Waw magazine

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Si l’adresse est apparue en 1971 sous l’enseigne « Le Bergerue », aujourd’hui, « Chez Silvano » affiche bien haut les couleurs de l’Italie. Le restaurant est bien caché derrière la façade d’une maison bourgeoise dans le « Carré », à Liège. Mais le bonheur est au bout du chemin !


Pour évaluer le niveau d’un restaurant, il suffit de parcourir sa carte des vins. C’est un indice qui permet d’apprécier la créativité, la recherche et le désir sincère de séduire les vrais amateurs de cuisine. Si la carte est « standard », classique, on retrouvera une cuisine sans caractère. En revanche, si elle ose faire des choix, c’est le signe d’une volonté de maîtriser son offre en « faisant la différence ». La carte des vins de « Chez Silvano » est un voyage dans une Italie des artisans de l’excellence. Normal : le sommelier, qui passe le plus clair de son temps à rechercher les perles rares de la production vinicole italienne, c’est Silvano lui-même. Il travaille en exclusivité avec la société Vignalpi qui assume l’importation.  

Petit retour en arrière avant de passer à table. Ce sont les parents de Silvano, Domenico et Adelma, qui commencent l’aventure en captant la clientèle des noctambules de Liège. Ils y viennent déguster les fameux pasticcio San Martino ou le panzerotti à la truffe. Une cuisine italienne traditionnelle très terroir authentique.

C’est en 1989, de retour d’un stage de six mois en Italie, que Silvano fait ses premières armes avec de nouvelles idées. Le restaurant devient alors « Chez Silvano ». En 2006, ses parents se retirent et c’est sa conjointe, Anne Varrasso, qui reprend le piano. Dix ans plus tard, elle est élue cheffe de l’année 2016 par Gusto Cultura.be. La métamorphose fait entrer la nouvelle cuisine italienne à Liège. Cette licenciée en sciences économiques choisit la créativité et le raffinement pour donner du sens à cet art qui exige beaucoup. La carte change évidemment au gré des saisons et se limite à quelques créations inspirées des traditions régionales italiennes sans aucune préférence. L’idée d’un lunch permet d’évaluer la promesse que l’on se fait d’y revenir avec ceux qui méritent de partager une telle adresse. La clientèle, des personnalités liégeoises, confirme que même caché dans une rue du « Carré », derrière une façade cossue, ce restaurant a trouvé sa cible.

Chez Silvano
Bergerue 13
B-4000 Liège
+32 04 223 40 60
www.chez-silvano.be

 

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A Fexhe-le-Haut-Clocher, la distillerie The Belgian Owl (La Chouette belge) vient de fêter les 10 ans de commercialisation de son fameux Single Malt. Retour sur une success story tout en arômes.


Tout commence en 2004, à Grâce-Hollogne, où Etienne Bouillon, liquoriste de formation et maître distillateur formé en Ecosse, remplit le premier fût de whisky Single Malt belge, élaboré avec un vieil alambic à vapeur, réalisant ainsi un vieux rêve. Quelques mois plus tard, il commence sur internet la prévente des 800 premières bouteilles qui ne seront disponibles qu’à partir de novembre 2017 et que personne n’a encore goûtées… Le succès est fulgurant et incite Etienne Bouillon et ses associés, Pierre Roberti et Christian Polis, à transformer l’essai et à produire quelque 20 000 bouteilles par an. La distinction du précieux breuvage comme “meilleur whisky européen” par Jim Murray dans sa “Whisky Bible” en 2011 renforce encore cet élan. The Belgian Owl sera bientôt imité par diverses brasseries en Flandre et par la distillerie Radermacher en Wallonie.

Le revers de la médaille du succès est la rupture de stock régulière du whisky Belgian Owl dans le commerce, mais difficile d’agrandir et le matériel de distillation ne court pas les rues. Grâce au compagnonnage qu’il a réalisé en Ecosse, notamment au côté de Jim Mc Ewan, sur l’île de Bruichladdich, Etienne Bouillon apprend que deux des quatre alambics de l’ancienne distillerie de Caperdonich (dans le Speyside) seraient disponibles. Seul souci, ce type de matériel ne peut théoriquement pas quitter le territoire écossais, il fait partie du patrimoine local !

Produit 100% belge

Après moult tractations, et grâce à l’appui de Mc Ewan, The Belgian Owl rachète deux magnifiques alambics qui arrivent en Belgique en 2013. Grâce à ce nouveau matériel, la distillerie passe à une production de 80 000 bouteilles par an environ. Désormais les deux produits-phare de la distillerie, le Spirit Drink (le whisky tel qu’il sort des alambics, blanc et non vieilli, à 46% alc.) et le Single Malt Whisky (36 mois) sont disponibles en permanence.

Le premier distillat est sorti en octobre 2016 des nouveaux alambics cuivrés. « Notre souci, confie Etienne Bouillon, est de produire un whisky belge, avec des ingrédients belges et pour les Belges ! Même si nous exportons aussi à présent une partie de la production en Europe, en Amérique et en Asie. Nous travaillons avec sept personnes et, à la distillerie, j’ai voulu répéter le compagnonnage que j’ai connu autrefois. Nous produisons deux fois par jour, en deux équipes qui se relaient de 4h à 20h. Mais ce n’est plus moi qui me lève à 4h à présent. »

Métamorphose décennale

A l’occasion de ses dix ans, Belgian Owl a décidé de relooker ses étiquettes et de rebaptiser ses produits. Le distillat incolore (car non vieilli en barrique) s’appelle désormais « Origine » et titre à 46%. Vient ensuite « Identité » (3 ans d’âge), élaboré sans mélange d’années et également à 46%, tout comme « Passion », le Single Cask issu, comme son nom l’indique, d’un fût unique de trois ans aussi. Enfin, la quatrième expression est « Intense » et est mis en bouteille au degré du tonneau (Cask Strength), soit à environ 70%. A ne pas mettre entre toutes les mains…

Enfin, signalons que la distillerie possède ses propres champs d’orge et, grâce à des contrats avec d’autres agriculteurs, peut disposer de 72 ha de céréales. De quoi voir l’avenir avec le plus grand optimisme.

Un Single Malt très prometteur 
Nous avons dégusté le Single Malt, 3 ans (46%). Le nez est tout en délicatesse et se livre en toute franchise, ne cherchant pas à flatter l’amateur par des artifices. La bouche, douce et soyeuse, demande de la concentration pour apprécier sa pureté et sa complexité. Des goûts de tarte aux pommes, de réglisse, de menthol s’entrechoquent en toute élégance, la finale est très pure et sèche. Ce premier whisky à sortir des nouveaux alambics est très prometteur. (env. 55€ pour 50 cl.)

 

The Belgian Owl
Hameau de Goreux 7
B- 4347 Fexhe-le-Haut-Clocher
+32 4 223 07 17
www.belgianwhisky.com

Avec ses 150 sélections pour le Standard de Liège et sa passion pour la tarte au riz, Paul-José Mpoku, dit « Polo », est probablement le plus belge des joueurs de l’équipe nationale congolaise. Et le plus grand ambassadeur de Verviers, sa ville natale. 

