Waw magazine

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Entrer dans le domaine du château des Princes de Croÿ, c’est un peu se plonger dans un pan entier de notre histoire, majestueuse et imposante, à l’image de l’édifice. Perché entre Senne et Haine, dans la contrée de la célèbre Abbaye Saint-Feuillien, le château appartient désormais au patrimoine majeur de Wallonie.

Tout s’est joué il y a près de six cent ans, lorsque Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut, eut l’ingénieuse idée de léguer son domaine au grand chambellan de Philippe le Bon, Antoine de Croÿ. Ainsi, en 1433, « terres, ville, justice, seigneurie, prairies et appartenances » entrèrent dans la famille des Princes de Croÿ. Fort de sa position géographique et du rayonnement des Princes de Croÿ, d’illustres personnages se sont succédés au coeur du domaine au fil de l’histoire. Le plus célèbre, sans doute, Charles Quint, lui-même filleul d’un de Croÿ, y tenait ses conseils dans le hall d’entrée. Dans une volonté de préservation du patrimoine familial, l’architecture et la décoration de cette majestueuse salle de conseil située dans le hall d’entrée du château, le coeur même de l’édifice, sont restées inchangées depuis 1542, gardant ainsi son cachet d’ancienne salle de gardes. Ce contraste étonnant avec la façade rénovée entre 1713 et 1760, confère un style bien particulier. Si l’on regarde de plus près, sur le long manteau de la cheminée, se déploie la devise de la famille « Plus en sera de Croÿ ». C’était peu dire. Dans le petit vestibule à gauche, en sortant de la grande salle de conseil, on peut admirer sur le mur les portraits des chevaliers de la Toison d’Or, ancêtres valeureux des Princes de Croÿ. Ils représentent le plus grand nombre dans l’histoire d’une famille. Et si l’on devait encore émettre un record, il serait certainement celui de la longévité d’appartenance à un domaine seigneurial au sein d’une seule et même famille, bravant l’histoire, ses guerres et ses changements. Parmi les hôtes sélectes, citons encore Marie de Médicis et les Ducs de Bourgogne, Philippe le Bon et Charles le Téméraire. Le Prince d’Orange Guillaume II des Pays-Bas et le Duc de Wellington qui y tinrent un conseil de guerre quelques jours avant la bataille de Waterloo.

Un pont entre passé et présent

Classé dans sa totalité en 1963 et 1981, le château figure parmi les monuments à caractères remarquables dans la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Région wallonne depuis 2009. Aujourd’hui, la famille des Princes de Croÿ- Roeulx y habite toujours et donne régulièrement vie au château et à son domaine via des événements culturels d’ampleur, ouvrant ainsi au grand public les portes du domaine familial. En 2004, l’exposition Salvador Dali s’y était tenue dans le cadre du centenaire de l’artiste espagnol et, à partir du 21 mai prochain, la rétrospective axée sur la thématique du « Cloud » permettra à nouveau d’arpenter ce superbe lieu. Mais au-delà de la simple vitrine patrimoniale et artistique, ces activités socio-culturelles de premier plan, issues de la Fondation Croÿ-Roeulx, organisme d’utilité publique, veulent promouvoir et préserver la dignité humaine à travers la protection de l’environnement, de la faune et de la flore. Mais aussi, faire rayonner la région, voire le pays par delà les frontières. « Ma femme et moi sommes actifs pour défendre, aménager, entretenir le château et en faire quelque chose de vivant, en accord avec l’époque. C’est à dire, conserver toutes les traditions avec leurs héritages, tout cela en symbiose avec les actions du monde actuel. Ce qui nous intéresse vraiment, c’est d’être tournés vers le grand public », confie le Prince du Croÿ-Roeulx.

 

Renseignements :

Château du Roeulx

Place du Château, 21

B-7070 Le Roeulx

www.leroeulxtourisme.be

 

UNE HORTICULTURE DU NUAGE

Une machine à faire des nuages, des pierres de méditation chinoises, des moutons errants, une boule en acier dans laquelle se refl ète le ciel et ses charmants habitants… Voici ce que l’exposition Clouds, dédiée au nuage et à sa poétique, offre dans le magnifique domaine du Château du Roeulx. Créée en partenariat avec Mons 2015 et sous la houlette du commissariat scientifique de Michèle Moutashar, conservatrice en Chef Honoraire du Patrimoine des Musées de France, et coordonnée par Sophie Chartier, directrice de SoChart International, Clouds est une émanation de l’exposition créée dans le cadre de Marseille Provence 2013 « Capitale européenne de la Culture ». Ici, de nouveaux objets, références artistiques de notre patrimoine belge d’art moderne, créations d’artistes contemporains, connus à travers le monde ou noms incontournables de l’art du XXe, arpentent le domaine, comme des appels à la rêverie, au dialogue céleste, à la contemplation. Une trentaine d’artistes, de Magritte à Michel François, de Charlotte Charbonnel à Meret Oppenheim, de Marina Abramovic à Javier Perez, à travers peintures, vidéos, photographies, sculptures et installations, s’imposent et se nourrissent de l’identité des diff érents espaces. Que ce soit dans l’orangerie, dans les écuries ou dans le parc central, toutes ces oeuvres interpellent le promeneur en le conviant à un tête-à-tête particulier. Au-delà de la thématique du nuage, nous sommes ici au « coeur d’une rencontre entre deux planètes, le château et l’art contemporain, deux cultures, qui s’accordent pour faire exister cette exposition », explique le Prince du Croÿ-Roeulx. « Ici, le nuage est à envisager au propre, comme au fi guré. C’est une grande exposition à part, avec un thème étonnant et des artistes du monde entier. » L’exposition se tient sur tout le domaine, dans les parcs et jardins et dans l’orangerie. Outre le fait d’admirer les oeuvres de Jan Arp, Man Ray, Bob Verschueren ou encore Not Vital, elle est une belle occasion de découvrir le patrimoine naturel du château, ses arbres remarquables, sa sérénité et son élégance. Avec, en fin de parcours, un arrêt bien mérité au Clouds café.

www.expo-clouds.com

Depuis 2012, un nouvel espace de bien-être s’ouvre au regard du visiteur qui pénètre dans l’enceinte de l’Abbaye de Villers. Pas moins de 100 plantes médicinales choisies sur base des ouvrages d’Hildegarde de Bingen sont présentées dans un jardin de 700m2. 

Après avoir déambulé à travers les vestiges somptueux de l’église cistercienne et des bâtiments (dortoirs, réfectoires, auditorium…) qui ont constitué l’univers quotidien des moines dès le XIIIe siècle, le visiteur peut désormais découvrir un jardin de plantes médicinales tel qu’il en existait, au même titre qu’un potager et un verger, dans les monastères au Moyen-Âge. « Normalement, ce type de jardin est situé à proximité de l’infirmerie des moines, mais il nous était impossible de l’implanter là puisque l’endroit est traversé par la ligne de chemin de fer », explique Geneviève Claes, l’attachée au service promotion de l’abbaye. « Les responsables de l’ASBL gestionnaire du site ont donc jeté leur dévolu sur un espace situé à l’écart du circuit touristique habituel. Le lieu s’y prête bien puisqu’il est ensoleillé, entouré de murs, protégé des vents et alimenté en eau de source. »

C’est en 2001 que le projet de recréer un jardin dans les ruines a été lancé par l’ASBL Abbaye de Villers-la- Ville suite à la fermeture, en 1997, en raison des fouilles archéologiques, d’un jardin de ce type à proximité de la Porte de Bruxelles (côté ouest de l’abbaye). Le projet a cependant dû patienter jusque 2005 avant de prendre forme grâce à la Fondation Yves Rocher - Institut de France qui a apporté non seulement son expérience dans le domaine des jardins médiévaux, mais également son soutien pour sa réalisation matérielle. Le jardin de 700 m2 que l’on peut découvrir aujourd’hui et qui est ouvert toute l’année n’est cependant pas une reproduction à l’identique, mais une évocation d’un jardin médicinal monastique au Moyen-Âge.

