Waw magazine

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Au-delà de son côté « ardent », adjectif souvent utilisé pour caractériser la ville de Liège et ses habitants fêtards, son dynamisme et sa créativité ne sont pas en reste non plus ! Certains quartiers ont fait peau neuve et sont désormais de véritables bijoux architecturaux et la représentation même d’un certain art de vivre « branchouille ». C’est le cas notamment de la rue Souverain-Pont. Plongée.

Une petite rue qui, a priori, ne payait pas de mine. Ça, c’était avant. Des commerces abandonnés, des bâtiments vides, des façades usées par le temps et par l’oubli. Et pourtant, un potentiel énorme dont la Ville était consciente. Bon nombre de ses façades sont classées au patrimoine ; le quartier jouxte la Place Saint-Lambert, une situation idéale pour y développer de l’habitat et du commerce. Restaient à trouver l’envie et l’élan de redonner à cette ruelle le cachet qu’elle mérite.

Dans le cadre de son « Projet de Ville 2012-2022 », la Ville décide de lever des fonds pour la requalification de ces bâtisses en appartements et en surfaces commerciales et, de manière plus transversale, la redynamisation commerciale et économique du quartier. Un budget de 6 000 000 € est libéré pour que les bâtiments de la rue identifiés comme ayant un « haut potentiel patrimonial » soient complètement relookés. Dans le cadre de l’opération « Créashop » et en partenariat avec Job’In, la Ville de Liège lance le début du projet en 2007.

Concrètement, 23 nouveaux logements sont aménagés ainsi que quatre surfaces commerciales situées aux numéros 7, 13, 15 et 17 de la rue. « Créashop », c’est un esprit innovant, mais aussi la volonté de propulser de jeunes créateurs et designers belges. Un appel à projets est lancé en octobre 2012. À la clé, un bail préférentiel, véritable coup de pouce pour de jeunes entrepreneurs, et un suivi de réalisation de projet assuré par Job’in. Quatre lauréats remportent leur droit d’entrée pour la rue Souverain-Pont : Emmanuelle Wégria et sa boutique consacrée exclusivement à la création wallonne, le couturier- créateur Fabrice Bertrang, Séverine Langhor et son projet de mercerie dédiée au monde du tissu et aux tissus du Monde, et la bijoutière Lara Malherbe.

Wattitude, l’attitude 100% wallonne

Wattitude, c’est la boutique wallonne par excellence. Tout est dans le nom : le culte de l’attitude wallonne. À l’heure où le « Made in France » retrouve ses lettres de noblesse, pourquoi ne pas en faire de même pour le « Made in Wallonia » ou du moins le « Made by Walloons » ? Chez Wattitude, tout est wallon ! Les produits, issus d’une sélection rigoureuse d’Emmanuelle Wégria, sont exclusivement conçus, créés ou produits en Wallonie.

Architecte et scénographe de formation, Emmanuelle Wégria lance « Madame Manu » en 2009, une ligne de vêtements peps pour enfants. Une activité alors complémentaire. En 2011, le théâtre Arsenic, une des plus importantes compagnies itinérantes de Belgique pour laquelle elle travaille, cesse sa collaboration. Un tournant dans la vie de la jeune Liégeoise puisqu’elle est placée, malgré elle, face à des questionnements et de nouveaux choix de vie à poser. Développer son activité complémentaire ? Ouvrir une boutique pour mettre en avant ses créations ? Les idées se bousculent. « Dans le cadre de mon activité avec ‘Madame Manu’, j’ai eu l’occasion de participer à de nombreux marchés de créateurs et j’ai été interpellée par le nombre incroyable de créateurs belges et wallons qui avaient de belles idées », explique Emmanuelle. Ce constat nourrit son envie d’ouvrir une boutique pour y présenter ses créations, mais aussi celles d’autres créateurs wallons. « J’avais plusieurs copines créatrices, et j’ai décidé de m’en entourer. » Elle élargit également le concept au design, une sensibilité qu’elle tient de sa formation d’architecte. Son compagnon lui proposera ensuite de mettre en avant les bières wallonnes et les produits de bouche. Le concept « Wattitude » est né.

Une sélection rigoureuse

« Ils sont tous mes coups de coeur, lance la pétillante brunette. Au départ, avec mon compagnon, on cherchait dans tous les sens des créateurs ou producteurs qui pourraient alimenter notre boutique. Puis, il a fallut freiner des quatre fers parce les wallons talentueux sont très nombreux et que l’espace du magasin peut vite être saturé. » Emmanuelle choisit ses créations au coup de coeur, mais elle met également un point d’honneur à saluer le professionnalisme. « On essaye de mettre en avant des professionnels du monde créatif tout en laissant la porte ouverte à des personnes qui ont une activité complémentaire et qui réalisent un travail de qualité, sans tomber dans l’artisanat amateur. » Avec pourtant une surface commerciale de 100 m2, elle est aujourd’hui contrainte de refuser certains créateurs, faute de place.

Quatre espaces

Organisée par départements, la boutique offre une belle visibilité à chaque créateur. « L’espace est organisé pour que chacun soit mis en valeur. Sur le site Web de la boutique, j’essaye également de tous les présenter et d’expliquer leur démarche », précise Emmanuelle. Chaque objet est accompagné d’une petite carte mettant en avant le nom du créateur et sa ville d’origine : Amandine Jehin – Namur ; Florence Beauloye – Engis ; Jean-François D’Or – Liège… Tous wallons évidemment. Les objets trouvent leur place au travers de quatre espaces : le premier dédié aux bières wallonnes et à la petite épicerie, le design ensuite avec également une sélection de livres élégamment rangés dans les étagères du créateur liégeois Alix Welter, un coin enfants avec, notamment, ses propres créations « Madame Manu », et enfin, l’espace « Bijoux et accessoires de mode ». L’arrière du magasin est aménagé en atelier dans lequel Emmanuelle organise tous les mois des ateliers créatifs variés. « Ces ateliers sont conçus et donnés par les créateurs eux-mêmes », une belle opportunité pour les participants de s’essayer aux arts créatifs en étant entourés par des professionnels passionnés. En plus de ces ateliers, le couple organise régulièrement des événements, toujours avec pour objectif de présenter au public des personnalités wallonnes talentueuses. Au travers de petits showcases dans la cour intérieure, ils proposent à leurs clients de découvrir de jeunes groupes musicaux dont le premier album vient d’être produit. Ces moments festifs sont également l’occasion de savourer les dernières bières wallonnes ayant fait leur apparition dans leurs rayons. Tous les deux mois également, la boutique accueille une nouvelle exposition d’artiste. Car si l’espace ne permet plus vraiment d’accueillir de nouveaux objets, restent les murs ! « On essaye de faire une tournante au niveau de nos murs ! Sophie Vanghor sera la prochaine artiste à y être exposée, du 3 avril au 30 mai. »

Aujourd’hui, la jeune entrepreneuse ne regrette aucun de ses choix. Cette boutique est une véritable réussite, tant sur le plan professionnel que personnel. « Ça m’apporte énormément. C’est très intéressant d’être en contact direct avec les créateurs et les producteurs et d’apprendre à connaître leur histoire et leur métier. Je pense que le public également est content d’avoir enfin un magasin rassembleur de la production artistique wallonne. » Chaque objet est une pure découverte et l’espace, une pure merveille. Un condensé de talent wallon. WAW !

 

RENSEIGNEMENTS

Wattitude
Rue Souverain-Pont, 7
B-4000 Liège
+32 (0)497 62 53 53
[email protected]
www.wattitude.be

 

ON AIME AUSSI

La rue En Neuvice, une des rares rues d’origine médiévale de la ville de Liège à avoir conservé sa structure, pour :
le charme de l’Hôtel Neuvice et l’accueil de ses tenanciers ; → REstore, une boutique dont le concept est basé sur le slow design, ou l’art de faire du très beau avec des déchets ménagers ou industriels ;
le fromager Uguzon, à la fois un comptoir de vente et un espace de dégustation de fromages et de vins triés sur le volet ;
l’atelier de Salvador Renzo, un artiste luthier spécialisé dans la fabrication et la restauration d’instruments à cordes pincées.

Il y a chocolat et… chocolat ! Loin des grandes industries et de leurs techniques formatées, il existe en Wallonie quelques puristes, artisans de la fève et maîtres du goût, tels Benoît Nihant et Francine Beaufort.

Le Belge a toujours été considéré comme un des plus gros mangeurs de chocolat au monde. Il n’y a guère que les Suisses et les Norvégiens pour nous battre. On considère qu’un Belge sur cinq mange du chocolat chaque jour et que plus de 40 % affirment que c’est bon pour le moral.

À l’origine, ce mets était consommé comme médicament par les Mayas et les Aztèques et était pris comme monnaie d’échange ou même symbole religieux. Il y a un peu plus de 150 ans, le chocolat était utilisé comme boisson. La mode des bâtons et autres tablettes est donc relativement récente.

WAW a rencontré deux passionnés du cacaoyer et de ses dérivés.

La réussite de Benoît Nihant, qui a su trouver sa place dans le peloton de tête des artisans mondiaux, est remarquable aux points de vue économique… et artisanal ! Le parcours atypique de Francine Beaufort, « la Femme Chocolat », la place également dans ce sillage.

