Waw magazine

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Dans le concept de « cité », on retrouve l’idée de « citoyen ». Les deux notions – nées en même temps dans la Grèce puis dans la Rome antique – ont laissé émerger de leur association l’idée de participation à la « chose publique » (res publica) pour former la « politique », c’est-à-dire l’expression de la capacité rationnelle des hommes à organiser leur propre vie en parvenant, par le débat et la décision collective, à un accord réfléchi. Aristote en a proposé une définition comprenant trois aspects décisifs. Le premier, la liberté du citoyen, permet à ce dernier de se déterminer par lui-même. Le deuxième fait référence à un « bien commun » de la cité, supérieur aux intérêts des particuliers. Enfin le troisième, prend en compte l’égalité qui permet à tous les citoyens de concourir à la formation de la loi et les soumet à certaines obligations.

Le « miroir », quant à lui, est chargé d’une forte connotation symbolique. Surface plane et polie dans laquelle une image peut se refléter, le miroir invite à l’introspection. Se regarder dans le miroir, c’est s’interroger, admettre ses faiblesses, apprendre l’humilité. C’est aussi accepter de se dévoiler au regard de l’autre, lui marquer sa confiance en faisant un pas supplémentaire dans sa direction. 

La Cité Miroir se veut donc un espace de « réflexion » où le reflet du passé parvient jusqu’au citoyen d’aujourd’hui afin qu’il se projette dans l’avenir muni des outils de réflexion et d’analyse critique qui lui permettront d’agir de manière consciente et responsable.

Au coeur de Liège, dans son écrin de béton et de verre, la Cité Miroir aura officiellement ouvert ses portes depuis le 14 janvier 2014. Conquête d’un lieu !

À l’origine, il y a Les Territoires de la Mémoire. Depuis sa création en 1993, cette asbl qui se veut un véritable cordon sanitaire éducatif en opposition à la résurgence des partis extrémistes, consacre ses moyens et son énergie à l’éducation citoyenne et à la démocratie.

Au début des années 2000, en quelque sorte victime de son succès, l’association se trouve à l’étroit dans ses murs du Boulevard d’Avroy. Suite à une décision du Conseil d’administration, le directeur, Jacques Smits, se met en quête de l’endroit idéal propice au développement de l’organisation. Un grand bâtiment abandonné au centre de Liège attire son attention ; les anciens Bains et Thermes de la Sauvenière. Réhabiliter ce lieu emblématique de la ville, voilà l’objectif qu’il poursuit depuis lors avec ténacité. Assisté dans un premier temps dans son épopée par l’architecte Pierre Beugnier à qui, en 2003, il confie l’étude de faisabilité du projet, il ne tarde pas à convaincre les partenaires historiques des Territoires de la Mémoire – Ethias Assurances, le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège, Solidaris et la Maison des Syndicats – à s’associer au mouvement. 

Le 10 décembre 2004, Journée internationale des droits de l’homme, est constituée l’asbl Mnema qui aura désormais en charge le projet de réhabilitation de l’édifice. Peu de temps plus tard, la Ville de Liège, la Province de Liège, l’Université de Liège, le MOC et Etopia, ainsi que des représentants des principaux partis démocratiques, viennent renforcer le noyau initial des partenaires. La v Ville de Liège notamment cède par bail emphytéotique d’une durée de 50 ans le bâtiment à Mnema pour qu’elle puisse mener à bien son projet. À partir de 2005, l’étape difficile des négociations financières s’entame et aboutit à la subsidiation par le Fonds européen de développement régional et la Wallonie (Travaux subsidiés et Patrimoine), la Province de Liège et la Ville de Liège. L’asbl Mnema et ses partenaires financent le solde non subsidié. Budget total : 21 751 801 € !

Les premiers jalons sont posés pour créer une nouvelle cité dans la cité, une Cité Miroir dans une Cité ardente !

 

Le travail de Mnema

Mnema ; mémoire en grec. En un mot, tout est dit sur la vocation de l’asbl éponyme : encourager les citoyens à un travail de mnema, autrement dit, un travail de mémoire. « L’avenir de l’humanité se construit sur base de son passé. Nos racines sont ancrées dans des évènements et des environnements. Récemment, des moments dans l’histoire ont été tellement loin dans la destruction humaine qu’ils ne peuvent être oubliés. Ce qui ne signifie pas qu’il faille tomber dans la peur qui paralyse. À Mnema, suivant ainsi l’action menée depuis 20 ans par l’asbl Les Territoires de la Mémoire, nous ne parlons d’ailleurs pas de devoir de mémoire mais bien du travail de mémoire. La nuance est importante. Le terme travail implique une action concrète et réfléchie mais aussi de l’enthousiasme et du courage pour oser dire non. Afin de ne pas reproduire les erreurs du passé, il est nécessaire de comprendre et d’étudier les mécanismes qui ont conduit à certains désastres meurtriers afin qu’ils ne se répètent plus. » (Jacques Smits, administrateur délégué de Mnema)

CMI ou comment tripler son chiffre d’affaires par dix et engager 18 % de travailleurs en plus dans la sidérurgie sérésienne.

La société CMI à Seraing, c’est une histoire longue de bientôt deux siècles. Une histoire qui nous plonge dans un passé fait de visages noircis, de gouttes de sueur, de savoir-faire et de fierté… En 1817, l’anglais John Cockerill, chargé par Guillaume Ier d’Orange du développement de l’industrie en région liégeoise, rachetait l’ancienne résidence d’été des Princes Évêques à Seraing, en bordure de Meuse. « Continuez sans crainte vos grandes entreprises et rappelez-vous que le Roi des Pays-Bas a toujours de l’argent au service de l’industrie », lui déclarait le souverain qui avait, à l’époque, autorité sur la province de Liège. En visionnaire ambitieux, Cockerill développait ainsi la construction mécanique puis la sidérurgie dans ce qui deviendrait la cité du Fer et l’inscrivait dans la légende en y construisant les premiers rails, wagons et locomotives de Belgique. En 1835, c’est là qu’était façonnée la « Le Belge », la toute première locomotive à vapeur ayant roulé sur le continent européen !

