Waw magazine

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Affable quadragénaire, originaire du Pays de Herve, il transforme le chocolat en un produit de luxe. Passionné, il crée des associations de saveurs à couper le souffle. Jean-Philippe Darcis, créateur de bonheur !

L’aventure commence en 1996, lorsque Jean-Philippe Darcis et son épouse ouvrent leur premier point de vente. « Pourquoi à Verviers ? Parce que Verviers a toujours été une ville connue pour ses pâtisseries et chocolateries. À ce moment-là, il n’y avait plus vraiment de pâtissier qui sortait du lot dans la région. » Le succès au rendez-vous, ils investissent dans un espace plus imposant, pour y installer un beau magasin avec un salon de dégustation et un grand atelier. L’artisan explique cette réussite grâce, entre autres, aux participations à nombre de concours prestigieux. En 2001, il gagne le Trophée Prosper Montagné qui le consacre premier pâtissier-chocolatier de Belgique. Il remporte le titre d’Ambassadeur du chocolat belge. S’ensuivent alors d’autres compétitions, la coupe du monde de pâtisserie et les championnats du monde. « Ces concours m’ont permis, tout en alliant ma carrière professionnelle, de continuer à apprendre le métier. Notamment par le contact avec d’autres grands noms. J’ai eu la chance de côtoyer le top à une époque de ma carrière où mon esprit d’entreprise ne faisait que s’accroître. On doit toujours dépasser ses propres limites. L’esprit d’entreprendre, on l’a ou on ne l’a pas ! Moi, je tiens ça de mon papa, travailleur acharné. Il m’a donné cette volonté d’aller toujours plus loin. D’avancer, tout simplement. »

Passion d’entreprendre

En 2002, l’artisan a la bonne idée de se lancer dans la création de son propre chocolat. « Pâtisserie et chocolat sont des produits qui se complètent. À l’époque, j’allais chercher mon chocolat chez des fournisseurs. Mais c’est toujours frustrant de vendre des produits qu’on ne maîtrise pas. Quand on est passionné et qu’on souhaite aller au bout des choses, on aime bien tout faire soi-même. » La suite s’enchaîne très rapidement avec, dès 2005, des ouvertures successives de boutiques et corners en Wallonie, à Bruxelles et, plus récemment, en Flandre, ainsi qu’en Espagne et au Japon. La marque propose une gamme variée d’aliments : pains, pâtisseries, macarons de Paris, pralines aux mille saveurs et même de la glace en été. À Verviers, où est fabriquée l’intégralité de ces produits, l’atelier tourne à plein rendement. Boulangers, pâtissiers, macaroniers et chocolatiers se relaient nuit et jour. Entre ouvriers, vendeurs, livreurs et autres, la structure familiale compte aujourd’hui une quarantaine d’employés. « Toute cette fourmilière ne s’est pas créée du jour au lendemain. Il faut une sacrée expérience et de l’investissement personnel pour en arriver là. C’est ça, l’entreprenariat ! Au-delà de la recherche de produits, le métier de patron est passionnant. Tous les jours, vers 5h du matin, je suis dans l’atelier. Bien que j’aie une confiance aveugle en mes gars, ça me permet de garder un oeil sur mon bijou », admet le maître-chocolatier.

Depuis le début de l’aventure, le créateur met un point d’honneur à utiliser exclusivement des matières premières de haute qualité. Dans cette même optique, il se lance à présent dans la fabrication de son propre chocolat à partir de fèves de cacao en provenance directe des planteurs. « En Belgique, nous ne sommes que six artisans du chocolat à utiliser ce procédé. Ce mouvement appelé ‘From bean to bar’ (de la fève à la tablette) est assez récent. Les professionnels qui ont envie de créer leur produit de A à Z utilisent progressivement cette méthode. Ça leur permet d’injecter leur propre signature dans leur chocolat. Il m’a fallu un an de travail avant d’arriver au raffinement que j’espérais. Il faut du temps avant de parvenir au produit qui vous ressemble, dans la lignée de ce que l’on faisait déjà et en lequel vous croyez. Cette touche-là, c’est ce qui nous intéresse ! »

Projet d’une vie

Les années passent et l’entreprise croît inlassablement, à tel point que l’atelier actuel est devenu bien trop exigu pour répondre à la demande. Il faut voir plus grand, tout en conservant la structure familiale et la pure tradition de l’artisanat. Fin 2015 et après six ans de réflexion, « La Chocolaterie, Belgium chocolate factory by Darcis » ouvrira ses portes aux gourmands, et ce, en plein coeur de l’Euregio. En grande partie vitré, le bâtiment contemporain de 2 800 m² s’étendra sur quatre étages entièrement dédiés au chocolat. Le sourire aux lèvres, Jean-Philippe Darcis ne cache pas sa joie. « La Chocolaterie, c’est le projet de ma vie. En 18 ans, je suis passé d’un petit rez-de-chaussée de 35 m² à un immense espace multifonctionnel. J’accède enfin au projet tel que je l’imaginais : colossal et unique, tout en gardant une taille humaine. »

Depuis le début de l’aventure, le créateur met un point d’honneur à utiliser exclusivement des matières premières de haute qualité.


L’infrastructure se situe sur l’Esplanade de la Grâce à Verviers, lieu stratégique entre le centre commercial Crescendo et l’Hôtel Verviers. Des collaborations sont d’ailleurs programmées avec ce dernier : ateliers, team buildings, stages, séminaires sur le chocolat et autres activités destinées aux entreprises, aux professionnels du monde culinaire et, bien entendu, aux particuliers, tous âges confondus. « Les gens adorent voir, toucher, découvrir. Et quelle fierté pour les artisans de montrer leur travail et ainsi tisser un véritable lien de confiance ! » Le site regroupera l’entièreté de la production des chocolats, macarons et pâtisseries. En plus d’un somptueux magasin et d’un salon de dégustation, les visiteurs profiteront d’un parcours didactique interactif haut en couleurs imaginé avec l’aide d’un scénographe. Au programme, torréfaction, cuisson, senteurs, mélanges, ganache, côté artistique, culture des cabosses et bien d’autres découvertes encore. N’essayez pas de résister à ce parfum envoûtant, c’est peine perdue…

 

RENSEIGNEMENTS

Darcis Chocolat et Pâtisserie SPRL
Crapaurue, 121-123
B-4800 Verviers
+32 (0)87 33 98 15
[email protected]
www.darcis.com

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Adieu, l’image vieillotte de la télévision locale. Place à l’innovation technologique et à l’efficacité optimalisée. Tout en gardant l’esprit local, Télévesdre dépasse les frontières, au sens propre comme au figuré.

Il y a deux ans, l’organisation du média change littéralement de style, correspondant au déménagement vers de nouveaux bureaux et, surtout, à la volonté d’amorcer une mutation dans la culture d’entreprise. « J’insiste sur le mot entreprise, précise Urbain Ortmans, directeur général. Car les télévisions locales ont toujours eu l’image d’ASBL socio-culturelles. Nous, nous travaillons précisément à nous défaire de cette image au profit de celle d’entreprise. À notre époque, cette évolution est nécessaire. Certes, nous maintenons notre statut de télévision de service public, mais tout en jouant au maximum la carte de la professionnalisation. » Une chaîne locale fonctionne comme toute autre entreprise, avec une gestion financière rigoureuse, un projet, une stratégie, et, également, une gestion des ressources humaines.

Le nouvel espace de travail s’érige sur le site surnommé le Tremplin, dans une ancienne laiterie récemment réhabilitée par la commune de Dison. « Ce bâtiment traduit l’idée d’en faire un véritable centre médiatique verviétois ainsi qu’un lieu où culture et économie se côtoient. » L’infrastructure se compose d’un rez-de-chaussée commercial, la rédaction du magazine Télépro et, fait remarquable et d’ailleurs unique en Belgique, une salle de spectacle jouxtant la télévision locale. L’auditoire, pouvant accueillir environ 160 personnes assises ou 400 personnes debout, est régulièrement mis à disposition de la chaîne locale pour des émissions ou captations en tous genres (conférences, séminaires, etc.). « Outre notre mission de base (journaux télévisés quotidiens, émissions sportives, culturelles et citoyennes), nous avons aussi basculé dans l’événementiel. C’est ce qui fait la spécificité de notre chaîne. »

« Outre notre mission de base (journaux télévisés quotidiens, émissions sportives, culturelles et citoyennes), nous avons aussi basculé dans l’événementiel. C’est ce qui fait la spécificité de notre chaîne. »


Via Euregio

Sa position transfrontalière aidant, Télévesdre a lancé, depuis deux ans déjà, une émission bimensuelle intitulée Via Euregio. Regroupant plusieurs partenaires issus des diverses cultures, le programme consiste en une plateforme de reportages autour d’un thème commun. « Chacun produit une séquence sur sa région, dans sa langue, placée dans le pot commun et sous-titrée ensuite. Le plateau se déroule dans la salle de spectacle à Dison. Cette émission est une avancée formidable. Tout de même, réunir trois cultures avec des langues différentes autour d’une table n’a pas été de tout repos. Aujourd’hui, ce projet tient la route, grâce à la souplesse des partenaires », se réjouit le directeur de l’information. En plus de toucher un public potentiel très large – cinq millions de personnes pour l’Euregio Meuse-Rhin – l’émission offre une formidable visibilité à la ville de Verviers et ses alentours. L’initiative a d’ailleurs reçu le Prix du citoyen européen décerné par le Parlement en 2013.

