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HYÈRES, C’EST DEMAIN !

Ils sont tous deux Liégeois d’origine, créateurs de mode et finalistes du Festival International de Mode et de Photographie d’Hyères. Jean-Paul Lespagnard a remporté le prix mode en 2008. Pablo Henrard a figuré parmi les 10 créateurs en lice pour l’édition 2014. Ce qui les unit : une ambition « mesurée », un certain sens du décalage et une approche sereine du métier. Portrait(s) !

GALERIES LAFAYETTE, MARS 2014.

Contrairement à la saison dernière, Jean-Paul Lespagnard n’est pas à Paris pour présenter à la presse sa collection automne/hiver 2014- 2015. Et s’il nous propose de nous rencontrer chez Angelina, le salon de thé vintage des Galeries, c’est que durant quelques mois, le Liégeois a été ici comme chez lui. Quelques mètres plus loin, la Galerie des Galeries, l’espace d’exposition du magasin du boulevard Hausmann, lui a offert une carte blanche. Véritable feu d’artifice créatif, cette expo loufoque et décalée a braqué les projecteurs sur un créateur belge atypique et attachant. Au vu du nombre de visiteurs (plus de 10 500), on peut dire que la sauce belge a pris.

Cette fois, l’ex-lauréat d’Hyères ne nous parlera pas de cette expo, ni de son sacre à Hyères il y a six prin- temps, mais bien de la nouvelle orientation qu’il compte donner à sa marque. Trois saisons après sa première présentation parisienne, Jean-Paul Lespagnard a décidé – c’est une habitude chez lui – de faire un pas de côté. Sa nouvelle idée ? « En revenir à une relation créateurs-acheteurs et créateur-presse plus directe. Dès la saison prochaine, je présenterai en juin les pièces qui seront livrées en boutique en juillet, nous explique-t-il. Quant aux collections, elles se borneront désormais à une capsule de 20 pièces en édition limitée », précise-t-il.

Revenir à un rythme « juste », en phase avec son tempérament impatient, mais perfectionniste, ça veut dire plus de temps pour les autres activités du Liégeois. Boulimique de culture, Jean-Paul Lespagnard est aussi à l’aise dans la conceptualisation d’une exposition que de costumes de ballet. En octobre dernier, il a également participé à la renaissance du Théâtre de Liège en dessinant les tenues du personnel de salle. Très bientôt, il s’inscrira dans un projet de film en 3D initié par le chorégraphe suisse Gilles Jobin. Et lorsqu’il collabore avec la marque de sacs East- pak, c’est d’abord parce qu’il en portait quand il était ado. « Si je ne crois pas à un projet, je n’y vais pas, résume-t-il. Pour moi, chaque rencontre est importante. Je veux laisser à une collaboration le temps de s’installer. » Cette manière de faire ne l’empêche pas d’être sur tous les fronts. En marge de son statut de finaliste au prochain Woolmark Prize, il continue – sans penser une seconde mettre sa propre marque entre parenthèses – à scruter de près les postes de directeur artistique qui lui sont offerts. « Quand je trouverai une maison dont je partage les valeurs, je signerai sans hésiter. »

Quant à son implication dans le programme de Mons 2015, il avance à grands pas. « Notamment par le biais d’ateliers que j’animerai avec des enfants », ajoute-t-il. En mars dernier, dans ce même registre, il a d’ailleurs orchestré un workshop au Palais de Tokyo : 400 enfants sur un seul après-midi. Et le créateur ne se prive pas de préciser qu’il adore « leur piquer des idées ». C’est normal après tout : « Je leur donne bien les miennes... » Éternel enthousiaste, fan de cinéma étranger, mais aussi flamand (il a vécu, chose rare pour un Liégeois, plusieurs années à Anvers), Lespagnard admire Christian Lacroix pour cette fraîcheur et ce décalage que, grâce peut-être à son incroyable soif de découverte, il est parvenu à conserver. C’est un trait de caractère que se partagent les deux créateurs. Le Belge Jean-Paul Lespagnard se définit comme un homme de Harzé, sa commune d’origine, mais aussi de Bruxelles, la ville où il a posé ses valises, de l’Europe qu’il parcourt à longueur d’année... Du monde !

VILLA NOAILLES, AVRIL 2014.

Six ans après Lespagnard, Pablo Henrard est finaliste du prestigieux Festival international de Mode et Photographie d'Hyères. Diplômé de La Cambre en juin 2013, ce Liégeois de 23 ans est venu ici pour dérocher un prix, bien entendu, mais aussi pour se faire remarquer. Bien que « remarqué », il l’ait déjà été à sa sortie de l’école par l’acheteuse du label Opening Ceremony. Opening Ceremony, c’est un concept de magasins présent à Los Angeles, Londres ou encore New York. Carol Lim et Humberto Leon, les fondateurs de l’enseigne, ont créé un empire avant de se faire débaucher par la maison parisienne Kenzo. Ce printemps, le duo présidait justement le jury du Festival d’Hyères. Et si, au final, Pablo Henrard n’a pas décroché de prix, figurer parmi les finalistes est déjà une réussite en soi. « Plus Belge que Belge », ce natif des collines de Herve – qui dit avoir toujours rêvé de dessiner des robes – est resté solidement accroché à son... plat pays.

Après différents stages, dont un à New York chez le Belge Olivier Thyskens, un autre chez Jean-Paul Gaultier (un créateur qui s’est toujours entouré de nombreux collaborateurs belges) et un troisième chez Jean-Paul Lespagnard, Pablo Henrard n’a pas arrêté une minute. Son diplôme de La Cambre en poche, il a bossé ferme sur cette collaboration avec Opening Ceremony avant de se consacrer au concours d’Hyères. Pablo a également travaillé plusieurs mois à Paris dans le studio de Cédric Charlier, ex-étudiant de La Cambre, lui aussi. Ce qu’il retient de cet enseignement à la sauce belge, « une manière très sereine d’envisager le travail et une quête constante de simplicité dans la création ». Une simplicité qui, soit dit en passant, va de pair avec l’affirmation d’un style fort et résolument désinhibé.