Joindre l’utile à l’agréable

« Les moines ayant pour principe la vie en autarcie ont toujours cherché à produire tout ce dont ils avaient besoin pour leur consommation, explique Dominique Sartiaux, l’une des guides de l’abbaye. En cultivant ces plantes, ils avaient à portée de main des aliments qui faisaient office de premiers médicaments. Mais à côté de cette fonction utilitaire, les jardins monastiques de plantes médicinales jouaient également un rôle symbolique et méditatif, puisqu’ils élevaient l’esprit et permettaient de retrouver équilibre et bien-être. »

L’espace est composé de deux parties : le jardin des carrés et le jardin sauvage. Le premier, linéaire, est composée de huit carrés en plessis de châtaigner. Au centre trône une fontaine en pierre bleue façonnée par les tailleurs de la carrière de Sclayn (Andenne) et de laquelle coule quatre jets représentant les quatre fleuves du paradis. Pour les moines, en effet, le jardin est le reflet de celui-ci et tout doit y rappeler la perfection et la beauté divine. Le second, en courbe, évoque la nature non domestiquée. Des arbres, des arbustes, une petite mare et… un hôtel à insectes en constituent le décor.

La source principale retenue pour le choix des plantes du jardin de Villers-la-Ville est l’oeuvre d’Hildegarde de Bingen, abbesse rhénane du XIIe siècle qui fut canonisée par Benoît XVI en 2012. « Cette abbesse étant originaire de la vallée du Rhin, elle décrit donc dans ses traités de médecine des plantes pouvant convenir à nos régions, justifie la guide. En outre, elle a eu des contacts épistolaires réguliers avec les moines de l’Abbaye de Villers qui lui ont posé pas moins de 38 questions d’ordre philosophique et religieux ! »

Hildegarde et la théorie des humeurs

Femme savante à laquelle on doit également, outre des ouvrages scientifiques, des textes saints et des chants, Hildegarde de Bingen croyait à la théorie des humeurs basée sur les écrits d’Hippocrate et sur laquelle reposait toute la médecine jusqu’au XVIIe siècle. Selon cette théorie, qui a conduit Baudelaire à écrire « Les Fleurs du mal », le comportement de l’homme est caractérisé par quatre humeurs et tempéraments correspondant aux quatre éléments : le bilieux et le feu (chaud et sec), le sanguin et l’air (chaud et humide), l’atrabilaire et la terre (froide et sèche), le flegmatique et l’eau (froid et humide). « Un déséquilibre entre ces humeurs engendre la maladie, explique Dominique Sartiaux. L’harmonie peut être rétablie par un régime alimentaire approprié et des préparations à base des plantes soignant l’humeur déficiente. »

C’est ainsi que, dans les six premiers carrés du jardin de l’abbaye – les deux derniers sont réservés aux plantes utilisées pour confectionner des textiles et pour leur teinture –, les plantes ont été réparties selon leur degré de chaleur et d’humidité. Dans le carré « plantes chaudes et sèches », on trouve, par exemple, l’hellébore fétide, que Hildegarde utilisait pour lutter contre les fièvres, la goutte, les brûlures à l’estomac et la jaunisse, alors que dans la catégorie « plantes froides et humides », la pulmonaire cuite dans du vin est hautement recommandée par l’abbesse « si on a le poumon enflé au point d’étouffer et d’avoir peine à retrouver son souffle ».

Avec des remèdes aussi simples, il n’est nul besoin de médecins, direz-vous. Essayez cependant de faire avaler cela à Argan, le « Malade imaginaire » de Molière, qui viendra geindre dans les ruines de l’abbaye cet été et qui entre en fureur quand on lui dit qu’il se porte bien. « Si on est enclin à la colère, prendre de la rose et à peine moins de sauge, réduire en poudre et, au moment où la colère jaillit en soi, présenter cette poudre devant les narines », conseille Hildegarde de Bingen qui, décidément, a réponse à tout.

 

Renseignements :

Abbaye de Villers

Rue de l’Abbaye 55

B-1495 Villers-la-Ville

+32 (0)71 88 09 80 [email protected] www.villers.be

 

LE JARDIN DU BIEN-ÊTRE

Depuis trois ans, l’Abbaye de Villers-la-Ville propose un panel d’activités « nature et bien-être » autour de son jardin d’inspiration médiévale : des balades nature, des visites guidées et des ateliers d’herboristerie (voir programme sur www.villers.be). Cette année, le point d’orgue de ces activités estivales aura lieu les 26 et 27 septembre. Le temps d’un week-end, le site se transformera en un « Jardin du bien-être » aux découvertes foisonnantes. Si le coeur de l’abbaye accueillera des stands dédiés au bien-être au naturel (huiles essentielles, cosmétiques, réflexologie, coaching, cuisine saine…), un autre espace fera la part belle aux aménagements de jardin et aux créateurs d’espaces verts, tandis que des herboristes et producteurs de plantes aromatiques proposeront des ateliers, dégustations et initiations gratuites. Le tout agrémenté de balades à la découverte d’herbes aromatiques et d’ateliers culinaires. Sans oublier le marché du terroir…

 

900 ANS D’HISTOIRE

L’Abbaye de Villers est une ancienne abbaye cistercienne située sur le territoire de la commune de Villers-la-Ville, en Brabant wallon. Fondée en 1146, sous l’impulsion de saint Bernard, par un abbé et des moines venus de Clairvaux (Champagne), sur un site présentant différents avantages (une vallée suffisamment retirée, de l’eau en abondance – la Thyle – et des matériaux de construction à portée de main), l’abbaye fut cependant complètement reconstruite durant le XIIIe siècle, époque de son apogée spirituelle et temporelle.Elle aurait compté en ce temps une centaine de moines et trois fois plus de convers. Le domaine, placé sous la protection des puissants ducs de Brabant, englobait alors une dizaine de milliers d’hectares, répartis entre Anvers et Namur.

Du XVIe à la fin du XVIIe siècle, l’abbaye connaît une succession de périodes calmes et troublées, durant lesquelles les moines quittent les lieux à neuf reprises pour des raisons d’insécurité. Le XVIIIe siècle constitue, en revanche, le second âge d’or de l’abbaye. Saccagée en 1789 par l’armée autrichienne et en 1794 par l’armée française, l’abbaye est pillée en 1814 par la population locale. Le XIXe siècle la voit tomber en ruines, ce qui a pour effet d’attirer les romantiques, dont Victor Hugo. En 1892, elle devient propriété de l’État belge qui entreprend rapidement sa restauration. En 1972, les ruines sont classées comme site et monument historique. Un chantier de consolidation d’envergure s’ouvre en 1985, tandis que des travaux de valorisation et de réunification démarrent en 2010. Les ruines sont aujourd’hui inscrites au patrimoine immobilier exceptionnel de la Région wallonne.

 

En cours de rénovation, le « campus hôtelier » de Namur ne recule pas devant les moyens. Il met à la disposition de ses élèves une école d’application unique en son genre : un hôtel de prestige et un restaurant gastronomique.

Le 8 juillet 1891, le roi Léopold II signe l’arrêt de déclassement de la Citadelle comme place forte et la remet officiellement à la Ville de Namur. Ayant perdu tout intérêt stratégique, la Citadelle (à l’exception de la Médiane et de Terra nova) est démilitarisée. Le roi entrevoit déjà le potentiel touristique de ce site historique. En 1893, un entrepreneur bruxellois propose que soient aménagés un hôtel avec établissement hydrothérapique et des jardins. Un funiculaire puis un tramway complètent le projet de manière à relier l’hôtel, d’une part, au bas des fortifications (côté Meuse) et, la gare de Namur, d’autre part. À charge de la ville de construire les routes carrossables (Merveilleuse et des Panoramas), escaladant chacune un versant de la colline. Une société anonyme voit le jour, Namur Citadelle, chargée de l’exécution des travaux et de la gérance du complexe touristique. Le 21 mai 1899, le Grand Hôtel de la Citadelle est inauguré alors qu’il est toujours inachevé. Le guide du Touriste et du Cycliste de l’époque écrit : « C’est dans les hauteurs de la Citadelle qu’on trouvera une habitation confortable exempte d’un luxe qui coûte cher sans rien donner, avec des eaux froides et des eux chaudes à chaque étage et constamment des ascenseurs… ». Cependant, l’argent vient à manquer et l’exploitant, dans une situation précaire, propose la reprise de la concession par la Ville. L’acte de vente est signé le 8 juillet 1911. L’hôtel est modernisé et ouvre à nouveau ses portes le 8 avril 1914. Une année qui sonne comme un glas. Le 23 août, le Grand Hôtel est bombardé. Il va se consumer deux jours durant. C’en est fini de l’hôtel pionnier à l’assaut de la Citadelle.

