Waw magazine

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Employer 2 200 personnes en Belgique et distribuer plus de 7 000 clients en Europe et dans le monde n’exclut pas préoccupation environnementale et sociétale. Le coeur lessinois de Baxter développe une vision responsable du service à la santé.

Bruxelles peut s’enorgueillir d’avoir accueilli en 1954 la première unité de production européenne de Baxter International Inc. et ses 27 travailleurs. En 1970, c’est Lessines, petite commune de Wallonie picarde située à mi-chemin entre Bruxelles et Lille, qui est choisie pour répondre aux besoins d’expansion de l’entreprise. La nouvelle implantation de 5 000 m² occupe alors 370 travailleurs. En 2012, après de multiples extensions (d’autres suivront prochainement), la surface de production totalise 72 752 m² pour 1 800 travailleurs.

Un second site inauguré en 2010 à Brainel’Alleud, regroupe près de 400 personnes. Il abrite l’un des trois centres européens de recherche et développement du groupe, les activités commerciales et les fonctions de support au niveau belge et en partie européen. Le centre R&D emploie une équipe internationale composée de 220 chercheurs de 14 nationalités différentes. Le choix de la Belgique n’est pas le fruit du hasard. « C’est un ensemble de facteurs dont le rôle logistique central pour la distribution en Europe, un tissu industriel caractéristiques et les compétences locales, autant d’éléments clés qui ont orienté notre choix », précise Damien Bailly, General Manager pour la Belgique et le Luxembourg.

Le secteur des médicaments représente pour la société Baxter 85% de sa production « Nous aimons à dire que Baxter, c’est bien plus que la pochette souple suspendue à son support et reliée au patient par une tubulure. Le coeur de l’activité à Lessines repose sur quatre éléments : les immunoglobulines pour soigner les déficients immunitaires, la nutrition parentérale visant les patients qui ne peuvent se nourrir par la voie digestive, une partie du process pour le traitement des hémophiles et une partie de la fabrication d’un système de dialyse.» Des innovations majeures qui font du site lessinois un des fers de lance dans la production mondiale.

Lessines, centre mondial du traitement du plasma

Un traitement destiné aux patients dont le système immunitaire présente des déficiences est exclusivement produit à Lessines. Il est fabriqué sur base de l’immunoglobul ine (un dér ivé du plasma humain). Actuellement, plus de 150 affections liées à ce type de déficience ont pu être identifiées : agammaglobulinémie, maladies génétiques avec un niveau faible d’anticorps, leucémie lymphatique chronique, sida infantile, syndrome de Kawasaki, syndromes parfois révélés par la multiplication des infections de l’oreille, de sinusites à répétition ou encore l’absence d’effets des antibiotiques malgré un traitement de plusieurs semaines. Les déficiences immunitaires primaires sont des maladies rares. On recense à peine 750 patients diagnostiqués en Belgique. Pour les besoins de production de ce médicament destiné au marché mondial, 70 millions € ont été investis entre 2009 et 2012 pour implanter sur le site une unité de biotechnologie permettant notamment le remplissage des flacons d’immunoglobulines.

Tout aussi spécifique pour Baxter- Lessines que l’immunoglobuline, la première poche de nutrition parentérale constitue une seconde innovation. Elle permet d’alimenter le malade par voie intraveineuse. Cette poche contient les ingrédients nécessaires à une nutrition complète d’un grand nombre de patients incapables de se nourrir par voie digestive. Tous les médicaments de nutrition parentérale ainsi que les poches sont produits à Lessines.

La problématique du traitement de l’hémophilie est une préoccupation de longue date pour la société Baxter qui, en 1952, fut la première à s’intéresser à son traitement. Cette maladie rare empêche la bonne coagulation du sang lors de blessures internes problématiques qui peuvent se déclarer suite à un choc. « Parmi les solutions innovantes, nous avons développé le premier facteur VIII de coagulation pour le traitement de l’hémophilie sans addition de protéines animales ou humaines. Il réduit considérablement la durée de fabrication. C’est aujourd’hui un des secteurs les plus importants pour nous », continue Damien Bailly.

Un système révolutionnaire venant en aide aux personnes souffrant d’insuffisance rénale figure en bonne place parmi les innovations majeures, spécifiques à Lessines. Un domaine où Baxter, qui commercialisa le premier rein artificiel en 1956, peut également s’appuyer sur une longue expérience. Ses recherches ont débouché sur une technique novatrice, la dialyse péritonéale. Le péritoine est une membrane fortement vascularisée qui entoure l’abdomen. La solution est injectée dans ce tissu dont la vascularisation importante va permettre l’échange entre le produit et le sang à épurer. Un cathéter assure ensuite l’évacuation de l’eau et des déchets. « L’invention du système de dialyse péritonéale permet de laisser les patients à domicile alors que, dans un centre, le dialysé doit subir des séances de 3 à 4 heures plusieurs fois par semaine. Ce système offre l’avantage du traitement ambulatoire qui peut même être enclenché le soir au coucher car les machines sont automatisées. » La qualité de vie du patient s’en trouve sensiblement améliorée alors que le coût du traitement ambulatoire ne représente qu’un tiers du coût de la formule traditionnelle en centre spécialisé. En 2006, le budget de l’État pour ce traitement était de 40 millions €. Enlever 30% tous les ans, cela représente une grosse somme. Toutes les personnes atteintes de cette maladie ne peuvent toutefois être dialysées avec ce système. Des études cliniques réalisées dans différents pays indiquent qu’une personne sur deux pourrait en bénéficier. Il reste néanmoins une marge considérable puisqu’à ce jour, 10 % seulement des patients sont soignés à domicile.

Parallèlement à ces quatre innovations majeures, Baxter a mis au point des solutions dans le traitement oncologique, les agents hémostatiques, l’anesthésie ou encore la nutrition. L’équipe de recherche travaille constamment sur les solutions à apporter aux maladies rares, chroniques, sévères ou autres. « Après 7 ans d’expérimentation, nous sommes actuellement dans la phase clinique, sur des patients, pour la reconnaissance d’un traitement destiné à lutter contre la maladie d’Alzheimer. » Un remède qui serait le bienvenu pour neutraliser une maladie dont l’expansion suscite de réelles inquiétudes.

Baxter-Lessines, plaque tournante de la distribution en Europe

95% de la production est exportée partout dans le monde avec des ventes dont le chiffre net s’élève à 12,8 milliards de dollars pour l’année 2010. La position centrale de la Belgique, où Lessines joue un rôle majeur, permet d’arroser toute l’Europe. La mission première du site de distribution réside dans le dispatching sur tout le territoire européen de la production pharmaceutique et médicale issue de Baxter-Lessines à laquelle s’ajoutent tous les autres produits provenant du monde ent ier. Ce qui représente 7 000 clients. Un rôle qui justifie les investissements consentis pour faire de ce centre de distribution un must en la matière. Plus de 34,7 millions € ont été injectés dans la construction de ce centre, inauguré en 1996, avec l’aide, dans le cadre d’Objectif 1, de fonds wallon et européen à concurrence de 36%.

Le centre de stockage, qui peut accueillir 54 000 palettes, est une merveille d’automatisation. Pour faciliter le flux de marchandises, toutes les opérations sont gérées par des lignes automatisées, guidées par les technologies informatiques dernier cri. Pas besoin d’éclairage pour déplacer les colis manipulés dans la pénombre de ce gigantesque entrepôt de près de 324 000 m³. Les grues côtoient des véhicules de transports aux milieux de robots articulés qui permettent d’assurer dans un mouvement ininterrompu la répartition personnalisée des caisses destinées à alimenter la clientèle européenne dont les hôpitaux, ainsi que les 

centres de transfusion et de dialyse. 170 personnes sont toutefois nécessaires pour assurer le chargement et le déchargement des camions de livraison qui disposent de 26 quais. Un second hall, dont la capacité d’accueil est de 28 000 bacs plastique, permet de gérer spécifiquement les colis plus petits.

Une préoccupation environnementale

Depuis 40 ans, les principes du développement durable sont présents chez Baxter. En 2010, le site de Lessines a réduit ses déchets de 20% par rapport à 2005. La création d’une centrale de cogénération génère 18 tonnes de vapeur par heure, ce qui a permis de produire 68% des besoins en électricité. L’entreprise a pu réduire de 10 270 tonnes la production de CO² grâce à différentes mesures. Et la volonté est de baisser encore ces nuisances dans les cinq ans. Des principes qui s’inscrivent dans une culture d’entreprise bien plus large. « Nous accordons beaucoup d’importance au comportement des gens, à leur attitude et à l’éthique », insiste Damien Bailly. « Toutes les lois et les décrets peuvent exister, cela doit d’abord commencer par les gens qui y croient fondamentalement dans leur manière d’être. Créer de la valeur pour nous, c’est important, mais elle doit aussi être apportée à l’hôpital et au patient. Ça fait partie de nos engagements auprès de nos partenaires. J’ai visité plusieurs pays et je peux témoigner de cette préoccupation. En France, j’ai personnellement eu droit à une formation à la conduite de mon propre véhicule. Le principe, c’est de permettre à cette culture d’entreprise de devenir une habitude chez nos employés dans leur vie de tous les jours. Autre exemple, tous nos managers, dont moins de la moitié seulement proviennent des États-Unis, sont actuellement sensibilisés à l’inclusion et la diversité lors des embauches. Nous sommes également très actifs dans des actions caritatives. »

Baxter-Lessines constitue une pièce maîtresse pour Baxter dont les yeux sont aussi tournés vers l’Inde et la Chine. Des besoins gigantesques existent parmi ces populations proches des 2,5 milliards d’individus. Un important marché pour le secteur des soins de santé qui n’a pas échappé aux préoccupations de la société présente dans cette partie du monde. Des collaborations sont déjà établies avec des acteurs locaux dont les universités. Baxter espère y trouver suffisamment de niches pour poursuivre son développement dans une vision sociétale.

www.baxter.be


Pour rappel

En 1931, dans l’État de l’Illinois (USA), les docteurs D. Baxter et R. Falk mettent au point la première solution intraveineuse. Les deux scientifiques sont loin d’imaginer l’impact généré par leur découverte, véritable embryon d’une société devenue depuis 2011 une fringante octogénaire. La société emploie actuellement 48 000 personnes réparties dans 60 pays. Les progrès apportés dans les secteurs du médicament et des technologies médicales ont fait de Baxter un leader mondial de l’industrie de la santé. C’est à Lessines que l’on gère notamment toute la logistique de distribution européenne.

