacement de l’arbre, les Beaufort firent construire un sanctuaire remplacé ensuite par l’actuelle église Notre-Dame de Foy, lieu de pèlerinage proche de Dinant.

A la suite d’un mariage, en 1761, le château passa aux mains des comtes de Liedekerke Beaufort de Celles qui le possèdent encore aujourd’hui. Certains marquèrent l’histoire comme, notamment, Augustin de Gavre qui fut ambassadeur des Etats Pontificaux. Son épouse, Charlotte, était la fille de la marquise de la Tour du Pin Savenet. Celle-là même qui écrivit le Journal d’une femme de cinquante ans, relatant ses souvenirs de dame d’honneur de la reine Marie-Antoinette, les heures sombres de la Terreur et son immigration en Amérique. Il faut dire que ses deux grands-pères périrent sur l’échafaud !

Passages voûtés, pressoir à cidre…

C’est donc à la fois l’histoire du château et celle de la famille qu’observent les visiteurs à travers des meubles du XVIIIe, des blasons, des armes, de la porcelaine, des tableaux, des gravures et dessins représentant des châteaux de la région… Un voyage dans le temps qui emprunte escaliers et passages voûtés pour découvrir d’élégants salons, la chapelle voûtée, la vaste salle à manger ou la cuisine, bien plus rustique, située dans la partie la plus ancienne, avec son four à pain, son mortier, sa crémaillère et son pressoir à cidre. Sans oublier la chambre de… la Belle au bois dormant avec la princesse endormie, le rouet et son fuseau coupable.

En quête du Graal



Pas peu excités, Mao, 6 ans, et son petit frère de 3 ans, Thaïs, de croiser le fer, pardon ! le bois, sur les pelouses du château. Pour ces gamins venus de la région de Mons avec leur famille, ce n’est pas tous les jours que l’on peut revêtir heaume et tunique, manier l’épée et le bouclier dans un vrai château, tout en croisant de (très) jeunes princesses dans leurs beaux atours ! Les parents, eux, peinent un peu pour reconnaître un monogramme présent sur la reproduction d’une enluminure, sur un mur.
Les familles sont ainsi conviées à une chasse au trésor jalonnée d’épreuves (sept questions) conduisant rien de moins qu’au Saint Graal ramené des Croisades en 1229 par un chevalier et pieusement gardé, protégé et défendu entre les murs du château de Vêves. Autrement dit, LE trésor que Lancelot, Perceval et les meilleurs chevaliers, ainsi que de nombreux nobles, seigneurs, mécréants et imposteurs ont obstinément recherché dans l’espoir d’obtenir la vie éternelle !
« Nous nous sommes rendu compte que les familles hésitaient à pousser la porte d’un château ; d’où l’idée d’inverser la tendance en proposant cette chasse au trésor », explique Laura Moreau, la gestionnaire du lieu.
Ces visites du château et ses abords s’ajoutent à d’autres animations proposées. Des visites libres, des visites guidées interactives en quatre langues (français, néerlandais, anglais et espagnol) ou des visites réservées aux familles et adaptées aux enfants (déguisés) avec animations : cérémonies d’adoubement, introduction aux danses médiévales, mini tournoi d’arbalète…


www.chateau-veves.be

 
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DE CHARME


© OTThuin

Cet été, pourquoi ne pas s’évader dans notre belle région ? WAW a sélectionné sept villes wallonnes aux charmes touristiques variés. Pour chacune, notre magazine propose cinq bons plans qui permettront de découvrir la beauté du patrimoine, la richesse des musées, le charme des vieilles pierres et des coins verts, les possibilités d’escapades sportives,
les produits du terroir…

Si chaque ville a sa propre identité, toutes réservent d’agréables surprises qui donnent envie d’aller plus loin dans la découverte de la Wallonie.

DE Vincent Van Gogh

De 1879 à 1880, un certain Vincent Van Gogh pose ses valises dans le Borinage, alors en pleine révolution industrielle. Parmi les gueules noires, il va découvrir la beauté grave de la vie, la base de son œuvre. À ce titre, la route Van Gogh, à effectuer en vélo ou en e-bike dans le Borinage d’aujourd’hui, est émouvante.

 

Distance : boucle de 38 km
Difficulté : faible
Balisage : points-nœuds 11, 62, 50, 67, 76, 78, 67, 70, 54, 60, 59, 93, 85, 76, 67, 1, 62, 11
Départ : Grand Place de Mons

Peu après notre départ de Mons, nous évoluons dans les paysages miniers du Borinage, devenus verts et si agréables à parcourir de nos jours, mais qui, 
à l’époque de Van Gogh, 
lors de la révolution industrielle, étaient une terre balafrée de terrils et de trous de mines. À la moitié du XIXe siècle, ce sont
 23 mines et 63 puits d’extraction qui exploitent 20.000 ouvriers travaillant parfois jusqu’à douze heures par jour pour un salaire de misère. Peu après le point-nœud 62, voici que se dresse le premier grand terril. Symbole des paysages miniers du Borinage, ces monticules perdent aujourd’hui de leur austérité en se parant d’une rare diversité biologique. Celui de l’Héribus est devenu montagne de lumière verte. Le criquet et le machaon aiment dorer leurs ailes sur ces versants de noir vêtus et idéalement exposés. En voyant ces vestiges naturels, notre imagination permet de nous plonger dans cette autre époque.

Après une belle boucle sur le Ravel, peu après le kilomètre 10, nous passons près du PASS, cet ancien charbonnage de Crachet-Piquery et son grand chevalement dominant la région. Réhabilité par l’architecte Jean Nouvel, le musée de sciences interactif porte encore les stigmates de ce passé révolu.

Un futur artiste au grand cœur
La période du Borinage de Vincent Van Gogh est méconnue mais cruciale pour son développement artistique. Le jeune Hollandais arrive à la gare de Pâturages en novembre 1878. Il vient non comme artiste, du moins il ne sait pas encore, mais comme prédicateur libre. Et il veut aider ces mineurs, parmi les plus misérables d’Europe. Il va prêcher, avec zèle, jusqu’à l’excès. Cela irrite ses supérieurs qui ne renouvellent pas son poste sous prétexte d’inaptitude à la prédication... L’homme est abattu et va sombrer dans une forte dépression. « Si je n’étudie plus, si je ne cherche plus, alors je suis perdu, alors malheur à moi... », écrit-il à son frère Théo. Les dessins qu’il effectuera par la suite dans le Borinage vont l’aider à trouver sa voie, une voie céleste et artistique.


Les gueules noires de l’Agrappe à Frameries

Dans Frameries, la place de l’Agrappe que l’on longe ne doit pas nous faire oublier les drames qui s’y sont déroulés. Le charbonnage éponyme, maintenant disparu, fut un ogre pour les hommes : en avril 1879, plus de 120 mineurs périrent d’un coup de grisou. Nous 
y retrouvons la trace de l’artiste. Lors de la catastrophe, Vincent tentera d’aider les survivants. Les mineurs, en révolte, n’écouteront plus que « l’pasteur Vincent », en qui ils ont confiance. Ce jusqu’au-boutisme pour aider les gens ne sera que l’écho de sa future œuvre exubérante.

Peu après Frameries, voici Pâturages et Wasmes, des villages imbriqués les uns dans les autres. Difficile de se repérer dans ces dédales de rues du couchant de Mons. À ce propos, Van Gogh décrivait ainsi ces maisons à son frère Théo : « Ces huttes où la lumière luit amicalement aux fenêtres à petits carreaux, éparpillées le long des chemins creux… » Outre ses œuvres, les lettres que Van Gogh a écrites dans le Borinage portent une élégance et expriment une sensibilité extrême et touchante. Lire ses écrits, c’est s’attacher au personnage , étonnamment moderne.

La maison Denis à Petit-Wasmes


L’artiste vivait au cœur des mineurs.
À Wasmes, il se donnera corps et âme dans sa mission évangélique. La fenêtre de sa chambre donnait sur le charbonnage de Marcasse, qu’il visitera. La maison, magnifiquement restaurée, présente les fac-similés des lettres qu’il a écrites à Wasmes pour son frère Théo. Les lire, c’est aborder toute l’humanité du peintre. Des visites guidées du musée sont disponibles via visitMons (www.visitmons.be).


La maison Denis à Wasmes

Alors qu’il était pasteur, Vincent prêchait au « Salon de Bébé », un ancien salon de danse. On le longe en vélo, peu après le rond-point où se situe le buste de Van Gogh. Nous nous glissons à travers ces quartiers silencieux, comme si la vie était restée là-bas, dans le fond. Une côte et voici Petit-Wasmes. Peu après l’église, la rue de Petit-Wasmes nous rapproche du lieu où a habité le peintre. A l’angle de la rue Wilson, la maison Denis, tout de rouge vêtue, 
est le résultat d’une restauration magnifique effectuée par des entreprises locales et des élèves du Lycée Provincial Hornu-Colfontaine. Une chambre très simple comme aurait pu l’être celle de l’artiste y a été aménagée et peut être visitée. Dans la petite pièce, à travers la fenêtre, nous observons les ruines du charbonnage de la Marcasse. Vincent n’avait qu’un pas à faire pour rejoindre les gueules noires, ses amis.

Des esquisses de mineurs au Grand Hornu

Nous partons ensuite, via un petit bout de Ravel, vers le site du Grand-Hornu (point nœud 59) et ses terrils. La route grimpe et redescend vers 
un autre vallon. Van Gogh partait, un pliant sous le bras et une boîte sur le dos, pour dessiner les portraits des mineurs qu’il leur donnait par la suite… Combien de dessins se sont-ils perdus de la sorte ? Si 
ces esquisses, au début, sont maladroites, elles captent la réalité de la vie, qu’elle soit belle ou laide. Ses œuvres vibrent parce que Vincent vécut en totale immersion avec
 les ouvriers et les paysans de son époque. Les hommes et les femmes paraissent voûtés, portant le fardeau de la misère. Il dessine ce qu’il voit et croque ces gens courageux partant à l’aube vers la mine ou arrachant les pommes de terre d’un sol gelé. La condition humaine sera l’essence même de son œuvre.


