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L’œuvre monumentale de Roger Jacob renaît à Liège grâce à CMI

 Né à Arlon en 1924, formé à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, Roger Jacob rêvait de voir l’art descendre dans la rue, occuper les usines et les bâtiments publics. C’est ainsi que ses « cracheurs » ornent les fontaines du Mont des Arts, à Bruxelles, et que l’on pouvait voir, jusqu’il y a peu, l’une de ses œuvres monumentales en acier corten veiller sur l’entrée de l’usine à zinc Prayon, à Engis. L’imparfait est de mise car la sculpture, réalisée en 1972, était fortement endommagée par les aléas du temps et une action énergique s’imposait. L’entreprise fit donc don de l’œuvre à la Ville de Liège qui, motivée par une politique culturelle sensible à l’art
 urbain, prit la décision, en collaboration avec la Fondation
 « Les amis de Roger Jacob », de déplacer, rénover et réimplanter celle-ci au boulevard Frère Orban, au pied de la nouvelle passerelle. C’est le Groupe CMI, implanté à Seraing sur le siège historique de l’usine de John Cockerill, qui, dans le cadre de son 200e anniversaire, se chargea de gérer et de financer la rénovation et les transports, en faisant appel à différentes entreprises de la région (le Bureau Greisch, la société Renory, MB Transports, Somef et les Ateliers Melens-Dejardin). La réimplantation de l’œuvre de Roger Jacob, qui avait migré au début des années septante en terres liégeoises, a été inaugurée ce mardi 24 octobre en présence des autorités liégeoises, de Bernard Serin, l’administrateur délégué du Groupe CMI, et des membres de la Fondation Roger Jacob.

 

Au PointCulture Liège, trône une drôle de cabine qui ressemble à un photomaton. Elle émet une musique envoûtante. Le curieux qui s’y introduit ne peut s’attendre à vivre une expérience aussi désopilante et hors du commun. Le LoveBot, ce robot au sourire enjôleur, vous embarque dans une aventure qui, en quelques minutes à peine, suscitera une réflexion sur les relations amoureuses et amicales, sur les sites de rencontres, sur les réseaux sociaux en général.

 

Eli, pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Eli — J’ai suivi mes études à l’IHECS jusqu’en 2014. Cela consistait en un baccalauréat en communication prolongé d’un Master en éducation permanente, spécialisé en éducation aux médias. C’est plus une démarche d’apprentissage, d’éducation dédiée aux adultes, d’animation socioculturelle. Par après, dans mon parcours professionnel, j’ai cherché à intégrer des maisons de production ou des agences de communication qui étaient spécialisées dans la production de contenus interactifs, de fiction ou de documentaire dont la diffusion a majoritairement lieu sur le web. Mon questionnement était : comment susciter une écoute du grand public vis-à-vis de discours alternatifs ? Le milieu associatif a des méthodes qui ont fait leur preuve, mais il prêche souvent des convertis. Personne n’a de solutions miracles, mais je m’intéresse beaucoup à la culture populaire, à la façon dont elle raconte et elle façonne à la fois notre rapport au monde et aux autres. Pendant mon Master, je travaillais déjà pour Switch ASBL qui produit des outils pédagogiques transmédia. J’ai également travaillé au Canada, à Montréal, dans une agence qui a notamment produit le tout gros webdoc « Fort McMoney » qui traite de l’exploitation pétrolière en Alberta. Une grosse production avec de très gros budgets ! Inégalable chez nous… Au Liège Web Fest en 2015, j’ai eu la chance que le Prix Voix de Femmes me soit accordé. Il a donné lieu à une carte blanche qu’on développe en ce moment avec Flo et Camille de l’ASBL Voix de Femmes jusque fin 2017 sur la thématique des « intimités numériques ». En ces termes, on entend la manière dont nos représentations des genres, sexualités, rapports amoureux évoluent avec nos pratiques du numérique. À l’inverse également, ça pose la question de savoir comment nos représentations du genre, de l’amour, de la sexualité modèlent le Web tel qu’on le connaît aujourd’hui. Ici, il s’agit d’un véritable travail d’auteur inscrit dans une démarche plus artistique que pédagogique.

Votre projet, le LoveBot, tel qu’il se présente maintenant a-t-il été pensé tel quel dès le début de la réflexion ?

Eli — Au début, plusieurs thématiques se dessinaient. Mais le projet a vite tourné sur une thématique précise : la question de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. Mon mémoire portait sur ce sujet, en particulier sur les obstacles à la mise en place d’un programme pertinent et égalitaire dans les écoles du secondaire. Ça reste un sujet tabou. Il y a déjà toute une déconstruction à faire dans le chef des personnes qui sont censées mener ces programmes. En bref, c’est compliqué de mettre en place un vrai cours digne de ce nom. C’est de là que vient mon attrait pour cette thématique. En réponse à cette difficulté, je m’étais intéressée à des chaînes YouTube avec des YouTubeuses ou des YouTubeurs qui parlent de sexualité ou de genre. Je me disais que c’était là un parfait exemple d’éducation par les pairs qui crée une alternative à l’école et où les jeunes peuvent quand même trouver des réponses à leurs questions. C’est une pratique numérique qui n’existait pas il y a dix ans de cela et qui, à présent, contribue à la construction de nos identités de genre et sexuelle. Ça représente la base de notre réflexion. Ensuite, on a élargi à la manière dont le numérique influence toutes ces représentations. Au début, je partais donc sur un public plus jeune, plutôt des adolescents. Ensuite, je me suis intéressée aux sites de rencontres. Je me suis moi-même inscrite sur plein de sites de rencontres en précisant bien sur mon profil que j’étais là dans le cadre d’un projet. Je cherchais simplement à obtenir des retours d’expériences.

Et ça a fonctionné ? Vous avez eu des retours ?

