Waw magazine

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Le textile ne se limite pas à la chemise en coton et aux dessous en soie. Idées préconçues ! Plongée dans un secteur à la croisée des mondes de la mode, de la santé et de la technologie de pointe.

Centexbel, pour « Centre Technique et Scientifique de l’Industrie Textile Belge », a été créé en 1950 à l’initiative de Fedustria, la Fédération belge de l’industrie textile, du bois et de l’ameublement. Face à l’accroissement de la concurrence internationale, à la fluctuation du prix des matières premières et compte tenu de la mutation des habitudes de consommation de la population rêvant de belles automobiles plutôt que de textile, l’objectif de la création de Centexbel était de renforcer la position compétitive de l’industrie textile en Belgique. Aujourd’hui, le centre emploie 150 personnes qui mettent au point des produits ou prototypes textiles ultra-innovants. Le pari de Centexbel est de concevoir aujourd’hui les produits de demain.

Les recherches conduites par le centre liégeois sont subsidiées pour la plupart par les autorités régionales et fédérales, en collaboration avec des entreprises privées. Certaines d’entre elles bénéficient de subsides européens. C’est notamment le cas pour les études menées conjointement par plusieurs centres de recherche en Europe. Les missions du centre sont principalement le test et la certification à destination d’entreprises qui produisent, transforment ou commercialisent des produits textiles. Au total, ce sont pas moins de 800 tests différents qui peuvent être effectués par les laborantins de Centexbel ! L’entreprise certifie 80 % du marché mondial dans le domaine textile du milieu opératoire. Elle délivre notamment le précieux certificat CE, indispensable pour la confection de vêtements de sécurité, d’équipement des pompiers, médecins, policiers, etc. Autre exemple, la norme Oeko Tex standard 100. Elle assure que le tissu ne présente aucun danger pour la santé de celui qui le porte. Ce label volontaire, à savoir qu’il n’est pas (encore) obligatoire, apporte une crédibilité et un gage de qualité aux confectionneurs qui respectent les règles qu’elle induit. Fruit du travail d’une quinzaine de laboratoires européens, dont Centexbel pour la Belgique, cette norme garantit l’innocuité du tissu en contact avec la peau, comme le linge de maison, la lingerie ou encore les vêtements de bébés. L’ensemble de ces certifications s’adresse aux entreprises actives dans le secteur du textile, mais pas seulement. Certaines firmes font parfois appel à leur expertise pour le développement de leurs produits, comme c’est par exemple le cas de Mithra Pharmaceuticals®, fleuron liégeois du périmente un textile fonctionnalisé dont les tenants et aboutissants sont tenus secrets à ce jour. À suivre…

L’entreprise certifie 80 % du marché mondial dans le domaine textile du milieu opératoire. Elle délivre notamment le précieux certificat CE, indispensable pour la confection de vêtements de sécurité, d’équipement des pompiers, médecins, policiers, etc.

 

Le textile se cache partout, ou presque

« On est parfois surpris par les objets caractérisés comme étant des matières textiles », précise Marc Gochel, Market Manager Health, Safety & Security depuis 28 ans chez Centexbel. Le pansement, par exemple, dans le secteur médical, est une matière textile, une matière non tissée jetable pour être exact. Certaines canalisations peuvent être remplacées par un textile technique, les serviettes hygiéniques, les langes, les disques démaquillants, les sachets de thé, autant d’objets… en tissu ! » Et Marc Gochel d’ajouter une précision plutôt étonnante : « on trouverait pas moins de 10 à 12 % de matière textile dans une voiture ! »

Si les textiles sont partout ou presque, ils peuvent aussi tout faire, ou presque. Car si Centexbel excelle dans l’art de la certification, le centre mise aussi énormément sur son département Recherche & Développement et les produits de niche qu’il tente d’élaborer en axant ses recherches sur la fonctionnalisation des textiles.

On s’inquiète de plus en plus du côté nocif et toxique du textile, mais par ailleurs, on leur demande de plus en plus de propriétés. Des propriétés parfois très étonnantes… On parle de « texticaments » ou encore de « cosméto-textiles ». Comme leur nom l’indique, les « texticaments » libèrent des produits soignants comme pour certaines compresses par exemple qui diffusent des médicaments encapsulés dans les fibres ; les « cosmetotextiles », eux, libèrent des substances tonifiantes, relaxantes, hydratantes ou amincissantes. La fonctionnalisation des textiles est dans l’air du temps. On exige d’eux qu’ils soient anti-odorants ou au contraire qu’ils sentent bon ; qu’ils soient absorbants, imperméables ou imperrespirants comme c’est le cas du Gore-Tex ; qu’ils soient isolants, voire chauffants. Centexbel effectue également toute une batterie de tests antibactériens ; c’est le cas notamment pour les équipements de sport auxquels on ajoute des propriétés anti-transpirantes, des matières souvent traitées au fil d’argent, un antibactérien bien connu.

Si les textiles sont partout ou presque, ils peuvent aussi tout faire, ou presque. Car si Centexbel excelle dans l’art de la certification, le centre mise aussi énormément sur son département Recherche & Développement…

 

Textifutur

Transformer un tissu en clavier, c’est possible ? Évidemment. Les tissus élaborés, testés et expérimentés au sein des laboratoires de Centexbel peuvent faire à peu près tout ; servir de clavier d’ordinateur, de système de détresse, ou pour toute autre action qui nécessite un clavier. « Centexbel certifie les propriétés du tissu, libre à l’industriel ayant commandé l’étude d’intégrer une télécommande dans un sofa s’il le souhaite », précise Marc Gochel. Si la capacité d’un pull en tricot à se transformer en calculatrice scientifique peut paraître futile, elle ouvre pourtant la voie à des capacités incroyables. La surveillance du corps humain par le textile semble être le secteur d’avenir par excellence. Le tapis de sol se trouvant à l’accueil de la société verviétoise est par exemple doté de capteurs de chute. Fruit de trois années de travail, Centexbel vient de certifier un t-shirt intelligent qui permet de monitorer en permanence la fréquence cardiaque d’un patient. Les fonctions vitales sont analysées au moyen de fibres métalliques et les résultats envoyés en temps réel sur un Smartphone ou une centrale. Un tel produit peut s’avérer particulièrement précieux dans le cas d’un monitoring de personnes âgées ou malades ou dans le cadre d’analyses d’apnées du sommeil par exemple. Les pompiers allemands seront bientôt équipés de ces t-shirts capables d’analyser leur rythme cardiaque, mais aussi l’environnement dans lequel ils se trouvent et d’en informer en temps réel la caserne. Autre innovation de taille, un prototype de vêtement tissé à partir de fibres optiques permettant notamment de soigner les nourrissons atteints de jaunisse. Le laboratoire de microbiologie expérimente également des tissus bio-résorbables capables de reconstruire de la matière osseuse ou encore de remplacer une veine ! Bref, les innovations s’enchaînent et l’industrie textile n’a pas fini d’en découdre…