Durant le XIXe siècle, les établissements Cockerill ont développé leurs activités : construction de hauts fourneaux, création d’un premier canon, mise au point de moteurs diesel pour équiper leurs locomotives… Progressivement, sous l’impulsion de l’Anglais bouillonnant, le petit bourg de Seraing, qui n’abritait que 1818 habitants en 1800, s’est mué en capitale de la révolution industrielle et s’est métamorphosé en profondeur. « On croirait qu’une armée ennemie vient de traverser le pays, et que vingt bourgs mis à sac vous offrent à la fois dans cette nuit ténébreuse tous les aspects et toutes les phases de l’incendie, ceux-là embrasés, ceux-ci fumants, les autres flamboyants », écrivait Victor Hugo en 1842. « Ce spectacle de guerre est donné par la paix ; cette copie effroyable de la dévastation est faite par l’industrie. Vous avez tout simplement là sous les yeux les hauts fourneaux de M. Cockerill. » 

Le XXe siècle voyait le développement des activités d’équipementier et de maintenance. En 1982, la division Construction Mécanique de Cockerill devenait une société filiale de Cockerill Sambre et prenait le nom de Cockerill Mechanical Industries, CMI en abrégé. Vingt ans plus tard, Usinor, actionnaire de Cockerill Sambre, revendait CMI à un actionnariat privé. Cet actionnariat est toujours propriétaire du Groupe aujourd’hui, et l’a rebaptisé en conservant le même acronyme. 

CMI est désormais Cockerill Maintenance & Ingénierie « pour insister ainsi sur la volonté d’exploiter nos deux métiers de base, l’ingénierie et la maintenance », explique le Groupe. Durant cette première décennie d’autonomie, CMI a triplé son chiffre d’affaires et ses inscriptions de commandes annuelles tout en embauchant 850 personnes à Liège – soit une augmentation de 18 % du nombre de travailleurs liégeois. Sa réussite vient donner une touche d’optimisme dans un paysage industriel en déliquescence.

En chef d’orchestre de cette renaissance, Bernard Serin porte un nom à la même consonance que sa ville de coeur. Originaire de Metz, dans le Nord de la France, cet homme qui a fait carrière dans l’acier a toujours eu la diversification pour objectif. « Quand je suis arrivé en 2002, CMI avait traversé deux décennies de difficultés sociales, commerciales et financières », se souvient le patron. « Les activités d’ingénierie ont un caractère cyclique et cela pouvait avoir trop d’influence sur notre activité. C’est pour cela que nous avons décidé de développer plus encore nos activités de maintenance et de services. »

Diversifier les services

C’est ainsi que CMI Services a élargi ses horizons en étendant son offre de services, notamment vers l’éolien, la pétrochimie et les centrales nucléaires. Il compte des clients tels que Total Petrochemicals, Electrabel, Segal ou encore Techspace-Aero… Mais Bernard Serin a également misé sur une diversification technologique et géographique : « Malgré la crise, nous avons aussi investi dans nos trois marchés d’ingénierie (la Défense, l’Énergie et la Sidérurgie) et nous nous sommes lancés sur celui de l’environnement, ce qui nous a permis de résister jusqu’ici », détaille-t-il. CMI emploie plus de 1 250 collaborateurs en Belgique, dont un millier à Liège.

Enfin, à l’heure du « village planétaire », les groupes industriels doivent faire sauter les frontières. Si certains le font malheureusement au détriment de l’emploi wallon, CMI semble jusqu’ici avoir gardé le juste équilibre entre développement géographique – il s’est implanté aux États-Unis, au Luxembourg, en Allemagne, mais aussi en Russie, en Inde, en Chine et au Brésil – et maintien, voire augmentation, du nombre de travailleurs européens. « CMI est devenu un ambassadeur du savoir-faire wallon à l’échelle du monde », affirme celui qui en détient les rênes.

C’est ainsi qu’en mai dernier, CMI Energy décrochait un contrat pour la fourniture d’une chaudière verticale de récupération de chaleur à Sousse, en Tunisie. En août, CMI Industry remportait un contrat portant sur la fourniture d’un laminoir et d’une ligne de galvanisation neufs aux Émirats arabes unis, tandis que CMI Services finissait de réhabiliter deux locomotives pour les chemins de fer de Côte d’Ivoire. « Cette internationalisation nous permet de répondre à des commandes venues de partout dans le monde », ajoute le patron. Sans délaisser la Wallonie puisqu’en 10 ans, CMI a investi pas moins de 55 millions € à Liège dans ses activités, bâtiments, machines et mobilier. En ce compris l’investissement lié à l’agrandissement de son siège sérésien, derrière son QG historique, alliant ainsi – à l’image du Groupe – le passé et la modernité.

 

En chiffres

Avec 3 677 personnes en 2012, CMI est principalement présent en Europe (62 %), en Inde (17,8 %), au Brésil (13 %) et aux États-Unis (5 %). Cet effectif se compose de 38 % d’ouvriers et 62 % de « cols blancs ». Le plus grand nombre de salariés se trouve en Belgique (1 271 travailleurs), en France (896 personnes) et enfin en Inde, avec 654 personnes. 

En 2012, CMI présentait un chiffre d’affaires de 792,8 millions €. Sur l’année 2012 uniquement, il engageait 762 personnes dans le monde. Cent dix-huit d’entre elles l’ont été en région liégeoise.

L’industrie génère un trafic exponentiel de données. Comment faire le tri au coeur du big data ? DATAmaestro®, un programme intelligent d’analyse et d’orchestration de données offre la réponse.

La société PEPITe, créée en 2002 par Philippe Mack, aide depuis plus de dix ans les grands industriels à valoriser leurs données informatiques. DATAmaestro®, le programme informatique ultra-intelligent développé par PEPITe, permet de trouver dans les bases de données la perle rare, la pierre précieuse, la pépite… L’analyse de l’immensité des big data révèle les améliorations à apporter aux processus de fabrication permettant de réduire les coûts, en termes de main d’oeuvre, de matière première, mais aussi d’énergie.

