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Un mémorial entre guerre et paix

  • Patrimoine
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Wallonie

Par Christian Sonon

Le Mons Memorial Museum sera un espace de questionnement autour de la guerre mais aussi une vitrine de l’histoire socioculturelle d’une région. Un retour aux sources pour le site de la Machine à eau. Date du baptême, printemps 2015.

Mons Memorial Museum. Baptisé dans un premier temps Centre d’interprétation de l’histoire militaire, le nouvel espace muséal de 3 000 m², qui viendra s’accoler sur le site de la Machine à eau, a finalement opté pour une appellation qui coiffe les différents rôles qu’il sera appelé à remplir dès le printemps 2015 : un lieu de réflexion, un musée, un espace de questionnement, un centre d’interprétation.

En effet, si le futur complexe servira bien de vitrine aux quelque 5 000 objets issus des collections d’Histoire militaire de la Ville de Mons et exposés jadis au Musée du Centenaire, il constituera surtout un lieu d’échanges intergénérationnels au coeur d’un territoire de mémoire marqué par les deux guerres mondiales qui défigurèrent le XXe siècle. « Le Mons Memorial Museum sera le fruit de deux années de réflexions menées par des historiens, architectes, spécialistes multimédias et scénographes, explique le conservateur Guillaume Blondeau. Car on ne conçoit plus aujourd’hui un musée autour d’un parcours uniquement explicatif. Nous voulions trouver un équilibre délicat entre une approche af fective des guerres et une démarche historique plus distanciée. Des espaces immersifs et des dispositifs interactifs ont ainsi été imaginés par les scénographes bruxellois, Winston Spriet et Martial Prévert, auxquels on doit, entre autres, la mise en scène du Musée Magritte. »

Concrètement, l’exposition permanente (1 200 m²) sera divisée en trois parties : la période s’étendant du Moyen Âge à la fin du XIXe siècle, la Guerre 14-18 et la Seconde Guerre mondiale. Deux fils rouges conduiront les visiteurs tout au long de ce parcours : les relations entre civils et militaires d’une part, les témoignages de la population et des soldats des différentes armées d’autre part. « Les trois quarts de l’exposition seront consa crés à la vie quotidienne pendant l’occupation, commente le responsable. Il s’agira donc bien d’un territoire de la mémoire dédié à l’histoire socioculturelle et non plus à la seule histoire militaire. »

La bataille de Mons, mieux connue des Britanniques

Ville fortifiée – du XIIe au XIXe siècle –, dont l’histoire est jalonnée de batailles, sièges, incendies et reconstructions, la Cité du Doudou fut relativement épargnée par la Seconde Guerre mondiale à l’issue de laquelle elle fut l’une des premières villes belges libérées par les Américains. La Grande Guerre, en revanche, la projeta davantage sous les feux – sanglants – de l’actualité, et ce même si la majorité de la population belge s’avérerait bien incapable d’évoquer un seul fait saillant survenu durant ces quatre années de peur entre la Haine et la Trouille. Il n’en est pas de même en Grande-Bretagne, où le seul nom de la ville évoque the beginning, le commencement. « C’est lors de la bataille de Mons qu’eut lieu, le 23 août 1914, le premier affrontement entre les troupes britanniques et allemandes, raconte le conservateur. Les pertes furent très importantes et les soldats des deux camps sont enterrés côte à côte au cimetière militaire de Saint-Symphorien, un lieu symbolique fort visité par les familles britanniques ». Et le conservateur d’ajouter, souriant : « Selon la légende, les Anglais auraient été aidés par des anges guerriers… Ce thème fera d’ailleurs l’objet d’une prochaine exposition temporaire. »

Et en temps de paix…

Après quelques tâtonnements, c’est donc la Machine à eau, dont le hall industriel fut rénové dans les années 1990, qui a été choisi comme écrin pour le nouvel espace muséal. Un lieu historique puisque les bâtiments furent érigés en 1870-1871 afin d’alimenter la ville en eau potable. La Trouille fut alors détournée afin de servir de force motrice à la machinerie chargée de pomper l’eau de source jusqu’au parc du beffroi, point culminant de la ville. Les façades de ce bâtiment situé boulevard Dolez – du nom du bourgmestre de Mons qui fit procéder à sa construction – étant classées, l’Atelier d’architecture Pierre Hebbelinck et De Wit (Liège) a imaginé de bâtir les deux salles d’exposition de part et d’autre du hall d’origine qui servira de lieu central d’accueil. Le courant s’est donc inversé. Après avoir servi à distribuer l’eau dans les chaumières pendant près d’un siècle, la Machine à eau deviendra un lieu de convergence pour la mémoire collective. Un retour aux sources, en quelque sorte. Nul doute que son inauguration, qui s’inscrira parmi les festivités organisées en 2015 dans le cadre de « Mons, capitale européenne de la culture », se fera en grandes pompes !

Informations : 

Boulevard Dolez
7000 Mons
Tel. : +32 (0) 65 40 53 05
polemuseal@ville.mons.be www.monsmemorialmuseum.mons.be

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