Waw magazine

Waw magazine

Menu

Suivez les voix de Captel ! Dans ce call center liégeois plus que florissant, une centaine d’employés facilitent la vie des petites et grandes sociétés. Du secrétariat médical et télémarketing, c’est simple comme un coup de fil… sous l’impulsion de la première de ces voix, Anne Dimmers, administratrice.

BIO EXPRESS

1962 — Naissance à Ougrée.

1980 — Premiers pas au call center en tant qu’étudiante. 

1981 — Premier job à temps plein au même call center.

1997 — Anne reprend la société.

2008 — Création de la filiale Captis.

2013 — Ouverture d’un centre de formation à Ibiza.

« La semaine dernière, j’ai engagé 7 personnes… Et aujourd’hui j ’en embauche une ! » Si Anne Dimmers, administratrice déléguée de la société Captel, signe autant de nouveaux contrats d’emploi, ce n’est pas à cause du turn-over important qu’on enregistre dans le monde des call-centers. Au contraire, ses employées, chouchoutées, ont tendance à vouloir passer leur carrière dans leurs bureaux de la rue Grétry, au sein du complexe de la Médiacité, à Liège. Son secret pour mieux les comprendre est tout simple : elle a été à leur place, pendant de longues années. Elle sait mieux que personne comment les aider à gérer le stress des longues heures passées au téléphone avec les clients. 

Anne Dimmers, 50 ans, grandit à Flémalle-Haute, où son papa avait ouvert un bureau d’assurances en tant qu’indépendant. À l’âge de 17 ans et demi, elle commence à travailler comme étudiante dans un call-center liégeois. Il s’agissait alors du tout premier call-center de Belgique, qui avait ouvert ses portes en 1974, à une époque où les bureaux n’étaient pas pourvus d’ordinateurs ! Optimiste et débordante d’énergie, la jeune femme fait passer son dynamisme au travers des conversations avec la clientèle et elle y prend goût. Six mois plus tard, alors qu’elle vient d’avoir 18 ans, elle se lance à plein temps là où elle avait officié en job de vacances.

Mais après 15 ans au sein de cette société qui comptait 7 personnes, Anne a cru perdre son boulot. Non pas que les clients étaient mécontents de cette société qui s’était déjà fait une très bonne réputation, mais bien à cause de problèmes de gestion administrative. « Je me suis dit qu’il y avait moyen de sauver nos emplois en reprenant l’entreprise, parce que tout était là pour que ce soit une réussite », se souvient Anne Dimmers. La jeune entrepreneure suit alors quantité de formations et mise tout sur la qualité. Qualité du service d’abord, avec un logiciel, Estel (dont Captel est le concepteur) qui permet aux opératrices, appelées le plus souvent « les secrétaires », de répondre de manière spécifique en fonction des clients « comme si elles étaient les secrétaires attitrées des clients qu’elles sont en train de représenter », explique la patronne.

« Je délègue tout ce que je ne dois pas faire moi-même. Cela me laisse du temps pour développer. »


Captel, c’est aussi la qualité de l’emploi. « Le travail est organisé pour que les secrétaires soient épanouies », confie Anne Dimmers. « Toute la journée, elles doivent être dynamiques, enjouées, réactives, et cela même quand certains clients sont de mauvaise humeur ou qu’elles doivent se plier à des horaires difficiles, la nuit, le week-end, ou le soir de la nouvelle année… Alors, j’essaye de les gâter et de leur ôter toute autre source de stress. Par exemple, elles ont chacune une place de parking attitrée, comme ça, je leur épargne l’énervement de devoir trouver une place pour leur voiture en début de journée. Les lundis et vendredi matin, elles ont un jus d’orange frais qui les attend sur leur bureau, pour bien commencer et terminer la semaine. Je fais également venir une masseuse pour des massages du dos deux fois par an. Je leur offre à chacune un cadeau pour leur anniversaire, puis il y a maintenant un atelier repassage. Elles y déposent leur linge et nous avons une femme d’ouvrage qui le leur repasse. Elles le reprennent en fin de journée. » Sans parler de la Saint-Nicolas avec leurs enfants, des formations mises en place régulièrement, du barbecue, de la fête de fin d’année… « Nous ne pouvons pas proposer à notre clientèle le même prix que les call-centers implantés au Maroc, par exemple. Mais ce que je propose, c’est un service adapté, et de la bonne humeur au bout du fil ! Cet enjouement, cette expérience, c’est ce qui fait la différence, notre valeur ajoutée ».

La recette a fait son succès

De sept personnes quand elle a repris la société, Anne Dimmers est d’abord passée à une bonne vingtaine avant de faire un bond avec, aujourd’hui, 110 employées ! Ou plutôt « employés », car sur les 110, il y a un homme, un seul… « J’ai d’abord organisé ma société avec des clients à faible volume d’appels », confie Anne Dimmers. « Au Maroc, vous avez un plateau de 400 travailleurs pour 20 sociétés. Si vous perdez une seule société, vous devez licencier du personnel… Chez nous, c’était le contraire. Pour 20 employés, il y avait 400 clients. Ainsi, même en cas de perte d’un client, il n’y a pas à licencier. »

La clientèle est stable chez Captel, qui fêtera ses 40 ans l’an prochain. La Société Protectrice des Animaux, par exemple, est cliente depuis un quart de siècle et c’est la société d’Anne Dimmers qui gère, les weekends et les nuits, les appels d’urgence pour l’envoi éventuel d’une ambulance animalière. Elle assume également les permanences de Techspace Aéro, de beaucoup de médecins, de sociétés de maintenance qui doivent assurer un service 24 h/24.

Mais il y a 5 ans, un client à gros volume d’appels est venu frapper à sa porte, Lampiris. « J’ai voulu conserver la structure existante et recréer la même structure, juste pour ce client », poursuit la patronne. C’est ainsi, avec Lampiris et d’autres, que le personnel est passé, en 5 ans, de 25 à 110 employés.

Et comme elle n’aime pas se reposer sur ses lauriers, notre self-made-woman a développé un nouveau concept, une société fraîchement créée en Espagne, à Ibiza, où habite une grande partie de sa famille. « Je suis allée quelques jours en formation avec mon associée », se souvient Anne Dimmers. « La formation n’était pas de qualité, l’hôtel était peu confortable, et le temps était vraiment pourri… On décomptait les heures avant de retrouver nos enfants. Pourtant, une formation bien menée, à l’occasion d’un séjour durant lequel on resserre les liens, est très bénéfique. J’ai un grand réseau de formateurs et les 600 clients de Captel sont tous potentiellement intéressés par un bon lieu de formation… » C’est ainsi qu’est né, au printemps dernier, le centre de formation Can Basso, dans une ferme rénovée, en pleine campagne, à 10 minutes de la plage. Un endroit où les cadres se réjouissent d’être formés !

 

Captel en chiffres

 

Renseignements

Captel
Rue Grétry, 50/96
B-4000 Liège
[email protected]
www.captel.be

Désormais connue et reconnue parmi les 50 entreprises les plus innovantes du monde, la start-up liégeoise Modalisa Technology n’a pas fini de faire parler d’elle. Donc, parlons-en !