Philippe Mack est ingénieur civil électromécanicien, diplômé de l’Université de Liège. C’est dans le cadre de son mémoire de fin d’études qu’il conçoit, modélise, réalise et valide expérimentalement le programme informatique Pepito®, l’ancêtre de DATAmaestro ®. D’abord conçu pour une PME verviétoise spécialisée dans la production d’images, le système sera ensuite expérimenté dans les laboratoires de recherche de l’ULg.

Au terme de son doctorat en 2002, Philippe Mack crée la société PEPITe, une spin-off de l’Université. Aujourd’hui, cette entreprise emploie dix personnes dans ses bureaux liégeois et deux dans son antenne de Montréal, ainsi que des agents locaux dans différents pays pour assurer le développement commercial à l’international de la solution ENERGYmaestro®, un dérivé de son produit initial.

Mille milliards de kilobytes !

À l’heure actuelle, le terme big data est sur toutes les lèvres. On connaissait le kilobyte, le gigabyte ; les données se mesurent aujourd’hui en petabytes, soit mille milliards de kilobytes… Cette masse exponentielle de données est née à la fois de la multiplicité des activités des entreprises, mais aussi du nombre incroyable d’informations circulant dans l’entreprise elle-même et entre l’entreprise et ses clients, fournisseurs et partenaires. On assiste à un accroissement quasi dramatique de l’information numérique, qui est peu ou prou exploitée. De ce constat est né le data mining, une méthodologie ultra-perfectionnée permettant d’analyser de manière automatique les gros volumes de données.

DATAmaestro® est basé sur cette technologie. C’est également le cas d’ENERGYmaestro®, le petit frère écolo du programme intelligent. « L’idée pourrait être comparée à l’image d’une voiture dont l’ordinateur de bord déterminerait des directives de conduites pour consommer le moins possible de carburant tout en gardant l’efficacité, la puissance et la tenue de route. ENERGYmaestro® permet à l’entreprise d’identifier ce qu’il faut changer ou modifier dans sa conduite et à quel moment il faut changer de vitesse », explique Philippe Mack. L’image est bien trouvée et le discours bien rodé. Basée sur DATAmaestro®, mais aussi, et surtout, sur plus de dix ans d’expertise dans le secteur de l’industrie, la solution est elle aussi bien ajustée ! Il ne s’agit pas seulement d’un produit ou d’un logiciel, mais bien d’une solution à part entière. Elle englobe à la fois le logiciel en tant que tel, mais aussi un service sur mesure offert à l’entreprise. Le projet en société dure trois mois et est divisé en plusieurs phases. Dans un premier temps, un audit « flash » ; cinq jours d’analyse permanente des données produites par l’entreprise. Vient ensuite l’analyse sous forme de brainstormings de ses process. « Ces séances sont capitales, car elles permettent aux opérateurs de s’approprier le projet et de comprendre pourquoi on leur impose de modifier leurs modes de fonctionnement », précise Philippe Mack. Des consignes sont ensuite données aux opérateurs et des modules de mesure en temps réel sont installés. Les résultats sont immédiats et les économies sur la facture d’énergie impressionnantes. Des clients comme Prayon, Arcelor, Total ou Valeo ont expérimenté la solution PEPITe et en tirent les bénéfices d’année en année.

PEPITe EN CHIFFRES

Green impact

Les économies d’énergie sont encore trop loin des préoccupations des grands groupes industriels. Bien souvent, le seul outil de mesure des dépenses énergétiques est la facture reçue. Impossible donc d’adapter les processus de fabrication en fonction d’un relevé mensuel ou trimestriel. « On ne parle pas assez du potentiel d’économie. L’économie d’énergie a un impact direct sur la rentabilité industrielle », précise Philippe Mack.

Au détriment de l’économie financière, c’est souvent la sensibilité écologique qui est mise en avant au moment d’aborder les questionsénergétiques. Construire un champ d’éoliennes semble a priori plus eco-friendly que de réduire sa consommation. Alors qu’une éolienne produit de l’électricité 10 % du temps sur une année et que l’investissement est colossal, une attitude de consommation intelligente est effective toute l’année et les résultats se font sentir dès la première année. « D’un point de vue économique, les grands lobbys n’ont évidemment aucun intérêt à promouvoir les économies d’énergie. Les industriels, eux, oui ! », termine Philippe Mack.

Relativement unique sur le marché du big data et du data mining, la société multiplie aujourd’hui les clients et les partenariats et surfe sur la vague du greenpower pour développer son produit phare. Son chiffre d’affaires est en croissance constante (il passe de 100 000 € en 2003 à 1,2 million € en 2013 !). Depuis sa création en 2002, la PEPITe n’a cessé de grandir. Le bassin économique wallon est une mine d’or en matière d’innovation technologique ; PEPITe en est la preuve, une fois de plus.

 

Oh ! Green

Le bureau de conseil McKinsey & Company démontrait dans une étude parue en 2009 que le potentiel d’économie d’un point de vue énergétique en Belgique est considérable.

En 2005, la consommation intérieure brute d’énergie s’élevait à 368 millions de bep ; celle de l’industrie à elle seule représentait 144 millions de bep. Selon McKinsey, le potentiel d’économie énergétique serait de 75 millions de bep (soit 28 %) et permettrait au pays d’économiser 5,2 milliards € sur sa facture énergétique annuelle d’ici 2030…

 

PRAYON : un cas d’école

La société liégeoise Prayon est leader mondial depuis plus d’un siècle dans la production de phosphates alimentaires. Les procédés nécessaires à sa production sont très énergivores. Pas étonnant donc que leurs factures d’énergie atteignent plusieurs milliers € ! En 2010, l’implantation principale d’Engis réduisait sensiblement son empreinte écologique en diminuant sa consommation en gaz et électricité, en éliminant l’utilisation d’huile et en réduisant ses émissions de CO2. Des résultats satisfaisants, mais pas à la hauteur de leurs attentes. Ils envisagent alors la solution PEPITe. Dans un délai de six mois à peine, l’unité d’Engis a réduit de 250 000 € sa facture d’énergie. La mise en place de la solution ENERGYmaestro® n’aura duré que trois mois et aucune dépense en capital n’a dû être effectuée. Aujourd’hui, Prayon économise près de 1 million € par an !

