Waw magazine

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À la lisière du plus beau circuit du monde, au coeur des Ardennes, l’Hôtel de la Source brille par son architecture… et son management exclusivement féminin.

Construit il y a près de trois ans par des investisseurs luxembourgeois, l’Hôtel de la Source présente une par ticularité peu commune. Quatre femmes ont en main toutes les commandes. Et alors ? Et alors rien. Si ce n’est que quand on s’appelle l’Hôtel de la Source parce qu’on a une vue directe sur le virage du même nom, qu’on est situé Route du Circuit à Spa, l’ambiance devrait forcément, de près ou de loin, être proche de l’univers automobile, plutôt viril... « C’est vrai que la période des courses est importante en termes de chiffre de notoriété, signale Muriel Defosse, la directrice commerciale. Mais l’activité de l’hôtel n’est pas uniquement axée sur la course automobile. Nous proposons bien davantage à nos clients.»

L’univers architectural est plutôt branché et la décoration est teintée de sports moteurs… sans être asphyxiante. Mais Stefano Moreno, l’architecte, a eu le bon goût de proposer un univers High Tech et Design plutôt que des paddocks de luxe pour ce grand hôtel de 90 chambres, dont 4 suites, qui est tout autant orienté business que pur tourisme. « Nous disposons de près de 550 m² modulables d’espace de réunion, précise Muriel Defosse. Nous accueillons beaucoup de tourisme d’affaires, de séminaires et de team trainings. » Les infrastructures et les environs se prêtent particulièrement bien à ce genre d’activités professionnelles. « Nous avons le RA VeL et toute la forêt qui nous entoure. Bien sûr les animations propres aux circuits attirent leurs publics. Mais la ville de Spa, ses sources, son charme et ses Francofolies sont des atouts majeurs. À deux pas, l’Abbaye de Stavelot et son musée… du circuit, mais pas uniquement. Il y a tant de choses à découvrir dans les environs ».

N’est-ce Spa ?

Mais comment arrive-t-on à Spa pour assurer la commercialisation et le marketing d’un hôtel ? « Je suis spadoise d’origine, bien que je n’y vive plus, poursuit la directrice commerciale, traductrice de formation et licenciée en management. Grâce aux langues, j’ai pu dégotter un job de responsable de communication dans une entreprise pharmaceutique. Je devais donc régulièrement organiser des incentives. Premiers contacts avec l’horeca et l’événementiel. Le Sanglier des Ardennes m’a proposé de passer de l’autre côté de la barrière. Et hop, je suis tombée dedans. Quelques années à Durbuy et cette proposition est arrivée. » Difficile de refuser un challenge comme celui-là. Puisqu’il fallait tout construire… excepté le bâtiment, splendide au demeurant.

Les trois autres dames aux commandes ont un parcours tout aussi intéressant. Alexia Ponghis, la responsable des séminaires est titulaire d’une licence en psychologie complétée plus tard par un master en tourisme. Elle est rapidement tombée amoureuse du métier. La directrice, Sophie Coumont, avait été engagée dès le début comme directrice commerciale, en juillet 2010, avant de reprendre la place du directeur général quelques mois plus tard, en mars 2011. Les quatre postes clés sont depuis lors aux mains de femmes. Une volonté ? « C’est fortuit, car le recrutement s’est fait en fonction des compétences. On n’improvise pas une équipe pour un quatre étoiles. Toutefois, il est vrai qu’on a reçu peu de candidatures masculines pour ces postes. Mais le hasard fait bien les choses » confie la directrice générale, licenciée en management qui a fait toutes ses classes en dix ans chez Dorint et Accor. Comme sa collaboratrice Monia Belli, chef de réception, l’horeca a toujours été son secteur. Avantage ou désavantage ? « Lorsqu’on a un travail qu’on apprécie, on le fait bien, poursuit Sophie Coumont. Les formations et les expériences de chacune sont complémentaires. Dans le cas d’Alexia qui a un bagage “psycho”, en plus de ses aptitudes à gérer le stress, son profil est essentiel pour la compréhension du client, de ses demandes et besoins. Cette approche orientée client combinée aux compétences managériales sont un atout indéniable pour un hôtel comme le nôtre. »

Priorité au contact

« Notre méthode de travail est basée sur le côté humain du métier. C’est ça qui fait la différence. La chaleur de l’accueil doit l’encourager à revenir, commente Monia Belli, également présente depuis le début de l’aventure. Lorsqu’on nous adresse une demande de prix, nous nous faisons fort de remettre l’offre dans les 24h… en main propre, complète Muriel. L’hôtel, ce n’est pas qu’une enseigne. Ce sont des personnes… dont nous espérons que le client se souvienne… »

 

Affaires ou loisirs ?

Vu la qualité et la situation de l’hôtel, le public est tout autant national qu’international. « Notre clientèle est principalement flamande, précise Muriel Defosse. Notre design branché plaît beaucoup. » Ce public néerlandophone, de Flandre ou de Bruxelles, apprécie davantage les courts séjours de loisirs. Le podium de détente est donc constitué de Flamands, de Brabançons wallons et de Néerlandais, suivis par les Anglais et les Français, qui eux viennent attirés par le sport automobile. Côté business, les Néerlandais constituent quelque 10 % de la clientèle (contre 30 % en loisir) tandis que les Allemands sont sousreprésentés. « À l’inverse des Luxembourgeois, qui représentent un bon marché pour les affaires, les Allemands restent très conservateurs. Leur réseau MICE (Meetings, incentives, conférences, exhibitions) casse les prix pour fidéliser leur clientèle en interne.» Pourtant, ce public est quand même attiré par une gastronomie de qualité. Et comme Jean-Marc Hazée, le nouveau Chef, a haussé le niveau gastronomique…

 

Who’s who?

