Waw magazine

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Le Brabant wallon est une zone économique en fort développement dont la dynamique entrepreneuriale convient d’être encouragée. Les trente coopérateurs qui, en novembre 2005, ont créé le Cercle du Lac dans la ville universitaire de Louvain-la-Neuve, l’ont bien compris. Outre la volonté d’entreprendre, le cercle naissant avait pour objectifs d’établir des passerelles entre les milieux académiques, politiques et le monde de l’entreprise, de faciliter les échanges entre les milieux de la recherche, de la finance et du management, et de constituer un tremplin pour les futurs et jeunes managers. Mission réussie : en huit ans, ce « carrefour rencontre des entrepreneurs » a ainsi organisé plus de 1 600 évènements et compte désormais plus de 850 membres. Venus du Brabant wallon, de Bruxelles, de Namur…

Mais qui n’évolue pas s’engourdit. À l’étroit dans les locaux de l’Aula Magna, le Cercle du Lac a intégré cet été un nouveau bâtiment dans le Parc Einstein, sur un terrain appartenant à l’UCL. L’investissement, de 7,2 millions €, a bénéficié du soutien de la Wallonnie et d’un pool financier privé.

Quant à l ’édifice, qui est construit sur pilotis, il déploie sur une superficie de 3 260 m² une architecture résolument moderne axée sur le développement durable. Il est l’oeuvre de Patrick van der Straeten et Alberto Fernandez-Goas (Group Sigma, Wavre). « Deux impératifs ont dicté sa conception, explique Serge Verhaegen, le président du Cercle du Lac. Primo, nous voulions qu’il soit modulable afin de permettre de multiples aménagements et, par respect pour la nature, qu’il puisse connaître une deuxième vie dans 20 ou 30 ans si d’aventure il ne devait plus abriter notre Cercle. Secundo, nous voulions une séparation bien nette entre la partie ‘bruyante’, celle réservée au Cercle du Lac, avec ses locaux administratifs, ses lieux de rencontres, ses salles de conférence et son espace restauration, et la partie ‘studieuse’, celle consacrée à notre nouveau centre d’affaires, qui propose des espaces de travail de toutes tailles et répondant aux dernières normes technologiques, des salles de réunion équipées, ainsi qu’un pool de services qui libérera les jeunes entrepreneurs des tracas administratifs habituels et leur permettra de se concentrer sur leurs projets et d’être opérationnels tout de suite. » 

Début novembre, ce centre d’affaires de 1 350 m² était déjà occupé à près de 40 %. Preuve que l’initiative répondait à une demande dans la région. « Mais nous ne sommes pas des loueurs de bureaux, précise le président. Cet accueil doit être limité à deux ou trois années, le temps de permettre à ces entreprises de tracer leur route. »

Début novembre, ce centre d’affaires de 1 350 m2 était déjà occupé à près de 40 %. Preuve que l’initiative répondait à une demande dans la région.

Joomla, Java, PHP et compagnie, le développement informatique de plateformes web n’a pas de secret pour Tesial. Pascal Alberty et Jean-Marc Peterkenne ont quitté leur uniforme de consultant chez BEWEB avec une idée en tête : créer leur propre société.

 

UNE PLATEFORME WEB : C’EST QUOI ?

Pour remettre les choses à leur place, une plateforme web n’est pas un site. Il s’agit de bien plus que ça ! C’est une boîte à outils dont le site web n’est que le support. On peut faire la comparaison avec Gmail, le système de messagerie de Google. En l’utilisant, vous disposez de plusieurs outils : le service d’email, le réseau social Google+, un espace de stockage, etc.

 

L’envie de devenir entrepreneur a germé lors du développement d’un format publicitaire pour leur employeur. BSB, régie spécialisée dans la vente d’espaces publicitaires en ligne, était à la recherche d’une équipe IT. Au cours de la réalisation du prototype, ils se sont rendu compte qu’il y avait un business potentiel dans la création de plateformes web. Pascal Alberty, un des cofondateurs, confie : « Nous étions trois collègues au départ, mais nous ne sommes plus que deux car la troisième personne est retournée dans le monde des salariés. Pour la petite anecdote, nous avons démissionné ensemble de BSB et nous avons créé Tesial. » La plateforme Click Box est née de cette collaboration. Ce produit est notamment destiné à la diffusion de publicités sur les sites web des grands éditeurs belges. Il permet aux annonceurs de vérifier les statistiques de diffusion et à la régie de contrôler et valider les publicités diffusées ou de configurer une campagne.

Tesial ne s’est pas arrêtée à Click Box. Une extension à la plateforme a été mise sur pied : Proxistore, un format publicitaire géolocalisé. « Au lieu de diffuser une publicité sur tous les sites web, Proxistore vérifie où vous vous situez et vous propose ainsi une campagne publicitaire proche de votre localisation. Il s’agit donc d’un ciblage local utilisant des grands sites d’éditeurs à audience nationale, comme La Libre Belgique, la Dernière Heure, etc. Nous arrivons à particulariser les annonces sur un secteur local », explique Pascal Alberty.

CrawlForMe

Les sociétés profitant de l’expertise de Tesial relèvent davantage du secteur des médias, de la régie publicitaire, du retail ou des agences web. Parmi leurs clients notables, Pascal Alberty et Jean-Marc Peterkenne comptent l’organisation de consommateurs Test-Achats. Le département marketing a fait appel à leurs services. Il a constaté des imperfections sur leur site web : des images manquantes, la fameuse erreur 404 s’affichait parfois sur les écrans. Pascal Alberty explique quelle a été leur démarche : « Un scénario automatisé a été mis en place pour voir si les utilisateurs arrivaient au bout de l’inscription, avec l’envoi d’un reporting en cas d’erreur. Nous avons aussi mis au point un dispositif permettant de parcourir l’entièreté du site, comme si quelqu’un s’amusait à cliquer sur tous les liens. » Cela n’a l’air de rien, mais ces erreurs constituaient un réel manque à gagner à cause de l’indisponibilité du site. 

