Waw magazine

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Suivez les voix de Captel ! Dans ce call center liégeois plus que florissant, une centaine d’employés facilitent la vie des petites et grandes sociétés. Du secrétariat médical et télémarketing, c’est simple comme un coup de fil… sous l’impulsion de la première de ces voix, Anne Dimmers, administratrice.

BIO EXPRESS

1962 — Naissance à Ougrée.

1980 — Premiers pas au call center en tant qu’étudiante. 

1981 — Premier job à temps plein au même call center.

1997 — Anne reprend la société.

2008 — Création de la filiale Captis.

2013 — Ouverture d’un centre de formation à Ibiza.

« La semaine dernière, j’ai engagé 7 personnes… Et aujourd’hui j ’en embauche une ! » Si Anne Dimmers, administratrice déléguée de la société Captel, signe autant de nouveaux contrats d’emploi, ce n’est pas à cause du turn-over important qu’on enregistre dans le monde des call-centers. Au contraire, ses employées, chouchoutées, ont tendance à vouloir passer leur carrière dans leurs bureaux de la rue Grétry, au sein du complexe de la Médiacité, à Liège. Son secret pour mieux les comprendre est tout simple : elle a été à leur place, pendant de longues années. Elle sait mieux que personne comment les aider à gérer le stress des longues heures passées au téléphone avec les clients. 

Anne Dimmers, 50 ans, grandit à Flémalle-Haute, où son papa avait ouvert un bureau d’assurances en tant qu’indépendant. À l’âge de 17 ans et demi, elle commence à travailler comme étudiante dans un call-center liégeois. Il s’agissait alors du tout premier call-center de Belgique, qui avait ouvert ses portes en 1974, à une époque où les bureaux n’étaient pas pourvus d’ordinateurs ! Optimiste et débordante d’énergie, la jeune femme fait passer son dynamisme au travers des conversations avec la clientèle et elle y prend goût. Six mois plus tard, alors qu’elle vient d’avoir 18 ans, elle se lance à plein temps là où elle avait officié en job de vacances.

Mais après 15 ans au sein de cette société qui comptait 7 personnes, Anne a cru perdre son boulot. Non pas que les clients étaient mécontents de cette société qui s’était déjà fait une très bonne réputation, mais bien à cause de problèmes de gestion administrative. « Je me suis dit qu’il y avait moyen de sauver nos emplois en reprenant l’entreprise, parce que tout était là pour que ce soit une réussite », se souvient Anne Dimmers. La jeune entrepreneure suit alors quantité de formations et mise tout sur la qualité. Qualité du service d’abord, avec un logiciel, Estel (dont Captel est le concepteur) qui permet aux opératrices, appelées le plus souvent « les secrétaires », de répondre de manière spécifique en fonction des clients « comme si elles étaient les secrétaires attitrées des clients qu’elles sont en train de représenter », explique la patronne.

« Je délègue tout ce que je ne dois pas faire moi-même. Cela me laisse du temps pour développer. »


Captel, c’est aussi la qualité de l’emploi. « Le travail est organisé pour que les secrétaires soient épanouies », confie Anne Dimmers. « Toute la journée, elles doivent être dynamiques, enjouées, réactives, et cela même quand certains clients sont de mauvaise humeur ou qu’elles doivent se plier à des horaires difficiles, la nuit, le week-end, ou le soir de la nouvelle année… Alors, j’essaye de les gâter et de leur ôter toute autre source de stress. Par exemple, elles ont chacune une place de parking attitrée, comme ça, je leur épargne l’énervement de devoir trouver une place pour leur voiture en début de journée. Les lundis et vendredi matin, elles ont un jus d’orange frais qui les attend sur leur bureau, pour bien commencer et terminer la semaine. Je fais également venir une masseuse pour des massages du dos deux fois par an. Je leur offre à chacune un cadeau pour leur anniversaire, puis il y a maintenant un atelier repassage. Elles y déposent leur linge et nous avons une femme d’ouvrage qui le leur repasse. Elles le reprennent en fin de journée. » Sans parler de la Saint-Nicolas avec leurs enfants, des formations mises en place régulièrement, du barbecue, de la fête de fin d’année… « Nous ne pouvons pas proposer à notre clientèle le même prix que les call-centers implantés au Maroc, par exemple. Mais ce que je propose, c’est un service adapté, et de la bonne humeur au bout du fil ! Cet enjouement, cette expérience, c’est ce qui fait la différence, notre valeur ajoutée ».