 

RENSEIGNEMENTS

PEPITe
Avenue de l'Obervatoire, 347
B-4000 Liège
+32 (0) 4 225 58 10
www.pepite.be

Un jeune Wallon parcourt le monde et les plateaux de tournage pour exercer son activité, peu visible mais néanmoins essentielle : le maquillage de cinéma.

À l’instar du décor ou des costumes, le maquillage est intiment lié aux arts de la scène en général, et du cinéma en particulier. Pour caractériser un personnage, un monstre, une créature magique ou maléfique, il faut que cela « fasse vrai ». Si le spectateur n’y croit pas, l’histoire peut être aussi excellente que possible et le jeu des acteurs impeccable, l’oeuvre sera ratée. Le maquillage, les effets spéciaux dits réels, demeurent donc une discipline et une technique artistique fondamentale, même à l’heure du tout au numérique. Déjà, les acteurs des tragédies grecques devaient jouer d’artifice pour incarner différents personnages, dont des rôles féminins – les femmes étaient à l’époque interdites de scène. Ils portaient donc des masques de pierre ou de terre cuite à l’effigie du caractère à représenter et qui leur servaient en même temps de porte-voix.

Des Grecs aux premiers pas du cinéma, le maquillage n’a cessé d’accompagner les arts du spectacle, mais c’est le septième art, par son impact et ses processus de mise en scène, qui lui permet de connaître un véritable âge d’or. Depuis George Méliès, la discipline a connu de nombreux bouleversements, dû s’adapter aux évolutions techniques, au passage à la couleur, à l’amélioration de la qualité des pellicules, à la 3D, à l’avènement des images de synthèse. « Mais on aura toujours besoin de techniciens qui peuvent rendre crédible n’importe quel maquillage, n’importe quel effet. L’un ne va pas sans l’autre, même un film réalisé derrière des écrans verts fait appel à des techniques plastiques. » Lionel Lê promène sa bonne humeur sur les plateaux de cinéma depuis plus de neuf ans. Ce jeune Liégeois, passé par la case illustration et bande dessinée à Saint-Luc, a toujours voué un amour certain pour le cinéma. « J’ai grandi avec Star Wars, Alien, les films de Romero. Naturellement, je me suis tourné vers les arts plastiques et le dessin, avant de me lancer en tant qu’autodidacte dans le monde du maquillage et des effets réels. » Un choix de carrière osé, tant les formations et débouchés sont rares en Belgique. « Il faut bouger pour en vivre. Les gros marchés sont clairement nord-américains, même si la France offre déjà plus d’opportunités de travail que chez nous. »

Tous genres confondus

On associe souvent maquillage et effets spéciaux réels aux films fantastiques, d’horreur ou gore, mais la plupart des genres fait appel à l’habilité de ces performers hors pair. « Je ne suis pas spécialisé dans un genre en particulier. La science-fiction, c’est finalement assez rare, même si c’est là où on peut en génévastes, cela va de fausses blessures à la création de faux corps pour des scènes d’autopsie par exemple, la création d’objets ou des vieillissements de la peau. De simples effets qui sont en réalité beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît », souligne Lionel Lê. Un maquillage qui sonne faux et c’est toute la crédibilité d’une scène ou du film qui peut en pâtir. Et pour obtenir un rendu plus vrai que nature, il faut certes compter sur du bon matériel, mais le savoir-faire et la technique restent primordiaux. « J’ai commencé sur des petits films, des courts-métrages de l’IAD ou de l’INRACI (écoles de cinéma NDLR) pour me faire la main et comprendre aussi comment fonctionne un plateau, sa logique, ses subtilités. » S’il exerce son art depuis près de dix ans, Lionel Lê ne se considère pas encore à maturité et n’est réellement fier de son travail que depuis cinq ans. « La partie technique joue un rôle important. On peut travailler pendant plusieurs jours, voire semaines, sur un moulage et se rendre compte, en bout de course, que les produits ne conviennent pas ou que la peinture ne tient pas. » Sans parler du fait que jongler toute la journée avec différentes résines et autre silicone ne peut se faire sans un minimum de précaution. « On ne fait pas du bricolage, car on travaille quand même avec des produits potentiellement dangereux, on produit énormément de poussière lorsqu’on sculpte une pièce. Il faut être prudent », avertit-il.

Un maquillage qui sonne faux et c’est toute la crédibilité d’une scène ou du film qui peut en pâtir. Et pour obtenir un rendu plus vrai que nature, il faut certes compter sur du bon matériel, mais le savoir-faire et la technique restent primordiaux.

 

Pour acquérir une expérience suffisante, le juge de paix reste le terrain et se confronter à d’autres professionnels du métier. Et comme souvent, le carnet d’adresses, les relations que l’ont peut nouer au fur et à mesure de la carrière jouent un rôle primordial. Percer dans le cinéma n’est déjà pas une sinécure, alors dans le maquillage… « Le bouche à oreilles m’a ouvert beaucoup de portes. Ensuite, dès que l’on a fait ses preuves, les contrats arrivent plus rapidement, mais c’est un travail constant, au quotidien, pour rester à la pointe, apprendre de nouvelles techniques, travailler au bon endroit, avec les bonnes personnes. » Et ne pas hésiter, pour parvenir à vivre de sa passion, à passer plusieurs mois à l’étranger pour participer à différents projets d’envergure. Pour le cinéma, mais aussi pour la télévision, qui reste un gros client, ou encore la publicité. « Même si avec le système du Tax Shelter, on parvient malgré tout à bosser un peu en Belgique, car cela attire quand même pas mal de tournages, on ne pourrait s’en contenter pleinement. Il faut être mobile », prévient Lionel Lê. Mais quand on est un mordu comme lui, ces longs séjours loin de sa terre natale passent finalement assez vite.