Hormis le diplôme, une furieuse soif de connaissances et un esprit sollicité en permanence par des idées brillantes et novatrices, rien a priori n'aurait dû faire se croiser Tony Ciccarella, 38 ans, et Frédéric Maréchal, 28 ans, cofondateurs de Modalisa Technology. Ces deux génies des lignes de codes ont suivi la même formation à l'Institut Montefiore de l'Université de Liège, partagé la même geekattitude… à dix ans d'intervalle. Ils se rencontrent de manière informelle autour d’un verre et, au fil de discussions, se découvrent de nombreux points en commun. Aux rencontres fortuites se substituent ensuite les rendez-vous pris entre deux hommes devenus amis. Les idées fusent et très vite convergent vers un constat : aucun système performant n'a encore été imaginé pour modéliser un ensemble de processus complexes. Nous sommes alors en 2006, année qui voit naître les premières esquisses de la technologie Modatech.

Plus qu’un logiciel

Imaginée et programmée entièrement par Tony Ciccarella et Frédéric Maréchal, Modalisa Technology n'est pas un simple logiciel, mais bien une plate-forme complexe composée de briques applicatives. Actuellement, trente modules permettent à l'entreprise de modéliser – d'où le nom, et pas en référence à Léonard de Vinci – l'ensemble de ses services en temps réel.

Le but ultime de Modalisa Technology est de permettre au CEO d'une entreprise de isualiser en temps réel toute l'activité de son entreprise à l'aide de sa tablette ou de son Smartphone et de pouvoir à tout moment influer sur son fonctionnement. La plateforme Modalisa, volontairement user friendly, permet au chef d'entreprise de modifier très facilement des processus, de donner de nouvelles priorités, de réassigner des tâches, de gérer les ressources humaines en fonction de l'activité du jour, etc. Il peut également être prévenu par un sms ou une notification push si une tâche n'a pas encore été effectuée, ou si son délai d'expiration sera bientôt atteint… Les possibilités sont infinies.

Les processus sont constitués d'un ensemble de tâches, soumises à des conditions, toutes associées à une personne ou à un rôle. La plate-forme permet à la fois une micro mais aussi une macrovisualisation des services humains et des machines.

Les très grandes entreprises possèdent déjà des systèmes mis en place pour encadrer leurs procédures, modéliser leurs activités, la plupart au moyen de réseaux privés virtuels (VPN). Tout est modélisé par le business analyst qui met en route la programmation d'applications. Un processus modélisé d'un côté, des applis de l'autre et un labyrinthe hiérarchique pour couronner le tout. La moindre modification doit toujours attendre l'approbation de l'un et de l'autre. Une actualisation d'une application implique de mettre à jour également les processus concernés, et réciproquement. Il y a donc un décalage énorme (plusieurs mois, voire plusieurs années) entre ce que reflètent les processus – ce que l'on croit voir dans l'entreprise – et ce qu’il s’y passe réellement. Or, il est aujourd'hui crucial pour le succès d'une société de pouvoir faire évoluer rapidement et facilement ses processus pour répondre aux besoins du marché.

L'Institut Montefiore

Tous deux des « produits » de l'Institut Montefiore de l'Université de Liège, Tony Ciccarella et Frédéric Maréchal ont chacun une spécialisation au service de Modalisa. Tony, ingénieur civil spécialisé en informatique, se dirige très vite vers la finance et l'industrie. Frédéric, lui, est spécialisé dans les architectures complexes et le temps réel. Cette formation, ils l'ont acquise à l'ULg et ne sont pas prêts de l'oublier, et plus particulièrement Monsieur Pierre Wolper, Vice-Recteur de la Recherche de l'ULg, et le Professeur Guy Leduc, spécialisé en réseaux. « On peut les considérer l’un comme l’autre comme nos mentors », confie Tony Ciccarella. Ce sont eux qui leur ont donné cette envie d'apprendre, d'innover et de créer sans cesse. Professeurs d'abord, ils les ont ensuite aidés et encadrés au moment de l'élaboration de Modalisa Technology. Des chercheurs et des doctorants ont été associés à leur projet, des locaux mis à leur disposition, mais aussi de très bons conseils dispensés. « L'Institut Montefiore encourage les étudiants à l'initiative et la créativité sans donner de contraintes et notre département Recherche et Développement est très important, précise le Professeur Pierre Wolper. Leur formation les a vraiment lancés. » 

Au stade du projet d'abord, la plate-forme a ensuite pu être expérimentée au sein du Laboratoire de Recherche de l'Université d'Harvard. Cela notamment grâce à des contacts apportés par Michaël Herfs, Docteur en Sciences Biomédicales et Consultant Directeur de la branche eHealth de Modalisa Technology, qui a pu dès le départ s'impliquer dans le projet et servir d'intermédiaire entre le monde des laboratoires et celui de l'informatique. 

Au sein d’un laboratoire, Modalisa permet une gestion plus procédurière des analyses, des résultats obtenus en temps réel, le respect des normes en la matière, l'uniformisation des langages, le contrôle de la durée de vie d'un échantillon, etc.

Modalisa Technology est actuellement en train de mettre au point un réseau social, basé sur le modèle de la plate-forme Modalisa, et qui promet de très bien se développer à l’international.


The Valley

Le concept devenu produit et cette efficacité démontrée au sein des laboratoires d'Harvard leur a valu une distinction au prestigieux TiE50 Awards Program lors de la conférence TiECON 2013 qui s'est tenue au coeur de la Silicon Valley en juin dernier. Parmi les 1 400 entreprises sélectionnées, Modalisa est la seule entreprise belge à figurer dans le top 50 des entreprises les plus innovantes au monde. Une reconnaissance de choix et un cadre idéal pour permettre à une start-up liégeoise de rencontrer les personnes les plus influentes du milieu. Car, actuellement, l'objectif principal des deux fondateurs est le développement international. « Il faut faire rentrer des investisseurs étrangers dans notre capital, qui n’est pour le moment n’est composé que de fonds propres, explique Tony Ciccarella. Ce sont eux qui nous confèrent une autorité au niveau international, et plus particulièrement auprès de nos futurs clients. » Les perspectives ont déjà bien été abordées et l’impact mesuré au niveau du business plan. L’ouverture d’un bureau aux États-Unis est prévue pour fin 2014, probablement au sein même de la Silicon Valley. À l’horizon 2016, une autre antenne pourrait bien voir le jour à Singapour compte tenu des investisseurs asiatiques déjà intéressés par leur plateforme. À l’échelle de l’Europe, les jeunes développeurs ont également décidé de s’implanter au Luxembourg et dans d’autres pays d’Europe. Lesquels ? Le choix sera fortement conditionné par les investisseurs qui prendront part à l’aventure. Le dernier tour de table est prévu pour cet automne.

Des racines et des aides

Bien sûr – et ces deux Liégeois n’ont de cesse de le rappeler – leur objectif est de conserver le siège social de Modalisa Technology en Wallonie, plus particulièrement en Province de Liège. Mais comme le veut le dicton, nul ne serait prophète en son pays. Entrés dans l’histoire de l’IT comme les seuls finalistes belges du TiECON 2013, « notre distinction à San Francisco est une manière de ramener un peu de soleil chez nous et de montrer qu'il y a moyen d'être au top ici », confie Frédéric Maréchal. « Notre bébé est né à Liège, ce serait un échec de devoir partir pour le voir grandir. » Si des pointures comme IBM et Cisco comprennent l’intérêt de leur concept et se montrent enthousiastes (voire plus) face à leur plate-forme, on imagine aisément que la reconnaissance locale devrait suivre.

