Waw magazine

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Comptant parmi les derniers producteurs de Tabac de la Semois, Vincent et Gaëtane Manil, à Corbion, entretiennent la tradition. On vient de loin pour ce tabac traditionnel, qui fait parler de lui… jusque dans le New York Times.

Les chemins qui mènent à Corbion sont aussi tor tueux que les méandres de la Semois. Ce petit village, situé à deux pas de la cité médiévale de Bouillon, est particulièrement connu des amateurs de tabac. C’est au coeur de l’entité que l’on trouve en effet l’un des derniers fabricants de Tabac de la Semois. Vincent Manil et son épouse, Gaëtane, ont commencé à torréfier le tabac en 1989, s’inscrivant dans une tradition régionale qu’ils entendent perpétuer. « Le climat de la vallée, entre douceur et brume, et une terre pauvre, permettent de planter un tabac tout à fait particulier, à la couleur et aux saveurs appréciées des connaisseurs », commente Gaëtane.

Une réputation tenace

Au coeur des années 1960, dans cette belle région de la Semois, la fabrication du tabac constituait un élément essentiel de l’économie locale. Aujourd’hui, les planteurs comme les fabricants se font de plus en plus rares. La réputation de ce tabac, toutefois, ne s’amenuise pas. La preuve en a encore été apportée au printemps dernier. Le Tabac de la Semois a été mis à l’honneur sur trois pleines pages au coeur du New York Times. « C’est assez incroyable », commente Vincent. « Quelques mois auparavant, nous avons reçu un coup de téléphone d’un journaliste anglophone qui nous a fait part de son souhait de faire un reportage sur notre tabac qu’il avait découvert chez un ami en Italie et dont il était tombé amoureux. Pour être franc, nous n’y avons pas cru… » À leur grande surprise, le journaliste a débarqué dans la région et a passé trois jours avec la famille Manil pour découvrir tous les secrets d’un si bon tabac et aussi pouvoir en vanter, en long et en large, les mérites outre-Atlantique.

Au coeur des années 1960, dans cette belle région de la Semois, la fabrication du tabac constituait un élément essentiel de l’économie locale. Aujourd’hui, les planteurs comme les fabricants se font de plus en plus rares. La réputation de ce tabac, toutefois, ne s’amenuise pas.


Le Tabac de la Semois est le fruit d’une longue tradition. S’il ne plante et ne récolte pas le tabac lui-même, Vincent Manil le torréfie dans sa cave, à l’ancienne, avant de l’empaqueter ou d’en faire des bouchons de pipe. Torréfier le tabac nécessite un réel savoirfaire que seule l’expérience peut apporter. « Un bon tabac ne doit pas être trop sec, parce qu’il ne serait pas bon à fumer, ni trop humide, parce qu’il ne se conserverait pas bien. Torréfier le tabac exige d’être particulièrement attentif. Il faut pouvoir l’apprécier au toucher pendant le processus de torréfaction, afin de l’extraire du four un moment le plus opportun. » Tout est question de doigté, de précision. Surtout, développer un tel savoir-faire nécessite de la passion, et du temps.

Le plaisir des effluves

Depuis près de 25 ans, Gaëtane, Vincent et leurs enfants baignent dans cet univers. Plusieurs jours après chaque torréfaction, leur magasin, le musée qui y est annexé et leurs espaces de vie baignent dans d’agréables effluves. L’odeur du tabac produit ici n’a rien de comparable avec l’odeur de ces cigarettes qui peuvent empoisonner l’atmosphère. Ici, elle se respire avec plaisir. Le Tabac de la Semois, d’ailleurs, ne se fume généralement qu’en connaissance de cause, par passion. « Il n’est en rien addictif comme pourrait l’être la cigarette. On parle ici d’un produit de qualité, auquel nous voulons redonner ses lettres de noblesse », explique Gaëtane. « Nos clients sont des fumeurs de pipes ou de cigares. En fumant, ils partent à la recherche du goût et du plaisir que procure le tabac, un plaisir d’épicurien. »

À Corbion, sur les hauteurs, où ne vivent que quelques dizaines d’âmes, la porte du magasin de la famille Manil s’ouvre bien plus souvent que l’on n’aurait pu l’imaginer. Au-delà de la clientèle locale et nationale, on vient de loin, de très loin même, pour se procurer ce savoureux tabac. « Nous avons encore eu un Parisien voici deux jours. Et au début de la semaine, c’est un Australien qui est venu nous acheter du tabac. Des gens viennent des quatre coins de la planète, d’Italie, de Malaisie, de Chine… », poursuit l’épouse de Vincent Manil. « Aujourd’hui, les passionnés échangent énormément sur les forums de discussion en ligne à propos du tabac. Cela contribue énormément à la notoriété du Semois. » Forcément, de nombreuses demandes affluent également des États-Unis. L’article du Times, évidemment, n’a pas été sans conséquence. « Nous recevons beaucoup d’emails en provenance des États-Unis », explique Vincent. « Nous ne pouvons, jusqu’à présent, pas envoyer de tabac directement à l’étranger. Les législations en vigueur ne facilitent pas l’exportation. Mais des démarches ont été entamées pour pouvoir proposer notre tabac dans l’une ou l’autre boutique spécialisée à New York. L’obtention des autorisations nécessaires n’est cependant pas aisée. »

Un musée et un livre

Passionnés par le tabac et par leur région, terroir à l’origine de ce produit remarquable, Vincent et Gaëtane témoignent de cette tradition par leur métier et leur production. Mais ils ne se sont pas arrêtés là. Dans la cave de leur boutique, ils ont créé un musée dédié au tabac et plus particulièrement au Semois. « Quand nous nous sommes lancés dans la production du tabac, nous n’avions pas de plan de carrière. Nous sommes partis à l’aventure. Mais, au fil des années, nous nous sommes laissé gagner par la passion. Nous avons accumulé de nombreux objets en lien avec le tabac. Nous avons souhaité présenter notre collection, proposer une visite de l’atelier, afin de permettre à tout un chacun de mieux comprendre ce métier traditionnel. Nous proposons donc une visite ludique et atypique au coeur de notre passion et de la tradition. »

Au-delà du musée, Gaëtane et Vincent ont eu l’idée de retracer l’histoire du Tabac de la Semois au moyen d’un livre. L’ouvrage, partant des connaissances qu’ils ont accumulées, permet de découvrir cette culture singulière des bords de Semois aujourd’hui menacée. L’ouvrage décrit notamment le cheminement du tabac, depuis la graine plantée jusqu’au produit qui ne demande qu’à être fumé. Le livre s’attarde aussi largement sur la Semois, la vallée dans laquelle il est produit. « Cet ouvrage est un réel témoin de l’existence de cette activité qui tend à disparaître. À nos yeux, il manquait une telle trace. Nous avons donc voulu y remédier », ajoute Gaëtane. Il ne fait aucun doute que cet ouvrage illustré ne se savoure à sa juste valeur qu’en appréciant en parallèle le goût authentique du Tabac dont il parle.

La légende des Trolls, Les étoiles du désert, La route du vin… À Heyd (Durbuy), l’hôtel La balade des gnomes fait le tour de la planète en dix chambres de rêve.

