Waw magazine

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L’entreprise Franki, basée à Flémalle, poursuit sa croissance et entend investir à l’étranger dans les années à venir.

Présente sur de nombreux chantiers, la société Franki est un incontournable du secteur de la construction en Belgique. L’histoire commence il y a plus d’un siècle, lorsqu’Edgard Frankignoul s’associe avec Edmond et Armand Baar pour créer la « Compagnie Internationale des Pieux Armés Frankignoul ». Le but de l’entreprise vise à l’exploitation, dans tout le pays, du brevet déposé en 1909 pour l’exécution du pieu en béton moulé dans le sol avec base élargie : le désormais fameux « pieu Franki ». Rapidement, le succès du procédé permet à l’entreprise de décrocher de nombreux contrats.

Près de vingt ans plus tard, environ une trentaine de filiales exploitent le brevet à travers le monde. Grâce à la forte demande des pieux (qui évoluent et s’adaptent aux époques), la société grandit et élargit sa palette d’activités. Spécialiste des techniques de fondations profondes, Franki se taille une solide réputation et aligne les performances. On lui doit ainsi, entre autres, la basilique de Koekelberg, la résidence Palace à Bruxelles, ou encore le creusement en un temps record du tunnel sous l’Escaut à Anvers, en 1931. L’année 1954 sera marquée par le décès du fondateur Edgard Frankignoul, dont un boulevard liégeois porte désormais le nom. Les Golden Sixties confirmeront le leadership de l’entreprise de par le monde. Après des années de prospérité, de turbulences, de hauts et de bas, en 1998, Franki passe aux mains du groupe familial Willemen, un des grands acteurs belges de la construction qui représente plus de 2000 emplois. Un tournant historique qui permet à la société liégeoise de redynamiser ses activités et s’affirmer à nouveau dans le monde de la construction. Franki est ainsi aujourd’hui active sur les Régions wallonne et bruxelloise avec des ambitions affirmées sur les voisins proches comme le nord de la France ou le Grand-Duché de Luxembourg.

Une vision, deux métiers

« Même si nous faisons partie d’un groupe important, nous gardons notre identité propre et nos spécificités », avance d’emblée Denis Bosson, directeur commercial. L’activité « pieux » a toutefois été abandonnée, compte tenu des évolutions technologiques, pour se recentrer sur deux grands secteurs. « Notre activité majeure porte sur le génie civil, qui a toujours été une composante fondamentale de l’entreprise. La deuxième comporte les volets construction, restauration et rénovation de bâtiments, mais aussi réparation de béton, dépollution de sites, traitement de terres… » Parmi les nombreux ouvrages réalisés, Franki s’est taillé une solide réputation dans la réalisation de maisons de repos, comme celle qui verra le jour en juin 2015 à Quaregnon. Un bâtiment basse énergie et axé sur des matériaux durables d’une capacité de 118 lits. « Nous nous sommes vraiment spécialisés dans l’excellence énergétique, en anticipant les normes et en fixant nos propres standards. À tel point que nous sommes reconnus comme experts dans le domaine des Blower dore test », poursuit Denis Bosson. Ce genre de procédé consiste en un test de pressurisation du bâtiment afin de déceler les faiblesses de l’étanchéité à l’air. Moins un bâtiment laisse échapper d’air, plus étanche il est, donc passif. Lorsqu’il s’agit de projet de grandes tailles, comme souvent pour Franki, on prévoit plutôt des tests d’étanchéité à l’air intermédiaires. Ils seront alors qualifiés de « tests d’orientation » permettant d’optimiser les interventions et de s’assurer de la qualité de l’étanchéité à l’air au travers des différentes phases de chantier.

« Notre activité majeure porte sur le génie civil, qui a toujours été une composante fondamentale de l’entreprise. La deuxième comporte les volets construction, restauration et rénovation de bâtiments, mais aussi réparation de béton, dépollution de sites, traitement de terres… »


À Braine-L’Alleud, Franki construit ainsi un nouvel immeuble de bureaux, The Genesis, d’une surface totale de 6000 m² et qui abritera près de 400 personnes. Il s’agit du premier immeuble de bureaux (dédiés à la location) qui réponde aux exigences de la certification passive dans le Brabant wallon. Un vrai défi qu’il faudra mener à bien en un temps record puisque la mise en service est prévue pour juin 2016. Une occasion de battre en brèche le sempiternel cliché qui veut que, dans le bâtiment, on soit systématiquement en retard ? «C’est souvent l’inverse en fait, car un chantier qui dure est un chantier coûteux. Sur n’importe quel projet, nous essayons d’anticiper les problèmes éventuels, de désamorcer des situations à risque avant qu’elles ne surviennent. En général, on termine même plus tôt que prévu !»

Un retour vers l’international

Dans un pays au marché aussi concurrentiel, il faut parfois se battre pour décrocher un contrat. « La Belgique est un pays déjà bien construit. En termes d’infrastructures ou de réseau routier par exemple, on arrive tout doucement à saturation. Donc, dès qu’un appel d’offres est lancé, tous les acteurs du secteur postulent. » Se développer davantage à l’étranger est donc une nécessité pour une entreprise de construction de l’envergure de Franki. « Dans cette optique, nous avons ouvert deux filiales à l’ étranger, au Luxembourg et en Slovaquie, où nous cherchons à nous diversifier davantage, notamment dans le secteur du génie civil », poursuit Philippe Beaujean, directeur général. « Nos activités prennent également pied sur le continent africain où nous sommes présents sur différents ouvrages importants, comme un barrage au Ghana. » Avec ses 120 millions € de chiffre d’affaires prévus pour 2014, Franki entend consolider sa position et surtout assumer sa place au sein d’un groupe 100% national, face aux mastodontes du secteur. « Le groupe Willemen est le plus grand groupe familial dans le domaine de la construction en Belgique. Et nous tenons particulièrement à le rester. Les décisions restent prises ici et nous ne dépendons donc pas d’une décision extérieure. » Maître d’oeuvre de nombreux ouvrages d’art comme le tunnel de Cointe l’écluse de Zandvliet, les barrages de l’Eau d’Heure ou même le métro de... Singapour, Franki compte bien ajouter de nouvelles références d’envergure dans les prochaines années, en Belgique ou ailleurs !

Multinationale dotée d’une tradition familiale, le groupe Knauf est spécialisé dans tout ce qui touche au parachèvement du bâtiment.

Cinq lettres italiques bleues sur fond blanc. Un logo connu et reconnu, et un nom qui l’est tout autant, que ce soit des professionnels du bâtiment, des architectes, des négoces en matériaux de construction, des enseignes de bricolage ou des particuliers. La «Deutsche Qualität», voire même la «Belgian Quality», caractérise ce groupe historique d’origine allemande bien implanté en Belgique. Des plafonds aux sols, en passant par les murs, les produits Knauf font preuve de diversité et d’innovation.

La tradition familiale

La création de la multinationale Knauf est avant tout une histoire de famille. Il faut remonter à l’année 1932 où deux frères allemands fondent la société. Jeunes ingénieurs des mines, Karl et Alfons Knauf se lancent dans l’extraction et l’exploitation du gypse, le minerai à la base du plâtre. Celui-ci devient alors un élément incontournable dans le domaine de la construction et du parachèvement de bâtiments.

