Waw magazine

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On trouve trop peu de femmes d’entreprises en restauration. Florence Colin gère son établissement avec beaucoup de détermination et de passion.


Les Roches Grises est situé au centre de Comblain- au-Pont, un village traversé par l’Ourthe et bien connu pour ses majestueux rochers. La demeure en pierre du pays est idéalement située dans un cadre bucolique avec vue panoramique sur le cours d’eau et sa vallée. Une extension de bois et de verre, flanquée d’une magnifique terrasse agrémentée d’un feu ouvert, a été construite autour du rez-de-chaussée pour accueillir le restaurant. L’ambiance soutenue par des murs de pierres apparentes et de splendides luminaires est résolument contemporaine.

Parcours

Après avoir obtenu son diplôme de l’école hôtelière de Spa, Florence Colin suit une spécialisation en gestion hôtelière. Ses premières expériences professionnelles vont l’immerger dans l’effervescence et la magie des grands hôtels, le Sheraton à Bruxelles, ensuite le Ramada, le Mercure et l’Holiday Inn de Liège. Au cours de ces années, elle acquiert et développe les qualités essentielles qui font d’elle une hôtesse idéale, attentive aux désirs de sa clientèle. Forte de ces expériences, Florence va ouvrir la première version des Roches Grises. L’aventure va durer sept ans, à l’issue duquel elle va avoir besoin de s’agrandir. Son choix se portera sur un nouvel établissement mieux situé et plus vaste.

Toutefois, la difficulté de sa mission était de ne pas perdre l’ancien public d’afficionados, d’y faire croiser toutes les générations en y pratiquant une cuisine plus gastronomique. Pour cela, il fallait trouver un chef. John Lebrun bénéficiait déjà d’un beau parcours en cuisine. D’abord chez Alain Montigny au Dolce à Chantilly, Les Frères Pourcel à Montpellier (*** Michelin). Ensuite en Belgique, il crée L’Atelier des Saveurs à Flemalle. Il a également été choisi pour diriger la mise en route du fameux restaurant Le Notger à Liège pour finir par rejoindre Florence Colin aux commandes des fourneaux des Roches Grises.

Fierté de famille

Gérer un restaurant est-ce vraiment compatible avec la vie de famille ? « Tenir un resto de village à la porte des Ardennes dans les années 1980 était sans doute plus facile, mais j’avais envie de créer ma propre entreprise, mon restaurant à moi. Mes grands-parents tenaient l’Hôtel du Vicinal pas très loin à Burnontige. Leurs slogans étaient simples : “Passez des vacances agréables dans un site merveilleux de sapinières et de bruyères”, “Cuisine soignée, eau courante chaude et froide”. C’était une autre époque. J’ai gardé leur sens de l’accueil et de la convivialité. Travailler dans l’horeca, c’est une question de mise en place avec la famille d’une vie où l’on est toujours occupée le weekend et le soir où c’est plus papa que l’on voit. Mais pour les moments importants (anniversaires, études…) maman était toujours là. Petit à petit, Louise et Mathilde ont pris leur place dans la vie du restaurant et dans la société au sens large. Elles en sont fières et j’en suis fière. »

Et dans l’assiette L’aventure peut débuter avec des menus à prix doux (3 services à 40€ - la sélection des vins à 15€, 4 services à 50€ - la sélection des vins à 20€ et 5 services à 65€ - la sélection des vins à 25€). J’ai opté ce jour là pour le lunch de midi à 25€ avec deux choix d’entrées et plats selon le marché du chef. Après les amuse-bouche, on démarre sur deux grands classiques de John, une Pomme de terre farcie au foie gras, Crème de champignons à la ciboulette. La suite consiste en un copieux Onglet de bœuf aux échalotes, Emulsion de pomme de terre et mini légumes Sauce Marchand de vin. La viande fond dans la bouche et les petits satellites de légumes sont bien tournés et croquants à souhait. On est dans le haut de gamme et la bistronomie chic dans le choix des produits et des vins.

La cave de Florence s’articule entre les différentes régions de France et du monde et réjouira les amateurs de beaux flacons : Espagne, Italie, Australie et Afrique du Sud. Avec une belle place au Languedoc-Roussillon. Il faut oser les cuvées spéciales de Gérard Bertrand : Château l’Hospitalet, Cuvées Cigalus, Pinot Noir Vérité du Terroir. On aime aussi le Château de Gaure, du vigneron et artiste chimacien Pierre Fabre, qui produit à Rouffiac, un vin bio de 80 % Chardonnay et 20% Mauzac, une pure merveille de minéralité joyeuse et aussi la cuvée noire de Katz de chez René Meyer à Katzental en Pinot Noir Vieilles Vignes.

Une petite terrasse confortable permet des réceptions l’été comme l’hiver. Au printemps, on y est bien pour déguster un petit rosé ou un champagne à l’apéro face à un grand jardin que traverse un petit ruisseau. Mince ! Allez-y un midi vous serez charmés !


 

Quai de l’Ourthe, 17
B-4170 Comblain-au-Pont
+32 (0)4 369 17 08
[email protected]
www.lesrochesgrises.be

 

Le Condroz plisse ses paysages sur de molles vallées portant le regard vers des perspectives ouvertes vers le sud ou le nord. Cette terre apaisée garde dans ses entrailles de terribles moments de l’Histoire.


Dans le Condroz liégeois, entre Les Avins et Clavier, au printemps de 1635, le 20 mai exactement, les chemins et les villages sont envahis par une marée humaine. Des soldats en armes marchent vers le nord… D’autres arrivent de Huy et de Liège et marchent vers le sud. Les éclaireurs à cheval reviennent vers le groupe de cavaliers postés sur une petite hauteur… L’ennemi arrive, il est là, en face… L’affrontement aura donc lieu ici. Les ordres sont lancés, les troupes se rangent en position de combat formant un front de quelque deux kilomètres. En face, les cavaliers vont et viennent. Les canons et couleuvrines se mettent en place. Les piquiers avancent en rang. Les tercios d’infanterie avancent, les arque- busiers, les arbalétriers prennent position.

L’infanterie est regroupée en trois blocs massifs de piquiers avec des « mangas » d’arque- busiers ou mousquetaires. Les Espagnols envoient une avant-garde d’arquebusiers et de mousquetaires pour désorganiser l’ennemi. La cavalerie est sur les côtés. Toute l’armée est déployée sur une ligne. C’est l’armée espagnole de Philippe IV, roi d’Espagne. Elle est forte de 14 000 hommes. Elle est sous les ordres du Prince Thomas de Savoie. En face, l’armée de Louis XIII, 35 000 hommes commandés par les maréchaux Brézé et Châtillon.

Les armes blanches et la portée limitée des armes à feu amènent rapidement au corps à corps. L’historien Olivier Chalines décrit les sensations des combattants. « Ceux qui sont dans la mêlée sont submergés par un vacarme tonitruant : mousqueterie en salve ou coup désordonnée, grêle de balles sur les cuirasses et les fers des piques, hennissements, clameur de l’assaut, mais aussi cris de terreur des combattants en plein effort, abaissant les piques, frappant ou poussant de toutes leurs forces. Râles et hurlements des corps perforés ou écrasés. » On ne s’entend plus, l’ouïe et la vue sont saturés, l’odeur du sang, de la sueur, mais aussi des excréments des hommes et des chevaux complètent un tableau terrifiant.

Piégées par l’armée française qui s’était scindée en deux à Rochefort, les troupes espagnoles prises en tenaille subirent toute la furie de l’ennemi qui ne cherchait qu’à éliminer le plus grand nombre possible de soldats. Sans compter les blessés, les deux armées laissèrent sur le champ de bataille 12 000 morts, soit environ 7 000 pour les Espagnols, et 5 000 pour les Français. Pour l’époque, c’est énorme, monstrueux. Un endroit vallonné du champ de bataille prit par la suite le nom de « Ravin des Morts » (Li Xhavée des mwerts). Pour la population, ce lieu-dit au nom évocateur restera longtemps dans la mémoire locale. L’histoire nous conte que les corps en putréfaction des soldats morts durant la bataille ne purent être enterrés. Ils y furent hersés ! Sans grand véritable vainqueur, la « Bataille des Avins » ne fut qu’un combat où s’opposaient des adversaires désireux de se mesurer et de se tailler en pièces, sans aucun autre but stratégique que de déclarer la guerre et créer une situation d’insécurité. Les répercussions de cette bataille furent terribles pour les populations locales de l’époque. En plus, des pillages et dévastations, elle laissa le peuple paysan seul dans la misère face à des épidémies de peste et de choléra.

