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Présentation officielle du « Belgian Team 2016 »

quarante jours avant le départ en Suède

 

Les 25 jeunes qui participeront à EuroSkills Gothenburg 2016 ont été présentés officiellement ce midi à Bruxelles. La compétition aura lieu du 1 au 3 décembre 2016. Plus de 500 jeunes de moins de 25 ans y prendront part.

La délégation belge est composée des 25 jeunes, de 3 Team Leaders chargés de les encadrer, de 23 Experts, leurs entraineurs techniques, et de 4 personnes de l’équipe opérationnelle de WorldSkills Belgium.

Les 25 jeunes ont effectué un long parcours avant d’intégrer le Belgian Team des métiers techniques. Début 2016, ils ont passé avec succès le cap des pré-sélections organisées dans divers centres de formation. A la mi-mars, ils ont pris part au Championnat belge des Métiers, durant les Startech’s Days, et ont accédé au podium.

Depuis l’annonce de la sélection, chaque jeune reçoit une formation technique intensive avec un Expert. Il y a 23 Experts. (2 métiers se pratiquent en équipe : Fashion technology et Mécatronique). Leur rôle ? Préparer chaque candidat pour lui permettre d’atteindre un niveau d’excellence pour répondre aux exigences d’une compétition internationale.

Quant aux 3 Team Leaders, ils ont pour mission d’insuffler une cohésion au groupe, indispensable pour une compétition. Qui imaginerait nos Diables Rouges sans coaching physique et mental ? 

 

 

L’EuroSkills à Göteborg en Suède : du 1 au 3 décembre 2016

La compétition EuroSkills est une compétition européenne de compétences pour les jeunes de moins de 25 ans. Elle fait la promotion des métiers tous les deux ans dans l'un des Etats membres de WorldSkills Europe. L'édition 2016 aura lieu à Göteborg (Suède). Plusieurs dizaines de milliers de visiteurs sont attendus tant pour découvrir le travail des compétiteurs que pour participer aux découvertes de métiers ou au large programme de conférences.

Environ 500 jeunes de moins de 25 ans concourront pendant 3 jours pour tenter de gravir la plus haute marche du podium et devenir le meilleur dans leur métier au niveau européen.

Participer à une telle compétition est une expérience inoubliable et une source d'inspiration pour tous. Le Belgian Team arrivera le 29 novembre afin de se familiariser avec les lieux. Les jeunes seront entourés de « Team leaders » chargés de les encadrer (coaching physique et mental), ainsi que de leurs Experts (leurs entraineurs techniques). Retour en Belgique prévu le 5 décembre.

 

Plus d'infos sur cette compétition internationale dans le WAW n°33 (été 2016) !

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Les héros de bande dessinée ont fait les beaux jours des Belges d’hier et d’aujourd’hui. À l'ère numérique, de nouveaux mondes narratifs s'offrent à eux, mais aussi aux personnages qu'on aimera demain. R/O prend le pari de donner vie à de nouveaux univers et révolutionne le monde de la BD.

 

Voilà presque un siècle que la bande dessinée fait battre nos cœurs. Reconnue comme un art à part entière, elle nourrit la fierté du plat pays depuis la naissance de l'éternel Tintin, en 1929. Quelques années plus tard, l'école de Marcinelle de Jean Dupuis donne vie à Spirou. Le grand maître Jijé, mais aussi Franquin, Morris et Will, Peyo, Uderzo et Gos se succèdent au sein de l'institution carolo. C'est donc là-bas que naissent les héros tels que Gaston Lagaffe, le Marsupilami, Lucky Luke, les Schtroumpfs ou Astérix. Tout ce patrimoine est constitutif de notre ADN artistique. Mais pour combien de temps encore ? C'est la question que s'est posée François Pernot, le CEO du Pôle Image de Média-Participations, Administrateur général de Dupuis et Directeur général des éditions Dargaud-Lombard depuis plusieurs années. Il s'est rendu compte que la Belgique était à la traîne. « Il faut s'adapter aux nouvelles technologies. On est très fort pour la BD. On a créé des personnages qui ne vieillissent pas. Mais pour continuer à faire vivre nos héros, il devient indispensable de s'adapter aux nouveaux modes de consommation, explique Stéphanie Thirion, cheffe de projets. Aujourd'hui, le public peut consommer ce qu'il veut, quand il le veut et comme il le veut. Il faut prendre conscience que la bande dessinée des nouvelles générations sera approchée différemment. Il faut changer les manières de raconter nos histoires. » La solution mise en place par François Pernot est une première. R/O, dont la prononciation se rapproche volontairement du mot « héros », est une formation qui permettra aux auteurs de travailler avec les outils nécessaires pour raconter leurs histoires sur plusieurs supports médiatiques. Oui, mais concrètement ?

 

Transmédia

Pour transmettre un récit à travers les nouvelles technologies, il ne suffit pas de savoir porter des lunettes 3D ou un casque de réalité augmentée. L'objectif est ici d'apprendre à raconter des histoires autrement, avec différents points d'entrée et à travers plusieurs supports tels que le livre, la télévision, le cinéma, Internet, les jeux vidéo ou les applications mobiles, par exemple. Et c'est là que le transmédia entre dans la danse. Considéré comme la fragmentation d'un contenu dans le temps, dans l'espace narratif et à travers des supports médiatiques différents, il combine les discours linéaires et délinéarisés pour permettre à son public de s'immerger tant que possible dans l'univers du récit. Un peu martien présenté comme ça ! En quelques mots, le transmédia permettra aux héros de vivre sur plusieurs appareils, de manière simultanée ou non. Les différents supports sur lesquels l'histoire sera déclinée formeront un ensemble, une symbiose, qui représentera un tout enrichi. L'objectif de la formation R/O sera alors que les auteurs apprennent à penser directement leurs histoires et univers en fonction de plusieurs supports. Par exemple, le dessin animé intégrera des flashback qui n'étaient pas présents dans la bande dessinée, et certains codes du jeu vidéo seront à repérer dans les bulles de la BD.

 

Un business culturel

Le problème majeur qui a, jusqu'ici, freiné de telles adaptations ne concerne pas le talent des auteurs, mais un manque de connaissances techniques. « Ils n'ont pas encore toutes les compétences à disposition. Avec R/O, on veut leur fournir les outils qui leur permettront de penser sur d'autres supports. À l'heure actuelle, nous assistons à un développement rapide des technologies, mais pas des contenus adaptés. C'est ça que l'on voudrait éveiller chez les artistes », affirme Stéphanie Thirion. Et pour s'assurer que tout ce savoir-faire garde un bel avenir, R/O ne lésine pas sur les moyens !

Les Schtroumpfs d'aujourd'hui représentent 1,6 milliard de chiffre d'affaires, parmi lequel la bande dessinée papier représente moins d'un pourcent. Selon le cabinet d'audit Ernst & Young, les industries culturelles génèrent plus d'emplois à travers le monde que le secteur automobile. Autrement dit – et quoi qu'en pensent les mauvaises langues –, la culture peut encore être un véritable business au XXIe siècle ! Et cet argument a bien été entendu par François Pernot qui a marié plusieurs investissements privés et publics autour du concept R/O. 1 600 000 € provient du fonds européen de développement régional Feder, 3 000 000 € ont été apportés en aide à la recherche et 4 000 000 € viennent d'actionnaires, dont l'éditeur Dupuis, la RTBF, Wallimage et la Région wallonne qui ne subsidie pas le projet, mais se joint à l'actionnariat. Toute la gestion financière et commerciale de l'incubateur d'un nouveau genre sera gérée par Belgian Heroes S.A. Elle rassemble les actionnaires, assure l'exploitation des projets et finance R/O Institute et R/O Lab, les deux institutions pratiques de formation.

 

À la poursuite des perles rares

Les talents affirmés ou en devenir du monde entier qui souhaitaient participer à la première édition du grand projet R/O pouvaient envoyer leur candidature jusqu'en septembre 2016. « Nous avons reçu beaucoup de dossiers. Nous sommes donc vraiment contents. Les festivals importants de l'été nous ont permis d'aller à la rencontre de plusieurs auteurs et de réaliser un travail d'évangélisation des héros, explique Stéphanie Thirion. On recherche des talents qui ont une bonne histoire, avec un beau potentiel, de la densité et un storyworld séduisant. » Suite à ce premier appel à projets, une première présélection de quarante idées est organisée. Parmi elles, dix projets seront élus et se verront alors ouvrir les portes de la formation R/O. Durant ce cursus, les talents rejoindront les bancs du R/O Institute et du R/O Lab pour être formés et accompagnés dans le développement de leurs idées. À l'issue de cette première année, certains projets seront choisis pour être produits, distribués et commercialisés par l'ensemble des partenaires du concept. « C'est à ce moment-là que l'on pourra évaluer concrètement le succès de R/O. Il sera mesuré par ce qui en sortira après un an de formation. S'il y a une histoire qui fonctionne et une propriété intellectuelle qui permet de perdurer et de créer de l'emploi, on pourra dire que le pari est réussi ! Et, au bout des cinq premières années, l'idéal serait de voir émerger quelques grands succès parmi les 75 projets qu'on aura encadrés », ajoute la cheffe de projet. À terme, si le concept fonctionne, l'objectif sera de le reproduire dans d'autres pays et ainsi, peut-être, s'ajouter aux marques belges qui séduisent l'international.

www.ro.institute


Les trois entités de R/O

Trois piliers portent le concept de François Pernot, pour développer de concert les compétences et les techniques nécessaires afin de porter les projets en devenir.

  1. Le R/O Institute s’installera à Charleroi pour proposer une formation de pointe aux dix projets présélectionnés. Des outils théoriques, technologiques et pratiques seront offerts aux auteurs par des formateurs et des experts venus du monde entier. « Nous nous sommes référés à tout un listing d'experts et de professionnels du transmédia provenant de catégories aussi variées que l’animation, le jeu vidéo, la réalité virtuelle, etc., se réjouit Stéphanie Thirion. Ils viendront, selon les besoins, de manière périodique. Ce sont des cursus qui devront se construire en fonction des projets qui seront sélectionnés. » Le programme du R/O Institute est ainsi élaboré en partenariat avec la grande école de l'image Les Gobelins, de Paris.
  2. Le R/O Lab mettra des outils technologiques de dernier cri à disposition des artistes. Installé à la même adresse que l’Institute, il devrait devenir un laboratoire innovant qui permettra aux auteurs d'aligner contenus et technologies. Le R/O Lab sera la plate-forme technologique pour réaliser les univers et les récits que les artistes auront développés lors de leur cursus au R/O Institute.
  3. La Belgian Heroes S.A. gère tout l'aspect business des deux premières institutions. Si, à l'heure actuelle, il n'existe pas encore de marché belge pour les projets transmédia, Belgian Heroes compte bien faire de R/O un élément incontournable du paysage international de la culture. Toutes les filières d'exploitation seront ainsi prises en charge par l'entité juridique qui mettra les projets sur le marché et qui gérera la propriété intellectuelle de R/O.

Les dates à retenir

22 décembre 2015 : une conférence de presse annonçait le soutien des autorités publiques et le lancement officiel de R/O.

17 mai 2016 : l'appel à candidatures est lancé au Festival de Cannes.

Octobre 2016 : la présélection désignera les quarante projets les plus adaptés au concept. Le Bootcamp sera alors lancé pour l'automne. Il proposera, jusqu'en décembre, une semaine de remise à niveau dans les domaines du marketing, du storytelling et du transmédia, entre autres.

Janvier 2017 : la formation R/O à proprement parler sera en marche avec la dizaine de projets choisis à l'issue du Bootcamp.

Juillet 2017 : la première édition de R/O prendra fin, dans l'espoir d'avoir déniché quelques jolis projets prometteurs qui pourront conquérir le marché.

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Vivre une expérience hors du commun, en totale immersion sans bouger de chez soi ? Il suffit de revêtir le masque de réalité virtuelle conçu par Frédéric Lilien et sa société Immersia Films. L’aventure peut commencer.