« Hormis les enduits de plâtre, nous commercialisons et fabriquons des plaques de plâtre, des carreaux, de la laine de verre et des accessoires. Nous sommes les seuls à pouvoir offrir tout le parachèvement dans le bâtiment ainsi que tout ce dont le plafonneur aura besoin dans sa carrière, de la simple spatule à la machine à projeter. »


Rapidement, la société va grandir et se développer à l’étranger. En 1974, le groupe décide de s’établir à Engis. Lothar Knauf, un des membres de la famille, a pour mission d’y développer un site de production dont il restera directeur jusqu’en 2009. Installé en Belgique depuis 40 ans, il y a fondé une famille et est devenu Liégeois d’adoption. Siège social de la filiale belge, Engis produit des enduits de plâtre et les commercialise dans tout le Benelux. Georges Massart, directeur des Ressources humaines chez Knauf, explique la position peut-être plus « privilégiée » qu’occupe le site d’Engis. « Nous sommes une des plus anciennes filiales à l’étranger qui, pendant 35 ans, a été dirigée par un membre de la famille. Cela fonctionne comme dans une multinationale, mais le fait que ce soit familial reste au centre de la culture d’entreprise. Nous n’appartenons pas aux actionnaires ou à la bourse, mais à une famille d’entrepreneurs. »

En 2002, Knauf prend un nouveau tournant sur le plan mondial avec le rachat de la division laine de verre du groupe Alcopor (ex-Owens Corning). Constituée d’une usine de production à Visé et d’un centre européen situé près de Louvain-la-Neuve, Knauf Insulation voit ainsi le jour en Belgique. Outre Engis et Visé, la Belgique compte aussi deux sites de production de plaques et de carreaux de plâtre à Wielsbeke ainsi qu’un site de production de billes de styrène à Baudour. Les cinq sites belges représentent près de 850 emplois. Avec pas moins de 150 sites de production et de vente répartis dans 60 pays à travers le monde, le Groupe Knauf emploie 26 000 personnes et représente un chiffre d’affaires de plus de six milliards €.

L’innovation et la diversification comme leitmotiv

« Innovons ensemble ! », tel est l’un des slogans de Knauf. Se positionnant en leader, l’innovation est le fer de lance du groupe. Michael Mlynarski, responsable des ventes pour la Wallonie pour la gamme professionnelle, parle d’une « innovation presque semestrielle chez Knauf qui ne se laisse pas dépasser par le marché, se diversifie et innove dans tous les domaines ». Il donne comme exemples l’ECOfin, un nouveau plâtre pour professionnels ; la gamme « GALA » (Garden Landscape) qui est une gamme de mortiers de pose et de jointoiement pour les allées et terrasses. Et parmi d’autres, la gamme Sheetrock qui propose des pâtes de jointoiement et de finition prêtes à l’emploi. Les nouveautés sont nombreuses. Knauf, ce n’est donc pas que du plâtre comme il le confirme. « Hormis les enduits de plâtre, nous commercialisons et fabriquons des plaques de plâtre, des carreaux, de la laine de verre et des accessoires. Nous sommes les seuls à pouvoir offrir tout le parachèvement dans le bâtiment ainsi que tout ce dont le plafonneur aura besoin dans sa carrière, de la simple spatule à la machine à projeter. » Knauf possède également un centre de formation où la théorie est mise en pratique. Il est accessible aux clients professionnels, architectes, négoces et poseurs.

Destiné aux professionnels et bricoleurs amateurs

La marque n’est pas seulement destinée aux professionnels du bâtiment, aux architectes, aux entrepreneurs et négoces. Knauf s’est aussi élargi aux besoins des particuliers avec sa gamme Retail. Dans la plupart des cas, ce sont les mêmes produits, mais dans un conditionnement différent. On retrouve dans un magasin de bricolage des plaques de plâtre de soixante centimètres à la place des cent vingt ou encore le seau de dix kilos davantage maniable que celui de vingt-cinq. Par contre, des articles comme le Turbo Béton ne seront vendus qu’à monsieur et madame tout le monde pouvant ainsi bénéficier d’un béton prêt à l’emploi. Le site web regorge de manuels, de fiches explicatives en tout genre. Par exemple, dans le Guide du Bricolage, l’amateur trouve comment parachever un mur, réparer une fissure, carreler un mur ou un sol, appliquer du crépi ou jointoyer des briques. Je cherche un plafonneur met à disposition un outil de recherche pour trouver un professionnel près de chez soi. Knauf Belgium possède également sa chaîne YouTube où l’on peut visionner plusieurs vidéos pour maîtriser les techniques de parachèvement.

Un futur bleu, sans nuages

Après 40 années d’existence en Belgique, Knauf garde le cap ! Michael Mlynarski fait le point sur les perspectives futures dans le domaine de la construction et de la rénovation. « Pour synthétiser, la demande de nouvelles constructions de type 4 façades est en baisse. Actuellement, ce sont les maisons mitoyennes et les appartements qui ont la cote. Ce qui réduit les superficies habitables et, bien évidemment, la quantité de matériaux utilisés. La rénovation joue aussi un rôle très important. Dans l’état actuel de la conjoncture, les perspectives restent bonnes. » Knauf sait que 2015 sera une année aussi prometteuse que l’a été 2014.

KNAUF, VINCENT VAN GOGH ET MONS 2015

Quel est le lien entre Mons 2015, Capitale européenne de la Culture, et la société Knauf ? La rénovation de la maison de Vincent Van Gogh. Le peintre a séjourné à Cuesmes d’août 1870 à octobre 1880. Il s’est immergé complètement dans la vie des mineurs, allant jusqu’à descendre lui-même dans la mine. Cette expérience dans le Borinage a ensuite marqué son oeuvre. La maison a failli disparaître, mais a été sauvée de la ruine par des bénévoles dans les années 1970. Des travaux de réhabilitation ont encore eu lieu entre 2005 et 2007. Knauf fait partie du consortium d’entreprises qui participent à la rénovation de cette maison empreinte d’un riche passé. Ce projet original s’est avéré une opportunité intéressante pour la société, sa mission consistant en une intervention sur l’isolation et le parachèvement intérieur. Michael Mlynarski explique pourquoi le projet les a séduits. « Parmi les raisons qui ont motivé notre décision, le fait que les écoles provinciales et le Forem participent avec des stagiaires à la rénovation de la maison Van Gogh a été décisif. C’est probablement la première occasion qu’auront ces étudiants en bâtiment de réaliser un travail concret. Même si on ne s’intéresse pas à l’art, tout le monde a entendu parler de Van Gogh. Ce projet va leur permettre de participer effectivement au parachèvement de la maison. » Le consortium se serait engagé à rendre les clés d’une maison d’une valeur de 275 000 € pour 2015.

La Rascasse, le Portier, le Casino, le Karrussel, Blanchimont, La Source, Tamburello... Autant de noms de virages célèbres que connaissent bien les amateurs de Formule 1 ! Ils appartiennent à ces circuits tout aussi mythiques que sont le Nürburgring, Monza, Monaco ou Francorchamps.

Et puis, il y a le Raidillon, ce véritable « mur » qui a octroyé au circuit de Francorchamps cette réputation de « Grand Juge » qui lui colle au bitume et grâce auquel, comme le disait Dan Gurney (vainqueur du Grand Prix de Belgique F1 en 1967), on peut « voir la différence entre les hommes et les petits garçons ! » Ce virage de légende – probablement le premier virage créé artificiellement en Europe pour la compétition automobile et motocycliste – a été créé en 1939. Il fête donc cette année son 75e anniversaire !