La recette a fait son succès

De sept personnes quand elle a repris la société, Anne Dimmers est d’abord passée à une bonne vingtaine avant de faire un bond avec, aujourd’hui, 110 employées ! Ou plutôt « employés », car sur les 110, il y a un homme, un seul… « J’ai d’abord organisé ma société avec des clients à faible volume d’appels », confie Anne Dimmers. « Au Maroc, vous avez un plateau de 400 travailleurs pour 20 sociétés. Si vous perdez une seule société, vous devez licencier du personnel… Chez nous, c’était le contraire. Pour 20 employés, il y avait 400 clients. Ainsi, même en cas de perte d’un client, il n’y a pas à licencier. »

La clientèle est stable chez Captel, qui fêtera ses 40 ans l’an prochain. La Société Protectrice des Animaux, par exemple, est cliente depuis un quart de siècle et c’est la société d’Anne Dimmers qui gère, les weekends et les nuits, les appels d’urgence pour l’envoi éventuel d’une ambulance animalière. Elle assume également les permanences de Techspace Aéro, de beaucoup de médecins, de sociétés de maintenance qui doivent assurer un service 24 h/24.

Mais il y a 5 ans, un client à gros volume d’appels est venu frapper à sa porte, Lampiris. « J’ai voulu conserver la structure existante et recréer la même structure, juste pour ce client », poursuit la patronne. C’est ainsi, avec Lampiris et d’autres, que le personnel est passé, en 5 ans, de 25 à 110 employés.

Et comme elle n’aime pas se reposer sur ses lauriers, notre self-made-woman a développé un nouveau concept, une société fraîchement créée en Espagne, à Ibiza, où habite une grande partie de sa famille. « Je suis allée quelques jours en formation avec mon associée », se souvient Anne Dimmers. « La formation n’était pas de qualité, l’hôtel était peu confortable, et le temps était vraiment pourri… On décomptait les heures avant de retrouver nos enfants. Pourtant, une formation bien menée, à l’occasion d’un séjour durant lequel on resserre les liens, est très bénéfique. J’ai un grand réseau de formateurs et les 600 clients de Captel sont tous potentiellement intéressés par un bon lieu de formation… » C’est ainsi qu’est né, au printemps dernier, le centre de formation Can Basso, dans une ferme rénovée, en pleine campagne, à 10 minutes de la plage. Un endroit où les cadres se réjouissent d’être formés !

 

Captel en chiffres

 

Renseignements

Captel
Rue Grétry, 50/96
B-4000 Liège
[email protected]
www.captel.be

En 2012, Etienne Bouillon s’installe dans une ferme de Fexhe où deux nouveaux alambics, venant d’Ecosse, permirent d’augmenter la capacité de production. En novembre 2014, Jim Murray consacre, dans sa « bible », le Belgian Owl comme le whisky européen de l’année dans la catégorie « 64 mois-single cask » (d’un seul fût) avec la cote de 96 % (le maximum accordé est de 97,5 %).

Le Belgian Owl, Belgian Whisky Single Malt, se boit idéalement  à température ambiante afin de laisser s'exprimer tous ses arômes mais rien ne vous empêche de le boire plus frais en apéritif allongé d'eau ou de soda.

 

The Owl Distillery

Rue Sainte-Anne, 94 - 4460 Grâce-Hollogne

Hameau de Goreux, 7 - 4347 Fexhe-le-Haut-Clocher

Tél. +32 (0)4 247 38 14 – www.belgianwhisky.com

En collaboration avec : 

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Homme sensible mais déterminé, Jean-Luc Couchard épate par sa simplicité et sa véracité. Wallon dans l’âme et Bruxellois dans la tête, ce  passionné de la vie nous ouvre, avec beaucoup de délicatesse, les portes de sa vraie personnalité.

