Waw magazine

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Denis Bruyère, ébéniste aux doigts de fée, insuffle une âme à tout ce qu’il touche. Il utilise les matériaux que la terre offre à son imagination pour créer des objets personnalisés.

Il y a d’abord l’odeur, douce et réconfortante, du bois qui a chauffé sous le travail des outils. Dans l’atelier de Denis Bruyère, chaque objet a une histoire. Des premiers ciseaux à bois qu’il s’est achetés avec ses économies aux esquisses de sa prochaine commande. Le sifflement du rabot, la scie, le maillet sur le ciseau, le marteau sur le chasse-goupille composent une musique douce et enveloppante, propice à la création. À son établi, Denis Bruyère sculpte minutieusement un hélicoïde dégressif, structure en bois qui rappelle la corne de ces animaux mythiques, les licornes. « C’est un tracé que j’ai inventé en sculpture. Même les anciens n’y parvenaient semble-t-il pas. Aujourd’hui, j’en ai fait mon emblème ». Entre technique de précision et liberté des sens, l’ébéniste jongle avec les formes pour donner vie à un mobilier humanisé, un héritage qui pourra se transmettre de génération en génération.

Des secrets de Polichinelle

« En quittant mes humanités, j’ai commencé le droit. Ce n’était pas mon truc. Pourtant, je l’avais cru ! Puis, j’ai commencé le design industriel. Le design me passionnait, mais le côté industriel me chiffonnait. Donc, j’ai fait de la sculpture ornementale pendant deux ans et je me suis retrouvé à 24 ans comme indépendant, passionné par la restauration du mobilier ancien ». Petit à petit, Denis Bruyère se voit confier des objets de plus en plus sophistiqués. Il travaille avec des musées et restaure même du mobilier royal français. « J’ai même eu la chance de restaurer des meubles à secrets de prestige ». Un héritage de nos anciens que Denis Bruyère semble vouloir perpétuer à travers ses créations. « J’adore ce qui est mécanique et suis issu d’une famille d’ingénieurs. Ce sont des gens qui ont un esprit assez “la virgule à sa place”, mais je suis beaucoup plus farfelu qu’eux. Mon père m’a terriblement drillé à la rigueur et à l’assemblage de choses. Qu’il s’agisse de mots, de notes, voire de matières… J’ai eu cette chance d’amalgamer une créativité probablement intrinsèque et une mentalité technique. Et je jongle avec tout ça… » Des mécanismes simples aux plus compliqués, roulements à billes, systèmes de leviers cachés ou tiroirs à musique, les meubles à secrets de Denis Bruyère étonnent et font rêver. Ils étoffent le monde surréaliste dans lequel Denis laisse s’envoler les moindres de ses idées. Un moulin à poivre tordu comme si on l’avait trop utilisé, une table de conférence dont les pieds se mettraient presque à marcher, des globes terrestres qui tournent sur eux-mêmes comme par magie. Chaque commande fait naître un mobilier unique qui correspond malgré tout à l’univers de son commanditaire. « Il faut beaucoup écouter, s’imprégner de la demande si elle est bien formulée. Le plus souvent possible, je me rends chez mes clients pour mieux les comprendre. Ensuite, ça va très vite. Je dessine déjà chez eux, je refais des propositions. On choisit ensemble. Les gens qui fonctionnent sur commande sont souvent plus aventureux, ils regardent différemment. J’adore ces complicités. »

Dans l’atelier, des machines anciennes que Denis Bruyère a acquises pour presque rien. À chacune sa spécificité. Il ne les remplacerait pour rien au monde car elles remplissent un rôle bien suffisant. Denis Bruyère se voit comme un « extrapolateur » à ses projets de techniques existantes. Il parle à l’oreille des matériaux, les apprivoise pour n’obtenir d’eux que le meilleur. Voilà comment il est capable de marier le cuir et le bois pour en faire un bagage de prestige, ou d’allier essences de bois rares et minerais semi-précieux. « Je ne travaille qu’avec des matériaux durables. Ceux qui prendront une patine avec le temps, les objets deviennent beaux et la matière les accompagne dans leur vieillissement. » Utilisés avec une extrême parcimonie, ces bois précieux sont une allusion au passé dans des oeuvres contemporaines. « Si les anciens faisaient des meubles en palissandre massif, nous, en 2012, on ne le fait plus, c’est une démarche éthique. Pendant le blocus continental des Anglais sur l’Empire, l’acajou n’a plus pu être utilisé en France. Ils se sont alors mis à utiliser des bois indigènes magnifiques dont ils ignoraient en quelque sorte les beautés. » En réalité, c’est dans les techniques anciennes qu’il trouve satisfaction, le rapport unique qu’elles donnent à la matière. Denis Bruyère est certainement un artisan à travers les gestes qu’il perpétue, mais semble être davantage un artiste. « L’artisan est quelqu’un qui perpétue des gestes, mais qui n’est pas un créateur au sens propre du terme. Certains meubles que j’ai vendus ont déjà été estimés par des galeristes beaucoup plus chers que ce que ça a coûté au client. »

« La parfaite harmonie n’existe pas, mais ne pas la chercher, c’est déjà s’en éloigner. »

 

C’est en 2002 que Denis Bruyère se fait remarquer par Christopher Payne, expert en mobilier international chez Sotheby’ s et animateur BBC pour le programme Antiques Roadshow. Il lui propose alors la création d’un bureau qui sera installé face à l’océan à Nassau, dans les Grandes Caraïbes. « Le cahier des charges est alors très succinct. Pas de lignes droites, et la commanditaire, totalement excentrique, de préciser “I like crazy furniture !”. Le Bernard-l’hermite est né ! »

Mais le projet le plus fou de Denis Bruyère est aussi sa plus longue commande, l’équivalent de 5 années de travail pour son équipe. À l’époque du « tout, tout de suite », un réel défi. Au printemps de 2004, une famille irlandaise de collectionneurs d’objets anciens envisageait de confier la création d’une grande bibliothèque de 4 m de large à un ébéniste traditionnel contemporain. Ils n’étaient pas contre une éventuelle démarche originale. Le grand expert anglais, Christopher Payne, leur conseille de consulter Denis Bruyère. « Mon avant-projet évoquant les façades d’une avenue américaine les séduit tellement qu’ils préférèrent que j’approfondisse mon idée et la transpose dans une salle entière de leur demeure… Leur souhait tenace fut de me confier l’entièreté de ce grand volume : occuper cette surface de 8 mètres sur 12 avec des constructions disséminées de manière aléatoire et permettre l’observation de toutes les faces. Il ne s’agirait plus de bibliothèques, mais d’une oeuvre monumentale d’artiste. » Si techniquement, ce projet New Town fait la fierté de Denis Bruyère, il nous confie que sentimentalement ce sont ses réalisations qui ont fait l’objet de transplantation émotionnelle lorsqu’ils sont offerts en cadeau qui le rendent le plus fier. « Ça, c’est vraiment fantastique ! C’est terriblement gai et ça ajoute une dimension qui n’a rien avoir avec l’ébénisterie ! »

Encore une idée folle

Amoureux transi, père de 5 enfants, chez Denis Bruyère, c’est un peu la « maison du bonheur ». Ancienne fermette réaménagée en arbre des enfants perdus, l’atelier y trouve sa place comme pour équilibrer l’amour du bois et l’amour des siens. D’ailleurs ici, tous les meubles sont faits maison. Il y a la chaise de Kevin, le bureau de Paul ou encore la console de Simon, le lavabo de Geoffroy… Des pièces réalisées par des stagiaires triés sur le volet. « En général, j’essaie de prendre entre 2 ou 3 stagiaires dans mon atelier. À chaque jeune qui passe ici, je demande à titre d’exercice en fin de stage de créer de toutes pièces un meuble issu de l’imagination d’un commanditaire. Cela peut être moi, ou mon épouse. Et voilà le résultat. Certains de ces jeunes atteignent la perfection après seulement un an passé ici. » C’est que des demandes de stages, à l’atelier Denis Bruyère, il y en a jusqu’à deux par jour, un véritable engouement pour un métier dont on parle si peu.