 

L’histoire de Frédéric Lilien a des airs de rêve américain. À 23 ans, le Verviétois quitte sa Wallonie natale pour rejoindre la ville qui ne dort jamais. Une rencontre décisive a changé le cours de sa vie. Pale Male, une magnifique buse à queue rousse, véritable célébrité new-yorkaise, entre dans son champ de vision. Passionné de documentaires animaliers, Frédéric Lilien y voit un signe. « Je suis tombé sur l’oiseau dans Central Park. J’enchaînais les petits boulots et là je me suis dit "ça y est, c’est peut-être ma chance !" Je l’ai suivi et filmé pendant plusieurs années avant de réaliser mon premier film. Je me suis formé en assistant un photographe, j’ai tout appris grâce à lui. »

 

You gonna make it

Avec le temps, il apprend à connaître le rapace, véritable institution new-yorkaise, et dont l’histoire est étroitement liée à la ville et à ses habitants. Et la magie a opéré dans cet endroit du monde où tout est possible. « Pour moi, la vidéo animalière, c’est comme une histoire d’amour. L’histoire de Pale Male est exceptionnelle et charmante. La magie de New York a opéré. J’ai reçu beaucoup de soutien. J’ai fait de belles rencontres comme celle de Nora Ephron qui a notamment réalisé When Harry met Sally ou You’ve got a mail. Elle m’a ouvert les portes de son studio. »

Pour Frédéric Lilien, un rêve d’enfant se réalise. Il s’en souvient encore, un jour dans Central Park, une personne lui dit « You gonna make it ». Et il l’a fait ! Il raconte d’abord l’histoire de Pale Male dans un documentaire de 43 minutes pour PBS en 2002. En 2009, il remet le couvert avec The Legend of Pale Male, un autre documentaire de 85 minutes. Un film qui remporte pas moins de quinze awards dans divers festivals à travers le monde. « J’ai reçu beaucoup de soutien. Je n’avais pas de diplôme, j’étais timide et je n’avais pas confiance en moi. Il faut faire ce qu’on doit faire et avoir du bagou pour réussir. On m’a dit d’aller faire mes erreurs, d’apprendre. C’est ce que j’ai fait. »

 

L’immersion

Sa carrière professionnelle prend un nouveau tournant le jour où Frédéric Lilien présente son long métrage à la Cornwell University. Il participe à une expérience particulière. « Je suis entré dans un studio plongé dans le noir complet. On m’a fait écouter l‘enregistrement d’un son 360°. Un troupeau d’éléphants sortait de la jungle pour aller s’abreuver. J’étais totalement immergé. Je me suis dit "je veux faire ça et ajouter des images au son 360°". » Frédéric Lilien dit s’être lancé un peu naïvement dans l’aventure. Lui est venue l’idée de dômes itinérants, mais de sérieux problèmes techniques et financiers se sont présentés.

En 2012, il entend parler de la campagne de financement Kickstarter d’Oculus Rift, le casque qui procure une expérience de réalité virtuelle. Pour le Verviétois, ce système perdait le côté convivial qu’une salle de cinéma pouvait offrir, mais le potentiel immersif était là. Un ami new-yorkais lui a alors créé un système composé de six caméras d’action GoPro pour couvrir un champ de vision de 360°. Grâce au masque Oculus Rift et à un Smartphone, l’expérience immersive peut commencer. « Tout le monde devient un client potentiel, il suffit d’avoir un Smartphone comme le Samsung S6, un masque et le tour est joué. À 700 € le téléphone et 100 € le masque, c’est moins cher qu’un dôme. Et le rapport qualité-prix y est. C’est un schéma économique viable. » Après une phase de recherche et de développement en filmant dans toutes les situations possibles et imaginables, la société Immersia Films voit le jour en mars 2015.

 

Vivre des situations inédites

Immersia Films a été la première en Belgique à donner une application concrète à l’expérience immersive de réalité virtuelle. Pour vivre une expérience immersive, il faut un système stéréoscopique de 16 caméras qui donne cette impression de 3D. Ensuite, les images sont montées, comme pour un film classique, à l’aide d’un logiciel de base panoramique.

La Ville de Spa a rapidement été séduite par l’initiative. En avril 2015, elle se dote d’un nouvel outil de promotion en mettant à la disposition de ses visiteurs la technologie immersive. Assis dans un siège en forme d’œuf et équipé d’un casque de réalité virtuelle, le touriste découvre les beautés de la région spadoise en un clin d’œil. Dans un bolide de course lancé à toute vitesse sur le circuit de Francorchamps, dans les airs à bord d’une montgolfière, ou encore au milieu des Blancs-moussis de Stavelot.

Les expériences touristiques se sont alors enchaînées pour Immersia Films. L’Office belge de tourisme de Wallonie-Bruxelles, Forestia au milieu des cerfs... « C’est vrai que le secteur du tourisme est la première application pour la réalité virtuelle. Ce n’est pas forcément un domaine où il y a beaucoup de moyens financiers, mais les technologies évoluent », explique Frédéric Lilien.

En juin 2015, Immersia Films a pu vivre de l’intérieur le champ de bataille de Waterloo à l’occasion du bicentenaire. Au cœur de la bataille, avec un ami espagnol spécialiste de la prise de vue en 360°, il a été immergé avec les 5000 figurants. Fondu dans le décor, il a fallu « être discret pour capturer le moment ». Le masque sur les yeux, un casque sur les oreilles et le charme opère. Les chevaux passent en trottinant, les soldats marchent au pas. Et ce, à quelques centimètres de soi. Cela donne des frissons. Il faut le voir pour le croire !

Assister à un entraînement des joueurs de football du Standard de Liège peut être pour certains un rêve inabordable. Immersia Films a relevé le défi en avril dernier. En enfilant le masque, on peut vivre un moment inédit comme si on y était. « On voit tout de suite le petit plus, le fait de partager un moment exclusif avec les joueurs. La force, c’est vraiment la sensation de présence », témoigne le Verviétois.

 

Experience Brussels Virtual Reality Festival

En juin dernier, s’est déroulé à Bruxelles le premier festival de réalité virtuelle. Pendant quatre jours, nombreux sont ceux qui ont pu tester une trentaine d’expériences innovantes. Parmi celles-ci, la bataille de Waterloo, Apollo 11, la culture masaï ou encore Pearl, un film d’animation combinant la 2D, la vidéo 360° et la réalité virtuelle, réalisé par Google et présenté pour la première fois en Belgique. « Cela faisait neuf mois qu’on parlait de l’idée d’un festival avec Juan Bossicard, fondateur notamment du cluster Screen.Brussels. On a trouvé un partenaire, Ciné Galeries grâce à qui le festival a vu le jour. Cela a donné une très bonne représentation de ce qui peut se faire aujourd’hui dans le domaine. Ça évolue très vite, et on peut vite partir dans tous les sens », explique Frédéric Lilien qui dit ne pas vouloir tomber dans le gaming et davantage rester dans la fibre documentaire. « Dans la réalité, la zone de mouvement est limitée, il faut faire avec ce dont on dispose. Il faut faire des choix et créer son scénario. L’effet waw est là ! Mais après cet effet ? Il faut y croire. »

Le phénomène de réalité virtuelle semble n’être qu’à ses débuts. Il existe une flopée de possibilités, comme mettre le spectateur en mouvement ou l’utilisation de drones (avec autorisation). Il s’agit certes d’une technologie simple à première vue, mais certaines conditions doivent être réunies pour offrir le meilleur. Il faut notamment produire des images de qualité, sinon l’utilisateur risque de quitter l’expérience. Et faire attention au montage des images, les mouvements doivent être fluides et calculés… Au risque de se sentir déstabilisé et d’être malade. « Il faut faire beaucoup de tests, c’est ce que je dis aux clients. On doit tout le temps expérimenter. C’est un apprentissage, plus on travaille et plus on apprend. »

 

Ouvrir le champ des possibles

On peut dire que cela fonctionne bien pour la société Immersia Films. Celle-ci a plusieurs projets en cours, dont une campagne de sensibilisation de protection de l’environnement. « Je suis très occupé jusqu'en octobre. Je vais d’ailleurs bientôt partir pour la Pologne assister à un rassemblement de Vikings pour National Geographic ! Je vais y tester la prise de son en 360°. » Une chose est sûre, les nouvelles technologies ont encore de beaux jours devant elles.

+32 (0)479 66 13 72
 

  Facebook investit dans la VR

Voyant l’énorme potentiel de la virtual reality, le géant Facebook fait l’acquisition d’Oculus VR en mars 2014 pour la modique somme de deux milliards de dollars. Depuis ce moment, les investissements dans le secteur de la réalité augmentée ont triplé. Oculus Rift fonctionne avec Samsung, mais Sony (PlayStation), Google et HTC ont suivi et ont développé des systèmes similaires de leur côté. En juin dernier, Facebook a lancé la publication de photos en 360°. Il permet à ses utilisateurs de créer des panoramas depuis leur Smartphone et de les partager sur le réseau social. Ceux qui possèdent un iPhone à partir du 4S ou un Samsung Galaxy et tous ceux qui peuvent prendre des photos panoramiques peuvent tenter l’expérience.


Applications
Publicité et campagne promotionnelle
Campagne sur les réseaux sociaux
Film corporate
Médias et presse
Expositions
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Thomas Castro, Laurent Wéry et Charlee Jeunehomme ambitionnent de vendre leur produit partout dans le monde. Un objet léger appelé Slidenjoy qui permet l’ajout d’un, voire de deux écrans supplémentaires à un ordinateur portable. De quoi augmenter le confort et l’efficacité des travailleurs. La révolution serait-elle en marche ?

 

Le site Web de Slidenjoy se présente uniquement en anglais. Interface fluide, présentation concise, photos épurées. Il ne faut certainement pas beaucoup de clics pour se laisser convaincre par la pastille « Order Now » en haut sur la droite qui vous invite à acquérir le produit et faire partie des plus de 6000 individus à travers le monde qui ont déjà précommandé leur dispositif.

Mais qui se cache derrière Slidenjoy ? Sous ces airs marketing de start-up de la Silicon Valley, on trouve en fait « 120 Pixels », une SPRL implantée à… Gerpinnes ! Laurent Wéry, cinquantenaire qui avait une affaire dans l’emballage pour l’industrie du luxe, Thomas Castro et Charlee Jeunehomme, deux jeunes entrepreneurs experts en IT, sont les membres fondateurs de ce projet qui, en moins de deux ans, a déjà bien grandi et fait le tour du monde.

 

Il était une fois dans la tête de Thomas

Tout a commencé lorsque Thomas Castro, le photographe, et Laurent, le promoteur, commencent à travailler ensemble sur un projet d’hôtel éphémère (Tender2) installé notamment sur la plage de Knokke et en dessous de l’Atomium. Laurent raconte : « on s’est côtoyé pendant un an ou deux et on s’est lié d’amitié. Thomas a eu cette idée de double écran, il m’a présenté Charlee et m’a demandé de les épauler. Il m’a fallu un an pour accepter, c’était un vrai pari. C’est début 2015 qu’on a pris le bébé à bras le corps. » Le développement du produit, l’acquisition des brevets, le prototypage pouvaient démarrer.

Il faut savoir que, selon Microsoft, un travailleur serait jusqu’à 50 % plus productif s’il avait un deuxième écran d’ordinateur à sa disposition. Ceux qui le pratiquent déjà avec un ordinateur de bureau confirmeront : le multiécran (c’est-à-dire le fait de se servir de plusieurs écrans simultanément) peut se révéler extrêmement utile. Mais cela peut devenir compliqué, voire impossible à mettre en place avec un PC portable que l’on déplace au gré des réunions. C’est là qu’intervient l’entreprise belge : proposer un écran, voire deux, facile à utiliser et à transporter avec un ordinateur portable. Thomas a eu l’idée alors qu’il était lui-même confortablement installé dans son canapé, « coincé avec un seul écran ».

L’astuce de Slidenjoy est de fixer l’accessoire à l’arrière de l’écran de l’ordinateur avec des aimants, permettant ainsi de faire coulisser un ou deux écrans additionnels et de « s’autoporter ». On peut ensuite ajuster l’angle desdits écrans, et même les faire pivoter jusqu’à 180° pour permettre à d’autres personnes autour de l’utilisateur de suivre son travail – de quoi reléguer le traditionnel « projo » au placard (ou aux grandes occasions). Outre dédoubler ou détripler des contenus, les écrans offrent également la possibilité d’un affichage panoramique.

Professions particulièrement ciblées : les hommes d’affaires, les graphistes, les web developers, les architectes, les DJ’s, etc. Mais Slidenjoy s’adresse également aux particuliers qui voudraient en faire un usage privé. Fins, légers et disponibles dans trois tailles (13, 15 et 17 pouces) et plusieurs couleurs, les écrans n’ont pas non plus besoin d’un câble d’alimentation propre, ce qui serait encombrant, ils se connectent directement à l’ordinateur par un port USB. Slidenjoy précise que son système est supporté à la fois par Windows et OS X.

 

 

 

Un crowdfunding impressionnant

Une fois le concept développé, l’aventure passe une étape cruciale grâce à une campagne de crowdfunding lancée en juillet 2015 sur la plate-forme Kickstarter. Le comble dans tout ça ? Avant de réaliser « la plus grosse levée de fonds pour une start-up belge » sur la plate-forme américaine, Laurent n’avait jamais entendu parler de financement participatif. « Je savais que l’idée d’écrans de Thomas était en or, mais je savais aussi qu’on allait se faire dévorer dans l’œuf par les grosses marques avec qui on n’aurait pas pu rivaliser. »Kickstarter est le seul moyen pour couper l’herbe sous le pied aux grands. « À la seconde où j’ai compris de quoi il s’agissait, j’ai su qu’il fallait y aller à fond. Thomas et Charlee sont venus vivre quatre mois chez moi. On a tout partagé : bouffe, boulot, insomnies. »

Le succès sur Kickstarter est fulgurant. En 33 jours (« on a fait le choix d’un délai très court, car on voulait bluffer tout le monde »), 600 000 € sont récoltés. Cependant, tout ne se passe pas comme prévu. Les livraisons programmées pour fin 2015 n’ont pas encore commencé à l’heure d’écrire ces lignes et ont été reportées à… novembre 2016. Que s’est-il passé ? « Rien de particulier », explique Laurent Wéry, « 84 % des projets qui ont dépassé le million de dollars sur Kickstarter ont entre 12 et 24 mois de retard. On en aura 12. »

Une pilule difficile à avaler ? Les 1626 backers (les contributeurs sur Kickstarter) sont pour la plupart compréhensifs, mais pas tous. « On leur répond qu’ils auront un produit plus performant que celui de départ. On a des réactions amusées et d’autres beaucoup moins marrantes. Mais on les gère. » L’équipe a ainsi décidé d’engager en juin dernier une community manager dont la mission principale est de répondre – en trois langues s’il vous plaît – à l’impatience des contributeurs et de communiquer de façon positive sur les avancements de la production.

