Waw magazine

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Relab

Le Relab, premier Fab Lab de Wallonie, est un atelier numérique ouvert au public et une structure de développement créatif local. La spécificité du RElab réside dans l’utilisation de matériaux de récupération comme matière première et dans l’étude de nouveaux procédés sociaux, créatifs et économiques d’upcycling, en liaison avec les nouveaux moyens de fabrication et de communication numérique. Insolite, non ?

www.relab.be
 

 

 
Tour Schöffer

En 1961, la Tour Schöffer est érigée dans le parc de La Boverie. Œuvre de l’artiste franco-hongrois Nicolas Schöffer, cette tour cybernétique est une sculpture abstraite de 52 m qui se compose d’une ossature aérée en tubes d’acier. Cette ossature, munie de pales, de formes et de dimensions variées, se mue grâce à des moteurs actionnés par un cerveau électronique. Outre la structure métallique, le fonctionnement d’ensemble du dispositif cybernétique repose sur trois organes : un système d’éclairage, un système de sonorisation, et, régissant le tout, un cerveau électronique qui déclenche trois types d’action : mouvement, musique et éclairage de la tour. Insolite, certainement !

 


Mémorial interallié

Si le chocolat liégeois a supplanté le chocolat viennois, c’est parce que, durant la Première Guerre mondiale, nos valeureux Liégeois et la Cité Ardente ont fait montre d’une bravoure toute particulière. Moins anecdotiquement, Liège, particulièrement dévastée alors, a été choisie pour accueillir le premier monument interallié en mémoire de la Grande Guerre. Les travaux débutent en 1928 sous les yeux de l’architecte anversois, Jozef Smolderen. Cet édifice religieux de style néo-byzantin (auquel les Liégeois donnent le nom incorrect de Basilique) est consacré en 1936. Sa coupole est composée de 13 T de feuilles de cuivre provenant du Katanga (l'ex-Congo belge) et laminé dans les usines de « Cuivre et Zinc » de Chênée. Historique… et insolite !
 

 

 
Get Out

Jeu d’enquête en équipe, le Live Escape Game GetOut ! à Liège est fait pour mettre à l’épreuve vos aptitudes à la cohésion et au jeu en équipe. Durant ce jeu d’évasion grandeur nature, votre perspicacité de détective et votre équipe sont vos meilleures alliées pour sortir de la pièce remplie d’indices. Pour sortir de la pièce dans les 60 minutes imparties, il est nécessaire de construire une équipe solide. Relevez les indices à votre disposition, analysez-les et mettez-les en relation. Du point de vue de chacun et de l’avis de chaque inspecteur émergera progressivement la clé de l’énigme. Le succès de votre enquête vient de la multitude d’indices autour de vous, mais aussi de votre esprit de cohésion et d’équipe durant le jeu permettant de comprendre le sens et la relation entre chaque indice. Insolite… et ludique !

http://getoutliege.be

Le champ des possibles

Voilà un projet de maraichage biologique d'auto-cueillette basée sur le principe de confiance entre le consomm' acteur et le producteur. Bio-insolite !

www.champdespossibles.be
 
 
Abri-antiaérien et Cité-Miroir

Sous le miroir, l’abri. Étrange lien entre une ancienne piscine devenue musée dédié à la mémoire et les vestiges de la Deuxième Guerre. Comme un document pédagogique supplémentaire, un abri anti-aérien se cache encore sous ce lieu de plaisance transformé en monument érigé contre l’oubli et la banalisation. Pédagogique et insolite, assurément !

www.citemiroir.be
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Max Verstappen, c’est une bouffée d’air frais sur les circuits de la F1. Jeune, talentueux, gagneur, il prouve que la F1 ne se résume pas à un châssis parfait ou au moteur le plus puissant.

 

Né en 1997 à Hasselt, Max Emilian Verstappen est un pilote automobile belgo-néerlandais courant sous licence néerlandaise. Fils de Jos Verstappen, pilote de F1 de 1994 à 2003, il fait ses débuts en 2015 avec l’équipe Scuderia Toro Rosso. A 17,5 ans, il sera le plus jeune pilote de l’histoire à prendre le départ d’un Grand Prix, puis le plus jeune pilote de l’histoire à marquer des points en Grand Prix. Tout récent vainqueur du Grand Prix de Malaisie, nous l’attendons avec impatience à Spa-Francorchamps en 2018 pour qu’il prenne sa revanche sur 2017.

Cette année, Max a connu en effet des fortunes diverses avec sa voiture. À certains moments cruciaux, la fiabilité technique n’était pas au rendez-vous. À Francorchamps, des dizaines de milliers de fans néerlandais, revêtus d’un t-shirt orange, s’étaient pourtant rendus sur le plus beau circuit du monde. « J’adore le circuit », déclarait-il au journaliste néerlandais Julien Lemmen, spécialiste de la F1, « ce serait génial de voir autant d’orange le long de la piste. De tous les circuits du calendrier, Spa est celui que je préfère. Il faut être prêt, mais si on réalise un bon tour, c’est une belle satisfaction. Il y a un bon ’flow’, et beaucoup de virages rapides. Naturellement, le plus beau secteur, c’est celui de l’Eau Rouge, en montée sur la colline. Même avec les bolides actuels, ça reste vraiment incroyable quand le fond de la voiture touche l’asphalte et que l’auto semble si légère en haut de la colline… »   

Cette année, malgré un bon départ, Max Verstappen a perdu de la puissance au 8e tour et a dû abandonner. « Un drame », dira son entourage. De quoi râler pour le jeune pilote. « Je peux dire que je n’ai pas eu de chance, mais ce n’est plus de la malchance, c’est simplement une faute. Je n’avais plus de puissance… Nous devons faire en sorte que cela ne se reproduise plus dans une équipe du top. »

L’an prochain, Verstappen et Vandoorne seront tous deux sur la grille de départ dans une voiture dotée du même moteur Renault. Demeure une question : à quelle ligne ?

www.verstappen.nl

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Et si le développement du circuit de Francorchamps passait aussi par l’électrique ? Non pas pour des compétitions de Formula E, mais bien pour les tests de constructeurs. Sa directrice Nathalie Maillet en est bien convaincue. Rencontre.