Colorés et ludiques, les personnages d’Olivier Goka sont à la fois adorables et carrément trendy. Réalisés entièrement avec des échantillons de plastique, ils ont la cote auprès des amateurs d’art comme des grandes marques. Découvrez le petit univers plastifié – mais pas pétrifié – d’un artiste qui se joue de nos débris.

Tout a commencé lors d’un simple repas entre amis. Olivier Goka, de manière quelque peu automatique, comme lorsque nous jouons avec nos serviettes en papier et déformons les cure-dents, crée avec des résidus de table un petit personnage. Ce n’est pas un hasard si cette « première » réalisation ressemble d’emblée à quelque chose de « viable » artistiquement – contrairement aux nôtres le   plus souvent – car Olivier a comme qui dirait les deux pieds (et nécessairement les deux mains) dans le monde de l’image.

Animation et illustration

Originaire de la région des 3 frontières, et plus exactement de Montzen, il a étudié l’illustration à Saint-Luc à Bruxelles et poursuivi avec une formation en cinéma d’animapermet notamment de travailler à la préparation du film Les Triplettes de Belleville (2003), d’abord en tant qu’assistant puis animateur avec pour fonction d’insuffler le mouvement aux personnages secondaires. Son parcours se poursuit dans l’illustration avec des cartoons réalisés entre autres pour le journal L’Écho, pour la banque ING, pour l’ONE… Goka illustrateur, c’est aussi un strip diffusé dans Spirou Magazine, Antarctique Nord, dont il conçoit à la fois les dessins et les scénarios. Jean-Luc l’ours et Bertrand le pingouin vivent leurs aventures d’explorateurs gelés sur fond de réchauffement climatique, recouverts heureusement d’une énorme couche d’humour et soutenus par une jolie panoplie de personnages loufoques. Notons entre autres un capitaine Costaud dont la ressemblance avec un Commandant bien connu n’est pas complètement fortuite…

De toutes les matières, c’est le plastique que Goka préfère…

Comme dit plus haut, Olivier Goka a commencé un peu par hasard à concevoir ses premiers personnages à partir de résidus d’objets. Au départ, le plastique figure bien parmi les éléments clés mais n’est pas le seul ; Goka marie encore volontiers les matériaux. À l’époque, les têtes de ses petits bonshommes sont souvent réalisées avec des manches d’outils en bois par exemple. Cependant, au fil des créations, le plastique – peu encombrant, léger, facile à travailler et à trouver – avec sa large panoplie de couleurs et de formes, prend le pas sur le reste et ressort grand vainqueur de toutes les matières. « Premier avantage : je tiens de mon père ce besoin de tout conserver. Ensuite, je récupère les éléments en plastique dans les poubelles, au marché aux puces, dans ce que les gens me donnent… Bref, je n’achète rien, je récupère tout, c’est ma seule règle ! Marqueurs, capuchons, flacons de shampoings, jouets, embouts d’aspirateurs, filtres de percolateurs… la liste peut être infinie. Avec une nette préférence pour les pièces colorées. » Pourtant, malgré ce souci de récupération et cette forme originale de recyclage, Goka ne se targue d’aucun extrémisme écologique. Aucune philosophie particulière derrière son travail de plasticien (c’est le cas de le dire !). Le plastique lui permet avant tout de s’ouvrir à une infinité de perspectives artistiques… et ludiques. Et pourtant, presque sans y toucher, il s’attaque de manière détournée au problème environnemental que posent les déchets en plastique, une des matières absolument pas biodégradables et qui entre très peu dans les processus industriels de recyclage.

« Je n’achète rien, je récupère tout, c’est ma seule règle ! Marqueurs, capuchons, flacons de shampoings, jouets, embouts d’aspirateurs, filtres de percolateurs… la liste peut être infinie. Avec une nette préférence pour les pièces colorées. »

 

Mais laissons notre artiste travailler. Dans son atelier, un nombre incalculable de caisses pleines à craquer de bouts de plastique, triés par couleur et par taille. Ses outils : un cutter, une scie à métaux et de la colle à chaud. S’il s’attaque à un « tableau » destiné à être photographié (depuis des années, c’est le photographe Bernard Babette qui met en valeur le travail d’Olivier), il colle seulement les éléments afin de pouvoir les démonter facilement, les repositionner éventuellement et les réutiliser évidemment, c’est son credo ! Par contre, pour les sculptures destinées à la vente, les éléments sont vissés entre eux par des cylindres en bois. Il faut que cela tienne et résiste au temps, que cela puisse être manipulé et ne pas se casser au moindre déménagement.

Plastic mania

Les figurines de Goka, attachantes et expressives à souhait, engendrent facilement le coup de coeur, aussi bien des particuliers que des grands médias ou marques. Le premier coup de coeur qui leur a valu un début de visibilité, c’est celui de la galerie 1/1, à Bruxelles, à travers notamment l’exposition Les déchets contre-attaquent. Puis, ce sont les agences Sparadraps (Bruxelles) et Costume 3 Pièces (Paris) qui craquent et commandent à Goka des « tableaux », c’est-à-dire des photos de mise en scène de ses créations destinées à des actions marketing et publicitaires. Ainsi, ses personnages se sont retrouvés en tête d’affiche pour la chaîne Shopi, le Festival du dessin animé, le calendrier de Pepsi Japon, la Fête de la Musique 2008, le BLBE (Bureau de liaison Bruxelles Europe), le CBAI (Centre Bruxellois d’Action Interculturelle) mais ils sont aussi apparus dans The New Yorker, The Observer

Quand on observe attentivement les figurines de Goka, on se surprend à s’amuser à essayer de deviner ce qu’était à l’origine la tête, le tronc, etc. On décortique l’objet par jeu pour y deviner les assemblages. Et on a de belles surprises. Nos débris usuels sont devenus des petits chefs-d’oeuvre pleins de vie.

 

La Collection Vonpischmeyer !