D’une plateforme sur mesure pour Test-Achats, un produit à part entière a vu le jour. À la manière d’une pieuvre qui déploie ses tentacules, CrawlForMe parcourt les profondeurs d’un site web afin de détecter les imperfections pouvant nuire à son bon fonctionnement. Selon Pascal Alberty, il est essentiel d’avoir un site au meilleur de sa forme. « Les moteurs de recherche n’aiment pas les sites qui ont des erreurs. S’il y en a beaucoup, Google n’aura pas tendance à le mettre en valeur. » Tesial a également particularisé l’outil pour un autre client. Celui-ci désirait non pas vérifier des erreurs, mais des informations : celles du Centre d’Information sur les Médias qui mesure les audiences. La société a donc utilisé et adapté CrawlForMe pour vérifier que le code du CIM soit présent sur toutes les pages du site web.

L’IT est partout

C’est en prenant le temps de savoir ce dont on a besoin, que l’on sait vers où on va. Tesial l’a bien compris. Sa philosophie est d’accompagner le client du début à la fin. Tout en lui expliquant que l’étape de redéfinition des besoins est essentielle. « Nous avons appris des méthodologies d’analyse qui permettent de refocaliser le client sur ce qui lui manque vraiment. Nous avons une politique de suivi et d’accompagnement pour que le client soit en phase avec ses besoins. En fonction des projets, cela peut durer quelques semaines à quelques mois », affirme l’un des cofondateurs. Heureusement, il ne faut pas chaque fois repartir de zéro. La société a mis au point un framework, une sorte de boîte à outils qui constitue une base commune pour démarrer plus simplement. Et celle-ci évolue avec l’expérience.

À la question de savoir si Tesial a connu la crise, la réponse est non. Cette petite PME a le vent en poupe depuis sa création. Cela fait presque huit ans que cela dure et il y a toujours des projets à réaliser. En effet, il est difficile de se passer aujourd’hui de l’informatique. L’IT est actuellement un secteur où les of fres d’emploi ne tarissent pas. L’entreprise veut montrer qu’il y a réellement un intérêt à automatiser certains outils, le client a tout à y gagner : du temps et donc de l’argent !

 

RueDuWeb : un collectif d’accros au web

C’est au sein du collectif RueDuWeb que la société Tesial prend ses quartiers. Plus d’une cinquantaine de personnes ont investi un plateau de 600 m² à l’Axisparc de Mont-Saint-Guibert. On pourrait y voir un espace de coworking, mais il n’en est rien. Il s’agit bien d’une collectivité partageant leurs connaissances et expériences au service des uns et des autres. Chacun est actionnaire et s’implique dans la gestion de la coopérative. Cette SCRL est née en février 2013 à Court-Saint-Étienne de la rencontre entre trois sociétés : Akimedia, JournalisteWeb.be et Tesial. Ils se sont aperçus qu’ensemble, ils pouvaient faire de grandes choses. Partageant des compétences complémentaires dans le domaine du web, ils ont décidé de mettre leurs ressources en commun. En travaillant côte à côte, ils peuvent présenter une offre commune à leurs clients. C’est d’ailleurs dans cette dynamique que Tweetwall Pro a émergé en mai 2010. Cette application web permet lors d’un évènement de diffuser en direct sur un écran les messages envoyés sur les réseaux sociaux. Cette collaboration entre Akimedia et Tesial comprend aujourd’hui une dizaine de collaborateurs et a déjà été utilisée sur presque tous les continents !

Les sociétés et indépendants composant le collectif : 

Akimedia, Alin1, Auctelia, Café Numérique, Catcheur.be, Lexicom, NOW. be, Orchestraaa, PointBen, Secretaire on web, Selinko, Tesial, Tweetwall Pro, Wekipa et Steve Fontaine. Tesial / 2 créateurs (Pascal Alberty et Jean-Marc Peterkenne) / 2 employés

Un problème logistique ou de production ? Synthetis, au service exclusif du monde industriel, vous apporte rapidement une solution informatique durable et sur mesure pour optimiser votre process de production. Interview croisée avec Antoine Vekemans, CEO, et Alain Bolyn, directeur des ventes.

Synthetis existe depuis plus de vingt ans. Une existence suffisamment longue pour procéder à une « mise à plat » et repenser la position de l’entreprise dans le milieu industriel. Car, en vingt ans, le milieu industriel, ses besoins et ses attentes ont évolué. Le métier de Synthetis devait donc s’adapter. En 2012, Antoine Vekemans, actuel CEO, et Marc Mauroy, deux hommes de « l’intérieur », prennent les rênes de la société et deviennent actionnaires majoritaires. Il apparaît alors clairement que la richesse de Synthetis est avant tout dans les personnes qui la constituent et moins dans les logiciels dont la société a les droits. Synthetis, ce sont des gens de terrain dont la capacité est de rencontrer un client, qu’il soit un fabricant de pneus, un producteur de soupe ou un manufacturier, de s’asseoir en face de lui et de lui parler, avec la connaissance de son vocabulaire technique spécifique, de son métier. Le savoir-faire de Synthetis, « c’est aussi de rassurer les clients. Nous sommes en mesure de leur dire : Nous comprenons les contraintes de votre secteur industriel, nous allons nous concentrer sur vos problèmes et, ensemble, construire une solution simple et pratique pour optimiser en temps réel votre production. »