 


Nathalie Maillet
CEO du Circuit Spa-Francorchamps

 

Digitalisation à 100%, organisation de courses et de visites en réalité augmentée, wifi gratuit, nouvelles caméras, salle de contrôle relookée, organisation d’événements, renaissance d’un Business Club : Nathalie Maillet ne manque pas d’idées pour le Circuit de Spa-Francorchamps qu’elle dirige depuis mai 2016. Débordant d’ambitions, elle entend faire de l’anneau spadois un « circuit d’excellence au service du public »

De nationalité française, cette nouvelle directrice quitte la France pour étudier l’architecture à Londres avant de diriger un cabinet d’éco-architecture au Luxembourg. Son père et son mari évoluant dans la course automobile, elle entame elle-même une carrière de pilote, assez tardivement, dans la trentaine. Sa première course, ce doit être un signe, c’était en 2004… à Francorchamps en BTCS, Belgian Touring Car Series, épreuve-phare des championnats belges. Nathalie Maillet a également roulé en Roadster Cup, en Nascar Euro Series ou encore en VW Fun Cup, la mythique course des 25 heures (ndlr : la compétition dure bien 25 h !) de Spa Francorchamps à laquelle elle participe 7 fois, avec 5 podiums et le titre de championne en 2006. En 2016, suite à une procédure de recrutement opérée par un cabinet international, Nathalie Maillet est engagée pour gérer ce circuit qu’elle connaît si bien.

Atouts et défis

Le Circuit de Spa-Francorchamps ne manque pas d’atouts. Aux yeux des pilotes de toutes nationalités, il fait partie des tracés légendaires du sport automobile, au même titre que Monza ou Suzuka. Son tracé d’un peu plus de 7 km est même le plus long du championnat du monde. Ses virages rapides, son célèbre et unique Raidillon de l’Eau rouge et son cadre naturel de verdure sont appréciés des pilotes et des amateurs qui viennent parfois de très loin pour assister à ses spectacles. Conçu en 1921 sur 14 km sur les routes reliant Francorchamps, Malmedy et Stavelot, le Circuit (qui ne passe aucunement par Spa) accueillit rapidement les 24h de Spa-Francorchamps et le Grand Prix de Formule 1 de Belgique. Plusieurs fois modifié et adapté, le circuit actuel ne fait plus que 7 km et a été adapté aux normes de la Fédération internationale automobile, la FIA.

Depuis 2007, le Circuit a été renforcé en tant que pôle économique wallon majeur. L’organisation de la Formule 1 n’étant plus de son ressort (c’est la SA Spa Grand Prix qui s’en charge), la mission de la société « Circuit de Spa-Francorchamps » est d’organiser et de promouvoir des activités sur le circuit, mais surtout de le gérer dans un objectif de développement économique. Son permis d’exploiter, délivré par la Région wallonne, l’oblige, parmi d’autres restrictions, d’organiser toutes ses courses entre le 16 mars et le 14 novembre de chaque année, et prévoit de très exigeants contrôles de bruits. Et les riverains veillent au quotidien !

Nouveaux défis

« Nous voulons aujourd’hui, explique Nathalie Maillet, développer un nouveau modèle économique axé sur le digital et faire venir les familles et les jeunes. Plutôt que d’utiliser un jeu vidéo, nous voulons proposer aux jeunes de rouler sur nos pistes en temps réel avec des lunettes de réalité virtuelle. Pour permettre cela, nous avons déroulé 15 km de fibre noire qui vont e. a. nous permettre d’avoir une tribune connectée, de proposer le wifi gratuit au public, etc. Ne pouvant tout faire nous-même, nous allons croiser les talents afin d’offrir le meilleur. Tout évolue tellement vite, il faut continuellement réajuster la technique. »

100% connecté

C’est une vision totalement neuve qui préside donc au développement du circuit, articulée autour des sports mécaniques bien sûr, mais aussi du tourisme. La stratégie se décline en trois axes. « Notre objectif, poursuit la CEO, est d’être le circuit le mieux connecté au monde pour offrir un vrai service au public, des systèmes efficaces pour les promoteurs, et une base de jeux en temps réel. Le digital abolit les frontières, il permettra de développer le tourisme et créer des espaces là où il n’y en a pas… 

Grâce à de nouvelles infrastructures digitales, nous pourrons offrir au public plus de services qu’à la maison pour qu’il revienne en masse sur le Circuit, notamment via une application. Nous avons aussi renforcé la communication et les interactions avec le public via les réseaux sociaux. La piste sera elle aussi connectée, nous voulons renforcer les informations dont le public disposera sur site grâce à des panneaux interactifs ou encore des panneaux LED qui permettront de mieux suivre les courses sur écran géant. Cela renforcera également la sécurité sur la piste. La réalité augmentée prend de l’ampleur. Les jeux en live permettront d’attirer un nouveau public, ils sont en pleine expansion. »

Ensuite, pour célébrer son centenaire en 2021, le Circuit va créer des casques géants de 6 à 7 m de diamètre qui permettront de créer l’histoire du lieu, avec un casque par décennie. « Nous allons aller chercher des images chez les gens. Le projet, c’est une randonnée culturelle pour les familles qui fera 7 km dans un premier temps, puis 14 en passant par le Musée de Stavelot. Les gens commenceront à pied, et continueront en vélo électrique ou en voiturette de golf. » Nathalie Maillet mise sur 300 000 visiteurs grâce à cette attraction !

Enfin, un « Centre virtuel des sports mécaniques et touristique » permettra d’abolir les frontières pour amener les étrangers sur le site et inversement transporter les personnes présentes sur le Circuit vers l’extérieur. Par exemple assister à un concert aux États-Unis, une coupe du monde, visiter une usine connectée de constructeur, tout est possible. Dans le même esprit, l’« Accord d’amitié » passé avec le circuit japonais de Suzuka semble très prometteur.

