Waw magazine

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Comment élabore-t-on le saucisson, le praliné, la moutarde, le sirop de Liège ou la bière? Quelles sont les étapes de fabrication d'un chalet en bois ou de taille d'une pierre bleue? Wallonie Bruxelles Tourisme vient de lancer "Visit'Entreprise", un nouveau programme touristique qui vous permet de découvrir le savoir-faire wallon dans une série d'entreprises habituellement fermées au public, et ce, au moins six fois par an.  Pour l'heure, 54 entreprises adhèrent déjà au programme, elles devraient être plus de 100 très rapidement. La majorité sont dans le secteur agro-alimentaire, mais d'autres secteurs sont bien évidemment représentés.

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Territoire rural et touristique par excellence, le Luxembourg belge n’en est pas moins un vivier de créativité. En complément du secteur traditionnel, cette inventivité multiforme peut aujourd’hui capitaliser sur la digitalisation pour acquérir ses lettres de noblesse au-delà même des frontières de la verte province. Une autre vision de nos Ardennes.


Sous la masse d’initiatives en la matière, il est difficile de rendre compte en quelques pages de la totalité des acteurs qui sculptent les contours de cette créativité made in Ardenne. Vous voulez déjà un scoop ? La créativité est partout…


 

Creative people from South Wallonia

« Une des contraintes liées au territoire est d’être isolé, donc on n’a pas d’autre choix que de se faire remarquer, de créer de nouvelles choses. C’est tellement facile de partir sur les grands centres urbains comme Liège, Namur ou Luxembourg. Le positionnement géographique du territoire fait qu’il doit être créatif pour ne pas être oublié. La créativité est surtout un excellent moteur de développement. ». Julie Hotton, coordinatrice du Green Hub, l’un des sept hubs créatifs wallons, partage cette vision avec la quinzaine de partenaires publics et privés du projet. Elle se félicite d’ailleurs de cette mixité dans le soutien du projet. « Quand on parle créativité, ce n’est pas toujours bien vu. Souvent, on pense qu’on va faire le clown, qu’on va « jouer ». Pour nous, la créativité en entreprise est un outil pour l’innovation et le développement du territoire. ». Le Green Hub dont le leitmotiv est « We are creative people from South Wallonia », est un outil à la disposition de tous les entrepreneurs et porteurs de projets sensibles aux notions de créativité et d’innovation.

www.green-hub.be



Luxembourg Creative

Une autre organisation clame haut et fort le caractère créatif de la province : Luxembourg Creative. Cette initiative a vu le jour sous l’impulsion de l’Université de Liège par l’entremise de son interface vers les entreprises. Basée sur le Campus Environnement d’Arlon, elle compte Idelux, la Chambre de Commerce du Luxembourg belge ou encore l’entreprise privée spécialisée en événementiel, le WEX de Marcheen-Famenne, parmi ses fervents supporters.

Chaque mois, Luxembourg Creative propose des conférences visant à rassembler, autour d’un lunch convivial, les acteurs de l’innovation et de la créativité. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les sujets qui y sont abordés sont variés : jeu vidéo, hydroélectricité, archéorestaurant, le bien-vieillir comme opportunité d’innovation… Rafraîchissant et résolument optimiste, la tribune de Luxembourg Creative s’adresse aux professionnels curieux et désireux d’élargir leur réseau.

Vanessa Hansen, coordinatrice de Luxembourg Creative, se réjouit du dynamisme entrepreneurial de la verte province. « Le Luxembourg belge est un territoire étendu et dispersé… et pourtant il n’a pas à rougir du nombre d’entreprises présentes en son sein. Si l’on met en relation le nombre de sociétés avec la densité de la population, la moyenne de la province est d’ailleurs supérieure à celle de l’ensemble de la Wallonie ! La répartition géographique est peut-être paradoxalement moteur de dynamiques créatives parmi ses habitants, et le sentiment d’isolement de certains acteurs peut peut-être justement renforcer l’envie de collaborer, de développer des projets créatifs. ». 

www.luxembourgcreative.be


 

Gare !

Récent lauréat du Prix du Public de la Fondation Mady Andrien dont la mission est de soutenir la culture, le projet Gare! s’illustre par son audace. Au cœur de ce que l’Ardenne verte propose de plus typique, Gare! prend ses quartiers dans… l’ancienne gare de Poix-Saint-Hubert ! Celle-ci se métamorphose en un tiers-lieu associant un espace d’événements et de travail partagé, un lieu de résidence d’artistes et une salle de spectacle polyvalente.