Une PME qui vous prend la main

Synthetis ne se définit donc plus uniquement comme un éditeur de logiciels, mais comme une société de services capable d’accompagner l’industriel dans sa réflexion afin de déployer des solutions pragmatiques qui rencontrent ses besoins spécifiques. La force de Synthetis, c’est d’être une PME (environ une trentaine de personnes) qui a « la flexibilité et la rapidité nécessaires pour faire face aux demandes de grands groupes internationaux ». Et, atout non négligeable pour l’industriel qui procède à des transferts de compétences. « Nous ne nous rendons jamais indispensables. Si le client veut gérer la solution informatique implémentée de manière autonome, Synthetis lui propose un accompagnement personnalisé pour qu’il puisse le faire. Nous sommes aussi capables de lui dire que cela ne sert à rien d’informatiser son process (l’ensemble des étapes nécessaires à la fabrication d’un produit) s’il n’est pas mûr pour le faire. Nous lui proposons de remettre d’abord en interne de bonnes pratiques de fonctionnement de manière à travailler demain, même si son informatique tombe en panne. L’informatique ne sert jamais qu’à accélérer les processus de décision, à garder des traces et à partager de l’information. Ça ne fait rien de mieux que ce que les gens font ! »

Un cheval de Troie

PeopleForce, une solution logicielle pour l’affectation du personnel, est un produit phare de Synthetis. Aujourd’hui, en Europe, PeopleForce est le seul outil informatisé qui permet dans le secteur industriel (en particulier l’agroalimentaire) de faire de la planification de personnel sous contrainte. Le Québec lorgne d’ailleurs sur ce bel outil ! L’idée est venue d’une discussion avec le directeur commercial de Knorr (groupe Unilever), leader de la soupe déshydratée. Son problème : le planning journalier des ouvriers dans le cadre d’une production manufacturière qui compte des étapes et des compétences multiples. Qui fait quoi, quand et comment sur la ligne de production ? « Faire tourner régulièrement le personnel afin qu’il ne perde pas ses compétences en effectuant toujours la même tâche, ne pas utiliser les mêmes “super champions” qui accumulent alors des heures supplémentaires coûteuses, respecter les contraintes légales et locales comme les heures de repos, les congés, les périodes de formation… c’est un exercice difficile. Exercice pour lequel, excepté les tableaux Excel, il n’existait rien d’autre. » Pour résoudre le problème de l’affectation du personnel, un outil informatique est né, PeopleForce, capable de configurer le planning le plus équitable possible en tenant compte des contraintes existantes et, pour chaque poste d’une ligne de production, d’identifier la personne la plus compétente. « PeopleForce est aujourd’hui notre cheval de Troie. » En effet, les entreprises dans lesquelles Synthetis a implémenté le logiciel l’ont apprécié à tel point que la PME est interpellée pour résoudre d’autres problématiques de terrain. Aujourd’hui, « ce sont des industries en France comme le champagne Moët & Chandon, le beurre Balade et les pneus Goodyear ou, aux Pays-Bas, l’imprimeur Roto Smeets qui utilisent PeopleForce ». 

Une PME qui fait gagner des awards 

Danone a, deux années consécutives, consacré Agrana Fruit « top fournisseur » pour ses préparations de fruits que nous retrouvons dans les produits laitiers frais de la célébrissime marque française. Cette reconnaissance, Agrana la doit en partie à Synthetis qui a mis au point, pour trois de ses usines (en France et en Égypte), une solution d’optimisation de la production adaptée aux besoins de ce secteur agroalimentaire. Un projet global structuré qui permet à Agrana de gagner du temps et de l’énergie, de contrôler la chaîne de production aux points les plus critiques (pasteurisation, stérilisation des cuves…), de réduire ses erreurs et d’offrir à ses clients un « dossier de lot » électronique et une traçabilité complète des opérations.

Une PME qui se mondialise

ArcelorMittal est aussi un client de Synthetis. La PME gère les flux de matières et les stocks de l’usine. Dans la fabrication de produits en acier, les stocks sont continuellement utilisés. Synthetis aide non seulement à la gestion de ces derniers mais aussi à la traçabilité du produit fini. Le commercial d’ArcelorMittal qui reçoit une commande doit toujours être certain que l’acier pour la fabrication du produit demandé est présent en quantité nécessaire et, au bout du process de production, que la bobine d’acier qu’il dépose sur le camion est bien la bonne. Une bobine d’acier pour une automobile n’est pas celle d’une canette. Depuis fin 2012, Synthetis a créé pour ArcelorMittal un centre de compétence où s’effectue un transfert de savoirfaire afin d’assurer la pérennité des outils développés. Pour Synthetis, c’est l’assurance d’une grande visibilité au sein du groupe international et du secteur sidérurgique en général. Dernièrement, Synthetis a accompagné une mission de l’AWEX au Brésil durant laquelle le CEO a pu rencontrer des industriels qui n’étaient pas du groupe Arcelor et qui étaient intéressés par les solutions de gestion des stocks et des flux. L’Amérique du Nord et du Sud sont deux terrains de prospection pour la PME qui souhaite croître, mais de façon maîtrisée. 