Tests

Et la Fée électricité dans tout cela ? Aucune course de Formula E ne se tiendra à Francorchamps, car celle-ci est avant tout destinée aux villes, l’idée étant de convaincre mandataires locaux et habitants que la mobilité future de la ville passe par l’électricité, et pas uniquement pour se déplacer. Par contre, de nombreux constructeurs automobiles sont en train de mettre au point de nouveaux modèles de voitures hybrides ou électriques et ont besoin de circuits pour les tester. Et comme les moteurs électriques sont quasiment silencieux, le Circuit pourrait ainsi exploiter ses installations toute l’année. Du moins quand le permis d’exploitation aura été modifié. « Nous devons travailler dans un esprit d’excellence, conclut la manager, et permettre à la région de bénéficier de retombées directes et indirectes de nos activités. En 2018, nous aurons de nouvelles activités sportives qui vont ravir les spectateurs, avec des bolides d’exception. C’est important, il faut offrir du spectacle et innover. 2017 a été l’année de la mise en place, 2018 sera une année réellement dédiée aux nouveaux services au public et nous serons totalement opérationnels en 2019. »

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Le châssis des voitures de la Formula E, destinée aux voitures de course électriques, est fournie conjointement par la société française Spark et les Liégeois de Sodaphi. Portrait.


L’aventure commence en octobre 2012 en France. Ancien directeur de l’écurie Renault en Formule 1, Frédéric Vasseur fonde la société Spark Racing Technology (SRT) dans le but de développer des systèmes de propulsion hybrides et électriques. La création de l’entreprise n’a rien d’anodin, elle coïncide avec la naissance du projet Formula E, une compétition inédite qui voit s’affronter aux quatre coins du monde des monoplaces propulsés uniquement par énergie électrique.

En Formula E, tout le monde roule avec le même modèle. Le premier défi de Spark consiste donc à livrer les 40 Spark-Renault SRT_01E commandées par le promoteur et organisateur du championnat, Formula E Holdings (FEH), et destinées aux dix écuries qui prendront part à cette nouvelle compétition. Chaque écurie dispose de deux voitures pour la course même et de deux voitures de réserve. Le fait d’avoir un modèle unique, équipé de la même batterie fabriquée par McLaren pour le compte de la FIA, évite l’escalade des coûts et assure un certain développement durable de la compétition.  Rapidement, Spark s’associe avec Sodaphi et Alexandre Dallemagne qui va apporter les capitaux nécessaires au développement de cette voiture qui est assemblée non loin de Paris.


Alexandre Dallemagne
CEO de Sodaphi Group et co-fondateur de Spark Racing Technology

Installée à Beaufays, non loin de Liège, Sodaphi Group est une société d’investissement qui a la forme d’un holding familial. Elle mène des activités dans cinq secteurs principalement : le service résidentiel (achat, rénovation et locations dans le médical, le tourisme, le logement pour étudiants, etc.), le nettoyage et le catering (mais surtout pour ses propres biens), la gestion de biens immobilier, les nouvelles technologies médicales, et, enfin, dans le domaine de la mobilité électrique. « En 2013, nous avons remporté avec Spark le marché pour les 42 premières voitures de la Formula E, déclare Alexandre Dallemagne, nous venons en soutien pour développer le prototype, l’organisation de crash tests, mais aussi l’assemblage et l’intégration de ces premières voitures. En 2016, nous avons à nouveau remporté le marché pour le nouveau châssis de la 5e saison 2018-2019, mais cette fois, il n’y a plus qu’une seule voiture par pilote et de l’assistance. »

En Formula E, la batterie est l’élément majeur de la voiture. Elle est fabriquée par McLaren mais elle n’a une autonomie que de 25 minutes. Ce temps écoulé, il faut changer de voiture. « Comme il n’y aura plus qu’un véhicule par pilote, l’enjeu est de tenir deux fois plus longtemps et donc de faire plus de place pour la batterie. Pour vous donner une idée, la batterie mesure environ un mètre sur 80 centimètres. Cela a un certain poids aussi… »

Les ingénieurs SPARK ont tiré profit des premières années de championnat pour accroître les performances de ce nouveau modèle qui va considérablement gagner en puissance et qui sera doté d’un design aérodynamique futuriste se rapprochant de la F1.

Vitrine

Au-delà de la compétition, Spark Racing Technology entend profiter de la vitrine qu’elle représente pour démontrer l’étendue de son savoir-faire dans le domaine de la voiture électrique, depuis la chaîne de traction à la batterie en passant par la boîte de vitesses. Avec dans le viseur, des applications qui dépassent le cadre du sport automobile. « Des voitures de série à l’aviation, les pistes de développement sont nombreuses avec un potentiel immense dont certaines sont d’ores et déjà étudiées avec attention », explique Frédéric Vasseur.

Enfin, grâce à son moteur silencieux, la Formula E n’est pas destinée aux circuits automobiles traditionnels, vous ne la verrez donc jamais à Francorchamps, ses courses se déroulent en ville. Rome, Santiago, São Paulo, viennent ainsi de rejoindre les villes de Hong Kong, Mexico, Paris, New York et Montréal. À Bruxelles, le ministre compétent a malheureusement décliné la proposition d’accueil de la compétition. « Les villes doivent se mettre à l’électrique, conclut Alexandre Dallemagne, la course doit être un événement social et venir à la population. A Paris, elle s’est déroulée non loin de la Tour Eiffel, il a attiré plus de 10.000 visiteurs. C’est une autre manière de faire du tourisme et l’impact culturel est lui aussi très important. Nous devons repenser la voiture en termes de mobilité verte : dans 20 ans, la voiture n’aura plus du tout les mêmes affects et c’est tant mieux. »

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La vitesse pure, très pure : la consommation d’une Smart avec la puissance d’une Ferrari. Le projet de relance de l’Imperia est-il toujours d’actualité ?

