Waw magazine

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Depuis l’été 2012, le nom de Charline Van Snick est définitivement pendu à une médaille olympique. À 22 ans, la route de la judokate, qui vient d’emménager près du centre de Liège, est pourtant encore longue. Au propre comme au figuré…

Le 28 juillet 2012 restera à jamais marqué dans la mémoire de la famille Van Snick. Ce samedi-là, en début d’après-midi, sur les tatamis de l’Excel Exhibition Centre de Londres, Charline est en repêchage dans la catégorie des moins de 48 kg contre l’Argentine Paula Pareto. Après deux victoires suivies d’une défaite, la Liégeoise n’a plus droit à l’erreur. Elle jette ses dernières forces dans la bataille, bénéficie d’un Yuko en fin de combat et, après un temps qui lui a semblé interminable, elle voit l’arbitre de sa petite finale lever le bras dans sa direction. C’est l’explosion de joie dans le camp belge avec lequel elle fêtera cette médaille de bronze à la Belgium House. Ses parents, Marc et Anne, sont émus et fiers de leur fille qu’ils ont poussée sur les tatamis de Blegny dès l’âge de six ans. Dame ! Dans la famille Van Snick, le judo et le jiu-jitsu sont une école de vie. On y apprend à se battre, à souffrir et à triompher !

La liesse continuera quelque temps. Le 14 août, au Hall omnisports de Saive, le village familial, tous ses supporters et les membres de son club – le Bushido Saive dirigé par son père – sont présents pour lui faire un triomphe. Le 13 septembre, les autorités wallonnes lui décernent le titre de Cheval ière du Mér ite wal lon, et le 4 décembre, elle reçoit pour la troisième fois le Mérite sportif de la Fédération Wallonie- Bruxelles. Le bilan de la n°4 mondiale est remarquable. Outre son exploit olympique, elle a brillé au Championnat d’Europe (2e), a remporté le Grand Prix de Düsseldorf et s’est classée troisième au tournoi Grand Chelem de Moscou.

Les films de Tarantino

« Une médaille olympique, ça change toute une vie ! », a-t-on souvent entendu dire dans le monde sportif. Oui, mais… peut-être pas tout de suite. En ce qui concerne Charline, le seul changement notoire, c’est qu’elle a décidé de quitter la maison familiale en septembre dernier, à 22 ans, pour s’installer dans un petit appartement du quartier Saint- Léonard, à Liège. Histoire d’acquérir son autonomie. C’est là que nous l’avons rencontrée, début février, ainsi que son compagnon, le judoka français Anthony Cueillette – « un mec génial », susurre-t-elle, en le couvant des yeux –, qui fait régulièrement le déplacement depuis Paris. On débouche dans l’appartement après avoir traversé un long couloir. Il est de petite taille mais moderne. Dans un coin du salon, un gros lapin s’agite à notre entrée – « il s’appelle Navis, il adore jouer avec moi ». Sur le mur, une photo de nuit de Tokyo – « c’est moi qui l’ai prise, c’est l’un de mes hobbies », annonce-t-elle, avant de se soumettre au jeu des questions.

Le bilan de la n°4 mondiale est remarquable. Outre son exploit olympique, elle a brillé au Championnat d’Europe (2e), a remporté le Grand Prix de Düsseldorf et s’est classée troisième au tournoi Grand Chelem de Moscou.


Pourquoi le quartier Saint-Léonard ? Venant d’une Liégeoise de souche, la réponse ne surprend pas. « Je suis près du centre-ville. Pour sortir, c’est facile. J’adore déambuler dans les rues avec des amis, il y a plein de magasins, des brasseries, des animations… » Et les cinémas ? « Oui, mais je préfère aller au complexe de Rocourt ». Son dernier film ? « “Django Unchained”. J’adore Tarantino. Je regarde aussi des DVD. Surtout les séries policières. Ma préférée est “Esprits criminels”. J’aime les gens qui ont une forte personnalité… » Elle est interrompue par la sonnerie de son téléphone portable. Au ton de sa voix, on la sent quelque peu contrariée. « Ma voiture est en panne, mon sponsor m’en a donné une autre, mais ce n’est pas évident. J’en ai besoin tous les jours pour aller m’entraîner ! »

Et Charline d’énumérer ses aller-retour hebdomadaires afin de participer aux entraînements de la fédération donnés par Cédric Taymans et Damiano Martinuzzi. « Le lundi, ceux-ci ont lieu à Wavre, le matin en petit groupe et le soir à l’attention de tous ; les mardis et jeudi, ils ont pour cadre l’ULB , à Bruxelles ; enfin, le mercredi soir, je prends part à l’entraînement national à Etterbeek. En plus de cela – mais ça, c’est un choix personnel –, je me rends deux ou trois fois par semaine au Spiroudôme, à Charleroi, pour ma préparation physique. Enfin, je fais de la musculation dans une salle à Fléron et, de temps en temps, du jogging, du squash et de la natation au Sart Tilman. »

Vingt heures par semaine au volant !

C’est là que l’on comprend pourquoi, aux yeux de la judokate liégeoise, la situation n’a guère évolué depuis sa médaille. « J’avais espéré avoir quelques facilités ou avantages, mais cela n’est pas le cas », constate celle qui a brillamment obtenu un baccalauréat en marketing à la Haute École de la Province de Liège et est sous contrat à l’Adeps avec le statut de fonctionnaire administratif. Ces déplacements, surtout, sont fastidieux. « Comme d’autres, j’attendais beaucoup du projet de centre de haut niveau que la Région wallonne voulait mettre sur rails. C’eût été génial s’il avait pu voir le jour au Sart Tilman, mais le dossier n’a pas abouti – NDLR Le projet de dojo fédéral pour le judo francophone est toujours en discussion. Toutefois, le centre de haut niveau va se développer à Louvain-la-Neuve… en commençant par l’athlétisme. Donc, je dépense beaucoup d’énergie sur les routes. Je m’entraîne entre 15 et 20 heures par semaine et je passe 20 heures au volant ! » « Tu devrais changer de sport, tu ferais une excellente pilote ! », intervient Anthony. Celui-ci ne connaît pas ce problème. À Paris, toutes les disciplines, ainsi que le staff médical, sont concentrées à l’Institut National du Sport, de l’Expérience et de la Performance ( INSEP ), situé au coeur du bois de Vincennes, à deux pas de son logement.

Charline sourit à la boutade. Mais elle a un autre souci. Depuis l’automne, elle doit composer avec une entorse à la cheville qui l’a tenue de longues semaines à l’écart des tatamis. Son début de saison a donc été postposé. Elle a ainsi été contrainte de renoncer à l’Open de Paris-Bercy, ainsi qu’au Grand Prix de Düsseldorf. « Mais mon objectif n’a pas changé : je veux devenir championne d’Europe, en avril, en Hongrie, et me hisser à la première place mondiale ! »

La pression ne risque-t-elle pas d’être trop forte ? La Liégeoise a appris à la gérer. De plus, c’est une battante. À l’image de Justine Henin, qui est venue l’interviewer à Jodoigne avant son départ à Londres, elle n’abdique jamais, quel que soit l’adversaire. « Ce que Justine a réussi est exceptionnel, mais je n’en fais pas un modèle. Je n’en ai d’ailleurs pas. Je trace ma route, c’est tout ! », tranche-t-elle. Cela, on l’avait bien compris.

 

Le talent pour devenir n° 1

Vice-champion du monde en 2001, directeur technique de la Ligue francophone belge de judo et entraîneur de nombreux athlètes de haut niveau dont Charline Van Snick, Cédric Taymans ne se fait pas trop de souci pour sa protégée à l’aube d’une saison que la Liégeoise aborde avec un capital confiance quelque peu entaillé par sa blessure.

Cédric Taymans — Comme elle vise le Championnat d’Europe fin avril, il faudra absolument qu’elle puisse prendre part à un tournoi avant cette date, explique-t-il. On y verra plus clair alors sur sa forme, mais c’est une battante. C’est d’ailleurs sa principale force. Elle a le talent pour atteindre son objectif, devenir la n° 1 dans sa catégorie.