Les historiens professionnels et amateurs ne nous ont rendu que quelques lignes relatant cette bataille qui n’aura servi que de déclaration de guerre entre la France de Louis XIII et du Cardinal de Richelieu et l’Espagne. C’est dans les premières salles du rez-de-chaussée du château de Versailles qu’une toile anonyme de grande taille illustre la mémoire de ce lieu-dit de Wallonie.

À flanc de colline, cette collégiale est l’une des sept érigées  en terres liégeoises. Histoire d’un remarquable vaisseau et de sa toute prochaine résurrection. 


Corsetée et ligotée d’échafaudages depuis plus de vingt ans, Sainte-Croix souffre de tous les maux et affiche une triste mine. Au point de la voir interdite d’accès aux fidèles. Les responsables ont été dans l’obligation en 2015 de fermer ses portes de crainte qu’un accident ne se produise. Un comité SOS Collégiale Sainte-Croix se mobilise depuis 1998 pour récolter des fonds en vue des réparations nécessaires. Mais la patience paie et, en février dernier, 15 millions d’euros ont été libérés (en dix ans) pour financer cette restauration tant attendue. Les Liégeois et autres visiteurs devront s’armer de patience: la durée du chantier est estimée à cinq ou six ans.

Les collégiales à Liège

C’est quasiment dans un mouchoir de poche que les sept collégiales liégeoises ont été construites au cœur de la ville de Liège. Très rapprochées, elles forment un alignement en arc que dominait jadis la cathédrale Saint-Lambert jouxtant le Palais des Princes-Evêques. Une reproduction ancienne montre bien leurs différentes implantations en un seul plan. Souvent, on attribue la construction des collégiales à des lieux de culte et à la réception de personnalités religieuses. Mais les décisionnaires en ont aussi multiplié le nombre pour diverses raisons, notamment celle d’attirer la protection divine par la prière des chanoines. Elles offraient aussi un bouclier défensif en vue d’assurer la sécurité de la cité.

La collégiale a connu au fil des temps un nombre important de transformations. SainteCroix fut fondée aux environs de l’année 980 par l’évêque Notger. Successeur de l’évêque Eracle, il est élevé par l’empereur Otton au titre de Prince-Évêque ce qui lui confère toute autorité militaire, judiciaire ou financière sur la Principauté. Ce Prince-Évêque bâtisseur est aussi fin stratège. Apprenant qu’un puissant seigneur souhaitait ériger un château sur le site de la future collégiale tout proche du Palais épiscopal, Notger y décide la construction d’une nouvelle église dédiée à la Sainte-Croix. Avec Notre Dame et Saint Jean, Sainte-Croix forme un Golgotha répondant ainsi à un urbanisme religieux que l’on retrouve également dans d’autres villes de Basse Lotharingie. 

Deux chœurs

De la construction originelle, il ne reste qu’un pan de mur en grès houiller à l’entrée de l’unique couloir subsistant du cloître. Sainte-Croix doit sa singularité notamment au fait qu’elle possède deux chœurs opposés de style différent, gothique à l’est, roman à l’ouest qui sert actuellement de baptistère. De type « Halle », trois nefs d’égale hauteur relient les deux extrémités de l’édifice. Le chœur occidental est surmonté d’un clocher octogonal et prolongé par une abside en arc de cercle dotée d’une galerie de circulation. On évalue l’époque de construction des nefs latérales de 1283 à 1332 et des dernières chapelles attenantes bâties entre les contreforts des bas-côtés, fin du XIVe. La collégiale mesure 57 m de long, atteint une hauteur de 17 mètres au plus haut point sous la voûte et a une largeur de 25 mètres. Imposant ! Réduites au silence par la force des choses, seulement deux cloches, l’une du XVIIe et l’autre plus petite du XXe, ont résisté au temps. Du temps de sa splendeur, le clocher en abritait un nombre plus important, dont un carillon doté d’une vingtaine d’éléments.

 

Trésors conservés

Sur le long terme, quelques dégâts sont hélas à déplorer. Mais heureusement SOS Collégiale Sainte Croix et les responsables locaux s’emploient à faire restaurer et mettre à l’abri les pièces majeures en danger, notamment le tableau « L’invention de la Sainte Croix (1674) » de Bertholet Flémal, déposé à la Cathédrale Saint Paul. Fort heureusement, il reste sur place des vestiges intéressants qui permettent de découvrir le parcours historique des lieux.

Le chœur occidental contient plusieurs éléments dignes d’admiration. Notamment le mausolée du chanoine Hubert Milemans, trésorier du Prince-Évêque Georges d’Autriche. De style Renaissance liégeoise et réalisé en calcaire noir poli de Theux (B), il porte sur les pilastres quelques hiéroglyphes énigmatiques. Le baptistère, autre vestige bien conservé, a vu le baptème de César Franck (1822-1890), le compositeur, né à quelques maisons de la collégiale. Une plaque commémorative en témoigne dans le chœur. À noter aussi un très beau portillon en laiton battu réalisé par Arnold de Nalinne (1758). Les orgues ont elles aussi leur prestigieuse histoire. Logées dans un remarquable buffet, elles sont redevables au talent reconnu d’Arnold Clérinx (1861). Sous ce buffet, une porte en laiton à claire voie de style Louis XIII (1662) sépare le cloître de l’église.

Quant au chœur oriental au centre duquel est posé l’autel d’une très belle sobriété, réalisé en un seul bloc de pierre calcaire, il date du XIVe siècle. Il servait encore avant la récente fermeture et est dans l’attente, comme l’ensemble de l’édifice, de pouvoir servir à nouveau à la célébration des offices. Sur le côté droit de l’autel subsistent les belles stalles. En raison des interminables prières et autres célébrations dans la collégiale, la souffrance liée aux longues stations debout était difficile à endurer. Les miséricordes, genre de petits sièges discrets à rabattre, permettaient un appui tout en ayant l’air d’être en station debout.

Une bonne surprise se cache dans la pièce suivante, la trésorerie où se trouvent quelques pièces rares qui devraient trouver à se loger ailleurs le temps des travaux. Juste derrière la porte est caché un ensemble montrant de part et d’autre d’un crucifix, deux bustes féminins de Sainte Cordula et de Sainte Sentina (XVIe). Sur un appui de fenêtre est posé un groupe en bois (XVIe) représentant Sainte Anne, la Vierge et l’enfant Jésus, groupe du XVIe provenant de l’église Sainte Marie aux Fonds. Plus loin, sur un énorme buffet sont posés deux coffres contenant des antiphonaires (XIVe), livres de chants reliés cuir et écrits à la main sur papier parchemin, objets rares et en grave danger qui feront l’objet d’un prochain dépôt assurant leur conservation. Les nombreuses pages calligraphiées de noir et de rouge sont noircies de poussière et risquent d’être rongées à force d’abandon. Dans le fond de la pièce, un vrai coffre-fort, fermé comme il se doit, et interdit d’accès pour des raisons évidentes de sécurité. La célèbre clé de Saint-Hubert y repose avec quelques objets d’orfèvrerie religieuse. L’histoire relate que cette clé symbolique aurait été remise en l’an 722 par le pape Grégoire II à Saint-Hubert en visite à Rome. Elle servait à ouvrir la crypte de la basilique vaticane renfermant le tombeau du premier pape.

Le triptyque reliquaire de la vraie Croix fait également partie du trésor de la Collégiale. Il date du XIIe siècle et est réalisé en bois recouvert de cuivre doré, émaillé et repoussé. Il s’agit là d’un rare trésor de l’orfèvrerie mosane. Heureusement, le triptyque a eu droit à un lifting opéré par l’Institut royal du patrimoine artistique (l’IRPA) et repose en lieu sûr au Musée d’art religieux et d’art mosan à Liège (MARAM).

Sainte-Croix est aujourd’hui à la veille d’une belle aventure, un nouveau départ vers de beaux projets culturels et touristiques qui enrichiront encore le patrimoine de la Cité ardente.

 

 

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Portée par les grands groupes brassicoles, la consommation de cidre vit une véritable mutation ces dernières années, avec des produits en constant renouvellement. À Aubel, la cidrerie Stassen est l’un des leaders mondiaux du secteur. Elle est depuis 2012 le «Cider Innovation Center» du géant néerlandais Heineken.