Campus hôtelier

Il faut attendre l’année 1930 pour que de nouveaux travaux sur l’emplacement de l’hôtel détruit débutent : le chantier du futur Château de Namur est mis en route. Devenu hôtel « Amigo », le propriétaire, bridé dans ses projets d’expansion en raison de l’architecture du bâtiment (un espace colossal sous toit inutilisable), propose à l’École Hôtelière, située quelques mètres plus bas, d’en assurer la gestion. C’est une opportunité, d’une part, pour l’école de s’adjoindre un hôtel-restaurant d’application de prestige et, d'autre part, pour la Ville de Namur de céder à la Province (bail emphytéotique) un bien qui lui coûte cher. Ainsi, depuis 1978, au sommet de la Citadelle, se développe un « Campus hôtel ier » unique en Communauté française : une école secondaire professionnelle, une Haute École en gestion hôtelière (Baccalauréat) et une école d’application qui n’est autre qu’une maison de stage. Il n’existe pas encore de Master, mais un projet est en cours de réflexion. « Un campus hôtelier aussi complet que le nôtre, cela n’existe pas ailleurs », précise, avec un subtil mélange d’humilité et de fierté, Cédric Vandervaeren, directeur du Château de Namur, professeur en management hôtelier en Baccalauréat et ex-élève du campus. Comme le furent aussi Pierre Résimont de L’Eau vive à Arbre ou encore Lionel Rigolet et Laurence Wynants du Comme chez soi à Bruxelles. Des références. Tous les diplômés ont obligatoirement suivi un stage au Château de Namur au cours de leur formation. Là, les professionnels de l’Horeca ont une approche pédagogique qui leur permet de former les stagiaires et de les évaluer de manière cohérente et optimisée. « Au Château, nous apprenons aux étudiants à se frotter au métier. Il faut savoir que, dans la restauration, beaucoup de diplômés quittent le métier dans la première année de leur vie professionnelle. Le choc est trop grand. Une école d’application est là pour éviter cela. » Autre atout de l’école d’application : la rencontre avec une clientèle réelle. « Le Château de Namur n’est pas le restaurant de l’école. C’est un vrai hôtel quatre étoiles avec un restaurant gastronomique. Nous ne pouvons pas nous permettre des dérapages ou de servir quelque chose de mal préparé. » Le message semble passer si l’on en juge l’application des jeunes gens en blouse blanche et noeud papillon noir. Le maître d’hôtel n’est jamais loin et veille discrètement.

Pour tester son courage

Durant le cursus du Baccalauréat, la formation technique est centrale. Les méthodes de gestion d’entreprise, le marketing, la gestion financière et l’apprentissage des logiciels informatiques spécifiquement hôteliers constituent un axe majeur de la formation. Le management des ressources humaines et l’apprentissage des langues étrangères sont également au coeur du programme d’études, tant la profession est un métier où le service et les contacts humains sont prioritaires. « Je pousse les étudiants à être créatifs. Le Château possède des caves inutilisées que je souhaitais rentabiliser sans faire de frais. Pendant les cours, nous avons réfléchi et trouvé ensemble une solution gagnante : monter un deal avec une entreprise bruxelloise spécialisée dans le team building pour l’installation d’une infrastructure de type Fort Boyard appelée Fort Bayard (Namur oblige). » Tout y est : tyrolienne, maîtres de jeux, toiles d’araignées et fumée anxiogène ! Depuis l’ouverture, l’attraction cartonne ! Comme une idée géniale a une vie courte, le professeur et ses élèves sont déjà en train de se creuser les méninges pour la suite. « Une Haute École qui n’a pas un outil comme le nôtre, je me demande comment elle fonctionne pour toucher à la réalité du métier si ce n’est dans les livres ? » Bonne question.

 

Renseignements :

Château de Namur

Avenue de l’Ermitage 1

B-5000 Namur

Tel +32 (0)81 72 99 00

[email protected] www.chateaudenamur.com

Au confluent de la Sambre et de la Meuse, la Citadelle de Namur ressemble à un bateau en cale sèche. Sa « proue » domine le Grognon, banc de terre chargé d’histoire. Les canons ne crachent plus de feu : la Citadelle est pacifiée et se réjouit des attentions de conservation dont elle fait à présent l’objet.

« Quand je suis arrivé au Service Citadelle en 2009, il y avait un bon moment que les murailles n’avaient plus fait l’objet de restauration », commente Jean-Sébastien Misson, historien, responsable du Service Citadelle. « Or, leur état de dégradation n’avait échappé à personne. Pour crédibiliser une demande d’intervention de la Région wallonne, nous avons commandité, en 2010, une étude détaillée sur l’état de conservation des murailles à un bureau d’architecture parisien, spécialisé dans l’architecture militaire. » Cette étude a permis de cartographier 50 000 m2 de murailles, avec, pour chaque muraille, une fiche descriptive des mesures à prendre ainsi qu’un estimatif des dépenses liées. Une ardoise élevée ! La restauration d’une seule traite des murailles est alors estimée à 24 000 000 €. « Ce diagnostic a non seulement permis d’objectiver l’état de conservation alarmant des murailles, mais a aussi permis d’arrêter un programme global de rénovation sur 10 ans ». Dès 2011, un chantier d’envergure, le plus important jamais mené sur la Citadelle depuis son classement comme site, est lancé (achevé en novembre 2012) : 5000 m2 de murailles, d’une seule venue, sont restaurés. Un second chantier d’intérêt archéologique (achevé fin 2014) fait suite et voit la restauration de la Porte de Médiane. Un projet plus spécifique de restauration qui dévoile et rend en partie accessible un témoin du château fort des Comtes de Namur : une tour médiévale du XIVe siècle. Au cours de ces derniers travaux, une boulangerie souterraine, aménagée à l’époque hollandaise et dont on redécouvre les fours, est restaurée. Cette boulangerie est aujourd’hui accessible lors d’animations comme, notamment, la dégustation de vins namurois ou de vins vinifiés par des Namurois. À noter qu’une animation analogue autour de la bière, dont la trouble Blanche de Namur, est organisée dans une ancienne casemate de la Citadelle en partenariat avec la Brasserie du Bocq.

Ces chantiers donnent le signal d’une relance des travaux de restauration de la Citadelle. Relance soutenue par un accord-cadre de 10 000 000 €. La décision fut prise par le gouvernement wallon fin 2013 et l’accord signé au printemps 2014. Le Namurois Maxime Prévot, nouveau Ministre du Patrimoine, ne pouvait qu’embrayer. Depuis, les chantiers se succèdent, les échafaudages se montent et se démontent pour un vaste lifting des murailles et des fortifications de la Citadelle. Fin des travaux prévus en 2018.

Scénographie souterraine

Pour la bonne cause, les « Grands souterrains », dont on visite environ 600 mètres courant, fermeront à la fin de l’année. Les restaurations nécessaires à la pérennité du monument et la sécurité des visiteurs seront menées, avec, pour problématique spécifique à un tel réseau enterré, la gestion de l’eau qui s’y infiltre. La majeure partie des tronçons visités est d’époque hollandaise, mais certaines zones témoignent encore de l’époque de Vauban. Qui plus est, l’Armée belge a également transformé ces souterrains durant l’Entre-deux-guerres par la création de zones censées résister aux attaques de gaz irritants (comme le gaz moutarde) dont on craignait les effets. Un  gunitage de béton a donc été projeté sur les parois de certaines zones et de nouveaux espaces souterrains ont même été creusés, gunités eux aussi, afin de les étanchéifier. Les vestiges du système de ventilation (air pressurisé) destiné à renouveler l’air vicié par de l’air frais en chassant les gaz à l’extérieur sont toujours visibles. Au terme de la restauration des « Grands souterrains », une scénographie sera créée, qui trouvera son achèvement en 2017. Sous la conduite du guide, le visiteur y découvrira diverses animations qui l’immergeront dans le passé de la « termitière de l’Europe », telle que Napoléon qualifiait la Citadelle.