Et ses principaux défauts ?
C.T. —
E lle est trop fougueuse, elle a des difficultés à se plier à certaines règles de base. Mais elle est encore jeune…

 

Bio & palmarès

1990 : Naissance à Liège.
1996 : Commence le judo à 6 ans au JC Olympic Blegny, dans sa commune.
1998 : Le jour même de ses 8 ans, ses parents créent le Bushido Saive, son club actuel.
2004 : Premier podium international en Roumanie (cat. Espoir).
2009 : championne d’Europe (cat. Junior). La Fédération Wallonie-Bruxelles lui attribue le Mérite sportif pour la première fois.
2010 : première médaille d’or en Coupe du Monde à Sofia (cat. Senior) et médaille de bronze au Championnat d’Europe. Elle entre dans le top 10 mondial.
2011 : 5e au Championnat du monde.
2012 : vice-championne d’Europe et médaille de bronze aux JO de Londres (4e mondiale).

Ces 6, 7 et 8 février 2015, la Ville de Spa n’attirera pas les visiteurs uniquement pour ses eaux thermales. La douzième édition du festival Whisky-Live s’y déroulera une nouvelle fois dans le cadre prestigieux du Casino et elle promet d’être exceptionnelle.

En 2014, plus de 2.800 visiteurs ont contribué à faire de cet évènement un succès ; un public majoritairement  masculin, même si les femmes sont évidemment les bienvenues, et pas seulement pour ramener leurs chers et tendres entiers à la maison… Le festival s’adresse à tous, tant aux néophytes qu’aux initiés. Dans une ambiance lounge et cosy, plus de 650 whiskies du monde entier y sont proposés à la dégustation. Des breuvages irlandais, américains, japonais, mais aussi belges et wallons comme le désormais célèbre Belgian Owl assemblé à Grâce-Hollogne, en province de Liège.

Le concept du festival est de goûter à des whiskies et rhums d’exception, mais pas seulement… Les organisateurs proposent également des mariages de saveurs plutôt étonnants : whisky et macarons, chocolat, coquilles St-Jacques ou foie gras !

 

Renseignements

6 / 7 / 8 février 2015
Vendredi de 18 à 22h
Samedi de 12 à 20h
Dimanche de 11 à 18h 

Infos et préventes sur
www.whisky-live.be

En collaboration avec : 

Depuis trois ans, DESIGNpoint s’attache a meler designers creatifs, petites mains douees, produits industriels au rebus et une bonne dose d’imagination et d’ingeniosite.

Ce qui est voué à la destruction, nous le récupérons pour une deuxième vie. Et si cela reste, à terme, voué à la destruction, au moins nous aurons amené un deuxième souffle à ce matériau… » C’est ainsi que Jean-Luc Théate, designer liégeois, résume l’activité de DESIGNpoint, ASBL créée en 2009 à l’issue d’une année d’étude financée par le fédéral portant sur l’écodesign industriel en économie sociale. Voici leur recette !

C’est par le recyclage de grandes bâches devenues obsolètes que l’activité de cette association établie rue de Fragnée à Liège a été lancée. Ils se sont fait remettre par ceux qui n’en avaient plus besoin quelque 20 000 m² de bâches usagées. En suivant la filière « classique », elles auraient dû être incinérées et s’il en avait coûté à l’environnement, il en aurait été de même pour leurs propriétaires en frais de traitement de ces déchets. Dans cet échange win-win, nos écodesigners motivés obtiennent ainsi leur matière première gratuitement. Pour la diminution des coûts de production, c’est un très bon début…

Coup de pouce a l’economie sociale

Sous le slogan « Les déchets des uns peuvent devenir les ressources des autres », les designers se sont lancé le défi de transformer ces bâches colorées aux slogans parfois tapageurs en un nouveau produit à la fois solide, pratique, et tout à fait dans le vent. Grâce à la patience des couturières employées par des entreprises de formation par le travail ou de travail adapté — principalement l’atelier APAC de Pont-à-Celles, dans le Hainaut, mais aussi des EFT de Jodoigne et Brainel’Alleud — ces milliers de mètres carrés se muent désormais, depuis trois ans, en sacs façon gibecière, en porte-documents, ou encore en poubelles souples à papier. Les modèles ont été réfléchis pour être pratiques et esthétiques, et seules les parties intactes du PVC sont employées. C’est-à-dire presque toutes, vu la résistance du matériau !

La bâche ainsi domestiquée a également été transformée en panneaux pour toilettes sèches, en pochettes, ou encore en sacoches pour les deux-roues. On les voit désormais sur les 260 vélos mis à la disposition des fonctionnaires européens, à Bruxelles, histoire qu’ils puissent glisser leurs documents et casse-croûte dans du « recyclé » ! « C’est la Communauté européenne qui nous a demandé de réutiliser les bâches dont elle n’avait plus besoin, explique Jean-Luc Théate. Elle voulait des sacoches à ses couleurs pour en doter les vélos mis à la disposition de ses fonctionnaires, et c’est ce que nous lui avons préparé à l’atelier. » Et puisque les bonnes idées, c’est contagieux, cela a inspiré les « maisons des cyclistes » de Liège et Mons, dont l’une a commencé à orner de sacoches recyclées ses vélos de location et l’autre veut par ce biais promouvoir le vélo à l’université… Côtés sacs et sacoches, l’asbl créative a également scellé un partenariat avec un géant des cosmétiques pour la transformation de sacoches en surplus issues des « packs cadeaux » vendus notamment aux fêtes.

Une industrie plus verte

Il faut savoir qu’en Belgique, les secteurs qui produisent le plus de déchets sont la construction (45 %) et l’industrie (40 %). Les ménages viennent bien loin derrière, en produisant 7,5 % des déchets de notre plat pays. Il serait dommage de faire des efforts de tri toujours plus nombreux dans les familles, mais de conserver des entreprises qui emmènent tous leurs déchets dans l’incinérateur plutôt que de les récupérer…

« Beaucoup d’industriels sont face à de grandes quantités de déchets dont la destruction est payante, mais surtout polluante, poursuit Jean-Luc Théate. La bâche fait partie de ces déchets et on en produit une grande quantité car elle n’est utilisée que pour de courtes campagnes. Pourtant, c’est une matière particulièrement résistante. » Les gibecières et autres sacs font le plaisir des aficionados de pièces originales et uniques et sont vendus via le site des Liégeois de Sativa Factory, où on peut les acquérir à des prix variant entre 15 € (la pochette/porte-gobelet) et 30 € (le sac en bandoulière). On les trouve également par le biais des collectivités, comme ce fut le cas pour la candidature de Liège à l’exposition 2017 ou encore pour la CSC et « Wallonie design ». Enfin, de (très) grosses boîtes se servent désormais de la « DESIGNpoint touch », puisque Ikea Belgique a fait appel à l’asbl liégeoise pour réaliser des pochettes distribuées à l’occasion d’une formation aux pratiques respectueuses de l’environnement. « En 2012, notre cahier de commandes a explosé, avec 5 500 pièces réalisées », confie le designer liégeois qui espère bien que l’asbl va poursuivre sur cette belle lancée.

Enfin, la bâche qui ne trouve pas de deuxième vie accrochée aux épaules des filles sert de « matière première secondaire ». Lavée et reconditionnée en bandes d’un mètre quarante de large lorsqu’il y a des « trous » dans la production de sacs et autres objets, elle est revendue à un industriel et se mue en sous-housse de fauteuil. « En préférant ce matériau à de la toile neuve, l’industriel divise le coût de ces sous-housses par trois », commente-t-il. De la sorte, il épargne aussi l’environnement… Côté sacs et sacoches, l’asbl créative a également scellé un partenariat avec un géant des cosmétiques pour la transformation de sacoches en surplus issues des « packs cadeaux » vendus notamment aux fêtes. Ces sacoches griffées sont souvent produites en surnombre et sont vouées, pour éviter le marché parallèle, à la destruction. DESIGNpoint les récupère, les dégriffe et les revend pour trois fois rien chez « Les Petits riens ». Pour l’écologie, c’est toujours ça de pris !