Les ruines du charbonnage de la Marcasse.

Le Grand Hornu et le Mac’s


Cet ancien charbonnage, représentatif de l’industrie au XIXe siècle, est issu d’un véritable projet de ville dédié à la productivité. La visite historique se complète par des expositions temporaires de design, d’arts appliqués et contemporains au Mac’s. Dans ce lieu s’opère ainsi la synthèse entre la mémoire et la démarche contemporaine. Même si Van Gogh n’y a pas vécu, en 1955, les équipes du réalisateur Vincente Minelli y tourneront quelques scènes du film La Vie passionnée de Vincent Van Gogh (www.grand-hornu.eu).



La maison Van Gogh à Cuesmes

Peu après son passage à Wasmes et sa déception de ne plus pouvoir y officier, Vincent Van Gogh posera son sac à Cuesmes, dans la maison d’un contremaître des mines, Charles Decrucq. Il y restera plus d’un an. Son emploi du temps reste inconnu, mais il est certain qu’il laissera exprimer son art dans la région. Laissée à l’abandon durant près d’un siècle, la maison du peintre a été entièrement rénovée en 2015 et représente un lieu de mémoire incontournable. La scénographie fait revivre le quotidien de l’artiste dans le Borinage. Des visites guidées du musée sont disponibles via visitMons (www.visitmons.be).


Cuesmes, naissance d’une vocation

Nous reprenons le Ravel pour revenir vers Mons. Pendant près de quatre kilomètres nous parcourons à l’envers le chemin que nous avons effectué à l’aller. Au kilomètre 34, nous sortons du Ravel avant le pont, mais au lieu de tourner à droite et de passer au-dessus de la voie ferrée, nous bifurquons à gauche vers Cuesmes. Passé le centre du village, nous empruntons la rue du Chemin de Fer afin de trouver, sur la gauche, revêtue de pavés, la rue du Pavillon. Un peu plus loin, dans un écrin de verdure, nous voici face à la Maison Van Gogh, sa deuxième demeure dans le Borinage. Vincent logea dans une petite chambre pendant plus d’un an où il travailla, jour et nuit, à perfectionner son art, à copier d’autres œuvres. Il peint de plus en plus vite, termine des paysages affolés en une journée, un portrait en quelques heures… En août 1880, avant son déménagement vers Bruxelles, il écrit à son frère qu’il veut devenir peintre. Dans la douleur du Borinage du XIXe siècle, Vincent a donné son âme pour une œuvre naissante. En dix ans, ce peintre
 de la lumière sera passé du noir du charbon au bleu azur de la Provence et au jaune des tournesols…

En dix ans, ce peintre de la lumière sera passé du noir du charbon au bleu azur de la Provence et au jaune des tournesols ...


Cet itinéraire, proposé grâce au partenariat avec l’éditeur Olivier Weyrich, est tiré du mook « 10-Découvertes », rédigé par deux experts du vélo, Pierre Pauquay et Olivier Béart.

 

 

— Sur les traces des «Ambassadeurs »

L’observatoire Centre Ardenne à Neufchâteau

Non, il n’y a pas que l’observatoire scientifique d’Uccle ! Notre pays compte cinq observatoires ouverts au public et dédiés à la découverte et à la vulgarisation de l’astronomie. Parmi ceux-ci, un seul en Wallonie, l’Observatoire Centre Ardenne, situé à Neufchâteau. « Comme il est situé en pleine campagne, à Grapfontaine, c’est celui où l’observation est la moins perturbée par la pollution lumineuse, souligne son directeur Gilles Robert. Alors qu’à Bruxelles, on ne peut voir qu’une dizaine d’étoiles dans notre ciel, nous avons la chance d’en voir environ 2.500 quand nous sommes dans de bonnes conditions. »

Ouvert toute l’année, l’Observatoire Centre Ardenne, qui est une section des Cercles des Naturalistes de Belgique, accueille et encadre des visiteurs de tous horizons (familles, classes scolaires, groupes associatifs, entreprises) qui, le temps de quelques heures, d’une journée ou d’une nuit, découvrent l’observatoire et ses instruments, s’initient à l’observation du ciel ou approfondissent leurs connaissances.

« Sauf exceptions, les visites se font sur réservation. Le programme est élaboré à la carte lors d’une prise de contact préalable avec les visiteurs. Outre l’observation du ciel avec nos télescopes, qui ne peut évidemment s’effectuer qu’une fois la nuit tombée, et un voyage sous le dôme du planétarium, les visiteurs peuvent opter pour un exposé didactique au choix, par exemple sur les planètes, les éclipses, les aurores, les marées, etc. Ces exposés seront alors adaptés à l’auditoire », souligne le directeur, qui précise que l’accès à l’une des sept coupoles de l’observatoire a été aménagé afin d’accueillir les personnes à mobilité réduite. « Nous l’appelons “l’accessible étoile ”, en référence à la chanson de Brel. »

Vous chercher une activité originale ? L’observatoire vous propose de passer une nuit insolite sous le dôme du planétarium – le ciel évolue en temps réel au-dessus de votre tête – transformé en chambre à coucher pour deux personnes. « Le package comprend également un exposé didactique au choix avec l’un de nos guides et l’observation du ciel au télescope, ainsi que le petit déjeuner. »

www.observatoirecentreardenne.be

Le château de Moha à Wanze


© Château de Moha

Le château féodal de Moha, aujourd’hui classé, est le témoin du mariage d’un patrimoine historique avec une faune et une flore remarquables. Situé au cœur d’un parc naturel, sur un éperon rocheux qui s’élève au confluent de la Mehaigne et de la Fosseroule, le site castral s’étend sur une longueur de 130 mètres. Au Moyen Age, les Comtes de Moha, de Dasbourg et les Princes-Evêques de Liège se sont succédé pour bâtir et défendre cette forteresse qui était jugée imprenable mais que les Hutois réussirent à investir par la ruse, le 6 mai 1376. Cette date marque la fin des grandes heures de Moha. Aujourd’hui, les vestiges, qui datent pour la plupart du XIIe et du XIVe siècle, témoignent de l’importance du site qui fut racheté par l’état belge afin d’y mener des travaux de consolidation et des fouilles.

Campement médiéval, chevaliers et combats, conteurs déclamant l’histoire locale… de nombreuses festivités rythment la vie du château de Moha qui ouvrira ses portes au public dès les congés de printemps. « Et si les mesures de confinement liées au covid sont levées, nous proposerons aux familles un “escape game” », explique Fanny Dominique, la coordinatrice des lieux. Le pitch ? Afin d’échapper à l’inquisiteur qui entend bien les envoyer sur le bûcher, les participants devront trouver dans une cave du château la preuve qui leur permettra de prouver leur innocence…

A noter que, dès le début de l’été, il sera possible, en suivant le tracé de l’ancienne ligne de chemin de fer, de relier en draisine le village de Moha au centre de Wanze.

www.chateaumoha.be

L’abbaye d’Aulne à Thuin

Situé dans un écrin vert, en bordure de la Sambre, entre Thuin et Charleroi, l’abbaye d’Aulne est un site majestueux repris sur la liste du Patrimoine exceptionnel de Wallonie. A la belle saison, on s’y bouscule pour suivre l’un des très beaux sentiers de promenade qui prennent leur départ au pied des ruines, pour y déguster une bière brassée sur place ou pour profiter des activités de détente et de loisirs.

Il serait cependant sot de s’y rendre sans prendre le temps de déambuler au milieu des ruines et de se pencher sur la passionnante histoire de cette abbaye qui fut érigée au VIIe siècle par un brigand repenti et qui, à la Révolution française, en 1794, s’écroula au milieu des flammes avant d’être pillée par une population courroucée.

Entre ces deux événements historiques, Aulne-la-Bénédictine eut à subir de nombreuses invasions, fut rattachée à la principauté de Liège et devint Aulne-la-Riche, une abbaye cistercienne aux activités florissantes qui entra en concurrence directe avec sa voisine, Lobbes-la-Savante.

Les visiteurs en découvriront plus sur l’histoire de l’abbaye et la vie des moines cisterciens grâce aux panneaux didactiques installés tout au long du parcours aménagé en plein air.

www.abbayedaulne.be

Le petit train touristique de Rebecq

Envie d’une petite balade originale dans l’ouest du Brabant wallon ? Les dimanches et jours fériés, de fin avril jusque fin septembre, le Petit Train du Bonheur emmènera petits et grands à travers la campagne rebecquoise. Partant de l’ancienne gare de la commune, ce train touristique suit une portion de la ligne 115 (Braine-l’Alleud – Braine-le-Comte) qui longe la Senne et propose un beau panorama sur la Vallée des Oiseaux, avant de rejoindre l’ancienne ligne 123 (Enghien - Braine-le-Comte) et de finir sa course à Rognon, à l’emplacement de l’ancienne gare du village. Le retour s’effectue en sens inverse avec une halte au Bloc U, le dépôt de Rail Rebecq Rognon, où les voyageurs pourront se désaltérer et admirer le matériel roulant de l’asbl qui met en circulation ce train touristique. La balade fait 7,6 kilomètres et dure 1h20 environ.