D’ailleurs, inutile d’en faire des tonnes pour lancer Denis Bruyère sur le sujet, il est intarissable. « Nous sommes en train de lancer parallèlement à l’Atelier Denis Bruyère, qui est un atelier de restauration et de création, l’Atelier de Sassor, qui, lui, va être d’abord un centre de formation à la découverte des matériaux et de créativité et un jour deviendra peut-être une vraie école dans laquelle les jeunes ne feront pas qu’apprendre les techniques de l’ébénisterie et les styles anciens. Mais aussi à être capables d’appréhender la relation avec leurs clients et de devenir des jeunes créateurs autonomes capables de générer eux-mêmes leur travail. Et actuellement, l’enseignement technique n’a pratiquement jamais cette facette dans son offre. »

Apprendre le raffinement des gestes et l’écoute, dans le but de supprimer cette idée, trop ancrée tant chez les jeunes que chez leurs parents, que les métiers manuels sont des métiers de second choix. À 55 ans, Denis Bruyère a trouvé son nouveau violon d’Ingres. ■

 

Bio express

• 1957 : Naissance à Liège.

• 1977 → 1980 : Études de design industriel et de sculpture ornemaniste sur bois. Ouverture de son premier atelier de restauration de mobilier ancien en 1980.

• 1992 : Devient membre de l’Association Professionnelle des Conservateurs et Restaurateurs d’OEuvres d’Art.

• 1994 : Premières créations d’objets mécaniques lyriques à secrets. Alliances des matières et de poésies.

• 2001 : Installation d’un nouvel atelier à Sassor (Theux).

• 2002 : Rencontre avec Christophe Payne (expert en mobilier international chez Sotheby’s et animateur BBC pour le programme Antiques Roadshow).

• 2003 → 2004 : Création du Bernard-l’hermite pour la collection Lewis (USA) et exposition à Londres et Bruxelles.

• 2005 : Création des sièges pour la collection Lewis (USA).

• 2006 → 2010 : Création du concept New-Town pour une collection privée en Irlande.

• Depuis : Créations privées.

Suivre les traces des contemporains d’Astérix sur le trajet d’une voie romaine tout en découvrant des sites riches en histoire à deux pas de chez vous… Plus de 2000 ans d’histoire au fil de la voie romaine Boulogne- Bavay-Tongres-Cologne.

Les Romains se sont dotés d’un impressionnant réseau routier, planifié à l’échelle de leur vaste territoire et remarquablement bien construit. Après la conquête de la Gaule par Jules César, ils ont prolongé les liaisons routières du sud vers le nord, et de l’ouest vers l’est. La voie Boulogne-Cologne est une des grandes artères de l’Empire romain. Elle est, avec les tumulus et les murailles de fortifications, l’un des rares vestiges antiques conservés dans le paysage de nos régions. De Boulogne jusqu’à Cologne, l’itinéraire invite à suivre cet antique monument sur plus de 400 km et à découvrir la vie quotidienne des Gallo-Romains installés sur son parcours à travers les sites, les réalisations architecturales et le mobilier. Marie-Hélène Corbiau, professeur d’Archéologie nationale à l’Université de Namur, a consacré une partie de sa vie à l’étude de cette colonne vertébrale de notre histoire. Elle présente le fruit de ses recherches dans un ouvrage édité par l’Institut du Patrimoine Wallon.

Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à écrire un livre sur ce sujet ?

Marie-Helene Corbiau — C’est la volonté de rappeler un patrimoine qui traverse 4 pays, un monument linéaire de l’empire septentrional qui est encore visible aujourd’hui et qui marque le paysage sur plus de 400 km, mais qui pourtant est méconnu du grand public. La vocation de cette voie était de relier Boulogne à Cologne, et de nombreuses découvertes archéologiques y ont été faites. Je voulais présenter toute une série de sites historiques qui se trouvent le long de cette voie en fournissant des explications simples.

Quel est l’intérêt de ce livre ?

MHC — Accroché à la voie romaine, on en profite pour approcher plusieurs aspects de la vie romaine comme l’alimentation, l’architecture, la religion… Chaque site est un tout, on retrouve sa position par rapport à la voie romaine, des photos du site, sa reconstitution… Cela permet de s’imaginer plus facilement à quoi ressemblaient des vestiges qui, aujourd’hui, sont à ras du sol. On met des images sur des mots.

Il y a aussi un aspect pédagogique. Par exemple, les professeurs du primaire et du secondaire peuvent y retrouver des informations sur le panorama de la civilisation galloromaine, une diversité d’informations qui suit la logique de la civilisation romaine et fait un parallèle avec la vie d’aujourd’hui. On y retrouve quelques grandes caractéristiques architecturales romaines, par exemple à Boulogne, où se trouve un port qui permettait un accès direct avec l’Angleterre ; à Bavay, un des plus grands forums d’Europe y a été bâti, car les envahisseurs romains voulaient s’affirmer dans les provinces septentrionales. Et bien d’autres…

De plus, pour beaucoup de bourgades, il y a un dialogue entre le terrain et le musée. En effet, à côté de chaque article concernant un site, on retrouve la fiche du musée où sont exposés les vestiges découverts, avec les informations pratiques et les contacts. Il y a donc un objectif de promotion du tourisme culturel de qualité.

A qui s’adresse votre ouvrage ?

MHC — À tout le monde. Même, et surtout, à ceux qui n’ont pas de bases sur la civilisation gallo-romaine. Ils en retireront quelque chose. C’est un ouvrage de vulgarisation scientifique qui s’efforce de présenter les choses simplement. On retrouve les 400 km du parcours schématisés en 2e de couverture, des cartes de l’époque gallo-romaine, mais aussi des photos aériennes de tronçons qui nous montrent que la voie Boulogne- Cologne marque encore le paysage à l’heure actuelle. Subdivisé en quatre parties (France, Belgique, Pays-Bas et Allemagne), le livre suit la logique de l’itinéraire avec la voie romaine en partant de l’aspect géographique du parcours, passe par les villes, agglomérations, tumulus, etc.

 

Les chapitres ne sont pas de taille égale, car la voie s’étend sur plus de surface en France et en Belgique qu’en Allemagne et aux Pays- Bas. Mais ces derniers ne sont pas en reste pour autant. En ce qui concerne les Pays- Bas, il y a de très nombreuses informations sur Maastricht où la chaussée romaine est encore bien perceptible à l’heure actuelle et où de nombreux vestiges ont d’ailleurs été découverts. Mais aussi sur les villes de Hulsberg et Rimburg. Sans oublier sur l’agglomération antique de Heerlen, qui est une étape sur la voie où divers bâtiments ont été mis à jour. Tels des thermes publics remarquables par leur importance et leur conservation. Ils couvrent un espace de 50 m sur 50 m. ■

 

Itinéraires du Patrimoine Wallon

Cette collection, dont ce volume constitue le septième numéro, propose une série de guides à destination du grand public axés sur la découverte active du Patrimoine de Wallonie. Ces livres, véritables outils pratiques de visite, sont déclinés à travers différentes thématiques. La collection est constituée de guides richement illustrés et documentés, mais faciles à consulter grâce à leur format pratique. Destinés au grand public, ces livres, accompagnés d’une carte touristique et routière, constituent des outils de visite de notre patrimoine. À la description rigoureuse des monuments s’ajoutent de nombreuses informations pratiques facilitant la visite sur place.