 


Verviétois un jour, Verviétois toujours. Celle que Victor Hugo qualifiait de « ville insignifiante » est le bastion du joueur. C’est en effet dans la cité lainière, aujourd’hui capitale wallonne de l’eau, qu’il est né et a tapé ses premières balles. Avec des plus grands. C’est d’ailleurs probablement cela qui lui a permis de transiter par quelques clubs de prestige. De retour au pays, le médian du Standard nous reçoit chez lui, en toute simplicité et en toute gentillesse, pour un entretien sans tabou. Pour parler de sa ville, de ses coups de cœur, de son épouse, de sa foi…

Le Pays des tartes

S’il devait prévoir une activité hors de ses pénates, après avoir réfléchi quelques longues secondes, il concède aux liégeois que la Foire d’octobre aux saveurs de lacquemants et de croustillons possède bien quelques atouts ! Cependant, en matière de gastronomie locale, rien ne vaut, selon lui, une bonne tarte au riz. « Un Verviétois reconnaît une bonne tarte au riz rien qu’en la regardant. » Paul-José Mpoku évoque alors avec affection le commerce de celui qu’on appelle dans le quartier « Tonton Hugo ». « Pour moi, la meilleure tarte au riz est celle du Pays des tartes ». Justement, comment reconnaît-on une bonne tarte au riz ? « Si la texture est coulante, c’est parfait, c’est signe de maturité. Si le riz est fermé, dur, emprisonné dans une texture pas assez liquide, ça ne sera pas bon. L’important, c’est de savoir où aller la chercher. » Et pour un sportif de haut niveau, la passion pour la tarte au riz, ça se gère comment ? « Souvent mes parents vont en chercher quand ils savent que vais passer. Ce n’est pas idéal pour un sportif, mais une fois de temps en temps, ça ne fait pas de mal ! ». A ce moment, son visage s’éclaire. N’y a-t-il pas une part de tarte au riz qui traîne dans son frigo ?

La Boucherie Ceylan

Etablissement familial, cette boucherie comble les envies carnivores du « tout Verviers ». « Souvent, on y croise des connaissances que l’on n’a pas vues depuis un moment. On y est par ailleurs toujours bien servi, avec beaucoup d’amabilité. » Mais la famille Ceylan ne mature pas que de bonnes viandes. Les bouchers sont les parents de Mucahid Ceylan, également footballeur professionnel, ainsi que les oncle et tante d’Enes Saglik, qui évolue en D1, à Charleroi. Mucahid, Enes et Paul-José tapaient le cuir durant l’enfance et nourrissent depuis lors une grande amitié.

L’Atlas

Terrasse ensoleillée, four à pizza traditionnel au bois, le restaurant a été repris depuis peu par des amis de Paul-José.  « J’apprécie la diversité de la carte : pizzas, grillades, mais aussi cuisine afghane ».

L’Hôtel de Verviers

Doté d’une centaine de chambre, l’hôtel vit l’effervescence lors des Grands Prix de F1 à Francorchamps. Il est également pris d’assaut lorsque des événements d’envergure se déroulent du côté de Spa ou de Theux. « Pour une si petite ville, c’est surprenant et positif de disposer d’un tel établissement. On y trouve aussi une très bonne brasserie avec des moules et des boulettes-frites qui valent le détour. »

 

Le quartier Prés-Javais

« C’est le quartier où j’ai grandi, où j’ai commencé à jouer au foot dans la rue. J’étais l’un des plus petits et je jouais avec les grands. Aujourd’hui, ils vont rénover le terrain sur lequel j’ai commencé le football. J’ai d’ailleurs appuyé la demande de rénovation auprès de la commune et je soutiens financièrement le projet. Cela me semble normal, ce quartier compte toujours beaucoup pour moi. J’y ai appris certaines règles de vie : ne jamais lâcher, le vivre ensemble. C’est un quartier multiculturel : Africains, Belges, Albanais, chrétiens, musulmans… Parfois, ça donne lieu à des débats mais, au fond de nous-mêmes, nous ne sommes pas différents. Enfants, nous donnions à notre équipe le nom du quartier: Prés-Javais contre Linaigrette, Abattoir contre Hodimont… Et même si le terrain n’est pas encore refait, tout le monde vient jouer chez nous, ça a d’ailleurs toujours été comme ça. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Quand le terrain sera rénové, ça sera encore plus fort ! »

Saint-Remacle

C’est à l’Eglise Saint-Remacle de Verviers que Paul-José Mpoku a découvert la religion. Jusqu’à l’adolescence, il fréquentait la paroisse avec ses parents. Il a aussi chanté dans la chorale. Ouverte au public pour les grandes manifestations religieuses, l’église date du XIXe siècle et reflète la prospérité de l’époque, liée au travail de la laine.

 

L’engagement caritatif Verviers-Bruxelles

Depuis quelques années, précisément depuis une plaisanterie dans les vestiaires du Standard entre Geoffrey Bia et Polo Mpoku qui se chambraient à propos des talents de leurs cités natales respectives, une tradition s’est installée. Chaque été, Verviers et Bruxelles s’affrontent balle au pied, tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre. Au fil des années, le concept prend de l’ampleur. La dernière édition a réuni plus de 3 000 personnes au stade de Bielmont à Verviers. Sur le terrain, on retrouve notamment Dolly Menga, Luis Pedro Cavanda, Clinton Mata, Mehdi Carcela et, évidemment, Polo Mpoku pour le « team Verviers ». Geoffrey Bia, Anthony Vandenborre ou encore Michy Batshuayi représentent les couleurs de la capitale. Ce ne sont pas moins de soixante footballeurs pro au grand cœur qui s’amusent ensemble pour la bonne cause. Les bénéfices de ces matches de gala sont versés à des associations de soutien à la jeunesse bruxelloise, à des orphelinats en Afrique ou encore à la Fondation Junior Malanda, créée en hommage au capitaine de la sélection espoir belge décédé accidentellement en 2015.

L’entrepreneuriat

« A Verviers, je vois de plus en plus de commerces fleurir. Les gens osent se lancer, ils ont des projets. Même si ce n’est pas toujours facile, ils essaient. Tout le monde n’est pas appelé à être médecin ou footballeur, chacun fait son chemin de son côté, chacun sa voie. J’aime soutenir l’élan des entrepreneurs. Et quand je vois quelqu’un qui réussit dans un autre domaine, cela me fait plaisir. Pour parvenir au succès, il faut oser et essayer à plusieurs reprises. Personne n’a jamais réussi sans subir quelques revers. L’échec est sur le chemin de la réussite. »

Le terrorisme

« Je connais certaines personnes qui sont parties, des gens du quartier. Quand on discute un peu, on se rend compte que le travail manque et que les promesses d’argent et de femme influencent certains. La ville essaye maintenant d’aider tous ces jeunes. On devrait encore faire plus, aider toutes ces communautés étrangères à mieux vivre en Europe, en Belgique, à s’intégrer. Au départ, Verviers, c’est une petite ville bien sympa. C’est dommage qu’elle soit connue pour ça. »

Melissa, son épouse

Sur son compte Instagram, entre exploits sportifs et copains du foot, on reconnaît la femme de sa vie, Melissa. C’est d’ailleurs sur le cliché de leur couple souriant que s’ouvre le compte du joueur, reflet de ses priorités.  Celle qui était avant tout sa meilleure amie est devenue son épouse il y a 5 ans. A l’époque, il avait 20 ans et elle 18. « J’ai toujours fait passer ma foi, ma famille et ma femme en premier. Aujourd’hui, ma femme, c’est ma première famille. Si je peux donner un conseil, je dirais qu’il faut faire de sa femme « son meilleur ami ». Elle a une importance énorme pour moi au quotidien, quand je suis sur le terrain ou dans la vie. Elle est là, elle me soutient. Elle me laisse faire mes choix même si elle donne son avis. Ca va faire six ans que nous sommes mariés. Et heureux. »

Sa foi

« Ma foi est avant tout une démarche personnelle que j’ai commencé à vivre pleinement lorsque j’ai rencontré Dieu, vers l’âge de 15 ans. Le fait d’avoir été baigné dans la religion m’a aidé à Le reconnaître. D’autres personnes peuvent rencontrer Dieu sans nécessairement avoir fréquenté l’église durant l’enfance. »


 

Bio Express

1992 : Naissance à Verviers
2004 : Début de sa formation au Standard de Liège
2008 : Il rejoint le centre de formation de Tottenham, au nord de Londres
2011 : Il signe un contrat de 4 ans au Standard de Liège
2015 : Il s’engage avec un club qatari qui le prête en Italie, au Cagliari Calcio, puis au Chievo Verona. Il est ensuite transféré en Grèce, dans le mythique club de Panathinaïkos
2017 : Retour de « Polo » en Belgique, à Sclessin.