« Cette saison, les wagons seront tractés par une locomotive diesel car notre locomotive à vapeur, qui provient d’Allemagne et date de 1928, est en restauration », souligne Micheline François, la présidente de Rail Rebecq Rognon qui a également pour mission de gérer la voie et d’entretenir les machines.

www.rail-rebecq-rognon.eu

Le Musée du Pays de l’Ourhe-Amblève à Comblain-au-Pont

Sur la ligne de chemin de fer Liège-Marloie, au confluent de l’Ourthe et de l’Amblève, Comblain-au-Pont est une porte entre les Ardennes et le Pays de Liège. Avec la Grotte de l’Abîme, le Musée du Pays d’Ourthe-Amblève, installé dans un ancien presbytère classé, est l’un des fleurons de cette petite commune qui se caractérise par son cadre de vie préservé, ses paysages exceptionnels et ses nombreuses richesses naturelles.

Riche de près de 6.000 pièces, le musée est un véritable pôle d’attraction culturel régional grâce à ses expositions, ses conférences et ses animations pour enfants et adultes. Il retrace l’évolution de l’homme dans la région et présente un ensemble unique de fouilles pluridisciplinaires réalisées sur les sites régionaux, depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque médiévale. Parmi ceux-ci, la grotte fossile de Belle-Roche (paléolithique inférieur, Sprimont), la grotte Walou (Trooz), où l’on a découvert des traces d’un homme de Néandertal ainsi que des ossements de mammouth et de rhinocéros laineux, le site mésolithique de la Roche aux Faucons (Esneux), où l’a retrouvé de nombreux outils (couteaux, haches, perçoirs…), ou encore la villa romaine de Raideux (Comblain-au-Pont).


Jusque fin août, ce parcours muséal permanent est complété par l’exposition « Cheval, raconte-moi ton histoire », qui évoque les différents rôles tenus par le cheval dans la région de l’Ourthe-Amblève.

www.maisondesdecouvertes.be

— Very nice !

Waterloo, malt plaine…

La ferme de Mont-Saint-Jean, connue dans la région comme "l’Hôpital des Anglais", est à nouveau une destination britannique puisque c’est l’homme d’affaires Anthony Martin (du Martin’s Pale Ale, de la Gordon Scotch, de la brasserie Timmermans) qui a acquis ce qui n’était plus qu’une ruine juste avant le bicentenaire de la bataille de Waterloo. Après avoir accueilli une brasserie, dont s’occupe désormais son fils Edward, cette belle ferme typiquement brabançonne du milieu du XVIIsiècle, aujourd’hui entièrement réhabilitée, s’est muée, en 2017, en distillerie centrée sur le gin et le whisky. Une production placée sous la houlette du même Edward qui a suivi des cours à Édimbourg durant une année pour découvrir les secrets de la confection du whisky, lequel se base – originalité –, sur la bière Waterloo, ce qui lui procure cette floralité au niveau du parfum.

« Nous sommes partis de la Waterloo Récolte pour créer notre Gin et notre Whisky Single Grain, confirme Edward. Notre Whisky Single Malt s’appuie, lui, sur notre Waterloo Triple, une base composée à 100 % d’orge maltée. Par ailleurs, tous nos whiskies sont issus d’une levure maison qui leur confère des esters fruités ». Autre originalité : les trois whiskies, qui ont vu le jour fin décembre 2020, ont pour nom Surgeon, Nurse et Brancardier, en hommage à la fonction de la ferme durant la bataille de Waterloo.

L’Hôpital des Anglais

L’alcool fort, c’est sans doute ce que l’on devait aussi donner aux soldats blessés contraints de se faire amputer par George Guthrie, l’équivalent anglais de Dominique-Jean Larrey, le chirurgien en chef de la Grande Armée. Une histoire médicale contée à l’Hôpital des Anglais, le musée situé dans le corps de logis de la ferme et qui, au travers de reconstitutions, de maquettes, de vidéos, de témoignages de médecins et de leurs peintures très réalistes, mais aussi d’instruments décrivant la chirurgie pratiquée (dont la trépanation) en ces mêmes lieux par les chirurgiens britanniques dont des Écossais, nous ramène au… whisky.

A noter qu’outre une brasserie et une distillerie, une salle de dégustation, un comptoir et une grange historique qui peut accueillir des événements, la ferme de Mont-Saint-Jean englobe, depuis cette année, un restaurant nanti d’une terrasse de 750 mètres carrés qui donne sur un très joli verger et les champs de la bataille.

Ferme de Mont-Saint-Jean
Chaussée de Charleroi 591
B-1410 Waterloo.

+32 (0) 2 385 01 03

[email protected]
www.fermedemontsaintjean.be

A couper le souffle !

L’hôtel Sélys à Liège

Complexe urbain ouvert sur le cœur historique de la Cité ardente, l’ancien Comtes de Méan multiplie les espaces dans un chef-d’œuvre architectural de 1472. Habile mélange d’ambiances particulières, l’hôtel combine esthétique et chaleur, confort et luxe, inventivité et patrimoine.

Nul besoin d’être client pour profiter de la gastronomie proposée dans ce lieu chargé d’histoire – et d’histoires. A l’Atelier du Sélys, dans une salle cosy entièrement rénovée avec vue sur Liège ou sur… la cuisine ouverte devenue le cœur de l’hôtel, on découvre en famille, entre amis ou en couple, la carte printanière et gaie imaginée par Arnaud Delvenne. « Ni gastronomie, ni bistronomie : juste une cuisine gourmande, simple et juste, devant laquelle chacun se sent bien », résume ce chef voyageur au parcours atypique. En posant ses valises au Sélys, il a insufflé un peu de son énergie, son envie, sa passion et son goût pour les épices d’ailleurs à une cuisine respectueuse des saisons.

Autre carte dans le jeu du Sélys et autre atout : le 1472, le restaurant éphémère de l’hôtel, dont la cuisine exclusive, également proposée par Arnaud Delvenne, est servie dans l’ambiance feutrée d’une salle de vingt couverts classée au Patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Mais c’est quand on s’installe sur la magnifique terrasse que l’on comprend que le Sélys a bel et bien été rendu aux Liégeois, de cœur ou de passage. Réaménagée en même temps que la salle, elle offre aujourd’hui plusieurs vues imprenables sur la ville et se veut un lieu de vie à part entière. C’est sûr, ses parasols chauffants ne se contenteront pas de quelques belles soirées estivales… 

Hôtel Sélys
Rue du Mont Saint-Martin 9/11
B-4000 Liège

+32 (0) 4 222 94 94

www.hotelselys.be

 

UNE PLONGÉE DANS LA QUIÉTUDE D’ANTAN

Il est des confinements qui sont plus digestes que d’autres. Ceux qui franchissent la grille des Cindy Stocman ne diront pas le contraire :
ils le font volontairement !

 

Le contraste interpelle entre Tournai la bouillonnante et la bulle de calme régulée par Cindy et Laurent, les propriétaires des Thermes de Kain. L’accueil s’opère dans le majestueux manoir octogénaire, mais c’est à l’arrière, dans une atmosphère du sud de la France, que le couple charme avec sa construction neuve. Un wellness privé avec quatre lieux pour quatre expériences y apparaît : le Day Spa, la Suite du Manoir, la Suite thermale et, enfin, la Villa, qui impressionne tant par son volume que par ce qu’elle offre : jacuzzi à débordement, sauna, hammam, douche italienne, grande piscine extérieure chauffée à 32° toute l’année… Avec cet investissement conséquent, on est aux antipodes des nombreux spas souvent annexés à des maisons. « Chez nous, on vient plutôt chercher un package : profiter de l’un de nos quatre espaces, mais aussi de soins divers assurés par nos praticiennes », souligne Cindy.

De « vrais » thermes entre 1880 et 1900

Avec Sothys à l’eau thermale de Spa et Cinq Mondes développé pour le corps comme marques-phares, c’est le haut de gamme qui a été adopté. Et l’or bleu kainois dans tous cela ? Il n’y en a pas. Ou, plutôt, il n’y en a plus. « La source s’est tarie. Mais en prenant le nom des Thermes de Kain, c’était un hommage, la volonté de faire revivre le passé thermal plutôt ignoré. »

Et quel passé ! A une époque où la voiture n’existait pas et où les seuls réseaux sociaux étaient ceux existants entre voisins, les Parisiens débarquaient en cure thermale à Kain, où la source était renommée. « Le Docteur Kneipp, célèbre médecin allemand, avait mis en place tout un système de soins qui étaient prodigués plus haut dans le village, dans un château entouré de douves d’eau thermale aujourd’hui devenu une école. Il y avait 75 chambres pour traiter les patients qui arrivaient en tram sur la place de Kain depuis Tournai, ville qu’ils avaient pu rejoindre après tout un périple en train ! »

De Kain-la-Tombe à Kain-les-Bains

C’est par hasard que le couple apprend ce glorieux passé. « En réalisant les fondations de nos suites, nous nous sommes aperçus qu’il y avait de l’eau. Nous avons creusé l’info et avons découvert qu’il y avait jadis des marais et la source. L’eau venait du Mont-Saint-Aubert et alimentait le village de Kain. A l’époque, on en avait vite compris les vertus thérapeutiques. Malgré un faible débit, un institut thermal y a été créé en 1880. »

Là où la bourgeoisie nantie de Tournai disposait d’une résidence secondaire, Kain-La Tombe fut joliment renommée Kain-les-Bains. « Hélas ! la nappe s’est vite asséchée, d’autant que le développement de l’industrie n’a pas aidé à l’époque. Vingt ans plus tard, c’en était déjà terminé. » Un passé que la maison aime aujourd’hui conter à ses clients dont « l’esprit calme du centre thermal persiste. »

