Waw magazine

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bidouilleur d’images et de sons

Plusieurs fois récompensé et souvent épinglé par les medias pour sa prédisposition originale à nous bousculer, Ronald Dagonnier, artiste numérique, se reconnaît difficilement saisissable. Tentative d’accroche.

 

Ronald Dagonnier Crédit photographique Dominique Houcmant

Né en 1967 à Messancy, dans la province de Luxembourg, Ronald Dagonnier étudie la photographie et la vidéographie à Liège avant d’entrer à l’Institut Supérieur des Arts (INSAS), à Bruxelles. Les études l’ennuient, un paradoxe, reconnaît-il, alors qu’il est lui-même aujourd’hui enseignant à l’Ecole Supérieur des Arts de la Ville de Liège (ESAVL), en vidéographie et arts numériques. Son déplaisir de jeunesse, le goût fade d’une formation trop éthérée, pas question de les infliger à ses étudiants. « J’essaye de nourrir  mes cours pour qu’ils soient à la fois théoriques et pratiques et je joue des exemples. Un professeur, quelle que soit sa discipline, devrait être un exemple. Montrer que l’art n’est pas une chose abstraite, qu’il y a moyen d’exposer, de faire des performances, que les réalisations sont possibles, que l’art n’est pas un champ dans lequel il n’y a pas de futur ».

Là, Dagonnier a bien fait les choses. Un rapide coup d’œil sur sa muséographie et c’est le vertige ! Depuis 1999, pour se fixer une référence non aléatoire, c’est-à-dire correspondante à ses premières expérimentations numériques, Dagonnier n’a pas cessé d’exercer et de déployer son art : expositions personnelles et collectives, travaux vidéographiques et numériques, installations multimedia et nous passons sous silence ce qui est rangé sous la rubrique « Divers ». Une longue, longue liste muséographique. À 53 ans, Dagonnier a tenu sa promesse : bidouilleur d’images et de sons, il est un exemple reconnu, peut-être même un mentor pour une génération née connectée.

L’art des possibles
À n’en pas douter, l’intention première des œuvres de Dagonnier est artistique. Cela ne diminue en rien l’intention seconde, c’est-à-dire le concept ou l’idée qui sous-tend son travail. Un projet achevé, l’artiste le lâche dans la nature et abandonne à son public la responsabilité de l’interprétation de ses œuvres. « Je questionne mon public et je lui donne de petites clés de lecture pour que la communication s’établisse mais la fin reste ouverte ».Pas de sésame pour un déverrouillage automatique des portes si ce n’est votre trousseau d’émotions. Et d’avancer une comparaison cinématographique pour expliciter sa pensée : « Prenez un film de David Lynch. Après le visionnage, vous êtes dans une espèce d’expectative curieuse avec des sensations diverses. Je préfère de loin un art qui interroge et n’apporte pas de réponse, un art qui crée une interaction entre deux cerveaux, le mien et le vôtre, de manière à ouvrir le champ des interprétations », conclut-il.

Une démarche que Dagonnier refuserait certainement de qualifier de philosophique, encore moins de politique, tant il paraît détester toute tentative d’enfermement dans un costume trop cintré. Respire, Ronald !... « Mon enseignement est comme mes œuvres : une invitation à sortir des chemins balisés, à penser la complexité du monde par des images, des sons, des objets, qu’importe la manière, du moment que mes étudiants aient un point de vue et le communique ». Et, au passage, l’occasion est trop belle d’égratigner le modèle démodé des académies construites sur un processus de catégorisation rigoriste, alors que l’art contemporain « n’est plus du tout là-dedans, les artistes s’expriment de multiples façons ».

« Je travaille pour étonner le spectateur quand il découvre une pièce. Je ne suis pas un cas unique, vous rencontrerez une même démarche chez beaucoup d’artistes contemporains. »

 

L’humain creuse son trou

Vous voulez des émotions ? Vous allez être servis ! Dans l’installation Maelstrom(film numérique de 4min 40) (photos), Ronald Dagonnier nous abandonne pantois face à une masse liquide qui s’agite, bouillonne, écume, rugit, se teinte de bleu doré, vire au rouge mercurochrome avant de se creuser en une espèce de gouffre noir et menaçant. À moins qu’il s’agisse de l’œil du cyclone, le calme avant la tempête ? Ou une référence au tohu-bohu de la Genèse ? Ou une illustration  de la montée du niveau des océans ? Ou le néant de nos vies quotidiennes ? Qui sait au juste... Ronald Dagonnier le sait-il lui-même ? « Ce travail est parti d’une réflexion sur la mise en abîme. Et puis, il y a eu un cheminement complexe avec des idées évolutives, il faudrait que je m’analyse moi-même pour vous expliquer comment j’en suis arrivé là ! » La réponse n’a finalement aucune importance puisque seule la question compte.

Exposé en novembre dernier aux 54e Fêtes de la Saint-Martin de Tourinnes-la-Grosse, ainsi qu’à la Space Collection de Liège avec son installation sonore Maelstrom, Dagonnier y est présenté comme « un artiste engagé qui porte un regard critique sur les monstres sacrés de notre société et sur les dérives d’un système économique qui ignore l’Humanité ». L’affichette ajoute : « Projections lumineuses, impressions 3D, hologrammes, il explore les vanités de notre histoire ». Comprenez la vacuité des passions et des activités humaines qu’il met savamment et avec une pointe d’irrévérence en scène, surtout quand elle le scandalise.