 

Vers les milliards de dollars aux commandes d’une licorne

Outre le financement participatif, il y a le pari, bien plus ambitieux encore, de la grande distribution. « Depuis le début de l’aventure, nous avons reçu plus de 300 demandes de distribution provenant du monde entier, sans avoir jamais établi le contact nous-mêmes. »Slidenjoy n’a pas peur de l’intérêt de son produit et de sa marge de développement. « Selon les données à notre disposition, un milliard de personnes dans le monde possède un ordinateur de moins de 3 ans. Avec l’objectif, plus qu’accessible à nos yeux, d’atteindre dans les deux ans 1 % de ces personnes, l’entreprise projette des ventes annuelles de 5 milliards de dollars américains. »Des chiffres prévisionnels colossaux que certains commentateurs invitent à prendre avec des pincettes, même s’ils ne demandent qu’à y croire.

Laurent Wéry croit dur comme fer que Slidenjoy sera une de ces « licornes » (le terme unicorn, en anglais, désigne une start-up dont la valorisation a atteint le milliard de dollars, il y en a une centaine à travers le monde) et plusieurs grands noms du monde des affaires et des start-up le suivent avec attention. « J’ai rencontré Albert Frère à plusieurs reprises. Et on a ouvert notre capital à Oussama Ammar de The Family à Paris pour lancer une campagne marketing mondiale. On est considéré comme une pépite par un gars qui a déjà vendu plusieurs start-up à des centaines de millions d’euros. Ce n’est pas rien. »

En tout cas, un contrat avec Saturn (la maison mère de Media Markt) présage le meilleur. 45 000 pièces ont été commandées pour 200 magasins à livrer pour la fin 2016 et qui, selon les prévisions de la marque, devraient s’écouler en trois semaines. « Cela représente 17 000 000 €, mais notre contrat global est plus large. » Le Media Markt de Gosselies sera parmi les premiers livrés.

 

 

L’assemblage belge grâce à une main-d’œuvre carcérale

Le projet a-t-il reçu l’aide de la Région wallonne ? « Non. On était un peu fâchés eux et moi, mais on a tous changé d’avis depuis lors. Je leur reprochais leur inefficacité. Aller chercher 50 000 € par leur intermédiaire prenait plus de temps que d’obtenir le double via crowdfunding. Ils étaient lents et scabreux. Mais ils ont revu leur copie et simplifié le système de subsides, c’est beaucoup plus efficace aujourd’hui. »Le développement s’est fait surtout grâce au buzz sur Kickstarter.

Et Slidenjoy doit ce succès au fait que son accessoire représente une grande avancée technologique : « Media Markt dit de nous que nous sommes l’invention technologique la plus significative depuis la montre connectée ». Une technologie complexe qui a nécessité de nombreux brevets et, surtout, le travail de beaucoup d’ingénieurs. « On a fait développer le produit par le bureau d’études liégeois IOL. Les ingénieurs qui ont bossé dessus nous ont pris pas mal d’argent, mais ils ont été très bons. C’est le jeu. »

Le produit développé en Belgique a besoin de plusieurs pièces de provenance différentes. « Les écrans sont chinois, la technologique vient d’Angleterre et d’Allemagne et les charnières d’Allemagne. Le temps de montage est de six minutes par unité. On le fera à Charleroi, car on veut avoir les yeux dessus. » À la question du nombre d’emplois créés, Laurent Wéry tourne un peu autour du pot. C’est que, on l’apprendra dans Le Soir, ce sont des prisonniers qui se chargeront du préassemblage. « Cela nous coûte 2 € au lieu de 0,50 € si on le faisait en Chine. On préfère faire ça chez nous. »

 

En ligne de mire

Mais si Slidenjoy prend de l’ampleur, y aura-t-il tout de même un impact pour l’économie wallonne ? « Si on ne vend pas l’entreprise, ça va représenter plusieurs dizaines d’emplois. Mais si on a des propositions, on doit dire oui. On ne peut pas refuser des choses qui ne se refusent pas. Il faut vendre et passer à autre chose. »Pas sûr que Slidenjoy reste belge très longtemps encore, vu qu’apparemment, les propositions affluent déjà. Et puis, les membres fondateurs de Slidenjoy ont déjà le nez tourné vers leurs prochaines aventures communes. « On a d’autres idées, une quinzaine, dont cinq qui pourraient faire aussi bien que Slidenjoy. » On nous parle notamment d’une technologie révolutionnaire pour augmenter la capacité des poches de sang, mais on n’en saura pas plus... pour l’instant.

www.slidenjoy.com


 

Chiffres clés

300 propositions de distributeurs

700 articles de presse à travers le monde

Plus de 35 000 likes sur les réseaux sociaux

Plus de 6000 unités précommandées

600 000 € récoltés via Kickstarter

Près de 2 000 000 € de prévente

95 % de chiffre d’affaires via l’exportation


 

Laurent Wéry

Il avait lancé sa première boîte « avec les 3000 francs belges que mon père m’avait donnés » dans l’industrie du packaging pour des marques de luxe. Sa main-d’œuvre était alors… carcérale. Le job a fini par ne plus lui convenir, nous dit-il, il revend et se lance dans l’événementiel en proposant un concept d’hôtel éphémère, appelé Tender2. Son talent pour les affaires et son franc-parler sont des atouts majeurs pour la réussite de Slidenjoy, dont il est propriétaire.

Thomas Castro

Il est une « machine à idées », des idées que ses deux acolytes sont là pour trier et structurer. Diplômé en informatique de gestion en 2014 à la Haute École Louvain en Hainaut (HELHa), il lance avec des amis carolos le premier coworking digital en 2015. Auparavant, il participe à l’aventure Tender2, l’hôtel éphémère conçu par Laurent Wéry, en tant que photographe, avant de proposer à Laurent et Charlee de monter Slidenjoy.

Charlee Jeunehomme

Il est lui aussi passé par la HELHa dont il sort en 2012 avec un diplôme en web development. En 2010, il génère un « buzz », pour reprendre ses termes, en créant une application Facebook qui comptera 806 000 inscrits en une journée à peine. Deux ans plus tard, son CV via Twitter lui vaudra des dizaines d’interviews. Son « profil adaptable et qui sait évoluer très vite » fait de lui « le collègue idéal »,ajoutent ses associés.

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WorldSkills, connu pour son Mondial des métiers, est la vitrine internationale des professions manuelles, techniques et technologiques. Mais c’est beaucoup, beaucoup plus que l’organisation de championnats...

 

Derrière l’appellation générique de WorldSkills, il y a d’abord un enracinement dans l’histoire. L’Espagne lance, en 1950, le premier concours international des métiers. Une initiative relayée les années suivantes par plusieurs pays européens, dont la Belgique. Il faut cependant attendre 2005 et la compétition internationale d’Helsinki pour que le mouvement explose – le nombre de pays membres et de compétiteurs a depuis doublé – et que son organisation trouve sa forme actuelle.

 

Deux mains et une tête bien remplie

Les compétitions, bien suivies et relayées par les médias, ne représentent pourtant que la pointe de l’iceberg. En parallèle, WorldSkills Belgium mène un travail de fond moins médiatisé en vue de soutenir durablement les filières de formation professionnelle à l’attention des jeunes en organisant notamment de nombreuses animations de découvertes des métiers. Portée par le slogan « L’avenir, c’est deux mains », l’association entend démontrer que, non seulement, l’économie mondiale ne peut se passer de main-d’œuvre qualifiée à qui elle offre des débouchés stables, mais aussi qu’un métier manuel, technique ou technologique est une formidable opportunité d’accomplissement personnel. Il est frustrant de soutenir le développement des filières qualifiantes alors que, malgré leur haute valeur ajoutée, elles n’ont toujours pas la réputation qu’elles méritent. Les préjugés sont tenaces et nombre d’entre nous sont toujours persuadés que l’ascenseur social monte uniquement grâce auxétudes générales et universitaires. Le défi de WorldSkills Belgium consiste donc à convaincre un jeune d’oser faire le choix d’un métier manuel pour réussir sa vie. Mais lentement, les mentalités évolueraient, si l’on en croit le développement d’un système de formation par alternance (ou duale) particulièrement développé dans la communauté germanophone de Belgique. Un pied à l’école, unpied dans l’entreprise : la solution ? C’est prouvé ! Intégrer une expérience de travail en même temps qu’une formation générale est la garantie d’un apprentissage motivant visant l’excellence. « Je défie un carreleur ou un charpentier de remettre un devis exact s’il n’a pas de notions en géométrie. Comment devenir dessinateur industriel assisté par ordinateur si vous n’êtes pas capable d’utiliser un didacticiel en anglais et que vous ne comprenez pas ce que sont un algorithme et une intégrale », interroge Francis Hourant, directeur de WorldSkills Belgium. La réponse, il la connaît. Les champions, notamment les médaillés d’or, sont aussi des jeunes gens qui obtiennent d’excellents résultats dans les cours généraux. Un constat qui s’applique à l’apprentissage des langues étrangères qui, de l’avis des compétiteurs, leur manque cruellement pour s’ouvrir au monde.

La force des compétences, Francis Hourant l’avait suggérée en son temps à qui de droit en ces termes : « Monsieur le Ministre, vous pouvez avoir les meilleurs ingénieurs du monde pour vous dessiner une éolienne, si vous n’avez pas un soudeur, un grutier, un électromécanicien, votre éolienne restera de papier. »

 

Ne dites plus garagiste, mais mécatronicien

WorldSkills International a de l’ambition comme ses compétiteurs. L’objectif serait de devenir le « Hub » mondial (une plate-forme d’échanges) de l’information sur les métiers et la formation professionnelle. Les compétitions constituent un outil précieux pour atteindre ce but, car elles permettent de réfléchir à l’évolution des filières professionnelles. C’est exactement comme aux Jeux Olympiques où de nouveaux sports apparaissent, tandis que d’autres disparaissent, car ils ne sont plus pratiqués. « Nous nous posons la même question. Quels sont les nouveaux métiers représentatifs des besoins de l’économie que nous allons introduire dans nos compétitions ? Une étude du Foremmontre que 50 % des enfants qui naissent aujourd’hui pratiqueront un métier qui n’existe pas encore. C’est une donnée essentielle pour les jeunes qui cherchent une orientation. Je vous cite un exemple. Si un jeune souhaite aujourd’hui devenir tailleur de pierre ou imprimeur, il doit réaliser qu’il évoluera probablement plus dans l’art. S’il veut travailler dans la mécanique et l’ingénierie, il ne sera plusgaragiste, mais électromécanicien ou mécatronicien. Des métiers s’effacent au profit d’autres. »

WorldSkills est un révélateur de ces tendances qui correspondent aux besoins économiques contemporains et futurs. Des données qui devraient idéalement être redistribuées dans les écoles grâce, notamment, au travail des experts de l’association (des enseignants, des formateurs, des indépendants). « Nous tâchons, en Belgique, d’informer les filières professionnelles et de les faire bénéficier de l’expérience technique et pédagogique acquise par les experts grâce aux échanges qu’ils ont tant en Belgique qu’à l’international lors des compétitions. Nous n’y parvenons pas comme nous le voudrions, mais cela évolue. »

 

Sur la plus haute marche du podium

La Finlande ! Sans aucun doute le premier pays à avoir tout compris en matière d’éducation et de formation. Les Finlandais ont créé une Académie de manière à utiliser les compétitions de WorldSkillscomme outil pédagogique. Le principe est simple. Les experts finnois qui accompagnent les finalistes aux EuroSkills ou WorldSkills sont priés d’être attentifs à ce qui se fait d’intéressant à l’étranger en matière d’enseignement dans les filières manuelles afin d’adapter (et de tirer vers le haut) leur propre système éducatif. WorldSkills Belgium ambitionne d’importer le système des vases communicants finlandais en Belgique. Selon Francis Hourant, l’objectif des quatre prochaines années est que les experts et membres des jurys puissent, dans leurs sphères de travail réciproques, partager leur expérience. « Nous avons beaucoup à apporter à notre système d’enseignement. Notre dynamique d’échanges internationaux nous permet d’évaluer de manière constante et de rehausser nos compétences en matière de connaissance des métiers. »

 

Belgian Team EuroSkills 2016

Cap sur Göteborg ! Après le Mondial 2015 des Métiers à São Paulo, cette année est consacrée, suivant le principe de l’alternance, aux championnats régionaux. Une compétition EuroSkills est donc prévue pour les sélectionnés du Belgian Team 2016. Au terme d’un long processus éliminatoire, 25 jeunes gens obtiennent un sésame pour la Suède. Une sélection impitoyable quand on sait qu’ilsétaient 752 inscrits aux présélections. En plus d’une formation technique unique donnée par les experts, les 90 finalistes des Startech’s Days (trois médaillés d’or, d’argent et de bronze représentant 30 métiers) ont reçu, pour la première fois dans l’histoire des compétitions, une formation au soft skills, c’est-à-dire en gestion personnelle. Le savoir-être est aussi précieux que le savoir- faire. La motivation, la capacité et la volonté d’apprentissage, la marge de progression technique, la gestiondu stress, l’esprit d’équipe... autant de facteurs qui ont été évalués par des team leaders et pris en compte pour désigner, parmi les 90 médaillés, ceux ou celles qui représenteront la Belgique et leur métier à Göteborg.