INSOLITE

À l’heure actuelle, une grande partie du marché de la fabrication de textile est délocalisée. Les marchés sont colossaux. À titre indicatif, le budget en textiles du Centre Hospitalier Universitaire de Liège avoisine les 20 millions € par an. Lorsque l’on apprend qu’une casaque de chirurgien à usage unique et respectant les normes se vend 50 € pièce, l’on comprend aisément la pression engendrée par les fabricants asiatiques qui peuvent la produire pour le quart du prix…
La part du gâteau restante pour l’Europe et la Belgique se limite bien souvent aux technologies de pointe, aux textiles intelligents et… à la lingerie. Dans le secteur de la confection textile, le soutien-gorge est un des produits textiles les plus techniques. Il faut assembler pas moins de 25 à 30 pièces de sept matières différentes pour parvenir à un bonnet de qualité supérieure !
Chapeau !

DÉBORAH FRANÇOIS
L’évidence au naturel

Photos : Anthony Dehez / dbcreation.be

Relation presse : Rodrigue Laurent

Make up et coiffure : Helena, pour Marianne Gray by John Velasquez / Rue des Chapeliers, 38 - B-1000 Bruxelles

Assistante photo : Marie Goffin

Voiture : Luc Léglise

Lieu : Hôtel Le Berger / http://lebergerhotel.be

Chaussures : Véronique Mergeay / www.veroniquemergeay.com

 

 

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Il a suffi d’un film et d’une Palme d’or pour que la jeune actrice wallonne entre dans la grande famille du cinéma.

En entrant dans la peau de Sonia, la jeune mère « désenfantée » de L’Enfant de Jean-Pierre et Luc Dardenne, Déborah François a compris que le plateau serait sa vie. La jeune femme s’installe alors à Paris et enchaîne les rôles. À l’écran, elle est tour à tour tourneuse de pages, résistante, journaliste, une femme qui cache ses pouvoirs sataniques sous une bure de moine, caissière de supermarché ou dactylo.

Depuis les bords de Seine, elle n’oublie jamais les bords de Meuse, revenant autant qu’elle le peut dans sa ville natale pour s’y ressourcer entre deux tournages. Aujourd’hui, elle nous donne rendez-vous à l’hôtel du Berger à Bruxelles, un ancien hôtel de rencontre, devenu un hôtel au charme fou. Toutes les chambres sont différentes et portent des prénoms féminins. Déborah nous attend chambre 406, celle qui porte le doux nom de « Manon ».

Vous vivez entre Paris et Liège. Celle-ci vous apparaîtelle différemment depuis la ville lumière ?
D.F. — C’est vrai que la distance change le regard. Liège reste ma ville natale, elle est toujours ancrée dans mon esprit par mes souvenirs, ma famille et les amis d’enfance. Je n’y travaille pas, donc quand j’y suis, ce sont des vacances, c’est mon recul. Je n’ai pas pu y retourner énormément cette année, mais dès que c’est possible, je m’y rends.

Quand vous redevenez liégeoise, quels sont les endroits que vous appréciez ?
D.F. — Je vais beaucoup au cinéma Sauvenière. Ils passent de très bons films. C’est étonnant le nombre de films qu’on peut voir à Liège par rapport à d’autres villes en Belgique. J’y vais chaque fois avec mes proches, sinon je retourne aux endroits où on allait quand on était plus jeunes, et notamment dans le Carré. Je rends beaucoup visite à mes amis et je les fais venir chez moi aussi. Je préfère passer du temps juste avec eux plutôt que de me balader.

Les lieux de tournage de L’Enfant restent-ils particuliers pour vous ?
D.F.
— Je ne vais jamais à Seraing, ce n’est pas l’endroit qu’on a envie de visiter en premier sauf si on n’a jamais vu les films des frères Dardenne (rires). D’autant plus que je n’y connais personne. Je n’y passe pratiquement jamais sauf en bord de Meuse et là, j’y pense à chaque fois.

Vous êtes en ce moment entre deux tournages, est-ce une période que vous appréciez ?
D.F.
— Non. En général, les comédiens n’aiment pas ne pas travailler. Même si je fais d’autres choses, je considère que l’essentiel de mon travail, ce sont les tournages. Après, il faut finir les films, faire de la post synchro, des interviews et puis des castings. Tout cela est pour moi secondaire par rapport à mon métier qui est de jouer, d’être soit sur une scène, soit sur un plateau de cinéma. C’est sûr que ce n’est jamais très marrant d’être inactive mais, en même temps, on ne peut pas tourner tout le temps. C’est tellement intense. On serait complètement épuisé.

« Je vais beaucoup au cinéma Sauvenière. Ils passent de très bons films. C’est étonnant le nombre de films qu’on peut voir à Liège par rapport à d’autres villes en Belgique. »

 

Pouvez-vous vous satisfaire de ce qu’on vous propose ou avez-vous parfois envie d’autres genres de rôles ?
D.F.
— On a toujours envie d’aller chercher les trucs qu’on n’a pas encore fait. Je ne me plains pas pour autant parce que je reçois des propositions tous les mois. Je ne suis pas en manque de travail, même si je n’ai pas forcément envie de faire tout ce qu’on me propose. J’essaie de faire des choses qui ne soient pas trop proches de ce que j’ai déjà fait avant. J’aimerais refaire une comédie ou un film d’action. Ce qui n’est pas facile parce qu’on tourne très peu de films d’action en France. Et quand il y en a, ce sont souvent de rôles de garçons.

C’est un plaisir de spectatrice qui vous attire dans ce genre de films ?
D.F.
— Oui. Il y a cette envie de me retrouver dans une scène où je me fais tirer dessus, où il y a une poursuite en voiture. J’ai envie de faire des choses qui sortent de l’ordinaire : courir dans un couloir de métro, faire des pirouettes, apprendre à me battre au sabre ou à manipuler une arme à feu. Dans un film d’action, j’apprendrai forcément quelque chose. Et puis j’adore les scènes spectaculaires.