L’appel est clairement lancé. La start-up a déjà séduit de très gros investisseurs américains, indiens et chinois, mais Tony Ciccarella et Frédéric Maréchal préfèrent se donner le temps, garder la main, convaincre les pouvoirs publics de les soutenir et, surtout, les convaincre de les suivre car la technologie de pointe peut aussi être conçue, imaginée et développée chez nous.

 

www.modalisa-technology.com

Videos

Dans une volonté de cohérence avec les principes de Mnema, il était important que le lieu choisi pour édifier la Cité Miroir ne soit pas étranger à ses valeurs les plus fondamentales que sont l’éducation, la mémoire, la culture, la citoyenneté et la démocratie.

Le choix des anciens Bains et Thermes de la Sauvenière ne fut donc pas uniquement dicté par leur disponibilité et leur grande superficie. Bien que ces paramètres puissent avoir été largement pris en considération, il ne faut cependant pas passer outre l’importance accordée à la haute valeur symbolique associée à ce bâtiment.

Un des premiers éléments favorisant la sélection de cet édifice n’est autre que celui là même qui en fut l’initiateur. En 1936, Georges Truffaut, échevin des Travaux publics pour la Ville de Liège, soucieux d’apporter à ses concitoyens la possibilité de s’émanciper à travers le sport et l’hygiène, met en route, avec l’appui du Conseil communal, la construction d’un complexe regroupant piscines, salles de sport et bains publics. Au-delà de sa volonté d’offrir aux Liégeois cet espace aux ambitions et à l’infrastructure avant-gardistes, Georges Truffaut rejoint également les fondements de Mnema par son parcours de résistant face à l’occupant nazi. Mort au combat en Angleterre en 1942, il ne put malheureusement pas connaître l’aboutissement de son brillant projet inauguré la même année.

La magnifique situation géographique du bâtiment n’est bien entendu pas restée sans conforter les fondateurs de Mnema dans leur choix. En plein centre de Liège, littéralement à deux pas du célèbre et très fréquenté Carré, voisin des hauts lieux culturels tels que l’Opéra, le nouveau Théâtre de Liège et le cinéma Sauvenière, proche des écoles, de l’Université et des commerces, situé face à la charmante petite place Xavier Neujean, la Cité Miroir sera un passage obligé pour les Liégeois comme pour les visiteurs.

D’un point de vue architectural, le bâtiment est en lui-même un symbole de résistance. Georges Dedoyard, l’architecte des Bains et Thermes, conçut l’édifice dans le style Bauhaus, un courant artistique considéré comme dégénéré et interdit dès 1933 par le régime nazi. Pour marquer le trait, soulignons également que Georges Dedoyard a dessiné, toujours selon le style Bauhaus, le Mémorial du Mardasson érigé à Bastogne en commémoration de la célèbre Bataille des Ardennes.

Dès son ouverture au public, la Cité Miroir proposera et hébergera une large gamme d’activités culturelles.

Depuis janvier 2012, Jean-Michel Heuskin (ci-contre), directeur de l’asbl Mnema, prépare activement le programme des évènements qui se déroulera au sein de la Cité Miroir. Deux catégories d’évènements s’y dérouleront : ceux organisés par Mnema et ceux associés à d’autres institutions. Ces dernières peuvent ainsi demander à profiter de l’infrastructure de la Cité Miroir pour organiser leurs propres activités culturelles. Une condition est cependant imposée : l’évènement doit absolument avoir un rapport cohérent avec la philosophie de Mnema. « Notre infrastructure ne doit pas être uniquement choisie pour ce qu’elle est mais bien pour ce qu’elle représente. Cette façon de voir les choses a aussi l’avantage de ne pas faire de nous des concurrents face aux autres acteurs culturels liégeois. Notre souhait est de croiser les publics et de créer des passerelles entre les diverses offres culturelles. Pas de concurrence donc, mais des collaborations, certainement ! », explique Jean-Michel Heuskin. D’un point de vue pratique, Mnema mettra à disposition des opérateurs désireux de s’exposer dans ses lieux, outre les salles, un guichet d’accueil, une billetterie et trois étages d’horeca. De la création d’emplois en perspective. Là aussi, l’asbl reste logique par rapport à ses principes d’émancipation citoyenne en s’inscrivant d’emblée dans une démarche d’insertion et de formation professionnelles en collaboration avec les CPAS de la région. Mnema se développe selon une dynamique tournée vers l’Euregio avec, à termes, un accueil et des spectacles multilingues.

 

Au programme

Lors du week-end portes ouvertes des 17, 18 et 19 janvier 2014, le public aura la liberté de s’approprier ce nouvel espace entre projections vidéo, expos photos et une série de représentations musicales et théâtrales totalement gratuites. Avant cela, le 16 janvier, Abdou Diouf, Secrétaire Général de la Francophonie et ancien Président du Sénégal, initiera la série de conférences bimestrielles Dialogue des Cultures mettant en avant, entre autres, les problématiques des minorités, de la migration et de l’interculturalité.

Du 2 au 15 février, pour sa 13e édition, le festival Paroles d’Hommes dont la thématique est axée sur les droits de l’homme, fera une escale dans la nouvelle Cité avec deux pièces de théâtre, Le peuple de la nuit et Un Paradis sur Terre et un concert d’Angélique Ionatos, Et les rêves prendront leur revanche.

En collaboration avec le Théâtre de Liège et le festival Pays de Danses, c’est L’Étranger de Camus (dont on vient de fêter le 100e anniversaire de sa naissance) que le public pourra redécouvrir le 11 février. Thème qui se poursuivra en mars, en collaboration cette fois avec le CAL (Centre d’Action Laïque de la Province de Liège) par une activité À la découverte d’Albert Camus.

Inédit à Liège ! Du 20 au 22 février, en partenariat avec les Territoires de la Mémoire, la pièce de théâtre Le Carnaval des Ombres ! Un récit autobiographique percutant de l’auteur Serge Demoulin qui évoque l’incorporation des Cantons de l’Est dans l’Allemagne nazie et les répercussions  encore vivaces aujourd’hui.

La Biennale internationale de la photographie, organisée par les Grignoux, présentera deux expositions du 15 mars au 25 mai. 

Après Paris, Marseille et Vaison-la-Romaine, le festival Au Fil des Voix prendra ses quartiers dans la Cité Miroir du 20 au 22 mars, avec trois mises en scène musicales illustrant la diversité culturelle.

La soirée de clôture du concours Aux encres citoyens ! Aux encres et cetera, initiative de la Maison des Sciences de l’Homme de l’ULg, se tiendra le 26 avril. Destiné aux élèves du cycle secondaire supérieur, ce concours lancé durant l’automne 2013 a pour but d’offrir un espace d’expression aux jeunes citoyens. Sous forme de déclamation libre (slam, poème, plaidoirie…), les lauréats de l’épreuve écrite défendront publiquement leurs idées sur base d’une citation d’Amin Maalouf. 

Dès janvier et une fois par mois, les Mercredis de Mnema proposeront des créations théâtrales et poétiques. Notons entre autres Bien au-dessus du silence, le 26 février, où cinq personnages prêtent leurs voix aux mots de poètes anciens ou contemporains qui se sont questionnés sur notre engagement face au monde.