Écrasé avant de s’envoler

Le Raidillon est un enchaînement de virages « gauche-droite-gauche » dont la caractéristique majeure réside dans la montée vertigineuse qu’offre le virage à droite, alors que la sortie de cette courbe est à gauche et débouche sur une longue ligne droite. Ainsi, lorsque le pilote se présente à près de 300 km/h à l’entrée de l’enchaînement, il se trouve face à un « mur » (17% de pente !) avant d’être écrasé successivement dans son baquet en entrée de courbe (4G de force latérale en F1) , puis de « voir le ciel » et, quasi totalement délesté sur une bosse (1G de force verticale en F1 !) , se sentir presque « pousser des ailes » en fin de virage puisque, selon les ingénieurs, la voiture est alors quasi en apesanteur... Le regretté Jacques Villeneuve était un vrai fan de ce Raidillon. « À chaque passage, expliquait-il, c’est un combat entre votre instinct de survie qui vous commande de lever le pied, et votre envie de repousser vos limites. Il faut être très courageux au moment d’aborder cette montagne ! Et s’il n’y avait pas ce risque, il n’y aurait pas ce plaisir du pilotage. »

Exit « l’ancienne douane »

Lorsqu’en 1920, le directeur du journal La Meuse, Jules de Thier, avec son ami Henry Langlois Van Ophem, qui présidait de la commission sportive du R.A.C.B., décidèrent de créer un circuit automobile à Francorchamps, ils ne savaient pas encore qu’ils allaient inscrire en lettres d’or le nom de cette petite commune dans l’histoire de la compétition auto et moto au niveau mondial ! Le circuit lui-même fut à vrai dire rapidement tracé, avec le soutien également du bourgmestre de Spa, le baron Joseph de Crawhez. Les routes qui relient Malmedy, Stavelot et Francorchamps furent sommairement aménagées et dès 1921, les courses se succédèrent sur un circuit très rapide, long de plus de 15 kilomètres. Francorchamps ouvrait alors sans le savoir une nouvelle ère de la compétition automobile puisqu’en 1922 fut créé le circuit de Monza, en Italie ; le Nürburgring, en Allemagne, suivit en 1927, tandis que le circuit urbain de Monaco fut inauguré en 1929.

Aux yeux de ses créateurs, le circuit de Francorchamps se devait d’être un must à tous points de vue et, surtout, le plus rapide ! Or, un virage – ou plutôt une épingle, en forme de U – posait problème à cet égard : il s’agissait du virage dit « de l’ancienne douane », proche de l’Eau Rouge, qui ralentissait considérablement les compétiteurs. C’est ainsi que les responsables des courses, en 1939, décidèrent de « couper » ce virage par une longue courbe à droite à franchir en pente raide d’où ce nom qui deviendra rapidement célèbre : le « Raidillon » qui, en réalité, concrétisait à merveille le dessein premier d’Henry Langlois qui avait dit, en traçant le circuit 19 ans plus tôt : « Le site de la vallée de l’Eau Rouge est l’emplacement rêvé. On pourra y suivre toute la montée de Burenville ! ». Vision prophétique !

Consécration du circuit le plus « vite »

Les stars de l’époque adoptèrent rapidement cette modification en dépit du danger supplémentaire qu’il offrait car, à l’époque déjà, les bolides atteignaient 300 km/h alors que les pilotes ne disposaient même pas de simples ceintures de sécurité. L’Italien Tazio Nuvolari – qui pilota notamment des motos Saroléa avant d’entamer une fructueuse carrière automobile – ne tarissait pas d’éloges sur cette courbe. « Ce nouveau virage rend le tracé encore bien plus sélectif, expliquait-il, parce qu’il met en évidence les qualités de tenue de route des voitures à un endroit où le public est toujours très nombreux ! »

Ce public dut toutefois attendre la fin de la guerre pour pouvoir vraiment profiter de ce nouveau et spectaculaire virage, d’autant que le conflit avait laissé les installations du circuit très dégradées. Une nouvelle piste et de nouvelles tribunes furent dès lors aménagées et, en 1946, les autorités de l’époque inaugurèrent un nouveau « Circuit National de Francorchamps » doté d’un comité de gestion provisoire. Deux ans plus tard, l’Intercommunale du Circuit fut également créée avec la Province de Liège, les 5 communes traversées par le circuit, l’État belge, le Royal Automobile Club de Belgique (R.A.C.B.) et la Fédération Motocycliste de Belgique (F.M.B.).

C’est ainsi que les responsables des courses, en 1939, décidèrent de « couper » ce virage par une longue courbe à droite à franchir en pente raide... d’où ce nom qui deviendra rapidement célèbre : le « Raidillon » qui, en réalité, concrétisait à merveille le dessein premier d’Henry Langlois

 

Spectacle de tous les instants

Au fil des ans toutefois, et avec les avancées technologiques dont bénéficient les bolides, les vitesses de passage en virage devinrent très élevées et les dégagements alentours du Raidillon devinrent trop étroits. La piste fut ainsi élargie en 1970, mais c’est en 1983 qu’intervint le changement le plus important, avec le déplacement du virage de 10 mètres vers la droite. De cette façon, l’angle de la courbe fut nettement diminué mais parallèlement, et paradoxalement peut-être, les vitesses de passage furent augmentées.

Ceci eut pour conséquence d’imposer la mise en place d’importants secteurs de dégagement (rendus possibles par le déplacement de la courbe) et surtout, d’engendrer un spectacle encore plus étonnant et de tous les instants. Les amateurs de F1 se souviendront encore longtemps, par exemple, du dépassement inouï qu’opéra Mark  Webber et sa « Red Bull » sur la Ferrari de Fernando Alonso lors du GP de 2011. Et certains de rêver du retour du MotoGP à Francorchamps, question d’y voir les bagarres homériques entre les Marquez, Lorenzo, Rossi et autres Pedrosa et de se rappeler celles, toutes aussi homériques, de Surtees, Hailwood, Agostini ou Read. Mais ceci est une autre histoire.

La mémoire du mythe : René Bovy !

WAW vous proposera prochainement la suite de cette histoire avec, en guise de guide, une personnalité tout aussi mythique : René Bovy, la mémoire de Francorchamps et de son histoire. Premier secrétaire-trésorier du « Circuit National de Francorchamps », René Bovy est né en 1922... dans le virage de Masta – au milieu du circuit ! Il en connaît tous les recoins et toute l’histoire, et anime encore aujourd’hui avec Herman Maudoux, Pierre Christophe et d’autres, le Musée du Circuit. Avec eux, la légende de Francorchamps n’est pas prête de s’éteindre !

Ce sont des chambres d’hôtes d’un autre type que proposent, sur les hauteurs de Ferrières, Dominique Megali et Alain Laby. Tandis qu’en cuisine, les produits du terroir s’attendrissent à feu doux, dans l’espace bien-être, sauna, hammam, jacuzzi et massages s’emploient à faire fondre votre stress. Et la chambre « Emmanuelle » n’est pas moins chaude.

Quand j’étais assistante sociale, je visitais mes clients. Quand je suis devenue déléguée commerciale, j’ai continué à aller vers les autres. Je me suis donc dit, pour « ma troisième vie, que c’était au tour des gens de venir à moi ! » Le raisonnement de Dominique, la maîtresse de maison, a ceci de commun avec l’eau du jacuzzi installé dans le jardin qu’il est limpide et pétille de fraîcheur. Le cas d’Alain, son mari, est en revanche plus complexe. La trajectoire de l’eau qui serpente d’une cascade à l’autre entre les plantes du jardin est de loin plus prévisible que le parcours emprunté par le Waremmiens au cours de sa vie professionnelle. En effet, s’il a étudié la kinésithérapie, il a gagné sa croûte en dirigeant un car-wash d’abord, une entreprise vendant des piscines et des saunas ensuite. Une chose est sûre, l’homme, qui a imaginé et réalisé tant l’espace intérieur que l’aménagement extérieur de « La Fiole Ambiance », n’a pas peur de se mouiller. « Au fur et à mesure que les années passaient, je sentais que ce qui me passionnait vraiment, c’était l’architecture », nous explique-t-il, en mettant la dernière main à la piscine « bien-être » qui sera accessible dès cet été. « Réfléchir à des projets, imaginer de nouveaux plans, créer des aménagements, sont peu à peu devenus mes passe-temps préférés. »

C’est de la volonté de de tenter « autre chose » qu’est né cet établissement chaleureux qui a réchauffé d’un seul coup le rugueux hiver 2012 - 2013. Dans le prolongement de l’habitation du couple, « La Fiole Ambiance » est un ancien relais postal transformé en chambres d’hôtes classées « 4 épis » par le Commissariat général au Tourisme et proposant également, à l’attention de ses clients, des tables d’hôtes. L’accouchement ne s’est cependant pas fait d’un coup de baguette magique, mais plutôt à coups de masse et d’huile de bras, comme en témoignent les cinq années de travaux menés avec des artisans locaux pour faire de cette bâtisse en moellons un joyau dédié au repos et au bien-être.