Vous connaissez certainement cet explorateur formidable, Léopold Vonpischmeyer ! Non ? Cela nevous dit rien ? Et en revisitant vos cours d’histoire ? Toujours pas ? Normal… Il a été inventé de toute pièce par Olivier Goka. Et pourtant, les découvertes de cet étonnant voyageur de la fin du XIXe siècle ont été exposées en bonne place en 2012 dans la galerie Anversville (Anvers), puis au Musée royal de l’Afrique centrale de Tervueren. Avec ses reproductions en plastique de sculptures et de masques congolais, Goka a époustouflé et officiellement leurré le public. À s’y méprendre, c’est l’expression. Placées au milieu des véritables oeuvres africaines, légitimées par la mise en vitrine et leur situation centrale, les sculptures en plastique de Goka – pardon… de Léopold Vonpischmeyer – remettaient en question le statut de l’oeuvre d’art de manière humoristique et avec la complicité du musée : l’objet devient-il oeuvre d’art par son entrée dans un musée quelle que soit son origine ?

« C’était le jeu du vrai-faux pour les visiteurs. Dans ces vitrines, il était difficile de s’apercevoir qu’il s’agissait de bouts de plastique assemblés. Pour l’expo au Botanique, quelques guides, des étudiants, n’étaient même pas au courant et présentaient mon travail au même titre que les autres pièces de collection, en toute innocence », explique Olivier. En tout cas, les 45 pièces en plastique de Goka ne déparaient pas parmi les vraies collections d’art primitif !

 

BIO EXPRESS

2004 — Exposition Les déchets contre-attaquent à la galerie 1/1, Bruxelles.

2005 — Olivier Goka rejoint l'agence parisienne Costume 3 Pièces.

2007 — Exposition personnelle La collection Vanpischmeyer, Galerie du Botanique, Bruxelles.

2013 — Présentation de La Collection Vanpischmeyer au Musée royal de l'Afrique centrale.

Quinze grammes et autant de secondes de pur bonheur… Un cône typiquement belge dont on ne se lasse pas. Christian Maenhout, petit, est tombé sous le charme et, adulte, a créé sa société « Bonbons à l’Ancienne ».

Reconnaissez-vous ce parfum sucré, fruité, si particulier ? Il vous donne le sourire, émoustille vos papilles, évoque maints souvenirs d’enfance. Ces mêmes effluves émanent d’une fabrique située dans le zoning de Seraing, en région liégeoise. Gourmands s’abstenir… Mais comment résister ?

Christian Maenhout, lui, a la solution : ne pas tenter de tenir tête à l’appel du sucre ! Que du contraire, il lâche tout pour s’y consacrer corps et âme. Cet ancien employé du Ministère des Finances veut sortir des bureaux et renouer avec la population. Son appétence pour les confiseries lui ouvre de nouveaux horizons. Durant une année, il apprend aux côtés d’un maître confiseur les rudiments du métier. L’apprenti débute alors sa production artisanale dans un atelier à Bellaire. Il y fabrique d’abord des plaques de bonbons à casser, puis se lance dans les cuberdons, pour la simple et bonne raison qu’il détectait un potentiel certain, pourtant trop peu exploité, dans ces friandises appréciées de tous. « Tu n’y arriveras jamais ! La maîtrise est bien trop compliquée. Tu vas t’y casser les dents ! » Sans se laisser décourager par ses confrères, l’homme a testé sans cesse la recette durant six mois. À force de persévérance, de conseils, de nouvelles connaissances pratiques et d’une touche de miracle, le voilà maître de sa recette. Les demandes affluent, les stocks s’écoulent.

En 2005, une occasion unique se présente. Acquérir une machine à un prix abordable qui lui permettrait de se développer à grande échelle et de répondre ainsi à toutes ses commandes. Certes, la fabrication changerait en rien et la production resterait donc artisanale. Afin d’accueillir l’engin de quinze mètres de long et de le dompter, le confiseur investit : un bâtiment, des marchandises, du personnel. Fini l’employé du Ministère, place au chef d’entreprise ! 

À l’ancienne, rien de tel 

Cul de bourdon, chapeau de curé, neuzeke… de nombreux surnoms sont donnés à ce bonbon de la fin du XIXe siècle aux origines obscures certes, mais bel et bien belges – flamandes, wallonnes ou bruxelloises, nul ne le sait vraiment. La légende raconte que la recette a été découverte par hasard lors d’une erreur commise par un apprenti. Une légende parmi tant d’autres…

En plus de cent ans d’existence, les ingrédients n’ont pas changé : sucre purifié (en provenance de Tirlemont), glucose, gélatine de porc (pour l’élasticité), arômes naturels, colorants naturels et gomme arabique (extraite de l’acacia).

Le processus de fabrication, outre sa complexité technique, s’explique aisément. Dans un premier temps, de l’amidon coulé dans un coffret forme l’empreinte. Le sirop de sucre y est déposé. Durant six jours, les bonbons sont séchés dans une étuve placée dans une chambre chaude à 50 degrés. Le septième jour marque le démoulage du produit fini.

Vient enfin le moment tant attendu de la dégustation. « Plus vite il est mangé, meilleur il est ! » De la sorte, la croûte du cuberdon est moins sucrée et moins épaisse. « Texture et sirop représentent les points forts de ma friandise. Le vrai bon cuberdon doit fondre dans la bouche sans avoir un effet sucré trop prononcé. » Ces qualités pour les uns peuvent représenter des points faibles pour d’autres, telles que l’entreprise concurrente Geldhof dont les bonbons, marqués d’un G, possèdent une croûte plus épaisse et un coeur plus sucré. Il en faut pour tous les goûts !

La particularité de la société « Bonbons à l’Ancienne » réside dans la gamme variée de saveurs qu’elle propose. Outre le traditionnel parfum framboise, le cuberdon vendu sous la marque Sweet Cuberdons, se décline dans une trentaine de goûts. Pour n’en citer que quelques-uns : violette, cerise, pomme, fraise, citron ; également des parfums plus surprenants tels que kiwi, pistache, gingembre, spéculoos, chocolat ; d’autres alcoolisés à base de champagne, Cointreau, Amaretto notamment.