Vous êtes né le 14 juillet 1969 à Verviers à 6 h 45 et vous êtes Cancer ascendant Lion. Le Feu prédomine dans votre thème astral. Cela fait de vous un passionné et vous apporte intuition, énergie, courage, confiance en vous et enthousiasme. Il vous faut aimer pour comprendre, ressentir pour agir… Est-ce juste ? 
Jean-Luc Couchard — Oui, assez. Je suis un passionné. J’aime, dans mon métier, avoir envie de jouer les scènes que l’on me propose. Je fonctionne à l’instinct, en imaginant ce que je vais pouvoir faire du personnage que je vais interpréter. J’ai deux penchants : le feu et l’eau. Je suis sensible mais je peux décider de me couper des émotions négatives. Comme je peux m’ouvrir à nouveau au meilleur quand c’est le moment.

Parlez-nous de votre vie à Liège ! Vous avez vécu à Dolhain avec votre famille… 
JLC — Oui ! J’y ai eu une enfance heureuse. Mon papa était facteur, ma maman s’occupait de ses 4 garçons. On a joué énormément avec les jeunes dans la rue. J’ai fait du scoutisme aussi. À 11 ans, j’écrivais et interprétais avec un ami des sketchs comiques. On se moquait gentiment des gens du village, de mon père facteur, du laitier… À 11 ans et demi, je me suis inscrit à l’académie ! Et à 14 ans, je savais que je voulais faire de la scène mon métier mais mes parents ont eu un stress. J’ai donc d’abord suivi des cours d’éducateur et lors de la dernière année du cursus, j’ai entamé parallèlement ma première année au Conservatoire de Liège. Je suis encore resté dix ans à Liège pour m’installer ensuite à Bruxelles.

Et pourquoi pas à Paris ? 
JLC — J’adore Bruxelles, on y est bien, tranquille ! J’y ai été tellement bien accueilli à mon arrivée… J’y vis sans stress, ce qui n’est pas le cas de Paris où j’ai vécu trois mois. Et je suis finalement souvent avec des Wallons qui vivent à Bruxelles mais qui sont de la même région ! On retrouve toujours les gens avec qui on a des affinités !

Vous avez été sacré citoyen d’honneur de la ville de Limbourg en 2010. Comment l’avez vous vécu ?
JLC — Qu’ils honorent mon parcours était super chouette ! Ce qui m’a beaucoup touché, c’est cette reconnaissance de mes racines.

Qu’est-ce qui vous manque le plus en Wallonie ?
JLC — La verdure, les paysages wallons, son aspect festif. Bien qu’à Bruxelles, on sache aussi faire la fête !

Quel est l’endroit où vous ne manquez jamais d’aller quand vous revenez en Wallonie ?
JLC — Dans la ville de Limbourg, pour son site historique et ses remparts. Elle est si romantique que j’y emmenais toutes mes petites copines ! (Rires) Il y a aussi le bistrot « Chez Didier » et leur excellent scotch au fût… J’y emmène mon père pour boire l’apéro ! 

On vous voit dans la vidéo qui a fait un buzz sur le Net : Ce que disent les Bruxellois. Que diriez-vous en tant que Wallon ? 
JLC — Que je suis fou amoureux de Bruxelles depuis dix ans ! J’ai des racines wallonnes mais je me sens aussi bruxellois.

On vous voit beaucoup dans des films drôles, mais vous avez aussi servi sur les planches les plus grands auteurs comme Bertolt Brecht, Molière et Shakespeare… Quel est votre domaine de prédilection ?
JLC — Mon principe est de faire rire les gens. C’est tellement gai de les rendre heureux ! La comédie reste, malgré mon envie d’interpréter des rôles plus graves, ce que je préfère. 

L’élan belge en caricature dans des films comme Dikkenek ou Il était une fois une fois, c’est énervant ou agréable à jouer ? 
JLC — C’est très agréable à jouer, c’est un vivier de folie ! C’est très « borderline », « à la masse » !

Vous n’avez jamais pensé à un one-manshow ?
JLC — Vous pointez le doigt dessus parce que j’y pense ! Mais ce n’est pas si simple… 

Votre côté humoristique cache-t-il une timidité ?
JLC — Oui, absolument. Lors de mes premiers castings à Paris, j’étais timoré ! En primaire, j’étais très timide. La scène est le meilleur antidote !

Que seriez-vous prêt à faire comme cascade pour l’obtention d’un rôle ? 
JLC — Houla ! J’en ai déjà fait quelques-unes, notamment dans une pub. Sauter d’un balcon et atterrir sur un matelas !