 

Bean to bar

Ce qui, au départ, était une passion est devenu pour Benoît Nihant une réalité en 2005. Cela fait maintenant 7 ans que Benoît affirme ses spécificités, sa personnalité et est devenu une des quinze personnes au monde (!) parmi les plus proches de l’artisanat, de cette façon unique de travailler. Au départ, Benoît était ingénieur et avait, devant lui, une belle carrière. Son épouse, Anne, travaillait « dans la finance ». Un jour, ils ont décidé de quitter ces horizons pour se lancer dans la grande aventure chocolatée.

En 2005, les Nihant ouvraient leur premier magasin à Embourg, guidés par leur passion et leur enthousiasme. Peu après, c’est à Maastricht, au coeur de la vieille ville, qu’ils inauguraient une deuxième enseigne. En 2010, ils s’installent dans le Passage Lemonnier à Liège. Un endroit de choix dans un lieu en pleine mutation. À Bruxelles, ils sont les invités privilégiés des très courus établissements Rob qui sélectionnent l’élite des produits à proposer à sa clientèle.

Benoît Nihant travaille avec un chocolat de couverture haut de gamme et pratiquement unique. Il sillonne le monde en quête des meilleures fèves en privilégiant les petits producteurs aux Caraïbes, en Papouasie, en Nouvelle-Guinée, en Équateur, à Bali ou au Venezuela, entre autres. L’exigence de l’artisan est grande, garantissant une démarche avec des produits 100 % naturels. Il travaille le chocolat à partir des fèves de cacao, recherche la perfection et la rareté, en totale indépendance du chocolat produit par les multinationales.

Grâce à ses connaissances acquises au cours de ses études d’ingénieur et de sérieuses notions de mécanique et de physique adaptées à des petites quantités, il a mis au point un matériel unique, tout à fait innovant. Dans son nouvel atelier établi à Trooz, après avoir sélectionné les meilleurs et les plus rares lots de fèves, Benoît, grâce à un appareillage unique - dont il est légitimement fier et jaloux - torréfie en douceur, broie avec méthode, décortique patiemment, concasse et conche. Toutes des opérations dont la méticulosité et le respect parfait des techniques conduisent à ce résultat à nul autre pareil.

Il sillonne le monde en quête des meilleures fèves en privilégiant les petits producteurs aux Caraïbes, en Papouasie, en Nouvelle-Guinée, en Équateur, à Bali ou au Venezuela, entre autres. L’exigence de l’artisan est grande, garantissant une démarche avec des produits 100 % naturels.

Sa nouvelle collection « Bean to Bar » (de la fève à la tablette) s’appuie sur des fèves certifiées bio de Bali et de Madagascar, sans lécithine, ni vanille. Chaque origine se décline en trois versions mettant parfaitement en valeur élégance, complexité, intensité et raffinement.

La gamme Nihant se compose également de coffrets rassemblant les goûts les plus insolites des saveurs naturelles dans la gamme Haute Couture des pralines. Les tablettes sont proposées sous onze compositions de saveurs uniques invitant au voyage. Les délicubes sont des spécialités fruitées colorées et amusantes. En outre, il existe aussi les Célestes (petits chocolats aux explosions de saveurs), les truffes intenses et légères ainsi que les onctueux caramels salés.

 

Renseignements

Atelier
Rue de la Métal
B-4870 Trooz
Tél. : +32 (0)4 365 72 57
[email protected]
www.benoitnihant.be

Boutiques
Liège : Passage Lemonnier, 30 - B-4000
Maastricht : Havenstraat, 8 - NL-6211
Bruxelles : ROB, Bld de la Woluwe, 28 - B-1150
Embourg : Voie de l’Ardennes, 45 - B-4053

 

Bio Express

2005 → ouverture de l’atelier et du magasin à Embourg
2009 → installation d’un point de vente à Maastricht
2010 → magasin à Liège
2011 → installation de l’atelier à Trooz
2012 → proclamé manager liégeois de l’année 2011

 

La Femme Chocolat

Quand on aime les gens, on leur fait la cuisine. Quand on veut briser la glace, on leur fait du chocolat. Francine Beaufort, c’est le goût pour les autres.

Quand on fait des études d’infirmière (métier exigeant s’il en est) et qu’après dix ans de soins à domicile en tant qu’indépendante, on décide d’ouvrir successivement deux maisons de repos avec une centaine de pensionnaires et une équipe d’une trentaine de personnes, on peut se demander pourquoi Francine Beaufort a décidé de relancer sa carrière dans la pâtisserie. Ce fut sûrement le besoin d’une vie familiale plus calme et surtout d’avoir plus de disponibilités. Les trois filles de la famille ont vite accaparé Francine. Elle a toujours gardé, dans sa vie de tous les jours, un sens profond de l’organisation et, quelque part dans son coeur, l’impérieux besoin d’aider et d’avoir un perpétuel contact humain.

Déjà, à ce moment, Francine était passionnée pour la cuisine. Non seulement pour les repas de tous les jours, mais bien plus, aussi par le besoin de créer, de se lancer dans des préparations nouvelles, de découvrir le sens profond des produits, d’oser des alliances nouvelles, de se rendre compte du bonheur que l’on peut donner aux autres en créant des plats inédits. Et, même si à certains moments, la réussite n’était pas au rendezvous, cela permettait de repartir dans des nouvelles recherches. L’expérience n’est-elle pas souvent une accumulation d’échecs et d’incertitudes que l’on a su dompter ? Son beau-fils étant pâtissier, Francine eut, un jour, le déclic de se dire qu’elle ressentait le besoin de l’aider, de découvrir ses secrets de fabrication. Elle eut rapidement la sensation qu’elle n’en savait pas assez, qu’elle devait se perfectionner, mieux connaître tous les arcanes du métier. Les cours donnés chez Epicuris (réputé centre de compétence des métiers de bouche) à Villers-le-Bouillet lui allaient comme un gant. Ce fut Dominique Docquier et Salvatrice Piazza qui guidèrent ses premiers pas dans la découverte du chocolat et de la glace. Elle apprit, auprès de ses mentors, le goût du travail bien fait, l’honnêteté et le respect constant des produits ainsi que du matériel. Ce n’est pas toujours évident quand on a atteint la bonne quarantaine d’ainsi se lancer dans une aventure nouvelle.

En 2007, un peu par hasard et beaucoup par chance, elle découvre un bâtiment vide et inoccupé qui avait successivement servi comme magasin de fleurs et salle de remise en forme à Ayeneux (Soumagne, près de Liège), pas loin de Wégimont. Elle en fait donc l’acquisition. Ce qui servait de vestiaire et de garage devient l’atelier. La véranda et la terrasse se muent en salons de dégustation (avec un espace pour les fêtes de famille). On crée une plaine de jeux. L’espace tea-room est rapidement rénové pour plus d’accueil et de convivialité. L’enthousiasme est bien là et les idées foisonnent.

Patience

Dans les ateliers de Francine qui, au fil des années et des investissements, s’agrandissent et s’enrichissent de nouvelles machines aux performances de haut rendement, on perçoit immédiatement deux préoccupations majeures : l’ordre et la propreté, un modèle du genre. Deux turbines à glace, un cuiseur, deux chambres froides (une positive et une négative) et un surgélateur « choc » (pour amener très rapidement à bonne température) sont complétés par un local de plonge, un espace de préparation (pour gaufres et crêpes) dans le « module glace ». Quant à l’atelier-chocolat, il se compose de trois « tempéreuses » automatiques ainsi que d’un matériel hypersophistiqué servant à l’impression sur les chocolats et gâteaux. Tous ces appareils sont parfaitement entretenus et maintenus en bonne condition pour servir facilement et rapidement. La passion est toujours à l’ordre du jour. Mais aussi la patience. Francine précise. « Le chocolat me l’a apprise. Le chocolat, c’est la technique avec des étapes très importantes à respecter impérativement pour éviter les cruelles déconvenues du débutant ». Elle ajoute, en évoquant les préparations glacées « qu’il faut que les arômes restent un certain temps dans le mix pour diffuser pleinement et complètement leurs saveurs. Un certain temps, c’est un période comprise entre quatre et vingt-quatre heures. Plus long sera le temps, plus le produit final sera au sommet de son goût ». Intarissable, elle enchérit en parlant de la passion de son métier. « Dès le moment où l’on se rend compte que lorsque l’on connaît l’équilibre des glaces, on peut alors devenir créatif. C’est seulement alors que la passion arrive ! ».

Mais Francine, en toute modestie, s’aperçoit vite que son bagage technique manque encore de professionnalisme, qu’elle a besoin de savoir plus et mieux. Elle va donc chez Valhrona, à Tain l’Hermitage, suivre une formation spécifique auprès d’un « meilleur ouvrier de France », Alain Chartier, qui lui permettra de mieux connaître les arcanes du cacao, du chocolat et de leurs mises en oeuvre. Cette année, elle va suivre une nouvelle session de formation bien nécessaire et bien utile pour encore progresser dans son développement personnel, dans le respect technique des marchandises.