Muriel Defosse

Formation
Licence en Traduction- Interprétation (UMH), Master en Management (ULg)
Expériences précédentes
Sales & Marketing Manager (Hostellerie Sanglier des Ardennes), Communication Manager (Laboratoires Lohmann & Rauscher)
Engagée
Juillet 2011
Fonction
Senior Sales Manager Hôtel de la Source Spa- Francorchamps, Board Member du Club MI CE Wallonie-Bruxelles Tourisme

Alexia Ponghis

Formation
Licence en Sciences Psychologiques (ULg), Master en Tourisme (URJC Madrid)
Expériences précédentes
Events Manager (Modelenvironment), Project Manager (Instele)
Engagée
Août 2011
Fonction
Meetings & Events Coordinator Hôtel de la Source Spa-Francorchamps

Monia Belli

Formation
Graduat en Economie, option Tourisme et Langues (Haute Ecole Charlemagne)
Expériences précédentes
Front Office Manager (Chaînes hôtelières Dorint et Accor)
Engagée
Juillet 2010
Fonction
Front Office Manager Hôtel de la Source Spa-Francorchamps

Sophie Coumont

Formation
Licence en Management (Tourisme), ULB
Expériences précédentes
Marketing & Sales Coordinator, Sales Manager, Director of Sales (Chaînes hôtelières Dorint et Accor)
Engagée
Juillet 2010
Fonction
General Manager Hôtel de la Source Spa-Francorchamps, Présidente SITE Belgium 2013-2014

 

Renseignements

Hôtel de la Source
Route du Circuit, 22
B-4970 Francorchamps
+32 (0)87 79 58 00
[email protected]
www.hotel-de-la-source.com

Au coeur du Pays Vert, la famille de Meester veille sur un vrai trésor patrimonial. Rigueur et respect côtoient découverte et ouverture au public.

Sous le château d’Attre actuel était construit un manoir médiéval défensif pour raisons de guerres et invasions récurrentes. Les temps devenus meilleurs et plus sereins, l’ancien édifice n’était plus adapté. Le nouvel essor industriel et commercial donnait l’envie de jouir d’une vie plus douce et plus fastueuse. C’est donc en 1752 que le comte François-Philippe Franeau d’Hyon, comte de Gomegnies, décida de le raser pour y construire un château de plaisance. Depuis plus de 250 ans, ses descendants y habitent toujours et veillent avec conviction à sa conservation.

Au cours des visites guidées, vous serez surpris par la beauté et le raffinement des différents salons qui ont chacun un usage bien précis. L’entrée du château est encadrée de hautes colonnes en marbre rose cédées par l’abbaye de Cambron non loin de là. De part et d’autre du jardin à la française, se trouvent les deux « pavillons à carrosses » destinés à abriter les véhicules hippomobiles. L’un d’eux a récemment bénéficié d’une restauration opérée dans les règles de l’art et de l’architecture de l’époque. La remise en état du second ne devrait pas tarder dès que les moyens financiers le permettront.

Entrez donc !

Le visiteur est accueilli comme l’étaient les invités d’autrefois. Sur le perron central flanqué de deux sphinges, le large hall d’entrée débouche sur la grande porte, encore close, donnant sur les différents salons. Toujours dans le hall, dans l’un de ses coins, une double porte bombée dissimule une chapelle réservée aux invités, mais aussi aux habitants du village les jours de procession ou de rogations. Au-dessus de l’autel veillent deux « putti » (angelots nus) sculptés par Jérôme Duquesnoy, l’auteur de notre Manneken Pis. Une porte sur la droite dévoile le hall d’apparat. Une gigantesque cage d’escalier, d’un subtil mélange de style rocaille et néoclassique, très en vogue dans les années 1710 - 1750, accède à l’étage. Elle fait office de galerie de portraits d’ancêtres prestigieux. Sous l’escalier se trouve un meuble vitrine exposant une très belle collection de gibiers d’eau et d’oiseaux exotiques empaillés. Derrière une authentique chaise à porteurs, quelques flacons anciens en verre soufflé de couleur sont des rescapés des sources de Spa qui reposaient sur un support de bois, or et argent.

Les salons

Au nombre de quatre, chacun de ceux-ci se prête à diverses activités. Le premier, le salon de musique, accueillait, on l’imagine, les invités lors de concerts. Le parquet en chêne, joliment travaillé et les coins arrondis de la pièce apportaient une acoustique remarquable. Côté décoration, on apprécie le souci du détail : cheminées en marbre de l’entre-Sambre et Meuse, mobilier en accord avec les patines murales, le plafond réalisé par des stucateurs du nord de l’Italie, guirlandes d’oiseaux légers et joyeux. Les hautes fenêtres apportent une généreuse lumière et s’ouvrent sur les jardins anglais et le parc traversés par un bras de la Dendre.

Le salon des Archiducs, lui, est consacré aux ancêtres des propriétaires fondateurs du château. On y trouve bustes et tableaux qui leur rendent hommage. Et, originalité qui mérite la curiosité des visiteurs, les papiers peints imprimés, dont les supports sont tissés de lin et raboutés (mis bout à bout) peints à la planche pour retrouver le raccord des motifs. Une « duchesse brisée », sorte de méridienne très originale constituée de deux parties de style Louis XV, trône près de la cheminée. Des porcelaines de Tournai rappellent les vaisselles utilisées au cours des dîners donnés au château autrefois.

La mode de l’exotisme, très prisée au XVIIIe siècle, s’exprime dans le salon chinois. Des tissus de soie finition argent d’une rare finesse qui ornent tentures et murs sont imprimés de fleurs et d’oiseaux. Le mobilier s’harmonise avec l’ensemble. Petit détail amusant : de chaque côté de la cheminée descend une corde dont l’actionnement appelait le personnel occupant les cuisines-cave.

Le salon d’hiver, plus intime, est encore occupé par la famille de Meester à l’occasion de rassemblements festifs. Jouxtant ce salon, il y a la chambre de l’archiduchesse Marie-Christine, gouvernante des Pays-Bas, et soeur de Joseph II. Elle s’y reposait et recevait des visites privées. Plus loin encore, une petite pièce au plafond bas nommée boudoir servait de lieu paisible de lecture. Sur l’appui de fenêtre, abritée sous une vitre, s’étend une collection de hochets et de manches à dentition. Ces objets rares sont réalisés en argent travaillé et les embouts faits de cristal de roche, corail ou nacre.