Et ce n’est pas nécessairement le médaillé d’or du podium qui partira. L’excellence acquise durant une formation est une chose, tenir physiquement et mentalement face aux contraintes d’une compétition en est une autre. Il est par ailleurs intéressant de noter qu’une enquête auprès des finalistes dévoile que 90 % des finalistes des Startech’s Days s’y sont inscrits pour vivre une expérience professionnelle et humaine supplémentaire avant même de penser à partir à l’étranger. Cependant, un jeune qui concourt au championnat national des métiers gagne un à deux ans d’expérience. S’il est sélectionné pour l’Europe ou le monde, il fait un bond qualitatif de cinq ans. D’un coup !

 

Les métiers sont-ils suffisamment connectés ?

Namur accueillera en mai 2017 une conférence internationale pour souligner les impacts de la société digitale sur la formation et les métiers techniques. Regards et expériences croisés de pays membres de WorldSkills avec ceux de nos acteurs régionaux, en un lieu symbolique, le Château de Namur, école d’application liée à l’École hôtelière de la Province.

 

RENSEIGNEMENTS : 
WorldSkills Belgium
Square Masson, 1/15
B-5000 Namur
+32 (0)81 40 86 10
 

www.worldskillsbelgium.be


BARTHÉLÉMY DEUTSCH remet le couvert

Barthélémy, c’est le champion du service en salle. Il incarne le jeune qui en veut et qui a pu saisir lesopportunités offertes par WorldSkills pour aller loin, très loin... Médaillé d’or en 2013 aux Startech’s Days, il est parti, a 20 ans, au Mondial de Leipzig. Il ne monte pas sur le podium, mais est repéré par le célèbre restaurant britannique The Fat Duck qui l’engage. Ironie du sort, Barthélémy a échoué àLeipzig, car il ne comprenait rien aux consignes qui lui étaient données en anglais ! Devenu parfaitement bilingue (et chef de rang), il parcourt le monde pour encore en apprendre davantage. À 23 ans, la compétition lui manque. Il se représente aux Startech’s Day 2016, est de nouveau couronné d’or et espère (NDLR : la décision est attendue au moment  nous mettons sous presse) êtresélectionné pour l’EuroSkills de Göteborg. Gagnant, il l’est déjà. « Cette année, plus qu’une médaille, j’ai bénéficié d’une formation hors norme qui étend mes compétences au-delà de la sphère de mon métier. Nous avons par exemple participé avec notre expert Dominique Bal à la finale belge des cocktails. Une manière de nous apprendre des techniques nouvelles, de travailler les produits et d’affiner nos connaissances en matière de goûts. Nous avons reçu une formation de la part de l’ancien maître d’hôtel du Palais royal qui nous a appris ce qu’était le protocole et comment dresser une table parfaite. Au restaurant Comme chez soi, c’est Monsieur Jacques qui nous a expliqué comment gérer de bonnes relations avec le client. Ce sont des apports inestimables qui feront de moi un meilleur compétiteur, un meilleur professionnel. » Sélectionnés par WorldSkills sur base d’un dossier de candidature, neuf champions issus de tous les continents sont les ambassadeurs mondiaux du projet WorldSkills pendant deux ans. Barthélemy Deutsch fait partie de ce WorldSkills Champions Trust et reçoit en bonus des formations internationales. Son objectif ? Transmettre les valeurs de WorldSkills, ici et ailleurs.

 

ANAÏS PIRART, une source d’inspiration

Son école, l’École Secondaire Provinciale d’Andenne, est fière d’elle. Elle est fière d’elle-même (et elle a raison). Mais surtout, « avoir gagné la médaille d’or au championnat national dans le métier “coiffure”, je le vois bien, ça motive les élèves des classes inférieures », commente simplement Anaïs Pirart. Grâce à sa médaille, Anaïs, qui espère monter au championnat européen, n’est pas une star, mais un exemple à suivre pour des jeunes gens prêts à tenter les Startech’s Days afin de mettre en valeur le métier qu’ils ont choisi d’exercer. Anaïs, 19 ans, est en dernière année de coiffure. A 17 ans,elle avait déjà tenté la sélection nationale. « Une première compétition, une première expérience qui m’a permis de grandir. Les concours, j’aime cela, car ils me donnent des objectifs. » Anais vient de vivre le week-end de formation aux soft skills et c’est sereinement qu’elle attend la décision de WorldSkills Belgium. Partira ou ne partira pas à Göteborg ? « J’y crois, mais ce n’est pas grave si je ne suis pas sélectionnée dans le Belgian Team. J’ai appris à avoir confiance en moi et que le travail donne toujours des résultats. »

 


WORLDSKILLS, UNE STRUCTURE À TROIS NIVEAUX

 

01. Mondial WorldSkills International (WSI) regroupe 75 pays membres répartis dans cinq régions du monde. L’organisation représente 70 % de la population mondiale.

02. Régional : les pays membres de WSI se distribuent dans cinq régions (Europe, Amérique, Océanie,Asie et les pays du Golfe arabique). Un objectif : créer prochainement une sixième région africaine. LaBelgique relève de la région Europe, WorldSkills Europe (WSE), qui réunit 28 pays.

03. National : chaque pays membre est représenté par une organisation accréditée aux niveaux international et régional. WorldSkills Belgium est le représentant off iciel en Belgique de WorldSkillsInternational et WorldSkills Europe.

 

De l’or, de l’argent et du bronze

Des championnats sont organisés aux trois niveaux de la structure. La Belgique organise chaque année un championnat national des métiers, les Startech’s Days. Le Belgian Team (sélection parmi les médaillés des Startech’s Days) concourt, en alternance, au championnat européen (EuroSkills) les années paires (chaque pays membre concourt dans sa région) et au Mondial des métiers (WorldSkills) les années impaires. Chaque finaliste national n’a le droit de participer qu’une seule fois à une compétition régionale et à une compétition mondiale dans la limite de la tranche d’âges (maximum25 ans l’année du concours en Europe et 22 ans au Mondial). EuroSkills Göteborg (Suède) accueillera, du 29 novembre au 1er décembre 2016, le Belgian Team 2016. En octobre 2017, le 44e Mondial des métiers sera organisé à Abu Dhabi.


ON NOTICE

Un métier est on notice, c’est-à-dire en danger, si moins de douze pays au niveau mondial et sept auniveau régional s’inscrivent dans une compétition. Aux compétitions suivantes correspondantes, si lasituation se répète, le métier disparaît. C’est le cas de l’imprimerie qui a déjà disparu du niveaueuropéen. Au Mondial 2015 de Sao Paulo, seuls onze pays ont participé à la compétition. L’imprimerie est donc on notice et son sort se jouera au prochain Mondial, en 2017, à Abu Dhabi. La taille de pierre est dans le même cas. A l’inverse, de nouveaux métiers tentent de s’imposer, comme la gestion logistique, l’aquatronic (la gestion de l’eau) ou le game development (la création de jeux vidéo).


LES COMPÉTITIONS DE WORLDSKILLS, C’EST UN PEU LA VIE EN RACCOURCI

Spécialisé en développement personnel depuis une vingtaine d’années, Jean-Claude Raskin, coachmental, encadre le Belgian Team au niveau de la communication générale, de la gestion du stress et de la motivation des jeunes avant et pendant les compétitions. « La compétition se fait d’abord vis-à-vis de soi-même. Ce que je demande aux jeunes, c’est de se dépasser non pour écraser les autres, mais pour être fiers d’eux-mêmes. Quel que soit le résultat, cette attitude leur permet de ne pas être (trop) déçus s’ils ne sont pas sur le podium. Au niveau de la sélection des médaillés des Startech’sDays, mon rôle comme celui d’autres collègues est d’aider les experts techniques à identifier, lorsqu’il y a un doute, les jeunes qui monteront en compétition européenne ou mondiale. Un jeune excellent dans son métier peut se révéler, après un week-end d’épreuves sportives, mentales et psychologiques, très fragile face à la pression. » Ou réfractaire à la discipline !

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Développer une série animée innovante pour les tout-petits, voilà le pari de ToonYou depuis 2014. Aujourd’hui, l’objectif est atteint haut la main. Mais, la start-up a encore plein de projets ambitieux dans sa sacoche. Rencontre avec son cofondateur, Alexandre Touret.

 

Alexandre Touret a de quoi être fier. L’application « ToonYou : My Dream Jobs » lancée par la start-up du même nom dont il est le cofondateur a le vent en poupe. Simple à télécharger, et disponible sur téléphone (iOS, Android ou Windows Phone) mais aussi sur PC/Mac, elle a rapidement conquis de nombreux parents. Se présentant comme une série télévisée pour enfants, son but est d’illustrer,dans chaque épisode, un métier différent expliqué aux 2-6 ans. « Les épisodes, d’une durée de trois minutes, se regardent en famille pour les 2-5 ans, et les 5-6 ans peuvent les visionner seuls », précise le jeune patron.

La particularité de l’appli ? Être une série d’animation TV « personnalisée » à l’aide des parents (un seul ou les deux) qui ont la possibilité de télécharger une photo de leur visage et de celui de leur enfant avant le début de « l’expérience », comme on dit dans le jargon.

 

Rendre l’enfant plus attentif

En 2012, une enquête menée par le groupe Nickelodeon montre que 90 % des enfants considèrent leurs parents comme leurs héros N° 1. Alors, pourquoi ne pas les mettre en scène ? « ToonYou : MyDream Jobs » consiste à faire découvrir à l’enfant le métier de l’épisode à travers les membres de sa propre famille qui en deviennent les protagonistes : astronaute, trapéziste, pompier, facteur, informaticien et bien d’autres encore. Ils y évoluent au travers de petites aventures drôles et pédagogiques. « Notre travail se base sur une réflexion menée avec des pédopsychiatres et sur ce que l’on appelle le réflexe neurophysiologique : l’enfant est pourvu d’un instinct qui lui permet de retenir la combinaison unique nez-bouche-yeux de ses parents qu’il va plus écouter que les autres adultes. » Chacun des 70 épisodes déjà produits permet ainsi d’immerger véritablement l’enfant (et les parents) dans l’histoire du dessin animé.

Bien sûr, entre un enfant de 2 ou 6 ans, la perception ne sera pas la même. « Grâce à la personnalisation, le dessin animé va intéresser les tout-petits dès 2 ans. Eux vont voir leur maman qui ouvre un stand de limonades avec des catastrophes en cascade. Les plus grands comprendront le lien avec le métier décrit qui peut se révéler compliqué au quotidien : celui d’entrepreneur. » Alexandre Touret parle d’expérience, il a deux petits cobayes à la maison : « J’ai des enfants de 2 et 5 ans. Grâce à eux, je me suis clairement rendu compte qu’il fallait ajouter des sourires et une bonne dose d’humour, on a privilégié les petites blagues pour “supporter” l’aspect éducatif de notre série. »

 

Réalité enfantine

Les concepteurs ont été chercher l’inspiration à la source : chez leur public cible ! Par exemple, dans la relation que l’enfant peut entretenir avec le papier et le carton, des matières de bricolage qu’il utilise fréquemment et qui sont les matériaux de la série. Puis, dans la manière de concevoir les scénarios. « On voulait entrer littéralement dans le monde et l’imagination des enfants. Ceux-ci ont une faculté dingue à se raconter des histoires. Ils prennent n’importe quel objet proche et les font jouer ensemble.On voulait rendre cette spontanéité, faire en sorte que notre personnage animé se déplace et fasse des trucs extraordinaires, comme un enfant pourrait les imaginer. »

La start-up réfléchit d’ailleurs à développer ces « paper toys » pour les imprimer et en faire des livres personnalisés. « On a eu une bonne idée avec les livres partiellement personnalisés en librairie. Les parents donnent les infos nécessaires dans l’appli et nous, on leur envoie le livre réalisé à partir de cela. Aux États-Unis, le site LostMy.Name a vendu des millions de livres en jouant sur la disparition du prénom de l’enfant (prénom encodé par le parent sur le site) que celui-ci recherche à travers son ouvrage personnalisé. Aujourd’hui, on a des outils pour divertir les enfants différemment, à nous deles utiliser ! »

 

Une concurrence impitoyable

Le succès de ToonYou est d’autant plus notable que la concurrence est très présente sur le marché du dessin animé. « Une série d’animation coûte très cher, les besoins de production sont importants et les questions de coproduction souvent compliquées. Les principales boîtes sur le marché sont de véritables machines à gaz assez impressionnantes. Mais on savait que sur un public cible, celui des tout-petits, on pouvait apporter quelque chose avec des moyens moins élevés tout en répondant à une nouvelle attente. » L’approche avec laquelle ToonYou évoque les métiers, thématique centrale, était assez innovante. « Il fallait créer sinon des vocations au moins des curiosités et expliquer les métiers de façon plus complète et actualisée : arrêter de ne parler “que” des pompiers, des policiers ou des infirmières, mais montrer que l’éventail est beaucoup plus large et intéressant ! » Ainsi, « ToonYou : My Dream Jobs » fait la part belle à des professions nouvelles ou moins populaires : DJ, informaticien, professeur, chocolatier, sculpteur, soldat de la paix, éboueur, pour ne citer que celles-là.