Douze douces crêpes

Les formations en matière de glaces sont également très spécifiques. Son professeur fut Gérard Taurin, champion du monde de glacerie. Il donne cours chez le célèbre Lenôtre, à Paris. Elle a aussi fréquenté l’atelier de Gérard Cabiron (chez Valhrona). Très récemment, à Bologne en Italie, elle a rencontré Alice Vignoli, une jeune passionnée qui transmet merveilleusement son savoir en matière de glaces et sorbets à l’alcool. Cette spécificité, très pointue, engendre un respect total du sucre, des alcools et surtout de leurs dosages. La moindre erreur, le plus petit débordement entrainent un échec irrémédiable. Les cartes proposées aux heureux clients de La Femme Chocolat changent au rythme des saisons et de l’humeur du chef. La petite restauration d’été fait la part belle aux salades, pâtes, gaufres, crêpes, croquemonsieur dans une chouette diversité de goûts et de saveurs : plus de douze sortes de crêpes sont à disposition. Les fruits frais garnissent les glaces dans des préparations originales. Celles à base de bananes remportent un beau succès. Hors carte, les sorbets (à la bière ou à l’alcool), la fameuse et inimitable crème aux framboises, la délicate mousse au chocolat et, bien sûr, les glaces au chocolat (grands crus d’origine) recueillent les bravos des petits et des grands qui n’hésitent pas à lâcher leurs cuillères pour applaudir !

 

Renseignements

La Femme Chocolat
Chaussée de Wégimont, 283
B-4630 Ayeneux (Soumagne)
Tél. :+32 (0)4 358 53 40
[email protected]
www.lafemmechocolat.com

 

Bio Express

Infirmière (soins à domicile)
Gérante de maisons de repos
2007 → ouverture du magasin à Ayeneux
2008-2011 → stages et formations professionnelles (glaces et chocolats) en Belgique, France et Italie
2009 → agrandissement et aménagement du magasin
2008-2012 → mise au point de créations personnelles, vente aux traiteurs

Un concept. Des tapas… gastronomiques. En trois ans, un hôtel, un restaurant à Liège et un autre à Maastricht, une récente boutique avec cours de cuisine et séminaire. Autant d’invitations au voyage.

Le lieu est en tous points le mariage des contraires. C’est d’abord cette associat ion entre Sebastian Cassart, la rigueur aux fourneaux, et Ramon Rodriguez, pour un service énergique et allègre. C’est aussi la fusion entre la modernité des décors, de type loft, et la douceur conférée par les couleurs chaudes des lieux. Enfin –last but not least– c’est une cuisine tout à fait à part. Des tapas revus et corrigés façon gastronomique, associant ainsi convivialité et plaisir du palais. Le Gault Millau ne s’est pas trompé en attribuant un 14/20 à l’établissement dès sa première année !

Hollandais de mère, espagnol de père et liégeois avant tout, Ramon Rodriguez s’était lancé dans la restauration en 1997 en ouvrant dans le même quartier l’Olé olé, un bar à tapas proche de ceux que l’on trouve dans toute l’Espagne. Mais onze ans et des milliers de tapas plus tard, le trentenaire a eu envie de se lancer un nouveau défi, de monter d’un cran. Sa route a croisé celle de Sebastian Cassart, qui s’était fait une belle carte de visite depuis sa sortie de l’école hôtelière de Libramont en 1997 et dont le CV ressemble à un guide de gastronomie : il a officié comme chef saucier chez Yves Matagne au Sea Grill à Bruxelles (2 étoiles), au Couvert-Couvert à Louvain, à l’Héliport à Liège (1 étoile), à l’Eau Vive à Namur (1 étoile) ou encore au One-0-One, un des meilleurs restaurant de poisson à Londres…

San Sebastian comme source d’inspiration

Il y avait le local, il y avait le chef cuistot, restait à conférer aux lieux son ambiance unique. C’est aux architectes d’intérieur liégeois Sabino Rodriguez – ami, et non parent, du Ramon éponyme - et Eva Wuidar que l’habillage du restaurant a été confié. Le couple a misé, comme Sebastian le fait en cuisine, sur la qualité des fournitures et leur mise en valeur. « Quand Ramon m’a parlé du concept, il voulait aller vite », se souvient Sabino Rodriguez. « Alors, je l’ai amené illico du côté de San Sebastian, une ville magnifique dans la communauté autonome basque. Après deux jours, nous sommes revenus abreuvés d’idées… ».

À l’El Pica Pica, le choix est donné entre trois formules selon l’appétit des convives et le temps dont on dispose.


L’espace est divisé en trois : l’entrée, la comedor (salle à manger), puis la cuisine dans le prolongement, visible au travers d’une large baie vitrée. Les murs en moellons, mis en valeur par un éclairage halogène sur toute la longueur de la salle, sont en trompe-l’oeil, comme l’équipe l’avait vu faire dans le Nord de l’Espagne.

Les tables ont été coupées dans du bois resté brut, et flanquées d’une longue banquette qui accueille une partie des invités. L’effet épuré, presque géométrique, de l’ensemble a été tamisé par le choix des couleurs : sable, rouge orangé, brun wengé. Toujours, le Pica Pica joue avec les opposés…

L’aménagement de ces quelques dizaines de mètres carrés compte également une originalité, clin d’oeil aux origines des patrons, puisque l’entrée abrite un long bar rempli de bouteilles aux noms chantants. Ici se côtoient le Dominio de Berzal, le Veraton de Alto Noncayo, le Campo de Borja… Tous ces cépages, des plus fleuris aux plus puissants, proviennent de vignobles ibériques. À Liège, dans les toutes prochaines semaines, il sera possible de se les procurer en quantité puisque Ramon et Sebastian doteront leur restaurant en Cité ardente d’une boutique, mélange de cave à vin et d’épicerie fine, où les clients pourront s’approvisionner et apprendre à cuisiner. Pour prolonger, jusqu’à leur demeure, le dépaysement…

Grands et petits appétits

À l’El Pica Pica, le choix est donné entre trois formules selon l’appétit des convives et le temps dont on dispose. Les habitants et visiteurs de Liège-la-chaleureuse ont l’habitude des repas d’affaires à midi mais pas toujours le temps d’y consacrer une bonne partie de la journée. Les plus pressés opteront donc uniquement pour le lunch en 3 services (28 € pour l’entrée, plat, dessert). Les moins pressés mais petits appétits choisiront quant à eux, le midi ou le soir en semaine, le « menu du marché » en 6 services (35 €) durant lesquels la noix de Saint- Jacques – servie très fine, en tartare - côtoie le taboulé, les cacahuètes et le choux rouge. On y voit également le topinambour ressurgir, associé au porc et au foie gras disposé en poudre, tel une épice. Le goût du sandre est quant à lui rehaussé d’un jus de cresson très frais. L’ensemble ferait presque oublier la douceur du velouté du butternut, courge plus suave encore que le potiron et servie en deuxième service, agrémentée de cappuccino de lait et de noix…

Cela fait beaucoup mais on ne quitte pas la table lesté de quelques kilos supplémentaires. Et pour cause. Si les assiettes s’enchaînent, elles ne sont pas extrêmement copieuses. Ce n’est pas pour rien que l’enseigne du Pica Pica annonce « Tapas y mas »… Tapas et plus, ou plutôt plus que des tapas ! Tenter de faire l’impasse sur les deux petits desserts serait vain. Tout comme il est impossible de se priver des petites sucreries qui accompagnent le café. Quitter l’établissement sans avoir savouré le gâteau au chocolat au lait, dont la saveur crémeuse tapisse le palais, serait une gabegie !

Le gourmand n’hésitera donc pas une seconde à opter pour le menu « Signature » (49 €) de neuf tapas en 7 services. C’est d’ailleurs le seul proposé aux convives les vendredis et samedis… Aux plats précités sont ajoutés du homard agrémenté de moules et cuisiné au safran, des petits-gris au tapioca et à l’ail, ou encore du pigeonneau accompagné de chicon à l’orange et de radis noir. C’est aussi une particularité de la cuisine inventive de l’endroit : ici, on redonne ses lettres de noblesse à des légumes presqu’oubliés. Sur la carte, se côtoient – au grand plaisir de nos papilles qui ne s’en sont pourtant pas toujours délecté - le céleri rave, le topinambour, le chou rouge, le radis noir ou le carde…

Tels sont les secrets de réussite de l’El Pica Pica, unique restaurant gastronomique espagnol de l’Eurégio, dans lequel Ramon Rodriguez et Sebastian Cassart s’investissent presque jour et nuit depuis maintenant deux ans. Le duo s’est enrichi récemment d’un troisième homme, Laurent Demeyer, féru de rhum et de vins, qui veille plus particulièrement au pôle liégeois depuis l’ouverture hollandaise.

La réussite du trio montre que, même en temps de crise, la qualité fait recette. Et qu’il n’y a rien de tel que la chaleur liégeoise mêlée au sens méditerranéen de l’accueil…

Pour prolonger le plaisir

Ramon Rodriguez et son épouse avaient déjà ouvert leur premier restaurant à tapas, l’Olé Olé, lorsqu’il leur a été proposé de racheter l’entièreté du bâtiment du 62, rue Hors- Château, en 2000. « Au-dessus du restaurant, l’immeuble était divisé en neuf grands studios », se souvient Ramon. « Nous les avons gardé en l’état jusqu’à ce que nous tombions sur un article de quotidien dans lequel on démontrait qu’il manquait de chambres d’hôtel à Liège… On s’est dit «pourquoi pas ? », et on s’est lancé dans les travaux ! ». C’est déjà le duo Sabino Rodriguez-Eva Wuidar qui a été appelé à décorer les lieux. Les murs ont été délestés des grosses couches de plâtre pour laisser apparaître de magnifiques colombages, et les neuf chambres (six doubles, deux simples, une suite) ont été habillées de mobilier épuré, revêtu de gris anthracite, dessiné par les architectes d’intérieur.