Après l’osier d’Emmanuelle, le fauteuil massant « Nous avons essayé de conserver au maximum les volumes et pierres d’origine, comme on peut le constater ici, dans le bar, qui a été aménagé autour de l’ancienne mangeoire pour chevaux », explique Dominique en servant cocktails et bières locales en guise d’apéritifs. « Nous avons percé des murs afin de faire une ouverture vers le jardin et, dans l’espace dégagé, nous avons aménagé trois chambres tout confort : la chambre “Matiti”, que nous avons décorée avec des objets ramenés d’Afrique, la chambre “Don Quichotte”, garnie d’accessoires et de peintures sorties de l’univers du héros de Cervantès, et la chambre “Emmanuelle”, avec le célèbre fauteuil en osier qui seyait si merveilleusement à Sylvia Kristel. » Et d’ajouter d’un ton coquin : « Nous avons déposé devant la télévision le DVD du film, histoire d’ajouter à l’ambiance. »

Pas de moulin à pourfendre ni de dulcinée à conquérir, en revanche, dans la chambre « Don Quichotte ». Le matin, c’est une armure plus légère – un kilt, un peignoir et des sandalettes – qui nous attend afin d’affronter les vapeurs du bien-être. « Nous avons voulu nous différencier des autres chambres d’hôtes en mettant, à l’attention des couples, un espace propice à la relaxation, avec sauna, hammam, cabine infrarouge, jacuzzi et table de massage », expliquent nos hôtes. Qui ont chacun leur façon de présenter leur arsenal chauffant. Dominique : « Le sauna, c’est une sorte de four préchauffé à 60 ou 80°, tandis que la cabine infrarouge, c’est le four à micro-ondes : vous réglez la température en entrant et c’est parti ! » Alain : « Dans le hammam, la vapeur vous donne l’impression d’être noyé dans le brouillard, alors que dans le sauna, vous êtes allongé dans une chaleur sèche, comme si vous étiez dans le désert. » Quelle que soit l’option choisie (mais vous pouvez bien sûr faire la totale, et même terminer par le bain d’eau glaciale qui vous tonifiera les tissus), la table de massage vous attend ensuite à l’intérieur de la maison, à côté d’un petit salon exotique. « Vous pouvez vous masser entre vous, car je ne masse pas moi-même, enfin pas encore », annonce Dominique. Les clients peuvent aussi s’abandonner dans l’imposant fauteuil électrique. Même s’il n’a rien en commun avec l’osier d’Emmanuelle, ils y seront en de bonnes mains. L’effet massant, plutôt surprenant au départ, provient des multiples vibrations obtenues par les mouvements des coussins d’air et d’airbags. Nulle partie du corps n’y échappe, d’ailleurs les bras et les pieds sont prisonniers dans des étuis. « Un géant couché, à l’attaque ! », aurait hurlé Don Quichotte. « Décontractez-vous, susurre au contraire Dominique. Si vous vous laissez aller, vous allez vous sentir étonnamment bien ! »

Une cuisine et des produits du terroir

Après le bien-être du corps, les plaisirs de la bouche. Les repas du soir se prennent dans la véranda couverte. Garnies d’une vaisselle élégante choisie par Dominique au hasard des brocantes, les tables sont proches l’une de l’autre tout en permettant aux couples d’entretenir une pincée d’intimité. Les plats filent et les produits du terroir défilent. Brouillade de saumon dans sa coquille d’œuf, poulet fermier aux mirabelles, trio de fromages, tarte au citron meringuée. À l’image de la passion de son mari pour l’architecture, celle de Dominique s’est révélée tardivement. On ne saura jamais si c’est elle qui est allée vers la cuisine ou la cuisine qui est venue vers elle, mais c’est délicieux. « Nous allons chercher nos jambons à Izier, nos fromages proviennent de la Fromagerie des Ardennes à Werbomont et de la Chèvrerie d’Ozo, les confitures que vous goûterez demain matin sont faites à Hamoir », énumère la maîtresse de maison en mettant un point final à la cérémonie en nous servant une Prunette de Harre, liqueur promue par la Confrérie Glorieux Saint-Hubert, à Manhay. « C’est peut - être cela, la fameuse fiole », pensons-nous en levant notre verre.

REPÈRE POUR GASTRONOMES

Le déplacement jusqu’à la Ferme de la Tour vaut la peine. Au bout du chemin se trouve une boutique gourmande, une véritable caverne d’Ali Baba, un lieu dédié aux épicuriens. 

C’est là qu’il y a 17 ans maintenant, Monsieur et Madame Schrevel ont eu un irrésistible coup de cœur pour cette ancienne ferme dont le corps de logis date du XIIe siècle et les granges, de 1809 exactement. Ardent défenseur des valeurs gustatives de qualité, le couple décide d’y installer un élevage et la production de canards gras et ses dérivés. L’aventure commence bien. Toutefois, au bout d’environ quatre ans, le couple se heurte à quelques contraintes d’ordre pratique et légal ; il n’existe pas en Belgique d’abattoirs consacrés à ce type de produit. Qu’à cela ne tienne, ils décident alors de rejoindre un groupement de coopérateurs dans le Périgord (Mont-de-Marsan), là où les canards bénéficient d’un bel espace et de l’alimentation indispensable à leur croissance. Là-bas, le personnel spécialisé dispose d’un équipement adéquat pour l’élevage et l’abattage de canards. Plusieurs fois par semaine, un camion livre les volailles entières à la Ferme de la Tour. Et c’est dans les ateliers de Glimes que commencent les différentes phases de traitement du canard : fumage, cuisson, emballage, étiquetage. Au menu, foies gras de mulard crus ou cuits au torchon, magrets frais ou farcis, fumés sur place, confits, gésiers, rillettes et pâté 100 % canard. 

La clientèle est composée de consommateurs avisés, mais aussi de restaurateurs dont « L’Air du Temps » qui affiche une fidélité de 17 ans à l’établissement, les deux maisons ayant débuté leurs activités à un mois d’intervalle. 

Dès l’entrée du magasin logé dans une ancienne étable jouxtant la maison, on est séduit par le choix des mets proposés. Parce que les beaux produits demandent à être bien accompagnés, des toasts, des biscuits fins, salés ou sucrés, des confitures (offertes à la dégustation) s’alignent sur des présentoirs et des petites commodes anciennes. Les produits de la mer ne sont pas oubliés : les homards en viviers, les soupes de poisson et une véritable rouille, font saliver le chaland qui résiste difficilement aux tentations gourmandes. Une belle place est réservée aux productions belges, à savoir des fromages de chèvre ou de vache frais ou affinés. Enfin, l’entreprise suggère quelques vins choisis, notamment une production viticole belge... et même wallonne !