Une ville en plein renouveau

Verviers est aujourd’hui la capitale wallonne de l’eau. Autrefois, le travail de la laine constituait l’activité économique majeure de la ville. C’est d’ailleurs le père de John Cockerill, William, qui a initié la prospérité en important son savoir-faire en matière de mécanisation dans le travail du textile, vers la fin du XVIIIe siècle.

Après avoir connu des années de vache maigre et de stagnation économique, Verviers aspire à présent au renouveau. Les initiatives se conjuguent pour entraîner la ville dans une spirale positive : efforts de la commune pour rénover ses infrastructures et mobilisation des habitants. Au printemps dernier, le réalisateur amateur verviétois Mourad Touati présentait son reportage « Verviers vers le renouveau », mettant en lumière les initiatives citoyennes novatrices : projet de monnaie locale, rencontres d’artistes et d’artisans, initiatives culturelles, start-ups…  On retrouve même à Verviers un hub créatif, un écosystème d’acteurs du monde économique, de la recherche et de la culture qui abordent, sous un nouvel angle, les enjeux socio-économiques de la région verviétoise : la revitalisation urbaine et le développement d’une économie créative.

 

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L’œuvre monumentale de Roger Jacob renaît à Liège grâce à CMI

 Né à Arlon en 1924, formé à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, Roger Jacob rêvait de voir l’art descendre dans la rue, occuper les usines et les bâtiments publics. C’est ainsi que ses « cracheurs » ornent les fontaines du Mont des Arts, à Bruxelles, et que l’on pouvait voir, jusqu’il y a peu, l’une de ses œuvres monumentales en acier corten veiller sur l’entrée de l’usine à zinc Prayon, à Engis. L’imparfait est de mise car la sculpture, réalisée en 1972, était fortement endommagée par les aléas du temps et une action énergique s’imposait. L’entreprise fit donc don de l’œuvre à la Ville de Liège qui, motivée par une politique culturelle sensible à l’art
 urbain, prit la décision, en collaboration avec la Fondation
 « Les amis de Roger Jacob », de déplacer, rénover et réimplanter celle-ci au boulevard Frère Orban, au pied de la nouvelle passerelle. C’est le Groupe CMI, implanté à Seraing sur le siège historique de l’usine de John Cockerill, qui, dans le cadre de son 200e anniversaire, se chargea de gérer et de financer la rénovation et les transports, en faisant appel à différentes entreprises de la région (le Bureau Greisch, la société Renory, MB Transports, Somef et les Ateliers Melens-Dejardin). La réimplantation de l’œuvre de Roger Jacob, qui avait migré au début des années septante en terres liégeoises, a été inaugurée ce mardi 24 octobre en présence des autorités liégeoises, de Bernard Serin, l’administrateur délégué du Groupe CMI, et des membres de la Fondation Roger Jacob.

 

Au PointCulture Liège, trône une drôle de cabine qui ressemble à un photomaton. Elle émet une musique envoûtante. Le curieux qui s’y introduit ne peut s’attendre à vivre une expérience aussi désopilante et hors du commun. Le LoveBot, ce robot au sourire enjôleur, vous embarque dans une aventure qui, en quelques minutes à peine, suscitera une réflexion sur les relations amoureuses et amicales, sur les sites de rencontres, sur les réseaux sociaux en général.

 

Eli, pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Eli — J’ai suivi mes études à l’IHECS jusqu’en 2014. Cela consistait en un baccalauréat en communication prolongé d’un Master en éducation permanente, spécialisé en éducation aux médias. C’est plus une démarche d’apprentissage, d’éducation dédiée aux adultes, d’animation socioculturelle. Par après, dans mon parcours professionnel, j’ai cherché à intégrer des maisons de production ou des agences de communication qui étaient spécialisées dans la production de contenus interactifs, de fiction ou de documentaire dont la diffusion a majoritairement lieu sur le web. Mon questionnement était : comment susciter une écoute du grand public vis-à-vis de discours alternatifs ? Le milieu associatif a des méthodes qui ont fait leur preuve, mais il prêche souvent des convertis. Personne n’a de solutions miracles, mais je m’intéresse beaucoup à la culture populaire, à la façon dont elle raconte et elle façonne à la fois notre rapport au monde et aux autres. Pendant mon Master, je travaillais déjà pour Switch ASBL qui produit des outils pédagogiques transmédia. J’ai également travaillé au Canada, à Montréal, dans une agence qui a notamment produit le tout gros webdoc « Fort McMoney » qui traite de l’exploitation pétrolière en Alberta. Une grosse production avec de très gros budgets ! Inégalable chez nous… Au Liège Web Fest en 2015, j’ai eu la chance que le Prix Voix de Femmes me soit accordé. Il a donné lieu à une carte blanche qu’on développe en ce moment avec Flo et Camille de l’ASBL Voix de Femmes jusque fin 2017 sur la thématique des « intimités numériques ». En ces termes, on entend la manière dont nos représentations des genres, sexualités, rapports amoureux évoluent avec nos pratiques du numérique. À l’inverse également, ça pose la question de savoir comment nos représentations du genre, de l’amour, de la sexualité modèlent le Web tel qu’on le connaît aujourd’hui. Ici, il s’agit d’un véritable travail d’auteur inscrit dans une démarche plus artistique que pédagogique.

Votre projet, le LoveBot, tel qu’il se présente maintenant a-t-il été pensé tel quel dès le début de la réflexion ?

Eli — Au début, plusieurs thématiques se dessinaient. Mais le projet a vite tourné sur une thématique précise : la question de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. Mon mémoire portait sur ce sujet, en particulier sur les obstacles à la mise en place d’un programme pertinent et égalitaire dans les écoles du secondaire. Ça reste un sujet tabou. Il y a déjà toute une déconstruction à faire dans le chef des personnes qui sont censées mener ces programmes. En bref, c’est compliqué de mettre en place un vrai cours digne de ce nom. C’est de là que vient mon attrait pour cette thématique. En réponse à cette difficulté, je m’étais intéressée à des chaînes YouTube avec des YouTubeuses ou des YouTubeurs qui parlent de sexualité ou de genre. Je me disais que c’était là un parfait exemple d’éducation par les pairs qui crée une alternative à l’école et où les jeunes peuvent quand même trouver des réponses à leurs questions. C’est une pratique numérique qui n’existait pas il y a dix ans de cela et qui, à présent, contribue à la construction de nos identités de genre et sexuelle. Ça représente la base de notre réflexion. Ensuite, on a élargi à la manière dont le numérique influence toutes ces représentations. Au début, je partais donc sur un public plus jeune, plutôt des adolescents. Ensuite, je me suis intéressée aux sites de rencontres. Je me suis moi-même inscrite sur plein de sites de rencontres en précisant bien sur mon profil que j’étais là dans le cadre d’un projet. Je cherchais simplement à obtenir des retours d’expériences.

Et ça a fonctionné ? Vous avez eu des retours ?