Pas de fioritures dans cet établissement. Ce sont les traces du passé qui font le charme des lieux, mis en valeur par le choix des couleurs. En juillet 2004, l’Hôtel Hors-Château a donc ouvert ses portes. La sympathie des hôtes, le niveau du service et la situation – entre le symbolique Perron de la place du Marché et le musée Curtius – font son succès…

Pica Pica in Maastricht

Même si, de prime abord, son côté hollandais ressort bien moins que son côté ibérique, il n’en reste pas moins que Ramon Rodriguez est hollandais de mère et qu’une partie de sa famille vit à Maastricht. C’est cette dernière qui a suggéré à Ramon de venir installer un restaurant similaire à celui de Liège dans la plus ancienne ville fortifiée des Pays-Bas… C’est chose faite depuis l’été dernier et l’effet est saisissant pour ceux qui ont l’habitude de fréquenter le restaurant liégeois. Tout y est exactement pareil ! Si ce n’est le délicieux accent des personnes qui assurent le service lorsqu’ils récitent le contenu des plats proposés…

 

Renseignements

El Pica Pica
Hors-Château, 62
B-4000 Liège
Tel. : +32 (0)4 221 39 74
Fax : +32 (0)4 250 56 31

El Pica Pica ‘Maastricht
Kesselskade 59
NL-6211 EN Maastricht
+31 (0)43 321 09 09

www.elpicapica.be

 

L’hymne du Standard, c’est lui aussi

Si vous êtes Liégeois, il n’y a sans doute pas besoin de vous présenter l’hymne du Standard, le We are the best qui vibre dans tout le stade, en particulier les jours de matchs remportés… Derrière ce single qui fut numéro un de l’Ultratop (classement des ventes de singles en Wallonie et à Bruxelles) en novembre 2009, à peine cinq jours après sa sortie, se cache une fois encore… Ramon Rodriguez. « J’avais emmené mon cousin au stade. C’était sa première fois, mais quelle première ! On remportait le championnat de Belgique face à Anderlecht ! Il y avait une ambiance de dingue mais on sentait qu’il manquait vraiment un hymne digne de ce nom ». Son cousin est DJ sous le pseudo Patrick Clubcarter, et fut notamment le producteur de Technotronic (le Pump up the jam des années 90…) et de Paradisio pour Bailando. « À peine avait-il quitté le stade qu’il avait déjà une idée en tête ! », se souvient Ramon. « Il chantait po po po popoleeeo ! Ça sonnait bien. » Sur le coup, le restaurateur-supporter s’est mué en producteur et a sorti le disque, non sans l’avoir fait adopter par le club des rouges et blancs. Depuis, les supporters se sont accaparé le We are the best du restaurateur déjanté. Le single est double disque d’or…

« OUFTI ! » peut être considéré comme la traduction liégeoise du « Mince alors ! » français. Il doit être prononcé impérativement avec cet accent chantant et savoureux que cultivent ardemment les fans de « boulets sauce lapin » ou de « lacquemants » ! Un artisan l’a déjà transformé en mini glace chocolatée à la banane mais des étudiants de l’ULg vont donner à ce drôle de petit mot une notoriété mondiale en l’attribuant à un concept aérospatial représentant le premier nanosatellite créé en Belgique.

L’Orbital Utility For Telecommunications/ technology Innovations – O.U.F.T.I.– sera en effet bientôt le premier nanosatellite (ou Cubesat) belge à évoluer dans l’espace. Sa mission ? Relier tous les radioamateurs du monde entier par l’application spatiale de la technologie D-STAR ! Une première mondiale qui en appellera d’autres.

Il est des secteurs économiques qui interpellent peu le grand public au quotidien parce qu’ils font peu la « Une » des journaux, parce que les scientifiques cultivent parfois une discrétion rendue nécessaire par le caractère hyperconcurrentiel de leur secteur ou encore parce que leurs travaux sont, ou paraissent, a priori, peu spectaculaires. C’est probablement le cas du secteur aérospatial qui, pour autant, fait rêver puisqu’on y envisage l’exploration de l’infini ou encore la « gestion » de l’espace qui entoure notre planète. Ce rêve, toutefois, ne prend forme spectaculaire que lorsqu’une fusée s’élance vers l’azur depuis Kourou, Cap Kennedy ou Baïkonour, ou qu’on nous (re)montre les traits concentrés de Frank De Winne ou de Dirk Frimout.

L’aérospatiale, tradition liégeoise

Derrière ces images fortes se profilent des chercheurs, des scientifiques et des ingénieurs. Des années durant, ils conçoivent des technologies qui ont l’obligation de la perfection car le moindre nano-défaut dans une fusée ou un satellite signifie la destruction quasi instantanée ! Ce que l’on peut comprendre aisément si on sait que tout objet dans l’espace évolue à une vitesse de 28 000 km/h !

Et des chercheurs qui trouvent dans l’aérospatiale et sortant de l’ULg (seule université francophone qui propose un Master en Ingénierie aérospatiale), de l’Institut Gramme ou de Montefiore, il y en a à Liège bien entendu mais aussi à la NASA, à l’ESA ou dans les entreprises wallonnes du secteur. « C’est même un ingénieur en aérospatiale sorti de l’ULG qui, il y a quelques années, a dirigé les opérat ions de lancement d’Ariane 5, à Kourou, commente le professeur Gaëtan Kerschen, l’un des fondateurs et maître d’oeuvre du projet OUFTI. Étant les seuls à proposer cette spécialisation en Communauté française, nous accueillons cette année plus de 30 étudiants. Ce qui est beaucoup ! » Le fruit de l’expérience, certes, puisque la spécialisation existe à l’ULg depuis 1961. Au niveau industriel, l’aérospatiale est aussi devenue une spécialité liégeoise – sinon wallonne – avec des sociétés telles que Techspace Aero, Sonaca, Sabca, Thales Alenia Space Etca, Spacebel ou encore le Centre Spatial de Liège qui est en relation directe avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

On pourrait dire du projet OUFTI qu’il relève de la « pédagogie appliquée ». Autour de leurs professeurs, ce sont avant tout les étudiants qui, depuis 2007, travaillent sur ce projet dont l’origine est collégiale.


Ces acteurs majeurs de l’aérospatiale européenne suivent de près ou de loin le projet OUFTI dans la mesure où le succès de ce petit satellite pourrait permettre de multiples applications nouvelles et ouvrir de nouveaux marchés ! Le professeur Kerschen, en tous cas, croit dur comme fer au bienfondé du pari qu’il a lancé avec ses étudiants. « Souvenez-vous il y a 20 ans, rappelle-t-il, la taille des ordinateurs de bureau. Et regardez aujourd’hui celle des notebooks… Votre Smartphone actuel, d’autre part, est presqu’un bureau et un ordinateur de poche, et il est deux fois plus petit que votre « vieux » GSM… Il en ira de même dans le secteur spatial. La voie est désormais ouverte à la miniaturisation des satellites. On ne remplacera bien sûr jamais tout par des microsatellites. James Webb Space Telescope, le successeur de Hubble, par exemple, ne pourrait pas relever de cette miniaturisation. Mais tant d’autres applications pourront être étudiées d’ici 10 à 20 ans grâce à cette nouvelle technologie ! ». Celle-ci est née aux États-Unis en 1999 mais elle est encore peu utilisée en Europe. Ce qui confère encore davantage d’intérêt à ce projet.

« Pédagogie appliquée »

Si l’on parle souvent de recherches appliquées dès le moment où une découverte scientifique mène à une application commerciale ou industrielle, on pourrait dire du projet OUFTI qu’il relève de la « pédagogie appliquée ». Autour de leurs professeurs, ce sont avant tout les étudiants qui, depuis 2007, travaillent sur ce projet dont l’origine est collégiale. «Un de nos collègues ingénieurs, Luc Halbach, est aussi radioamateur, explique Gaëtan Kerschen. Il nous a parlé de sa passion et surtout, s’est interrogé sur une application spatiale du nouveau système D-STAR (Digital Smart Technology for Amateur Radio) qui permet par des relais terrestres la transmission simultanée des sons et des données (GPS , par exemple) en numérique. Dans le même temps, permet la transmission du signal par internet. L’intérêt peut être majeur en cas de catastrophe naturelle. Par exemple, les Américains, en 2005 avec l’ouragan Katrina, ont connu d’énormes difficultés de communication car les relais terrestres étaient soit détruits, soit trop peu puissants. Avec un relais comme OUFTI en orbite, ce problème n’existe plus ! ».