Secrets et confidences, sous l’œil des ancêtres

Un manoir a toujours un petit côté mystérieux, une histoire à raconter, des souvenirs tapis. Celui qui se cache derrière un haut mur d’enceinte, dans cette rue tranquille de Thorembais-Saint-Trond (Perwez), est aussi appelé château Jadoul, du nom de l’arboriculteur du village qui le fit ériger à la fin du XIXe siècle. Entouré d’un petit parc et de quelques arbres remarquables, il impressionne par sa façade en très bon état relevée par un balcon à garde-corps en fer forgé, et par son imposante toiture en ardoises flanquée, aux quatre angles, de tourelles et colonnettes. Son âge vénérable lui vaut d’être repris à l’inventaire du patrimoine architectural de Wallonie. Mais il est aussi gratifié de quatre épis par le Commissariat général au Tourisme depuis que les nouveaux propriétaires y ont aménagé deux chambres d’hôtes dont les noms semblent jouer avec les effluves de jadis : « La chambre des secrets » et « La suite des confidences ». Le mystère est cependant vite levé dans la salle à manger où Sandrine et Olivier de Ghellinck nous ont tout raconté. Sous l’œil intéressé d’Eviac, le cocker anglais, qui fut le premier à nous accueillir et qui dresse maintenant ses grandes oreilles rousses pour ne perdre aucune bribe de la conversation.

« Les de Ghellinck sont originaires d’Elseghem, près d’Audenaerde, où le château familial a brûlé en 1973, explique le propriétaire. Quand nous nous sommes installés ici, en 1999, ma femme et moi habitions déjà la région. Nous cherchions depuis quelque temps un logement de caractère à rénover. Cette demeure, qui a vu défiler plusieurs générations de propriétaires et locataires, nous a plu tout de suite. Par son style, son âme et ses potentialités, mais également par sa situation géographique sur l’axe Bruxelles-Namur, près de l’entrée de l’autoroute E411 et de la gare de Gembloux. Nous nous sommes aussitôt attelés à la rénovation. En réalité, nous n’avons quasiment pas touché aux murs. En revanche, le rafraîchissement et la décoration nous ont pris près de dix années. Heureusement, c’est notre dada à tous les deux. Ma femme est habile en couture et en peinture, moi je me suis spécialisé en garnissage de sièges. Et j’adore redonner vie aux antiquités. »
« Nous voulions trouver une juste harmonie entre le confort moderne et la préservation de l’authenticité des pièces, enchaîne son épouse. La cuisine bénéfice ainsi de tout l’équipement moderne, mais dans les pièces les meubles sont anciens et les décorations en harmonie. » Et la maîtresse de maison de citer l’exemple de la salle à manger, jadis une véranda surmontée d’un toit très peu esthétique. « J’ai confectionné des bandes de tissus formant un velum que nous avons accrochées au plafond avant d’y suspendre un lustre d’époque. Ainsi habillée, cette pièce a tout de suite un autre cachet. »

C’est quand les trois enfants du couple sont devenus grands et ont commencé à s’installer dans un kot pour se rapprocher de l’université que l’idée lui est venue d’aménager des chambres d’hôtes. Après avoir complètement réaménagé – sous l’œil vaguement inquiets des ancêtres de Ghellinck dont les portraits et les armoiries ornent les murs des couloirs – les chambres du deuxième étage et refait tout le sanitaire, le couple a reçu le feu vert de la Fédération des Gîtes de Wallonie pour ouvrir une chambre et une suite dotées de tout le confort moderne et décorées avec des meubles et bibelots tantôt achetés dans les brocantes, tantôt trouvés dans les greniers familiaux. « Les trois pièces peuvent héberger six personnes, mais plusieurs configurations sont possibles selon qu’il s’agit de la même famille ou pas, explique Sandrine. Nous offrons bien sûr le petit-déjeuner, mais nous ne faisons pas tables d’hôtes car nous voulons garder un peu d’intimité. »

Un gîte dans l’avant-cour

Après avoir pris le temps de souffler quelque peu, le couple a retroussé une nouvelle fois ses manches pour aménager un petit gîte coquet dans l’avant-cour de la propriété. « Nous sommes partis d’un bâtiment existant, à l’origine une serre qui fut ensuite transformée en garage, explique Olivier. Nous avons abattu un mur pour permettre une extension à l’arrière et ajouté un étage et un toit. Il a fallu faire preuve d’ingéniosité avec l’architecte car nous ne disposions pas de beaucoup de place pour y aménager deux chambres et une salle de bain, mais nous y sommes arrivés. Au rez-de-chaussée, la cuisine, le salon et la salle à manger ont la particularité d’être agencées autour d’un pan de mur central. C’est assez moderne comme conception, mais ça plaît. »

« Le gîte est complémentaire aux chambres d’hôtes », note Sandrine, qui avoue s’être lancée dans l’aventure par intérêt pour les rencontres et les échanges. « Les gens viennent de partout. On ne connaît rien d’eux quand ils s’installent, nous aurions même pu avoir de mauvaises surprises, mais à chaque fois nous avons été ravis… Et même parfois étonnés quand nous avons vu débarquer chez nous Yves Duteil et Yolande Moreau ! » Et devant notre air interdit : « Pas ensemble. Le premier était venu chanter à Perwez, la seconde était invitée à un mariage ».

À VOIR, À FAIRE

Gastronomie et vélo

Situé à six kilomètres de « L’air du temps » (Aische-en-Refail, deux étoiles au Michelin) et à neuf du « Chais gourmand » (Gembloux, une étoile), le Manoir de Thorembais est idéal pour un week-end gastronomique. Il peut aussi être le point de départ de promenades à vélo dans la région, puisque le RAVeL peut être happé à un kilomètre à peine. Avantage : le Manoir de Thorembais a reçu le label « Bienvenue Vélo », c’est-à-dire qu’il dispose d’un local de rangement, d’un petit matériel de dépannage et d’une trousse de soins. Un itinéraire parmi d’autres ? A partir du gîte, suivre la ligne 147 (Sombreffe-Lincent) jusque Ramilies, puis redescendre vers Namur via le RAVeL 2 ; après l’échangeur de Daussoulx (rassurez-vous, on passe en dessous !), remonter vers Meux et Grand-Leez en suivant l’itinéraire rando-vélo (RV), marqué par des traits bleu et jaune, jusqu’au RAVeL, et reprendre celui-ci vers Perwez. Total : 50 kilomètres. 