Quel rôle non encore exploré aimeriez-vous interpréter ?
JLC — Un personnage sensible, tourné vers son intériorité. J’aimerais jouer dans un film d’époque, des années 20 ou sur la guerre 14 ! Mais on vient justement de me téléphoner pour un rôle de chirurgien d’hôpital dans Marie Curie, une fiction documentaire…

Vous avez fait partie du jury du Brussels Short Film Festival 2013. Ce sont les festivals qui ont donné un coup de pouce à votre carrière cinématographique… Qu’est-ce qui vous séduit dans un court métrage ? 
JLC — Ce sont des histoires courtes et donc concentrées. C’est comme une nouvelle ! Le meilleur court-métrage est celui qui n’est pas fait pour devenir un long.

Quels sont les acteurs que vous adorez ?
JLC — De Funès, De Niro… J’aime le côté écorché vif de Sean Penn. 

Une facette moins connue : vous avez été dès 1989, le chanteur du groupe Les Slip’s ! Le parolier était votre frère Philippe. Vous y chantiez un répertoire décalé et folklorique…
JLC — J’ai aussi écrit avec mon frère. J’ai commencé à chanter à 17 ans dans un autre groupe, les Gulf Stream ! C’était un bon parallèle avec le Conservatoire. Puis je suis devenu chanteur des Slip’s et j’ai arrêté au bout de 15 ans. Je trouvais qu’on n’avait plus l’âge de faire ça, surtout que ce n’était pas le succès total !

À SUIVRE !

Jean-Luc Couchard est un « Salopard » ! Vous pourrez retrouver l’acteur dans le beau-livre photos Les 50 Salopards, de Rudy Lamboray ! Sortie en novembre 2014, aux Éditions Luc Pire.

Filmographie (sélective)

Calvaire (2004)
Komma (2005)
Dikkenek (2006)
Taxi 4 (2007)
Les Barons (2009)
Rien à déclarer (2010)
Les tribulations d’une caissière (2010)
Mon pire cauchemar (2011)
Il était une fois une fois (2011)
Dead Man Talking (2012)
Couleur de peau : Miel (2012)

 

Marie Gillain Personne ne l’a oubliée !

Marie Gillain fut la première petite fiancée wallonne du cinéma. Il y a 22 ans (déjà), la jeune Liégeoise domptait l’imposant Gérard Depardieu de manière remarquable dans Mon père ce héros. C’est suite au succès de ce film que Marie eut l’occasion de prouver son talent dans les hautes sphères du cinéma européen. Cette année, elle fait son grand retour dans le cinéma belge avec trois films. Ainsi, cet été, nous avons eu le plaisir de la retrouver sur le grand écran dans le film belge Landes, produit par Alain Berliner.

En 2014, on la retrouvera dans Mirage d’Amour avec Fanfare d’Hubert Toint et tu t’appelleras Jeanne d’Anne-Marie Etienne.

Filmographie sélective

Mon père ce héros (1991)
L’appât (1995)
Le Bossu (1997)
Le Dîner (1998)
Le Dernier Harem (1999)
Absolument fabuleux (2001)
L’Enfer (2005)
Pars vite et reviens tard (2006)
Les Femmes de l’ombre (2008)
Coco avant Chanel (2008)
Landes (2013)

Dans une volonté de cohérence avec les principes de Mnema, il était important que le lieu choisi pour édifier la Cité Miroir ne soit pas étranger à ses valeurs les plus fondamentales que sont l’éducation, la mémoire, la culture, la citoyenneté et la démocratie.

Le choix des anciens Bains et Thermes de la Sauvenière ne fut donc pas uniquement dicté par leur disponibilité et leur grande superficie. Bien que ces paramètres puissent avoir été largement pris en considération, il ne faut cependant pas passer outre l’importance accordée à la haute valeur symbolique associée à ce bâtiment.

Un des premiers éléments favorisant la sélection de cet édifice n’est autre que celui là même qui en fut l’initiateur. En 1936, Georges Truffaut, échevin des Travaux publics pour la Ville de Liège, soucieux d’apporter à ses concitoyens la possibilité de s’émanciper à travers le sport et l’hygiène, met en route, avec l’appui du Conseil communal, la construction d’un complexe regroupant piscines, salles de sport et bains publics. Au-delà de sa volonté d’offrir aux Liégeois cet espace aux ambitions et à l’infrastructure avant-gardistes, Georges Truffaut rejoint également les fondements de Mnema par son parcours de résistant face à l’occupant nazi. Mort au combat en Angleterre en 1942, il ne put malheureusement pas connaître l’aboutissement de son brillant projet inauguré la même année.