Un quatuor s’est alors formé autour de cette idée d’implanter le protocole D-STAR dans un satellite. Car, comme les 3 mousquetaires, ils étaient 4 (les lignes suivantes en témoignent). Il était composé de Luc Halbach (alors à Spacebel), le professeur Jacques Verly (Institut Montefiore), Amandine Denis, assistante dans le Département d’aérospatiale et mécanique de l’ULg, et Gaëtan Kerschen. « Pour être très précis, insiste le professeur, notre but est scientifique ET pédagogique. Donc, nous dirigeons les travaux qui sont le fruit du travail des étudiants : ceux-ci étudient à la fois toutes les données, puis conçoivent et réalisent OUFTI ! » Et avec quel allant car, dès le début du projet – l’année académique 2007-2008 – les étudiants vont remporter un premier succès au plus haut niveau en convainquant l’ESA d’accepter gratuitement le CubeSat OUFTI-1 (alors à l’état de projet !) pour le lancement inaugural de VEGA, le successeur d’Ariane. « Il y avait 30 candidats, se rappelle Gaëtan Kerschen, dont neuf devaient être sélectionnés. C’est dire si nous étions heureux du succès de cette première étape, très bien menée, essentiellement par trois de nos étudiants, Stefania Galli, Jonathan Pisane et Philippe Ledent ! »

L’année académique suivante, 13 étudiants prendront la relève. L’un d’entre eux, Jérôme Wertz, réalise notamment un mémoire sur l’un des multiples aspects de ce projet : la conception et la réalisation du système de déploiement des antennes du nanosatellite. « Tout l’intérêt pédagogique du projet réside dans la conception d’OUFTI , car dans l’espace il n’y a pas de « garage » en cas de panne. Tout doit être éprouvé. Les batteries, par exemple, doivent être mises en condition spatiale, c’est-à-dire à l’épreuve du froid, des radiations ou de l’absence d’air ! Tous les circuits doivent être doublés, un système prévoyant un transfert d’un circuit à l’autre en cas de défaillance, etc. »

Première belge … et mondiale !

Dans quelques mois, le premier satellite immatriculé en Belgique sera donc envoyé sur orbite, à 500 km de la terre, afin de retransmettre dans le monde entier les conversations des radioamateurs, entre autres. La Belgique peut certes déjà s’enorgueillir de la présence d’un autre satellite, Proba, lancé en 2001 et conçu par une société anversoise (Verhaert-Qinetiq) et Spacebel, mais celui-ci a été immatriculé par l’ESA. On assistera donc à une « première » belge, autant qu’une « première » mondiale avec la première application de la technologie D-SAT en mode spatial ! Ces réalisations témoignent à tout le moins de l’intérêt manifesté par la Belgique pour la recherche spatiale, et les succès que ses ingénieurs et techniciens remportent.

Et ce n’est probablement qu’un début. « Deux autres projets sont en cours. Un Oufti-2 a déjà fait l’objet d’une étude de faisabilité en 2009-2010. Il permettra une collaboration avec l’Institut Royal de Météorologie (I.R.M.) dans la mesure où son objectif sera de dresser un bilan radiatif en orbite terrestre. Nous avons également un projet plus ambitieux qui s’appelle techniquement QB50 et qui est piloté par l’Institut Von Karman, à Rhode- Saint-Genèse. Il nous permettra d’étudier la thermosphère grâce à une constellation de 50 Cubesats doubles, soit deux fois la taille d’OUFTI . Et nous réfléchissons déjà au successeur de QB50, autour d’un concept qui nous permettrait de participer à cette magnifique recherche de toute possibilité de vie ailleurs dans l’espace ! ». La technologie développée n’en est donc aujourd’hui qu’à ses balbutiements, surtout dans ses applications. Mais les grands acteurs du secteur, comme la NASA, commencent aujourd’hui à financer le développement des nanosatellites.

« L’enjeu est aussi financier, bien entendu, rappelle Gaëtan Kerschen, puisque si un satellite comme Hubble coûte 8 milliards de dollars, un nanosatellite comme OUFTI coûte environ 100 0000 € en matériel ! En ce qui nous concerne, ce coût a été pris en charge par l’ULg et le Département fédéral de la recherche scientifique. »

Sous-marin russe…

Le premier OUFTI avait donc conquis sa place sur le premier lanceur Vega. Toutefois, différents retards dans la réalisation du projet ainsi que le timing européen du successeur d’Ariane ne permettront pas au satellite liégeois de partir cette année. Heureusement, il a trouvé sans grand souci une place sur un lanceur russe qui allumera ses réacteurs début 2013. « Ce lancement sera assez original, puisque OUFTI partira dans l’espace depuis un sous-marin russe, en Mer de Mourmansk. Il sera logé dans un missile désarmé, les ogives nucléaires étant remplacées par des satellites ! » Les yeux de Gaëtan Kerschen brillent à cette perspective. « Nous avons déjà les autorisations nécessaires de l’International Telecommunications Union (I.T.U.) pour utiliser deux des fréquences réservées aux radioamateurs : 145 MHz et 435 MHz. De plus, nous avons aussi installé au Sart Tilman une station-relais terrestre qui nous permettra de suivre de près le satellite et son activité. »

Le temps de communication possible entre la station au sol de Liège et OUFTI-1 est estimé à environ 14 minutes par passage, le nombre moyen de passages étant de trois par jour. Le satellite pourrait en principe demeurer presque 5 ans dans l’espace avant de se désintégrer dans l’atmosphère mais l’utilisation de composants non-qualifiés spatiaux pourrait réduire cette durée de vie utile à 1 ou 2 ans – nous sommes, rappelonsle, dans le contexte d’une première mondiale avec encore quelques paramètres aléatoires ! Quoiqu’il en soit, cette donnée laisse la porte ouverte, en cas de succès, à OUFTI-2 et famille.

De ce succès, des étudiants liégeois en seront assurés, début 2013, en entendant dans leur station terrestre du Sart-Tilman le signal émis par OUFTI-1, 500 km plus haut ! Un autre Liégeois, Ben Stassen, avait envoyé quelques « Flies on the moon » il y a quelques années. C’était en 3D et c’était du (bon !) cinéma animé… Aujourd’hui, une réalité scientifique !

www.leodium.ulg.ac.be/cmsms

 

De Liège à Kourou, excellence et compétitivité

Plus de soixante entreprises wallonnes sont aujourd’hui identifiées par Wallonie-Bruxelles- International (W.B.I.) dans les secteurs aéronautique et spatial. Elles participent peu ou prou à quasi tous les grands programmes internationaux. Il n’est pas une fusée Ariane qui ne contienne des composants wallons, pas un Airbus dont certains éléments n’aient été conçus par Techspace Aero (1 200 personnes) ou Sonaca (plus de 1 200). Et les centres de recherche ne sont pas en reste avec, en pointe, les universités comme on le voit ici, qui forment des techniciens et ingénieurs de pointe et de renommée européenne. Ainsi, en 2002, Philippe Gilson (ULg) a dirigé à Kourou le lancement d’Ariane 5 qui a placé sur orbite le plus gros satellite scientifique jamais construit en Europe : 8 tonnes pour 10 m de hauteur et 4 m tant en hauteur qu’en profondeur !

Rien d’étonnant, donc, à ce que les autorités régionales aient mis en place un Pôle de Compétitivité aéronautique et spatial, baptisé « SKYWIN Wallonie », avec deux clusters : Wallonie Espace et E.W.A. (Entreprises Wallonnes Aéronautiques) dont les entreprises emploient près de 6 000 personnes et génèrent un chiffre d’affaires d’1,37 milliard €.

La culture se développe au centre de Liège ! Grâce à plusieurs projets bien pensés, les artistes ont désormais à leur portée de nouveaux lieux pour s'exprimer.

Le 4 mars passé ouvrait, en plein cœur de Liège, le Réflektor. Nouvelle salle de concert située près du « Carré », le Réflektor a pour but d’accueillir une centaine de concerts par an, dans les styles les plus variés tels que rock, pop, electro, world, jazz, drum & bass ou encore chanson française. En plus d’être une salle super équipée, le Reflektor est aussi un café dans lequel il est possible de grignoter. 

Les artistes liégeois, connus ou à découvrir, sont mis à l’honneur dans cette salle qui se veut la promotrice de nos artistes régionaux. « À chaque fois, nous essayons de placer un groupe belge en première partie, histoire de promouvoir les artistes locaux. » C’est l’ASBL Festiv@Liège, dirigée par Fabrice Lamproye et Gaëtan Servais, qui prend les rênes de cette nouvelle salle. Cette direction, qui organise notamment le festival Les Ardentes, nous promet de belles surprises ! Le succès est d'ores et déjà au rendez-vous : le premier concert était sould out et d’ici à mai une trentaine de concerts sont programmés, dont certains quasi complets. Un endroit à retenir donc.

À noter aussi, à deux pas de là, l’ouverture de La Halte, nouveau lieu artistique de Liège, au concept peu courant.

La Halte, c’est une association, une coopérative, de partenaires artistiques d'horizons divers, ayant pour objectif de penser ensemble et de mettre en œuvre de meilleures conditions de travail et de création. La Halte propose du théatre, des concerts, de la danse, des performances, des expositions en tous genres, des stages pour enfants, etc. Le tout dans des locaux ad hoc et trois salles de spectacle.

Du 7 au 21 mars, la Halte propose son premier festival : 16 jours à la Halte. Allez faire un tour sur l’agenda !

 

Le Réflektor

Place Xavier Neujean, 24

4000 Liège

+32 (0)4 340 30 80

www.reflektor.be

 

La Halte

Rue de la Casquette, 4

4000 Liège

+32 (0)4 332 29 60

lahalte.be

 

Designer à la conscience verte, Emmanuel Gardin crée des « papillons ». Mais les papillons qu’il conçoit sont en réalité des objets contemporains nés de son bureau de développement de produits, Krizalid Studio. Portrait !