Une equipe a volume variable

L’asbl fonctionne de façon assez particulière. Ainsi, si Jean-Luc Théate, qui est un des trois membres fondateurs, se charge de manière plus continue de l’asbl, certains de ses administrateurs, qui ont chacun leurs expériences et leurs spécialités, viennent en renfort pour encadrer des projets. C’est le cas, par exemple, pour un nouveau pan d’activités sur lequel DESIGNpoint est en train de travailler : la valorisation de chutes de coupes de scieries. « Pour le moment, elles sont recyclées en pellets et agglomérées, précise Jean-Luc Théate. Mais il s’agit de matière première de plancher, c’est du bois déjà séché… On peut donc, en reconditionnant les planchettes en lots de 15-16 kilos dans un gabarit bien défini, les vendre tels quels en bois de chauffage, ce qui représente un intermédiaire de moins qu’avec les pellets. » Un autre membre de l’équipe travaille quant à lui sur le recyclage de cuir de sacs et de fauteuils, qui vont également, tout prochainement, retrouver une seconde vie. ■

La bâche ainsi domestiquée a également été transformée en panneaux pour toilettes sèches, en pochettes, ou encore en sacoches pour les deux-roues. On les voit désormais sur les 260 vélos mis à la disposition des fonctionnaires européens, à Bruxelles, histoire qu’ils puissent glisser leurs documents et casse-croûte dans du « recyclé » !

 
L’asbl en trois points
  • Alors que le mot ≪ productivite ≫ est dans toutes les bouches en ces temps de crise et que celle-ci est plombee par le cout des matieres premieres, reduire la destruction du surplus de production et des materiaux peu utilises s’impose. L’ideal, pour atteindre le ≪ gaspillage zero ≫, est de les transformer… C’est la que les ecodesigners peuvent amener leurs bonnes idees.
  • Alors que l’economie sociale a montre ses effets positifs pour remettre sur le marche de l’emploi des personnes qui s’en etaient ecarte, creer de nouvelles filieres, c’est creer de nouveaux metiers. Pour une asbl comme DESI GNpoint, c’est l’opportunite de pouvoir compter sur de la main-d’oeuvre en continu sans les lourdes charges salariales que cela pourrait entrainer.
  • Enfin, puisque les etudiants en design d’aujourd’hui sont les designers de demain, l’asbl noue en priorite des partenariats avec ceux qui leur succederont. Elle a ainsi travaille avec les eleves de Saint-Luc a Liege pour des poubelles recyclees qui sont aujourd’hui utilisees dans les bureaux bruxellois de L’Oreal, ou leur a propose, tout recemment, de plancher sur le recyclage de 2 500 m2 de plexi colore. L’argent recolte avec ce second projet servira aux etudiants pour financer un voyage a Barcelone… sur les terres de Gaudi.

David Goffin, qui a mis un terme à sa saison fin octobre après le tournoi de Valence, a grimpé jusqu’au 42e rang mondial. Son meilleur classement. Le Liégeois de 21 ans, qui avait entamé l’année 2012 au 174e rang, est aujourd’hui le meilleur joueur belge et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

 

Né à Liège, dans le quartier de Rocourt, le 7 décembre 1990, le gamin fait très vite montre d’aptitudes hors norme. Un héritage familial, sans doute. « Mon père, ma mère, mon oncle, mes cousins… Dans la famille, tout le monde jouait ou joue au tennis », explique celui qui a rencontré sa petite amie « dans un club… de tennis. » Évidemment ! « David a toujours pratiqué avec beaucoup de facilité tous les sports de balle ou de ballon », se rappelle sa maman, Françoise Beckers.

En route vers le sommet

Le talent du gamin est tel qu’à 8 ans, il est repéré par l’Association francophone de Tennis (AFT). Le petit David participe à des stages à Barcelone, dans l’académie de Sergi Brugera, un ancien vainqueur de Roland- Gar ros, et même aux États-Unis, à Saddlebrook ! À onze ans, il intègre le centre tennis-études de Mons, un modèle de réussite en Wallonie, où il fera ses humanités, comme l’avaient fait avant lui Justine Henin ou Olivier Rochus par exemple.

« En tant que maman, j’ai souffert lorsqu’il est entré dans le centre tennis-études. J’ai toujours mis un point d’honneur, et David aussi, à ce qu’il termine son cycle scolaire. À 17 ans, il a obtenu son diplôme. Puis il est passé pro », raconte Françoise Beckers. « Avec les entraînements, les voyages sur le circuit, il a fallu que je m’accroche, se souvient David Goffin. Mais je tenais vraiment à obtenir mon diplôme. Si je n’avais réussi dans le tennis, je me serais sans doute orienté vers la médecine du sport. » Car David Goffin n’a pas toujours été convaincu qu’il percerait au plus haut niveau. « Ce n’était pas facile. J’avais des qualités, certes, mais je manquais vraiment de puissance. Perdre des rencontres alors que je jouais mieux que mes adversaires, c’était très frustrant. Il a fallu que je me renforce physiquement et ce travail n’est pas terminé. »

Le divorce de ses parents alors qu’il avait 14 ans aurait également pu le perturber. Mais le garçon est à l’évidence très solide mentalement. À l’image de ce qu’il montre sur le terrain où il ne se laisse pas facilement décontenancer. Une force tranquille. Sa décontraction est un redoutable atout. Le déclic survient lors d’un tournoi à Milan, à 17 ans, quand il atteint la finale du Trofeo Bonfiglio, un tournoi important chez les jeunes. « Là, j’ai senti qu’il était prêt à poursuivre l’effort pour se donner les moyens de ses ambitions », expliquera son père, Michel Goffin, aujourd’hui aux côtés de son fils prodige en qualité de manager. À 18 ans, en 2008, Goffin intègre le Team Pro de l’AFT aux côtés des frères Rochus à qui il demandait encore des autographes quelques mois auparavant. « J’ai toujours eu conscience qu’il possédait un réel talent, mais je ne m’attendais pas à ce que ça aille si vite », confie sa maman. À force d’entraînements (cinq heures par jour à taper dans la balle !), les progrès sont d’abord irréguliers, d’autant plus que quelques problèmes physiques freinent sa progression. En 2011, il se fait une déchirure aux abdominaux au tournoi de Chennai en Inde. Verdict : quatre mois sur la touche. « Cette blessure lui a fait comprendre qu’il devait se bâtir une condition physique irréprochable. Son hygiène de vie est parfaite », raconte son paternel.

En avril 2011, l’AFT lui adjoint un coach à temps plein, Réginald Willems. Le duo fonctionne bien. David Goffin décroche son premier titre sur le circuit Challenger (le dernier étage avant le circuit ATP) en Guadeloupe en mars dernier.

Depuis, Willems a été rejoint par un deuxième entraîneur, Thierry Van Cleemput, qui voyage de plus en plus souvent avec le joueur. « À deux, avec l’ensemble du staff, nous allons encore améliorer la qualité de son encandrement. Thierry et moi avons une vision commune du tennis et de la vie. Fonctionner en duo permet d’éviter l’usure et la lassitude », explique Réginald Willems.

Tout s’accélère pour David en mai dernier. Roland-Garros va le révéler au monde entier. Avec le brin de chance qui sourit parfois aux débutants. Car le Liégeois qui est battu au troisième tour des qualifications, bénéficie du forfait d’un autre joueur pour être repêché en qualité de « Lucky Looser ». Il va vite devenir un « Lucky… Winner » !

≪J’ai touché ma première raquette à cinq ans. C’était à l’Euro-Tennis de Barchon, avec mon père (Michel, NDLR)… professeur de tennis. Et cela m’a plu tout de suite. ≫ La terre battue, David Goffin est donc tombe dedans tout petit.

 

« La Goff’ » (tel qu’il est surnommé par ses proches) vole d’exploit en exploit et devient le premier « repêché » depuis 17 ans à atteindre les huitièmes de finale d’un Grand Chelem. « La flèche wallonne » (tel que le qualifiera le journal français L’Équipe) sera stoppée en quarts de finale par le Suisse Roger Federer , le plus grand joueur de l’histoire, qui est aussi l’idole de Goffin ! La maman de David a sans doute vécu ce jour-là l’un des plus beaux moments de sa vie. « J’étais émue en le voyant affronter son dieu, Roger Federer. Je repensais à tous ses posters dans sa chambre. David nous a tant parlé de la classe et du talent du Suisse. Le voir sur le même terrain que son idole, c’était un sentiment indescriptible », raconte sa maman.

Malgré la défaite, David livre ce jour-là un match parfait face à Federer, dans le tournoi préféré des Belges, un dimanche pluvieux et télévisé devant des centaines de milliers de téléspectateurs. De quoi faire basculer une vie !