Le monde pour terrain de jeux
Croyances, religion, politique, conflits, écologie, dérives de tout bord, il y a de la matière à travailler. Même la question du statut des œuvres d’art, de l’art tout court, fait partie de ses sujets de prédilection. Et Dagonnier est verni d’être dans un millénaire où l’avancée des technologies numériques lui donne un énorme pouvoir de fiction pour rendre compte du réel, une facilité d’exécution et la possibilité de réaliser, pour chacun de ses projets, de nouvelles expérimentations. « Je suis passé de la vidéo à l’art numérique et de l’art numérique à l’interactivité. Parfois, je rebrousse chemin et je reviens à la vidéo. Peut-être qu’un jour, je passerai au dessin ! », s’amuse t-il.

S’amuser ? Le jeu, ah ! oui, Dagonnier connaît. Son installation multimedia, Play it again Marcel (photos),a fait sensation, en 2005, lors de son montage à la Biennale de Venise (Festival Off). Une partie d’échecs virtuelle dans laquelle des figures politiques de carrure internationale (et déjà excellents démagogues) assènent des vérités formatées à un Marcel Duchamp pensif. Sur le plateau, comme pris au piège des discours, les visiteurs des pavillons de la Biennale.

Re-sacraliser l’image
Plus singulier encore. En 1999, avec l’exposition La faim de l’image (photos), Ronald Dagonnier exprime son trop-plein d’images. N’est-ce pas se tirer une balle dans le pied que de dénoncer l’overdose d’images quotidiennes pour un artiste qui en produit ? « Non, pas du tout ! Pour La faim de l’image, j’avais sélectionné 1.024 images en provenance de vidéos que j’avais tournées en voyageant et qu’une série de moniteurs faisait tourner en 40 secondes ». De quoi se sentir écœuré effectivement. « L’idée était, et est encore, de démontrer qu’il est impossible de voir les images car leur flux est devenu fou. Pensez que nous en sommes, je crois, à 3.000 vidéos téléchargées sur « You Tube » par seconde ! C’est pareil pour Instagram. Ces images du quotidien n’ont pas de sens. Il faut re-sacraliser l’image ». 

« Une installation numérique, c’est une espèce de non-objet. Du fait de la courte durée de vie de ses composants, le numérique bouleverse l’objet d’art en tant que valeur marchande. L’art a-t-il besoin de se vendre pour exister ?»


www.ronalddagonnier.be

Mitral Technologies

Sur le site du Val Benoît, Mitral Technologies vient de souffler sa première bougie. L’entreprise, qui effectue des recherches sur une valve cardiaque – la valve mitrale – a choisi Liège pour développer une nouvelle technologie unique au monde. Et tout semble baigner…

 

L’aventure de cette start-up spécialisée en technologies médicales a commencé en décembre 2017 avec une levée de fonds de plus de 3,2 millions d’euros. Alors que les tests du futur dispositif  pourront commencer d’ici quelques mois, rencontre avec Jean-Paul Rasschaert, le serial entrepreneur qui, avec Mitral, fait son grand retour en terres wallonnes, après plus de vingt ans de success stories américaines.

« Nous sommes très bien installés au Val Benoît. Mes start-ups n’ont jamais été dans un site architectural aussi beau, lâche d’emblée le créateur de Mitral Technologies, qui semble surpris de n’avoir rencontré aucun problème jusqu’à présent. Après un an, les choses se passent très bien. Aucun retard, ni coût revu à la hausse… Dans une start-up, on sait où l’on va, mais on ne sait pas comment y arriver, nous sommes des défricheurs. Ici, notre procédure se déroule parfaitement. Ce n’est pas forcément grâce à moi, mais nous avons dépensé moins que prévu et nous sommes dans les temps. »

« Défricheurs », c’est peu dire. Mitral Technologies, comme son nom l’indique, effectue des recherches sur la valve mitrale, située dans le cœur. « Dans le monde, on doit être maximum 200 chercheurs dont trois en Belgique : deux de mes collaborateurs et moi ! »Ces recherches devraient aboutir à la mise sur le marché d’un nouveau dispositif médical destiné au traitement de la régurgitation mitrale par voie minimale invasive. « Nous inventons quelque chose qui peut aider potentiellement deux millions de personnes », explique Jean-Paul Rasschaert. En effet, dans le monde, quatre millions de patients souffrent de régurgitation de la valve mitrale. Deux millions d’entre eux peuvent être opérés par remplacement de la valve. Mais les deux autres millions ne sont pas « opérables » à cause de l’invasivité de l’opération chirurgicale « et ces gens-là ont des conditions de survie misérables. On ne peut rien pour eux actuellement. C’est à ces malades que l’on s’adresse ».

Med Tech : un secteur de bricoleurs 

Quatre personnes composent actuellement l’équipe située sur le site du Val Benoît. Ce sont des « bricoleurs », comme les décrit le patron. « Nous sommes à la fois des chercheurs et des faiseurs. C’est ce qui distingue les start-ups Med Tech des Bio Tech. Notre travail se fait de l’ordinateur à nos outils. Cela va plus vite (5-7 ans), ce qui signifie moins d’argent et des équipes plus réduites par rapport aux Bio Tech. A terme, nous serons une quinzaine pour s’occuper de la Recherche & Développement, de l’écriture des réglementations et des brevets ».