 

La voie romaine. Boulogne- Bavay-Tongres-Cologne

Marie-Hélène Corbiau

Édition Institut du Patrimoine Wallon — 144 pages – 12 €  

Stéphane et Cécile Op’ t Roodt, au bord de l’Amblève, font de Zabonprés un endroit où il fait bon vivre… et manger. Julien, leur fils, s’applique à perpétuer le savoir-accueillir.

Depuis août 1987, Stéphane et Cécile Op’t Roodt se sont établis à Stoumont, le long de la merveilleuse vallée de l’Amblève qui prend ici toutes ses couleurs, tous ses charmes et tous ses plaisirs. Zabonprés, un petit coin de paradis terrestre tout en contrastes. Cet ancien relais de pêcheurs s’étale sur plus de dix hectares, véritable prolongement de la nature. Les cormorans y sont à la recherche des truites et autres ombles au gré de la rivière entrecoupée par une île verdoyante.

Une affaire de famille

Stéphane, 49 ans, et Julien, 20 ans, son fils, se partagent et se complètent devant les fourneaux. Une symbiose parfaite : pas de hiérarchie, pas de conflit de générations. Les deux hommes se connaissent parfaitement bien, ils savent ce que l’autre peut apporter. Les idées s’additionnent, s’entremêlent pour la conception d’une carte en perpétuelle mutation, toujours à l’affût de la bonne idée de l’autre, mettant un point d’honneur à placer saisons, marché et terroir en évidence, sans concession à la facilité, ni au déjà vu : ils innovent, les chefs, créent, recréent et s’enthousiasment pour leur beau métier.

Complice de ces moments intimes, Cécile aime partager les secrets de ses « deux hommes ». Elle les écoute attentivement et n’hésite jamais à donner son avis qui fait (toujours ?) l’unanimité des deux cuisiniers. Elle suscite souvent la réflexion qui mènera à l’élaboration d’une nouvelle préparation tout en finesse et en délicatesse. Cécile a en charge le service à table, mission qu’elle remplit avec autant de complicité souriante que d’attentions constantes. Elle est entourée d’une équipe jeune qui connaît les arcanes du métier.

Toujours plus loin

La recherche permanente de nouvelles associations repoussant les limites de l’incongru mènent les deux chefs à se surpasser. Stéphane n’a jamais imposé le métier à son fils ; il l’a laissé libre de choisir, d’évoluer, de marquer ses différences, de comparer et surtout de progresser dans la découverte de ce métier, de cette passion. Julien a souvent carte blanche pour partir à la découverte de nouveaux apprêts, de décoiffantes préparations faisant rimer saveurs, goûts et parfums. Le père apporte sa sagesse en démotrant qu’il est toujours nécessaire d’avoir bien en tête toutes les contraintes de la conduite d’une cuisine en tenant compte des impératifs du service et de la gestion du temps. Julien, quand il conçoit un nouveau plat, ne perd jamais de vue l’accord qu’il lui donnera avec le vin minutieusement choisi pour un bel équilibre. Élevé, comme il aime le rappeler, dans les odeurs de la cuisine, il dispose d’un sixième sens peu commun complété par les conseils et les encouragements de Cécile et Stéphane.

Les deux hommes partagent aussi avec Cécile un autre amour : celui du ski, de la neige, de la montagne. Cette passion commune a abouti à la reprise, pour les mois d’hiver, d’un hôtel à Saint-Martin de Belleville qu’ils ont baptisé du nom étrange de « L’Ours bleu », une blague qu’ils ne manqueront pas de vous conter. Dès décembre 2012, la famille va émigrer, prendre ses quartiers d’hiver en Savoie, au cœur du Domaine skiable des Trois Vallées. Trente chambres sont à disposition avec tout le confort nécessaire. La cuisine sera un prolongement de Zabonprés en « Zabonenmontagne » : artisanat et terroir sont à l’ordre du jour ; d’ailleurs, Stéphane a déjà des contacts avancés avec des producteurs locaux. ■

 

Stéphane et l’amour du vin

La cave du Zabonprés est plus proche de la caverne d’Ali Baba et de ses multiples trésors que de la cave traditionnelle. Elle dispose de tous les atouts et aménagements pour en faire un lieu privilégié où l’on entrepose les précieuses bouteilles amoureusement choisies. Ce ne sont pas moins de six cents références qui sont ici entreposées avant de passer, pour les utilisations courantes, à la « cave de jour » jouxtant le restaurant.

Stéphane choisit ses viticulteurs comme on choisit ses amis. Une complicité s’installe. On déguste patiemment, lentement. On discute amicalement. On hésite. On regoûte. On laisse reposer. On échange ses impressions sans hâte. Ce cérémonial aussi convivial qu’amical se déroule toujours dans le même esprit d’échange. Le chef sélectionne généreusement et implacablement ses flacons en orientant ses choix sur le sacro-principe de base mettant en évidence les vins naturels et bio, pas ceux venant des Châteaux « Sainte- Migraine ». Stéphane n’aime pas se laisser influencer : quelques collègues, quelques vrais amis et Julien. Jamais, au grand jamais, le prix n’est un critère, ni dans un sens, ni dans l’autre. Le vin est une matière vivante qui doit laisser parler son coeur au diapason de celui des dégustateurs, une alchimie complexe que seuls les vrais passionnés de la vigne peuvent comprendre. Comme l’écrivait Euripide, grand poète grec de l’Antiquité : « Sans le vin, il n’y a pas d’amour ; il nous fait oublier tous nos maux. »

Il y a un peu plus d’un an, une nouvelle et jeune équipe est arrivée aux commandes du « Gastronome » à Paliseul. Une cuisine de qualité créative et accessible y est proposée. Celles et ceux qui désirent passer une nuit ou un week-end au coeur de la forêt ardennaise y trouveront des espaces accueillants qui allient confort et modernité.

Au coeur de Paliseul, la maison est connue de tous. « Au Gastronome », l’enseigne éveille à elle seule les papilles du tout-venant. Derrière cette façade en pierre du pays, cette rocaille ardennaise sur laquelle s’étend une forêt dense, s’est construite une forte tradition culinaire. Pendant de nombreuses années, Michel Libotte a dirigé cet établissement et ses cuisines pour les emmener vers les hautes sphères de la gastronomie. Le « Gastronome », en son temps, se distinguait ainsi avec deux étoiles au Michelin.