L’ambition affichée de la start-up est d’apporter quelque chose de différent dans le divertissement etl’animation pour enfants. « On est persuadé qu’il existe énormément d’applis pour enfants où il y a surabondance d’interactivités alors que, les médecins le disent, il y a un besoin chez l’enfant de divertissements passifs qui permettent de se reposer, car les enfants sont beaucoup plus sollicités qu’avant (école, exercices intellectuels, jeux vidéo, etc.). Nous nous situons entre les deux, le dessin animé passif, mais avec une touche d’humanité. »

 

Une prouesse technologique

On voit que les clés du succès de ToonYou sont le caractère éducatif de ses contenus et l’innovation visuelle que permet la personnalisation du dessin animé. Mais pas seulement. Pour arriver à la notoriété, les concepteurs savaient qu’il fallait innover dans le format court à destination de nouveaux supports, autres que la télé. « 40 % des jeunes enfants regardent leur divertissement sur tablette ou téléphone, nous avons donc pensé notre produit sous forme d’application et pour le web », explique Alexandre Touret.

En tout, pour l’application et son extension digitale, sept personnes ont travaillé à temps plein pendant 18 mois. Les défis étaient nombreux. « Qu’est-ce qui est techniquement possible ? Quel est le procédé visuel approprié ? On a opté pour la réalisation de cette série en paper toys et en stop motion, à la Wallace et Gromit, une technique que l’on connaissait pour l’avoir déjà utilisée. Pour les trucages, on a travaillé sur les déformations visuelles, l’apparition de fumée, nuages, etc. » Mais la plus grosse prouesse reste le moteur de spécialisation. « On a mis au point un moteur de personnalisation qui génère plus de 100 expressions d’après un seul et unique portrait téléchargé. Cela nous permet d’appliquer des pleurs, un sourire, de la surprise au visage du personnage, des émotions qui correspondent à l’histoire et la rendent plus réelle, plus plausible. »

Aujourd’hui, ToonYou est disponible sur Google Play, iTunes, mais également sur le Windows store, etc. Bref, « on couvre 100 % du marché des applis grâce à un accompagnement de Microsoft pour la mise au point d’une application que vous pouvez installer sur votre PC ou votre tablette, comme un vrai programme ». Vu l’âge du public cible, les appareils utilisés sont ceux des parents. « On voulait un outil “ATAWAD” (any time anywhere any device). Cela ne veut pas dire pour autant que le parent est déresponsabilisé. On va mettre en ligne un mode “lire toutes mes vidéos” qui permet le visionnage des épisodes les uns à la suite des autres sans interruption. On laisse donc les parents prendre la décision d’arrêter la lecture quand ils estiment que l’enfant a passé suffisamment de temps devant un écran. »

 

RTBF, Amélie Nothomb ou encore le fondateur de Google

Pour la réalisation des personnages de la version télé, ToonYou a fait appel à des invités de choix. « Amélie Nothomb a accepté de prêter son visage pour l’épisode sur le métier d’écrivain, Larry Page, le fondateur de Google, sera notre informaticien et on attend pour communiquer sur une autre très grande personnalité américaine... », sourit Alexandre Touret.

Le premier partenariat de ToonYou s’est très rapidement mis en place. « Quand on s’est rendu compte, fin 2014, que le projet était possible technologiquement, on a développé notre produit et on en a parlé à la RTBF qui est très vite devenue partenaire. Ce qui les intéressait, c’est qu’on n’était jamais dans le gadget. Chez nous, pas de cartes de voeux à envoyer à sa grand-mère pour Noël ou d’animations de chats. En tant que professionnels de l’entertainment, nous proposons un contenuqualitatif avec un socle solide mêlant divertissement et pédagogie. » Grâce à un accord de diffusion signé avec la RTBF, les paper toys à tête carrée de ToonYou passent à présent deux fois par jour sur La Trois et les épisodes sont tous accessibles sur le site d’OUFtivi.

Mais ce n’est pas tout. « Par la même occasion, nous avons convaincu le groupe français Lagardère, qui a une antenne de distribution de programmes, de nous prendre en mandat. Ce qui signifie que nous sommes intégrés à leur catalogue et que nous pouvons être achetés par des chaînes du monde entier. » Ainsi, ToonYou sera diffusée dès septembre sur la chaîne Unis/TV5 au Canada ainsi que par Majid Kids TV au Moyen-Orient et des discussions sont également en cours avec la Corée du Sud.

 

L’aventure… commence

En plus des collaborations, ToonYou a, en quelques mois, reçu de nombreux prix qui sont autant de confirmations de son succès : le prix du jury au MIP Junior, le plus gros salon d’achat de contenus audiovisuels à Cannes, ainsi que le prix Crossmedia de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD). Les concepteurs sont également lauréats Boost up! et ont terminé dans le top 12 de la mondialement connue Creative Business Cup à Copenhague en représentant la Belgique parmi des centaines de concurrents.

Des envies d’international ? ToonYou n’en manque pas avec des contenus déjà disponibles dans deux langues (français et anglais), mais « nous restons très actifs sur le réseau wallon. Les fonds d’investissement en Wallonie sont très efficaces et accompagnent les stratégies de façon trèsproactive en aidant vraiment au développement. Nous nous situons également dans un lieu à Mont-Saint-Guibert, le Creative Spark, sorte de pépinière pour start-up, avec d’autres comme ilooove.it ou encore Speaky et dans lequel nous nous sentons très bien ».

ToonYou a fait ses preuves. « Suite au développement de l’appli et la manière dont elle s’exporte bien, nous avons réalisé une version 2.0 qui sera disponible pour l’été ! Quant au site web, www.toonyou.com, la nouvelle version vient d’être mise en ligne : encore plus fluide, dynamique et simple d’utilisation, explique fièrement Alexandre Touret, et on travaille déjà sur la suite, "My DreamPets", destinée aux enfants un peu plus grands et qui se focalisera donc sur les animaux. Pour vous mettre dans le secret : la série sera particulière, car l’enfant se réveillera chaque matin avec la missionde résoudre les problèmes de son quotidien grâce à des animaux. » En fin d’année, ToonYou mettra aussi sur pied une levée de fonds à laquelle les particuliers pourront participer. Affaire à suivre !

 

www.toonyou.com


L’application ToonYou est gratuite et dispose d’un accès Premium à partir de 0,99 €.
Disponible sur iOS, Android et Windows Phone. Ainsi que sur PC et Mac.

 

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David, Benjamin et Ludovic forment un trio de petits génies autodidactes. Leur point commun ? Se lancer dans le monde entrepreneurial et créer leur propre société. En moins de deux ans, Speaky adéjà su séduire plus de 200 000 utilisateurs dans le monde. Leur motivation ? Se lever avec le sourire, être bien dans leurs baskets et voir leur projet aboutir.

 

Les bureaux du Creative Spark, sorte de pépinières à start-up, regorgent d’esprits créatifs cachés derrière une multitude d’écrans d’ordinateur. Les frères David et Benjamin Defrenne et leur ami Ludovic Chevalier, co-fondateurs de Speaky SPRL, ne dérogent pas à la règle. Du haut de leurs 25 et 26 ans, les trois jeunes ingénieurs (en informatique, mathématiques appliquées et gestion) fraîchement diplômés de l’UCL se laissent guider par leur instinct. Ils veulent créer leur propre boîte. Un passage par NEST’up, l’accélérateur de start-up, leur ouvre les yeux sur la marche à suivre. Le but ? Vérifier le plus rapidement possible qu’une idée a une chance de fonctionner et l’amener sur le marché.

 

Sur les chapeaux de roues

La première pierre de l’édifice est posée le 1er septembre 2014. Durant quelques mois, les comparses se partagent les divans d’une véranda familiale. Soutenus par leurs parents, ils se concentrent sur leur projet. Un mois plus tard, la plate-forme Speaky en version 1.0 voit le jour. « Durant notre enfance et adolescence, on a suivi des cours de langues à l’école sans réellement apprendre à les utiliser, explique David, co-fondateur. Ensuite, partis en échange Erasmus à Séville, Valence et Shanghai, nous nous sommes tous trois rendu compte de la facilité d’apprendre une langue en côtoyant des locaux avec qui nous partageons des intérêts communs. À vrai dire, s’exprimer sur un sujet qui nous interpelle est motivant. Il s’agit de situations réelles. C’est cette expérience qu’on a voulu recréer via notre plate-forme entièrement gratuite : être au contact de gens qui veulent apprendre des langues et qui ont des intérêts communs. »

Au final, peu importe le projet, c’est l’esprit d’entreprendre qui prime et, plus particulièrement, l’envie de résoudre un problème. « À notre niveau, si on ne solutionne pas de problème, on n’a pas de raison d’être. C’est là toute l’importance de notre existence. » Sélectionnés ensuite par Bolt, accélérateur de start-up espagnol, ils prennent la direction de Malaga, en Andalousie. « Nos quatre mois sur place représentent une super expérience, aussi bien humainement que professionnellement.Sans contrainte autour de nous, nous n’avions plus qu’une seule chose en tête, Speaky. On a appris énormément, on a avancé à grands pas, on a fait beaucoup d’erreurs aussi, mais tout allait bien plus vite. Des mentors ont passé notre projet à la moulinette, afin de déboucher sur un produit optimal. »

En avril 2015, la PME active dans le domaine de l’éducation se voit octroyer une subvention de la part de l’Union Européenne. « En contrepartie de la bourse, nous sommes dans l’obligation d’utiliser certains de leurs programmes informatiques durant un certain nombre d’années. Donc le deal consiste à offrir une certaine visibilité à l’UE sur leurs produits technologiques. Typiquement, je parle ici du système de video chat qui permet de “skyper” via un navigateur. »

Ludovic, responsable marketing, s’exprime. « On a un beau challenge dans la mesure où la vision qu’on a de notre plate-forme, c’est un réseau social où toute personne qui souhaite apprendre une langue va pouvoir se connecter avec des gens qui ont le même objectif. Théoriquement, on parle ici de deux milliards de personnes. Donc le grand débat, c’est comment toucher autant de gens, et ce, sans revenu, en conservant la gratuité du site. » En juillet 2015, un accord est signé avec Altissia, la référence des cours de langues en ligne, créateur de WallanguesSpeaky représente un outil innovant pour mettre en contact tous leurs apprenants. L’accord octroie une licence exclusive à Altissiad’utiliser Speaky« En bref, nous ne générons pas d’argent via notre plate-forme, mais nous “offrons une licence” à Altissia qui, elle, nous rémunère. Outre la bourse de l’UE, ce deal nous permet de gagner notre vie et de faire vivre nos collaborateurs. »

 

Une série de petits virages

Depuis ses débuts, le projet n’a pas pris de gros tournant. Les concepteurs considèrent plutôt qu’il a emprunté une série de petits virages, progressivement. Le principe du language exchange n’a pas de limite. Pour se démarquer de leurs concurrents, les trois comparses à l’esprit joueur n’ont d’autres choix que de gagner le marché, tout simplement. « De plus en plus, on voit éclore par-ci, par-là descommunautés qui se rapprochent vraiment de la nôtre. Pour contrer ce phénomène, nous devons impérativement être les meilleurs dans notre domaine. » En toute logique, le moment est venu de prendre leur place aussi sur mobile, pour permettre d’étendre l’apprentissage sur Smartphone. « À ce niveau-là, nos concurrents sont en avance sur Android et iOS. On vient à peine de sortir nos applications. C’est tout frais, on a encore du lait derrière les oreilles », relativise David, en charge du développement sur Android.