Le cinéma ne sera pas exclu de la programmation avec une séance une fois par mois. Première session le 28 janvier avec Ce n’est qu’un début, un film sur la création d’un atelier de philosophie en classe de maternelle.

Le théâtre sera très largement représenté. Notons Le journal d’un poilu (14 mars), Têtes à claques (16 mars), Sans ailes et sans racines (4 avril), La vie c’est comme un arbre (9 mai), Celui qui se moque du crocodile n’a pas traversé la rivière (16 mai).

Le 23 mai, la saison se clôturera par un concert de Las Hermanas Caronni, deux soeurs jumelles d’origine argentine bercées dès leur enfance par le tango et l’opéra.

Dans le cadre du cycle Art et Pouvoir, la rentrée 2014 débutera notamment avec l’exposition La vente de Lucerne où seront rassemblées la centaine d’oeuvres jugées dégénérées par les nazis et vendues à Lucerne en 1939.

 

Expositions permanentes

La Cité Miroir abritera deux expositions permanentes.

La première, Plus jamais ça ! Parcours dans les camps nazis, créée par les Territoires de la Mémoire est un énorme succès depuis sa création. Un parcours volontairement sobre retraçant toutes les étapes d’un prisonnier des camps concentrationnaires nazis, de l’arrestation aux wagons bondés, du travail forcé aux fours crématoires. Un parcours symbolique basé notamment sur les expériences de trois membres fondateurs importants des Territoires de la Mémoire ; René Deprez, Guy Melen et Paul Brusson, tous trois  rescapés de ces camps. L’installation dans un nouvel endroit incitant au développement, l’exposition se verra augmentée de deux nouvelles stations qui mettront en exergue les aberrations d’autres régimes dictatoriaux et génocides malheureusement plus récents. Sans oublier la « zone grise » où le visiteur aura l’occasion de s’interroger sur ce qu’il aurait fait, lui, dans la même situation. Une question fondamentale nécessaire à la conscientisation des mécanismes souvent peu visibles qui mènent des gens « normaux » à se conduire en tortionnaires.

La seconde exposition, Entre galeries et forges. Histoires d’une émancipation, aborde quant à elle le thème des acquis sociaux en suivant une famille sur plusieurs générations, de la révolution industrielle à nos jours. Le droit de vote universel, les congés payés, le droit à la grève, la sécurité sociale… autant d’avantages non seulement acquis dans la lutte mais dont certains ne sont pas encore appliqués dans certains pays du monde. Prendre connaissance des combats qui ont permis l’acquisition de ces droits est une manière de mieux les apprécier mais aussi de prendre conscience de ceux encore à acquérir.

 

La transmission de la mémoire, objet d’étude

Philippe Raxhon, professeur d’histoire à l’Université de Liège et membre du Conseil d’administration des Territoires de la Mémoire, oeuvre à la mise en place d’un Centre de recherches et d’études sur la transmission de la mémoire.

Adossé à Mnema et inauguré au même moment, ce centre aura la mémoire comme projet d’étude. Ses missions : comprendre les mécanismes et enjeux de la mémoire, développer des outils scientifiques d’analyse pour in fine apporter une expertise aux projets se développant dans le domaine, dont notamment le tourisme mémoriel, secteur d’avenir. Bien que né au sein de l’Unité d’Histoire contemporaine de l’ULg, le centre se veut interuniversitaire et interdisciplinaire. Il accueillera des experts des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, spécialisés dans les différents domaines des sciences humaines. « Le centre sera un endroit ouvert sur la société et le monde, où l’on se réunit pour concrétiser des projets avec un apport sociétal mais aussi scientifique », explique Philippe Raxhon. Également lieu d’apprentissage avec des modules de formation théoriques mais aussi une approche plus pratique qui tirera son expertise des opérateurs de la mémoire.

« La conjoncture actuelle est favorable à l’instauration d’un tel centre. Nous entrons dans une période Momentum avec l’approche des grandes commémorations telles que le centenaire du début de la Première Guerre mondiale, les 70 ans de la Libération, le bicentenaire de la Bataille de Waterloo en 2015… L’Europe a fondamentalement changé suite à ces évènements. Et c’est en Wallonie que ces faits ont eu lieu. Véritable couloir des invasions européennes, située à la croisée géographique et géopolitique des grands conflits, notre région a un passé riche et douloureux. Il n’est donc pas anodin que ce soit ici qu’un tel centre voit le jour. »

À cette somme d’évènements circonstanciels, s’ajoute l’effet favorable du décret mémoire voté par le gouvernement de la Communauté française en 2009 et qui a conduit à la formation d’un Conseil de la transmission de la mémoire, présidé par Ph. Raxhon. Du 10 au 12 mars 2014, le nouveau centre organise dans la Cité Miroir un colloque scientifique inaugural, Persécution et résistance en Italie. De la période fasciste à l’invasion nazie, qui revient sur les origines du fascisme. Avec la participation de spécialistes belges et italiens.

 

Amis et citoyens de Mnema

Que vous soyez une entreprise ou un particulier, il vous est possible de devenir par votre soutien un citoyen à part entière de Mnema. Contre une participation financière, vous vous associez au projet et vous bénéficiez de divers avantages sur les activités.
www.mnema.be

« Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie,
un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »
Maréchal de France Ferdinand Foch

 
 

Pierre Beugnier

Premier complice de Jacques Smits dans la mise en oeuvre de la réhabilitation de cet espace de 14 000 m², Pierre Beugnier est le coordinateur général du projet. C’est grâce à son étude de faisabilité que les autorités et partenaires financiers ont été convaincus de la pertinence et de la beauté du projet. Son travail a aussi été à l’origine du classement de certaines parties de l’édifice ; les deux façades, la voûte, l’escalier, l’abri anti-aérien et le hall des bassins. « La difficulté était de persuader les responsables du bâtiment qu’il était possible d’intégrer les lieux en y installant d’autres fonctions que celles pour lequel il a été conçu, sans détruire mais en améliorant et en effectuant un travail de remise en valeur », explique Pierre Beugnier. Lorsque la Ville de Liège cède le bâtiment à Mnema, Thierry Moxhet, Fabian Gerardy et Pascal Jacques de Triangle Architectes SCCRL - société créée par Pierre Beugnier dont il est retiré - prennent en charge le travail d’architecture. Pierre Beugnier, lui, conseille Mnema au niveau technico-artistique. Une grande équipe se constitue. D’autres bureaux amènent leur expertise : un bureau en techniques spéciales, un bureau d’étude en stabilité, un scénographe et un acousticien. Plus tard, c’est au tour des entrepreneurs d’intervenir, appelés par des marchés publics selon les procédures européennes.

« Ce bâtiment est un gigantesque défi, il y en a un à tous les tournants. Cette réhabilitation, c’est le résultat d’un coup de folie mais surtout d’un coup de coeur. C’est un lieu auquel on s’attache et qu’on veut voir survivre. D’ailleurs, même si tout a été revu quasiment à zéro car tout était très vétuste, l’esprit d’origine est conservé. » Si l’esprit de l’époque est conservé, les techniques mises en place, notamment au niveau énergétique, sont, elles, à la pointe : éclairages aux LED, système de ventilation et de chauffage à double-flux, vitrages à haute performance technique...