 

Fondée en 2001 en tant que spin-off de l’Université de Liège, Green Propulsion est aujourd’hui spécialiste indépendant en motorisations toujours plus propres. Ses expertises sur les carburants alternatifs, électriques, hybrides, les piles à combustible et le bilan carbone du moteur électrique sont très recherchées. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Grâce à ses 15 années d’expérience et plus de 15 prototypes uniques déjà construits, détaille le directeur Yves Toussaint, Green Propulsion collabore étroitement – au-delà de la simple sous-traitance - avec un grand nombre de constructeurs européens, principalement dans les domaines du transport urbain et du sport automobile. Nous menons divers partenariats dans le domaine de la motorisation hybride et électrique et motorisons aussi de petites séries, comme par exemple, les deux trains des Grottes de Han. »

Il y a quelques années, Green Propulsion s’est fait remarquer par le projet de relance de l’Imperia, sous une forme hybride. L’histoire de cette voiture démarre en réalité au XIXe siècle à Jupille où s’installe Adrien G. Piedboeuf en 1830. Passionné par l’automobile naissante, l’homme met au point une première motocyclette en 1904 et une voiture en 1906 qu’il baptise du nom d’Impéria, en hommage à Charlemagne originaire de la même ville. L’usine devient l’une des plus importantes de Belgique et connaîtra diverses fortunes avant de fermer ses portes en 1958. 

Il y a quelques années, la société Green Propulsion décide de relancer un modèle quasiment identique mais avec un moteur hybride. Accablée de dettes liées à ce projet et à ses sous-traitants, Green Propulsion fait faillite et est reprise, telle quelle, par l’homme d’affaires liégeois Laurent Minguet. « Aujourd’hui, il y a un nouveau plan d’affaires, admet Yves Toussaint, mais toutefois rien encore de tangible. Le projet n’est pas abandonné mais il n’y a rien qui mérite d’être relevé. » Mais son silence en dit sans doute long, la pièce n’est pas jouée.

Mise au point par le Centre de Recherches Métalliques pour ArcelorMittal, la toiture photovoltaïque intégrée préfigure le métal de demain et permettra de développer des aciers à haute valeur ajoutée.


C’est dans la coordination « européenne » de la recherche que l’on avance le plus vite. Les synergies entre la recherche fondamentale et l’industrie aboutissent souvent à des produits commercialement exploitables. Dans le domaine de la métallurgie, la Wallonie est une référence historique. C’est le cas très bientôt avec l’arrivée sur le marché d’un produit vraiment innovant, conçu et réalisé dans la région liégeoise.

@ CRM Group

Fort d’une expertise de septante ans sur la production, la transformation, le traitement de surface et l’utilisation de matériaux métalliques, CRM Group a été choisi par ArcelorMittal pour la réalisation de son projet PHOSTER, acronyme de PHOtovoltaïc STEel Roof, lancé en septembre 2013. Objectif : mettre au point des modules de toiture photovoltaïque en acier traité ayant une capacité de production électrique à usage domestique. CRM Group dispose d’un centre de recherche au Sart Tilman. Une équipe de 240 personnes travaillent avec le soutien d’une quarantaine de partenaires industriels qui financent plus de 80 % du budget de recherche. Un investissement qui s’élève à deux millions €, et qui a vu le jour grâce aux partenariats entre ArcelorMittal, la Commission européenne et la Région wallonne. C’est dans ce cadre que deux nouvelles lignes pilotes de traitement de surface ont été installées au Sart-Tilman, dans les laboratoires du Pôle d’Ingénierie des Matériaux de Wallonie.

Comment fait-on ?

Une tôle d’acier de 150 µ d’épaisseur est placée sous vide. Après avoir reçu une couche isolante de quelques µ, elle subit des traitements à la fois thermiques (650°) et chimiques consistant en la pulvérisation via plasma de matériaux semi-conducteurs tel que des atomes de sélénium, de gallium, d’indium et de cuivre. L’ensemble est ensuite recouvert d’un oxyde transparent conducteur. Le cadmium, matériau rare et dangereux est exclu de la formule. Au bout du compte, vous obtenez une feuille d’acier photovoltaïque d’un dixième de millimètre d’épaisseur qui peut alors être collée, découpée et adaptée à n’importe quel support d’acier profilé pour toiture. Cette technique de transformation des rayons solaires en électricité permet de réduire de 15 % de l’empreinte carbone et de la consommation d’énergie primaire pour la fabrication de ce matériau recyclable à, au moins, 85 % (en poids) de l’enveloppe de toiture BIPV. De plus, la durabilité améliorée du module serait supérieure à 25 ans.

@CRM Group 

Pour qui ?

Ce produit concurrence sérieusement les traditionnels panneaux photovoltaïques au silicium que l’on monte en surcharge sur les toitures existantes. En effet, le produit pèse 2kg au m² contre 20 pour un panneau conventionnel. Sans compter qu’il incorpore les connexions électriques entre les éléments. Chaque élément est adaptable à la structure portante de la toiture, l’objectif étant de s’adapter aux structures existantes ou neuves. Il est inutile d’utiliser des matériaux de construction et des matériaux de fixation supplémentaires pour les modules de cadre tels que le rail, les clips, les vis, etc. Moins cher qu’un panneau « silicium », moins polluant à la fabrication, plus modulable et adaptable, il offre également un rendement légèrement supérieur de 1,5 %. L’objectif est à la fois la construction industrielle, mais aussi le résidentiel.

À quel prix de vente ?

L’amortissement des cinq millions € investis dans la mise au point, la mise en place d’une structure de production industrielle sont soutenus par le programme LIFE + de la Commission européenne. Ce cofinancement du projet PHOSTER conforte la synergie entre ArcelorMittal Maizières Research S.A., France (Coordinateur), Advanced Coatings & Construction Solutions SCRL en Belgique, ArcelorMittal Construction (France) et le Commissariat à l’Energie atomique et aux Énergies alternatives en France. Des développements spécifiques ont été financés par le « Plan Marshall » et le support du « Pôle Mecatech ». ArcelorMittal anticipe l’évolution du marché vers des bâtiments qui devront répondre à la réglementation européenne qui annonce qu’à partir de 2020 les nouveaux bâtiments devront être à énergie positive.

Pour des raisons architecturales et « sonores », il sera utile d’envisager des versions « tuiles » amortissant la pluie et permettant de remplacer rapidement les vieilles toitures. La concurrence est déjà en action avec les Intecto integrated PV tile produites en Angleterre par Gentoo à Beechbrooke, à South Shields près de Newcastle. En Suède, Midsummer et Clix Steel Profile AB et aux États-Unis DecoTech System sont également sur la même ligne de produits. Mais le marché est vaste et les besoins immenses. 

