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La 10e Biennale internationale de la Gravure contemporaine

Cette année, la Biennale internationale de la Gravure contemporaine s’exposera au Musée des Beaux-Arts (BAL) de Liège du 27 mars au 24 mai2015,dans le cadre de la Fête de la Gravure. Réunissant sur le thème de la gravure une trentaine d'acteurs culturels à Liège et aux alentours, la Biennale est une manifestation au service de la notoriété et de la (re)connaissance de la gravure et des artistes la pratiquant.

Un appel à candidatures international a attiré plus de 450 artistes. Chacun devait rentrer un dossier comprenant 5 à 7 œuvres postérieures à 2010. Après une sélection difficile, seuls 47 d’entre eux ont été choisis pour être exposés à la Biennale. C’est ainsi que quelque 250 œuvres d’artistes de toutes nationalités seront présentées dans la salle Saint-Georges du BAL.

Les sculpteurs dévoileront leur art, se jouant des techniques, renouvelant les genres, transgressant les clivages, exprimant avec conviction l’infinité des variations d’expression qu’autorise l’art de l’estampe.

 

10ème Biennale internationale de Gravure contemporaine, du 27 mars au 24 mai 2015  

Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL) - salle Saint-Georges, 86 Feronstrée, B-4000 Liège

Tél : +32 (0)4 221 89 16  ou  +32 (0)4 221 89 51 

 www.lesmuseesdeliege.be ou www.beauxartsliege.be

 

Fête de la Gravure, de mars à mai 2015

Tél : +32 (0)4 221 89 16  ou  +32 (0)4 221 89 51 

Programme téléchargeable sur: www.beauxartsliege.be

Écouter François Dethier parler de la bière qu’il vient de créer avec son compère Renaud Pirotte est un régal ! Et leur produit aussi, à en croire les premiers veinards qui ont déjà eu la chance de goûter la « Curtius », en production depuis ce mois de septembre… rue de la Brasserie. Ça ne s’invente pas !

L’atavisme industriel côté liégeois, décidément, on sait ce que c’est ! Rappelez-vous les aventures de Krugger, ce constructeur de motos – champion du monde de sa catégorie ! – qui a repris le flambeau des ingénieurs de la « F.N. », « Gillet » ou « Sarolea »*. Rappelezvous également le défi que relève Yves Toussaint et son équipe, en construisant une nouvelle « Imperia »**, solide roadster au moteur hybride qui signifie le retour sur la scène mondiale de la marque qui a remporté le premier Grand Prix de Spa, en 1922… Et voici aujourd’hui les « héritiers » de Jean- Théodore Piedboeuf, fondateur de la brasserie éponyme en 1853 et devenue aujourd’hui INBEV, premier groupe brassicole mondial ! Ils s’appellent Renaud Pirotte (23 ans) et François Dethier (25 ans) et ils se sont lancés dans la production de la Curtius.

* WAW Wallonie Magazine n° 14
** WAW Wallonie Magazine n° 15

Le goût de l’amitié

Belle histoire… Celle d’un jeune homme, né à Achouffe et qui, à l’instar d’Obélix et la potion magique, est un peu « tombé dedans quand il était petit ». « Renaud a suivi de près la belle aventure de la “Chouffe”, explique son compère François Dethier, puisqu’il habitait juste à côté de la brasserie. Cela lui a donné à la fois le goût de ce délicieux produit, bien sûr, mais aussi l’envie d’aller plus loin, de connaître sa fabrication et, pourquoi pas, de créer une bière. »

Cette passion est très largement partagée par François Dethier, originaire pour sa part de Verviers. Elle ne fera que croître au fil de leurs études communes à l’Institut Provincial d’Enseignement Agronomique, à La Reid. « Nous y avons suivi non seulement des cours nous permettant de connaître les produits constitutifs de la bière – et la manière de les utiliser, poursuit le jeune entrepreneur, mais aussi des cours de gestion et de management ! Qui plus est, nous avons même eu la possibilité d’étudier en théorie la création d’une microbrasserie… » Inutile de dire qu’avec un bagage pareil, le houblon était dans le verre comme le ver… dans le fruit !

Une fois les études terminées, Renaud et François se lancent dans l’aventure, certes, mais pas à l’aventure. « On a d’abord tenté de cerner les caractéristiques que l’on voulait donner à notre produit, précise François. On a abouti, après différents essais, à une bière blonde, une “triple” comme on dit, avec la richesse du froment ajouté à l’orge et au houblon et qui lui donne un peu la douceur d’une bière blanche. L’amertume est donc tempérée. Ce qui fait de la Curtius une bière de dégustation, riche en saveurs fleuries, légèrement fruitée… » On croirait un oenologue qui parle d’un Château Cheval Blanc 1990, non ?

Soutiens financiers différenciés

Une étude de marché ayant confirmé les intuitions des deux amis de l’existence d’une demande pour un tel produit, restait le « nerf de la guerre »… et l’utilisation des différents types d’outils de soutien économique disponibles pour toute jeune entreprise wallonne.

« La bonne idée, on pensait qu’on l’avait ! La compétence aussi tout comme le produit qui allait plaire et auquel on croyait – et on le croit de plus en plus, poursuit François. Restait à faire connaître la Curtius et à trouver le financement de sa fabrication. Et l’on a eu droit à un chouette coup d’accélérateur ! » Ce coup de pouce s’appelle « Starter », cette émission de la RTBF qui a pour but de soutenir de nouvelles initiatives entrepreneuriales, et que nos deux lascars vont remporter en avril dernier. « La banque Belfius était l’un des partenaires de l’émission. Ils nous ont donc proposé de nous soutenir, dans le cadre de l’accord de garantie qui leur est fournie par le Fonds européen d’investissement. Nous sommes donc intégrés dans le programme qui vise à faciliter l’accès des starters au financement et, parallèlement, nous avons également pu bénéficier du soutien de l’Agence de Stimulation Economique de la Région wallonne (A.S.E.) qui nous a accordé une bourse pour acheter notre matériel. »

Restait donc à trouver un site de fabrication. « On voulait tous les deux que ce soit à Liège, assène François. C’est la ville de la bière, d’abord, et puis on avait appelé notre produit du nom d’un personnage célèbre de Liège : Curtius qui fut un très grand industriel et qui, sous le régime espagnol, a fait rayonner les industries et le savoir-faire liégeois dans toute l’Europe ! Nous avons alors repéré un bâtiment industriel vide qui appartient à la Société Provinciale d’Industrialisation (S.P.I.) et qui est situé… rue de la Brasserie… Vous imaginez bien, sourit le jeune industriel, on n’a pas beaucoup hésité ! »

C’est donc de ce cadre idéalement situé par rapport au premier public visé que sortiront dès ce mois de septembre les premiers fûts et les premières bouteilles. Elles seront bouchonnées, car il s’agit d’un produit sinon de luxe, du moins de dégustation, mais son design ne ressemble à aucun autre… Et, là encore, l’amitié a pris le quart, comme dit Brassens. « Un ami designer nous a aidés à trouver un style un peu à contre-pied de la tendance actuelle, faite de beaucoup de couleurs et de fioritures. On voulait un style épuré et sobre, donnant sur une certaine élégance. La forme de la bouteille respecte cette philosophie, afin que le consommateur déguste la Curtius comme on déguste un bon champagne ! »

Un accueil prometteur

Dans l’attente de la mise en production sur site propre, la présentation au public s’est faite cet été lors de différentes fêtes locales, mais sur tout à Liège, berceau de la « Curtius » : « Oui, confirme François, on a vraiment envie que les Liégeois puissent se reconnaître dans notre bière, et l’intégrer dans leur “patrimoine”. Ce sera notre “premier cercle”. Nous irons ensuite vers d’autres marchés. Du reste, nous avons d’ores et déjà un carnet de commandes intéressant, puisque même de grandes enseignes nous ont contactés… Mais nous ne voulons pas brûler les étapes et y aller pas à pas ».

Une philosophie qui fait partie depuis le début du parcours des deux amis. D’ailleurs, lorsqu’on souhaite parler à Renaud (Pirotte) : « Il est au boulot, regrette François. Je suis pour l’instant le seul membre de notre nouvelle société. Renaud a conservé son travail pour l’instant ; il me rejoindra dès que possible… »

Cet été, plus de 3 000 litres, brassés dans une brasserie partenaire du projet, auront permis à la Curtius de se faire connaître à Liège comme ailleurs. « Nous comptons brasser environ 500 hectolitres durant cette première année de fonctionnement, conclut François Dethier. Après quoi nous envisagerons de conforter la position que nous aurons éventuellement acquise sur le marché, corriger ce qui devra l’être. Et puis… Augmenter la cadence.» (sourires !)… Et puis, ce que François ne dit pas trop haut, c’est aussi d’envisager d’autres produits pour composer une gamme. Sûr, avec ces deux gaillards, la réputation des bières liégeoises n’est pas près de s’éteindre ! Jean-Théodore Piedboeuf peut être fier de ses jeunes « héritiers »… Et, comme on dit aujourd’hui dans les maisons de bouche : « Excellente dégustation ! ». Avec modération, cela va sans dire, mais c’est mieux en le disant quand même !

 

Renseignements

La Curtius
Rue de la Brasserie, 8
B-4000 Liège
www.lacurtius.com

Après une décennie de succès croissant, passant de 4 700 visiteurs en 2002 à quelque 33 000 en 2010, la Biennale Internationale du Design de Liège a décidé de muer, de s’ouvrir, de partager. Elle adopte pour ce faire un nouveau nom, ReciprOcity, incluant ainsi la notion de mutualisation et de ville. Plus internationale que jamais, elle renforce en outre son équipe en s’adjoignant les services d’une directrice artistique, en l’occurrence la commissaire et consultante milanaise Giovanna Massoni, et d’une direction générale désormais tenue par Wallonie Design.