Si Durbuy est présentée comme la plus petite ville du monde, La balade des gnomes est peut-être l’hôtel le plus étrange du globe. L’adresse seule, rue du Rémouleur (rowe dè Remoleu), suffit à aiguiser la curiosité. Mais alors que l’on s’attend à pénétrer dans la Wallonie de nos aïeux, celle des artisans et vieux métiers, c’est un énorme cheval en bois qui semble brouter la cime des arbres voisins qui nous accueille. « Notre cheval de Troie est prévu pour quatre », annonce d’emblée Nathalie Noël, la propriétaire, histoire de nous mettre en selle pour un voyage insolite. « L’ensemble est construit sur deux étages, dans un style médiéval. Les clients entrent par un petit pontlevis et, le matin, notre personnel vient suspendre leur panier déjeuner au bout d’une corde, sous leur fenêtre ! Nous avons aussi installé un poste d’observation sur la vallée dans la tête du cheval… »

Tant d’imagination galopante nous aurait désarçonné si la dame ne nous avait pas tenu par la bride. « Venez ! Je vous emmène faire un tour du monde au petit trot. Nous avons neuf autres chambres à thème, toutes imaginées et conçues par Dominique, mon mari. Les clients partent justement, vous allez pouvoir recueillir leurs impressions. »

La clientèle ? Alors que Durbuy attire en grande majorité des néerlandophones, celle qui a débarqué chez les Noël la veille de la Toussaint est composée à 90 % de francophones. Des couples autour de la trentaine – parfois en voyage de noces – venus se promener dans la région et passer un moment tranquille. « Nous avons choisi la hutte africaine de Zobabou-Bou, explique un jeune Bruxellois. Dans la douche, l’eau arrive par des conduites en bambou ! » « C’est la troisième fois que nous venons et, à chaque fois, nous essayons une autre chambre », enchaîne un couple de Cinaciens en émergeant de La cabane dans la forêt. « Nous, nous reprenons chaque fois la même, la Casa Tireli-rela, qui est meublée et décorée dans le style andalou, explique une Mouscronnoise. On dort dans une vieille charrette et on se détend dans le sauna ».

Un vignoble dans la chambre

À chaque client sur le départ, Nathalie propose de faire le tour des chambres. Sur trois étages, ce ne sont que des cris d’admiration. Dans L’île de Macquarie, le lit est installé dans un véritable voilier qui tangue doucement sur l’eau. Décorée de tonneaux et de bouteilles, surmontée d’une vraie vigne, la chambre La route du vin plonge les locataires au coeur d’un vignoble alsacien… Faut-il le dire ? Il convient de réserver de longues semaines à l’avance pour avoir la chambre de ses rêves. « Mais nous n’acceptons pas les groupes, précise la propriétaire. L’établissement n’est pas aménagé pour des rassemblements. En revanche, il y a un restaurant à côté, La gargouille. C’est mon mari et moi qui nous en occupions, mais nous l’avons remis car Dominique a sans cesse besoin de nouveaux projets. »

Artiste autant qu’artisan, Dominique Noël fabrique de ses mains tout ce qui sort de sa tête : les boiseries, le mobilier, la décoration, les mosaïques, la ferronnerie…


« J’ai commencé à concevoir des habitations pour les autres, explique cet architectedesigner, mais arrivés à un certain stade du projet, les gens prenaient peur. Depuis dix ans, je ne construis donc plus que pour moi-même, ainsi je suis sûr que le client me suivra jusqu’au bout ! » Artiste autant qu’artisan, Dominique Noël fabrique de ses mains tout ce qui sort de sa tête : les boiseries, le mobilier, la décoration, les mosaïques, la ferronnerie… Tout, à l’exception des vitraux et du gros oeuvre en plomberie et électricité. Aujourd’hui, cet orfèvre est en train de terminer une maison en forme de bateau renversé, dans le village voisin de Wéris, à 20 mètres de l’endroit où il est né voici 46 ans. Le couple devrait y emménager bientôt. « Cette maison est une synthèse de tout mon savoir-faire », annonce celui qui attaquera ensuite la construction de deux gîtes très particuliers en face de La balade des gnomes : l’un dans une roulotte organique, l’autre dans un… arbre magique. « J’ai déjà trouvé mon arbre, un frêne de huit tonnes ! On passera d’une pièce à l’autre par des passerelles et des ponts de singe. »

Encore un projet « ouf », penseront les visiteurs. « Quand nous avons vu ces chambres, nous nous sommes dit que le gars qui les avait imaginées devait fumer de l’herbe ou consommer des champignons hallucinogènes, commente une cliente. Mais c’est très bien, qu’il n’arrête surtout pas ! »

Entre Houdeng-Aimeries et Trivières, le site minier, inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO, représente le savoir- faire et l’héritage industriel de la Wallonie. L’Écomusée entretient son histoire.

Aux portes de La Louvière, fille de la révolution industrielle, la cité de Bois-du-Luc tourne en totale autarcie en ce début de XXe siècle. L’ensemble des maisons est formé de quatre blocs serrés les uns contre les autres et séparés par deux voiries perpendiculaires. À l’extrémité de l’un de ces axes, légèrement surélevé, le château du directeur-bâtisseur Omar Degueldre. À la fois père protecteur et patron à la poigne de fer, celui-ci surveille la cité ouvrière : la rue principale, le café, l’épicerie et les 166 maisonnettes flanquées chacune d’un potager, l’hospice et l’hôpital qui émergent au loin. À gauche, le puits d’extraction et le puits d’exhaure. À droite, les bureaux, les ateliers et les hangars. De temps en temps, se rappelant la révolte de 1893, il lorgne vers la herse d’entrée, aussi appelée « porte-guillotine », afin de s’assurer qu’aucun individu mal intentionné ne pénètre dans l’enceinte. Au loin, dans une école, une sonnerie annonce la fin de la classe. Dimanche, ce sera au tour de la cloche de battre le rappel jusqu’à l’église Sainte-Barbe. Puis, les enfants se verront offrir un goûter dans la salle des fêtes. Cela sent déjà le chocolat chaud...

Depuis deux ou trois générations, voire plus, les ouvriers habitent, travaillent, se soignent, s’instruisent et se divertissent dans une communauté qui, à leurs yeux, représente probablement une grande famille. Quant au site, il affiche une belle prospérité. Dominé par le chevalement qui trône au-dessus du puits de la fosse Saint- Emmanuel et rythmé par le glissement des wagonnets sur les rails, il a traversé toutes les révolutions industrielles, de la vapeur à l’électricité, et est désormais l’un des sites les plus remarquables de l’ère industrielle de la région du Centre, de la Wallonie et même de l’Europe. Son histoire est celle de toute une région qui, pendant près de 300 ans, a palpité autour du charbon et du métal. Le bassin du Centre constitue en effet l’un des trois berceaux hennuyers – avec ceux de Mons et de Charleroi – de l’aventure charbonnière sur le sillon houiller Haine- Sambre-Meuse qui se prolonge jusqu’à la vallée de la Ruhr, en Allemagne. Tout a commencé en février 1685, quand des maîtres charbonniers, des négociants et des bourgeois s’associèrent pour fonder la Société du Grand Conduit et du Charbonnage de Houdeng.

Premier exemple de structure capitaliste

« C’est le premier exemple d’une structure capitaliste sur le territoire européen », explique Daisy Vansteene, la directrice de l’Écomusée – le premier de Belgique – du Bois- du-Luc qui a pris ses quartiers dans les anciens bureaux du charbonnage en 1983 et s’est donné pour tâche d’appréhender autrement la culture industrielle et de la promouvoir au travers d’outils et de moyens ludiques. « Les mineurs venaient avec leur savoir-faire, les bailleurs de fonds avec les capitaux. Ils avaient besoin les uns des autres. Notamment pour résoudre les problèmes d’inondation dans les galeries. Il a fallu construire des puits d’exhaure et évacuer l’eau à l’aide de troncs d’arbres évidés et aboutés. D’où le nom de Société du Grand Conduit. On peut d’ailleurs en voir un fragment à l’ancienne salle de paie des actionnaires, dans le bâtiment qui abritait les bureaux de la société. Par la suite, bien sûr, les techniques de pompage se sont modernisées. »

« La cité de Bois-du-Luc est le premier exemple d’une structure capitaliste sur le territoire européen. »

 

Dans cette salle, qui sert de point de départ à une visite d’une heure trente au cours de laquelle le public pourra découvrir tous les rouages du charbonnage, depuis l’austère bureau du directeur jusqu’à la remontée des travailleurs du puits, sont également exposées des aquarelles, photographies et maquettes de quelques sièges les plus prospères (Bois-du-Luc, Le Quesnoy, Havré, Beaulieu) parmi la trentaine qu’exploitait la société dans le bassin du Centre au XIXe siècle. La visite prend une autre dimension lorsque l’on franchit les portes de la fosse Saint-Emmanuel. Même si l’extraction y a cessé en 1959 sur décision de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier), les bâtiments et de nombreuses machines ont été sauvegardés. D’un côté, le puits d’extraction, le chevalement ou châssis à molettes – le beffroi des cités minières – et la cage d’ascenseur. De l’autre, le puits d’exhaure et ses pompes, la salle du ventilateur, la sous-station électrique – qui alimentait tout le village – et les bains-douches des femmes. Entre ces deux bâtiments, la lampisterie, les bains-douches des hommes et la salle des porions, où le contremaître formait les équipes. Une scénographie originale y illustre aujourd’hui, heure par heure, la journée du mineur.