Agriculteur, apiculteur et bourgmestre d’Aubel jusqu’en 1929, Léon Stassen réalise dès 1895 du cidre artisanal pour sa consommation personnelle avec les pommes de ses vergers. Le succès aidant, il commence à les commercialiser dans la région d’Aubel. L’entreprise ne va cesser de prospérer, le cidre étant alors une alternative au champagne, trop cher et trop rare. En 1944, Jean Stassen reprend l’entreprise et va s’entourer de ses trois fils, Jean-Pierre en 1979, et Philippe et Luc en 1982 et 1983. Ensemble, ils vont créer de nouvelles recettes et surtout introduire en 1987 les cidres fruités (pêche, lychee, fruits des bois…) et en 1991, le premier véritable cidre sans alcool, décliné en plusieurs variantes, sous la marque Degré Zéro. Le succès est immédiat. Entre 1987 et 1992, le marché des cidres passe de 4 à 12 millions de litres, dont 65% sont produits par Stassen !

En 1992, Jean Stassen prend sa retraite. Pour accroître sa notoriété et se développer au plan international, la société aubeloise décide alors d’intégrer le groupe anglais HP Bulmers qui est encore aujourd’hui le leader mondial dans la production de cidres. Deux ans plus tard, Stassen crée un nouveau segment dans les boissons sans alcool et lance ce qui va devenir une véritable marque-phare, Kidibul, la boisson festive par excellence pour les enfants.

La saga des reprises connaît un nouvel épisode en 2003 avec le rachat de HP Bulmers par le groupe S&N (Scottish & Newcastle), troisième brasseur européen propriétaire alors d’Alken Maes, de Foster ou de Kronenbourg, qui luimême sera racheté en 2008 par Heineken et Carlsberg. Devant les démantèlements du groupe S&N par ces deux géants, la famille Stassen rachète les parts avant de les revendre complètement en 2012 à Heineken. 

Innovation

En 2014, Philippe Stassen rachète à Heineken les marques Kidibul, Vintense (vin sans alcool) et Vivaro (vin aromatisé) et crée sa nouvelle société Neobulle. Luc Stassen étant déjà sorti fin 2012 pour reprendre une société de négoce en textile (il a toutefois réintégré la société en 2016 en tant qu’expert packaging), Jean-Pierre se retrouve seul représentant familial dans la cidrerie Stassen et est nommé à la tête du Heineken Cider Innovation Center.

« Aujourd’hui, explique celui-ci, nous sommes devenus le Centre d’innovation Cidres d’Heineken, l’entreprise aubeloise emploie désormais 110 personnes dans les chaînes de production (contre 14 en 1979 quand je suis arrivé) dont 10 dans le Centre d’innovation. En 2016, la production est de 45 millions de litres dont 40 de cidres. »

On le sait peu, mais les activités de la société néerlandaise Heineken s’axent sur deux piliers : la bière bien sûr, mais aussi le cidre qui représente pour elle un produit stratégique. Elle possède diverses usines dans le monde qui produisent des marques que vous connaissez sans aucun doute et qui sont classées en trois catégories. Les cidres dits «Accessible Premium» tels que Strongbow (le cidre le plus vendu dans le monde) et Apple Bandit (aussi appelé Orchard Thieves), les Premium avec Bulmers ou Old Mout et les Super Premium avec la gamme Stassen ainsi qu’une série de cidres mélangés avec des spiritueux. La quasi-totalité des recettes de ces cidres sont sorties du laboratoire de Stassen et de son unité-pilote qui ont mis au point l’an dernier près de 50 nouveaux produits dont les 2/3 seront réellement commercialisés et qui correspondent aux goûts des pays de destination. Ces recettes sont également utilisées dans sept autres unités de production dans le monde, dont au Nigeria, en Afrique du Sud ou à Singapour. Stassen produit également Strongbow pour les États-Unis et Strongbow Cherry Blossom pour Taïwan.

Pour sa production, Stassen exploite 150 ha de vergers avec 350 variétés de pommes cidrières à Aubel, en province de Liège ainsi que dans les Ardennes françaises. Il s’agit de petites pommes très amères, avec beaucoup de tanins, qui ne sont pas destinées à la table. Celles-ci sont complétées par des pommes culinaires provenant de vergers principalement de Belgique et des pays voisins.


Les équipes de Stassen ont mené huit années de recherche en collaboration avec le Centre wallon de recherches agronomiques (CRW-A) pour donner naissance à une pomme à chair rouge permettant de produire du cidre naturellement rosé. Les fleurs et les branches de ce pommier de variété Geneva sont également rouges…


Retour à l’origine

Bénéficiant de l’entière confiance (et des moyens) du groupe Heineken, dont il connaît personnellement la famille encore détentrice de 52% du capital, Jean-Pierre Stassen est fier d’annoncer que la société se recentre aujourd’hui sur son produit d’origine, la pomme. « Nous voulons revenir au cœur du métier, confie-t-il, tel que mon arrière-grand-père l’a commencé, avec la pomme au centre du projet et produire un cidre traditionnel de haut de gamme. Pour marquer cette évolution, nous avons changé toutes nos étiquettes depuis un an, avec un label plus classieux qui vient d’ailleurs de gagner une médaille d’or en Floride, et resserré nos produits, surtout à l’international. La production des cidres aromatisés Stassen est d’ailleurs désormais réservée à la Belgique. » La gamme se compose aujourd’hui d’un Cidre brut, d’un Cidre Cuvée Rosé, de deux Cidres de l’Abbaye du Val-Dieu (blond et brun), d’un Cidre Grand Cru du Pays d’Aubel, d’un Cidre de Glace (à partir de jus purs congelés) et, bientôt, de deux Cidres tranquilles. Ces produits sont en vente dans la grande distribution ainsi que dans les cafés et restaurants. Ils sont une véritable alternative aux boissons effervescentes plus alcoolisées et surtout au prix plus élevé.

www.stassen.be

COMMENT LE CIDRE STASSEN EST-IL ÉLABORÉ ?   
Le cidre est une boisson obtenue par la fermentation de jus de pommes. Connu dès l’Antiquité sous le nom de shekbar où c’était une boisson forte, il sera introduit en Europe par les Romains, par les Arabes en Espagne et par les Normands en GrandeBretagne, toujours aujourd’hui premier consommateur mondial de cidre. La boisson connaîtra des fortunes diverses selon les époques, dans l’Entre-deux-guerres, on faisait même en France plus de cidre que de bière.
Chez Stassen, au moment de la récolte, les pommiers (de 3,5 à 4 m de haut) sont secoués et les fruits ramassés mécaniquement ou à la main selon les espèces. Après avoir été nettoyées, les pommes sont pressées et le jus est soit concentré dans une proportion de 8 à 1 afin d’en faciliter le transport et le stockage, soit utilisé en tant que jus frais en fermentation pour certains produits. La fermentation s’étale ensuite pendant une période de 10 à 15 jours sous l’action d’une levure champagnisée qui va transformer le sucre en alcool. Le futur cidre sera alors clarifié, filtré et stocké prêt à être assemblé, refroidi à 2°C, re-filtré et complété par du gaz carbonique juste avant sa mise en bouteille et son habillage. Pour certaines marques, le produit part en vrac dans des camions citernes et embouteillé dans d’autres sites à l’étranger.

 

Depuis 30 ans, la spin-off PhysIOL propose des solutions innovantes dans le domaine des implants oculaires développées en partenariat avec des chirurgiens et en collaboration étroite avec des universités et centres de recherche spécialisés. Une véritable réussite qui ouvre les marchés scandinaves !

Principale cause des troubles de la vue dans le monde, la cataracte est une affection dont la prévalence augmente avec l’âge. Elle survient surtout après 65 ans. On estime qu’elle touche en Belgique un senior sur dix. Connue depuis l’Antiquité, la cataracte se caractérise par une opacification du cristallin situé à l’arrière de notre pupille empêchant ainsi la bonne convergence des rayons lumineux sur la rétine. À terme, le cristallin durcit et noircit, provoquant une altération générale de la vue, voire la perte totale de celle-ci.