 Si le château familial mérite une visite, le parc reconnu au Patrimoine exceptionnel de Wallonie ravira les promeneurs curieux. Non seulement les arbres aux essences rares se dressent fièrement le long des sentiers, mais il y a aussi matière à étonnement et découverte.


Le parc et les jardins

Si le château familial mérite une visite, le parc reconnu au Patrimoine exceptionnel de Wallonie ravira les promeneurs curieux. Non seulement les arbres aux essences rares se dressent fièrement le long des sentiers, mais il y a aussi matière à étonnement et découverte. Pour y accéder, il faut emprunter un petit chemin de terre et sur sa gauche se trouve une maison nommée « les communs du château fort », contemporaine de celui qui fut démoli en 1752. Le colombier tout proche date de la même époque. On raconte que ce bâtiment de forme cylindrique abritait des pigeons qui servaient de nourriture fraîche à leurs propriétaires. La possession de ce petit gibier étant alors très convoitée, il fallait réglementer le nombre de couples autorisés aux châtelains. La quantité de « niches » accordées l’était en fonction de la surface totale de leurs terres. À raison d’un couple de colombes par acre, les propriétaires du château d’Attre en possédaient 2 400. De quoi faire quelques festins !

Au passage de la grille qui s’ouvre sur le parc, vous pourrez voir les armoiries des constructeurs du château, une licorne blanche sur fond rouge et une croix penchée sur fond bleu. Commence alors une promenade le long des sentiers souvent bordés d’un filet d’eau s’échappant de la Dendre. Cette irrigation toute naturelle confère au sol et aux arbres, une couleur vert éclatant.

Au détour d’un chemin, la Tour Vignou possède sa légende qui dit qu’elle était habitée par un personnage peu recommandable. On attribue à ce vilain Vignou la capture et la mort de 14 personnes innocentes. L’adjectif vignou, qui désigne un scélérat, est d’ailleurs resté dans le langage populaire. « Le rocher » a, quant à lui, fait couler beaucoup d’encre. Cet édifice sans forme fait d’enchevêtrements de pierres de carrière mesure 24 mètres de haut. Il est truffé de galeries, où se perdrait le plus performant des GPS, dont certaines seulement sont accessibles au public. Il a fallu 40 ouvriers durant sept années, sans compter le coût de l’opération, pour arriver au résultat - reconnaissons-le – d’une grande originalité. Dès la sortie de ce labyrinthe, le visiteur sera ébloui par la vue imprenable sur un étang paisible.

En continuant le chemin, une nouvelle surprise vient d’en haut. Le chalet suisse surplombe le sentier que vous pouvez escalader pour l’observer de plus près, sans toutefois y entrer afin de ne pas dégrader cette construction déjà dans un état de souffrance regrettable. Vers la fin de la promenade, votre regard sera attiré par un bâtiment cubique construit sur une hauteur. Il s’agit du pavillon des bains. Les convives des châtelains pouvaient s’y baigner pour se détendre. Latéralement à ce pavillon, les invités bénéficiaient d’une jolie vue sur la Dendre avec, en toile de fond, le côté jardin du château et ses prairies. Quelques bancs vous escortent jusqu’à la sortie du parc. Une invitation à vous poser encore un peu, pour laisser libre cours à votre imaginaire.

 

Renseignements

Château d’Attre
Avenue du Château, 8
B-7941 Attre
+32 (0)68 45 40 60
châ[email protected]

La Route Merveilleuse lui a servi de tremplin professionnel. Depuis cinq ans, Thierry Pierre propose des balades en Segway sur le site de la Citadelle de Namur. C’est original et pas fatigant du tout. Il suffit de se pencher. La machine fait le reste !

Il était constamment collé à terre, les genoux en feu, puis, un jour, il a entendu une voix lui souff lant : « Penche-toi et avance ! », et il s’est mis à gravir la Citadelle de Namur en deux temps et quelques mouvements. Suivi, comme le joueur de flûte de Hamelin, par une ribambelle de petits bonshommes fluo et casqués, enchantés de se mouvoir ainsi sans effort sur les pentes tortueuses de cette forteresse qui a résisté pendant des siècles aux assauts des plus grands conquérants.

Cette histoire, ce n’est pas celle de Lazare ni un conte des frères Grimm, mais bien l’aventure vécue par Thierry Pierre, un Namurois, qui propose depuis cinq ans, un moyen très original pour visiter la capitale wallonne et son fleuron, la Citadelle. Vous avez certainement déjà vu cet engin à deux roues sur lequel on se tient debout et que l’on fait avancer en se penchant vers l’avant. Cela s’appelle un Segway ou un transporteur personnel. L’engin fonctionne sur le principe du gyroscope, c’est-à-dire que c’est la position du corps qui décide de la vitesse et la direction. Grâce à ses capteurs très sophistiqués, l’appareil détecte votre inclinaison et donne aux roues le mouvement nécessaire pour que vous restiez en équilibre tout en vous déplaçant. C’est non seulement enfantin, mais c’est aussi électrique, silencieux et non polluant !

Départ dans la caserne Terra Nova

« J’ai travaillé une vingtaine d’années dans le bâtiment en tant que carreleur », explique Thierry Pierre sur la plate-forme Terra Nova, au coeur du domaine fortifié, où ses Segways sont alignés en attendant le départ. « Mais à force de m’appuyer sur le sol, j’ai commencé à avoir des problèmes aux genoux. Il devenait impératif pour des raisons de santé de trouver un autre job. Lors d’un séjour en République dominicaine, j’avais eu l’occasion d’essayer cette machine mise au point par un ingénieur californien. J’y ai réfléchi, pensant d’abord devenir vendeur officiel. Mais l’idée m’est vite venue de l’utiliser à des fins touristiques. Je l’ai testée sur les pentes de la Citadelle, puis je me suis lancé. »

En 2008, Thierry fait donc l’acquisition de douze Segways, à 8 400 € pièce. Mais il lui faut un camion pour les transporter et un site où s’installer. « La Ville de Namur a accepté que je prenne place dans l’ancienne caserne Terra Nova, à côté de l’accueil des visi teurs. J’ai signé avec elle une convention. Je promeus le site qui lui appartient et elle me soutient. »