En contemplantvcet ensemble de maisons jaunes unies pour le meilleur et pour le pire au pied de l’usine, il y a aujourd’hui matière à se creuser l’esprit et à édifier un terril de questions sur l’avenir de l’exploitation des ressources naturelles, les conséquences écologiques de l’industrialisation...

 

La pensée patronale au cœur de la cité

Si le site minier de Bois-du-Luc, aujourd’hui propriété de la Région wallonne, est inscrit depuis 2012 au Patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO, au même titre que le Grand-Hornu, le Bois du Cazier et Blégny-Mine, c’est notamment parce qu’il présente un exemple remarquable d’ensemble architectural illustrant une période significative de l’histoire humaine. Lorsque la Société des Charbonnages du Bois-du-Luc mit la clé sous le paillasson en 1973, le site aurait pu être démantelé ou détruit. Mais plusieurs initiatives combinées eurent pour conséquence heureuse le maintien du site minier dans son ensemble. Figure centrale de celui-ci, le village d’ouvriers, avec ses maisons non pas alignées « en coron » le long d’une artère – ce qui le distingue du Grand-Hornu ou des cités du Nord-Pas-de-Calais – mais refermées en trapèze, est un exemple toujours bien vivant de cette aventure humaine au cœur d’un charbonnage. Une aventure où la trilogie « patron-cité-usine » constituait le noyau fondateur.

« C’est peu avant l’ouverture de la fosse Saint-Emmanuel en 1846 que naquit l’idée de créer un village d’ouvriers au lieu-dit Le Bosquet, sur les rives du Thiriau du Luc, raconte la directrice, Daisy Vansteene. Pour la direction, il s’agissait de construire des logements pour attirer, fixer et fidéliser les mineurs en leur offrant des facilités. La pénurie de main- d’œuvre à cette époque était en effet un frein à l’essor des sociétés. La nouvelle cité, inspirée de l’exemple du Grand-Hornu, devait servir à attirer les mineurs. D’abord en leur proposant un toit, ensuite en mettant progressivement à leur disposition Le site minier de Bois-du-Luc est inscrit depuis 2012 au Patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO. des infrastructures collectives telles qu’hospice, école, église, salle des fêtes, hôpital, épicerie, café... En garantissant leur bien-être, on s’assurait en outre de leur docilité. C’est ainsi que s’est construite, au fil du temps, la pensée patronale. »

C’est en 1994 que la Région wallonne entreprit les travaux de rénovation et de modernisation des maisons... À l’exception du n° 9 rue du Midi, conservé en son ancien état et devenu une reconstitution d’un intérieur ouvrier de la première moitié du XXe siècle. Pousser la porte de cette maisonnette, c’est plonger dans le puits du temps, dans les eaux sombres d’une époque où les familles vivaient dans la promiscuité, avec un mobilier rudimentaire, des commodités réduites... « À l’origine, chaque maison comportait deux pièces au rez-de-chaussée, des caves et un fenil. À la fin du XIXe siècle, la société construisit deux chambres supplémentaires à l’étage et, au début du XXe, elle ajouta à l’arrière deux nouvelles pièces dont une censée servir de salle d’eau. Petit à petit, les conditions de vie se sont ainsi améliorées. Aujourd’hui, elles sont la propriété d’une société de logements sociaux qui en assure la gestion. »

En contemplant, des hauteurs de la maison du directeur, cet ensemble de maisons jaunes unies pour le meilleur et pour le pire au pied de l’usine, il y a aujourd’hui matière à se creuser l’esprit et à édifier un terril de questions sur l’avenir de l’exploitation des ressources naturelles, les conséquences écologiques de l’industrialisation, les rapports hiérarchiques, le paternalisme, la place du travail dans la société... Des questions d’une brûlante actualité, mais que l’on ne se poserait peut-être pas si, avec l’aide de divers partenaires, dont l’Institut du Patrimoine Wallon qui a en charge la sauvegarde et l’entretien du site, l’Écomusée et son équipe de scientifiques n’avaient cessé de travailler à la réhabilitation cohérente des lieux et au sauvetage de plus de 1500 mètres d’archives. C’est sûr, le site du Bois-du-Luc représente le savoir-faire, mais également l’héritage industriel et la mémoire du bassin du Centre et de la Wallonie.

L’ÉCOMUSÉE, PARTENAIRE DE MONS 2015

L’Écomusée du Bois-du- Luc, qui travaille en partenariat avec la Brasserie Saint-Feuillien, le Bois du Cazier et le Canal du Centre historique, est l’un des partenaires de Mons 2015. Du 1er mai au 30 septembre, le musée présente l’exposition « Homo Faber, poétiques et mécaniques du travail ». S’inspirant du séjour de Van Gogh dans le Borinage, l’exposition explore les liens entre l’art et l’industrie. Un voyage du XIXe siècle à nos jours.

Écomusée du Bois-du-Luc

Rue Saint-Patrice, 2b

B-7110 La Louvière (Houdeng-Aimeries)

+32 (0) 64 28 20 00

[email protected]

www.ecomuseeboisduluc.be

Le musée international du carnaval et du masque comprend 30 000 pièces provenant des cinq continents. Il changera très bientôt de visage.

Dans quelle ville de Wallonie autre que Binche aurait-on pu voir naître et grandir un musée du carnaval et du masque, on vous le demande ? Son carnaval, qui anime la ville durant sept semaines – mais qui occupe toute l’année ses habitants à la préparation des costumes – et qui culmine au Mardi Gras, est un événement populaire, humain et social hors du commun dont la renommée a largement dépassé les frontières du pays. Figure centrale des festivités, le Gille fait la fierté des Binchois, qu’il arbore ramon et masque (le matin), porte un chapeau en plumes d’autruche et lance des oranges (l’après-midi) ou danse à la lueur des feux de Bengale (le soir). Issu d’un folklore lointain et confus (les Incas ?), le carnaval de Binche est à ce point spécifique qu’il a été inscrit – comme celui d’Alost – au Patrimoine culturel et immatériel de l’Humanité par l’UNESCO en 2003. Aujourd’hui encore, chaque pas du visiteur dans la petite ville hennuyère de quelque 33 000 (joyeuses) âmes lui rappelle l’attachement profond que celle-ci voue à sa tradition carnavalesque.

C’est en 1975 qu’un musée dédié au carnaval de Binche ouvre ses portes dans le centre-ville. Le bâtiment fait belle figure. C’est un ancien hôtel particulier transformé au XVIIIe siècle en collège des Augustins et situé à quelques jets d’orange de la Grand-Place où s’étirent traditionnellement les rondeaux. L’installation s’est cependant faite sans tambours (ni trompettes), l’objectif de son premier conservateur étant de rassembler des pièces ayant trait au folklore local provenant du musée d’archéologie de Binche créé au lendemain de la Première Guerre mondiale. Par la suite, les collections furent enrichies au gré des dons et d’une politique d’achats éclectique réalisée grâce à l’aide des pouvoirs publics. Si le carnaval de Binche y occupe toujours une place de choix – il a fallu veiller à ne pas couper le musée de ses racines locales et régionales –, le masque s’y est petit à petit taillé la part du lion. Il est aujourd’hui abordé tant dans sa multiplicité de formes que dans la pluralité de ses fonctions. Dans cette optique, l’institution – devenue le Musée international du carnaval et du masque ou MUM – propose au public un véritable tour d’horizon des usages du masque dans le monde.