Il y aura des retombées indirectes aussi, même si elles sont difficiles à calculer. « Nous allons, par exemple, travailler avec des équipes de médecins et vétérinaires du CHU de Liège pour les essais et avec la société Sirris qui fait des travaux sur les fils de suture. D’ici 5-6 mois, nous aurons une idée à 85-90% de ce que sera le produit. C’est une étape importante. Après, nous ferons les tests chroniques afin de voir comment l’animal réagit au produit. Puis, nous pourrons passer aux tests précliniques et cliniques (c’est-à-dire sur les humains, ndlr). »

Dans 4 ou 5 ans, la fabrication du produit pourra commencer : « D’ici là, nous sommes, nous devons nous mettre ensemble pour imaginer les solutions, un peu comme l’a fait l’équipage d’Apollo 13 afin de revenir sain et sauf sur la Terre. Un de mes employés vient d’ailleurs du secteur aéronautique. Au final, c’est beaucoup de similarités, au niveau de la difficulté des tests notamment », décrypte l’explorateur en chef.

Entre les Etats-Unis et Liège, le parcours d’un défricheur

Si Jean-Paul Rasschaert sait si bien où il va, c’est parce qu’il n’en est pas à son coup d’essai. Durant ces vingt dernières années, ce Belge qui a acquis la nationalité américaine a lancé neuf start-ups, toutes dans les Med Tech, se concentrant plus particulièrement sur les innovations en cardiologie interventionnelle (c’est-à-dire, la cardiologie complémentaire ou en remplacement de la chirurgie lourde). 

« Je suis parti aux Etats-Unis en 1998. Je travaillais à l’époque pour la société leader mondiale de l’appareillage médical. Je m’occupais de stimulation cardiaque. En 1992, j’ai été approché par un groupe israélo-américain qui m’a proposé de lancer une start-up avec eux. Je ne savais pas alors ce que c’était mais j’ai trouvé ça excitant ! J’ai quitté mon employeur et je ne l’ai jamais regretté. »

Jean-Paul Rasschaert a ainsi acquis la mentalité du « défricheur », un rôle qui consiste aussi, à un moment donné, à passer la main. « En général, on n’a pas soi-même les moyens financiers de lancer le produit. Donc on passe des accords stratégiques avec un partenaire plus important ou on vend ». C’est ce qui s’appelle la recherche d’une exit (sortie, en français) et, en 1996, cela a bien fonctionné pour Jean-Paul Rasschaert quand il a revendu sa première start-up.

The come-back avec l’Awex

L’entrepreneur cherche alors à monter une société en Europe, mais à l’époque, le contexte n’est pas idéal. « Il n’y avait pas d’argent, pas d’investisseurs prêts à prendre de gros risques. Aux Etats-Unis, c’était différent… » Il faudra vingt ans pour que l’entrepreneur trouve des opportunités en Belgique. C’est via la consule honoraire au Minnesota qu’il entend parler de l’Awex. « J’avoue que je suis allé les voir avec des préjugés et, en fait, je me suis retrouvé face à une dizaine de collaborateurs parfaitement renseignés. C’était remarquable et, de fil en aiguille, j’ai levé de l’argent en Belgique, essentiellement sous forme de subsides. » Un contexte très différent de celui des Etats-Unis où les subsides n’existent pas.

« En Wallonie, il faut attirer, créer un environnement propice. Avec Miracor (une autre start-up dans la cardiologie interventionnelle installée à Liège, ndlr) et nous, cela commence à bouger. La Wallonie a bien réussi en Bio Tech, elle doit encore se faire une place en Med Tech. »

Pourquoi pas un cœur artificiel ?

Pour y contribuer, Jean-Paul Rasschaert a plus d’une idée dans sa manche. Après Mitral Technologies et les recherches sur la valve mitrale, il se pourrait bien que cet infatigable lanceur de start-up s’attaque à dans un défi plus important encore : celui du développement du cœur artificiel ! « Ce serait une première. Mais pourquoi pas, tant qu’on y est ? Si j’arrive à implanter le projet en Région wallonne, ce sera un gros truc », sourit-il, alors qu’il discute en ce moment avec les pouvoirs publics de la faisabilité du projet. Une chose est sûre : on a hâte de réentendre parler de Jean-Paul Rasschaert.

 De quoi parle-t-on ?

• Les Bio Tech regroupent toutes les entreprises engagées dans des recherches sur les molécules, la chimie et la biologie. Elles aboutissent généralement à la mise sur le marché de nouveaux médicaments via le secteur pharmaceutique.

• Les Med Tech se concentrent sur l’ingénierie et cherchent à inventer de nouveaux dispositifs médicaux pour opérer ou réparer le corps du patient. 

Si vous avez le nez fin et appréciez les saveurs transméditerrannéennes, vous trouverez les yeux fermés ce restaurant dans le Carré, à Liège. Quand il n’est pas sur la Route du Rhum, Jonas Gerckens, notre Star WAW, aime y jeter l’ancre.

 

Après avoir effectué, voici quelques années, plusieurs stages dans cet établissement situé en Bergerue, Oussama Drissi, un jeune marocain de 27 ans au sourire ensoleillé, l’a repris en décembre 2017 en le complétant d’un bar à vins et d’une épicerie fine. D’où « La Boutique ». Aujourd’hui, ce restaurant est fait pour celles et ceux qui ont l’humeur des tagliatelles tomatées aux épices du sud, d’une pièce de simmenthal en makis à la truffe aussi savamment grillés que fondants, d’une piperade aux saveurs du soleil ou encore d’un dos de cabillaud gratiné à la tapenade accompagné d’une purée de panais… Toutes les senteurs trans-méditérranéennes sont savamment mélangées chez Oussama, dont la chaleur de l’accueil n’a d’égale que la douceur des parfums qu’il distille sur ses plats dressés avec soin et composés de produits de qualité. Qui plus est, cette maison est quasi imbattable au niveau rapport qualité-prix, avec notamment un menu 3 services (entrée-plat-dessert) à 29 euros. La carte n’est pas kilométrique, mais elle ne recèle que des petites merveilles et, cerise sur le gâteau, les vins qu’Oussama a sélectionnés – et qu’il vend par ailleurs - sont aussi savoureux que les plats qu’ils accompagnent.