High-tech et low cost

Avec un budget annuel d’à peine deux millions €, la chaîne verviétoise est pourtant l’une des télévisions locales les plus productives. 25 équivalents temps plein et une dizaine de journalistes free-lance gravitent quotidiennement autour de l’activité de Télévesdre. « Nous produisons beaucoup pour peu d’emplois. Nous tenons à mettre en avant l’efficience. L’idée est que nous sommes à la fois hightech et low cost. Cela n’a rien de péjoratif. C’est juste qu’avec peu de moyens, on tente vraiment de valoriser la qualité de notre travail », clarifie Urbain Ortmans.

Pour ce qui relève du low cost, toutes les installations ont été calculées pour fonctionner à faibles coûts. La lumière LED, par exemple, éclaire l’entièreté des studios. En ce qui concerne le côté high-tech, Télévesdre est la seule télévision locale à produire et diffuser en haute définition. Une formidable avancée ! « À l’heure où d’autres se posent encore la question de savoir comment passer au HD, pour nous, tout cela est acquis depuis deux ans déjà. » La connexion par fibre optique a elle aussi fait son apparition. Aucune limite technologique donc…

Télévesdre tient à marquer de son empreinte le monde des médias et à donner une envergure culturelle toujours plus grande à Verviers. Au quotidien, quelque 40 000 spectateurs sont touchés par les activités de la chaîne pour un public potentiel global de plus de 260 000 personnes. Outre le canal télévisuel traditionnel, l’organisation colle à l’ère du temps grâce à la mise à jour constante de son site Internet et à sa présence accrue sur les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ainsi que LinkedIn pour l’aspect entreprenariat. « Alors que d’autres télévisions locales se battent pour leur survie, nous, nous défendons un modèle qui fonctionne : celui d’une petite chaîne qui arrive à maintenir l’équilibre financier tout en se développant sans cesse », se prévaut le directeur général.

 

RENSEIGNEMENTS

Télévesdre ASBL
Rue du Moulin, 30A
B-4820 Dison
+32 (0)87 33 76 25
[email protected]
www.televesdre.eu

Au-delà de son côté « ardent », adjectif souvent utilisé pour caractériser la ville de Liège et ses habitants fêtards, son dynamisme et sa créativité ne sont pas en reste non plus ! Certains quartiers ont fait peau neuve et sont désormais de véritables bijoux architecturaux et la représentation même d’un certain art de vivre « branchouille ». C’est le cas notamment de la rue Souverain-Pont. Plongée.

Une petite rue qui, a priori, ne payait pas de mine. Ça, c’était avant. Des commerces abandonnés, des bâtiments vides, des façades usées par le temps et par l’oubli. Et pourtant, un potentiel énorme dont la Ville était consciente. Bon nombre de ses façades sont classées au patrimoine ; le quartier jouxte la Place Saint-Lambert, une situation idéale pour y développer de l’habitat et du commerce. Restaient à trouver l’envie et l’élan de redonner à cette ruelle le cachet qu’elle mérite.

Dans le cadre de son « Projet de Ville 2012-2022 », la Ville décide de lever des fonds pour la requalification de ces bâtisses en appartements et en surfaces commerciales et, de manière plus transversale, la redynamisation commerciale et économique du quartier. Un budget de 6 000 000 € est libéré pour que les bâtiments de la rue identifiés comme ayant un « haut potentiel patrimonial » soient complètement relookés. Dans le cadre de l’opération « Créashop » et en partenariat avec Job’In, la Ville de Liège lance le début du projet en 2007.

Concrètement, 23 nouveaux logements sont aménagés ainsi que quatre surfaces commerciales situées aux numéros 7, 13, 15 et 17 de la rue. « Créashop », c’est un esprit innovant, mais aussi la volonté de propulser de jeunes créateurs et designers belges. Un appel à projets est lancé en octobre 2012. À la clé, un bail préférentiel, véritable coup de pouce pour de jeunes entrepreneurs, et un suivi de réalisation de projet assuré par Job’in. Quatre lauréats remportent leur droit d’entrée pour la rue Souverain-Pont : Emmanuelle Wégria et sa boutique consacrée exclusivement à la création wallonne, le couturier- créateur Fabrice Bertrang, Séverine Langhor et son projet de mercerie dédiée au monde du tissu et aux tissus du Monde, et la bijoutière Lara Malherbe.

Wattitude, l’attitude 100% wallonne

Wattitude, c’est la boutique wallonne par excellence. Tout est dans le nom : le culte de l’attitude wallonne. À l’heure où le « Made in France » retrouve ses lettres de noblesse, pourquoi ne pas en faire de même pour le « Made in Wallonia » ou du moins le « Made by Walloons » ? Chez Wattitude, tout est wallon ! Les produits, issus d’une sélection rigoureuse d’Emmanuelle Wégria, sont exclusivement conçus, créés ou produits en Wallonie.

Architecte et scénographe de formation, Emmanuelle Wégria lance « Madame Manu » en 2009, une ligne de vêtements peps pour enfants. Une activité alors complémentaire. En 2011, le théâtre Arsenic, une des plus importantes compagnies itinérantes de Belgique pour laquelle elle travaille, cesse sa collaboration. Un tournant dans la vie de la jeune Liégeoise puisqu’elle est placée, malgré elle, face à des questionnements et de nouveaux choix de vie à poser. Développer son activité complémentaire ? Ouvrir une boutique pour mettre en avant ses créations ? Les idées se bousculent. « Dans le cadre de mon activité avec ‘Madame Manu’, j’ai eu l’occasion de participer à de nombreux marchés de créateurs et j’ai été interpellée par le nombre incroyable de créateurs belges et wallons qui avaient de belles idées », explique Emmanuelle. Ce constat nourrit son envie d’ouvrir une boutique pour y présenter ses créations, mais aussi celles d’autres créateurs wallons. « J’avais plusieurs copines créatrices, et j’ai décidé de m’en entourer. » Elle élargit également le concept au design, une sensibilité qu’elle tient de sa formation d’architecte. Son compagnon lui proposera ensuite de mettre en avant les bières wallonnes et les produits de bouche. Le concept « Wattitude » est né.

Une sélection rigoureuse

« Ils sont tous mes coups de coeur, lance la pétillante brunette. Au départ, avec mon compagnon, on cherchait dans tous les sens des créateurs ou producteurs qui pourraient alimenter notre boutique. Puis, il a fallut freiner des quatre fers parce les wallons talentueux sont très nombreux et que l’espace du magasin peut vite être saturé. » Emmanuelle choisit ses créations au coup de coeur, mais elle met également un point d’honneur à saluer le professionnalisme. « On essaye de mettre en avant des professionnels du monde créatif tout en laissant la porte ouverte à des personnes qui ont une activité complémentaire et qui réalisent un travail de qualité, sans tomber dans l’artisanat amateur. » Avec pourtant une surface commerciale de 100 m2, elle est aujourd’hui contrainte de refuser certains créateurs, faute de place.

Quatre espaces

Organisée par départements, la boutique offre une belle visibilité à chaque créateur. « L’espace est organisé pour que chacun soit mis en valeur. Sur le site Web de la boutique, j’essaye également de tous les présenter et d’expliquer leur démarche », précise Emmanuelle. Chaque objet est accompagné d’une petite carte mettant en avant le nom du créateur et sa ville d’origine : Amandine Jehin – Namur ; Florence Beauloye – Engis ; Jean-François D’Or – Liège… Tous wallons évidemment. Les objets trouvent leur place au travers de quatre espaces : le premier dédié aux bières wallonnes et à la petite épicerie, le design ensuite avec également une sélection de livres élégamment rangés dans les étagères du créateur liégeois Alix Welter, un coin enfants avec, notamment, ses propres créations « Madame Manu », et enfin, l’espace « Bijoux et accessoires de mode ». L’arrière du magasin est aménagé en atelier dans lequel Emmanuelle organise tous les mois des ateliers créatifs variés. « Ces ateliers sont conçus et donnés par les créateurs eux-mêmes », une belle opportunité pour les participants de s’essayer aux arts créatifs en étant entourés par des professionnels passionnés. En plus de ces ateliers, le couple organise régulièrement des événements, toujours avec pour objectif de présenter au public des personnalités wallonnes talentueuses. Au travers de petits showcases dans la cour intérieure, ils proposent à leurs clients de découvrir de jeunes groupes musicaux dont le premier album vient d’être produit. Ces moments festifs sont également l’occasion de savourer les dernières bières wallonnes ayant fait leur apparition dans leurs rayons. Tous les deux mois également, la boutique accueille une nouvelle exposition d’artiste. Car si l’espace ne permet plus vraiment d’accueillir de nouveaux objets, restent les murs ! « On essaye de faire une tournante au niveau de nos murs ! Sophie Vanghor sera la prochaine artiste à y être exposée, du 3 avril au 30 mai. »

Aujourd’hui, la jeune entrepreneuse ne regrette aucun de ses choix. Cette boutique est une véritable réussite, tant sur le plan professionnel que personnel. « Ça m’apporte énormément. C’est très intéressant d’être en contact direct avec les créateurs et les producteurs et d’apprendre à connaître leur histoire et leur métier. Je pense que le public également est content d’avoir enfin un magasin rassembleur de la production artistique wallonne. » Chaque objet est une pure découverte et l’espace, une pure merveille. Un condensé de talent wallon. WAW !

 

RENSEIGNEMENTS

Wattitude
Rue Souverain-Pont, 7
B-4000 Liège
+32 (0)497 62 53 53
[email protected]
www.wattitude.be

 

ON AIME AUSSI

La rue En Neuvice, une des rares rues d’origine médiévale de la ville de Liège à avoir conservé sa structure, pour :
le charme de l’Hôtel Neuvice et l’accueil de ses tenanciers ; → REstore, une boutique dont le concept est basé sur le slow design, ou l’art de faire du très beau avec des déchets ménagers ou industriels ;
le fromager Uguzon, à la fois un comptoir de vente et un espace de dégustation de fromages et de vins triés sur le volet ;
l’atelier de Salvador Renzo, un artiste luthier spécialisé dans la fabrication et la restauration d’instruments à cordes pincées.