« Le musée présente l’une des plus riches collections de masques et de costumes au monde et c’est cette diversité, ce caractère universel, qui en fait sa spécificité et lui vaut son rayonnement. »

 

Le masque dans tous ses états

« Le musée présente l’une des plus riches collections de masques et de costumes au monde et c’est cette diversité, ce caractère universel, qui en fait sa spécificité et lui vaut son rayonnement », explique Clémence Mathieu, la collaboratrice scientifique du MUM. « Son catalogue compte plus de 10 000 numéros, ce qui correspond à près de 30 000 objets (masques, costumes, marionnettes, accessoires, instruments de musique...), auxquels il convient d’ajouter les affiches, photographies, cartes postales, etc. Ils sont issus des cinq continents et illustrent le masque dans ses fonctions et ses formes les plus diverses. Ainsi, en Europe, le masque apparaît surtout aux carnavals, aux défilés organisés lors des changements de saison dans le but de célébrer la fertilité de la femme et de la terre. En Afrique, il accompagne les rituels dits de passage : à l’âge adulte, à la vie en couple, au royaume des morts, etc. En Asie, il est lié au théâtre et au maquillage. En Amérique, il est également rattaché aux coutumes de passage propres aux indigènes, tout en constituant, bien sûr, un pan de l’héritage des traditions importées par les colonies européennes. Enfin, si on le trouve parfois en Australie, la population lui préfère les peintures corporelles. »

« LE MONDE À L’ENVERS », DE MARSEILLE À BINCHE

Du 25 janvier au 28 juin prochain, dans le cadre de Mons 2015, le Musée international du carnaval et du masque accueillera une exposition exceptionnelle intitulée « Le Monde à l’envers. Carnavals et mascarades d’Europe et de Méditerranée ». Conçue à Marseille, en coproduction avec le Musée des Civilisations d’Europe et de la Méditerranée (MuCEm), à partir des fonds de ce musée mais également de quelque 200 pièces appartenant aux collections du MUM, elle proposera un regard neuf et inédit sur les mascarades rurales et les parades urbaines. Son parcours sera divisé en trois parties : les masques de l’hiver ou la refondation cyclique du monde, le pouvoir des masques et la refondation de l’ordre social, l’une des fonctions les plus importantes du carnaval. La mascarade du Boe et du Merdule (Ottana, Sardaigne) (photo ci-dessus) Cette mascarade rejoue la domestication des bovins, principalement la veille de la Saint Antoine et lors des Jours gras. Le costume en peau de brebis des deux personnages est assez semblable, mais le masque des « Boes » est surmonté de cornes tandis que celui des « Merdules » est noir et évoque les âmes des morts et les ancêtres. Durant le carnaval d’Ottana, les « Merdules », armés de fouets, de bâtons et d’une longue corde en cuir, poursuivent les « Boes », en tentant de les attraper et de les domestiquer. Après avoir parcouru le village, les « Boes » sont attrapés et succombent sous les coups de leurs maîtres ; ils renaissent ensuite pour reprendre le cours de la mascarade.

Un centre d’interprétation en 2016

Géographiquement, le musée, qui est équipé d’un centre de documentation et d’un auditorium de 120 places, est divisé en plusieurs sections. Le rez-de-chaussée et une partie du 1er étage sont consacrés aux expositions temporaires, dont la prochaine, centrée sur les carnavals et mascarades d’Europe et de Méditerranée, sera présentée dès janvier dans le cadre du partenariat avec Mons 2015 (voir ci-contre). Le 1er étage est consacré aux expositions permanentes : sur le carnaval de Binche, les carnavals de Wallonie et les masques d’Europe. Quant au deuxième, il sert la mission pédagogique du musée qui propose notamment des ateliers et des activités ludiques. « L’exposition consacrée aux masques d’Europe vient toutefois d’être remisée dans les cartons afin de faire de la place pour accueillir notre nouvelle exposition temporaire, explique Clémence Mathieu. Quant à l’exposition consacrée au carnaval de Binche, qui date de 1975, elle sera retirée l’été prochain et remplacée, en 2016, par un centre d’interprétation dédié à ce carnaval. L’auditorium sera également réaménagé. »

L’immersion dans le Siècle des Lumières est totale au Domaine de Seneffe. Les jardins incitent au rêve et la collection d’orfèvrerie redonne vie à chaque pièce du château.

D’une superficie de 22 ha, le parc du domaine fait partie du Patrimoine majeur naturel de la Wallonie. Son accès n’en est pas moins gratuit. Les promeneurs peuvent librement déambuler dans les allées du jardin des trois terrasses ou s’allonger sur la pelouse du grand parterre, bercés par les bruissements de l’eau du grand bassin. Ils seront surpris à la fois par son architecture très XVIIIe siècle (allées, pattes d’oie...) et par la variété de ses jardins qui mettent en valeur les bâtiments du Siècle des Lumières (Théâtre, Orangerie...). Les communs, la chapelle, la volière, l’étang et l’île romantique séduisent les nombreux visiteurs qui viennent en famille, mais également les artistes, le parc étant aussi un espace d’expositions d’art contemporain en plein air.

Une construction de Laurent-Benoît Dewez

C’est au premier architecte des Pays-Bas autrichiens, Laurent-Benoît Dewez – qui œuvra à la reconstruction de nombreuses abbayes du pays, dont celles d’Orval, Gembloux, Hélécine... – , que l’on doit ce « monument » de la pierre bleue, avec son imposant corps de logis et ses deux galeries latérales à colonnades ioniques qui dessinent une cour de 80 mètres de long. L’expression néoclassique chère à l’architecte est toutefois influencée ici par la Rome antique, par la tradition italienne issue de la Renaissance, ainsi que par l’Angleterre et la France. Construite entre 1763 et 1768, grâce à l’importante fortune de son propriétaire, Julien Depestre, commerçant, banquier et homme d’affaires, cette magnifique résidence concrétise les nouveaux concepts de la vie sociale axés sur le confort, l’intimité et l’apparat.

« Au fil des siècles, le domaine est passé dans les mains de plusieurs familles, et même d’une communauté religieuse, avant de tomber dans celles d’un promoteur qui envisagea de le lotir », explique Marjolaine Hanssens, la directrice. « Ce projet échoua, fort heureusement, grâce notamment à la persévérance des Amis du Château de Seneffe. Le domaine fut alors classé avant de devenir propriété de l’État, puis de tomber dans l’escarcelle de la Communauté française de Belgique. Celle-ci entendait réaménager les lieux afin d’en faire, comme au Château de La Hulpe, un lieu de séminaires et de colloques, mais lorsque la somptueuse collection d’œuvres en argent de Claude D’Allemagne, un collectionneur privé belge, lui échut par legs, elle n’hésita pas longtemps et lui donna le château pour écrin. C’est en 1995, alors que les jardins étaient encore en cours de réaménagement, que le Musée de l’orfèvrerie vit le jour au rez-de-chaussée du château. Grâce aux dons, legs et acquisitions de la Communauté française, cette collection est, aujourd’hui, l’une des plus importantes de Belgique. »

« Faste et Intimité »

Au XVIIIe siècle, la distribution des lieux dans les grandes demeures fait l’objet de nombreux textes et traités essentiellement axés sur la recherche du confort. Deux types d’appartements voient alors le jour : les appartements de société, dits d’apparat, et les appartements de commodité, dits privés. Les différents espaces sont constitués d’un ensemble de pièces où chacune joue son rôle. En installant dans le château sa collection permanente, « Faste et Intimité », les responsables du musée ont conçu un parcours et une scénographie originale qui redonnent à chaque pièce son rôle d’antan et à chaque objet la place qui lui convient afin de valoriser au mieux sa fonction. Tout a été patiemment construit pour que, le temps d’une visite, le Château de Seneffe plonge le visiteur dans une certaine vision du XVIIIe siècle. Aiguières, bassins, boîtes à mouches, boîtes à éponges, tabatières, boîtes à priser, chocolatières, théières, cafetières, rafraîchissoirs, terrines, coupes à boire, gobelets, flambeaux, bougeoirs, chandeliers, candélabres, objets religieux... ont ainsi pris place dans des décors qui prêtent vie au château et auxquels des noms joliment évocateurs ont été donnés : « En attendant Monsieur », « Le cabinet des curiosités », « La montée des eaux », « En présence de l’abbé », « Les jeux de l’amour et du hasard »...

Des odeurs, des sons, des films...