Eli — Oui, oui. Plein de gens sont venus me parler ! Je me suis vite rendu compte qu’il y avait beaucoup de violence sur ces sites. Beaucoup de frustration également ! C’est un constat, car, par exemple, les expériences des femmes et des hommes sur ces sites ne sont pas du tout les mêmes. Dans le cadre de relations hétérosexuelles, celle des femmes fait ressortir qu’elles sont super sollicitées. Tellement sollicitées qu’elles ne répondent même plus aux dizaines de messages reçus. Du côté des hommes, ils sollicitent énormément, mais reçoivent très peu, voire pas de retour. Du coup, certains ont recours à des formes communications plus violentes, provoquent pour avoir un contact plus que dans l’espoir d’obtenir une rencontre. On voit également qu’il y a une relation forte entre la manière dont ces plates-formes sont conçues et la façon dont les personnes communiquent sur chacun de ces sites. Cette problématique-ci sera au cœur d’un projet futur. 

Et le projet actuel, le LoveBot…

Eli — Le LoveBot fait plutôt l’objet d’une réflexion sur le contrôle effectué sur ces sites de rencontres. Le contrôle qui y est présent à de nombreux niveaux. Le premier contrôle, c’est celui que l’on s’impose soi-même. Quand on crée un profil, on veut vraiment maîtriser le plus possible son image, on veut « bien paraître ». La photo doit refléter une personne sympathique, on met des infos qui nous font paraître intéressants, etc. Le deuxième contrôle consiste à comparer les données personnelles obtenues sur ton interlocuteur avec celles diffusées sur d’autres réseaux sociaux, pour voir si elles sont cohérentes. Il a aussi le contrôle de la rencontre en tant que telle. On choisit par exemple une date qui nous arrange, un lieu où l’on se sent à l’aise, on se prépare à la rencontre et on estime que de cette manière, on favorise la réussite.  Du côté des concepteurs, il y a toute la question des algorithmes de recommandation. Tout cela est très idéologique parce que ça part du principe de « qui se ressemble s’assemble » et que les gens qui ont des intérêts en commun vont forcément bien s’entendre… Bref, que le partage se fait entre gens d’une même bulle ! On évolue toujours dans des bains tièdes, entourés de gens qui sont toujours d’accord avec nous. Il se crée une sorte de consensus qui renforce les savoirs déjà acquis, mais qui ne remet jamais en cause nos grilles de lecture. Or, pour créer un apprentissage, il faut, à un moment, créer un court-circuit. Dans les systèmes des sites de rencontres, ce fameux court-circuit n’a jamais lieu.

Le court-circuit, c’est donc la technique du LoveBot ?

Eli — Oui, tout à fait. Sans spoiler ce qui se passe durant l’expérience à l’intérieur de la cabine – parce que tout est justement basé sur l’effet de surprise et la frustration –, le but, c’est de compléter un profil dans le LoveBot. On va te poser des questions un peu bateau comme sur les sites de rencontres, par exemple, ton âge, ton orientation sexuelle, etc. Mais si tu réponds que tu es hétéro, la machine pourrait tout aussi bien te suggérer une personne du même genre. Autrement dit, le profil que tu complètes n’a aucune incidence sur la personne qui t’est suggérée. L’objectif est que, ne serait-ce que pendant deux secondes, tu te poses la question de savoir si cette personne te plaît. Ça permet de sortir un instant de son identité pour rentrer dans un questionnement, une réflexion, une prise de recul. Par le LoveBot, on tente de prendre le contrepied du concept de « qui se ressemble s’assemble ». L’expérience est chouette et didactique, elle met un petit peu mal à l’aise, mais dans le fond, ça reste ludique. Il est possible de réellement faire des rencontres à travers le LoveBot puisque les utilisateurs peuvent être mis en contact les uns avec les autres à la fin du processus. 

Ces expériences compilées aboutiront-elles à un bilan, à une analyse ?

Eli — Oui, à une recherche qui permettra de dessiner les grandes tendances. Par exemple, combien d’utilisateurs ont été jusqu’au bout du processus ? Quelles sont les étapes qui ont posé problème ? Ce qui ressort déjà, c’est la curiosité : on aime avoir accès aux données personnelles des autres sans se dévoiler soi-même. Si on enlevait cette possibilité de « voir sans être vu », on ne passerait pas notre temps à espionner les profils des autres. D’une part, les analyses se réaliseront sur les statistiques et, d’autre part, sur le qualitatif. Par exemple, sur le contenu de messages, sur leur nature violente ou non (après avoir défini le terme). Par violence, je parle des mots utilisés (sexuellement explicites, insultant, etc.). Une vaste série de questions à caractère sociologique peuvent être soulevées. Cette recherche sera probablement menée en partenariat avec les universités de Namur et de Montréal. C’est chouette de faire partie d’un projet transversal, qui a trait à la fois à l’art numérique, à la recherche, à l’éducation permanente. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de l’art numérique qui permet de faire collaborer plusieurs milieux qui n’ont pas forcément l’habitude de travailler ensemble.

Le LoveBot a commencé sa tournée à Liège. Est-il envisageable qu’il voyage dans d’autres villes, comme Namur, Bruxelles ou Montréal par exemple ?

Eli — Oui, certainement. Le questionnement est tellement « universel » – du moins, dans les pays développés qui ont un accès aisé au Web. On s’oriente aussi sur le Québec parce que, depuis des années, se développent dans cette région des programmes de sensibilisation et d’éducation aux questions de genre, d’identité sexuelle. Faire tourner la cabine là-bas, analyser ensuite les données recueillies par les Québécois et les comparer à celles des utilisateurs belges pourraient dégager certaines divergences. Le projet est bien parti pour durer un bout de temps, au moins jusque fin 2017 !

www.voixdefemmes.org

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MOTO, MOTO ET MOTO !


©Zelos NTS RW Racing GP

Le talent n’a pas d’âge, dit-on. Barry Baltus entend bien le prouver dès cette saison. A 17 ans, celui qui est la tête de gondole de la société Zelos, dirigée par Freddy Tacheny, évolue déjà en Moto2. Et ils sont 17.000 abonnés à le suivre sur Facebook !


Signe de sa précocité : le citoyen de Héron est actuellement le plus jeune pilote à évoluer dans l’antichambre du Moto GP, l’élite de la moto vitesse, où il rêve de côtoyer un jour le champion espagnol Marc Marquez. Nous l’avons rencontré au printemps, alors qu’il se remettait d’une… chute en moto.

Barry, comment arrive-t-on si jeune au guidon de bolides aussi puissants ?

La moto, je suis tombé dedans quand j’étais petit. C’est de famille. Mon père et mon frère sont passionnés de motos, de vitesse en particulier. J’ai eu ma première moto alors que je n’avais que trois ans. J’ai débuté par le motocross mais j’ai rapidement été rattrapé par le virus de la vitesse.

Quel parcours avez-vous suivi pour parvenir si tôt en Moto2 ?

J’ai disputé ma première course à huit ans, sur mini-moto. Après deux ans de compétition, principalement en Belgique, j’ai pris la direction de l’Espagne. C’est là que sont formés la plupart des futurs cracks de la discipline. Il y a énormément de circuits là-bas. Or, en Belgique, je m’entraîne quasi exclusivement à Mettet. Pour faire une comparaison, on peut presque dire que la moto est en Espagne ce que le cyclisme est en Belgique. Il y a une vraie tradition, une école. C’est ce qui explique que l’on retrouve énormément d’Espagnols dans toutes les catégories. Viennent ensuite les Italiens, de véritables passionnés eux aussi. Je me suis frotté aux meilleurs de mon âge, en disputant notamment le championnat du monde junior, l’European Talent Cup, et des courses organisées par la Dorna (le promoteur des Grands Prix de MotoGP, NDLR). La route était tracée pour que j’arrive rapidement en Moto3 en juillet 2020.