Eli — Oui, oui. Plein de gens sont venus me parler ! Je me suis vite rendu compte qu’il y avait beaucoup de violence sur ces sites. Beaucoup de frustration également ! C’est un constat, car, par exemple, les expériences des femmes et des hommes sur ces sites ne sont pas du tout les mêmes. Dans le cadre de relations hétérosexuelles, celle des femmes fait ressortir qu’elles sont super sollicitées. Tellement sollicitées qu’elles ne répondent même plus aux dizaines de messages reçus. Du côté des hommes, ils sollicitent énormément, mais reçoivent très peu, voire pas de retour. Du coup, certains ont recours à des formes communications plus violentes, provoquent pour avoir un contact plus que dans l’espoir d’obtenir une rencontre. On voit également qu’il y a une relation forte entre la manière dont ces plates-formes sont conçues et la façon dont les personnes communiquent sur chacun de ces sites. Cette problématique-ci sera au cœur d’un projet futur. 

Et le projet actuel, le LoveBot…

Eli — Le LoveBot fait plutôt l’objet d’une réflexion sur le contrôle effectué sur ces sites de rencontres. Le contrôle qui y est présent à de nombreux niveaux. Le premier contrôle, c’est celui que l’on s’impose soi-même. Quand on crée un profil, on veut vraiment maîtriser le plus possible son image, on veut « bien paraître ». La photo doit refléter une personne sympathique, on met des infos qui nous font paraître intéressants, etc. Le deuxième contrôle consiste à comparer les données personnelles obtenues sur ton interlocuteur avec celles diffusées sur d’autres réseaux sociaux, pour voir si elles sont cohérentes. Il a aussi le contrôle de la rencontre en tant que telle. On choisit par exemple une date qui nous arrange, un lieu où l’on se sent à l’aise, on se prépare à la rencontre et on estime que de cette manière, on favorise la réussite.  Du côté des concepteurs, il y a toute la question des algorithmes de recommandation. Tout cela est très idéologique parce que ça part du principe de « qui se ressemble s’assemble » et que les gens qui ont des intérêts en commun vont forcément bien s’entendre… Bref, que le partage se fait entre gens d’une même bulle ! On évolue toujours dans des bains tièdes, entourés de gens qui sont toujours d’accord avec nous. Il se crée une sorte de consensus qui renforce les savoirs déjà acquis, mais qui ne remet jamais en cause nos grilles de lecture. Or, pour créer un apprentissage, il faut, à un moment, créer un court-circuit. Dans les systèmes des sites de rencontres, ce fameux court-circuit n’a jamais lieu.

Le court-circuit, c’est donc la technique du LoveBot ?

Eli — Oui, tout à fait. Sans spoiler ce qui se passe durant l’expérience à l’intérieur de la cabine – parce que tout est justement basé sur l’effet de surprise et la frustration –, le but, c’est de compléter un profil dans le LoveBot. On va te poser des questions un peu bateau comme sur les sites de rencontres, par exemple, ton âge, ton orientation sexuelle, etc. Mais si tu réponds que tu es hétéro, la machine pourrait tout aussi bien te suggérer une personne du même genre. Autrement dit, le profil que tu complètes n’a aucune incidence sur la personne qui t’est suggérée. L’objectif est que, ne serait-ce que pendant deux secondes, tu te poses la question de savoir si cette personne te plaît. Ça permet de sortir un instant de son identité pour rentrer dans un questionnement, une réflexion, une prise de recul. Par le LoveBot, on tente de prendre le contrepied du concept de « qui se ressemble s’assemble ». L’expérience est chouette et didactique, elle met un petit peu mal à l’aise, mais dans le fond, ça reste ludique. Il est possible de réellement faire des rencontres à travers le LoveBot puisque les utilisateurs peuvent être mis en contact les uns avec les autres à la fin du processus. 

Ces expériences compilées aboutiront-elles à un bilan, à une analyse ?

Eli — Oui, à une recherche qui permettra de dessiner les grandes tendances. Par exemple, combien d’utilisateurs ont été jusqu’au bout du processus ? Quelles sont les étapes qui ont posé problème ? Ce qui ressort déjà, c’est la curiosité : on aime avoir accès aux données personnelles des autres sans se dévoiler soi-même. Si on enlevait cette possibilité de « voir sans être vu », on ne passerait pas notre temps à espionner les profils des autres. D’une part, les analyses se réaliseront sur les statistiques et, d’autre part, sur le qualitatif. Par exemple, sur le contenu de messages, sur leur nature violente ou non (après avoir défini le terme). Par violence, je parle des mots utilisés (sexuellement explicites, insultant, etc.). Une vaste série de questions à caractère sociologique peuvent être soulevées. Cette recherche sera probablement menée en partenariat avec les universités de Namur et de Montréal. C’est chouette de faire partie d’un projet transversal, qui a trait à la fois à l’art numérique, à la recherche, à l’éducation permanente. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de l’art numérique qui permet de faire collaborer plusieurs milieux qui n’ont pas forcément l’habitude de travailler ensemble.

Le LoveBot a commencé sa tournée à Liège. Est-il envisageable qu’il voyage dans d’autres villes, comme Namur, Bruxelles ou Montréal par exemple ?

Eli — Oui, certainement. Le questionnement est tellement « universel » – du moins, dans les pays développés qui ont un accès aisé au Web. On s’oriente aussi sur le Québec parce que, depuis des années, se développent dans cette région des programmes de sensibilisation et d’éducation aux questions de genre, d’identité sexuelle. Faire tourner la cabine là-bas, analyser ensuite les données recueillies par les Québécois et les comparer à celles des utilisateurs belges pourraient dégager certaines divergences. Le projet est bien parti pour durer un bout de temps, au moins jusque fin 2017 !

www.voixdefemmes.org

Jusqu’au 2 juin 2019, la gare de Liège Guillemins accueille une expérience immersive dans une époque marquante de l’histoire. La nouvelle exposition d’Europa Expo plonge les nostalgiques et les curieux dans l’atmosphère « libérée » des années 80. Embarquement immédiat pour “Génération 80 Expérience” !