Mais l’exposition se veut également sensorielle. Vous pourrez humer le chocolat, le tabac, des parfums floraux, des épices, mais également la transpiration. Vous pourrez entendre des bruits d’eau, des chants d’oiseaux, la chanson J’ai du bon tabac dans ma tabatière... Vous pourrez voir, outre les pièces d’orfèvrerie et leurs décors, des extraits de quelques films en costume d’époque. Quelle scène de Barry Lindon (Stanley Kubrick) pourrait illustrer « Le bain » ? Quelle autre tirée d’Amadeus (Milos Forman) conviendrait pour « Les belles chocolatières » ? De Ridicule (Patrice Leconte) pour « Le billard de l’après- midi » ? Ou des Liaisons dangereuses (Stephen Frears) pour « Le souper fin » ? Avant de pousser la porte du Château de Seneffe, il serait peut-être malin de revisiter ses classiques !

Domaine du Château de Seneffe et Musée de l’Orfèvrerie

Rue Lucien Plasman 7-9

B-7180 Seneffe

+32 (0)64 55 69 13

[email protected]

www.chateaudeseneffe.be

On ne compte plus les chantiers dans la cité du Doudou. Un peu partout, de vieux bâtiments retrouvent un nouvel emploi. La ville est en pleine métamorphose.

Le Grand Hornu, à Boussu, et le Pass, à Frameries, avaient montré l’exemple en raccrochant au clou l’uniforme de mineur et en optant pour un habit et des pompes qui siéent mieux à une traversée du XXIe siècle. Depuis lors, d’autres sites ont, à leur tour, tourné la page. Des sites qui n’ont pas pour autant fait table rase d’un passé socio-économique qui coulera toujours dans les veines de la région et de ses habitants, mais qui ont compris que l’on pouvait s’appuyer sur le passé pour s’envoler vers le futur.

En 2015, le Centre Keramis, à La Louvière, va redessiner les faïences Boch. Le B.P.S.22, à Charleroi, va transformer un ancien bâtiment de verre et de fer en un espace de création contemporaine, et le Silex’s, le Centre d’interprétation des minières néolithiques de Spiennes (Mons), va envoyer les curieux sous terre pour mieux leur faire comprendre sur quoi ils sont assis.

Mais c’est Mons, et plus particulièrement son centre- ville, qui est en train de connaître le lifting le plus impressionnant. Yves Vasseur, le commissaire général de Mons 2015, le rappelle sans cesse : la métamorphose de la ville est au cœur de la programmation des festivités. Et, par métamorphose, il ne faut pas seulement comprendre que les rues vont s’animer et revêtir des habits de fête. Il s’agit ici d’une complète mutation, d’une reconversion de nombreux lieux socio-historiques de la ville.

Une dizaine de lieux métamorphosés

Si certains volent déjà de leurs nouvelles ailes, d’autres attendent le drapeau à damier de Mons 2015. Dans la foulée des aménagements du site des Abattoirs de Mons et du BAM (Beaux-Arts Mons), la ville s’apprête en effet à inaugurer cinq nouveaux musées interconnectés, dont quatre dans le centre-ville : le Mons Memorial Museum, l’Artothèque, le Musée du Doudou et le Beffroi. Avec les deux nouvelles salles de concert (Arsonic et Alhambra), l’extension du Mundaneum, l’aménagement du Carré des Arts et la rénovation de la Maison Losseau, la ville sera plus belle encore et sera fin prête pour organiser des centaines d’activités artistiques et culturelles. Le destin économique de la région reposera, lui, sur le futur centre de congrès, le MICX (Mons International Congress Xperience), qui accueillera dès le printemps prochain colloques, séminaires, fêtes du personnel et autres réceptions. Dessiné par l’architecte américain Daniel Libeskind – à qui l’on doit le master plan du nouveau site WTC à New York – il fera face à la nouvelle gare, autre bâtiment au design futuriste signé cette fois par Santiago Calatrava. Si des retards importants empêchent celle-ci d’accrocher le wagon de Mons 2015, elle en assurera l’héritage et fera office de passerelle entre la ville historique et la ville nouvelle, avec le Mons Expo, le MICX et le centre commercial Les Grands Prés. « Nous vivons une mutation unique en Europe, explique Yves Vasseur. Ces chantiers contribueront à embellir la ville, à la doter d’infrastructures modernes, cohérentes et durables, et à accueillir les visiteurs dans de bonnes conditions. Au final, tous les Montois seront fiers des transformations dans leur ville. »

« IN/OUT », LA RENCONTRE DE L’ARCHITECTURE ET DE LA PHOTOGRAPHIE

Musée de la Photographie de Charleroi

Depuis 2012, les photographes Maud Faivre, Pierre Liebaert et Zoé Van der Haegen, ainsi que le vidéaste Rino Noviello, sous la coordination de l’architecte Marc Mawet, parcourent les chantiers montois pour rendre compte des mutations urbanistiques, paysagères et architecturales de la ville.

Expo du 23 mai au 6 décembre 2015

 

MONS MÉMORIAL MUSEUM

Boulevard Dolez

Le Centre d’interprétation et d’Histoire Militaire occupera le site rénové de l’ancienne Machine à Eau qui fut érigée vers 1870 afin d’alimenter la ville en eau potable. Ce nouvel espace muséal de 3000 m2 a pour ambition de traduire toute l’histoire de Mons depuis le Moyen Âge. La Grande Guerre y occupera une place importante. Il sera aussi un lieu d’échanges intergénérationnels au cœur d’un territoire de mémoire.

Inauguration les 4 et 5 avril 2015

 

MUSÉE DU DOUDOU

Jardin du Mayeur, Grand’Place

Construit en 1625, solidement enraciné dans le Jardin du Mayeur, le bâtiment du Mont-de-piété abritait depuis 1932 le Musée du Cinquantenaire. D’importants travaux de rénovation vont le transformer en centre d’interprétation du folklore montois ou Musée du Doudou. Une belle vitrine pour la Ducasse, inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité de l’UNESCO.

Inauguration les 4 et 5 avril 2015

 

L’ARTOTHÈQUE

Rue Claude de Bettignies, 3

C’est le cœur du Pôle muséal. Aménagé dans l’ancienne chapelle du couvent des Ursulines, ce musée abritera le patrimoine communal montois. À la fois centre de réserve, de recherche, de restauration et d’étude du patrimoine, il rassemblera en son sein les collections qui ne seront pas exposées de façon permanente dans les autres sites muséaux. Ces collections seront consultables sur support numérique.

Inauguration les 4 et 5 avril 2015

 

ARSONIC

Rue de Nimy, 138

C’est dans l’enceinte de cette ancienne caserne des pompiers que le rêve du violoncelliste et compositeur Jean-Paul Dessy, directeur artistique de l’ensemble Musiques Nouvelles, est devenu réalité. Ce pôle d’excellence européen réunira sur 2500 m2 une maison de l’écoute et d’émerveillement sonore, un lieu de concerts et d’enregistrement de haute technologie, des ateliers d’émerveillement, une salle de répétition et d’exposition, ainsi que des bureaux.

Inauguration le 3 avril 2015

 

LE MANÈGE DE SURY

Rue des Droits de l’Homme, 4

Cet ancien manège militaire de 1850 fut occupé jusqu’en 1995 par la Protection civile, avant d’être acquis en 2013 par l’Intercommunale de Développement Economique et d’Aménagement du territoire (IDEA) qui en a fait un hall-relais à l’attention des jeunes entreprises. Dans le cadre de Mons 2015, le site sera temporairement aménagé en lieu d’exposition d’art contemporain (« Atopolis, Ville métissée, ville idéale »), puis retrouvera sa vocation économique.

 

LE MUNDANEUM

Rue des Passages, 15

Centre d’archives de la Fédération Wallonie-Bruxelles (appelé aussi « Google de papier ») et espace d’exposition temporaire. Conçu dans les années 1930, ce bâtiment Art Déco fut l’un des premiers grands magasins de Belgique. Racheté par la Communauté française, il abrita à partir de 1993 les collections du Mundaneum stockées à Bruxelles et constituées, depuis la fin du XIXe siècle, par ses fondateurs Paul Otlet et Henri La Fontaine. En 1998, l’ensemble est rénové sur base d’une scénographie de François Schuiten et Benoît Peeters.