Si Pablo n’a aucunement l’intention de tourner le dos à ses racines wallonnes, il confesse sa furieuse envie de continuer à explorer la planète mode. Et si cette première collection vendue chez Opening Ceremony lui a ouvert les yeux sur les enjeux financiers liés à la distribution textile, cette pression ne l’a pas empêché de jouer la carte de l’éthique dans la production. À l’instar d’autres maisons et créateurs belges, dont Natan et Jean-Paul Lespagnard, Pablo Henrard a confié ses créations à un atelier binchois, habitué à ce type de commandes minutieuses réalisées en petites séries. La preuve de son approche authentique de la mode et de son envie de réussir ce grand écart entre son pays d’origine... et le reste du monde.

VILLA NOAILLES HYÈRES

En 2015, le Festival International de Mode et de Photographie d’Hyères, organisé chaque printemps dans le cadre fabuleux de la Villa Noailles, célèbrera ses 30 ans. L’occasion pour les professionnels du secteur, mais aussi pour le grand public, durant le mois qui suit le festival, de prendre pleinement conscience de la force de la jeune création artistique internationale.

JEAN-PAUL LESPAGNARD BIO-EXPRESS

Né en 1979 et diplômé en Arts visuels et création de mode à l’IFAPME de Liège, Jean-Paul, aujourd’hui basé à Bruxelles, présente ses collections à Paris depuis 2011.

PABLO HENRARD BIO-EXPRESS

Né sur le joli plateau de Herve en 1991, Pablo a décroché son diplôme de stylisme à La Cambre Mode en juin 2013. Depuis un an, il vit et travaille à Paris.

www.villanoailles-hyeres.com

www.jeanpaullespagnard.com

www.pablohenrard.com

La rue ouverte à tous...

L’application « BetterStreet » permet au citoyen, via son Smartphone, et à la commune, via une plateforme Internet, une gestion participative et plus transparente de l’espace public. Une évolution des mentalités et des comportements qui bouscule le train-train quotidien.

Ce serait complètement manquer l’objectif de son site « BetterStreet » qui vise avant tout à impliquer tout un chacun dans la gestion de l’espace public de sa commune. Tout est parti d’un réflexe citoyen et du développement des nouveaux outils de communication numérique. En se promenant dans les rues d’Anderlecht et de Bruxelles, Jean-Marc Poncelet n’a pu s’empêcher de prendre en photo les incivilités qu’il croisait sur son chemin pour les relayer sur les médias sociaux dans l’espoir de faire avancer les choses.

L’évidence de la simplicité

Ingénieur commercial de formation, Jean-Marc Poncelet cherchait de nouveaux défis après avoir notamment occupé pendant 10 ans un poste de marketing manager chez Belgacom Proximus. La participation à un « week-end » start-up à Liège lui donne le coup de pouce décisif pour concrétiser une idée qui avait l’évidence de la simplicité.

Grâce à l’application gratuite téléchargée sur son Smartphone (disponible sur App Store et Google play), développée et présentée dans le cadre de Nest’up, le citoyen peut signaler à son administration toute dégradation de l’espace public, qu’il s’agisse d’un nid de poule, d’une balançoire cassée, d’un panneau tombé ou d’un dépôt d’ordures clandestin. « Avant, lorsqu’on signalait par téléphone ce type d’incident à la commune, on n’était jamais certain que l’information parvienne à la bonne personne. Et lorsque c’était le cas, le service communal des travaux devait dépêcher une personne sur place pour localiser le problème et évaluer la réponse adéquate, ce qui était une grosse perte de temps. Entre le signalement et sa résolution, les poches d’inefficacité pouvaient être énormes. »

Avec « BetterStreet », toute notification s’accompagne d’une photo et de sa géolocalisation. Une fois introduite dans le système, l’information est communiquée à la personne compétente. À chaque étape, le citoyen est automatiquement tenu au courant de l’évolution du traitement de sa demande. À la commune, la plateforme offre un tableau de bord constamment mis à jour des travaux réalisés ou à réaliser. « L’objectif n’est évidemment pas de laisser au citoyen la conduite des travaux de manière anarchique, mais au contraire de permettre à la commune de gérer plus efficacement l’entretien de l’espace public, dans l’intérêt de tous. Et on constate que lorsqu’elles disposent de la bonne info, la plupart des communes bossent relativement bien et assez rapidement. »

Comme il en va de tout changement de mentalité et de méthode, Jean-Marc Poncelet a rencontré pas mal de réticences et reconnait avoir trouvé une oreille plus accueillante auprès de ceux qui ont fait le virage numérique. La grande crainte des communes les moins enthousiastes est d’être mises en défaut et de se voir submergées de demandes non fondées qu’elles n’arriveraient pasà suivre. Cependant, la présence d’un modérateur est prévue pour écarter du site les demandes inappropriées. Pas question de se servir de « BetterStreet » pour dénoncer la cabane de jardin du voisin ou des arbres qui feraient de l’ombre. « Mais de toute façon, assure son concepteur, 98 % des notifications qui arrivent sur la plateforme sont pertinentes et concernent des problèmes que la commune allait d’office devoir traiter. »

La grande crainte des communes les moins enthousiastes est d’être mises en défaut et de se voir submergées de demandes non fondées qu’elles n’arriveraient pas à suivre. Cependant, la présence d’un modérateur est prévue pour écarter du site les demandes inappropriées.

 

NEST’UP

Nest’up est une initiative qui vise à créer un cadre de réflexion, de travail et de développement à destination des tout jeunes entrepreneurs qui veulent transformer leur idée en entreprise. Bref, un accélérateur de start’up inspiré du modèle américain TechStars.

www.nestup.be

On a besoin des citoyens

Pour l’instant, quatre communes wallonnes – Waremme, La Hulpe, Crisnée et Olne – ont déjà intégré l’outil dans leur système de gestion des travaux.