Dans le concept de « cité », on retrouve l’idée de « citoyen ». Les deux notions – nées en même temps dans la Grèce puis dans la Rome antique – ont laissé émerger de leur association l’idée de participation à la « chose publique » (res publica) pour former la « politique », c’est-à-dire l’expression de la capacité rationnelle des hommes à organiser leur propre vie en parvenant, par le débat et la décision collective, à un accord réfléchi. Aristote en a proposé une définition comprenant trois aspects décisifs. Le premier, la liberté du citoyen, permet à ce dernier de se déterminer par lui-même. Le deuxième fait référence à un « bien commun » de la cité, supérieur aux intérêts des particuliers. Enfin le troisième, prend en compte l’égalité qui permet à tous les citoyens de concourir à la formation de la loi et les soumet à certaines obligations.

Le « miroir », quant à lui, est chargé d’une forte connotation symbolique. Surface plane et polie dans laquelle une image peut se refléter, le miroir invite à l’introspection. Se regarder dans le miroir, c’est s’interroger, admettre ses faiblesses, apprendre l’humilité. C’est aussi accepter de se dévoiler au regard de l’autre, lui marquer sa confiance en faisant un pas supplémentaire dans sa direction. 

La Cité Miroir se veut donc un espace de « réflexion » où le reflet du passé parvient jusqu’au citoyen d’aujourd’hui afin qu’il se projette dans l’avenir muni des outils de réflexion et d’analyse critique qui lui permettront d’agir de manière consciente et responsable.

Au coeur de Liège, dans son écrin de béton et de verre, la Cité Miroir aura officiellement ouvert ses portes depuis le 14 janvier 2014. Conquête d’un lieu !

À l’origine, il y a Les Territoires de la Mémoire. Depuis sa création en 1993, cette asbl qui se veut un véritable cordon sanitaire éducatif en opposition à la résurgence des partis extrémistes, consacre ses moyens et son énergie à l’éducation citoyenne et à la démocratie.

Au début des années 2000, en quelque sorte victime de son succès, l’association se trouve à l’étroit dans ses murs du Boulevard d’Avroy. Suite à une décision du Conseil d’administration, le directeur, Jacques Smits, se met en quête de l’endroit idéal propice au développement de l’organisation. Un grand bâtiment abandonné au centre de Liège attire son attention ; les anciens Bains et Thermes de la Sauvenière. Réhabiliter ce lieu emblématique de la ville, voilà l’objectif qu’il poursuit depuis lors avec ténacité. Assisté dans un premier temps dans son épopée par l’architecte Pierre Beugnier à qui, en 2003, il confie l’étude de faisabilité du projet, il ne tarde pas à convaincre les partenaires historiques des Territoires de la Mémoire – Ethias Assurances, le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège, Solidaris et la Maison des Syndicats – à s’associer au mouvement. 

Le 10 décembre 2004, Journée internationale des droits de l’homme, est constituée l’asbl Mnema qui aura désormais en charge le projet de réhabilitation de l’édifice. Peu de temps plus tard, la Ville de Liège, la Province de Liège, l’Université de Liège, le MOC et Etopia, ainsi que des représentants des principaux partis démocratiques, viennent renforcer le noyau initial des partenaires. La v Ville de Liège notamment cède par bail emphytéotique d’une durée de 50 ans le bâtiment à Mnema pour qu’elle puisse mener à bien son projet. À partir de 2005, l’étape difficile des négociations financières s’entame et aboutit à la subsidiation par le Fonds européen de développement régional et la Wallonie (Travaux subsidiés et Patrimoine), la Province de Liège et la Ville de Liège. L’asbl Mnema et ses partenaires financent le solde non subsidié. Budget total : 21 751 801 € !

Les premiers jalons sont posés pour créer une nouvelle cité dans la cité, une Cité Miroir dans une Cité ardente !

 

Le travail de Mnema

Mnema ; mémoire en grec. En un mot, tout est dit sur la vocation de l’asbl éponyme : encourager les citoyens à un travail de mnema, autrement dit, un travail de mémoire. « L’avenir de l’humanité se construit sur base de son passé. Nos racines sont ancrées dans des évènements et des environnements. Récemment, des moments dans l’histoire ont été tellement loin dans la destruction humaine qu’ils ne peuvent être oubliés. Ce qui ne signifie pas qu’il faille tomber dans la peur qui paralyse. À Mnema, suivant ainsi l’action menée depuis 20 ans par l’asbl Les Territoires de la Mémoire, nous ne parlons d’ailleurs pas de devoir de mémoire mais bien du travail de mémoire. La nuance est importante. Le terme travail implique une action concrète et réfléchie mais aussi de l’enthousiasme et du courage pour oser dire non. Afin de ne pas reproduire les erreurs du passé, il est nécessaire de comprendre et d’étudier les mécanismes qui ont conduit à certains désastres meurtriers afin qu’ils ne se répètent plus. » (Jacques Smits, administrateur délégué de Mnema)

Fondés en 1913, les Établissements Brasseur sont aujourd’hui (re)connus pour leurs deux gammes de vélos, Diamond pour les familles et Viper pour les VTTistes exigeants. La « revue du siècle » avec son directeur, Stéphane Brasseur.

Née rue des Bayards à Liège, non loin d’Herstal, cette société familiale occupe aujourd’hui un vaste entrepôt à deux pas de là, rue de Steppes, mais n’a pas exactement démarré dans le commerce du cycle. « Mon arrière-grand-père, Arthur Brasseur, a créé cette société qui fabriquait au départ… des machines à lessiver. À l’époque, c’était un tonneau de bois avec un petit moteur et une sangle, voyez ce que c’est devenu… » Comprenant que l’avenir était à la technologie, la société a préféré miser sur la mobilité et, dès les années 1940, commence à fabriquer des mobylettes, comme la FN à l’époque (les fameuses Demoiselles de Herstal), puis rapidement des vélos sous la marque Diamond.

L’aventure congolaise

Mais si l’on pouvait alors fabriquer un vélo de A à Z avec des pièces uniquement produites dans le bassin liégeois, la situation évolue rapidement et le grand-père Brasseur décide d’investir… au Congo belge. La main-d’oeuvre y est meilleur marché, les lois sociales moins strictes qu’en Belgique et la société envisage de faire tourner l’usine avec des équipes continues. Ce qui n’était évidemment pas possible chez nous. Mais le projet ne voit finalement pas le jour. « Quand Mobutu est arrivé au pouvoir, il a nationalisé l’usine, mais comme l’emprunt pour la financer avait été pris en Belgique, il a fallu continuer à rembourser les crédits ici mais sans vendre un seul vélo. Ce fut une étape difficile pour la famille. »

Mais la société, qui avait maintenu un siège d’exploitation à Liège, tient bon. La génération suivante amorce une petite révolution : la délocalisation. « Quand mon père a repris la société, il faisait tout, confie Stéphane, l’assemblage, le commercial, le magasinier… Il travaillait sept jours sur sept et ne gagnait que très peu d’argent. » Il a dès lors décidé d’importer des marques américaines et de faire fabriquer en Asie deux nouveaux types de vélos qui émergeaient : les BMX et les VTT. Il crée ainsi la marque Viper qui vise le milieu et haut de gamme. « Si Diamond est un peu le vélo pour “Monsieur Tout le monde”, avec Viper, on est plus dans la technologie, avec nos propres moules et beaucoup de recherche. Les deux produits peuvent paraître semblables, mais ils ont chacun leur spécificité qui demande un travail très différent. Un Diamond coûte entre 100 et 2000 € pour la version électrique, tandis qu’un Viper peut monter jusqu’à 5000 €, mais pas au-delà car on entre alors dans un marché de niche avec énormément de recherche. »