Harry Roselmack, Jimmy Labeeu, Gaëlle Garcia Diaz…

Si les Kainois, et plus largement les Tournaisiens, venant se ressourcer furent les premiers clients de Cindy et Laurent, si d’autres, aujourd’hui, n’hésitent pas à faire une longue route pour venir apprécier les spas privatifs et passer la nuit dans une des trois suites de luxe, il est des clients qui viennent de plus loin encore et non des moindres.
Parmi ces personnalités qui ont fait halte au 64 de la rue Albert figure Harry Roselmack, le journaliste et animateur de télévision français. « Il est resté deux nuits dans notre centre, à la mi-août, et a fortement apprécié nos soins. Historien de formation, il est allé se promener dans Tournai et voir le spectacle historique réalisé par Luc Petit où il n’est pas passé inaperçu ! »
Le couple énumère aussi les passages de Ryan Bensetti, Charly Dupont et sa femme Tania Garbarski, l’athlète locale Camille Laus… « Nous avons également accueilli le YouTubeur Jimmy Labeeu et la célèbre Gaëlle Garcia Diaz qui ont indiqué sur Instagram qu’ils étaient chez nous. Un comité est donc rapidement arrivé à nos grilles… »
Si les hôtes apprécient cette publicité gratuite, ils demandent qu’elle se fasse après le départ pour le confort des autres clients. « Cela nous met une certaine pression d’accueillir des peoples qui ont l’habitude des cinq étoiles, mais ils nous disent toujours qu’ils sont ravis de l’accueil et de l’endroit où ils ont séjourné ! »


Du tourisme au wellness


Cindy Stocman

Il était une fois une princesse, celle de la cité des Cinq clochers. Cindy Stocman fut en effet Miss Tournai en 1998. Bien plus par envie d’être ambassadrice de sa ville qu’elle a toujours aimée que par plaisir de porter une couronne ! Une valorisation de sa région qu’elle cultive toujours mais d’une autre manière… « Je me suis toujours intéressée à ma ville et je m’aperçois que tout ce que j’ai entrepris dans la vie jusqu’à présent a aujourd’hui du sens. » Sa carrière professionnelle a en effet commencé au sein de l’Agence de Développement Territorial IDETA, où elle a été pendant six ans active dans le secteur du tourisme, avant de bifurquer quand elle décida de reprendre des études en esthétique. « Après plusieurs formations, dont une à l’école Tagnon de Mons, nous avons acheté cette grande maison dans le but d’en faire un centre de bien-être. Pendant 14 ans, l’Institut Orchidée a été renommé pour les massages et c’est encore notre dada ! Aujourd’hui encore, on ne vient parfois que pour une heure de massage ou un rituel de 90 minutes. » Car les échappées par de l’Ayurvédique indien, des étirements balinais, de la relaxation à l’orientale ou encore une tonification africaine sont aussi une belle carte de visite.

La suite du projet – renommé Les Thermes de Kain – a cogité dans l’esprit des spa-managers pour éclore en 2018 avec l’achat de la maison de la voisine. « Elle a été aménagée et doublement agrandie pour donner aujourd’hui trois suites de luxes privatisées allant de 50 à 300 m². Nous faisons figure d’extraterrestres en n’étant ni hôtel, ni chambre d’hôtes, ni Airbnb. Nous proposons un service luxueux dans un esprit familial sans être intrusif. Durant le confinement, nos visiteurs peuvent partir en balade puis revenir manger dans leur propre suite. En effet, si l’Horeca est fermé nous faisons toujours travailler les restaurants via leur service traiteur. »

« Nous proposons un service luxueux dans un esprit familial sans être intrusif. »

 

Les Thermes de Kain
Rue Albert 64
B-7540 Tournai
+32 (0) 69 22 24 09

www.thermesdekain.be

Saint-Hubert, la capitale européenne de la chasse, est aussi une terre propice à la contemplation. Cette balade en vélo à travers
la Forêt du Roi Albert, qui passe à proximité du Fourneau Saint-Michel, est un livre ouvert sur la faune et la flore du pays.

 
En cette matinée d’hiver, le givre s’est déposé sur la forêt de Saint-Hubert. Les chênes et les hêtres sont des statues de glace avant que le soleil ne perce la brume et ne chauffe les corps. Le sourire sur les lèvres, heureux à l’idée de traverser à vélo une des plus belles régions du pays, nous quittons Saint-Hubert par la rue Saint-Michel. Après un kilomètre, nous tournons à droite vers le parc à gibier en suivant le balisage vert. Le chemin carrossable nous fait ensuite entrer dans la forêt. Autour de nous, les imposants troncs des hêtres nous dominent de haut, serions-nous les petits poucets de la journée ?

Dans cette grande forêt d’Ardenne, les traces de nos pneus se mêlent aux empreintes du bestiaire. Près de la fagne du Bèyôli, elle nous enveloppe, devient immense quand elle se drape de filandres de brume. On ne distingue plus ses contours. Quel plaisir d’entendre uniquement le bruit de nos pneus… Sur ces chemins aisés, nous prenons la peine de ressentir cette magnificence forestière. Et le merveilleux est omniprésent.
Après avoir dévalé la pente le long du ruisseau de Palogne, le parcours rejoint le ruisseau de la Masblette qui bondit de roche en roche et scintille, tandis que les colonnes de hêtres ouvrent des baies de lumière comme une cathédrale. Avant de traverser ce ruisseau, il est possible de poursuivre le chemin jusqu’à l’Arboretum Saint-Michel, voire même jusqu’aux lieux historiques du Domaine du Fourneau Saint-Michel où l’on pourra visiter le Musée du fer et le Musée de plein air.

Distance : boucle de 29 km via le réseau des circuits balisés VTT.
Difficulté : élevée (pour vélos électriques)
Balisage : le tracé suit d’abord le circuit n° 2 (balisage vert), puis rejoint le n° 3 (balisage jaune) via le parcours de la GTA (Grande Traversée des Ardennes, carré jaune et blanc).
Départ : place du Fays à Saint-Hubert.

Reconstruite en 1729, l’abbaye de Saint-Hubert demeure de nos jours une perle architecturale au cœur de la forêt ardennaise. 


L’abbaye de Saint-Hubert

Au VIIe siècle, Hubert est évangélisateur d’une contrée dont le christianisme eut des difficultés à pénétrer le massif sombre. Devenu premier évêque de Liège, saint Hubert meurt en 727. Sa dépouille est transférée en plein cœur de l’Ardenne, sur le plateau désolé d’Andage. Des moines bénédictins s’y établissent et fondent une abbaye, l’une des plus anciennes et des plus illustres de l’Europe occidentale. Le culte de saint Hubert donnera son nom à la nouvelle cité. Au XIe siècle, l’abbaye bénédictine connaît prospérité et fonde plusieurs prieurés. Reconstruite en 1729, elle demeure de nos jours une perle architecturale au cœur de la forêt ardennaise.

Un fer qui casse

Nous sommes en 1780, les caisses de l’abbaye de Saint-Hubert sont vides ! Pour l’abbé, il faut construire des hauts-fourneaux, vite ! Ambitieux, il veut casser le monopole des sidérurgistes liégeois. L’implantation est choisie : ce sera à Saint-Michel. Le cadre est idéal. Les forêts apportent le charbon de bois, combustible nécessaire aux hauts-fourneaux. Et les rivières et leurs forts courants donnent l’énergie nécessaire pour actionner les soufflets et les marteaux (les makas). « C’est le plus beau haut-fourneau de la province », s’enorgueillit l’abbé. La précipitation n’est pas bonne conseillère car les hommes, plus habitués à utiliser la cognée, sont malhabiles. Le minerai de Jemelle est de mauvaise qualité et les affaires débutent mal. Beaucoup plus loin, dans le Nouveau Monde, le canon gronde : la Guerre d’indépendance américaine débute. Benjamin Franklin, futur président, se rend en Europe et achète des armes, beaucoup d’armes. A Liège, les makas frappent 24 heures sur 24. La cité ardente devient l’arsenal des révolutionnaires. L’abbé veut s’approprier une partie du butin et fabriquer des canons lui aussi. Et tant pis pour la morale ! Malheureusement, la forge produit trop vite les bouches de canons. Ils explosent un à un… C’est la ruine ! Le haut-fourneau qui a craché tant de fumées et de poussières s’éteint à jamais. De nos jours, le bâtiment du facteur de forge, la halle à charbon et le haut-fourneau, intacts, sont les témoins du rêve de grandeur de l’abbé entrepreneur.

La forêt mythique

Le circuit s’engouffre alors à nouveau dans la forêt en suivant le parcours n°3 (balisage jaune) qui s’élève for- tement pendant près de trois kilomètres. Près de Mochamps, minuscule hameau situé sur le territoire de Tenneville, nous allons côtoyer l’emblème de la forêt, le cerf élaphe, grâce aux postes d’observation disséminés ci et là pour le plaisir des yeux et des sens. 