L’espace exposition réaménagé rouvrira le 11 juin 2015

 

LA MAISON LOSSEAU

Rue de Nimy, 37

Demeure de style néo-classique du XVIIIe siècle, rachetée par l’avocat montois Léon Losseau, et rénovée dans l’esprit de Victor Horta par l’architecte Paul Saintenoy, cette maison est un joyau de l’Art Nouveau. Fin 2011, la Province de Hainaut s’est lancée dans un ambitieux programme de travaux visant la restauration du n°37, mais également des n°39 et 41, afin de faire de l’ensemble de ces bâtiments le pôle littéraire de Mons. Les lieux rénovés serviront d’ateliers, d’espaces de rencontres et d’expositions, tout en servant d’écrins au centre d’interprétation des collections anciennes de la Maison Losseau et au centre de la littérature hainuyère.

Dès le 23 avril 2015, jour de l’inauguration, le jardin du n°37 se muera en guinguette littéraire

 

LE CARRÉ DES ARTS

Rue des Sœurs Noires, 4a

L’ancienne caserne Major Sabbe (XIXe siècle) a aujourd’hui pour locataires l’École supérieure des Arts de la Fédération Wallonie-Bruxelles, (Arts au carré - Arts2), la Télévision Mons Borinage (Télé MB) et le pôle administratif du théâtre Le Manège. La cour intérieure vient de subir un lifting important dont l’élément le plus visible est la bâche monumentale qui a été arrimée aux murs et qui servira désormais de toit au Festival au Carré.

 

L’ALHAMBRA 10 CADABRA !

À deux pas du célèbre petit singe montois, la discothèque Alhambra renaît de ses cendres et entend s’installer durablement dans le paysage de la scène musicale wallonne.

rapidement ses portes en 2012. Définitivement pensait-on, et puis, avec le titre de Capitale européenne de la Culture 2015, le constat est rapidement fait qu’il manque une salle digne de ce nom au cœur de la cité du Doudou. « Aucun lieu n’accueillait de manière permanente des artistes, des groupes, des collectifs issus de la scène pop-rock ou électro. Mons 2015 était une opportunité pour corriger cette anomalie », explique Pascal Goossens, programmateur et gérant de l’Alhambra.

Placer Mons sur la carte

Idéalement placée, avec de nombreux stationnements et commerces aux alentours, l’idée séduit rapidement et les travaux sont engagés en juillet 2013. La salle opère une mue impressionnante par l’intermédiaire de Vincent Glowinski, artiste issu du street-art, qui inonde littéralement l’espace avec une peinture monumentale, partant du sol jusqu’au plafond. Un fumoir est même prévu à l’étage afin d’éviter les nuisances éventuelles devant les portes de l’immeuble et en avril 2014, les premiers évènements inaugurent déjà le nouvel Alhambra. « On a choisi d’exister avant 2015 pour bien montrer que ce n’était pas une initiative temporaire, mais bien un lieu destiné à perdurer dans le paysage culturel montois. » Pascal Goossens, conscient des difficultés et des enjeux d’une telle démarche, se veut néanmoins confiant. « Après nos premiers mois de démarrage, on sent déjà un engouement pour le lieu qui fait la part belle à une scène pop/rock/électro un peu alternative. Le challenge, c’est évidemment de fidéliser différents publics, qui peuvent se retrouver dans notre programmation. On remarque que le bouche-à-oreille fonctionne déjà et permet d’attirer du monde en dehors des soirées où se produisent des têtes d’affiche. »

Car l’ambition est clairement de dépasser la logique des « coups » en attirant telle ou telle vedette, mais bien de gagner une certaine forme de reconnaissance sur la qualité du programme proposé tout au long de l’année avec l’envie que le public puisse venir ici les yeux, ou plutôt les oreilles fermées et qu’il repartira ravi de

sa soirée. « On imprime notre propre patte bien sûr, mais si on avait un exemple à suivre, ce serait celui du Botanique à Bruxelles, qui a réussi à fédérer un public autour de son projet et qui est devenu une vraie référence en la matière. » Ce genre de réputation s’acquiert avant tout avec le temps et l’équipe de l’Alhambra espère pouvoir en disposer suffisamment.

Puggy, Girls in Hawaii, Suarez ou encore Poni Hoax, parmi beaucoup d’autres, ont déjà étrenné la scène de ce nouveau temple de la nuit qui accueille également les groupes locaux. « Je reçois de nombreuses demandes de jeunes groupes qui démarrent ou de plus confirmés qui veulent percer ou faire des premières ou deuxièmes parties de soirée. On a déjà permis à pas mal de formations de monter sur scène et on compte bien continuer dans cette veine ! » Associé au Club PlaSMA (Plateforme des Scènes de Musiques Actuelles), le réseau de salles et d’organisateurs de concerts indépendants de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Alhambra tient particulièrement à offrir un espace d’expression pour les « petits » qui ne disposent pas encore d’un écho médiatique suffisant. De plus, avec une entrée moyenne qui tourne autour des 10 € et des consommations alignées sur les prix des cafés alentour, la proximité avec le public n’est pas uniquement due à l’aspect intime de la salle.

Pour les festivités liées à Mons 2015, la philosophie restera la même, avec une programmation éclectique mais aussi exigeante. Jean-Louis Murrat s’arrêtera d’ailleurs le 1er février à l’Alhambra pour présenter son dernier album Babel. Un petit évènement en soit, puisque l’Auvergnat, qui ne voyage pas beaucoup, n’a prévu que deux dates belges dans sa tournée...

L’Alhambra

Rue du Miroir, 4

B-7000 Mons

www.alhambramons.com

2015 est une grande année. Dans le cadre de Mons Capitale européenne de la Culture, La Louvière accueillera un Centre d’art dédié à la céramique.

Le Centre d’art Keramis combine tous les ingrédients pour devenir un lieu culturel phare et emblématique de la ville de La Louvière. L’ambition ? Valoriser les témoignages de l’ancienne faïencerie Boch, soutenir les plasticiens contemporains en exposant leurs œuvres, mais également transmettre des savoir-faire aux futures générations.

Née dans les années 1990, l’idée a réellement commencé à se concrétiser suite au classement des parties historiques du site de Boch en 2003. La même année, le Musée Royal de Mariemont fait part de son intention de participer à la création de ce nouveau centre. Six ans plus tard, l’ASBL Keramis est créée autour de partenaires privés et publics, tels que la Ville de La Louvière, la Province de Hainaut, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne. Le maître d’ouvrage n’est autre que l’Institut du Patrimoine Wallon.

BOCH, UNE INDUSTRIE PROSPÈRE

C’est en 1841 que Jean- François et Eugène Boch, son fils, trouvent une petite poterie à vendre dans le hameau de Saint-Vaast dans le Hainaut. L’endroit est stratégique : charbon à volonté, le canal Charleroi-Bruxelles et le chemin de fer à proximité. Boch Frères, plus tard appelé Keramis, est mis en activité en 1844. Vaisselle de table, carrelages puis articles sanitaires sont alors fabriqués à La Louvière.

En 1896, l’industrie faïencière employait un peu moins de 1000 personnes contre 250 en 1858. Dans les années 1960, la production aurait atteint près de 9000 tonnes annuelles pour devenir la plus grande industrie de céramique en Belgique.

Après un siècle et demi de prospérité survient le déclin de tout le bassin industriel wallon. Rationalisations, restructurations et aides de l’État et de la Région wallonne se suivent. La situation de la société continue toutefois de se dégrader. Celle-ci est mise en liquidation en 1985. Deux nouvelles sociétés voient le jour cette même année : Novoboch et MRL Boch. La première passe sous le giron hollandais et ferme en 1998 malgré de larges sommes investies. La seconde ne survit pas et fait faillite en 1988, malgré les aides apportées par la Région wallonne. Les stocks sont vendus et les trois fours sont acquis par l’Institut du Patrimoine Wallon en 2003.

Un plan communal d’aménagement pour la réhabilitation du site industriel est mis sur place et prévoit l’ouverture du Centre d’art Keramis en mai 2015. C’est notamment grâce à celui-ci que les céramiques produites par l’industrie Boch sont devenues patrimoines historiques, témoins d’un passé industriel glorieux dans le Borinage.