En raison du confinement dû à la pandémie de Covid-19, vous n’avez effectué qu’une partie de saison dans cette catégorie, sans marquer le moindre point. Et vous voilà pourtant propulsé en Moto2. Comment l’expliquez-vous ?

Je pèse en moyenne une dizaine de kilos de plus que mes adversaires. Je mesure 1m80 pour 69 kilos, ce qui est un handicap en Moto3 sur des engins peu puissants avec un moteur de 60 CV. Mon contrat n’a pas été renouvelé mais j’ai eu la chance, grâce la structure Zelos mise en place par Freddy Tacheny, de trouver un guidon en Moto2. Je lui suis vraiment reconnaissant de m’avoir trouvé une place chez NTS RW Racing GP, comme je remercie ce team néerlandais pour la confiance qu’il place en moi. J’ai un contrat de deux ans, cela va me laisser le temps de progresser. A 18 ans, j’aurai déjà deux ans d’expérience à un très haut niveau.

Zelos, parlons-en, c’est un partenaire important ?

Plus qu’important. Nous travaillons ensemble depuis cinq ans. Avec Xavier Simeon qui brille en endurance, je suis un peu la partie visible de l’iceberg de cette organisation. Qu’on ne s’y trompe pas, il y a énormément de talents en Belgique, mais on est souvent passé à côté car, contrairement à l’Espagne, il n’y a pas toujours eu des structures d’encadrement. Zelos a mis en place une filière de détection pour ensuite aider des Belges à percer. Il y a aussi la Belgian Motorcycle Academy qui soutient les pilotes dès l’âge de 7 ans. Les plus prometteurs participent aux courses de la Dorna et peuvent donc se frotter aux meilleurs étrangers.

Le Moto2, ce n’est pas trop tôt ?

On n’est jamais trop jeune pour apprendre. Je ne ressens pas de pression particulière. Et puis ces motos, plus lourdes, plus puissantes (140 CV), correspondent mieux à mon gabarit. J’espère rapidement m’y mettre en évidence. Dans cette catégorie, tout le monde a le même moteur, il n’y a que le châssis qui change. Je devrai toutefois faire preuve d’un peu de patience car je me suis fracturé le poignet en chutant lors des essais du premier Grand Prix de la saison, en mars, au Qatar. C’est dommage ! Je ne m’explique toujours pas cette chute. Je n’ai pas commis de faute mais il faisait super chaud : 42 degrés dehors et 60 sur la piste. L'opération à mon poignet s'est bien déroulée. Après avoir manqué quatre Grands Prix, j'ai effectué mon retour au Mans en France, à la mi-mai, où j'ai pris la 17e place (sur 31, ndlr) juste dans le sillage de mon équipier Hafizh Syahrin. C'est vraiment très prometteur.

« On n’est jamais trop jeune pour apprendre. Je ne ressens pas de pression particulière. Et puis ces motos, plus lourdes, plus puissantes, correspondent mieux à mon gabarit. J’espère rapidement m’y mettre en évidence. »


Votre rêve, c’est le MotoGP, la F1 de la vitesse ?

C’est évident que c’est le rêve de tous les pilotes de vitesse. Mais les places sont chères car il n’y a que vingt-sept pilotes au monde à avoir ce privilège. Je dois y croire. Depuis cinq ans, je suis super bien encadré par Zelos et je mets tout en œuvre pour accéder à ce niveau. J’ai un préparateur physique, Eric Lambert, avec qui je travaille tous les jours (natation, jogging, vélo), et un psychologue du sport, Philippe Godin, qui m’aide à gérer ma respiration. C’est un aspect très important. Le spectateur ne se rend pas toujours compte de l’importance du physique en moto et de l’approche psychologique d’une course. Il faut savoir respirer de manière adéquate, ne pas se crisper. Quant au pilotage, disons que je suis plutôt un autodidacte (rires) sous l’œil averti de Didier de Radigues (ancien pilote et aujourd’hui consultant à la RTBF, NDLR) qui me donne pas mal de conseils.

« Le MotoGP, la F1 de la vitesse, c’est le rêve de tous les pilotes de vitesse. Mais les places sont chères car il n’y a que vingt-sept pilotes au monde à avoir ce privilège. »


Vous avez un modèle en MotoGP ?

Je n’ai pas vraiment d’idole. Marc Marquez est évidemment le pilote le plus impressionnant. Et la longévité et le talent de Valentino Rossi sont incroyables !

Un autre rêve serait de piloter en MotoGP à Spa ?

Ce serait génial même si je ne sais pas si le MotoGP reviendra à Spa à moyen terme. J’ai eu l’occasion de piloter sur ce circuit quatre ou cinq fois. C’est vraiment très spécial. Piloter à Spa, c’est une expérience qu’on n’oublie pas et qui vous marque à jamais. Il faut le vivre. Le Raidillon au guidon d’une moto, c’est exceptionnel. Au niveau des sensations, c’est unique. Dire qu’il s’agit du plus beau circuit du monde, ce n’est pas trahir la vérité. Même si pour un motard, le tracé de Mugello en Italie est tout aussi fabuleux. Il a également quelque chose de particulier, de très typique, par rapport aux autres circuits qui, globalement, se ressemblent tous dans la façon d’appréhender les courses.

« J’ai un préparateur physique, Eric Lambert, avec qui je travaille tous les jours (natation, jogging, vélo), et un psychologue du sport, Philippe Godin, qui m’aide à gérer ma respiration. »


A quoi ressemble la vie d’un pilote de 17 ans ?

Je n’ai pas vraiment eu une adolescence conventionnelle. Je ne vais à l’école (au CEFA à Liège, NDLR) qu’une à deux fois par semaine et j’effectue un stage de mécanique dans un atelier moto. Pour le reste, c’est moto, moto, moto… Avec beaucoup de déplacements à l’étranger. Les potes de mon âge sont des passionnés de sport et surtout de moto. J’ai toujours été habitué à être entouré d’adultes. Ca me va très bien.

Vous n’avez vraiment pas d’autres hobbies que la moto ?

Je manque de temps pour cela et je vis ma passion actuelle à fond. Quand je dois me ressourcer, j’aime me trouver au grand air. Avant et après les courses, j’aime me promener au calme dans la réserve naturelle de Sclaigneaux, près d’Andenne. Un endroit magnifique et paisible. Cela me permet de rester zen…

REPRES

• 2004 Naissance à Namur
• 2007 Reçoit sa première moto
• 2012 Dispute sa première course sur mini-moto
• 2018 Dispute le championnat juniors CEV (une victoire, trois podiums) et l’European Talent Cup (une victoire)
• 2019 Entame sa carrière internationale à la Red Bull Rookies Cup (deux podiums)
• 2020 Devient pilote professionnel et participe au championnat du monde de vitesse en Moto3 sur KTM. Meilleur résultat: 16(Grand Prix du Portugal). Classement final : 26e.
• 2021 Débuts dans la catégorie Moto2 au sein de l’équipe NTS RW Racing GP (Pays-Bas). Chute et abandon lors des essais du premier Grand Prix de la saison, en mars, au Qatar

« SPA N’A PAS ÉTÉ DESSINÉ SUR UN BOUT DE PAPIER! » 


Didier de Radiguès

Spa-Francorchamps, le plus beau circuit du monde ? Nous avons demandé l’avis de Didier de Radiguès, qui a triomphé sur le “toboggan des Ardennes” tant en moto (en vitesse et en endurance en 1983) qu’en auto (en endurance en 1997), et l’avis du pilote belge est clair : « Ce circuit est effectivement unique et tous les pilotes qui ont eu la chance de s’y produire vous confirmeront que cette expérience est inoubliable. Spa, c’est un circuit routier et il est resté dans cet esprit même si c’est aujourd’hui devenu un circuit permanent. C’est ce qui le rend si particulier. Ce n’est pas un circuit “moderne”qui a été dessiné sur un bout de papier par un ingénieur comme c’est le cas aujourd’hui. C’est donc un circuit rapide et plus dangereux que beaucoup d’autres. »