La forêt laborieuse

En Ardenne, si la terre est ingrate et difficile à cultiver, la forêt permet aux hommes d’en tirer subsistance. Elle a enfanté des métiers qui se sont perdus à l’aube de la mécanisation. Ainsi, aux alentours de Mochamps, au nord de Saint-Hubert, vivaient des sabotiers et des charbonniers. La fabrication du charbon de bois était effectuée dans les clairières comme en témoignent les quelques aires de faulde qui sont encore bien visibles sur les côtés des chemins. Le charbonnier enflammait du bois empilé sous une meule de foin recouverte de terre. A l’abri de l’oxygène, le bois se consumant était carbonisé, c’est-à-dire qu’il perdait son humidité et sa matière végétale. Les charbonniers vivaient plusieurs semaines dans les bois pour surveiller ces foyers qui étaient régulièrement source d’incendies de forêt.
De nos jours, les hommes n’occupent plus en permanence le hameau de Mochamps qui ne possède toujours pas de réseau électrique ni de distribution d’eau !
La Tour d’observation de Priesse et l’aire de vision de Bilaude, remarquables constructions s’intégrant dans la nature, nous permettent de voir la faune sauvage de près. Dans le carnet déposé à l’attention des promeneurs, nous notons les observations du jour. De l’étang, le paysage est magnifique.
Un peu plus loin se présente la boulaie du Rouge Poncé, l’une des plus anciennes réserves naturelles domaniales en Région wallonne puisqu’elle a été créée en 1969. Cette étrange forêt de bouleaux pubescents s’étend sur 37 hectares sur un sol tourbeux, un milieu que l’on retrouvait régulièrement en Ardenne avant son assèchement pour la production et l’exploitation de conifères. Cette boulaie présente une succession de zones ouvertes et humides lui permettant d’accueillir des espèces rares comme la camarine, la linaigrette vaginée ou encore l’un des plus grands coléoptères de la Belgique, le carabe chagriné.
Nous retrouvons le ruisseau de la Masblette le long duquel nous nous laissons griser par une descente magnifique qui s’interrompt par un coup de frein peu avant le Pont Colle quand, sur la gauche, viennent à notre rencontre le ruisseau de Palogne et notre itinéraire de l’aller que nous allons suivre en sens inverse pendant un kilomètre environ avant de bifurquer sur la gauche et de reprendre le fil du circuit n°2.

La forêt silencieuse

Le chemin entre à nouveau dans le grand massif. En quelques tours de roue, nous sommes à nouveau happés. Plus on roule, plus on pénètre dans la forêt sans retour tant elle paraît s’étendre vers nulle part. Et elle n’a rien de sombre ni de triste. Les feuillus captent une partie de la lumière mais laissent d’autres rayons illuminer le sol, les ruisseaux et le roc. Les côtes succèdent à des descentes en plein bois et l’on prend du plaisir à sillonner entre les grands arbres. Le sentier aboutit dans une vallée perdue où trônent quelques bouleaux épars, isolés au milieu d’une lande. Quelle quiétude ! Nous fermons les yeux et écoutons ce silence des grands espaces… Qui n’a pas rêvé un jour de se balader en terre sauvage, de s’y ressourcer, de rouler à n’en plus finir et de souffler un instant ? En parcourant ces terres préservées, en empruntant ce magnifique chemin qui longe la fagne de La Doneuse, on s’illumine de bonheur simple. Cette large vallée a été l’objet d’une restauration qui a éliminé les massifs d’épicéas. Au fil des années, de nombreuses vallées d’Ardenne retrouvent enfin leur milieu originel.

Mais la fin de la balade est proche. Les derniers kilomètres de l’itinéraire rejoignent doucement l’orée avant de plonger vers l’abbaye qui domine la petite cité de Saint-Hubert, ceinturée par ce grand vert que nous venons de parcourir avec une joie indicible.

Cet itinéraire, proposé grâce au partenariat avec l’éditeur Olivier Weyrich, est tiré du mook « 10-Découvertes », rédigé par deux experts du vélo,
 Pierre Pauquay et Olivier Béart. 

 

 

 

LE TEMPS S’EST ARRÊTÉ

Niché dans la vallée de la Masblette, dans le cadre naturel préservé de la Grande Forêt de Saint-Hubert, le Domaine provincial du Fourneau Saint- Michel abrite le Musée du Fer et celui de la Vie rurale en Wallonie. Une double plongée dans le temps.

 


© P. Willems

A la fin du XVIIIe siècle, l’ambition industrielle de Dom Nicolas Spirlet, le dernier abbé de l’Abbaye de Saint-Hubert, s’est écroulée. Lourdement endetté (pour l’équivalent de plus de 625.000 de nos euros), le monastère n’est pourtant pas au bout de son chemin de croix. La Révolution française gronde et, en 1791, tous les biens de l’abbaye sont confisqués par la République avant d’être vendus comme biens nationaux. C’est un industriel et homme d’affaires de Saint-Hubert, Léopold Zoude, qui rachète le fourneau. Il tente bien de continuer à l’exploiter mais, peu à peu, la fonderie se limite à une forge au service des besoins agricoles.

La renaissance

Vendu par la famille Zoude en 1942, le fourneau est classé dix ans plus tard au patrimoine national belge par la Commission royale des Monuments et des Sites. Ouf, sauvé ? Pas pour autant ! Les bâtiments entrent dans la torpeur et l’oubli. L’étincelle, ce sera l’arrivée de l’historien et archéologue Willy Lassance, tombé amoureux de ce coin de la vallée de la Masblette. Epris de vieilles pierres, des archives abondantes du monastère et de la tradition orale, ce collaborateur des Musées royaux d’Art et d’Histoire à Bruxelles crée, en 1959, l’asbl Le Fourneau Saint Michel. Objectifs : relever de sa ruine l’unique haut fourneau au charbon de bois conservé in situ en Belgique, que les historiens de la métallurgie considèrent comme le plus beau complexe wallon du XVIIIe siècle, et le transformer en un musée de la métallurgie tout en mettant en valeur les petits métiers ardennais disparus ou en voie de l’être (cloutiers, sabotiers, tonneliers, forgerons…).

Et le rêve de Willy Lassance prend forme : le musée voit le jour en 1960, avec l’aide financière de la Province de Luxembourg – qui achètera le site six ans plus tard – et de la Ville de Saint-Hubert.

Un musée relooké

Le Musée du Fer et de la métallurgie ancienne, qui a subi un lifting complet à partir de 2012 avant de rouvrir ses portes en 2018, propose un parcours à travers les différents bâtiments : halle à charbon, gueulard d’enfournement, grange, haut fourneau, halle de coulée… Chemin faisant, le visiteur découvre les techniques de fabrication de la fonte et l’importance de l’usage du fer dans la vie quotidienne d’autrefois et… d’aujourd’hui encore.

Si le musée parle du passé, c’est de façon moderne. Des exemples ? Une maquette animée explique la force hydraulique. En utilisant des écrans tactiles, les enfants peuvent observer les décors des taques de cheminées : Adam et Eve prêts à succomber au serpent tentateur ; la cigogne revancharde de la fable de La Fontaine, trompant le renard qui l’a bernée… Des artisans modernes (serrurier, fabricant de taques d’égouts…) détaillent leur travail. Un petit film explique le fonctionnement du maka, ce gros marteau pesant de 500 à 600 kilos qui permettait d’expulser les scories de la masse de fer. Ce martelage soudait les grains de métal, corroyait le fer et lui donnait la forme de barres brutes. Cela produisait un bruit lourd que l’on l’entendait de loin dans la vallée de la Masblette.

RACONTE-MOI LA VIE RURALE D’AUTREFOIS !


© Province de Luxembourg

Mais à quoi servait donc cet objet haut de 32 centimètres et profond de 44,5 centimètres qui présente une paire de rouleaux en laiton gravé en creux ? C’est un « bâti à cylindres », dans le jargon du confiseur. Au début du siècle dernier, il permettait le moulage de friandises. En tournant une manivelle, on imprimait un motif sur des bandes de mélasse agrémentées d’arômes, posées sur les cylindres. On formait ainsi les bonbons qui étaient séparés et tamisés. C’est qu’à l’époque les sucreries étaient (déjà) très appréciées. L’utilisation du sucre de betterave, moins cher que le sucre de canne importé, donnait des ailes aux confiseurs…

Ce bâti à cylindres, c’est l’un des innombrables objets que l’on peut découvrir au Musée de la vie rurale en Wallonie créé en 1970 à un jet de pierre du Fourneau Saint-Michel. La Province de Luxembourg y a rassemblé, sur une quarantaine d’hectares, une série de bâtiments représentatifs des différentes régions et sous-régions au sud du Sillon Sambre et Meuse. La Chaumière de Malvoisin, avec logis grange et étable, typique de l’Ardenne-Famenne au milieu du XIXe siècle, a ouvert le bal puis, au fil des années, le site s’est enrichi de cinquante-quatre autres bâtisses rurales (fermes, école, chapelle, magasin, four à pain, ateliers d’artisans…).

Sur une quarantaine d’hectares, la Province de Luxembourg a rassemblé une série de bâtiments représentatifs des différentes régions et sous-régions au sud du Sillon Sambre et Meuse : fermes, école, chapelle, magasin, four à pain, ateliers d’artisans...


Des bâtisses démontées puis remontées

Toutes ces bâtisses ont été transplantées, c’est-à-dire démontées dans leur région d’origine, puis remontées sur le site en utilisant des techniques et des matériaux anciens pour veiller à conserver le cachet authentique. Le personnel provincial a donc dû acquérir certaines techniques artisanales un peu oubliées, comme, par exemple, la fabrication du torchis, en mélangeant paille hachée, chaux, terre et urine de vache (destinée à éloigner les insectes).

Les objectifs de ce musée de plein air ? Sauvegarder le patrimoine bâti ancien, mais aussi faire connaître les conditions de vie, les traditions des paysans et artisans de nos campagnes. Car les cuisines, les chambres, les ateliers sont peuplés de meubles, d’ustensiles, d’accessoires, d’outils et de machines d’époque.

« Le musée est vraiment le reflet de l’habitat et des métiers ruraux d’autrefois, explique Marie-Eve Soenen, directrice du Domaine. Nous possédons quelques 40.000 objets de
collections provenant en grande partie de dons accumulés depuis 1970. »

Recréer les biotopes

Reconstruire une maison de Lorraine belge ou d’Ardenne centrale n’a pas de sens si on la coupe de son environnement. Le site a donc accueilli des haies, des jardins potagers, des vergers, des prairies de fauche, des mares et étangs… Conséquence : le Domaine du Fourneau Saint-Michel n’abrite plus la végétation naturelle qu’on trouve aujourd’hui en forêt de Saint-Hubert. Des plantes rares y ont été observées, ainsi que des animaux devenus presque exceptionnels en nos contrées (des orchidées sauvages , des castors… ).