Aimez-vous vous voir à l’écran ? 
D.F. — Je ne déteste pas ça. Sinon, je ne ferais pas ce métier. En règle générale, je suis assez critique vis-à-vis de moimême. J’aime bien me voir faire des choses que je ne ferais pas dans la vie, comme sauter d’un avion. J’aime bien aussi l’envers du décor, tout ce qu’on met en place pour créer une scène spectaculaire et faire vivre des émotions aux gens. Au cinéma, on peut tout se permettre, on peut bloquer des rues. Pour Populaire, par exemple, on a fermé le Pont d’Iéna. C’est bête, mais j’adore voir cette scène parce que je me rappelle comment on l’a tournée. Ce qui me titille, ce n’est pas vraiment de me voir, c’est plutôt de revivre la situation. Sinon, pour ce qui est de moi, il y a des moments où je trouve que ça va, d’autres où bon...

Avez-vous aujourd’hui le sentiment d’être meilleure actrice qu’il y a dix ans ?
D.F.
— Ça dépend sans doute du film. Je ne sais pas si je joue mieux, mais je le vis mieux, beaucoup mieux. Je pense forcément que si je suis plus sereine, je dois être meilleure.

Avez-vous moins le trac ?
D.F.
— Non, c’est plutôt que je ressens moins de pression. Avant, j’avais un enjeu sur les épaules qui parfois était très lourd, une pression que je m’imposais toute seule d’ailleurs. Maintenant je le prends avec plus de sérénité. Je ne suis pas chirurgienne ou pilote d’avion, je n’ai pas la vie de gens entre mes mains. Au pire du pire, je serai mauvaise dans le film. Je n’ai évidemment pas envie que ça arrive mais je n’ai pas la responsabilité d’une vie. Ce n’est que du cinéma.

BIO-EXPRESS

1987   Naissance à Liège le 24 mai.

2000  Fréquente les cours de l’Académie Grétry, à Liège.

2006  Nomination au César du meilleur espoir féminin pour L’Enfant.

2007  Nomination au César du meilleur espoir féminin pour La Tourneuse de pages.

2008  Nomination au César du meilleur espoir féminin pour Les femmes de l’ombre.

2009  César du meilleur espoir féminin pour Le premier jour du reste de ta vie.

2011  Prix d’interprétation féminine au Festival de Sarlat pour Les Tribulations d’une caissière.

2013  Nomination au Magritte du cinéma de la meilleure actrice pour Les Tribulations d’une caissière.

 

Vous sentez-vous aussi plus légitime dans le monde du cinéma ?
D.F.
— Oui, j’ai sans doute moins besoin de dire que je suis là et que j’ai le droit d’être là. Je ne me pose plus trop la question. J’ai aussi compris que les autres ne se la posaient pas.

Quand vous allez au cinéma, regardez-vous les films en spectatrice ou en actrice ?
D.F.
— Les deux. Si c’est vraiment un super film et que je m’y laisse prendre, je suis complètement spectatrice. Maintenant que je suis actrice, j’ai une grille de lecture que je n’avais peut-être pas avant. Je suis devenue plus exigeante avec le cinéma que je regarde aujourd’hui. Je vais remarquer si l’image est moche, si le rythme ne tient pas. Ça peut me sortir du film. Quand je vois quelque chose qui ne va pas, je redeviens une actrice. Je me dis : « Ah tiens, ils n’auraient pas dû faire ça. Je n’aurais pas mis la lumière là. Je n’aurais pas dirigé cet acteur comme ça. » Ce sont presque toujours des questions techniques. Sinon, j’essaie vraiment de me laisser prendre et de me laisser porter par le film.

Vous avez tourné à Londres un film en anglais, Unmade Beds. Était-ce une belle expérience ? D.F. — C’était super. J’ai adoré. J’adore Londres. C’était vraiment un de mes meilleurs tournages avec une équipe très jeune et un super réalisateur. Cela m’a permis d’avoir un agent là-bas. Du coup, je fais de temps en temps des castings sur place ou en envoyant des essais enregistrés.

Serait-ce un drame pour vous de ne plus tourner ?
D.F.
— Je ferais autre chose, mais je pense que j’aurais le coeur brisé. Je ferais autre chose parce qu’à un moment, il faut avancer. Je n’ai pas de diplôme. Que voulez-vous que je fasse ? (elle éclate de rire)

Il y en a d’autres qui sont arrivés à de belles choses sans diplôme.
D.F.
— Ils ne font pas grand-chose en ce moment, ceux qui n’ont pas de diplôme à Liège... C’est extrêmement difficile.

Ce ne doit pas nécessairement être à Liège.
D.F.
— Si je n’étais pas actrice, est-ce que je resterais à Paris ? Je ne sais pas.

HOTEL LE BERGER 

Projet de l’architecte Gabriel Duhoux, l’Hôtel Le Berger, situé près de la Porte de Namur, à Bruxelles, a ouvert ses portes en 1933. Véritable institution, il fut au départ conçu comme un lieu de « rendez-vous » galants et de réunions clandestines en tout genre. Son agencement particulier et sa décoration art déco kitsch, propice à la discrétion et à la luxure, ont été conservés lors de sa rénovation en 2012 : ascenseur double, salles de bains ouvertes, miroir bordant les baignoires, etc. Aujourd’hui, l’Hôtel, désormais « sage », compte 66 chambres, un restaurant et un bar dont les alcôves constituent un malicieux clin d’oeil au passé.
Empreint d’une atmosphère incontournable d’intrigues et d’érotisme, l’endroit est particulièrement recherché comme cadre pour photographies de mode et comme lieu de tournage.

Renseignements 
Hôtel Le Berger : Rue du Berger, 24 - B-1050 Bruxelles
[email protected]http://lebergerhotel.be

 

Dans Populaire, vous étiez radieuse et pétillante. La comédie vous va bien mais vous n’en avez pas tourné tellement. Il y a eu Fais-moi plaisir, d’Emmanuel Mouret et Les tribulations d’une caissière. Pensez-vous que vos débuts avec les Dardenne vous ont marquée dans un certain type de cinéma ? D.F. — Forcément L’Enfant a marqué. Heureusement pour moi parce que sinon je ne serais sans doute pas là en train de vous parler. Comme le film a marqué, les gens pensent à vous plus pour ce genre de films que pour d’autres. Mais je suis très contente. J’ai fait Populaire, donc je n’ai plus rien à prouver pour ce qui est des comédies. Si les frères Dardenne veulent écrire une comédie et qu’ils ont la gentillesse de me la proposer, je serais ravie. Ce serait drôle.