 
Direction le niveau 1 du parking de la gare, un endroit insolite pour accueillir une exposition. Mille cinq cents mètres carrés d’espace, une centaine d’écrans, plus de 500 pièces originales prêtées ou louées en provenance de musées, d’institutions ou encore de collectionneurs privés. Une veste de Freddie Mercury et de Madonna, la Formule 1 de Thierry Boutsen, Tatayet, des dessins de Kroll, un oreiller signé par Michael Jackson… Des objets mis en scène par une équipe de spécialistes qui, pendant six mois, s’est attelée à construire les décors d’une exposition qui en durera huit et dont le coût s’élève à 3,5 millions d’euros.

L’idée a été définitivement adoptée à l’été 2017. L’équipe d’Europa Expo a alors procédé à la phase d’étude. C’est l’étape de documentation et de recherche des pièces phares au sein du réseau de collectionneurs et musées. Puis est venue la construction du scénario. Le fil rouge va permettre l’organisation des espaces et la mise en scène. Une dizaine de thèmes sont abordés : les nouvelles technologies, les grands événements, la politique, l’économie, l’humour, les arts, la culture, le sport, le cinéma… La majorité des décors a été spécialement créée par l’équipe pour les besoins de l’exposition. Les nostalgiques, les simples curieux ou la génération qui n’a pas connu la disquette ne resteront pas indifférents en parcourant les allées de l’exposition.

Plongée au coeur d’une décennie mémorable

Pendant deux heures, l’expo “Génération 80 Expérience » immerge le visiteur au sein des années 80. Si celui-ci s’attend à découvrir une longue série de cadres fixés au mur, retraçant une décennie qui a incroyablement marqué les esprits, autant dire qu’il sera déçu. L’exposition invite le visiteur, ou le spectateur, à vivre une expérience immersive. Un véritable dancing des années 80 où on peut se dandiner sur le rythme de « La danse des canards », le studio d’une radio libre, le plateau de l’émission télévisée de Michel Drucker « Champs Elysées », la cuisine de E.T… Manfred Dahmen, responsable communication et relations presse pour Europa Expo, explique la démarche : « L’idée vient d’un consensus au sein de l’équipe à propos des années 80. Elles constituent un thème d’actualité et elles ont profondément marqué l’histoire, que ce soit au niveau technologique, politique, économique ou encore culturel. »

Il y a en effet un avant et un après ces années. La décennie est empreinte de nouveautés : la naissance de technologies frémissantes, une (pop) culture riche, des avancées médicales importantes, Voyager 2 dans l’espace… Une jeunesse qui goûte à la liberté éclose après les mouvements sociaux de 1968. Cette époque a cependant été bouleversée par la gravité de l’actualité : la guerre froide, la découverte du virus du sida, Tchernobyl, la chute du Mur de Berlin…

Trois spectacles d’immersion

En parcourant l’expo “Génération 80 Expérience”, le visiteur passe à travers trois espaces particuliers où sont proposés des « spectacles ». Le premier plonge le spectateur dans un cimetière ! Pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de celui qui caractérise le clip vidéo historique « Thriller » de Michael Jackson, sorti en 1983. Un court-métrage de 14 minutes, en 35 mm. La chanson démarre, une tombe s’ouvre, une femme morte-vivante arrive et un zombie ouvre une porte. On pose le pied sur les pavés, les lianes recouvrent les murs, un aventurier et une pierre précieuse... Le deuxième spectacle envoie le visiteur dans le Temple Maudit d’Indiana Jones (1984), le deuxième volet d’une série de quatre films réalisés par Steven Spielberg et mettant en scène l’aventurier Harrison Ford. Quant au troisième, il clôture le parcours par un événement décisif de la décennie : la chute du Mur de Berlin en 1989. Avec la possibilité de casser soi-même des morceaux de mur via la technologie de réalité augmentée…

Et de sept pour Europa Expo !
C’est la septième fois qu’Europa Expo organise une exposition dans l’enceinte de la gare de Liège Guillemins. La société, qui regroupe Europa 50 et Collections & Patrimoines, a été créée par le Welkenraedtois René Schyns. Depuis plus de 25 ans, elle est spécialisée dans « la conception, la production et l’organisation d’expositions de grande envergure », telles que « SOS Planète », « Golden Sixties », « Liège Expo 14-18 », « J’aurai 20 ans en 2030 »… A l’automne prochain, c’est l’Egypte qui sera à l’honneur dans le même espace.

 www.europaexpo.be

Santé  - Dim3 teste ses plateformes au Texas

DIM3 est une société liégeoise spécialisée en Informatique & Electronique médicales. Son objectif est de développer, produire et commercialiser des plateformes cliniques expertes d’aide à la décision médicale. La nutrition artificielle étant un enjeu majeur en milieu hospitalier – des études montrent que les patients admis en soins intensifs ne reçoivent qu’entre 50 et 60%  des quantités d’aliments artificiels prescrites et cette dénutrition engendre des coûts faramineux –, le premier domaine sur lequel l’entreprise s’est concentré est celui de la nutrition clinique dans les unités de soins intensifs. Dim3 a ainsi mis au point une plateforme digitale d’aide à la décision médicale, appelée Nutrow (un logiciel couplé à un dispositif de transmission de données vers des pompes d’alimentation), permettant un suivi en temps réel de l’état nutritionnel d’un patient.

Lors de la mission technologique au Texas organisée fin septembre par l’Awex, Owin (le réseau d’innovation développé par l’Awex) et ses partenaires texans (dont la Texas A&M University), Dim3 a confirmé le tout prochain lancement de la validation de sa plateforme Nutrow au sein du CHI - Sint Joseph Hospital de Bryan. Concrètement, ce lancement permettra à la société liégeoise de valider sur le terrain, en grandeur réelle, l’utilisation de sa plateforme et de son impact en termes économiques et de santé par une étude comparative qui devrait durer entre 12 et 15 mois.

« Cette étape est essentielle pour nous, déclare Jean-Claude Havaux, CEO de DIM3. Elle constitue en effet notre premier pas dans la conquête du marché américain et concrétise près d’un an de contacts et de mises au point du protocole de validation. Nous restons ainsi dans la droite ligne de notre plan de développement international. »

Situé en plein carrefour européen, à Bierset, Liege Airport emporte sous son aile des centaines d’entreprises de la région et assied sa réputation d’expert en logistique dans le monde entier. Et l’envolée se poursuit grâce aux nouveaux services qui voient le jour sur le site.

