Waw magazine

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Suivez les voix de Captel ! Dans ce call center liégeois plus que florissant, une centaine d’employés facilitent la vie des petites et grandes sociétés. Du secrétariat médical et télémarketing, c’est simple comme un coup de fil… sous l’impulsion de la première de ces voix, Anne Dimmers, administratrice.

BIO EXPRESS

1962 — Naissance à Ougrée.

1980 — Premiers pas au call center en tant qu’étudiante. 

1981 — Premier job à temps plein au même call center.

1997 — Anne reprend la société.

2008 — Création de la filiale Captis.

2013 — Ouverture d’un centre de formation à Ibiza.

« La semaine dernière, j’ai engagé 7 personnes… Et aujourd’hui j ’en embauche une ! » Si Anne Dimmers, administratrice déléguée de la société Captel, signe autant de nouveaux contrats d’emploi, ce n’est pas à cause du turn-over important qu’on enregistre dans le monde des call-centers. Au contraire, ses employées, chouchoutées, ont tendance à vouloir passer leur carrière dans leurs bureaux de la rue Grétry, au sein du complexe de la Médiacité, à Liège. Son secret pour mieux les comprendre est tout simple : elle a été à leur place, pendant de longues années. Elle sait mieux que personne comment les aider à gérer le stress des longues heures passées au téléphone avec les clients. 

Anne Dimmers, 50 ans, grandit à Flémalle-Haute, où son papa avait ouvert un bureau d’assurances en tant qu’indépendant. À l’âge de 17 ans et demi, elle commence à travailler comme étudiante dans un call-center liégeois. Il s’agissait alors du tout premier call-center de Belgique, qui avait ouvert ses portes en 1974, à une époque où les bureaux n’étaient pas pourvus d’ordinateurs ! Optimiste et débordante d’énergie, la jeune femme fait passer son dynamisme au travers des conversations avec la clientèle et elle y prend goût. Six mois plus tard, alors qu’elle vient d’avoir 18 ans, elle se lance à plein temps là où elle avait officié en job de vacances.

Mais après 15 ans au sein de cette société qui comptait 7 personnes, Anne a cru perdre son boulot. Non pas que les clients étaient mécontents de cette société qui s’était déjà fait une très bonne réputation, mais bien à cause de problèmes de gestion administrative. « Je me suis dit qu’il y avait moyen de sauver nos emplois en reprenant l’entreprise, parce que tout était là pour que ce soit une réussite », se souvient Anne Dimmers. La jeune entrepreneure suit alors quantité de formations et mise tout sur la qualité. Qualité du service d’abord, avec un logiciel, Estel (dont Captel est le concepteur) qui permet aux opératrices, appelées le plus souvent « les secrétaires », de répondre de manière spécifique en fonction des clients « comme si elles étaient les secrétaires attitrées des clients qu’elles sont en train de représenter », explique la patronne.

« Je délègue tout ce que je ne dois pas faire moi-même. Cela me laisse du temps pour développer. »


Captel, c’est aussi la qualité de l’emploi. « Le travail est organisé pour que les secrétaires soient épanouies », confie Anne Dimmers. « Toute la journée, elles doivent être dynamiques, enjouées, réactives, et cela même quand certains clients sont de mauvaise humeur ou qu’elles doivent se plier à des horaires difficiles, la nuit, le week-end, ou le soir de la nouvelle année… Alors, j’essaye de les gâter et de leur ôter toute autre source de stress. Par exemple, elles ont chacune une place de parking attitrée, comme ça, je leur épargne l’énervement de devoir trouver une place pour leur voiture en début de journée. Les lundis et vendredi matin, elles ont un jus d’orange frais qui les attend sur leur bureau, pour bien commencer et terminer la semaine. Je fais également venir une masseuse pour des massages du dos deux fois par an. Je leur offre à chacune un cadeau pour leur anniversaire, puis il y a maintenant un atelier repassage. Elles y déposent leur linge et nous avons une femme d’ouvrage qui le leur repasse. Elles le reprennent en fin de journée. » Sans parler de la Saint-Nicolas avec leurs enfants, des formations mises en place régulièrement, du barbecue, de la fête de fin d’année… « Nous ne pouvons pas proposer à notre clientèle le même prix que les call-centers implantés au Maroc, par exemple. Mais ce que je propose, c’est un service adapté, et de la bonne humeur au bout du fil ! Cet enjouement, cette expérience, c’est ce qui fait la différence, notre valeur ajoutée ».

La recette a fait son succès

De sept personnes quand elle a repris la société, Anne Dimmers est d’abord passée à une bonne vingtaine avant de faire un bond avec, aujourd’hui, 110 employées ! Ou plutôt « employés », car sur les 110, il y a un homme, un seul… « J’ai d’abord organisé ma société avec des clients à faible volume d’appels », confie Anne Dimmers. « Au Maroc, vous avez un plateau de 400 travailleurs pour 20 sociétés. Si vous perdez une seule société, vous devez licencier du personnel… Chez nous, c’était le contraire. Pour 20 employés, il y avait 400 clients. Ainsi, même en cas de perte d’un client, il n’y a pas à licencier. »

La clientèle est stable chez Captel, qui fêtera ses 40 ans l’an prochain. La Société Protectrice des Animaux, par exemple, est cliente depuis un quart de siècle et c’est la société d’Anne Dimmers qui gère, les weekends et les nuits, les appels d’urgence pour l’envoi éventuel d’une ambulance animalière. Elle assume également les permanences de Techspace Aéro, de beaucoup de médecins, de sociétés de maintenance qui doivent assurer un service 24 h/24.

Mais il y a 5 ans, un client à gros volume d’appels est venu frapper à sa porte, Lampiris. « J’ai voulu conserver la structure existante et recréer la même structure, juste pour ce client », poursuit la patronne. C’est ainsi, avec Lampiris et d’autres, que le personnel est passé, en 5 ans, de 25 à 110 employés.

Et comme elle n’aime pas se reposer sur ses lauriers, notre self-made-woman a développé un nouveau concept, une société fraîchement créée en Espagne, à Ibiza, où habite une grande partie de sa famille. « Je suis allée quelques jours en formation avec mon associée », se souvient Anne Dimmers. « La formation n’était pas de qualité, l’hôtel était peu confortable, et le temps était vraiment pourri… On décomptait les heures avant de retrouver nos enfants. Pourtant, une formation bien menée, à l’occasion d’un séjour durant lequel on resserre les liens, est très bénéfique. J’ai un grand réseau de formateurs et les 600 clients de Captel sont tous potentiellement intéressés par un bon lieu de formation… » C’est ainsi qu’est né, au printemps dernier, le centre de formation Can Basso, dans une ferme rénovée, en pleine campagne, à 10 minutes de la plage. Un endroit où les cadres se réjouissent d’être formés !

 

Captel en chiffres

 

Renseignements

Captel
Rue Grétry, 50/96
B-4000 Liège
[email protected]
www.captel.be

Désormais connue et reconnue parmi les 50 entreprises les plus innovantes du monde, la start-up liégeoise Modalisa Technology n’a pas fini de faire parler d’elle. Donc, parlons-en !

Hormis le diplôme, une furieuse soif de connaissances et un esprit sollicité en permanence par des idées brillantes et novatrices, rien a priori n'aurait dû faire se croiser Tony Ciccarella, 38 ans, et Frédéric Maréchal, 28 ans, cofondateurs de Modalisa Technology. Ces deux génies des lignes de codes ont suivi la même formation à l'Institut Montefiore de l'Université de Liège, partagé la même geekattitude… à dix ans d'intervalle. Ils se rencontrent de manière informelle autour d’un verre et, au fil de discussions, se découvrent de nombreux points en commun. Aux rencontres fortuites se substituent ensuite les rendez-vous pris entre deux hommes devenus amis. Les idées fusent et très vite convergent vers un constat : aucun système performant n'a encore été imaginé pour modéliser un ensemble de processus complexes. Nous sommes alors en 2006, année qui voit naître les premières esquisses de la technologie Modatech.

Plus qu’un logiciel

Imaginée et programmée entièrement par Tony Ciccarella et Frédéric Maréchal, Modalisa Technology n'est pas un simple logiciel, mais bien une plate-forme complexe composée de briques applicatives. Actuellement, trente modules permettent à l'entreprise de modéliser – d'où le nom, et pas en référence à Léonard de Vinci – l'ensemble de ses services en temps réel.