Voyage au coeur de 2000 ans d’histoire namuroise

Avant la réouverture des souterrains, un espace très attendu ouvrira ses portes ce 26 juin : le nouveau Centre du Visiteur de la Citadelle de Namur. Le Centre présentera de manière ludique et moderne, la formation du site et du paysage namurois et deux mille ans d’histoire namuroise, depuis l’époque romaine jusqu’à nos jours et abordera les défis patrimoniaux et urbanistiques de la Citadelle et de la ville. Un tel outil de médiation et d’interprétation manquait cruellement depuis l’ouverture du site au public.

En lien avec l’ouverture de cet espace, durant le mois de juillet (les vendredi, samedi et dimanche en soirée), un spectacle « sons et lumières », Waterloo : The day after, sera proposé aux visiteurs. Le spectacle raconte le repli vers la France (en passant par Namur) des troupes napoléoniennes dirigées par le général Grouchy, après la défaite de Napoléon à Waterloo. S’il nous était donné de voir la Citadelle à cette époque, nous découvririons une citadelle en décrépitude. En effet, suite à la décision de Joseph II en 1782 (décision confirmée par Napoléon en 1801) de démilitariser les places fortes de ses territoires pour privilégier les batailles en rase campagne moins longues et coûteuses que les sièges devant de hauts murs fortifiés, la Citadelle de Namur est une ruine, une carrière de pierres à ciel ouvert. Il faut attendre le régime hollandais (1815 -1830) pour une reprise en mains. Après la défaite de Napoléon, selon un projet inspiré par le Duc de Wellington, les Hollandais construisent une barrière dissuasive de fortifications sur la frontière sud du nouveau Royaume des Pays-Bas afin de dissuader la France de toute nouvelle velléité expansionniste. Projet pour lequel ils réédifient la Citadelle. Ainsi, la Citadelle d’aujourd’hui est à 90% une citadelle hollandaise de la première moitié du XIXe siècle et pas du tout une Citadelle « Vauban ». Fin d’un mythe.

 

www.citadelle.namur.be  

 

CONCENTRÉ D’HISTOIRE

IIIe siècle Dès le IIIe siècle de notre ère, l’éperon rocheux dominant le confluent de la Sambre et de la Meuse et la bourgade gallo-romaine est déjà occupé par un établissement défensif. À partir du IXe siècle et jusqu’au XVe siècle, une importante forteresse, résidence des Comtes de Namur, s’y développe.

XVe siècle En 1429, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, acquiert le comté de Namur. En 1477, Marie de Bourgogne épouse Maximilien d’Autriche. Quand elle décède en 1482, Namur appartient à la maison des Habsbourg. Le développement de l’artillerie et les tensions entre Habsbourg et rois de France renforcent la vocation exclusivement militaire du site qui se transforme en une imposante citadelle.

XVIe siècle Charles Quint commandite une première extension bastionnée entre 1542 et 1559 (actuelle Médiane). Les rois d’Espagne poursuivent en ce sens à partir de 1631 par la construction d’une nouvelle extension (actuelle Terra Nova). La Citadelle poursuit ses efforts de défense au cours des conflits opposant Louis XIV et ses voisins. Elle atteint alors son extension maximale (80 ha).

XVIIIe siècle L’Empereur Joseph II, en 1782, et Napoléon, en 1801, déclassent la Citadelle de Namur. Après la défaite de Napoléon et la création des Pays-Bas (1815), le gouvernement hollandais entreprend la construction d’une ligne défensive pour contenir la France dans ses frontières.

XIXe siècle Après l’indépendance de la Belgique (1831), ces travaux sont complétés par de nouveaux bâtiments militaires (casernement). En 1893, la villégiature se développant dans la vallée mosane, l’État belge cède à la Ville de Namur les terrains extérieurs à la place forte. Le Grand Hôtel s’installe sur une partie de ceux-ci (voir article sur le Château de Namur).

XXe siècle En 1975, après les terrains avoisinants, le domaine fortifié (environ 10 ha) est cédé par l’Armée belge à la Ville de Namur. En 1978, l’ASBL Comité Animation qui en assure la gestion avec peu de moyens ouvre, pour la première fois, les portes de la forteresse au public. Il faut attendre le classement de la Citadelle comme site (1991) et comme monument (1996), puis son inscription sur la Liste du patrimoine immobilier exceptionnel de Wallonie (1999) pour que la Ville de Namur s’investisse dans son développement en créant, en articulation au Comité Animation Citadelle ASBL (animation et valorisation de la Citadelle en tant que produit touristique), un service communal chargé de la gestion du domaine fortifié dans ses aspects matériels et physiques. Une décision attendue par de vieilles pierres moussues en mal de rénovation.

Elle accueille plus de 200 000 visiteurs, 3 500 animaux, 1 800 exposants et marques, 300 000 m². La Foire agricole, forestière et agroalimentaire de Libramont est de retour pour la 81ème édition du 24 au 27 juillet.

Événement unique en Europe, c’est une spectaculaire vitrine pour le monde agricole et rural qu’il présente à travers notamment l'élevage, le machinisme, l'agroalimentaire ou l'horticulture. Mais aussi parce que c’est une foire « verte ». Comme chaque année, on ne sait où donner de la tête : des produits du terroir à déguster, des concours d’animaux, du saut d’obstacle ou encore de la traction chevaline. En 2015, la Foire s’articule autour du thème « la Forêt prend soin de nous. Prenons soin d’Elle ». Elle mettra en lumière les enjeux liés à la forêt et à son avenir. Pour cela, exposition thématique, animations interactives, tables rondes et parcours en forêt… Des activités qui introduisent un autre événement, celui de Demo Forêt, les journées forestières, organisé tous les deux ans et qui aura lieu cette année à Bertrix les 28 et 29 juillet.

 

Renseignements :

+32(0) 61 23 04 04

www.foiredelibramont.be

La 7e éditions du concours EDEN, European Destinations of ExcelleNce, s'est clôturée ce 2 juillet. Lancée en mars dernier sur le thème "Tourisme et gastronomie locale", elle a désormais son lauréat 2015: Waimes.

Tous les deux ans, la Belgique participe au concours EDEN. Organisé par la Commission européenne, ce dernier a pour objectif de détecter dans chaque pays de l'Union européenne les plus belles réussites en matière de territoire touristique autour d'un thème précis. Le lauréat du concours est désigné par un jury d'experts indépendants qui lui permet de rejoindre les réseaux wallons (EDEN+) et international de Destinations d'Excellence. La destination élue bénéficie d'une visibilité, d'une couverture médiatique et d'un échange d'expériences entre finalistes.

En Belgique, le concours est organisé par le Commissariat Général au Tourisme et vise toute destination émergeante située en Wallonie - la Flandre ayant décidé de ne pas participer - et qui a développé sur son territoire une offre touristique en lien avec la thématique concernée.

Aux yeux du jury, la commune de Waimes reflète donc le mieux le thème de l'année par l'expérience touristique qu'elle propose, et ce d'un point de vue durable, culturel, économique, environnemental et de l'implication des acteurs locaux. Les nombreuses infrastructures Horeca, leur association avec les sites touristiques et l'accueil multilingue ont définitivement séduit le jury.