Au pays de la bière, on boit aussi du café. Et si la blonde, la brune et l’ambrée sont prisées à travers le monde, le café wallon fait aussi parler de lui.

Dans l’imaginaire collectif, le café liégeois renvoie au dessert à base de café légèrement sucré, très prisé en France mais qui n’est pas du tout une spécialité de la ville de Liège. Son origine remonte à la Première Guerre mondiale, où la défense héroïque des forts de Liège impressionna jusqu’aux terrasses des cafés de Paris. Première ligne de défense contre les armées allemandes, la cité des Princes-Évêques suscite le respect des Français qui, lorsqu’ils apprennent que l’ennemi avait fait appel aux artilleurs autrichiens pour abattre les forts de la ville, décident de débaptiser le café viennois pour le renommer en l’honneur des résistants liégeois ! Un nom, qui n’a plus changé depuis. « Cette dénomination constitue un léger obstacle à notre développement en France, explique en souriant Christophe Deharre, responsable marketing de la marque wallonne. Il ne faut pas que les potentiels clients fassent de confusion. » Créée en 1955 par Charles Liégeois, l’entreprise Café Liégeois s’est petit à petit imposée comme un torréfacteur important de la région, pour devenir le plus important de Wallonie avec une production de plus de 4000 tonnes de café par an. Au sortir de la guerre, l’entreprise travaille d’abord avec la chicorée, moins chère et largement consommée, avant de se réorienter vers le café traditionnel. La marque s’installe petit à petit dans l’horeca local avant de dépasser les frontières de la province et gagner en notoriété.

Première ligne de défense contre les armées allemandes, la cité des Princes-Évêques suscite le respect des Français qui, lorsqu’ils apprennent que l’ennemi avait fait appel aux artilleurs autrichiens pour abattre les forts de la ville, décident de débaptiser le café viennois pour le renommer en l’honneur des résistants liégeois ! Un nom, qui n’a plus changé depuis.


« Depuis, les marchés se sont ouverts et notre croissance à l’exportation est constante. Près de 55 % de notre production part à l’étranger. On commence à être reconnu, et sur différents secteurs. » Premier client, la France, où la marque liégeoise a pu développer des partenariats avec différentes chaînes de grande distribution. Le café y est ici vendu en « marque producteur », c’est-à-dire au nom de l’enseigne, même si la torréfaction reste liégeoise. « Nous avons très rapidement pu nous positionner sur le secteur des dosettes Senseo et Nescafé et lorsque la demande a explosé, nous avions déjà une marge d’avance sur la concurrence. De plus, nous sommes très flexibles, puisque nous disposons de notre propre imprimerie et pouvons proposer toute une gamme de packaging différent. » À côté de cette production importante, Café Liégeois mise aussi sur le haut de gamme, avec des cafés d’origine pure, à haute valeur ajoutée, que l’on retrouve dans les grands restaurant ou hôtels.

Une histoire de famille

Actuellement dirigée par Michel et Benoît Liégeois, les enfants de Charles, la société tient à conserver son identité propre via un actionnariat familial indépendant de tout groupe agroalimentaire. « Notre métier, c’est vraiment celui de torréfacteur. On connait le café, son milieu, ses spécificités. » Même si l’entreprise a développé d’autres activités, comme la vente de sucre conditionné en sachets ou le placement et l’entretien de machines à café chez les professionnels, le coeur de la société ne bat que pour le café. « On essaye de diversifier notre offre et de proposer de nouveaux produits sur notre marque propre. Il est donc important de poursuivre nos partenariats avec le secteur de l’horeca, qui reste une porte d’entrée intéressante pour attirer de nouveaux clients », poursuit Christophe Deharre. Consciente de sa taille, « nous étions un grand parmi les petits, on devient maintenant un petit parmi les grands », la société mise donc sur ses valeurs et sa passion pour le café pour offrir un café différent et promouvoir une forme d’éducation autour de lui. « C’est une matière vivante, comme le vin finalement. Il existe une quantité de goûts différents, de variétés. On songe par exemple à proposer des cafés saisonniers, ce qui va dans l’ordre naturel des choses finalement. »

CAFÉ LIÉGEOIS EN CHIFFRES

 

Seconde marchandise échangée au monde, le café est même la première denrée agricole commercialisée sur la planète, devant le blé et le sucre. Soumis aux spéculations de la bourse, son prix fluctue souvent sans raison apparente, non sans poser certains problèmes : « On reste malheureusement assez impuissant face aux changements des cours du café, même si on essaye de ne pas répercuter directement le prix sur le consommateur. Mais nous ne pouvons pas décider de ne plus acheter pendant trois mois en attendant que le prix baisse, au risque de se retrouver en pénurie de stock. »

On estime à plus de 100 millions le nombre de personnes vivant directement de la caféiculture. Une manne importante pour de nombreux pays en développement, et qui représente aussi un enjeu éthique majeur. De nombreux travailleurs demeurent encore exploités et sous-payés par une industrie pas toujours très regardante sur les conditions de travail et de rétribution de sa main-d’œuvre.

On estime à plus de 100 millions le nombre de personnes vivant directement de la caféiculture. Une manne importante pour de nombreux pays en développement, et qui représente aussi un enjeu éthique majeur.


Conscient de la situation, Café Liégeois a mis sur le marché, depuis plusieurs années déjà, une gamme de produits Fair Trade et bios, baptisée Mano Mano. À la faveur d’un voyage dans l’État du Chiapas, au Mexique, Michel Liégeois, en association avec l’ASBL Terres Solidaires, a décidé d’apporter son aide aux producteurs locaux en leur garantissant un prix minimum qui ne serait plus divisé entre différents intermédiaires. Une démarche équitable qui se veut pérenne et cohérente. Pas question d’apposer un simple vernis de respectabilité marketing. « La philosophie prônée par l’entreprise doit être globale. Il serait ridicule d’aider les populations de ces régions, les encourager à développer des solutions écologiques sans nous imposer non plus nos propres principes. » Les initiatives durables sont donc légion au sein de l’entreprise, qui, sur son site de Battice, s’impose un bilan carbone strict. « On a repensé nos flux de transport, notre dépendance par rapport au pétrole, à l’électricité, la recherche de packaging écologique. Le tout dans une démarche de responsabilité sociétale des entreprises, qui va même plus loin que ce qu’on nous demande de faire », conclut Christophe Deharre.

Dans les mois qui viennent, l’entreprise compte augmenter sa capacité de production en agrandissant ses locaux. De nouveaux marchés apparaissent, avec une demande croissante venant d’Asie et plus particulièrement de Chine, qui commence à s’éveiller au café.

PETITE HISTOIRE DU CAFÉ

Impossible d’imaginer un petit déjeuner sans café ou un repas qui ne se termine par une « petite tasse ».

Boisson universelle par excellence, le café trouverait son origine en Éthiopie, depuis la lointaine province du Kaffa où, selon la légende, un jeune berger aurait été intrigué par le comportement de ses chèvres après avoir mangé les fruits d’un arbre. Il est difficile de dater et encore moins de certifier l’anecdote, mais dès le XVe siècle, la boisson se répand dans la région, grâce aux pèlerins se rendant à la Mecque. L’alcool étant interdit par l’Islam, ce breuvage, dénommé K’hawah, rencontre un grand succès.

Au détour des années 1620, le café débarque en Europe et s’impose rapidement à côté du chocolat et du thé, fraichement découverts. Les grandes puissances implantent des caféiers dans leurs propres colonies, où le climat y est plus favorable. Le café pousse en effet dans les pays situés au niveau de l’équateur. Certaines conditions climatiques doivent être réunies pour permettre l’épanouissement du plant de café, notamment une température moyenne de 20 degrés et une humidité de l’air relativement élevée. Le café est actuellement la deuxième boisson (derrière le thé) la plus consommée au monde. Même si les plus gros buveurs se trouvent en Scandinavie, le Belge en est particulièrement friand puisqu’il consomme 5,8 kg de café par an !