Le but ultime de Modalisa Technology est de permettre au CEO d'une entreprise de isualiser en temps réel toute l'activité de son entreprise à l'aide de sa tablette ou de son Smartphone et de pouvoir à tout moment influer sur son fonctionnement. La plateforme Modalisa, volontairement user friendly, permet au chef d'entreprise de modifier très facilement des processus, de donner de nouvelles priorités, de réassigner des tâches, de gérer les ressources humaines en fonction de l'activité du jour, etc. Il peut également être prévenu par un sms ou une notification push si une tâche n'a pas encore été effectuée, ou si son délai d'expiration sera bientôt atteint… Les possibilités sont infinies.

Les processus sont constitués d'un ensemble de tâches, soumises à des conditions, toutes associées à une personne ou à un rôle. La plate-forme permet à la fois une micro mais aussi une macrovisualisation des services humains et des machines.

Les très grandes entreprises possèdent déjà des systèmes mis en place pour encadrer leurs procédures, modéliser leurs activités, la plupart au moyen de réseaux privés virtuels (VPN). Tout est modélisé par le business analyst qui met en route la programmation d'applications. Un processus modélisé d'un côté, des applis de l'autre et un labyrinthe hiérarchique pour couronner le tout. La moindre modification doit toujours attendre l'approbation de l'un et de l'autre. Une actualisation d'une application implique de mettre à jour également les processus concernés, et réciproquement. Il y a donc un décalage énorme (plusieurs mois, voire plusieurs années) entre ce que reflètent les processus – ce que l'on croit voir dans l'entreprise – et ce qu’il s’y passe réellement. Or, il est aujourd'hui crucial pour le succès d'une société de pouvoir faire évoluer rapidement et facilement ses processus pour répondre aux besoins du marché.

L'Institut Montefiore

Tous deux des « produits » de l'Institut Montefiore de l'Université de Liège, Tony Ciccarella et Frédéric Maréchal ont chacun une spécialisation au service de Modalisa. Tony, ingénieur civil spécialisé en informatique, se dirige très vite vers la finance et l'industrie. Frédéric, lui, est spécialisé dans les architectures complexes et le temps réel. Cette formation, ils l'ont acquise à l'ULg et ne sont pas prêts de l'oublier, et plus particulièrement Monsieur Pierre Wolper, Vice-Recteur de la Recherche de l'ULg, et le Professeur Guy Leduc, spécialisé en réseaux. « On peut les considérer l’un comme l’autre comme nos mentors », confie Tony Ciccarella. Ce sont eux qui leur ont donné cette envie d'apprendre, d'innover et de créer sans cesse. Professeurs d'abord, ils les ont ensuite aidés et encadrés au moment de l'élaboration de Modalisa Technology. Des chercheurs et des doctorants ont été associés à leur projet, des locaux mis à leur disposition, mais aussi de très bons conseils dispensés. « L'Institut Montefiore encourage les étudiants à l'initiative et la créativité sans donner de contraintes et notre département Recherche et Développement est très important, précise le Professeur Pierre Wolper. Leur formation les a vraiment lancés. » 

Au stade du projet d'abord, la plate-forme a ensuite pu être expérimentée au sein du Laboratoire de Recherche de l'Université d'Harvard. Cela notamment grâce à des contacts apportés par Michaël Herfs, Docteur en Sciences Biomédicales et Consultant Directeur de la branche eHealth de Modalisa Technology, qui a pu dès le départ s'impliquer dans le projet et servir d'intermédiaire entre le monde des laboratoires et celui de l'informatique. 

Au sein d’un laboratoire, Modalisa permet une gestion plus procédurière des analyses, des résultats obtenus en temps réel, le respect des normes en la matière, l'uniformisation des langages, le contrôle de la durée de vie d'un échantillon, etc.

Modalisa Technology est actuellement en train de mettre au point un réseau social, basé sur le modèle de la plate-forme Modalisa, et qui promet de très bien se développer à l’international.


The Valley

Le concept devenu produit et cette efficacité démontrée au sein des laboratoires d'Harvard leur a valu une distinction au prestigieux TiE50 Awards Program lors de la conférence TiECON 2013 qui s'est tenue au coeur de la Silicon Valley en juin dernier. Parmi les 1 400 entreprises sélectionnées, Modalisa est la seule entreprise belge à figurer dans le top 50 des entreprises les plus innovantes au monde. Une reconnaissance de choix et un cadre idéal pour permettre à une start-up liégeoise de rencontrer les personnes les plus influentes du milieu. Car, actuellement, l'objectif principal des deux fondateurs est le développement international. « Il faut faire rentrer des investisseurs étrangers dans notre capital, qui n’est pour le moment n’est composé que de fonds propres, explique Tony Ciccarella. Ce sont eux qui nous confèrent une autorité au niveau international, et plus particulièrement auprès de nos futurs clients. » Les perspectives ont déjà bien été abordées et l’impact mesuré au niveau du business plan. L’ouverture d’un bureau aux États-Unis est prévue pour fin 2014, probablement au sein même de la Silicon Valley. À l’horizon 2016, une autre antenne pourrait bien voir le jour à Singapour compte tenu des investisseurs asiatiques déjà intéressés par leur plateforme. À l’échelle de l’Europe, les jeunes développeurs ont également décidé de s’implanter au Luxembourg et dans d’autres pays d’Europe. Lesquels ? Le choix sera fortement conditionné par les investisseurs qui prendront part à l’aventure. Le dernier tour de table est prévu pour cet automne.

Des racines et des aides

Bien sûr – et ces deux Liégeois n’ont de cesse de le rappeler – leur objectif est de conserver le siège social de Modalisa Technology en Wallonie, plus particulièrement en Province de Liège. Mais comme le veut le dicton, nul ne serait prophète en son pays. Entrés dans l’histoire de l’IT comme les seuls finalistes belges du TiECON 2013, « notre distinction à San Francisco est une manière de ramener un peu de soleil chez nous et de montrer qu'il y a moyen d'être au top ici », confie Frédéric Maréchal. « Notre bébé est né à Liège, ce serait un échec de devoir partir pour le voir grandir. » Si des pointures comme IBM et Cisco comprennent l’intérêt de leur concept et se montrent enthousiastes (voire plus) face à leur plate-forme, on imagine aisément que la reconnaissance locale devrait suivre.

L’appel est clairement lancé. La start-up a déjà séduit de très gros investisseurs américains, indiens et chinois, mais Tony Ciccarella et Frédéric Maréchal préfèrent se donner le temps, garder la main, convaincre les pouvoirs publics de les soutenir et, surtout, les convaincre de les suivre car la technologie de pointe peut aussi être conçue, imaginée et développée chez nous.

 

www.modalisa-technology.com

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Entités complexes, les hôpitaux ont besoin de l’informatique pour le traitement et la gestion de leurs données. Xperthis a trouvé le bon filon en apportant des solutions informatisées et des logiciels pointus dans le domaine médical. Entretien avec le CEO, Olivier Lequenne.

Olivier Lequenne n’est pas seul à la tête de l’agence Xperthis. Ils sont quatre. Née sous l’impulsion du groupe NRB, filiale TIC – technologies de l’information et de la communication – de la banque Ethias, Xperthis est le fruit d’une collaboration entre quatre grosses pointures du secteur informatique hospitalier. Il y a d’abord NRB, « LA » référence dans les services et les solutions informatiques en Belgique avec un chiffre d’affaires avoisinant les 200 millions €. Puis, sont venues se greffer, fin 2011, Polymedis – à laquelle est rattaché Oliver Lequenne –, Partezis et Xtenso. Une fusion toujours au goût du jour. En effet, il n’est pas simple de consolider quatre modes de pensées et des cultures d’entreprise et organisationnelles différentes avec tous les aspects juridiques liés à une transformation structurelle.

Point de convergence

Ce qui rapproche ces quatre entreprises ? Le vif intérêt porté aux soins de santé et aux hôpitaux. Top 3 des employeurs en Belgique, les hôpitaux sont de véritables institutions dans lesquelles une organisation complexe s’opère et où l’utilisation d’outils informatiques se révèle indispensable. Avec leurs expériences respectives, chacune des sociétés est venue apporter une pierre à l’édifice Xperthis. Alors que l’une était plutôt spécialisée dans le traitement des données « patient », l’autre l’était plutôt dans la gestion des facturations. « Nous avions chacun des forces dans un domaine bien particulier du secteur hospitalier. Notre force est d’avoir pu consolider ces entités monosecteurs », explique Olivier Lequenne, spécialiste de la médecine aiguë en urgence, reconverti en CEO et CTO d’Xperthis après des études d’ingénieur civil en informatique et gestion à l’UMONS. C’est comme ça qu’aujourd’hui, Xperthis a pu élargir sa gamme de produits informatiques et touche près de 80 % des hôpitaux en Belgique. On retrouve dès lors ses produits aussi bien du côté de Namur avec la Clinique Sainte-Elisabeth que du côté de Mons avec EpiCURA, ainsi que dans la région de Liège avec le CHU Sart-Tilman. Des clients qui dépassent les 20 ans d’ancienneté, mais aussi chez de nouveaux affiliéscomme le CHwapi, dans le Tournaisis, et la Clinique Saint-Luc de Bouge.