Sur les cendres de feu Boch

L’ouverture de Keramis est prévue le 9 mai 2015 pour le grand public. Pour le moment, le visiteur peut observer un vaste chantier de construction de ce que sera cet imposant Centre d’art situé entre la place communale et la gare de la cité de la Louve. Dans une dynamique de réhabilitation du site de l’ancienne faïencerie Boch, les 16 ha seront reconvertis en lieux de culture, mais également en centre commercial.

Du site de production des Frères Boch, il ne reste actuellement qu’un bâtiment abritant en son sein trois fours-bouteilles de 8 m de diamètre, derniers du genre en Belgique. Alimentée au charbon par douze foyers, la chaleur pouvait monter jusqu’à 1300 degrés. À l’origine, il y avait douze fours de la sorte, mais ils auraient été démontés à la fin des années 1990. Aujourd’hui, ces trois fours-bouteilles ont été restaurés quasiment à l’identique.

L’architecture épouse les formes de la céramique

Sur l’une des façades de la nouvelle institution, on peut apercevoir un effet de faïençage, un jeu de textures et d’enduits, réalisé par l’artiste Jean Glibert. « L’architecture du centre Keramis évoque dans ses formes le faïençage et le craquelage de la céramique. Il y a des puits de lumière faisant échos aux failles de la terre. Les courbes des bâtiments sont directement inspirées de la céramique. Cela rappelle la malléabilité de la matière », explique Ludovic Recchia, directeur artistique du projet Keramis et conservateur des céramiques européennes au Musée Royal de Mariemont. « La première exposition ‘On Fire : arts et symboliques du feu’ sera d’ailleurs consacrée à la thématique du feu, élément indispensable dans la cuisson de la céramique. »

De ce qui sera prochainement le hall d’accueil et le bookshop, on peut directement apercevoir la salle où se trouvent les fours-bouteilles, utilisée comme « forum et témoin intemporel ». De l’autre côté du bâtiment, on accède à la future salle de scénographie. Les objets présentés seront offerts au regard dans de spacieuses vitrines avec des images explicatives. Toujours au rez-dechaussée se trouvent deux grandes salles de 70 et 400 m2 dans lesquelles les visiteurs retrouveront des créations contemporaines et la collection du ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles après la Seconde Guerre mondiale. « C’est une collection composée de 450 pièces dont une centaine seront montrées en même temps. Cela n’a jamais été dévoilé, c’est une exclusivité. Par exemple, on peut citer des œuvres d’Antonio Lampecco. »

En continuant la visite, on se retrouve à la cafétéria. Ses fenêtres de verre donnent sur la cour intérieure d’où l’on peut apercevoir l’ancien bâtiment autour des fours. C’est dans cette petite cour que sera d’ailleurs exposée une sculpture du céramiste Émile Desmedt dans le cadre de Mons 2015. Pour le moment, ce n’est qu’une structure métallique en forme d’œuf. Mais bientôt, l’œuvre d’art naîtra du feu.

L’ancien rencontre le moderne

Deux grandes salles seront consacrées à des expositions temporaires et à la collection de la faïencerie Boch. Composées de pas moins de 2000 pièces, pour le moment entreposées au Centre Daily-Bul, à quelques rues du site, 150 d’entre elles seront montrées au public. De la vaisselle de table et des pièces artistiques de l’atelier d’art de l’ancienne entreprise constituent notamment cette collection historique unique mettant à l’honneur de grands noms de la céramique comme Charles Catteau ou Raymond Chevalier.

On trouvera également à l’étage une partie administrative avec une salle de cours isolée acoustiquement et un espace pour huit bureaux avec salle de réunion. Une zone « éducation » est prévue avec une partie pour les enfants, dont un espace adapté aux touts petits qui pourront découvrir le travail de la poterie.

De l’autre côté, un atelier destiné à un artiste qui ferait une retraite ou viendrait passer quelques jours au Centre. Un espace de cuisson est prévu avec un four à gaz et un autre, électrique, pour les enfants en stage et les visiteurs. Un appartement de 40 m2 se situera au troisième étage pour les créateurs et conférenciers. « L’idée ici est vraiment de préserver et valoriser les compétences des acteurs actuels de la céramique. Nous avons également gardé des contacts avec d’anciens travailleurs de Boch, comme Luigi Restaino, le dernier modeleur de l’entreprise », explique Ludovic Recchia. Ce dernier confie également que la production au Centre sera plus « expérimentale » avec des œuvres uniques et des ateliers « où l’on combine l’ancien et le nouveau ».

Keramis / Centre de la Céramique

Place des Fours Bouteilles, 1

B-7100 La Louvière

+32 (0)64 27 37 75

[email protected]

www.keramis.be

La Rascasse, le Portier, le Casino, le Karrussel, Blanchimont, La Source, Tamburello... Autant de noms de virages célèbres que connaissent bien les amateurs de Formule 1 ! Ils appartiennent à ces circuits tout aussi mythiques que sont le Nürburgring, Monza, Monaco ou Francorchamps.

Et puis, il y a le Raidillon, ce véritable « mur » qui a octroyé au circuit de Francorchamps cette réputation de « Grand Juge » qui lui colle au bitume et grâce auquel, comme le disait Dan Gurney (vainqueur du Grand Prix de Belgique F1 en 1967), on peut « voir la différence entre les hommes et les petits garçons ! » Ce virage de légende – probablement le premier virage créé artificiellement en Europe pour la compétition automobile et motocycliste – a été créé en 1939. Il fête donc cette année son 75e anniversaire !

Écrasé avant de s’envoler

Le Raidillon est un enchaînement de virages « gauche-droite-gauche » dont la caractéristique majeure réside dans la montée vertigineuse qu’offre le virage à droite, alors que la sortie de cette courbe est à gauche et débouche sur une longue ligne droite. Ainsi, lorsque le pilote se présente à près de 300 km/h à l’entrée de l’enchaînement, il se trouve face à un « mur » (17% de pente !) avant d’être écrasé successivement dans son baquet en entrée de courbe (4G de force latérale en F1) , puis de « voir le ciel » et, quasi totalement délesté sur une bosse (1G de force verticale en F1 !) , se sentir presque « pousser des ailes » en fin de virage puisque, selon les ingénieurs, la voiture est alors quasi en apesanteur... Le regretté Jacques Villeneuve était un vrai fan de ce Raidillon. « À chaque passage, expliquait-il, c’est un combat entre votre instinct de survie qui vous commande de lever le pied, et votre envie de repousser vos limites. Il faut être très courageux au moment d’aborder cette montagne ! Et s’il n’y avait pas ce risque, il n’y aurait pas ce plaisir du pilotage. »

Exit « l’ancienne douane »

Lorsqu’en 1920, le directeur du journal La Meuse, Jules de Thier, avec son ami Henry Langlois Van Ophem, qui présidait de la commission sportive du R.A.C.B., décidèrent de créer un circuit automobile à Francorchamps, ils ne savaient pas encore qu’ils allaient inscrire en lettres d’or le nom de cette petite commune dans l’histoire de la compétition auto et moto au niveau mondial ! Le circuit lui-même fut à vrai dire rapidement tracé, avec le soutien également du bourgmestre de Spa, le baron Joseph de Crawhez. Les routes qui relient Malmedy, Stavelot et Francorchamps furent sommairement aménagées et dès 1921, les courses se succédèrent sur un circuit très rapide, long de plus de 15 kilomètres. Francorchamps ouvrait alors sans le savoir une nouvelle ère de la compétition automobile puisqu’en 1922 fut créé le circuit de Monza, en Italie ; le Nürburgring, en Allemagne, suivit en 1927, tandis que le circuit urbain de Monaco fut inauguré en 1929.

Aux yeux de ses créateurs, le circuit de Francorchamps se devait d’être un must à tous points de vue et, surtout, le plus rapide ! Or, un virage – ou plutôt une épingle, en forme de U – posait problème à cet égard : il s’agissait du virage dit « de l’ancienne douane », proche de l’Eau Rouge, qui ralentissait considérablement les compétiteurs. C’est ainsi que les responsables des courses, en 1939, décidèrent de « couper » ce virage par une longue courbe à droite à franchir en pente raide d’où ce nom qui deviendra rapidement célèbre : le « Raidillon » qui, en réalité, concrétisait à merveille le dessein premier d’Henry Langlois qui avait dit, en traçant le circuit 19 ans plus tôt : « Le site de la vallée de l’Eau Rouge est l’emplacement rêvé. On pourra y suivre toute la montée de Burenville ! ». Vision prophétique !