La carte, qui évolue selon les produits de saison, fait la part belle aux saveurs du sud, clin d’œil aux origines méridionales du chef. Elle dynamise ainsi certains grands classiques du terroir. Le riz de veau, plat signature, façon libanaise, est servi avec du taboulé. Le bouillon de volaille s’accompagne, quant à lui, de dattes et de curcuma. « La qualité des produits est forcément essentielle. Nous ne travaillons jamais avec des surgelés, c’est un choix. J’aime travailler les épices et les textures », précise Amine. Sa cuisine a été épinglée par le Michelin bio gourmand il y a déjà six ans. « Si nous avons réussi à établir un nom, en tant que restaurateur, il faut toujours se réinventer, de l’accueil à la décoration, pour surprendre les clients, soutient Gaëtan. Nous avons déjà fait différents travaux, changé le mobilier, agrandi l’équipe… Manger dans un restaurant gastronomique est une expérience complète, qui ne se limite pas à la cuisine ». 

Un côté intimiste

La taille de l’établissement (une trentaine de places) tout comme l’ambiance cosy/cool qui y règne confèrent à « La Boutique » un côté familial, voire intimiste, qui ravira les visiteurs accueillis comme des amis. Parmi ceux-ci figurent déjà nombre de têtes connues en région liégeoise, dont quelques joueurs du Standard. C’est aussi un des « repaires » favoris de Jonas Gerckens. Le skipper liégeois  et Oussama se connaissent par coeur et c’est avec un plaisir non dissimulé que notre Star WAW nous a fait découvrir le restaurant de ce champion des saveurs trans-méditérranéennes. L’équipe de l’émission « C’est du Belge » avait eu cette chance également, lorsqu’elle était venue à Liège afin de réaliser un reportage sur Jonas avant le départ de la Route du Rhum.

 

La Boutique
En Bergerue 6
B-4000 Liège
+32 (0) 488 472 073

Si les bienfaits du sommeil sur la santé physique et mentale sont avérés, la sieste au travail reste taboue dans nos régions. Elle permet pourtant de réduire rapidement son stress et de recharger facilement ses batteries. Favoriser la sieste éclair dans son entreprise, c’est gagner en productivité.  


Fervente ambassadrice de la sieste, à ses yeux arme anti-burn-out, Sophie Geilenkirchen a choisi d’y consacrer toute son énergie en développant « WorkInJoy ». Centré sur le bien-être, le concept global combine espaces de ressourcement en entreprise, ateliers thématiques et application mobile avec des conseils « santé » à la clé. Diplômée d’HEC-Liège, ancienne directrice des ressources humaines chez BEA et directrice financière chez Neuroplanet Group et Invest Minguet Gestion, la fondatrice de la PME installée à Liège est aussi professeur de yoga, thai chi et pilates. Rencontre avec une passionnée férue d’interactions humaines.

Comment est né WorkInJoy ?

Stakhanoviste du travail, grande voyageuse et jeune maman, j’ai découvert les siestes flash. Ces petits moments de repos très courts me faisaient beaucoup de bien et m’aidaient à affronter ma journée. C’est mon expérience personnelle et mon envie de travailler sur le bien-être qui ont donné naissance à WorkInJoy, il  y a un peu plus de trois ans. Le concept centré sur la santé a d’abord pris la forme d’une activité complémentaire en marge de ma carrière, avant de devenir mon métier à part entière. Mon grand défi reste de prendre mon bâton de pèlerin et d’évangéliser les entreprises, même si le train est en marche.

Quels sont les bienfaits du sommeil pour les entreprises ?

Ils sont multiples ! On estime qu’un employé bien reposé est en moyenne deux fois moins malade et six fois moins absent. Il est aussi 55% plus créatif, 12% plus productif et 9 fois plus loyal. Les pauses énergisantes sont un outil de rétention et de fidélisation. Investir dans ses collaborateurs est toujours rentable. Au delà de ces statistiques, un employé qui dort suffisamment gagne en énergie et en motivation, cela rejaillit forcément sur l’équipe. On est tous parfois en mode robot. On est fatigués, on survit grâce au café… Faire une vraie pause permet de prévenir la fatigue et de vivre sa journée autrement. C’est un cercle vertueux.   

Comment s’articulent vos services ?

Avec mes deux collaboratrices, nous fonctionnons avec l’équation suivante : diagnostic de la situation, analyse sur base d’un questionnaire envoyé aux employés, recommandations et déploiement en entreprise. WorkInJoy souhaite offrir un service holistique, clé sur porte et facile à tous les niveaux. Ainsi, nous concevons des salles de repos en travaillant sur l’aménagement, l’éclairage, le son, l’aromathérapie… Nous nous chargeons de tout, à nos frais, en échange d’un abonnement mensuel. Une application développée avec un partenaire, dont la nouvelle version sort d’ici peu, permet de voir les disponibilités de la salle en temps réel et de réserver son moment. Les données collectées nous permettent ensuite de faire un reporting et un monitoring précis de son utilisation. Nous réalisons également des ateliers thématiques, par exemple, sur la nutrition ou des workshops de relaxation pour apprendre à se détendre. Le fil rouge de toutes nos activités est toujours le bien-être et l’équilibre.