Bricoleur depuis son plus jeune âge, Emmanuel Gardin a toujours été animé par une passion propre au designer, la création d’objets. À 23 ans, frais émoulu en design industriel à Liège, il se spécialise en images de synthèse et en 3D. Plus tard, il commence à travailler avec des designers établis et une grande faïencerie pour laquelle il dessine toutes les nouvelles collections. Cette dernière expérience, salutaire, lui permet de suivre ses créations de A à Z. En 2008, au moment où la manufacture commence à vaciller, ce designer, au style décontracté, relève le défi de créer sa boîte de design. Un pari qui lui réussit ! Sa première création s’envole et rafle le Red Dot Design Award 2011.

Recto Verso

Son premier papillon, l’étagère Recto Verso, reçoit le label de qualité, décerné par la Région wallonne, et une reconnaissance internationale à la clé. Faite à partir d’une feuille d’aluminium, l’étagère séduit par son concept modulaire qui implique la créativité de l’utilisateur. « Ma démarche se veut multifonctionnelle : utiliser des objets, certes ! Mais les utiliser de différentes manières ou en tout cas impliquer l’utilisateur final dans la démarche de création », souligne Emmanuel Gardin. L’étagère, livrée à plat avec un schéma de pliage, doit être façonnée par l’acheteur. Son côté réversible bouleverse les codes de la bibliothèque traditionnelle et son double compartiment permet de classer aussi bien les livres que les magazines souples. « Il y a un problème qui se pose, je dois stocker, ranger, utiliser et je n’ai pas l’outil adéquat… J’essaie donc de trouver quelque chose qui réponde au mieux à ce qui existe déjà ».

Esprit

Le quotidien est donc source d’inspiration pour Emmanuel. Mais sa sensibilité et sa conscience environnementale l’amènent à penser au-delà du présent. En utilisant des matériaux réutilisables et valorisables après leur cycle de vie, Emmanuel envisage le futur sur le long terme. « On n’a plus le choix, on doit prendre le pli de voir le futur comme quelque chose de circulaire et non linéaire. On a des ressources, on les façonne pour les utiliser mais il faut les recycler pour les réutiliser ». Recto Verso est l’exemple même de cette dynamique circulaire. Mono-matière et peu énergivore, la feuille d’alu, qui nécessite une seule feuille de carton à l’emballage, se compacte facilement au transport.

Décalage

Ce designer est resté fidèle à ses valeurs en créant sa maison d’édition, Lina Dura, en janvier 2012. Prolongement de Krizalid Studio, cette jeune société, qui a vu le jour grâce au financement de l’appel à projet Boost up, s’occupe de la production et de la vente de mobiliers contemporains. La nature et la durabilité sont les maîtres mots de Lina Dura. Un objectif : produire local. « Lina Dura veut produire avec des entreprises wallonnes, valoriser leur savoir-faire à l’étranger et montrer qu’on peut produire des produits de qualité sans devoir délocaliser », insiste Emmanuel. Des produits de qualité mais qui restent accessibles à Monsieur et Madame tout le monde ! Emmanuel met un point d’honneur à faire de son design, un design semblable à du haut de gamme avec des prix intéressants. Voilà une touche – encore une – qui renforce la démarche et la vision de ce label pour le moins original.

 

Points de vente

À Liège :
chez Désiron & Lizen, 42 rue des Clarisses,
et Sit On Design, 17 Bergerue.

À Battice :
chez Quatuor, 107 rue de Herve

À Bruxelles :
chez Septante Sept, 77 rue du Page à Ixelles.


Renseignements

www.krizalidstudio.com

 

Fiche technique

Naissance : 1980
Lieu de création : Liège
Lancement du label : 2008
Style : Multifonctionnel-écolo
Production : 100% belge

Dans la continuité de leurs actions autour d'une certaine culture française, et créole jazz en particulier, Onzroad et le MEMNA ont le plaisir d'annoncer la venue du pianiste jazz Alain JEAN-MARIE et de l'écrivain Daniel MAXIMIN

Dans le cadre du Festival de lectures internationales "Les Parlantes" à Liège, Daniel Maximin et Alain Jean-Marie seront de connivences antillaises, bien sûr, et Guadeloupéennes en particulier.

 

Le 5 mars

A 20h: Un DUO Poésie-Piano - Connivences Antillaises (programmé par le MNEMA - Cité Miroir)

Daniel Maximin, romancier et essayiste, spécialiste du poète Aimé Césaire, et Alain Jean-Marie, grand pianiste de jazz, forment un duo évoquant leur enfance antillaise, où les mots de l’un résonnent avec les musiques de l’autre.

Lieu: Cité Miroir - Espace Francisco Ferrer - Place Xavier Neujean, 22 - 4000 Liège 
Tarif bleu : 10 € (tarif plein) - 6 € (tarif réduit)
www.citemiroir.be - 04 230 70 50 - [email protected]

 

Le 6 mars

A 15h: Une masterclass d'Alain Jean-Marie "JAZZ et BIGUINE"    

Personnage paradoxal, que l’on ne saurait réduire à ses origines caribéennes, Alain Jean-Marie fait figure de mentor pour plusieurs générations de pianistes attachés à l’orthodoxie du jazz post-parkérien, tout en suscitant l’adhésion de musiciens aux esthétiques plus ouvertes tel Patrice Caratini. Il nous parlera de son parcours et de ses "Biguine Reflexions".

Lieu: Auditorium Wielick - Place de Bronckart 18-20 - 4000 Liège

A 20h: Concert Jazz Bèlè avec Hervé Celcal

BEL AIR FOR PIANO, une rencontre inédite du bèlè martiniquais avec le jazz à travers 14 tableaux dans lesquels jeu rythmique, sens de l’harmonie et de la mélodie rejoignent une écriture et une interprétation audacieusement inspirées et envoutantes : un piano qui devient « lead » et prend tour à tour le rôle de chanteur-conteur, de choristes répondè et de tambour bèlè dans une orchestration subtile où s’épanouit l’improvisation jazz qui prend toute sa dimension en concert.

Inscriptions obligatoires (places limitées): [email protected]  (Bien indiquer votre nom - prénom - nombre de places)

Compte ING  : BE18 3770 4730 9765  (communication : masterclass Alain JEAN MARIE)

Tarif : 20 euros - tarif réduit : 13 euros - tarif showcase (20h00) dans la limite des places disponibles: 7 euros

contact: +32 491 45 41 30

 

Tout au long de cette après-midi soirée, l'aisbl Divini vous proposera ses magnifiques punchs créoles!

 

Avec le soutien du Service culturel de l'Ambassade de France en Belgique et de la Province de Liège.

Séverine Langhor – Koxinel’s

Les boutons, le fil, le feutre, la dentelle… Ça vous parle ? Alors, vous ne résisterez pas au projet de Séverine Langhor, lauréate, en 2012, de l’appel à projets lancé lors de l’opération « Créashop ». À la fois mercerie d’exception et atelier de création, la boutique « Koxinel’s » vous accueille rue Souverain-Pont, dans une atmosphère chaleureuse. Vous avez un projet créatif, mais ne savez pas par quel fil commencer ? C’est le genre de situation avec laquelle Séverine Langhor a l’habitude de traiter. Installez-vous confortablement autour de la table de création textile et partagez votre amour de la couture.

Renseignements :

Koxinel’s

Rue Souverain-Pont, 17

B-4000 Liège

+32 (0)498 79 61 90

[email protected]

www.koxinels.be


 

Fabrice Bertrang

Historien de formation, Fabrice Bertrang se lance dans le projet fou de la création couturière en 2012. Autodidacte passionné, il présente sa première collection dans un café liégeois et remporte un joli succès. Il participe ensuite à l’appel à projets lancé par la Ville de Liège dans le cadre de l’opération « Créashop » et se voit offrir la possibilité d’ouvrir son atelier-boutique dans la rue Souverain-Pont, alors remise à neuf.

Ses créations montrent des lignes pures, des silhouettes fluides et un travail 100% handmade in Liège. Fabrice Bertrang est définitivement un Liégeois à suivre !

Renseignements :

Fabrice Bertrang Couturier Créateur

Rue Souverain-Pont, 15

B-4000 Liège

+32 (0)4 237 05 61

[email protected]

www.fabricebertrang.be


 

Lara Malherbe

Artisane liégeoise, Lara Malherbe ouvre son atelier-boutique dans la rue Souverain-Pont. Son but premier : briser ce mystère qui règne autour du métier de bijoutier et le faire connaître du grand public. Alliant créations sur-mesure, réparations, mais également collections à thème pour femmes et enfants, ses bijoux mettent en avant la sensualité et l’élégance du corps féminin et sont fabriqués dans la tradition. Un accessoire 100% liégeois !

Renseignements :

Atelier boutique Lara Malherbe

Rue Souverain Pont, 13

B-4000 Liège

+32 (0)477 75 80 77

[email protected]

www.laramalherbe.be

La plasturgie, en plein essor, est un secteur très important en Wallonie. Avec ses quelque 250 entreprises actives, elle emploie plus de 19 000 personnes et produit un chiffre d’affaires de pas moins de 5,6 milliards d’euros par an. Plastiwin est « The French Connection » de et pour la plasturgie en Wallonie.

La mission de ce cluster consiste à améliorer la technologie en vue de renforcer le potentiel économique, technique et commercial de ses membres. Nous avons demandé à Francine Turck, directrice de Plastiwin depuis un peu plus de six mois, ce qui fait la particularité de ce cluster.