Reprendre l’établissement, après un tel prestige, constituait un défi de taille. Clément Petitjean, chef de la « Grappe d’Or » à Torgny, qui figure parmi les autres grandes tables de la province de Luxembourg avec une étoile au Michelin, a voulu le relever. En association avec Louis-Marie Piron, mécène de la région, il a rouvert le « Gastronome ». Il en a confié les rênes à Sébastien Gouguet et à sa compagne Mylène Frignet. Le premier était son second à Torgny, alors que Mylène Frignet officiait à l’ « Empreinte du Temps », restaurant frère de la « Grappe d’Or », qui offre une cuisine gourmande et créative à un prix accessible. « C’est sur ce créneau que nous avons voulu positionner le Gastronome, en proposant une gastronomie créative et de qualité accessible à tous », explique Maurice Petitjean, le père de Clément, qui a aidé le couple au cours de cette première année d’activité. « Nous avons d’ailleurs été confortés dans ce choix avec une récente reconnaissance par le Bib Gourmand de Michelin. »

Sébastien Gouguet met en valeur les produits du terroir et de saison. Avec une certaine pression. En décidant de garder le nom, il fallait pouvoir satisfaire à une certaine attente de celles et ceux qui, par le passé, onteu l’occasion d’apprécier la cuisine du chef Libotte. « L’enjeu est d’y parvenir tout en proposant un style de cuisine plus personnel. Notre volonté, toutefois, n’est pas faire de la gastronomie comme notre devancier la proposait. Bien sûr, la cuisine se veut de qualité, mais aussi plus accessible. Nous voulons également attirer un public plus jeune », poursuit le jeune chef. La cuisine de Sébastien Gouguet est originale et créative. Le chef met en valeur avec brio, pour un prix abordable et selon les saisons, les produits de la chasse, la truffe ou encore les asperges. Différentes formules sont proposées, du lunch de midi au menu 4 services, en passant par un menu Règle de Trois.

Si notre clientèle est diversifiée, composée aussi bien de jeunes que de moins jeunes, elle comprend une part importante de touristes. La région constitue une destination bucolique par excellence, avec de nombreuses possibilités de promenades au grand air et la vallée de la Semois toute proche. 

 

Avant de rouvrir, il y a un peu plus d’un an, le « Gastronome » a été rénové intégralement. L’enjeu, pour la nouvelle équipe, a été de lui conférer de nouvelles tonalités en respectant l’esprit et surtout l’histoire de cette institution régionale. L’espace « CôtéSouvenirs », par exemple, rend hommage au passé du lieu. « C’est à partir de cette salle, qui était à l’origine un café, que tout a démarré », explique Maurice Petitjean. « Nous avons recouvert les murs de cette salle de reproductions de photographies d’époque du village, témoignant de son histoire. » Les nouveaux gérants y servent la formule lunch proposée le midi et des préparations plus légères en soirée. De l’autre côté du couloir d’entrée, au-delà du confortable salon aménagé pour prendre l’apéritif, la salle de restaurant a pris des allures plus contemporaines. « Sans dénaturer le caractère de la maison, en préservant le côté apaisant du lieu, nous avons voulu créer un espace plus moderne et dynamique, avec des tonalités plus vives pour le mobilier, avec du fuchsia, de l’orange, de l’ocre ou encore du violet », agrémente Maurice Petitjean. Cette décoration contemporaine a été déclinée dans les six chambres et la suite dont dispose l’établissement. « Si notre clientèleest diversifiée, composée aussi bien de jeunes que de moins jeunes, elle comprend une part importante de touristes. La région constitue une destination bucolique par excellence, avec de nombreuses possibilités de promenades au grand air et la vallée de la Semois toute proche », conclut Maurice Petitjean. Si le « Gastronome » a changé, c’est pour mieux allier une fine cuisine pour tous à un accueil chaleureux pour les amoureux d’escapades forestières. En la matière, l’adresse ne déçoit pas. ■

Il y a comme un charme d’ailleurs dans cette grande bâtisse qui surplombe la vallée de l’Amblève. Le « 7 Hills » est un écrin de bien-être dont les environs offrent un dépaysement garanti.

Construit en 1950, « l’Hôtel des collines », a été réaménagé en 2008 en un chalet de style savoyard au confort 5***** afin de proposer en Ardenne, un tourisme de qualité. Tourisme, Marielle De Schutter, la propriétaire sait de quoi elle parle puisqu’elle est l’ancien propriétaire du parc d’attraction « Télécoo » (avant que ce dernier ne soit racheté par Plopsa Coo). Qualité, aussi, puisqu’elle a ouvert trois gîtes de luxe à Stoumont. Le troisième, dont l’ouverture est prévue pour cette fin d’année, offrira comme les deux autres, le même niveau d’aisance.

Cette résidence-ci allie un confort d’exception (piscine intérieure, sauna, chambres avec salles de bain privatives) à une atmosphère soignée et une vue imprenable sur la vallée de l’Amblève. Tous les éléments sont réunis pour garantir aux familles un séjour inoubliable avec de nombreuses installations mises à disposition telles que la piscine intérieure chauffée à 30°, le sauna, le banc solaire, le hammam, le bar avec billard et airhockey…

Également destiné à accueillir des entreprises en séminaire ou team-building, cette résidence de luxe compte aussi une salle de réunion d’une capacité de 24 places avec écran, matériel de projection, DVD et connexion Internet.

Le charme est accentué par sa situation. Stoumont, en province de Liège, est également un village riche en eau ; plusieurs sources naturellement gazeuses jaillissent en son sous-sol ! ■

 

Renseignements et réservations:

Pour le particulier : www.ardennes-etape.com/102251-02

Pour les séminaires d’entreprises : www.business-etape.com/102251-02

 

A voir, à faire

Si vous voulez découvrir les Ardennes belges au départ de votre maison de vacances située à Stoumont, vous êtes au bon endroit ! Les cascades de Coo ne sont qu’à 10minutes, les Cantons de l’Est et Malmedy n’est qu’à une demi-heure et la plus petite ville Durbuy à 45 minutes.

• Dans la commune de Manhay, le Champs de Harre accueille un centre d’activités étonnant. En effet, le Ranch Don Diego vous propose randonnées en quad, en moto, en buggy mais aussi à cheval et une multitude d’autres évènements.

• L’agro-golf ou golf fermier est devenu très populaire ces dernières années. Ce sport, pour les jeunes et moins jeunes, pour les amis, famille ou collègues, garantit un après-midi hilarant dans la belle région Stoumont.

• Le Monde Sauvage d’Aywaille tout proche offre mille façons de s’amuser pour toute la famille entre safari, promenades, cinéma 3D, plaine de jeux, show d’otaries, ferme, volière, boutiques, restaurations…

• Venez découvrir l’Abbaye de Stavelot et ses trois musés ; le musée de la principauté de Stavelot-Malmedy, le musée du Circuit de Spa-Francorchamps et le Musée Guillaume Apollinaire.

Autres curiosités et activités

• C’est au hasard d’une balade dans les environs boisés de Theux que le château de Franchimont vous apparaîtra. Magnifique tache ocre sur le fond vert sombre de la forêt il est un joyau architectural dans un cadre verdoyant.

• Et si vous cherchez une bonne table dans la région, n’hésitez pas à rendre visite à la famille Op’t Roodt qui vous accueille au restaurant Zabonprés pour une cuisine raffinée et inventive…

Mons célèbre chaque année sa ducasse à la Trinité, huit jours après la Pentecôte. Cette procession, dont la prochaine édition se déroulera le 26 mai, remonte au XIIIe siècle. L’origine du Lumeçon est attesté venir de la fin du Moyen Age.

Le début des cérémonies est marqué le samedi à 20 heures par la descente à la collégiale Sainte-Waudru de la lourde châsse de 350 kilos. Les autorités civiles et religieuses sont présentes avec toute la population, pour escorter les précieuses reliques jusqu’au centre du transept. Le clergé en confie la garde au Bourgmestre. Le lendemain, la châsse est exposée sur le Car d’Or et défile dans la procession1.

1 La Ducasse de Mons est reconnue chef-d’oeuvre du patrimoine immatériel par la Fédérat ion Wallonie- Bruxelles et l’Unesco.