De nombreux chercheurs ont planché sur la guérison de cette maladie, mais ce sont les travaux de l’ophtalmologue anglais Sir Harold Ridley (1906-2001) qui ont ouvert la voie dans les années 1950. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il constata en effet que les pilotes touchés aux yeux par des éclats en plexiglas de leur cockpit ne rejetaient pas ce matériau et que la matière était donc biocompatible. Il développe alors un nouveau type de lentille destinée à remplacer le cristallin et effectua la première implantation de lentilles en plexiglas en 1949. Il passe les vingt années suivantes à tenter de réduire les effets secondaires de ces implants, et ses travaux sont couronnés de succès. Les progrès techniques, dont l’arrivée du laser, permettent ensuite d’affiner le produit et d’éviter les complications.

En 1986, à l’Université de Liège, le professeur de physique Michel Delmelle lance la spin-off PhysIOL, spécialisée dans le domaine de la chirurgie de l’œil. Son idée ? Concevoir, fabriquer et distribuer des implants intraoculaires en matière acrylique pour soigner la cataracte. Le savoir-faire de PhysIOL couvre rapidement toutes les étapes de développement et de fabrication des lentilles intraoculaires. Il s’étend de la chimie des polymères jusqu’aux procédés de stérilisation, en passant par la modélisation et le contrôle des risques associés aux matériaux implantables.

Trifocal

Onze ans plus tard, la spin-off est rachetée au professeur Delmelle par l’ingénieur Marc Nolet alors que les premières relations internationales démarrent, notamment avec la Turquie. L’équipe de l’époque est constituée d’une douzaine de personnes et produit un millier d’implants mono- focaux par mois.

En 2002, Christophe Pagnoulle, spécialisé dans la chimie des polymères, arrive à la tête du département R&D de PhysIOL. Celui-ci va apporter des améliorations importantes en termes de matériau, d’amélioration optique ainsi qu’en « injectabilité » de l’implant. Le coup d’accélérateur au développement de la société va être donné en 2010 avec la mise au point d’une lentille à triple foyer qui permet de se passer totalement de lunettes et d’avoir une vue correcte à toutes les distances, y compris devant un livre ou un ordinateur. Sans crainte de récidive !

Le principe est simple : une lentille intraoculaire en acrylique souple est roulée dans une capsule d’injection introduite par une seringue directement dans la capsule évidée du cristallin de l’œil du patient, elle se déploie et se fixe. Cela a l’air simple, mais le procédé a nécessité des années de recherche, d’inventions et de brevets. Notamment en collaboration avec le Centre spatial liégeois (CSL) et Lambda-X, une société nivelloise spécialisée dans la conception de systèmes optiques.


MYOPE, PRESBYTE OU ASTIGMATE ?   
La myopie est un trouble de la vision où la perception d’un objet éloigné est floue. Le myope voit donc moins bien de loin que de près. Au contraire, la presbytie est un trouble de la vision qui rend difficile la focalisation de la vision pour lire ou travailler de près. Elle survient lors du vieillissement normal de l’œil, et plus précisément du cristallin qui se sclérose en durcissant. Le phénomène touche une large part de la population à partir de la quarantaine. L’astigmatisme est une anomalie de courbure de la cornée et du cristallin, celle-ci n’est plus sphérique comme elle devrait l’être mais légèrement ovale, un peu comme un ballon de rugby. Les rayons lumineux ne sont pas véhiculés correctement, ce qui provoque une déformation de l’image et une vision brouillée, imprécise à toutes les distances. Les lignes verticales ou horizontales ou obliques se confondent et certaines lettres proches sont confondues.


Croissance à vue d’œil

Parallèlement à cet implant trifocal corrigeant la presbytie, l’équipe R&D développe aussi avec le CSL un implant torique corrigeant l’astigmatisme ainsi qu’un implant trifocal torique corrigeant les deux, en plus de la cataracte.

Le succès est immédiat et permet à PhysIOL de prendre son envol à l’international. En outre, un accord de cross-licensing avec le géant allemand de l’optique Zeiss partage l’exclusivité de cette technologie et dope sa croissance. En 2016, PhysIOL a vendu très exactement 238.973 lentilles intraoculaires et prévoit d’en vendre 20% de plus en 2017 ! Tout cela à partir du site de production de l’entreprise également installé dans le Scientific Park de Liège au Sart-Tilman dans un bâtiment voisin des bureaux.

Plus de 60% de la production sont destinés à l’exportation hors Belgique et France. Pour assurer la commercialisation de ses produits, laspin-off liégeoise devenue grande a ouvert en 2001 une filiale commerciale à Toulouse où travaillent actuellement 24 personnes qui viennent compléter l’équipe liégeoise de 123 personnes.  

En décembre dernier, elle a acquis la société suédoise Alyko Medical AB, qui distribuait déjà sa gamme d’implants ophtalmologiques en Scandinavie depuis 2011. Cette intégration plus que prometteuse pour les deux partenaires va renforcer et développer leur présence en Suède, Norvège, Danemark, ainsi qu’en Finlande ou en Islande. L’équipe suédoise compte actuellement 8 personnes.

Depuis le rachat de la société par Marc Nolet, le chiffre d’affaires est passé de 1,5 à 40 millions d’euros et le personnel a décuplé. PhysIOL est aujourd’hui considérée par le monde médical comme l’un des trois leaders mondiaux en la matière (la concurrence est allemande et américaine) et ses activités ont été récompensées l’an dernier par le Prix Gazelles – Grandes entreprises décerné par Trends Tendances ainsi que par le Grand Prix wallon à l’exportation de l’Agence wallonne à l’exportation (Awex).  

Enfin, parmi les perspectives 2017, la société va développer de nouveaux réseaux de distribution au Brésil, au Canada et à Taïwan. Osons le dire, PhysIOL voit loin ! 

www.physiol.eu

CHIFFRES CLÉS
155 collaborateurs en 2017 (123 à Liège, 24 à Toulouse et 8 à Bjärred en Suède), intérimaires et agents inclus.
238.973 lentilles vendues en 2016.
60% de la production est exportée hors Belgique et de France.
90% des 40 000 000 € du chiffre d’affaires de 2016 sont issus de produits brevetés.

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Depuis plus de quarante ans, Galler est devenu, dans le monde entier, synonyme de raffinement en matière de chocolat. Un savoureux voyage lors d’un entretien à bâtons rompus avec Jean Galler.

 

C’est à l’âge de 16 ans que Jean Galler est attiré par le chocolat. Ses études en boulangerie-pâtisserie le mènent vers la découverte du chocolat lorsque sa mère lui offre un livre écrit par un grand pâtissier parisien. À la page 169, c’est la révélation, on y parle de chocolat. Coup de foudre ! Une passion qui le mène à créer son entreprise. Après quarante ans, les fondements restent les mêmes : passion du chocolat, amour de la perfection, créativité permanente. Aujourd’hui, avec ses 190 collaborateurs (dont 70 à la fabrication), il conçoit, produit et commercialise des pralines, glaces, pâtisseries, barres, tablettes, langues de chat, pâtes à tartiner… Toutes ces spécialités sont dégustées aux quatre coins de la planète, avec le même plaisir. Jean Galler définit volontiers ses valeurs : générosité, liberté, respect, humilité et savoir-faire. Il considère que sa mission est de procurer un plaisir par une expérience chocolat créative et de qualité. Quand on lui demande d’évoquer sa personnalité, les termes surgissent mêlant passion, esprit d’entreprise, connaissance et enthousiasme, tout en affirmant, avec force, sa fierté d’être belge. 

Recherche du bon goût

Le souci du détail, la sélection de saveurs naturelles, l’amour de l’innovation et la recherche constante du beau et du bon ont conduit l’entreprise Galler à faire rêver le consommateur, l’emmener vers de nouveaux et attirants horizons. « Le chocolat, c’est la liberté » s’exclame Jean Galler, passionné par son métier. Il s’est entouré de nouveaux partenaires. Cette extension lui a permis de s’étendre plus facilement de par le monde et ainsi de toucher des nouveaux consommateurs avides de découvertes en matière d’originalité et de perfection gustatives. Les fondements sont passion du chocolat, créativité permanente et amour de la perfection. Tout en combinant subtilement la gourmandise (se faire plaisir) et le fait de toujours rester accessible (dans le temps, les prix et la situation géographique).

Nouveautés exclusives

Galler est présent dans la grande majorité des canaux de distribution se multipliant à l’envi à Namur, Bruxelles, à la côte belge, sur les grands boulevards parisiens, à Dubaï… Que ce soit dans les hôtels, restaurants, la distribution sélective, les cadeaux d’affaires, les boutiques et les fameux chocolats-bars, une création qui prend place, avec succès, dans des complexes commerciaux comme la Médiacité de Liège. Avec quelque 1 800 tonnes de production annuelle, il est numéro un des marques premium en Belgique de barres chocolatées et de petits œufs. Sur les cinq continents, on recense plus de 3 000 points de vente. Logique qu’il soit devenu un des Ambassadeurs de Wallonie !