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Par Isabella Fanara

Las des dérives, le citoyen est en quête d’authenticité au sein des organisations publiques ou privées, commerciales ou associatives. Il recherche l’intégrité, la transparence, l’équité dans les décisions économiques et environnementales.

Le communicateur au sein de cette organisation se doit de réussir cet exercice périlleux : composer entre ses valeurs, la déontologie, les attentes de sa direction et celles des clients au sens large.

Ce livre apporte un éclairage complet face à ce défi, tant au niveau des concepts et de la réflexion que de la mise en pratique. A mettre entre toutes les mains des passionnés de la com, des responsables RH, des dirigeants de PME et des étudiants.

Informations : 

Liège
Esplanade de l'Europe , 2/5
4020 Liège
Tel. : 04/344 50 88
Fax. : 04 /343 05 53
[email protected]

Les propriétaires de l'Hôtel des Bains au lac de Robertville viennent d’ouvrir un second établissement, plus familial, au cœur de Waimes. Deux étapes gourmandes en terre de gastronomes. 


Le lac de Robertville s’étale langoureusement sur plus de 60 ha. Il date de 1928 lorsque l’on créa le barrage et sa retenue de quelque 8 millions de mètres cube. En toile de fond, des vallées profondes, des forêts majestueuses et le biotope unique de la Fagne. En 2005, Jean-Pierre et Elisabeth Robert, qui se sont connus sur les bancs du renommé CERIA à Bruxelles, reprennent aux sœurs Solheid, l’Hôtel des Bains, en bordure directe du lac, avec un jardin en pente douce vers les flots. Ils vont en faire une des plus belles références en matière d’hostellerie de qualité dans l’est de la Belgique. Avant de lancer cette enseigne, Jean-Pierre, qui a complété ses études de cuisinier avec celles de gestion hôtelière, a travaillé au Méridien, naviguant dans les succursales de Bruxelles, Dublin, Tahiti et Lyon où il devint notamment responsable des restaurants, une expérience enrichissante et exigeante. 

Au bord du lac

L’hôtel a été rénové, avec autant de raffinement délicat que d’élégance et de finesse, dans un style contemporain mettant aux goûts du jour l’ensemble avec salon, bar, terrasse extérieure et bibliothèque. Vous pouvez aujourd’hui pleinement profiter de ses nombreux attraits. Situé au cœur du Parc naturel des Hautes Fagnes, l’établissement est multiple avec ses douze chambres (à partir de 115 €) mêlant charme, confort et accueil chaleureux pour des nuits paisibles et réconfortantes. Le spa Nuxe est à disposition autour de la piscine intérieure avec un sauna nordique, un hammam mauresque et un jacuzzi, en prolongement du jardin et vue sur le lac.

Que ce soit dans la salle à manger face au jardin et au lac ou sur la lumineuse terrasse, la carte vous propose des préparations pétillantes de fraîcheur faisant largement appel aux produits d’un terroir particulièrement généreux : truites, canards, volailles, viandes et fromages… Outre un lunch proposant une carte, légère mais savoureuse, basée sur le végétal, deux menus sont à disposition (quatre services à 68 €, cinq services à 94 €). Les prix peuvent paraître élevés, mais il faut retenir la qualité. Le « quatre » offre actuellement filet de truite, barbue, quasi de veau et pamplemousse rose. Le « grand menu » se décompose en langoustine bretonne, foie gras, couteau écossais, ris de veau, pigeon d’Anjou et chocolat Valrhona.

Un grand chef aux fourneaux

Depuis quelques petits mois, Samuel Blanc a pris la gestion des fourneaux. Samuel est jurassien. Après des passages dans quelques grandes maisons en France et en Allemagne, il est arrivé, en juin 2003, à l’Hostellerie Lafarque à Pepinster où il a bénéficié d’une juste et méritée étoile Michelin. En janvier 2013, il a intégré les cuisines du Crowne Plaza à Liège où il apporta tout son talent, sa rigueur, sa créativité, au service de préparations très personnelles. La carte du restaurant voit s’entremêler produits du terroir, herbes sauvages et légumes du potager qui se marient astucieusement aux épices du monde.

Dans la salle de restaurant (46 couverts), l’élégance et la séduction des lieux se complètent par la gentillesse et la compétence du personnel sous la conduite attentive et souriante d’Elisabeth. Nous avons pu apprécier le professionnalisme de François qui connaît toutes les facettes de son métier complétées par une large connaissance subtile de la carte des vins (plus de trois cents références françaises au choix très étendu dans les divers horizons géographiques).

La bonne auberge…

Dix mois de travaux furent nécessaires aux Robert pour transforme le long du RAVeL, rue du Centre à Waimes, Au Cheval blanc, une auberge inaugurée le 15 mai dernier. Le décor est d’esprit savoyard avec ses murs lambrissés de bois aux senteurs vives, ses 52 couverts, son bar en rondins et ses lourdes tentures de flanelle : un monde chaleureux et raffiné dans lequel on pénètre avec plaisir.

La carte, qui se veut une cuisine de partage, se décline dans des plats mijotés, grillades et autres plats canailles de la meilleure veine : andouillette, joue de bœuf, burger du chalet, poulet, tartare, sans oublier des entrées aux saveurs bien marquées (croquettes de fromage, champignons farcis, terrine, œuf en cocotte) et, pour les après-midis, des tartines gourmandes et un vaste choix de boissons sélectionnées. Une terrasse à rue (140 m²) accueille, dans la convivialité, nonante couverts avec tables et bancs réalisés par des artisans.

Cette maison se complètera, très bientôt, par six apparthôtels de haut standing et de grand confort (accueil de deux à quatre personnes) qui vont être à disposition, le tout avec une atmosphère de montagne dans le choix du mobilier et de la décoration. Voici donc deux belles opportunités pour découvrir cette région verdoyante aux multiples aspects charmeurs.

Waimes, le toit de la Belgique

C’est en effet à Waimes que se trouve le fameux Signal de Botrange (point culminant de la Belgique : 694 mètres) qui va d’ailleurs s’agrandir pour atteindre 718 mètres avec une tour à haute fréquence. Aux confins des aires romane et germanique, Waimes est une destination insolite pleine de (bonnes) surprises. Il faut d’abord découvrir, en toutes saisons, une nature sauvage avec des merveilleux paysages à perte de vue. C’est une terre de caractère où vous pourrez partir, sourire aux lèvres, à la recherche de produits authentiques, de savoir-faire artisanal et profiter d’une vaste gamme de gîtes ruraux, chambres d’hôtes, restaurants et d’hôtels.