Qu’est-ce qui distingue le cluster Plastiwin?

Plastiwin est agréé et soutenu par la Région wallonne. Le cluster améliore le potentiel de compétitivité des membres. Nos membres sont des entreprises, des centres de recherche, des laboratoires, des écoles, des centres de formation et des organisations sectorielles. On peut en fait classer les membres de Plastiwin en trois catégories principales. En amont de la chaîne, on trouve les fabricants de matières (polymères, compounds, colorants, additifs, etc.). Viennent ensuite les transformateurs, qui produisent des produits finis ou semi-finis. Parmi les activités de transformation primaire, citons, par exemple, la première injection et le soufflage de moules. Et dans les activités de transformation secondaire, on retrouve notamment la découpe, le pliage et le traitement de surfaces. Enfin, il y a les ‘concepteurs’ qui regroupent les outilleurs, les fabricants de moules, les ingénieurs et bureaux d’études, les constructeurs de machines de transformation, les centres de recherche et laboratoires universitaires. Vous voyez : nos membres sont actifs tout au long de la chaîne de valeur de la plasturgie.

Vous êtes entrée en fonction chez Plastiwin en septembre 2011. Qu’est-ce qui vous a attirée dans cette fonction ?

J’ai été par le passé conseillère du directeur général d’Agoria en Recherche & Développement, Politique industrielle, Affaires externes et Business Development. Avant cela, j’ai été manager de qualité, puis manager administratif et financier au Centre européen pour le développement de la formation professionnelle. J’y ai acquis une bonne connaissance du business development et de la Wallonie. Je connais les différents acteurs et sais ce qui se joue. C’est donc une belle évolution pour moi. Je peux engranger beaucoup d’expérience dans ma nouvelle fonction et y apporter mon expérience du management et du business development. L’association parfaite. Nous ouvrons des portes qui, sans cela, resteraient fermées.

Le plastique est présent dans tous les secteurs : industrie alimentaire, industrie automobile, industrie de l’emballage, entreprises techniques, et on en passe. La diversité règne en maître. En Wallonie, les quelques grandes entreprises rivalisent surtout avec de plus petites structures de 40 à 50 employés. Le hic, c’est leur mauvaise répartition géographique sur l’ensemble du territoire wallon. Notre travail consiste à établir des ponts entre les acteurs et à ouvrir des portes qui, sans cela, resteraient fermées. En fait, nous ne sommes qu’un outil, un connecteur. Le cluster Plastiwin forme des groupes de travail et organise des mises en réseau, des événements business to business, des visites d’entreprise et des réunions avec des clients potentiels. Le but est de multiplier les enseignements, de stimuler l’innovation et la maîtrise et de générer plus d’activités.

A-t-on enregistré des résultats concluants dans le domaine de la recherche et de l’innovation ?

Certainement, mais le secteur le doit en grande partie à lui-même. Les entreprises du secteur sont particulièrement innovantes. Pas moins de 50 % d’entre elles possèdent leur propre marque, produit fini ou brevet. Et cela vaut tant pour les grandes que pour les petites entreprises. Pas besoin d’être grand pour être innovant. Plastiwin a été créé en décembre 2008 pour renforcer la compétitivité et la réussite des entreprises, mettre en contact les membres et amplifier leur force de frappe. Je suis convaincue de notre influence positive, bien que notre impact réel sur les entreprises soit difficile – si pas impossible – à mesurer.

Nanocyl, un acteur mondial de la technologie des nanotubes de carbone, fournit le plastique de très petits additifs afin d’en améliorer les performances. On les retrouve dans l’industrie de l’emballage électronique, les peintures pour bateaux, les éléments thermoplastiques de l’industrie automobile, les matériaux ignifuges, etc. On doit à une joint-venture de Total et Galactic la production du bioplastique PLA (acide polylactique) sous le nom Futerro. Le but est de produire 1 500 tonnes de bioplastique par an. L’entreprise MACtac Research est spécialisée dans le collage de toutes sortes d’éléments sur du plastique. Des molécules permettent de coller des affiches sur un mur. Ces affiches absorbent les odeurs de l’environnement, qui sent dès lors toujours bon. On peut aussi accrocher ces affiches chez soi. Un autre exemple est la petite entreprise Reddy, qui ne compte que quatre personnes. Elle produit du matériel d’installation électrique, dont elle détient le brevet. Visio Ing Consult est une autre petite entreprise innovante et fructueuse de seulement 5 personnes, spécialisée dans les systèmes optiques et de capteurs qui permettent de surveiller la qualité des produits tout au long d’un processus de production « à la chaîne. » Elle possède sa propre marque et se charge aussi de l’analyse, du développement et de la mise en oeuvre technique de projets IT.

L’échange de connaissances est-il un gage de compétitivité pour les entreprises ?

Mieux encore. C’est l’un des objectifs de Plastiwin. Nous essayons, à travers des workshops spécifiques, d’accélérer l’échange de connaissances. Un bel exemple est la réduction de l’énergie dans la production du plastique. En effet, la température du plastique doit d’abord être élevée pour le faire fondre – une opération qui requiert des compresseurs très énergivores. Ensuite, la température doit à nouveau baisser pour obtenir la forme solide souhaitée, ce qui demande aussi beaucoup d’énergie. Pendant ces workshops, les membres échangent des expériences, les meilleures pratiques.

Aidez-vous les entreprises à apprendre les unes des autres ?

C’est exact. Les gens ici en Wallonie sont incroyablement créatifs et inventifs. Mais souvent un peu moins communicatifs. Ce qui est logique, puisque ce sont des ingénieurs, pas des experts en marketing. Nous les aidons à bien se profiler et à présenter leur entreprise avec conviction. Nous les aidons à élaborer leur ‘elevator pitch’.

Le cluster Plastiwin rapproche les acteurs. Les entreprises en tirent-elles visiblement plus de profit ?

Le cluster Plastiwin offre un potentiel d’activité incontestable, mais c’est difficile à mesurer. On entend les membres dire qu’ils ont fait des affaires ensemble, on les voit évoluer. Mais c’est très difficile à chiffrer. Parfois, nos membres ne réalisent même pas que c’est grâce au cluster qu’ils ont augmenté leur chiffre d’affaires. Pour nous, ce n’est nullement un problème. Créer des possibilités pour créer de l’activité, tel est notre objectif.

L’un des fers de lance de Plastiwin est le développement durable. Mais développement durable et plastique ne sont-ils pas contradictoires ?

Au contraire. Tout d’abord, le plastique est beaucoup moins lourd que l’acier. Un véhicule moderne compte quelque 1 400 pièces en plastique, d’aussi bonne qualité – souvent même meilleure – et beaucoup plus légères. Dès lors, la conduite exige beaucoup moins d’énergie, et donc moins de carburant. Grâce au plastique, les voitures pèsent en moyenne 30 % de moins. Rien qu’en Europe, cela fait une différence de près de 12 milliards de litres de carburant. Les voitures doivent souvent en grande partie leur label écologique au plastique. C’est pourquoi ce dernier intéresse fortement l’industrie automobile. Au même titre que tout le secteur du transport. Camions, avions, bateaux… grâce à l’utilisation du plastique, tous consomment beaucoup moins de carburant.

Parlons durable, à présent. Le cycle de vie du plastique, plus long, est lui aussi prometteur et la matière reste belle plus longtemps. Sans surprise, le plastique est donc un secteur en gigantesque expansion. À la fin des années quatre-vingts, le secteur du plastique a rattrapé celui de l’acier. Et en 2010, la production de plastique était, avec ses 290 milliards de mètres cubes, presque deux fois plus élevée que celle de l’acier et ses 150 milliards de mètres cubes. Actuellement, l’exportation de caoutchouc et de plastique représente 10 % du total des exportations wallonnes. Aujourd’hui, les tuyaux en acier sont de plus en plus remplacés par des tuyaux en plastique. Leur avantage, c’est qu’il n’y a pas de perte de liquide dans le fond. Rien qu’avec de l’eau, c’est déjà regrettable. Imaginez donc avec des fluides nocifs. Et les développements ne s’arrêtent pas là. Ainsi, le bioplastique est de plus en plus présent sur le marché. Il contient, en tout ou en partie, du carbone issu de sources renouvelables. L’industrie de l’emballage alimentaire utilise des plastiques biodégradables et solubles. L’industrie automobile utilise, quant à elle, des plastiques durables. Certaines souris d’ordinateur sont entièrement fabriquées en bioplastique. Qui plus est, le carbone est entièrement composé de pommes de terre, de betteraves et de céréales. Plus besoin de pétrole.

Plastiwin est-il un outil de la Wallonie pour la Wallonie ? Ou le cluster est-il aussi actif au-delà des frontières wallonnes ? Par exemple, est-il en contact avec le milieu économique ou académique néerlandais ?