Le tiers-lieu est un espace de rencontre entre personnes et compétences variées qui n’ont pas forcément vocation à se croiser. C’est en ce potentiel de rencontres improbables que ce genre de lieu contribue au foisonnement créatif. Il est ici question d’innovation sociale. La fondatrice de Gare!, Aude Piette, également patronne des Gamines (cf WAW 32), porte le projet à bras le corps et s’entoure des meilleurs experts en marketing territorial. C’est d’ailleurs lors d’une conférence organisée par Luxembourg Creative qu’Aude a rencontré l’un de ses partenaires. Cercle vertueux donc, les initiatives liées à la créativité et l’innovation se complètent et se renforcent les unes les autres ! La créativité, c’est aussi et avant tout entrer dans un mode collaboratif permanent.

www.gare.space


 

 Des Midweeks en Ardenne

Midweeks.net, c’est une offre d’hébergements disponibles uniquement du lundi au vendredi. Partant du constat que les établissements hôteliers sont déserts en semaine, Benoît Dessaucy a créé une plateforme de réservation en ligne pour les amoureux de nature, de tranquillité et… de surprises ! Parmi les avantages proposés aux clients « midweeks », bouteille de bière locale, cocktail de bienvenue, visite guidée ou même… mini-concert exclusif dans la chambre ! La créativité est partout. Les amateurs de bons plans apprécieront surtout les prix plus intéressants de ces séjours « midweeks » de cinq jours et quatre nuits en semaine. Retour sur la genèse de ce projet insolite !

Geek dans l’âme, Benoît Dessaucy participe volontiers à des hackatons et autres événements rassemblant des équipes de développeurs qui ne se connaissent pas au départ, autour d’un projet à construire en l’espace de quelques jours. C’est lors du hackaton des Ardennes, Hackardennes, consacré au e-tourisme, que le projet Midweeks a été imaginé. « Depuis deux ans, je participe à ce genre de week-ends où je m’amuse particulièrement. Développeurs, graphistes, profils marketing ou business, tous se rassemblent pour former des équipes autour d’une idée. Il y a de l’énergie, de la créativité, de belles rencontres… C’est surtout le challenge de coder et développer un projet en moins de 48 heures, en dormant peu ou pas. Chaque projet est challengé par des coaches et est sanctionné au final par un jury. C’est l’occasion d’explorer et de tester des idées. J’y apprends personnellement beaucoup et ça me sert dans ma vie professionnelle. Je recommande ces événements à tous ceux qui veulent bouger les lignes grâce au digital. » 

www.midweeks.net


So fashion !

La Lux Fashion Week, c’est 1000 places vendues en 15 minutes. Les designers de mode du Luxembourg belge ont la cote. Depuis deux ans, à l’automne, la ville d’Arlon se met au diapason de cette grande fête consacrée aux créateurs locaux. Partant de la volonté d’offrir aux stylistes talentueux de la province une tribune de visibilité pour leurs créations, la Lux Fashion Week voit le jour en 2015 sous l’impulsion de l’Avenir du Luxembourg, en partenariat avec la Province de Luxembourg et la Ville d’Arlon.

Le lieu du show a été choisi pour son contraste par rapport au glamour de l’univers de la mode : les anciens ateliers SNCB de Stockem. On y réparait des trains. Ce sont, le temps d’un défilé jamais vu dans la région, 300 artistes, créateurs, modèles, coiffeurs, maquilleurs et habilleurs qui s’affairent pour faire pétiller les yeux des 1300 spectateurs du show.

Françoise Lutgen, représentant la Province de Luxembourg au sein du comité d’organisation, souligne les nombreuses connexions que l’événement génère entre commerçants, créateurs, écoles, artisans, institutions et monde associatif. Durant 10 jours, chaque année, le cœur d’Arlon bat au rythme de la Lux Fashion Week.

www.luxfashionweek.be


@ www.tuzzit.com

TUZZit

En wallon, « tuser » signifie réfléchir à une idée. C’est justement en réfléchissant ensemble qu’une joyeuse équipe hyperactive et passionnée d’entrepreneuriat et de technologies a créé cette plateforme en ligne permettant de collaborer, de résoudre des problèmes et d’échanger des idées. Échanger, mais pas n’importe comment ! TUZZit, c’est avant tout des outils créatifs et visuels qui permettent de simplifier et de rendre plus convivial le travail à distance, réalité pour beaucoup de travailleurs.