Cité riche de son monastère fondé par Saint-Remacle en 650, le carnaval y est célébré depuis fort longtemps. Les premières attestations remontent aux interdictions du début du XVIIIe siècle.

Heureusement, le carnaval a largement survécu au mandement du prieuré de l’abbaye daté du 12 février 1706 qui interdisait les mascarades. Il est donc vraisemblablement antérieur à cette mesure.

La célébration du rituel se déroulait autrefois pendant les Jours Gras mais elle a été déplacée à la mi-carême (Laetare) au début du XX e siècle. Le dimanche, un cortège crée une animation exceptionnelle en ville, avec les fanfares locales costumées, des chars et des groupes colorés, venus de l’extérieur.

Les Blancs Moussis sont les principaux acteurs du cortège. Ils sont vêtus de blanc, à l’origine un drap de lit et un oreiller, et portent un masque avec un long nez rouge en forme de carotte. La vessie de porc gonflée est leur arme favorite mais ils manient aussi un balai et agitent des poissons saurs tendus au bout d’une perche. Ils promènent dans le cortège un char-soufflerie qui propulse des quantités de confettis. Avec leur balai, il maintiennent ouvertes les fenêtres des maisons pour y lancer leurs projectiles. Des géants, Alonso Cafébar et Mis au Ginn, contribuent aussi à enrichir le défilé. Leurs groupes parcourent le cortège en tous sens en taquinant les spectateurs. Ils affichent des placards satyriques à l’adresse de leurs concitoyens sur les façades des habitations.

Les Blancs Moussis ont constitué une confrérie en 1950 qui intronise chaque année des Chevaliers Blancs Moussis honoris causa. Sur la base d’une légende, ils ont célébré en 1952 leur 450e anniversaire.

La Légende des Blancs Moussis

« À la fin du Moyen Âge, la stricte discipline monacale subit un relâchement… Les religieux de Stavelot n’échappèrent pas à la pernicieuse contagion et l’on raconte que quantité de moines se mêlèrent fréquemment à la foule lors de certaines réjouissances païennes, comme le carnaval ou lors de certaines festivités ayant un caractère mi-sacré, mi-profane… Ayant eu connaissance des joyeux et sans doute trop spectaculaires exploits accomplis par ses moines, le prince-abbé Guillaume de Manderscheid se serait vu dans l’obligation en 1499 de prendre de sévères sanctions à leur égard. Celles-ci produisirent-elles les effets escomptés ? Ce n’est pas certain. Quoiqu’il en soit, de nouvelles interdictions sont édictées en 1502… Elles visent tous les Stavelotains dont l’esprit ingénieux semble avoir conçu un travesti rappelant, tant par la coupe que par la couleur, la bure monacale. À partir de 1502, ce travesti est délaissé…Les Stavelotains le remplacent par une autre tenue, blanche cette fois, mais encore assez semblable au costume monacal…On prétend que plusieurs moines continuèrent à se mêler à la foule, endossant le travesti et portant le masque… ». Mais tout est inventé pour donner plus d’ancienneté à la manifestation qui aurait plus d’un demi-millénaire*.

(*) Cette tradition est rapportée par Walter FOSTIER dans son Folklore Vivant paru en 1960 (Tome 1, pages 27-29).

 

Renseignements:

Carnaval des Blancs-Moussis

Du 14 au 16 mars 2015

www.laetare-stavelot.be 

Une ancienne fermette astucieusement transformée

Ils ne sont pas nombreux, les villages qui peuvent se targuer d’avoir été l’un des fiefs des Templiers en Wallonie. Villers-le-Temple, entre Huy et Liège, est l’un de ceux-là avec Saint-Léger, Templeuve, Tournai, Rumes, Hagrimont… C’est à Gérard de Villers, chevalier de l’Ordre du Temple, que l’on doit la construction d’une commanderie, à Villers-en-Condroz, peu après 1260 et son retour de Terre Sainte. Composée d’une maison fortifiée dotée de quatre tours, d’une chapelle, de bâtiments d’exploitation agricole avec écuries et étables, cette commanderie deviendra le chef-lieu du Temple en Hesbaye et sera à l’origine de l’appellation Villers-le-Temple.

Quelque 750 ans plus tard, ce ne sont plus des chevaliers en armure qui font halte dans ce village de l’entité de Nandrin, mais des voyageurs qui viennent principalement de Belgique, de France, des Pays-Bas ou d’Allemagne afin de se retrouver en famille et de profiter de la nature environnante et du riche patrimoine de la région. Ils ne s’arrêtent plus – sinon pour jeter un œil sur ses vestiges – devant la porte de la commanderie, au cœur du village, mais dans une ancienne ferme du XIXe siècle construite avec des pierres locales et transformée depuis un peu plus de deux ans en gîte de charme pour 8 ou 9 personnes.

Quatre maisons en une

Leurs hôtes ? Marianne de Laminne et Marc de Biseau, un couple de jeunes retraités habitant Rotheux (Neupré), dont on ne vous retracera pas les origines mais qui, à défaut d’être issus de familles de bâtisseurs, partagent une passion certaine pour la rénovation. « Nous avons déjà restauré plusieurs maisons de caractère avant celle-ci, expliquent les deux bricoleurs. Nous aimons réfléchir à une nouvelle affectation des pièces, à la façon de les transformer et de les embellir, avant de mettre la main à la pâte lors des travaux et de parachever le tout par une décoration minutieuse et recherchée. Cette maison a la particularité d’être composée de quatre anciennes maisonnettes dont les portes d’entrée ne donnent pas sur la voirie actuelle mais sur une petite ruelle qui passait du côté arrière et que nous avons aménagée en large terrasse orientée plein sud. Elle appartenait à un vieux menuisier bien connu dans le village qui avait établi son atelier dans le bâtiment annexe construit perpendiculairement et qui servait jadis d’étable au rez-de-chaussée et de fenil à l’étage. Très rapidement, l’idée d’agrandir le corps de logis en perçant l’un des murs de ce bâtiment nous est venue à l’esprit, mais celui-ci étant séparé de la maison par un petit passage, il a fallu construire un espace de jonction. »

Une étable reconvertie en salon

Une réalisation aussi audacieuse qu’astucieuse. Grâce au percement de deux baies côté terrasse, l’ancienne étable est devenue un salon lumineux et confortable équipé d’un poêle à bois et d’une télévision. Sur les conseils de l’architecte, le couple a cassé une partie des voussettes du plafond afin de permettre l’accès à l’étage. L’ancien fenil est aujourd’hui divisé en trois parties : une mezzanine meublée de deux lits simples qui font le bonheur des enfants, une vaste chambre dotée d’un lit double et une salle de bain. Une petite suite très sympathique que les locataires se disputent très souvent, paraît-il.

« Le corps de logis a été réaménagé complètement également, expliquent les propriétaires. L’étage est composé de trois chambres, d’une salle de bain et d’une salle de douche. Toutes les fenêtres ouvrent, côté sud, sur la terrasse et le jardin, mais également sur le vaste verger du voisin où quelques chevaux s’en donnent à cœur joie été comme hiver. »

Entre le mobilier rustique et les accessoires de décoration trouvés sur e-bay ou dans des magasins spécialisés, les locataires découvriront non sans étonnement quelques outils abandonnés dans le grenier par les précédents propriétaires et qui contribuent aujourd’hui à la décoration « de caractère » de la maison: une herse, un grand râteau ou galaire, une varlope (rabot) ou encore un couvier, instrument qui servait d’étui pour la pierre à aiguiser la faux et que le fermier accrochait à sa ceinture… C’est sûr, on est toujours à la campagne !

 

Adresse du gîte « La Musardière »

Thier du Marnave, 7

B-4550 Villers-le-Temple (Éghezée)

+32 (0)475 44 58 12

[email protected]

http://gitelamusardiere.blogspot.be

 

À VOIR, À FAIRE

Le château de Modave

Tandis que la maîtresse de maison s’occupe de la gestion rigoureuse de la Musardière, c’est à son époux que revient la tâche d’éclairer les locataires à travers le dédale de curiosités touristiques de la région. Les propriétaires ne le cachent pas : leur coup de cœur est le château de Modave, ou château des comtes de Marchin, du nom de celui qui fit reconstruire ce joyau au XVIIe siècle et qui supervisa la construction de la machine hydraulique qui servit à pomper et remonter l’eau du Hoyoux jusqu’au château. Un engin qui servit de modèle à la construction de la célèbre machine de Marly, utilisée à l’époque de Louis XIV pour acheminer l’eau de la Seine au château de Versailles (voir WAW n°13, juin 2011).

Au fil des pages de l’épaisse documentation mise à la disposition des touristes, on trouve également la ville de Huy, le parc récréatif du Mont Mosan, les cristalleries du Val-Saint-Lambert, le château de Jehay… « Et il ne faudrait pas partir sans avoir savouré les produits du terroir, insistent les propriétaires. À moins de dix kilomètres du gîte, la ferme de l’Abbaye (beurre, crème et lait), la ferme de la Commanderie (viandes et préparations maison), la ferme de Limet (volailles) et la ferme de Neuville (crèmerie, poulets, fromages…) vous permettront de composer un alléchant panier. »

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

En collaboration avec : 

Il y a chocolat et… chocolat ! Loin des grandes industries et de leurs techniques formatées, il existe en Wallonie quelques puristes, artisans de la fève et maîtres du goût, tels Benoît Nihant et Francine Beaufort.