Une star est née

Sollicité de toutes parts, « Goffin-le-gentil » doit apprendre à dire non. Le joueur ne veut pas se disperser. Il n’accorde d’interviews qu’au compte-gouttes et sur les sujets sportifs uniquement. Le people, très peu pour lui. L’agence Octagon qui gère désormais sa communication filtre les différentes sollicitations médiatiques. « Je ne veux pas que ma vie change », martèle le joueur. Pourtant elle a changé. « Comme le dit Roger Federer, il y a une grande différence entre être connu dans son pays et puis, tout d’un coup, connu partout dans le monde, nous explique Réginald Willems. Cela génère énormément de sollicitations diverses. David doit apprendre à gérer cela. Et on doit l’y aider. » Depuis le début de sa carrière, David Goffin a déjà accumulé près de 500 000 dollars en « prize money ». Les sponsors se bousculent.

 

Son objectif ? Se maintenir durablement dans le Top 50 avant de peut-être viser plus haut ! 

 

Pour Réginald Willems toujours, « la relation de David avec l’argent est très saine. Il a été élevé selon certaines valeurs : ce n’est pas un gaspilleur. Son papa l’épaule très bien à ce niveau en pensant déjà à la gestion de son après-carrière. » Preuve qu’il ne court pas après l’argent, le joueur vient de refuser de changer de marque de raquette. Il souhaite poursuivre avec son équipementier actuel malgré des offres financières très alléchantes venues de la concurrence. La maman du joueur ne craint pas que son fils tombe dans la facilité : « David a toujours été sage et mature. Vu son style de vie, il est vite entré dans le monde des adultes. Il saura rester les pieds sur terre », confie-t-elle. « Je vais suivre le conseil que m’a donné Roger Federer : travailler, travailler, travailler », assure David Goffin.

Un travail qui a repris mi-novembre en vue de la saison prochaine que le Liégeois commencera aux antipodes en janvier à Brisbane puis Auckland avant les Internationaux de Melbourne, avec pour objectif de se maintenir durablement dans le Top 50 avant de peut-être viser plus haut.

 

Un Champion universitaire

 

David Goffin collabore avec les universites du sud du pays (UCL, ULB, ULg) pour mettre au point un programme de preparation physique qui devra lui permettre d’etre performant toute l’annee. En tennis, comme ailleurs, le talent ne fait pas tout. Si David a pu gagner plus de 100 places au classement ATP cette saison, c’est aussi (voire surtout) parce qu’il a pu disputer une saison complete sans blessure. ≪ Sa déchirure aux abdominaux en 2011 l’avait écarté des terrains durant quatre mois, se souvient son coach Reginald Willems. Ce fut un mal pour un bien, car cela lui a fait comprendre l’importance d’une bonne préparation et d’une excellente hygiène de vie. Des tests isocinétiques ont permis de constater que cette blessure s’expliquait par un petit déséquilibre du corps. Nous avons pu y remédier, explique-t-il encore, mais le corps d’un sportif de haut niveau reste une mécanique fragile de haute précision. ≫

Un soutien de poid

Pour exploiter tout son potentiel, David Goffin peut compter sur le soutien des trois grandes universites francophones. Il effectue ses tests d’endurance a l’UCL a Louvain-la-Neuve. L’Universite libre de Bruxelles (ULB) surveille l’evolution de son explosivite, son principal atout, surtout au niveau des jambes et des bras. L’ULG a Liege est specialisee en isocinetique. David y subit regulierement des tests destines a ameliorer le renforcement musculaire et la protection des articulations. Tout ceci est possible grace au soutien financier de l’Adeps et de la Federation Wallonie- Bruxelles. En plus de ces tests, notre tennisman est suivi par son medecin du sport personnel, le Liegeois Maurice Joris, chez qui il effectue un check-up toutes les six semaines. Le biomecanicien Frank Dewitte suit le joueur de maniere tres reguliere aussi. Mi-novembre, David a entame une preparation physique de six a sept semaines. ≪ On jette les bases de toute une année. C’est peut-être le moment le plus important de la saison ≫, precise Reginald Willems. Le programme est concocte par le preparateur physique de l’AFT, Patrick Meur, qui adapte les entrainements en fonction des renseignements obtenus aupres du joueur, des entraineurs et des medecins. ≪ Ce travail d’équipe est primordial. Tous les intervenants ont un rôle majeur dans le développement du joueur. J’ai besoin d’être informé sur son état et de ses difficultés après chaque tournoi ≫, explique Patrick Meur.

Une bonne préparation physique

David Goffin dispute 26 tournois par an. Il connait donc l’importance d’une bonne preparation physique : ≪ Je le fais sans jamais rechigner, avec envie même. ≫ Alors que de plus en plus de joueurs du top-50 sont des montagnes de muscles qui, a l’image de Rafael Nadal, se reposent sur leur puissance, David, avec son metre quatre-vingt et ses 67 kilos fait presque figure d’exception. ≪ Idéalement, il faudrait que David gagne deux ou trois kilos dans les jambes, mais cela viendra avec l’âge, on ne va pas forcer les choses ≫, confie Reginald Willems. ≪ David a des capacités physiques au-delà de la moyenne. Il sait se déplacer rapidement et longtemps. Il est à la fois hyperexplosif et endurant. S’il n’a rien d’un monstre sur le plan musculaire, il parvient pourtant à donner beaucoup de vitesse à la balle ≫, poursuit l’entraineur. Tout serait donc une question d’equilibre. Gagner en puissance ne pourra pas se faire au detriment de ses qualites naturelles. Les universités sont là pour y veiller.

 

Seize ans, deux films et déjà autant de montée des marches. Thomas Doret mène une vie peu ordinaire depuis que les frères Dardenne nous ont fait découvrir ce jeune talent flémallois dans Le gamin au vélo. Récemment, il a rencontré Renoir !

 

Pour la plupart des élèves de l’Athénée royal de Seraing, les cloches sonnent la fin de la journée. Thomas Doret commence alors sa seconde journée de travail, smartphone en poche,prêt à répondre aux coups de fil professionnels et autres interviews. Sourire aux lèvres, la démarche assurée, voilà un ado bien dans ses baskets ! À tout cela s’ajoutent ses cheveux auburn et son regard malicieux. Enfin, lorsqu’il s’exprime, on ne peut ignorer cet accent typiquement liégeois qui rythme ses mots.

Jean-Pierre et Luc Dardenne l’ont choisi sans la moindre hésitation pour le premier rôle du film Le gamin au vélo. Il y incarne Cyril, un adolescent abandonné de tous, une boule de nerfs, qui trouve l’amour qui lui manque tant chez une mère de substitution ( jouée par Cécile de France). Au vu des récompenses, les frères ne s’y sont à l’évidence pas trompés.

 

Dans une bulle

L’histoire peu ordinaire d’un gamin ordinaire débute lorsque son papa remarque une annonce sur la toile, correspondant en tous points à son fils alors âgé de 13 ans. Sans vraiment y croire, une lettre de candidature voit le jour. "On ne sait jamais. Ce serait une chouette expérience."

Sélectionné parmi 150 garçons, il est le cinquième à se présenter au casting. Le courant passe tout de suite avec les " frères ". Son interprétation de la première scène du film – une conversation téléphonique – convainc les deux cinéastes. À travers ses yeux, son intonation, ses mimiques, Thomas parvient à faire exister son personnage. Il rend perceptible l’imperceptible. Un talent inné, pur, naturel, et encore inexploité.

La machine se met en route. De juillet à octobre 2010, le Flémallois vit "dans un cocon, une bulle et le tout dans une atmosphère presque familiale", comme le décrit Delphine Tomson, productrice exécutive des Films du Fleuve. Il ne pouvait rêver meilleures conditions pour une première expérience. Répétitions et tournage ont lieu à quelques minutes à peine de chez lui, sur les hauteurs de Seraing, dans le quartier de la Bergerie. De nature "très discret, secret, limite muet "ses proches peinent à en savoir davantage sur le tournage. Les nouvelles proviennent plutôt de l’équipe du film qui ne tarit pas d’éloges. Delphine Tomson le définit comme "un bûcheur, un ado toujours d’excellente humeur avec de l’énergie à revendre."