Le dimanche, la remontée de la rampe Sainte-Waudru vers 12 heures est un des grands moments de la matinée. Les six chevaux sont aidés dans leur effort par la foule qui « pousse au cul du car » afin que la remontée se déroule en une seule traite. Ce coup de collier va permettre d’acheminer le char jusqu’à l’entrée de la collégiale où il est accueilli au son des trompettes thébaines. Gare ! En cas d’échec…

Son aspect actuel est dû à l’action du chanoine Edmond Puissant (1860-1934, archéologue montois) qui, après la célébration du centenaire de la Belgique, a fait de cette sortie un événement historique et religieux. Dès 10 h du matin, une soixantaine de groupes colorés et recueillis défilent selon un itinéraire traditionnel au coeur de la cité, de la collégiale Sainte-Waudru à la Grand-Place, pour revenir au point de départ vers midi. Les 1500 figurants montrent les emblèmes de la cité, les symboles des paroisses montoises, les représentations des anciennes confréries ou de leur saint protecteur, les chanoinesses de Sainte-Waudru, la figuration de la famille de la sainte et des personnages en rapport avec sa vie.

Le Car d’Or est l’élément le plus caractéristique de la procession. Dès le XIVe siècle, la châsse de sainte Waudru est transportée sur un car. L’actuel remonte à 1781, à la fin de l’Ancien Régime. Il a été réalisé par les sculpteurs Ghienne et Midavaine. Mesurant 5,80 mètres sur 2,40 mètres, il pèse deux tonnes à vide. Avec ses angelots et son décor floral stylisé, il est bien représentatif du style Louis XVI. Quant à la châsse, détruite à l’époque française, elle a été ciselée en 1887. Depuis les circulaires du gouvernement hollandais en 1819, le combat de saint Georges n’est plus représenté dans la procession mais il se déroule après la rentrée du Car d’Or.

Saint Georges

12h25, le dragon, alors posé contre le choeur de l’église à l’extérieur, est déplacé par les Hommes Blancs. Tous les acteurs se mettent en branle, les policiers et les responsables s’organisent pour retenir la foule, les pompiers tirent une première salve, l’air du Doudou retentit. La descente de la rue des Clercs, véritable début du combat dit Lumeçon peut commencer. Une place noire de monde attend les acteurs et l’entrée dans l’arène se fait dans une grande joie collective.

Saint Georges est le héros du combat. Le saint mythique, d’origine orientale, est honoré ici dès la fin du XIVe siècle et vers 1440-1441, le jeu de saint Georges est représenté au théâtre. Il figure dans la procession dès le XVe siècle avec le dragon et la pucelle. Au XVIIIe siècle, il est personnifié par le chevalier médiéval, Gilles de Chin, qui aurait terrassé en 1133 un dragon qui ravageait le Borinage.

Aussitôt dans l’arène (le rond), saint Georges en fait le tour en exécutant des moulinets avec sa lance et le combat peut commencer. Trois fois, le monstre va renverser les Chinchins. À trois reprises également, saint Georges s’empare de la queue du dragon et fait un tour du rond avec celle-ci. À ce moment, les Chinchins attaquent leurs adversaires. Régulièrement, le dragon donne des coups de queue dans le public et ramone les spectateurs. Ceux-ci en profitent pour s’emparer des crins de la queue qui portent bonheur. Les Chinchins et les Diables sautillent ou chantent au son de la musique. Les premiers font sonner leur collier tandis que les seconds font des moulinets avec leur vessie en frappant sur le sable de l’arène.

Lorsque saint Georges casse sa lance, le Chinchin qui lui sert de garde du corps (dit protecteur) va lui chercher une nouvelle lance. Pendant ce temps, le chevalier continue le combat au sabre et donne un coup sur la queue, un autre sur la gueule ou le dos du monstre. Les Diables tentent d’empêcher le Chinchin protecteur de remettre la nouvelle lance à son maître. Tous les Chinchins vont aider celui-ci. À 13 heures, saint Georges tue le dragon de trois coups de pistolet (un raté, deux réussis). Une fois la bête morte, les Chinchins vont à la curée.

Au cours des cinquante dernières années, le Lumeçon a connu un dynamisme nouveau avec la volonté d’assurer une meilleure organisation du rituel, une augmentation du nombre des participants et une amélioration des liens avec la procession. La dernière innovation est destinée à donner une place à la femme au sein du combat. Depuis le début du troisième millénaire, deux jeunes femmes, Cybèle (la cité ancienne) et Polyade (la cité nouvelle) sont venues s’ajouter aux personnages traditionnels et ont leur place dans le rituel.

 

En quelques mots…

Le dragon est en osier avec une armature de bambou. Il est recouvert de toile peinte et mesure 9,30 mètres. D’une longueur de 5 mètres, sa queue était traditionnellement en frêne. En 2002, le bois a été remplacé par des fibres de carbone, matériaux contemporains étudiés à la Faculté Polytechnique, mis au point dans une entreprise de Froidchapelle. Ce matériau léger et résistant a permis d’alléger le dragon de 26 kilos à la satisfaction des Hommes Blancs qui manipulent ce monstre de plus de 150 kilos. Un porteur s’installe à l’intérieur et est aidé par dix autres. Ceux-ci portent des rubans rouges et sont coiffés d’un bonnet blanc.

 

Renseignements

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Elle veille sur la collégiale, le Doudou et sur la future capitale culturelle européenne. Mais qui était réellement Waudru, figure emblématique et charismatique de la cité montoise qui en a fait sa sainte patronne ?

Au XIXe siècle, certains n’hésitaient pas à la présenter comme une princesse de par ses nombreux titres de noblesse. Issue d’une famille aisée, l’histoire prétend qu’elle s’installa durant la seconde moitié du premier millénaire (ndlr : les historiens situent sa naissance vers 612 et son décès en 688) avec quelques dames de son rang élevé sur la colline d’où la ville prit son essor. On raconte encore qu’elle prenait soin des plus pauvres et qu’elle aurait été jusqu’à faire libérer des prisonniers en déliant les cordons de sa bourse. « Propriétaire de biens terriens, Waudru fut mariée à Madelgaire, un haut fonctionnaire de l’époque. Avant de se séparer pour consacrer la fin de leur vie à la prière et à des oeuvres de charité, les époux auront quatre enfants qui deviendront l’attribut caractéristique et iconographique de leurs parents », précise Benoît Van Caenegem, conservateur de la collégiale et de son trésor.

Renouant avec le célibat, Madelgaire se retire à Hautmont et prend le nom de Vincent avant de fonder Soignies. Quant à son ex-épouse, elle s’établit sur le site de Montis (traduisez montagne en latin) où elle s’orientera vers une existence spirituelle sans pour autant fonder une communauté religieuse à part entière. « On peut parler d’un régime où les femmes exerçaient une influence considérable. Waudru détenait le pouvoir aux côtés d’une trentaine de chanoinesses qui, comme elle, ne prononceront jamais les voeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Ces filles de noblesse évoluaient dans un état intermédiaire entre la vie profane et sacrée », poursuit Benoît Van Caenegem.

À sa mort, Waudru fera l’objet d’une vénération particulière. Au fil du temps, on l’invoquera pour les migraines, les maladies de la peau et les femmes sur le point d’accoucher voueront également un culte à celle qui connut les joies de la maternité. « De nos jours, on l’implore encore pour certains maux mais d’abord et surtout pour qu’elle fasse régner un temps clément tout au long des festivités de la ducasse. »

Enfin sainte

Il faudra attendre le début du XIe siècle (1030) pour que l’évêque de Cambrai reconnaisse la sainteté de Waudru. À l’époque, son corps est conservé dans une châsse ou un tombeau sans que les historiens soient en mesure de trancher avec certitude sur la question. Ce n’est qu’en 1157 que des informations plus précises circuleront quant aux restes de la défunte, attestant de leur présence dans un linceul en soie que le commun des mortels peut à présent admirer derrière une vitrine de la salle du trésor de la col légiale. En 1250, Marguer ite de Constantinople, alors comtesse de Hainaut, offrira un reliquaire pour y loger la tête de Waudru tandis qu’en 1313, les chanoinesses perpétuant la mémoire et l’héritage de sainte Waudru feront réaliser une châsse en cuivre doré et argenté afin d’y mettre les restes de son corps.