Pour répondre à la demande, Matthieu, le cadet de la famille Defrenne, est engagé en renfort, ainsi qu’un de leurs amis, Arnaud De Backer. Les cinq jeunes autodidactes se complètent et s’épaulent. Et David de préciser : « Dans le monde de l’informatique, il n’existe pas d’autres limites que le temps. Les solutions et supports, à l’heure actuelle, sont quasiment infinis. À force de s’exercer, on apprend sur le tas. Avoir un max de compétences regroupées au sein de l’équipe nous permet de gagner de l’argent, du temps et pas mal de discussions de longue haleine. En ce moment, on a tout ce dont nous avons besoin en interne. » L’équipe peut compter sur les conseils des membres du réseau Entreprendre Bruxelles qu’elle a rejoint il y a peu ou des autres locataires du Creative Spark« Peu importe le produit, on est souvent confronté aux mêmes interrogations, aux mêmes problèmes. Partager son expérience ou demander conseil permet de sauter des étapes. Faire une erreur que quelqu’un a déjà rencontrée avant soi serait vraiment dommage. Et c’est ce qu’on essaye d’éviter. »

L’accent sur l’épanouissement

À 25 ans, débuter sa carrière dans le monde ingrat et très sélectif de l’entrepreneuriat n’est pas ce qu’on pourrait appeler une solution de facilité. Pourtant, la chance semble sourire aux trois audacieux depuis le début de l’aventure. « Chance n’est peut-être pas le terme exact, mais ce qui est certain, c’est que nous avons de belles opportunités que nous saisissons aux bons moments. Puis, nous sommes en constante recherche d’opportunités pour faire évoluer le produit. Avant de pouvoir en saisir une, on a joué 50 cartes qui, elles, n’ont abouti à rien », se souvient David.

En deux petites années, les choses ont bien évolué et la motivation reste intacte et omniprésente. Pour se démarquer de ses concurrents, Speaky doit sortir du lot et les membres de l’équipe ne ménagent pas leurs efforts pour y parvenir. David, grand sportif dans l’âme au même titre que ses camarades, rappelle toutefois que « ça reste un marathon, ce n’est pas un sprint. Il faut laisser auxgens le temps de respirer. Au début, on travaillait minimum 10 à 12 heures par jour. Après quelques mois à ce rythme, on s’est vite rendu compte qu’autant d’heures de travail par jour représentaient en quelque sorte un frein à notre productivité. Pour l’instant, on tente de réduire nos heures de boulot, en commençant toujours à 7h30, mais en terminant beaucoup plus tôt, vers 16h. Notre principe actuel nous permet de raccourcir le temps de travail tout en augmentant notre productivité et notre concentration, tout en étant plus synchronisés avec le reste de la population, nos amis notamment. De plus, nous sommes tous de grands fans de sport, de musculation en particulier. Ça nous dégage du temps pour nous défouler. C’est un peu notre culture d’entreprise », sourit David. « Nous avons convenu de ce rythme de travail suite à une réflexion commune. On s’exprime beaucoup et sans hésitation sur nos besoins individuels vis-à-vis de la boîte. On veut vraiment arriver à un équilibre on apporte à Speaky, mais Speaky nous apporte aussi. » L’épanouissement personnel représente un facteur clé dans l’évolution de la jeune société et de ces jeunes qui n’ont pas peur de l’avenir.

 

www.gospeaky.com 


SPEAKY, FRUIT DE RÉFLEXIONS COMMUNES

DAVID

« On applique une hiérarchie aussi “plate” que possible. On ne parle pas des membres de notre équipe en tant que “patrons” ou “employés”. Tout le monde est sur le même pied d’égalité. Au niveauresponsabilités, ce ne sont pas les mêmes pour tout le monde, mais chacun de nous en a ! Quand l’on exprime ses besoins, c’est très facile de brainstormer et de trouver des solutions qui plaisent à tous. Benjamin, Ludovic et moi lisons beaucoup sur le monde entrepreneurial, le développement personnel,etc. On ne pense qu’au bien de la boîte, c’est ce qui nous guide. »

BENJAMIN

« En ce qui concerne les choix stratégiques, nous impliquons tous les membres de l’équipe. L’avis de chacun compte. C’est un élément essentiel pour la cohésion et l’évolution de l’entreprise. »

ARNAUD

« Précédemment, je travaillais pour une société de consultance informatique. J’y étais justedéveloppeur. Je veux dire par là qu’on ne m’a jamais demandé de faire plus que ce que je savais déjà faire, ce qui me paraissait un petit peu réducteur. On ne me faisait pas participer aux discussions stratégiques sur le logiciel que j’étais en train d’implémenter. J’avais une portée bien moindre que chez Speaky. Ici, je me sens totalement impliqué dans le projet, et ce, depuis le début. Cela donne l’impression que notre boulot représente déjà un investissement en soi. Je me vois évoluer et j’en apprends plus quotidiennement. »


SPEAKY EN CHIFFRES
2014
Le 6 octobre 2014 marque le lancement de la plate-forme. Depuis lors, le site est méconnaissable, il n’a cessé d’évoluer.
 
113
113 langues sont disponibles à ce jour, parmi lesquels le sanskrit, le berbère, le zoulou, le latin… etmeme le klingon !
 
1000
Chaque jour, Speaky comptabilise environ 1000 nouveaux inscrits. Ce chiffre ne cesse de croître.
 
200 000
Actuellement, Speaky compte 200 000 utilisateurs. Pour fin septembre, l’objectif s’élève à 400 000 inscrits.
 
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Transmuter le plomb en or ou l’eau en vin. Spectaculaire !

Et le macaron en trésor ? Un étudiant de 23 ans l’a fait. Michaël Labro, aspirant médecin, 

passionné de pâtisserie depuis l’enfance, est le créateur d’une success story au goût d’amande.

 

Né sous une bonne étoile, Michaël Labro a foulé les pistes d’un manège équestre dès son enfance. Aux côtés de ses parents ingénieurs, le petit pâtissier avait déjà le tour pour conjuguer ses passionsavec un certain sens des affaires. Tous les week-ends, il concoctait des douceurs qu’il revendait aux cavaliers. « Je vendais mes pâtisseries pour quelques euros seulement. L’objectif n’était pas de faire du bénéfice, juste de rentrer dans les frais des matières premières pour continuer chaque semaine », se souvient-il. En 2010, il reçoit un bon d’achat FNAC de 20 € qu’il investit dans un livre sur les macarons. Ces petites douceurs deviennent tendance et promettent un défi à la hauteur des ambitions de Michaël. Le bricolage ne suffit plus pour obtenir un résultat satisfaisant. Perfectionniste et cabochard, le jeune Labro ose tout et contacte Mercotte pour peaufiner ses productions. La critique culinaire et gastronome française qui anime l’émission télévisée « Le Meilleur Pâtissier » répond au Liégeois et lui transmet quelques astuces.

À force d’obstination et de curiosité, l’adolescent parvient à réaliser les macarons de ses rêves. Et l’aubaine n’a pas échappé au meilleur ami de Michaël… Antoine, tombé sous le charme des macarons Labro, a l’idée de commercialiser ces petits bijoux. Ils étaient en dernière année de secondaire quand ils se sont lancés sur le marché via le porte-à-porte. Ensemble, ils préparaient les macarons, les emballaient, les livraient et géraient les commandes… qui ont d’ailleurs très vite décollé. Voisins, connaissances et cibles du bouche-à-oreille se sont laissés séduire, à un tel point que les demandes se comptaient par centaines.

Victime de son succès, Michaël Labro a rapidement dû s’émanciper de la cuisine familiale quidevenait trop petite. Il avait 18 ans quand il a ouvert son premier atelier de macarons à Grivegnée. Un petit espace de 80 m² qui répondait à toutes les exigences de l’AFSCA lui a alors permis de réaliser plusieurs centaines de macarons par semaine. Toujours accompagné d’Antoine, Michaël, tout juste majeur, lance ainsi sa première petite entreprise. « M&A Macarons » était né.

 

Futur docteur et jeune entrepreneur

Michaël fait partie de ces petits gars très agaçants à qui tout réussit. Au point qu’il soit passé de lapremière année de Bachelier en médecine à la quatrième, d’une seule traite et haut la main. Tout en développant M&A Macarons, bien entendu. Et c’est dans ces années-là qu’Antoine a choisi de quitter le navire pour se consacrer exclusivement à ses études. De son côté, Michaël décide de maintenir le cap, avant même de savoir que le destin déciderait bientôt de lui donner un nouveau coup de pouce. En 2014, le Conseil d’Administration de l’Université de Liège met officiellement en place un statut d’étudiant entrepreneur. Après l’Université de Gand trois ans plus tôt, l’ULg choisit de donner la possibilité à certains étudiants de concilier plus facilement cursus académique et création d’entreprises. Une fameuse aubaine pour Michaël ! Depuis, il a bénéficié d’aménagements au niveau de ses horaires de cours et d’examens, ainsi que d’un étalement des études. Pour l’année académique 2015-2016, il réalise donc la seconde partie du BAC 4 qu’il peut organiser sur deux ans. En plus d’une liberté nouvelle au niveau des horaires, Michaël et autres étudiants entrepreneurs del’ULg peuvent aujourd’hui bénéficier d’un encadrement de leur projet entrepreneurial. Plusieurs tuteurs académiques et professionnels sont désignés pour participer au développement économique et commercial de chaque entrepreneur en formation. Pour la suite de la carrière étudiante de Michaël, le cursus universitaire en médecine prévoit principalement des stages pratiques.L’entrepreneur va donc devoir mettre ses études de côté dès l’année prochaine. Il aura alors légalement cinq ans pour débuter ses stages, avant que ses acquis théoriques ne tombent aux oubliettes. Cinq ans, donc, qu’il va consacrer à porter M&A Macarons à son plein potentiel. Et notre petit doigt nous dit que c’est en bonne voie...

 

Devenir grand

Alors que Michaël clôturait sa troisième session d’examens de fin d’année, il a signé un partenariat avec le pendant belge de la chaîne Point Chaud. Une première collaboration juteuse qui a permis à la petite entreprise de se développer et de renforcer son matériel de production sur fonds propres. La même année, Michaël a séduit Philippe Lhoestjusque là consultant en agroalimentaire. Ensemble, ils ont lancé, en 2014, « PMSweet SPRL » et ont déménagé le matériel de production dans un plus grand espace. Aujourd’hui, ils gèrent 280 m² de bureaux et d’ateliers rue de la Brasserie à Liège. Treize employés à temps plein se partagent toutes les étapes de réalisation jusqu’à l’emballage, à la main. Du côté des partenaires, PMSweet SPRL ne cesse de grandir. L’entreprise compte actuellement une centaine de clients rien qu’en Belgique, parmi lesquels on retrouve la chaîne Delhaize. Mais le marché du plat pays ne suffit plus aux gourmands ambitieux. Hong-Kong, Walmart Chine et USA, ou le Festival de Cannes (rien que ça !) se disputent aujourd’hui les macarons du Liégeois. Forte d’un carnet d’adresses chaque année plus fourni, PMSweet SPRL a enregistré un chiffre d’affaires de 250 000 € en 2014 et de 1 300 000 € en 2015.

 

Se démarquer

Si Michaël Labro doit une partie de son succès à ses talents pâtissiers, la stratégie marketing est importante. Il a en effet choisi de produire pour vendre en gros. Ainsi, il peut proposer des prix compétitifs aux distributeurs. Il ne doit pas gérer de marque grand public et se contente de démarcher d’importantes enseignes pour vendre directement en grandes quantités et à l’international. Les particuliers peuvent aussi se fournir directement à l’atelier, sur commande.

Et du côté saveur, les petites douceurs de Michaël se distinguent de la grande distribution par leur qualité. Le chocolat utilisé vient directement de chez Valrhona. Aucun macaron n’est fait avec de la confiture pour privilégier la ganache, et tous les colorants utilisés sont naturels. Les produits finis peuvent se vanter d’une jolie taille et tous les goûts, à l’exception de spéculoos, sont réalisés sans gluten. Mais surtout, surtout ! Le jeune entrepreneur-pâtissier-médecin a mis au point la seuletechnique au monde qui permet de diminuer le taux de sucre dans la coque du macaron. Une excellente nouvelle pour les amoureux des macarons salés.