Grand amateur de vins, Gert Noël, à l’occasion d’une réunion familiale, pense créer un bouchon alternatif pour les bouteilles de vin. Une idée… géniale !

L'homme d’affaires et son fils, Marc, décident de mettre à profit plus de quarante années d’expérience dans le domaine des produits dérivés de l’extrusion* de matériaux synthétiques et lancent leur projet en 1993. Après six années de recherche et de développement, le bouchon Nomacorc est né. À travers le monde, les grandes caves et les producteurs de vins comprennent le potentiel de ce produit qui apporte enfin une solution au problème du goût de bouchon.

Depuis, Nomacorc est devenu le leader mondial du marché des bouchons synthétiques pour vin tranquille. L’entreprise s’appuie sur un procédé breveté de co-extrusion pour la fabrication de sa gamme de produits. Ces bouchons garantissent par conséquent une gestion de l’oxygène homogène et prévisible. Ils éliminent en outre les risques d’altération du goût liés aux phénomènes d’oxydation, de réduction ou de goût de bouchon. Ces bouchons, recyclables à 100 %, sont disponibles via un réseau de distributeurs et d’agents répartis sur les cinq continents. L’entreprise, qui emploie plus de 500 personnes à l’échelle mondiale et qui possède des unités de production de pointe aux États-Unis, en Belgique, en Chine et en Argentine, produit près de 2,4 milliards de bouchons par an.

Créé en 2003, le site de production de Thimister-Clermont est implanté au cœur du Pays de Herve, en province de Liège. Normal, pour des bouchons ! L’entreprise, qui collabore avec divers instituts de recherche vinicole de renommée mondiale, est à la tête du secteur des bouchons pour vin tranquille en termes de recherche fondamentale et appliquée dans le domaine de la gestion de l’oxygène dans le vin.

DES CHRONIQUEURS ŒNOLOGIQUES ET DES VIGNERONS PARLENT DE NOMACORC

— Quand vous sentez un bouchon Nomacorc au débouchage comme vous le feriez pour un bouchon de liège, vous pouvez détecter une légère odeur caractéristique mais qui n’est plus présente dans la dégustation du vin. En termes de neutralité organoleptique, je préfère un liège, mais je continue avec Nomacorc sur mes rosés pour la complexité olfactive. Cela étant posé, la marque en question offre une bonne solution (j’insiste sur bonne) à la plupart des problèmes posés par le liège, sinon même tous.

— La seule chose que je prétends, mais avec force, c’est qu’un vin qui était bon au moment de la mise en bouteille et qui ne l’est plus par après, on ne peut pas considérer cela comme un accident de parcours, quelque chose qui arrive et à quoi on doit se résoudre : c’est un problème et il est inacceptable pour le client. Après, chacun voit comment il le résout. Moi, je préfère le prévenir.

— Rares sont les vignerons qui parlent du bouchage de leurs bouteilles, cela semble tabou. Et quand ils en parlent, c’est souvent pour parler du liège. Il me semble que comme je l’ai dit, ils considèrent, comme nombre de professionnels, que les bouchages autres que le liège sont appropriés au bas de gamme. J’ai eu clairement des faux-goûts de type « plastique » sur des rosés bus ici ou là, et bouchés par des polymères bon marché, mais pas avec Nomacorc.

 

Analyse du cycle de vie

Nomacorc a achevé sa première analyse du cycle de vie pour son produit le Nomacorc Classic+. Les résultats montrent des améliorations significatives pour toutes les catégories entre 2008 et 2011. Les raisons de ces progrès incluent une formulation plus efficace du produit, le travail avec des fournisseurs locaux de matières premières, une plus grande efficacité d’expédition et une meilleure utilisation des sources d’énergie renouvelable. « Cette étude de l’analyse du cycle de vie montre le progrès constant qu’accomplit Nomacorc pour réduire au minimum l’empreinte environnementale de ses bouchons, précise Lars von Kantzow, président de Nomacorc. Elle démontre également l’engagement de la société pour comprendre et continuer à améliorer l’impact sur l’environnement de sa gamme complète de bouchons, en prenant en compte tout le cycle de vie. » Cette méthodologie examine une large gamme d'impacts sur l'environnement, liés à chaque étape de production et d’utilisation des bouchons synthétiques. Pour les bouchons produits en Belgique entre 2008 et 2011, l’étude a montré des améliorations spectaculaires, avec une réduction d’impacts s’étendant de 13 % à 92 %. Ces avancées réalisées en Belgique sont en grande partie dues à l’utilisation à 100 % d’énergie renouvelable pour faire fonctionner les installations. Pour les bouchons fabriqués aux États-Unis, l’étude a montré une importante réduction d’impacts de 10 à 23 %, à travers tous les indicateurs environnementaux.

NOMACORC en chiffres

 

Proches des bouchons de liège

La qualité et les performances supérieures de ces bouchons ont rapidement gagné la confiance, au niveau international, du secteur du vin. Dépositaire d’un brevet unique en son genre, c’est le principe de la co-extrusion qui permet la production des bouchons identiques. Chaque bouchon est composé d’un cœur en mousse et d’une peau extérieure souple. Ce procédé bénéficie d’un taux de transmission d’oxygène constant. Ces bouchons sont proches des bouchons en liège par leur apparence et leur toucher tout en évitant tout risque de goût de bouchon, de casse et la diffusion de poussière de liège. Ils préservent le vin de manière constante et régulière. Au fil du temps, Nomacorc a développé et étoffé sa gamme de produits et propose maintenant plusieurs types de bouchons élaborés pour répondre, de manière fiable, aux différents styles de vinification ainsi que d’exigences en matière de gestion de l’oxygène et de durée de préservation du vin. Une constante recherche de progrès entre tradition et innovation technologique.

Analyse d’oxygène

Nomacorc vient d’assurer le lancement de la nouvelle génération de NomaSense™, le système d’analyse d’oxygène. Le nouvel appareil NomaSense est le premier « TPOmètre » portable conçu spécifiquement pour l’industrie du vin. Il permet aux utilisateurs de mesurer et contrôler le taux d’oxygène dans le vin, particulièrement au moment de l’embouteillage. Avec cette nouvel le innovation NomaSense™, les vignerons peuvent mesurer l’oxygène contenu dans l’espace de tête des bouteilles ou dissous dans le vin, en utilisant un logiciel intégré pour déterminer le TPO (oxygène total des bouteilles). Il peut aussi servir d’outil de contrôle de qualité, mais est plus spécifiquement conçu pour les laboratoires et les études scientifiques. « La capacité de mesurer et gérer l’oxygène est primordiale pour assurer la qualité du vin et allonger la durée de vie du vin », souligne Stéphane Vidal, directeur Œnologie chez Nomacorc.