« De nos jours, on l’implore encore pour certains maux mais d’abord et surtout pour qu’elle fasse régner un temps clément tout au long des festivités de la ducasse. »


Lorsqu’éclate la Révolution française et que les troupes napoléoniennes entrent dans Mons, les héritières de Waudru auront juste le temps et le bon réflexe de mettre en sécurité les reliques de leur patronne. Un véritable trésor dont elles tiraient parti pour maintenir leur hégémonie et qui explique un état de conservation remarquable en dépit de son ancienneté. La tête est transférée dans un lieu secret à Liège et les autres parties du corps en territoire allemand. En 1803, les précieux ossements sont rapatriés sur leurs terres d’origine, avant de rejoindre le 12 août 1804 des contenants provisoires au sein de la collégiale. Le reliquaire du chef de sainte Waudru visible aujourd’hui dans une des chapelles latérales de l’édifice date de 1867 et porte la signature de l’orfèvre Bourdon de Gand.

Quant à la châsse suspendue au-dessus du maître-autel depuis 1887, elle est l’oeuvre de l’orfèvre liégeois Wilmot et n’est descendue qu’une fois l’an, la veille de la procession dominicale du Car d’Or lors d’une cérémonie solennelle marquant le coup d’envoi de la Ducasse au son des grandes orgues, des trompettes thébaines et des timbales (voir par ailleurs). En retentissant, l’air du Doudou qui rythmera quelques heures plus tard le fameux combat dit Lumeçon entre saint Georges et le dragon entraîne une clameur populaire et un moment d’émotion extraordinaire. Le lendemain, la châsse contenant les restes de sainte Waudru est posée sur le Car d’Or, char d’apparat du XVIIIe siècle, avant de sillonner les rues de la cité en liesse.

Le 17 novembre 1997, alors que les supputations vont toujours bon train quant à l’authenticité des ossements attribués à la sainte, feu l’évêque Mgr Huart procède à une reconnaissance officielle et canonique des reliques de Waudru. Une fois ouvertes, on y exhumera des documents remontant jusqu’à 1250 ainsi qu’un sac en peau scellé dissimulant un linceul en soie dans lequel se trouvaient les os censés appartenir à Waudru.

« À partir des analyses ADN et des techniques de datation au carbone 14, le médecin légiste certifiera qu’il s’agit bien du corps d’une femme ayant vécu entre 610 et 690. Cette période correspond approximativement à celle du passage de Waudru en ce bas monde », souligne Benoît Van Caenegem. Si, pour les croyants, le doute n’est pas permis, pour les autres, ces pièces d’orfèvrerie abritent les restes d’une femme à l’origine de leur cité. « Dans l’inconscient collectif montois, le visage du reliquaire du chef est pourtant celui que chacun s’imagine être celui de Waudru bien qu’il s’agisse d’une création du XIXe siècle », ajoute le conservateur.

Avec le combat, la procession du Car d’Or est le moment phare de la ducasse, l’élément maître, et sa rentrée dans la collégiale en constitue l’apothéose où chacun retient son souffle. Poussé par les plus jeunes, encouragés par leurs aînés, le char sur lequel repose la châsse doit remonter en un seul élan la rampe d’accès à l’édifice. Si cette prouesse physique échoue, les Montois redoutent qu’un grand malheur s’abatte sur leur ville.

 

Renseignements

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www.waudru.be

 

Deux siècles de fidélité

De style gothique brabançon, la collégiale n’est pas (encore) labellisée par l’UNES CO, contrairement au beffroi tout proche. Le monument figure néanmoins sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie. Entamée en 1450, sa construction s’achèvera 171 ans plus tard (1621), privilégiant des matériaux en provenance des carrières de la région (gré, pierre bleue, etc.). « Malgré la durée du chantier, la collégiale présente un caractère assez exceptionnel de par l’unicité de son style architectural alors que près de deux siècles furent nécessaires pour que celle-ci prenne sa forme définitive… » Érigée à flanc de colline, elle culmine à 25,5 m de hauteur sous la clé de voûte. De l’extérieur, cette église où sont quotidiennement célébrés des offices, semble trapue et refermée sur elle-même. Les apparences sont parfois trompeuses car, à l’intérieur, c’est une impression de verticalité et de grandeur qui frappe le visiteur.

Occupant la salle capitulaire, la salle du trésor est accessible du mardi au dimanche de 14 à 18 h. On peut notamment y découvrir de superbes objets liturgiques, des manuscrits, des tableaux, le linceul et la bague de sainte Waudru ainsi que d’autres pièces qui font directement référence à ce personnage, partie intégrante de l’histoire et du folklore montois. « Pour 2015, la fabrique d’église aimerait faire en sorte que le public puisse à nouveau circuler dans une partie du triforium (galerie sous les verrières) et des charpentes de la collégiale », se réjouit le conservateur.

Surplombant le petit village de la vallée de la Molignée, réputée pour la beauté de ses paysages, une abbaye de moniales bénédictines, connue sous le nom d’abbaye de Maredret, se révèle être l’écrin d’un trésor ancestral de savoir-faire et de talent.

La réputation internationale de Maredret est due en grande partie à sa production de miniatures. Ces livres et images de dévotion sont réalisés à la main, la plupart du temps sur un support de parchemin, peau d’animal préparée spécialement pour recevoir texte et images.

Dès la fondation de l’abbaye, en 1893, un atelier, dirigé d’abord par mère Agnès Desclée, a cherché à retrouver les techniques anciennes utilisées par les scribes et les enlumineurs du Moyen Âge. Il a fallu de nombreuses années aux soeurs pour se familiariser avec tous les secrets du métier : maîtrise des écritures anciennes, pose de l’or, préparation des pigments.

En 1898, l’entrée au couvent d’une artiste de grand talent, mère Marie-Madeleine Kerger, a largement contribué au succès grandissant de l’atelier. Celui-ci se mit prioritairement au service des abbayes bénédictines, de la noblesse belge et de la famille royale, avant de réaliser de nombreuses images de dévotion destinées à être imprimées et diffusées dans un public beaucoup plus large.

Il a fallu de nombreuses années aux soeurs pour se familiariser avec tous les secrets du métier : maîtrise des écritures anciennes, pose de l’or, préparation des pigments.


Des livres manuscrits furent également réalisés par les bénédictines : missels, antiphonaires, rituels à l’usage des moines et des moniales et livres d’heures pour les laïcs. Ces réalisations ambitieuses, la plupart en style gothique, exigeaient un travail d’équipe, qui nécessitait la participation de plusieurs soeurs pour la transcription du texte, la création des compositions et leur exécution picturale.

Mère Marie-Madeleine eut la chance de pouvoir former une élève de talent, mère Marie-Louise Lemaire, qui put à son tour transmettre son savoir à mère Bénédicte Witz, l’abbesse actuelle de Maredret. Elle perpétue, en ce début de XXIe siècle, une tradition séculaire.