Pour maîtriser ce trop plein d’énergie, Thomas a trouvé un exutoire taillé sur mesure : le karaté qu’il pratique depuis l’âge de six ans, si bien qu’il a déjà obtenu la ceinture marron. Jean-François Colpin, son instructeur depuis ses débuts, voit en la personne du " petit Thomas " un "véritable modèle à suivre». " Ce marmot nerveux s’est assagi avec le temps. Son niveau de concentration et ses capacités de mémorisation se sont considérablement développés et il a également acquis une grande maîtrise de lui-même." Des qualités qui ont joué en sa faveur sur le tournage.

Selon Thomas, pas de quoi se vanter : « Certes, j’ai monté les marches, mais d’autres ont fait cent fois plus. Cannes oui, mais tu n’es pas un dieu pour autant ! » Comme il le rappelle avec humour, « Ici, ce n’est pas Cannes… c’est Flémalle ! »

 

La tete dans les nuages, les pieds sur terre

Cannes et son 64e Festival… Quelle meilleure manière de changer la vie d’un ado que rien ne prédestinait à un tel avenir ? La sortie du film, en mai 2011, coïncide avec la montée des marches. Les réactions affluent, celles de ses proches en premier lieu. Sa maman, emplie de fierté et d’émotion, explique : "Je ne me rendais pas compte qu’il pouvait jouer de la sorte. Mon mari et moi avions du mal à nous imaginer le résultat final, vu que notre fils ne disait pas grand-chose."  Une amie de la famille insiste : "Quand on regarde le film, on observe que lui, au point d’en oublier l’histoire. Une performance insoupçonnée ! Le spectateur ne peut être qu’admiratif."

Retour à Cannes où le film a enthousiasmé les critiques en raflant une récompense et non des moindres, le Grand Prix du Jury ! Le changement s’opère à la seconde même où le jury remet le prix aux deux réalisateurs. Photos, interviews, autographes s’enchaînent. Du jour au lendemain, Thomas Doret se voit propulsé sous les feux des projecteurs. Issu d’une famille modeste, l’ado accepte les compliments sans pour autant prendre la grosse tête. Tellement humble ce gamin, qu’on aurait bien envie de le secouer pour qu’il se rende compte qu’une opportunité pareille n’arrive pas à tout le monde. Selon lui, pas de quoi se vanter. "Oui, j’ai monté les marches, mais d’autres ont fait cent fois plus. Cannes oui, mais tu n’es pas un dieu pour autant !"  Comme il le rappelle avec humour : "Ici, ce n’est pas Cannes… C’est Flémalle !"

Depuis le tournage du Gamin au véloThomas ne cesse d’évoluer. Ses proches remarquent une forte prise d’indépendance et ce besoin capital de gérer seul sa vie. Il aurait presque tendance à oublier qu’il doit encore demander l’avis de ses parents, qui d’ailleurs ne souhaitent pas mieux que de suivre les choix de leur fils. Même du haut de ses 16 ans et avec un tel parcours, il restera toujours pour son entourage le " petit Thomas ".

 

Camera ou bistouri ?

Bientôt deux ans déjà que Thomas Doret reçoit récompense sur récompense. Pour n’en citer que quelques-unes : le « Prix du Meilleur Espoir » aux Magritte – le Square à Bruxelles marque sa première prise de parole devant un large public, un moment impressionnant –, le « Prix du Meilleur Acteur » au Textur Film Festival en Russie et, plus récemment, « l’Artiste liégeois de l’année ». Au Prix des Lycéens, les élèves de rhétorique lui ont octroyé le prix « Toi, làbas, si loin, si proche ». Une récompense dont il peut être fier. "Il s’agissait d’un jury jeune. Je ne savais pas comment ils allaient réagir. Visiblement, le film les a touchés."  Un lieu où il souhaiterait retourner ? Le Festival du Cinéma belge à Moustier, près de Jemeppesur- Sambre. Il y était invité en compagnie des frères Dardenne et se souvient d’une ambiance conviviale, presque familiale.

 

Du jour au lendemain, Thomas Doret se voit propulsé sous les feux des projecteurs. Photos, interviews, autographes s’enchaînent au rythme qu’on imagine. Ou pas. 

Pour le 65e Festival de Cannes, le gamin a troqué le décor sérésien pour un paysage bleu azur. Non content d’avoir gravi les marches une première fois, il en a à nouveau profité avec son second film, intituléRenoir et réalisé par Gilles Bourdos. Tourné au Rayol-Canadel dans le Var en automne 2011, sa sortie dans les salles est prévue pour janvier 2013. Dans cette grosse production, Cyril fait place à Coco, fils cadet du peintre, Renoir étant interprété par Michel Bouquet lui-même. "Il pourrait en laisser un peu pourles autres, non ?", s’amuse l’amie de la famille, un sourire taquin au bout des lèvres. À présent, il va falloir cultiver ce talent, l’exploiter sans en abuser. Et quand on lui parle de cours de théâtre, il grimace : "À vrai dire, je préfère le naturel."

 

Pour ne pas s’égarer, Thomas peut toujours compter sur les frères pour le conseiller. Même s’il n’a aucun projet sérieux en vue pour l’instant, la carrière de l’ado semble en bonne voie. Et quand on l’interroge sur son avenir, la réponse fuse : "Pourvu que cela continue. Je me verrais bien habiter à Paris et m’essayer à d’autres styles : drame, comédie, film d’action… Si la chance tourne, je deviendrai neurochirurgien."  Rien de moins ! Et vu le caractère déterminé du gaillard…

 

 

Filmographie

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Le Gamin au velo

 

De Jean-Pierre et Luc Dardenne

 

— 2011 —

 

Renoir

 

De Gilles Bourdos

 

— 2013 —

 

Un chef étoilé qui a voyagé jusqu’à Shanghai, un restaurant adapté à la chaleur de la cuisine et à l’accueil des patrons. Le Coq aux Champs s’impose… avec finesse et modestie. Bientôt la deuxième étoile ?

Quelle belle idée ! Voilà ce que l’on a envie de crier en découvrant, les yeux émerveillés, le nouveau décor de cette maison étoilée dont la renommée ne fait que croître. On a abattu des murs, supprimé le vitrage intermédiaire, créé un vaste espace qui permet au chef de se mouvoir et d’entrer, directement, dans la salle qui ne fait qu’un avec la cuisine. Le dialogue peut ainsi facilement s’établir, la complicité entre cuisine et convives est installée.

Christophe Pauly se confie : « Mon objectif est de faire naître la rencontre entre ceux qui font vivre le restaurant et ceux qui viennent y manger. Par ces changements du lieu, je veux exprimer cette vision du restaurant qui est mienne autour de ma cuisine : du plaisir, une pureté conviviale, un minimalisme chaleureux. Avec Catherine, nous avons voulu un restaurant généreux, contemporain et authentique, intuitif, sans barrière entre la salle et les fourneaux. Juste le partage, dans sa conviction autant que dans la spontanéité, des gestes, de l’émotion qui circule. »

La salle elle-même a subi de profonds changements dont le plus visible tient dans le fait que les tables ont perdu leur nappage pour offrir une surface en bois brut du plus joli effet. On aime beaucoup ce contact direct avec la matière vivante. La disposition des tables est plus large, laissant des espaces pour le service et la confidentialité entre les tables. Ça change de ces restos où vous êtes quasi côte à côte avec la table voisine ! Christophe s’est adressé à des artisans locaux pour la fabrication de ses tables sur des mesures minutieusement déterminées. Un savoir-faire sans falbalas que l’on retrouve chez d’autres artisans du Condroz à travers lesquels le chef de cuisine témoigne de son ancrage dans sa région natale. Notons Agribio, où il achète des farines moulues sur pierre et sans aucun additif ou encore Emmanuel Lange et ses magnifiques huiles de colza. Du dressage, Catherine Pauly n’a retenu que l’essentiel exprimé avec grâce. Une épure nimbée du blanc des porcelaines fines des créatrices Sylvie Coquet et Roos Van de Velde. Diaphanes aussi le verre opaque du gobelet à eau et le rond de serviette créé par Pieter Stockmans. Il émane de la table une vraie douceur, une légèreté soulignée par de fins traits noirs, comme calligraphiés par le manche des couverts utiles à la dégustation des amuse-bouches.