À Waremme, c’est depuis le 1er mars que « BetterStreet » a été ouvert à la population. Dans un premier temps, la commune a formé le personnel et essuyé les plâtres en intégrant les travaux habituellement traités par le service des travaux. Dans une deuxième phase, l’administration y a ajouté la gestion des bâtiments publics. « Cet outil, précise Hervé Rigot, ancien échevin des travaux à Waremme, permet une relation directe avec le citoyen, ce qui est important à une époque où les gens ont de plus en plus envie de s’impliquer. » Les craintes quant à une surcharge de travail et à un maniement compliqué ont rapidement été balayées. « Une fois que le logiciel est paramétré, une dizaine de minutes suffisent à en maîtriser le fonctionnement. » La simplicité a fait de « BetterStreet » l’outil de gestion unique pour tous les travaux dans la commune, qu’ils soient décidés en interne ou suggérés par les citoyens. Et quand à la déferlante redoutée par certains, elle n’a pas eu lieu. « On n’a pas constaté d’accroissement des demandes. Ce sont en gros toujours les mêmes qui s’impliquent, poursuit l’ancien échevin. C’est juste l’outil qui a changé. » En affichant en temps réel un work flow de l’actualité des travaux, via le site de la commune, « BetterStreet » mise sur la transparence. « Nous avons une équipe de 35 ouvriers qui travaillent, mais ils ne peuvent être partout à la fois. Les citoyens peuvent voir à quel chantier ils sont affectés. Autre point positif, c’est un délai de réaction encore plus court. Surtout pour les dépôts clandestins d’immondices qui restent le fléau numéro un. Avant, on n’était pas nécessairement informé tout de suite. Dans ce domaine, on a besoin des citoyens, ils nous permettent de réagir plus rapidement. »

Simple et évident, le concept « BetterStreet » connait des variantes et des déclinaisons dans d’autres pays. « C’est souvent le cas des concepts conjoncturels liés à une évolution des mentalités et des technologies ; ils apparaissent au même moment à différents endroits. » Ce qui n’enlève pas à Jean- Marc Poncelet l’ambition d’aller voir au-delà de la Wallonie. Il pense à la Flandre bien sûr, mais aussi au nord de la France où il a déjà noué quelques contacts.

L’outil est sans doute appelé à évoluer avec ses utilisateurs. La mise en service assez récente ne permet pas encore de prendre beaucoup de recul. Il est certain qu’un des enjeux sera d’accroître l’implication des citoyens. Les communes concernées ont déjà prévu la possibilité d’accéder à la plateforme à partir d’un PC et les employés communaux ont pris l’habitude d’introduire dans le système informatique les notifications communiquées par téléphone. « C’est un système vertueux, conclut Jean-Marc Poncelet, la transparence est bénéfique pour la commune autant que pour le citoyen. Au plus large est la participation, au plus le système devient efficace. »

www.betterstreet.org

Une parenthèse de trois mois a tout changé dans sa vie de femme, de peintre. Rencontre.

Sa mère était collagiste, peintre et graveur. Son père était également plasticien et, influence de leur duo artistique oblige, « entré en gravure », lui aussi. Ses oeuvres, il les imprimait en pressant son corps contre des annuaires téléphoniques. Pour Sofie, cette technique plutôt atypique ressemble étrangement à une première immersion dans cet esprit « corps à oeuvre » qui va, par la suite, devenir le fil rouge de son parcours artistique. Dès 14 ans, elle étudie la peinture, la gravure et l’image imprimée à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. Membre du collectif La Poupée d’Encre, elle est aussi enseignante et assistante en gravure à l’Institut Saint-Luc. Ce statut, elle en parle comme d’une respiration au milieu d’un travail autobiographique intense et percutant. À ce point de sa carrière, Sofie envisage d’ailleurs de mettre définitivement un terme à cette oeuvre très personnelle pour se recentrer sur des thématiques moins proches de sa propre histoire. C’était sans compter cette parenthèse de 90 jours. Une pause qui a complètement redéfini les règles du jeu, le rythme de sa création, son sens des priorités.

Trois mois pour la vie

En octobre 2012, Sofie Vangor donne naissance à deux jumeaux prématurés. Six mois plus tôt, au moment où elle découvre qu’elle est enceinte, l’artiste vient de terminer une exposition au Musée des Beaux-Arts de Liège. Un projet qui porte sur le décès de sa soeur, à l’âge de 17 ans. Cette série d’oeuvres personnelles, elle l’envisage comme un point final à ses travaux autobiographiques. Sauf que cette double grossesse prend fin plus tôt que prévu, trois mois avant terme. Ce qui va tout changer, c’est son entrée au couvent. Celui de Saint-Vincent, juste à côté de la Clinique de Rocourt, où elle vient de donner naissance à ses enfants. D’un jour à l’autre, Sofie Vangor plonge dans un univers inconnu, loin de son travail de plasticienne. Cette fois, il s’agit de mener une bataille pour la survie de ses enfants. Et si cette lutte pour la vie ne lui laisse ni le temps, ni l’énergie de créer, l’artiste va tout de même remplir des carnets, sorte de traces écrites de ces 90 jours entre parenthèses, 90 jours de « peau à peau » avec ses enfants.

LE « PEAU À PEAU », EN BREF
Maternité de Bogota, service de néonatalogie, 1978. Le Docteur Edgar Rey Sanabria décide, pour pallier le manque de moyens de son service de prénatalité, de lover les bébés prématurés contre le torse de leurs parents. L’idée est de les réchauffer afin qu’ils retrouvent les 37 degrés dans lesquels ils baignaient dans le ventre maternel. Ce peau à peau permet en outre de compenser les carences affectives de ces petits êtres fragiles. En 2014, si cette technique est encore peu médiatisée, ses bénéfices tant pour l’enfant que pour les parents sont reconnus scientifiquement.

 

Deux ans plus tard

Pour l’artiste, ce projet d’expo n’avait rien d’une évidence. Ses carnets ne lui ont finalement servi que de témoins. L’essentiel du travail, le concept, les médiums… se sont imposés à elle comme une sorte d’obligation morale. En quittant le service de néonatologie, Sofie Vangor réalise que ce qu’elle a vécu est à ce point intime et bouleversant qu’il est difficile d’en rendre compte avec des mots. Face à l’absence de médiatisation – notamment à l’occasion de la journée annuelle de la prématurité qui a lieu chaque 17 novembre – elle décide d’agir. En tant qu’artiste. En tant que mère. En tant que femme aussi. Car cette exposition que Sofie Vangor avait d’abord pensé titrer « Soeurs de Guerre », elle décide de ne pas la monter seule, mais avec ses « soeurs » de combat, d’autres femmes rencontrées pendant son aventure. Le fait que la majorité ne soit pas artiste rend le résultat encore plus intéressant.