Le Belge a toujours été considéré comme un des plus gros mangeurs de chocolat au monde. Il n’y a guère que les Suisses et les Norvégiens pour nous battre. On considère qu’un Belge sur cinq mange du chocolat chaque jour et que plus de 40 % affirment que c’est bon pour le moral.

À l’origine, ce mets était consommé comme médicament par les Mayas et les Aztèques et était pris comme monnaie d’échange ou même symbole religieux. Il y a un peu plus de 150 ans, le chocolat était utilisé comme boisson. La mode des bâtons et autres tablettes est donc relativement récente.

WAW a rencontré deux passionnés du cacaoyer et de ses dérivés.

La réussite de Benoît Nihant, qui a su trouver sa place dans le peloton de tête des artisans mondiaux, est remarquable aux points de vue économique… et artisanal ! Le parcours atypique de Francine Beaufort, « la Femme Chocolat », la place également dans ce sillage.

 

Bean to bar

Ce qui, au départ, était une passion est devenu pour Benoît Nihant une réalité en 2005. Cela fait maintenant 7 ans que Benoît affirme ses spécificités, sa personnalité et est devenu une des quinze personnes au monde (!) parmi les plus proches de l’artisanat, de cette façon unique de travailler. Au départ, Benoît était ingénieur et avait, devant lui, une belle carrière. Son épouse, Anne, travaillait « dans la finance ». Un jour, ils ont décidé de quitter ces horizons pour se lancer dans la grande aventure chocolatée.

En 2005, les Nihant ouvraient leur premier magasin à Embourg, guidés par leur passion et leur enthousiasme. Peu après, c’est à Maastricht, au coeur de la vieille ville, qu’ils inauguraient une deuxième enseigne. En 2010, ils s’installent dans le Passage Lemonnier à Liège. Un endroit de choix dans un lieu en pleine mutation. À Bruxelles, ils sont les invités privilégiés des très courus établissements Rob qui sélectionnent l’élite des produits à proposer à sa clientèle.

Benoît Nihant travaille avec un chocolat de couverture haut de gamme et pratiquement unique. Il sillonne le monde en quête des meilleures fèves en privilégiant les petits producteurs aux Caraïbes, en Papouasie, en Nouvelle-Guinée, en Équateur, à Bali ou au Venezuela, entre autres. L’exigence de l’artisan est grande, garantissant une démarche avec des produits 100 % naturels. Il travaille le chocolat à partir des fèves de cacao, recherche la perfection et la rareté, en totale indépendance du chocolat produit par les multinationales.

Grâce à ses connaissances acquises au cours de ses études d’ingénieur et de sérieuses notions de mécanique et de physique adaptées à des petites quantités, il a mis au point un matériel unique, tout à fait innovant. Dans son nouvel atelier établi à Trooz, après avoir sélectionné les meilleurs et les plus rares lots de fèves, Benoît, grâce à un appareillage unique - dont il est légitimement fier et jaloux - torréfie en douceur, broie avec méthode, décortique patiemment, concasse et conche. Toutes des opérations dont la méticulosité et le respect parfait des techniques conduisent à ce résultat à nul autre pareil.

Il sillonne le monde en quête des meilleures fèves en privilégiant les petits producteurs aux Caraïbes, en Papouasie, en Nouvelle-Guinée, en Équateur, à Bali ou au Venezuela, entre autres. L’exigence de l’artisan est grande, garantissant une démarche avec des produits 100 % naturels.

Sa nouvelle collection « Bean to Bar » (de la fève à la tablette) s’appuie sur des fèves certifiées bio de Bali et de Madagascar, sans lécithine, ni vanille. Chaque origine se décline en trois versions mettant parfaitement en valeur élégance, complexité, intensité et raffinement.

La gamme Nihant se compose également de coffrets rassemblant les goûts les plus insolites des saveurs naturelles dans la gamme Haute Couture des pralines. Les tablettes sont proposées sous onze compositions de saveurs uniques invitant au voyage. Les délicubes sont des spécialités fruitées colorées et amusantes. En outre, il existe aussi les Célestes (petits chocolats aux explosions de saveurs), les truffes intenses et légères ainsi que les onctueux caramels salés.

 

Renseignements

Atelier
Rue de la Métal
B-4870 Trooz
Tél. : +32 (0)4 365 72 57
[email protected]
www.benoitnihant.be

Boutiques
Liège : Passage Lemonnier, 30 - B-4000
Maastricht : Havenstraat, 8 - NL-6211
Bruxelles : ROB, Bld de la Woluwe, 28 - B-1150
Embourg : Voie de l’Ardennes, 45 - B-4053

 

Bio Express

2005 → ouverture de l’atelier et du magasin à Embourg
2009 → installation d’un point de vente à Maastricht
2010 → magasin à Liège
2011 → installation de l’atelier à Trooz
2012 → proclamé manager liégeois de l’année 2011

 

La Femme Chocolat

Quand on aime les gens, on leur fait la cuisine. Quand on veut briser la glace, on leur fait du chocolat. Francine Beaufort, c’est le goût pour les autres.

Quand on fait des études d’infirmière (métier exigeant s’il en est) et qu’après dix ans de soins à domicile en tant qu’indépendante, on décide d’ouvrir successivement deux maisons de repos avec une centaine de pensionnaires et une équipe d’une trentaine de personnes, on peut se demander pourquoi Francine Beaufort a décidé de relancer sa carrière dans la pâtisserie. Ce fut sûrement le besoin d’une vie familiale plus calme et surtout d’avoir plus de disponibilités. Les trois filles de la famille ont vite accaparé Francine. Elle a toujours gardé, dans sa vie de tous les jours, un sens profond de l’organisation et, quelque part dans son coeur, l’impérieux besoin d’aider et d’avoir un perpétuel contact humain.

Déjà, à ce moment, Francine était passionnée pour la cuisine. Non seulement pour les repas de tous les jours, mais bien plus, aussi par le besoin de créer, de se lancer dans des préparations nouvelles, de découvrir le sens profond des produits, d’oser des alliances nouvelles, de se rendre compte du bonheur que l’on peut donner aux autres en créant des plats inédits. Et, même si à certains moments, la réussite n’était pas au rendezvous, cela permettait de repartir dans des nouvelles recherches. L’expérience n’est-elle pas souvent une accumulation d’échecs et d’incertitudes que l’on a su dompter ? Son beau-fils étant pâtissier, Francine eut, un jour, le déclic de se dire qu’elle ressentait le besoin de l’aider, de découvrir ses secrets de fabrication. Elle eut rapidement la sensation qu’elle n’en savait pas assez, qu’elle devait se perfectionner, mieux connaître tous les arcanes du métier. Les cours donnés chez Epicuris (réputé centre de compétence des métiers de bouche) à Villers-le-Bouillet lui allaient comme un gant. Ce fut Dominique Docquier et Salvatrice Piazza qui guidèrent ses premiers pas dans la découverte du chocolat et de la glace. Elle apprit, auprès de ses mentors, le goût du travail bien fait, l’honnêteté et le respect constant des produits ainsi que du matériel. Ce n’est pas toujours évident quand on a atteint la bonne quarantaine d’ainsi se lancer dans une aventure nouvelle.

En 2007, un peu par hasard et beaucoup par chance, elle découvre un bâtiment vide et inoccupé qui avait successivement servi comme magasin de fleurs et salle de remise en forme à Ayeneux (Soumagne, près de Liège), pas loin de Wégimont. Elle en fait donc l’acquisition. Ce qui servait de vestiaire et de garage devient l’atelier. La véranda et la terrasse se muent en salons de dégustation (avec un espace pour les fêtes de famille). On crée une plaine de jeux. L’espace tea-room est rapidement rénové pour plus d’accueil et de convivialité. L’enthousiasme est bien là et les idées foisonnent.

Patience

Dans les ateliers de Francine qui, au fil des années et des investissements, s’agrandissent et s’enrichissent de nouvelles machines aux performances de haut rendement, on perçoit immédiatement deux préoccupations majeures : l’ordre et la propreté, un modèle du genre. Deux turbines à glace, un cuiseur, deux chambres froides (une positive et une négative) et un surgélateur « choc » (pour amener très rapidement à bonne température) sont complétés par un local de plonge, un espace de préparation (pour gaufres et crêpes) dans le « module glace ». Quant à l’atelier-chocolat, il se compose de trois « tempéreuses » automatiques ainsi que d’un matériel hypersophistiqué servant à l’impression sur les chocolats et gâteaux. Tous ces appareils sont parfaitement entretenus et maintenus en bonne condition pour servir facilement et rapidement. La passion est toujours à l’ordre du jour. Mais aussi la patience. Francine précise. « Le chocolat me l’a apprise. Le chocolat, c’est la technique avec des étapes très importantes à respecter impérativement pour éviter les cruelles déconvenues du débutant ». Elle ajoute, en évoquant les préparations glacées « qu’il faut que les arômes restent un certain temps dans le mix pour diffuser pleinement et complètement leurs saveurs. Un certain temps, c’est un période comprise entre quatre et vingt-quatre heures. Plus long sera le temps, plus le produit final sera au sommet de son goût ». Intarissable, elle enchérit en parlant de la passion de son métier. « Dès le moment où l’on se rend compte que lorsque l’on connaît l’équilibre des glaces, on peut alors devenir créatif. C’est seulement alors que la passion arrive ! ».