Qu’est ce qui fait une « bonne » sieste ?

Lâcher prise est loin d’être évident, encore moins au travail. On y est souvent déconnectés de nos émotions. Il est important de se recentrer et d’apprendre à écouter son corps. Comme manger cinq fruits et légumes par jour, cela s’apprend et cela s’entraîne. Pour donner un coup de fouet, la sieste doit être courte, environ vingt minutes. Il ne s’agit pas de tomber dans un sommeil profond, mais de faire le vide, de se connecter à ses sensations et décompresser. L’espace choisi doit pour cela être sécurisant et ressourçant. Nous conseillons une chaise longue et ergonomique ou un coussin géant plutôt qu’un lit. Nous proposons également un casque anti-bruit pour ceux qui le souhaitent.

Qui sont vos clients aujourd’hui?

Le Centre d’Affaires Natalis, Afelio, le Pôle image de Liège… Nos clients ont différentes tailles et balayent plusieurs pans de l’économie. Bien sûr, certains secteurs plus créatifs sont traditionnellement plus réceptifs que d’autres à ce type de démarches. Mes interlocuteurs sont généralement le CEO dans les petites structures et le DRH ou le Facility Manager dans les plus grandes. Je parle leur langue et je suis passée par le business, ça les rassure. Une constante : je vois notre collaboration comme un partenariat à long terme. C’est avant tout une relation humaine. Tous les trois mois, une visite a lieu sur le terrain pour prendre le pouls de la société. Le contrat court sur au moins deux ans, parfois il s’étale sur 4 ou 5 ans.   

Comment agir rapidement sur le bien-être de ses employés ?

Il faut d’abord se questionner sur ce qu’on veut et ses priorités, en visant toujours le win-win. On peut agir par des petites choses simples, par exemple, des fruits, des ateliers sur la pleine conscience ou la nutrition, des possibilités de faire du sport... Progressivement, c’est une culture bienveillante et déculpabilisante qui s’instaure. Le bien-être est quelque chose qui se cultive. Il ne se décrète pas une fois pour toute. 

Comment le concept WorkinJoy a-t-il évolué ?

Notre palette de services s’est étoffée. Un pôle formation s’est développé en marge de nos espaces de relaxation. Nous proposons des formations courtes et pratiques, par exemple, en gestion du stress ou en sophrologie, pour offrir rapidement un maximum d’informations directement utilisables. Le temps c’est de l’argent en entreprise ! Des événements sont également venus se greffer aux autres activités. 

Comment imaginez vous votre concept dans cinq ans ?

Il y a encore beaucoup de choses que j’ai envie de développer. Je pense notamment à travailler sur la question du change management avec une amie coach. D’ici cinq ans, j’espère bien avoir multiplié par cinq le nombre de clients ! Tout est reproductible dans notre modèle, pourquoi pas imaginer aussi une franchise en France ou ailleurs.

Qu’est ce qui vous plaît dans votre métier ?

Je ne ferais machine à arrière pour rien au monde, même si je ne compte pas mes heures et que j’ai divisé mon salaire par deux ! Je me suis lancée sans parachute, mais avec beaucoup de passion et d’énergie. J’aime les gens. C’est un métier où l’on fait de belles rencontres. Quand on voit des gens qui se détendent et qui vont mieux, on a gagné sa journée.

www.workinjoy.be

Le sac de luxe pour hommes

Audacieux et fonceur, Paolo Bari a créé en juillet 2017 sa propre marque de sacs en cuir pour hommes réalisée à Naples par l’une des meilleures usines au monde. Au-delà du style élégant et racé, les modèles de ce jeune entrepreneur liégeois de 23 ans sont fonctionnels et ne tolèrent aucun compromis question qualité des matériaux. « On ne veut pas d’un luxe qui ne serve à rien », clame-t-il, alors qu’il vient de lancer en décembre une nouvelle collection de trois modèles de sacs complémentaires au design 100% belge. Pour financer la production, le créateur liégeois a opté pour un canal de vente inconnu dans le secteur du luxe : une campagne de prévente. Une stratégie audacieuse et moderne qui reflète le caractère volontaire et combatif de ce jeune entrepreneur qui en a fait une réelle image de marque. Un cadeau intemporel à (se) faire sans tarder !

www.paolo-bari.com

Une exposition qui donne à voir le produit fini (Face A) autant que le processus caché qui conduit à sa création (Face B). Huit designers liégeois dévoilent leur parcours créatif fait de galères et de succès, de recherches et de ratages, d’incertitudes et d’espoirs. Lumière et ombre : une exposition qui évoque la précarité du statut de créateur. Zoom sur trois d’entre eux.

Jimmy De Angelis

Enfance : un ange liégeois.

Études : par hasard en design.

Métier : en conséquence de quoi : designer !

Allumage : le biomimétisme.

Mentor : Frédéric Platéus, figure de proue de la scène belge du graffiti.

Graal : une esthétique fantasmée inspirée de la nature

Site : deangelisdesign.be

 Le luminaire AT27 en hommage à sa grand-mère A.T. née en 1927.