Rue de l’Intérieur 28

B-1360 Thorembais-Saint-Trond (Perwez)

+32 (0) 81/ 65 89 72 

[email protected]

www.manoir-de-thorembais.be

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

En collaboration avec : 

En 1947, au retour de la Seconde Guerre mondiale, Norbert Brassine, à la recherche d’une activité professionnelle, parcourt le champ de bataille de Waterloo. Le tourisme est en plein essor. À cette époque et à cet endroit, il n’y a à visiter que le Panorama et la Butte du Lion.

Originaire de la région, bouillonnant d’idées, Norbert Brassine, aidé de son fils Édouard, imagine alors de créer une nouvelle attraction : un Musée de cire dédié à Napoléon Bonaparte. Au pied de la butte, place du Lion, Norbert Brassine retrouve l’Hôtel du Musée* dans lequel son grand-père, Henri, entre 1880 et 1904, exerça le métier de cuisinier. Le coup de cœur est immédiat pour ce bâtiment dont la partie gauche, à l’abandon, est à vendre. Père et fils achètent l’aile gauche avec l’espoir de reconstituer un jour l’ensemble et y installent leur musée imaginaire.

Le petit Grévin

Pour meubler son musée, Norbert Brassine fait appel à des artistes du Musée Grévin qui, à titre personnel, façonnent des mannequins en cire représentant tous des personnages présents sur le champ de bataille de Waterloo en juin 1815. Le Musée de cire accueille, dès son ouverture, en 1948, la Scène des maréchaux, représentant la dernière réunion de bataille de Napoléon et, regroupés dans une loge, les trois vainqueurs de Waterloo : le Prince d’Orange, Wellington et Blücher. Une scène supplémentaire, la Scène de nuit, dont on ignore toujours les auteurs, est entrée postérieurement au Musée. Elle représente Napoléon qui, dans la nuit du 17 au 18 juin 1815, visite les bivouacs des soldats français éreintés par une longue marche. Trois soldats, dont un appuyé sur une roue de charrette, sont couchés sur le sol. Un quatrième soldat, grenadier en grande tenue, se redresse à la vue de son empereur en redingote. Au loin, peints sur les murs (à présent démolis), les feux des bivouacs anglais. De l’inauguration jusqu’au rachat du bâtiment par la Région wallonne, le Musée de cire connût un succès populaire jamais démenti.

Mannequins en boîte

« Le 23 septembre 2013, je fus priée de déménager le contenu du Musée de cire et du Bivouac de l’Empereur », raconte, amère, Madame Brassine. C’est le grand chambardement dû à la mise en place du futur Mémorial de Waterloo à l’occasion du Bicentenaire de la bataille. Racheté, l’immeuble est en cours de restauration. Des travaux jugés peu respectueux par la dernière propriétaire : « On fait ce qu’on a fait à Bruxelles, du “façadisme”.» Une situation difficile pour ce professeur d’histoire, née au pied de la Butte du Lion, passionnée par l’épopée napoléonienne comme le fût sa belle-famille. Les événements conduisent Madame Brassine à caser en hâte le contenu du Musée de cire dans un garde-meuble. Il est probable que, sans la ténacité de Josette Champt, directrice de la Maison du Tourisme des Ardennes brabançonnes, à Wavre, Napoléon, ses maréchaux, ses soldats et ses pires ennemis seraient toujours en train de moisir dans leurs caissons poussiéreux. Informée du sort lamentable réservé aux mannequins de cire, la proposition de les exposer, en juillet prochain, à la Maison du Tourisme des Ardennes brabançonnes, à Wavre, enchante Madame Brassine. Parce que Wavre a eu sa bataille aussi ! Une bataille** passée sous silence et que Josette Champt compte réhabiliter dans la mémoire collective à l’occasion du Bicentenaire de Waterloo. C’est une opportunité de remettre les mannequins en scène et, par la même occasion, de les restaurer. Si leur dernier logement n’a pas amélioré leur état de conservation, certains présentaient déjà des signes d’usure et de fatigue, notamment au niveau des mains, des uniformes et des armes.

Sœur Marie-Joie, carmélite et cirière

Opération délicate : la restauration des parties en cire. Ce fin travail artisanal a été confié à une religieuse du Carmel d’Argenteuil. Âgée de plus de quatre fois vingt printemps, Sœur Marie-Joie est une artiste. Avant de prononcer ses vœux, elle a suivi pendant douze ans des études à l’Académie des Beaux-Arts de Leuven. Durant son noviciat, son regard artistique regrette que la crèche en plâtre du couvent soit disproportionnée par rapport à son support. Elle crée alors, à la main et en cire, les personnages, humains et animaux, d’une crèche toute en harmonie et beauté. C’est le début d’une « carrière » de sœur cirière ! À tel point qu’elle est appelée en renfort lorsqu’il fut question de restaurer les personnages de la crèche de Bruxelles. Madame Brassine connaît les talents de Sœur Marie-Joie depuis de longues années pour l’avoir déjà sollicitée. Ainsi, par les hasards de l’actualité touristique de Wavre, les mains abîmées de cinq de ses mannequins de cire se retrouvent une nouvelle fois entre d’autres mains, celles expertes de Sœur Marie-Joie pour une habile chirurgie des doigts.

Un rôle à tenir au Mémorial de Waterloo ?