Gros investissements

Lorsqu’il reprend à son tour l’usine, Stéphane Brasseur opte pour une nouvelle stratégie : délocaliser oui, mais plus près, en Turquie (« c’est plus facile pour le contrôle de qualité et c’est l’Europe commerciale ») et développer dans le même temps une nouvelle chaîne de montage à Liège, dotée d’un vaste stock de pièces détachées qui permet de répondre très rapidement à la demande et d’assembler des vélos en fonction des besoins. « Nous vendons aux revendeurs et aux professionnels, pas aux grandes surfaces ni aux consommateurs. Nous sommes évidemment présents en Belgique, mais notre marché principal, c’est la France et l’Angleterre où nous faisons 80 % de notre chiffre d’affaires contre 20 % sept ans plus tôt. On n’avait pas le choix, c’était cela ou sinon on ne persistait pas. »

Le partenaire néerlandais

« L'atout mais aussi la faiblesse de la société est aujourd’hui sa petite taille », explique son gérant. Un atout car les décisions se prennent très rapidement, mais aussi une faiblesse car pour grandir, il faut des capitaux. L’inversion des ventes à l’exportation a en outre entrainé de nouveaux besoins et nécessité l’adaptation de toute l’équipe. Le monde du vélo a lui aussi évidemment changé en 50 ans. De moyen de déplacement « du pauvre », le vélo est devenu un sport à part entière, avec des marques et le marketing qui les accompagne. Tant et si bien que pour survivre, la société a été revendue il y a cinq ans au groupe hollandais Accell, le plus grand groupe mondial dans le monde du vélo. « Rien n’a changé pour moi, confie le jeune directeur. À l’époque, un quotidien local avait titré Diamond n’est plus liégeois, mais c’est pour moi complètement faux, car nous sommes à Liège, le personnel est liégeois, c’est moi qui l’engage et qui décide d’où il vient. Nous n’avons pas été délocalisés en Flandre alors que nous pourrions y gagner quelques centaines de milliers d’euros. C’est moi qui dirige et choisis toutes les stratégies, même si je dois respecter quelques règles. La philosophie est restée familiale, mais à un niveau de groupe qui nous apporte surtout beaucoup de facilités et qui nous a ouvert de nouveaux marchés. J’espère que, de la sorte, nous allons continuer à grandir et atteindre les 25 millions € dans les 5 ou 6 ans. Toujours en misant très fort sur l’export mais en nous battant plus sur la Belgique, car c’est mon marché et j’aimerais y revenir. » En selle, donc !

LE LUXE D'ÊTRE WALLON
Par Stéphane Brasseur
Par la richesse et la diversité de son environnement, la Wallonie nous permet une qualité de vie extraordinaire, de profiter de la campagne, de la quiétude et de paysages grandioses, toujours proches, même des plus grandes villes. Cela nous permet d’exercer les activités les plus diverses dont la pratique du vélo… Le Wallon bon vivant est convivial et hospitalier. À l’image des gens du Sud, il apprécie la bonne chère qui fait partie de son patrimoine. De plus, la Wallonie de par sa situation est proche de tous ses voisins, nos autoroutes nous permettent de rayonner à loisir vers toutes les destinations européennes. Un vrai petit paradis, je vous le dis !

 

 

Il a suffi d’un film et d’une Palme d’or pour que la jeune actrice wallonne entre dans la grande famille du cinéma.

En entrant dans la peau de Sonia, la jeune mère « désenfantée » de L’Enfant de Jean-Pierre et Luc Dardenne, Déborah François a compris que le plateau serait sa vie. La jeune femme s’installe alors à Paris et enchaîne les rôles. À l’écran, elle est tour à tour tourneuse de pages, résistante, journaliste, une femme qui cache ses pouvoirs sataniques sous une bure de moine, caissière de supermarché ou dactylo.

Depuis les bords de Seine, elle n’oublie jamais les bords de Meuse, revenant autant qu’elle le peut dans sa ville natale pour s’y ressourcer entre deux tournages. Aujourd’hui, elle nous donne rendez-vous à l’hôtel du Berger à Bruxelles, un ancien hôtel de rencontre, devenu un hôtel au charme fou. Toutes les chambres sont différentes et portent des prénoms féminins. Déborah nous attend chambre 406, celle qui porte le doux nom de « Manon ».

Vous vivez entre Paris et Liège. Celle-ci vous apparaîtelle différemment depuis la ville lumière ?
D.F. — C’est vrai que la distance change le regard. Liège reste ma ville natale, elle est toujours ancrée dans mon esprit par mes souvenirs, ma famille et les amis d’enfance. Je n’y travaille pas, donc quand j’y suis, ce sont des vacances, c’est mon recul. Je n’ai pas pu y retourner énormément cette année, mais dès que c’est possible, je m’y rends.

Quand vous redevenez liégeoise, quels sont les endroits que vous appréciez ?
D.F. — Je vais beaucoup au cinéma Sauvenière. Ils passent de très bons films. C’est étonnant le nombre de films qu’on peut voir à Liège par rapport à d’autres villes en Belgique. J’y vais chaque fois avec mes proches, sinon je retourne aux endroits où on allait quand on était plus jeunes, et notamment dans le Carré. Je rends beaucoup visite à mes amis et je les fais venir chez moi aussi. Je préfère passer du temps juste avec eux plutôt que de me balader.

Les lieux de tournage de L’Enfant restent-ils particuliers pour vous ?
D.F.
— Je ne vais jamais à Seraing, ce n’est pas l’endroit qu’on a envie de visiter en premier sauf si on n’a jamais vu les films des frères Dardenne (rires). D’autant plus que je n’y connais personne. Je n’y passe pratiquement jamais sauf en bord de Meuse et là, j’y pense à chaque fois.

Vous êtes en ce moment entre deux tournages, est-ce une période que vous appréciez ?
D.F.
— Non. En général, les comédiens n’aiment pas ne pas travailler. Même si je fais d’autres choses, je considère que l’essentiel de mon travail, ce sont les tournages. Après, il faut finir les films, faire de la post synchro, des interviews et puis des castings. Tout cela est pour moi secondaire par rapport à mon métier qui est de jouer, d’être soit sur une scène, soit sur un plateau de cinéma. C’est sûr que ce n’est jamais très marrant d’être inactive mais, en même temps, on ne peut pas tourner tout le temps. C’est tellement intense. On serait complètement épuisé.

« Je vais beaucoup au cinéma Sauvenière. Ils passent de très bons films. C’est étonnant le nombre de films qu’on peut voir à Liège par rapport à d’autres villes en Belgique. »

 

Pouvez-vous vous satisfaire de ce qu’on vous propose ou avez-vous parfois envie d’autres genres de rôles ?
D.F.
— On a toujours envie d’aller chercher les trucs qu’on n’a pas encore fait. Je ne me plains pas pour autant parce que je reçois des propositions tous les mois. Je ne suis pas en manque de travail, même si je n’ai pas forcément envie de faire tout ce qu’on me propose. J’essaie de faire des choses qui ne soient pas trop proches de ce que j’ai déjà fait avant. J’aimerais refaire une comédie ou un film d’action. Ce qui n’est pas facile parce qu’on tourne très peu de films d’action en France. Et quand il y en a, ce sont souvent de rôles de garçons.