Du Business Model Canvas à la méthode des 6 chapeaux d’Edward De Bono, technique très souvent utilisée pour stimuler la créativité, l’entrepreneur aura le choix des outils. Ceux-ci permettent d’investiguer en profondeur des questions business, mais également de se positionner à titre personnel face à ces questions.

www.tuzzit.com


© Ressources Naturelles Développement

Quand les ingés s’amusent…

En matière d’idées créatives, les ingénieurs ne sont pas en reste. En témoigne le « Challenge Bois », organisé depuis deux ans par Ressources Naturelles Développement (RND), asbl de promotion du bois et de la pierre, basée en province de Luxembourg.

Frédéric Castaings, responsable « forêt-bois », raconte. « L’idée est née d’une envie de promouvoir l’image de la filière bois, d’y adjoindre une dimension d’innovation et de séduire un public jeune. ». Après une rencontre, un peu par hasard, avec l’Université de Liège, Wood to the Floche voit le jour. Wood to the Floche ? Ne cherchez pas trop loin. La floche, et bien, c’est une floche. Exactement comme celle que l’on peut attraper sur les manèges de la foire. À la différence près que celle-ci se situe à 6 m de hauteur et qu’elle constitue le vif d’or d’un concours d’ingénieurs créatifs !

En 2016, en plein cœur du salon Batimoi au WEX de Marche-en-Famenne, 10 équipes de 3 étudiants rivalisent d’ingéniosité pour atteindre la floche en 24 heures : 6 m de hauteur avec une partie de 4 m au-dessus du vide. Le défi se situe à plusieurs niveaux : réussir à concevoir une structure suffisamment solide, effectuer la réalisation la moins coûteuse, optimiser son design et… attraper cette fameuse floche !

Vu l’afflux de visiteurs autour des constructions durant le salon, on peut constater que c’est mission réussie pour l’équipe de RND. S’il restait un peu de poussière sur l’image de la filière bois, elle s’est envolée aussi certainement que les étudiants se sont élevés vers la floche !

Une seconde édition du Challenge s’est donc déroulée début 2017, embarquant dans l’aventure 3 équipes d’étudiants de l’HELMo aux côtés des équipes de l’ULg (Université de Liège). Le thème était « Woody wood poker ». Cette fois, il s’agissait de construire une passerelle de 8 m de long avec un budget de 150 € et de miser, comme au poker, sur sa résistance au poids. Stratégie et suspense ! Frédéric Castaings est épaté par la diversité des réalisations. « Avec une enveloppe de 150 €, les approches sont fondamentalement différentes, c’est admirable ! Il n’y a pas de moule commun, on est loin de la pensée unique. La jeunesse s’exprime, elle innove, elle s’amuse avec le bois. ». On imagine aisément qu’un nouveau défi sera proposé l’an prochain. Woodstock, Woody Allen ou peut-être Robin Wood ? Quelle sera cette fois l’inspiration des organisateurs ? 

www.rnd.be


Tourisme, forêt et innovation

Un concours original pour promouvoir les activités récréatives en forêt a récemment été lancé par l’asbl Ressources Naturelles Développement sous l’impulsion du député provincial à l’Économie, au Tourisme et aux Ressources Naturelles de la Province de Luxembourg. Une idée créative pour valoriser les forêts au moyen de l’intelligence collective des habitants du territoire. « 15 projets ont été rendus par des professionnels du tourisme, de la forêt mais également par des organisations de pédagogie et de sensibilisation à l’environnement. Vu la qualité de ces projets, ils ont tous été repris dans un “livre blanc”. Ils seront concrétisés, nous l’espérons, en fonction des financements disponibles », se réjouit Marie-Caroline Detroz, manager « forêt-territoire ».

Sculpture, rando-bivouac, peinture en forêt, valorisation des légendes… Parmi les propositions rendues, la première qui sera mise en œuvre s’appelle La forêt, un e-regard pluriel. Il s’agit de permettre des balades à la carte grâce aux nouvelles technologies. Ce projet, porté par le syndicat d’initiative de Vielsalm, offre l’avantage d’être facilement transposable à tous les massifs forestiers sans nécessiter d’équipement spécifique.