Les mains réparées, les têtes bien vissées sur les corps, les coiffures dépoussiérées, les uniformes et les cuirs restaurés sous la supervision et les conseils de Chantal Carpentier, restauratrice textile, les mannequins de cire vont bientôt pouvoir rejouer, à Wavre, la fameuse Scène des maréchaux selon une scénographie mise au point par Isabelle Dubois. Une scène mythique, le dernier QG de Napoléon, à la Ferme du Caillou, avant l’assaut final du 18 juin 1815. Une scène admirablement représentée par le tableau de Patrice Courcelle, artiste historien, peintre de batailles, spécialisé dans l’époque napoléonienne. Il reste cependant une question en suspens : après leur représentation à Wavre, que vont devenir tous ces figurants ? Est-ce la dernière veillée d’armes pour l’empereur de cire ? Personne ne le souhaite. En particulier Napoléon Bonaparte qui a toujours mal vécu l’exil et l’isolement.

Maison du Tourisme

des Ardennes brabançonnes Rue de Nivelles, 1

BE–1300 Wavre

+32 (0) 10 23 03 23

www.wavre1815.be

L’HÔTEL DU MUSÉE

L’Hôtel du Musée ouvre ses portes le 20 janvier 1856, au pied de la Butte du Lion, à l’initiative d’une « parente » d’un officier anglais, le sergent-major Cotton, qui avait, de son vivant, rassemblé une impressionnante collection de reliques en provenance du champ de bataille de Waterloo (costumes, coiffures, armes, éléments d’équipements, boulets de canon). Immédiatement, l’hôtel et sa collection attirent de nombreux Britanniques à tel point qu’il s’avère rapidement trop exigu. Une annexe, le futur restaurant du Bivouac de l’Empereur, est construite en 1868 et une aile droite est ajoutée en 1881, de manière à doubler la superficie de l’hôtel. De cet hôtel emblématique, il ne reste plus aujourd’hui que les façades du bâtiment préservées dans le cadre du futur Mémorial de Waterloo.

LA BATAILLE OUBLIÉE DE WAVRE 

Selon les propos de l’historien Joseph Tordoir

Le dimanche 18 juin 1815, vers 16 heures, alors que la bataille de Waterloo est engagée, les premières unités françaises, placées sous le commandement du maréchal Grouchy, arrivent aux abords de Wavre. Les ponts sur la Dyle sont barricadés par l’armée prussienne qui a pris position sur la rive gauche, de Limal à Basse-Wavre. L’artillerie française, installée sur les hauteurs d’Aisemont, bombarde la ville et lance un bataillon d’infanterie à l’assaut du Pont du Christ, le pont principal de Wavre. Treize assauts successifs, particulièrement meurtriers, ne permettent pas aux troupes françaises de prendre pied sur la rive gauche. Ce n’est qu’en début de soirée que l’armée française arrive à traverser la Dyle au niveau du pont de Limal. Le lendemain matin, lundi 19 juin, l’armée prussienne tente de bouter les Français hors de Limal. La tentative échoue. Cependant, avertis plus vite que les Français du résultat de la bataille de Waterloo, les Prussiens abandonnent le champ de bataille et laissent les troupes françaises occuper les quartiers de Wavre situés sur la rive gauche de la Dyle. Le lundi 19 juin en fin de matinée, le maréchal français Grouchy est officiellement informé du revers essuyé par Napoléon et est chargé de protéger la retraite de l’armée impériale. Les dernières troupes françaises se replient sur Namur et quittent Wavre.

Aujourd’hui complètement intégré au groupe AGC, l’ancien Glaverbel est une des pièces maîtresses du verrier japonais. D’autant plus que son nouveau centre de recherche à Gosselies est appelé à devenir le pôle de recherche pour le verre plat de tout le groupe.

Surplombant la N4 à Louvain-la-Neuve, le grand carré aux murs de verre posé sur pilotis semble flotter sur le paysage. Inauguré en novembre dernier, le bâtiment tout en lumière de Philippe Samyn accueille l’ensemble du personnel de support de AGC Glass Europe. Ce retour en Brabant wallon pour la branche européenne du groupe japonais, premier producteur mondial de verre plat, avait tout d’une évidence.

C’est à une vingtaine de kilomètres de là, aux verreries de Tilly, que l’ingénieur belge Émile Fourcault mena, au tout début du XXe siècle, les premières expériences de fabrication industrielle du verre plat. Au-delà de ce raccourci de l’histoire, cette implantation a également une logique industrielle, car l’entreprise a maintenu les différents outils de production qu’elle avait en Wallonie lorsqu’elle s’appelait encore Glaverbel. Avec 4 lignes de production de 2000 tonnes par jour, Moustier est la plus grande usine de production de verre plat en Europe. AGC Glass peut également compter sur des usines de transformation à Lodelinsart, Fleurus et Seneffe, ainsi qu’à Mol, Zeebrugge et Heule. L’ensemble des sites belges occupe actuellement 3000 personnes. « Il est important de maintenir une production intégrée, car la qualité des produits finis dépend de celle du verre brut. Par la transformation, on n’arrivera jamais à ‘récupérer’ un verre de mauvaise qualité », note Benoit Ligot, communication manager de AGC Glass Europe. La production du verre plat est aujourd’hui d’abord destinée à la construction, ensuite à l’ameublement et à la décoration et enfin, à l’automobile et aux transports.