C’est ainsi qu’est née Segwaynam, une petite sprl qui propose, par exemple, pour 30 €, un circuit d’une heure trente comprenant la visite de la Citadelle et le tour de la vieille ville. Ou une variante de deux heures… Grâce à ses deux batteries, le gyropode à une autonomie de 40 kilomètres environ. La plupart du temps, c’est Thierry Pierre lui-même qui fait office d’accompagnateur, tout en dispensant ci et là quelques commentaires à propos des lieux. « Je travaille aussi avec des moniteurs que je recrute via une agence d’intérim. Et, parfois, lorsque le client le demande, avec un guide attitré. Car ce n’est pas mon job et je ne veux prendre la place de personne. »

Également aux Lacs de l’Eau d’Heure

Au fil des grimpettes et des inclinaisons – en avant ou en arrière –, d’autres idées sont venues étoffer le catalogue de la petite société namuroise. Aujourd’hui, Segwaynam, qui est désormais riche de vingt-cinq transporteurs, propose également, le plus souvent en association avec des partenaires locaux, des balades autour des Lacs de l’Eau d’Heure, sur le Ravel de la vallée de la Molignée, dans le centre d’Andenne, les environs de Dinant et de Floreffe… « Au début de l’aventure, quand nous nous faufilions entre les passants, on devinait à leur expression qu’ils nous prenaient pour des fainéants, raconte l’initiateur. Aujourd’hui, c’est un sourire de sympathie qui s’affiche sur leur visage. Les automobilistes sont fair-play et prennent le temps de nous laisser passer. Quant aux touristes, ils sont de plus en plus intéressés, que ce soit en groupe ou en famille. Mais mon plus gros chiffre d’affaires vient des entreprises pour lesquelles j’ai concocté différents modules de teambuilding, tels que circuits découverte, chasses au trésor ou parcours d’habileté. » Le fondateur parvient-il à vivre de ses Segways ? « Pas encore, concèdet- il. J’ai gardé mon activité de carreleur pour meubler les périodes creuses. Comme en hiver. Celui-ci fut particulièrement long… »

Bref, si la partie n’est pas définitivement gagnée, Thierry Pierre n’en est pas moins sur la bonne pente !

 
Renseignements

Segwaynam
Rue Jean Colin, 2
B-5020 Flawinne
+32 (0) 475 66 14 47
www.segwaynam.be

 

En « mets et chants… sons »

Le dimanche 4 août, l’asbl Comité Animation Citadelle proposera un parcours pédestre sur le site de la Citadelle mêlant musique, gastronomie et histoire. De 11 à 14 heures, le public sera amené à découvrir des lieux historiques d’exception habituellement fermés et à y écouter des musiques en rapport avec leur période. De la musique médiévale au Château des Comtes, du classique à Terra Nova, de la musique folklorique au Hangar aux Affûts, des groupes vocaux au Théâtre de Verdure et de la musique pop-rock au Belvédère. Sur chaque espace, des chefs de renom accueilleront le public en proposant des dégustations culinaires également en lien avec l’époque.

 

Une visite de Namur sur deux roues

« Mettez bien vos pieds au milieu du plateau. Pour démarrer, il suffit de vous pencher légèrement en avant. Plus vous vous inclinerez, plus le Segway prendra de la vitesse… Pour tourner, tirez le guidon du côté où vous voulez aller. Pour freiner et vous arrêter, redressez-vous ! »

Avant d’entamer chaque balade, Thierry Pierre consacre toujours un petit quart d’heure à expliquer le fonctionnement de ses gyropodes. Ce matin-là, sur le parking de Terra Nova, il encadre des étudiantes de 6e année de l’Institut Ilon Saint-Jacques, l’école d’hôtellerie et de tourisme de Namur. Céline, Stéphanie et Anna n’ayant pu accompagner le reste de leur classe en voyage scolaire, les jeunes filles ont opté pour la visite de la Citadelle et du vieux Namur en Segway, accompagnées de Saji, leur professeur de mathématiques.

L’initiation terminée, le petit groupe s’élance en file indienne, escorté par Thierry et suivi par Renaud, son assistant. Tous portent un casque et un gilet fluo. En quelques louvoiements, l’Esplanade est atteinte. « Le Stade des Jeux et le Théâtre de Verdure sont l’oeuvre d’un architecte contemporain de Léopold II, Georges Hobé, qu’il ne faut pas confondre avec le pilote de motocross Georges Jobé qui, lui aussi, s’est illustré autour de la Citadelle », explique le guide, avant de sortir une clé et de débrider les Segways. « Au départ, je limite leur vitesse à 8 kilomètres à l’heure. Maintenant, ils peuvent rouler deux fois plus vite. »

C’est donc avec des ailes dans le dos que les jeunes filles s’élancent maintenant sur la Route Merveilleuse et dévalent la pente jusqu’aux Jardins de Médiane, où Thierry peut leur décrire la vue plongeante sur Namur : le Bef froi, la Cathédrale, le Parlement wallon, la Meuse… Après un nouveau coup de reins pour franchir le Pont des Hollandais, on poursuit la descente jusqu’au Jardin des Plantes, non loin de l’endroit où, voici un peu plus d’un siècle, s’élançait le funiculaire qui reliait la ville au Grand Hôtel de la Citadelle. « Son coût d’exploitation élevé et la concurrence du tram ont provoqué son démantèlement en 1907 », explique Thierry avant de s’élancer sur le chemin de halage.

Au pont du Grognon, où, malgré le nom, tous et toutes affichent un large sourire, le guide explique que ce triangle formé par la Meuse et la Sambre était jadis le berceau de Namur. « Plus de 2 000 personnes y étaient serrées dans 150 habitations. C’était le quartier des Sarrazins, nom donné à ceux qui travaillaient dans les bas fourneaux. » La Sambre franchie sans effort, voici le groupe devant le Théâtre de Namur. Puis, c’est la visite de la vieille ville : la Tour Marie Spilar, le Beffroi, la rue des Fripiers, la place Marché aux Légumes… Sur un coin, un établissement datant de 1616, le « Ratin-Tot » (« attends tout », en wallon). « C’est là que les hommes s’attablaient en attendant que leurs épouses reviennent de la messe à l’église Saint-Jean », commente Thierry.