Un tour du monde en forêt


© P. Willems

Le tsuga heterophylla, cela vous dit quelque chose ? Ce conifère de Californie, au dense feuillage d’un beau vert clair avec des reflets argentés au printemps, a ancré ses racines dans l’Arboretum du Fourneau Saint-Michel. Comme le mélèze du Japon, dont le feuillage vire au jaune orangé en automne.
Mais que font donc ces deux arbres exotiques dans la forêt domaniale de Saint-Michel, au cœur de la forêt ardennaise ? C’est le roi Léopold II qui fit créer cet arboretum en 1899 dans le but d’observer les facultés d’adaptation des espèces exotiques dans les conditions de sol et de climat de l’Ardenne. « Sur la base d’observations, plusieurs espèces ont pu être introduites dans la forêt wallonne. Comme le sapin de Douglas originaire de l’Orégon », explique André Detroz, le garde forestier du cantonnement de Nassogne.
L’arboretum accueille 67 essences résineuses et 37 feuillues. Ses deux hectares sont divisés en 86 parcelles, contenant chacune une ou plusieurs essences. Un sentier didactique de trois kilomètres permet de le parcourir. « Les groupes scolaires qui viennent ici font un tour du monde, ajoute le garde-forestier. Quand je leur explique que le sequoia, à l’imposant tronc de plus de deux mètres de diamètre, est originaire de la Sierra Nevada, en Californie, je vois des yeux briller. C’est l’Amérique ! »

 

Fourneau Saint-Michel
Fourneau Saint-Michel 4
B-6870 Saint-Hubert
+32 (0) 84 210 890

www.fourneausaintmichel.be

 

— Deux balades entre ville et nature

La Boucle noire autour de Charleroi

Tracée par deux Carolos, Francis Pourcel et Micheline Dufert, initiée par cheminsdesterrils et les Sentiers de Grande Randonnée, la Boucle noire est un GR qui chemine sur 23 kilomètres entre le centre-ville de Charleroi, Marchienne-au-Pont, Monceau-sur-Sambre, Roux-Martinet, Marchienne-Docherie et Dampremy, entre la Sambre et le Canal Charleroi-Bruxelles.

La Boucle noire s’affranchit des barrières territoriales de la ville, côtoie des châteaux industriels, serpente dans une forêt réinventée, s’invite dans un parc à l’anglaise, se pose au sommet des terrils. Un peu rebelle, elle passe à travers les murs, explore les vestiges d’un site minier, descend dans les jardins et les sentiers des quartiers de banlieue, côtoie d’anciennes cathédrales industrielles, pousse les marcheurs dans un tunnel glauque, se réapproprie les friches, escalade des terrils-balcons sur un grand paysage. Loin des itinéraires touristiques habituels, c’est un parcours poético-punk qui questionne les contrastes d’une ville en mutation.

Carte du parcours disponible à la Maison du Tourisme, place Charles II 20, à Charleroi
Téléchargement www.cheminsdesterrils.be

Le site de la Citadelle à Namur

A Namur, ce ne sont pas les terrils mais bien la Citadelle, l’une des plus grandes d’Europe, qui domine la ville et est une incitation à la promenade. Si le téléphérique, en cours d’installation, permettra d’y accéder dès le printemps prochain au départ de la place Maurice Servais, en hiver, rien de tel pour sortir de sa torpeur que de l’attaquer à pied en partant, par exemple, des escaliers se trouvant près du Grognon et qui aboutissent à la statue de Jan Fabre, « Searching for Utopia ».

Une fois dans la place, on longera les nombreuses murailles en profitant du panorama sur la ville de Namur et, de passages étroits en espaces verts, on accédera au Centre du visiteur Terra Nova situé dans une ancienne caserne et qui explique, de façon interactive, toute l’histoire de la vie namuroise depuis la nuit des temps. Une visite qui se complètera par une fascinante plongée dans les souterrains, vaste réseau qui a valu à la Citadelle de Namur d’être qualifiée de « termitière de l’Europe » par Napoléon !

La balade se poursuivra jusqu’à l’Esplanade et le Théâtre de Verdure avant de replonger vers la ville via la Tienne des Biches, un petit sentier vert qui aboutit près du Casino.

— Sur les traces des « Ambassadeurs »

Le petit patrimoine d’Olne se raconte sur smartphone
 

Arbre à clous St-Hadelin
En clouant sur l’arbre un morceau de tissu qui avait touché une dent douloureuse, le mal était supposé disparaître. Il semble que le curé n’appréciait pas ces croyances païennes et préférait qu’on vienne prier dans l’église pour remédier à la douleur. Par la fenêtre du presbytère, il pouvait observer les personnes venant clouer des morceaux de tissu avant de venir les arracher.


C’est une initiative intéressante qui a vu le jour à Olne, petite commune de quelque 4.000 habitants située au Pays de Herve. Une application, téléchargeable sur smartphone, permet de partir à la rencontre – sur le terrain en suivant l’audio-guide ou de façon virtuelle en restant confiné à la maison –, du petit patrimoine local. Un patrimoine particulier puisque de 1648 à 1785, Olne fut l’une des rares communes à avoir été rattachée aux Provinces-Unies (les Pays-Bas actuels). Durant près de 140 ans, les cultes protestant et catholique s’y sont ainsi cotoyés, parfois même en se partageant la même église.

« Inscriptions, potales, croix, points d’eau, portails, arbres remarquables… sont autant de témoignages précieux de l’histoire du village, de la vie, des coutumes et des croyances de ses habitants, explique Reiner Kaivers. Il y a quatre ans, la Commission locale de développement rural, dont je suis l’un des animateurs, s’est attelée à recenser quelque 350 objets appartenant à ce petit patrimoine afin de le valoriser. Ce relevé, agrémenté de photos et d’anecdotes, est accessible sur le site olne.petit-patrimoine.be et des recherches par nom, adresse ou hameau peuvent y être faites. Nous avons ensuite monté une exposition didactique et, cet été, une application “ izi.TRAVEL” a vu le jour, incluant un audioguide en quatre langues. »

Petite précision : cet outil instructif rejoint l’application « Beaux Villages » qui permettait déjà de découvrir Olne, l’un des vingt-quatre « Plus beaux villages de Wallonie ».

Le moulin de Lafosse à Manhay

Il a près d’un siècle et pourtant il tourne ! Grâce à l’asbl Aisnagué, le vieux moulin de Lafosse, à Manhay, dont l’activité avait cessé au début des années soixante, est revenu à la vie. Depuis un peu plus de quatre ans, le bruit de la roue et le tic-tac de l’auget qui inlassablement vide la trémie rythment tous les vendredis. Mieux : depuis le confinement, un deuxième jour de travail est nécessaire pour faire face à l’explosion de la demande en farines locales.

C’est en 2014 que l’asbl s’est attelée à ce projet de réhabilitation. Il a d’abord fallu racheter le bâtiment, puis dessiner et construire une nouvelle roue, remettre en route une meule et réaménager le bief afin d’y ramener l’eau de l’Aisne, le tout à l’aide de fonds divers (Province, Région wallonne, financement participatif…)

Aujourd’hui, alimenté par l’énergie hydraulique, le moulin de Lafosse a repris ses activités ancestrales. C’est Olivier Meessen, la cheville ouvrière du projet, qui fait fonction de meunier. Il y moud des graines (froment, épeautre…) afin de faire de la farine et y presse des oléagineux (noix, cameline, chanvre, colza… ).

Vincent Dandoit, ferronnier d’art à Yvoir

C’est l’histoire d’une vocation tardive. De formation, Vincent Dandoit est ingénieur industriel. En 2000 (il a 29 ans), des problèmes de santé lui font perdre son travail. En 2007, il rencontre Catherine, suit une formation d’aide-soignant, mais le feu sacré ne prend pas. C’est en 2011, à l’issue d’une première formation en ferronnerie artisanale près de Charleroi, qu’il prend conscience qu’il est fait pour le travail du fer, mais aussi de la pierre.

« J’ai alors suivi des formations en maçonneries anciennes et en pierres sèches au Centre des métiers du patrimoine de la Paix-Dieu, à Amay, ainsi qu’en taille de la pierre et en restauration de pavage ancien au Pôle de la pierre, à Soignies. En 2013, je me suis lancé comme indépendant. Depuis lors, je réponds aux demandes locales. Je fais de la petite ferronnerie comme des portails, des mains courantes, des enseignes, ainsi que des travaux de maçonnerie et de pavage. J’ai ma propre clientèle mais je rejoins aussi parfois des équipes d’artisans. J’ai ainsi participé à la restauration des murs des châteaux d’Evrehailles et de Poilvache. »

Désireux de partager son savoir-faire, Vincent termine la construction d’une roulotte dans son jardin à Evrehailles. « Nous comptons accueillir des hôtes afin de leur proposer des ateliers de découvertes : sur le fer forgé et la gravure de la pierre, mais aussi sur la fabrication d’un hôtel à insectes et celle du pain au levain. »

Robert Henno, cinéaste animalier à Seneffe

Il est l’un des meilleurs ambassadeurs de Seneffe. De sa faune, surtout, puisque Robert Henno est photographe et cinéaste animalier. La qualité de son travail l’a conduit à la table du jury du Festival International Nature Namur (FINN) où il a présenté plusieurs de ses films. Parmi ceux-ci, Il était une fois, un vieux canal, documentaire qui a été primé dans divers festivals au Canada, aux Etats-Unis et en Inde.