Le coup de pouce aux designers locaux et supralocaux, initié il y a dix ans par le député provincial en charge de la Culture à Liège, Paul- Emile Mottard, s’est donc transformé peu à peu en une véritable plate-forme d’échange du savoir et de l’expérience. Au fil des éditions, la biennale a diversifié ses lieux d’expositions et ses thématiques, se tournant chaque fois plus vers des réflexions sur la nature – thème d’ailleurs exploré sous toutes ses facettes en 2010 – et le développement durable. Mais après s’être attardée sur la flore, la faune, l’organique, le biomorphisme ou encore le biomimétisme, l’expo a décidé de passer à un cap plus concret encore en transformant ses visiteurs en véritables acteurs.

Le projet s’inspire sans se cacher de la vision du designer italien Ezio Manzini, sommité de l’écodesign. « Le “designer” n’est plus à considérer comme une figure professionnelle spécialisée et isolée, explique-t-il, mais bien comme une variété d’acteurs qui collaborent à la co-conception de solutions plus matures, viables et reproductibles »1. Le site internet se veut représentatif de cette constante mutation. On y retrouvera l’évolution du projet sous la forme d’interviews, reportages photo et vidéos, et ce, avant, pendant et après la biennale.

1 Ezio Manzini, Desis Newsletter 3: Design as agent of sustainable changes.

Tous acteurs

« Nous voulons faire de RéciprOcity plus qu’un évènement, en élargissant les frontières d’une manifestation biennale, enchaîne Paul-Emile Mottard. Il ne s’agira plus d’attirer le public juste en tant qu’audience, mais bien en impliquant activement son expérience dans la construction et la mise en oeuvre de solutions durables. ReciprOcity doit être un système offrant des possibilités de synergie, accompagnant la création d’une dynamique nouvelle et de projets qui sont pertinents pour les mondes du design et pour la société en général. »

« Il ne s’agira plus d’attirer le public juste en tant qu’audience, mais bien en impliquant activement son expérience dans la construction et la mise en oeuvre de solutions durables. »


Un exemple concret, parmi beaucoup d’autres ? Le projet Welcome to Saint-Gilles2. Le quartier Saint-Gilles représente en Cité Ardente la frontière entre l’hypercentre et le centre. Le bas de la rue éponyme abrite une joyeuse animation estudiantine et commerçante, et le haut a des airs beaucoup plus résidentiels. Au milieu de cette artère, quelques pas mènent au parc du Jardin botanique. Les étudiants liégeois en architecture, plutôt gâtés, sont établis dans cet écrin de nature en pleine ville où sera implantée l’exposition Welcome to Saint- Gilles, résultat d’un projet collaboratif visant à développer des petites interventions dans le quartier en concertation avec ses habitants. « Ce projet est le fruit d’un système d’échanges et de partage entre les écoles impliquées, professeurs et étudiants, le design et les citoyens, le design et les administrations publiques », explique-t-on chez Recentre (Centre for Sustainable Design), partenaire de cette exposition. Huit écoles de design de l’Euregio Meuse-Rhin ont pris part à ce projet durant l’année académique 2011-2012, sous la supervision du designer bruxellois Thomas Lommée et d’une série d’experts renommés. Et puisque « réciprocité », c’est partager, tout le monde peut suivre le processus et les résultats sur le net !

2 Rue Courtois, 1, à Liège, accessible du lundi au samedi de 11 h à 18 h.

Plus internationale que jamais

Si cette édition 2012 de la biennale et toutes les prochaines seront placées sous le signe du partage, c’est aussi parce que ReciprOcity se veut, plus encore qu’autrefois, tournée vers l’international, en commençant par l’Euregio. Soutenue par la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles, a insi que par la Fondation Maastricht 2018, la biennale s’inscrit fort logiquement dans la campagne de candidature de Liège EXPO 2017, mais aussi dans celle de Maastricht & Euregio — Capitale européenne de la Culture 2018.

L’exposition et le concours Memorabilia — designing souvenirs est le meilleur témoin de cette ouverture vers le monde puisque quelque 400 candidats originaires de 31 pays ont répondu à l’appel à projets lancé par la biennale. Sélectionnés par un jury international, 60 d’entre eux verront leur création exposée et leurs objets comportent chacun l’empreinte reconnaissable de ceux qui les ont dessinés : leur lieu de naissance, leur héritage culturel, leur ethnie… Ces nouvelles « madeleines de Proust » version multiculturelle se présentent sous toutes les facettes. Les doudous raplatis du Japonais Jun Takagi, les pinces à linge stylisées de l’Allemand Björn Kwapp, le rouleau pour découper les cookies de l’Italienne Simone Pallotto… Des objets du passé sous un regard neuf, exposés à l’Espace Saint-Antoine (Musée de la Vie Wallonne, cour des Mineurs à Liège).

Sous le sceau de la créativité

Enfin, ReciprOcity, c’est une exposition géante aux multiples facettes qui anime toute la ville d’une fièvre créatrice. Expos, conférences et évènements, tous d’accès gratuit, iront s’implanter dans différents lieux clé du patrimoine historique et culturel, passé et contemporain de Liège : musées, galeries, université… Les expositions ont été confiées à des commissaires indépendants, pour multiplier les points de vue et brasser un maximum d’idées.

Parmi ces évènements, pointons KDD — Kids Driven Design, projet hors du commun supervisé par le designer belge Michaël Bihain. C’est au sein d’un écrin magnifique, le musée du Grand Curtius, qu’il exposera le fruit de ses recherches menées avec un groupe de douze jeunes Liégeois âgés de 9 à 12 ans sur le thème de « transporter de l’eau ».

La biennale, c’est aussi des expositions invitées. Ainsi, l’ancienne Halle aux Viandes, quai de la Goffe, exhibera sous le libellé Belgian Design on Tour les réalisations de designers et entreprises dont les réalisations ont été présentées à l’étranger durant l’année. La salle capitulaire de l’Institut Saint- Luc abritera quant à elle l’expo Tales of heroes (« Contes de héros ») en rassemblant le fruit du travail de 24 artistes associés ou en solo sur le thème du lien entre le design et l’univers multimédia. Enfin, on retrouvera au Musée d’Ansembourg, rue Feronstrée, l’expo Secrets d’objets menée autour de dix courts-métrages racontant la vie des objets utilisés au quotidien. Plus banal semble l’objet, plus longue est parfois la recherche pour le concevoir…

Du côté des dix expos satellites, preuve s’il en fallait que la biennale s’intègre dans le tissu social et culturel liégeois, citons deux coups de coeur en pied de nez à ceux qui, pour concevoir des objets, se laissent enfermer dans des consignes qui freinent leur créativité. Ainsi, les membres déjantés de Mon Colonel et Spit trouveront abri – c’est le cas de le dire – au sein de la Gallerie Uhoda, rue Souverain-pont dans le vieux Liège, où ils construiront au fil de l’exposition une cabane-habitation, installation dans laquelle ils vivront en exprimant toute leur inspiration. Non loin de là, au Fiacre, place SaintÉtienne, le collectif R7 AGNC planchera sur la Pratique de l’inutile en invitant les designers à ne plus concevoir un objet pour qu’il serve, mais bien un objet… qui ne sert à rien.

Le design sans frontières et sans limites sied on ne peut mieux à la capitale principautaire !

 

Renseignements

ReciprOcity
Biennale Internationale du Design de Liège
Du 5 au 28 octobre 2012
Entrée gratuite aux expositions
www.designliege.be

Valérie Gordenne, pharmacienne d’industrie au sein de Mithra, revient sur son parcours professionnel riche en rencontres et défis dans un domaine en pleine expansion en Wallonie.

L’exercice n’a rien de facile. Parler de soi pendant plus d’une heure n’est certainement pas ce que Valérie Gordenne préfère. Malgré tout, le verbe se veut fluide et les anecdotes émaillant son parcours professionnel s’égrènent au rythme de ses nombreux fous rires. Qui a dit que la pharmacie d’industrie était un métier barbant ? Jusqu’il y a peu chef de production au sein d’Uteron Pharma, Valérie Gordenne a réintégré l’équipe dirigeante de Mithra, la maison mère, pour démarrer de nouvelles activités. Uteron vient en effet de passer sous le contrôle du géant américain Watson.

Mais ce n’est pas tant l’idée d’intégrer une nouvelle structure que de continuer à développer des projets innovants qui a motivé sa décision. « J’étais en quelque sorte arrivée à la fin d’une belle histoire avec Uteron et l’envie d’en redémarrer de nouvelles était plus forte », précise-t-elle.