Christophe et Catherine Pauly

Les heureux propriétaires ont maintenant pris leurs marques vis-à-vis de l’espace qui leur est dévolu. Ils le maîtrisent et le gèrent, soutenus par un personnel serviable, attentif et souriant. Le sommelier est avide de faire découvrir aux convives ses dernières trouvailles parfaitement en symbiose avec les étincelantes – vraiment ! – préparations du chef.

Dans ce nouvel espace, nous avons retrouvé tous les charmes de la cuisine de Christophe, avec beaucoup de plaisir. Une cuisine très personnelle, basée sur des produits impeccables au rythme du marché et des saisons. Le chef connaît les bonnes adresses, souvent pas très lointaines, où il peut s’approvisionner en toute confiance. La personnalité du cuisinier et de ses adjoints apparaît avec brio dans une suite de préparations délicates, une ode aux produits du terroir. Un menu en 4 ou 5 services (55 € et 75 €) est proposé pour mettre en évidence, dans les entrées, Saint-Jacques, langoustines ou foie gras. Les plats se déclinent en pigeonneau de Racan, agneau et entrecôte, sans oublier les surprises du marché. On termine en douceur avec quelques brillantes innovations surprenantes. Le Coq aux Champs, une maison où l’on se sent heureux parce que tout le monde semble l’être. Merci Christophe, merci Catherine ! On reviendra. Bientôt…

 

Renseignements

Le Coq aux Champs
Rue du Montys, 71
B-4557 Soheit-Tinlot
+32 (0) 085 51 20 14
[email protected]
www.lecoqauxchamps.be

Fermé samedi midi, dimanche et lundi

Depuis trois ans, Audrey Moineau et sa « Tasting Room » se spécialise dans l’importation des vins fins du Nouveau Monde. À bas les stéréotypes, découvrez avec elle les saveurs de contrées fort fort lointaines.

« Quand le vin est tiré, il faut le boire. Surtout s’il est bon. » Marcel Pagnol, grand amateur de vin, n’aurait sans doute pas rechigné à l’idée de poser ses lèvres sur les vins exotiques qui séduisent de plus en plus de palais. Produits pour la plupart depuis de nombreuses années, les vins dits du « Nouveau Monde » demeurent en revanche assez méconnus dans nos contrées. Car si ceux-ci garnissent depuis pas mal de temps les rayons des supermarchés, ils pâtissent en revanche de quelques clichés ou images réductrices. Goût formaté et conservation difficile, ces « sous-vins » ne seraient bons que pour accompagner un apéro au soleil, voire un barbecue estival. « Les stéréotypes sont tenaces », concède Audrey Moineau, fondatrice de The Tasting Room. « Pourquoi un vin sud-africain ne pourrait-il pas mûrir dans une cave à la manière d’un Bourgogne ou proposer des parfums délicats ? Les méthodes de vinification sont les mêmes qu’en Europe. N’importe quel vin de qualité, d’où qu’il provienne, peut parfaitement vieillir dans de bonnes conditions ! »

Si certains tombent dans la barrique quand ils sont petits, ou du moins en âge d’apprécier le divin nectar, le parcours est sensiblement différent pour Audrey Moineau. Diplômée en droit et spécialisée dans la propriété du droit d’auteur, cette jeune Liégeoise ne s’imaginait pas, il y a encore quatre ans, devenir importatrice exclusive pour de nombreux domaines vinicoles sud-africains. « En 2009, je suis partie en séjour prolongé en Afrique du Sud. Je pensais y travailler dans ma branche, mais les offres d’emplois ne correspondaient pas vraiment. » Découvrant les vins du pays, « un véritable coup de foudre, » Audrey pousse la logique jusqu’au bout en suivant les cours d’une académie d’oenologie. « Pour la première fois de ma vie, j’étais première de classe », sourit-elle. D’un naturel fonceur, elle décide rapidement de se reconvertir dans le négoce de vin et, quelques mois à peine après ses premiers cours, fonde sa société en Belgique. « Après une étude de marché, je me suis rendu compte qu’il y avait une place à prendre car aucun importateur n’était présent en Wallonie. » Les premiers contrats sont rapidement signés et l’aventure The Tasting Room lancée. D’abord dans une pièce aménagée dans la maison familiale, ensuite par la création d’un site d’e-commerce, et enfin, par l’installation d’un point de vente à Chênée, en banlieue liégeoise. Les contacts se nouent avec différents cavistes et restaurateurs, non sans mal. La méfiance à l’égard d’un terroir aussi éloigné ne pouvant se vaincre sans une bonne dose de pédagogie. « On pense souvent à tort que l’Afrique du Sud ne produit que du blanc, qu’elle ne compte que peu de cépages, alors qu’on en dénombre près de 90 différents. Ou que pour obtenir un bon vin, il faille nécessairement délier les cordons de la bourse. Mais les mentalités évoluent, heureusement ! »

« On pense souvent à tort que l’Afrique du Sud ne produit que du blanc, qu’elle ne compte que peu de cépages, alors qu’on en dénombre près de 90 différents. Ou que pour obtenir un bon vin, il faille nécessairement délier les cordons de la bourse. Mais les mentalités évoluent, heureusement ! »


Quant à l’argument écologique, Audrey Moineau l’a tourné en avantage. « J’ai toujours eu le souci de l’environnement, du développement durable. L’Afrique du Sud est justement pionnière et leader mondial dans le domaine de la production de vin durable. Elle a créé des labels et certifications strictes, qui vont même plus loin dans leur démarche que nos propres réglementations bio. » Reste le transport. « Un vin transporté d’Italie en camion aura un coût carbone plus élevé qu’une bouteille arrivée jusque chez nous par bateau ! On l’importe en quantité suffisante pour que son coût global soit le moins élevé possible. » Si les vins sud-africains constituent sa marque de fabrique, Audrey ne s’interdit cependant pas de s’ouvrir à d’autres régions du monde. « L’appellation “Vins du Nouveau Monde” regroupe tous les vins qui proviennent principalement de l’hémisphère sud. Nous allons bientôt proposer des vins d’Argentine, du Chili ou d’Australie. » Tout en ne s’interdisant pas quelques découvertes plus locales dans une catégorie particulière, l’« Audrey’s selection ». « L’idée reste la même, à savoir explorer des sentiers moins connus ou plus audacieux. Je vais ainsi proposer un vin uniquement produit à Venise qui vaut vraiment le détour ! » Car l’activité de The Tasting Room ne se limite pas à l’exportation de vins fins mais surtout à sa découverte en organisant des évènements à domicile ou en entreprise. « On essaye de marier les goûts, de surprendre, en proposant différentes saveurs qui peuvent se compléter, comme du chocolat et du vin par exemple. » Un vin bien choisi donne un meilleur goût aux choses. Une maxime qu’Audrey Moineau pourrait ériger en sacerdoce.

Renseignements et commandes :

www.thetastingroomcompany.com

 
L’Afrique du Sud et le vin Quelques chiffres :

Activité : depuis le milieu du XVII e siècle
7e producteur mondial
Production : près de 10 millions d’hectolitres par an
Plus de 600 domaines différents

La société liégeoise Geolives propose plus de 40 000 randonnées pédestres et cyclistes accessibles via un Smartphone ou une tablette. Sa plate-forme SityTrail compte plus de 140 000 utilisateurs qui ont dit adieu aux anciennes cartes.

Vous aimez vous balader en pleine nature, mais vous voulez savoir où vous allez mettre les pieds et vous n’avez pas envie d’embarquer dans votre sac une pile de cartes qui risquent de se déchirer ou de s’envoler à chaque coup de vent ? Comme les iBeakens, Geolives propose de nouveaux outils dans le domaine du tourisme. Des outils informatiques, basés sur des applications et l’usage des Smartphones et tablettes. Les QR-codes sont également de la partie. Et les possibilités de plus en plus nombreuses, puisque près de 40 000 promenades sont aujourd’hui proposées en Belgique, en France et même ailleurs en Europe.