On est dans un ancien hôtel de rendez-vous, lieu propice aux histoires. Ce genre de lieux vous évoquent-ils parfois des histoires, quand vous êtes seule dans un hôtel pour un tournage, par exemple ?
D.F.
— Les lieux me parlent quand il s’agit de films d’époque. Quand on arrive et qu’on voit les décors et les costumes, je suis toute excitée. J’adore les coiffures et les effets. Pour tout ça, je suis vraiment restée une petite fille. Tout ce qui fait que le cinéma est le cinéma. Dans ces circonstances, c’est sûr que je me raconte des choses. Je chante, j’ai ma musique. Sinon pour me raconter des histoires, je n’ai pas besoin d’être sur un tournage. J’aime bien être toute seule. Je n’ai pas besoin d’être tout le temps entourée et d’avoir des amis autour de moi. Au contraire, ça me fait du bien de penser au calme. Du coup, j’ai du temps pour me raconter des histoires. Pour entretenir une vie intérieure très imaginative...

Si vous rencontriez la petite fille que vous étiez à 10 ans, qu’auriez-vous envie de lui dire ?
D.F. — T’inquiète pas, ça va bien se passer.

Vous étiez inquiète ?
D.F.
— Je me suis toujours demandé ce que j’allais faire plus tard et ça m’inquiétait un peu de ne jamais avoir de réponse. Je ne savais jamais qu’imaginer. Et du coup, quand je me suis retrouvée sur un plateau de cinéma, j’ai eu l’impression de me trouver au bon endroit et je me suis dit en fait, c’est ça. Sur le plateau de L’Enfant, ce n’était pas un tournage facile, mais je me sentais à ma place. Je ne sais pas pourquoi. C’est sans doute pour ça que je ne savais pas que c’était ça. Avant, je n’osais même pas me dire que c’était possible. Je lui dirais donc « Ne t’inquiète pas, tu vas trouver. »

FILMOGRAPHIE (SÉLECTIVE)

L’Enfant (2005)
La Tourneuse de pages (2006)
Le Premier Jour du reste de ta vie (2008)
Unmade Beds (London Nights) (2009)
Fais-moi plaisir (2009)
My Queen Karo (2009)
Les Tribulations d’une caissière (2011)
Populaire (2012)
Un beau dimanche (2014)

Télévision
Dombais et fils (2007)
Ah, c’était ça la vie ! (2008)
Mes chères études (2010)
C’est pas de l’amour (2013)

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Depuis 1995, plus de 2000 exoplanètes ont été observées et répertoriées. À l’Université de Liège, des chercheurs se lancent dans deux nouvelles missions pour scruter plus en profondeur notre galaxie. Et découvrir, peut-être, des planètes capables d’abriter la vie.

Avant de chercher une aiguille dans une botte de foin, encore faut-il trouver la botte de foin. Si leur existence a longtemps été supposée, cela fait à peine une vingtaine d’années que la première exoplanète a pu être observée, tournant autour de son étoile dans la constellation de Pégase. Grâce au perfectionnement des télescopes et des outils de mesure, le recensement de ces autres mondes croît à une vitesse exponentielle. Et leur diversité est extraordinaire. Qu’il s’agisse de supergéantes, chaudes ou froides, de planètes très proches de leur étoile qui orbitent en quelques jours à peine, de mondes de glace ou de cendres ou encore, de « super-terres ». 

Ces cousines de notre petite planète bleue font la une des médias à mesure qu’on les découvre. Si, statistiquement, on peut estimer leur nombre dans la Voie lactée à des centaines de millions, voire beaucoup plus, seules quelques-unes seulement ont été découvertes à l’heure actuelle. D’une taille intermédiaire entre la Terre et Neptune, ces objets célestes intéressent particulièrement les scientifiques, car si elles sont situées à bonne distance de leur étoile (ni trop loin, ni trop près), elles seraient dans des conditions optimales pour que l’on y découvre des bio-signatures indicatrices de vie. Mais le chemin à parcourir pour étayer ces hypothèses reste encore long ! 

Afin de mieux comprendre la formation et l’évolution des autres systèmes planétaires de notre galaxie, l’Agence spatiale européenne vient de sélectionner deux nouvelles missions, auxquelles l’Université de Liège sera étroitement liée. La première, baptisée CHEOPS, consiste à envoyer en 2017 un satellite conçu spécialement pour étudier en détail les planètes que l’on connait déjà, afin de mieux les caractériser et définir. PLATO, la seconde, partira à partir de 2024 en quête de sœurs jumelles de notre planète. En déployant pas moins de 34 télescopes, la mission permettra pour la première fois de découvrir des planètes de même taille que la Terre et, surtout, potentiellement à même d’héberger une forme de vie. Valérie Van Grootel, astrophysicienne à l’ULg, précise les objectifs de ces missions. « Le but premier est de caractériser au mieux les planètes. Mesurer leur masse, calculer leur rayon avant de les scruter plus en détail. » Pour y parvenir, les chercheurs ont recourt à la méthode des transits, qui mesure les faibles variations de la luminosité d’une étoile lorsqu’un objet stellaire passe entre elle et un point d’observation, en l’occurrence un télescope. Si l’opération se répète de manière régulière et que l’on a surtout la chance de pouvoir l’étudier, on peut compléter les analyses par d’autres mesures pour s’assurer que l’on vient bien de découvrir une planète. « CHEOPS pointera son regard sur les planètes déjà connues afin d’en calculer précisément le rayon. La probabilité qu’elle passe exactement entre son étoile et nous est assez faible, de l’ordre de 2 %, mais la mission répètera l’exercice sur des centaines ou milliers de planètes. C’est vraiment le premier satellite conçu pour étudier en détail les planètes que l’on connait déjà, même s’il devrait aussi en découvrir de nouvelles. » Les données recueillies permettront à l’équipe de Valérie Van Grootel et Michaël Gillon de qualifier ces planètes et d’indiquer si l’on est en présence de boules de gaz comme Saturne et Uranus ou face à des telluriques similaires à la Terre. La mission tentera également de déterminer la morphologie des mystérieuses « super-Terres », ces planètes de quelques masses terrestres qui, bien qu’absentes de notre système solaire, pullulent à l’échelle de la Galaxie.