Face B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La ligne du temps de Jimmy est ponctuée de dates professionnelles qui se languissent pour, brusquement, se cabrer et se resserrer sans qu’il puisse rien contrôler. Des creux et des vagues. Jimmy incarne le parcours-type du designer freelance qui a l’ambition de créer son propre mobilier. Après avoir mangé son pain noir durant des années, Jimmy dessine et conçoit un luminaire, AT27. Folie médiatique autour de sa création mais, malgré les approches d’un éditeur international, le luminaire n’est (toujours) pas produit. Qu’à cela ne tienne, Jimmy planche sur un second luminaire en plexiglas radiant, imitation des aurores boréales. De nouveau, après des contacts 

Sorties de territoire

La Belgique ne connaît pas, en matière de design, de figures stars comme Philippe Starck, en France. « C’est que nous sommes modestes », dit Leslie Lombard, chargée de projets à Wallonie-Bruxelles Design Mode. Nous ne manquons cependant pas de designers talentueux sollicités par des entreprises internationales. Jean-François D’Or, Alain Gilles ou encore Xavier Lust sont des références belges qui ont largement dépassé nos frontières. Cependant, le monde concurrentiel du design est particulièrement dur avec les jeunes professionnels qui peuvent rarement vivre d’un contrat d’édition. « Les entreprises internationales, gérées par des marketeurs, sélectionnent les prototypes de jeunes designers prometteurs et encore peu coûteux pour leur vitrine sur un salon. Si le produit ne suscite pas d’engouement, l’aventure se termine là. Peu d’entreprises prennent des risques », précise Giovanna Massoni. Jimmy De Angelis et Romy Di Donato (voir page 70) en ont fait l’expérience.

Le rôle de Wallonie-Bruxelles Design Mode est d’aider les jeunes talents à participer et à se rendre visibles sur des salons de prestige comme ceux de Milan ou Paris. « Nous les encadrons en amont des manifestations et les préparons à affronter des entreprises confirmées. Sur place, nous les soutenons tant du point de vue logistique, communicationnel que commercial. Les premières expériences professionnelles ne sont pas simples.» (Leslie Lombard)

 Lucie Vanroy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Renaat Nijs Media

Enfance : sirène au fil de la Meuse, entre Huy et Liège.

Études : architecture d’intérieur à Saint-Luc (Liège).

Métier : ecodesigner de mobilier et de luminaires.

Allumage : la création d’un luminaire à l’école.

Inspiration : la vie sous toutes ses formes.

Graal : à la recherche d’un accomplissement perpétuel - no end !

Site : lvcreations.be

 Face A 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un luminaire sur pied dont Lucie a dessiné le piètement et l’abat-jour en feuille de bois récupéré.

Face B

Avec Lucie, on plonge dans l’univers du réemploi de matériaux non nécessairement générés par son processus créatif. Lucie chine, fouille les encombrants dans la rue, démonte des cheminées en marbre ou récupère les plans d’architectes sur papier calque huilé. Tout est bon pour créer du neuf avec de l’ancien. « En face B, je dévoile, en vrac, ma matière brute et le processus, toujours identique, de mon travail qui est de proposer des pièces uniques ou fabriquées en très petites séries à partir de « déchets » ou chutes nobles. Je transforme le moins possible la matière. Je ne casse pas un meuble pour récupérer des pièces. Au contraire, j’utilise des pièces déjà en morceaux pour les assembler de manière originale, comme un puzzle où s’emboîtent parfaitement des pièces qui n’étaient pas faites pour être ensemble au départ. »

 

Designwithgenius alias Jean-François Bodson et Sébastien Deville

© Jeremy Tilman

 Jeunesse : ont bien bourlingué pour se retrouver à Liège et ne plus se quitter.

Études : architecture à Saint-Luc (Liège).

Métier : ecodesigners d’objets et de surface, scénographes & ébénistes.

Allumage : du bois sec à recycler.

Mentor : l’architecte suisse Peter Zumthor, « un dieu ».

Blason : les lettres dwg de l’extension du logiciel de dessin informatique.

Graal : pousser l’éthique du réemploi au maximum.

Site : designwithgenius.be

 Face A

Des sous-verres en bois, résultat d’un travail de réflexion sur la récupération de chutes de bois.

 

 

 

 

 

 

 

 

Face B

Le travail de designer est un processus qui consomme énormément de matières. « L’atelier où nous usinons nos matières premières est rempli de chutes de bois qui est notre matériau de prédilection. Et, parce que nous avons cette éthique liée au réemploi, nous ne voulons rien gaspiller ». Que faire avec ces restes qui puissent correspondre à des besoins ? « Nous avons développé un outil pour compresser ces chutes et les débiter comme de gros saucissons duquel on sortirait des tranches pour faire des sous-verres en bois ».

L'invité d'honneur

En exclusivité, Reciprocity accueille une exposition majeure, Confessions, coproduite par Fabrica, centre de recherche international en communication sociale, et animée par des designers, architectes, graphistes, photographes et vidéomakers. « Confessions » exhibe les autoportraits de jeunes talents créatifs qui, dans un geste  ’humilité, se sont mis à nu. 

L’édition 2018 de Reciprocity ouvre la carte du tendre pour explorer un design au service de la fragilité, qu’elle soit physique, mentale, sociale, professionnelle ou environnementale. Focus sur un design empathique à travers deux expositions phare : « Fragilitas », à la Boverie, et « Face A - Face B », à la Design Station.

FRAGILITAS

 « Exposer du design à La Boverie, musée dédié aux Beaux-Arts, est une rencontre étonnante entre deux univers peu habitués à se côtoyer » (Giovanna Massoni, directrice artistique de Reciprocity). Une invitation à l’attention du public habituel de La Boverie à considérer avec curiosité la palette créative du design et ses domaines d’application. Objets, mobilier, photographies, réalisations graphiques, installations architecturales tantôt monumentales, tantôt réduites à des maquettes… le design se dévoile dans trois expositions regroupées avec fluidité par une scénographie commune de Designwithgenius (voir page 65) sous le titre « Fragilitas ».