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Le Luxembourg Belge, terre de vacances.  Connu pour l’Ardenne, ses forêts, ses sangliers, ses candidats de Top Chef et pour le loup dont on aurait vu la queue du  côté de Nassogne… Et si on vous contait d’autres histoires ?


GALAXIA

À Transinne, c’est un parc d’activités dédié au spatial qui se développe à côté de l’Euro Space Center et à deux pas de la station de l’ESA installée à Redu. Tout prochainement, Galaxia accueillera le centre logistique et de maintenance des opérations au sol du programme Galileo.

La province de Luxembourg est réputée pour son caractère paisible et son patrimoine naturel. Ceux qui empruntent l’axe BruxellesLuxembourg se sont dès lors peut-être étonnés de croiser, entre champs et forêts, une fusée allongée en bordure d’autoroute. À Transinne, l’Euro Space Center accueille chaque année quelque 40 000 visiteurs et stagiaires et les emmène à la découverte de l’espace. À côté de cette attraction touristique se développe un pôle spatial unique en Wallonie.

Depuis 1968, à Redu, à quelques kilomètres de Transinne, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) opère une de ses stations de contrôle. « À l’époque, pour communiquer avec les satellites, l’Agence cherchait un lieu situé au calme, loin des villes, exempt de toute pollution électromagnétique. C’est pour cette raison, principalement, que l’ESA a choisi Redu », commente Michel Ponthieu, Responsable Spatial et Hautes Technologies d’Idélux, intercommunale en charge du développement économique de la province de Luxembourg. Bien installée, l’ESA continue à mener de nombreuses opérations depuis Redu. Elle veille notamment au bon fonctionnement des satellites en orbite, participe à des missions d’observation de la terre et garantit des missions de télécommunications à l’échelle européenne.

Avec la volonté de capitaliser sur cet atout, en 2008, Idélux développe Galaxia, juste à côté de l’Euro Space, un centre de services et d’entreprises dédié au spatial. Des acteurs du secteur, jeunes ou déjà bien établis, peuvent y profiter de bureaux et de salles de réunions équipés et sécurisés. « Nous aidons les entreprises actives dans le domaine du spatial à s’installer et à se développer. Elles peuvent profiter d’un écosystème adapté, rencontrer d’autres acteurs présents ou actifs dans le domaine, à commencer par l’ESA », assure Michel Ponthieu. Le centre d’entreprises de Transinne présente l’avantage d’être directement connecté au site de l’ESA par la fibre. « Les entreprises présentes peuvent donc facilement exploiter la quantité de données reçues par satellites », précise Michel Ponthieu.

Galaxia, c’est aussi un Centre de connaissances permettant aux entreprises présentes d’accéder aux universités, pour proposer des sujets de fin d’étude à des étudiants par exemple. « Nous proposons aussi des programmes d’incubation d’entreprises, en partenariat avec WSL, le programme d’incubation wallon, et ESA BIC, celui de l’agence spatiale européenne. Actuellement, une douzaine de start-ups profitent d’un accompagnement qualitatif, pour assurer le développement de leur activité. »

Ce pôle spatial, aux nombreux atouts, s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de développement. Grâce aux investissements de la Région wallonne et de l’Etat fédéral, la Commission européenne a choisi d’implanter le nouveau centre de soutien logistique dédié au programme européen de navigation par satellite « Galileo ». Des équipes, au départ d’un tout nouveau bâtiment, assureront la logistique et la maintenance des 16 stations de contrôle terrestres de Galileo (le GPS européen), réparties à travers le monde, et de dix autres centres opérationnels en Europe. « Aujourd’hui, Galaxia prend une nouvelle dimension. Au-delà du centre d’entreprises, nous développons un parc d’activités sur 20 ha, entièrement dédié au spatial, poursuit le responsable d’Idélux. Galileo doit permettre la création de nombreux nouveaux services et applications. Notre volonté est de développer un pôle d’attractivité autour du spatial, d’accueillir des acteurs ayant la volonté de développer de nouveaux services en lien avec Galileo et souhaitant évoluer dans un environnement de travail dédié au spatial. »



GROUPE FRANÇOIS

Installé à Latour, près de Virton, le Groupe François a développé un modèle unique d’économie circulaire qui intègre et valorise durablement une ressource locale et durable, le bois.