« Il s’agit du tronçon de l’ancien canal Bruxelles-Charleroi qui s’étend sur dix-sept kilomètres de Ronquières à Seneffe », explique cet ingénieur commercial septuagénaire qui, afin de mener à bien son projet, y a guetté la faune pendant dix-huit mois. « La nature y a repris ses droits depuis la construction d’un canal pour les bateaux de 1350 tonnes. Aujourd’hui, la biodiversité y est à nouveau très riche. Outre de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau comme les canards et les hérons, on peut y rencontrer une forte population de couleuvres à collier. Et puis, il y a les oiseaux migrateurs. Ainsi, le canal est l’une des destinations estivales des grèbes huppés et des grèbes castagneux. »

La chouette chevêche


© Robert Henno

Oiseau migrateur, Robert Henno en est une belle espèce également, lui qui est né à Tournai et qui provient de Bruxelles où il s’était installé avec sa famille bien avant de trimbaler ses objectifs dans diverses régions d’Europe et d’Afrique. S’est-il posé à Seneffe afin de trouver davantage de chaleur ? « Je suis venu ici afin de rencontrer l’association Noctua qui a pour but d’étudier et de protéger la chouette chevêche ou chouette d’Athéna. J’ai ainsi pu découvrir et filmer, notamment près des prairies bordées de saules têtards, de nombreuses chouettes de cette espèce, mais j’ai trouvé en même temps un nid d’amour », répond en souriant celui qui s’est ainsi installé à quelques battements d’ailes seulement du château de Seneffe.

Aujourd’hui, Robert Henno a vissé un nouvel objectif sur sa passion dévorante : avec Jean-Christophe Grignard, photographe sous-marin, il s’est lancé dans la réalisation et la production de cinq films documentaires consacrés à la… Wallonie sauvage. « Notre but est de montrer la richesse et la beauté de la biodiversité dans le sud du pays. De nombreuses espèces comme le héron cendré, le faucon pèlerin et le castor, dont la disparition avait été actée à l’époque de notre enfance, sont aujourd’hui revenues. Pourquoi pas d’autres ? Nous voulons délivrer un message d’espoir », lance le cinéaste.

— Renversant!

Deux expositions au Grand-Hornu

Plant Fever Vers un design phyto-centré  (jusqu’au 14 février) 


© Tim van de Velde

Présentée par le CID (Centre d’Innovation et de Design du Grand Hornu), Plant Fever est une exposition sur le potentiel caché des plantes.
Pendant des siècles, notre profond détachement de la nature nous a empêchés de « voir » les plantes et de les considérer comme plus que de simples ressources ou objets de décoration. Aujourd’hui, nombreux sont les designers, scientifiques et ingénieurs qui commencent à considérer les plantes comme de potentielles alliées pouvant nous aider à faire face aux problèmes environnementaux et sociaux actuels et à venir. Plant Fever envisage le futur du design non plus d’un point de vue humano-centré mais phyto-centré. Du design de produits à la mode en passant par des dispositifs open source et des objets mêlant botanique et nouvelles technologies, une sélection d’environ cinquante projets permettra d’explorer des notions telles que la plant blindness, le biomimétisme et le recyclage valorisant, l’éco-féminisme, mais aussi le post-colonialisme.
Pensée comme une exposition militante, Plant Fever ne craindra pas de prendre position, de poser des questions et d’engager le public dans une conversation positive et constructive.

www.cid-grand-hornu.be

No Room for Regrets Johan Muyle  (jusqu’au 18 avril)
RAPPEL


Johan Muyle, B. au bord des lèvres 1992

Le Mac’s, le Musée des Arts Contemporains du Grand-Hornu, organise l’exposition rétrospective de l’artiste belge Johan Muyle, No Room for Regrets.
Considéré comme l’un des artistes belges contemporains les plus importants de sa génération, Johan Muyle, né en 1956 à Montignies-sur-Sambre, est actif sur la scène internationale depuis les années 1980. Son œuvre est principalement constituée de sculptures réalisées à partir d’assemblages d’objets hétéroclites. A travers ses grandes installations dans lesquelles il convoque l’art populaire, Johan Muyle porte un regard critique et poétique sur le monde qui l’entoure. La condition humaine, la guerre en Irak, la politique de Donald Trump, la radicalisation des religions ou encore l’absence de liberté dans notre société contemporaine n’échappent pas à son regard aiguisé et constituent le point de départ de nombreuses œuvres réalisées à partir de 2004.

www.mac-s.be

entre rivières et forêts


© Mathieu_Pecheur

Le Parc naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier est situé au sud de la Belgique. Niché entre rivières et forêts, il s’étend de la Haute-Sûre jusqu’au massif de la Forêt d’Anlier, plus vaste étendue feuillue de Wallonie. Dépaysement garanti au rythme lent de la nature. 


Clairières, zones humides, massifs forestiers… le Parc naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier se caractérise par la diversité et la qualité de ses paysages. Situé au sud de la Belgique, dans un coin des Ardennes qui regorge de légendes diverses et de zones protégées, il englobe sept communes (Bastogne, Fauvillers, Habay, Léglise, Martelange, Vaux-sur-Sûre, Neufchâteau) et couvre une superficie d’environ 80.000 hectares. Le territoire y est rural – l’agriculture et la forêt y occupent chacune 45% du territoire – et reconnu, entre autres, pour la qualité écologique de ses zones humides. Tout y est réuni pour une belle rencontre avec la nature.


Cigognes noires

Du Haut-Plateau de l’Ardenne centrale à la dépression de la Semois

Quoi de plus normal de choisir la cigogne noire comme emblème du Parc ? En effet, cet oiseau fait admirablement bien le lien entre la forêt d’Anlier, où il niche, et le bassin de la Haute-Sûre, qui lui sert de garde-manger… « La Haute-Sûre prend sa source en Ardenne belge, à 510 mètres d’altitude, à la limite des communes de Libramont-Chevigny et de Vaux-sur-Sûre. Elle se dirige ensuite vers le sud-est pour rejoindre Martelange, où elle passe la frontière belgo-luxembourgeoise », explique Laurence Libotte, responsable de la communication du Parc naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier.

La Haute-Sûre et ses affluents incisent le plateau ardennais, créant une succession de vallées délimitées par des versants plus ou moins pentus. D’une trentaine de mètres aux environs de Winville, la dénivellation dépasse les 100 mètres le long de la frontière grand-ducale, offrant des vues plongeantes sur la rivière et ses environs. De nombreuses zones humides ponctuent le paysage composé de prairies, de tourbières basses, de roselières… Ces formations végétales sont riches en espèces rares et remarquables de la flore belge et sont également très appréciées par de nombreux animaux. La vallée de la Sûre et son bassin hydrographique sont d’ailleurs reconnus « zone humide d’importance inter-nationale ».

De la Seconde Guerre mondiale aux Nutons

Il existe diverses façons de découvrir ce territoire multiple. Le Haut-Plateau de l’Ardenne centrale, qui va de Bastogne à Neufchâteau, en passant par Vaux-sur-Sûre, permet de dominer le parc. Le relief est assez calme, légèrement vallonné. La ville de Bastogne n’est évidemment plus à présenter. Le mémorial du Mardasson, situé rue de Clervaux, et le Bastogne War Museum, installé sur le même site, vous immerge dans les souvenirs laissés par la Seconde Guerre mondiale. Sur la place McAuliffe, la place principale de la ville, on peut voir un buste du général McAuliffe, un char Sherman, ainsi que la borne terminale de la « voie de la Liberté ».

Toujours à Bastogne, le Piconrue, Musée de la Grande Ardenne, raconte une histoire, celle de l’Ardenne et des Ardennais. Dans « La Maison des Légendes », les visiteurs s’aventurent dans les bois hantés par le chasseur sauvage, le loup-garou ou le diable. Ils font un crochet par un trou de nuton pour y réparer leurs souliers avant de s’émerveiller devant la beauté des fées. L’entrée au Piconrue est gratuite le premier dimanche de chaque mois.


© FTLB-P.Willems 

De la Vallée du Lac à l’Observatoire Centre Ardenne

A Neufchâteau, la Vallée du Lac est un formidable site de détente et de loisirs. D’une superficie de six hectares, très apprécié des pêcheurs, le lac est le point de départ de nombreuses randonnées pédestres et VTT. En faire le tour prend à peine une demi-heure, sauf si on s’y prête aux exercices du parcours santé. On y rencontre Mon homme assis au bord du lac, une sculpture en bronze. Enfin, la base de loisirs propose une plaine de jeux aqualudiques, ainsi que la location de kayaks, paddles et pédalos.

Depuis 1962, à Libramont-Chevigny et Neufchateau, la Royale Académie Internationale d’Eté de Wallonie (AKDT) est un rendez-vous incontournable pour tous les passionnés d’art, au sens très large. Chaque été, cette fondation d’utilité publique propose près de 200 stages en musique, arts plastiques, danses et musiques du monde, arts du spectacle. Elle accueille des stagiaires de tous âges, niveaux et horizons. En soirée, le grand public est invité à assister aux différentes activités. Pour ceux qui ont souvent la tête dans les étoiles, l’Observatoire Centre Ardenne (OCA), à Grapfontaine (Neufchâteau), est ouvert à toutes et tous sur demande. Il propose des activités régulières ou à la carte durant l’année : visites, observations, conférences, stages enfants et adultes, journées d’entreprises, anniversaires, expositions, portes ouvertes à l’occasion de la Nuit des étoiles filantes (le 14 août), Nuit de l’Obscurité , la Journée de l’Astronomie…


© FTLB-P.Willems 
La passerelle des oiseaux surplombe la Sûre près de la Maison du parc naturel. 

D’une superficie de six hectares, très apprécié des pêcheurs, le lac est le point de départ de nombreuses randonnées pédestres et VTT. 