Le bâton est celui qui, au départ, a fait le succès et la réputation de Galler. Comme on dit ici, « il ne sert pas à frapper, mais à faire plaisir ». Ces quatre célèbres carrés se dégustent en solitaire, en couple amoureux, en famille, en groupe. Les bâtons se déclinent en une vingtaine de parfums qui se combinent à l’infini pour des moments intenses de plaisirs aussi goûteux que colorés. Quant aux « Mini Bâtons », ils sont certes petits de taille mais aussi haut et fort en saveurs pour un bref moment gourmand. Les tablettes et mini-tablettes peuvent être qualifiées de summum pour les connaisseurs en gourmandises : elles révèlent tout un horizon de douceurs d’arômes et de profondeur de personnalité. Les onctueuses pâtes à tartiner sont d’authentiques moyens de déguster, à la cuillère ou même au doigt, chocolat noir, caramel et noisettes sur une craquante tranche de pain. L’assortiment des petits œufs de Pâques est riche. Ils s’apprécient en une éclatante gamme de saveurs à laisser fondre dans la bouche, un par un, variant les goûts, les textures et les divines surprises. Pour nous les Belges, une praline, c’est un bonbon au chocolat qui s’entrouvre sur un univers magique de mille et une saveurs variées à s’offrir tout au long de la journée. La gaufre au chocolat, c’est une tendre couverture croustillante qui s’ouvre sur un cœur fondant au chocolat, une originalité à manger chaude, tiède ou froide à l’abri des regards envieux. Les chocolats du chat sont nés de la rencontre fortuite de Jean Galler et Philippe Geluck, deux personnages aussi malins que gourmands pour se raconter des histoires drôlement animées et amusantes. Les truffes, mendiants, macarons et orangettes n’attendent pas toujours la fin du repas pour être dégustés !

L’entrepreneur

La chocolaterie Galler est actuellement présente dans plus de trente pays et possède son propre réseau de boutiques franchisées en Belgique et à l’étranger. En 2002, l’entreprise reçoit le Prix de l’Innovation au Salon de la Franchise de Bruxelles, pour le développement de son concept « Chocolat-Thé », des salons de dégustation du chocolat sous toutes ses formes et de thés de différentes origines. Les produits Galler s’exportent en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, au Japon, aux États-Unis, en Australie, aux Émirats arabes unis... En 2006, deux membres de la famille royale qatarie Al Thani entrent dans le capital de l’entreprise belge ; une partie du capital est également détenu par les cadres de la société. La répartition des actions est soumise à un accord de confidentialité.

Lorsqu’en 2000, une directive européenne autorise l’adjonction de matière grasse végétale autre que le beurre de cacao au chocolat, Galler décide d’ajouter l’indication « Pure cocoa » (cacao pur) à ses produits. Indication qui sera remplacée par « Chocolatier ». La chocolaterie soutient depuis des années plusieurs œuvres caritatives et les travailleurs du cacao.

Formes, couleurs, goûts

Pour conjuguer à tous les temps de la délectation et de l’extase souriante en combinant, à l’infini, les félicités voluptueuses, Jean Galler adore jouer avec les formes, les couleurs et les goûts. Quand il innove, il aime s’entourer des conseils de ses proches collaborateurs. Il est à l’écoute des critiques et des avis pour une diversification constante. Son épouse et sa fille sont toujours à ses côtés pour mieux entreprendre, tous poussés vers la perfection, le souci du détail, la recherche incessante du bon et du beau pour les plaisirs de l’amoureux du chocolat.

Quand Jean Galler se lance dans les conseils au « bon utilisateur » de ses produits, il devient intarissable. Mais, ce qu’il préconise d’abord et avant tout, c’est de faire ce qui VOUS fait plaisir. Que ce soit dans l’ordre requis pour les manger, dans les accompagnements souhaités ou dans les moments privilégiés, il laisse tout un chacun maître de ses réactions suivant le moment : instants de rêve … C’est dans cette savoureuse et délicate promenade, en compagnie des amoureux de la vie et de ses bons moments, que Jean Galler nous emmène. Irrésistiblement. Laissez-vous prendre par la main…



DATES À RETENIR   

1930 — Création de la boulangerie familiale.
1976 — Création de la chocolaterie qui, à l’origine, était un petit atelier de production de gros bâtons de chocolat.
1979 — Premier grand succès avec le bâton « Café liégeois ».
1989 — Rencontre avec le Chat de Philippe Geluck, le début d’une belle complicité.
1993 — Création du chocolat noir 70 %, le premier sur le marché belge.
1994 — Galler a le privilège d’entrer dans le cercle réduit des Fournisseurs Brevetés de la Cour de Belgique.
1995 — Ouverture à Bruxelles, sur la GrandPlace, d’une première boutique après la maisonmère de Vaux-sousChèvremont.
1996 — Précurseur de l’association vin-chocolat.
2006 — Lancement du Chocolat-Bar.
2008 — Naissance de Kaori, le premier chocolatcaméléon.
2014 — Arrivée de Quentin, beau-fils de Jean Galler, afin d’assurer la pérennité.
2016 — Les 40 ans de la marque Galler.


www.galler.com

 

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Les mammouths débarquent au Préhistomuseum. Jusqu’au 19 avril, retour à l’Âge de Glace. Une expo internationale qui dévoile aussi les 30 ha de ce nouveau parc préhistorique.

 

Le Préhistosite de Ramioul a vécu ! Vive le Préhistomuseum. En février dernier, après deux années de travaux, le Préhistomuseum ouvrait ses portes. « Avec 42 000 visiteurs par an, le Préhistosite de Ramioul était devenu trop exigu, souligne Fernand Collin, le directeur. Fort de vingt années d’expérience et d’une bonne connaissance des attentes du public, en particulier les besoins de nature et de culture scientifique, nous avons créé un musée réunissant patrimoine, nature et science, accessible quelle que soit la météo. » Ce nouveau musée, fruit de près de 10 000 000 € d’investissement, s’affirme volontairement interactif avec tous les publics – prioritairement les familles – accueillis dans un environnement architectural et paysager spectaculaire. Le Préhistomuseum crée des allers et retours permanents entre le passé et le présent en invitant tout le monde à la découverte, ceux qui n’aiment pas les musées et ceux qui les aiment. Le Préhistomuseum amplifie par ailleurs ses activités scientifiques, avec notamment le développement d’un Centre de Conservation, d’Études et de Documentation. « Notre préhistomuseum, c’est aussi une approche qui cherche à faire comprendre la complexité du comportement humain selon l’époque ou le lieu où l’on se trouve », souligne Fernand Collin.

Première mondiale

En 1829, Philippe-Charles Schmerling met au jour des ossements d’animaux et des silex taillés qui lui permettent, pour la première fois au monde, d’envisager une humanité antérieure au déluge. Jusqu’à cette époque, on expliquait le monde en lisant la Bible. Par ailleurs, les Chercheurs de Wallonie découvrent la grotte de Ramioul et son site archéologique où ils établissent le musée de la préhistoire en Wallonie qui donne naissance au Préhistosite, puis au Préhistomuseum actuel. La grotte est unique par son histoire et par la place qu’elle tient dans le cœur des gens. Elle garde la mémoire de passionnés, qui l’ont dégagée, qui y ont cherché des traces du passé, qui l’ont défendue et préservée parce qu’elle faisait partie de leur patrimoine. Première cavité de Belgique à avoir été électrifiée pour accueillir le grand public, elle est aujourd’hui replongée dans le noir comme à ses origines. Éteignez la lumière, les objets racontent. Aujourd’hui, on explore la grotte, qui comporte trois niveaux, comme des spéléologues. On y pénètre par le réseau moyen pour ressortir par le réseau supérieur en empruntant un escalier de 18 m. On termine la visite par la terrasse, partie archéologique du site. Et on aura pris le temps d’admirer les cristallisations et autres beautés que la nature a façonnées depuis un million d’années. On peut également rechercher des objets qui raconteront son histoire. Des témoins réfléchissants indiquent leur emplacement.