Questions universelles

Sofie Vangor n’a pas demandé à ces mères de peindre ou de dessiner, mais bien de s’exprimer dans un langage qui leur était propre, d’apporter leur regard personnel sur cette expérience. À l’image de son propre parcours qui l’a amenée à passer de la gravure au textile en passant par l’écriture, elle a offert à ses femmes une plateforme d’expression libre et sans barrières. Les questions posées sont, au final, plus universelles que strictement liées à leur expérience. Comment se préparer à une naissance ? Comment l’anticiper et, de manière plus large, comment se préparer à l’imprévisible ? Comment traverser des épreuves ? Comment en revenir ? Comment les transformer en une occasion de partage et de réflexion ? Toutes ces questions ont donné naissance à une exposition qui mêle les peintures, gravures, broderies et vidéos de l’artiste et les installations des autres femmes.

 

Renseignements

http://sofievangor.blogspot.be

Créateur depuis 30 ans pour des célébrités telles que Sharon Stone, Mickey Rourke et Amélie Nothomb, pourvoyeur de couvre-chefs pour nombre de têtes couronnées, Elvis Pompilio, Liégeois d’origine italienne, multiplie les initiatives : créateur de costumes pour un opéra en plein air et d’une table pour San Pellegrino. Portrait d’un entrepreneur wallon aux multiples casquettes !

Pourquoi vous prénommez-vous Elvis ?
E.P. — Lorsque je suis arrivé dans la famille, ma mère avait 42 ans et mes soeurs étaient déjà ados. L’une d’elles était fan d’Elvis Presley. Disons que j’ai échappé à Fernandel…

Elvis aimait aussi les chapeaux ?
E.P. — Plutôt des casquettes, militaires notamment.

Dans votre façon de travailler, on note à la fois un contrôle total du processus et, en même temps, de multiples collaborations…
E.P. — L’un ne va pas sans l’autre. Pour être respecté dans le milieu de la mode, il s’agit de développer son style propre. Par contre, si on vous demande chez Chanel ou Véronique Branquinho, il convient d’être à la hauteur. Travailler avec les plus grands est personnellement un vrai défi, surtout au début où ce genre d’expérience est à la fois stressante et excitante.

Ces collaborations sont-elles fructueuses au niveau des idées ?
E.P.
— Plutôt sur le plan des rapports interpersonnels. Il en va de même dans ma relation à la clientèle. Chacune de mes clientes est différente et je ne peux les recevoir de la même manière. Au final, qu’il s’agisse d’un événement, d’une silhouette ou d’un défilé, l’essentiel est de toujours bien faire son travail.
Dans la mode, les chapeaux représentent un métier à part. Concevant des couvre-chefs, je ne suis pas contraint de me limiter à une seule cible : chapeaux pour enfants, pour personnes classiques ou plus branchées, des bonnets en hiver… Je ne connais pas de limites. Certains modistes font des chapeaux uniquement pour des mariages, mais cela ne m’intéresse pas.

Vous êtes en relation avec d’autres créateurs de chapeaux ?
E.P.
— Non. Le milieu de la mode, mis à part dans le cadre d’une collaboration, ne se fréquente pas vraiment, les gens travaillent beaucoup. Il y a bien quelques soirées où nous nous croisons, ce qui ne veut pas dire que l’on devient amis.

Le plus important pour vous, c’est de coiffer Madonna ou la Reine Mathilde ?
E.P. — Chacune d’elle est une bonne ambassadrice de mon métier. Je ne voudrais pas créer que pour des princesses ou des stars. Disons que ces deux célébrités m’ont permis d’élargir le spectre. Ce qui me plaît, c’est de concevoir un jour un chapeau pour un bébé de six mois et le jour d’après, un autre pour une dame de 102 ans. J’aime la diversité. Pour certains, faire des chapeaux pour Madonna serait la honte parce qu’elle apparaît comme quelqu’un de vulgaire, pour d’autres, en créer pour la reine s’avérerait complètement ringard. À mes yeux, c’est pareil. Je considère comme gratifiant de créer des chapeaux pour des personnes mondialement connues qui voyagent beaucoup et qui ont accès à tout.

La relation doit se révéler essentielle…
E.P. — Bien sûr. Chaque personne est importante. En général, cela se passe bien. De nature assez facile et ouverte, j’aime tous les types de gens et je m’adapte facilement aux situations. Heureusement, car dans ce métier, il faut à la fois être mondain et ne pas commencer à être le fan de qui que ce soit.

Dans la mode, les chapeaux représentent un métier à part. Concevant des couvre-chefs, je ne suis pas contraint de me limiter à une seule cible : chapeaux pour enfants, pour personnes classiques ou plus branchées, des bonnets en hiver… Je ne connais pas de limites. Certains modistes font des chapeaux uniquement pour des mariages, mais cela ne m’intéresse pas.

 

Peut-on faire un rapport entre un modiste et un coiffeur ?
E.P. — Cela englobe la tête à la différence que le chapeau s’enlève et que l’on peut changer de look très rapidement. Une coiffure trop courte exige de la patience. Avec le chapeau, comme on peut l’enlever, on se sent plus libre. Mais il est vrai qu’un couvre-chef conserve une aura de mystère et intimide encore en 2014. J’ai connu cela depuis le début de ma carrière, période à laquelle les gens étaient encore moins habitués aux chapeaux qu’aujourd’hui. Disons que je les ai remis un peu à la mode.

La tête est-elle un endroit intime du corps ?
E.P. — Non. Les gens l’exposent et ne peuvent la cacher.

En même temps, le modiste touche la tête des gens comme le fait un coiffeur.
E.P. — Oui, mais quand les gens viennent chez moi, je sais comment leur parler, les accueillir, les rassurer, car comme le chapeau est un objet assez inhabituel, on y est un peu réticent. Mais, en général, mes clients, déjà un peu familiers des chapeaux, sont plus audacieux, plus ouverts.

Faut-il être une tête pour faire des chapeaux ? 
E.P. — Il y a faire des chapeaux et faire des chapeaux. Personnellement, je crée des couvre-chefs. Faire un chapeau, à mes yeux, consiste, à partir de rien, à créer la forme jusqu’à servir un client. Toutes les étapes sont donc importantes. Depuis la création elle-même jusqu’à la gestion ou au suivi presse… Il faut tout gérer. Être un modiste connu et reconnu exige en effet d’être une « tête ». Mais bon, c’est pareil dans tous les métiers. 
Maintenant, être un petit modiste de quartier – métier que je respecte complètement – acheter des bases et mettre des fruits dessus, ne demande pas forcément la même exigence à tous les niveaux.