La mission PLATO poussera l’observation encore plus loin, puisqu’elle permettra de révéler la structure interne des étoiles. Et ainsi de calculer l’âge de son système planétaire. On parle ici d’astérosismologie. « C’est une discipline encore jeune, mais qui évolue rapidement, souligne Marc-Antoine Dupret, Chargé de cours à l’Institut d’Astrophysique de l’ULg. Si l’on parvient à analyser avec précision le cœur d’une étoile, on peut en déduire son âge en fonction des réactions nucléaires qui s’y produisent. Et comme on pense qu’un astre et ses planètes, qui en sont le sous-produit, se forment en même temps, on peut corréler l’âge des uns et des autres grâce à ces données. Partant de là, on obtient de précieux renseignements qui nous indiquent comment un système planétaire se forme et peut évoluer dans le temps. » Pour ce faire, on mesure le spectre de fréquence des vibrations d’une étoile avec suffisamment de précision et de résolution, pour en appréhender sa structure interne et les processus physiques qui s’y déroulent. D’ici quelques années, une cartographie plus complète des systèmes planétaires voisins permettra aux chercheurs de cibler plus particulièrement les planètes orbitant dans la fameuse zone habitable, celle qui permettrait d’y trouver de l’eau à l’état liquide.

« Il existe deux possibilités. Soit nous sommes seuls dans l’univers, soit nous ne le sommes pas. Les deux sont aussi terrifiantes l’une que l’autre. » Arthur C. Clarke

 

Et la vie dans tout ça ?

« On ne sait pas si la vie existe ailleurs tant qu’on ne l’a pas découverte ! » Malgré les centaines de millions d’étoiles présentes dans notre galaxie et donc la probabilité que des traces de vie puissent s’y trouver, les scientifiques ne se basent que sur des faits. « Si la vie était si banale que cela, on peut tout à fait postuler qu’on en aurait déjà eu des preuves. Or ce n’est pas le cas », objecte Valérie Van Grootel. C’est le fameux paradoxe de Fermi, théorisé dans les années 1950 (voir encadré). « Notre système solaire est assez unique. Les premiers résultats statistiques montrent que la plupart des étoiles ont des super-Terres. Or, nous n’en avons pas. De plus, des planètes de la taille de Jupiter aussi loin de leur étoile, c’est assez rare. Sa taille et sa position par rapport à notre planète ont très probablement eu un rôle dans l’émergence de la vie. » De par sa masse, la géante gazeuse dévie depuis toujours un nombre important d’astéroïdes et de météorites qui auraient pu réduire la Terre à néant.

Avant de répondre à cette question cruciale de la vie ailleurs, il convient donc d’étudier ce que l’on peut observer. « Dans un premier temps, on doit caractériser les planètes découvertes avant de déduire si les conditions sont présentes pour y trouver des traces d’éventuelles signatures biologiques, poursuit Marc-Antoine Dupret. On commence à développer les techniques qui nous permettent d’aborder cette question, mais l’étape préliminaire c’est de détecter un grand nombre de planètes, sélectionner les meilleures cibles pour tester différents protocoles, différentes mesures pour qualifier leur atmosphère par exemple. Mais avant d’étudier ces planètes habitables, il faut les trouver ! » Ce qui est précisément le but de ces deux missions d’envergure.

Vaste programme cependant, puisque les scientifiques projettent dans le ciel les caractéristiques de la seule planète habitée du système solaire, la nôtre, avec les seuls éléments connus permettant l’émergence de la vie. « On recherche d’abord ce que l’on connaît, La Terre, avec son satellite géant, sa position dans un système planétaire atypique, est peut-être un objet céleste rarissime, nous n’en savons rien aujourd’hui », conclut Valérie Van Grootel. De plus, analyser des planètes terrestres à dix, cent ou mille années-lumière d’ici exigera des moyens techniques plus puissants qu’actuellement. Le futur télescope spatial James Webb, successeur du célèbre Hubble, ne sera pas mis en service avant une dizaine d’années. Il permettra, peut-être, de trouver des indices forts de l’existence de la vie ailleurs, comme la présence à la fois de vapeur d’eau, d’oxygène moléculaire et de gaz carbonique. Qui sait ?

LE PARADOXE DE FERMI

Ce postulat, qui continue de faire débat au sein de la communauté scientifique, part d’un principe simple. Étant donné l’âge avancé de l’univers comparé à celui beaucoup plus jeune de notre système solaire, si des civilisations technologiques extraterrestres existent ou ont existé dans la Galaxie, on peut imaginer qu’au moins une a développé et entrepris le voyage interstellaire. Selon Fermi, des civilisations plus avancées auraient dû apparaître parmi ces systèmes planétaires plus âgés et laisser des traces visibles depuis la Terre, telles des ondes radio par exemple. Or, nous n’avons pour le moment aucune preuve tangible de cette existence supposée ! On sait en effet que notre Soleil est âgé de 4,5 milliards d’années alors que notre propre Galaxie (n’allons pas trop loin), est largement plus âgée ! La vie aurait donc eu pleinement le temps de se développer sur d’autres planètes et atteindre un degré de développement technologique élevé. Pourquoi ne pas imaginer qu’une civilisation particulièrement curieuse ne soit parvenue à s’étendre loin dans la Galaxie, au point de visiter notre système solaire avant même l’apparition de l’Homme, il y a de cela « seulement » deux millions d’années ? Quand bien même aurait-il fallu quelques dizaines ou centaines de millions d’années à cette société pour se répandre dans la Voie lactée, cette durée de colonisation est très courte par rapport à l’âge estimé de la Galaxie (12 milliards d’années environ). Dès lors, si les extra-terrestres existent, où sont-ils ? Si elle peut compter sur de nombreux partisans, cette théorie est combattue par des arguments tout aussi plausibles. On peut en effet supposer que nous n’avons aucun intérêt pour ces voyageurs de l’espace, ou qu’il n’existe aucune civilisation suffisamment évoluée pour mettre en place une telle conquête. Suppositions et imaginations fertiles ne font cependant pas avancer le débat, car sans éléments solides, pas de conclusion possible. Jusqu’à preuve du contraire donc, nous sommes seuls.

Installée depuis 1998 au bord des pistes de Liège Airport, l’entreprise TNT vient d’annoncer un investissement de plusieurs millions € afin de moderniser son centre de tri et d’affirmer ainsi la position centrale du site liégeois dans sa stratégie commerciale.