La magnifique situation géographique du bâtiment n’est bien entendu pas restée sans conforter les fondateurs de Mnema dans leur choix. En plein centre de Liège, littéralement à deux pas du célèbre et très fréquenté Carré, voisin des hauts lieux culturels tels que l’Opéra, le nouveau Théâtre de Liège et le cinéma Sauvenière, proche des écoles, de l’Université et des commerces, situé face à la charmante petite place Xavier Neujean, la Cité Miroir sera un passage obligé pour les Liégeois comme pour les visiteurs.

D’un point de vue architectural, le bâtiment est en lui-même un symbole de résistance. Georges Dedoyard, l’architecte des Bains et Thermes, conçut l’édifice dans le style Bauhaus, un courant artistique considéré comme dégénéré et interdit dès 1933 par le régime nazi. Pour marquer le trait, soulignons également que Georges Dedoyard a dessiné, toujours selon le style Bauhaus, le Mémorial du Mardasson érigé à Bastogne en commémoration de la célèbre Bataille des Ardennes.

Dès son ouverture au public, la Cité Miroir proposera et hébergera une large gamme d’activités culturelles.

Depuis janvier 2012, Jean-Michel Heuskin (ci-contre), directeur de l’asbl Mnema, prépare activement le programme des évènements qui se déroulera au sein de la Cité Miroir. Deux catégories d’évènements s’y dérouleront : ceux organisés par Mnema et ceux associés à d’autres institutions. Ces dernières peuvent ainsi demander à profiter de l’infrastructure de la Cité Miroir pour organiser leurs propres activités culturelles. Une condition est cependant imposée : l’évènement doit absolument avoir un rapport cohérent avec la philosophie de Mnema. « Notre infrastructure ne doit pas être uniquement choisie pour ce qu’elle est mais bien pour ce qu’elle représente. Cette façon de voir les choses a aussi l’avantage de ne pas faire de nous des concurrents face aux autres acteurs culturels liégeois. Notre souhait est de croiser les publics et de créer des passerelles entre les diverses offres culturelles. Pas de concurrence donc, mais des collaborations, certainement ! », explique Jean-Michel Heuskin. D’un point de vue pratique, Mnema mettra à disposition des opérateurs désireux de s’exposer dans ses lieux, outre les salles, un guichet d’accueil, une billetterie et trois étages d’horeca. De la création d’emplois en perspective. Là aussi, l’asbl reste logique par rapport à ses principes d’émancipation citoyenne en s’inscrivant d’emblée dans une démarche d’insertion et de formation professionnelles en collaboration avec les CPAS de la région. Mnema se développe selon une dynamique tournée vers l’Euregio avec, à termes, un accueil et des spectacles multilingues.

 

Au programme

Lors du week-end portes ouvertes des 17, 18 et 19 janvier 2014, le public aura la liberté de s’approprier ce nouvel espace entre projections vidéo, expos photos et une série de représentations musicales et théâtrales totalement gratuites. Avant cela, le 16 janvier, Abdou Diouf, Secrétaire Général de la Francophonie et ancien Président du Sénégal, initiera la série de conférences bimestrielles Dialogue des Cultures mettant en avant, entre autres, les problématiques des minorités, de la migration et de l’interculturalité.

Du 2 au 15 février, pour sa 13e édition, le festival Paroles d’Hommes dont la thématique est axée sur les droits de l’homme, fera une escale dans la nouvelle Cité avec deux pièces de théâtre, Le peuple de la nuit et Un Paradis sur Terre et un concert d’Angélique Ionatos, Et les rêves prendront leur revanche.

En collaboration avec le Théâtre de Liège et le festival Pays de Danses, c’est L’Étranger de Camus (dont on vient de fêter le 100e anniversaire de sa naissance) que le public pourra redécouvrir le 11 février. Thème qui se poursuivra en mars, en collaboration cette fois avec le CAL (Centre d’Action Laïque de la Province de Liège) par une activité À la découverte d’Albert Camus.

Inédit à Liège ! Du 20 au 22 février, en partenariat avec les Territoires de la Mémoire, la pièce de théâtre Le Carnaval des Ombres ! Un récit autobiographique percutant de l’auteur Serge Demoulin qui évoque l’incorporation des Cantons de l’Est dans l’Allemagne nazie et les répercussions  encore vivaces aujourd’hui.