De par sa transparence, le verre peut apparaître au noninitié comme un produit relativement simple. C’est tout le contraire. Surtout aujourd’hui. « C’est par un travail constant de recherche et d’innovation que l’industrie du verre a pu développer des produits dotés de nouvelles propriétés qui leur ont permis d’occuper de plus en plus de surface dans la construction et dans l’automobile. » Que ce soit en matière de protection solaire, d’isolation thermique, de sécurité ou de qualité décorative, la production d’AGC Glass s’oriente vers des produits à haute valeur ajoutée. Parmi les dernières innovations de l’entreprise, on peut citer le Thermobel 0.8, un double vitrage aussi performant qu’un triple, qui assure un indice d’isolation de 0,8 mais aussi le pare-brise Iris qui, grâce à une triple couche d’argent, ne laisse passer que 40 % de l’énergie solaire (contre 60 % pour un pare-brise standard). Son excellente conductivité électrique lui permet en outre de se désembuer et se dégivrer avec une tension minimale. Le Glassiled, quant à lui, est un verre luminescent qui, grâce aux LED intercalés entre deux feuilles de verre, peut intégrer des motifs et designs lumineux. Destiné au secteur de la santé, le verre antibactérien détruit 99,9 % des bactéries et arrête la prolifération des champignons. C’est évidemment une arme bienvenue en milieu hospitalier pour lutter contre les infections des maladies nosocomiales. D’autres innovations sont encore au stade du prototype, comme l’audio glass, un verre aux étonnantes propriétés conductrices du son. Une source d’innovations pour les fabricants de télévisions, d’ordinateurs ou d’équipements audio. Dans un monde ultra concurrentiel où les marchés historiques sont largement matures, l’innovation est essentielle.

Rester au top

Le centre de recherche que l’entreprise a installé à Gosselies répond à cette nécessité. Accueillant 250 chercheurs et techniciens, il est appelé à devenir le centre de référence mondial pour le verre plat dans le groupe AGC Glass. « Leur objectif prioritaire est de détecter les besoins et les tendances sur le marché en développant des produits de plus en plus performants en termes d’isolation et de protection solaire. » En même temps, la recherche doit aussi viser le long terme avec une approche en matière d’innovation plus radicale. « Chaque chercheur s’efforce de réserver une partie de son temps à une recherche à long terme. » Mais l’équilibre est difficile entre la consolidation des recherches déjà abouties et l’exploration de nouveaux horizons. Il y a une tendance assez forte de sous-traiter la recherche fondamentale aux centres universitaires qui ont une plus grande capacité d’ouverture. Ainsi, par exemple, AGC Glass collabore depuis plus de 10 ans avec Materia Nova*, le centre de recherche sur les matériaux de l’Université de Mons. C’est un partenariat gagnant pour les deux parties. L’entreprise peut ainsi disposer d’un apport extérieur d’idées nouvelles, source potentielle de nouveaux produits. Le laboratoire universitaire, pour sa part, peut acquérir de nouvelles compétences et mettre en valeur son expertise existante. Autre axe de recherche, la mise au point d’une technologie de production plus efficace et moins énergivore, car la production de verre reste une activité industrielle très gourmande en énergie. En Europe, le marché du verre plat se partage entre trois acteurs : AGC Glass, le français Saint-Gobain et l’anglais Pilkington, qui a depuis peu été repris par un autre groupe japonais, Nippon Sheet Glass. En Europe, le marché du verre est sous pression. Il doit rogner sur les coûts et affronter la concurrence d'autres marchés comme en témoigne la récente fermeture du site de Roux où AGC produisait du verre pour panneaux solaires. Le verre doit aussi faire face une surcapacité à l'instar d'autres secteurs industriels. En cinq ans, on a vu une baisse de 30 % de la demande dans la construction et une diminution de 15 à 20 % pour le verre plat dans son ensemble. AGC a été contraint de fermer provisoirement une de ses lignes de production à Moustier. « Mais nous n’avons pas diminué nos capacités dans de mêmes proportions, avec pour conséquence une augmentation progressive des stocks », relève Benoit Ligot.

Le premier défi d’avenir pour l’entreprise est de retrouver la voie de la rentabilité par la consolidation des positions acquises et par l’accès de nouveaux marchés. « Nous y arriverons en étant réactifs à court terme et par un effort accru sur la recherche et le développement. » Gosselies est bien parti pour rester dans son secteur le centre du monde pour de nombreuses années encore.

www.agc-glass.eu

Et si la plus noble conquête du cheval n’était autre que l’homme à qui, en confident proche, l’équidé révèlerait sa vraie personnalité ? À Ittre, Florentine van Thiel développe, avec Chevalliance, l’équi-coaching, une approche « cheval-resque » du développement personnel et professionnel.

Dans un ravissant creux aux portes d’Ittre, dans ce coin vallonné du Brabant, où à quelques kilomètres de Bruxelles, la Wallonie se prend pour une vallée d’Auvergne, une ferme, blottie au milieu de prés en pente, accueille depuis 2011 bien plus que des chevaux. La ferme de Hongrée est le lieu choisi par Florentine van Thiel pour exercer ses talents de coach d’un genre un peu particulier, ayant pour monture « la plus noble conquête de l’ homme », comme disait Buffon.

Cinq chevaux sont ainsi à la disposition des « clients-patients » qui, à travers ces animaux, vont apprendre à se redécouvrir et à favoriser leur développement personnel. Notre équi-coacheuse, cavalière du dimanche depuis ses 18 ans, acquiert un partenaire équin en 2003. Cette acquisition se double chez elle de la découverte d’une méthode américaine prônant la coopération plutôt que la domination dans le rapport à l’animal. Une approche que la jeune femme adopte en même temps qu’elle découvre, grâce à l’auteur Linda Kohanov, qu’un travail sur soi peut se réaliser au travers de la compréhension du cheval. D’autant plus que cet animal très intelligent déchiffre très vite, par sa propre lecture de l’inconscient, la personne qui l’approche.