L’envie, c’est ce qui pourrait définir sa carrière. Diplômée de l’Université de Liège en 1995, Valérie Gordenne décide, à l’inverse de nombreux condisciples, de se diriger vers la pharmacie d’industrie et non celle plus classique, d’officine. « Quelques mois de stage en pharmacie m’ont rapidement indiqué que je n’étais pas faite pour cela. Et même si les formations de l’époque n’étaient pas spécifiquement dédiées à l’industrie, des passerelles existaient. La transition s’est faite naturellement, j’étais dans mon élément. »

Galephar, située à Marche-en-Famenne, sera sa première expérience professionnelle et ses premières rencontres déterminantes. Société familiale à échelle humaine, les opportunités de travail n’y manquent pas et les découvertes sont nombreuses. La chance aussi frappe à la porte avec une proposition de contrat au terme du stage. « J’arrivais pile au moment où la société souhaitait étendre ses activités et recherchait des profils comme le mien. Bruno Streel, le manager, comptait développer un site de production dédié aux études cliniques. » Embarquée dans le pôle recherche et développement, Valérie Gordenne apprécie rapidement les libertés laissées à la discrétion de chacun. « On évoluait dans un climat réellement stimulant, car nous avions le droit à l’erreur. De petites erreurs, certes, mais nous pouvions avancer à notre rythme, proposer de nouvelles idées, imaginer de nouveaux protocoles sans avoir à ressentir une pression d’enfer. Et les résultats suivaient grâce à cette émulation permanente. Ce genre de fonctionnement est vraiment spécifique aux petites structures, c’est très motivant. »

L’aventure Mithra

Si l’expérience Galephar satisfait pleinement Valérie Gordenne, la volonté de relever de nouveaux défis la titille toujours. L’envie, encore elle, est toujours aussi forte et la chance, à nouveau, lui offrira une nouvelle opportunité de carrière. Au détour d’une conversation, elle apprend que François Fornieri, directeur de Mithra, alors jeune spin-off de l’ULg, recherche un pharmacien d’industrie pour développer ses activités. Son nom est proposé, l’entretien programmé, l’affaire rapidement conclue. « Pendant deux heures, je l’ai écouté me parler de son projet, de sa vision et de ses perspectives. Son enthousiasme était communicatif et il m’a rapidement convaincue de rejoindre son équipe », se souvient- elle. Nous sommes en 2004, Mithra est seulement âgée de 5 ans et entame le développement de produits génériques pour lequel les compétences de Valérie Gordenne s’imposent rapidement. Particulièrement pour le lancement du stérilet hormonal Levosert. « Le développement avait commencé en 2002 mais sans l’aide spécifique d’un pharmacien, puisque l’entreprise travaillait toujours avec le concours de l’ULg. J’ai pu amener cette dimension pharmaceutique mais aussi toute une série d’aspects d’ordre réglementaire. »

Le secteur pharmaceutique est mondial, avec des requis réglementaires différents d’une région à l’autre du globe. Il faut sans cesse être à la pointe, se tenir au courant des dernières évolutions et anticiper les changements.


Gérer une ligne de production, d’un bout à l’autre de la chaîne, ne s’improvise cependant pas. Et même si le développement, « complexe mais enthousiasmant », s’avère être un processus ardu à mettre en place, le degré « d’innovation et de procédures à élaborer reste résolument high level, ce qui vous pousse vers le haut. » Et conduit immanquablement à se poser la question de l’après. « Une fois lancées toutes les études cliniques, il fallait passer à l’étape suivante de la production proprement dite pour ce stérilet. Domaine dans lequel nous n’avions pas encore une solide expertise, mais le défi ne nous a pas fait peur et avec la force de frappe de François Fornieri et de l’équipe dirigeante, à savoir le Professeur Jean-Michel Foidart ainsi que Léon et Stijn Van Rompay, les investissements ont rapidement pu être levés pour passer cet obstacle. » Uteron voit ainsi le jour, dans le giron de la structure d’Odyssea, en 2007. Une aventure qui a permis l’engagement d’une septantaine de personnes, l’implantation d’une chaîne de production à Grâce-Hollogne et la création d’un centre d’excellence reconnu en Région wallonne. Pendant cinq années, l’entreprise se développe autour de ce concept innovant, appuyée par un fort ancrage universitaire « qui nous permet une autre perspective de créativité et qui rend notre activité vraiment spécifique », glisse Valérie Gordenne. « L’avantage de ce stérilet s’explique par la présence d’une hormone dans le processus contraceptif qui amène une réduction du taux de saignement et des taux hormonaux circulants bien plus faibles qu’une pilule contraceptive classique. Le concept est intéressant par rapport à la panoplie existante au niveau de la contraception et, surtout, on le propose à un prix très abordable tout en améliorant la qualité de vie de la femme. »

Début 2013, nouveaux changements, nouvelles opportunités. Uteron est reprise par Watson. Valérie Gordenne a la possibilité de poursuivre l’aventure dans cette nouvelle structure, mais préfère décliner l’offre afin de retourner au sein de la maison mère Mithra. « On souhaite toujours développer nos activités industrielles en Région wallonne, démarrer des nouveaux projets et c’est cet aspect du métier qui m’enthousiasme réellement. » Sans parler du côté relationnel propre aux organigrammes plus légers. Ancienne joueuse de volley, « nous avions même joué en division d’honneur pendant une saison », Valérie Gordenne voit de nombreuses similitudes entre la pratique d’un sport collectif où les synergies et la cohésion interne jouent un rôle crucial. « Je suis une ardente défenderesse du sport d’équipe, mes deux enfants en pratiquent d’ailleurs. Vivre dans un groupe, dans la victoire mais aussi dans la défaite n’est pas toujours évident mais on se construit aussi grâce à cela. On vit en groupe et on construit son avenir ensemble. »

Le futur, cette lectrice de Patricia Cornwell le souhaite toujours aussi riche et passionnant. L’envie, toujours, d’aller de l’avant et de collaborer activement à des projets innovants. « Le secteur pharmaceutique est mondial, avec des requis réglementaires différents d’une région à l’autre du globe. Il faut sans cesse être à la pointe, se tenir au courant des dernières évolutions et anticiper les changements. C’est très excitant et ne me donne pas l’impression de refaire sans cesse le même travail. Je ne pourrais d’ailleurs pas m’épanouir dans un métier trop répétitif ou dans un carcan trop étroit. »

 

Renseignements

SA Mithra Pharmaceuticals
Rue Saint-Georges 5
B-4000 Liège
+32 (0)4 349 28 22
[email protected]
www.mithra.be

 

Boost Belgium

Une maman entrepreneuse gagne le concours Boost Belgium destiné aux entrepreneurs belges ! À travers ce concours, Belfius et MasterCard souhaitaient soutenir les entrepreneurs dont le projet permettra de contribuer à dynamiser l’économie de la Belgique. Au total, 243 entrepreneurs ont inscrit leurs projets, tous plus innovants les uns que les autres. Les finalistes ont tous présenté leur projet devant un jury de 8 professionnels, qui ont eu pour tâche de les départager en ajoutant leur vote à celui du public.

Le 20 février dernier, c’est Jasmine De Wulf, originaire de la province du Luxembourg, qui a décroché la première place grâce à son invention, Skinoo, déjà breveté en Belgique et en Europe. Cette maman de quatre enfants s’est inspirée de son expérience de l’allaitement pour concevoir un système simple – un anneau en coton – qui permet d’éviter les crevasses et les infections sur les mamelons des jeunes mamans lors des premières semaines de l’allaitement. Avec un prix de 15 000 €, c’est une aide précieuse que la maman entrepreneuse a reçu pour lancer la production de Skinoo dans les prochaines semaines.

sites.google.com/a/skinoo.eu/skinoo/home
www.boostbelgium.be

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Modiste modeste, Delphine Quirin a commencé par le point à l’envers. D’abord, la renommée internationale et l’exportation. Aujourd’hui, l’important reste toujours la création… dans son atelier originel.

La rue Pierreuse, qui mène au quartier éponyme juste derrière le Palais des Princes-Evêques, symbolise à elle seule de grandes pages de l’histoire de la Cité ardente. C’est par cette voie que les six cents Franchimontois ont plus que probablement, à la moitié du XVe siècle, gravi les collines pour assaillir le campement de Charles le Téméraire et Louis XI. C’est aussi là, dit-on à Liège, que cinq siècles plus tôt, le Prince-Evêque avait fait ouvrir des carrières pour bâtir une muraille et consolider la fortification de la ville. De là serait né son nom…

Au fil du temps, le quartier s’est transformé sans changer d’âme. Il est devenu un lieu animé, un peu bohème et bigarré où se croisent avocats en toge, altermondialistes en tongs et artistes aux talents diversifiés. C’est là, dans une petite maison où la symétrie est un concept abstrait et où les murs droits n’existent pas, que Delphine Quirin a établi, il y a un peu plus de quinze ans, son QG. L’antre de l’artiste a deux aspects. Un côté boutique, où chaque pièce a été consciencieusement exposée, et un côté atelier, où le mérinos, le mohair, l’angora ou le cachemire attendent de se discipliner sous ses doigts pour se muer en des chapeaux délicats. Des chapeaux réalisés patiemment, avec le souci de l’artisan. C’est ce qui fait la griffe de la modiste vendue au Japon, aux États-Unis et dans quelques autres coins du monde entier… Et ce succès la convainc de ne pas changer, de ne pas perdre ce qui fait la personnalité de sa production.

Souvenirs d’enfance

Delphine Quirin se souvient qu’étant toute petite déjà, elle plongeait avec émerveillement dans les malles de sa grand-mère. Les « trésors de son enfance », comme elle les appelle, étaient des costumes, des robes, des déguisements. Déjà, les chapeaux étaient ce qui attisait le plus sa curiosité et éveillait sa créativité…

En grandissant, la jeune femme n’a rien perdu de cet attrait pour ces accessoires qui font toute la différence. Elle a aiguisé ses connaissances à l’université, en Histoire de l’Art, où Vermeer, De La Tour et l’Américain Hopper étaient parmi ses sujets d’étude préférés. Ainsi abreuvée d’oeuvres abouties, la petite fille d’hier n’était que confortée dans ce à quoi elle se prédestinait : elle a suivi une formation de modiste, puis s’est lancée.

Dans son atelier, le mérinos, le mohair, l’angora ou le cachemire attendent de se discipliner sous ses doigts pour se muer en des chapeaux délicats.


En 1996, la jeune femme a commencé à confectionner, sur mesure, ses premiers chapeaux de cérémonie. Ils ont plu, et le boucheà- oreille a commencé à fonctionner. C’est un peu plus tard qu’elle se lançait dans une histoire d’amour avec la laine, une histoire jamais érodée par le temps. Volontaire, elle la soumet en douceur, la transformant en une collection de chapeaux, bonnets, gants et écharpes de toutes les couleurs qui, en 1999, l’a définitivement lancée dans la cour des grands.