Mais Francine, en toute modestie, s’aperçoit vite que son bagage technique manque encore de professionnalisme, qu’elle a besoin de savoir plus et mieux. Elle va donc chez Valhrona, à Tain l’Hermitage, suivre une formation spécifique auprès d’un « meilleur ouvrier de France », Alain Chartier, qui lui permettra de mieux connaître les arcanes du cacao, du chocolat et de leurs mises en oeuvre. Cette année, elle va suivre une nouvelle session de formation bien nécessaire et bien utile pour encore progresser dans son développement personnel, dans le respect technique des marchandises.

Douze douces crêpes

Les formations en matière de glaces sont également très spécifiques. Son professeur fut Gérard Taurin, champion du monde de glacerie. Il donne cours chez le célèbre Lenôtre, à Paris. Elle a aussi fréquenté l’atelier de Gérard Cabiron (chez Valhrona). Très récemment, à Bologne en Italie, elle a rencontré Alice Vignoli, une jeune passionnée qui transmet merveilleusement son savoir en matière de glaces et sorbets à l’alcool. Cette spécificité, très pointue, engendre un respect total du sucre, des alcools et surtout de leurs dosages. La moindre erreur, le plus petit débordement entrainent un échec irrémédiable. Les cartes proposées aux heureux clients de La Femme Chocolat changent au rythme des saisons et de l’humeur du chef. La petite restauration d’été fait la part belle aux salades, pâtes, gaufres, crêpes, croquemonsieur dans une chouette diversité de goûts et de saveurs : plus de douze sortes de crêpes sont à disposition. Les fruits frais garnissent les glaces dans des préparations originales. Celles à base de bananes remportent un beau succès. Hors carte, les sorbets (à la bière ou à l’alcool), la fameuse et inimitable crème aux framboises, la délicate mousse au chocolat et, bien sûr, les glaces au chocolat (grands crus d’origine) recueillent les bravos des petits et des grands qui n’hésitent pas à lâcher leurs cuillères pour applaudir !

 

Renseignements

La Femme Chocolat
Chaussée de Wégimont, 283
B-4630 Ayeneux (Soumagne)
Tél. :+32 (0)4 358 53 40
[email protected]
www.lafemmechocolat.com

 

Bio Express

Infirmière (soins à domicile)
Gérante de maisons de repos
2007 → ouverture du magasin à Ayeneux
2008-2011 → stages et formations professionnelles (glaces et chocolats) en Belgique, France et Italie
2009 → agrandissement et aménagement du magasin
2008-2012 → mise au point de créations personnelles, vente aux traiteurs

Un concept. Des tapas… gastronomiques. En trois ans, un hôtel, un restaurant à Liège et un autre à Maastricht, une récente boutique avec cours de cuisine et séminaire. Autant d’invitations au voyage.

Le lieu est en tous points le mariage des contraires. C’est d’abord cette associat ion entre Sebastian Cassart, la rigueur aux fourneaux, et Ramon Rodriguez, pour un service énergique et allègre. C’est aussi la fusion entre la modernité des décors, de type loft, et la douceur conférée par les couleurs chaudes des lieux. Enfin –last but not least– c’est une cuisine tout à fait à part. Des tapas revus et corrigés façon gastronomique, associant ainsi convivialité et plaisir du palais. Le Gault Millau ne s’est pas trompé en attribuant un 14/20 à l’établissement dès sa première année !

Hollandais de mère, espagnol de père et liégeois avant tout, Ramon Rodriguez s’était lancé dans la restauration en 1997 en ouvrant dans le même quartier l’Olé olé, un bar à tapas proche de ceux que l’on trouve dans toute l’Espagne. Mais onze ans et des milliers de tapas plus tard, le trentenaire a eu envie de se lancer un nouveau défi, de monter d’un cran. Sa route a croisé celle de Sebastian Cassart, qui s’était fait une belle carte de visite depuis sa sortie de l’école hôtelière de Libramont en 1997 et dont le CV ressemble à un guide de gastronomie : il a officié comme chef saucier chez Yves Matagne au Sea Grill à Bruxelles (2 étoiles), au Couvert-Couvert à Louvain, à l’Héliport à Liège (1 étoile), à l’Eau Vive à Namur (1 étoile) ou encore au One-0-One, un des meilleurs restaurant de poisson à Londres…

San Sebastian comme source d’inspiration

Il y avait le local, il y avait le chef cuistot, restait à conférer aux lieux son ambiance unique. C’est aux architectes d’intérieur liégeois Sabino Rodriguez – ami, et non parent, du Ramon éponyme - et Eva Wuidar que l’habillage du restaurant a été confié. Le couple a misé, comme Sebastian le fait en cuisine, sur la qualité des fournitures et leur mise en valeur. « Quand Ramon m’a parlé du concept, il voulait aller vite », se souvient Sabino Rodriguez. « Alors, je l’ai amené illico du côté de San Sebastian, une ville magnifique dans la communauté autonome basque. Après deux jours, nous sommes revenus abreuvés d’idées… ».

À l’El Pica Pica, le choix est donné entre trois formules selon l’appétit des convives et le temps dont on dispose.


L’espace est divisé en trois : l’entrée, la comedor (salle à manger), puis la cuisine dans le prolongement, visible au travers d’une large baie vitrée. Les murs en moellons, mis en valeur par un éclairage halogène sur toute la longueur de la salle, sont en trompe-l’oeil, comme l’équipe l’avait vu faire dans le Nord de l’Espagne.

Les tables ont été coupées dans du bois resté brut, et flanquées d’une longue banquette qui accueille une partie des invités. L’effet épuré, presque géométrique, de l’ensemble a été tamisé par le choix des couleurs : sable, rouge orangé, brun wengé. Toujours, le Pica Pica joue avec les opposés…

L’aménagement de ces quelques dizaines de mètres carrés compte également une originalité, clin d’oeil aux origines des patrons, puisque l’entrée abrite un long bar rempli de bouteilles aux noms chantants. Ici se côtoient le Dominio de Berzal, le Veraton de Alto Noncayo, le Campo de Borja… Tous ces cépages, des plus fleuris aux plus puissants, proviennent de vignobles ibériques. À Liège, dans les toutes prochaines semaines, il sera possible de se les procurer en quantité puisque Ramon et Sebastian doteront leur restaurant en Cité ardente d’une boutique, mélange de cave à vin et d’épicerie fine, où les clients pourront s’approvisionner et apprendre à cuisiner. Pour prolonger, jusqu’à leur demeure, le dépaysement…

Grands et petits appétits

À l’El Pica Pica, le choix est donné entre trois formules selon l’appétit des convives et le temps dont on dispose. Les habitants et visiteurs de Liège-la-chaleureuse ont l’habitude des repas d’affaires à midi mais pas toujours le temps d’y consacrer une bonne partie de la journée. Les plus pressés opteront donc uniquement pour le lunch en 3 services (28 € pour l’entrée, plat, dessert). Les moins pressés mais petits appétits choisiront quant à eux, le midi ou le soir en semaine, le « menu du marché » en 6 services (35 €) durant lesquels la noix de Saint- Jacques – servie très fine, en tartare - côtoie le taboulé, les cacahuètes et le choux rouge. On y voit également le topinambour ressurgir, associé au porc et au foie gras disposé en poudre, tel une épice. Le goût du sandre est quant à lui rehaussé d’un jus de cresson très frais. L’ensemble ferait presque oublier la douceur du velouté du butternut, courge plus suave encore que le potiron et servie en deuxième service, agrémentée de cappuccino de lait et de noix…

Cela fait beaucoup mais on ne quitte pas la table lesté de quelques kilos supplémentaires. Et pour cause. Si les assiettes s’enchaînent, elles ne sont pas extrêmement copieuses. Ce n’est pas pour rien que l’enseigne du Pica Pica annonce « Tapas y mas »… Tapas et plus, ou plutôt plus que des tapas ! Tenter de faire l’impasse sur les deux petits desserts serait vain. Tout comme il est impossible de se priver des petites sucreries qui accompagnent le café. Quitter l’établissement sans avoir savouré le gâteau au chocolat au lait, dont la saveur crémeuse tapisse le palais, serait une gabegie !

Le gourmand n’hésitera donc pas une seconde à opter pour le menu « Signature » (49 €) de neuf tapas en 7 services. C’est d’ailleurs le seul proposé aux convives les vendredis et samedis… Aux plats précités sont ajoutés du homard agrémenté de moules et cuisiné au safran, des petits-gris au tapioca et à l’ail, ou encore du pigeonneau accompagné de chicon à l’orange et de radis noir. C’est aussi une particularité de la cuisine inventive de l’endroit : ici, on redonne ses lettres de noblesse à des légumes presqu’oubliés. Sur la carte, se côtoient – au grand plaisir de nos papilles qui ne s’en sont pourtant pas toujours délecté - le céleri rave, le topinambour, le chou rouge, le radis noir ou le carde…

Tels sont les secrets de réussite de l’El Pica Pica, unique restaurant gastronomique espagnol de l’Eurégio, dans lequel Ramon Rodriguez et Sebastian Cassart s’investissent presque jour et nuit depuis maintenant deux ans. Le duo s’est enrichi récemment d’un troisième homme, Laurent Demeyer, féru de rhum et de vins, qui veille plus particulièrement au pôle liégeois depuis l’ouverture hollandaise.

La réussite du trio montre que, même en temps de crise, la qualité fait recette. Et qu’il n’y a rien de tel que la chaleur liégeoise mêlée au sens méditerranéen de l’accueil…

Pour prolonger le plaisir

Ramon Rodriguez et son épouse avaient déjà ouvert leur premier restaurant à tapas, l’Olé Olé, lorsqu’il leur a été proposé de racheter l’entièreté du bâtiment du 62, rue Hors- Château, en 2000. « Au-dessus du restaurant, l’immeuble était divisé en neuf grands studios », se souvient Ramon. « Nous les avons gardé en l’état jusqu’à ce que nous tombions sur un article de quotidien dans lequel on démontrait qu’il manquait de chambres d’hôtel à Liège… On s’est dit «pourquoi pas ? », et on s’est lancé dans les travaux ! ». C’est déjà le duo Sabino Rodriguez-Eva Wuidar qui a été appelé à décorer les lieux. Les murs ont été délestés des grosses couches de plâtre pour laisser apparaître de magnifiques colombages, et les neuf chambres (six doubles, deux simples, une suite) ont été habillées de mobilier épuré, revêtu de gris anthracite, dessiné par les architectes d’intérieur.