Et le consultant moto de la RTBF de poursuivre : « Les circuits actuels (notamment ceux voulus par de richissimes émirs, ndlr) sont conçus pour éviter le danger, les accidents. Je peux bien sûr le comprendre mais, par définition, les sports moteurs sont dangereux. Le rapport au danger, voire à la mort, c’est un paramètre dont il faut toujours tenir compte. C’est particulièrement le cas sur des circuits routiers comme Spa. »

Voilà pour l’aspect vitesse, mais qu’en est-il au niveau technique ? « En terme de pilotage, Spa se démarque aussi des circuits traditionnels. L’épingle de La Source avec sa sortie large, son freinage difficile, l’Eau Rouge, le Raidillon… tout cela c’est magique. Je le répète : Spa est une piste très rapide qui monte et qui descend. En MotoGP, on peut y atteindre 350 km/h en pointe et 250 km/h dans les virages comme au sommet du Raidillon ou à la sortie de Stavelot ! »



En 1983, Didier de Radiguès s’est imposé à deux reprises sur le circuit de Spa-Francorchamps.

Souvenirs spadois

DDR rêve-t-il de revoir un jour des MotoGP sur ce circuit sur lequel il a roulé à de multiples reprises ? « C’est mon vœu le plus cher. Financièrement, c’est faisable. Au niveau des infrastructures aussi, même s’il faudra mettre en place de plus grands dégagements. Il faut juste une volonté politique mais je veux y croire. Et si un promoteur me demande des conseils techniques, je répondrai volontiers présent. »

En attendant ces jours, Didier de Radiguès a les yeux qui pétillent en se remémorant ses souvenirs spadois.

« Tout jeune, j’y ai disputé ma première course moto internationale. C’était en Kawa lors d’un “match” Belgique-France. J’étais en tête lors de ma première course et devant mon public. Un bonheur incroyable ! »

S’il ne doit retenir qu’un souvenir de Spa, c’est sans doute son succès en vitesse pure (250 cc) en juillet 1983. « J’avais livré un duel vraiment intense avec le Français Christian Sarron. Les dépassements avaient été multiples et, véritablement poussé par le public, j’avais fini par m’imposer », sourit le natif de Louvain.

 

UN CIRCUIT QUI N’A PAS DE PRIX

Le Circuit de Spa-Francorchamps fêtera ses 100 ans cette année mais il ne cesse d’évoluer. De prochains travaux permettront une plus grande connexion avec le public.

 


© Marc Vanel
Trente kilomètres de fibres ont été déroulées pour le centre de contrôle.

En 1920, après vingt-cinq ans de courses de côte organisées par l’Automobile Club de Belgique à Barisart et à Malchamps, sur le territoire de Spa, le Chevalier Jules de Thier (PDG du quotidien La Meuse), le baron Joseph de Crawez (bourgmestre de Spa) et Henry Langlois (ACB) décident d’aller plus loin et de créer le Circuit de Francorchamps. La première course a lieu l’année suivante, il s’agit d’une course de motos 350cc. En 1922, c’est au tour des voitures de débarquer sur le circuit. A l’époque, le record de vitesse n’était que de 88,9 kilomètres/heure, mais il faut savoir que la course se déroulait sur des chemins de terre, l’asphaltage complet n’étant effectif qu’en 1928.

Le circuit le plus rapide du monde

Long de quinze kilomètres, le circuit ne cessera d’être amélioré, avec une suspension de 1939 à 1948 pour cause de conflit mondial. La reprise en 1950 est magistrale avec la première course de « voitures de série », le premier championnat du monde des conducteurs et, donc, le lancement de la Formule I moderne. En 1958, Spa-Francorchamps devient le circuit de F1 le plus rapide du monde.

En 1978, sous l’impulsion de Jacky Ickx, alors administrateur-délégué, un nouveau circuit est dessiné. Il sera plusieurs fois modifié et adapté pour ne plus faire que sept kilomètres et correspondre aux normes de la Fédération internationale automobile. A noter que 80 % du tracé sont situés sur la commune de Stavelot, le reste sur celle de Malmedy.

Depuis 2007, le circuit a été renforcé en tant que pôle économique wallon majeur. L’organisation de la Formule 1 n’est plus de son ressort (c’est la SA Spa Grand Prix qui s’en charge), sa mission est d’organiser et de promouvoir des activités, mais surtout de gérer l’infrastructure dans un objectif de développement économique.

Les «premières»



1896
 Première course de côte organisée à Spa-Barisart
1921 Première course motos 350cc
1922 Première course de vitesse autos
1924 Première édition des 24h de Spa
1930 Première (et dernière) participation du constructeur belge Imperia
1950 Premier Championnat du Monde des Conducteurs
1955 Première équipe nationale belge
1966 Première victoire de Jacky Ickx en tourisme aux 24h de Francorchamps
1970 Première victoire d’une Porsche 917
1973 Première épreuve des 24h Motos
1984 Première victoire de Jaguar en endurance depuis 1957
1986 Première organisation des 24h 2CV
1992 Première victoire de Michael Schumacher et première victoire allemande


Un nouveau tournant en 2016

En 2016, Nathalie Maillet, ancienne pilote, reprend la direction et décide de faire de l’anneau spadois un circuit d’excellence en développant un nouveau modèle économique axé sur le digital. « Ce plan stratégique, explique-t-elle, s’articulait autour de trois thématiques : la piste, les infrastructures et un circuit connecté avec une vision “le public est notre patron”. J’ai souhaité pérenniser les championnats déjà présents mais aussi attirer de nouveaux championnats ou événements. Nous sommes passés de dix-sept week-ends de course ou événements en 2016 à plus de vingt-cinq sur la saison qui s’étend de mi-mars à mi-novembre. »

Une nouvelle piste a été construite ainsi qu’un véritable stadium de tribune, et la zone piétonne du Kemmel a été élargie pour une meilleure sécurité des spectateurs. « Nous avons aussi déroulé trente kilomètres de fibres pour notre centre de contrôle, installé le wifi gratuit et développé une application avec de nombreux services. L’ensemble fait partie d’un investissement décennal de 80 millions annoncé fin de l’an dernier pour le retour de l’endurance moto en 2022. Ancré dans son histoire mais tourné vers le futur, le Circuit de Spa-Francorchamps génère du bénéfice qui est réinvesti dans les infrastructures et des projets d’avenir. Notre attrait touristique est un axe à développer qui participera à la poursuite de notre croissance. »

Une vitrine pour la Wallonie

A 100 ans, le circuit est plus que jamais un atout pour la Wallonie. « Les retombées économiques directes et indirectes sont importantes pour la région, conclut Nathalie Maillet, mais elles sont difficilement chiffrables. Vous vous doutez bien que les hôtels, restaurants, gîtes, camping, magasins locaux… bénéficient pleinement du public drainé par les courses. Nous en avons malheureusement encore eu la preuve lors de nos quatre mois de fermeture l’an dernier, l’impact a été direct pour tous.

Cela étant, notre renommée internationale n’a pas de prix. Peu sont ceux qui ne connaissent pas le Circuit de Spa-Francorchamps qui est une formidable vitrine pour la Wallonie. Tout le monde est le bienvenu sur la piste et j’encourage également les fans de sports moteurs à se faire accompagner par leur famille, car nous créons actuellement des activités spécifiquement dédiées aux familles et en lien étroit avec notre environnement verdoyant. »

« Nous sommes passés de dix-sept week-ends de course ou événements en 2016 à plus de vingt-cinq sur la saison qui s’étend de mi-mars à mi-novembre. »


Un an de festivités


Nathalie Maillet est la directrice du circuit depuis 2016.