Le développement de l’aéroport de Liège est intimement lié à la présence de l’entreprise TNT Express, présente dans plus de 200 pays et qui emploie environ 77 000 personnes. « Cela fait plus de quinze ans que nous avons la chance de nouer un partenariat efficace et constructif ensemble. L’investissement annoncé est aussi une bonne nouvelle pour l’aéroport », s’enthousiasme Christian Delcourt, directeur de la communication de Liège Airport. Un redéploiement qui a malgré tout mis un peu de temps à se dessiner, suite aux tractations entourant la fusion – avortée – entre TNT et UPS. Les négociations terminées, la société a affirmé sa volonté de recentrer ses activités sur l’Europe et c’est tout naturellement vers Liège que les regards se sont tournés. « Le site liégeois est assez unique pour TNT, car c’est notre seul centre de tri en Europe. Ce qui veut dire que tous nos flux, qui viennent ou vont sur le continent, transitent par ici dès que la distance est supérieure à 400 à 500 km », souligne Luc Gustin, son directeur. Chaque nuit, une quarantaine d’avions passent par les entrepôts, ainsi que près de 80 camions et de nombreuses camionnettes, traitant et emportant plus de 90 000 colis, soit pas moins de 450 tonnes, dans un balai rapide et savamment organisé. Pièce maitresse du dispositif de l’entreprise néerlandaise, le hub liégeois, qui tourne à plein régime, arrive cependant doucement à saturation. Et nécessite donc une sérieuse mise à jour.

« Il fallait remettre à niveau la machine de tri, qui tournait sans discontinuer depuis quinze ans. Les volumes ont grandi, la demande a évolué et il était donc essentiel d’anticiper les limites de notre outil », poursuit Luc Gustin. Avec un investissement chiffré à plusieurs dizaines de millions €, TNT entend augmenter la capacité de tri de la plateforme liégeoise de 50 %, tout en améliorant les conditions de travail et la sécurité de ses 1 500 employés. Il comprend l’installation d’un nouveau système de traitement automatique des petits colis et des documents, et la mise en

service de nouvelles machines à rayons X, pour faire face au nombre croissant de paquets en tous genres qui arrivent par la route. « On pourra ainsi scanner tous nos colis directement sur le site et non plus dans les entrepôts de départ. En centralisant tout ce processus, on sécurisera davantage nos marchandises tout en gagnant en rapidité. » Et lorsque l’on est une entreprise de courrier express, s’il est bien un critère sur lequel il ne faut pas transiger, c’est la vitesse !

La modernisation des installations de 75 000 m2 comprend la mise en place d’un système de traitement automatisé pour les petits colis et documents, ainsi que la centralisation des activités de contrôle du fret. « Contrairement à nos concurrents, TNT ne fonctionne pas sur le principe des colis standardisés. Nous traitons donc toutes les demandes, de la simple enveloppe aux palettes volumineuses, en passant par des colis aux formes moins conventionnelles difficiles à transporter. Ce qui intéresse beaucoup nos clients. » Pour ces derniers, l’investissement se traduira par la réduction des temps de traitement des marchandises à l’exportation et des livraisons urgentes, ainsi que par une meilleure manipulation d’objets fragiles. Les travaux, qui viennent de démarrer, devraient se poursuivre pendant encore deux années pour une mise en service annoncée pour 2016.

LIÈGE AIRPORT POURSUIT SON DÉVELOPPEMENT

Acteur important du développement économique wallon, le premier aéroport cargo du pays, connait une croissance constante depuis une quinzaine d’années. Son histoire remonte déjà à plus d’un siècle, lorsque les troupes allemandes déplacent la petite plaine d’aviation située à Ans dans la bourgade voisine de Bierset. Essentiellement militaire pendant de nombreuses années, l’aéroport accueille ses premières activités civiles dès 1953. Après le départ des avions de chasse de l’armée belge au début des années 1990, un redéploiement s’opère avec l’arrivée de plusieurs entreprises importantes, dont la néerlandaise TNT qui y installe son hub logistique. Pour accroitre son efficacité et surtout son attractivité, l’aéroport opère une impressionnante mue en l’espace d’une petite vingtaine d’années avec l’aménagement de nouvelles pistes, la construction de nombreux bâtiments ainsi qu’un nouveau terminal. Car outre le fret, plus de 300 000 personnes embarquent chaque année depuis les bords de Meuse. Des couloirs aériens sont aménagés et la cruciale gestion du bruit, inhérente à une activité aéroportuaire, est prise en compte dans ce déploiement. « Très vite, la Sowaer (société wallonne des aéroports), a cartographié le bruit, entamé un dialogue constructif avec les riverains, ce qui a permis de racheter certains terrains, d’insonoriser de nombreuses habitations pour diminuer le plus possible les nuisances liées aux va-et-vient des avions, souligne Christian Delcourt. Une infrastructure telle qu’un aéroport nécessitedes investissements importants d’année en année. Qu’il s’agisse des normes de sécurité évidentes ou de la maintenance, du respect des procédures. Toute une série de labels et de certifications sont indispensables pour conserver un aéroport à la pointe. » Un site qui verra encore son attractivité s’accroître dans les prochaines années avec le projet Euro Carex (CArgo Rail EXpress), unique au monde. Le principe est simple, utiliser les lignes à grande vitesse existantes pendant les heures creuses du trafic voyageur (la nuit principalement), par des rames adaptées au transport de colis. Sur des distances inférieures à 1 000 kilomètres, il est plus économique et écologique de transporter de la marchandise par train à grande vitesse. Cinq aéroports proches (Paris, Lyon, Amsterdam, Londres et Liège) seront ainsi reliés entre eux d’ici quelques années. De quoi positionner davantage Liège Airport au cœur d’un maillage aéroportuaire très concurrentiel et attirer encore l’attention sur le site qui vient d’être élu « Aéroport mondial cargo de l’année ». Un prix remis par les professionnels du secteur et qui confirme les performances opérationnelles, le service au client et les coûts compétitifs du septième aéroport cargo européen.

Un diorama géant pour revivre la bataille 

 Du 27 novembre au 31 mars, le Grand Curtius vous fait découvrir une maquette de 63 m2 ainsi que 16.000 figurines fabriquées et peintes à la main. Replongez-vous au cœur de l’action!

Les Cent-Jours de Napoléon

Suivez Napoléon en Féronstrée, au départ de la place du Marché. Il vous racontera les Cent-Jours et la campagne de Belgique, depuis son retour d’exil sur l’île d’Elbe jusqu’à la bataille de Waterloo et à sa seconde abdication. Ce parcours vous entraînera dans l’histoire de l’un des plus célèbres commandants militaires. Le premier panneau se trouve sur la place du Marché, à hauteur de la rue Neuvice. La suite se découvre en Féronstrée et mène au Grand Curtius.