Sous le regard amusé des passants, la chenille sur roues zigzague à travers les ruelles jusqu’au Musée Félicien Rops. Puis, c’est le retour via la Halle aux Grains et le chemin de halage. Au pont de l’Évêché, les Segways traversent la Sambre et attaquent les pentes de la Citadelle via l’avenue Jean 1er. « Nous sommes presque arrivés, lance Thierry, comme le groupe aborde la Route des Canons. Faites attention ! C’est souvent dans les dix dernières minutes, alors que l’on sent trop confiant, que l’on risque une chute. » Il n’avait pas fini de parler que Stéphanie se retrouve les jambes en l’air. Plus de mécontentement que de mal, heureusement. Près du Hangar aux Affûts et son magnifique point de vue, la jeune fille a retrouvé son sourire pour la « photo de famille ». « Je croyais que les Segways, c’était un truc pour garçons, commente- t-elle. Mais ce n’est pas compliqué… » « C’est une façon originale de découvrir la Citadelle », intervient Anna. « En un mot, c’est gé-nial ! », conclut Céline.

Un séminaire ou un mariage, les pieds dans l’eau ? Pourquoi pas ! Depuis quatre ans, Boat for you attire les particuliers comme les professionnels. L’esprit yachting des lieux, luxueux et classiques, invite à la fête. À bord, toutes ! 

Sur les quais situés au pied de la Citadelle de Namur, sur le site du Grognon, deux bateaux flamboyants amarrés l’un à l’autre attirent les regards. Sur l’un d’entre eux, une pancarte interpelle. « Boat for You : votre événement à bord ». Le propriétaire, Bernard Schorkops, commence la visite des lieux. Le plancher craque, les quincailleries brillent, les hublots laissent entrevoir les eaux paisibles de la Haute-Meuse. Des réceptions en tous genres s’y déroulent. Pas de doute, le capitaine sait rondement bien mener sa barque.

Cet homme est à lui tout seul à l’initiative de ce concept audacieux, né depuis bien longtemps dans sa tête et concrétisé en 1998 par l’achat d’un premier vaisseau. Le projet définitif, quant à lui, a pris vie une dizaine d’années plus tard. Depuis, les clients défilent mais ne se ressemblent pas. Tantôt chefs d’entreprise, tantôt particuliers, tous Un séminaire ou un mariage, les pieds dans l’eau ? Pourquoi pas ! Depuis quatre ans, Boat for you attire les particuliers comme les professionnels. L’esprit yachting des lieux, luxueux et classiques, invite à la fête. À bord, toutes ! se rejoignent pourtant sur un point : leur émerveillement lorsqu’ils posent le pied sur le pont.

Bernard Schorkops est lui aussi animé par ce même sentiment d’enchantement. Ayant grandi au bord du fleuve, il se définit comme un « fils de Meuse, en perpétuel besoin d’eau ». Sa passion du nautisme, véritable art de vivre, remonte à sa plus tendre enfance. Sportif, il a notamment pratiqué le ski nautique, la voile et le motonautisme. « J’ai certainement trop regardé ‘La croisière s’amuse !’ Cette série télévisée était gnangnan à souhait, mais ses belles histoires faisaient rêver les gens. Un bateau sur lequel l’on oublie tous ses soucis… Malgré les années, cette référence n’a pas pris une ride. D’ailleurs, encore à l’heure actuelle, lorsque les invités montent à bord et que la fête commence, ils font le rapprochement et sourient, l’esprit rêveur. Comme monter à bord n’est pas si fréquent, cela stimule l’imaginaire. »

« Notre spécificité réside dans le fait que nous ne louons pas simplement un lieu, mais nous proposons un service complet au cas par cas. On s’occupe de tout : son, lumière, déco, repas… Du sur mesure ! »


Les activités sont diverses, entre les réceptions privées (mariage, anniversaire, fête de famille…) et les événements business (séminaire, conférence, repas d’affaires, lancement d’un nouveau produit, fête du personnel…). Chaque dossier bénéficie d’un service personnalisé. « Je consacre énormément de temps à la préparation de chaque événement de sorte qu’ils soient tous mis sur pied de manière irréprochable. Notre spécificité réside dans le fait que nous ne louons pas simplement un lieu, mais nous proposons un service complet, au cas par cas. On s’occupe de tout : son, lumière, déco, repas… Du sur mesure ! » Côté cuisine, le capitaine compte sur son fidèle collaborateur, le traiteur Pierre Paulus, présent depuis le début de l’aventure. Entre les deux hommes s’est installée une relation de confiance sans faille, au même titre que celle qui les unit à leurs clients.

Le Belrive et le Cap Meuse

N’en déplaise à certains, le mal de mer est proscrit à bord. Les deux embarcations, nommées Belrive et Cap Meuse, restent en permanence à quai, dans l’eau presque immobile du fleuve. Le Belrive date de 1935 et mesure 39 mètres de long. Premier achat de Bernard Schorkops, cet ancien bateauciterne provient de Gand et servait à transborder de l’huile végétale dans le port de la ville. Le Cap Meuse, long de 28 mètres, date de 1956, époque à laquelle il servait de navire de dragage. Situé à quelques encablures du centre historique de Namur, l’accessibilité du lieu de réception constitue un atout considérable.

D’ici peu, les amateurs de balade nautique pourront embarquer à bord de l’Astaga. Entièrement restaurée, l’embarcation servira à la fois de « taxi boat » et de « dîner croisière », un produit de grand luxe inédit chez nous.