Consécration du circuit le plus « vite »

Les stars de l’époque adoptèrent rapidement cette modification en dépit du danger supplémentaire qu’il offrait car, à l’époque déjà, les bolides atteignaient 300 km/h alors que les pilotes ne disposaient même pas de simples ceintures de sécurité. L’Italien Tazio Nuvolari – qui pilota notamment des motos Saroléa avant d’entamer une fructueuse carrière automobile – ne tarissait pas d’éloges sur cette courbe. « Ce nouveau virage rend le tracé encore bien plus sélectif, expliquait-il, parce qu’il met en évidence les qualités de tenue de route des voitures à un endroit où le public est toujours très nombreux ! »

Ce public dut toutefois attendre la fin de la guerre pour pouvoir vraiment profiter de ce nouveau et spectaculaire virage, d’autant que le conflit avait laissé les installations du circuit très dégradées. Une nouvelle piste et de nouvelles tribunes furent dès lors aménagées et, en 1946, les autorités de l’époque inaugurèrent un nouveau « Circuit National de Francorchamps » doté d’un comité de gestion provisoire. Deux ans plus tard, l’Intercommunale du Circuit fut également créée avec la Province de Liège, les 5 communes traversées par le circuit, l’État belge, le Royal Automobile Club de Belgique (R.A.C.B.) et la Fédération Motocycliste de Belgique (F.M.B.).

C’est ainsi que les responsables des courses, en 1939, décidèrent de « couper » ce virage par une longue courbe à droite à franchir en pente raide... d’où ce nom qui deviendra rapidement célèbre : le « Raidillon » qui, en réalité, concrétisait à merveille le dessein premier d’Henry Langlois

 

Spectacle de tous les instants

Au fil des ans toutefois, et avec les avancées technologiques dont bénéficient les bolides, les vitesses de passage en virage devinrent très élevées et les dégagements alentours du Raidillon devinrent trop étroits. La piste fut ainsi élargie en 1970, mais c’est en 1983 qu’intervint le changement le plus important, avec le déplacement du virage de 10 mètres vers la droite. De cette façon, l’angle de la courbe fut nettement diminué mais parallèlement, et paradoxalement peut-être, les vitesses de passage furent augmentées.

Ceci eut pour conséquence d’imposer la mise en place d’importants secteurs de dégagement (rendus possibles par le déplacement de la courbe) et surtout, d’engendrer un spectacle encore plus étonnant et de tous les instants. Les amateurs de F1 se souviendront encore longtemps, par exemple, du dépassement inouï qu’opéra Mark  Webber et sa « Red Bull » sur la Ferrari de Fernando Alonso lors du GP de 2011. Et certains de rêver du retour du MotoGP à Francorchamps, question d’y voir les bagarres homériques entre les Marquez, Lorenzo, Rossi et autres Pedrosa et de se rappeler celles, toutes aussi homériques, de Surtees, Hailwood, Agostini ou Read. Mais ceci est une autre histoire.

La mémoire du mythe : René Bovy !

WAW vous proposera prochainement la suite de cette histoire avec, en guise de guide, une personnalité tout aussi mythique : René Bovy, la mémoire de Francorchamps et de son histoire. Premier secrétaire-trésorier du « Circuit National de Francorchamps », René Bovy est né en 1922... dans le virage de Masta – au milieu du circuit ! Il en connaît tous les recoins et toute l’histoire, et anime encore aujourd’hui avec Herman Maudoux, Pierre Christophe et d’autres, le Musée du Circuit. Avec eux, la légende de Francorchamps n’est pas prête de s’éteindre !

Dès ce printemps 2014, le Gouvernement wallon a décidé de mettre en valeur la fameuse route Napoléon dans le cadre du bicentenaire de la bataille de Waterloo de 1815.

UN PEU D’HISTOIRE

14.06.1815 — Napoléon Bonaparte, en route pour affronter les armées alliées de Wellington et de Blücher, arrive à Beaumont avec ses troupes.

18.06.1815 — Jour de la défaite à Waterloo qui changera le cours de l’histoire européenne. Ces quatre jours ont laissé de nombreuses traces sur le territoire wallon. De Beaumont à Waterloo, suivez Napoléon et ses troupes à travers une signalétique spécifique qui jalonne tout le parcours ! Au programme, histoire, musées, folklore, patrimoine UNESCO, paysages, ou encore gastronomie de terroir.

 

01.   BEAUMONT

La Tour Salamandre aux pieds de laquelle les troupes de l’empereur ont bivouaqué la nuit du 14 au 15 juin 1815.
Édifiée au XIe siècle, cette tour offre un panorama formidable du haut de ses 136 marches ! À l’intérieur de ses murs, un musée pour remonter le courant de l’histoire de la ville !

La Place de Beaumont où se trouve l’ancien hôtel particulier des princes de Caraman dans lequel l’empereur logea durant la nuit du 14 juin 1815.

02.   LEERS -ET-FOSTEAU

Le général comte Honoré Reille, commandant du 2e corps de l’armée de Belgique, s’installa au château de Leers-et- Fosteau le 14 juin 1815. Le lendemain, il prit Thuin.

03.   RAGNIES

La Ferme de la cour devenue la Distillerie de Biercée.

04.   THUIN

Le beffroi, construit au XVIIe siècle, est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

05.   MARBAIX-LATOUR

Le château de la Pasture, propriété de Louis Joseph Duwooz qui intègre le 1er régiment des gardes d’honneur de l’Armée impériale. Lors du passage de Napoléon le 15 juin 1815, l’Empereur incite Louis Joseph à rejoindre les troupes mais celui-ci ne pourra pas se rendre à Waterloo.

06.   JAMIOULX

L’église Saint-André où l’Empereur entra en conversation avec le curé de Jamioulx et à qui il fit la promesse de le nommer Évêque de Tournai. Le curé conserva le tuteur contre lequel s’était appuyé Napoléon, il l’appelait avec humour «son bâton d’Évêque».

07.   MARCINELLE

Le Musée de la Photographie
Le Bois du Cazier

08.   FLEURUS

Le Moulin Naveau qui fut l’observatoire de Napoléon pendant la bataille de Ligny. Une plaque commémorative « Observatoire de Napoléon 16 juin 1815 » est fixée sur la tour au-dessus de la porte d’entrée et rappelle l’exceptionnel événement.
Le château de la Paix où l’Empereur a séjourné la nuit du 16 au 17 juin 1815.

09.   LIGNY

Derniers bastions de résistance des troupes prussiennes de Blücher, les fermes d’En-Bas et d’En-Haut furent les témoins des terribles combats du 16 juin 1815.
Le Centre Général Gérard, musée napoléonien en souvenir du général français qui commandait le 4e corps d’armée française, le 16 juin 1815.

10.   QUATRE BRAS (Genappe)

Le carrefour des Quatre Bras où s’est déroulée la bataille éponyme le 16 juin 1815 aprèsmidi. Cette bataille opposa les troupes françaises commandées par le maréchal Ney et une partie de l’armée angloalliée du duc de Wellington.

11.   LE CAILLOU (Vieux-Genappe)

La Ferme du Caillou dans laquelle fut établi le dernier quartier général de Napoléon, la veille de la bataille de Waterloo. Elle abrite actuellement le Musée du Caillou qui constitue le seul musée napoléonien de Belgique.

12.   LASNE

Lieu-dit « La Belle-Alliance » sur lequel s’est déroulée la bataille de Waterloo.
La Ferme de la Haie Sainte. Située sur le site du champ de bataille de Waterloo qui constitua le centre du dispositif défensif de l’armée de Wellington.

13.   LA BUTTE DE WATERLOO (Braine-l’Alleud)

La Butte du Lion, érigée en 1826 sur le site de la bataille de Waterloo à la demande du roi Guillaume Ier des Pays-Bas pour marquer l’endroit présumé où son fils, le prince Frédéric d’Orange- Nassau, fut blessé.

 

www.laroutenapoléonenwallonie.be

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