« Liege Airport aujourd’hui, c’est une connexion avec 250 aéroports dans le monde, près de 800.000 tonnes de marchandises transférées et 192.000 passagers transportés chaque année », indique Christian Delcourt, le responsable des communications de l’entreprise. Premier aéroport cargo de Belgique (devant Brussels Airport), Liege Airport (LA) ne connaît que des nuits blanches : les manutentionnaires travaillent 7j/7 et 24h/24 pour offrir, en moins d’une journée de transport, un service de qualité à 400 millions d’utilisateurs, d’Amsterdam à Francfort en passant par Paris. Ce cœur vibrant bat fort et n’est pas près de s’arrêter.

Depuis 2010, la direction suit d’ailleurs un plan stratégique ambitieux pour le développement d’immeubles de bureaux, en plus d’un espace de convivialité dédié aux piétons devant le terminal passager. Un Master Plan qui sera mis à exécution par un consortium mené par Philippe Valentiny, le dirigeant du bureau liégeois Valentiny Architectes. Alliant l’urbanité à la ruralité, les projets du Liege Airport Business Park s’intègrent dans une volonté de respect de l’environnement, tout en garantissant à ses partenaires un espace de travail à la pointe de la technologie axé sur le développement durable.

De la Chine, avec Alibaba, à la Russie, avec l’opérateur Air Bridge Cargo, Liege Airport a su capter l’attention des géants du fret et de l’e-commerce qui génèrent dans leur sillon des dizaines de nouveaux créneaux pour la région. Afin de pouvoir les y accueillir prochainement, les responsables de LA travaillent à la construction d’infrastructures logistiques de pointe. Luc Partoune, son CEO, explique : « Un premier hall de 6.000 m² sera opérationnel dans les prochaines semaines et plus de 20.000 m² seront rapidement construits, ainsi que quatre nouveaux parkings pour des avions gros porteurs. Il s’agit d’un investissement majeur puisque cela représente plus de 50 millions d’euros avec, à la clef, plusieurs centaines d’emplois créés. »

Une stratégie d’excellence qui porte déjà ses fruits puisque les centres d’affaires et les entrepôts présentent un taux d’occupation respectivement de 97 et de 100 % ! Et ce n’est qu’un début…

www.liegeairport.com/passenger/fr

Fly Aeolus - Des jets privés en guise de taxis

Dans les hangars et sur les pistes de Liege Airport, les poids lourds côtoient une flotte plus légère. L’aéroport dispose en effet d’une infrastructure et d’un personnel réservés à l’aviation d’affaires. Un marché surprenant, mais qui monte indubitablement en flèche depuis quelques années.

Fly Aeolus y propose des vols privés ou d’affaires de taxi aérien vers plus de 1.600 destinations en Europe. Avec un accès aux aérodromes régionaux et aéroports de loisirs, la compagnie permet aux professionnels de voyager rapidement et efficacement, à un prix abordable et rationnel. La société a le vent en poupe et compte actuellement douze avions, dont un à Liège, qui sillonnent les airs de jour comme de nuit et offrent une liaison sans escale entre les pôles économiques.

« Nous avons par exemple ramené un DJ de Tomorrowland à Londres en 1h20. », se souvient Xavier Leballue, support de vente chez Fly Aeolus.  « L’artiste se produisait dans une boîte de Londres quelques heures après avoir enflammé le public du célèbre festival anversois. La compagnie a aussi déjà répondu présente pour l’envoi en toute urgence d’une pièce d’usine indispensable au bon fonctionnement d’une chaîne d’assemblage à Manchester. Enfin, elle a permis à un chef d’entreprise de rendre visite à ses cinq plus gros clients en un minimum de temps. » Voilà ce qu’on appelle une gestion de temps efficace et rentable !

La direction de Liege Airport a senti le souffle de l’opportunité et développe d’ores et déjà, en partenariat avec des investisseurs, un nouvel espace de confort capable d’accueillir les pilotes et les passagers de demain. Affaire à suivre, donc.

Heli and Co - Sky is no limit !

Initialement implantée à Spa, Heli and Co est une société de travail et de transport par hélicoptère qui occupe un hangar dans la zone nord de l’aéroport. Elle assure un service aérien qui va de l’observation de conduites de gaz ou de lignes à haute tension, au reportage vidéo lors d’événements sportifs. En se posant à Liege Airport, la compagnie entend profiter de l’accès autoroutier et de la proximité du site avec les frontières néerlandaise, allemande, luxembourgeoise et française, et, bien sûr, se faire connaître à l’international !

« Composée de dix-sept hélicoptères Eurocopter Écureuil (mono et biturbine) et Robinson R44, la flotte liégeoise survole principalement l’Europe, mais peut se rendre jusqu’en Azerbaïdjan, pour le Grand Prix, par exemple », nous explique Michèle Bontinck, manager assistant. Ainsi, toute l’année, Heli and Co offre aux téléspectateurs des images exceptionnelles du Championnat du monde des rallyes, de courses cyclistes ou encore de courses de Formule 1 pour la retransmission internationale des Grands Prix. La société assure également la coordination aérienne de grands événements sportifs, dont la coupe du monde de football, les Jeux Olympiques, l’Euro de football ou encore les Jeux d’Asie.

Au-delà des missions professionnelles, Heli and Co propose aussi des formations théoriques et pratiques en partenariat avec le CEFA (Centre Européen de Formation Aéronautique) de Luxembourg et Capitale Hélicoptère de Québec, ainsi que des baptêmes de l’air, des vols d’initiation et des circuits panoramiques ou gastronomiques pour ses clients les plus audacieux. Une vaste gamme de services adaptés aux goûts et aux besoins de chacun, sur terre ou dans les airs.