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Ath, capitale du «Pays Vert» possède quelques joyaux. Son donjon du XIIe siècle et son Hôtel de ville baroque de Cobergher du XVIIe. Ses trésors remarquablement restaurés veillent sur leurs géants, autres trésors reconnus par l’Unesco comme patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

L’homme à qui l’on doit la naissance de la ville d’Ath se nomme Baudouin IV, comte de Hainaut. L’oeuvre de sa vie fut incontestablement le renforcement des places fortes du comté de Hainaut dont la construction de la Tour Burbant fut emblématique. Ce donjon dont subsistent de nos jours encore des vestiges permet de remonter le cours de cette histoire. Baudouin IV, surnommé le « Bâtisseur », avait acquis des terres marécageuses auprès de Gilles de Trazegnies, notable de la région. Son double dessein était, d’une part, de protéger son fief du Comte de Flandres, son principal ennemi venant du Nord par la vallée de la Dendre, et, d’autre part, de surveiller et soumettre à l’autorité comtale les familles nobles (trop ?) soucieuses de garder leur liberté d’action.

Erigé en 1166 au confluent des deux Dendre, le donjon anglo-normand, gigantesque vaisseau, veille sur un vaste territoire qui se développera au fil des siècles pour devenir aujourd’hui la ville d’Ath et ses dix-huit communes. L’objectif initial de cette imposante construction était donc stratégique et visait surtout à dissuader les comtés voisins d’une gourmande convoitise. Il faut dire que sa hauteur (20 m), sa largeur (14,4 m) et ses murs de 4 m d’épaisseur en ont découragé plus d’un. La bâtisse, entourée jadis de fossés et de levées de terre, a été conçue uniquement dans un but défensif. Cela signifie qu’aucun arsenal militaire n’y trouvait sa place. Pas de mâchicoulis, pas de meurtrières, juste quelques ouvertures pour la lumière.

Entourée de la haute cour, la tour était dépourvue de portes et accessible uniquement par des escaliers escamotables. Sa base aveugle abritait les réserves et les victuailles destinées au châtelain et à ses invités. Ce cellier est devenu par la suite une prison de deux cellules, l’Enfer et le Paradis. Le Paradis était éclairé par la lumière du jour, et l’Enfer plongé dans l’obscurité totale. Selon le délit, le bandit de grand chemin ou le voleur pris la main dans le sac finissait dans l’un ou dans l’autre. Quant à la pièce principale au second étage, elle était réservée au châtelain et sa famille. C’est là qu’il recevait ses invités qui trouvaient chez lui accueil et même certaines commodités, notamment des latrines. La largeur de 7 m et la hauteur de bien plus de 4 m si l’on tient compte de la voûte de pierre en plein cintre confèrent à cette grande pièce résidentielle son acoustique et son isolation. Si le plancher a disparu aujourd’hui, il subsiste sur les deux murs faisant face le rebord qui servait à porter le sol recouvert de terre battue sur toute sa surface par mesure d’isolation phonique. Ce lieu de vie était agrémenté d’une gigantesque cheminée dont le foyer partait du rez-de-chaussée et servait à chauffer, à cuisiner, à éclairer au passage les différents étages de l’édifice.

Ville étoile

Tout en haut de la Tour Burbant enfin, nous arrivons à l’air libre sur la terrasse. L’endroit était stratégique à l’époque puisque sa situation élevée et son angle de vision à 360° permettaient de repérer une approche ennemie ou suspecte. Aujourd’hui, elle offre aux visiteurs curieux que nous sommes une vue circulaire du paysage environnant d’où l’on devine encore les restes de certains murs d’enceinte et de casemates.

Au XVIIe (1668-1674) en effet, lors de la présence française, la cité a été enceinte de fortifications en étoile. Vauban, le fameux ingénieur de Louis XIV aura en effet construit une imposante ligne de fortification de 8 bastions, reliés par des courtines qui sont elles-mêmes protégées par des tenailles et des demi-lunes. Dispositif classique à la Vauban. Nous ne saurions que trop vous recommander de participer à une visite guidée qui vous montrera ce que des grands hommes étaient capables de réaliser tant au niveau de l’architecture, comme l’Hôtel de Ville de Cobergher, qu’à celui de l’ingénierie militaire. Ce parcours fait en outre largement état du développement, de l’essor, des guerres et des fléaux qui ont marqué le Pays d’Ath.

Hôtel Cobergher

Construit à la demande des archiducs Albert et Isabelle entre 1616 et 1624, l’Hôtel de Ville d’Ath, de style baroque, était constitué de pierres de taille venant d’Ecaussines, de briques et d’ardoises. Il faut savoir que la région était connue pour le travail de la pierre utilisée couramment dans la construction. Le bâtiment tel qu’aujourd’hui arbore une allure soignée. Ce ne serait pas le cas si, dans les années ’80, il n’avait été démonté et reconstruit quasi entièrement. Son état de décrépitude était tel qu’il fallait agir énergiquement. Seuls quelques éléments de la construction ont pu être conservés, notamment toute la façade arrière (la façade avant étant une copie) et les signes lapidaires (signatures des tailleurs de pierre) exposés dans la grande cheminée de la salle des Pas Perdus dotée d’un escalier monumental. À l’étage, se situent la salle des mariages, le grand salon et une salle de réunion. L’Hôtel de Ville assure principalement un rôle de préservation du patrimoine et d’évènements officiels tels que mariages, expositions, réceptions ou réunions. L’administration communale proprement dite a pris ses quartiers rue de Pintamont, dans l’ancien hospice de vieillesse, à deux pas du siège de la Maison des Géants qui occupe la très belle ancienne demeure appartenant à la famille Cambier.

Plus haut encore, sous la charpente, le Musée du Jeu de Paume richement documenté déploie tout l’historique retraçant l’évolution de ce sport populaire et festif pratiqué généralement le dimanche sur les places des faubourgs et des villages environnants. Aujourd’hui encore, la balle pelote draine les foules. Les familles ne sont plus endimanchées comme par le passé mais elles se réunissent encore pour encourager les joueurs. Et pas que par la voix. Des sommes folles sont mises sur le tapis. Véritable centre névralgique au coeur de la ville, l’ensemble architectural est le témoin privilégié du déroulement de fêtes, de réjouissances populaires, sans oublier le traditionnel marché du jeudi où affluent les Athois et les habitants de l’entité. Rappelons que si les restaurations successives ont apporté un cachet certain, la configuration de la place n’a pas beaucoup changé au fil des siècles. Au Moyen Age déjà, le marché attirait marchands de toile, ébénistes, dentellières, orfèvres et, bien sûr, le chaland.

La Maison des Géants

Parmi ses vestiges remarquables, la Ville d’Ath détient un trésor d’une inestimable beauté : la Maison des Géants. Anciennement occupé par la famille Cambier, spécialisée autrefois dans la fabrication de chaises dont la réputation a contribué à l’essor de la Ville d’Ath, cet hôtel particulier abrite le Musée des Géants regroupant des archives rares, des documents visuels et des objets se référant à la longue histoire des géants d’ici et d’ailleurs. Dans la cour pavée se dresse la demeure de style Louis XV et XVI accolée à une autre de style Renaissance. Derrière la façade blanche, dès que vous passez le seuil de ce qui était la maison familiale des entrepreneurs athois, vous serez éblouis par le hall d’entrée ample et lumineux entièrement garni de marbre blanc et noir. Dans le prolongement, se trouve une large pièce dont un bow-window s’ouvre sur le jardin préservé.

Depuis l’an 2000, la maison accueille les géants et leurs légendes ainsi qu’une collection de courts-métrages et autres bornes multimédia. Ailleurs, plus vrai que vrai, en vous plaçant sous un gigantesque panier dans un rétrécissement équipé d’images vidéo, vous pourrez vivre, comme si vous y étiez, ce que ressentent les porteurs pendant les cortèges. En outre, une place de choix est réservée au jeune public sous la forme d’ateliers de contes, de tressage du rotin utilisé pour la fabrication des paniers des géants, de modelage servant à façonner les têtes des personnages, etc. Les enfants avec leurs parents, les écoles et autres groupes sont donc les bienvenus dans le monde fascinant des géants et de leur cortège que les Athois ne rateraient pas pour un empire ! ■

 

La ducasse d’Ath et ses géants

Il est impossible de dire depuis quand exactement les Athois célèbrent cette fête. À partir du XVe siècle, les géants marchent dans la procession. Le cheval Bayard, transportant les quatre fils Aymon de la légende du cycle de Charlemagne, est créé en 1462 par la paroisse. C’est probablement à la même époque que les arbalétriers de la confrérie Saint-Roch réalisent le guerrier Goliath pour illustrer la scène qui l’oppose au berger David. Une trentaine de scènes processionnelles enrichissent la procession communale et religieuse : les groupes évoquant l’Ancien Testament voisinent avec ceux qui sont inspirés du Nouveau Testament ou qui représentent des récits de la Légende dorée (saint Christophe et saint Georges).