Les différents ponts qui composent les deux vaisseaux sont autant de salles polyvalentes et modulaires, pleinement équipées en son, lumière et matériel de projection. Ces installations peuvent accueillir jusqu’à 150 convives. Concernant le design intérieur, « le bateau en soi représente déjà un élément déterminant de la déco. Le reste relève du traditionnel : un plancher en noyer, des quincailleries en laiton, des hublots… Tout ce que l’on imagine retrouver sur un bateau. C’est précisément cet esprit yachting, luxueux et classique à la fois, que j’ai tenu à développer. »

Limousine flottante

D’ici peu, les amateurs de balade nautique retrouveront ce même esprit sur l’Astaga, un bateau-mouche de 22 mètres de long. D’origine hollandaise, ce vaporetto de 1965 possède un nom pour le moins unique. Soucieux de respecter la tradition batelière, l’heureux papa de trois enfants a compressé les premières lettres de chaque prénom – Astrid, Tanguy et Gauthier. Bientôt entièrement restaurée, l’embarcation servira à la fois de « taxi boat » et de « dîner croisière », pour un maximum de douze personnes. Un produit de grand luxe inédit chez nous équivalant, en quelque sorte, à une limousine flottante.

D’autres projets ? Vu le regard malicieux et le sourire discret de Bernard Schorkops, on se doute qu’il lui reste encore des cartes à jouer. « Un quatrième bateau est bel et bien prévu au programme… dans un tout autre style. Mais il est encore trop tôt pour dévoiler mon secret ! »

Conscient des enjeux de ses divers projets, l’homme d’affaires choisit la prudence. « Nous proposons un produit très atypique par nature. Mieux vaut se préparer à un éventuel revers de médaille. Nos clients recherchent un côté insolite, ils ne reviendront donc pas dix fois d’affilée sur le même bateau comme ils le feraient dans un hôtel. Cependant, malgré le climat d’instabilité ambiant et les lourds investissements, nous ne devons pas nous plaindre. Les affaires marchent plutôt bien ! »

 

Renseignements

Boat for You, votre événement à bord !
Bernard Schorkops
+32 (0) 475 49 38 90
[email protected]
www.boat-for-you.com

 

Liège au fil de Meuse

En collaboration avec la Province de Liège, la société coopérative « Liège au fil de Meuse » met jusqu’au 31 octobre des bateaux à propulsion électrique (et donc non polluants) à disposition du grand public. L’objectif : rendre la Meuse aux Liégeois, comme le confirme Jean-Louis Schmetz, amoureux de la navigation et un des initiateurs du projet : « C’est une façon de redécouvrir la ville d’une autre manière et de mettre le fleuve en évidence. » Concrètement, à partir de 40 €/h, l’apprenti navigateur embarque sur la péniche « Sayonara », accostée au début du parc de la Boverie. Pas d’inquiétude, la conduite est accessible à tous et ne nécessite pas de permis, le bateau ne va pas plus vite que 10km/h. La seule condition est d’être âgé d’au moins 18 ans. La promenade comprend le tour de Liège, du pont Atlas au pont de Fragnée.

À découvrir sur le parcours : l’Evêché, la Grand Poste, le Grand Curtius… dans un sens et le port des yachts, le plongeur, et au-delà du Palais des Congrès, le jet d’eau dans l’autre sens. Il est également possible d’allonger le parcours, que ce soit vers l’île Monsin ou vers Visé. Les bateaux peuvent aussi être loués à la demi-journée, voire plus. Actuellement, le bateau ne permet que cinq personnes à son bord mais au total, la base nautique disposera de 7 bateaux de 5 places et de 2 bateaux de 10 places.

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Ne vous méprenez pas… Votre supplice ? Vous laisser charmer par la cuisine simple et raffinée du Pilori, à Écaussinnes, la Cité de l’Amour. Rencontre avec Michel Van Cauwelaert en cuisine et Marc Leveau en salle pour une exploration de saveurs gastronomiques.

Amis d’enfance depuis plus de quarante ans, tout – ou presque – prédestinait Marc Leveau et Michel Van Cauwelaert à faire de leur passion un métier dans lequel chacun apporte sa petite touche personnelle. Tous deux élèves libres à l’école hôtelière, ils décident de forger leur expérience en solitaire sous le couvert de grands chefs et de s’imprégner de la cuisine des autres pour revenir à la source et s’installer ensemble aux commandes du Pilori. Cela fait maintenant 22 ans que les deux chefs-coqs se complètent. À leurs débuts, Michel était en salle et Marc au fourneau. Depuis, leurs rôles se sont inversés. « Michel préfère être dans ses casseroles et moi, qui aime le contact, je me sens plus à l’aise en salle », confie Marc, fin connaisseur de vins à l’allure décontractée. Et d’ajouter : « C’est un avantage de pouvoir comprendre le métier de l’autre et de connaître les difficultés de chacun. » Cet équilibre mesuré s’étend aussi à toute l’équipe. « Nous avons la chance de travailler avec une équipe stable, avec peu de rotations, où tout le monde se connaît. » En bons pères de famille, les deux hommes parviennent à trouver une stabilité entre leur vie active et leur vie familiale. « Ouvrir un week-end par mois, par exemple, nous permet d’y arriver et de venir travailler avec le sourire. »

Aux origines du Pilori

Outre cet univers où chacun fait son nid et s’y sent bien, le restaurant Le Pilori est chaleureux de par sa situation et son cadre. À quelques foulées du majestueux château fort, dans le village reculé d’Écaussinnes-Lalaing, l’établissement a gardé extérieurement une apparence rustique grâce à ses vieilles pierres. Mais une fois à l’intérieur, le cachet de la modernité reprend le dessus sur les vestiges du passé que les deux compères ont mis tant d’années à remplacer. Incontournable pour qui connaît les environs, le café-restaurant Le Pilori a plus de 80 ans à son actif dans l’horeca. Il fallait encore, à l’époque, former le numéro 318 pour y réserver une table. Cédé de génération en génération, Le Pilori a connu des bouleversements tant au niveau de la carte que dans la décoration modernisée mariant courbes et rondeurs. « On en a eu marre de cette vieille décoration qu’on a remise à neuf et à notre goût il y a de cela sept ans », souligne Marc. Que ce soient les luminaires aux couleurs changeantes, cette partie ronde et centrale du plafond qui décrit de larges alvéoles de ruche en cuivre ou la dominante du vert sur les murs, la décoration est vive et dynamique à l’image des deux copains.

Incontournable pour qui connaît les environs, le café-restaurant Le Pilori a plus de 80 ans à son actif.