Pas de fioritures dans cet établissement. Ce sont les traces du passé qui font le charme des lieux, mis en valeur par le choix des couleurs. En juillet 2004, l’Hôtel Hors-Château a donc ouvert ses portes. La sympathie des hôtes, le niveau du service et la situation – entre le symbolique Perron de la place du Marché et le musée Curtius – font son succès…

Pica Pica in Maastricht

Même si, de prime abord, son côté hollandais ressort bien moins que son côté ibérique, il n’en reste pas moins que Ramon Rodriguez est hollandais de mère et qu’une partie de sa famille vit à Maastricht. C’est cette dernière qui a suggéré à Ramon de venir installer un restaurant similaire à celui de Liège dans la plus ancienne ville fortifiée des Pays-Bas… C’est chose faite depuis l’été dernier et l’effet est saisissant pour ceux qui ont l’habitude de fréquenter le restaurant liégeois. Tout y est exactement pareil ! Si ce n’est le délicieux accent des personnes qui assurent le service lorsqu’ils récitent le contenu des plats proposés…

 

Renseignements

El Pica Pica
Hors-Château, 62
B-4000 Liège
Tel. : +32 (0)4 221 39 74
Fax : +32 (0)4 250 56 31

El Pica Pica ‘Maastricht
Kesselskade 59
NL-6211 EN Maastricht
+31 (0)43 321 09 09

www.elpicapica.be

 

L’hymne du Standard, c’est lui aussi

Si vous êtes Liégeois, il n’y a sans doute pas besoin de vous présenter l’hymne du Standard, le We are the best qui vibre dans tout le stade, en particulier les jours de matchs remportés… Derrière ce single qui fut numéro un de l’Ultratop (classement des ventes de singles en Wallonie et à Bruxelles) en novembre 2009, à peine cinq jours après sa sortie, se cache une fois encore… Ramon Rodriguez. « J’avais emmené mon cousin au stade. C’était sa première fois, mais quelle première ! On remportait le championnat de Belgique face à Anderlecht ! Il y avait une ambiance de dingue mais on sentait qu’il manquait vraiment un hymne digne de ce nom ». Son cousin est DJ sous le pseudo Patrick Clubcarter, et fut notamment le producteur de Technotronic (le Pump up the jam des années 90…) et de Paradisio pour Bailando. « À peine avait-il quitté le stade qu’il avait déjà une idée en tête ! », se souvient Ramon. « Il chantait po po po popoleeeo ! Ça sonnait bien. » Sur le coup, le restaurateur-supporter s’est mué en producteur et a sorti le disque, non sans l’avoir fait adopter par le club des rouges et blancs. Depuis, les supporters se sont accaparé le We are the best du restaurateur déjanté. Le single est double disque d’or…

Digital Graphics remporte le Prix AWEX 2011 : une récompense 3D amplement méritée !

La révolution industrielle a commencé tôt en Wallonie. Alors que les Pays-Bas, par exemple, ont pris le train en marche dans la seconde moit ié du XIXe siècle , les Wa l lons s’affairaient déjà dès 1800. Et de la même manière, la révolution numérique n’a pas oublié la Wallonie. WAW avait déjà pris plus tôt la plume pour présenter des pionniers du high- tech tels qu’EVS et NeuroTV. Nous pouvons aujourd’hui ajouter à cette liste la société Digital Graphics. Ce studio de cinéma, petit mais combien innovant, de la région liégeoise – dans la bourgade d’Alleur plus précisément – vient d’être distingué par l ’AWEX, l ’organi sat ion wa l lonne à l’exportation, pour sa technologie 3D révolutionnaire.

Le prix a été décerné lors de la troisième édition du 3D Stereo Media à Liège. Ce festival du film en relief, qui englobe tous les aspects du film en trois dimensions, se veut une plate forme, tant pour les réalisateurs que pour les investisseurs et les scientifiques. Outre une conférence assortie d’ateliers pour les professionnels et un festival international du film en 3D, un marché du film permettait également aux financiers et aux réalisateurs de se rencontrer et une conférence scientifique était organisée. À peine trois ans après sa première édition, le festival, unique en Europe, fait autorité dans le monde entier.

Au milieu de cette compagnie internationale de professionnels, d’investisseurs et de scientifiques de l’industrie du divertissement high-tech, Digital Graphics a reçu le Prix AWEX 2011 des mains de Philippe Suinen, son administrateur général. À travers ce prix, l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers veut récompenser le travail d’une entreprise locale qui a su démontrer une ambition et un talent dans le domaine des technologies 3D innovantes. Le prix encourage ainsi les entreprises qui sont actives dans les produits créatifs et inventifs pour le marché étranger et exportent activement leur savoir-faire. Il s’agit là d’une formidable récompense pour une entreprise qui, dès 1994, avant même la vague déferlante de l’internet, s’est lancée dans des techniques d’imagerie numérique.

Il s’agit là d’une formidable récompense pour une entreprise qui, dès 1994, avant même la vague déferlante de l’internet, s’est lancée dans des techniques d’imagerie numérique.


Digital Graphics est spécialisée dans la création d’animations 2D et 3D et d’effets spéciaux numériques pour le cinéma et la télévision. Elle développe également un logiciel sur mesure et des outils de gestion de production. « Nous sommes naturellement très honorés par cette distinction », se réjouit Marc Umé, cofondateur et directeur général de Digital Graphics. « Nous avons pu observer en 2011 une forte hausse des exportations, combinée avec le maintien de la croissance technologique des années précédentes. Malgré notre vaste expérience de l’exportation vers des pays voisins comme la France, le Luxembourg, l’Allemagne, l’Angleterre et l’Irlande, l’accès au marché chinois représentait un défi à la fois culturel, technologique et professionnel que nous avons relevé avec succès. Le jury y a certainement été sensible. »

Stéréoscopie

Les films en 3D existent déjà depuis le début du siècle dernier, bien avant le développement des premières techniques cinématographiques numériques. En combinant deux simples images bidimensionnelles légèrement décalées l’une par rapport à l’autre, on crée dans le cerveau une illusion de profondeur. Cela peut sembler étrange mais on imite ainsi précisément ce que nos yeux voient : deux images distinctes à partir de deux perspectives qui diffèrent à peine. Le cerveau fusionne ensuite les deux images pour n’en former qu’une seule en profondeur.

Les films les plus modernes comprennent une forme d’animation numérique, qui est ajoutée à l’image après le tournage.


Ce processus est appelé la stéréoscopie, du mot grec ancien signifiant « voir » (par exemple, « télescope » signifie littéralement « voir loin »). On pourrait s’attendre à ce que stéréo signifie « deux » ou « double », à l’image des prises de son mono et stéréo. Mais non, le terme signifie « fort » ou « solide ». L’image tridimensionnelle semble plus forte, plus solide, qu’une reproduction plane en deux dimensions. La technique a été appliquée pour la première fois en 1838 par le physicien britannique Sir Charles Wheatstone. Avec des dessins, car la photographie n’était alors pas suffisamment développée.

La technique de la 3D

Il est relativement simple de réaliser deux photos ou dessins dont la perspective ne diffère que très légèrement, de sorte que le cerveau les interprète comme une seule image en profondeur. L’opération se complique avec des images de film. On a alors besoin de deux écrans de cinéma, l’un pour l’oeil gauche et l’autre pour l’oeil droit. Il faut en outre empêcher que l’oeil gauche puisse voir l’écran destiné à l’oeil droit, et inversement. La solution imaginée à cette fin est aussi simple que brillante. À l’aide d’une caméra spéciale, dont les objectifs sont placés côte à côte tout comme nos yeux, deux films sont tournés simultanément. Les deux films sont ensuite projetés l’un sur l’autre. Le spectateur regarde les films ainsi projetés à l’aide de lunettes spéciales dont les verres sont colorés en rouge et en cyan. Le verre de couleur rouge ne laisse passer que le rouge, tandis que le verre cyan laisse au contraire filtrer tout sauf le rouge. Dans le cerveau, les deux flux de couleurs sont combinés pour former une image mobile en profondeur.

On utilise également actuellement, à la place du rouge et du cyan, du bleu et du jaune ou de l’ambre. Aujourd’hui, entre 7 et 10 % d’hommes souffrent d’une forme de daltonisme qui ne leur permet pas d’observer l’illusion de profondeur dans ces images. Une technique comparable utilise dès lors la lumière polarisée, tout comme pour les lunettes de soleil. Ici, la couleur n’est pas filtrée mais certains rayons de lumière sont bloqués par le verre gauche des lunettes, que laisse au contraire filtrer le verre droit, et inversement. Aux deux verres de lunettes correspondent deux nouvelles images de film qui sont fusionnées par le cerveau.

De la 2D à la 3D

Les films les plus modernes comprennent une forme d’animation numérique, qui est ajoutée à l’image après le tournage. Pour les films en 3D, l’opération est double. Il faut créer pour chaque flux d’images une variante dans une autre perspective. Par exemple, les célèbres superproductions ‘Avatar’ en ‘Transformers: Dark of the Moon’ ont été filmées à l’aide de caméras 3D spéciales, puis dotées d’une animation informatisée en 3D. Vu l’énorme succès de ces films, nul ne sera étonné d’apprendre que l’animation informatisée est également utilisée pour convertir des images de film 2D en film 3D. C’est a insi que le méga succès ‘Alice in Wonderland’ a également été diffusé en 3D. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la conversion n’est pas bon marché : environ 100 000 $ (presque 80 000 €) par minute de film.