Difficile de préparer et de fêter un anniversaire, quel qu’il soit, en période de pandémie, mais divers événements sont bien sûr prévus en lien avec le Circuit de Spa-Francorchamps. Son histoire ayant débuté en août 1921, son centenaire sera célébré dès ce mois d’août si les conditions sanitaires le permettent. « Plusieurs actions seront échelonnées durant une année, précise Nathalie Maillet. Nous avons noué différents partenariats qui seront dévoilés cet été, entre autres avec le Musée du Circuit qui présentera le célèbre virage de Stavelot, lequel ne fait plus partie du tracé actuel. Différents panneaux seront ainsi placés afin de découvrir son ancienne configuration. » Et la directrice d’ajouter : « Cette célébration sera axée sur les organisations de courses, les trackdays, les teams et pilotes, mais également sur le public. Il ne faut pas oublier que l’histoire du circuit a également été écrite par nos fans, nos spectateurs ! »

 

« 100% DES GAGNANTS ONT TENTÉ LEUR CHANCE »

Hyperactif autoproclamé, cosmopolite et profondément liégeois, homme d’affaires et pilote automobile confirmé, Bernard Delhez n’est jamais sans projets. Itinéraire d’un enfant têtu... qui peut donner des idées aux candidats entrepreneurs.

 

« À 10 ans et demi, j’ai suivi les HEC simplifiées de la meilleure façon qui soit. » Ainsi commence le récit de Bernard Delhez, mis au défi par son père de réunir les 18.000 francs belges nécessaires à l’achat de sa première moto. « J’avais vendu mon élevage de chèvres et de lapin, il me restait donc à trouver 7.000 francs. Mon père a accepté de me les prêter à condition que je lui en rende 8.000 ! Acheter, vendre, emprunter : c’était un cours en accéléré, et je ne l’ai jamais oublié. Aujourd’hui encore, je ne fais rien sans challenge ni sans objectif. »

Le motocross devient sa passion, son métier, sa vie. Et puis, à 19 ans et demi, l’accident. Neuf jours de coma, seize fractures, un arrêt cardiaque, sept opérations en un an. « Puisque je ne pouvais plus réaliser mon rêve de devenir champion du monde, j’ai obtenu mon émancipation pour créer ma première société. Le début d’une grande aventure – j’aime ce mot, aventure ! Être entrepreneur, c’est la prendre à bras le corps et naviguer à contre-courant, souvent en solitaire. Abandonner ce qu’on connaît, ce que tout le monde pratique, quitter son confort et se lancer dans l’inconnu. »

« Que cherchent les gens ? »

L’aventure, dans son chef, prendra donc la forme d’une vingtaine d’entreprises, du domaine des pièces détachées pour motos aux pneumatiques pour engins miniers, en passant, récemment, par la distribution de produits pharmaceutiques génériques, avec Contipharma. « Quand vous rencontrez quelqu’un qui a étudié aux HEC, vous savez à peu près comment il pense, c’est écrit dans les livres. Moi, je regarde l’environnement et mon objectif, et je me positionne en fonction des deux. Quand j’ai été sacré Jeune Entrepreneur Européen pour ma société Recygom, je n’avais pas d’autre diplôme que mon permis de conduire et je n’inventais rien, j'avais réfléchi, voilà tout ! On peut me taxer d’opportunisme, penser que j’ai du flair, voire de l’expérience avec les années. Mais je pratique surtout la simplicité. Que peut-on faire avec ça ? Que cherchent les gens ? De quoi ont-ils besoin ?... Je mets de l’énergie dans chaque projet. Parfois ça réussit, parfois non. Mais vous connaissez l’adage : 100 % des gagnants ont tenté leur chance ! »

Avec la Biélorussie pour l’Afrique

Quant à la logique du parcours, elle est plus évidente qu’il n’y paraît. « Je travaille depuis longtemps avec la Biélorussie pour l’importation de pneus de génie civil, industriels, agricoles, poids lourds et pneus d’avion. Le pays est également spécialisé dans la production pharmaceutique. En lançant ma société Contipharma, j’ai simplement suivi le chemin de la vie », assure encore Bernard Delhez. La demande existe en Afrique. Contipharma y exporte donc des médicaments génériques fabriqués en Biélorussie, avec une intention : « Apporter des réponses concrètes à des problématiques de santé publique non résolues, notamment en matière de médicaments en pénurie ou inaccessibles en raison de leur prix. Offrir au plus grand nombre la possibilité de se soigner. Rendre un service et pouvoir en vivre, mais pas me faire de l’argent sur le malheur des gens. Je serais peut-être plus riche mais, dans le fond, je serais pauvre à l’intérieur. »

Un camion pour les tests covid

Très tôt active en Belgique pour répondre aux défis causés par la pandémie Covid19, Contipharma lance également, en janvier dernier, des tests antigéniques rapides certifiés CE, approuvés par les autorités sanitaires belges et françaises et repris dans la liste des produits reconnus par l’Inami. La dernière idée suit le même chemin : « Comment faire revivre l’Horeca, la culture, les festivals ? En permettant un dépistage rapide et massif grâce au Covid19 Testing Truck. Ce camion, plateforme mobile de testing, se déplace là où on en a besoin. En trente minutes, il est déployé et opérationnel. La personne souhaitant se faire tester y est assistée par du personnel médical agréé, dans le respect des règles sanitaires en vigueur. Elle reçoit le résultat de son test en quinze minutes, soit sur place, soit sur son téléphone, dans le respect des règles Règlement général sur la protection des données. »

BIO EXPRESS

• 1966 Naissance à Verviers

• 1987 Création de la société DMP (importation et commercialisation de matériel lourd et de pneumatiques de génie civil)

• 1993 Premier prix au concours du Jeune Entrepreneur Européen de la Fondation Roi Baudouin pour sa société Recygom, spécialisée dans le recyclage des pneus et autres déchets caoutchouteux
Lauréat du Prix de l’Environnement pour l’Industrie organisé par la Fédération patronale belge

• 1999 Création de la société Granugom (Seraing), spécialisée dans la transformation de “pneus tourisme” en granulats

• 2001 Création de Bedelco (Seraing), société de distribution de pneumatiques spécialisée dans le pneu minier. En 2010, ouverture d’une filiale en Algérie

• 2015 Création de Contipharma (Seraing), société de distribution de produits pharmaceutiques génériques basée au Luxembourg

 
Gentleman driver



Pilote automobile habitué des 24H de Francorchamps comme des Championnats d’Europe ou du Monde, Bernard Delhez aime gagner. « Je dois me mesurer, c’est comme ça que je me détends. Je me bats pour me reposer, plaisante-t-il. J’entends bien rouler en compétition jusqu’à la fin de mes jours. D’ailleurs, il me reste cinq ans et demi pour atteindre mon rêve : devenir pilote de Formule 1 à 60 ans ! Je travaille beaucoup pour y arriver. Dans les règles, cela va de soi. J’aime aller vite, mais pas bousculer quelqu’un pour passer devant. Je ne triche pas non plus. Dans le sport comme dans la vie, j’ai trois règles essentielles : ne pas voler, ne pas tromper, ne pas trébucher. »

Et de conclure : « J’ai une fille, et ce qui compte le plus au monde est de la préparer le mieux possible à sa vie d’adulte. Mon rôle de père est chargé de ces valeurs-là. » 

LA CONVIVIALITÉ DE LA SMART PÉTANQUE

Une partie de pétanque avec un tapis modulaire synthétique qui se monte en dix minutes maximum et des boules souples ? Découvrez le parcours original de Patrick Neuville, psychologue de formation, qui a transformé la pétanque en un outil convivial avec la Boogle House, à Herve.