Accès gratuits exceptionnels au premier étage du Palais Curtius et au Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)

L’exposition, qui se déroule du 27 novembre au 31 mars au Grand Curtius, est accessible gratuitement.
En outre, les visiteurs se verront remettre un badge à l’effigie de Napoléon Bonaparte en premier consul peint par Jean-Auguste-Dominique Ingres. Sur présentation de ce badge, l’accès au musée des Beaux-Arts de Liège sera également gratuit, offrant ainsi au visiteur l’opportunité d’admirer le célèbre portrait.

Visites guidées « Liège sous Napoléon, légendes et souvenirs autour du Premier Empire​ » 

En cette année ô combien symbolique, cette visite vous propose une plongée dans cette période souvent méconnue de la Cité ardente. Courte par sa durée, mais riche par son héritage, le Premier Empire a laissé de nombreux souvenirs. Une immersion dans la petite et la grande histoire à la rencontre de noms comme Joséphine de Beauharnais, Blücher ou Bernadotte. Enfin, la visite se terminera au « BAL » par le célèbre tableau de Napoléon peint par Ingres.

Le samedi 7 février 2015, le samedi 14 mars 2015 et le samedi 13 juin 2015.
Départ à 14h30 devant la cathédrale. Durée : 2h30.
Exposition Waterloo 2015
Du 27 novembre 2014 au 31 mars 2015
Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10 à 18h
http://lesmuseesdeliege.be/waterloo-1815

 

 

 

Dans l’Abbaye de Stavelot, une exposition replace neuf destins dans le contexte historique de la Grande Guerre.

Nichée dans le Triangle d’or Spa-Malmedy- Stavelot, riche d’un magnifique jardin, d’un cloître, de trois musées de niveau international, de salles prestigieuses et de caves séculaires, l’Abbaye de Stavelot a été consacrée par son inscription sur la liste du patrimoine majeur de Wallonie. Son travail patrimonial et touristique a en outre valu au site de recevoir de la Région wallonne le label « 5 soleils », soit le plus haut label de qualité pour les attractions touristiques. Soucieux d’inscrire l’abbaye dans le calendrier officiel des commémorations du début de la Première Guerre mondiale et d’exercer ainsi un véritable devoir de mémoire, ses responsables ont imaginé un événement d’envergure intitulé « Il Était Une Fois 1914 ». Un projet original à deux têtes : une bande dessinée collective inédite et une exposition.

« L’idée de réaliser une bande dessinée m’est venue rapidement, non seulement parce que je suis un bédéphile acharné, mais aussi et surtout parce que c’est un excellent moyen de toucher les jeunes », explique le directeur de l’abbaye, Virgile Gauthier, par ailleurs ancien chroniqueur BD à la RTBF. « La bande dessinée est le fil conducteur qui nous a permis de raconter tant la grande que la petite histoire, de relier entre eux une série de faits avérés qui se sont passés dans la région lors des premiers jours de guerre. L’histoire des combats de la Première Guerre mondiale ne se limite en effet pas aux tranchées en Flandre. L’invasion allemande a commencé par la région de Stavelot et Malmedy, et le premier massacre de civils a eu lieu à Francorchamps. »

Un historien verviétois comme pilote

C’est Virgile Gauthier lui-même qui a choisi et contacté les dessinateurs et scénaristes wallons, dont la plupart ont fait leurs études à l’Institut Saint-Luc de Liège. Pour assurer la crédibilité des différents récits romancés, le directeur a fait appel à l’historien verviétois Jacques Wynants. C’est l’Abbaye de Stavelot qui s’est chargée de l’édition de l’album, comme elle le fait habituellement pour ses ouvrages scientifiques et historiques. Mais l’événement « Il Était Une Fois 1914 » est bien plus qu’une BD. Dans les salles d’exposition de l’abbaye, les récits sont replacés dans leur contexte historique. Des planches originales sont exposées et mises en scène à l’aide d’objets, d’uniformes, d’armes, de documents photographiques originaux ou encore de lettres manuscrites. L’abbaye rend également hommage au Régiment du 12e de Ligne – Prince Léopold, commandé par le Stavelotain Jacques de Dixmude, qui, pendant quatre années, a activement participé à la libération du territoire belge. Quant au Musée du Circuit de Spa-Francorchamps, il présente des vitrines sur les démineurs. « Stavelot est la seule commune belge ayant érigé un monument en leur mémoire », justifie Virgile Gauthier.

« La bande dessinée est le fil conducteur qui nous a permis de raconter tant la grande que la petite histoire, de relier entre eux une série de faits avérés qui se sont passés dans la région lors des premiers jours de guerre. »

 

Neuf récits, neuf destins

Chacun des neuf récits illustrés de la BD a pour cadre une ville ou un village de la partie francophone du pays : Stavelot, Mons, Liège, Namur, Tamines, Bruxelles... À chacune d’elle se rattache un événement inédit ou moins connu du grand public, illustrant une des thématiques principales des sombres années 1914 et 1915.