La Biennale internationale de la photographie, organisée par les Grignoux, présentera deux expositions du 15 mars au 25 mai. 

Après Paris, Marseille et Vaison-la-Romaine, le festival Au Fil des Voix prendra ses quartiers dans la Cité Miroir du 20 au 22 mars, avec trois mises en scène musicales illustrant la diversité culturelle.

La soirée de clôture du concours Aux encres citoyens ! Aux encres et cetera, initiative de la Maison des Sciences de l’Homme de l’ULg, se tiendra le 26 avril. Destiné aux élèves du cycle secondaire supérieur, ce concours lancé durant l’automne 2013 a pour but d’offrir un espace d’expression aux jeunes citoyens. Sous forme de déclamation libre (slam, poème, plaidoirie…), les lauréats de l’épreuve écrite défendront publiquement leurs idées sur base d’une citation d’Amin Maalouf. 

Dès janvier et une fois par mois, les Mercredis de Mnema proposeront des créations théâtrales et poétiques. Notons entre autres Bien au-dessus du silence, le 26 février, où cinq personnages prêtent leurs voix aux mots de poètes anciens ou contemporains qui se sont questionnés sur notre engagement face au monde.

Le cinéma ne sera pas exclu de la programmation avec une séance une fois par mois. Première session le 28 janvier avec Ce n’est qu’un début, un film sur la création d’un atelier de philosophie en classe de maternelle.

Le théâtre sera très largement représenté. Notons Le journal d’un poilu (14 mars), Têtes à claques (16 mars), Sans ailes et sans racines (4 avril), La vie c’est comme un arbre (9 mai), Celui qui se moque du crocodile n’a pas traversé la rivière (16 mai).

Le 23 mai, la saison se clôturera par un concert de Las Hermanas Caronni, deux soeurs jumelles d’origine argentine bercées dès leur enfance par le tango et l’opéra.

Dans le cadre du cycle Art et Pouvoir, la rentrée 2014 débutera notamment avec l’exposition La vente de Lucerne où seront rassemblées la centaine d’oeuvres jugées dégénérées par les nazis et vendues à Lucerne en 1939.

 

Expositions permanentes

La Cité Miroir abritera deux expositions permanentes.

La première, Plus jamais ça ! Parcours dans les camps nazis, créée par les Territoires de la Mémoire est un énorme succès depuis sa création. Un parcours volontairement sobre retraçant toutes les étapes d’un prisonnier des camps concentrationnaires nazis, de l’arrestation aux wagons bondés, du travail forcé aux fours crématoires. Un parcours symbolique basé notamment sur les expériences de trois membres fondateurs importants des Territoires de la Mémoire ; René Deprez, Guy Melen et Paul Brusson, tous trois  rescapés de ces camps. L’installation dans un nouvel endroit incitant au développement, l’exposition se verra augmentée de deux nouvelles stations qui mettront en exergue les aberrations d’autres régimes dictatoriaux et génocides malheureusement plus récents. Sans oublier la « zone grise » où le visiteur aura l’occasion de s’interroger sur ce qu’il aurait fait, lui, dans la même situation. Une question fondamentale nécessaire à la conscientisation des mécanismes souvent peu visibles qui mènent des gens « normaux » à se conduire en tortionnaires.

La seconde exposition, Entre galeries et forges. Histoires d’une émancipation, aborde quant à elle le thème des acquis sociaux en suivant une famille sur plusieurs générations, de la révolution industrielle à nos jours. Le droit de vote universel, les congés payés, le droit à la grève, la sécurité sociale… autant d’avantages non seulement acquis dans la lutte mais dont certains ne sont pas encore appliqués dans certains pays du monde. Prendre connaissance des combats qui ont permis l’acquisition de ces droits est une manière de mieux les apprécier mais aussi de prendre conscience de ceux encore à acquérir.

 

La transmission de la mémoire, objet d’étude

Philippe Raxhon, professeur d’histoire à l’Université de Liège et membre du Conseil d’administration des Territoires de la Mémoire, oeuvre à la mise en place d’un Centre de recherches et d’études sur la transmission de la mémoire.