Leader du marché

Bien sûr, ces quelques exemples ne couvrent pas les 56 000 lits que gère Xperthis (le pays en comptant 70 000). « C’est l’habitude du secteur que de compter notre marché en lits.Par exemple, on détient un tiers des lits belges pour le dossier patient informatisé », commente Olivier Lequenne. Alors que la spinoff universitaire qu’il a créée à l’époque se retrouve au côté du troisième acteur IT en Belgique, derrière notamment IBM, la société qu’il codirige est reconnue leader pour son application de gestion du flux informatisé dans le domaine des facturations. Avec ce processus lourd que constitue la facturation, le passage à l’ère numérique était incontournable. En effet, tous les hôpitaux se sont dotés, pour l’activité de facturation, d’un logiciel informatique standard avec des possibilités de paramétrages selon le service à gérer. Le « dossier patient » version papier tend, quant à lui, à disparaître.

Hôpital IT ?

Entre le « dossier patient » et la facturation, le volet finance a aussi sa place. Quelle institution ne possède pas encore son ERP, ce logiciel qui vient coordonner les aspects financiers d’une société par la gestion du stock, le processus d’achat, etc. pour une vision intégrée ? Mais pourquoi vouloir tout informatiser ? Plusieurs enjeux viennent étayer cette question. Soumis à des contraintes administratives parfois très lourdes, les hôpitaux n’ont eu d’autre choix, pour être rentables, que d’informatiser leurs prestations médicales. « De manière très schématique, plus les hôpitaux apportent de soins à la population, plus de financements ils obtiennent », argumente O. Lequenne. « Nos solutions informatiques permettent aux hôpitaux de déclarer à l’INAMI, de manière transparente, l’ensemble des soins prodigués, ce qui représente un volume considérable. Un examen, c’est l’équivalent de milliers de codes. Version papier, c’est quasi infaisable ! »

Soumis à des contraintes administratives parfois très lourdes, les hôpitaux n’ont eu d’autre choix, pour être rentables, que d’informatiser leurs prestations médicales.


Mais la version numérique a encore bien d’autres avantages. Elle va permettre au personnel médical non seulement d’accéder plus facilement à l’information du patient mais aussi de rendre les ordonnances univoques. Parmi les structures institutionnelles les plus complexes, l’hôpital, avec ses réservations de lits, de repas, d’examens, etc, demande une large maîtrise en termes de logistique. L’informatique favorise cette organisation.

À plus grande échelle

En plus du traitement de données des patients et la facturation, Xperthis investit encore dans des volets plus complexes comme la logistique, le but à long terme étant de fournir un service complet et intégré aux hôpitaux. « Nous voulons nous positionner entre, d’une part, les hôpitaux qui ont des besoins en IT et, d’autre part, les fournisseurs qui ne connaissent pas nécessairement le secteur des hôpitaux aussi bien que nous. » En principal intermédiaire, Xperthis se donne pour objectif de répondre à n’importe quel problème que pourrait se poser un hôpital en matière de technologie de l’informatique. Avec sa couverture nationale, Xperthis aspire plus largement à investir les pays étrangers, comme elle le fait déjà en France. Grâce à la structure complexe des hôpitaux belges, Xperthis peut se donner la possibilité de faire valoir ses compétences hors de nos frontières. « Qui peut le plus peut le moins ! », conclut Olivier Lequenne. Le marché belge n’est pas extensible, mais le monde est assez grand pour qui a de l’ambition !

 

Des chiffres d’affaires IT !

Constituée depuis fin 2011 sous l’impulsion du groupe NRB, Xperthis est devenue un acteur incontournable dans le domaine des activités en informatique hospitalière. Alors que le groupe NRB occupe la troisième place au sein du secteur TIC en Belgique, toutes catégories confondues (software, hardware, services informatiques, etc.), la consolidation des trois sociétés – Partezis, Polymedis et Xtenso – donne aujourd’hui de larges résultats à Xperthis en termes de chiffres d’affaires. Sachant répondre aux besoins en informatique des structures complexes que sont les hôpitaux, leur fournissant ainsi des ressources humaines et logistiques, des solutions pointues et des logiciels développés expressément pour les services médicaux, Xperthis a enregistré en juillet 2013 un CA de 25 millions € contre 197 millions € pour le groupe NRB, son principal actionnaire. Un modèle économique bien étudié qui a permis à l’entreprise Xperthis de rester focalisée sur une niche de clients en particulier et qui, aujourd’hui, va pouvoir s’étendre au niveau européen dans un premier temps, et pourquoi pas au-delà du Vieux Continent, dans un second temps ? Quoi qu’il en soit, la clé de la réussite est peut-être l’amour que l’on porte à son métier comme le détaille Olivier Lequenne, directeur technique et commercial Xperthis pour le sud du pays : « L’informatique est un des grands défis de l’hôpital. Notre travail est excitant puisqu’il touche directement les gens ; il y a là un impact sociétal et une utilité publique qui valorisent et donnent du sens à ce que l’on fait ! »

 

Renseignements

XPERTHIS. Committed to care
Mons Office
Boulevard Initialis, 30
B-7000 Mons
www.xperthis.be

Filmer le sport sans cadreur, ni réalisateur ? Américains, Français et Allemands sont déjà séduits par la technologie. Ce dispositif destiné au web et aux tablettes pourrait bien révolutionner le monde de l’image sportive. Va y avoir du sport !

Fondée en mars 2012 après trois ans de recherches et de mise au point, Keemotion fait déjà la fierté de son CEO, Georges Caron. À 39 ans, cet ingénieur en télécoms également détenteur d'un MBA de la Solvay Business School sait qu'il tient là un produit à haut potentiel. Féru de sport et de vidéo, cet homme passé par Mobistar durant quatre ans, après avoir créé lui-même trois petites start-ups (notamment Citendo, une société d’outsourcing en télécoms), avoue même « vivre son rêve » depuis dix-huit mois. 

Procédé « breveté et unique au monde », selon l'administrateur délégué, Keemotion délivre de la vidéo enrichie en temps réel pour les matchs sportifs. Grâce à une technologie unique et seulement trois petites caméras HD, la société peut capturer les actions d’un jeu et les transformer en des outils spécifiques à destination des fans (Keecast) et des coaches sportifs (Keecoach). Le cadrage est dynamique et repère automatiquement les évènements et faits de jeu. Pour un rendu qui semble, à première vue, équivalent à l’ouvrage des techniciens professionnels. « Ce système breveté permet en effet la captation automatique de matchs en temps réel. Une intelligence artificielle est capable de détecter l’importance des actions jouées dans un match et de fournir des comptes-rendus personnalisés. »

Révolution ?

Keemotion est le fruit du travail de deux chercheurs de l’Université Catholique de Louvain. Professeur de mathématiques spécialisé en informatique, Christophe De Vleeschouwer a développé un algorithme pour la production automatisée d’images. Damien Delannay, ingénieur et chercheur à l’UCL, a réalisé de son côté, dans le cadre d’un projet de recherches, un prototype de cette application. Une petite structure d’environ 50 centimètres sur laquelle repose une caméra digitale tout ce qu’il y a de plus classique. Le caractère novateur du produit lancé par Keemotion ne saute pas immédiatement aux yeux. Pourtant, le dispositif technologique mis au point dans les laboratoires de Louvain-la-Neuve pourrait bien révolutionner, dans les prochaines années, le monde de l’image sportive et le coaching dans les sports collectifs, à commencer par le basket-ball, premier marché cible de cette spin-off.