« Geolives, dont le centre de développement est situé à Liège, est la société partenaire de Star-Apic, un éditeur de logiciels européens dans le domaine de la gestion cartographique du territoire et de ses infrastructures, explique Yves Peeters, son directeur. Nous l’avons créé en mars 2008 à l’attention du grand public. Jusque là, nous vendions principalement des supports physiques, tels que cartes, CD et DVD . L’arrivée de l’iPhone d’Apple nous a ouvert de nouvelles portes. Avant de partir en vacances, l’utilisateur peut désormais télécharger notre application SityTrail, soit via AppStore s’il possède un iPhone ou un iPad, soit sur Google Play s’il est détenteur d’un Smartphone ou d’une tablette Androïd. Cette application, auquel il a accès via un abonnement mensuel ou annuel, lui permettra de rechercher des randonnées pédestres ou cyclistes proposées par d’autres membres SityTrail, soit par une communauté qui, en cinq ans, compte déjà près de 140 000 utilisateurs. Son choix effectué, il lui suffit de scanner la ou les balade(s) via les QR -codes et, arrivé sur place, il n’aura qu’à suivre les indications fournies sans plus se soucier de rien. Ces itinéraires sont très précis puis qu’ils s’appuient sur les cartes IGN , notre partenaire en Belgique, en France, en Suisse et, dès cet été, aux Pays-Bas. »

Des randoguides gratuits

SityTrail sur ses rails – et même sur de très bons rails puisque SityTrail France a remporté en 2012 le Prix Géoportail de l’IGN dans la catégorie « Loisirs et Culture » –, Geolives s’est ensuite attelé à développer une deuxième application, appelée SityTour, qui permet aux opérateurs touristiques de publier eux-mêmes leurs promenades commentées sous forme de randoguides. « Il s’agit là de randonnées plus élaborées, avec des points d’intérêt contenant des textes, des photos, des fichiers audio… qui sont signalés par des sonneries en fonction de sa géolocalisation », explique Yves Peeters. Elles sont proposées par des regroupements de communes (GAL), des Maisons du Tourisme ou des associations. Ainsi, le Commissariat général au Tourisme met en valeur des promenades sur les communes de Marche-en-Famenne, Rochefort, Durbuy, Hotton, Nassogne et Somme-Leuze, qui se sont regroupées pour faire connaître le Pays de Famenne. En décembre 2012, les communes de Spa, Jalhay, Stavelot, Theux et Trois-Ponts ont décidé de faire de même afin de promouvoir le Pays des Sources à travers une centaine de promenades. Et Natura 2000 a également développé un large catalogue afin de mettre en valeur ses sites dans toute la Wallonie.

Le gros avantage de SityTour ?

L’application ainsi que les fonds de cartes sont gratuits pour le grand public – ce sont les opérateurs qui financent le système. En outre, une fois l’application téléchargée, le visiteur n’aura plus besoin de connexion Internet. S’il n’a pas encore effectué son choix avant de quitter son domicile, il peut « faire ses courses » parmi les circuits proposés à l’Office de Tourisme grâce à son Smartphone et une borne WiFi, particulièrement pratiques pour le touriste néerlandais, très friand de nos Ardennes.

Renseignements

Centre de développement Geolives
Liège Science Park
Avenue du Pré Aily 24
B-4031 Angleur
+32 (0)4 361 47 42
www.geolives.be

 
Description de l’application

• Téléchargez les randoguides des opérateurs touristiques, les cartes et contenus multimédia associés.
• Après téléchargement, les randoguides peuvent être suivis sans aucune connexion Internet.
• Les points d’intérêt sont déclenchés automatiquement et les textes peuvent être lus avec la synthèse vocale.
• Alarme en cas d’éloignement de l’itinéraire suivi.
• Gestion de plusieurs langues.
• Obtenez un itinéraire Google vers un point d’intérêt ou le point de départ d’un randoguide.
• Visualisez sur la carte OpenStreetMap les réseaux de randonnée (cyclables, pédestres...) des opérateurs touristiques, par exemple, en Wallonie, le réseau RAVeL et le réseau cyclable du Pays de Famenne.
• Reconnaissance de QR-codes de SityTour pour télécharegr directement un guide numérique ou encore des QR-codes donnant accès à des pages Internet.
• Accédez à des informations touristiques géolocalisées : articles Wikipédia, hébergements, restaurants, musées, attractions touristiques, …
• Consultez les prévisions météo sur 4 jours suivant votre position sur la carte.
• Mémorisez vos propres repères sur la carte.
• …

Spécialisée dans l’ingénierie logicielle pour le secteur spatial, cette entreprise liégeoise développe ses activités avec, entre autres, la mise au point d’un satellite pour le compte du Vietnam.

Les images captées par le télescope Hubble font souvent rêver. Celles du soleil, observé sous toutes ses coutures, apportent de nombreux éclairages sur son évolution et son fonctionnement. Autant de données cruciales recueillies par des monstres de technologie orbitant loin au-dessus de nos têtes. Pourtant, seule une petite partie des nombreux satellites qui révolutionnent autour du globe « regardent » vers l’espace. La plupart est centrée sur notre petite planète bleue, relayant les communications, scrutant la surface de la Terre dans un ballet savamment orchestré. Car si l’orbite terrestre est sillonnée par une nuée de satellites en tous genres, ils doivent pouvoir le faire en parfaite coordination, avec précision et maîtrise, ce qui nécessite un savoir-faire spécifique. On l’oublie souvent, mais le développement et la mise au point des logiciels de contrôle ou de navigation de ces engins spatiaux sont aussi primordiaux que leur construction à proprement parler. Inutile de faire décoller un satellite dernier cri au coût astronomique si son système informatique n’est pas adapté.

Dans ce secteur, une petite société liégeoise, Spacebel, s’est taillé une solide réputation depuis près de 25 ans. Dirigée par Thierry du Pré-Werson, l’entreprise wallonne s’est spécialisée dans l’étude, la conception, la réalisation et la maintenance de systèmes informatiques de haute technologie destinés à l’industrie aérospatiale. Elle a en outre dirigé ses activités sur le marché en pleine expansion des microsatellites en développant une plateforme logicielle qui améliore, de façon considérable, l’accès aux données d’observation de la Terre. Avec un chiffre d’affaires tournant autour des neuf millions d’euros, Spacebel emploie plus de 70 personnes sur ses trois sites de production que sont Liège, Hoeilaart et Toulouse. Une société à taille humaine et qui fourmille de projets.

Une renommée européenne

« Nous sommes présents dans les secteurs du spatial et des applications de l’observation de la Terre, ce qui représente une multitude de clients différents », explique Michel Gruslin, marketing manager. « Qu’il s’agisse des agences spatiales classiques, des institutions européennes ou de grandes entreprises de l’aérospatial, une pluralité de profils nous permet d’être indépendants vis-à-vis des grands groupes. » N’étant liée à aucune structure gouvernementale, Spacebel peut proposer ses compétences à différents clients, quand bien même ils seraient concurrents entre eux. « Nos solutions couvrent une large gamme de services qui permettent de contrôler les satellites et véhicules spatiaux. Cela suppose que nous devons supporter l’ensemble des opérations nécessaires à une mission comme assurer les communications, l’alimentation électrique, les corrections d’orbite… C’est un travail exigeant, mais passionnant. » Et qui a fait la réputation de l’entreprise liégeoise, puisqu’elle fait partie du top 3 européen dans ce secteur hautement technique. En 25 ans, plus de trente missions spatiales ont ainsi été menées à bien grâce aux équipes de Spacebel.

« Désormais, nous simulons tous les paramètres de construction de l’appareil avant sa mise en chantier ! Nous sommes capables de simuler tous types de modèles, voire une constellation de satellites qui navigueraient en formation. »


Et pour s’assurer que ces missions se déroulent dans les meilleures conditions possibles, la société s’est également investie dans le segment de la modélisation et de la simulation. Si le travail en « salles blanches » représente toujours une partie importante dans la conception d’un satellite, il demeure extrêmement coûteux et chronophage. « Désormais, nous simulons tous les paramètres de construction de l’appareil avant sa mise en chantier ! Nous sommes capables de simuler tous types de modèles, voire une constellation de satellites qui navigueraient en formation. Une fois la construction achevée, notre activité ne s’arrête pas puisque les simulateurs continuent à épauler les ingénieurs pendant le processus de fonctionnement. Cela représente un gain de temps considérable », précise Michel Gruslin.