Le Tour de France n’est pas exempt de saveurs et de gourmandise. Le WAW vous propose de découvrir trois restaurants et trois chefs remarquables sur le parcours du Tour en Wallonie !

 

Calcus, Mons & merveilles

La 22e BRU Lady Chef a été proclamée en janvier dernier. Lisa Calcus est ainsi devenue la BRU Lady Chef of the year 2012. Une belle récompense méritée pour une souriante jeune femme pleine de spontanéité. Enfin de nouveau une chef wallonne ! En 2008, le titre fut attribué à Arabelle Meirlaen (Li Cwerneu, Huy). Cette année, c’est Lisa Calcus qui a été reconnue et plébiscitée par le public et un jury composé de journalistes professionnels. En 2009, elle s’était déjà vu décerner le titre de « grand de demain » par GaultMillau qui a reconnu ses qualités avec un joli 16 sur 20 (table de chef).

Née en 1972, Lisa a ouvert un restaurant directement après ses études à l’École hôtelière de Namur. Les talents innés de la jeune femme lui ont permis de ne pas s’astreindre au long parcours initiatique de certains de ses confrères en nous livrant des préparations très personnelles remplies d’authenticité instinctive. Installé d’abord dans la banlieue montoise (Angre, dans les Hauts-Pays), le restaurant de Nicolas et Lisa, Les Gribaumonts, s’est implanté depuis un an dans le centre de Mons dans un cadre aussi chaleureux que convivial. Le duo a patiemment et intelligemment restauré une ancienne maison pour lui donner un cachet contemporain plein de charme et de sobriété. Bois, verre et pierre y font bon ménage. La cuisine ouverte vers la salle permet à la chef de communiquer aisément avec ses hôtes.

La salle et la sommellerie sont sous la conduite attentive de Nicolas Campus qui apporte au service une touche de sympathie bien agréable. Il connaît les spécialités de la chef et trouve toujours l’accord parfait entre mets et vins. Les préparations de la jeune cuisinière sont basées sur des ingrédients de choix dans des associations à la fois originales et équilibrées. Ainsi, les moules bouchot de la Baie du Mont Saint-Michel sont présentées avec des petits légumes croquants et un délicat curry pas trop envahissant. Le filet de barbue s’enrichit d’une inattendue tapenade d’artichauts. Les Saint- Jacques s’escortent originalement de topinambours et de girolles. La vraie pintade fermière est farcie au cresson. Le magret de canard est entouré de figues et de romarin ou d’origan. La croustade de lapin est accompagnée d’herbes fraîches. Le dos de cabillaud est magnifié par une sauce au vadouvan et des potimarrons. Les desserts ne sont pas en reste avec entre autres une crêpe façon sushi décorée d’une gelée aux fruits de la passion et de fraises. Sans oublier une délicieuse et délicate curiosité : la tarte aux pommes et aux coings complétée par de la Fourme d’Ambert et du poivre de Jamaïque.

Suivant votre appétit et vos goûts, vous pouvez composer votre menu en deux, trois ou quatre services (28, 39 et 50 € ; 45, 66 et 86 € avec les vins) en laissant Nicolas, un fin et subtil spécialiste, vous conseiller les vins. Pour les gourmands et les gourmets, un « menu confiance » est proposé, en six ou sept services à 70 € (120 € avec les vins en accord). ■

 

Renseignements:

Les Gribaumonts

Rue d’Havré, 95

B-7000 Mons

+32(0)65.75.04.55

[email protected]

www.restaurantlesgribaumonts.be

☑ Fermé mardi soir, mercredi soir, samedi midi, dimanche et lundi

 

 

L’Eau vive

Il y 22 ans que Pierre et Anne Résimont ont ouvert leur restaurant L’Eau vive. Le bien nommé établissement côtoie une séduisante cascade dans le cadre d’un petit moulin du XVIIe siècle situé dans un environnement boisé. C’est le Burnot, petite rivière se jetant un peu plus loin dans la Meuse, qui est le voisin caressant la bâtisse. En prolongement de la maison, les Résimont ont édifié une lumineuse verrière avec vue sur le jardin et la rivière pour passer un repas plein de détente dans ce restaurant nanti, depuis 2010, de deux étoiles Michelin. L’accueil et le service sont exemplaires sans être guindés. Anne et son équipe combinent gentillesse et diligence cultivant scrupuleusement les vertus du bien recevoir et du bien servir, un modèle du genre !

Le salon, avec ses nuances de rouge et de marron, offre confort et sérénité. La salle s’ouvre sur une vue imprenable sur la nature où l’eau, le bois et le feuillage se combinent harmonieusement. Pierre est un artiste qui aime faire parler son talent dans des préparations très personnelles mettant en valeur terroir et marché au rythme des saisons et de sa fantaisie créatrice : un bouillonnement d’idées novatrices sans inutiles complications provocatrices. Truffes, huîtres, Saint-Jacques, langoustines, turbots, poulets fermiers, pigeonneaux sont évidemment des meilleures provenances et s’assortissent de délicates découvertes pétillantes. Outre une séduisante carte, deux menus sont proposés (3 ou 5 services ; 65 ou 90 €). Les lieux se complètent de trois chambres d’hôte mêlant luxe et raffinement. ■

 

Renseignements:

L’Eau vive

Route de Floreffe, 37

B-5170 Rivière (Profondeville)

+32 (0)81 41 11 51

[email protected]

www.eau-vive.be

☑ Fermé samedi midi, mardi et mercredi

 

 

La Frairie

La Frairie est synonyme de fraternité. C’est dans cette ambiance conviviale et campagnarde que Laurent et Nathalie Martin vous invitent dans leur Frairie, une maison de village qu’ils ont patiemment transformée vers une ambiance moderne mêlant chaleur et charme. Vous vous sentirez bienvenu dans ce cadre intime, l’accueil de Nathalie étant aussi naturellement souriant que professionnel.

Étoilé Michelin depuis quelques années, Laurent se targue simplement de réaliser de la fine cuisine contemporaine. Sa passion pour son exigeant métier, son goût de la recherche, son imagination teintée d’audace méritent assurément tous les encouragements. Ce quadragénaire défend ardemment l’esprit et la lettre de sa cuisine ainsi que ses originaux accords.

C’est au travers de trois menus que le chef vous invite à des moments de bonheur culinaire. Trois ou quatre services dans le « menu équilibre » : 40 ou 55 €. Le « menu vertige » vous entraîne dans un vrai tourbillon de six services à 80 €. Le homard breton parfumé au thé Sambra s’accompagne d’artichauts poivrades confits à l’émulsion de framboises. L’anguille de rivière est garnie d’une fine crème relevée de quinoa vert avec des astucieux parfums orientaux. La côtelette de lapereau subtilement revêtue de sa croûte d’herbes fraîches est voisine d’un cannelloni de chèvre et d’une tomate aux olives. La carte des vins est particulièrement recherchée et intéressante, digne de l’établissement et à des prix raisonnables. ■

 

Renseignements

La Frairie

Avenue de la Roseraie, 9

B-1360 Perwez

+32 (0)81 65 87 30

[email protected]

www.lafrairie.be

☑ Fermé mardi soir, dimanche et lundi

 

 

Notre or rouge

Nous connaissons tous cet épice rare et délicieux qu’est le safran. Il évoque certainement encore pour la plupart d’entre nous la chaleur du Moyen-Orient ou les couleurs vives des Indes. Par contre, il n’éveille pas en nous directement la vision d’un paysage plat à la terre limoneuse et qui plus est, en bord de Meuse. Et pourtant, il existe bien, le safran wallon !

En région liégeoise, à Wasseiges, la safranière de Cotchia compte environ 65 000 bulbes de crocus sativus. Reconnue par la Région wallonne comme centre de référence et d’expérimentation, cette safranière est le fruit du travail et de la passion d’Eric et Sabine Leonard. C’est cette dernière qui émit l’idée en 2009 de cultiver du safran en Belgique.

L’expérience poursuit plusieurs objectifs. D’une part, développer une nouvelle activité agricole en mettant en place un pôle de production viable et organiser la formation d’agriculteurs dans la culture du safran en Belgique. Outre la culture même du crocus sativus, Eric et Sabine Léonard s’activent aussi à la bulbiviticulture. Ils multiplient les bulbes et en permettent l’achat aux particuliers. A ce jour, 98 % des bulbes de l’année a déjà été vendu ! Le couple organise également deux fois par an, 2 jours en juillet et 2 jours en octobre, des formations pour apprentis safraniers.

D’autre part, il s’agit aussi évidemment de créer un nouveau marché avec le soutien de partenaires locaux, régionaux et internationaux. Ainsi, au niveau local et régional, quelques restaurateurs de la région proposent à leur clientèle des plats agrémentés du safran de Cotchia.

La première livraison en Belgique et au Luxembourg via un distributeur a été effectuée fin avril. Au niveau international, la société est en cours de négociation avec des importateurs aux Pays-Bas mais aussi avec une firme chilienne. Eric et Sabine sont également souvent invités dans des salons en Europe pour présenter leur culture et leurs produits, notamment la liqueur safranée qu’ils produisent eux-mêmes. Et détail gourmand : le chocolatier Philippe Darcis utilise le safran de Cotchia dans certaines de ses recettes et a été jusqu’à créer un macaron de Cotcha, à la poire et au safran.

Quant à la fleur elle-même, elle a cette caractéristique, outre d’être très belle, d’être une plante à végétation inversée, c’est-à-dire qu’elle fleurit à l’automne, généralement fin octobre, et est en dormance pendant l’été.

Le safran, l’épice donc, est composé d’une partie du pistil, coupé manuellement séché à 80 %. On le surnomme l’or rouge pour la couleur obtenue, bien sûr, mais aussi tout simplement parce qu’il faut une énorme quantité de pistils pour une petite quantité de safran. Un kilo de safran nécessite la cueillette à la main de plus ou moins 200 000 fleurs ! Ce produit, qui relève délicieusement les saveurs de nombreux plats, est le plus onéreux qui soit. Plus cher que la truffe ou que le caviar ! Que cela ne vous empêche surtout pas de l’utiliser dans vos préparations ! ■ (JULIE BOCH)

 

Goûter le safran de Cotchia

Au p’tit creux Baron d’Obin, 132 - B-4219 Wasseiges +32 (0)81 85 65 25

Le Wadeleux Wadeleux, 417 - B-4654 Charneux-Herve +32 (0)87 78 59 12

Auberge de la Ferme rue de la Cense, 12 B-6830 Rochehaut-sur-Semois +32 (0)61 46 10 00

 

Omelette du safranier

Ingrédients pour 2 personnes : ••4 oeufs ••4 pistils de Safran ••3 cuillères à soupe de lait ••une noisette de beurre pour la cuisson

Préparation :

Infusez les pistils de safran dans le lait tiède. Préparez l’omelette puis ajouter le lait safrané et mélangez. Faîtes fondre le beurre dans une poêle et cuisez l’omelette à votre goût ! C’est le plat typique du safranier!