Plus de 120 circuits balisés

Située à Martelange, au bord de la Sûre et en lisière de la forêt d’Anlier, la Maison du parc naturel propose aux visiteurs de découvrir les nombreux attraits de ce territoire : faune et flore remarquables, patrimoine historique, bâti ou culturel, produits du terroir et artisanat. Accessibles à tous, les quatre salles d’exposition sont une invitation à parcourir la région. Depuis cette maison, les touristes peuvent s’adonner à un jeu de piste : « Mission loutre ». Un peu plus loin, la passerelle des oiseaux surplombe la Sûre et vous guide à la découverte de l’avifaune du lieu. Martelange, c’est aussi le Musée de l’Ardoise, un site idéal pour partir à la découverte d’une activité industrielle qui a fait vivre toute une région et dont on trouve encore les traces sur les sentiers de promenade.

Afin de découvrir ce large territoire, les responsables du parc ont récemment décidé de rééditer différentes cartes de randonnées qu’ils distribuent gratuitement aux touristes de passage. Plus de 120 circuits balisés sont ainsi à découvrir sur le territoire des communes d’Arlon, Attert, Bastogne, Fauvillers, Habay, Léglise, Martelange, Neufchâteau et Vaux-sur-Sûre. Nombreux sont les sites abritant les souvenirs d’un temps lointain : une ferme victime de sortilèges, un sentier marqué par l’empreinte d’un loup-garou, une caverne habitée par des Nutons, une rivière qui héberge de mystérieuses créatures, un village renfermant un secret… Pour découvrir tous ces secrets, le Circuit des Légendes, à faire en voiture, propose de visiter différents endroits présentant un intérêt écologique, patrimonial ou paysager, tout en s’amusant. Désormais, il est aussi possible de parcourir les douze étapes de ce circuit à vélo. Un parcours d’environ 150 kilomètres, structuré en quatre boucles, a été balisé. Les itinéraires sont compris entre 30 et 60 kilomètres.

Destination « slow tourisme »

Point de chute idéal, la forêt d’Anlier constitue également un élément très identitaire sur le territoire du parc. La Rulles et ses affluents cisaillent la bordure du plateau ardennais, créant un relief mouvementé. Les responsables du Parc en ont fait une destination slow tourisme par excellence. Un lieu de chute idéal pour respirer, s’évader, se détendre et se divertir autrement, loin du tourisme de masse. Synonyme de patience, de sérénité et de découvertes approfondies, le tourisme lent en Grande Forêt d’Anlier véhicule des valeurs écologiques et humanistes. Balades ressourçantes en forêt, séjours bien-être, week-ends gastronomiques, observation des animaux… « Les responsables du parc veillent à la promotion de l’écotourisme, en aidant par exemple les propriétaires
d’hébergement à les gérer de façon à avoir le moins d’impact possible sur l’environnement »,
 précise Laurence Libotte. A Habay-la-Neuve, en bordure de la Forêt d’Anlier, le Parc a permis l’installation d’un chantier d’art. Douze sculptures représentant la faune des zones humides se déploient autour des étangs, une passerelle traversant une zone humide a été aménagée et un observatoire à oiseaux surplombe le lieu.

Ce territoire belge ne peut se visiter sans faire une halte du côté de la gastronomie et du terroir. On y trouve les célèbres salaisons ardennaises, dont le jambon d’Ardenne, un des produits phares du terroir wallon. Même les Romains en rapportaient dans la ville éternelle où cette friandise était très appréciée. Le jambon d’Ardenne est typiquement une spécialité obtenue, comme les grands crus, avec des méthodes spécifiques. Le microclimat ardennais et ses phénomènes saisonniers de température, d’humidité, de circulation d’air frais et humide sont indispensables à l’harmonie de la maturation et du séchage de ce produit. Les autres spécialités locales ne manquent pas : le gibier en saison, le pâté gaumais, les bières artisanales, ou encore une palette de fromages en tout genre.
Le Parc naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier est une destination idéale pour se faire plaisir, mais aussi faire le vide et ralentir. Entre rivières et forêts.

UNE NOUVELLE BIÈRE POUR LA FILIÈRE EPEAUTRE 



Au cœur du Parc Naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier, quatre agriculteurs se sont lancés dans la culture de l’épeautre depuis plusieurs années. Ces producteurs regroupés au sein de la filière « Epeautre d’Ardenne » ont lancé différents produits à base de leur céréale : pain, pâtes, épeautre perlé, etc. Et, aujourd’hui, voici leur premier produit commun, la Rulles Epeautre, fabriquée par la Brasserie artisanale de La Rulles avec l’appui du parc naturel.

« L’épeautre, c’est un grain qui est différent de l’orge, explique le brasseur Grégory Verhelst. Déjà, on apporte des protéines, on a une légère acidité et une grande fraîcheur avec un côté un peu plus riche en grains que ce que l’orge donne. Et on va donc sur des arômes de pain, de céréales bien sûr… Ce n’est pas sans rappeler certaines bières au froment. Pour ajouter de la fraîcheur, on a ajouté du houblon qui apporte un petit goût d’agrumes ».

Pour la Rulles Epeautre, Grégory Verhelst a aussi opté pour de l’orge belge à 100 % et cela lui vaut de pouvoir afficher le label wallon « Prix juste producteur ». « C’est le produit le plus local que l’on ait fait jusqu’à présent ! » ajoute le brasseur. Et cela tombait au bon moment puisque la Brasserie artisanale de Rulles est en pleine réflexion sur sa manière de produire et compte introduire progressivement des matières premières bio au cœur de ses brassins.


Parc Naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier
Chemin du Moulin 2
B-6630 Martelange

+32 (0) 63 45 74 77

www.parcnaturel.be

 

UNE EXPÉRIENCE « GLAMPING »

A Martelange, sur les rives de la Sûre, le Nutchel propose une nouvelle expérience « glamping » inédite. Vingt-six cabanes en bois y ont été installées pour échapper au quotidien mouvementé et se reconnecter à la nature.


A quelques centaines de mètres du village de Martelange, en direction de Radelange, des cabanes en bois jouent à cache-cache au milieu de la colline. Pour les rejoindre, il faut emprunter un pont de bois qui surplombe la Sûre et s’aventurer sur un chemin forestier. « Bienvenue au Nutchel « Les Ardennes », notre camp forestier », lance Julie Bressot, la coordinatrice marketing du site. « Vous trouverez ici vingt-six cabanes, réparties sur cinq hectares, pour profiter du calme, loin de la technologie et de l’agitation extérieure. »

Ouvert depuis le 28 juin 2020, le Nutchel s’inscrit dans la tendance du « glamping », un mode d’hébergement touristique en pleine nature, associant le confort au respect de l’environnement. « L’idée est de pouvoir se reconnecter à la nature, de se retrouver en famille ou entre amis pour quelques jours, de revenir à l’essentiel en faisant soi-même son feu de bois. On s’inscrit dans le concept du slow tourisme. Nos clients veulent prendre leur temps, consommer simplement, dans le respect de la nature et de l’environnement », précise notre hôte.

S’intégrer dans le tissu local

A l’entrée du camp, un immense tipi sert actuellement de réception. Les touristes peuvent y acheter quelques articles de première nécessité, ainsi que des produits locaux comme de la bière, des confitures ou du miel. « Notre volonté est de nous intégrer dans le tissu local afin de privilégier les circuits courts. Nous travaillons déjà avec la boulangerie Stouvenacker pour les pains et les viennoiseries et nous sommes en contact avec d’autres producteurs et restaurants locaux afin de développer notre offre, confie Julie. L’objectif est de proposer des paniers pour le petit-déjeuner, le barbecue ou le pique-nique, ainsi que des planches apéritives. »

Alors que des enfants roulent à vélo sur les sentiers, des couples se retrouvent sur leur terrasse, à l’abri des regards. Les cabanes sont implantées dans diverses parties du domaine : l’espace aux pins, l’espace aux feuillus et la clairière. Certaines cabanes sont dans une zone plus dense de la forêt, les arbres qui les entourent leur procurant de la fraîcheur en été et les protégeant des intempéries en hiver. D’autres sont situées dans une zone plus aérée et sont donc plus lumineuses, offrant de jolies vues sur les collines environnantes.


Les cabanes, d’une capacité de 2, 4 ou 6 personnes, disposent d’un confort fait de simplicité.

Lampes à huile et poêles à bois

Vivre en pleine nature procure une tout autre expérience qu’un séjour dans un banal hôtel all-inclusive. Les cabanes, d’une capacité de 2, 4 ou 6 personnes, disposent d’un confort fait de simplicité. Une seule prise électrique, non occupée par un objet, est à disposition. Ici, la lampe à huile et le poêle à bois retrouvent leur utilité première, celle d’éclairer et de chauffer, tout en créant une atmosphère propice à la détente. La cuisinière est au gaz et chaque emplacement dispose de son barbecue extérieur. Certaines cabanes sont également équipées d’un bain nordique pour une expérience encore plus glamour.

Au Nutchel, les visiteurs peuvent louer des VTT et des vélos électriques pour partir à la découverte de l’Ardenne environnante. « La région regorge de balades à pied ou à vélo. La Maison du Parc naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier est située à quelques centaines de mètres seulement. Elle propose de nombreux circuits de randonnées. » Avec son paysage vallonné de carte postale, cette région de Belgique est l’endroit parfait pour se reconnecter à la nature et pour partir à l’aventure en famille ou entre amis. « Notre projet est aussi d’accueillir des groupes pour des mariages, des team buildings ou d’autres événements privés. » Une autre volonté des fondateurs, Bernard Van Laethem et Clémence Rousseau-Dumarcet, est de développer ce concept ailleurs en Europe, à commencer par les pays limitrophes.

Nutchel forest camp "Les Ardennes"
Rue de Radelange 51
B-6630 Martelange

+35 2 2879 3737

www.nutchel.be

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