AVIS D'ŒNOPHILES

Jacques Gièrs et Patrick Fiévez animent depuis début 2010 le site www.leguidedachatdesvins.be qui a pour mission de déguster (« à l’aveugle », bien sûr) des vins à moins de 10 € vendus en grande distribution. À ce jour, près de 2200 vins ont ainsi été testés et 23 % d’entre eux ont été honorés d’un commentaire sur leur site. « Des bouteilles obturées par des bouchons traditionnels en liège qui demeurent – de loin – la majorité, mais aussi des capsules à vis et des bouchons alternatifs dont l’extrême majorité sont produits par Nomacorc », analysent les deux dégustateurs. « Les producteurs de vins du nouveau monde semblent être les plus importants utilisateurs des Nomacorc. On ressent encore en Europe, et plus particulièrement dans les grandes régions productrices (Bordeaux, Bourgogne, Toscane, Rioja…), de la frilosité pour l’utilisation de ces bouchons. À moins que ce ne soient les consommateurs qui soient réticents. Néanmoins, de plus en plus de vignerons, caves coopératives et négociants de certaines régions – comme le Languedoc, ce nouvel Eldorado des vins français – font maintenant confiance à cette marque de bouchons synthétiques. » Des remarques concernant leur débouchage ? « Oui, poursuivent-ils. On peut tout d’abord constater que le problème de vin bouchonné n’existe pas. Ce qui est rassurant, mais il faut aussi reconnaître que sur les 440 vins dégustés l’an dernier, peut-être cinq seulement présentaient ce défaut. Ensuite, pour émettre une critique, les bouchons alternatifs de type Nomacorc peuvent poser des problèmes lorsqu’il s’agit de déboucher les bouteilles avec des tire-bouchons de type professionnel comme le Screwpull par exemple. Parfois, le bouchon semble littéralement coller à la paroi interne du goulot. Ceci dit, un autre point positif réside dans la diversité de couleurs proposée : cela met un peu de gaieté et tranche avec la morosité liégeuse des bouchons traditionnels. »

* Extrusion : procédé de fabrication thermomécanique par lequel un matériau est compressé. [retourner à la lecture du texte]

Blanc ou complet, aux raisins ou de mie, dans tous les cas, on l’aime tranché. Au supermarché ou en boulangerie, rares sont ceux qui ne repartent pas avec leur pain coupé et emballé. Rencontre avec JAC, leader sur le marché des machines à trancher.

UN PEU D’HISTOIRE

Il faut faire un sacré bond en arrière pour voir l’apparition des trancheuses à pain en Belgique. Les Américains sont venus avec les leurs pendant la Seconde Guerre mondiale et en ont oublié quelques-unes. On doit d’ailleurs l’invention à un ingénieur américain, Frederick Otto Rohwedder. Depuis 1912, il essayait de développer une trancheuse. Il faut attendre juillet 1928 pour son utilisation dans une boulangerie de Chillicothe, au Missouri. Grâce à sa facilité d’utilisation, le pain tranché s’est ensuite répandu dans le monde comme une trainée de poudre.

Chez Carrefour, Colruyt, Delhaize ou encore Auchan, les trancheuses à pain JAC occupent une place de choix au rayon boulangerie. Ces trois petites lettresont fait la renommée de cette entreprise. Tout s’amorce en 1990, rue Verte Voie, à Liège, avec Baudouin Van Cauwenberghe, ingénieur civil de formation, à la recherche de nouveaux défis. Entrepreneur avant tout, il avait déjà repris une petite entreprise près de Bruxelles quand cette nouvelle opportunité se présenta. À ce moment-là, la société, créée en 1946, avait besoin de quelqu’un pour relancer l’activité.

Encore actif aujourd’hui dans le groupe, Baudouin Van Cauwenberghe a été à l’origine du développement international de JAC. Stéphane Guillaumont, directeur commercial, le confirme : « Sa très bonne idée a été de sortir du marché belge et de s’ouvrir au monde. C’est sous son impulsion que la société s’est rapidement organisée pour travailler à l’export. Il s’est rendu dans des salons pour faire connaître le concept. »

Avec l’internationalisation, qui rime avec industrialisation, un autre axe important de développement a été celui du self-service en grandes surfaces. Une décision majeure dans l’essor de l’entreprise. JAC est aujourd’hui présent dans 75 pays sur tous les continents.

Toujours en quête d’amélioration en termes de qualité, d’ergonomie, d’hygiène et de sécurité, JAC se positionne comme le leader du secteur. Avec un chiffre d’affaires de 25 millions €, le groupe se destine principalement aux grandes et moyennes surfaces, ainsi qu’aux artisans. À y regarder de plus près, presque toutes les machines que l’on croise possède effectivement le fameux logo rouge et noir. Autant dire que les engins se vendent comme des petits pains !

Back to USA

Ce sont des milliers de dispositifs qui sortent chaque année de la maison mère liégeoise et du deuxième site de production, à Langres, en France. Celui-ci développe les machines qui servent à la division et au façonnage de la pâte tandis que le site de Boston (USA) vient compléter l’offre logistique sur le nouveau continent. « Les premières trancheuses ont été apportées en Belgique par les Américains en 1946. Aujourd’hui, nous nous positionnons en tant que sérieux concurrent sur le marché US », déclare Stéphane Guillaumont.

Mais tout le monde veut-il la même machine ? Une culture du pain tranché existe bel et bien et varie suivant les régions. « C’est là toute la difficulté de notre activité. Suivant les pays où nous sommes, les épaisseurs ne sont pas les mêmes. On adapte les appareils à la demande des clients. » C’est sans doute là une des forces de la société. « Et de travailler en partenariat avec les clients afin de développer des outils adaptés à leurs demandes concrètes, aux volumes de livraison, dans des délais très courts... »

Et pour l’avenir ? Sans dévoiler le fond de sa stratégie, le management de l’entreprise a mis quelques gros projets sur la table : toujours plus d’hygiène, d’ergonomie, de facilité d’utilisation en self-service. Développer des trancheuses à lames circulaires (choix de l’épaisseur et du nombre de tranches par l’utilisateur), élargissement de la gamme de mécanisation pour le développement à l’international, accroître les parts de marché en Afrique, dans les pays de l’Est, aux États-Unis et même en Asie. Bref, il reste encore du pain sur la planche.

Fondés en 1913, les Établissements Brasseur sont aujourd’hui (re)connus pour leurs deux gammes de vélos, Diamond pour les familles et Viper pour les VTTistes exigeants. La « revue du siècle » avec son directeur, Stéphane Brasseur.

Née rue des Bayards à Liège, non loin d’Herstal, cette société familiale occupe aujourd’hui un vaste entrepôt à deux pas de là, rue de Steppes, mais n’a pas exactement démarré dans le commerce du cycle. « Mon arrière-grand-père, Arthur Brasseur, a créé cette société qui fabriquait au départ… des machines à lessiver. À l’époque, c’était un tonneau de bois avec un petit moteur et une sangle, voyez ce que c’est devenu… » Comprenant que l’avenir était à la technologie, la société a préféré miser sur la mobilité et, dès les années 1940, commence à fabriquer des mobylettes, comme la FN à l’époque (les fameuses Demoiselles de Herstal), puis rapidement des vélos sous la marque Diamond.