 

Patrick Neuville a travaillé des années dans le domaine des ressources humaines, en recrutement. Au fil du temps, l’envie est née de créer des outils de relations publiques pour ses clients en leur organisant des événements. A l’époque, c’était plutôt les challenges de type Trophy sportif qui avaient la cote. Or, courir, nager 2.000 mètres dans un lac ou faire du VTT, ce n’est pas vraiment ouvert à tout le monde. Patrick, organisateur dans l’âme et passionné de pétanque, a bousculé les codes en proposant une activité plus accessible et plus conviviale.

C’est ainsi qu’est né le 1er challenge “inter-entreprises” de pétanque. « L’événement a rencontré un grand succès. La pétanque, c’est un formidable outil social d’intégration », souligne Patrick qui, grâce à son entreprise de recrutement et ses contacts, avait de bonnes relations lui permettant d’obtenir des sponsors, dont Thierry Luthers, le parrain de cette première édition. Les événements organisés par notre psychologue se sont ensuite multipliés, rassemblant aussi bien des vedettes de la pétanque belges et françaises, que des personnalités et le grand public. Ils deviendront des rendez-vous de networking et d’amusement incontournables.

Sous le parrainage d’Henri Salvador

En 1996, son réseau lui permet de créer le “Trophée de pétanque des personnalités et des décideurs”, dont plusieurs éditions seront parrainées par Henri Salvador. De fil en aiguille, les champions de pétanque s’intéressent à Patrick et lui demandent d’organiser des événements pour eux. Commence alors le “Trophée des As”, une compétition où les amateurs peuvent venir s’opposer aux meilleurs joueurs du monde. Patrick organise aujourd’hui quatre éditions par an, à Liège, Agadir, Marrakech et Cancale en Bretagne.

C’est lors de ce type d’événements qu’il fait la rencontre de Jean-Pierre Albertini, qui est en train de développer ses propres boules de pétanque souples pour jouer en intérieur, sans faire de dégâts ou de bruit.

« Un terrain au tapis rouge synthétique, d’un encadrement design noir en bois laqué ou en acier corten, modulaire et démontable à l’intérieur comme à l’extérieur en seulement dix minutes. »


Un terrain de pétanque modulaire et design

Suite à cette rencontre germe l’idée de créer un terrain de pétanque, à la fois esthétique, facile à (dé) monter et ludique. « Je ne voulais pas vendre du matériel de pétanque, mon truc c’est plutôt la création de concepts et d’événements. Alors, après mûres réflexions, j’ai demandé à mon beau-frère menuiser de créer un prototype de terrain. Boogle® voit alors le jour : un terrain au tapis rouge synthétique, d’un encadrement design noir en bois laqué ou en acier corten, modulaire et démontable à l’intérieur comme à l’extérieur en seulement dix minutes. »

Las ! C’était juste avant le Covid19 et son premier confinement. « Je voulais cibler les chaînes d’hôtels et les bateaux de croisière, mais ils étaient en pleine crise… J’ai quand même eu le temps de vendre une dizaine de terrains et de séduire deux gros clients : RTL Belgium et le Belgian Football center de Tubize, avant de voir mon activité fortement ralentie. Les Diables Rouges et les Red Flames jouent au Boogle pendant leur temps libre, lors de leurs stages. »

Cent-trente terrains dans les maisons de repos

Contre toute attente, c’est dans ce contexte que se présente une belle opportunité, après que Sophie Wilmès, en charge du gouvernement de la crise sanitaire, ait rangé la pétanque parmi les activités autorisées (avec le kayak). « Les responsables de l’émission Système B, de Bel RTL, m’ont appelé pour me parler de mon concept. Je leur ai proposé d’organiser un concours visant à offrir un terrain Boogle d’une valeur de 1.750 euros à une maison de repos. C’était les plus touchés par la première vague, je voulais faire un geste pour ces personnes. » Pendant l’émission, il se passe quelque chose d’incroyable : « Un généreux donateur bruxellois, séduit par notre concept et touché par l’isolement des personnes âgées, a décidé de s’associer à notre action. Nous avons finalement installé cent-trente terrains Boogle dans des maisons de repos wallonnes l’été 2020 », raconte Patrick Neuville.

Une belle relation s’est dès lors tissée entre les deux hommes. Une belle relation s’est dès lors tissée entre les deux hommes. « J’ai motivé mon donateur pour créer ensemble une entreprise qui reprendrait les différents départements de Boogle®. »

Des clients jusqu’en Amérique

La Boogle House, à Herve, permet d'accueillir un club de pétanque et ses joueurs, mais pas seulement. C’est aussi l’endroit idéal pour organiser des séminaires, des workshops d ’entreprise, des activités teambuilding.


Petite entreprise de quatre personnes, Boogle est aujourd’hui constituée de trois départements : la Boogle House, basée à Herve, qui sert de showroom et de lieu pour pratiquer la pétanque, Boogle Business qui s’occupe de la vente des terrains, et Boogle Events qui veille à la location et à l’organisation d’événements.

« Dans mes rêves, je voulais créer une Boogle House, un endroit unique en Europe, explique Patrick Neuville. Ici, à Herve, dans cette maison de maître, on retrouve cette ambiance chaleureuse, sympathique, où l’on se sent bien. » Ce lieu permet d’accueillir un club de pétanque et ses joueurs, mais pas seulement. C’est aussi l’endroit idéal pour organiser des séminaires, des workshops d’entreprise, des activités team building. Il peut accueillir jusqu’à quarante personnes, avec une terrasse et un service de petite restauration.

Un “Boogle on ice” à Liège

De son côté, le département location poursuit les événements qui ont contribué à cette belle histoire. « Les terrains se retrouvent dans des lieux improbables et prestigieux, lors d’événements VIP avec Benoît Poelvoorde ou Jose Garcia, et des lieux d’exception comme le Palais Vivienne à Paris. Nous avons même organisé un “ Boogle on ice” sur la patinoire de Liège ! »

Quant aux ventes, elles prennent surtout la direction de l’étranger puisque des clients flamands, hollandais, allemands, anglais et même américains s’intéressent à ces terrains modulaires. « J’espère pouvoir convaincre les chaînes d’hôtels et les bateaux croisières d’installer un terrain Boogle. Le concept du terrain modulaire et design est fait pour eux. C’est une activité à faire dedans ou dehors, facile à installer. Elle est bien perçue également des femmes qui peuvent jouer en talons et en robe de soirée si elles le souhaitent (rires). »

Le public visé est également celui des maisons de repos, des hôpitaux et des centres de revalidation. « Nous avons un très bon retour des kinésithérapeutes qui nous expliquent que cela fait vraiment du bien aux patients, qu’ils revivent de bons moments ».

Un partenariat avec Saint Tropez ?

L’avenir ? Patrick Neuville ne manque pas d’idées. « Nous réfléchissons à créer nos propres boules en plastique recyclé. C’est un de nos rêves pour gérer le processus de A à Z. Nous sommes en discussion avec des sociétés pour produire des moules. Nous pourrions ainsi proposer une gamme de boules et de coffrets 100 % personnalisables, aux couleurs et logos du client. »

Sans compter que, dès la sortie de la crise sanitaire, il y a un partenariat avec la marque de vêtements Saint Tropez qui se profile. « Ses responsables voudraient que les terrains Boogle fassent partie de leur gamme… »

www.boogle.eu

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