Les innovations

Pour réaménager l’établissement à leur goût, les deux hommes ont fait appel à une maind’oeuvre locale et à un architecte wallon. À cause de l’exigence des normes en vigueur en Belgique en ce qui concerne l’alimentaire, ils se fournissent plutôt chez des importateurs belges, mais présentent tout de même à la vente des produits artisanaux comme l’armagnac ou encore les épices d’Ingrédients du Monde. Toujours à l’affût de nouvelles techniques, de nouvelles associations de produits pour innover leur carte, nos deux complices s’inspirent aussi bien des grands courants de pensées modernes que des assiettes de leurs concurrents. Et leur mot d’ordre est « d’éviter de dénaturer le produit de base ». Leur nouveauté nous en apporte la preuve. Le Pilori est le seul restaurant au monde à proposer la dégustation de champagne dégorgé dix minutes à l’avance. Dépourvu de liqueur d’expédition, leur champagne est acheté en cours de processus d’élaboration et est mis sur pointe. Pour des arômes plus naturels, plus authentiques... du vrai champagne sans sucre à déguster avec modération. Ou pas !

 
Renseignements

Le Pilori
Rue du Pilori, 10
B-7191 Écaussinnes-Lalaing
+32(0)67 44 23 18
[email protected]
www.pilori.be

Un chef étoilé qui a voyagé jusqu’à Shanghai, un restaurant adapté à la chaleur de la cuisine et à l’accueil des patrons. Le Coq aux Champs s’impose… avec finesse et modestie. Bientôt la deuxième étoile ?

Quelle belle idée ! Voilà ce que l’on a envie de crier en découvrant, les yeux émerveillés, le nouveau décor de cette maison étoilée dont la renommée ne fait que croître. On a abattu des murs, supprimé le vitrage intermédiaire, créé un vaste espace qui permet au chef de se mouvoir et d’entrer, directement, dans la salle qui ne fait qu’un avec la cuisine. Le dialogue peut ainsi facilement s’établir, la complicité entre cuisine et convives est installée.

Christophe Pauly se confie : « Mon objectif est de faire naître la rencontre entre ceux qui font vivre le restaurant et ceux qui viennent y manger. Par ces changements du lieu, je veux exprimer cette vision du restaurant qui est mienne autour de ma cuisine : du plaisir, une pureté conviviale, un minimalisme chaleureux. Avec Catherine, nous avons voulu un restaurant généreux, contemporain et authentique, intuitif, sans barrière entre la salle et les fourneaux. Juste le partage, dans sa conviction autant que dans la spontanéité, des gestes, de l’émotion qui circule. »

La salle elle-même a subi de profonds changements dont le plus visible tient dans le fait que les tables ont perdu leur nappage pour offrir une surface en bois brut du plus joli effet. On aime beaucoup ce contact direct avec la matière vivante. La disposition des tables est plus large, laissant des espaces pour le service et la confidentialité entre les tables. Ça change de ces restos où vous êtes quasi côte à côte avec la table voisine ! Christophe s’est adressé à des artisans locaux pour la fabrication de ses tables sur des mesures minutieusement déterminées. Un savoir-faire sans falbalas que l’on retrouve chez d’autres artisans du Condroz à travers lesquels le chef de cuisine témoigne de son ancrage dans sa région natale. Notons Agribio, où il achète des farines moulues sur pierre et sans aucun additif ou encore Emmanuel Lange et ses magnifiques huiles de colza. Du dressage, Catherine Pauly n’a retenu que l’essentiel exprimé avec grâce. Une épure nimbée du blanc des porcelaines fines des créatrices Sylvie Coquet et Roos Van de Velde. Diaphanes aussi le verre opaque du gobelet à eau et le rond de serviette créé par Pieter Stockmans. Il émane de la table une vraie douceur, une légèreté soulignée par de fins traits noirs, comme calligraphiés par le manche des couverts utiles à la dégustation des amuse-bouches.

Christophe et Catherine Pauly

Les heureux propriétaires ont maintenant pris leurs marques vis-à-vis de l’espace qui leur est dévolu. Ils le maîtrisent et le gèrent, soutenus par un personnel serviable, attentif et souriant. Le sommelier est avide de faire découvrir aux convives ses dernières trouvailles parfaitement en symbiose avec les étincelantes – vraiment ! – préparations du chef.

Dans ce nouvel espace, nous avons retrouvé tous les charmes de la cuisine de Christophe, avec beaucoup de plaisir. Une cuisine très personnelle, basée sur des produits impeccables au rythme du marché et des saisons. Le chef connaît les bonnes adresses, souvent pas très lointaines, où il peut s’approvisionner en toute confiance. La personnalité du cuisinier et de ses adjoints apparaît avec brio dans une suite de préparations délicates, une ode aux produits du terroir. Un menu en 4 ou 5 services (55 € et 75 €) est proposé pour mettre en évidence, dans les entrées, Saint-Jacques, langoustines ou foie gras. Les plats se déclinent en pigeonneau de Racan, agneau et entrecôte, sans oublier les surprises du marché. On termine en douceur avec quelques brillantes innovations surprenantes. Le Coq aux Champs, une maison où l’on se sent heureux parce que tout le monde semble l’être. Merci Christophe, merci Catherine ! On reviendra. Bientôt…

 

Renseignements

Le Coq aux Champs
Rue du Montys, 71
B-4557 Soheit-Tinlot
+32 (0) 085 51 20 14
[email protected]
www.lecoqauxchamps.be

Fermé samedi midi, dimanche et lundi

Depuis trois ans, Audrey Moineau et sa « Tasting Room » se spécialise dans l’importation des vins fins du Nouveau Monde. À bas les stéréotypes, découvrez avec elle les saveurs de contrées fort fort lointaines.