Des produits dérivés arrivent dans les étalages : mini-cuberdon framboise à déposer dans une coupe de champagne, sirop, apéritif, glace et autre crème gourmande pour le corps.

À l’heure actuelle, une majorité de l’activité de l’entreprise consiste en la production de cuberdons ; dans une moindre mesure, les plaques à casser, la gomme arabique et le carabouya occupent le reste du temps. En quelques chiffres, l’on parle de 700 à 800 kilos de cuberdons par jour, soit environ cinq tonnes par semaine, soit une vingtaine de tonnes de cuberdons par mois.

Christian Maenhout a transformé son rêve de gamin en réalité. Au culot, il perpétue la tradition d’un bonbon d’exception considéré comme récompense pour les enfants sages. Vous en reprendrez bien un ?

 

Cuberdons à l’exportation

« Exceptés les produits classiques, la confiserie est un marché qui, malheureusement, s’exporte peu facilement. »

La société Bonbons à l’Ancienne se porte bien, avec sa dizaine d’ouvriers et employés dans l’enceinte de la fabrique et ses sous-traitants, dont font partie les membres d’une entreprise de travail adapté basée à Waremme qui se charge du packaging. Sur le marché national, les stocks de cuberdons s’écoulent sans relâche, notamment en grandes surfaces. La chaîne de magasins Delhaize fait appel aux services de l’entreprise sérésienne dont les friandises sont vendues sous la marque Sweet Cuberdons.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la sucrerie conique reste un produit très peu connu en dehors des frontières belges. Pour la faire découvrir au marché international, Christian Maenhout profite de toutes les opportunités qui se présentent à lui, entre autres les salons de la confiserie à Cologne et Paris. D’ailleurs, des pourparlers sont en cours avec les Galeries Lafayette dans la capitale française et Harrods à Londres. « Quelle fierté si le cuberdon devient aussi connu et apprécié que la gaufre de Liège ! »

Les entreprises désireuses de s’ouvrir à l’international s’exposent à de grands risques quant à la traçabilité et également à de nombreuses difficultés administratives. Le confiseur liégeois ne craint pas ces obstacles, à la seule condition d’être soutenu financièrement par un investisseur, ce qui, à l’heure actuelle, n’est pas le cas. Quant à d’autres propositions aux États-Unis ou en Chine, l’entrepreneur n’a pu y donner suite, faute de moyens économiques, matériels et humains. « Rien ne sert d’avoir les yeux plus grands que le ventre… Mais je ne désespère pas qu’un repreneur décide d’injecter de l’argent et d’agrandir la société que j’ai créée de mes mains. »

Un majestueux gîte spadois avec des bulles !

C’est une villa spadoise typique qui se dresse, à l’entrée sud de la commune, en bordure de la route menant à la source de Barisart, l’une des trois sources (avec Spa Reine et Spa Marie-Henriette) qui contribuent à la notoriété de l’eau de Spa. Elle daterait de 1850 et s’appelait à l’époque Villa San Antonio. Après avoir été longtemps la propriété d’une famille spadoise, les Stassen, elle fut acquise, au début des années 2000 par des Hollandais qui l’aménagèrent et en firent un gîte spacieux doté d’un sauna. En 2010, elle retourna dans des mains locales, celles de Cécile Lontin et Gwenn Jehin, deux trentenaires issus de l’école hôtelière et qui venaient d’ouvrir un restaurant – lui aux fourneaux, elle en salle – en face de l’Office du Tourisme de Spa. En achetant cette majestueuse habitation, le couple escomptait présenter une deuxième enseigne gastronomique dans la commune, mais l’idée fut vite abandonnée.

«Les transformations n’étaient pas évidentes et, de fait, il nous apparut que cette maison convenait mieux à un gîte, explique Cécile. Nous nous sommes donc lancés dans des travaux de rénovation et de rafraîchissement, car la toiture était très vieille et les murs humides. Nous avons refait toute la peinture et la décoration, tout en veillant à préserver le caractère ancien de la villa. Nous avons ainsi sauvé le parquet dans les chambres et privilégié le mobilier rustique. Si l’on excepte quelques peintures modernes, la TV, le Wi-Fi et l’ameublement de la cuisine, la maison a gardé son charme de jadis. »

Rebaptisée « Le Grand Maur » en référence au restaurant tenu par le couple, la villa impose, dès la grille d’entrée, par son aspect majestueux. Sitôt à l’intérieur, c’est l’espace qui prédomine. Trois vastes chambres au premier étage et quatre au deuxième en font un gîte d’une capacité de quatorze personnes. Particularités de la maison : une terrasse à l’ancienne face au jardin, où il fait bon prendre le petit-déjeuner en été, et une tour d’angle qui sert de cadre circulaire à un petit salon au rez-de-chaussée, à une alcôve pour bébés au premier étage et à un lit pour enfants au deuxième. Histoire de s’occuper en hiver, le salon est équipé d’un billard et la cave d’un kicker et d’une table de ping-pong. Et à ceux qui auraient besoin de se réchauffer le corps et l’esprit, le sauna et la cave à vins – que Cécile, en sommelière attentive, a garnie de bouteilles de son choix – combleront tous les sens. Ah ! On allait l’oublier : l’une des salles de bain est équipée d’une baignoire qui envoie de l’eau avec des bulles… Dame ! On est à la source de Spa Barisart, oui ou non?

De nombreuses possibilités de distraction

« Nous clients viennent principalement de Flandre, des Pays-Bas, voire d’Angleterre et d’Allemagne, confie Cécile. Ce sont généralement des familles nombreuses avec enfants. Il faut reconnaître que la région offre de multiples possibilités de distraction pour tous les âges et en toutes saisons. A commencer par les Thermes de Spa, le Musée de la Forêt, les balades dans les Hautes-Fagnes et les pistes de ski. Le circuit de Spa-Francorchamps, l’abbaye de Stavelot et le parc Plopsa Coo sont également tout proches. »

Précisons, à l’attention des amateurs de vélo, que si le relief se prête mieux au mountainbike, un Pré RAVeL a été récemment aménagé qui permet de relier Spa à la ligne 45 qui va de Trois-Ponts à Waimes en passant par Stavelot et Malmédy. Les possibilités d’excursion à vélo sont dès lors nombreuses.