Être connu internationalement, vendre dans le monde entier et avoir des boutiques partout, exige sans doute de travailler beaucoup du chapeau…
E.P. — Oui. Personnellement, je présente des collections avec lesquelles il ne faut ni être trop en avance ni trop Elvis Pompilio a créé les costumes de l’opéra La Bohème (de Puccini) dans le cadre des opéras en plein air organisés par l’association Opéra pour tous. Ces spectacles ont été présentés cet été au Palais des Princes-Évêques à Liège, au château de Bois-Seigneur-Isaac à Braine-l’Alleud et au château d’Ooidonk en Flandre orientale. www.operamobile.be en retard. Il faut être juste au bon moment, avoir les bons volumes… Une nouvelle collection, c’est à chaque fois un risque de tomber à côté ou de réaliser des pièces qui plaisent. La vraie création, ce n’est pas suivre les tendances.

Vous venez de travailler sur les costumes dans le cadre d’un opéra en plein air, La Bohème de Puccini. Le spectre s’élargit encore un peu plus.
E.P. — Ce n’était pas mon coup d’essai dans ce domaine. Mais chaque fois que j’ai mis sur pied un défilé, et j’en ai fait beaucoup, j’ai toujours conçu les vêtements et les accessoires qui accompagnaient le chapeau. Cela peut paraître nouveau aux yeux du grand public, mais j’ai toujours réalisé des objets et des vêtements dans le but d’accessoiriser le couvre-chef.

Mais le thème central reste le chapeau ?
E.P. — Finalement, c’est ce que je fais de mieux, la branche dans laquelle je me détache le plus des autres créateurs et où je m’exprime le plus complètement.

Elvis Pompilio, homme-orchestre ?
E.P. — Oui, au niveau de la promotion de ma produc tion notamment… Disons que c’est un tout, il faut être complet : mondain, psychologue, travailleur. Ce métier demande beaucoup de qualités, et je le dis sans prétention puisque je ne parle pas de moi en particulier.

« Les Liégeois sont des Belges à la française, moins germaniques que les Flamands, avec un esprit français, révolutionnaire et anarchiste. Raison pour laquelle, parfois, on ose y proposer des choses très décalées… avec des artistes comme Jacques Lizène, Jacques Charlier… »

 

Êtes-vous un Italien de Liège ou un Liégeois d’origine italienne ?
E.P. — Je suis un Italien de Liège. Ma famille est originaire des Abruzzes, de Pescara précisément, ville située à la même hauteur que Rome. Pompilio est d’ailleurs un nom romain qui vient de Numa Pompilius, deuxième roi de Rome après Romulus.
En fait, je ne me positionne pas d’une nationalité ou d’une religion. Je suis plutôt individualiste et capable, je crois, de plaire partout. Je n’accorde donc pas beaucoup d’importance à l’identité. C’est vrai, j’ai toujours un passeport italien, mais je viens de Liège.

Il a existé une forte tradition anarchiste dans la ville principautaire. Cela vous a-t-il influencé ?
E.P. — Bien sûr. Les Liégeois sont des Belges à la française, moins germaniques que les Flamands, avec un esprit français, révolutionnaire et anarchiste. Raison pour laquelle, parfois, on ose y proposer des choses très décalées… avec des artistes comme Jacques Lizène, Jacques Charlier… Le surréaliste est belge, mais pas que bruxellois. Ayant beaucoup travaillé en Flandre, j’ose dire qu’il n’y a pas beaucoup de différences finalement entre les deux communautés. La différence vient du fait que les Wallons sont plus spontanés, souriants, ouverts directement ; en Flandre, tout se passe par étape. Il faut connaître, y aller doucement… Mais au final, les Flamands rigolent de la même manière !

Par ailleurs, vous êtes un Liégeois qui habite Bruxelles. C’est rare…
E.P. — Oui, j’adore Liège et je suis content d’y avoir grandi, d’y avoir fait mes études et d’en être parti à 24 ans. Pour entreprendre ce que je souhaitais, il fallait venir à Bruxelles pour être plus près de tout. La mode se passe ici, plus encore qu’à Anvers. La capitale offre une vitrine sur le monde et s’avère plus cosmopolite grâce à l’Europe notamment, et son brassage de nationalités. Ceci dit, la réputation de la Cité ardente de Liège est loin d’être usurpée.

À Liège, régnait anciennement un Prince-Évêque. Y a-t-il une origine catholique du chapeau ou est-il lié simplement au pouvoir ?
E.P. — Plutôt synonyme du pouvoir au départ, mais un peu les deux, Église et pouvoir. D’ailleurs, aujourd’hui encore, on ne peut pas pénétrer dans une église coiffé d’un chapeau. Mais ce sont des considérations que je ne prends pas en compte.

Avez-vous pensé à Magritte en commençant à faire des chapeaux ?
E.P. — J’ai suivi des études d’arts plastiques, d’histoire de l’art. Mais je n’ai jamais songé à un artiste en particulier. J’ai plus été influencé par le surréalisme en général que par un artiste en particulier. Et ce n’est pas parce qu’il y a un chapeau sur une image qu’elle va forcément plus m’attirer qu’un paysage. Je ne me suis pas inspiré et j’essaie de ne pas faire de choses qui ont existé. Bien sûr, il y a des références qui son récurrentes dans mon travail, mais cela reste inconscient.

Elvis Pompilio a créé les costumes de l’opéra La Bohème (de Puccini) dans le cadre des opéras en plein air organisés par l’association Opéra pour tous. Ces spectacles ont été présentés cet été au Palais des Princes-Évêques à Liège, au château de Bois-Seigneur-Isaac à Braine-l’Alleud et au château d’Ooidonk en Flandre orientale.
www.operamobile.be

 

À la tête d’une PME, pensez-vous que cette forme d’entreprise soit l’avenir de la Wallonie ?
E.P. — Je l’espère parce que sinon que reste-t-il ? Il faut que les gens se bougent et prennent ce genre d’initiative, en créant des PME et en redonnant une valeur à certains métiers qui sont intégrés dans des grands magasins, mais que l’on peut aussi trouver sous forme artisanale. Et dont la production ne se révèle pas excessivement plus chère que les objets produits de façon industrielle ou en série à l’étranger. Il est essentiel de garder cet esprit de petites entreprises et d’artisanat.