Mais une fois toutes ces opérations réalisées, le travail de Spacebel ne s’arrête pas pour autant. « On a contribué à lancer les satellites, à les simuler pendant leur développement et lors de leurs opérations tout en soutenant le centre de contrôle qui les pilote. La suite logique se pose en une question : que faiton de ces données ? » Récolter des sommes considérables d’information n’est en effet qu’une première étape, encore faut-il pouvoir les lire, les décoder et les transmettre à l’utilisateur final. Dans le domaine de la foresterie par exemple, les solutions proposées par l’équipe liégeoise permettent une gestion des domaines beaucoup plus précise qu’auparavant. « À partir de données fournies par différents appareils, on peut faire de la surveillance de maladies, juger de l’état de santé d’une culture, voire même vérifier les cycles de moisson. Chaque élément botanique laisse une signature spectrale que l’on peut observer depuis l’espace. On peut donc cartographier de grandes étendues de végétation avec précision. » Ou poser un diagnostic en quelque sorte, ce qui sera précisément une des missions du satellite Végétation lancé en mai dernier (voir ci-dessous).

Échelon supérieur

Maîtrisant toutes les étapes de soutien et de contrôle d’un satellite, seule une élaboration complète, de A à Z, manquait dans les réalisations de Spacebel… Jusqu’à maintenant. La société vient en effet de conclure un précontrat pour la livraison d’un microsatellite pour le Vietnam ! Michel Gruslin s’enthousiasme. « Dans ce cas-ci, notre mission est réellement de fournir un appareil complet et ultra-performant. Il jouera un rôle important dans la gestion du territoire, de l’environnement et des ressources naturelles du pays, notamment pour la question cruciale de l’eau. » Bien sûr, l’entreprise wallonne ne s’est pas tout à coup transformée en grand industriel. Pour mener à bien ce nouveau défi, Spacebel a pris la tête d’un consortium 100 % belge qui regroupera les compétences de plusieurs acteurs du secteur comme QinetiQ Space, basé en Flandre, ou de plus proches voisins comme Amos et le Centre Spatial de Liège. Avec un contrat évalué à une soixantaine de millions d’euros, le projet occupera, pendant trois ans au moins, plus d’une quarantaine de personnes et apportera une première référence de marque pour la société dans ce domaine. « Nous sommes très fiers de porter ce projet, qui a aussi pour but de nous ouvrir d’autres marchés où la demande pour ce type de satellite est importante, comme l’Afrique ou l’Amérique latine. » Autant d’étoiles que de calculs, autant de lignes de codes que de galaxies, l’univers de l’infiniment grand côtoit en permanence celui du virtuel et du langage numérique, non sans un petit accent liégeois.

 

Au chevet de la planète

Depuis le 7 mai 2013, le ciel est un petit plus « wallon » avec la mise en orbite d’un satellite qui surveillera de près l’évolution de la flore terrestre. Dernier né de la famille de minisatellites PROBA (Project for On-Board Autonomy) de l’ES A, PROBA-V assurera la relève des images « Végétation », prises depuis plus de dix ans par les instruments à bord des satellites français SPOT-4 et SPOT-5, qui arrivent en fin de vie. Avec un poids de 160 kg et un volume de moins d’un mètre cube, ce miniobservatoire livrera tous les deux jours une vision complète de la végétation sur Terre. Les données collectées permettront non seulement de suivre les ressources agricoles et végétales sur l’ensemble de notre planète, elles contribueront également à l’étude des changements climatiques. Partie prenante de ce projet conduit par QinetiQ Space, Spacebel en a développé l’ensemble des logiciels. Qu’il s’agisse des programmes de bords, de contrôle au sol ou de simulation. Son expertise dépasse même le seul aspect satellite puisque la société liégeoise a mis au point les logiciels relatifs au guidage, à la navigation et au contrôle du lanceur de l’ES A, Vega.

Renseignements

Spacebel
Rue des Chasseurs Ardennais, 6
Liège Science Park
B-4031 Angleur
+32 (0)4 361 81 11
[email protected]
www.spacebel.com

Vous avez déjà certainement dû les voir. Partout, ou presque, les présentoirs de BHS Promotion proposent aux visiteurs des flyers et mini-cartes présentant autant d’endroits dignes d’intérêt. Un réseau qui couvre tout le Benelux et la France !

Jean-Yves Beeckman a de quoi être fier. En 18 ans, l’administrateur délégué de BHS Promotion est parvenu à créer un réseau élaboré d’affichage et de promotion touristique et culturel. Présents en Belgique, en France et au Grand-Duché de Luxembourg, sur les sites à haute fréquentation touristique, les meubles présentoirs de BHS proposent aux visiteurs de découvrir très rapidement d’autres endroits à visiter.

Le principe est simple. Un site touristique met en avant d’autres sites touristiques. Prenez un site bien connu tel le Domaine des Grottes de Han. Prenez les milliers de personnes qui y passent chaque année*. Placez judicieusement un présentoir. Indiquez-y esthétiquement d’autres endroits à découvrir… Et vous avez un système efficace de promotion en réseau. Les lieux se promotionnent mutuellement, sans concurrence, avec le but commun de servir le chaland.

* Entre 265 000 et 400 000 visiteurs par an.

« Tout le monde s’y retrouve, se réjouit Jean-Yves Beeckman. Le visiteur qui cherche à découvrir rapidement un panel d’activités récréatives et ludiques dans la région (musées, théâtres, adresses gourmandes, parcs d’attraction, hôtels, campings, etc.). Les annonceurs qui se font connaître pour un prix concurrentiel à une cible adéquate et a priori déjà intéressée. »

Une gamme de produits

En quelques années, Jean-Yves Beeckman et son associé, Christophe Denis, ont diversifié leurs moyens de diffusion : Wallonie Passion, Brussels Passion et Vlaanderen Passie pour les meubles présentoirs avec brochures. Visite Passion pour les panneaux de minicartes et Vison-Visu pour l’affichage. « Vous pouvez vous retrouver face à un meuble présentoir et y prendre une brochure, poursuivent-ils. Mais vous pouvez tout aussi bien emporter une mini-carte. Brochure ou minicarte, il s’agit toujours de faire la promotion d’un site. » La différence tient dans le fait que le présentoir, plus imposant en taille, se trouvera dans un lieu touristique ou un hébergement hôtelier tandis que les panneaux avec les mini-cartes (plus petits) seront davantage présents dans les gîtes, chambres d’hôtes et lieux de restauration. Dans tous les cas, contrairement aux sites, pas question de faire à l’intérieur de l’établissement la promotion d’un autre établissement de la même catégorie. Logique ! Autre différence ? Les présentoirs sont présents toute l’année. Ce n’est pas le cas pour les panneaux placés seulement pendant les quelques mois de haute saison, du 1er avril au 1er octobre (sauf à Bruxelles).

Mais BHS Promot ion, c ’est aussi Culture & Promotion et Vison-Visu, un réseau d’affichage professionnel pour les évènements culturels et spectacles, en Belgique, aux Pays-Bas (Maastricht), en Allemagne (Aachen), dans le Nord de la France, la Côte d’Azur et le Grand-Duché de Luxembourg.

Suisse, Espagne et Canada, en ligne de mire

BHS Promotion met tout en oeuvre pour faciliter la mise en production des différents supports de promotion en prenant en charge la réalisation graphique, l’impression et évidemment, la diffusion. Il est également possible pour l’annonceur, et c’est même assez courant, de placer un bon de réduction sur la mini-carte. Les lieux où seront placés les flyers ou mini-cartes sont soigneusement sélectionnés. BHS promotion s’assure que chaque opérateur communique auprès de son public in the right time and in the right place.

Le principe semble efficace. Gardons l’exemple des Grottes de Han qui présentent le meilleur retour sur une année avec 2 000 retours sur 6 mois. Pas mal, non ? « Un succès qui ne cherche qu’à s’étendre, précise Jean-Yves Beeckman. Les contacts sont déjà pris avec la Suisse, l’Espagne et le Canada. » L’intérêt vers les nouvelles technologies de la communication est également bien là avec la nouvelle application mobile Visites Passion, disponible gratuitement sur l’App Store et Google play… en six langues !

 

Renseignements

Wallonie Passion
Voie du Belvédère, 6 
B-4100 Seraing
+32 (0)4 231 30 33 
[email protected] 
www.bhs-promotion.com 
www.culture-promotion.com
www.vison-visu.com
www.zoomoa.be

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