Sauce chaude au safran

À préparer la veille : dans un verre, faîtes infuser 2 pistils par personne dans 4 cuillères à soupe de lait chaud.

Le lendemain : faîtes chauffer 20 à 40 cl de crème liquide puis y verser le lait safrané qui aura pris une belle couleur orange. Assaisonnez à votre convenance, puis versez cette sauce chaude (ne pas faire bouillir) sur votre plat. Idéal avec une côte de veau, une escalope de volaille, un filet mignon, du lapin, du poisson grillé, des coquilles Saint-Jacques, des moules....

 

Renseignements:

Safran de Cotchia

Rue de la Waloppe, 26

B-4219 Wasseiges

+32 (0)81 85 55 39

[email protected]

www.safrandecotchia.com

☑ Visite guidée possible toute l’année pour les groupes de minimum 15 personnes (sous réservation 8 jours à l’avance) et tous les samedi du mois d’octobre, période de floraison et de transformation du pistil en épice.

Imaginez une voiture qui se nettoie toute seule, un tapis de sol en glucose modelable et réutilisable à l’infini ou des panneaux solaires souples à dérouler sur un toit. Futuriste ? Pas pour les chercheurs de Materia Nova.

Tout a commencé en 1995 lorsque des professeurs de la Faculté polytechnique de Mons et de l’Université de Mons-Hainaut (UMONS) ont eu l’idée d’unir leurs expertises au sein d’un pôle d’excellence dédié aux matériaux innovants. « L’objectif était d’offrir aux laboratoires universitaires un pont vers l’industrie », explique Luc Langer, directeur de Materia Nova. Aujourd’hui, le centre de recherches peut s’enorgueillir d’une réputation internationale dans les domaines des traitements de surface, des bioplastiques, de la chimie verte et de l’électronique organique. « On vient de très loin pour établir des collaborations avec nous », observe le directeur.

Devenu une ASBL indépendante en 2000, Materia Nova a conservé un lien privilégié avec l’UMONS, ce qui lui permet de proposer à la fois de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée. Chacun de ses départements est dirigé par un directeur scientifique qui est aussi un professeur d’université. « Comme chaque professeur a deux équipes (NDLR : une chez Materia Nova et une autre à l’université) et que celles-ci travaillent sur les mêmes thématiques, nous avons une force de frappe qui va au-delà de nos 87 employés et se monte à environ 250 chercheurs et techniciens. »

De la betterave dans le plastique

Cet effectif n’est pas de trop pour mener à bien les projets confiés à Materia Nova tant par le secteur privé (industrie) que par le secteur public (Union européenne en tête). On en aurait presque le tournis… Sous la houlette du professeur Philippe Dubois (numéro 18 et premier Belge sur la liste des 500 000 meilleurs scientifiques au monde de la dernière décennie dans les sciences des matériaux, selon Thomson Reuters), des chercheurs s’attachent à caractériser et à améliorer les plastiques qui peuplent notre quotidien. À l’aide d’équipements ultrasophistiqués et extrêmement coûteux, ils en développent aussi de nouveaux, appelés bioplastiques, qui sont issus de végétaux comme la betterave sucrière ou le lin, entièrement biodégradables et qui, cerise sur le gâteau, peuvent être produits à l’échelle industrielle grâce à des procédés de synthèse respectueux de l’environnement. Ces bioplastiques, dont certains sont déjà utilisés dans l’industrie automobile, le bâtiment et l’ameublement, ont des propriétés et des performances comparables aux plastiques issus de la pétrochimie. Certains sont même meilleurs. « Partout où il y a du plastique aujourd’hui, on peut imaginer des solutions durables à partir de polymères biosourcés », assure Luc Langer, selon lequel Materia Nova joue un rôle phare. Il raconte comment le centre de recherches a contribué au développement du PLA (acide polylactide), un bioplastique à base de glucose utilisé par la société Futerro (voir article) pour fabriquer, notamment, le tapis rouge du Festival international du film de Cannes. « On dirait du tissu, mais c’est du plastique. Après usage, le tapis peut être dépolymérisé. Il ne s’agit pas de le couper en petits morceaux pour le recycler. Mais bien de retrouver les unités monomères initiales pour fabriquer un tapis neuf. » Une opération qu’on peut répéter à l’infini.

Nanotechnologies, OLED et Cie

Materia Nova, ce sont aussi des solutions originales de traitement de surface pour améliorer la tenue à la corrosion des pièces métalliques utilisées aussi bien dans l’aérospatiale que dans l’électroménager. « Ces solutions sont basées sur les nanotechnologies. » L’idée est d’implanter dans les surfaces métalliques des nanoréservoirs (à l’échelle d’un millième du diamètre d’un cheveu !) pouvant libérer des particules qui aident le métal à cicatriser tout seul. Suivis de près par le prestigieux centre de recherche allemand Fraunhofer, ces travaux s’accompagnent de la mise au point d’un outil de monitoring pour diagnostiquer de façon précoce la corrosion des matériaux à des fins de sécurité. Dans le secret de leurs laboratoires, les chimistes de Materia Nova nous préparent encore la voiture autonettoyante. Enduite d’un revêtement spécial grâce à la technologie plasma, elle renverra le car-wash aux oubliettes. Quant aux chercheurs en électronique organique, ils imaginent des plafonds électroluminescents changeant de couleur selon notre humeur (avec les fameux OLED – diodes électroluminescentes organiques), ainsi que des cellules photovoltaïques non plus à base de semi-conducteurs rigides comme le silicium, mais de polymères souples et transparents pouvant être enroulés. « Il y a encore tant de défis ! », s’exclame Luc Langer.

La route du Japon

Pour les relever, Materia Nova n’a d’autre choix que de déployer ses ailes. Sa pérennité dépend, compte tenu de son obligation d’auto-financement de 50% minimum, de sa capacité à décrocher de nouveaux contrats. « Nos premières années d’existence ont surtout été axées sur des collaborations avec des entreprises wallonnes, relève M. Langer. Mon objectif est à présent l’internationalisation. » Le centre de recherche – qui compte deux sites en Hainaut (Mons et Ghislenghien) – peut déjà compter sur de solides partenariats avec des sociétés françaises, allemandes, britanniques, italiennes et portugaises. Mais il entend bien se faire connaître au-delà du pré carré européen.

Témoin de ses ambitions : la coopération avec le Japonais Asahi Glass Corporation (AGC), numéro un mondial du verre. Materia Nova s’est vu confier par AGC (à travers sa filiale belge Glaverbel) le développement de la nouvelle génération de doubles vitrages hyper-isolants. Grâce à un traitement de surface unique, ces vitrages seront deux fois plus performants que les triples vitrages actuels. Ils trouveront leur application dans les maisons passives où il est actuellement difficile d’intégrer de grandes surfaces vitrées en raison des déperditions de chaleur, mais aussi dans les grands projets immobiliers, où ils permettront de réaliser des économies de coûts et de matériau, tout en offrant plus de versatilité du fait de leur légèreté. Outre le Japon (où Materia Nova travaille aussi avec la société de négoce Sojitz dans le domaine des emballages alimentaires aux super-propriétés barrière), le centre de recherche prospecte en Russie, aux États-Unis et en Argentine. « On commence à être visible un peu partout », affirme son directeur.

Limiter l’impact écologique

Avec une dizaine de brevets internationaux en poche et un volume d’affaires de 8,2 millions € en 2011, Materia Nova reste fidèle à sa vision. Conscient de la responsabilité sociale qu’induit tout parcours d’innovation, le centre vient de mettre en place une cellule ACV (analyse de cycle de vie) afin d’examiner l’impact environnemental de ses recherches. Les résultats des analyses seront communiqués aux clients qui pourront ainsi décider en connaissance de cause de l’orientation des travaux. « Nous espérons à la fois sensibiliser nos partenaires industriels et développer un domaine d’expertise supplémentaire à leur intention. » Et si le directeur de Materia Nova ne fait pas mystère de son ambition de voir le centre de recherches devenir le partenaire R&D exclusif de quelques grands groupes industriels, il ne transige pas sur l’essentiel. « Les recherches pour le compte d’un client industriel sont toujours extrêmement centrées sur ses besoins à lui. Elles ne nous permettent pas de faire de la recherche de base pour acquérir de nouvelles compétences, explorer de nouvelles possibilités, reconnaît-t-il. Si nous voulons offrir des choses innovantes demain à nos clients et rester à la pointe au niveau scientifique, un juste équilibre entre clients privés et publics est nécessaire. » ■

 

Bio Express

Luc Langer, ingénieur civil en sciences des matériaux et docteur en sciences appliquées de l’Université catholique de Louvain. Détenteur d’une maîtrise en gestion et finance de l’Université libre de Bruxelles.

•• 1991-1995 → Assistant de recherche à l’Université catholique de Louvain. •• 1995-2000 → Manager « Recherche et Développement », puis directeur technique du groupe COIL, leader mondial de l’anodisation d’aluminium en continu.

•• Depuis 2004 → Fondateur et gérant de la société belge Nanoxid, spécialisée dans le développement de revêtements basés sur les nanotechnologies.

•• Depuis 2009 → Directeur général de Materia Nova.

La plasturgie, en plein essor, est un secteur très important en Wallonie. Avec ses quelque 250 entreprises actives, elle emploie plus de 19 000 personnes et produit un chiffre d’affaires de pas moins de 5,6 milliards d’euros par an. Plastiwin est « The French Connection » de et pour la plasturgie en Wallonie.

La mission de ce cluster consiste à améliorer la technologie en vue de renforcer le potentiel économique, technique et commercial de ses membres. Nous avons demandé à Francine Turck, directrice de Plastiwin depuis un peu plus de six mois, ce qui fait la particularité de ce cluster.

Qu’est-ce qui distingue le cluster Plastiwin?