Conscients que nombre de spin-off pourtant prometteuses se sont cassées la figure faute de stratégie marketing efficace, les deux scientifiques se sont tournés vers un spécialiste des affaires pour faire prospérer leur « bébé ». « J'ai rencontré Christophe De Vleeschouwer un peu par hasard lors d'une rencontre interuniversitaire. Il m'a présenté son projet qui n'en était qu'au stade du laboratoire mais j'ai été immédiatement convaincu par le potentiel du concept. Nous avons développé un business plan. Keemotion était né », raconte Georges Caron. 

Le passage du « laboratoire au marché » a aussi bénéficié du support des équipes du Louvain Technology Transfer Office (LTTO) et de parrains industriels. Pour tester son dispositif, Keemotion a jeté son dévolu sur le Spiroudôme, l’antre des Spirous de Charleroi, l’un des ténors du basket belge. Féru de ce sport, le Pr. De Vleeschouwer a préféré se centrer dans un premier temps sur une activité qu’il connaît très bien. Depuis plus d’un an, le Spiroudôme est doté de trois caméras fixes qui seront utilisées à plein temps à partir de septembre. Celles-ci sont reliées à un serveur qui permet de détecter des actions spécifiques sélectionnées préalablement (tirs à 3 points, fautes commises, jeu de position…) ou d’assurer un suivi spécifique de l’un ou l’autre joueur. La caméra est fixe. L’innovation, dûment protégée par un brevet, réside dans la recréation des différents mouvements par des algorithmes d’analyse et de traitement de l’image. Les images présélectionnées peuvent être visionnées en temps réel soit sur internet, soit sur une tablette. « Avec un tel système, l’entraîneur peut facilement montrer, entre deux quarts-temps, certaines phases aux joueurs pour corriger des erreurs ou développer des options tactiques », explique un Georges Caron comblé. « Keemotion est un atout indéniable pour le coaching. Dès cette saison, nos entraîneurs utiliseront ces images lors des matches. Charleroi fait figure de pionnier », se réjouit Jacques Stas, manager général des Spirous dont on se souvient le passé international. 

Très facile à installer, le dispositif de la société néolouvaniste est aussi et surtout relativement bon marché. Pour une production vidéo classique qui nécessite du matériel et des hommes (techniciens, cadreur, réalisateur), filmer un seul match de basket revient à 15 000 €. La technologie Keemotion réduit largement ce coût. Pour un investissement de départ de 8 000 € équipement compris, un entraîneur de basket peut s’offrir le dispositif Keecoach toute une saison.

Perspectives

L'objectif de départ était d'équiper une vingtaine de salles. Objectif dépassé! Les premiers clients (les Spirous, Antibes, Harvard, les Spurs de San Antonio) ont fait des petits… « Dès cette saison, tous les matches de la Ligue française de basket seront filmés par Keemotion. Cela représente près de 600 matches par an. Et nous venons de signer le même contrat avec le championnat allemand », s'enorgueillit Georges Caron. L'homme d'affaires négocie actuellement avec la NCAA, le célèbre championnat universitaire américain. « C'est en bonne voie avec plusieurs clubs », assure-t-il. Pas question par contre de la NBA. Le championnat majeur est déjà largement décortiqué par les caméras omniprésentes.

« Le but est de filmer des compétitions qui ne sont pas forcément systématiquement télévisées. Nous ajoutons du contenu. L'idée n'est donc pas de venir concurrencer la télévision », précise Georges Caron. Keemotion ne vise pas non plus à concurrencer d’autres acteurs comme le Belge EVS, spécialiste du broadcast. Son marché se situe plutôt dans la « longue traîne » des évènements sportifs de moindre envergure ainsi que chez les professionnels qui ont besoin de ces images pour des finalités multiples. « Le basket représente à lui seul un marché potentiel de 5 ou 6 milliards €. Mieux vaut donc se focaliser d’abord sur ce qui fonctionne », souligne le patron de Keemotion.

Dotée d’un capital de 1,5 million € apporté par le fonds Vives II (UCL), Nivelinvest et la Région wallonne (sous forme d’avance récupérable), Keemotion table, pour cette année, sur un chiffre d’affaires qui devrait atteindre 350 000 €. Largement au-dessus des objectifs de départ. Dix personnes sont employées par la société qui devrait croître de manière exponentielle, vu l'absence de concurrence (en raison principalement du brevet) et du nombre d'applications potentielles. D'ici fin 2014, Keemotion s'attaquera au football. Un accord existe déjà avec le FC Bruges. Le volley, le tennis, le handball sont d'autres cibles…

 

Renseignements

Keemotion s.a.
Rue Louis de Geer, 6
B-1348 Louvain-la-Neuve
www.keemotion.com

Dame Blanche est à la pointe de la post-production cinématographique. La société propose un service complet aux réalisateurs francophones… et étrangers.

Le numéro 6 de la rue de la Station, à Genval, abrite un endroit particulier… Un environnement de travail moderne, industriel et cosy, une ambiance zen pour des techniciens de l’ombre dont la mission consiste à élever la qualité d’un film ou d’une série télévisée en travaillant le son et l’image.

D’un groupe de musique rock à la post-production

Dame Blanche, c’est avant tout l’histoire de trois étudiants de l’Institut des Arts de Diffusion (IAD) de Louvain-la-Neuve. De leur passion pour la musique est né Glacier George, un groupe de pop-rock qui a eu son petit succès dans les années ‘80. Le goût pour la glace est resté et Dame Blanche est née il y a vingt ans. Étienne Dontaine, un des administrateurs, raconte : « C’était au départ une association de trois indépendants, Pierre Gillet qui est compositeur, Philippe Van Leer, bruiteur, et moi. Nous avions un petit studio à Bruxelles pour le bruitage. Mathieu Cox nous a ensuite rejoints comme mixeur. » À eux quatre, ils ont ensuite développé l’image à Genval en reprenant la société liégeoise Hoverlord.

Dame Blanche est devenue un centre complet en post-production image et son. Toutes les étapes, excepté le doublage resté au siège historique bruxellois, sont réunies sous le même toit. Leur installation en Wallonie leur a permis de bénéficier du fonds Wallimage-Entreprises, représentant 20 % de l’actionnariat de la société. « Ce qui n’était pas un projet bien déterminé au départ est en progression constante depuis le début », affirme Étienne Dontaine. Aujourd’hui, la société compte 20 employés et une vingtaine de journaliers en moyenne.

Les quatre associés essayent de garder une conception artisanale du travail où chaque personne a sa place. Ils recrutent par casting. Le réalisateur choisit un mixeur, par exemple pour son talent et ses qualités artistiques, comme il choisit un comédien. « Ce n’est pas une usine. Nous essayons de garder une relation amicale avec tout le monde », déclare Étienne Dontaine.

Tous s’attachent à rendre le produit le plus naturel possible. Et cela, sans que le spectateur s’en aperçoive. Valeine, monteuse, travaille sur le son du film Morrocan Gigolos, d’Ismaël Saidi. « Le challenge, c’est que ce soit naturel. Si on ne l’entend pas, c’est bon. Ce qui est plutôt paradoxal. Le spectateur ne le sait pas, mais il le sent, c’est inconscient. »

Un made in Wallonia attractif

Dame Blanche tient une place de choix sur le marché belge. Rien qu’en matière de bruitage, plus de 190 longs-métrages ont déjà fait appel à la société. Des productions belges, mais pas seulement ! On compte notamment Largo Winch 2, Le Petit Nicolas ou encore Mr Nobody. La fée, d’Abel, Gordon et Romy, a notamment été le premier film a bénéficier du scan en résolution 4K, un format numérique en très haute définition, d’une largeur de 4096 pixels. Selon Étienne Dontaine, « cela permet de corriger les couleurs plus vite et plus finement. » Le 2K, le format le plus répandu, correspond à une image d’environ trois millions de pixels. Alors que le 4K en représente dix millions !

Rien qu’en matière de bruitage, plus de 190 longsmétrages ont déjà fait appel à la société. Des productions belges, mais pas seulement ! On compte notamment Largo Winch 2, Le Petit Nicolas ou encore Mr Nobody.


Pour le moment, la société est à la recherche des collaborations à l’export et désire notamment s’étendre vers le Luxembourg et la France. Le Goût des Myrtilles, de Thomas De Thier, est d’ailleurs le premier film dont le son a été réalisé au Luxembourg. Dame Blanche aimerait donc s’inscrire dans la même « logique multi-pays » que les coproductions avec qui elle collabore. « L’avantage en Belgique, c’est que nous avons un personnel qualifié et performant, mais aussi un prix compétitif ! »

 

Dame Blanche en chiffres

 

Renseignements

Dame Blanche
Rue de la Station, 6
B-1332 Genval
[email protected]
www.damebanche.com

 
Les différentes étapes en post-production

Lorsque le film est tourné, il est loin d’être terminé. Véritable travail de fourmi, la post-production est une étape cruciale dans le succès d’un film.