Avez-vous l’impression que cette forme d’entrepreneuriat revient à la mode ?
E.P. — Elle a n’a jamais disparu grâce notamment aux populations immigrées, italiennes et portugaises, qui sont venues vivre ici. En Italie par exemple, il s’agit de la forme d’entreprise la plus courante. L’avenir de l’Europe passe par ce genre d’entreprises. Que nous reste-t-il ? La culture, les belles pierres, et c’est vers ces initiatives différentes et de qualité qu’il faut aller.

Plusieurs de vos pièces sont dans des musées : Musée Grévin, Musée de la mode à Paris. Est-ce une consécration et n’y a-t-il pas une crainte d’être figé par cette muséification ?
E.P. — Justement, je peux rarement répondre aux musées positivement, ne possédant aucune archive. Il est important à mes yeux que les choses restent vivantes. J’aime que les chapeaux vivent, que les gens les portent. Malgré tout, il faut être dans les musées, car c’est une consécration. Mais ce n’est pas une fin en soi. De la même façon, être décoré de l’Ordre de Léopold est gratifiant même si cela ne change rien.

Vous travaillez dans l’image, le design et le style. Quelle définition de la Wallonie donneriez-vous sur ce plan-là ?
E.P. — En Wallonie, beaucoup de gens se détachent du lot, font de belles choses et sont peut-être moins m’as-tu-vu qu’ailleurs, qu’ils fassent des gaufres ou des chapeaux. Ces personnes ne se vantent pas et ne se vendent pas assez. L’image vieillotte change, les villes font des efforts comme Liège avec la gare des Guillemins. Et heureusement que cela évolue, prouvant de la sorte que les choses bougent et qu’il y a une volonté de changement.

Bio Express

1961  Naissance à Liège.

1987  Ouverture de son premier workshop à Bruxelles où il crée pour les défilés des grandes marques telles que Dior et Valentino.

1990 — Ouverture de sa première boutique dans le centre de Bruxelles. Il ouvrira plus tard des magasins à Anvers, Paris et Londres. Ses créations sont également vendues aux États-Unis et au Japon.

2005  Dans l’émission de la RTBF « Le plus grand Belge », Elvis Pompilio est classé à la 84e place.

2014  Elvis Pompilio crée les costumes de l’opéra La Bohème.

 

Renseignements

www.elvispompilio.com

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Mentor, coach, people connector, orateur, formateur, guide, Jedi… Fred Colantonio est de ceux à qui la vie a ouvert les yeux sur la grandeur de l’être humain et sa multitude de capacités inexploitées.

Une heure passée en sa compagnie vous donne la pêche, la banane, vous redonne confiance en vous et en vos projets ou votre entreprise ; vous pousse à écouter vos envies et à les concrétiser. Il est comme un cachet d’aspirine qui vous enlève vos maux de tête et vous apaise. Il est comme un jus d’orange pressé qui vous booste pour le restant de la journée. Il est cette bouffée d’oxygène qui vous aide à lever le pied, à marquer un temps d’arrêt dans votre vie professionnelle et à oser poser un regard extérieur sur vous-même. Ce papa gâteau de 36 ans est aujourd’hui consultant, conférencier et auteur de plusieurs ouvrages sur le Web, le marketing et les stratégies relationnelles. Fruit de sept années de réflexion, ses dernières conférences sur l’attitude gagnante, regroupées sous la marque « L’attitude des Héros », font un carton. Ses livres, Inspiration et Action (les deux premiers d’une trilogie), dans lesquels il démontre que les trajectoires de personnalités hors du commun comme Steve Jobs, Richard Branson ou encore Oprah Winfrey sont accessibles à chacun(e) selon son niveau, sont devenus des best-sellers. Fred Colantonio parcourt la Belgique et donne des conférences en France, en Croatie ou encore au Portugal pour transmettre ses expériences et partager avec les personnes désireuses de se dépasser et de vivre pleinement leur existence.

Entre vie rangée et vie passionnée

Certains événements ou faits vécus, même minimes, influencent parfois une grande partie de notre vie. Nos passions nous animent, les personnes que nous rencontrons et dont nous nous inspirons également, ou encore certains « hasards » (une notion à laquelle Fred ne croit pas) qui nous apparaissent ensuite comme des évidences… La vie de Fred Colantonio en est truffée. Il entame des études de criminologie à la faculté de droit de l’Université de Liège en 1996. Cette même année, l’e-mail fait son entrée dans le fonctionnement académique de l’Université. Un détail. Probablement. Ou pas. Issu d’une famille d’ouvriers, il combine études et jobs d’étudiants dans une grande chaîne de distribution pour payer partiellement ses études. « Ce job de caissier était sociologiquement très riche. Déjà à l’époque, je scrutais l’attitude des gens sans m’en rendre compte », confie Fred. Analyser le comportement, un passe-temps devenu un métier. En 2001, il présente son mémoire de fin d’études sur la piraterie musicale sur le Web, un sujet précurseur et qui combine deux de ses passions : le Web et la musique. Suite à la lecture passionnante d’un ouvrage du professeur australien Peter Grabosky spécialisé dans la cybercriminalité, Fred consulte le professeur Georges Kellens et l’interroge sur la possibilité d’introduire la problématique de la piraterie numérique dans ses prochains cours. Contre toute attente, l’éminent professeur l’invite à préparer lui-même cette leçon qu’il donnerait trois mois plus tard. Non sans une certaine pression, Fred relève le défi avec l’un de ses condisciples. Historiquement, c’est la première conférence qu’il donne… Quelques mois plus tard, lors du Congrès international de criminologie, Fred est invité à la table du professeur Kellens, lequel se trouve en compagnie… du professeur Grabosky himself.

Des détails donc qui construisent un homme. Fred termine ses études avec « La Plus Grande Distinction » et la note de 19 à son mémoire ; un exploit et une grande fierté pour lui-même et pour ses parents qui ont toujours cru en lui. Il reçoit son diplôme aux amphithéâtres De Méan, là où il dispensera quelques années plus tard un cours de marketing numérique. Un détail, encore un. Fred Colantonio réalise alors qu’il peut accomplir des choses qui vont au-delà de ce dont il se croit capable en adoptant une attitude gagnante.