Plastiwin est agréé et soutenu par la Région wallonne. Le cluster améliore le potentiel de compétitivité des membres. Nos membres sont des entreprises, des centres de recherche, des laboratoires, des écoles, des centres de formation et des organisations sectorielles. On peut en fait classer les membres de Plastiwin en trois catégories principales. En amont de la chaîne, on trouve les fabricants de matières (polymères, compounds, colorants, additifs, etc.). Viennent ensuite les transformateurs, qui produisent des produits finis ou semi-finis. Parmi les activités de transformation primaire, citons, par exemple, la première injection et le soufflage de moules. Et dans les activités de transformation secondaire, on retrouve notamment la découpe, le pliage et le traitement de surfaces. Enfin, il y a les ‘concepteurs’ qui regroupent les outilleurs, les fabricants de moules, les ingénieurs et bureaux d’études, les constructeurs de machines de transformation, les centres de recherche et laboratoires universitaires. Vous voyez : nos membres sont actifs tout au long de la chaîne de valeur de la plasturgie.

Vous êtes entrée en fonction chez Plastiwin en septembre 2011. Qu’est-ce qui vous a attirée dans cette fonction ?

J’ai été par le passé conseillère du directeur général d’Agoria en Recherche & Développement, Politique industrielle, Affaires externes et Business Development. Avant cela, j’ai été manager de qualité, puis manager administratif et financier au Centre européen pour le développement de la formation professionnelle. J’y ai acquis une bonne connaissance du business development et de la Wallonie. Je connais les différents acteurs et sais ce qui se joue. C’est donc une belle évolution pour moi. Je peux engranger beaucoup d’expérience dans ma nouvelle fonction et y apporter mon expérience du management et du business development. L’association parfaite. Nous ouvrons des portes qui, sans cela, resteraient fermées.

Le plastique est présent dans tous les secteurs : industrie alimentaire, industrie automobile, industrie de l’emballage, entreprises techniques, et on en passe. La diversité règne en maître. En Wallonie, les quelques grandes entreprises rivalisent surtout avec de plus petites structures de 40 à 50 employés. Le hic, c’est leur mauvaise répartition géographique sur l’ensemble du territoire wallon. Notre travail consiste à établir des ponts entre les acteurs et à ouvrir des portes qui, sans cela, resteraient fermées. En fait, nous ne sommes qu’un outil, un connecteur. Le cluster Plastiwin forme des groupes de travail et organise des mises en réseau, des événements business to business, des visites d’entreprise et des réunions avec des clients potentiels. Le but est de multiplier les enseignements, de stimuler l’innovation et la maîtrise et de générer plus d’activités.

A-t-on enregistré des résultats concluants dans le domaine de la recherche et de l’innovation ?

Certainement, mais le secteur le doit en grande partie à lui-même. Les entreprises du secteur sont particulièrement innovantes. Pas moins de 50 % d’entre elles possèdent leur propre marque, produit fini ou brevet. Et cela vaut tant pour les grandes que pour les petites entreprises. Pas besoin d’être grand pour être innovant. Plastiwin a été créé en décembre 2008 pour renforcer la compétitivité et la réussite des entreprises, mettre en contact les membres et amplifier leur force de frappe. Je suis convaincue de notre influence positive, bien que notre impact réel sur les entreprises soit difficile – si pas impossible – à mesurer.

Nanocyl, un acteur mondial de la technologie des nanotubes de carbone, fournit le plastique de très petits additifs afin d’en améliorer les performances. On les retrouve dans l’industrie de l’emballage électronique, les peintures pour bateaux, les éléments thermoplastiques de l’industrie automobile, les matériaux ignifuges, etc. On doit à une joint-venture de Total et Galactic la production du bioplastique PLA (acide polylactique) sous le nom Futerro. Le but est de produire 1 500 tonnes de bioplastique par an. L’entreprise MACtac Research est spécialisée dans le collage de toutes sortes d’éléments sur du plastique. Des molécules permettent de coller des affiches sur un mur. Ces affiches absorbent les odeurs de l’environnement, qui sent dès lors toujours bon. On peut aussi accrocher ces affiches chez soi. Un autre exemple est la petite entreprise Reddy, qui ne compte que quatre personnes. Elle produit du matériel d’installation électrique, dont elle détient le brevet. Visio Ing Consult est une autre petite entreprise innovante et fructueuse de seulement 5 personnes, spécialisée dans les systèmes optiques et de capteurs qui permettent de surveiller la qualité des produits tout au long d’un processus de production « à la chaîne. » Elle possède sa propre marque et se charge aussi de l’analyse, du développement et de la mise en oeuvre technique de projets IT.

L’échange de connaissances est-il un gage de compétitivité pour les entreprises ?

Mieux encore. C’est l’un des objectifs de Plastiwin. Nous essayons, à travers des workshops spécifiques, d’accélérer l’échange de connaissances. Un bel exemple est la réduction de l’énergie dans la production du plastique. En effet, la température du plastique doit d’abord être élevée pour le faire fondre – une opération qui requiert des compresseurs très énergivores. Ensuite, la température doit à nouveau baisser pour obtenir la forme solide souhaitée, ce qui demande aussi beaucoup d’énergie. Pendant ces workshops, les membres échangent des expériences, les meilleures pratiques.

Aidez-vous les entreprises à apprendre les unes des autres ?

C’est exact. Les gens ici en Wallonie sont incroyablement créatifs et inventifs. Mais souvent un peu moins communicatifs. Ce qui est logique, puisque ce sont des ingénieurs, pas des experts en marketing. Nous les aidons à bien se profiler et à présenter leur entreprise avec conviction. Nous les aidons à élaborer leur ‘elevator pitch’.

Le cluster Plastiwin rapproche les acteurs. Les entreprises en tirent-elles visiblement plus de profit ?

Le cluster Plastiwin offre un potentiel d’activité incontestable, mais c’est difficile à mesurer. On entend les membres dire qu’ils ont fait des affaires ensemble, on les voit évoluer. Mais c’est très difficile à chiffrer. Parfois, nos membres ne réalisent même pas que c’est grâce au cluster qu’ils ont augmenté leur chiffre d’affaires. Pour nous, ce n’est nullement un problème. Créer des possibilités pour créer de l’activité, tel est notre objectif.

L’un des fers de lance de Plastiwin est le développement durable. Mais développement durable et plastique ne sont-ils pas contradictoires ?

Au contraire. Tout d’abord, le plastique est beaucoup moins lourd que l’acier. Un véhicule moderne compte quelque 1 400 pièces en plastique, d’aussi bonne qualité – souvent même meilleure – et beaucoup plus légères. Dès lors, la conduite exige beaucoup moins d’énergie, et donc moins de carburant. Grâce au plastique, les voitures pèsent en moyenne 30 % de moins. Rien qu’en Europe, cela fait une différence de près de 12 milliards de litres de carburant. Les voitures doivent souvent en grande partie leur label écologique au plastique. C’est pourquoi ce dernier intéresse fortement l’industrie automobile. Au même titre que tout le secteur du transport. Camions, avions, bateaux… grâce à l’utilisation du plastique, tous consomment beaucoup moins de carburant.

Parlons durable, à présent. Le cycle de vie du plastique, plus long, est lui aussi prometteur et la matière reste belle plus longtemps. Sans surprise, le plastique est donc un secteur en gigantesque expansion. À la fin des années quatre-vingts, le secteur du plastique a rattrapé celui de l’acier. Et en 2010, la production de plastique était, avec ses 290 milliards de mètres cubes, presque deux fois plus élevée que celle de l’acier et ses 150 milliards de mètres cubes. Actuellement, l’exportation de caoutchouc et de plastique représente 10 % du total des exportations wallonnes. Aujourd’hui, les tuyaux en acier sont de plus en plus remplacés par des tuyaux en plastique. Leur avantage, c’est qu’il n’y a pas de perte de liquide dans le fond. Rien qu’avec de l’eau, c’est déjà regrettable. Imaginez donc avec des fluides nocifs. Et les développements ne s’arrêtent pas là. Ainsi, le bioplastique est de plus en plus présent sur le marché. Il contient, en tout ou en partie, du carbone issu de sources renouvelables. L’industrie de l’emballage alimentaire utilise des plastiques biodégradables et solubles. L’industrie automobile utilise, quant à elle, des plastiques durables. Certaines souris d’ordinateur sont entièrement fabriquées en bioplastique. Qui plus est, le carbone est entièrement composé de pommes de terre, de betteraves et de céréales. Plus besoin de pétrole.

Plastiwin est-il un outil de la Wallonie pour la Wallonie ? Ou le cluster est-il aussi actif au-delà des frontières wallonnes ? Par exemple, est-il en contact avec le milieu économique ou académique néerlandais ?

Certainement. Il y a deux mois environ, j’étais au Chemelot Campus dans la province néerlandaise du Limbourg qui, tout comme nous, accorde une place centrale à la mise en commun et au partage des connaissances. J’étais présente avec la Chambre du Commerce du Limbourg et l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers (AWEX). C’est pour moi une occasion idéale de promouvoir ce B-to-B Event. Je le recommande vivement car l’un des principaux thèmes est le bioplastique. Plastiwin veut entrer en contact avec « ses voisins » : l’Allemagne, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas. Les entreprises néerlandaises peuvent aussi devenir membres du cluster. Plastiwin a mis sur pied différents groupes de travail qui associent diverses entreprises industrielles. En outre, l’accent est mis sur les emballages, les innovations médicales, les bioplastiques, les éléments techniques, entre autres. Pour éviter les problèmes d’ordre linguistique, la langue véhiculaire est l’anglais, langue dans laquelle chacun peut s’exprimer correctement. Plastiwin collabore également avec d’autres acteurs indépendants tels que Mecatech (génie mécanique), Greenwin (chimie verte), Logistics in Wallonia (logistique), Wagralim et Fevia (industrie alimentaire). Plastiwin est un jeune cluster, il n’a que quatre ans. Jour après jour, nous essayons de nous améliorer. Les entreprises néerlandaises ne doivent surtout pas hésiter à nous contacter. Elles sont les bienvenues avec leurs questions. ■   

On n’a pas de pétrole mais on a du… lactate. Véritable alternative, le processus industriel imaginé par Galatic propulse cette société au deuxième rang mondial de producteur d’acide lactique. Alimentaire, cosmétique, pharmaceutique ou plastique, autant de domaines qui recourent à cette chimie de la nature.

Installée sur la rive gauche de l’Escaut qui sépare la Wallonie picarde de la Flandre occidentale, l’ancienne sucrerie d’Escanaffles était sur le point de fermer ses portes en 1991 quand une petite entreprise, Bioprocess Technology, prend possession des lieux pour commencer la production d’acide lactique. Un domaine dans lequel la société a su imposer sa maîtrise dans la fabrication de cette substance naturelle. Dérivé de produits agricoles, l’acide lactique est obtenu après fermentation avant d’être utilisé dans une multitude d’applications en industrie (solvant, lubrifiant, dégraissant…), en alimentation (agent conservateur) ou encore en cosmétique.