On entend ici et là des critiques sur la conversion de films 2D en 3D. Dans une interview accordée au blog de cinéma Deadline.com, Michael Bay, le réalisateur de Transformers 3 : La Face cachée de la lune, déclarait : « Je filme des choses complexes, j’utilise des éléments authentiques dans mes scènes d’action et, pour ma part, je ne suis franchement pas fan de la conversion de films. » Dans cette même interview, le réalisateur d’Avatar, James Cameron, exprimait également ses réserves. « Après Toy Story, il y a eu dix très mauvais films d’animation informatisée, car tout le monde pensait que le succès du film était dû à l’animation numérique et pas à ses personnages magnifiquement conçus et irrésistibles. Maintenant, on voit que tout le monde s’empresse de convertir des films 2D en 3D, mais ce n’est pas ce que nous avons fait. Ils espèrent le même résultat, mais en réalité, c’est le succès même de la 3D qu’ils mettent en danger en diffusant un produit inférieur. » Ces propos datent de 2010. Entre-temps, James Cameron a décidé, lui aussi, de convertir son mégasuccès Titanic en 3D.

Comment évolue Digital Graphics dans ce bel univers ? Les techniques innovantes de la société wallonne ont contribué à la réalisation du tout premier film d’animation en 3D. Rappelez-vous, il s’agissait du long métrage Little Big Panda du réalisateur Greg Manwaring, explique Marc Umé. « Ce film d’animation a été à l’affiche de plus de 3 000 cinémas 3D en Chine. C’est le premier long métrage animé en 3D stéréoscopique au monde. À cette occasion, nous avions spécialement développé une nouvelle technologie en régie. Quelque 35 dessinateurs et graphistes ont travaillé pendant huit mois sous notre supervision à la conversion de la 2D en 3D. »

Deux frères

Les deux frères, Marc et Serge Umé, ont créé Digital Graphics en 1994. L’un était ingénieur aérospatial, l’autre architecte. C’est peut-être difficile à imaginer mais, à l’époque, peu de bureaux d’architectes étaient bien rodés au travail informatique. Les frères ont saisi leur chance et réalisé des dessins informatisés et autres visualisations tridimensionnelles des plans de bureaux d’architectes. Très vite se sont ajoutées des missions pour des courts métrages et des documentaires télévisés. En 1999, ils produisent Magic Nightmare, leur premier court métrage, qui leur vaut différents prix. À dater de ce jour, les deux frères vont quasi exclusivement se consacrer au cinéma.

La soif d’innover ne s’est cependant pas limitée aux productions auxquelles Marc et Serge ont collaboré. Lorsqu’il est apparu que les outils logiciels courants ne suffisaient plus, ils ont développé leur propre logiciel, qu’ils peuvent adapter aux exigences du projet qui les occupe. « Chaque film utilise de nouvelles applications logicielles graphiques, nous innovons donc pour pouvoir les anticiper. Par exemple, le coloriage d’images d’archives en noir et blanc a été rendu possible par un ajustement de notre précédent algorithme utilisé pour mettre en couleur des dessins animés. » Marc fait ici référence au film 14-18, le bruit et la fureur, de Jean-François Delassus. Ce documentaire historique sur la Première Guerre mondiale a attiré un nombre record de visiteurs en France. « Nous étions chargés de restaurer des documents de guerre en noir et blanc et les avons coloriés sur la base de données historiques », explique Marc. « Pour un autre film d’animation, les images devaient créer l’illusion d’une aquarelle qui prend vie. Pour ce projet, nous avons réécrit nos programmes logiciels afin de mieux exploiter la puissance de calcul des processeurs graphiques, avec pour conséquence une vélocité multipliée par plus de 500. »

Nomination aux Oscars

Autre temps fort selon Marc, le film Brendan et le secret de Kells du réalisateur Tomm Moore. « Ce film a été nominé aux Oscars en 2010 dans la catégorie du meilleur film d’animation. Nous avions développé pour ce projet des techniques graphiques très spécifiques et largement contribué au coloriage et à la composition des images. Nous avions également réalisé le clip du film pour les Oscars. »

Le Prix AWEX est une belle récompense de plus, mais certainement pas le point final. Les frères s’attellent d’arrache-pied aux défis suivants : « En plus de conserver notre position dans le domaine des effets spéciaux, où notre réputation n’est plus à faire, nous voulons nous profiler davantage sur le marché asiatique, où il existe une forte demande de contenu, ainsi que sur le marché américain, où les exigences de qualité sont très élevées. Nous sommes actuellement en discussion avec un grand studio de cinéma hollywoodien. » C’est clair, la Wallonie n’a pas manqué le train de la révolution numérique !

 
Renseignements

[email protected]
www.digitalgraphics.be

 

Little Big Panda

Long métrage d’animation, de Greg Manwaring

Dans la majestueuse région montagneuse chinoise, la survie des pandas est mise en danger car le bambou devient rare et les hommes étendent de plus en plus leur habitat. La paresse étant une des caractéristiques des pandas, quelqu’un est nécessaire pour réveiller la communauté. Manchu, avec l’aide de ses amis, résistera à tous les assauts.

 

Flash-Back sur les productions 2011

• Ernest & Célestine
• Bona Nox
• Tot Altijd
• The Incident
• Un spectacle interrompu
• Mort d’une Ombre
• La Garde-Barrière

Deux films pour lesquels Digital Graphics a travaillé ont eu un prix aux derniers Magritte du Cinéma :
• Meilleur film étranger :
Les Émotifs Anonymes, de Jean-Pierre Améris
• Meilleur décors :
Quartier Lointain, de Sam Garbarski

« OUFTI ! » peut être considéré comme la traduction liégeoise du « Mince alors ! » français. Il doit être prononcé impérativement avec cet accent chantant et savoureux que cultivent ardemment les fans de « boulets sauce lapin » ou de « lacquemants » ! Un artisan l’a déjà transformé en mini glace chocolatée à la banane mais des étudiants de l’ULg vont donner à ce drôle de petit mot une notoriété mondiale en l’attribuant à un concept aérospatial représentant le premier nanosatellite créé en Belgique.

L’Orbital Utility For Telecommunications/ technology Innovations – O.U.F.T.I.– sera en effet bientôt le premier nanosatellite (ou Cubesat) belge à évoluer dans l’espace. Sa mission ? Relier tous les radioamateurs du monde entier par l’application spatiale de la technologie D-STAR ! Une première mondiale qui en appellera d’autres.

Il est des secteurs économiques qui interpellent peu le grand public au quotidien parce qu’ils font peu la « Une » des journaux, parce que les scientifiques cultivent parfois une discrétion rendue nécessaire par le caractère hyperconcurrentiel de leur secteur ou encore parce que leurs travaux sont, ou paraissent, a priori, peu spectaculaires. C’est probablement le cas du secteur aérospatial qui, pour autant, fait rêver puisqu’on y envisage l’exploration de l’infini ou encore la « gestion » de l’espace qui entoure notre planète. Ce rêve, toutefois, ne prend forme spectaculaire que lorsqu’une fusée s’élance vers l’azur depuis Kourou, Cap Kennedy ou Baïkonour, ou qu’on nous (re)montre les traits concentrés de Frank De Winne ou de Dirk Frimout.

L’aérospatiale, tradition liégeoise

Derrière ces images fortes se profilent des chercheurs, des scientifiques et des ingénieurs. Des années durant, ils conçoivent des technologies qui ont l’obligation de la perfection car le moindre nano-défaut dans une fusée ou un satellite signifie la destruction quasi instantanée ! Ce que l’on peut comprendre aisément si on sait que tout objet dans l’espace évolue à une vitesse de 28 000 km/h !

Et des chercheurs qui trouvent dans l’aérospatiale et sortant de l’ULg (seule université francophone qui propose un Master en Ingénierie aérospatiale), de l’Institut Gramme ou de Montefiore, il y en a à Liège bien entendu mais aussi à la NASA, à l’ESA ou dans les entreprises wallonnes du secteur. « C’est même un ingénieur en aérospatiale sorti de l’ULG qui, il y a quelques années, a dirigé les opérat ions de lancement d’Ariane 5, à Kourou, commente le professeur Gaëtan Kerschen, l’un des fondateurs et maître d’oeuvre du projet OUFTI. Étant les seuls à proposer cette spécialisation en Communauté française, nous accueillons cette année plus de 30 étudiants. Ce qui est beaucoup ! » Le fruit de l’expérience, certes, puisque la spécialisation existe à l’ULg depuis 1961. Au niveau industriel, l’aérospatiale est aussi devenue une spécialité liégeoise – sinon wallonne – avec des sociétés telles que Techspace Aero, Sonaca, Sabca, Thales Alenia Space Etca, Spacebel ou encore le Centre Spatial de Liège qui est en relation directe avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

On pourrait dire du projet OUFTI qu’il relève de la « pédagogie appliquée ». Autour de leurs professeurs, ce sont avant tout les étudiants qui, depuis 2007, travaillent sur ce projet dont l’origine est collégiale.