 Celle-ci démontre que le design n’est pas qu’affaire de production et de rentabilité, mais aussi un vecteur pour l’expression de valeurs humaines dont la plus sensible, la fragilité physique, mentale ou sociale. Une exposition en trois volets pour nous convaincre qu’il est possible de changer les paramètres car la fragilité, apparente ou non, n’est pas un état de fait indépassable. Les résultats des travaux de recherche en design montrent qu’il est possible de surmonter ses handicaps pour avoir un vécu normal ou autrement normal. Les soins de santé sont, en ce sens, un domaine où le design est particulièrement sollicité. De l’objet de design industriel qui mesure le taux de sucre dans le sang jusqu’à l’organisation de soins à domicile, les recherches et réponses des designers de service sont attendues.

 Design for (every)one © Lieven De Couvreur.

 Cet objet (et celui de la page 57) a été créé lors de workshops entre étudiants et personnes porteuses d’handicaps. La philosophie générale de la recherche menée par Lieven De Couvreur, commissaire du volet Design for every(one) de Fragilitas, au sein du Collège universitaire de Flandre occidentale (Howest), est, à travers une pratique du co-design, d’adapter des objets existants aux besoins d’épanouissement de personnes déficientes. 

Handle with care  © Davide Farbegoli

Légende : La fragilité est vue comme une thématique positive, un défi à relever, l’occasion d’analyser et d’améliorer les objets et services qui nous entourent. Pourquoi pas des cannes de marche ? 

Un échange croisé entre Giovanna Massoni, directrice artistique de « Reciprocity Design.Liège », et Cyrielle Doutrewe, chargée de projets pour Wallonie Design, sur la signification des mots design et designer, galvaudé pour l’un, méconnu et réduit à un métier artistique pour l’autre.

 

Cyrielle Doutreuwe

Giovanna Massoni

 

Le designer est-il un artiste ?

Cyrielle Doutrewe - J’ai un souci de fond quand on qualifie le designer d’artiste. Le designer n’est pas un artiste. L’artiste est dans le monologue. Il a envie de dire quelque chose de la société ou de ses émotions, alors il lance un geste artistique que le public prend ou ne prend pas. Qu’importe pour l’artiste. Le designer n’est pas motivé par ses propres envies ou émotions. Il écoute la société, il dialogue avec elle et propose des réponses adéquates qui correspondent à des enjeux. Prenons un exemple. L’artiste peut produire un urinoir qui tombe d’un côté ou qui n’est pas relié à une canalisation. Le designer, lui, doit répondre à la fonction première de l’urinoir - comment se soulager ? - et sa réponse doit donc être fonctionnelle.

Giovanna Massoni - Je ne dirais pas que le monologue est le propre de l’artiste car dans l’art contemporain, il y a une recherche de participation du public et des formes d’interrogation qui relèvent, certes parfois, de la provocation. Je dirais que si l’artiste soulève des questions, le designer cherche des solutions.

 La gare des Guillemins, à Liège, construite par Santiago Calatrava, relève-t-elle du design en architecture ?

CD – La gare de Liège est une splendide réalisation architecturale faite de blancheur, de verre et de métal. En revanche, elle n’est pas design. La construction d’une gare très ouverte aux vents dans une région climatique comme la Belgique, est-ce une bonne idée ? Pas vraiment. Je pense que Calatrava a loupé la partie design de son travail.

GM – Le design prévoit aussi un service. La construction d’une gare doit non seulement desservir les usagers de la gare mais aussi les habitants du quartier où elle est implantée. Car une gare bien « désignée » doit procurer une « expérience agréable ». Il y a dans le design les notions d’utilité, d’ergonomie, de bonne expérience autant esthétique qu’à l’usage. Le design génère un mieux-vivre.

CD – Je reviens toujours sur la chaise de bistrot Thonet pour parler clairement du design. Elle est l’exemple le plus démonstratif de la démarche accomplie du designer. Voilà une chaise qui n’a pas un look « design » si l’on se réfère aux appréciations  formelles des magazines de décoration. Créée vers 1860, elle est une réponse optimisée à une commande d’ameublement pour un café. Son concepteur a pensé à tout : l’esthétique, la matière, la technique, l’outillage, le transport, le stockage et le montage. Cette chaise est devenue avec le temps une icône du design en matière de mobilier.

 Le design modifie donc sur notre quotidien ?

CD – Le design travaille sur la forme, la fonction et l’usage. Les créations des designers, idéalement, devraient influer sur nos comportements et notre manière de vivre. Le designer cherche, analyse, innove, prototype, expérimente et remet son ouvrage sur le métier si les contraintes imposées pour répondre aux besoins des usagers ne sont pas rencontrées. Au bout du processus, son objectif est de servir une cause. C’est ça le design !

GM – Pour atteindre cet objectif, le designer doit comprendre la société. Il est obligé de travailler en collaboration étroite avec des disciplines comme la psychologie, la sociologie, la philosophie, l’ingénierie, la biochimie, pour n’en citer que quelques unes. Saviez-vous que les entreprises de design numérique engagent des philosophes pour penser leurs produits ?

 CD – Le designer a un énorme potentiel de médiation car il peut entendre le discours technique de l’ingénieur, le discours social de l’anthropologue et même le discours commercial de l’entrepreneur. Des créations qui ne seraient ni éditées ni vendues, ce n’est effectivement pas le but recherché.