 

www.macaronsma.com


ÉTUDIANTS ENTREPRENEURS, UNE RACE EN VOIE D’APPARITION

M&A Macarons, FirstFace, EasyNote, Note Campus, Constellar ou Copy Sim sont quelques-unes des start-up portées par les « étudiants entrepreneurs » de l’Université de Liège depuis 2014. Ils étudient pour devenir médecin, ingénieur de gestion, informaticien, vétérinaire ou professionnel des métiers du livre, tout en créant leur petite entreprise. Mais on ne devient pas le roi du commerce en usant les bancs de l’école. Depuis bientôt vingt ans, l’Université catholique de Louvain a lancé un programme qui était, à l’époque, unique au monde. Depuis 1997, l’UCL propose une formation interdisciplinaire en entrepreneuriat. En 2011, l’Université de Gand a institué, pour la première fois en Belgique, le statut d’« Étudiant Entrepreneur ». Elle sera suivie par l’ULg en 2014 et l’UCL en septembre 2015. Lors de la dernière rentrée académique, l’UCL a élargi le label PEPS (Projet pour Étudiants a Profil Spécifique) aux étudiants entrepreneurs. Jusque la, le statut PEPS concernait uniquement lesétudiants artistes ou sportifs de haut niveau, ainsi que ceux qui vivent avec un handicap ou desproblèmes de santé particulièrement lourds. Le statut leur permet d’aménager leurs horaires et cursus selon leurs obligations et contraintes. Depuis septembre dernier, l’UCL a ouvert ce label aux étudiants entrepreneurs ou créateurs d’activité. Ce sont ainsi vingt étudiants qui ont présenté un projet concret d’entreprise à vocation sociale ou commerciale. Treize d’entre eux ont été retenus pour le projet pilote de l’année qui vient de s’écouler. Ces treize jeunes ambitieux représentent onze projets d’entreprise, puisque certains travaillent en binôme. Quelques-uns forment d’ailleurs des équipes réparties entre Mons et Louvain-la-Neuve, les deux sites de l’UCL. « Le choix s’est tourné vers des projets assez mûrs, qui ont dépassé le stade de l’idée, explique Léa Eeckhout, training manager de l’UCL. Il faut que le dossier se justifie par une activité qui est déjà en croissance. Il y a également un regard important qui est porté sur le parcours académique de chaque étudiant, de façon à ce qu’il ait les bagages nécessaires pour assurer ses arrières. » Soixante crédits acquis sont donc nécessaires. Au terme de la première année, l’UCL constate que les meilleures idées viennent d’équipes pluridisciplinaires. « Les équipes gagnantes comptent souvent plusieurs étudiants issus de facultés différentes. On a rencontré des projets étonnants et particulièrement innovants à partir de l’association de ressources très différentes », se réjouit Léa Eeckhout. Dans l’ensemble, si les étudiants manifestent un intérêt certain pour le statut d’étudiant entrepreneur, il semblerait que ce soit surtout dans une logique de reconnaissance officielle. Les conforts horaires ou l’étalement des études ne seraient donc pas leur objectif principal. « Souvent, les étudiants entrepreneurs sont des jeunes très courageux qui ne comptent pas leurs heures et qui sont motivés et ambitieux. Ils sont tout à fait capables de mener tout de front. D’ailleurs, on a eu très peu d’appels à l’étalement. Ce qu’ils cherchent surtout, c’est la reconnaissance de leur statut, tant au niveau de leur faculté universitaire, qu’aux yeux de leurs contacts d’entreprise ou de leur futur employeur », assure Léa Eeckhout. L’économie de notre région semble donc avoir de beaux jours devant elle. Bancs d’école,ambition et bonnes idées promettent de former bientôt une trinité redoutable. Et ce n’est pas la tourde verre de 1500 macarons Labro au Festival de Cannes qui nous dira le contraire.

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François à Singapour, Aurore à Montréal, d’autres à Tokyo, Sydney ou ailleurs.
Objectif : découvrirl’univers professionnel à l’international. 

 

Le programme « Explort » offre le monde. Le programme Explort concerne d’abord les étudiants,inscrits en Fédération Wallonie- Bruxelles, qui suivent un cursus en lien avec le commerce international. Ce projet de l’AWEX (Agence wallonne à l'Exportation et aux Investissements étrangers) leur offre un stage à l’étranger, une expérience professionnelle réelle, une formation encadrée par devieux loups de terrain et une aide financière. Avec 1300 € par mois, pour une durée maximum de deux mois, et une participation à hauteur de 50 % du prix des billets d’avion, les jeunes les plus volontaires se voient ouvrir les portes de l’international.

 

Sacrée expérience

François Collinet a pu passer par la case Singapour en 2012. Alors étudiant en deuxième année de Master à HEC-ULg, il a tenté l’aventure. « J’étais rentré d’Erasmus un an et demi avant, et ce type d’expérience me manquait déjà. Mon premier critère de choix de stage était donc de pouvoir voyager. Avec Explort, j’ai vu une belle opportunité de partir, donc j’ai foncé ! » Et sans cet enthousiasme, François n’aurait pas profité de l’aubaine. « Avant tout, il faut remplir un premier dossier d’inscription qui est assez conséquent. Sur plusieurs pages, on nous demande beaucoup d’informations, de décrire nos projets, où on se voit dans dix ans et de quel accomplissement on est le plus fier, par exemple. Je connais plusieurs personnes qui ne l’ont jamais rendu... C’est vrai que c’est un premier test de motivation, mais pour l’expérience qu’il y a à la clef, ça vaut vraiment la peine de sacrifier quelquesheures de travail ! »

Une des conditions essentielles pour qu’un dossier soit accepté est que l’étudiant maîtrise suffisamment la langue de Shakespeare. Le niveau exigé correspond au B1 de l’échelle du cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). « J’ai passé un test d’anglais au Forem de Liège sans difficulté. Ce qui m’a permis d’ouvrir la porte suivante. Une des responsables de l’AWEX à Liège m’a convoqué pour un entretien de motivation qui était assez décontracté. À la sortie, elle m’a dit que l’agence reviendrait vers moi avec des propositions de destinations. Singapour ne faisait pas partie de la liste de base, mais une opportunité s’est présentée sur le tard. Donc ils m’ont appelé en me proposant le projet, je n’ai pas hésité une seconde. Quelques jours après, l’attaché économique qui travaillait là-bas m’a appelé. On a discuté en anglais pendant une bonne vingtaine de minutes au sujet de mon parcours, de ce que je devrais faire sur place, etc. Il m’a aussi donné beaucoup d’informations sur Singapour. Il voulait que je comprenne bien dans quoi je m’embarquais », sourit François. Ensuite, l’apprenti a dû suivre une formation d’été pendant quelques jours dans les locaux de HEC. Pour la rentrée de septembre suivante, il s’envolait vers l’Asie. Une expérience très enrichissante dont il ne garde que le meilleur. « Ça a été une grande chance de partir là-bas pour un stage ! C’est un des endroits qui bougent le plus au monde, surtout économiquement. C’est une cité-État qui a bonne réputation, avec un modèle économique qui est assez intéressant à découvrir. » François insiste d’ailleurs sur les enrichissements que ce stage lui a apportés, tant sur plan humainque professionnel. « Ça m’a ouvert des opportunités internationales que je n’aurais jamais connues sans le programme Explort. J’ai participé à des évènements de networking avec des gens qui venaient vraiment du monde entier. Dans des situations pareilles, tu t’adaptes, tu apprends, tu découvres denouvelles personnes, de nouvelles cultures et d’autres façons d’échanger. Au niveau des relations interpersonnelles, c’est super important ! »

 

Diplômé cherche emploi à « Monde entier »

La seconde version du programme Explort s’adresse aux diplômés intéressés par le commerce extérieur. Toujours en Fédération Wallonie-Bruxelles, les demandeurs d’emploi qui ont suivi des études supérieures, tous domaines confondus, peuvent s’envoler vers d’autres mondes. L’AWEX leur propose un coaching, un stage professionnalisant et une aide financière entre 1300 et 1800 € parmois selon la destination. Mission : développer le commerce d’une entreprise wallonne à l ’étrangerContrairement au programme prévu pour les étudiants, celui des diplômés se fait en partenariat direct avec une société spécifique, avec un objectif précis.

Aurore Duijsens est une comédienne de trente ans qui a testé cet échange. En offrant gratuitement ses services de novice à l’entreprise wallonne OncoDNA, elle a acquis une formation pour, finalement, décrocher le job. « Après trois ans non-accomplis en droit, je suis partie pour deux ans de formation aux cours Florent à Paris, puis deux ans de contrats de comédienne à Barcelone. Je suis revenue en Belgique à 25 ans pour des raisons personnelles, sans trop savoir ce que j’allais faire professionnellement. J’ai vite décroché un job de déléguée commerciale pour la jeune entreprisepharmaceutique VISTA-Life Pharma. J’y suis restée un an, puis j’ai ressenti le besoin de m’épanouir et de voyager. J’ai cherché sans relâche, discuté avec tous les gens que je rencontrais et je suis tombée sur le programme Explort. Vu que je n’avais pas vraiment d’expérience dans le domaine du commerceinternational et de l’exportation, mais que j’avais un background linguistique intéressant et quelques atouts professionnels pertinents, j’ai tenté ma chance ! Après avoir rempli le dossier en ligne, effectué le test d’anglais et suivi quelques séances d’information, trois coaches m’ont convoquée pour unentretien. Ils voulaient, je pense, que je prouve ma motivation. » Pourquoi vouloir intégrer ce programme ? Quelles compétences pourrez-vous apporter ? Dans quel domaine vous voyez-vous travailler plus tard ? Les questions posées sonnaient tellement naturelles à l’oreille d’Aurore qu’elle a quitté cet entretien confiante et réjouie. « Je pense que j’ai vraiment pu leur donner tout ce qu’ilsattendaient de moi lors de cet interview. Je m’adapte très facilement aux nouvelles situations, aux nouvelles cultures. J’ai un côté caméléon qui fait qu’aucune situation ne m’effraie. Je suis une tête brûlée et je déteste qu’on me dise non ! explique-t-elle en riant. Ils m’ont d’ailleurs expliqué par après que ça s’est joué à la façon dont je suis entrée dans la pièce et au fait que je sois restée très cohérente dans mes réponses. Ils ont vu que je savais ce que je voulais et où j’allais. Je pense que ça les a rassurés de voir que c’était vraiment un choix d’expérience et que je donnerais tout ce que j’avais. »

C’est ainsi qu’Aurore a décroché son ticket pour Montréal en janvier 2015. Pendant deux mois, elle devait dénicher de nouveaux investisseurs québécois pour l’entreprise pharmaceutique OncoDNA. Pour Aurore, le choix de l’entreprise devrait primer sur la destination du stage. « Je n’avais pas d’idée précise de l’endroit où je voulais partir, ce n’était pas du tout un argument. Je suis d’ailleurs partie en plein mois de janvier, lors de l’hiver le plus froid de Montréal depuis très longtemps, explique la jeunefemme, sourire aux lèvres. Au niveau professionnel, ça a été une véritable école. Les bureaux sur place étant très petits, je travaillais beaucoup de chez moi. Je prenais des rendez-vous avec plusieurs collaborateurs potentiels sur lesquels j’avais mis le doigt. Je prenais contact avec un maximum de personnes et je rendais régulièrement mes rapports à l’AWEX. À la fin de mon séjour, j’ai signé un contrat important pour OncoDNA. Mission accomplie, je suis rentrée. »

 

Après Explort

De son expérience, François Collinet retiendra surtout l’apprentissage de puissantes compétences interrelationnelles. « Aujourd’hui, je suis analyste dans les télécoms. Ça implique de communiquer avec tous les niveaux hiérarchiques de ma boîte. Je dois m’adresser aussi bien au plus petit échelonqu’aux responsables les plus importants. Il est donc important que je puisse adapter mon attitude, ma façon de parler, de faire passer des messages. Et c’est véritablement une force que j’ai acquise lors de mon stage à Singapour. »

De son côté, Aurore a démarré une success story puisqu’elle est revenue au pays avec la promesse d’un nouvel emploi. Un vrai. Et tout de suite. « Dès mon retour, l’entreprise m’a offert un poste en business development. Si je n’avais pas approché le programme Explort, un tel boulot aurait été impensable vu que je n’avais ni diplôme, ni véritable expérience. » Moins d’un an plus tard, elle a déjà évolué chez OncoDNA. « Maintenant, c’est moi qui rencontre les patients et les oncologues, et qui fais la prospection directe pour mon service. Ça me permet de beaucoup voyager », se réjouit la jeune trentenaire « à la bougeotte ».

 

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Côté maître

Claire Ghyselen s'est définitivement expatriée à Tokyo dans les locaux de l'AWEX en 2005. Depuis, elle a vu défiler des dizaines de stagiaires, étudiants ou diplômés. Des expériences toujours de qualité, avec des jeunes toujours plus motivés, dans une capitale pleine de valeurs, de codes et de leçons de vie. « Quand j'ai des missions AWEX pertinentes pour des stagiaires, je fais des demandes pour en accueillir. Quand ce sont eux qui veulent venir, on doit alors donner notre avis pour dire si le voyage est pertinent ou non dans le cadre de leur mission. Dans tous les cas, la sélection et la formation sont très bonnes, j'ai toujours reçu d’excellents éléments ! L'important est choisir un projet qui les motive avant tout, peu importe la destination. » Alors en route moussaillon, droit vers le monde économique !

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Élue Best Workplace en 2015 et 2016, EASI est l’entreprise où les employés se sentent le plus heureux. Après vérification, on n’y confond pas bien-être (matériel) et bonheur au travail. Serait-ce là la clé de l’épanouissement en entreprise ? Le CEO Salvatore Curaba nous dévoile les ingrédients de sa réussite.

 

Son bureau est entièrement vitré, pas plus grand que celui de ses collaborateurs et la porte en esttoujours ouverte. Salvatore Curaba est le fondateur et patron d’EASI, l’entreprise où règnent à la fois le costume-cravate et une sorte de bienveillance ambiante. Quand il raconte son parcours et l’histoire de son entreprise, le CEO répète à plusieurs reprises le mot « bonheur ». Une notion sur laquelle il réfléchit, semblet- il, depuis longtemps. « C’est une préoccupation certainement, mais c’est surtout un savoir-vivre. Je ne voudrais pas que cela soit pris pour du calcul. Je ne calcule pas “tiens, si j’ai desemployés heureux, ils seront plus productifs, je vais gagner des concours, etc.” Ce n’est pas mon raisonnement. C’est simplement important pour moi d’être heureux et de travailler avec des gens heureux. »

 

Les piliers

Mais qu’est-ce qui rend les employés d’EASI si heureux ? « Il y a deux ans, j’étais incapable de répondre. Je ne savais ni pourquoi mes employés étaient heureux, ni pourquoi nous étions une société si performante. » Invité à de nombreuses conférences sur le sujet et récemment reçu pour un échange avec le Roi Philippe, Salvatore Curaba a interrogé sa propre réussite pour la théoriser. Il l’attribue à cinq piliers sur lesquels repose EASI.