Ces acteurs majeurs de l’aérospatiale européenne suivent de près ou de loin le projet OUFTI dans la mesure où le succès de ce petit satellite pourrait permettre de multiples applications nouvelles et ouvrir de nouveaux marchés ! Le professeur Kerschen, en tous cas, croit dur comme fer au bienfondé du pari qu’il a lancé avec ses étudiants. « Souvenez-vous il y a 20 ans, rappelle-t-il, la taille des ordinateurs de bureau. Et regardez aujourd’hui celle des notebooks… Votre Smartphone actuel, d’autre part, est presqu’un bureau et un ordinateur de poche, et il est deux fois plus petit que votre « vieux » GSM… Il en ira de même dans le secteur spatial. La voie est désormais ouverte à la miniaturisation des satellites. On ne remplacera bien sûr jamais tout par des microsatellites. James Webb Space Telescope, le successeur de Hubble, par exemple, ne pourrait pas relever de cette miniaturisation. Mais tant d’autres applications pourront être étudiées d’ici 10 à 20 ans grâce à cette nouvelle technologie ! ». Celle-ci est née aux États-Unis en 1999 mais elle est encore peu utilisée en Europe. Ce qui confère encore davantage d’intérêt à ce projet.

« Pédagogie appliquée »

Si l’on parle souvent de recherches appliquées dès le moment où une découverte scientifique mène à une application commerciale ou industrielle, on pourrait dire du projet OUFTI qu’il relève de la « pédagogie appliquée ». Autour de leurs professeurs, ce sont avant tout les étudiants qui, depuis 2007, travaillent sur ce projet dont l’origine est collégiale. «Un de nos collègues ingénieurs, Luc Halbach, est aussi radioamateur, explique Gaëtan Kerschen. Il nous a parlé de sa passion et surtout, s’est interrogé sur une application spatiale du nouveau système D-STAR (Digital Smart Technology for Amateur Radio) qui permet par des relais terrestres la transmission simultanée des sons et des données (GPS , par exemple) en numérique. Dans le même temps, permet la transmission du signal par internet. L’intérêt peut être majeur en cas de catastrophe naturelle. Par exemple, les Américains, en 2005 avec l’ouragan Katrina, ont connu d’énormes difficultés de communication car les relais terrestres étaient soit détruits, soit trop peu puissants. Avec un relais comme OUFTI en orbite, ce problème n’existe plus ! ».

Un quatuor s’est alors formé autour de cette idée d’implanter le protocole D-STAR dans un satellite. Car, comme les 3 mousquetaires, ils étaient 4 (les lignes suivantes en témoignent). Il était composé de Luc Halbach (alors à Spacebel), le professeur Jacques Verly (Institut Montefiore), Amandine Denis, assistante dans le Département d’aérospatiale et mécanique de l’ULg, et Gaëtan Kerschen. « Pour être très précis, insiste le professeur, notre but est scientifique ET pédagogique. Donc, nous dirigeons les travaux qui sont le fruit du travail des étudiants : ceux-ci étudient à la fois toutes les données, puis conçoivent et réalisent OUFTI ! » Et avec quel allant car, dès le début du projet – l’année académique 2007-2008 – les étudiants vont remporter un premier succès au plus haut niveau en convainquant l’ESA d’accepter gratuitement le CubeSat OUFTI-1 (alors à l’état de projet !) pour le lancement inaugural de VEGA, le successeur d’Ariane. « Il y avait 30 candidats, se rappelle Gaëtan Kerschen, dont neuf devaient être sélectionnés. C’est dire si nous étions heureux du succès de cette première étape, très bien menée, essentiellement par trois de nos étudiants, Stefania Galli, Jonathan Pisane et Philippe Ledent ! »

L’année académique suivante, 13 étudiants prendront la relève. L’un d’entre eux, Jérôme Wertz, réalise notamment un mémoire sur l’un des multiples aspects de ce projet : la conception et la réalisation du système de déploiement des antennes du nanosatellite. « Tout l’intérêt pédagogique du projet réside dans la conception d’OUFTI , car dans l’espace il n’y a pas de « garage » en cas de panne. Tout doit être éprouvé. Les batteries, par exemple, doivent être mises en condition spatiale, c’est-à-dire à l’épreuve du froid, des radiations ou de l’absence d’air ! Tous les circuits doivent être doublés, un système prévoyant un transfert d’un circuit à l’autre en cas de défaillance, etc. »

Première belge … et mondiale !

Dans quelques mois, le premier satellite immatriculé en Belgique sera donc envoyé sur orbite, à 500 km de la terre, afin de retransmettre dans le monde entier les conversations des radioamateurs, entre autres. La Belgique peut certes déjà s’enorgueillir de la présence d’un autre satellite, Proba, lancé en 2001 et conçu par une société anversoise (Verhaert-Qinetiq) et Spacebel, mais celui-ci a été immatriculé par l’ESA. On assistera donc à une « première » belge, autant qu’une « première » mondiale avec la première application de la technologie D-SAT en mode spatial ! Ces réalisations témoignent à tout le moins de l’intérêt manifesté par la Belgique pour la recherche spatiale, et les succès que ses ingénieurs et techniciens remportent.

Et ce n’est probablement qu’un début. « Deux autres projets sont en cours. Un Oufti-2 a déjà fait l’objet d’une étude de faisabilité en 2009-2010. Il permettra une collaboration avec l’Institut Royal de Météorologie (I.R.M.) dans la mesure où son objectif sera de dresser un bilan radiatif en orbite terrestre. Nous avons également un projet plus ambitieux qui s’appelle techniquement QB50 et qui est piloté par l’Institut Von Karman, à Rhode- Saint-Genèse. Il nous permettra d’étudier la thermosphère grâce à une constellation de 50 Cubesats doubles, soit deux fois la taille d’OUFTI . Et nous réfléchissons déjà au successeur de QB50, autour d’un concept qui nous permettrait de participer à cette magnifique recherche de toute possibilité de vie ailleurs dans l’espace ! ». La technologie développée n’en est donc aujourd’hui qu’à ses balbutiements, surtout dans ses applications. Mais les grands acteurs du secteur, comme la NASA, commencent aujourd’hui à financer le développement des nanosatellites.

« L’enjeu est aussi financier, bien entendu, rappelle Gaëtan Kerschen, puisque si un satellite comme Hubble coûte 8 milliards de dollars, un nanosatellite comme OUFTI coûte environ 100 0000 € en matériel ! En ce qui nous concerne, ce coût a été pris en charge par l’ULg et le Département fédéral de la recherche scientifique. »

Sous-marin russe…

Le premier OUFTI avait donc conquis sa place sur le premier lanceur Vega. Toutefois, différents retards dans la réalisation du projet ainsi que le timing européen du successeur d’Ariane ne permettront pas au satellite liégeois de partir cette année. Heureusement, il a trouvé sans grand souci une place sur un lanceur russe qui allumera ses réacteurs début 2013. « Ce lancement sera assez original, puisque OUFTI partira dans l’espace depuis un sous-marin russe, en Mer de Mourmansk. Il sera logé dans un missile désarmé, les ogives nucléaires étant remplacées par des satellites ! » Les yeux de Gaëtan Kerschen brillent à cette perspective. « Nous avons déjà les autorisations nécessaires de l’International Telecommunications Union (I.T.U.) pour utiliser deux des fréquences réservées aux radioamateurs : 145 MHz et 435 MHz. De plus, nous avons aussi installé au Sart Tilman une station-relais terrestre qui nous permettra de suivre de près le satellite et son activité. »

Le temps de communication possible entre la station au sol de Liège et OUFTI-1 est estimé à environ 14 minutes par passage, le nombre moyen de passages étant de trois par jour. Le satellite pourrait en principe demeurer presque 5 ans dans l’espace avant de se désintégrer dans l’atmosphère mais l’utilisation de composants non-qualifiés spatiaux pourrait réduire cette durée de vie utile à 1 ou 2 ans – nous sommes, rappelonsle, dans le contexte d’une première mondiale avec encore quelques paramètres aléatoires ! Quoiqu’il en soit, cette donnée laisse la porte ouverte, en cas de succès, à OUFTI-2 et famille.

De ce succès, des étudiants liégeois en seront assurés, début 2013, en entendant dans leur station terrestre du Sart-Tilman le signal émis par OUFTI-1, 500 km plus haut ! Un autre Liégeois, Ben Stassen, avait envoyé quelques « Flies on the moon » il y a quelques années. C’était en 3D et c’était du (bon !) cinéma animé… Aujourd’hui, une réalité scientifique !

www.leodium.ulg.ac.be/cmsms

 

De Liège à Kourou, excellence et compétitivité

Plus de soixante entreprises wallonnes sont aujourd’hui identifiées par Wallonie-Bruxelles- International (W.B.I.) dans les secteurs aéronautique et spatial. Elles participent peu ou prou à quasi tous les grands programmes internationaux. Il n’est pas une fusée Ariane qui ne contienne des composants wallons, pas un Airbus dont certains éléments n’aient été conçus par Techspace Aero (1 200 personnes) ou Sonaca (plus de 1 200). Et les centres de recherche ne sont pas en reste avec, en pointe, les universités comme on le voit ici, qui forment des techniciens et ingénieurs de pointe et de renommée européenne. Ainsi, en 2002, Philippe Gilson (ULg) a dirigé à Kourou le lancement d’Ariane 5 qui a placé sur orbite le plus gros satellite scientifique jamais construit en Europe : 8 tonnes pour 10 m de hauteur et 4 m tant en hauteur qu’en profondeur !

Rien d’étonnant, donc, à ce que les autorités régionales aient mis en place un Pôle de Compétitivité aéronautique et spatial, baptisé « SKYWIN Wallonie », avec deux clusters : Wallonie Espace et E.W.A. (Entreprises Wallonnes Aéronautiques) dont les entreprises emploient près de 6 000 personnes et génèrent un chiffre d’affaires d’1,37 milliard €.

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