Garder son âme

Dans ce milieu très fermé, le talent seul ne suffit pas. Il faut pousser les portes, se faire connaître, attirer la curiosité de ceux qui, à partir de salons organisés à Paris et ailleurs, décideront de vendre la production à leurs clients. En transformant ces petits chapeaux de laine en accessoires indispensables du quotidien, Delphine a ouvert un créneau jusqu’ici peu exploré. Un simple coup d’oeil sur sa revue de presse, qui arbore un nombre impressionnant d’articles du Elle, du Marie- Claire ou encore du New York Social Diary ou du magazine japonais Hanatsubaki montre à quel point le monde a besoin de fantaisie et de créativité. Partout, on retrouve ses chapeaux colorés ! Ils ne sont pas là les témoins d’une mode éphémère, au contraire. En quinze années, Delphine Quirin les a inscrits dans la longévité.

« J’ai tout fait à l’envers. Je suis très tôt partie pour les salons, et mon nom s’est fait connaître à l’étranger, explique la modiste. Du coup, vous trouverez une série de points de vente dans différents coins du monde, mais vous en verrez peu ici en Belgique… » Delphine a donc, après 15 années de création qui lui ont définitivement fait un nom, décidé de renforcer sa présence en Belgique, dans son fief liégeois bien sûr, mais aussi dans la capitale, où elle s’est lancée avec quatre amis dans un nouveau projet. Elle a rejoint une petite boutique inédite, baptisée « Stories » et établie depuis l’été 2011 rue de Flandre, à Bruxelles. On y retrouve des talents bien différents tels la styliste belge Hüsniye Kardas, qui réinvente chaque détail des vêtements, Samuel Dronet, qui joue de l’androgynie en proposant des produits presque identiques pour les deux sexes en s’inspirant des garderobes des hommes, mais aussi The Cookie Therapy, qui revisite avec fantaisie les classiques de la maroquinerie. Et, désormais, les accessoires chaleureux et colorés de la Liégeoise passionnée.

« Ce que je veux, c’est toucher la laine »

Mais le lieu qui ressemble le plus à Delphine reste son antre de la rue Pierreuse, qu’elle ouvre au public et dans lequel elle veut partager les impressions et les émotions de sa clientèle. « Je ne peux pas produire plus, car il est hors de question de ‘devenir une machine’ et je veux continuer à proposer des produits Made in Belgium, du début à la fin », confie-telle. « Je veux des pièces confectionnées ici, dans cet atelier d’où tout part. La fabrication reste d’ailleurs mon moment préféré. Il y a la conception, les croquis. Mais ça reste du papier. Ce que je veux, c’est toucher la laine. » Désormais, Delphine a décidé d’y rester plus souvent, non pas pour augmenter les heures passées courbées devant la machine à tricoter, mais bien pour intensifier les contacts directs avec sa clientèle. « J’ai une clientèle extraordinaire, un superbe public. Beaucoup me suivent depuis le début, et restent fidèles. Je les invite ponctuellement pour des petits événements dans mon atelier. On prend des photos originales avec Goldo (NDLR : le photographe liégeois Dominique Houcmant), on papote… J’aime partager avec eux sur mes produits, sur ce qu’ils aiment. Ces contacts sont précieux, car ils alimentent la créativité… » La modiste s’est même remise, tout récemment, à confectionner des coiffes en plumes et autres chapeaux destinés aux grandes occasions. Comme à ses débuts, en 1996. « Mais en y donnant mon style », précise-t-elle. Privilège de l’expérience, c’est aujourd’hui pour son style, justement, que viennent ces clientes désireuses de se voir créer un couvre-chef unique pour un événement particulier.

La modiste s’est même remise, tout récemment, à confectionner des coiffes en plumes et autres chapeaux destinés aux grandes occasions. Comme à ses débuts, en 1996.


Ceux qui cherchent à égayer leur tenue d’un « Delphine Quirin » n’ont donc que l’embarras du choix. Pour le dépaysement, ils se rendront dans les stores anglais du label « Anthropologie », au Bon Marché à Paris ou encore au Mexique, au Japon ou en Irlande, où les laines de Delphine s’arrachent. Pour l’inverse, ils pourront passer commande bientôt sur internet via le site que la modiste est en train de développer et où l’on trouvera, sans concurrence avec ce qui se trouve dans les magasins, des bonnets et autres accessoires pour un prix variant entre 30 et 120 €.

Ceux qui font un petit tour dans la capitale iront, entre autres, chez « Stories » où ils en profiteront pour jeter un oeil sur les créations inédites des stylistes qui partagent avec elle la boutique. Enfin, les amateurs de chapeaux qui veulent découvrir tous les côtés de l’artiste se rendront dans la Cité ardente, dans cette rue pittoresque et authentique qui lui va si bien. Ils en sortiront accros.

 

Bio Express

1970 : Naissance à Liège.
1996 : Delphine se lance dans la confection de chapeaux sur commande, en particulier pour les grands événements.
1999 : Elle confectionne sa première collection de bonnets, écharpes et gants, entièrement réalisés en laine. Cette matière fait vite son succès et devient sa préférée.
2011 : Ouverture du magasin Stories, rue de Flandre, à Bruxelles, où Delphine vend ses pièces coup de coeur.

 
Renseignements

Delphine Quirin
Show-room/Atelier
Rue Pierreuse, 26
B-4000 Liège
+32 (0)4 221 05 52
[email protected]
www.delphinequirin.be

 

Ses bonnes adresses

Tant qu’à pousser la porte de son atelierboutique, l’idéal est de faire un petit tour dans le coin ! En ancienne du quartier, Delphine connaît toutes les bonnes adresses.

Ainsi, elle vous conseille le restaurant « Le Paris-Brest », rue des Anglais, sur les hauteurs de la Place Saint-Lambert. Un régal, et ça se sait ! Il faut donc impérativement réserver… N’hésitez pas également à vous rendre à l’excellent restaurant libanais « Mange et dis merci », rue Hors-Château, ou encore, dans la même rue, au gastronomique espagnol « Pica Pica ».

Côté bouquins, une étape à la librairie « Entre-temps », en face de sa boutique, vous fera découvrir les livres autrement. Et côté balades, les Coteaux de la Citadelle sont là, devant vous, prêts à être découverts…


Le Paris-Brest
Rue des Anglais, 18, B-4000 Liège
+32 (0)4 223 47 11

Mange et dis merci
Rue Hors-Château, 14, B-4000 Liège
+32 (0)4 222 06 02, www.mangeetdismerci.com

Pica Pica
Rue Hors-Château, 62, B-4000 Liège
+32 (0)4 221 30 74, www.elpicapica.be

Librairie Entre-Temps
Rue Pierreuse, 15, B-4000 Liège
www.entre-temps.be

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Depuis l’été 2012, le nom de Charline Van Snick est définitivement pendu à une médaille olympique. À 22 ans, la route de la judokate, qui vient d’emménager près du centre de Liège, est pourtant encore longue. Au propre comme au figuré…

Le 28 juillet 2012 restera à jamais marqué dans la mémoire de la famille Van Snick. Ce samedi-là, en début d’après-midi, sur les tatamis de l’Excel Exhibition Centre de Londres, Charline est en repêchage dans la catégorie des moins de 48 kg contre l’Argentine Paula Pareto. Après deux victoires suivies d’une défaite, la Liégeoise n’a plus droit à l’erreur. Elle jette ses dernières forces dans la bataille, bénéficie d’un Yuko en fin de combat et, après un temps qui lui a semblé interminable, elle voit l’arbitre de sa petite finale lever le bras dans sa direction. C’est l’explosion de joie dans le camp belge avec lequel elle fêtera cette médaille de bronze à la Belgium House. Ses parents, Marc et Anne, sont émus et fiers de leur fille qu’ils ont poussée sur les tatamis de Blegny dès l’âge de six ans. Dame ! Dans la famille Van Snick, le judo et le jiu-jitsu sont une école de vie. On y apprend à se battre, à souffrir et à triompher !

La liesse continuera quelque temps. Le 14 août, au Hall omnisports de Saive, le village familial, tous ses supporters et les membres de son club – le Bushido Saive dirigé par son père – sont présents pour lui faire un triomphe. Le 13 septembre, les autorités wallonnes lui décernent le titre de Cheval ière du Mér ite wal lon, et le 4 décembre, elle reçoit pour la troisième fois le Mérite sportif de la Fédération Wallonie- Bruxelles. Le bilan de la n°4 mondiale est remarquable. Outre son exploit olympique, elle a brillé au Championnat d’Europe (2e), a remporté le Grand Prix de Düsseldorf et s’est classée troisième au tournoi Grand Chelem de Moscou.

Les films de Tarantino

« Une médaille olympique, ça change toute une vie ! », a-t-on souvent entendu dire dans le monde sportif. Oui, mais… peut-être pas tout de suite. En ce qui concerne Charline, le seul changement notoire, c’est qu’elle a décidé de quitter la maison familiale en septembre dernier, à 22 ans, pour s’installer dans un petit appartement du quartier Saint- Léonard, à Liège. Histoire d’acquérir son autonomie. C’est là que nous l’avons rencontrée, début février, ainsi que son compagnon, le judoka français Anthony Cueillette – « un mec génial », susurre-t-elle, en le couvant des yeux –, qui fait régulièrement le déplacement depuis Paris. On débouche dans l’appartement après avoir traversé un long couloir. Il est de petite taille mais moderne. Dans un coin du salon, un gros lapin s’agite à notre entrée – « il s’appelle Navis, il adore jouer avec moi ». Sur le mur, une photo de nuit de Tokyo – « c’est moi qui l’ai prise, c’est l’un de mes hobbies », annonce-t-elle, avant de se soumettre au jeu des questions.