« Le cheval ne juge pas et, pour cause, se révèle généreux et juste. Une masse d’émotions dans un monde qui laisse peu de place aux sentiments », affirme Florentine, Liégeoise d’origine. Business & life équi-coach certifiée, elle a suivi une psychanalyse et une formation et propose ainsi, au travers de Chevalliance, des séminaires d’entreprise de 10 à 15 personnes ou des sessions personnalisées où il n’est pas question de monter à cheval mais d’établir un rapport apaisé avec l’équidé qui sert à la fois de révélateur et de miroir à la personnalité du coaché. Une dame a ainsi surmonté sa peur des chevaux et de la solitude lors d’un séjour à la ferme de Hongrée. Une autre personne a vu son traumatisme remontant à l’enfance se révéler et disparaître au contact d’un des pur-sang.

Des animaux qui, dans une société où la manifestation des émotions est en voie de disparition, nous apprennent, un peu comme les dauphins, à nous retrouver et à savoir qui nous sommes, nous permettant dès lors de progresser avec sérénité. Là où la psychanalyse parie sur le verbal, le cheval révèle l’être humain dans le comportement non verbal. Il est en effet prouvé que les émotions qui traversent cet imposant mammifère sont similaires à celles qui secouent l’humain, son compagnon depuis des millénaires.

Cette approche qui peut désarçonner certains commence à faire son chemin et trotte même dans l’esprit de grandes entreprises. BNP Paribas ou l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance) sont déjà convaincus des bienfaits de cette approche sensorielle. La Commission européenne a même effectué un galop d’essai via le séminaire suivi à titre personnel par une responsable des ressources humaines d’une division. Mais il s’agit encore pour Florentine de dompter certains préjugés et de mettre fin aux résistances.

Le but de l’équi-coaching n’est donc pas de ruer dans les brancards, mais de laisser les esprits ouverts faire le premier pas et, grâce au cheval, de mettre leur développement personnel et professionnel bien en selle.

Jusqu’au 9 novembre, la Fondation Folon présente l’exposition « Explorations », un voyage au cœur de l’univers de l’artiste catalan Josep Riera i Aragó.

Riera i Aragó s’inscrit dans une génération de sculpteurs catalans qui, dans les années 1980, donne une nouvelle dimension à l’art. À partir de matières traditionnelles comme le bois, le bronze ou le fer, il bouscule les codes, bouleverse les prérequis et traduit ses obsessions spirituelles en œuvres d’art. « Enfant, j’avais un certain intérêt pour l’art, mais ce n’est réellement qu’à l’adolescence que cet intérêt s’est converti en passion », confie-t-il. En effet, alors qu’il n’avait que 18 ans, le jeune Barcelonais expose pour la première fois ses créations à l’École Supérieure des Beaux-arts Sant Jordi à Barcelone, sa ville natale. Il vit alors les premiers balbutiements de son art, avec succès, mais avec le besoin de maturer encore et encore avant de parvenir à trouver sa particularité.

LA FONDATION FOLON

Située au cœur du Parc Solvay, la Ferme du Château de la Hulpe abrite la Fondation Folon. Créée en 2000, à l’initiative de Jean-Michel Folon, la fondation accueille des centaines d’œuvres de l’artiste belge. Plus de 40 ans de création sont présentés au public. La scénographie particulière de cette exposition permanente, son parcours alliant musique et effets d’optique et la qualité des œuvres présentées en font un lieu d’exception.

 

 

 

 

 

 

Navigateur de l’esprit, aviateur de l’art

Ce n’est que dix ans plus tard, lorsqu’il participe au IIe Salon d’automne organisé par l’Hôtel de Ville de Barcelone, qu’il présentera ses premières sculptures d’avions, de zeppelins et de machinerie ; caractéristiques indéniables de son œuvre aujourd’hui. Riera i Aragó se fascine très vite pour les machines, les engins, la physique, l’air, l’eau, les figures anthropomorphiques... « Dans les années 1980, j’ai développé une fascination figurative autour de deux intérêts : le monde sous-marin et le cosmos, et les machines », confie l’artiste.

Riera i Aragó invente, crée, décompose et recompose des engins. Ces machines dénaturées sont des invitations au voyage, entre réel et imaginaire.

 

Ces deux mondes créent un environnement inconnu dans l’esprit de l’artiste ; des sphères inaccessibles et inatteignables. Cette obsession le pousse alors à rêver de voyages vers ces mondes. « Il s’agit d’effectuer un voyage intérieur lors duquel on laisse ces univers affleurer à la surface. » Et pour voguer vers ces au-delàs imaginaires, Riera i Aragó invente, crée, décompose et recompose des engins. Ces machines dénaturées sont des invitations au voyage, entre réel et imaginaire. Il transforme les objets et les poétise sous la forme de sculptures et d’installations. L’artiste peut parfois assembler des centaines d’objets dans une même composition. Son œuvre 111 avions est constituée de 111 engins volants ou encore Colors 2U, qui est composée de milliers de petits sous-marins de couleur. Chaque composition représente l’esprit de son œuvre globale. « J’ai créé des milliers d’œuvres, je ne pourrai jamais en préférer une plutôt qu’une autre, poursuit l’artiste. L’une entraîne l’autre et, ensemble, elles créent une sorte de cosmologie. En fait, chacune de mes œuvres est une note de musique qui forme une symphonie ».

Pas de faux pas. Chaque pièce est réfléchie et apprivoisée. Assemblées en nombre, elles semblent former un essaim vrombissant ; une orchestration massive qui laisse l’observateur sans voix et le plonge paradoxalement dans un vide intérieur. L’auteur confie qu’il aspire, dans chacune de ses œuvres, à produire cette aura de silence. Car c’est bien là la particularité de l’œuvre de Riera i Aragó. De ses assemblages et de ce bruit graphique naît un silence magistral...

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