La ducasse d’Ath aujourd’hui

Le cortège de la ducasse d’Ath est devenu un élément essentiel du patrimoine des Athois à l’instar du Carnaval pour les Binchois. En 2005, l’Unesco a reconnu la manifestation comme chef-d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l’Humanité. Renseignements www.ath.be Les géants, dont le poids dépasse les 110 kilos, sont les figures les plus dynamiques et les plus anciennes. Ils dansent au son des fanfares régionales grâce à l’enthousiasme et au savoir-faire de leurs porteurs. Des géants semblables se retrouvent aux Pays-Bas, dans le nord et le midi de la France, en Grande-Bretagne, en Espagne, au Portugal, en Italie et en Autriche.

David et Goliath

La ducasse se déroule chaque année le quatrième dimanche d’août. Elle commence le vendredi lorsque les Athois brûlent les pantalons (brûlage des maronnes) du géant Goliath à la veille de son mariage. Le samedi après-midi, Goliath et sa femme dansent de l’Hôtel de ville à l’église Saint-Julien, escortés par les Bleus. Cette cérémonie marque le mariage des géants. Les vêpres sont suivies du combat qui oppose David à Goliath. Le dimanche, deux cortèges (le matin et l’après-midi) font défiler l’ensemble des géants, des chars et des groupes. ■

Riche d’une histoire étroitement liée aux Princes de Ligne, le château se dresse en terre hennuyère depuis plus de six siècles. Un joyau somptueusement meublé, au coeur d’un magnifique jardin à la française. Alors, cour ou jardin ? Surtout ne pas choisir !

Né au XIVe siècle, il avait résisté à bien des secousses, dont la révolution française et la Seconde Guerre mondiale. Il faillit pourtant ne jamais connaître le XXe siècle. Le 14 décembre 1900, un incendie ravageait le château de Beloeil, l’un des plus beaux, sinon le plus beau des châteaux de Belgique. Celui que l’on surnomme parfois le Versailles belge ne pouvait cependant périr ainsi. Il fut reconstruit à l’identique, d’après les plans d’origine, entre 1901 et 1906. « Mais le plus formidable, c’est que tout son contenu put être sauvé, se réjouit Isabelle Cachoire, en charge des visites touristiques du domaine. C’était jour de marché. Toute la population a accouru pour aider le personnel à évacuer tout ce qui pouvait l’être. C’est ainsi que la précieuse bibliothèque et ses 20 000 livres furent sauvés par les femmes, qui les emportèrent dans leurs longues jupes ! »

Des anecdotes, mais aussi des hauts faits, le domaine de Beloeil en a vu au cours de sa longue histoire, indissociable de celle de la famille de Ligne, à laquelle il appartient depuis le XVe siècle et qui l’occupe toujours aujourd’hui. La Maison de Ligne est en effet l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses familles nobles du pays. Elle trouve son origine au XIe, dans ce qui est alors le vaste comté du Hainaut. Les seigneurs de Ligne tirent leur nom d’un petit village situé à quelques lieues d’Ath. Des racines hennuyères qu’ils n’ont jamais reniées au cours des siècles, et quels que soient ceux qu’ils servirent : comtes de Hainaut, rois de France, ducs de Bourgogne, empereurs d’Autriche, rois d’Espagne et …rois des Belges.

Les meilleurs ébénistes

Le château de Beloeil n’a évidemment pas toujours été ce magnifique ensemble de facture classique. Comme toute place forte digne de ce nom, il commença par être une forteresse médiévale : les tours actuelles et les douves rappellent ce passé austère. Modifié au fil des siècles, il allait devenir cet authentique château de plaisance, au coeur d’un remarquable jardin à la française de 25 hectares.

Dès le début de la visite, qui commence par le vestibule et le grand escalier d’honneur, le charme opère. Franchir la porte de Beloeil, c’est plonger dans un autre monde, celui d’un passé prestigieux dont on aurait miraculeusement préservé l’esprit. « Ce qui impressionne le plus les visiteurs, confie Isabelle, c’est la qualité et l’importance de la décoration. Le château est entièrement meublé. On peut y admirer tout particulièrement le travail des meilleurs ébénistes des XVII e et XVIII e siècles. » Et notamment une table Régence signée par Boulle, qui a pu être restaurée grâce à des dons privés. Aux murs, d’immenses tableaux écrivent autant l’histoire des lieux que la longue généalogie de la famille.

La succession des salles et des appartements n’a rien d’un banal Cluedo. Ici, les pièces évoquent des noms qui rappellent leurs fonctions originales : la salle des Maréchaux, la salle des Ambassadeurs… Et si la salle à manger n’a pas hérité d’une appellation plus glorieuse, retenez qu’elle peut malgré tout accueillir une quarantaine de convives autour de sa longue table en acajou. Convives qui dînent face à l’enlèvement d’Hélène de Troie, reproduite sur une immense tapisserie des Gobelins…  

L’important, c’est le rose

À l’étage, le palier est un lieu d’arrêt obligé pour savourer le point de vue. C’est de là que les jardins prennent leurs plus beaux reliefs. Les chambres, toutes richement meublées, rappellent par leur nom – la chambre d’Amblise, la chambre d’Epinoy… – les titres nobiliaires de la famille de Ligne. La pièce la plus surprenante reste l’appartement du Feld-Maréchal Charles-Joseph, dont la couleur rose a pris largement possession. Oui, le rose ! « C’était sa couleur préférée, sourit Isabelle. Cette couleur, disait-il, le mettait de bonne humeur. » Mais le WAW d’admiration se produit toujours au même endroit, en redescendant du premier étage, lorsque l’on entre dans la bibliothèque. « J’avoue, confesse Isabelle, que je passe toujours en tête. Cela me permet de savourer les expressions des visiteurs lorsqu’ils découvrent ces rayonnages chargés de livres précieux. Ils sont abasourdis. » Et pour cause ! Les 20 000 volumes sauvés des flammes dans les conditions que l’on sait forment de somptueux alignements de reliures originales, serrées dans des boiseries anciennes. Atmosphère garantie ! Créée à l’origine par le deuxième prince de Ligne, Albert-Henri (1609-1641), qui était de santé assez fragile, la bibliothèque s’est enrichie au fil des siècles. On y trouve des pièces rarissimes, telles que le Liber passionis aux armes d’Henri VII d’Angleterre, ainsi que toute une collection d’atlas rachetée par le feld-maréchal Charles-Joseph, encore lui, à Charles de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas. Et ami personnel.

Une histoire de princes

Impossible en effet de parler de Beloeil sans évoquer quelques-uns de ses plus célèbres occupants, dont justement Charles-Joseph (1735-1814), 7e Prince de Ligne. Diplomate de haut vol, il fréquenta les cours d’Europe, où il côtoya l’Impératrice Catherine II de Russie, Marie-Antoinette, Joseph II d’Autriche, Marie-Thérèse d’Autriche… Mais on lui doit surtout des Mémoires, un legs littéraire que certains comparent, en qualité, à celles de Casanova, et qui l’imposa comme l’un des grands mémorialistes belges. Passionné par les livres, il les faisait relier… en rose. Plus proche de nous, le prince Eugène II (1893-1960), 11e Prince de Ligne, fut également diplomate. Lors de l’invasion allemande, il reprendra du service actif avant d’être démobilisé. Dès 1941, il organisera au château l’accueil d’enfants juifs, ce qui lui vaudra en 1975 la médaille des Justes décernée par Israël.