Horse Inn - Le développement bride abattue

Le saviez-vous ? Liege Airport est particulièrement réputé pour le transport des animaux vivants : pandas, girafons, dauphins (!)… Ne reculant devant aucun obstacle, la société de manutention LACHS (Liege Air Cargo Handling Services S.A.) a réussi à gagner ses éperons en transport de chevaux de haute valeur. « Chaque année, ce sont plus de 3.000 athlètes accompagnés de leurs grooms qui transitent par Liege Airport, avant de prendre la route ou de s’envoler vers le monde entier », explique Christian Delcourt, responsable de communication de LA. « Du Qatar aux États-Unis, tout le milieu équestre salue la qualité de nos installations. » Ainsi, en septembre dernier, ce sont pas moins de 500 chevaux parmi les meilleurs d’Europe qui se sont embarqués à Bierset afin de mettre le cap sur la Caroline du Sud où avaient lieu les Jeux Equestres Mondiaux.

L’Horse Inn offre un service sur mesure et tout le confort dont ces chevaux VIP ont besoin : 55 boxes spacieux et luxueux, une zone de soins et de relaxation pour récupérer du décalage horaire, un vétérinaire sur place en permanence, un espace entièrement adapté et un accès direct à l’airside. Résultat : un transit efficace et sécurisé, avec un minimum de stress. Les grooms disposent également d’une salle d’eau, d’une connexion Wi-Fi gratuite et d’une pièce sécurisée pour leurs effets personnels. Ils profitent en outre de l’accès à l’hôtel Park Inn et aux restaurants des environs.

L’endroit est d’ailleurs soutenu par Félix-Marie Brasseur, célèbre meneur belge spécialisé en attelage, devenu ambassadeur de l’Horse Inn. Véritable pôle économique et social, Liege Airport assure quotidiennement un service complet grâce aux sociétés de manutention au sol, autorités, douaniers et experts en logistique qui œuvrent sans relâche. Sa position géographique privilégiée permet d’offrir une nuit de repos aux animaux et à leurs soigneurs avant de continuer leur route. Félix-Marie Brasseur souligne : « Nous répondons aussi à notre mission de développement économique en créant et consolidant des emplois en Wallonie, dans la filière équestre. »

Fouilles archéologiques  - Sous l’aéroport, un village préhistorique

Vous en avez peut-être entendu parler : sous l’aéroport de Bierset dormait un énorme village, vieux de 7.000 ans. Les fouilles préventives qui précèdent le lancement du projet d’extension du Liege Airport Business Park ont révélé les traces d’une civilisation danubienne ou rubanée (l’appellation provient du décor en ruban des céramiques de cette civilisation). Une douzaine de maisons pouvant atteindre 30 mètres de long, des fosses à déchets et des silos de grains, des céramiques, des outils en pierre et même des restes organiques, témoins d’une occupation humaine intense, sortent peu à peu de terre sous les coups de pelles et de truelles des archéologues de l’AWaP, l’Agence wallonne du Patrimoine. La zone s’étend déjà sur près de 10 hectares et aucune limite du village n’a encore été formellement identifiée.

Cécile Jungels, responsable des collections du Préhistomuseum à Ramioul et commissaire de l’exposition « Sous l’aéroport, un village préhistorique » qui a été présentée cet été, met en garde : « Ici, l’enjeu est de taille : l’étude du passé ne peut entraver le développement économique de la région, mais la modernité ne peut détruire ce patrimoine et le réduire en poussières. » Les deux pôles travaillent donc de concert, l’un s’armant de patience (les fouilles pourraient durer 10, 20, voire 30 ans !), l’autre de pelles mécaniques high-tech pour accélérer les recherches. « Ces techniques novatrices nous viennent de France et permettent un gain de temps considérable », poursuit-elle.

L’AWaP met tout en œuvre pour mener à bien ce plongeon dans le passé de la région liégeoise tout en permettant la construction des infrastructures aéroportuaires à la pointe de la technologie qui devrait débuter progressivement, au rythme de l’avancée des fouilles. Professionnels, amateurs et bénévoles se relaient sur le terrain ou en laboratoire pour rendre possible ce projet d’envergure.

Bierset s’impose donc en terre d’accueil et en zone de transit par excellence depuis des milliers d’années. Alliant le respect du patrimoine, le service haut de gamme, le positionnement géographique stratégique et le désir de modernité, Liege Airport n’a pas fini de faire parler de lui !

A l’occasion des fêtes de fin d’année, Barbara et Maureen Louys associent leurs marques. Barbara, créatrice des bijoux By B. Barbara Louys, et Maureen, créatrice de colliers de chien Who’s That Dog (et animatrice de l’émission « The Voice » ) ont imaginé ensemble une collection capsule « Pearl That Dog » faite de colliers en velours ornés de perles de culture. Ces derniers sont réalisés à la main dans les ateliers belges de Who’s That Dog, puis brodés dans ceux de Barbara Louys, rue de Namur à Bruxelles.

« Nous avions envie d’entamer une collaboration, à notre échelle, comme les grandes marques, explique Barbara. Mais nous avions une autre motivation. Quand Noël arrive et qu’on a la chance d’avoir autour de soi une famille et des amis, je pense que l’on a tous une prise de conscience. Cette année, nous avions envie de faire un petit quelque chose pour les chiens, qui sont souvent les seuls compagnons des personnes isolées. »

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Le Grand Curtius

 La poudre à canon qui a fait la fortune de Jean Curtius, au XVIe siècle, ne mène heureusement pas qu’à la guerre. L’évangéliaire de Notger, le « Napoléon » d’Ingres et 5500 autres pièces d’exception ont aujourd’hui trouvé une vitrine dans son ancienne demeure, au bord de la Meuse. Une exposition qui file de pièces en pièces comme… une traînée de poudre. Et qui va enflammer le public.

 

La neige ne tombe plus sur Liège, un vent de culture l’a balayée !

 

Que se passe-t-il donc à Liège ? Il y a quelques années, elle apparaissait rouillée, comme figée dans son passé. Elle passait ses journées à regarder glisser la Meuse, les mains dans les poches, à la recherche d’un temps où les piécettes d’argent brillaient autrement que par leur absence.