L’image

La pellicule 35 mm n’est quasiment plus utilisée. Les rushes sont numérisés et stockés sur serveurs. Les images sont ensuite nettoyées de leurs poussières. L’étalonnage consiste ensuite à ajuster les couleurs des images numérisées ou à créer des effets artistiques. C’est sur cette base que le monteur image va travailler. Avec le réalisateur, il choisit les plans pour construire le film. On peut aussi créer des effets spéciaux. Le produit dans son entièreté est vérifié plusieurs fois avant d’être finalisé.

Le son

Le monteur-son récupère tous les sons pris lors du tournage. Il les monte et rajoute des effets sonores, des ambiances. Tous les bruits sont retravaillés. Un compositeur musical peut réaliser une bande sonore. Un doublage des voix dans une autre langue peut aussi être effectué. Le mixage permet ensuite d’équilibrer les sons entre eux. Le réalisateur et le mixeur écoutent le produit fini afin de voir si tout se tient. Le mixeur peut alors adapter les ambiances sonores. Le son est finalisé suivant les formats en rigueur au cinéma ou à la télévision.

Les Éditions Dupuis ont pris vie par le papier. Aujourd’hui, l’école de Marcinelle, c’est aussi Dupuis Audiovisuel. Dreamwall et Keywall sont leurs fers de lance.

Les Schtroumpfs ouvrent, dans les années ’60, la voie de la diversification aux Éditions Dupuis. Il y a 20 ans déjà, Dupuis crée Dupuis Audiovisuel, basé à Paris, et poursuit la production avec son homologue belge, Belvision. À l’origine, on ne parlait que d’adaptation à l’écran… Aujourd’hui, aux côtés des médias audiovisuels « traditionnels », fleurissent les dif férentes plateformes que sont les tablettes, Smartphones et autres iPhone. Cela nuit-il à la BD ? Léon Pérahia, Directeur général chez Dupuis Audiovisuel et Administrateur délégué de Keywall, répond : « Je crois que ça forme un tout plutôt que de la concurrence. Et si nous avons décidé de créer Dreamwall et Keywall, c’est justement pour se doter d’outils qui nous permettent de développer nos univers sur l’ensemble de ces supports. » Par ailleurs, ceux-ci sont des partenaires de choix dans la communication vers les publics cibles.

Si Dupuis Audiovisuel s’est logé dans la capitale hexagonale pour les opportunités financières, notamment via les grandes chaînes françaises (TF1, M6, Canal+…) et le potentiel de diffusion qu’elles offrent, c’est à Marcinelle qu’ont été établies Dreamwall (2007) et Keywall (2010). Grâce à la création du Tax Shelter en 2004 et à l’aide de Wallimage, Dupuis, actionnaire à un quart notamment avec la RTBF, décide de créer Dreamwall (voir WAW n° 9, été 2010). Aujourd’hui, ce studio d’animation et de graphisme qui emploie une quarantaine de personnes s’est spécialisé dans la production d’animation 2D et 3D, la création de décors virtuels, les visualisations 3D et les habillages TV. Dans ses réalisations, on peut compter entre autres le décor virtuel de l’émission C’est du belge, mais aussi Léonard ou encore Spirou, qui, faut-il le rappeler, fête cette année ses 75 ans.

La clé de voûte

Keywall, pour sa part, propose une infrastructure de tournage, un studio de 450 m². « Il en existe dans quelques chaînes de TV mais le nôtre est plus grand, ajoute Léon Pérahia. On espère bien attirer les clients étrangers puisque c’est le plus grand studio de décor virtuel traqué d’Europe. » Traqué ? La personne évolue en réalité sur un fond vert. Mais le décor fictif apparaît sur les quatre caméras HD. Celles-ci sont dotées de capteurs reliés à d’autres placés sur le plateau. Lorsque la caméra bouge, l’illusion que la perspective du décor change comme en situation réelle est alors créée. Keywall a aussi un plus petit studio essentiellement dédié à la présentation de la météo. De plus, la société dispose de salles de montage et de postproduction, d’une régie, de loges et d’une salle de maquillage et emploie cinq personnes. Plusieurs émissions y sont tournées comme Le jardin extraordinaire, Matière grise ou bien la météo de la RTBF qui reste le principal client. Les avantages principaux d’une telle technologie résident dans le coût, le gain de temps et la liberté de création que la réalisation de décors réels ne permettrait pas. Dreamwall et Keywall travaillent donc régulièrement en binôme.

Une production audiovisuelle demande en effet souvent l’alliance de spécialités multiples : graphisme, son, effets spéciaux… À chaque projet, son équipe et ses besoins. Le noyau dur de Dupuis Audiovisuel compte une dizaine de personnes mais l’équipe peut s’étendre à une centaine de personnes pour un travail spécifique. Le professionnalisme et la qualité du produit sont ici visés. Diversification des supports, technologie de pointe et produits de haut niveau contribuent à la renommée désormais internationale du groupe. « Grâce à cela, nous nous attirons des talents comme des spécialistes de chez Pixar. Cela engendre, entre les auteurs, l’équipe et eux, de la créativité et une émulation. On peut acheter une machine, mais la créativité, il faut qu’on la suscite. » Cette occasion permet, outre un échange de bonnes pratiques, la formation des différentes équipes en Belgique.

Quels desseins ?

Les projets peuvent émaner des différentes entités ou être proposés par des partenaires externes. Ils sont majoritairement liés à la BD et, bien que privilégiées, les adaptations de bandes dessinées ne sont pas automatiquement issues du catalogue Dupuis. Le succès de la BD joue son rôle dans la sélection mais cela ne suffit pas toujours. Le but est d’identifier les univers, histoires et concepts transposables à l’écran. « Par exemple, Gaston Lagaffe, qui est une formidable BD, est extrêmement difficile à adapter car la force de cet univers réside dans l’imaginaire du lecteur. »

Parmi les nombreux projets en cours, nous pouvons citer Loulou, l’incroyable secret, adapté de Grégoire Solotareff (sorti le 18 septembre dernier). Belvision y est producteur à 20 % sur une enveloppe totale de 7 millions €. Astérix, qui pèse 31 millions €, est aussi produit à 20 % par Belvision et réalisé en partie par Dreamwall ! Ces financements sont significatifs et ventilés entre la Belgique et la France. Astérix veut être un film d’animation au niveau des Pixar et autres Universal. Dans les projets issus du catalogue Dupuis, nous retrouvons la réalisationdes BD à succès Les Nombrils et Cédric. Un pilote d’une adaptation de Royaume de Benoît Feroumont est en cours de réalisation.

Les savoir-faire se spécialisent et se multiplient, les projets foisonnent, la créativité bouillonne et la réputation se solidifie donc dans les anciens entrepôts de Dupuis. Mais l’ambition du pôle vise davantage d’activités. Dans les projets en attente, il y a l’aménagement d’un studio de tournage de cinéma traditionnel et, à moyen terme, la création d’une académie de l’image. Un made in Belgium en devenir !

www.keywall.be

Le Brabant wallon est une zone économique en fort développement dont la dynamique entrepreneuriale convient d’être encouragée. Les trente coopérateurs qui, en novembre 2005, ont créé le Cercle du Lac dans la ville universitaire de Louvain-la-Neuve, l’ont bien compris. Outre la volonté d’entreprendre, le cercle naissant avait pour objectifs d’établir des passerelles entre les milieux académiques, politiques et le monde de l’entreprise, de faciliter les échanges entre les milieux de la recherche, de la finance et du management, et de constituer un tremplin pour les futurs et jeunes managers. Mission réussie : en huit ans, ce « carrefour rencontre des entrepreneurs » a ainsi organisé plus de 1 600 évènements et compte désormais plus de 850 membres. Venus du Brabant wallon, de Bruxelles, de Namur…

Mais qui n’évolue pas s’engourdit. À l’étroit dans les locaux de l’Aula Magna, le Cercle du Lac a intégré cet été un nouveau bâtiment dans le Parc Einstein, sur un terrain appartenant à l’UCL. L’investissement, de 7,2 millions €, a bénéficié du soutien de la Wallonnie et d’un pool financier privé.