Allons-y pour une petite revue des troupes. L’Adieu du Cavalier (Philippe Jarbinet) fera comprendre aux Liégeois (et aux autres) pourquoi la caserne du 2e régiment de Lanciers a été rebaptisée « Caserne Fonck ». Le lancier Antoine-Adolphe Fonck fut en effet la première victime belge de la guerre. Le 4 août 1914, en patrouillant à Thimister, il rencontre des Ulhans allemands, en tue un, mais se fait abattre par les autres. Il avait 21 ans. La devise de son régiment ? « Meurs premier comme devant ! » Dans Les Grandprez, Martin Jamar raconte les premiers massacres de civils à Francorchamps et nourrit ses pinceaux des actes de bravoure des résistants stavelotains. Parmi ceux-ci, la famille Grandprez et le facteur André Grégoire, dont l’Abbaye de Stavelot vient d’exposer l’émouvante lettre d’adieu qu’il a écrite avant d’être fusillé avec ses amis. Carnet de Guerre (Marco Venanzi et Mathieu Barthélémy) raconte comment une jeune Ardennaise secourut un sergent français blessé lors de la bataille de Luchy. Il lui confiera son carnet de poèmes avant de repartir au front et de trouver la mort lors de la bataille de la Somme. Avec le personnage fictif de Madeleine, Michel Pierret illustre le dévouement des infirmières qui, parfois, ont vu arriver sur un brancard le corps mutilé de leur mari ou de leur frère. Le Caporal français de Didier Courtois s’est quant à lui illustré en tuant 53 soldats ennemis à Tamise, le 22 août 1914. Un fait de guerre qui fait mieux comprendre pourquoi les Allemands avaient une peur bleue des francs-tireurs et avaient pris l’habitude de massacrer la population en guise de représailles. En mettant en images Les Anges de Mons, Marc-Renier et Dugomier ont fait preuve d’originalité en attribuant cette vision céleste à un soldat allemand et non aux Britanniques qui, selon la légende, ne durent leur salut qu’à ces archers ailés venus à leur secours lors de leur débâcle du 24 août 1914. Un « fait » méconnu chez nous, mais bien établi outre-Manche. La résistance belge et ceux ou celles qui tentèrent de l’infiltrer sont également au coeur du récit de Pierre-Yves Berhin (Hamo) et Johan Pilet. Dans Le Champ des Oiseaux, qui a pour cadre Jodoigne, la taupe porte une jupe et sa frimousse brune est des plus séduisantes. Le coup est d’autant plus dur ! Avec Le Fil Rouge, Georges Van Linthout s’attaque à la barrière électrique tendue par les Allemands le long de la frontière belgo-hollandaise. Le Liégeois Guillaume Valleye réussit à la franchir maintes fois afin de transporter aux Pays-Bas des documents fournis par la Résistance. Jusqu’au jour où le passeur y resta accroché. Enfin, dans Bruxelles a Faim, Francis Carin et David Caryn racontent le courage du bourgmestre Adolphe Max qui fut emprisonné pour avoir refusé d’exercer son mandat sous le joug des occupants. Un récit qui illustre également le pillage de vivres et le rationnement imposé par les Allemands. Les lecteurs restent sur leur faim avec cette dernière histoire ? Virgile Gauthier évoque un deuxième tome : « Il était une fois 1918 ». « Il y a matière », assure le directeur.

Maintes fois annoncée, longtemps reportée, la rénovation de la ferme Omalius, remarquable bâtisse du XVIIe, sort enfin des cartons pour le plus grand bonheur de la commune, qui soutient le projet depuis près d’une quinzaine d’années !

Épilogue d’une histoire à rebondissements – les travaux devraient débuter fin 2014 – le chantier de réhabilitation de la ferme n’a pas manqué d’animer les débats du conseil communal du village. « On ne doit plus être très nombreux à avoir connu toutes les étapes de ce dossier », sourit Francis Hourant, échevin des travaux. Racheté en 1999 par l’Institut du Patrimoine wallon (IPW), ce bâtiment presque entièrement classé et datant du XVIIe accueillera, d’ici 2016, la nouvelle administration communale et les services communaux dans l’une de ses ailes, tandis que les trois autres seront occupées par des logements de standing. Le nouvel ensemble côtoiera ainsi une autre réhabilitation originale, la ferme Saint-Laurent, qui abrite déjà 19 logements sociaux.

« Cela fait plus de quinze ans qu’on pousse pour que la ferme Omalius retrouve une seconde jeunesse et si ce fut loin d’être un parcours de santé, on peut enfin apercevoir le bout du tunnel », se félicite l’échevin. Il faut dire que, devant l’ampleur des travaux, les investisseurs ne se bousculaient pas pour prendre à bras le corps un tel projet. Au début des années 2000, un premier projet y prévoyait la création de gîtes, d’un restaurant et de commerces, mais son promoteur ne put rassembler les fonds nécessaires pour le mener à bien. C’est donc un partenariat public-privé, appuyé par des subsides du service public de Wallonie, qui conduira la rénovation de l’ensemble, estimée à plus de dix millions €. « Nous travaillons avec le bureau d’architecture Garcia ainsi qu’avec l’entreprise Thomas & Piron pour la partie habitation qui, une fois achevée, pourra accueillir de nouveaux habitants et ainsi participer à la redynamisation du centre de la commune. Après le château de l’Avouerie et la ferme Saint-Laurent, la restauration d’Omalius s’inscrit clairement dans la valorisation de notre patrimoine. » Un dossier unique puisqu’il verra donc l’administration communale déménager de ses locaux devenus vétustes et où le manque d’espace se faisait ressentir, pour une destination plus authentique. L’opposition, de son côté, soutenait la construction d’un nouveau bâtiment pour abriter les employés communaux, arguant d’un coût moins élevé pour les finances du village. « La rénovation est certes plus coûteuse sur le papier, mais il faut parfois voir plus loin », temporise Francis Hourant. « Avec cette transformation d’un bâti existant, non seulement nous rénovons un lieu d’exception, qui sera un argument touristique supplémentaire, mais, en plus, nous dégagerons à terme des rentrées supplémentaires, tant en matière de précompte immobilier ou sur l’impôt des personnes physiques. Sans parler qu’en attirant de nouveaux habitants, on réorganisera l’activité économique autour de ce quartier. » De nouveaux commerces, une crèche ainsi qu’un vaste projet de réaménagement environnemental, axé sur la biodiversité, s’annoncent comme les conséquences directes de ce projet d’envergure.

«Cela fait plus de quinze ans qu’on pousse pour que la ferme Omalius retrouve une seconde jeunesse et si ce fut loin d’être un parcours de santé, on peut enfin apercevoir le bout du tunnel.»

 

Lovée sur les versants de la vallée de l’Ourthe, en plein Condroz, Anthisnes doit sa renommée à l’industrie de la pierre et du petit granit, exploités depuis le moyen-âge pour atteindre son apogée au début du XXe siècle. Les colonnes du pont de Fragnée, la Grand Poste à Liège et même le Cinquantenaire à Bruxelles ont été construits en pierre d’Anthisnes. Si l’activité a périclité pour ne plus occuper que trois carrières actuellement, la commune, qui compte plus de 4 000 habitants, ne souhaite pas devenir une cité dortoir, coincée dans son passé, et entend bien attirer de nouveaux occupants, en mettant en avant son patrimoine, mais surtout sa vie associative, ses écoles, son identité. « Il ne faut pas voir ce projet uniquement comme une énième rénovation d’un riche patrimoine. La réflexion globale qui sous-tend le projet s’inscrit plutôt dans une démarche de développement durable et social, où nous pourrons promouvoir la mixité générationnelle, réinjecter du lien social et ainsi revitaliser le point névralgique de la commune », conclut Francis Hourant.

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