Le bilan de la n°4 mondiale est remarquable. Outre son exploit olympique, elle a brillé au Championnat d’Europe (2e), a remporté le Grand Prix de Düsseldorf et s’est classée troisième au tournoi Grand Chelem de Moscou.


Pourquoi le quartier Saint-Léonard ? Venant d’une Liégeoise de souche, la réponse ne surprend pas. « Je suis près du centre-ville. Pour sortir, c’est facile. J’adore déambuler dans les rues avec des amis, il y a plein de magasins, des brasseries, des animations… » Et les cinémas ? « Oui, mais je préfère aller au complexe de Rocourt ». Son dernier film ? « “Django Unchained”. J’adore Tarantino. Je regarde aussi des DVD. Surtout les séries policières. Ma préférée est “Esprits criminels”. J’aime les gens qui ont une forte personnalité… » Elle est interrompue par la sonnerie de son téléphone portable. Au ton de sa voix, on la sent quelque peu contrariée. « Ma voiture est en panne, mon sponsor m’en a donné une autre, mais ce n’est pas évident. J’en ai besoin tous les jours pour aller m’entraîner ! »

Et Charline d’énumérer ses aller-retour hebdomadaires afin de participer aux entraînements de la fédération donnés par Cédric Taymans et Damiano Martinuzzi. « Le lundi, ceux-ci ont lieu à Wavre, le matin en petit groupe et le soir à l’attention de tous ; les mardis et jeudi, ils ont pour cadre l’ULB , à Bruxelles ; enfin, le mercredi soir, je prends part à l’entraînement national à Etterbeek. En plus de cela – mais ça, c’est un choix personnel –, je me rends deux ou trois fois par semaine au Spiroudôme, à Charleroi, pour ma préparation physique. Enfin, je fais de la musculation dans une salle à Fléron et, de temps en temps, du jogging, du squash et de la natation au Sart Tilman. »

Vingt heures par semaine au volant !

C’est là que l’on comprend pourquoi, aux yeux de la judokate liégeoise, la situation n’a guère évolué depuis sa médaille. « J’avais espéré avoir quelques facilités ou avantages, mais cela n’est pas le cas », constate celle qui a brillamment obtenu un baccalauréat en marketing à la Haute École de la Province de Liège et est sous contrat à l’Adeps avec le statut de fonctionnaire administratif. Ces déplacements, surtout, sont fastidieux. « Comme d’autres, j’attendais beaucoup du projet de centre de haut niveau que la Région wallonne voulait mettre sur rails. C’eût été génial s’il avait pu voir le jour au Sart Tilman, mais le dossier n’a pas abouti – NDLR Le projet de dojo fédéral pour le judo francophone est toujours en discussion. Toutefois, le centre de haut niveau va se développer à Louvain-la-Neuve… en commençant par l’athlétisme. Donc, je dépense beaucoup d’énergie sur les routes. Je m’entraîne entre 15 et 20 heures par semaine et je passe 20 heures au volant ! » « Tu devrais changer de sport, tu ferais une excellente pilote ! », intervient Anthony. Celui-ci ne connaît pas ce problème. À Paris, toutes les disciplines, ainsi que le staff médical, sont concentrées à l’Institut National du Sport, de l’Expérience et de la Performance ( INSEP ), situé au coeur du bois de Vincennes, à deux pas de son logement.

Charline sourit à la boutade. Mais elle a un autre souci. Depuis l’automne, elle doit composer avec une entorse à la cheville qui l’a tenue de longues semaines à l’écart des tatamis. Son début de saison a donc été postposé. Elle a ainsi été contrainte de renoncer à l’Open de Paris-Bercy, ainsi qu’au Grand Prix de Düsseldorf. « Mais mon objectif n’a pas changé : je veux devenir championne d’Europe, en avril, en Hongrie, et me hisser à la première place mondiale ! »

La pression ne risque-t-elle pas d’être trop forte ? La Liégeoise a appris à la gérer. De plus, c’est une battante. À l’image de Justine Henin, qui est venue l’interviewer à Jodoigne avant son départ à Londres, elle n’abdique jamais, quel que soit l’adversaire. « Ce que Justine a réussi est exceptionnel, mais je n’en fais pas un modèle. Je n’en ai d’ailleurs pas. Je trace ma route, c’est tout ! », tranche-t-elle. Cela, on l’avait bien compris.

 

Le talent pour devenir n° 1

Vice-champion du monde en 2001, directeur technique de la Ligue francophone belge de judo et entraîneur de nombreux athlètes de haut niveau dont Charline Van Snick, Cédric Taymans ne se fait pas trop de souci pour sa protégée à l’aube d’une saison que la Liégeoise aborde avec un capital confiance quelque peu entaillé par sa blessure.

Cédric Taymans — Comme elle vise le Championnat d’Europe fin avril, il faudra absolument qu’elle puisse prendre part à un tournoi avant cette date, explique-t-il. On y verra plus clair alors sur sa forme, mais c’est une battante. C’est d’ailleurs sa principale force. Elle a le talent pour atteindre son objectif, devenir la n° 1 dans sa catégorie.

Et ses principaux défauts ?
C.T. —
E lle est trop fougueuse, elle a des difficultés à se plier à certaines règles de base. Mais elle est encore jeune…

 

Bio & palmarès

1990 : Naissance à Liège.
1996 : Commence le judo à 6 ans au JC Olympic Blegny, dans sa commune.
1998 : Le jour même de ses 8 ans, ses parents créent le Bushido Saive, son club actuel.
2004 : Premier podium international en Roumanie (cat. Espoir).
2009 : championne d’Europe (cat. Junior). La Fédération Wallonie-Bruxelles lui attribue le Mérite sportif pour la première fois.
2010 : première médaille d’or en Coupe du Monde à Sofia (cat. Senior) et médaille de bronze au Championnat d’Europe. Elle entre dans le top 10 mondial.
2011 : 5e au Championnat du monde.
2012 : vice-championne d’Europe et médaille de bronze aux JO de Londres (4e mondiale).

Depuis trois ans, DESIGNpoint s’attache a meler designers creatifs, petites mains douees, produits industriels au rebus et une bonne dose d’imagination et d’ingeniosite.

Ce qui est voué à la destruction, nous le récupérons pour une deuxième vie. Et si cela reste, à terme, voué à la destruction, au moins nous aurons amené un deuxième souffle à ce matériau… » C’est ainsi que Jean-Luc Théate, designer liégeois, résume l’activité de DESIGNpoint, ASBL créée en 2009 à l’issue d’une année d’étude financée par le fédéral portant sur l’écodesign industriel en économie sociale. Voici leur recette !

C’est par le recyclage de grandes bâches devenues obsolètes que l’activité de cette association établie rue de Fragnée à Liège a été lancée. Ils se sont fait remettre par ceux qui n’en avaient plus besoin quelque 20 000 m² de bâches usagées. En suivant la filière « classique », elles auraient dû être incinérées et s’il en avait coûté à l’environnement, il en aurait été de même pour leurs propriétaires en frais de traitement de ces déchets. Dans cet échange win-win, nos écodesigners motivés obtiennent ainsi leur matière première gratuitement. Pour la diminution des coûts de production, c’est un très bon début…

Coup de pouce a l’economie sociale

Sous le slogan « Les déchets des uns peuvent devenir les ressources des autres », les designers se sont lancé le défi de transformer ces bâches colorées aux slogans parfois tapageurs en un nouveau produit à la fois solide, pratique, et tout à fait dans le vent. Grâce à la patience des couturières employées par des entreprises de formation par le travail ou de travail adapté — principalement l’atelier APAC de Pont-à-Celles, dans le Hainaut, mais aussi des EFT de Jodoigne et Brainel’Alleud — ces milliers de mètres carrés se muent désormais, depuis trois ans, en sacs façon gibecière, en porte-documents, ou encore en poubelles souples à papier. Les modèles ont été réfléchis pour être pratiques et esthétiques, et seules les parties intactes du PVC sont employées. C’est-à-dire presque toutes, vu la résistance du matériau !

La bâche ainsi domestiquée a également été transformée en panneaux pour toilettes sèches, en pochettes, ou encore en sacoches pour les deux-roues. On les voit désormais sur les 260 vélos mis à la disposition des fonctionnaires européens, à Bruxelles, histoire qu’ils puissent glisser leurs documents et casse-croûte dans du « recyclé » ! « C’est la Communauté européenne qui nous a demandé de réutiliser les bâches dont elle n’avait plus besoin, explique Jean-Luc Théate. Elle voulait des sacoches à ses couleurs pour en doter les vélos mis à la disposition de ses fonctionnaires, et c’est ce que nous lui avons préparé à l’atelier. » Et puisque les bonnes idées, c’est contagieux, cela a inspiré les « maisons des cyclistes » de Liège et Mons, dont l’une a commencé à orner de sacoches recyclées ses vélos de location et l’autre veut par ce biais promouvoir le vélo à l’université… Côtés sacs et sacoches, l’asbl créative a également scellé un partenariat avec un géant des cosmétiques pour la transformation de sacoches en surplus issues des « packs cadeaux » vendus notamment aux fêtes.