Et puis, tout à coup, sans qu’on l’ait vue passer au vestiaire, la voilà qui s’affiche, plus élégante qu’un prince, sous toutes ses coutures. Il paraît qu’en s’appuyant sur un plan stratégique et un projet de ville, elle a réussi, avec l’aide de la Région wallonne, à assainir ses finances et à retrouver son dynamisme économique. Encouragée par ses 107.000 travailleurs et ses 10.000 entreprises, elle joue aujourd’hui des coudes pour se positionner comme métropole culturelle au carrefour des grands courants européens.

Et elle a déjà bien préparé le terrain. Le manège de la Caserne Fonck a été rénové et ré-équipé, les cinémas des Grignoux se sont projetés au cœur de la Ville, la gare des Guillemins, construite par Santiago Calatrava, est bientôt prête pour accueillir le TGV, la Médiacité et son Pôle image sortent de terre non loin du parc de la Boverie. Et d’autres fleurons de la ville sont déjà inscrits sur la liste du patrimoine à re-toiletter: le Théâtre de la Place, l’Opéra, le Musée d’art moderne et d’art contemporain, le Musée Grétry, etc.

Mais aujourd’hui, c’est le Grand Curtius que l’on fête. Avec l’aide des pouvoirs subsidiants, la Ville a en effet réussi son défi titanesque : regrouper en un même lieu, dans un écrin entièrement restauré, les prestigieuses collections des Musées d’archéologie et d’Art décoratif, du Musée du Verre, du Musée d’Armes et du Musée d’Art religieux et d’Art mosan.

Cet ensemble, qui marie judicieusement l’art et l’histoire du Pays de Liège, ouvre ses portes au public ce 6 mars 2009. A savourer avec un petit peket… (En découvrir plus avec le flipbook)

 

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Relab

Le Relab, premier Fab Lab de Wallonie, est un atelier numérique ouvert au public et une structure de développement créatif local. La spécificité du RElab réside dans l’utilisation de matériaux de récupération comme matière première et dans l’étude de nouveaux procédés sociaux, créatifs et économiques d’upcycling, en liaison avec les nouveaux moyens de fabrication et de communication numérique. Insolite, non ?

www.relab.be
 

 

 
Tour Schöffer

En 1961, la Tour Schöffer est érigée dans le parc de La Boverie. Œuvre de l’artiste franco-hongrois Nicolas Schöffer, cette tour cybernétique est une sculpture abstraite de 52 m qui se compose d’une ossature aérée en tubes d’acier. Cette ossature, munie de pales, de formes et de dimensions variées, se mue grâce à des moteurs actionnés par un cerveau électronique. Outre la structure métallique, le fonctionnement d’ensemble du dispositif cybernétique repose sur trois organes : un système d’éclairage, un système de sonorisation, et, régissant le tout, un cerveau électronique qui déclenche trois types d’action : mouvement, musique et éclairage de la tour. Insolite, certainement !

 


Mémorial interallié

Si le chocolat liégeois a supplanté le chocolat viennois, c’est parce que, durant la Première Guerre mondiale, nos valeureux Liégeois et la Cité Ardente ont fait montre d’une bravoure toute particulière. Moins anecdotiquement, Liège, particulièrement dévastée alors, a été choisie pour accueillir le premier monument interallié en mémoire de la Grande Guerre. Les travaux débutent en 1928 sous les yeux de l’architecte anversois, Jozef Smolderen. Cet édifice religieux de style néo-byzantin (auquel les Liégeois donnent le nom incorrect de Basilique) est consacré en 1936. Sa coupole est composée de 13 T de feuilles de cuivre provenant du Katanga (l'ex-Congo belge) et laminé dans les usines de « Cuivre et Zinc » de Chênée. Historique… et insolite !
 

 

 
Get Out

Jeu d’enquête en équipe, le Live Escape Game GetOut ! à Liège est fait pour mettre à l’épreuve vos aptitudes à la cohésion et au jeu en équipe. Durant ce jeu d’évasion grandeur nature, votre perspicacité de détective et votre équipe sont vos meilleures alliées pour sortir de la pièce remplie d’indices. Pour sortir de la pièce dans les 60 minutes imparties, il est nécessaire de construire une équipe solide. Relevez les indices à votre disposition, analysez-les et mettez-les en relation. Du point de vue de chacun et de l’avis de chaque inspecteur émergera progressivement la clé de l’énigme. Le succès de votre enquête vient de la multitude d’indices autour de vous, mais aussi de votre esprit de cohésion et d’équipe durant le jeu permettant de comprendre le sens et la relation entre chaque indice. Insolite… et ludique !

http://getoutliege.be

Le champ des possibles

Voilà un projet de maraichage biologique d'auto-cueillette basée sur le principe de confiance entre le consomm' acteur et le producteur. Bio-insolite !

www.champdespossibles.be
 
 
Abri-antiaérien et Cité-Miroir

Sous le miroir, l’abri. Étrange lien entre une ancienne piscine devenue musée dédié à la mémoire et les vestiges de la Deuxième Guerre. Comme un document pédagogique supplémentaire, un abri anti-aérien se cache encore sous ce lieu de plaisance transformé en monument érigé contre l’oubli et la banalisation. Pédagogique et insolite, assurément !

www.citemiroir.be
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La vitesse pure, très pure : la consommation d’une Smart avec la puissance d’une Ferrari. Le projet de relance de l’Imperia est-il toujours d’actualité ?

 

Fondée en 2001 en tant que spin-off de l’Université de Liège, Green Propulsion est aujourd’hui spécialiste indépendant en motorisations toujours plus propres. Ses expertises sur les carburants alternatifs, électriques, hybrides, les piles à combustible et le bilan carbone du moteur électrique sont très recherchées. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Grâce à ses 15 années d’expérience et plus de 15 prototypes uniques déjà construits, détaille le directeur Yves Toussaint, Green Propulsion collabore étroitement – au-delà de la simple sous-traitance - avec un grand nombre de constructeurs européens, principalement dans les domaines du transport urbain et du sport automobile. Nous menons divers partenariats dans le domaine de la motorisation hybride et électrique et motorisons aussi de petites séries, comme par exemple, les deux trains des Grottes de Han. »

Il y a quelques années, Green Propulsion s’est fait remarquer par le projet de relance de l’Imperia, sous une forme hybride. L’histoire de cette voiture démarre en réalité au XIXe siècle à Jupille où s’installe Adrien G. Piedboeuf en 1830. Passionné par l’automobile naissante, l’homme met au point une première motocyclette en 1904 et une voiture en 1906 qu’il baptise du nom d’Impéria, en hommage à Charlemagne originaire de la même ville. L’usine devient l’une des plus importantes de Belgique et connaîtra diverses fortunes avant de fermer ses portes en 1958. 