Adossé à Mnema et inauguré au même moment, ce centre aura la mémoire comme projet d’étude. Ses missions : comprendre les mécanismes et enjeux de la mémoire, développer des outils scientifiques d’analyse pour in fine apporter une expertise aux projets se développant dans le domaine, dont notamment le tourisme mémoriel, secteur d’avenir. Bien que né au sein de l’Unité d’Histoire contemporaine de l’ULg, le centre se veut interuniversitaire et interdisciplinaire. Il accueillera des experts des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, spécialisés dans les différents domaines des sciences humaines. « Le centre sera un endroit ouvert sur la société et le monde, où l’on se réunit pour concrétiser des projets avec un apport sociétal mais aussi scientifique », explique Philippe Raxhon. Également lieu d’apprentissage avec des modules de formation théoriques mais aussi une approche plus pratique qui tirera son expertise des opérateurs de la mémoire.

« La conjoncture actuelle est favorable à l’instauration d’un tel centre. Nous entrons dans une période Momentum avec l’approche des grandes commémorations telles que le centenaire du début de la Première Guerre mondiale, les 70 ans de la Libération, le bicentenaire de la Bataille de Waterloo en 2015… L’Europe a fondamentalement changé suite à ces évènements. Et c’est en Wallonie que ces faits ont eu lieu. Véritable couloir des invasions européennes, située à la croisée géographique et géopolitique des grands conflits, notre région a un passé riche et douloureux. Il n’est donc pas anodin que ce soit ici qu’un tel centre voit le jour. »

À cette somme d’évènements circonstanciels, s’ajoute l’effet favorable du décret mémoire voté par le gouvernement de la Communauté française en 2009 et qui a conduit à la formation d’un Conseil de la transmission de la mémoire, présidé par Ph. Raxhon. Du 10 au 12 mars 2014, le nouveau centre organise dans la Cité Miroir un colloque scientifique inaugural, Persécution et résistance en Italie. De la période fasciste à l’invasion nazie, qui revient sur les origines du fascisme. Avec la participation de spécialistes belges et italiens.

 

Amis et citoyens de Mnema

Que vous soyez une entreprise ou un particulier, il vous est possible de devenir par votre soutien un citoyen à part entière de Mnema. Contre une participation financière, vous vous associez au projet et vous bénéficiez de divers avantages sur les activités.
www.mnema.be

« Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie,
un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »
Maréchal de France Ferdinand Foch

 
 

Pierre Beugnier

Premier complice de Jacques Smits dans la mise en oeuvre de la réhabilitation de cet espace de 14 000 m², Pierre Beugnier est le coordinateur général du projet. C’est grâce à son étude de faisabilité que les autorités et partenaires financiers ont été convaincus de la pertinence et de la beauté du projet. Son travail a aussi été à l’origine du classement de certaines parties de l’édifice ; les deux façades, la voûte, l’escalier, l’abri anti-aérien et le hall des bassins. « La difficulté était de persuader les responsables du bâtiment qu’il était possible d’intégrer les lieux en y installant d’autres fonctions que celles pour lequel il a été conçu, sans détruire mais en améliorant et en effectuant un travail de remise en valeur », explique Pierre Beugnier. Lorsque la Ville de Liège cède le bâtiment à Mnema, Thierry Moxhet, Fabian Gerardy et Pascal Jacques de Triangle Architectes SCCRL - société créée par Pierre Beugnier dont il est retiré - prennent en charge le travail d’architecture. Pierre Beugnier, lui, conseille Mnema au niveau technico-artistique. Une grande équipe se constitue. D’autres bureaux amènent leur expertise : un bureau en techniques spéciales, un bureau d’étude en stabilité, un scénographe et un acousticien. Plus tard, c’est au tour des entrepreneurs d’intervenir, appelés par des marchés publics selon les procédures européennes.

« Ce bâtiment est un gigantesque défi, il y en a un à tous les tournants. Cette réhabilitation, c’est le résultat d’un coup de folie mais surtout d’un coup de coeur. C’est un lieu auquel on s’attache et qu’on veut voir survivre. D’ailleurs, même si tout a été revu quasiment à zéro car tout était très vétuste, l’esprit d’origine est conservé. » Si l’esprit de l’époque est conservé, les techniques mises en place, notamment au niveau énergétique, sont, elles, à la pointe : éclairages aux LED, système de ventilation et de chauffage à double-flux, vitrages à haute performance technique...

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