Une industrie plus verte

Il faut savoir qu’en Belgique, les secteurs qui produisent le plus de déchets sont la construction (45 %) et l’industrie (40 %). Les ménages viennent bien loin derrière, en produisant 7,5 % des déchets de notre plat pays. Il serait dommage de faire des efforts de tri toujours plus nombreux dans les familles, mais de conserver des entreprises qui emmènent tous leurs déchets dans l’incinérateur plutôt que de les récupérer…

« Beaucoup d’industriels sont face à de grandes quantités de déchets dont la destruction est payante, mais surtout polluante, poursuit Jean-Luc Théate. La bâche fait partie de ces déchets et on en produit une grande quantité car elle n’est utilisée que pour de courtes campagnes. Pourtant, c’est une matière particulièrement résistante. » Les gibecières et autres sacs font le plaisir des aficionados de pièces originales et uniques et sont vendus via le site des Liégeois de Sativa Factory, où on peut les acquérir à des prix variant entre 15 € (la pochette/porte-gobelet) et 30 € (le sac en bandoulière). On les trouve également par le biais des collectivités, comme ce fut le cas pour la candidature de Liège à l’exposition 2017 ou encore pour la CSC et « Wallonie design ». Enfin, de (très) grosses boîtes se servent désormais de la « DESIGNpoint touch », puisque Ikea Belgique a fait appel à l’asbl liégeoise pour réaliser des pochettes distribuées à l’occasion d’une formation aux pratiques respectueuses de l’environnement. « En 2012, notre cahier de commandes a explosé, avec 5 500 pièces réalisées », confie le designer liégeois qui espère bien que l’asbl va poursuivre sur cette belle lancée.

Enfin, la bâche qui ne trouve pas de deuxième vie accrochée aux épaules des filles sert de « matière première secondaire ». Lavée et reconditionnée en bandes d’un mètre quarante de large lorsqu’il y a des « trous » dans la production de sacs et autres objets, elle est revendue à un industriel et se mue en sous-housse de fauteuil. « En préférant ce matériau à de la toile neuve, l’industriel divise le coût de ces sous-housses par trois », commente-t-il. De la sorte, il épargne aussi l’environnement… Côté sacs et sacoches, l’asbl créative a également scellé un partenariat avec un géant des cosmétiques pour la transformation de sacoches en surplus issues des « packs cadeaux » vendus notamment aux fêtes. Ces sacoches griffées sont souvent produites en surnombre et sont vouées, pour éviter le marché parallèle, à la destruction. DESIGNpoint les récupère, les dégriffe et les revend pour trois fois rien chez « Les Petits riens ». Pour l’écologie, c’est toujours ça de pris !

Une equipe a volume variable

L’asbl fonctionne de façon assez particulière. Ainsi, si Jean-Luc Théate, qui est un des trois membres fondateurs, se charge de manière plus continue de l’asbl, certains de ses administrateurs, qui ont chacun leurs expériences et leurs spécialités, viennent en renfort pour encadrer des projets. C’est le cas, par exemple, pour un nouveau pan d’activités sur lequel DESIGNpoint est en train de travailler : la valorisation de chutes de coupes de scieries. « Pour le moment, elles sont recyclées en pellets et agglomérées, précise Jean-Luc Théate. Mais il s’agit de matière première de plancher, c’est du bois déjà séché… On peut donc, en reconditionnant les planchettes en lots de 15-16 kilos dans un gabarit bien défini, les vendre tels quels en bois de chauffage, ce qui représente un intermédiaire de moins qu’avec les pellets. » Un autre membre de l’équipe travaille quant à lui sur le recyclage de cuir de sacs et de fauteuils, qui vont également, tout prochainement, retrouver une seconde vie. ■

La bâche ainsi domestiquée a également été transformée en panneaux pour toilettes sèches, en pochettes, ou encore en sacoches pour les deux-roues. On les voit désormais sur les 260 vélos mis à la disposition des fonctionnaires européens, à Bruxelles, histoire qu’ils puissent glisser leurs documents et casse-croûte dans du « recyclé » !

 
L’asbl en trois points
  • Alors que le mot ≪ productivite ≫ est dans toutes les bouches en ces temps de crise et que celle-ci est plombee par le cout des matieres premieres, reduire la destruction du surplus de production et des materiaux peu utilises s’impose. L’ideal, pour atteindre le ≪ gaspillage zero ≫, est de les transformer… C’est la que les ecodesigners peuvent amener leurs bonnes idees.
  • Alors que l’economie sociale a montre ses effets positifs pour remettre sur le marche de l’emploi des personnes qui s’en etaient ecarte, creer de nouvelles filieres, c’est creer de nouveaux metiers. Pour une asbl comme DESI GNpoint, c’est l’opportunite de pouvoir compter sur de la main-d’oeuvre en continu sans les lourdes charges salariales que cela pourrait entrainer.
  • Enfin, puisque les etudiants en design d’aujourd’hui sont les designers de demain, l’asbl noue en priorite des partenariats avec ceux qui leur succederont. Elle a ainsi travaille avec les eleves de Saint-Luc a Liege pour des poubelles recyclees qui sont aujourd’hui utilisees dans les bureaux bruxellois de L’Oreal, ou leur a propose, tout recemment, de plancher sur le recyclage de 2 500 m2 de plexi colore. L’argent recolte avec ce second projet servira aux etudiants pour financer un voyage a Barcelone… sur les terres de Gaudi.

David Goffin, qui a mis un terme à sa saison fin octobre après le tournoi de Valence, a grimpé jusqu’au 42e rang mondial. Son meilleur classement. Le Liégeois de 21 ans, qui avait entamé l’année 2012 au 174e rang, est aujourd’hui le meilleur joueur belge et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

 

Né à Liège, dans le quartier de Rocourt, le 7 décembre 1990, le gamin fait très vite montre d’aptitudes hors norme. Un héritage familial, sans doute. « Mon père, ma mère, mon oncle, mes cousins… Dans la famille, tout le monde jouait ou joue au tennis », explique celui qui a rencontré sa petite amie « dans un club… de tennis. » Évidemment ! « David a toujours pratiqué avec beaucoup de facilité tous les sports de balle ou de ballon », se rappelle sa maman, Françoise Beckers.

En route vers le sommet

Le talent du gamin est tel qu’à 8 ans, il est repéré par l’Association francophone de Tennis (AFT). Le petit David participe à des stages à Barcelone, dans l’académie de Sergi Brugera, un ancien vainqueur de Roland- Gar ros, et même aux États-Unis, à Saddlebrook ! À onze ans, il intègre le centre tennis-études de Mons, un modèle de réussite en Wallonie, où il fera ses humanités, comme l’avaient fait avant lui Justine Henin ou Olivier Rochus par exemple.

« En tant que maman, j’ai souffert lorsqu’il est entré dans le centre tennis-études. J’ai toujours mis un point d’honneur, et David aussi, à ce qu’il termine son cycle scolaire. À 17 ans, il a obtenu son diplôme. Puis il est passé pro », raconte Françoise Beckers. « Avec les entraînements, les voyages sur le circuit, il a fallu que je m’accroche, se souvient David Goffin. Mais je tenais vraiment à obtenir mon diplôme. Si je n’avais réussi dans le tennis, je me serais sans doute orienté vers la médecine du sport. » Car David Goffin n’a pas toujours été convaincu qu’il percerait au plus haut niveau. « Ce n’était pas facile. J’avais des qualités, certes, mais je manquais vraiment de puissance. Perdre des rencontres alors que je jouais mieux que mes adversaires, c’était très frustrant. Il a fallu que je me renforce physiquement et ce travail n’est pas terminé. »

Le divorce de ses parents alors qu’il avait 14 ans aurait également pu le perturber. Mais le garçon est à l’évidence très solide mentalement. À l’image de ce qu’il montre sur le terrain où il ne se laisse pas facilement décontenancer. Une force tranquille. Sa décontraction est un redoutable atout. Le déclic survient lors d’un tournoi à Milan, à 17 ans, quand il atteint la finale du Trofeo Bonfiglio, un tournoi important chez les jeunes. « Là, j’ai senti qu’il était prêt à poursuivre l’effort pour se donner les moyens de ses ambitions », expliquera son père, Michel Goffin, aujourd’hui aux côtés de son fils prodige en qualité de manager. À 18 ans, en 2008, Goffin intègre le Team Pro de l’AFT aux côtés des frères Rochus à qui il demandait encore des autographes quelques mois auparavant. « J’ai toujours eu conscience qu’il possédait un réel talent, mais je ne m’attendais pas à ce que ça aille si vite », confie sa maman. À force d’entraînements (cinq heures par jour à taper dans la balle !), les progrès sont d’abord irréguliers, d’autant plus que quelques problèmes physiques freinent sa progression. En 2011, il se fait une déchirure aux abdominaux au tournoi de Chennai en Inde. Verdict : quatre mois sur la touche. « Cette blessure lui a fait comprendre qu’il devait se bâtir une condition physique irréprochable. Son hygiène de vie est parfaite », raconte son paternel.

En avril 2011, l’AFT lui adjoint un coach à temps plein, Réginald Willems. Le duo fonctionne bien. David Goffin décroche son premier titre sur le circuit Challenger (le dernier étage avant le circuit ATP) en Guadeloupe en mars dernier.

Depuis, Willems a été rejoint par un deuxième entraîneur, Thierry Van Cleemput, qui voyage de plus en plus souvent avec le joueur. « À deux, avec l’ensemble du staff, nous allons encore améliorer la qualité de son encandrement. Thierry et moi avons une vision commune du tennis et de la vie. Fonctionner en duo permet d’éviter l’usure et la lassitude », explique Réginald Willems.

Tout s’accélère pour David en mai dernier. Roland-Garros va le révéler au monde entier. Avec le brin de chance qui sourit parfois aux débutants. Car le Liégeois qui est battu au troisième tour des qualifications, bénéficie du forfait d’un autre joueur pour être repêché en qualité de « Lucky Looser ». Il va vite devenir un « Lucky… Winner » !