 C’est pourquoi Reciprocity associe « innovation sociale » à son intitulé générique ?

 CD - Reciprocity n’est pas une exposition d’artistes ni une galerie d’art. On donne à voir une démarche. Et cette démarche est applicable à tous les secteurs du design.

GM – Reciprocity est un laboratoire qui présente les résultats d’un travail qui a duré en moyenne de un à six ans dans différents workshops organisés en amont de la triennale. Cette année, la « fragilité » est la thématique (et l’éthique) retenue pour présenter l’ensemble de ces recherches.

Wallonie (in the) Design Station

Bâtiment moderniste, la Design Station abrite deux acteurs majeurs du design à Liège : Job’In Design et Wallonie Design. Le premier est une pépinière d’entreprises design et une structure d’accompagnement sur mesure de créateurs design et mode.  

Wallonie Design fait le lien entre les designers et les entreprises, encourage les collaborations et valorise les résultats fructueux ou les parcours intéressants grâce à l’organisation d’événements ou la rédaction d’articles publiés, notamment, via un site Web et une newsletter L’association soutient également les designers dans leurs démarches de production et de vente. Par contre, elle n’a pas de rôle à l’export ce qui est du ressort de Wallonie-Bruxelles Design Mode.

 

 

© SPI-Houet

Si l’adresse est apparue en 1971 sous l’enseigne « Le Bergerue », aujourd’hui, « Chez Silvano » affiche bien haut les couleurs de l’Italie. Le restaurant est bien caché derrière la façade d’une maison bourgeoise dans le « Carré », à Liège. Mais le bonheur est au bout du chemin !


Pour évaluer le niveau d’un restaurant, il suffit de parcourir sa carte des vins. C’est un indice qui permet d’apprécier la créativité, la recherche et le désir sincère de séduire les vrais amateurs de cuisine. Si la carte est « standard », classique, on retrouvera une cuisine sans caractère. En revanche, si elle ose faire des choix, c’est le signe d’une volonté de maîtriser son offre en « faisant la différence ». La carte des vins de « Chez Silvano » est un voyage dans une Italie des artisans de l’excellence. Normal : le sommelier, qui passe le plus clair de son temps à rechercher les perles rares de la production vinicole italienne, c’est Silvano lui-même. Il travaille en exclusivité avec la société Vignalpi qui assume l’importation.  

Petit retour en arrière avant de passer à table. Ce sont les parents de Silvano, Domenico et Adelma, qui commencent l’aventure en captant la clientèle des noctambules de Liège. Ils y viennent déguster les fameux pasticcio San Martino ou le panzerotti à la truffe. Une cuisine italienne traditionnelle très terroir authentique.

C’est en 1989, de retour d’un stage de six mois en Italie, que Silvano fait ses premières armes avec de nouvelles idées. Le restaurant devient alors « Chez Silvano ». En 2006, ses parents se retirent et c’est sa conjointe, Anne Varrasso, qui reprend le piano. Dix ans plus tard, elle est élue cheffe de l’année 2016 par Gusto Cultura.be. La métamorphose fait entrer la nouvelle cuisine italienne à Liège. Cette licenciée en sciences économiques choisit la créativité et le raffinement pour donner du sens à cet art qui exige beaucoup. La carte change évidemment au gré des saisons et se limite à quelques créations inspirées des traditions régionales italiennes sans aucune préférence. L’idée d’un lunch permet d’évaluer la promesse que l’on se fait d’y revenir avec ceux qui méritent de partager une telle adresse. La clientèle, des personnalités liégeoises, confirme que même caché dans une rue du « Carré », derrière une façade cossue, ce restaurant a trouvé sa cible.

Chez Silvano
Bergerue 13
B-4000 Liège
+32 04 223 40 60
www.chez-silvano.be

 

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L’œuvre monumentale de Roger Jacob renaît à Liège grâce à CMI

 Né à Arlon en 1924, formé à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, Roger Jacob rêvait de voir l’art descendre dans la rue, occuper les usines et les bâtiments publics. C’est ainsi que ses « cracheurs » ornent les fontaines du Mont des Arts, à Bruxelles, et que l’on pouvait voir, jusqu’il y a peu, l’une de ses œuvres monumentales en acier corten veiller sur l’entrée de l’usine à zinc Prayon, à Engis. L’imparfait est de mise car la sculpture, réalisée en 1972, était fortement endommagée par les aléas du temps et une action énergique s’imposait. L’entreprise fit donc don de l’œuvre à la Ville de Liège qui, motivée par une politique culturelle sensible à l’art
 urbain, prit la décision, en collaboration avec la Fondation
 « Les amis de Roger Jacob », de déplacer, rénover et réimplanter celle-ci au boulevard Frère Orban, au pied de la nouvelle passerelle. C’est le Groupe CMI, implanté à Seraing sur le siège historique de l’usine de John Cockerill, qui, dans le cadre de son 200e anniversaire, se chargea de gérer et de financer la rénovation et les transports, en faisant appel à différentes entreprises de la région (le Bureau Greisch, la société Renory, MB Transports, Somef et les Ateliers Melens-Dejardin). La réimplantation de l’œuvre de Roger Jacob, qui avait migré au début des années septante en terres liégeoises, a été inaugurée ce mardi 24 octobre en présence des autorités liégeoises, de Bernard Serin, l’administrateur délégué du Groupe CMI, et des membres de la Fondation Roger Jacob.

 

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