Il y a quelques années, la société Green Propulsion décide de relancer un modèle quasiment identique mais avec un moteur hybride. Accablée de dettes liées à ce projet et à ses sous-traitants, Green Propulsion fait faillite et est reprise, telle quelle, par l’homme d’affaires liégeois Laurent Minguet. « Aujourd’hui, il y a un nouveau plan d’affaires, admet Yves Toussaint, mais toutefois rien encore de tangible. Le projet n’est pas abandonné mais il n’y a rien qui mérite d’être relevé. » Mais son silence en dit sans doute long, la pièce n’est pas jouée.

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La recherche spatiale liégeoise ? Elle a démarré à l’Institut d’astrophysique de l’Université de Liège dont les bâtiments étaient situés sur une colline de Cointe, dans un parc privé qui abrite également un observatoire construit en 1881. Le Centre spatial de Liège, qui en est une émanation, a démarré ses activités dans les années 1960, lorsque l’Europe s’est décidée à entrer à son tour dans la course à la conquête spatiale déjà bien lancée par l’ex-URSS (avec Spoutnik) et les Etats-Unis (Apollo).


Une des premières missions auxquelles il participa fut l’observation des aurores polaires, phénomène encore mystérieux à l’époque. Un témoin de cette aventure – le mot avait déjà tout son sens, la fusée-sonde française Centaure dont les instruments embarqués ont été fabriqués de toutes pièces dans des ateliers de Cointe, trône d’ailleurs dans le hall d’entrée du CSL. « Elle a été lancée depuis la base de Kiruna, dans le nord de la Suède, avec pour mission d’observer les aurores et de prendre des photos », explique Nicolas Grevesse, astrophysicien retraité que la passion rend intarissable lorsqu’il fait visiter les lieux. « À l’époque, il n’y avait pas d’informatique. Les photos étaient prises avec un appareil avec des films 24x36. La fusée redescendait avec son parachute, on récupérait les films et l’on s’empressait de les faire développer. »

Planck et Herschel testés à Liège

Véritable petit musée qui retrace brièvement l’histoire de la recherche spatiale européenne, le hall d’accueil du CSL met également en lumière la participation du centre liégeois aux différents projets. Ici, c’est la sonde Giotto qui a photographié pour la première fois le noyau d’une comète, en l’occurrence celui de la comète de Halley, de passage en 1986. Là, c’est le télescope spatial Hubble qui fut lancé en 1990 par la navette Discovery et qui est toujours en service. Plus loin, le satellite SoHO, toujours en activité également, qui fut mis sur orbite en 1995 afin d’observer le rayonnement de l’astre dans l’ultraviolet. Et, côte à côte, dans une même vitrine, les satellites Planck et Herschel, lancés en 2009 par Ariane 5 avec un objectif commun, recueillir un maximum de données sur les premières structures de l’univers.

« Le CSL a eu pour missions de tester non seulement le satellite Planck pendant près de 10 mois juste avant son lancement, mais aussi le télescope de Herschel qui, avec ses 3,5 m de diamètre, était le plus grand télescope lancé dans l’espace », explique Nicolas Grevesse. « Ces deux satellites devaient être opérationnels sous des températures très basses, proches du zéro absolu, soit -273,15°. Mais si Planck a pu être testé dans une cuve existante de 5 m de diamètre, Herschel a nécessité la construction d’une cuve de 6,5 m. Nous les avons accueillis tous deux dans nos salles blanches, appelées ainsi car les instruments optiques étant particulièrement sensibles à la poussière, ces salles doivent être environ 500 fois plus propres que l’intérieur d’une maison ! Et le pilotage de ces opérations s’effectue depuis des salles de commande vitrées surplombant ces chambres ».

Le chaud et le froid autour de Jupiter

Inutile de préciser que l’on n’entre pas dans celles-ci comme dans un moulin, de la farine plein les mains. Il faut être protégé des pieds à la tête. Quant aux instruments, ce n’est pas toujours contre le froid qu’il faut les parer. Ainsi, pour la mission Solar Orbiter qui s’approchera du soleil à une distance 3,5 fois moindre que celle qui le sépare de la Terre, le CSL a non seulement dû construire l’instrument EUI mais également l’entourer d’un écran thermique lui permettant de supporter une température allant jusque 80°.

« Son lancement est prévu fin 2018, explique l’astrophysicien. C’est une des premières missions du programme spatial Cosmic Vision de l’ESA qui va se poursuivre jusque 2030. Le centre spatial de Liège participera à chacune d’elles, soit pour construire, soit pour tester les instruments. Ainsi, nous testons actuellement les panneaux solaires qui équiperont une sonde qui sera lancée en 2022, dans le cadre de la mission Juice, afin d’étudier les satellites de Jupiter. Elle arrivera dans son environnement en 2030 et ses panneaux solaires seront alors soumis à d’importants écarts de température, de -230° à +110° environ. »

Aladin pour de meilleures prévisions météos

Mais l’autre satellite qui a fait l’actualité cet été au CSL et que nous avons pu voir dans une salle blanche, alors qu’il allait être mis à rude épreuve dans une cuve à vide de 5 mètres de diamètre, c’est bien sûr Aeolus qui, avec son télescope Aladin, sera placé en orbite à 320 km de la Terre avec la mission de fournir des informations très précises et instantanées sur les vents.