Cette technologie exploite donc les potentialités de la nature. Principalement le sucre de betterave, fermenté par des micro-organismes, mais aussi le glucose de maïs, le blé ou même les résidus forestiers. Autant de produits issus de l’environnement qui offre une myriade de possibilités. Car toute l’inspiration de Galactic est tirée de la chimie de la nature. Un monde qui, aujourd’hui, ouvre d’innombrables opportunités pour remplacer les solutions à base de pétrole de plus en plus coûteux et dont on connait les dégâts collatéraux néfastes. Si les produits fabriqués selon ces deux sources sont égaux dans la performance, il en va tout autrement sur le plan de l’environnement. Les produits issus de l’acide lactique offrent une saine alternative car, remis à la nature, ils sont non-polluants. Une véritable opportunité pour les défis futurs.

Déjà une multinationale

En 1994, le groupe d’ingénieurs à la base du projet initié par Frédéric van Gansberghe est convaincu par cette première expérience et décide de lancer la phase de production. 1 500 tonnes sont produites la première année. « Deux ans plus tard, la production est triplée », explique Jean-Christophe Bogaert, directeur des ventes et du marketing. « En 1997, la société prend le nom de Galactic et porte sa capacité de production à 15 000 tonnes. L’année suivante, nous devenons le deuxième producteur mondial d’acide lactique et de lactates. 80 % de notre production part à l’exportation vers plus de 40 pays. » Un essor qui vaut à la société d’être, en 1998, parmi les cinq entreprises primées dans le cadre du grand prix wallon à l’exportation pour l’Europe.

Sur sa lancée, Galactic décroche son premier brevet pour une technologie réelle innovante permettant la purification d’acide lactique. Les innovations vont alors se multiplier sur les procédés, les produits ainsi que les applications. Pour assurer son expansion, des partenaires viennent gonfler l’actionnariat. En 1999, la société holding Compagnie du Bois Sauvage rejoint les actionnaires de Galactic qui, avec 30 000 tonnes, avait doublé sa capacité de production. « 2002 est une année charnière importante. Une joint-venture entre Galactic et BBCA biochimique, entreprise de production à grande échelle, est créée pour développer l’activité en Chine. Une association qui permet de construire la plus grande unité de fabrication d’acide lactique en Asie. En 2005, un bureau supplémentaire est installé à Milwaukee, en Amérique du Nord. Nous avons également installé en 2010 un bureau de vente à Tokyo. » Un quatrième site au Brésil viendra s’ajouter cet été aux trois autres pôles. De quoi augmenter la production qui approche actuellement les 100 000 tonnes. 50 000 pour l’Asie, 30 000 pour l’Europe et 15 000 tonnes pour les États-Unis. Ce qui fait de Galactic le deuxième producteur mondial d’acide lactique et de ses dérivés. Son principal concurrent est la société néerlandaise Purac, fondée en 1931 et qui avait à l’époque le monopole.

Les dérivés fabriqués à base de ce produit se retrouvent dans cinq grands secteurs. La quasi-totalité des produits alimentaires : de la boulangerie à la boucherie-charcuterie, dans les fruits et légumes, confiserie, poissons et crustacés, ainsi que les sauces, mayonnaises et autres ketchup, les produits laitiers et les boissons (alcoolisées ou non). Tous les grands brasseurs sont clients chez Galactic. Viennent ensuite les secteurs de la nourriture animale, de la cosmétique (l’industrie très intéressée par les avantages de la chimie verte) et, enfin, les bioplastiques sur lesquels la société fonde beaucoup d’espoirs.

Du plastique entièrement biodégradable ou recyclable

Un partenaire industriel de poids, Total Petrochemicals, s’est rapproché de Galactic. Les deux partenaires créent en 2007 une nouvelle structure : Futerro. L’objectif est de concrétiser le projet de développement d’une technologie de production de bioplastiques : le Poly Lactique Acide (PLA). Ce polymère, qui s’oppose aux plastiques traditionnels fabriqués sur base des ressources pétrolières, offre des potentialités prometteuses. Le PLA est connu depuis de nombreuses années. La biocompatibilité entre ce polymère et l’être humain a permis de développer des applications dans le domaine médical : les fils de suture, certaines formes médicamenteuses (comprimés, gélules) ou les broches orthopédiques. L’optimisation des résultats dans les recherches sur le PLA par Futerro rend cette technologie disponible pour des marchés de grande diffusion. On distingue les produits biodégradables comme les films d’emballage, les langes pour bébé, les supports d’empaquetage, le conditionnement des produits recyclables.

Car de nouveaux développements permettent d’envisager l’intégration du PLA dans des domaines tels que l’électronique, l’automobile, le recouvrement de sol. Ce type de produit doit être conçu pour être réintroduit dans la production. « Ce sont de petites perles à base d’acide lactique introduites dans la fabrication de produits plastiques et textiles qui pourront au terme de leur utilisation être entièrement recyclés : les coques de téléphones mobiles, des pièces pour l’industrie automobile, des composants pour les ordinateurs ainsi que des fibres textiles pour la fabrication de tapis ou de T-shirts. » Le Poly Lactique Acide peut se décliner en d’innombrables variétés. Chaque famille présente des propriétés différentes en fonction de l’application souhaitée. D’où l’importance du travail de recherche. Avec le concours de la Région wallonne, dans le cadre des pôles de compétitivités du plan Marshall, une unité de démonstration capable de produire 1 500 tonnes de PLA par an a pu voir le jour. L’investissement est important, 25 millions €, mais indispensable pour s’introduire sur le marché avant d’envisager la production à plus grande échelle. « L’objectif est de construire dans quelques années un site industriel lorsque la technologie et les applications seront complètement matures. »

La sucrerie, moribonde au début des années 1990, a fait place à une entreprise en phase avec les importants défis environnementaux. Installée sur 20 hectares, Galactic emploie 130 personnes sur le site d’Escanaffles. L’optimisme et la croissance ont gommé la perspective d’un désastre économique et social. ■

 

Promesse d’avenir

Parallèlement aux développements des applications basées sur le PLA, Galactic poursuit sa progression selon quatre axes dont la toile de fond est le secteur de l’alimentation.

  1. La sécurité alimentaire « Nous sommes déjà très bien positionnés dans ce secteur. Nous développons des produits qui permettent de garantir cette sécurité puisque notre production est surtout utilisée comme conservant naturel. Ils empêchent la prolifération de micro-organismes.»
  2. L’étiquetage responsable «Cela consiste à augmenter la présence de produits naturels par rapport aux substances chimiques et les étiqueter comme tels. Le consommateur final est de plus en plus sensible à cet aspect dans le choix de son produit.»
  3. La santé du consommateur « Nous agissons en réduisant les substances nocives en enrichissant les aliments en substance positive. Par exemple, le lactate de calcium qui enrichit le jus d’orange. C’est bon pour les enfants en pleine croissance ou les personnes souffrant d’ostéoporose.»
  4. Réduire le coût en renforçant la qualité des additifs naturels « Notre client pourra ainsi garantir la conservation de ses aliments en y ajoutant une quantité moindre d’additifs

Ancrées à Profondeville, les enseignes Euro Center et èggo sont deux exemples de réussites socio-économiques. Philippe Taminiaux, leur fondateur, a réussi à insuffler un formidable esprit d’équipe à ses collaborateurs. Sa recette ? Enthousiasme et passion égalent succès !

C’est une maison pas comme les autres, c’est sûr. Où les valeurs traditionnelles en ont pris joyeusement un coup au fil de l’aventure. Le premier choc, on le savoure en arrivant au siège d’Euro Center et d’éggo, à Bois-de Villers : sur le parking, les meilleures places sont réservées aux visiteurs ! « C’est juste, le client est roi », me rappelai-je, en grimpant l’escalier menant à la réception. J’avais rendez-vous avec Philippe et Frédéric Taminiaux. Le père et le fils, responsables des deux sociétés soeurs, aiment se fondre dans la masse de leurs « collaborateurs. » La preuve, sur le mur du hall d’entrée, leurs photos respectives sont noyées dans l’anonymat de quelque trois cents têtes souriantes – parmi lesquelles celles de Halle Berry et de Brad Pitt, mais de fortes présomptions m’inclinent à penser qu’il s’agit là d’une ruse pour impressionner les visiteurs. « Mon père aime traiter son personnel d’égal à égal, m’avait prévenu Frédéric au téléphone. Il fait la bise à tout le monde et chacun l’appelle par son prénom ! »

« Euh… est-ce que Philippe est là ? », susurraije à la réceptionniste, en montrant le numéro 255 accroché aux valves. « Il achève de brosser la cuisine afin d’éliminer les frasques de la veille et il est à vous ! », entendis-je quelqu’un répondre. Je commençais à douter de ma propre identité quand je vis un gars assis dans le couloir, devant des pages et des pages de formulaires, en train de marmonner je ne sais quoi et en comptant fébrilement sur ses doigts. « Il postule pour une place dans la société, m’expliqua, un peu plus tard, Fabrice Pollet, le directeur des ressources humaines. Chaque semaine, nous recevons vingt-cinq candidatures spontanées ! Mais ces postulants ont intérêt à savoir bien compter parce que, chez nous, ce sont les vingt premiers mots et les vingt premières secondes de l’entretien, ainsi que les vingt centimètres de leur visage, qui importent. Cela nous suffit pour juger de leur motivation et de leur enthousiasme. »

Milliard !