Hôtel des Bains
Haelen 2
B-4950 Robertville
+32 80 67 95 71
www.hoteldesbains.be

Au Cheval blanc
Rue du Centre 20
B-4950 Waimes
+32 80 67 93 63
www.auchevalblanc.be


À VOIR, À FAIRE…

Par tous les temps, la nature vous offre ses plaisirs : ski de fond, ski alpin, promenades pédestres, randonnées vélo touristes, sans oublier le lac de Robertville dont le profil est évoqué ci-contre. Les Hautes Fagnes, la plus grande réserve naturelle de Belgique, est un territoire de nature sauvage pour les amoureux de milieux mythiques.

RENSEIGNEMENTS
www.eastbelgium.com.

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La recherche spatiale liégeoise ? Elle a démarré à l’Institut d’astrophysique de l’Université de Liège dont les bâtiments étaient situés sur une colline de Cointe, dans un parc privé qui abrite également un observatoire construit en 1881. Le Centre spatial de Liège, qui en est une émanation, a démarré ses activités dans les années 1960, lorsque l’Europe s’est décidée à entrer à son tour dans la course à la conquête spatiale déjà bien lancée par l’ex-URSS (avec Spoutnik) et les Etats-Unis (Apollo).


Une des premières missions auxquelles il participa fut l’observation des aurores polaires, phénomène encore mystérieux à l’époque. Un témoin de cette aventure – le mot avait déjà tout son sens, la fusée-sonde française Centaure dont les instruments embarqués ont été fabriqués de toutes pièces dans des ateliers de Cointe, trône d’ailleurs dans le hall d’entrée du CSL. « Elle a été lancée depuis la base de Kiruna, dans le nord de la Suède, avec pour mission d’observer les aurores et de prendre des photos », explique Nicolas Grevesse, astrophysicien retraité que la passion rend intarissable lorsqu’il fait visiter les lieux. « À l’époque, il n’y avait pas d’informatique. Les photos étaient prises avec un appareil avec des films 24x36. La fusée redescendait avec son parachute, on récupérait les films et l’on s’empressait de les faire développer. »

Planck et Herschel testés à Liège

Véritable petit musée qui retrace brièvement l’histoire de la recherche spatiale européenne, le hall d’accueil du CSL met également en lumière la participation du centre liégeois aux différents projets. Ici, c’est la sonde Giotto qui a photographié pour la première fois le noyau d’une comète, en l’occurrence celui de la comète de Halley, de passage en 1986. Là, c’est le télescope spatial Hubble qui fut lancé en 1990 par la navette Discovery et qui est toujours en service. Plus loin, le satellite SoHO, toujours en activité également, qui fut mis sur orbite en 1995 afin d’observer le rayonnement de l’astre dans l’ultraviolet. Et, côte à côte, dans une même vitrine, les satellites Planck et Herschel, lancés en 2009 par Ariane 5 avec un objectif commun, recueillir un maximum de données sur les premières structures de l’univers.

« Le CSL a eu pour missions de tester non seulement le satellite Planck pendant près de 10 mois juste avant son lancement, mais aussi le télescope de Herschel qui, avec ses 3,5 m de diamètre, était le plus grand télescope lancé dans l’espace », explique Nicolas Grevesse. « Ces deux satellites devaient être opérationnels sous des températures très basses, proches du zéro absolu, soit -273,15°. Mais si Planck a pu être testé dans une cuve existante de 5 m de diamètre, Herschel a nécessité la construction d’une cuve de 6,5 m. Nous les avons accueillis tous deux dans nos salles blanches, appelées ainsi car les instruments optiques étant particulièrement sensibles à la poussière, ces salles doivent être environ 500 fois plus propres que l’intérieur d’une maison ! Et le pilotage de ces opérations s’effectue depuis des salles de commande vitrées surplombant ces chambres ».

Le chaud et le froid autour de Jupiter

Inutile de préciser que l’on n’entre pas dans celles-ci comme dans un moulin, de la farine plein les mains. Il faut être protégé des pieds à la tête. Quant aux instruments, ce n’est pas toujours contre le froid qu’il faut les parer. Ainsi, pour la mission Solar Orbiter qui s’approchera du soleil à une distance 3,5 fois moindre que celle qui le sépare de la Terre, le CSL a non seulement dû construire l’instrument EUI mais également l’entourer d’un écran thermique lui permettant de supporter une température allant jusque 80°.

« Son lancement est prévu fin 2018, explique l’astrophysicien. C’est une des premières missions du programme spatial Cosmic Vision de l’ESA qui va se poursuivre jusque 2030. Le centre spatial de Liège participera à chacune d’elles, soit pour construire, soit pour tester les instruments. Ainsi, nous testons actuellement les panneaux solaires qui équiperont une sonde qui sera lancée en 2022, dans le cadre de la mission Juice, afin d’étudier les satellites de Jupiter. Elle arrivera dans son environnement en 2030 et ses panneaux solaires seront alors soumis à d’importants écarts de température, de -230° à +110° environ. »

Aladin pour de meilleures prévisions météos

Mais l’autre satellite qui a fait l’actualité cet été au CSL et que nous avons pu voir dans une salle blanche, alors qu’il allait être mis à rude épreuve dans une cuve à vide de 5 mètres de diamètre, c’est bien sûr Aeolus qui, avec son télescope Aladin, sera placé en orbite à 320 km de la Terre avec la mission de fournir des informations très précises et instantanées sur les vents.