≪J’ai touché ma première raquette à cinq ans. C’était à l’Euro-Tennis de Barchon, avec mon père (Michel, NDLR)… professeur de tennis. Et cela m’a plu tout de suite. ≫ La terre battue, David Goffin est donc tombe dedans tout petit.

 

« La Goff’ » (tel qu’il est surnommé par ses proches) vole d’exploit en exploit et devient le premier « repêché » depuis 17 ans à atteindre les huitièmes de finale d’un Grand Chelem. « La flèche wallonne » (tel que le qualifiera le journal français L’Équipe) sera stoppée en quarts de finale par le Suisse Roger Federer , le plus grand joueur de l’histoire, qui est aussi l’idole de Goffin ! La maman de David a sans doute vécu ce jour-là l’un des plus beaux moments de sa vie. « J’étais émue en le voyant affronter son dieu, Roger Federer. Je repensais à tous ses posters dans sa chambre. David nous a tant parlé de la classe et du talent du Suisse. Le voir sur le même terrain que son idole, c’était un sentiment indescriptible », raconte sa maman.

Malgré la défaite, David livre ce jour-là un match parfait face à Federer, dans le tournoi préféré des Belges, un dimanche pluvieux et télévisé devant des centaines de milliers de téléspectateurs. De quoi faire basculer une vie !

Une star est née

Sollicité de toutes parts, « Goffin-le-gentil » doit apprendre à dire non. Le joueur ne veut pas se disperser. Il n’accorde d’interviews qu’au compte-gouttes et sur les sujets sportifs uniquement. Le people, très peu pour lui. L’agence Octagon qui gère désormais sa communication filtre les différentes sollicitations médiatiques. « Je ne veux pas que ma vie change », martèle le joueur. Pourtant elle a changé. « Comme le dit Roger Federer, il y a une grande différence entre être connu dans son pays et puis, tout d’un coup, connu partout dans le monde, nous explique Réginald Willems. Cela génère énormément de sollicitations diverses. David doit apprendre à gérer cela. Et on doit l’y aider. » Depuis le début de sa carrière, David Goffin a déjà accumulé près de 500 000 dollars en « prize money ». Les sponsors se bousculent.

 

Son objectif ? Se maintenir durablement dans le Top 50 avant de peut-être viser plus haut ! 

 

Pour Réginald Willems toujours, « la relation de David avec l’argent est très saine. Il a été élevé selon certaines valeurs : ce n’est pas un gaspilleur. Son papa l’épaule très bien à ce niveau en pensant déjà à la gestion de son après-carrière. » Preuve qu’il ne court pas après l’argent, le joueur vient de refuser de changer de marque de raquette. Il souhaite poursuivre avec son équipementier actuel malgré des offres financières très alléchantes venues de la concurrence. La maman du joueur ne craint pas que son fils tombe dans la facilité : « David a toujours été sage et mature. Vu son style de vie, il est vite entré dans le monde des adultes. Il saura rester les pieds sur terre », confie-t-elle. « Je vais suivre le conseil que m’a donné Roger Federer : travailler, travailler, travailler », assure David Goffin.

Un travail qui a repris mi-novembre en vue de la saison prochaine que le Liégeois commencera aux antipodes en janvier à Brisbane puis Auckland avant les Internationaux de Melbourne, avec pour objectif de se maintenir durablement dans le Top 50 avant de peut-être viser plus haut.

 

Un Champion universitaire

 

David Goffin collabore avec les universites du sud du pays (UCL, ULB, ULg) pour mettre au point un programme de preparation physique qui devra lui permettre d’etre performant toute l’annee. En tennis, comme ailleurs, le talent ne fait pas tout. Si David a pu gagner plus de 100 places au classement ATP cette saison, c’est aussi (voire surtout) parce qu’il a pu disputer une saison complete sans blessure. ≪ Sa déchirure aux abdominaux en 2011 l’avait écarté des terrains durant quatre mois, se souvient son coach Reginald Willems. Ce fut un mal pour un bien, car cela lui a fait comprendre l’importance d’une bonne préparation et d’une excellente hygiène de vie. Des tests isocinétiques ont permis de constater que cette blessure s’expliquait par un petit déséquilibre du corps. Nous avons pu y remédier, explique-t-il encore, mais le corps d’un sportif de haut niveau reste une mécanique fragile de haute précision. ≫

Un soutien de poid

Pour exploiter tout son potentiel, David Goffin peut compter sur le soutien des trois grandes universites francophones. Il effectue ses tests d’endurance a l’UCL a Louvain-la-Neuve. L’Universite libre de Bruxelles (ULB) surveille l’evolution de son explosivite, son principal atout, surtout au niveau des jambes et des bras. L’ULG a Liege est specialisee en isocinetique. David y subit regulierement des tests destines a ameliorer le renforcement musculaire et la protection des articulations. Tout ceci est possible grace au soutien financier de l’Adeps et de la Federation Wallonie- Bruxelles. En plus de ces tests, notre tennisman est suivi par son medecin du sport personnel, le Liegeois Maurice Joris, chez qui il effectue un check-up toutes les six semaines. Le biomecanicien Frank Dewitte suit le joueur de maniere tres reguliere aussi. Mi-novembre, David a entame une preparation physique de six a sept semaines. ≪ On jette les bases de toute une année. C’est peut-être le moment le plus important de la saison ≫, precise Reginald Willems. Le programme est concocte par le preparateur physique de l’AFT, Patrick Meur, qui adapte les entrainements en fonction des renseignements obtenus aupres du joueur, des entraineurs et des medecins. ≪ Ce travail d’équipe est primordial. Tous les intervenants ont un rôle majeur dans le développement du joueur. J’ai besoin d’être informé sur son état et de ses difficultés après chaque tournoi ≫, explique Patrick Meur.

Une bonne préparation physique

David Goffin dispute 26 tournois par an. Il connait donc l’importance d’une bonne preparation physique : ≪ Je le fais sans jamais rechigner, avec envie même. ≫ Alors que de plus en plus de joueurs du top-50 sont des montagnes de muscles qui, a l’image de Rafael Nadal, se reposent sur leur puissance, David, avec son metre quatre-vingt et ses 67 kilos fait presque figure d’exception. ≪ Idéalement, il faudrait que David gagne deux ou trois kilos dans les jambes, mais cela viendra avec l’âge, on ne va pas forcer les choses ≫, confie Reginald Willems. ≪ David a des capacités physiques au-delà de la moyenne. Il sait se déplacer rapidement et longtemps. Il est à la fois hyperexplosif et endurant. S’il n’a rien d’un monstre sur le plan musculaire, il parvient pourtant à donner beaucoup de vitesse à la balle ≫, poursuit l’entraineur. Tout serait donc une question d’equilibre. Gagner en puissance ne pourra pas se faire au detriment de ses qualites naturelles. Les universités sont là pour y veiller.

Aussi révolutionnaire que bigote, cette ville ne fait rien dans la demi-mesure, c’est un trait constant dans son histoire. Elle construit des églises à chaque coin de rue pour être ensuite l’une des très rares villes à raser sa cathédrale, en 1794. Le Musée de la Vie Wallonne conserve sa guillotine. On ne sait jamais !

Une cité médiévale

Ardente dans sa ferveur, la cité mosane était totalement confite dans les sublimations mystiques. Les églises, les chapelles et la cathédrale cumulent les titres et dressent des totems parce qu’il faut voir et toucher pour croire, pour sentir et ressentir le délice d’une foi enfin révélée par ce fragment d’os, de bois, de tissu, de… n’importe quoi ! Pour la multitude, la vie est un supplice que la grâce divine doit subjuguer ! Théodore Gobert, dans son histoire des rues de Liège, ébauche quelques ambiances et nous laisse dans les odeurs âcres des forges confinées où l’on mélange sulfures de cuivre, d’argent et de plomb ou de borax pour procéder au niellage de pièces finement ouvragées. Le métal gravé est rempli avec cet alliage toxique, coulé le long des traits gravés au burin. La surface niellée est ensuite sablée puis polie durant des heures avec des glaises abrasives pour éliminer les bavures, et enfin lustrée au kaolin pour obtenir un brillant parfait. D’autres matériaux sont utilisés : le cuivre doré qui imite l’or, l’argent, le laiton… autant de matériaux faciles à « industrialiser ». On se spécialise, et des ornementations standards viennent compléter discrètement les créations faisant étalage de prouesses toujours plus spectaculaires : métaux repoussés, ciselés, estampillés, poinçonnés, émaillerie cloisonnée ou champlevée, nielle, filigrane, vernis brun ou gravures, tout est mis en oeuvre pour combler les commanditaires admiratifs. La technique est au service de la créativité, du style et du raffinement. Chaque oeuvre est unique et fait l’objet de projets sur plan discutés avec les donneurs d’ordres venus de loin pour rencontrer ces fameux orfèvres mosans au XIIe siècle.

Le Trésor de la Cathédrale Saint- Lambert, déjà pillé par Charles le Téméraire en 1468, est dispersé durant la Révolution suscitant bien des légendes de trésors cachés dans la région liégeoise. Il en reste quelques fragments réunis en la Cathédrale Saint- Paul, rares témoignages de l’une des capitales intellectuelles de l’Occident médiéval.

Mais pour compenser le vide « historique », le musée est depuis peu au centre d’un rassemblement des patrimoines des six églises millénaires de Liège (la cité fêtait, en 1980, le millénaire de sa fondation par Notger). On y évoque Saint-Jacques, grandiose et lumineuse, Saint-Jean, plus modeste et obscure, et Saint-Denis, la notgérienne, Sainte-Catherine, à proximité du Musée de la Vie Wallonne, Saint-Barthélemy, symbole du style médiéval mosan, Saint-Christophe, surprenante par son assemblage de style est cachée dans l’ancien quartier des béguinages.