Nous vous convions à visiter ensemble ces lieux emblématiques dont le succès va grandissant au fil des mois et des expositions temporaires. Outre une grotte classée, l’espace compte pas moins de neuf expériences en plein air, douze ateliers pratiques, des expositions (permanentes et temporaires au gré des saisons), 8 km de promenades en pleine forêt, un unique et original Archéorestaurant, des centres de recherches et de formations, une zone d’animation réservée pour les entreprises, une plaine de jeux, un auditorium de 160 places et l’inévitable boutique.

Ne résistons pas au plaisir de mieux comprendre toutes ces activités. Parmi les expériences en plein air, vous allez pouvoir, équipé d’un propulseur et d’un arc préhistorique, rencontrer les animaux des périodes glaciaire et tempérée. On vous demande de tirer à l’arc ou au propulseur pour comprendre la variabilité des biotopes dans le temps et dans l’espace, découvrir différents choix techniques et stratégiques des peuples chasseurs et réfléchir au rapport entre l’homme et l’animal. Rendez-vous sur les divers parcours et suivez les empreintes pour retrouver votre gibier. Sur la route, votre carnet de points vous racontera quelques anecdotes, intégrées dans un passionnant récit de chasse.

Votre parcours se poursuivra par des ateliers pratiques animés par un archéologue pour redécouvrir les gestes de la préhistoire : taille des silex, allumage du feu, modelage de l’argile. Disséminés sur les 30 ha du site, ces ateliers pratiques accueillent petits et grands qui doivent être actifs pour tenter de reproduire fidèlement les gestes de nos lointains ancêtres. C’est en tentant, avec beaucoup de détermination, de copier les gestes du passé que vous pourrez mieux comprendre et appréhender les vestiges archéologiques préhistoriques, mais aussi et surtout les modes de pensée de vos prédécesseurs bien éloignés, mais peut-être pas aussi lointains que cela…

Le musée vous convie également, dans les expositions permanentes, à découvrir l’universalité de l’humanité en parcourant une sélection d’objets archéologiques représentatifs de 500 000 ans de préhistoire. On y découvre que la Wallonie est la terre de la préhistoire. L’exposition présente de manière originale le best of des collections de l’institution. Cela consiste en une exposition sur les thèmes communs à la préhistoire et à notre époque : environnement, économie, mobilité, alimentation, mort, vie en société, pensée... Quelle que soit l’époque, ce qui nous différencie, c’est la culture : les manières de consommer, de produire, de vivre ensemble, de répondre à nos questions existentielles...

Ice Age

Depuis le mois de septembre dernier, une exposition temporaire a pris place sur le site, intitulée « Le monde des Géants de l’Âge de Glace ». Les mammouths ont débarqué au Préhistomuseum ! Jusqu’au 19 avril 2017, l’exposition internationale plongera les visiteurs dans le monde des hommes et des animaux de l’ère glaciaire. En prolongement de la visite de l’exposition, différentes expériences uniques permettront ainsi au visiteur de découvrir la vie des chasseurs de l’Âge de Glace, de partir sur le parcours de chasse dans la steppe naturelle à la recherche des animaux reconstitués en 3D, armé ou non d’un propulseur, de pénétrer dans les entrailles de la Terre pour une visite inédite dans le noir de la grotte de Ramioul, un site archéologique occupé par les hommes de Neandertal et de Cro-Magnon durant la dernière glaciation, d’admirer les témoins belges datant de l’époque de l’Âge de Glace dans les collections du Préhistomuseum, sans oublier de savourer le menu et les plats spéciaux « Âge de Glace » à l’Archéorestaurant et à l’Archéobistrot.

Les 8 km de promenades en forêt vous permettront de vous perdre au cœur d’un labyrinthe végétal à travers huit millions d’années d’évolution humaine. Une évolution buissonnante pour parcourir les millions d’années de notre évolution. À l’entrée de ce labyrinthe, vous vous retrouvez quelque part en Afrique il y a environ huit millions d’années. À vous de trouver le chemin qui vous mènera à l’époque actuelle. Perdez-vous, amusez-vous et tentez de sortir « homme » de cette aventure... à moins que vous soyez plutôt malin comme un singe ?

Préhistomuseum
Rue de la Grotte, 128
B-4400 Flémalle
+32 (0)4 275 49 75
www.prehisto.museum

EN BREF
500.000 : Le nombre de pièces archéologiques conservées dans les réserves du Préhistomuseum.
1907 : Année de la découverte  de la grotte par les « Chercheurs de Wallonie ».
13 : les expositions ou expériences uniques, originales, scientifiques, ludiques, décalées...
5 : les périodes historiques dans lesquelles vous emmène Pierre Leclercq, l’historien-cuisinier de l’Archéorestaurant.
50 000 : le cap symbolique du nombre de visiteurs enregistrés depuis la réouverture en février dernier.
30 : En hectares, la superficie du Préhistomuseum au cœur de la forêt de Ramioul.


ARCHÉORESTAURANT

 


Si l’envie vous prend de manger à la table de Louis XV ou de César, à la cour du roi d’Angleterre en plein Moyen-Âge ou dans le Bagdad des mille et une nuits, l’Archéorestaurant du Préhistomuseum vous permet de vous promener à travers les siècles et de goûter les mets les plus étonnants et savoureux de chaque époque, de l’Empire romain au Versailles du XVIIIe siècle. Une expérience unique que nous vous convions à découvrir absolument ! Tous les mets proposés à la carte de l’Archéorestaurant sont tirés de recueils de recettes anciens, analysés par l’historien-cuisinier Pierre Leclercq qui est historien diplômé de l’Université de Liège et collaborateur scientifique de cette université. Les plats, tout aussi délicieux que surprenants, sont autant d’occasions de découvrir des ingrédients oubliés et de se laisser séduire par les associations de goûts préférées de nos ancêtres. Il vous faut prolonger votre visite du Préhistomuseum ou bien venir spécialement à l’Archéorestaurant pour passer un moment inoubliable entre collègues, entre amis ou en famille. Nous ne résistons pas au plaisir de vous citer, dans le désordre, quelques plats que nous avons eu le plaisir de déguster : crépinette de SaintJacques sauce au coing, filet d’autruche sauce aux dattes, filet de carpe au verjus, pain de veau aux zestes d’orange, hâtereau de bœuf au foie gras et trio de choux à la crème. Bon appétit ! 


À LA RECHERCHE DE NOS ANCÊTRES

 

Quatre centres de recherches ouvrent la voie à des équipes de scientifiques avides de découvertes.

  • Le Centre de Conservation, d’Étude et de Documentation prend soin des précieuses collections du patrimoine archéologique en les rendant accessibles aux visiteurs scientifiques tout en mettant en valeur un important fonds d’archives.
  • Le Laboratoire d’archéologie expérimentale développe des projets de recherche et collabore avec d’autres chercheurs dans un lieu de partage et d’apprentissage.
  • Le Laboratoire de médiation pense et expérimente les relations présentes et à venir avec les patrimoines, les sciences et les publics.
  • Le Laboratoire sur l’histoire de la gastronomie est un centre de recherche en histoire de la gastronomie pour analyser et recréer des recettes anciennes.

 

Le Diamant Liège est un concentré de ce qui se fait de mieux en termes d’innovations techniques et architecturales. Une technologie au service de l’utilisateur. Objectif : la fonctionnalité, à tout point de vue.

 

En plein cœur du quartier des Vennes à Liège, juste avant que l’Ourthe ne se jette dans la Meuse, espace en pleine mutation positive depuis quelques années, le nouveau Centre Diamant Liège est positionné à proximité immédiate d’un important nœud autoroutier. On se trouve à quelques minutes du centre-ville et de la gare des Guillemins dessinée par Calatrava. Avantages indéniables du point de vue accessibilité et mobilité. Les lieux mettent à disposition un parking souterrain couvert et sécurisé de 130 places et un accès pour les personnes à mobilité réduite.

Depuis 1969, se dressait, sur deux niveaux, ce que l’on appelait alors le Centre d’Affaires Archipel et qui hébergeait l’espace Fabrimétal Liège/Luxembourg et ses organismes annexes. Au fil du temps et des vicissitudes architecturales jointes à des « actions » menées, avec force et détermination, par quelques exaltés qui n’hésitèrent pas à faire plus que du grabuge dans les locaux furieusement malmenés, on se posa la question de la nécessité de transformations et d’aménagements. On dressa très rapidement, en 2001, le constat que l’enveloppe et l’organisation spatiale ne correspondaient plus aux besoins de l’époque et que le bilan calorique était largement déficitaire.