Quant à l ’édifice, qui est construit sur pilotis, il déploie sur une superficie de 3 260 m² une architecture résolument moderne axée sur le développement durable. Il est l’oeuvre de Patrick van der Straeten et Alberto Fernandez-Goas (Group Sigma, Wavre). « Deux impératifs ont dicté sa conception, explique Serge Verhaegen, le président du Cercle du Lac. Primo, nous voulions qu’il soit modulable afin de permettre de multiples aménagements et, par respect pour la nature, qu’il puisse connaître une deuxième vie dans 20 ou 30 ans si d’aventure il ne devait plus abriter notre Cercle. Secundo, nous voulions une séparation bien nette entre la partie ‘bruyante’, celle réservée au Cercle du Lac, avec ses locaux administratifs, ses lieux de rencontres, ses salles de conférence et son espace restauration, et la partie ‘studieuse’, celle consacrée à notre nouveau centre d’affaires, qui propose des espaces de travail de toutes tailles et répondant aux dernières normes technologiques, des salles de réunion équipées, ainsi qu’un pool de services qui libérera les jeunes entrepreneurs des tracas administratifs habituels et leur permettra de se concentrer sur leurs projets et d’être opérationnels tout de suite. » 

Début novembre, ce centre d’affaires de 1 350 m² était déjà occupé à près de 40 %. Preuve que l’initiative répondait à une demande dans la région. « Mais nous ne sommes pas des loueurs de bureaux, précise le président. Cet accueil doit être limité à deux ou trois années, le temps de permettre à ces entreprises de tracer leur route. »

Début novembre, ce centre d’affaires de 1 350 m2 était déjà occupé à près de 40 %. Preuve que l’initiative répondait à une demande dans la région.

De jeunes chercheurs issus des quatre coins du monde élaborent un nouveau type de fusée supersonique. À la tête du projet, un jeune ingénieur… né à Ghlin, près de Mons.

On ne sait pas si Sandy Tirtey rêvait déjà de construire des fusées quand il était enfant, mais il peut se targuer de faire partie du petit microcosme à y être parvenu ! Ce jeune montois de 34 ans dirige en effet une équipe de chercheurs et d’ingénieurs à l’initiative d’un projet un peu fou. Mettre au point une alternative fonctionnelle aux fusées actuelles. Spécialisé en mécanique des fluides, diplômé des Facultés polytechniques (UMons), il passe par l’Institut Von Karman de Bruxelles pour y réaliser un doctorat avant de mettre le cap pour l’Université de Queensland, en Australie. Engagé sur un projet pilote de superstatoréacteur par le Pr Russel Boyce, directeur scientifique, il travaille seul pendant six mois avant de voir les renforts arriver. Un aérodynamicien et un ingénieur système viennent l’épauler et, ensemble, poursuivent le développement du prototype pendant plus d’un an. « Il fallait prouver à nos partenaires que le projet pouvait être viable et réaliste. Lorsqu’on a pu les convaincre, en leur montrant un premier design, que nous étions dans le bon chemin, nous avons pu engager le reste de l’équipe », explique-t-il. Un groupe qui, au final, ne compte pas plus d’une dizaine de personnes, mais qui peut compter sur l’apport de nombreux doctorants à travers le monde. Trois ans plus tard, le projet passe des tables à dessin et feuilles de calculs à la réalisation matérielle du premier prototype et, surtout, son premier vol.

C’est dans l’extrême nord de la Norvège, à Andoya au-delà du cercle arctique, que toute l’équipe s’est rendue, début septembre, afin de procéder au premier test grandeur nature du lancement de la fusée. « Notre but n’était pas de réaliser un long vol vers une certaine destination, mais de mettre à l’épreuve nos théories et emmagasiner le plus de données sur le comportement en vol de notre véhicule », précise le directeur technique du projet. 

Une technique ancienne, en théorie

La technologie liée au superstatoréacteur n’est pas neuve. Connue depuis près de cinquante ans, elle n’a cependant jamais dépassé le monde de l’expérimental, tant sa maîtrise fait intervenir quantité de facteurs complexes. « Au fond, un superstato, c’est assez simple d’un point de vue géométrique. C’est un simple tuyau avec des trous ! Pour le faire fonctionner, par contre, il faut être en mesure de contrôler la gestion de la chaleur, la résistance à la pression de l’air, l’écoulement des fluides. On est encore au stade de la recherche fondamentale, mais les progrès réalisés ces dernières années, notamment grâce à l’amélioration des puissances de calculs, permettent d’avancer plus rapidement qu’il y a vingt ans. »

À la différence d’un réacteur de fusée classique, un superstatoréacteur, ou scramjet, utilise l’air présent dans l’atmosphère pour fonctionner. Comme une voiture. Sauf que la combustion s’opère à des vitesses supersoniques (plusieurs fois la vitesse du son), et c’est précisément là où se situe le noeud du problème. Tous les carburants ne peuvent assurer une combustion suffisamment rapide pour maintenir la poussée à des vitesses avoisinant les 8 000 km/h. Mais ce n’est pas tout, puisqu’il faut aussi mettre au point des matériaux capables de résister à la chaleur générée par le frottement de l’air et les contraintes mécaniques qui y sont liées. Enfin, un tel moteur ne peut fonctionner qu’une fois atteintes ces vitesses hypersoniques, il ne peut en effet y parvenir seul ! Il doit donc être lancé par une fusée classique, atteindre au minimum Mach 5, avant de maintenir, voire accroître, ces vitesses folles sur de longs trajets. 

Voilà pour les difficultés techniques. Du côté des avantages, le scramjet est, on l’a compris, plus rapide, mais aussi plus stable, plus léger, dirigeable et surtout, beaucoup moins gourmand en carburant. Ce qui lui permet de couvrir de bien plus longues distances qu’une fusée « normale ». Fusée, qui, en outre, ne peut se déplacer qu’à la verticale. « Deux applications concrètes sont possibles grâce à la technologie des superstatoréacteurs. Qu’il s’agisse de l’accès à l’espace pour la mise en orbite de satellites, ou le transport hyper rapide de passagers ou de marchandises. »

Les engins classiques, du type Soyouz ou Ariane, que l’on compare souvent à des gratte-ciel volants, restent incroyablement gourmands en énergie. Pour envoyer un satellite en orbite, ils ingurgitent entre 200 et 250 tonnes de carburant ! « En gros, une fusée c’est surtout un gros réservoir puisque plus de 80 % de son poids est consacré au combustible. Ce qui représente un coût énorme, sans parler des rejets polluants dans l’atmosphère », ajoute Sandy Tirtey. Le poids d’un satellite ne représente en outre qu’un petit pour cent de la masse totale de la fusée. « Quand on sait qu’un satellite coûte, grosso modo, son poids en or, si nous parvenons à développer un appareil capable de réduire drastiquement sa consommation d’énergie, les coûts dédiés à la propulsion vont diminuer tout autant ! Ce qui pourrait permettre aussi d’envoyer dans l’espace des engins plus gros. »

Concrètement, le scramjet doit être plus léger et surtout, plus efficace dans l’accélération. « Dans un premier temps, une fusée classique amène le superstatoréacteur à une vitesse supérieure à Mach 5, puisqu’il ne peut démarrer avant. Dès qu’il prend le relais, il accélère très rapidement jusqu’à haute altitude pour larguer un satellite ou entamer un vol avec des passagers. À cette distance du sol, il n’y a presque plus d’air, juste suffisamment pour alimenter la combustion du carburant. » Et qui dit peu d’air, dit peu de résistance, de frottement, soit des conditions idéales pour maintenir à peu de frais une vitesse supersonique constante, surtout durant la période de l’ascension, très gourmande en carburant.

Un premier essai étonnant

Retour en Norvège pour le premier vol, celui du prototype de deux mètres de long pour 35 cm de diamètre. Très lourd à l’avant, pour un poids total de 150 kilos, il est dessiné comme une flèche, avec des petites ailes de part et d’autre du fuselage arrière. Ce qui complique la mise au point d’un design approprié, mais l’efficience est à ce prix. Le but de l’essai grandeur nature est de confirmer – ou infirmer – les projections des ingénieurs et permettre à l’équipe d’emmagasiner une série de données essentielles pour la poursuite de l’aventure. « Le vol permet de valider notre méthodologie. On confronte 4 ou 5 années de recherche avec l’empirique, avec le passage obligé dans la réalité. Il est essentiel de rapidement passer du concept pur à une mise en application de nos calculs car le temps est compté », souligne encore Sandy Tirtey.