L’entrée est discrète, cachée sur la rue Bonne fortune, la bien nommée. Depuis les allées du cloître, on entre dans une enfilade de salles couvrant 1 500 m². La salle du trésor est devenue, en quelques années, un véritable musée d’art religieux. Les trois niveaux de l’ancien musée de la Cathédrale, ainsi que l’aile ouest, ont été entièrement réaménagés. Au rez-de-chaussée, un aperçu historique et géographique de la Principauté permet de se resituer dans le temps. Une carte plante le décor et, au centre de la pièce, une borne didactique précise certains détails importants. Ensuite, on entre dans l’histoire de la Cathédrale Saint-Lambert, sa construction et la démolition.

En point d’orgue, sur son piédestal, le majestueux bustereliquaire de Saint-Lambert. Il s’agit de la plus grande pièce de l’époque gothique tardive conservée en Europe. Le saint patron du diocèse y est représenté à mi-corps et posé sur un socle dont les six niches racontent sa vie.

Chronologiquement, le premier chef-d’oeuvre le plus représentatif de l’art mosan est la cuve des célèbres Fonts baptismaux de Notre-Dame, conservée aujourd’hui à l’église Saint- Barthélemy de Liège (1107-1118).

 
Étape hôtelière

Le Crown Plaza
Rue du Mont-Saint-Martin 11, B-4000 Liège
+32 (0)4 222 94 94
www.crowneplazaliege.be

 

Étapes gourmandes

As Ouhes
Place du Marché 21, B-4000 Liège
Le Jardin des Bégards
Boulevard de la Sauvenière 70b, B-4000 Liège
L’Héliport
Esplanade Albert Ier 7, B-4000 Liège

Spécialisée dans l’ingénierie logicielle pour le secteur spatial, cette entreprise liégeoise développe ses activités avec, entre autres, la mise au point d’un satellite pour le compte du Vietnam.

Les images captées par le télescope Hubble font souvent rêver. Celles du soleil, observé sous toutes ses coutures, apportent de nombreux éclairages sur son évolution et son fonctionnement. Autant de données cruciales recueillies par des monstres de technologie orbitant loin au-dessus de nos têtes. Pourtant, seule une petite partie des nombreux satellites qui révolutionnent autour du globe « regardent » vers l’espace. La plupart est centrée sur notre petite planète bleue, relayant les communications, scrutant la surface de la Terre dans un ballet savamment orchestré. Car si l’orbite terrestre est sillonnée par une nuée de satellites en tous genres, ils doivent pouvoir le faire en parfaite coordination, avec précision et maîtrise, ce qui nécessite un savoir-faire spécifique. On l’oublie souvent, mais le développement et la mise au point des logiciels de contrôle ou de navigation de ces engins spatiaux sont aussi primordiaux que leur construction à proprement parler. Inutile de faire décoller un satellite dernier cri au coût astronomique si son système informatique n’est pas adapté.

Dans ce secteur, une petite société liégeoise, Spacebel, s’est taillé une solide réputation depuis près de 25 ans. Dirigée par Thierry du Pré-Werson, l’entreprise wallonne s’est spécialisée dans l’étude, la conception, la réalisation et la maintenance de systèmes informatiques de haute technologie destinés à l’industrie aérospatiale. Elle a en outre dirigé ses activités sur le marché en pleine expansion des microsatellites en développant une plateforme logicielle qui améliore, de façon considérable, l’accès aux données d’observation de la Terre. Avec un chiffre d’affaires tournant autour des neuf millions d’euros, Spacebel emploie plus de 70 personnes sur ses trois sites de production que sont Liège, Hoeilaart et Toulouse. Une société à taille humaine et qui fourmille de projets.

Une renommée européenne

« Nous sommes présents dans les secteurs du spatial et des applications de l’observation de la Terre, ce qui représente une multitude de clients différents », explique Michel Gruslin, marketing manager. « Qu’il s’agisse des agences spatiales classiques, des institutions européennes ou de grandes entreprises de l’aérospatial, une pluralité de profils nous permet d’être indépendants vis-à-vis des grands groupes. » N’étant liée à aucune structure gouvernementale, Spacebel peut proposer ses compétences à différents clients, quand bien même ils seraient concurrents entre eux. « Nos solutions couvrent une large gamme de services qui permettent de contrôler les satellites et véhicules spatiaux. Cela suppose que nous devons supporter l’ensemble des opérations nécessaires à une mission comme assurer les communications, l’alimentation électrique, les corrections d’orbite… C’est un travail exigeant, mais passionnant. » Et qui a fait la réputation de l’entreprise liégeoise, puisqu’elle fait partie du top 3 européen dans ce secteur hautement technique. En 25 ans, plus de trente missions spatiales ont ainsi été menées à bien grâce aux équipes de Spacebel.

« Désormais, nous simulons tous les paramètres de construction de l’appareil avant sa mise en chantier ! Nous sommes capables de simuler tous types de modèles, voire une constellation de satellites qui navigueraient en formation. »


Et pour s’assurer que ces missions se déroulent dans les meilleures conditions possibles, la société s’est également investie dans le segment de la modélisation et de la simulation. Si le travail en « salles blanches » représente toujours une partie importante dans la conception d’un satellite, il demeure extrêmement coûteux et chronophage. « Désormais, nous simulons tous les paramètres de construction de l’appareil avant sa mise en chantier ! Nous sommes capables de simuler tous types de modèles, voire une constellation de satellites qui navigueraient en formation. Une fois la construction achevée, notre activité ne s’arrête pas puisque les simulateurs continuent à épauler les ingénieurs pendant le processus de fonctionnement. Cela représente un gain de temps considérable », précise Michel Gruslin.

Mais une fois toutes ces opérations réalisées, le travail de Spacebel ne s’arrête pas pour autant. « On a contribué à lancer les satellites, à les simuler pendant leur développement et lors de leurs opérations tout en soutenant le centre de contrôle qui les pilote. La suite logique se pose en une question : que faiton de ces données ? » Récolter des sommes considérables d’information n’est en effet qu’une première étape, encore faut-il pouvoir les lire, les décoder et les transmettre à l’utilisateur final. Dans le domaine de la foresterie par exemple, les solutions proposées par l’équipe liégeoise permettent une gestion des domaines beaucoup plus précise qu’auparavant. « À partir de données fournies par différents appareils, on peut faire de la surveillance de maladies, juger de l’état de santé d’une culture, voire même vérifier les cycles de moisson. Chaque élément botanique laisse une signature spectrale que l’on peut observer depuis l’espace. On peut donc cartographier de grandes étendues de végétation avec précision. » Ou poser un diagnostic en quelque sorte, ce qui sera précisément une des missions du satellite Végétation lancé en mai dernier (voir ci-dessous).

Échelon supérieur

Maîtrisant toutes les étapes de soutien et de contrôle d’un satellite, seule une élaboration complète, de A à Z, manquait dans les réalisations de Spacebel… Jusqu’à maintenant. La société vient en effet de conclure un précontrat pour la livraison d’un microsatellite pour le Vietnam ! Michel Gruslin s’enthousiasme. « Dans ce cas-ci, notre mission est réellement de fournir un appareil complet et ultra-performant. Il jouera un rôle important dans la gestion du territoire, de l’environnement et des ressources naturelles du pays, notamment pour la question cruciale de l’eau. » Bien sûr, l’entreprise wallonne ne s’est pas tout à coup transformée en grand industriel. Pour mener à bien ce nouveau défi, Spacebel a pris la tête d’un consortium 100 % belge qui regroupera les compétences de plusieurs acteurs du secteur comme QinetiQ Space, basé en Flandre, ou de plus proches voisins comme Amos et le Centre Spatial de Liège. Avec un contrat évalué à une soixantaine de millions d’euros, le projet occupera, pendant trois ans au moins, plus d’une quarantaine de personnes et apportera une première référence de marque pour la société dans ce domaine. « Nous sommes très fiers de porter ce projet, qui a aussi pour but de nous ouvrir d’autres marchés où la demande pour ce type de satellite est importante, comme l’Afrique ou l’Amérique latine. » Autant d’étoiles que de calculs, autant de lignes de codes que de galaxies, l’univers de l’infiniment grand côtoit en permanence celui du virtuel et du langage numérique, non sans un petit accent liégeois.

 

Au chevet de la planète

Depuis le 7 mai 2013, le ciel est un petit plus « wallon » avec la mise en orbite d’un satellite qui surveillera de près l’évolution de la flore terrestre. Dernier né de la famille de minisatellites PROBA (Project for On-Board Autonomy) de l’ES A, PROBA-V assurera la relève des images « Végétation », prises depuis plus de dix ans par les instruments à bord des satellites français SPOT-4 et SPOT-5, qui arrivent en fin de vie. Avec un poids de 160 kg et un volume de moins d’un mètre cube, ce miniobservatoire livrera tous les deux jours une vision complète de la végétation sur Terre. Les données collectées permettront non seulement de suivre les ressources agricoles et végétales sur l’ensemble de notre planète, elles contribueront également à l’étude des changements climatiques. Partie prenante de ce projet conduit par QinetiQ Space, Spacebel en a développé l’ensemble des logiciels. Qu’il s’agisse des programmes de bords, de contrôle au sol ou de simulation. Son expertise dépasse même le seul aspect satellite puisque la société liégeoise a mis au point les logiciels relatifs au guidage, à la navigation et au contrôle du lanceur de l’ES A, Vega.

Renseignements

Spacebel
Rue des Chasseurs Ardennais, 6
Liège Science Park
B-4031 Angleur
+32 (0)4 361 81 11
[email protected]
www.spacebel.com

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