C’est un plaisir de spectatrice qui vous attire dans ce genre de films ?
D.F.
— Oui. Il y a cette envie de me retrouver dans une scène où je me fais tirer dessus, où il y a une poursuite en voiture. J’ai envie de faire des choses qui sortent de l’ordinaire : courir dans un couloir de métro, faire des pirouettes, apprendre à me battre au sabre ou à manipuler une arme à feu. Dans un film d’action, j’apprendrai forcément quelque chose. Et puis j’adore les scènes spectaculaires.

Aimez-vous vous voir à l’écran ? 
D.F. — Je ne déteste pas ça. Sinon, je ne ferais pas ce métier. En règle générale, je suis assez critique vis-à-vis de moimême. J’aime bien me voir faire des choses que je ne ferais pas dans la vie, comme sauter d’un avion. J’aime bien aussi l’envers du décor, tout ce qu’on met en place pour créer une scène spectaculaire et faire vivre des émotions aux gens. Au cinéma, on peut tout se permettre, on peut bloquer des rues. Pour Populaire, par exemple, on a fermé le Pont d’Iéna. C’est bête, mais j’adore voir cette scène parce que je me rappelle comment on l’a tournée. Ce qui me titille, ce n’est pas vraiment de me voir, c’est plutôt de revivre la situation. Sinon, pour ce qui est de moi, il y a des moments où je trouve que ça va, d’autres où bon...

Avez-vous aujourd’hui le sentiment d’être meilleure actrice qu’il y a dix ans ?
D.F.
— Ça dépend sans doute du film. Je ne sais pas si je joue mieux, mais je le vis mieux, beaucoup mieux. Je pense forcément que si je suis plus sereine, je dois être meilleure.

Avez-vous moins le trac ?
D.F.
— Non, c’est plutôt que je ressens moins de pression. Avant, j’avais un enjeu sur les épaules qui parfois était très lourd, une pression que je m’imposais toute seule d’ailleurs. Maintenant je le prends avec plus de sérénité. Je ne suis pas chirurgienne ou pilote d’avion, je n’ai pas la vie de gens entre mes mains. Au pire du pire, je serai mauvaise dans le film. Je n’ai évidemment pas envie que ça arrive mais je n’ai pas la responsabilité d’une vie. Ce n’est que du cinéma.

BIO-EXPRESS

1987   Naissance à Liège le 24 mai.

2000  Fréquente les cours de l’Académie Grétry, à Liège.

2006  Nomination au César du meilleur espoir féminin pour L’Enfant.

2007  Nomination au César du meilleur espoir féminin pour La Tourneuse de pages.

2008  Nomination au César du meilleur espoir féminin pour Les femmes de l’ombre.

2009  César du meilleur espoir féminin pour Le premier jour du reste de ta vie.

2011  Prix d’interprétation féminine au Festival de Sarlat pour Les Tribulations d’une caissière.

2013  Nomination au Magritte du cinéma de la meilleure actrice pour Les Tribulations d’une caissière.

 

Vous sentez-vous aussi plus légitime dans le monde du cinéma ?
D.F.
— Oui, j’ai sans doute moins besoin de dire que je suis là et que j’ai le droit d’être là. Je ne me pose plus trop la question. J’ai aussi compris que les autres ne se la posaient pas.

Quand vous allez au cinéma, regardez-vous les films en spectatrice ou en actrice ?
D.F.
— Les deux. Si c’est vraiment un super film et que je m’y laisse prendre, je suis complètement spectatrice. Maintenant que je suis actrice, j’ai une grille de lecture que je n’avais peut-être pas avant. Je suis devenue plus exigeante avec le cinéma que je regarde aujourd’hui. Je vais remarquer si l’image est moche, si le rythme ne tient pas. Ça peut me sortir du film. Quand je vois quelque chose qui ne va pas, je redeviens une actrice. Je me dis : « Ah tiens, ils n’auraient pas dû faire ça. Je n’aurais pas mis la lumière là. Je n’aurais pas dirigé cet acteur comme ça. » Ce sont presque toujours des questions techniques. Sinon, j’essaie vraiment de me laisser prendre et de me laisser porter par le film.

Vous avez tourné à Londres un film en anglais, Unmade Beds. Était-ce une belle expérience ? D.F. — C’était super. J’ai adoré. J’adore Londres. C’était vraiment un de mes meilleurs tournages avec une équipe très jeune et un super réalisateur. Cela m’a permis d’avoir un agent là-bas. Du coup, je fais de temps en temps des castings sur place ou en envoyant des essais enregistrés.

Serait-ce un drame pour vous de ne plus tourner ?
D.F.
— Je ferais autre chose, mais je pense que j’aurais le coeur brisé. Je ferais autre chose parce qu’à un moment, il faut avancer. Je n’ai pas de diplôme. Que voulez-vous que je fasse ? (elle éclate de rire)

Il y en a d’autres qui sont arrivés à de belles choses sans diplôme.
D.F.
— Ils ne font pas grand-chose en ce moment, ceux qui n’ont pas de diplôme à Liège... C’est extrêmement difficile.

Ce ne doit pas nécessairement être à Liège.
D.F.
— Si je n’étais pas actrice, est-ce que je resterais à Paris ? Je ne sais pas.

HOTEL LE BERGER 

Projet de l’architecte Gabriel Duhoux, l’Hôtel Le Berger, situé près de la Porte de Namur, à Bruxelles, a ouvert ses portes en 1933. Véritable institution, il fut au départ conçu comme un lieu de « rendez-vous » galants et de réunions clandestines en tout genre. Son agencement particulier et sa décoration art déco kitsch, propice à la discrétion et à la luxure, ont été conservés lors de sa rénovation en 2012 : ascenseur double, salles de bains ouvertes, miroir bordant les baignoires, etc. Aujourd’hui, l’Hôtel, désormais « sage », compte 66 chambres, un restaurant et un bar dont les alcôves constituent un malicieux clin d’oeil au passé.
Empreint d’une atmosphère incontournable d’intrigues et d’érotisme, l’endroit est particulièrement recherché comme cadre pour photographies de mode et comme lieu de tournage.

Renseignements 
Hôtel Le Berger : Rue du Berger, 24 - B-1050 Bruxelles
[email protected]http://lebergerhotel.be

 

Dans Populaire, vous étiez radieuse et pétillante. La comédie vous va bien mais vous n’en avez pas tourné tellement. Il y a eu Fais-moi plaisir, d’Emmanuel Mouret et Les tribulations d’une caissière. Pensez-vous que vos débuts avec les Dardenne vous ont marquée dans un certain type de cinéma ? D.F. — Forcément L’Enfant a marqué. Heureusement pour moi parce que sinon je ne serais sans doute pas là en train de vous parler. Comme le film a marqué, les gens pensent à vous plus pour ce genre de films que pour d’autres. Mais je suis très contente. J’ai fait Populaire, donc je n’ai plus rien à prouver pour ce qui est des comédies. Si les frères Dardenne veulent écrire une comédie et qu’ils ont la gentillesse de me la proposer, je serais ravie. Ce serait drôle.