Je me sentis rougir. Mes vingt premiers mots n’avaient-ils pas été : « À propos, vous me parlez d’accueil, mais vous ne m’avez toujours pas offert une bonne tasse de café » ? Mais je me rassurai aussitôt. Car Philippe Taminiaux était parti d’un grand éclat de rire et avait commandé du café et de la tarte. « C’est vrai que j’ai toujours eu l’obsession du client. Dès l’ouverture des premiers magasins, j’ai cherché à l’étonner en lui offrant la livraison et le café ! Déjà alors, je voulais lui donner l’envie de revenir… »

Puis, il me raconta son histoire… En 1979, dans un trou perdu de Floreffe, le Namurois ouvre, en tant que franchisé, son premier magasin de type « discounter » sous l’enseigne Electro-Cash et jette pour ce faire toutes ses économies dans la publicité. C’est gonflé, mais la sauce prend. De 35 millions de francs belges cette année-là, son chiffre d’affaires atteint 350 millions en 1989 – année où il quitta le réseau de franchisés pour fonder, avec un autre entrepreneur namurois, l’enseigne Euro Center – puis franchit la barre du milliard en 1998 ! « Jusque 2003, nous avons ouvert près d’un magasin par an. Une success story qui repose sur trois éléments : la passion pour le client qui doit toujours être satisfait, ainsi que l’enthousiasme et le sourire de nos collaborateurs. C’est ce que nous appelons notre «légende». Chacun doit constamment l’avoir en tête. On se taquine souvent à ce propos… »

Une vision a Milan

En 2004, Euro Center saisit l’opportunité de se développer dans le nord du pays en reprenant et en aménageant selon sa philosophie dix magasins de l’enseigne Megapool. Le spécialiste en électronique et électroménager compte alors 33 points de vente et plus de 300 collaborateurs. Hélas ! Le concept ne démarre pas en Flandre car les gens sont réticents à changer leurs habitudes d’achat. « C’est alors que j’eus une vision à Milan – que l’on pourrait traduire par une vision à long terme (Ndlr) – en découvrant un nouveau design de cuisine associé à une façon inédite de mettre le produit en valeur. Au lieu de données techniques, des images du bonheur : une naissance, des enfants qui rient, des fruits, des oiseaux… » Philippe Taminiaux s’arrête net, car en feuilletant les projets de décoration qu’on venait de lui mettre sous les yeux, une image le choque. « Qui est-ce qui m’a fait cela ? On ne coupe pas la queue d’un oiseau ! Il faut refaire ce cadrage…. » « Mon père est passionné par la nature, me souffle Frédéric. C’est lui qui a lancé le Festival Nature Namur il y a 17 ans. Il vous en parlera sûrement tout à l’heure… » L’image du bonheur ? Il suffisait d’y penser. Comme l’oeuf de Colomb. D’ailleurs, la nouvelle enseigne s’appellera éggo. Et le logo aura la couleur de l’olive, accentuée d’une touche d’orange (ou jaune d’oeuf). Après avoir lancé sur ce nouveau projet une équipe de vendeurs, coloristes, éclairagistes, archi- tectes d’intérieur, publicitaires, Philippe Taminiaux, qui se considère humblement comme un lieur de sauce mayonnaise (décidément, on reste dans l’oeuf !) au sein d’un groupe, ouvre ses quatre premiers éggo en mars 2007. La marque en comptera vingt en septembre ! Dans la foulée, il a la bonne idée de convertir les enseignes Euro Center du nord du pays en magasins éggo. « Nos meubles proviennent de notre usine-partenaire Nobilia, en Allemagne. Mais ils sont fabriqués sur mesure pour répondre à nos concepts. Avec nos designers, nous avons développé un style très zen qui se caractérise notamment par l’îlot central qui intègre le cuisinier à la maisonnée et incite les gens à prendre l’apéritif en sa compagnie. » « Ou le café », faillis-je d’ajouter. Mais je m’abstins.

Zorro est arrivé !

Bref, une nouvelle aventure démarre. Jusqu’à la crise de 2008. La marque frôle alors le crash. « La pompe Euro Center ne parvenait plus à alimenter en fuel l’avion éggo, qui venait d’investir 12 millions € pour son décollage, explique Philippe. Heureusement, Zorro est arrivé ! » Zorro, c’est Frédéric. Formé à l’Ecole de Commerce de Solvay (ULB), le jeune homme (27 ans) va s’atteler à mettre de l’ordre dans la logistique et les finances, un domaine quelque peu délaissé par le paternel. « Mon père vient de la publicité, justifie Frédéric, aujourd’hui directeur des opérations de vente. Sa force, c’est son audace, jointe à un enthousiasme débordant grâce auquel il arrive à convaincre ses interlocuteurs. Quand il va trouver une banque pour un prêt, il arrive sans plan financier, mais sûr de ses idées. Quand il doit investir, il est du genre à pousser tout son argent sur le tapis, comme James Bond dans «Casino Royal». Les autres sont estomaqués et déposent leurs cartes… »

Les deux entreprises sont peu à peu remises sur orbite. En 2011, année historique pour le groupe, Euro Center (22 magasins en Wallonie) et éggo (41 dans toute la Belgique) ont vu leurs chiffres d’affaires monter respectivement à 57 et 85 millions €. Des hausses de 13 et 16 % ! Cette année, trois nouvelles enseignes sont prévues dans les zones de Charleroi et Liège. Et les responsables réfléchissent aujourd’hui à une implantation en Espagne et aux Pays-Bas.

« Le groupe travaille actuellement avec 600 personnes, soit 450 salariés et 150 indépendants, des installateurs de cuisine principalement, explique Fabrice Pollet. De nombreux postes sont occupés par des conseillers en cuisine, des vendeurs en électroménagers, des livreurs bilingues et des logisticiens. » « Notre politique de l’emploi est basée sur la pratique du «Vis ma vie», ajoute Frédéric Taminiaux, C’est-à-dire que nous demandons à chacun de travailler quelques temps dans les autres départements afin de mieux comprendre les impératifs de ses collègues. Ce qui leur permet également de faire connaissance. »

Des voyages initiatiques au Sénégal

Pour consolider les liens entre ses collaborateurs, Philippe Taminiaux a également pris l’habitude, pendant dix ans, d’envoyer ses collaborateurs au Sénégal. Un pays pour lequel il a jadis eu le coup de foudre et où il a tissé des liens, loin des circuits touristiques. « Les habitants sont dépourvus de presque tout, mais vous êtes reçus comme des rois, même lorsqu’ils viennent de parcourir sept kilomètres dans la brousse pour aller chercher de l’eau ! C’est ce sourire permanent, cette chaleur naturelle, que j’attends de nos vendeurs en présence des clients. Même si les destinations changent parfois – l’an dernier, nous sommes allés au Sri Lanka – ces voyages initiatiques sont toujours nécessaires pour que chacun ouvre les yeux. Pour que notre «légende» survive et se transmette aux nouveaux venus. »

J’avais compris. Au moment de quitter le père, le fils et le saint esprit qui règne dans cette belle famille, je me fendis de dix centimètres de sourire. Las ! Personne ne me fit la bise, ni même n’articula mon prénom. Mon ego en prit un coup. Je croyais avoir réussi mon examen d’entrée et voilà que j’étais juste bon pour la sortie. La faute au café, c’est sûr… !

 

Un Festival Nature Namur légendaire !

En octobre 2011, le Festival Nature Namur a rassemblé plus de 35 000 visiteurs en dix jours sur le site de l’Acinapolis, à Jambes. Quelque 200 films amateurs et professionnels et plus de 6 000 photos étaient en compétition. Sans oublier les balades nature, les conférences, les soirées à thème, les animations… Un tout grand rendez-vous et une autre success story que l’on doit à ce grand amoureux de la nature, photographe et, plus récemment, jardinier qu’est Philippe Taminiaux.

« Ce festival est connu partout en Europe où il reste le numéro 1 en matière de films amateurs », explique le responsable qui a réussi à fédérer ses collaborateurs qui se font un plaisir, chaque année, de donner un coup de main à l’organisation. Que ce soit en dressant les buffets ou en servant au bar, chacun, du vendeur au gérant, aborde alors en permanence son sourire légendaire et plus … naturel que jamais. Vous êtes sceptiques ? La 18e édition aura lieu du 12 au 21 octobre prochain.

www.festivalnaturenamur.be

 

Futur Pôle de la Pierre à Soignies

Le 28 janvier 2015 se tenait une conférence de presse pour le lancement des travaux du futur Pôle des Métiers de la Pierre, sur le site de la Grande Carrière Wincqz.

Le secteur éprouve de plus en plus de difficultés à renouveler ses professionels, alors que les demandes en matière de restaurations et de nouvelles constructions augmentent. A cause de l'image peu attrayante, salissante, difficile, véhiculée par ces corps de métiers, les entreprises ne parviennent pas à renouveler leur personnel, et pourraient disparaître d'ici quelques années. Ce futur pôle des métiers de la pierre est un projet indispensable afin d'aider le secteur. Le Centre des Métiers du Patrimoine de l’Institut du Patrimoine wallon « la Paix-Dieu », l’IFaPME, le Forem et le CEFOMEPI se sont associés pour développer une offre de formations diversifiées et dédiées aux métiers de la pierre et ainsi donner l'envie à la jeune génération de s'investir dans ces métiers. 

Accompagnés par le Ministre du patrimoine, Maxime Prévot, les participants ont eu l’occasion de visiter le chantier des bâtiments à restaurer ainsi que des vestiges mis à jour par des archéologues. Ce centre devrait être opérationnel pour la rentrée scolaire ou académique 2016.

Retrouvez ICI notre article détaillé

Écouter François Dethier parler de la bière qu’il vient de créer avec son compère Renaud Pirotte est un régal ! Et leur produit aussi, à en croire les premiers veinards qui ont déjà eu la chance de goûter la « Curtius », en production depuis ce mois de septembre… rue de la Brasserie. Ça ne s’invente pas !

L’atavisme industriel côté liégeois, décidément, on sait ce que c’est ! Rappelez-vous les aventures de Krugger, ce constructeur de motos – champion du monde de sa catégorie ! – qui a repris le flambeau des ingénieurs de la « F.N. », « Gillet » ou « Sarolea »*. Rappelezvous également le défi que relève Yves Toussaint et son équipe, en construisant une nouvelle « Imperia »**, solide roadster au moteur hybride qui signifie le retour sur la scène mondiale de la marque qui a remporté le premier Grand Prix de Spa, en 1922… Et voici aujourd’hui les « héritiers » de Jean- Théodore Piedboeuf, fondateur de la brasserie éponyme en 1853 et devenue aujourd’hui INBEV, premier groupe brassicole mondial ! Ils s’appellent Renaud Pirotte (23 ans) et François Dethier (25 ans) et ils se sont lancés dans la production de la Curtius.

* WAW Wallonie Magazine n° 14
** WAW Wallonie Magazine n° 15

Le goût de l’amitié

Belle histoire… Celle d’un jeune homme, né à Achouffe et qui, à l’instar d’Obélix et la potion magique, est un peu « tombé dedans quand il était petit ». « Renaud a suivi de près la belle aventure de la “Chouffe”, explique son compère François Dethier, puisqu’il habitait juste à côté de la brasserie. Cela lui a donné à la fois le goût de ce délicieux produit, bien sûr, mais aussi l’envie d’aller plus loin, de connaître sa fabrication et, pourquoi pas, de créer une bière. »

Cette passion est très largement partagée par François Dethier, originaire pour sa part de Verviers. Elle ne fera que croître au fil de leurs études communes à l’Institut Provincial d’Enseignement Agronomique, à La Reid. « Nous y avons suivi non seulement des cours nous permettant de connaître les produits constitutifs de la bière – et la manière de les utiliser, poursuit le jeune entrepreneur, mais aussi des cours de gestion et de management ! Qui plus est, nous avons même eu la possibilité d’étudier en théorie la création d’une microbrasserie… » Inutile de dire qu’avec un bagage pareil, le houblon était dans le verre comme le ver… dans le fruit !