Le 13e Prince, Antoine (1925-2005), fut également une figure marquante. Ce passionné d’aviation (et de montgolfières), qui s’était engagé dans la RAF dès 1943, participera en 1958 à l’expédition Antarctique de Gaston de Gerlache. Il faillit d’ailleurs y laisser la vie. Revenu sur ses paisibles terres hennuyères, le Prince Antoine, soucieux de trouver les fonds nécessaires pour préserver l’immense domaine, sera l’un des artisans de l’ouverture du château au public. C’est à lui que l’on doit notamment l’exposition annuelle d’amaryllis, en mai, et les célèbres Musicales de Beloeil qui, chaque été, transforment ce petit coin de terre hennuyère en une incomparable scène à ciel ouvert, le temps d’une nuit toujours trop courte. ■ 

 

Le jardin de Beloeil, 25 hectares d’harmonie végétale

Paix, sérénité, rêverie… C’est un flot d’émotions un peu passées de mode qui nous submerge dès les premiers pas dans le jardin de Beloeil. Il a fallu beaucoup de temps, de patience et de persévérance pour que ces 25 hectares de nature, ébauchés au XVIIe siècle, prennent leur forme actuelle, autour d’une immense pièce d’eau. Aujourd’hui encore, une dizaine de jardiniers s’activent à conserver toute sa noblesse tranquille à ce havre de verdure. Modelé par plusieurs architectes successifs, dont François-Joseph Bélanger (1744-1818), le parc offre un dessin rigoureux. Le départ de la promenade entraîne un choix déchirant. Faut-il emprunter la tranquille et somptueuse allée du Doyen ? C’est en parcourant cette ligne droite de 600 m, dominée par des charmilles hautes de six mètres, que le Doyen de Beloeil aimait lire son bréviaire… Ou faut-il plutôt privilégier la voie parallèle et sa succession de pièces à ciel ouvert ? Ce sera notre choix.

Il s’ouvre sur une vaste cuvette engazonnée, le Boulingrin, où l’on jouait aux boules. Lui succède le jardin des roses, où furent introduites autrefois les premières roses Bengale, et le bassin des Poissons rouges, lieu idyllique qui connut bien des bals et de galants amusements aux XVII et XVIIIe siècles. Ah ! Si les reflets dans l’eau pouvaient raconter les petites histoires de la grande Histoire…

Quelques pas plus loin, le Bassin ovale, alimenté par sa propre source, rappelle une fois encore toute l’importance de l’eau dans cet environnement naturel. Nouvelle démonstration avec Les Miroirs, deux petits bassins rectangulaires nichés au pied de charmilles. Le Prince Antoine de Ligne fit patiemment remonter celles-ci pour respecter les règles édictées par Dezallier d’Argenville (1680- 1765), qui rédigea plus de 500 articles sur le jardinage et l’hydraulique pour l’Encyclopédie. Passage obligé, ensuite, par les Sources, qui alimentent certains bassins. Jetez dans la plus petite d’entre elles une pièce de monnaie et faites un voeu. Si des bulles apparaissent à la surface, c’est qu’il sera exaucé.

En quelques enjambées, nous voici désormais tout à l’opposé du château, à la tête du grand bassin que domine un groupe de sculptures réalisées au XVIIIe siècle par Adrien Henrion, disciple de Pigalle, et représentant Neptune, Eole et Aquillon. Avant de songer au retour, par l’autre rive, un coup d’oeil s’impose à l’Orangerie, superbe bâtiment de 1830, autrefois dédié aux plantes et reconverti en immeuble de réception. Pour achever le tour de la pièce d’eau centrale, deux voies s’ouvrent une fois encore à nous. Soit celle du Mail, longue allée bordée d’arbres, soit une nouvelle succession d’espaces tracés au cordeau, où le végétal et l’aquatique se donnent la réplique avec un constant souci d’équilibre. Avouons un faible pour le « Bassin des Dames », ainsi nommé parce que ces charmantes s’y baignèrent dès le XVIIIe siècle dans la « petite profondeur. » Ce bassin put être restauré en 1993, avec l’aide de la Région wallonne, dans le cadre de l’année européenne des Parcs et Jardins.

À proximité du château, le Bassin des glaces rappelle quant à lui que, jusqu’au début du XXe siècle, on y sciait la glace que l’on entreposait sous une butte pour la conserver jusqu’en été. Depuis, les temps ont bien changé. Mais pas les jardins de Beloeil, impassibles témoins des siècles qui avancent. ■

 

Renseignements

Domaine de Beloeil

Rue du Château, 11

B-7970 Beloeil

+32 (0)69 68 94 26

[email protected]

www.chateaudebeloeil.com

 

Visites

Ouvert week-ends et jours fériés en avril, mai, juin et septembre, de 13 à 18h.

Tous les jours en juillet et août, de 13h à 18h.

Pour les groupes de minimum 20 personnes (sur réservation), le Domaine est ouvert d’avril à octobre de 10h à 18h et la visite du château se fait avec un guide.

Injustement méconnu, le château de Reinhardstein, près de Malmedy, tente de retrouver son lustre d’antan en misant sur son cachet improbable et sur des activités grand public.

Si la Belgique compte plus de 1 200 châteaux, aux styles et époques diverses, le Burg Metternich de Reinhardstein se démarque par sa singularité à plus d’un titre. Engoncé au coeur des Hautes-Fagnes, sur un site classé de plus de 120 hectares, ce château fort médiéval de schiste brun-noir surplombe la vallée de la Warche depuis un piton rocheux. Ensemble architectural unique en son genre, il ressemble bien plus à certaines forteresses allemandes du XIVe qu’aux édifices wallons de la même époque. Patrimoine exceptionnel et fierté de toute une région, il souffre cependant d’un manque de reconnaissance du grand public qui ignore une grande partie de sa riche histoire, passée et actuelle.

Plus haut château du pays – nous ne sommes qu’à un jet de pierre du Signal de Botrange –, il est aussi l’un des plus anciens. Fondée en 1354 par Renaud de Waismes, la forteresse, construction typique de la région de l’Eifel, devient rapidement le lieu de protection privilégié pour les villages des environs, souvent le théâtre de nombreux pillages. Au fil des siècles, Reinhardstein passe de famille en famille, résiste à l’épreuve du temps et finit par être vendu à un démolisseur par son dernier propriétaire, le comte de Metternich. Nous sommes en 1812 et le burg qui, jamais, n’avait eu à subir de faits de guerre de toute son histoire, se voit peu à peu démantelé, pierre après pierre. Rendu perméable aux ravages des intempéries, l’édifice se détériore rapidement. Plus d’un siècle plus tard, alors que la ruine n’est plus que le terrain de jeux préféré des enfants du coin, elle va connaître une seconde renaissance sous l’impulsion de Jean Overloop, personnalité hors norme et indécrottable amoureux du patrimoine belge.

En 1965, à la faveur d’une visite dans les Hautes-Fagnes, ses pas le conduisent au pied de l’amas de pierres et de rocailles. Coup de foudre instantané. Seuls quelques murs tiennent encore debout mais qu’importe. Il puise dans sa fortune personnelle, sollicite des fonds privés et fédère l’enthousiasme des artisans de la région. Pari gagné, Reinhardstein ressuscite littéralement en moins de deux ans ! « Au fil des années, chaque tour, chaque pièce retrouve son allure d’antan ou du moins, son allure supposée vu le manque de documents sur l’état originel de l’édifice, raconte Brigitte Arnold, directrice du domaine désormais géré par une ASBL. Et le résultat actuel force l’admiration car jamais sans doute un château autant rénové n’a paru aussi peu… reconstruit ! » Et le visiteur ne peut que se rendre compte de l’efficacité de ce travail, tant l’ensemble parait homogène et d’époque.