Concrètement, le scramjet est installé sur le troisième étage d’une fusée. Les deux premiers échelons propulsent l’ensemble à plus de 100 km d’altitude afin de larguer le superstatoréacteur. La force d’inertie fait le reste pour atteindre l’apogée, à plus de 300 km. Ensuite, c’est la descente, qui permet d’atteindre la vitesse voulue pour allumer le moteur et opérer un vol de 2,5 secondes, suffisant pour juger du comportement de l’appareil et enregistrer les précieuses données de vol.

« Le vol permet de valider notre méthodologie. On confronte 4 ou 5 années de recherche avec l’empirique, avec le passage obligé dans la réalité. Il est essentiel de rapidement passer du concept pur à une mise en application de nos calculs car le temps est compté »


Voilà pour la théorie, où, comme souvent, tout se passe bien. Dans la pratique, hélas, le vol ne s’est pas déroulé comme prévu. « Lors de la mise en route de la fusée, une partie du premier étage a été endommagée. Cela a rendu le vol beaucoup plus instable. On n’a pas pu atteindre la vitesse voulue, ni l’altitude. Pourtant, après deux minutes de vol, alors même que l’appareil n’était pas là où il devait être, il s’est mis en route comme prévu et a pu opérer toutes les fonctionnalités programmées. » Un coup du sort, qui n’est pas directement imputable à l’équipe de Sandy Tirtey puisque le lanceur était fourni par un partenaire industriel, mais qui ne démoralise pas pour autant le directeur technique. « C’est considéré comme un succès d’ingénierie, car cela veut dire que le véhicule a été fonctionnel. On a pu obtenir toutes les données voulues, et même si le vol n’a pas été à la hauteur de nos attentes, on a remarqué que notre véhicule s’était même mieux comporté que ce qu’on avait imaginé, qu’il a mieux résisté et ce, à des vitesses et altitudes qui n’avaient pas été envisagées ! » Reste donc à comprendre pourquoi l’appareil a fonctionné aussi bien alors même que l’équipe ne s’y attendait pas, et aussi analyser la défaillance qui a perturbé le décollage. « On ne sait pas encore qui est responsable de ce couac car on n’a pas encore compulsé toutes les données mais on n’en veut à personne. Nous sommes tous partenaires sur ce projet, même si on est un peu déçu évidemment. Pour réussir à construire ce prototype en l’espace d’un an, on n’a pas compté nos heures. On travaillait à 4 ou 5, plus de 12  heures par jour, y compris les week-ends. » La ténacité et la passion sont à ce prix et il en faut plus pour décourager l’équipe. Si le prochain vol n’est pour l’instant pas encore programmé, il serait étonnant que l’aventure s’arrête sur cet épisode fâcheux. « On doit encore régler pas mal de choses. Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes encore au niveau de la recherche fondamentale, qui est nécessaire et primordiale avant d’envisager une activité commerciale. On est peut-être encore à 20 ou 25 ans du premier vol apte à transporter du matériel ou des passagers. »

Dans un avenir plus proche, Virgin Galactic devrait organiser son premier vol suborbital commercial. Si les visées et l’appareil sont différents (il n’est pas question ici de faire de longs voyages), la dynamique qui pourrait se créer autour de cette activité ne pourrait être que bénéfique pour tout le secteur. « On suivra cela avec attention, car s’ils réussissent, l’engouement autour de cette nouvelle frontière pourrait nous permettre de débloquer de nouveaux fonds, indispensables à la poursuite de notre projet », conclut Sandy Tirtey.

 

Renseignements

facebook.com/ScramspaceOne

 

CMI ou comment tripler son chiffre d’affaires par dix et engager 18 % de travailleurs en plus dans la sidérurgie sérésienne.

La société CMI à Seraing, c’est une histoire longue de bientôt deux siècles. Une histoire qui nous plonge dans un passé fait de visages noircis, de gouttes de sueur, de savoir-faire et de fierté… En 1817, l’anglais John Cockerill, chargé par Guillaume Ier d’Orange du développement de l’industrie en région liégeoise, rachetait l’ancienne résidence d’été des Princes Évêques à Seraing, en bordure de Meuse. « Continuez sans crainte vos grandes entreprises et rappelez-vous que le Roi des Pays-Bas a toujours de l’argent au service de l’industrie », lui déclarait le souverain qui avait, à l’époque, autorité sur la province de Liège. En visionnaire ambitieux, Cockerill développait ainsi la construction mécanique puis la sidérurgie dans ce qui deviendrait la cité du Fer et l’inscrivait dans la légende en y construisant les premiers rails, wagons et locomotives de Belgique. En 1835, c’est là qu’était façonnée la « Le Belge », la toute première locomotive à vapeur ayant roulé sur le continent européen !

Durant le XIXe siècle, les établissements Cockerill ont développé leurs activités : construction de hauts fourneaux, création d’un premier canon, mise au point de moteurs diesel pour équiper leurs locomotives… Progressivement, sous l’impulsion de l’Anglais bouillonnant, le petit bourg de Seraing, qui n’abritait que 1818 habitants en 1800, s’est mué en capitale de la révolution industrielle et s’est métamorphosé en profondeur. « On croirait qu’une armée ennemie vient de traverser le pays, et que vingt bourgs mis à sac vous offrent à la fois dans cette nuit ténébreuse tous les aspects et toutes les phases de l’incendie, ceux-là embrasés, ceux-ci fumants, les autres flamboyants », écrivait Victor Hugo en 1842. « Ce spectacle de guerre est donné par la paix ; cette copie effroyable de la dévastation est faite par l’industrie. Vous avez tout simplement là sous les yeux les hauts fourneaux de M. Cockerill. » 

Le XXe siècle voyait le développement des activités d’équipementier et de maintenance. En 1982, la division Construction Mécanique de Cockerill devenait une société filiale de Cockerill Sambre et prenait le nom de Cockerill Mechanical Industries, CMI en abrégé. Vingt ans plus tard, Usinor, actionnaire de Cockerill Sambre, revendait CMI à un actionnariat privé. Cet actionnariat est toujours propriétaire du Groupe aujourd’hui, et l’a rebaptisé en conservant le même acronyme. 

CMI est désormais Cockerill Maintenance & Ingénierie « pour insister ainsi sur la volonté d’exploiter nos deux métiers de base, l’ingénierie et la maintenance », explique le Groupe. Durant cette première décennie d’autonomie, CMI a triplé son chiffre d’affaires et ses inscriptions de commandes annuelles tout en embauchant 850 personnes à Liège – soit une augmentation de 18 % du nombre de travailleurs liégeois. Sa réussite vient donner une touche d’optimisme dans un paysage industriel en déliquescence.

En chef d’orchestre de cette renaissance, Bernard Serin porte un nom à la même consonance que sa ville de coeur. Originaire de Metz, dans le Nord de la France, cet homme qui a fait carrière dans l’acier a toujours eu la diversification pour objectif. « Quand je suis arrivé en 2002, CMI avait traversé deux décennies de difficultés sociales, commerciales et financières », se souvient le patron. « Les activités d’ingénierie ont un caractère cyclique et cela pouvait avoir trop d’influence sur notre activité. C’est pour cela que nous avons décidé de développer plus encore nos activités de maintenance et de services. »

Diversifier les services

C’est ainsi que CMI Services a élargi ses horizons en étendant son offre de services, notamment vers l’éolien, la pétrochimie et les centrales nucléaires. Il compte des clients tels que Total Petrochemicals, Electrabel, Segal ou encore Techspace-Aero… Mais Bernard Serin a également misé sur une diversification technologique et géographique : « Malgré la crise, nous avons aussi investi dans nos trois marchés d’ingénierie (la Défense, l’Énergie et la Sidérurgie) et nous nous sommes lancés sur celui de l’environnement, ce qui nous a permis de résister jusqu’ici », détaille-t-il. CMI emploie plus de 1 250 collaborateurs en Belgique, dont un millier à Liège.

Enfin, à l’heure du « village planétaire », les groupes industriels doivent faire sauter les frontières. Si certains le font malheureusement au détriment de l’emploi wallon, CMI semble jusqu’ici avoir gardé le juste équilibre entre développement géographique – il s’est implanté aux États-Unis, au Luxembourg, en Allemagne, mais aussi en Russie, en Inde, en Chine et au Brésil – et maintien, voire augmentation, du nombre de travailleurs européens. « CMI est devenu un ambassadeur du savoir-faire wallon à l’échelle du monde », affirme celui qui en détient les rênes.