C’est en 1980 que Bernard François se lance dans l’aventure du bois avec son père Pierre, un ancien meunier. Installés à Signeulx, près de Virton, père et fils fabriquent des palettes et des caisses en bois. Depuis lors, la petite entreprise familiale a bien grandi. Au fil des ans, elle est parvenue à fédérer différents métiers autour d’un socle commun, le bois. « Petit à petit, nous avons intégré toute la filière bois pour créer un modèle d’économie circulaire. À travers lui, nous transformons cette ressource naturelle d’une manière logique et efficace, tant d’un point de vue environnemental que socio-économique. Nous veillons à la valoriser au mieux à chaque étape de son traitement, explique Bernard François. Le bois d’éclaircie une fois coupé alimente tout d’abord notre scierie. À partir de planches, nous fabriquons des palettes, notre activité historique. La sciure résiduelle, provenant de la découpe, est alors séchée grâce à la chaleur produite par notre unité de cogénération avant d’être transformée en granulés de bois combustibles, commercialisés sous la marque Badger Pellets. »

Du bois, mais aussi de l’énergie

Déployée depuis 2004 en collaboration avec l’intercommunale Idélux, l’unité de cogénération produit non seulement de l’énergie thermique mais également électrique. Un tiers de l’électricité verte est utilisée afin de répondre aux besoins propres de la société, qui est ainsi devenue totalement autonome. Le surplus est distribué dans le réseau et approvisionne 11 000 ménages. La chaleur émise, quant à elle, permet de sécher les sciures mais aussi de traiter les palettes et de chauffer les bâtiments de l’entreprise. « Sur notre site de KioWatt à Bissen, au Luxembourg, nous parlons même de tri-génération puisque les déchets servent également à refroidir le data center de LuxConnect, installé à proximité immédiate », précise le fondateur du Groupe François.

Pour fonctionner, l’unité de cogénération est alimentée, d’une part, par les résidus de bois en fin de vie du site et, d’autre part, par les déchets de bois des ménages recueillis dans les parcs à conteneurs de la province de Luxembourg. Au total, cela représente environ 400 000 m3 de déchets chaque année. Depuis ce mois de mars, les bois de rebut, nettoyés, broyés et déferrisés, sont également valorisés à travers la création de blochets, des pièces qui entrent dans la fabrication des palettes.

« Une question de bon sens »

Toutes ces activités autour du bois sont organisées dans un même lieu, dans le zoning de Latour notamment. Cette intégration permet à la fois de réduire les coûts liés au transport et son impact environnemental, de maîtriser toute la chaîne et d’assurer la qualité des produits proposés.

Bien sûr, cet incroyable circuit ne s’est pas construit en un claquement de doigt. « Tous les jours, nous cherchons à améliorer nos processus, dans une optique de durabilité, à la fois pour notre entreprise, nos collaborateurs, notre environnement et les générations futures, assure Bernard François. C’est un long cheminement, une démarche intellectuelle de fond, basée sur le respect de la matière première. Car le challenge consiste avant tout à utiliser la ressource de manière équilibrée et d’en prendre soin. Trop d’investissements se font aujourd’hui sans tenir compte de la ressource dans son bassin de vie et sans s’assurer de sa pérennité. Une adéquation entre la disponibilité du matériau à long terme et l’activité que l’on souhaite développer est essentielle. C’est une question de bon sens. » Dans cette optique, le Groupe François a choisi de ne transformer que du bois d’éclaircie, provenant de forêts gérées durablement et situées dans un rayon de 0 à 300 km.

Une stratégie

« Nous devons réussir à ce que les énergies renouvelables soient réellement un enjeu de demain », poursuit le patron. Le Groupe François, lui, y veille. Sur base d’une ressource locale et renouvelable, il produit ainsi chaque année 2,5 millions de palettes et 50 000 tonnes de Badger Pellets sur son site virtonnais. Regroupant une dizaine de sociétés, le groupe emploie 250 personnes. Depuis sa création il y a un peu moins de quarante ans, l’entreprise gaumaise peut donc se prévaloir d’une croissance continue, intégrant un modèle social, économique et environnemental qui a de quoi séduire et inspirer.

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