Après avoir galéré quelque peu sur des routes de campagne étroites et craquelées, en se demandant s’il est bien sur la bonne route, le curieux plonge rapidement dans une petite vallée verdoyante et accidentée. Surgi de nulle part, le château se dresse alors. Sa  haute tour carrée le toise, le temps s’arrête. Le silence. L’atmosphère qui se dégage de l’ensemble le renvoie plusieurs siècles en arrière, où l’importante bâtisse aux formes irrégulières épousait déjà les courbes du morceau de roche sur lequel il est juché. Un étroit sentier, un petit jardin, un panorama magnifique et, déjà, la cour du château, les premières salles. Ensemble indescriptible d’objets en tous genres, les lances côtoient les hallebardes, les épées trônent au pied des tapisseries, les armures veillent, impassibles. « Tout au long de sa vie, le Professeur Overloop a amassé toute une foultitude d’objets du Moyen Âge mais aussi du XVIIIe, ce qui crée un ensemble parfois étonnant mais qui imprègne malgré tout une impression de vie toute particulière, peut-être aussi parce qu’il a lui-même habité le château pendant de nombreuses années », évoque Brigitte Arnold.

Passé la salle des gardes, puis celle des chevaliers – la plus grande du bâtiment – un petit escalier mène à la chapelle du burg. Fidèle à la volonté de l’ancien propriétaire, l’ASBL continue de faire de l’endroit un lieu de vie en y organisant des concerts, des offices religieux, voire des mariages. L’étage, divisé par des cloisons à colombages, comporte toujours les pièces d’habitation où le Professeur avait ses habitudes. Un étroit passage relie ce corps de logis au donjon, remarquable construction carrée à neuf niveaux qui abrite notamment la bibliothèque et l’atelier de restauration. Et de restauration, il en est plus que jamais question tant l’édifice nécessite un entretien et une vigilance permanent, ce qui représente un défi majeur en termes d’investissement. « Si le site, qui fait partie de la réserve naturelle, est classé, il n’en va pas de même pour le château puisqu’il a été entièrement rénové. » Le privant du coup d’une partie des subsides octroyés à l’entretien et la promotion du patrimoine wallon. « On doit ruser et sonner à toutes les portes pour réussir malgré tout à subventionner une partie des travaux indispensables que nous entreprenons. »

Fleuron du patrimoine wallon

Ouvert toute l’année, le château compte principalement sur les visites pour financer ses projets et table sur la richesse de son patrimoine pour motiver les curieux à y déambuler. Outre ses pierres séculaires, Reinhardstein dispose ainsi d’une large collection de marionnettes d’époques (liégeoises, bruxelloises et siciliennes), de statues de pierre mais surtout d’une crèche originale, dont les personnages grandeur nature en bois polychrome sont articulés. Phénomène curieux, près de 80 % du public drainé ici chaque année est néerlandophone. « On peine à attirer le Liégeois, qui n’est pourtant pas très éloigné. Peut-être a-t-il l’impression que les Hautes-Fagnes, c’est le bout du monde », sourit Brigitte Arnold, elle-même Liégeoise.

En plus des visites guidées organisées chaque weekend, l’ASBL tient à promouvoir la culture au travers d’évènements programmés tout au long de l’année. Après le patrimoine carnavalesque de Malmedy en mars, le château accueillera la fête de la musique en juin, célèbrera la nuit de la chauve-souris en août avant de faire renaître le théâtre des marionnettes en septembre. Les gestionnaires souhaitent également que la population locale se réapproprie le site. Après une chasse aux oeufs lors des dernières vacances de Pâques, une balade et une soirée sur le thème d’Halloween verra le jour à l’automne. Des activités diverses qui vont aller crescendo car la survie et l’entretien du site passent par une plus grande fréquentation de ce fleuron du patrimoine wallon. ■ 

 

Renseignements

Château de Reinhardstein

Chemin du Cheneux, 50

B-4950 Ovifat

+32(0)80 44 68 68

[email protected]

www.reinhardstein.net

Visites

Samedi & dimanche et Jours Fériés

Vacances scolaires : WE + mardi et jeudi

Groupes & Écoles : toute l’année sur réservation

C’est le nom de la maison de vacances « wellness » de Marc et Nathalie Labranche, à Houffalize. Un magnifique bâtiment parfaitement intégré dans l’environnement du Parc naturel des Deux Ourthes.

Vous aimeriez passer vos vacances au bout du monde mais vous avez les voyages en horreur ? Pas de problème. Filez dans les Ardennes, prenez l’autoroute E25, quittez-la à Houffalize et faites une dizaine de kilomètres vers l’Ouest. Vous voilà à Engreux. C’est le nom de ce village d’une centaine d’habitants (on ne compte pas les nutons, trolls et farfadets qui peuplent l’auberge du Vieil Engreux !), situé « au bout du monde » parce que la route ne mène nulle part. Si vous cherchez à passer coûte que coûte, vous tomberez dans l’Ourthe, l’occidentale ou l’orientale selon votre dernier coup de volant ! En revanche, il est possible d’y loger très confortablement.

La maison de vacances de Marc et Nathalie Labranche est un centre « wellness » pouvant accueillir jusqu’à 22 personnes. Il est équipé d’une piscine intérieure, d’un sauna, d’un jacuzzi et de divers équipements récréatifs à l’attention des familles qui totalisent 70 % de sa clientèle. « Voici quelques années, nous avions aménagé quatre gîtes dans une maison du village, explique la propriétaire. Nous avons décidé de faire de même avec cette ancienne ferme dont il ne restait quasiment plus que les murs. Nous avons bien sûr dû revoir tous les volumes. Les travaux se sont étalés sur trois ans mais le jeu en valait la chandelle car nous aimons les contacts et nous voulions faire partager notre passion pour cette région. Celle-ci n’a certainement pas de meilleur ambassadeur que mon mari. C’est le fils de l’instituteur du village. Il est né ici et est indéracinable. »

Ouverte depuis 2010, cette maison du bout du monde est aussi le reflet du savoir-faire houffalois car c’est à un artisan de l’entité que l’on doit tout le travail du bois : parquets, escaliers, meubles… « Nous avons veillé à intégrer le bâtiment dans son environnement, c’est pourquoi vous ne verrez pas la moindre brique, explique Nathalie qui s’est, quant à elle, plus particulièrement attelée à la décoration. J’ai opté pour une couleur différente dans chacune des neuf chambres. Le rustique a été choisi pour celles qui ont conservé des pans de murs anciens, tandis que les autres sont résolument contemporaines. Pour les murs, j’ai flashé sur les oeuvres d’un artiste liégeois. »

Soucieux de mettre en avant les attraits de leur village, Marc et Nathalie se sont efforcés de disperser ci et là des éléments en forme de carte de visite. Ainsi, dans le petit salon, les photographies accrochées au mur sont d’originales invitations à découvrir les joies de la randonnée, du VTT, du kayak, de l’escalade, de la pêche à la mouche… Autant d’activités que propose le Parc naturel des Deux Ourthes dont les vacanciers peuvent admirer un bel échantillon depuis la large terrasse en bois qui fait office de toit à la piscine. « À certains endroits, on se croirait au Canada ! », assure la propriétaire en contemplant la vallée. ■ 

 

À voir, à faire

La balade du tour du lac

Si la route qui mène à Engreux s’arrête à la sortie du village, les promeneurs, eux, sont invités à poursuivre jusqu’au confluent des deux Ourthes où le centre Adeps propose de multiples activités dans et autour de l’eau. « Partant de là, vous pouvez faire une jolie balade à pied jusqu’au lac et au barrage de Nisramont », suggère Nathalie, qui signale que l’on peut aussi louer des VTT à Houffalize. « La région est le paradis des mountainbikes ! »

Autres curiosités et activités

Le Parc Houtopia à Houffalize (www.houtopia.be), la brasserie de la Chouffe à Achouffe, le Ravel entre Houffalize et Bastogne, la ville de Bastogne, ses musées et le mémorial du Mardasson, le château de La Roche-en- Ardenne… Et pour ceux qui viendront le premier week-end d’août, le Carnaval du Soleil à Houffalize.

 

Renseignements

www.ardennes-etape.com

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