 

Renseignements

Abbaye de Maredret
Rue des Laidmonts, 9
B-5537 Maredret
+32 (0)82 21 31 80
[email protected]
www.maredret.be

Virginie Harzé est responsable de production à la brasserie de l’abbaye Notre-Dame du Val-Dieu, au coeur du Pays de Herve. Cette jeune femme de 33 ans, agronome de formation, met toute sa passion au service de ces bières de qualité.

L’abbaye Notre-Dame du Val-Dieu cache bien des trésors. Parmi eux, les bières produites au coeur de sa brasserie. Leur gardienne, aujourd’hui, est Virginie Harzé. Au qualificatif de maître-brasseur, cette passionnée préfère la qualité de « responsable de production ». Avec dynamisme et vigueur, elle veille attentivement à la production de ces bières de qualité et au respect de leurs recettes qui, depuis quelques années, séduisent un nombre grandissant de consommateurs.

La maîtrise des éléments

Le processus de fabrication des bières de Val- Dieu, qu’il s’agisse de celui de la Blonde, de la Brune, de la Triple ou encore de la Grand- Cru, sans oublier la bière de Noël, n’a plus de secret pour elle. Un jour hivernal de brassage, en route depuis six heures du matin, elle s’active ci et là, entre les hommes de la brasserie, pour s’assurer que tout fonctionne correctement. C’est qu’il faut veiller au grain. De l’empâtage au brassage jusqu’à la mise en bouteille ou en fût, il faut que tout le processus reste sous contrôle. « La fabrication de la bière est réalisée sur base d’une recette. Chaque bière a la sienne et il convient de la respecter, explique-t-elle. Mais la bière est un produit vivant. De nombreux facteurs et éléments interviennent au cours de sa fabrication. Et il y a toujours bien quelque chose qui peut altérer sa qualité ou modifier son goût. Il faut jongler entre les ingrédients de base que sont le malt, le houblon, l’eau et les levures, puis veiller au suivi des différentes phases de production, comme les paliers de température au moment du brassage ou à la juste fermentation de la bière en cuve de garde… » S’il n’est pas forcément difficile de faire de la bière, c’est une autre histoire lorsqu’il s’agit de produire la même bière d’un brassin à l’autre. Tous les maître-brasseurs le confirmeront. « L’enjeu est d’améliorer la qualité de la bière en permanence, sans en altérer le goût ou la couleur, poursuit Virgine Harzé. C’est cela qui rend ce métier passionnant. »

La bière plutôt que le chocolat

Il y a maintenant huit ans que cette dynamique personne est arrivée à la brasserie de Val-Dieu. Agronome de formation, elle nourrissait dès ces études l’envie de travailler dans le secteur agroalimentaire. « À vrai dire, j’hésitais entre la bière et le chocolat. Au moment de faire un choix de stage lors de ma dernière année d’étude, considérant que je connaissais déjà bien assez l’univers du chocolat, j’ai opté pour le secteur brassicole », explique-t-elle. C’est à ce moment que Virgine est « tombée dedans ». « J’ai été fascinée par le produit, la complexité du procédé, le nombre de facteurs à prendre en considération pour réaliser une bonne bière. J’ai découvert un produit exceptionnel. Pour tout avouer, avant de découvrir l’univers brassicole, je ne buvais pour ainsi dire pas de bière. J’ai découvert le produit en même temps qu’un univers chaleureux et convivial. Je vous rassure, depuis lors, j’ai eu l’occasion de rattraper mon retard », explique-t-elle.

« J’ai été fascinée par le produit, la complexité du procédé, le nombre de facteurs à prendre en considération pour réaliser une bonne bière. J’ai découvert un produit exceptionnel. »


À l’issue de ses études, Virginie a d’abord trouvé un emploi dans une entreprise bien éloignée du secteur brassicole. Elle y est rapidement revenue, devenant laborantine en charge du contrôle qualité de la bière pour le compte d’une très grosse brasserie belge. « C’était bien différent de ce que je vis ici, au sein d’une petite brasserie. Chez mon employeur précédent, on travaillait à grande échelle. Alors qu’à la brasserie de Val-Dieu, il y a une vraie richesse à toucher à tout et à travailler sur l’ensemble du processus de production », explique la jeune femme.

Entente et entraide

C’est un brin de chance qui l’a amenée à Val- Dieu, dans cette abbaye cistercienne fondée en 1216. Souhaitant se rapprocher de sa campagne natale, la jeune femme a envoyé une candidature spontanée aux dirigeants de cette petite brasserie. « Je suis tombée au bon endroit au bon moment puisque, alors, ils cherchaient quelqu’un pour assurer le suivi du contrôle qualité et pour travailler au brassage des bières », poursuit-elle. C’était il y a huit ans. Pendant plusieurs années, elle a complété ses connaissances en travaillant avec les deux associés de la brasserie, Alain Pinckaers, à l’époque plus actif au niveau du développement commercial, et Benoît Humblet, ingénieur agronome qui a mis au point les différentes recettes des bières produites à Val-Dieu. « J’ai donc eu l’occasion de sortir du laboratoire pour me plonger dans le processus de fabrication de la bière et ainsi voir comment la qualité pouvait en être améliorée. Progressivement, j’ai appris énormément sur la production de la bière en mettant la main à la pâte. J’ai pu assouvir cette envie en arrivant ici. Même si, je le reconnais volontiers, j’ai souvent l’impression d’avoir encore beaucoup à apprendre », confie-t-elle. Elle a aussi pu découvrir le secteur et l’ambiance qui y règne. « Si la concurrence est réelle, vu le nombre de producteurs de bières qui se côtoient en Belgique, il y a une ambiance conviviale. J’ai été bien accueillie et l’on m’a toujours soutenue ».

Par ailleurs, si le secteur brassicole est un monde principalement masculin, elle y a facilement trouvé une place. C’est toujours avec plaisir, aujourd’hui, qu’elle savoure de bonnes « spéciales », toujours, avec ses confrères en échangeant quelques conseils pour parfaire les bières ou leur processus de production. « Il y a une réelle entente cordiale entre les acteurs, une entraide qui fait chaud au coeur. Et si, quand j’ai commencé, il s’agissait avant tout d’un milieu d’hommes, je me rends compte qu’il attire de plus en plus de femmes. »

Il y a deux ans, suite au départ de Benoît Humblet, parti de la brasserie de l’abbaye de Val-Dieu pour créer d’autres bières du côté de Gembloux, c’est à Virginie que l’on a confié la responsabilité de la production. De l’équipe, en dehors d’Alain Pinckaers, qui s’est aussi plus impliqué dans la production, l’actuelle responsable de production est celle qui a le plus d’expérience. Aujourd’hui, elle l’a partage avec le nouvel associé de la brasserie, Michaël Peisser, neveu d’Alain Pinckaers, ainsi qu’avec deux personnes qui la soutiennent au niveau de la production. Son travail a par ailleurs évolué. Les objectifs de la brasserie aussi. « Les défis sont nombreux. Il faut former le nouveau personnel, nourrir sans cesse la vertu de la bière grâce à un suivi au niveau du laboratoire, brasser effectivement et trouver les solutions pour répondre à cette volonté de doubler la production à moyen terme. C’est beaucoup de choses à la fois, mais c’est aussi ce qui rend mon métier exaltant. »

Restera à créer

Aujourd’hui, la brasserie de l’abbaye de Val- Dieu produit 7 500 hectolitres de bière par an. Tour à tour sont brassées la Blonde (qui présente un taux d’alcool de 6 %), la Brune (8 %), la Triple (9 %) et la Grand-Cru (10,5 %). Mais aussi, en saison, la Val-Dieu de Noël ainsi qu’une série de bières « à façon » représentant 10 % de la production. À l’horizon 2015-2016, la production devrait atteindre 15 000 hectolitres. Cette hausse de production ne se fera pas sans incidence sur le processus de fabrication qu’il faudra améliorer et élargir en veillant à ne pas altérer la qualité des bières. L’équipe, aujourd’hui composée de cinq personnes, devrait aussi s’élargir. Les défis sont donc considérables. Mais Virginie Harzé et ses comparses sont prêts à les relever avec enthousiasme.