Après un master complémentaire (DES) en criminalité des organisations, il entre dans la vie professionnelle et intègre l’administration comme criminologue. Un job assuré, un plan de carrière tracé, mais un rythme de vie probablement trop tranquille pour ce bon vivant passionné des relations humaines et de la vie en général. Parallèlement à sa vie « plan-plan », Fred programme des sites Web avec le Mac qu’il s’est offert grâce à son premier salaire. Il réalise son premier site Web pour un service du département de sciences politiques de l’Université de Liège. Un succès. « Ils m’ont remercié au-delà de l’attendu », se souvient Fred. Son travail sera même recommandé. Il sollicite une interruption de carrière et se lance en tant que free-lance. Les débuts sont difficiles, financièrement surtout. « J’ai dû réapprendre à demander, et cet aspect est fondamental dans L’attitude des Héros. J’ai appris qu’il fallait se bouger et que le travail n’arrivait pas tout seul. Je n’avais jamais vraiment programmé de site Web auparavant, mais j’avais cette volonté de le faire. J’ai décidé de frapper aux portes et d’apprendre comment faire. Je me suis ensuite amélioré et, par processus itératif, j’ai grandi. »

Dans la foulée du lancement de son activité, il obtient des chèques création qui lui permettent de suivre des formations dans des horizons très variés à la HEC Business School. Il suit toutes les formations en communication et marketing. « J’y ai rencontré des formateurs incroyables qui m’ont ouvert les yeux sur l’improvisation, l’audace, le marketing… Aujourd’hui encore, ces formateurs sont mes Jedi. Sans eux, je ne serais pas où j’en suis aujourd’hui. » Comment convaincre ? Comment se vendre ? Durant ses études de criminologie, Fred a étudié le passage à l’acte au sens négatif du terme, il se passionne à présent pour le passage à l’acte dans son sens positif. Il a trouvé dans les formations énormément de points de convergence avec ses études. En cours de formation, il pose la question de la thématique du marketing sur Internet… qu’on lui propose alors d’exposer lors de ce qui deviendra sa première vraie formation, intitulée « Comment créer son site Web à 0€ ? » L’histoire se répète. Fred réalise encore une fois un challenge auquel il n’avait pas été préparé a priori. Surtout, il se découvre des talents d’orateur et une réelle vocation dans la transmission du savoir, de l’expérience et du partage. En six mois, son agenda est booké à 50 % par les formations. Très vite, il éprouve des difficultés à combiner son activité de formateur avec la gestion de sa société de communication. En 2010, il se dédie à 100 % à ses formations qui prennent désormais la forme de séminaires et de conférences devant plusieurs centaines de personnes. « Le Web est le fil conducteur de mon parcours, mais ce qui m’intéresse vraiment, ce sont les gens. »

L’attitude des Héros

En février 2012, alors qu’il est invité au salon « Objectif-Com » pour parler de Web, il aborde pour la première fois « L’attitude des Héros », sujet qui le passionne et sur lequel il effectue des recherches depuis plusieurs années. Le succès est au rendez-vous. L’auditoire est ravi. Fred est comblé. Il est convaincu que la réussite résulte de la combinaison de l’état d’esprit gagnant et du comportement gagnant dont le résultat positif est l’attitude gagnante. Les plus grands noms ont trouvé la voie du succès avec les mêmes cartes que nous possédons tous au départ. Lors de ses conférences, il cite des anecdotes de la vie de Steve Jobs (Apple), de Richard Branson (Virgin) ou encore d’Oprah Winfrey (Harpo Productions) qui étayent sa modélisation du succès. « Je crois en la capacité des personnes à se dépasser, à se mettre en action pour faire la différence et contribuer à changer le monde, chacun à sa manière. J’ai le sentiment que l’être humain fonctionne un peu à la manière des logiciels qu’il utilise : par défaut, il exploite 20 % de ses aptitudes ». Telle est la conviction de ce génie du marketing personnel. Dans Inspiration, le premier tome de sa trilogie sur « L’attitude des Héros », Fred Colantonio dresse le portrait de ces personnalités époustouflantes, met en lumière les ingrédients de leur personnalité (6 attributs des Héros) et de leur parcours (3 étapes du processus héroïque). Après l’inspiration, place à « Action », le second opus. Toujours sur la base des mêmes recettes (et des histoires des grands chefs… d’entreprise), Fred booste ses lecteurs et les pousse littéralement à l’action à travers 5 principes à appliquer suivant 7 indicateurs de succès, toujours inspirés des grandes réussites du monde des affaires, et des héros de fiction également. Il s’attache à démontrer que nous pouvons tous accomplir de grandes choses et avoir une influence positive à notre échelle, au même titre que ces personnes que nous considérons comme des modèles. « On peut, chacun à notre niveau, aller plus loin que ce que l’on croit. Chacun sa montagne, chacun son sommet », ajoute Fred. Le dernier volet de la trilogie (février 2015) aborde la signification de nos actions. Et si les personnalités hors du commun du monde des affaires avaient réussi parce qu’elles sont parvenues à faire passer, à travers leur attitude, les raisons profondes qui motivent leurs actions ? Et si nous essayions d’identifier le Why avant de mettre en place le How ? Car les choses que nous réalisons brillamment sont avant tout celles qui nous font vibrer et qui nous passionnent.

Nous avons tous nos héros, qu’ils soient connus ou moins connus ; que ce soient nos mères ou nos pairs, des personnes que nous avons croisées un jour ou celle avec qui nous partageons notre vie… « On est tous le Héros de quelqu’un ! » Comme Fred nous invite à le faire, laissons-nous inspirer, et passons à l’action en ayant trouvé une signification à ce qui nous anime.

Bibliographie

Signification – Trouvez ce qui vous anime, L’attitude des Héros (à paraître en février 2015).

Action – Après l’inspiration, les défis de l’action, L’attitude des Héros, 2014.

Inspiration – Votre attitude gagnante inspirée des plus Grands, L’attitude des Héros, 2013.

Communication professionnelle en ligne – Comprendre et exploiter les médias et réseaux sociaux, EdiPro, 2011.

Référencement, e-marketing et visibilité web – 30 pratiques pour décideurs et webmasters, EdiPro, 2010.

Manager de l’année, Marc du Bois est aujourd’hui unique actionnaire familial du groupe Spadel (Spa et Bru). Portrait d’un homme qui revendique pleinement sa belgitude.