« Les lasers super puissants dont est muni le télescope bombarderont l’atmosphère jusqu’à 30 km d’altitude et une infime partie de la lumière ainsi envoyée (un millionième de milliardième) lui reviendra après diffusion au contact des particules de poussière présentes dans les nuages. Le temps mis pour effectuer cet aller-retour permettra de connaître leur distance et la mesure du décalage de la fréquence, par effet Doppler, déterminera la vitesse des vents. » L’objectif étant bien sûr d’améliorer les prévisions météorologiques, ce que tout le monde appréciera. Ces données seront complémentaires avec celles récoltées par les satellites polaires Metop et les satellites européens Météosats qui, eux, sont géostationnaires et permettent l’observation en continu d’une zone précise du globe. « Pour établir des prévisions, on lance encore, parce qu’ils sont moins coûteux, entre 1 200 à 1 300 ballons sondes par jour dans le monde », explique Nicolas Grevesse. « Vous imaginez le temps qu’il faut pour qu’ils montent ! Avec Aeolus, dont les informations seront transmises instantanément au centre d’analyse des observations météos européennes, ces ballons n’auront plus guère de raisons d’être. Et tout ce matériel est testé au CSL. »


ULG — DEUX MASTERS ET DES SATELLITES LIÉGEOIS. OUFTI !


Quand elle a ouvert ses portes, voici 200 ans très exactement, l’Université de Liège proposait déjà un cours d’astronomie. C’est dire que l’histoire d’amour entre la Cité ardente et l’espace ne date pas de la dernière pluie. Aujourd’hui, l’ULg s’attèle plus que jamais à former des jeunes désireux d’étudier et de mieux comprendre notre univers. C’est ainsi qu’elle propose à la fois un master en ingénieur civil en aérospatiale, destiné aux futurs ingénieurs, et un master en sciences spatiales, à l’attention des physiciens.

« L’Université de Liège est la seule institution en Belgique à proposer ces deux masters sous un même toit », explique Serge Habraken, directeur académique et scientifique. « Les deux métiers sur lesquels ils débouchent sont complémentaires. Quand l’ESA lance une mission spatiale, celle-ci est définie sur base de la science, c’est-à-dire qu’elle est confiée aux mains des astrophysiciens qui vont chercher à étudier tel phénomène et auront besoin de tel type d’instrument. Ensuite, c’est le travail des ingénieurs de traduire ces rêves, de concevoir et construire les instruments. Quand ceux-ci sont opérationnels, ils sont fournis aux astrophysiciens. Ceux-ci sont donc impliqués au départ et à l’arrivée, tandis que les ingénieurs s’occupent du chaînon manquant. »

En anglais

Proposé à l’ULg depuis une dizaine d’années seulement, le master en sciences spatiales est unique en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est structuré en plusieurs orientations (cosmologie, astronomie, planétologie, océanographie,…) afin de permettre aux étudiants d’acquérir des compétences pointues dans l’ensemble de ces domaines. Ces apprentissages se complètent d’une formation pratique : observations au moyen de télescopes (à Liège ou à l’étranger), traitement de données scientifiques au moyen de logiciels spécifiques et travaux en laboratoire (par exemple en optique). « Comme le master en aérospatiale, il est donné en anglais afin de permettre aux étudiants belges d’améliorer leurs connaissances dans cette langue, mais également d’ouvrir la porte aux étudiants étrangers », explique le directeur. « Il est moins suivi, entre six et sept étudiants par année, mais les jeunes qui sortent avec ce diplôme trouvent très vite du travail, généralement dans le monde académique, en tant que professeurs d’université ou chercheurs FNRS, mais aussi dans des observatoires et centres de recherche, en Belgique ou à l’étranger (ESA, NASA…). »

« L’existence d’un écosystème local capable d’embaucher est un atout pour attirer les étudiants », explique Christelle Bertrand, en faisant allusion non seulement aux entreprises implantées sur le plateau du Sart Tilman, comme Amos, Spacebel et Deltatec, mais également à d’autres telles Safran Aero Boosters et Thales Alenia Space. « Avec ces entreprises en pleine croissance, notre tissu économique a une belle réputation en Europe. Et la récente découverte des exoplanètes a valorisé le travail des chercheurs de l’ULg. C’est très positif également. »

© S3L@ULiège
Oufti ! qu’il est petit ce satellite .

Oufti-2 et 3

En guise de travail de fin d’études, les futurs ingénieurs ou astrophysiciens se voient proposer divers sujets, comme la rentrée dans l’atmosphère, l’étude d’orbites ou encore la conception de nanosatellites (ou CubeSats), des satellites pesant moins de 10 kilos qui permettent aujourd’hui aux universités de développer et de placer en orbite leurs propres engins spatiaux.

En Belgique francophone, on se souvient ainsi d’Oufti-1, qui fut lancé en mai 2016 et qui avait pour objectif de tester un protocole de télécommunication pour les radios amateurs. Après douze jours, malheureusement, le contact fut perdu. « Le satellite est inutilisable mais pas détruit. On perçoit en effet encore un signal de balise, preuve qu’il est toujours en orbite », commente Serge Habraken. « Oufti-1 faisait partie du programme « Fly your satellite » (FYS) de l’ESA, ce qui avait permis son lancement à Kourou. Il était inscrit dans un calendrier, c’est-à-dire qu’il y avait des deadlines à respecter. Les lancements sont réservés par de gros groupes, pour de gros satellites. Les petits doivent s’inscrire dans les trains en partance et ils n’ont donc pas toujours le temps d’affiner leurs produits. Ceci dit, derrière le but éducatif, l’objectif principal était de donner aux étudiants un exercice pratique. »

Et ceux-ci se suivent en se ressemblant. Le professeur Jacques Verly, responsable du projet, s’est déjà attelé à la conception du CubeSat Oufti-2, avec une nouvelle équipe d’étudiants ingénieurs et informaticiens de l’Université de Liège. L’objectif est de prolonger la mission de son prédécesseur, en réalisant les corrections nécessaires. Le nanosatellite devrait être « prêt pour l’espace » début 2018 au plus tard. « Puis, ce sera au tour d’Oufti-3 », annonce le directeur. « Celui-ci aura pour mission d’observer la terre avec une caméra infra-rouge. »

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Le Centre Spatial de Liège est une émanation de l’Institut d’astrophysique et de géophysique de l’Université de Liège. Il est réputé pour sa compétence au niveau des essais environnementaux et en tant que centre d’excellence en optique. Une grande partie de ses activités concernent des projets destinés à l’Agence spatiale européenne.