L’aventure congolaise

Mais si l’on pouvait alors fabriquer un vélo de A à Z avec des pièces uniquement produites dans le bassin liégeois, la situation évolue rapidement et le grand-père Brasseur décide d’investir… au Congo belge. La main-d’oeuvre y est meilleur marché, les lois sociales moins strictes qu’en Belgique et la société envisage de faire tourner l’usine avec des équipes continues. Ce qui n’était évidemment pas possible chez nous. Mais le projet ne voit finalement pas le jour. « Quand Mobutu est arrivé au pouvoir, il a nationalisé l’usine, mais comme l’emprunt pour la financer avait été pris en Belgique, il a fallu continuer à rembourser les crédits ici mais sans vendre un seul vélo. Ce fut une étape difficile pour la famille. »

Mais la société, qui avait maintenu un siège d’exploitation à Liège, tient bon. La génération suivante amorce une petite révolution : la délocalisation. « Quand mon père a repris la société, il faisait tout, confie Stéphane, l’assemblage, le commercial, le magasinier… Il travaillait sept jours sur sept et ne gagnait que très peu d’argent. » Il a dès lors décidé d’importer des marques américaines et de faire fabriquer en Asie deux nouveaux types de vélos qui émergeaient : les BMX et les VTT. Il crée ainsi la marque Viper qui vise le milieu et haut de gamme. « Si Diamond est un peu le vélo pour “Monsieur Tout le monde”, avec Viper, on est plus dans la technologie, avec nos propres moules et beaucoup de recherche. Les deux produits peuvent paraître semblables, mais ils ont chacun leur spécificité qui demande un travail très différent. Un Diamond coûte entre 100 et 2000 € pour la version électrique, tandis qu’un Viper peut monter jusqu’à 5000 €, mais pas au-delà car on entre alors dans un marché de niche avec énormément de recherche. »

Gros investissements

Lorsqu’il reprend à son tour l’usine, Stéphane Brasseur opte pour une nouvelle stratégie : délocaliser oui, mais plus près, en Turquie (« c’est plus facile pour le contrôle de qualité et c’est l’Europe commerciale ») et développer dans le même temps une nouvelle chaîne de montage à Liège, dotée d’un vaste stock de pièces détachées qui permet de répondre très rapidement à la demande et d’assembler des vélos en fonction des besoins. « Nous vendons aux revendeurs et aux professionnels, pas aux grandes surfaces ni aux consommateurs. Nous sommes évidemment présents en Belgique, mais notre marché principal, c’est la France et l’Angleterre où nous faisons 80 % de notre chiffre d’affaires contre 20 % sept ans plus tôt. On n’avait pas le choix, c’était cela ou sinon on ne persistait pas. »

Le partenaire néerlandais

« L'atout mais aussi la faiblesse de la société est aujourd’hui sa petite taille », explique son gérant. Un atout car les décisions se prennent très rapidement, mais aussi une faiblesse car pour grandir, il faut des capitaux. L’inversion des ventes à l’exportation a en outre entrainé de nouveaux besoins et nécessité l’adaptation de toute l’équipe. Le monde du vélo a lui aussi évidemment changé en 50 ans. De moyen de déplacement « du pauvre », le vélo est devenu un sport à part entière, avec des marques et le marketing qui les accompagne. Tant et si bien que pour survivre, la société a été revendue il y a cinq ans au groupe hollandais Accell, le plus grand groupe mondial dans le monde du vélo. « Rien n’a changé pour moi, confie le jeune directeur. À l’époque, un quotidien local avait titré Diamond n’est plus liégeois, mais c’est pour moi complètement faux, car nous sommes à Liège, le personnel est liégeois, c’est moi qui l’engage et qui décide d’où il vient. Nous n’avons pas été délocalisés en Flandre alors que nous pourrions y gagner quelques centaines de milliers d’euros. C’est moi qui dirige et choisis toutes les stratégies, même si je dois respecter quelques règles. La philosophie est restée familiale, mais à un niveau de groupe qui nous apporte surtout beaucoup de facilités et qui nous a ouvert de nouveaux marchés. J’espère que, de la sorte, nous allons continuer à grandir et atteindre les 25 millions € dans les 5 ou 6 ans. Toujours en misant très fort sur l’export mais en nous battant plus sur la Belgique, car c’est mon marché et j’aimerais y revenir. » En selle, donc !

LE LUXE D'ÊTRE WALLON
Par Stéphane Brasseur
Par la richesse et la diversité de son environnement, la Wallonie nous permet une qualité de vie extraordinaire, de profiter de la campagne, de la quiétude et de paysages grandioses, toujours proches, même des plus grandes villes. Cela nous permet d’exercer les activités les plus diverses dont la pratique du vélo… Le Wallon bon vivant est convivial et hospitalier. À l’image des gens du Sud, il apprécie la bonne chère qui fait partie de son patrimoine. De plus, la Wallonie de par sa situation est proche de tous ses voisins, nos autoroutes nous permettent de rayonner à loisir vers toutes les destinations européennes. Un vrai petit paradis, je vous le dis !

 

 

Zentech, la biotechnologie aux quatre coins du monde

Chez nous, comme chez la plupart de nos voisins européens, tous les nouveaux nés bénéficient d’un test de dépistage néonatal lors de leur séjour à la maternité. Un simple prélèvement de quelques gouttes de sang permet de déceler une maladie éventuelle et d’y apporter une réponse adaptée, afin qu’elle n’évolue pas ou pour empêcher qu’elle ne s’exprime. La mucoviscidose ou l’hypothyroïdie congénitale sont quelquesunes de ces pathologies visées.

« En Europe, un enfant qui nait est systématiquement testé pour 5 à 6 maladies génétiques. Ce sont des examens rapides et indolores qui permettent de prendre en charge très rapidement les cas positifs. » Jean-Claude Havaux est le directeur général de Zentech, une société liégeoise spécialisée dans le domaine du diagnostic. « Le dépistage néonatal a donc pour principe de rechercher et d’identifier ces maladies avant qu’elles n’entrainent des séquelles irréversibles. » Afin de rendre ces procédures optimales et efficaces, l’entreprise développe et commercialise des trousses de diagnostic qui permettent la détection et le dosage des marqueurs impliqués dans les maladies du système immunitaire (les maladies auto-immunes, les allergies, l’intolérance alimentaire).

Née du rachat de la filiale belge d’un groupe italien par plusieurs de ses cadres en 2001, Zentech est installée dans le Liège Science Park du Sart-Tilman et emploie près d’une quarantaine de personne. Principalement tournée vers l’exportation, puisqu’elle y réalise plus de 60 % de son chiffre d’affaires (3 700 000 €), la société fournit ses produits dans plus de 60 pays, avec un développement certain sur le continent asiatique. « Étant donné que plus de 60 % des naissances ont lieu dans cette partie du monde, il est important de nous y implanter durablement. D’autant plus qu’on assiste désormais à une prise de conscience des pouvoirs publics locaux sur l’importance des diagnostics néonataux et in vitro. La marge de progression est encore grande, car peu d’enfants sont testés, mais les mentalités évoluent, » confie Jean-Claude Havaux. Et pour parvenir à gagner de nouveaux marchés sur place, Zentech loue l’apport de l’AWEX et de ses relais sur place : « Les missions organisées par l’agence wallonne nous permettent de gagner un temps précieux et nous mettent directement en relation avec les acteurs locaux », poursuit-il.

« La Belgique jouit d’une renommée mondiale dans le domaine de l’immunologie et nous disposons d’un savoir-faire particulier et reconnu qu’il nous parait essentiel de valoriser. Tout en restant réactif face aux nouvelles tendances liées à l’informatisation. »


Pour pérenniser sa présence dans cette partie du monde, l’entreprise vient d’ouvrir une filiale en Malaisie, afin de toucher plus facilement les pays de la zone ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est). « La Belgique jouit d’une renommée mondiale dans le domaine de l’immunologie et nous disposons d’un savoir-faire particulier et reconnu qu’il nous parait essentiel de valoriser. Tout en restant réactif face aux nouvelles tendances liées à l’informatisation. » Grâce à l’évolution des technologies, la tendance actuelle se dirige vers la décentralisation du diagnostic. Plus besoin d’envoyer les échantillons vers différents laboratoires et attendre plusieurs jours les résultats. Désormais, une petite machine peut réaliser ce travail en un temps record. « Nous avons mis au point un robot de diagnostic qui permet de faire les tests au lit du malade mais qui peut également les lire, les interpréter. En quelques minutes, on peut savoir si le patient est protégé contre tel type de maladie ou pas. » Un outil redoutablement efficace pour certaines régions du monde où les infrastructures sont limitées.

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