C’est ainsi qu’en mai dernier, CMI Energy décrochait un contrat pour la fourniture d’une chaudière verticale de récupération de chaleur à Sousse, en Tunisie. En août, CMI Industry remportait un contrat portant sur la fourniture d’un laminoir et d’une ligne de galvanisation neufs aux Émirats arabes unis, tandis que CMI Services finissait de réhabiliter deux locomotives pour les chemins de fer de Côte d’Ivoire. « Cette internationalisation nous permet de répondre à des commandes venues de partout dans le monde », ajoute le patron. Sans délaisser la Wallonie puisqu’en 10 ans, CMI a investi pas moins de 55 millions € à Liège dans ses activités, bâtiments, machines et mobilier. En ce compris l’investissement lié à l’agrandissement de son siège sérésien, derrière son QG historique, alliant ainsi – à l’image du Groupe – le passé et la modernité.

 

En chiffres

Avec 3 677 personnes en 2012, CMI est principalement présent en Europe (62 %), en Inde (17,8 %), au Brésil (13 %) et aux États-Unis (5 %). Cet effectif se compose de 38 % d’ouvriers et 62 % de « cols blancs ». Le plus grand nombre de salariés se trouve en Belgique (1 271 travailleurs), en France (896 personnes) et enfin en Inde, avec 654 personnes. 

En 2012, CMI présentait un chiffre d’affaires de 792,8 millions €. Sur l’année 2012 uniquement, il engageait 762 personnes dans le monde. Cent dix-huit d’entre elles l’ont été en région liégeoise.

Joomla, Java, PHP et compagnie, le développement informatique de plateformes web n’a pas de secret pour Tesial. Pascal Alberty et Jean-Marc Peterkenne ont quitté leur uniforme de consultant chez BEWEB avec une idée en tête : créer leur propre société.

 

UNE PLATEFORME WEB : C’EST QUOI ?

Pour remettre les choses à leur place, une plateforme web n’est pas un site. Il s’agit de bien plus que ça ! C’est une boîte à outils dont le site web n’est que le support. On peut faire la comparaison avec Gmail, le système de messagerie de Google. En l’utilisant, vous disposez de plusieurs outils : le service d’email, le réseau social Google+, un espace de stockage, etc.

 

L’envie de devenir entrepreneur a germé lors du développement d’un format publicitaire pour leur employeur. BSB, régie spécialisée dans la vente d’espaces publicitaires en ligne, était à la recherche d’une équipe IT. Au cours de la réalisation du prototype, ils se sont rendu compte qu’il y avait un business potentiel dans la création de plateformes web. Pascal Alberty, un des cofondateurs, confie : « Nous étions trois collègues au départ, mais nous ne sommes plus que deux car la troisième personne est retournée dans le monde des salariés. Pour la petite anecdote, nous avons démissionné ensemble de BSB et nous avons créé Tesial. » La plateforme Click Box est née de cette collaboration. Ce produit est notamment destiné à la diffusion de publicités sur les sites web des grands éditeurs belges. Il permet aux annonceurs de vérifier les statistiques de diffusion et à la régie de contrôler et valider les publicités diffusées ou de configurer une campagne.

Tesial ne s’est pas arrêtée à Click Box. Une extension à la plateforme a été mise sur pied : Proxistore, un format publicitaire géolocalisé. « Au lieu de diffuser une publicité sur tous les sites web, Proxistore vérifie où vous vous situez et vous propose ainsi une campagne publicitaire proche de votre localisation. Il s’agit donc d’un ciblage local utilisant des grands sites d’éditeurs à audience nationale, comme La Libre Belgique, la Dernière Heure, etc. Nous arrivons à particulariser les annonces sur un secteur local », explique Pascal Alberty.

CrawlForMe

Les sociétés profitant de l’expertise de Tesial relèvent davantage du secteur des médias, de la régie publicitaire, du retail ou des agences web. Parmi leurs clients notables, Pascal Alberty et Jean-Marc Peterkenne comptent l’organisation de consommateurs Test-Achats. Le département marketing a fait appel à leurs services. Il a constaté des imperfections sur leur site web : des images manquantes, la fameuse erreur 404 s’affichait parfois sur les écrans. Pascal Alberty explique quelle a été leur démarche : « Un scénario automatisé a été mis en place pour voir si les utilisateurs arrivaient au bout de l’inscription, avec l’envoi d’un reporting en cas d’erreur. Nous avons aussi mis au point un dispositif permettant de parcourir l’entièreté du site, comme si quelqu’un s’amusait à cliquer sur tous les liens. » Cela n’a l’air de rien, mais ces erreurs constituaient un réel manque à gagner à cause de l’indisponibilité du site. 

D’une plateforme sur mesure pour Test-Achats, un produit à part entière a vu le jour. À la manière d’une pieuvre qui déploie ses tentacules, CrawlForMe parcourt les profondeurs d’un site web afin de détecter les imperfections pouvant nuire à son bon fonctionnement. Selon Pascal Alberty, il est essentiel d’avoir un site au meilleur de sa forme. « Les moteurs de recherche n’aiment pas les sites qui ont des erreurs. S’il y en a beaucoup, Google n’aura pas tendance à le mettre en valeur. » Tesial a également particularisé l’outil pour un autre client. Celui-ci désirait non pas vérifier des erreurs, mais des informations : celles du Centre d’Information sur les Médias qui mesure les audiences. La société a donc utilisé et adapté CrawlForMe pour vérifier que le code du CIM soit présent sur toutes les pages du site web.

L’IT est partout

C’est en prenant le temps de savoir ce dont on a besoin, que l’on sait vers où on va. Tesial l’a bien compris. Sa philosophie est d’accompagner le client du début à la fin. Tout en lui expliquant que l’étape de redéfinition des besoins est essentielle. « Nous avons appris des méthodologies d’analyse qui permettent de refocaliser le client sur ce qui lui manque vraiment. Nous avons une politique de suivi et d’accompagnement pour que le client soit en phase avec ses besoins. En fonction des projets, cela peut durer quelques semaines à quelques mois », affirme l’un des cofondateurs. Heureusement, il ne faut pas chaque fois repartir de zéro. La société a mis au point un framework, une sorte de boîte à outils qui constitue une base commune pour démarrer plus simplement. Et celle-ci évolue avec l’expérience.

À la question de savoir si Tesial a connu la crise, la réponse est non. Cette petite PME a le vent en poupe depuis sa création. Cela fait presque huit ans que cela dure et il y a toujours des projets à réaliser. En effet, il est difficile de se passer aujourd’hui de l’informatique. L’IT est actuellement un secteur où les of fres d’emploi ne tarissent pas. L’entreprise veut montrer qu’il y a réellement un intérêt à automatiser certains outils, le client a tout à y gagner : du temps et donc de l’argent !

 

RueDuWeb : un collectif d’accros au web

C’est au sein du collectif RueDuWeb que la société Tesial prend ses quartiers. Plus d’une cinquantaine de personnes ont investi un plateau de 600 m² à l’Axisparc de Mont-Saint-Guibert. On pourrait y voir un espace de coworking, mais il n’en est rien. Il s’agit bien d’une collectivité partageant leurs connaissances et expériences au service des uns et des autres. Chacun est actionnaire et s’implique dans la gestion de la coopérative. Cette SCRL est née en février 2013 à Court-Saint-Étienne de la rencontre entre trois sociétés : Akimedia, JournalisteWeb.be et Tesial. Ils se sont aperçus qu’ensemble, ils pouvaient faire de grandes choses. Partageant des compétences complémentaires dans le domaine du web, ils ont décidé de mettre leurs ressources en commun. En travaillant côte à côte, ils peuvent présenter une offre commune à leurs clients. C’est d’ailleurs dans cette dynamique que Tweetwall Pro a émergé en mai 2010. Cette application web permet lors d’un évènement de diffuser en direct sur un écran les messages envoyés sur les réseaux sociaux. Cette collaboration entre Akimedia et Tesial comprend aujourd’hui une dizaine de collaborateurs et a déjà été utilisée sur presque tous les continents !

Les sociétés et indépendants composant le collectif : 

Akimedia, Alin1, Auctelia, Café Numérique, Catcheur.be, Lexicom, NOW. be, Orchestraaa, PointBen, Secretaire on web, Selinko, Tesial, Tweetwall Pro, Wekipa et Steve Fontaine. Tesial / 2 créateurs (Pascal Alberty et Jean-Marc Peterkenne) / 2 employés

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