La cinquantaine à peine entamée, Marc du Bois est un vrai capitaine d’industrie. Avec une vision et des idées très claires sur les stratégies à mener pour pérenniser un groupe qui produit plusieurs centaines de millions de litres d’eau et de limonade chaque année. Licencié en sciences économiques appliquées de l’Université catholique de Louvain (UCL), il fait, dans l’attente de son service militaire, un stage Onem de 6 mois chez Coca-Cola, puis, ses obligations effectuées, est engagé par L’Oréal pendant 5 ans. Après un complément d’études dans le Colorado, il intègre Spadel le 16 mai 1994.

Il rejoint ainsi un groupe dont l’histoire est liée à celle de sa famille depuis 1923, date à laquelle son grand-père, Ernest du Bois, entre dans le capital de la société Spa Monopole créée deux ans auparavant. Au fil des ans, la famille du Bois devient actionnaire majoritaire de l’entreprise qui, sous l’impulsion de Guy-Jacques du Bois, se transforme en groupe européen Spadel en 1980.

De nouveaux créneaux

Aux côtés de son père, puis de son frère, Marc du Bois innove d’emblée et introduit Spa dans le réseau hospitalier. L’opération porte ses fruits et notre homme embraie avec le marketing de Bru dont la campagne publicitaire remporte d’ailleurs le prestigieux Grand Effie Award en 1996. Le concept de l’eau perlée, synonyme de richesse et de pureté, demeure aujourd’hui encore au centre des campagnes de la marque. Marc du Bois prend alors en charge la direction du département Business Development nouvellement créé et, dans la foulée, se voit confier la responsabilité de la filiale anglaise qui était dans le rouge.

Tout cela jusqu’à cette date fatidique du 22 septembre 2000 où son frère, Guy-Bernard du Bois, se tue dans un accident de voiture. Alors que ses concurrents le pressent de vendre, l’homme décide de constituer un duo managérial avec Jean-Philippe Despontin qui avait été nommé directeur général un an auparavant. L’expérience durera douze ans pour s’achever en 2012, date depuis laquelle Marc du Bois est seul aux commandes.

« Aujourd’hui, nous avons l’ambition de réduire notre empreinte carbone à l’horizon 2015 en travaillant sur les 3P (People, Planet and Profit) du développement durable : gestion d’énergie, des emballages, protection de la ressource, naturalité de nos produits, biodiversité. »

 

Aujourd’hui, comment grandir et maintenir une croissance à deux chiffres quand, par définition, une source est indélocalisable ? « Spadel gère cinq sites industriels dans trois pays. En Belgique, nous avons le site de Spa Monopole qui est de loin le plus important du groupe et emploie plus de 400 personnes, ainsi que le site de Bru-Chevron. En France, j’ai acquis les Grandes sources de Wattwiller dans les Vosges en 2004 et, l’an dernier, les eaux minérales de Ribeauvillé et la marque Carola. Enfin, notre cinquième site, Brecon Carreg, est situé à Trap, au Pays de Galles. Son eau minérale prend tout son essor au Royaume-Uni. »

People, Planet, Profit

Pour le guider dans ses choix, Marc du Bois a bâti un plan stratégique sur trois piliers. Tout d’abord, l’innovation. « Dans notre métier, vous ne pouvez pas changer de contenu. L’eau minérale de Spa restera toujours la même eau, mais on peut l’aromatiser. Chaque année, nous devons proposer quelque chose de novateur, le consommateur en est très friand. » Ensuite, l’excellence opérationnelle. « Un exemple : nous déménageons en septembre dans un bâtiment où tout Spadel sera sur un seul niveau. Cela va améliorer la communication, on va créer des contacts informels, je crois beaucoup à ce genre de choses. » Et enfin, bien sûr, le pilier du développement durable. « Aujourd’hui, nous avons l’ambition de réduire notre empreinte carbone à l’horizon 2015 en travaillant sur les 3P (People, Planet and Profit) du développement durable : gestion d’énergie, des emballages, protection de la ressource, naturalité de nos produits, biodiversité. »

Le tout en ancrant les produits dans la région où ils sont conçus. « Oui, on pourrait vendre de la Spa à New York, mais plus vous vous éloignez de votre zone de chalandise, plus votre produit devient un produit de grand luxe avec une empreinte carbone très importante. Notre ambition est d’avoir des produits très bien implantés régionalement, avec des empreintes réduites. Cela ne fait aucun sens pour moi de consommer des eaux italiennes. Quand vous buvez une bouteille de Spa, vous avez là un opérateur belge et vous créez de l’emploi pour des gens qui paient leurs impôts dans notre région. Vous participez ainsi à l’économie d’une région, d’un pays, c’est essentiel. »

Manager de l’année et baron

La stratégie de Spadel a été récompensée de deux manières très différentes en 2014. Marc du Bois est en effet devenu en février « manager de l’année » selon le magazine Trends Tendances et, deux mois plus tard, a été élevé au titre de Baron par le roi Philippe. « J’ai pris cela avec beaucoup de sérénité et d’humilité, il ne faut pas se monter la tête. Ce titre de manager récompense en réalité le travail de toute l’équipe et non le mien directement. J’ai d’ailleurs rapidement dédié ce titre aux gens qui travaillent avec moi au quotidien, sur lesquels j’ai toujours pu compter, y compris lors des moments les plus pénibles de ma vie, je leur dois beaucoup. »

Quant au titre de Baron, « cette volonté royale m’a été attribuée, mais elle est surtout attribuée à une famille d’entrepreneurs belges, active en Belgique et qui prône l’unité du pays et son maintien. J’ai des idées très arrêtées sur la question. À nouveau, il faut rester soi-même. Pour vivre heureux, vivons cachés, c’est mon leitmotiv. Je ne prends pas souvent la parole, je n’ai pas besoin de cela. Je préfère faire rouler la boîte, les chiffres ne mentent pas. Tout le reste, vous savez. »

Les photos de Yannick Dehandschutter

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Yanick Dehandschutter a remporté le titre de Meilleur sommelier de Belgique dimanche lors de la finale du concours initié par la Gilde des sommeliers de Belgique. Face à Antoine Lehebel de "La Villa Lorraine" à Bruxelles et Jan Rots de "La Brasserie Latem" à Laethem-Saint-Martin (Flandre orientale).

Le jeune sommelier de "Sir Kwinten" à Lennik (Brabant flamand) a séduit le jury composé de quinze professionnels du vin nationaux et internationaux, à l'issue de sept épreuves pratiques qui se sont déroulées au Radisson Blu hôtel a Bruxelles.

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