Une fois les études terminées, Renaud et François se lancent dans l’aventure, certes, mais pas à l’aventure. « On a d’abord tenté de cerner les caractéristiques que l’on voulait donner à notre produit, précise François. On a abouti, après différents essais, à une bière blonde, une “triple” comme on dit, avec la richesse du froment ajouté à l’orge et au houblon et qui lui donne un peu la douceur d’une bière blanche. L’amertume est donc tempérée. Ce qui fait de la Curtius une bière de dégustation, riche en saveurs fleuries, légèrement fruitée… » On croirait un oenologue qui parle d’un Château Cheval Blanc 1990, non ?

Soutiens financiers différenciés

Une étude de marché ayant confirmé les intuitions des deux amis de l’existence d’une demande pour un tel produit, restait le « nerf de la guerre »… et l’utilisation des différents types d’outils de soutien économique disponibles pour toute jeune entreprise wallonne.

« La bonne idée, on pensait qu’on l’avait ! La compétence aussi tout comme le produit qui allait plaire et auquel on croyait – et on le croit de plus en plus, poursuit François. Restait à faire connaître la Curtius et à trouver le financement de sa fabrication. Et l’on a eu droit à un chouette coup d’accélérateur ! » Ce coup de pouce s’appelle « Starter », cette émission de la RTBF qui a pour but de soutenir de nouvelles initiatives entrepreneuriales, et que nos deux lascars vont remporter en avril dernier. « La banque Belfius était l’un des partenaires de l’émission. Ils nous ont donc proposé de nous soutenir, dans le cadre de l’accord de garantie qui leur est fournie par le Fonds européen d’investissement. Nous sommes donc intégrés dans le programme qui vise à faciliter l’accès des starters au financement et, parallèlement, nous avons également pu bénéficier du soutien de l’Agence de Stimulation Economique de la Région wallonne (A.S.E.) qui nous a accordé une bourse pour acheter notre matériel. »

Restait donc à trouver un site de fabrication. « On voulait tous les deux que ce soit à Liège, assène François. C’est la ville de la bière, d’abord, et puis on avait appelé notre produit du nom d’un personnage célèbre de Liège : Curtius qui fut un très grand industriel et qui, sous le régime espagnol, a fait rayonner les industries et le savoir-faire liégeois dans toute l’Europe ! Nous avons alors repéré un bâtiment industriel vide qui appartient à la Société Provinciale d’Industrialisation (S.P.I.) et qui est situé… rue de la Brasserie… Vous imaginez bien, sourit le jeune industriel, on n’a pas beaucoup hésité ! »

C’est donc de ce cadre idéalement situé par rapport au premier public visé que sortiront dès ce mois de septembre les premiers fûts et les premières bouteilles. Elles seront bouchonnées, car il s’agit d’un produit sinon de luxe, du moins de dégustation, mais son design ne ressemble à aucun autre… Et, là encore, l’amitié a pris le quart, comme dit Brassens. « Un ami designer nous a aidés à trouver un style un peu à contre-pied de la tendance actuelle, faite de beaucoup de couleurs et de fioritures. On voulait un style épuré et sobre, donnant sur une certaine élégance. La forme de la bouteille respecte cette philosophie, afin que le consommateur déguste la Curtius comme on déguste un bon champagne ! »

Un accueil prometteur

Dans l’attente de la mise en production sur site propre, la présentation au public s’est faite cet été lors de différentes fêtes locales, mais sur tout à Liège, berceau de la « Curtius » : « Oui, confirme François, on a vraiment envie que les Liégeois puissent se reconnaître dans notre bière, et l’intégrer dans leur “patrimoine”. Ce sera notre “premier cercle”. Nous irons ensuite vers d’autres marchés. Du reste, nous avons d’ores et déjà un carnet de commandes intéressant, puisque même de grandes enseignes nous ont contactés… Mais nous ne voulons pas brûler les étapes et y aller pas à pas ».

Une philosophie qui fait partie depuis le début du parcours des deux amis. D’ailleurs, lorsqu’on souhaite parler à Renaud (Pirotte) : « Il est au boulot, regrette François. Je suis pour l’instant le seul membre de notre nouvelle société. Renaud a conservé son travail pour l’instant ; il me rejoindra dès que possible… »

Cet été, plus de 3 000 litres, brassés dans une brasserie partenaire du projet, auront permis à la Curtius de se faire connaître à Liège comme ailleurs. « Nous comptons brasser environ 500 hectolitres durant cette première année de fonctionnement, conclut François Dethier. Après quoi nous envisagerons de conforter la position que nous aurons éventuellement acquise sur le marché, corriger ce qui devra l’être. Et puis… Augmenter la cadence.» (sourires !)… Et puis, ce que François ne dit pas trop haut, c’est aussi d’envisager d’autres produits pour composer une gamme. Sûr, avec ces deux gaillards, la réputation des bières liégeoises n’est pas près de s’éteindre ! Jean-Théodore Piedboeuf peut être fier de ses jeunes « héritiers »… Et, comme on dit aujourd’hui dans les maisons de bouche : « Excellente dégustation ! ». Avec modération, cela va sans dire, mais c’est mieux en le disant quand même !

 

Renseignements

La Curtius
Rue de la Brasserie, 8
B-4000 Liège
www.lacurtius.com

Implanté en campagne namuroise à Bovesse, le Domaine du Ry d’Argent est une réussite due avant tout à la pugnacité de Jean-François Baele qui, en plus de ses talents de vigneron, a un sens aigu du commerce. Rencontre avec un entrepreneur qui voit loin.

Alors que sa famille exploitait une ferme de cultures et de bovins laitiers depuis plusieurs générations, Jean-François Baele ne voyait pas l’avenir du même oeil. Habitant juste à côté du vignoble de Philippe Grafé, il y effectue un stage dans le cadre de ses études d’agronomie et l’expérience lui donne des idées. « Philippe a planté en 2003, j’étais alors en 1e année de graduat en agronomie et j’ai commencé à réfléchir à la question. En 2005, j’ai fait mon travail de fin d’études au Chenoy sur l’implantation à grande échelle d’un vignoble en Wallonie et, chemin faisant, cela m’a bien plu. »

Un premier hectare de vignes est donc planté en 2005. Du Regent, comme chez son voisin, un cépage interspécifique résistant mieux aux maladies que les cépages classiques. Deux hectares suivent en 2006, avec du Cabernet-Jura en rouge et du Solaris en blanc, un autre interspécifique, et encore deux autres hectares en 2007, mais avec du Dornfelder cette fois. « Nous ne sommes que trois vignerons en Belgique à avoir opté, au niveau professionnel, pour les interspécifiques : Philippe Grafé, Vanessa et Andy Wyckmans à Bioul et moi. Nous avons été rejoints récemment par la coopérative Vin de Liège. »

Ne pouvant se contenter « de regarder la vigne pousser » pendant les trois premières années de plantation, Jean-François Baele exerce d’abord un autre emploi, hors de la ferme, avant de prendre une pause-carrière pour se donner à fond au Ry d’Argent. « Nous sommes à présent installés. La gamme peut évoluer. J’ai commencé l’élevage en fût de chêne en 2008-2009 pour un rouge sur quatre, maintenant il y en a 2. Je décuple cette année la production du mousseux rosé créé en 2011, on passe ainsi de 1 500 à 15 000 bouteilles ! »

La production tourne à présent autour de 45 000 bouteilles de vin tranquille et de 15 000 de mousseux. Les ventes se font par divers canaux. Une partie en grande distribution, une partie sur place ainsi que dans les foires et salons ou pour des soirées privées. Le métier de vigneron belge serait-il donc rentable ? « Moi j’en vis, confie Jean- François. C’est rentable, mais on a encore des kilomètres à faire avant d’être connus. Certains restaurateurs sont toujours sceptiques quant à la qualité des vins belges, il faut casser les préjugés et donner au vin belge ses lettres de noblesse, comme pour la bière ou le chocolat. Le vin belge, c’est aussi un savoirfaire, une histoire, un terroir. »

Selon lui, la création en juin dernier d’une Association professionnelle des Vignerons de Wallonie (voir encadré) palliera certains manques. « Cela va permettre de mieux nous concerter pour l’avenir, mais également de nous prémunir et de nous professionnaliser encore plus dans la culture même de la vigne. Nous pourrons enfin faire de véritables tests, tout comme le font, par exemple, les producteurs de pommes de terre. »

« Moi j’en vis, c’est rentable, mais on a encore des kilomètres à faire avant d’être connus. Certains restaurateurs sont toujours sceptiques quant à la qualité des vins belges, il faut casser les préjugés et donner au vin belge ses lettres de noblesse, comme pour la bière ou le chocolat. Le vin belge, c’est aussi un savoir-faire, une histoire, un terroir. »


Confiante dans l’avenir, la famille Baele a concédé d’importants investissements en 2011 et prévoit de développer l’accueil du public. Notre entrepreneur entreprenant a en outre ajouté une corde à son arc en achetant une vendangeuse que plusieurs vignerons s’arrachent déjà. « Je récolte encore tout ce qui est mousseux à la main, soit 1 à 1,5 ha. Mais, pour le reste, il n’y a pas photo, je fais un hectare à l’heure avec la machine. À la main, c’est 40 personnes pendant 2 jours. Vu que cela va tellement vite, je vais dans d’autres domaines. Je ne pousse pas à la charrette, mais je sais que lorsque les vendanges viendront, mon téléphone commencera à sonner… Pour l’instant, je vais rester discret au moins jusque milieu 2013 environ, car nous commençons bientôt la maison, plus, plus, plus… Et donc j’ai besoin de temps pour ma vie privée aussi ! » Notre homme prend de la bouteille, c’est certain…

 

Renseignements

Domaine du Ry d’Argent
Rue de la Distillerie 51 à 5081 Bovesse
+32 (0)81 56 65 45
www.domainedurydargent.com

 

Association des Vignerons de Wallonie

Trois ans après son équivalente flamande, l’Association a vu le jour le 30 mai dernier. Pour l’heure, elle ne réunit que 18 des 30 vignerons professionnels wallons et aucun de la centaine de vignerons amateurs que compte la Région, mais l’étape est plus qu’importante et, au-delà de la mise en conformité avec la législation, c’est avant l’espoir de voir enfin la profession renforcée.