Certainement. Il y a deux mois environ, j’étais au Chemelot Campus dans la province néerlandaise du Limbourg qui, tout comme nous, accorde une place centrale à la mise en commun et au partage des connaissances. J’étais présente avec la Chambre du Commerce du Limbourg et l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers (AWEX). C’est pour moi une occasion idéale de promouvoir ce B-to-B Event. Je le recommande vivement car l’un des principaux thèmes est le bioplastique. Plastiwin veut entrer en contact avec « ses voisins » : l’Allemagne, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas. Les entreprises néerlandaises peuvent aussi devenir membres du cluster. Plastiwin a mis sur pied différents groupes de travail qui associent diverses entreprises industrielles. En outre, l’accent est mis sur les emballages, les innovations médicales, les bioplastiques, les éléments techniques, entre autres. Pour éviter les problèmes d’ordre linguistique, la langue véhiculaire est l’anglais, langue dans laquelle chacun peut s’exprimer correctement. Plastiwin collabore également avec d’autres acteurs indépendants tels que Mecatech (génie mécanique), Greenwin (chimie verte), Logistics in Wallonia (logistique), Wagralim et Fevia (industrie alimentaire). Plastiwin est un jeune cluster, il n’a que quatre ans. Jour après jour, nous essayons de nous améliorer. Les entreprises néerlandaises ne doivent surtout pas hésiter à nous contacter. Elles sont les bienvenues avec leurs questions. ■   

Du haut de ses 21 ans, le jeune designer belge Quentin de Coster ne manque ni d’imagination ni de culot et s’amuse du qu’en-dira-t-on. À peine quittés les bancs de l’école, ce provocateur à la griffe minimaliste renverse les codes du design contemporain tant par la forme que l’idée…Tête-à-tête.

Au jus !

Quentin de Coster a l’obstination et l’optimisme (dé)mesurés des vrais passionnés. En 2008, il sort tout juste de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc à Liège, en qualité de designer industriel, que l’une de ses réalisations scolaires se transforme en un véritable projet commercial. Son produit se vend alors dans le monde entier, de Belgique jusqu’en Chine en passant par New-York et les Pays-Bas. Cette palme d’or revient à Citrange, mélange parfait du citron et de l’orange, du fonctionnel et de l’esthétique. Ce presse-agrumes, original tant par sa forme simpliste que ses couleurs vives, séduit une grande marque néerlandaise active dans le design de cuisine, qui en achète l’idée, le nom, la forme et les droits d’utilisation. En 2011, l’objet s’exhibe à la Triennale Internationale du Design à Pékin, aux côtés d’oeuvres signées par les plus grands designers.

La success story de Quentin de Coster ne se résume pas à la commercialisation du presse-fruit Citrange. Après ces deux années d’études passées, malgré lui, sur les bancs de l’ESA – très peu pour lui le formatage académique – le Liégeois décide de s’évader un an à l’École polytechnique de Milan où il découvre une approche moins pratico-pragmatique que celle donnée en Belgique. Enrichi de cette nouvelle culture, le jeune designer poursuit son exode de l’autre côté de l’Europe avec un stage professionnel de quelques mois dans un bureau d’architectes danois.

C’est du propre !

Dans sa ville natale, le jeune passionné, alors âgé de 18 ans, revisite le lave-vitre à sa façon : décalée et provocante. Newswasher est né en 2009 dans une perspective économique et écologique – et pour le moins - surprenante. « Le projet que l’on devait réaliser pour l’école devait être un objet innovant pour laver les fenêtres. J’ai donc essayé de me détacher du côté pragmatique de la chose en osant repenser la méthode de nos grand-mères pour le lavage des vitres à la place de réinventer la raclette », explique l’artiste. En effet, le concept du projet consiste à rédiger, tel un journaliste qui écrit un papier pour son journal, des articles expliquant la technique ancestrale du lavage de vitre à l’eau, au vinaigre et papier journal. L’idée un peu gag du projet a trouvé preneur. C’est un commissaire d’exposition français qui a été convaincu par ce mode d’emploi des plus contemporains. En 2010, Newswasher et son pulvérisateur participent à la Biennale du Design à Saint-Etienne en France.

Après lecture de la Newswasher, l’utilisateur peut, avec les nombreux toutes-boîtes qu’il reçoit par la poste, laver ses vitres. Et à travers ce projet de création, Quentin de Coster informe aussi les gens sur l’intérêt de recycler du papier. Réaction en quelque sorte à la société de consommation. Une réflexion plus profonde se cache donc derrière l’objet. Mais c’est aussi en analysant quelque peu ses oeuvres que l’on comprend certains traits de la personnalité de l’artiste.

Le concept du projet consiste à rédiger, tel un journaliste qui écrit un papier pour son journal, des articles expliquant la technique ancestrale du lavage de vitre à l’eau, au vinaigre et papier journal.

 

Sa démarche est impulsive, vivante et ludique… à son image et tout à son avantage. « J’aime les objets, le côté narrateur et l’âme qu’ils renferment. Loin des objets robotisés, je veux que ma création soit montrée comme une sculpture avant même d’être utile. » L’objet doit exister au-delà de l’utilisation. Pour y arriver, il fait abstraction du côté fonctionnel de l’objet pour tendre vers l’art et, pourquoi pas, vers l’industrialisation de l’art. L’objet existe sans même être utilisé, c’est un bel objet à l’esthétisme universel. « Ce que j’aime dans les produits minimalistes, c’est que l’on comprend le sens de l’objet et comment il a été fait. » Et d’ajouter : « la simplicité est une évidence pour moi !» L’utilisateur doit comprendre l’objet et la manière dont il a été conçu. « Mais la simplicité c’est aussi ce côté où l’on part de presque rien et où l’on arrive à provoquer quelque chose, à donner forme à la matière. On se fait exister à travers la matérialisation, c’est quasiment pareil que le parent qui se sent vivre à travers son enfant. » Quentin de Coster existe pour ainsi dire à travers ses créations.

Allure de chien !

Sa patte est résolument minimaliste et son approche provocatrice. À la trappe les fioritures. Ce qu’il aime, ce ne sont pas les carrés et les objets froids mais les objets qui ont des couleurs et des formes strictes, bien définies et épurées. À son actif, le jeune homme a plus d’une oeuvre dans ce registre. Animal, encore au stade de prototype, n’attend qu’une seule chose, être réveillé par la chance. Mais de son côté, cette table à l’allure de chien n’attend rien pour éveiller notre mémoire collective et susciter notre questionnement. « ‘Animal’ est le fruit d’une réflexion axée sur les perceptions formelles et stéréotypées liées au monde de l’enfance. » Quentin de Coster s’amuse à titiller les gens en allant chercher le côté stéréotypé qui sommeille en chacun de nous. On retrouve cette arrogance détournée, ponctuée de notes ludiques, au travers de Spot, le nichoir en plastique thermoformé qui épouse les formes d’une soucoupe volante. « Je puise dans la mémoire collective pour trouver des formes collectives, des objets qui parlent. »

Décalage

Les créations de ce designer sont le fruit de plusieurs moteurs naturels : son imagination débordante, son questionnement artistique développé et son sens aiguisé de l’observation. De son propre aveu, « je ne sais pas dire d’où vient mon inspiration. Ça part dans tous les sens. » Un matériau, un processus industriel, de fabrication, le quotidien des gens, une situation cocasse… Le monde est en résumé sa source d’inspiration. Déjà tout petit, il avait l’âme d’un bricoleur et s’amusait à dessiner tout comme le faisait son père. Inspiré et imprégné par l’environnement artistique qui l’entourait, il s’est initié progressivement au travail manuel. « Ce que j’aime avec le travail manuel, c’est qu’on laisse une trace. Il y a quelque chose qui se passe entre la main et la matière », confie-t-il. Amoureux de l’art et doué dans le domaine de l’informatique et du graphisme – bagage acquis en autodidacte - c’est tout naturellement qu’il s’est orienté dans le design industriel, compromis parfait entre dessin, bricolage et informatique. Révolutionnaire et ambitieux : « J’ai envie de montrer ce que je peux faire, de marquer l’histoire et de, pourquoi pas, influencer les autres. » Quentin de Coster a envie de découvrir les choses et de garder, conscient qu’elle ne tient qu’à un fil, cette passion pour le design et l’art.

Avancée !

Au-delà du design, le jeune homme a la tête pleine d’idées et de nouveaux projets. Mais la réalité de terrain peut parfois être moins agréable qu’initialement pensée et, en sa qualité d’indépendant, Quentin de Coster va de « désillusion en désillusion. » Encore aux études, le jeune designer postait déjà sur Internet ses créations et, malgré les réticences de certains de ses professeurs, il a tou- Pièce-clé Citrange, le presse-agrumes réversible en polypropylène revisité by Quentin de Coster. Parfait pour orange, pamplemousse et citron. jours persévéré et cru en lui. Et c’est tout à son honneur puisqu’un de ses objets se vend maintenant au quatre coins du monde. Aujourd’hui, il démarche toujours sur la toile à la recherche de collaborateurs. Mais il n’en reste pas là et faisant fi des désillusions commerciales, le jeune homme lance sa propre activité en créant Design Studio by Quentin de Coster, un studio polyvalent qui couvre aussi bien le design que l’art contemporain et urbain et l’architecture d’intérieure. Sans oublier les projets en cours de création qui vont bientôt fleurir : une collection de pots de fleurs et une lampe innovante avec sa toute nouvelle manière d’orienter la lumière. Des projets prometteurs. Bon vent !

 

Points de vente

Belgique : Habitat Place de la Cathédrale, 14 — Liège

France : Galerie Lafayette rue du Départ, 22 — Paris

Italie : Rinascente Piazza del Duomo, 3 — Milan

USA : MoMa store Spring Street New-York, 81 — New-York 

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