Installé à proximité de l’Université de Liège, dans le Parc scientifique du Sart-Tilman (Liège Science Park), le Centre Spatial de Liège (CSL), a été créé en 1964 par le groupe spatial de l’Institut d’astrophysique et de géophysique de l’Ulg et ne rayonne pas seulement sur la Cité ardente et les vallées de la Meuse et de l’Ourthe. Ce centre de recherche, qui emploie une centaine de personnes et vise un chiffre d’affaires de 17 millions cette année, est le fleuron historique de l’industrie spatiale de notre pays dont nombre de nos voisins nous envient. Tant pour le travail de ses chercheurs que pour la compétence de ses ingénieurs et techniciens dans les mains desquels l’Agence spatiale européenne (ESA) confie régulièrement ses instruments et satellites afin de les tester. Ainsi, le CSL vient à peine de terminer son travail sur le développement technologique de l’instrument EUI (Extreme Ultraviolet Imager), lequel fournira des images de la couronne solaire pour la mission européenne Solar Orbiter, que le satellite Aeolus et son instrument Aladin sont entrés par la grande porte, le 1er juin, afin de subir une batterie de tests de qualification environnementale (voir plus loin).

Christelle Bertrand
Directrice générale du centre liégeois

Des partenaires de renommée mondiale

« Septante pour cent de nos activités concernent des projets à finalité de l’ESA », confirme Christelle Bertrand, la directrice générale du centre liégeois. « Ces projets sont intégrés à un consortium, scientifique ou industriel, au sein duquel nous sommes chargés de délivrer un sous-système en matière d’instrumentation spatiale. À côté de cela, 20% de nos activités concernent des conventions de recherche – au sein, par exemple, des pôles de compétitivité Skywin ou MecaTech – pour lesquels le CSL est associé à des partenaires industriels. Nous utilisons alors nos compétences pour faire du transfert de technologies du domaine spatial vers un autre domaine. Enfin, dans 10% des cas, le CSL travaille comme sous-traitant d’un industriel, à la demande, par exemple, d’autres agences internationales. » Parmi ces industriels, qui peuvent être tour à tour clients, fournisseurs ou partenaires du Centre Spatial de Liège, plusieurs, comme Deltatec (équipement embarqué, détecteurs) et Spacebel (logiciels de vol pour satellites), sont également implantés au Sart-Tilman. 

La performance optique dans l’ADN du centre

« C’est évidemment une force de pouvoir travailler avec des partenaires de renommée mondiale », assure Christelle Bertrand, qui souligne qu’avec un budget annuel de 206 millions d’euros, la Belgique a toujours été un gros contributeur aux projets de l’ESA. « Mais si le Centre Spatial de Liège est aussi souvent sollicité par celle-ci, il le doit en grande partie à la qualité de ses équipements. Nous avons, en effet, une grosse réputation en tant que centre d’excellence en optique. Cette envie de tester des charges utiles avec une orientation de performance optique, voire électronique, est ancrée dans l’ADN du CSL. C’est le cœur de notre centre. Notre réputation, nous la devons d’abord à notre capacité à avoir une approche systémique des instruments. Ensuite, nous avons également développé au fil des ans une compétence au niveau des essais environnementaux et ce, grâce à nos cuves à vide. Elles n’ont pas la vocation de tester des satellites car elles ne sont pas dimensionnées pour cela, mais elles sont toutes équipées de bancs d’optique qui assurent la stabilité des instruments. C’est un atout vis-à-vis de la concurrence, puisqu’à l’heure actuelle il n’existe que cinq centres de test en Europe qui sont capables de recréer les conditions spatiales. »

 © Centre Spatial de Liège
Les cuves à vide, comme celle ci-dessus, permettent au CSL de tester, dans les conditions environnementales spatiales, les instruments et  satellites tels que Planck et Herschel.

La concurrence de plus en plus présente

Dans le secteur spatial comme dans beaucoup d’autres, la concurrence est cependant bien présente, et de façon croissante même, et celle-ci laisse fatalement des traces sur les parts de marché. « Aujourd’hui, la guerre des prix est très importante, confirme la directrice. Il faut faire un gros travail pour rester compétitif. Nous ne pouvons cependant trop baisser les prix des prestations, car cela diminuerait nos marges. Ce qui nous mettrait en difficulté car, bien que le CSL soit une émanation de l’université, il est géré comme un centre de profit. À l’exception de notre directeur académique et scientifique, tous les membres du personnel sont payés grâce aux financements extérieurs. Il faut donc nous réorganiser, nous interroger sur nos pratiques professionnelles de façon à rester compétitifs tout en gardant notre capacité à financer nos investissements et le développement de nos talents. » Surtout, il faut suivre le marché qui est en train de s’ouvrir considérablement. Si l’observation de la Terre, par exemple, a longtemps eu comme objectif principal de récolter des données à des fins scientifiques, l’intérêt commercial est en train de motiver toutes les forces vives du secteur, comme ce fut le cas après la Seconde Guerre mondiale avec le début de la conquête spatiale.

Vers une commercialisation de l’espace

« Ce n’est plus le même écosystème que le CSL a connu au début des années ’60 », explique Christelle Bertrand. « À cette époque, où les financements étaient institutionnels, il s’agissait de montrer que l’on participait à la course technologique et scientifique. Aujourd’hui, il faut délivrer à temps un produit qui corresponde au juste coût et pas forcément la Rolls Royce technologique. Il est de plus en plus facile d’avoir accès à l’espace, de lancer des microsatellites ou des nanosats. Les projets, qui bénéficient d’investissements privés, ont une autre finalité, par exemple l’exportation. Les pays émergents, qui se battent aujourd’hui pour entrer dans la course spatiale, sont en train de modifier le paysage. Voilà le nouvel écosystème qui se dessine et dans lequel le CSL devra veiller à garder une place incontournable. Dans ce milieu hautement concurrentiel, il nous faudra pouvoir nous mettre au service non seulement du monde scientifique, mais également d’une application plus commerciale de l’espace. Alors que les budgets institutionnels et publics sont en phase de réduction, le CSL devra viser à davantage de financements à caractère commercial. » C’est le moment d’ouvrir l’œil et le bon. Un jeu d’enfants pour un centre spécialisé en optique ?

 

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