Ces piliers sont, premièrement, les valeurs humaines, car « je veux avant tout travailler avec des gens qui partagent nos valeurs : le respect (des autres ou de ses engagements), la positivité et l’égalité. Je ne pourrais pas travailler avec des gens qui ne voient que les problèmes ou des directeurs qui se sentiraient supérieurs aux autres. C’est comme au foot, cela ne sert à rien de recruter un joueur qui va marquer 30 goals si, à côté, il met une mauvaise ambiance au sein de l’équipe. »

Deuxièmement, l’organisation. « EASI étant une entreprise méga structurée, nous sommes des malades de l’organisation. Tout doit être sous contrôle. Nous avons des procédures pour tout. Mais avec de la souplesse et la possibilité de remettre en question le système. Ça fait d’ailleurs partie des services que nous apportons à nos clients », ce qui pourrait paraître contradictoire, car la définition communément admise de bonheur au travail passe par le concept d’« entreprise libérée ». Mais la liberté, essentielle au bonheur, comme on le verra plus loin, ne peut se développer qu’autour d’un cadre très défini, selon Salvatore Curaba.

La capacité à faire des efforts quand c’est nécessaire est le troisième pilier. « Les personnes doivent avoir le sens des responsabilités, respecter une deadline, aller au bout de la mission sans qu’on ait besoin de le demander. Ça doit venir naturellement. Comme dans le sport, si on ne travaille pas dur,on n’obtient pas de résultats. »

Le quatrième pilier est celui du partage. « Dans une entreprise, il faut mettre les choses en place de façon à ce qu’il y ait énormément de partage des connaissances et de l’expérience. Toujours aider les autres. Mes directeurs ne servent qu’à cela, faire évoluer les employés. Et moi-même, à faire évoluer mes directeurs. » Le grand patron a ainsi appris à faire un pas de côté. « Je ne veux pas être le patron qui freine son entreprise, car c’est souvent ce qui se passe lorsqu’un CEO pense qu’il doit être partout et que tout doit passer par lui. Je dois laisser mes directeurs se développer et, moi, je dois avoir le courage de me mettre en retrait pour qu’eux puissent monter encore plus haut. »

Bien-être et bonheur

Le cinquième pilier, c’est bien sûr le bonheur en lui-même, qu’il faut commencer par bien définir. « Il y a souvent une confusion entre bonheur et bien-être qui, lui, concerne la mise à disposition de services et le confort matériel (bureaux lumineux, cafétéria suréquipée, etc.). Chez EASI, les employés ont accès à ce bien-être. On organise plein d’activités, nous avons notamment des salles de jeux et de détente. C’est bien, mais ça reste superficiel et insuffisant, car pour atteindre le bonheur, il faut répondre à des besoins beaucoup plus profonds. »

Pour Salvatore Curaba, ces besoins semblent évidents. La reconnaissance d’abord, « besoin vital et universel de l’être humain. Combien de fois disons-nous merci à nos collaborateurs ? Chez nous, on n’arrête pas de se remercier et de se féliciter. C’est un véritable culte de la reconnaissance que nous cultivons même à travers une cérémonie que nous organisons chaque année. » Ensuite, il y a la liberté, car « on veut tous travailler de manière libre et autonome et prouver ce qu’on est capable defaire sans être contrôlé en permanence. Les techniques de management impliquant le contrôle sont totalement dépassées et inefficaces. Chez nous, dans un environnement structuré et où les procédures sont très claires, chacun a la liberté de développer son potentiel, ses initiatives et ses responsabilités. »

 

Secrets et échecs n’existent pas

Le troisième besoin est la transparence. « Chaque travailleur a besoin de se projeter dans le futur. En matière de salaire, il doit savoir ce qu’il peut faire pour évoluer et cela doit être clair et objectif. En matière de projets d’entreprise, il doit savoir si la sienne va bien, si elle va racheter telle autre boîte, etc. Si la direction ne communique pas avec transparence, chacun commence à se poser des questions, la méfiance s’installe et la confiance diminue. On entre alors dans une spirale négative qui va grignoter le bonheur. » Chez EASI, aucun tabou entre collègues et supérieurs. Tous les troisièmes jeudis du mois, Salvatore Curaba organise une réunion où il présente les résultats d’EASI et annonce les nouveaux projets à tous les employés invités à poser leurs questions.

Un autre besoin ? « Le challenge. Il ne concerne peut-être pas toutes les personnalités, mais on doit avoir des missions pour être heureux dans la durée. En fait, on n’est pas là pour travailler, mais pour s’accomplir. Certains veulent changer le monde, d’autres être les premiers, les artistes ont besoin decréer. En donnant des challenges aux gens, ils n’ont plus l’impression de venir travailler, mais d’accomplir une mission. » D’ailleurs, en ce moment, le challenge d’EASI n’est pas des moindres : avec leur nouvelle solution mails InboxZero, ils ont l’ambition de détrôner Google. Rien que ça ?! « Je me rends compte que c’est un peu débile, mais quelque part, j’y crois. Pourquoi ne pourrions-nous pas y arriver ? Ça nous fait rêver collectivement et ça nous fait du bien ! » Rêver trop haut, n’est-ce pas risquer l’échec et la déception ? « Je ne ferai jamais le reproche à un employé de ne pas avoir réussi, mais je lui reprocherai de ne pas avoir fait le maximum pour réussir. Tant qu’on s’est battu, il n’y a pas d’échec. Chez nous, on n’a pas peur d’accomplir, car il n’y a pas d’échec à craindre. »

 

Une société partagée avec les employés

Salvatore Curaba aime ses collaborateurs, cela se sent. D’ailleurs il n’hésite pas à lâcher le mot qui, pour lui, est le dernier besoin essentiel en entreprise. « L’amour ! Personnellement, je ressens un amour bienveillant et tribal et, en retour, je me sens aimé par mes employés. Je ne sais pas sibeaucoup de patrons peuvent en dire autant. » Le CEO évoque aussi la grande fierté qu’il ressent pour ses collaborateurs de longue date. « Je suis aussi fier de mes directeurs que de mes enfants, ils sont plus forts que moi, ils tirent la société vers le haut. C’est du pur bonheur ! » D’ici la fin 2016, EASI devrait encore recruter 30 à 40 personnes et bientôt compter 40 actionnaires, car tous les directeurset cinq employés sont actionnaires d’EASI. Une vingtaine d’autres le deviendront prochainement. « Ils ne reçoivent pas ces actions, ils les achètent et cela implique que je ne peux plus considérer EASI comme ma société, mais la nôtre. Cela crée un lien très fort. C’est du partage. D’ailleurs, bientôt, je ne serai même plus majoritaire et, quand je serai retraité, je devrai revendre mes propres parts, car seules les personnes actives au sein de la société peuvent en posséder. »

Imaginez donc une entreprise où chacun se sent important, libre, aimé et est remercié régulièrement. Imaginez une société où les employés peuvent se projeter dans le futur, participer aux décisions et faire confiance à leur entourage. « Alors, tout se met en place. Quand quelqu’un est heureux au travail, il est plus positif, serviable. C’est une spirale positive, plus les gens sont contents, plus on est dans le domaine du plaisir et tout devient possible. On entre dans le domaine de l’excellence et de l’innovation. Je constate à quel point les personnes développent leur créativité, leursperformances et leur esprit d’équipe. Ce qui développe encore plus le bonheur ! J’appelle cela le bonheur au carré. »

Une spirale qui ne serait pas près de s’arrêter. « Je suis très confiant à moyen et long termes. On ne peut que grandir. » Que reste-t-il au grand patron à accomplir maintenant que ses directeurs prennent doucement la relève et insufflent la même philosophie ? Écrire un livre ? « Peut-être pour les 20 ans d’EASI en 2019, on verra… »

 

www.easi.net


 

BIO EXPRESS

Salvatore Curaba, fondateur d’EASI, n’avait pas pour objectif de fonder sa propre entreprise quand il termine, a l’âge de 20 ans, son graduat en informatique. Footballeur professionnel, il mène de frontcarrière sportive en D1 et dans l’informatique ou il sera programmeur pendant cinq ans. A 30 ans, il est à la fois entraîneur de foot et sales manager dans une société internationale. « À 35 ans, j’allaisdevenir directeur général de mon site, mais étrangement, je n’étais pas très heureux. C’est là que j’ai eu le courage de tout quitter et de fonder EASI. » Habitué à mener plusieurs projets de front, le jeuneentrepreneur prend des risques, contracte un prêt et se lance. « C’était stressant et difficile, mais quand on se donne à fond et qu’on vise l’excellence, ça ne peut que marcher ! »


EASI EN BREF

EASI existe depuis 1999. Basée à Nivelles, Leuven et Liège en Belgique mais aussi en France et auLuxembourg, elle fait à ce jour un chiffre d’affaires annuel de 25 000 000 € et emploie 150 personnes.Spécialisée dans quatre secteurs d’activités pour moyennes et grosses entreprises (logiciels decomptabilité et de gestion des achats, solutions de gestion d’infrastructures IT et Cloud, développement d’applications mobiles et de logiciels de traitement des e-mails), le patron n’hésitepas à qualifier EASI de « première société au monde dans la gestion des e-mails » grâce à SmartMailet InboxZero qui réinventent la manière de gérer sa boîte mail, notamment à travers une structure repensée et des messages sous forme de conversations. EASI a été finaliste Entreprise de l’année EY(Ernst & Young) récompensant les sociétés les plus prospères. Huit fois Trends Gazelle et deux foisBest Workplace en 2015 et 2016, EASI compte des clients aussi variés que Proximus, Burger King, Exki, Honda, Groupama, Médecins Sans Frontière ou Pfizer.


BENJAMIN BARTHELEMI

Équipe commerciale, chez EASI depuis 7 mois

« EASI est une entreprise ouverte. On sent que l’on est écouté et supporté et que l’on grandit avec la société. C’est très important, ça nous permet de nous développer et, in fine, de développer l’entreprise. Beaucoup d’amis me disent qu’après deux ans, ils quitteront leur boîte actuelle parcequ’ils n’y voient pas leur futur. Ce n’est pas mon cas. Je crois que je serai encore très bien ici dans cinq ans, car j’ai des perspectives d’avenir. On est une entreprise de grande taille, mais avec un esprit très “PME”. On se tutoie et on est proche de tout le monde. On peut sans problème aller frapper à la porte du patron. On n’est pas vraiment hiérarchisé même si, d’un autre côté, tout est très catégorisé, structuré et précis. On a des évaluations semestrielles pour nous permettre d’apprécier notreévolution humainement, par rapport aux valeurs de l’entreprise, et professionnellement, par rapport ànos missions. Ça nous permet de savoir très précisément où et comment on va évoluer chez EASI. J’ai eu ma première évaluation en janvier. Mon manager a passé deux heures avec moi pour passer en revue chaque catégorie et cerner où je pouvais m’améliorer et comment le faire. Puis, il y a une attention certaine portée à notre bien-être. Par exemple, on a depuis peu un service de dry cleaningoù l’on peut déposer nos costumes. Tout est fait pour que l’on se sente bien. »


SALVATORE CONTI 

Responsable R&D EASI Financials, chez EASI depuis 12 ans

« En 2001, j’ai eu l’occasion de faire un stage chez EASI. Ce qui m’a marqué, c’est que j’avais rencontrélonguement le big boss. Un patron qui prend une demi-heure pour parler avec un stagiaire, je trouvecela génial. Chez EASI, je sentais qu’on voulait me donner de la confiance. Malheureusement, c’étaitune mauvaise année dans l’informatique et je n’ai pas pu être engagé. Dans l’autre boîte où j’aiatterri, j’ai compris que je ne me sentirais pas bien. Je ne suis pas particulièrement carriériste, mais jen’avais pas envie de faire la même chose pendant 15 ans. J’ai recroisé Salvatore à un mariage et le lundi suivant, je signais mon contrat chez EASI ! J’ai commencé comme consultant. Il y avait beaucoup de stress, mais tous les jours c’était différent. On est sans cesse à la recherche de nouveaux challengespour soi ou les autres et, s’il y a un problème, c’est le problème de tout le monde, sans hiérarchie aucune. Les valeurs que nous partageons font notre force. On va toujours chercher à travailler avec des gens qui partagent cela. La seule fois où j’ai dû licencier quelqu’un, nous avons tout fait pour qu’il puisse retrouver un travail qui lui convienne mieux. Dans mon job, j’essaie d’être un leader, plutôt qu’un manager : ramer avec les autres plutôt que frapper le tambour. Car un employé heureux, pour moi, c’est un employé qui ne doit plus se poser de questions sur son devenir au sein de l’entreprise,puisque son avenir a été réfléchi en collaboration avec lui. »

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