Restera à la responsable de production, un jour, à créer sa propre recette et à la produire. Jusqu’alors, Virginie Harzé met en oeuvre les recettes de Benoît Humblet. La production d’une bière créée par ses propres soins sera donc l’étape suivante. « L’envie est là, même si je n’en fais pas une priorité. C’est une tout autre expérience pour moi. Je dois tout apprendre en la matière », explique-telle. Les festivités liées au 800e anniversaire de l’abbaye (en 2016) seront sans doute une occasion unique pour créer cette première bière. « Des réflexions sont menées actuellement. J’expérimenterais bien, pour l’occasion, la création d’une bière bio. Mais je ne suis pas la seule à décider. Nous verrons donc bien ce qu’il est possible de faire. » Ce qui sortira des cuves de brassage et qui se laissera savourer une fois fermenté en bouteille reste donc une surprise. Mais, sans aucun doute, cette bière reflétera l’expérience que Virginie Harzé a pu acquérir en huit ans. Elle ajoutera dès lors un trésor de plus à ceux que recèle l’abbaye de Val-Dieu. Des trésors que l’abbaye, cependant, aime partager et faire découvrir, pour que chacun prenne plaisir à les savourer.

 

Un ensemble majestueux

L’abbaye de Val-Dieu date de 1216 et est riche d’histoire. En son temps, haut-lieu du patrimoine du Pays de Herve, il a accueilli une communauté monastique cistercienne. La plupart des bâtiments que l’on connaît actuellement ont dû être réédifiés, suite à un pillage des troupes calvinistes en 1574. L’abbatiale, elle même, s’est partiellement effondrée en 1839 ! Le chantier de sa reconstruction s’est achevé seulement en 1884. Ensemble majestueux, cette église conserve de magnifiques stalles de la Renaissance en provenance d’une autre abbaye cistercienne liégeoise, la Paix-Dieu à Amay.

En 2001, les trois derniers moines cisterciens quittent l’abbaye et une communauté de laïcs investit le site afin d’y perpétuer les valeurs de la vie chrétienne suivant les principes de l’ordre cistercien. L’abbaye, comme la brasserie, peuvent être visités sur rendez-vous. Au coeur du Moulin du Val-Dieu, en face de l’abbaye, la restauration du terroir est mise à l’honneur depuis janvier 2013 afin de régaler les touristes belges et étrangers. En effet, le nom de Val-Dieu s’apprécie au-delà de nos frontières, notamment grâce à sa bière. 30 % de la production de la brasserie part à l’exportation dans 17 pays tels que les États-Unis, l’Italie, la France, les Pays-Bas, l’Espagne, la Chine, l’Ukraine, Suisse, Angleterre, le Canada, la Pologne…

 

Renseignements

Abbaye du Val Dieu
Val-Dieu, 227
B-4880 Aubel
[email protected]
www.abbaye-du-val-dieu.be

Imprégnez-vous de l’âme de Charleroi et de son folklore. Savourez des plats faits maison. Goûtez aux produits régionaux. Dégustez une bonne bière de chez nous… Les Templiers de Charleroi, un « Bistrot de Terroir » animé comme on les aime ! Découverte.

Pour marquer de son empreinte l ’Exposit ion universel le, la Brasserie Diekirch a implanté au coeur de la Ville-Haute de Charleroi, en face de l’hôtel de ville, un monument resté fidèle à lui-même depuis plus de cinquante ans. Avec ses boiseries d’origine, ses lustres d’époque, ses tables et chaises rustiques, ses affiches touristiques anciennes, le relais Les Templiers est une authentique taverne au style médiéval où il fait bon vivre et se retrouver. Rendez-vous branché, ce bistrot est un espace de rencontres, un lieu d’échanges où habitués et touristes croisent leur chemin le temps d’une dégustation artisanale. « Médecins, artistes, journalistes et peintres se retrouvent régulièrement au comptoir ! Nous avons même un local qui accueille les Gilles Récalcitrants depuis 1977 », insiste Giuseppe Ferrito, ou plutôt Joseph. Lui, toujours vêtu de son tablier de barman, ça fait vingt-cinq ans qu’il foule le sol de cette brasserie devenue sienne il y a près de douze ans. Depuis, il s’est associé à Philippe Stiennon. Les deux patrons font le service côte à côte. Du haut de leurs cinquante ans, fiers d’être carolos, ils ont le sens de la convivialité et une humeur très locale et bien trempée. « Nous nous sommes rencontrés à Charleroi parce que nous fréquentions les mêmes établissements. Mais on n’est pas encore amants ! », se plaît à raconter Philippe, cet ancien basketteur qui regarde avec nostalgie les trophées remportés par les vétérans et qui prennent la poussière sur une étagère.

Une taverne labellisée

Cet endroit typique où règnent une ambiance chaleureuse et l’esprit régional, s’est vu récemment labellisé « Bistrot de Terroir ». Instaurée en 2010 par le ministre du Tourisme en fonction, cette labellisation a pour initiative de redorer le blason de l’Horeca et de faire participer les brasseries au développement touristique et socio-économique de la Wallonie. « C’est une belle récompense pour nous, mais nous n’avons rien fait de plus pour l’obtenir. Nous travaillons toujours de la même façon », explique Joseph. En tant qu’ambassadeur de la ville de Charleroi, la brasserie Les Templiers a le devoir, entre autres, de proposer au moins trois plats de terroir, de mettre à la disposition des étrangers des informations touristiques sur la région et d’être affiliée à l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, l’AFSCA.

Une ardoise traditionnelle

Ces conditions élémentaires, la brasserie Les Templiers les respecte depuis longtemps. L’ardoise suggère toujours les spécialités et les plats du jour faits maison. « Nous épluchons encore les pommes de terre à la main et nous les cuisons deux fois, comme c’est la tradition. Même la mayonnaise est faite à la main par Bruno, notre cuisinier », se vante Joseph avec son accent carolo indéniable. Le vrai trésor culinaire du cuistot est qu’il manipule des produits frais issus de petites productions locales. « On fait très attention à collaborer avec des producteurs de la région. » Et Joseph d’ajouter : « L’escavèche nous vient d’un petit fabricant de Virelles et la viande de la boucherie Yvan à Gosselies. » À côté du traditionnel américain garni ou du fameux lapin à la Chimay bleue, on retrouve des abats français comme les andouillettes et les tripes ou encore les moules de saison disponibles jusqu’à la fin mars. La carte des breuvages, quant à elle, propose des trappistes et des bières belges de qualité : Orval, Chimay et Maredsous au fût trônent en reine sur les tables. La Scotch et la Guinness au tonneau sont également bien appréciés. Sans oublier le P’tit Peket distillé en alambic à Biercée.

Pour le bonheur des clients fidèles et le régal des palais espagnols, italiens, polonais et anglais qui poussent la porte de ce relais carolo, l’établissement est ouvert tous les jours jusqu’au dernier client !

 

Renseignements

Les Templiers
Place du Manège, 7
B-6000 Charleroi
+32(0)71 32 18 36
www.bistrotdeterroir.be

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