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

En collaboration avec : 

Un gîte cocon dans la Boucle de l’Ourthe

« C’est avant tout un lieu de détente sis dans un lieu magique, en pleine nature. Le chalet est chargé d’ondes positives. La précédente propriétaire, une homéopathe réputée, y organisait des séances de méditation. Il dégage une belle énergie ! Les clients me le confirment fréquemment. »

Les clients ? Depuis qu’elle a ouvert son gîte à Esneux, dans la boucle de l’Ourthe – c’était en août 2012 –, Virginie Gorremans a vu défiler des touristes venus des Etats-Unis, de France, d’Espagne, de Finlande et d’un peu partout en Wallonie. La plupart du temps pour un week-end, souvent pour une semaine complète, parfois pour un ou deux mois. Des randonneurs amoureux de la nature, des pêcheurs acharnés ou, plus simplement, des gens venus pour trouver le calme ou l’inspiration. Comme ce musicien qui a loué le chalet le temps de composer un nouveau CD ou cette dame qui y a trouvé un climat propice à  l’écriture d’un livre. « J’ai même reçu la visite de Français qui n’ont pas hésité à parcourir 1.000 bornes pour venir observer les oiseaux », s’exclame la propriétaire, elle-même passionnée par la faune et la flore, si riche, il est vrai, dans cette région.

C’est en 1997 que Virginie et son mari décidèrent de s’installer au bord de l’Ourthe, le long d’un petit chemin qui constitue aujourd’hui le début du RAVeL conduisant vers Liège et Maestricht. L’objet de leur convoitise : une maison éclusière construite aux environs de 1850 et pourvue d’un chalet situé au bout d’un pré. Au début du XIXe siècle, en effet, les Hollandais commencèrent à canaliser l’Ourthe afin de faciliter le transport de pierres de la région vers la Meuse et les Pays-Bas. En 1846, un projet belge prit le relais qui prévoyait de faire construire, à certains endroits, des portions de canal et des écluses. Ces embarcations étaient alors tractées par des chevaux via des chemins de halage, mais l’aventure prit fin avec l’arrivée du chemin de fer en 1866. « Ces canaux ont été remblayés les uns après les autres, mais les maisons éclusières ont survécu », explique Virginie, en montrant une bite d’amarrage devant sa maison. « Quant au chalet, je suppose qu’il s’agit d’un baraquement construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale afin d’y abriter des habitants ayant perdu leur toit ».

Après avoir restauré la maison à son goût, le couple se retourna vers le chalet en bois qui, bien que délabré, n’avait rien perdu de son charme. C’est Virginie qui eut l’idée, voici un peu plus de deux ans, de lui redonner une nouvelle vie et de lui rendre sa fonction première de lieu de villégiature. « Nos trois garçons devenant grands, j’ai cherché à anticiper leur départ en me lançant dans une nouvelle activité, explique la propriétaire. Comme j’adore accueillir les gens et partager avec eux le bonheur de vivre dans pareil endroit, j’ai pensé à le transformer en petit gîte pour deux ou quatre personnes. Nous l’avons restauré à l’identique avec le souci d’utiliser des matériaux écologiques : nouvelle structure en bois, bardage en cèdre, isolation en cellulose de papier, plaques écologiques, peinture biologique, double vitrage… Le tout en suivant les conseils de la Fédération des Gîtes de Wallonie et en respectant les normes actuelles, bien sûr. »

Reconnu comme meublé de vacances par le Commissariat général au Tourisme qui lui a accordé le label 3 clés, le gîte s’est enrichi rapidement de l’éco-label international « clé verte ». Et, plus que jamais, il distille des énergies positives, comme en atteste le récent parcours de sa propriétaire. « L’aventure venait à peine de démarrer que mon mari me quitta et que je perdis mon travail, explique Virginie. Le choc fut très dur, mais je devais me reconstruire. Par hasard, j’ai rapidement retrouvé du travail à Battice, au sein de la petite entreprise qui avait si bien isolé mon chalet. Je me suis sentie en totale harmonie avec cette société qui n’emploie que des produits naturels. A un point tel que j’en suis devenue la directrice. Mais je dois jongler avec mon temps pour m’occuper également du gîte car celui-ci se loue très bien. »

Aujourd’hui, « Le bonheur » a donc retrouvé tout naturellement sa place « au bout du pré », entouré de groseilliers, de hêtres, d’ibiscus et d’autres essences indigènes. Et comme il a cette particularité rare de s’accroître lorsqu’on le partage, Virginie vous invite à passer un petit séjour en amoureux à Esneux.

A VOIR, A FAIRE

Le site de la Boucle de l’Ourthe

Les randonnées, le vélo, la pêche, le kayak, la découverte de la région de l’Ourthe-Amblève, la visite de Liège… Quand on lui demande son « coup de cœur » en matière d’activité au départ de son gîte, Virginie a cette réponse qui fuse tout naturellement : « Il faut venir ici pour ne rien faire, profiter de la nature et du calme et se détendre ». Mais elle lance aussi quelques pistes : « La Boucle de l’Ourthe regorge d’endroits merveilleux comme le hameau de Ham, le site fortifié de Beaumont, le château Lavaux, le vallon de Beauregard, la douve de Plainevaux et la Roche aux Faucons, du haut de laquelle on peut admirer toute la région. Ces sites peuvent être découverts à pied ou en vélo, en partie en suivant le RAVel, en partie en VTT dans les bois. Je propose d’ailleurs gratuitement des vélos à mes locataires… »

Rue Devant Rosière 10c

B-4130 Esneux

+32 (0) 495 / 78 53 58

[email protected]

www.lebonheurauboutdupre.be

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

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