On est dans un ancien hôtel de rendez-vous, lieu propice aux histoires. Ce genre de lieux vous évoquent-ils parfois des histoires, quand vous êtes seule dans un hôtel pour un tournage, par exemple ?
D.F.
— Les lieux me parlent quand il s’agit de films d’époque. Quand on arrive et qu’on voit les décors et les costumes, je suis toute excitée. J’adore les coiffures et les effets. Pour tout ça, je suis vraiment restée une petite fille. Tout ce qui fait que le cinéma est le cinéma. Dans ces circonstances, c’est sûr que je me raconte des choses. Je chante, j’ai ma musique. Sinon pour me raconter des histoires, je n’ai pas besoin d’être sur un tournage. J’aime bien être toute seule. Je n’ai pas besoin d’être tout le temps entourée et d’avoir des amis autour de moi. Au contraire, ça me fait du bien de penser au calme. Du coup, j’ai du temps pour me raconter des histoires. Pour entretenir une vie intérieure très imaginative...

Si vous rencontriez la petite fille que vous étiez à 10 ans, qu’auriez-vous envie de lui dire ?
D.F. — T’inquiète pas, ça va bien se passer.

Vous étiez inquiète ?
D.F.
— Je me suis toujours demandé ce que j’allais faire plus tard et ça m’inquiétait un peu de ne jamais avoir de réponse. Je ne savais jamais qu’imaginer. Et du coup, quand je me suis retrouvée sur un plateau de cinéma, j’ai eu l’impression de me trouver au bon endroit et je me suis dit en fait, c’est ça. Sur le plateau de L’Enfant, ce n’était pas un tournage facile, mais je me sentais à ma place. Je ne sais pas pourquoi. C’est sans doute pour ça que je ne savais pas que c’était ça. Avant, je n’osais même pas me dire que c’était possible. Je lui dirais donc « Ne t’inquiète pas, tu vas trouver. »

FILMOGRAPHIE (SÉLECTIVE)

L’Enfant (2005)
La Tourneuse de pages (2006)
Le Premier Jour du reste de ta vie (2008)
Unmade Beds (London Nights) (2009)
Fais-moi plaisir (2009)
My Queen Karo (2009)
Les Tribulations d’une caissière (2011)
Populaire (2012)
Un beau dimanche (2014)

Télévision
Dombais et fils (2007)
Ah, c’était ça la vie ! (2008)
Mes chères études (2010)
C’est pas de l’amour (2013)

Videos

Une parenthèse de trois mois a tout changé dans sa vie de femme, de peintre. Rencontre.

Sa mère était collagiste, peintre et graveur. Son père était également plasticien et, influence de leur duo artistique oblige, « entré en gravure », lui aussi. Ses oeuvres, il les imprimait en pressant son corps contre des annuaires téléphoniques. Pour Sofie, cette technique plutôt atypique ressemble étrangement à une première immersion dans cet esprit « corps à oeuvre » qui va, par la suite, devenir le fil rouge de son parcours artistique. Dès 14 ans, elle étudie la peinture, la gravure et l’image imprimée à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. Membre du collectif La Poupée d’Encre, elle est aussi enseignante et assistante en gravure à l’Institut Saint-Luc. Ce statut, elle en parle comme d’une respiration au milieu d’un travail autobiographique intense et percutant. À ce point de sa carrière, Sofie envisage d’ailleurs de mettre définitivement un terme à cette oeuvre très personnelle pour se recentrer sur des thématiques moins proches de sa propre histoire. C’était sans compter cette parenthèse de 90 jours. Une pause qui a complètement redéfini les règles du jeu, le rythme de sa création, son sens des priorités.

Trois mois pour la vie

En octobre 2012, Sofie Vangor donne naissance à deux jumeaux prématurés. Six mois plus tôt, au moment où elle découvre qu’elle est enceinte, l’artiste vient de terminer une exposition au Musée des Beaux-Arts de Liège. Un projet qui porte sur le décès de sa soeur, à l’âge de 17 ans. Cette série d’oeuvres personnelles, elle l’envisage comme un point final à ses travaux autobiographiques. Sauf que cette double grossesse prend fin plus tôt que prévu, trois mois avant terme. Ce qui va tout changer, c’est son entrée au couvent. Celui de Saint-Vincent, juste à côté de la Clinique de Rocourt, où elle vient de donner naissance à ses enfants. D’un jour à l’autre, Sofie Vangor plonge dans un univers inconnu, loin de son travail de plasticienne. Cette fois, il s’agit de mener une bataille pour la survie de ses enfants. Et si cette lutte pour la vie ne lui laisse ni le temps, ni l’énergie de créer, l’artiste va tout de même remplir des carnets, sorte de traces écrites de ces 90 jours entre parenthèses, 90 jours de « peau à peau » avec ses enfants.

LE « PEAU À PEAU », EN BREF
Maternité de Bogota, service de néonatalogie, 1978. Le Docteur Edgar Rey Sanabria décide, pour pallier le manque de moyens de son service de prénatalité, de lover les bébés prématurés contre le torse de leurs parents. L’idée est de les réchauffer afin qu’ils retrouvent les 37 degrés dans lesquels ils baignaient dans le ventre maternel. Ce peau à peau permet en outre de compenser les carences affectives de ces petits êtres fragiles. En 2014, si cette technique est encore peu médiatisée, ses bénéfices tant pour l’enfant que pour les parents sont reconnus scientifiquement.

 

Deux ans plus tard

Pour l’artiste, ce projet d’expo n’avait rien d’une évidence. Ses carnets ne lui ont finalement servi que de témoins. L’essentiel du travail, le concept, les médiums… se sont imposés à elle comme une sorte d’obligation morale. En quittant le service de néonatologie, Sofie Vangor réalise que ce qu’elle a vécu est à ce point intime et bouleversant qu’il est difficile d’en rendre compte avec des mots. Face à l’absence de médiatisation – notamment à l’occasion de la journée annuelle de la prématurité qui a lieu chaque 17 novembre – elle décide d’agir. En tant qu’artiste. En tant que mère. En tant que femme aussi. Car cette exposition que Sofie Vangor avait d’abord pensé titrer « Soeurs de Guerre », elle décide de ne pas la monter seule, mais avec ses « soeurs » de combat, d’autres femmes rencontrées pendant son aventure. Le fait que la majorité ne soit pas artiste rend le résultat encore plus intéressant.

Questions universelles

Sofie Vangor n’a pas demandé à ces mères de peindre ou de dessiner, mais bien de s’exprimer dans un langage qui leur était propre, d’apporter leur regard personnel sur cette expérience. À l’image de son propre parcours qui l’a amenée à passer de la gravure au textile en passant par l’écriture, elle a offert à ses femmes une plateforme d’expression libre et sans barrières. Les questions posées sont, au final, plus universelles que strictement liées à leur expérience. Comment se préparer à une naissance ? Comment l’anticiper et, de manière plus large, comment se préparer à l’imprévisible ? Comment traverser des épreuves ? Comment en revenir ? Comment les transformer en une occasion de partage et de réflexion ? Toutes ces questions ont donné naissance à une exposition qui mêle les peintures, gravures, broderies et vidéos de l’artiste et les installations des autres femmes.

 

Renseignements

http://sofievangor.blogspot.be

La Newsletter

Your opinion counts