Un géant blanc

En 2009, faisant suite à un audit énergétique, Agoria Real Estate, propriétaire des lieux, prend enfin la sage décision de construire son centre d’affaires sur le site existant. Outre la nécessité absolue de mettre le bâtiment aux normes actuelles, une analyse des besoins jointe à une étude de marché confirmeront la demande importante en « Centre d’Affaires » dans la région. Si le quartier est principalement dévolu à l’habitat et aux commerces – juste en face, le centre commercial Belle-Île draine son lot de clients quotidiens –, le projet est d’associer au bâtiment un espace généreux non bâti, une extension naturelle qui participera directement au bon fonctionnement grâce à une percée entre le boulevard et la propriété arrière, un lien écologique qui conférera au lieu sa vocation originale d’îlot vert.

Ce centre a pour vocation première celle d’être des lieux de travail et de rencontres privilégiés avec, à la base, une large et dynamique palette de services de très haute qualité, technologiquement avancés et au bon rapport qualité-prix. Le Diamant Conference & Business Centre a été inauguré en janvier 2016. Sa silhouette d’un blanc immaculé se dresse fièrement sur une hauteur de 26 m. L’ouvrage, réalisé par l’association du Bureau d’architecture Greisch et Archeops, se veut le projet représentatif du secteur de la technologie, de son dynamisme et de son essor. Intégrant le verre et l’acier, il fait la part belle à la légèreté et à la lumière naturelle. Ce sont quatre façades « nobles » qui constituent le bâtiment sans aucun pignon aveugle.

Signalons également la qualité des espaces intérieurs significativement améliorée en matière de lumière naturelle, compacité et vues externes. « Au sein de ce quartier d’habitat, le bâtiment ne cherche pas le mimétisme. Il tient à refléter de façon explicite, mais non démonstrative, l’activité qu’il développe… Le bâtiment ne veut pas être un simple objet exposé. Ses différentes façades se déclinent pour répondre aux impératifs liés à leurs orientations, aux vues sur la ville et aux fonctions internes, etc. Les contraintes techniques sont prises en compte dès le départ pour devenir l’expression même de l’enveloppe extérieure. »

Réunions au sommet

« Trois activités sont coordonnées par l’accueil du bâtiment : le Business Centre, le Conference Centre et le Catering, signale Benoit De Smedt, le manager du site. Chacun de ces centres possède ses spécificités et ses attributions. Le Business Centre héberge actuellement, sur plus de 3000 m², une dizaine d’entreprises et d’organisations : Agoria, AWEX Liège, Explort, Attentia et Dela sont déjà hébergées. Un espace Flex Office, au septième étage, accueille sur plus de 200 m², à court et moyen termes, des indépendants, des start-up, des porteurs de projet ou des adeptes du télétravail. Pensés pour une ergonomie optimale, les postes de travail sont disposés, dans un cadre aussi lumineux que chaleureux, pour travailler en toute quiétude, avec une vue à couper le souffle sur Liège et ses environs. »

Par ailleurs, au rez-de-chaussée, sur 1000 m², le Conference Centre est constitué de sept salles de réunion modulables qui sont mises à disposition pour réunions, séminaires, banquets ou autres manifestations jusqu’à 400 personnes. Toutes ces salles sont pourvues de matériel à la technologie dernier cri : double projection sur écran de 8 m, système acoustique Bose, sièges ergonomiques, plafond lumineux à hauteur variable, insonorisation et acoustique parfaites, accès WiFi gratuit. Les salles sont éclairées de façon naturelle avec un accès direct vers des espaces extérieurs privatisés. « Il faut avoir en mémoire, rappelle Benoit De Smedt, qu’Agoria, propriétaire de l’immeuble, est la fédération des entreprises technologiques. Il est donc naturel qu’à chaque élément constitutif du bâtiment, nous ayons fait appel à nos membres. Ce bâtiment est donc, sinon un laboratoire, en tout cas une vitrine de ce qui se fait de mieux en isolation acoustique ou énergétique, en structure de verre ou autres matériaux. Les technologies de la communication sont elles aussi bien présentes, évidemment ! »

Quant au Catering (espaces de restauration) situé au rez-de-chaussée à l’avant du bâtiment, il est constitué d’un restaurant à la carte, « Le Cabochon », et d’une sandwicherie, le « Moment’to » ; cette dernière est destinée aux occupants et visiteurs, ainsi qu’aux externes pour une offre alimentaire au travers d’un concept innovant qui permet aux convives de sélectionner leurs ingrédients favoris, sans oublier le plat du jour, le potage et l’assortiment de desserts et de boissons. « Il faut savoir, poursuit Benoit De Smedt, que la phase de démarrage se passe parfaitement comme prévu au niveau de l’occupation du Conference Centre et que les clients semblent satisfaits de la qualité des services offerts. Nous atteindrons et dépasserons sans doute nos objectifs de ventes en 2017. Ceci nous permet d’être ambitieux pour la suite de la croissance du site et de notre positionnement en 2018. »

www.diamant-liege.be

EN BREF
14 000 000 € d’investissement au total pour un bâtiment de 7 étages, de 26 mètres de hauteur sur la partie centrale et 3 toitures végétales
10 000 m² de surface bâtie, dont 3000 m² de surface de bureaux, 1000 m² pour les conférences, 1000 m² dédiés à la restauration, 1000 m² de parking et caves, 1000 m² de terrasses et jardins.

 

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Vivre une expérience hors du commun, en totale immersion sans bouger de chez soi ? Il suffit de revêtir le masque de réalité virtuelle conçu par Frédéric Lilien et sa société Immersia Films. L’aventure peut commencer.

 

L’histoire de Frédéric Lilien a des airs de rêve américain. À 23 ans, le Verviétois quitte sa Wallonie natale pour rejoindre la ville qui ne dort jamais. Une rencontre décisive a changé le cours de sa vie. Pale Male, une magnifique buse à queue rousse, véritable célébrité new-yorkaise, entre dans son champ de vision. Passionné de documentaires animaliers, Frédéric Lilien y voit un signe. « Je suis tombé sur l’oiseau dans Central Park. J’enchaînais les petits boulots et là je me suis dit "ça y est, c’est peut-être ma chance !" Je l’ai suivi et filmé pendant plusieurs années avant de réaliser mon premier film. Je me suis formé en assistant un photographe, j’ai tout appris grâce à lui. »

 

You gonna make it

Avec le temps, il apprend à connaître le rapace, véritable institution new-yorkaise, et dont l’histoire est étroitement liée à la ville et à ses habitants. Et la magie a opéré dans cet endroit du monde où tout est possible. « Pour moi, la vidéo animalière, c’est comme une histoire d’amour. L’histoire de Pale Male est exceptionnelle et charmante. La magie de New York a opéré. J’ai reçu beaucoup de soutien. J’ai fait de belles rencontres comme celle de Nora Ephron qui a notamment réalisé When Harry met Sally ou You’ve got a mail. Elle m’a ouvert les portes de son studio. »

Pour Frédéric Lilien, un rêve d’enfant se réalise. Il s’en souvient encore, un jour dans Central Park, une personne lui dit « You gonna make it ». Et il l’a fait ! Il raconte d’abord l’histoire de Pale Male dans un documentaire de 43 minutes pour PBS en 2002. En 2009, il remet le couvert avec The Legend of Pale Male, un autre documentaire de 85 minutes. Un film qui remporte pas moins de quinze awards dans divers festivals à travers le monde. « J’ai reçu beaucoup de soutien. Je n’avais pas de diplôme, j’étais timide et je n’avais pas confiance en moi. Il faut faire ce qu’on doit faire et avoir du bagou pour réussir. On m’a dit d’aller faire mes erreurs, d’apprendre. C’est ce que j’ai fait. »

 

L’immersion

Sa carrière professionnelle prend un nouveau tournant le jour où Frédéric Lilien présente son long métrage à la Cornwell University. Il participe à une expérience particulière. « Je suis entré dans un studio plongé dans le noir complet. On m’a fait écouter l‘enregistrement d’un son 360°. Un troupeau d’éléphants sortait de la jungle pour aller s’abreuver. J’étais totalement immergé. Je me suis dit "je veux faire ça et ajouter des images au son 360°". » Frédéric Lilien dit s’être lancé un peu naïvement dans l’aventure. Lui est venue l’idée de dômes itinérants, mais de sérieux problèmes techniques et financiers se sont présentés.