Depuis 2001, la compétence agricole étant régionalisée, ce n’est plus l’État fédéral qui exécute la politique agricole européenne, mais bien la Région wallonne et la Vlaamse Gemeenschap, avec un ministre fédéral comme porte-parole aux institutions européennes. Au sud du pays, tout ce qui est réglementation, soutien agricole, promotion des produits et, en aval, les arrêtés de mise en application des politiques européennes, est donc du ressort de la Région wallonne.

Représentés auparavant par la Fédération belge des Vins et Spiritueux, les vignerons belges ont donc dû créer deux organisations professionnelles, l’une flamande et l’autre wallonne. Les Flamands furent les premiers à réagir en 2009, n’hésitant pas à se baptiser… « Belgische Wijnbouwers » (vignerons… belges), ce qui ne fit pas accélérer les choses. Côté wallon, grâce au concours de la Fédération wallonne de l’Horticulture à laquelle l’ASBL est aujourd’hui rattachée, l’Association des Vignerons de Wallonie vient de voir le jour sous la présidence d’Henri Larsille (Domaine des Agaises) et la viceprésidence de Philippe Grafé (Domaine du Chenoy).

L’association a pour but « le développement, la mise en valeur et la protection du potentiel wallon de production vitivinicole » et nourrit, entre autres, l’ambition de coordonner et d’encadrer le secteur, de vulgariser des informations en relation avec le secteur, de promouvoir les produits et de développer l’oenotourisme régional wallon. Reste plus qu’à trouver les fonds nécessaires, éternel nerf de la guerre.

Après avoir dirigé les parcs d’attractions de Bellewaerde et de Plopsaland, Paul van Havere a créé de toutes pièces « Loungeatitude » à Louvain-la-Neuve. Un lieu de convivialité et de restauration unique dans la cité universitaire, fruit d’une vie professionnelle mouvementée. Parcours.

Si vous lui aviez dit qu’un jour, il créerait à Louvain-la-Neuve un prestigieux lieu de restauration, « Loungeatude », il ne l’aurait pas cru. Pour lui, « LLN », c’était une ville d’étudiants, avec des rues sales et des guindailles bruyantes. Et pourtant, une petite visite dans la cité universitaire allait jaunir pour de bon cette image d’un autre âge. Paul van Havere est devenu aujourd’hui l’un des plus ardents promoteurs de la ville brabançonne, dont le développement commercial, résidentiel — les étudiants sont désormais minoritaires —, scientifique et économique s’affiche comme une splendide réussite.

C’est là, il y a sept ans, que Paul van Havere retroussait ses manches, une fois de plus. À 53 ans, il fallait du punch pour se lancer seul dans l’aventure. Et de la combativité. Mais aujourd’hui, « Loungeatude » — prononcez « Longitude » — est un lieu où l’on se pose avec plaisir, à quelques mètres de la Ferme du Biéreau. « Je ne voulais pas un restaurant de plus, confie-t-il. Je désirais une ambiance, un endroit où l’on n’avale pas un plat en vitesse, mais où l’on profite d’un moment de convivialité. » Un concept, né d’une trajectoire atypique. Que l’on en juge…

Ce francophone de Flandre, né à Waaesmunster dans une famille d’industriels du textile, a toujours eu le goût de l’entreprise. Au début des années 70, après trois années d’études en design industriel à Saint-Luc Liège, il se lance dans la vie professionnelle. Après un an chez Kleber, il passe chez Philip Morris. Époque dorée : le cigarettier américain, qui a racheté Weltab, propriétaire des marques belges Visa et Armada, veut lancer sur le marché belge ses Marlboro. Paul van Havere prend en charge la promotion du paquet rouge et blanc. « Ce furent des années incroyables, se souvient-il. Nous avions des moyens considérables. De plus, j’avais un patron exceptionnel, Jean Célis. »

Les rois du bac à sable

Lorsque ce dernier quittera la multinationale, Paul van Havere n’attend pas de faire partie de la charrette qui accompagne toujours le départ du boss. Il rejoint, comme associé, le groupe City7, véritable phénomène des années 80 dans la publicité et la communication évènementielle. « Belle époque aussi que celle-là. Nous étions les rois du bac à sable ! », s’exclame-t-il. Et pour cause. Le groupe, qui a racheté le Sportpaleis d’Anvers, organise l’ECC de tennis (avec sa fameuse raquette en or sertie de diamants), le Hard Cross Motocross indoor, le Ladies European Masters (golf féminin) au Bercuit… Mais la roue tourne. Après avoir échoué dans le rachat des raquettes Donnay, qu’emporte un certain Tapie, le groupe City 7 jette son dévolu sur l’autre grand de la raquette belge, Snauwaert. Le virage industriel va hélas ! se terminer par un sacré revers : relancer Snauwaert exige de gros moyens et, in fine, une entrée en Bourse pour City7, qui s’était alors toujours financée sur fonds propres. Ce sera l’échec.

Ce francophone de Flandre né à Waaesmunster, dans une famille d’industriels du textile, a toujours eu le goût de l’entreprise. Au début des années 70, après trois années d’études en design industriel à Saint- Luc Liège, il se lance dans la vie professionnelle.


De Bellewaerde à Plopsaland…

Pour redémarrer, Paul van Havere change son fusil d’épaule. Le voilà à la tête de Bellewaerde Park. Une mission que lui confie Gérard Constant, directeur général du groupe Walibi. « J’ai pris la place de Luc Florizoone, fondateur de Bellewaerde. Ma mission ? Changer les mentalités et élaborer une stratégie à 5 ans. Passer d’une gestion familiale à une gestion de société cotée en Bourse n’était pas une mince affaire, évoque-til non sans fierté. Cela m’a pris 5 ans, de 1995 à 2000. Et puis, je suis parti… Parce qu’un homme doit rester en accord avec ses principes. Il arrive un moment où l’on ne peut plus vendre son âme au diable. » Le diable ? Il va prendre les traits du groupe américain Six Flags, qui a racheté Walibi et Bellewaerde.

Objectif ? « L’argent, rien d’autre, martèle l‘ancien directeur. Il fallait à tout prix faire plaisir aux actionnaires. » Paul van Havere démissionne et va poser ses valises ailleurs… À la tête de l’ex-Meli Park, rebaptisé Plopsaland. Les personnages sortent de Studio 100, et cartonnent tant en Flandre qu’en Hollande. Ils ont pour nom Plop et Pipolette, Wizzy et Wooppy, Big et Betsy… En deux ans et demi, le nouveau directeur redessine tout le parc, met en place une équipe à qui il transmet son expérience, et relance la dynamique. Mission terminée. Et ensuite ?

… et de Groenendael à Louvain-la-Neuve

« J’ai longuement mûri un projet, mais qui n’a pas abouti. La SNC B avait mis en vente certains sites de gares désaffectées. Celle de Groenendael et son hectare de terrain m’intéressaient. Je souhaitais y créer un grand parc indoor sur le thème de la forêt. J’étais en bonne position parmi les 27 candidats repreneurs, mais les délais que j’exigeais, ainsi que mes investisseurs, ne pouvaient être garantis par la SNC B, toujours aux prises avec son chantier RER. Mon projet a été refusé. Quand je vois les retards du RER, je ne me plains pas ! » L’aventure aura pourtant une suite… à Louvain-la-Neuve. Nous y voilà ! « L’un de mes contacts lors du projet Groenendael, la Brasserie Moortgat, qui produit la Duvel et la Vedett, m’a suggéré de relancer un espace abandonné qu’il avait à Louvain-la-Neuve. Je suis allé voir, sans y croire. » On connaît la suite.

Trois espaces, une ambiance

En ce milieu d’après-midi baigné de soleil, il se dégage du salon de « Loungeatitude » une impression de calme, de sérénité. Moment hors du temps. « Il a fallu tout créer, explique le maître des lieux. Tout penser. Cet endroit, qui avait accueilli le restaurant de Nino, la toute première pizzeria de Louvain-la-Neuve, avait connu un parcours chaotique, avant d’être abandonné. Le défi m’a plu. Lorsque je dirigeais un parc d’attractions, je voulais offrir du bonheur au public. C’est le même état d’esprit qui m’a animé ici. »

Tout a été conçu avec le même souci d’apaisement et de sérénité : le feu ouvert et le piano sont des indispensables du salon, tandis que la disposition astucieuse des tables du restaurant garantit aux convives liberté et discrétion.


Et ici, c’est bien vrai, si l’on vient pour manger — ou pour un rendez-vous professionnel —, c’est aussi pour savourer un moment, dans un cadre contemporain, mais reposant : sol en béton lissé, équilibre des couleurs, mobilier confortable — le patron a dessiné lui-même certains meubles. Tout a été conçu avec le même souci d’apaisement et de sérénité : le feu ouvert et le piano sont des indispensables du salon, tandis que la disposition astucieuse des tables du restaurant garantit aux convives liberté et discrétion. Là aussi, un grand feu ouvert convivial. Et si la terrasse offre un accueil chaleureux en été, le sous-sol, lui, se moque des saisons : Paul van Havere y a aménagé l’espace BAB’L, le Business After Business Lounge, avec bar et piste de danse, dédié aux évènements d’entreprises et aux soirées privées. Les murs servent de cimaises aux artistes contemporains. Session de travail ou soirée privée, au rez-de-chaussée ou au sous-sol, toujours cette volonté de joindre l’utile à l’agréable. Avec un maître de cérémonie dont la devise se passe de commentaires : « Vous êtes ici chez vous ! »

 

Côté cuisine

« J’attache une grande importance à une cuisine saine et peu grasse, à la stabilité et à la constance des préparations. En fait, résume Paul van Havere, j’aime une cuisine intelligente limitant au maximum les pertes. » Ce qui explique pourquoi on croisera ici des préparations traditionnelles et incontournables, mais revisitées avec originalité.

La carte permanente : jambonnette de volaille aux scampi, crème de coco et risotto exotique, carpaccio de filet pur au foie gras, coquilles Saint- Jacques à la Tartufata…

Les suggestions : elles changent toutes les 3 semaines. À choisir individuellement ou en formule menu 3 services.

Espace BAB’L : en principe libre de service traiteur. Accueille une formule de restauration qui allie convivialité, flexibilité, qualité, créativité et détente. À expérimenter.

 

Renseignements

« Espace Loungeatude »
Place Polyvalente (derrière La Ferme du Biéreau)
1348 Louvain-la-Neuve.
+32 (0)10 45 64 62
Fermé le samedi midi et le dimanche.
www.loungeatude.be

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