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En route vers de nouvelles aventures

  • Dossier

Par Admon Wajnblum

Si la Wallonie concentre sur son territoire 80% des surfaces boisées du pays, les entreprises wallonnes ne représentent pourtant qu’un cinquième des activités de la seconde transformation du bois. Ce secteur rassemble les artisans et les industriels qui fabriquent les produits finis et semi-finis : meubles, éléments de construction, panneaux, emballages en bois (caisses, palettes, tonneaux…). Il est de loin le secteur le plus important de la filière bois, en termes de chiffre d’affaires et d’emploi. Or, cette activité se passe au jour d’aujourd’hui hors du territoire wallon. Ainsi, par rapport à l’ensemble du secteur de la seconde transformation du bois, la Wallonie représente 16,2 % du chiffre d’affaires global (environ 5,2 milliards €), 24,3 % du nombre d’entreprises et un peu plus de 15 % de l’emploi. Par ailleurs, on constate également que 61,6 % d’entre elles comptent moins de 5 salariés. Le potentiel de croissance est donc significatif.

Alors que la matière première est si proche des sites d’exploitation, l’industrie wallonne de la seconde transformation du bois resterait actuellement sur sa faim. Un véritable paradoxe. Quoique… Etienne de Cartier d’Yves, ex-président de Fébelbois- Wallonie (aujourd’hui Fedustria), a son idée sur le sujet. « Contrairement à la Wallonie, la Flandre n’avait aucune tradition en matière d’activités liées au bois. Ce qui a permis à ses entrepreneurs d’innover sans être inhibés par le poids de la tradition. Le bois n’était qu’un produit parmi d’autre qu’il s’agissait de rentabiliser. C’est, par exemple, aux entreprises flamandes que l’on doit le boom de l’aggloméré. La région de Courtrai a eu l’idée de valoriser les déchets du lin en les mélangeant avec de la colle pour les compresser en panneaux. Par la suite, les copeaux de bois ont remplacé les déchets de lin et le panneau « agglo » était né. »

Les choses bougent

Toujours est-il que les choses vont changer à très court terme. D’abord la matière première est là, ensuite, le savoir-faire aussi. Mais c’est surtout au niveau politique qu’un vent de fraîcheur se fait sentir. Ainsi, dans la partie de la Déclaration de Politique Régionale (DPR) consacrée aux politiques sectorielles, le Gouvernement wallon a clairement exprimé la volonté de « renforcer et développer la filière bois et les nombreux emplois qu’elle génère. La valorisation efficiente du bois issu des forêts wallonnes dans les entreprises de notre Région présente en effet un impact positif sur l’économie forestière tout en ayant un bilan environnemental amélioré. » Dont acte. Cela irait en tout cas dans le sens du Plan Marshall 2.vert via lequel le monde politique wallon affiche son ambition de positionner la Wallonie comme un fer de lance européen en matière de développement durable par l’encouragement, entre autres choses, de la construction durable. Le lancement en janvier dernier du tout nouvel Office Economique Wallon du Bois (OEWB) en atteste à suffisance.

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