En 2012, il entend parler de la campagne de financement Kickstarter d’Oculus Rift, le casque qui procure une expérience de réalité virtuelle. Pour le Verviétois, ce système perdait le côté convivial qu’une salle de cinéma pouvait offrir, mais le potentiel immersif était là. Un ami new-yorkais lui a alors créé un système composé de six caméras d’action GoPro pour couvrir un champ de vision de 360°. Grâce au masque Oculus Rift et à un Smartphone, l’expérience immersive peut commencer. « Tout le monde devient un client potentiel, il suffit d’avoir un Smartphone comme le Samsung S6, un masque et le tour est joué. À 700 € le téléphone et 100 € le masque, c’est moins cher qu’un dôme. Et le rapport qualité-prix y est. C’est un schéma économique viable. » Après une phase de recherche et de développement en filmant dans toutes les situations possibles et imaginables, la société Immersia Films voit le jour en mars 2015.

 

Vivre des situations inédites

Immersia Films a été la première en Belgique à donner une application concrète à l’expérience immersive de réalité virtuelle. Pour vivre une expérience immersive, il faut un système stéréoscopique de 16 caméras qui donne cette impression de 3D. Ensuite, les images sont montées, comme pour un film classique, à l’aide d’un logiciel de base panoramique.

La Ville de Spa a rapidement été séduite par l’initiative. En avril 2015, elle se dote d’un nouvel outil de promotion en mettant à la disposition de ses visiteurs la technologie immersive. Assis dans un siège en forme d’œuf et équipé d’un casque de réalité virtuelle, le touriste découvre les beautés de la région spadoise en un clin d’œil. Dans un bolide de course lancé à toute vitesse sur le circuit de Francorchamps, dans les airs à bord d’une montgolfière, ou encore au milieu des Blancs-moussis de Stavelot.

Les expériences touristiques se sont alors enchaînées pour Immersia Films. L’Office belge de tourisme de Wallonie-Bruxelles, Forestia au milieu des cerfs... « C’est vrai que le secteur du tourisme est la première application pour la réalité virtuelle. Ce n’est pas forcément un domaine où il y a beaucoup de moyens financiers, mais les technologies évoluent », explique Frédéric Lilien.

En juin 2015, Immersia Films a pu vivre de l’intérieur le champ de bataille de Waterloo à l’occasion du bicentenaire. Au cœur de la bataille, avec un ami espagnol spécialiste de la prise de vue en 360°, il a été immergé avec les 5000 figurants. Fondu dans le décor, il a fallu « être discret pour capturer le moment ». Le masque sur les yeux, un casque sur les oreilles et le charme opère. Les chevaux passent en trottinant, les soldats marchent au pas. Et ce, à quelques centimètres de soi. Cela donne des frissons. Il faut le voir pour le croire !

Assister à un entraînement des joueurs de football du Standard de Liège peut être pour certains un rêve inabordable. Immersia Films a relevé le défi en avril dernier. En enfilant le masque, on peut vivre un moment inédit comme si on y était. « On voit tout de suite le petit plus, le fait de partager un moment exclusif avec les joueurs. La force, c’est vraiment la sensation de présence », témoigne le Verviétois.

 

Experience Brussels Virtual Reality Festival

En juin dernier, s’est déroulé à Bruxelles le premier festival de réalité virtuelle. Pendant quatre jours, nombreux sont ceux qui ont pu tester une trentaine d’expériences innovantes. Parmi celles-ci, la bataille de Waterloo, Apollo 11, la culture masaï ou encore Pearl, un film d’animation combinant la 2D, la vidéo 360° et la réalité virtuelle, réalisé par Google et présenté pour la première fois en Belgique. « Cela faisait neuf mois qu’on parlait de l’idée d’un festival avec Juan Bossicard, fondateur notamment du cluster Screen.Brussels. On a trouvé un partenaire, Ciné Galeries grâce à qui le festival a vu le jour. Cela a donné une très bonne représentation de ce qui peut se faire aujourd’hui dans le domaine. Ça évolue très vite, et on peut vite partir dans tous les sens », explique Frédéric Lilien qui dit ne pas vouloir tomber dans le gaming et davantage rester dans la fibre documentaire. « Dans la réalité, la zone de mouvement est limitée, il faut faire avec ce dont on dispose. Il faut faire des choix et créer son scénario. L’effet waw est là ! Mais après cet effet ? Il faut y croire. »

Le phénomène de réalité virtuelle semble n’être qu’à ses débuts. Il existe une flopée de possibilités, comme mettre le spectateur en mouvement ou l’utilisation de drones (avec autorisation). Il s’agit certes d’une technologie simple à première vue, mais certaines conditions doivent être réunies pour offrir le meilleur. Il faut notamment produire des images de qualité, sinon l’utilisateur risque de quitter l’expérience. Et faire attention au montage des images, les mouvements doivent être fluides et calculés… Au risque de se sentir déstabilisé et d’être malade. « Il faut faire beaucoup de tests, c’est ce que je dis aux clients. On doit tout le temps expérimenter. C’est un apprentissage, plus on travaille et plus on apprend. »

 

Ouvrir le champ des possibles

On peut dire que cela fonctionne bien pour la société Immersia Films. Celle-ci a plusieurs projets en cours, dont une campagne de sensibilisation de protection de l’environnement. « Je suis très occupé jusqu'en octobre. Je vais d’ailleurs bientôt partir pour la Pologne assister à un rassemblement de Vikings pour National Geographic ! Je vais y tester la prise de son en 360°. » Une chose est sûre, les nouvelles technologies ont encore de beaux jours devant elles.

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  Facebook investit dans la VR

Voyant l’énorme potentiel de la virtual reality, le géant Facebook fait l’acquisition d’Oculus VR en mars 2014 pour la modique somme de deux milliards de dollars. Depuis ce moment, les investissements dans le secteur de la réalité augmentée ont triplé. Oculus Rift fonctionne avec Samsung, mais Sony (PlayStation), Google et HTC ont suivi et ont développé des systèmes similaires de leur côté. En juin dernier, Facebook a lancé la publication de photos en 360°. Il permet à ses utilisateurs de créer des panoramas depuis leur Smartphone et de les partager sur le réseau social. Ceux qui possèdent un iPhone à partir du 4S ou un Samsung Galaxy et tous ceux qui peuvent prendre des photos panoramiques peuvent tenter l’expérience.


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La philososophie
Liège sait recevoir, et la BD le fera savoir ! Ce festival se veut original et inédit. Angoulème, c’est Angoulème. La fête de la BD de Bruxelles, d’Andenne ou d’Hanret...sont aussi des événements autour de la BD. L’usine à bulles sera autre chose ! Il est très rare que ce soient les auteurs eux- mêmes qui organisent ce type d’évènement. Les idées viendront de l’autre côté de la table pour une fois ! C’est ce qui fera son originalité car l’angle sous lequel sera présenté l’univers BD est sa création ! Le visiteur doit être transporté dans le monde de la bande dessinée au travers de scénographies et d’un accueil hors du commun. La BD se donnera en spectacle dans toute la ville de Liège et au-delà. La cité BD va rayonner et attirer une population qui dépassera les frontières des amateurs éclairés et collectionneurs. Partout nous partagerons nos histoires et notre passion avec un public conquis dans un environnement conçu pour le partage et la convivialité. La BD au programme scolaire. La BD, c’est aussi un formidable outil pédagogique. L’ASBL tient à démarrer son événement un jour de semaine pour partager avec les écoles. Visites gratuites des expositions, conférences-débats, projections, cours de BD seront au programme. Le festival installera des parcours BD à travers la ville pour qu’elle soit le décor de cette aventure. Nos personnages emmèneront les visiteurs à la découverte de Liège et de ses commerces.
La BD, c’est communiquer. Et cette puissance communicative sera mise au service de la ville pour délivrer des messages citoyens et responsables pour montrer Liège encore plus belle. 
 
Principautaire du monde

Aujourd’hui, la communication passe par le web et les réseaux, la BD aussi. Le caractère international sans frontières est désormais un fait et non plus une option. Cette fenêtre ouverte sur le monde fera venir à nous les grands auteurs et la culture d’autres pays, mais elle nous exportera aussi, la ville et ses auteurs.

Informations :

Du 9 au 11 septembre 2016

Cité Miroir
Sauvenière
Place Xavier Neujean, 22
B-4000 Liège
 

 

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