« Les lasers super puissants dont est muni le télescope bombarderont l’atmosphère jusqu’à 30 km d’altitude et une infime partie de la lumière ainsi envoyée (un millionième de milliardième) lui reviendra après diffusion au contact des particules de poussière présentes dans les nuages. Le temps mis pour effectuer cet aller-retour permettra de connaître leur distance et la mesure du décalage de la fréquence, par effet Doppler, déterminera la vitesse des vents. » L’objectif étant bien sûr d’améliorer les prévisions météorologiques, ce que tout le monde appréciera. Ces données seront complémentaires avec celles récoltées par les satellites polaires Metop et les satellites européens Météosats qui, eux, sont géostationnaires et permettent l’observation en continu d’une zone précise du globe. « Pour établir des prévisions, on lance encore, parce qu’ils sont moins coûteux, entre 1 200 à 1 300 ballons sondes par jour dans le monde », explique Nicolas Grevesse. « Vous imaginez le temps qu’il faut pour qu’ils montent ! Avec Aeolus, dont les informations seront transmises instantanément au centre d’analyse des observations météos européennes, ces ballons n’auront plus guère de raisons d’être. Et tout ce matériel est testé au CSL. »


ULG — DEUX MASTERS ET DES SATELLITES LIÉGEOIS. OUFTI !


Quand elle a ouvert ses portes, voici 200 ans très exactement, l’Université de Liège proposait déjà un cours d’astronomie. C’est dire que l’histoire d’amour entre la Cité ardente et l’espace ne date pas de la dernière pluie. Aujourd’hui, l’ULg s’attèle plus que jamais à former des jeunes désireux d’étudier et de mieux comprendre notre univers. C’est ainsi qu’elle propose à la fois un master en ingénieur civil en aérospatiale, destiné aux futurs ingénieurs, et un master en sciences spatiales, à l’attention des physiciens.

« L’Université de Liège est la seule institution en Belgique à proposer ces deux masters sous un même toit », explique Serge Habraken, directeur académique et scientifique. « Les deux métiers sur lesquels ils débouchent sont complémentaires. Quand l’ESA lance une mission spatiale, celle-ci est définie sur base de la science, c’est-à-dire qu’elle est confiée aux mains des astrophysiciens qui vont chercher à étudier tel phénomène et auront besoin de tel type d’instrument. Ensuite, c’est le travail des ingénieurs de traduire ces rêves, de concevoir et construire les instruments. Quand ceux-ci sont opérationnels, ils sont fournis aux astrophysiciens. Ceux-ci sont donc impliqués au départ et à l’arrivée, tandis que les ingénieurs s’occupent du chaînon manquant. »

En anglais

Proposé à l’ULg depuis une dizaine d’années seulement, le master en sciences spatiales est unique en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est structuré en plusieurs orientations (cosmologie, astronomie, planétologie, océanographie,…) afin de permettre aux étudiants d’acquérir des compétences pointues dans l’ensemble de ces domaines. Ces apprentissages se complètent d’une formation pratique : observations au moyen de télescopes (à Liège ou à l’étranger), traitement de données scientifiques au moyen de logiciels spécifiques et travaux en laboratoire (par exemple en optique). « Comme le master en aérospatiale, il est donné en anglais afin de permettre aux étudiants belges d’améliorer leurs connaissances dans cette langue, mais également d’ouvrir la porte aux étudiants étrangers », explique le directeur. « Il est moins suivi, entre six et sept étudiants par année, mais les jeunes qui sortent avec ce diplôme trouvent très vite du travail, généralement dans le monde académique, en tant que professeurs d’université ou chercheurs FNRS, mais aussi dans des observatoires et centres de recherche, en Belgique ou à l’étranger (ESA, NASA…). »

« L’existence d’un écosystème local capable d’embaucher est un atout pour attirer les étudiants », explique Christelle Bertrand, en faisant allusion non seulement aux entreprises implantées sur le plateau du Sart Tilman, comme Amos, Spacebel et Deltatec, mais également à d’autres telles Safran Aero Boosters et Thales Alenia Space. « Avec ces entreprises en pleine croissance, notre tissu économique a une belle réputation en Europe. Et la récente découverte des exoplanètes a valorisé le travail des chercheurs de l’ULg. C’est très positif également. »

© S3L@ULiège
Oufti ! qu’il est petit ce satellite .

Oufti-2 et 3

En guise de travail de fin d’études, les futurs ingénieurs ou astrophysiciens se voient proposer divers sujets, comme la rentrée dans l’atmosphère, l’étude d’orbites ou encore la conception de nanosatellites (ou CubeSats), des satellites pesant moins de 10 kilos qui permettent aujourd’hui aux universités de développer et de placer en orbite leurs propres engins spatiaux.

En Belgique francophone, on se souvient ainsi d’Oufti-1, qui fut lancé en mai 2016 et qui avait pour objectif de tester un protocole de télécommunication pour les radios amateurs. Après douze jours, malheureusement, le contact fut perdu. « Le satellite est inutilisable mais pas détruit. On perçoit en effet encore un signal de balise, preuve qu’il est toujours en orbite », commente Serge Habraken. « Oufti-1 faisait partie du programme « Fly your satellite » (FYS) de l’ESA, ce qui avait permis son lancement à Kourou. Il était inscrit dans un calendrier, c’est-à-dire qu’il y avait des deadlines à respecter. Les lancements sont réservés par de gros groupes, pour de gros satellites. Les petits doivent s’inscrire dans les trains en partance et ils n’ont donc pas toujours le temps d’affiner leurs produits. Ceci dit, derrière le but éducatif, l’objectif principal était de donner aux étudiants un exercice pratique. »

Et ceux-ci se suivent en se ressemblant. Le professeur Jacques Verly, responsable du projet, s’est déjà attelé à la conception du CubeSat Oufti-2, avec une nouvelle équipe d’étudiants ingénieurs et informaticiens de l’Université de Liège. L’objectif est de prolonger la mission de son prédécesseur, en réalisant les corrections nécessaires. Le nanosatellite devrait être « prêt pour l’espace » début 2018 au plus tard. « Puis, ce sera au tour d’Oufti-3 », annonce le directeur. « Celui-ci aura pour mission d’observer la terre avec une caméra infra-rouge. »

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