« Quand le vin est tiré, il faut le boire. Surtout s’il est bon. » Marcel Pagnol, grand amateur de vin, n’aurait sans doute pas rechigné à l’idée de poser ses lèvres sur les vins exotiques qui séduisent de plus en plus de palais. Produits pour la plupart depuis de nombreuses années, les vins dits du « Nouveau Monde » demeurent en revanche assez méconnus dans nos contrées. Car si ceux-ci garnissent depuis pas mal de temps les rayons des supermarchés, ils pâtissent en revanche de quelques clichés ou images réductrices. Goût formaté et conservation difficile, ces « sous-vins » ne seraient bons que pour accompagner un apéro au soleil, voire un barbecue estival. « Les stéréotypes sont tenaces », concède Audrey Moineau, fondatrice de The Tasting Room. « Pourquoi un vin sud-africain ne pourrait-il pas mûrir dans une cave à la manière d’un Bourgogne ou proposer des parfums délicats ? Les méthodes de vinification sont les mêmes qu’en Europe. N’importe quel vin de qualité, d’où qu’il provienne, peut parfaitement vieillir dans de bonnes conditions ! »

Si certains tombent dans la barrique quand ils sont petits, ou du moins en âge d’apprécier le divin nectar, le parcours est sensiblement différent pour Audrey Moineau. Diplômée en droit et spécialisée dans la propriété du droit d’auteur, cette jeune Liégeoise ne s’imaginait pas, il y a encore quatre ans, devenir importatrice exclusive pour de nombreux domaines vinicoles sud-africains. « En 2009, je suis partie en séjour prolongé en Afrique du Sud. Je pensais y travailler dans ma branche, mais les offres d’emplois ne correspondaient pas vraiment. » Découvrant les vins du pays, « un véritable coup de foudre, » Audrey pousse la logique jusqu’au bout en suivant les cours d’une académie d’oenologie. « Pour la première fois de ma vie, j’étais première de classe », sourit-elle. D’un naturel fonceur, elle décide rapidement de se reconvertir dans le négoce de vin et, quelques mois à peine après ses premiers cours, fonde sa société en Belgique. « Après une étude de marché, je me suis rendu compte qu’il y avait une place à prendre car aucun importateur n’était présent en Wallonie. » Les premiers contrats sont rapidement signés et l’aventure The Tasting Room lancée. D’abord dans une pièce aménagée dans la maison familiale, ensuite par la création d’un site d’e-commerce, et enfin, par l’installation d’un point de vente à Chênée, en banlieue liégeoise. Les contacts se nouent avec différents cavistes et restaurateurs, non sans mal. La méfiance à l’égard d’un terroir aussi éloigné ne pouvant se vaincre sans une bonne dose de pédagogie. « On pense souvent à tort que l’Afrique du Sud ne produit que du blanc, qu’elle ne compte que peu de cépages, alors qu’on en dénombre près de 90 différents. Ou que pour obtenir un bon vin, il faille nécessairement délier les cordons de la bourse. Mais les mentalités évoluent, heureusement ! »

« On pense souvent à tort que l’Afrique du Sud ne produit que du blanc, qu’elle ne compte que peu de cépages, alors qu’on en dénombre près de 90 différents. Ou que pour obtenir un bon vin, il faille nécessairement délier les cordons de la bourse. Mais les mentalités évoluent, heureusement ! »


Quant à l’argument écologique, Audrey Moineau l’a tourné en avantage. « J’ai toujours eu le souci de l’environnement, du développement durable. L’Afrique du Sud est justement pionnière et leader mondial dans le domaine de la production de vin durable. Elle a créé des labels et certifications strictes, qui vont même plus loin dans leur démarche que nos propres réglementations bio. » Reste le transport. « Un vin transporté d’Italie en camion aura un coût carbone plus élevé qu’une bouteille arrivée jusque chez nous par bateau ! On l’importe en quantité suffisante pour que son coût global soit le moins élevé possible. » Si les vins sud-africains constituent sa marque de fabrique, Audrey ne s’interdit cependant pas de s’ouvrir à d’autres régions du monde. « L’appellation “Vins du Nouveau Monde” regroupe tous les vins qui proviennent principalement de l’hémisphère sud. Nous allons bientôt proposer des vins d’Argentine, du Chili ou d’Australie. » Tout en ne s’interdisant pas quelques découvertes plus locales dans une catégorie particulière, l’« Audrey’s selection ». « L’idée reste la même, à savoir explorer des sentiers moins connus ou plus audacieux. Je vais ainsi proposer un vin uniquement produit à Venise qui vaut vraiment le détour ! » Car l’activité de The Tasting Room ne se limite pas à l’exportation de vins fins mais surtout à sa découverte en organisant des évènements à domicile ou en entreprise. « On essaye de marier les goûts, de surprendre, en proposant différentes saveurs qui peuvent se compléter, comme du chocolat et du vin par exemple. » Un vin bien choisi donne un meilleur goût aux choses. Une maxime qu’Audrey Moineau pourrait ériger en sacerdoce.

Renseignements et commandes :

www.thetastingroomcompany.com

 
L’Afrique du Sud et le vin Quelques chiffres :

Activité : depuis le milieu du XVII e siècle
7e producteur mondial
Production : près de 10 millions d’hectolitres par an
Plus de 600 domaines différents

Installé à Stambruges, Jacquy Cange s’est forgé une notoriété internationale au travers de ses affinages exquis et hyper créatifs. Sa palette de fromages lui vaut aujourd’hui le respect de la profession et de grands chefs étoilés.

« Mon métier, c’est de regarder vivre un fromage et de lui donner ce dont il a besoin… Comme si c’était une plante. » Voilà joliment résumée la passion inoxydable qui, depuis une trentaine d’années, anime Jacquy Cange. Originaire de Beloeil, cet autodidacte de 58 ans figure parmi la crème des affineurs-fromagers de Belgique. Aujourd’hui, son savoir-faire et l’excellence de ses produits dépassent largement le cadre de nos frontières.

Sa carte de visite en dit long sur la reconnaissance de ses pairs qui, à ses débuts, l’ont pourtant souvent décrié en raison d’une approche de la profession décalée et jugée peu orthodoxe. Depuis qu’il s’est lancé dans la sélection et la transformation d’une impressionnante variété de fromages plus exquis les uns que les autres, Jacquy Cange accumule les récompenses et les titres honorifiques à l’occasion de prestigieux concours. En février 2010, il s’est ainsi vu décerner la nomination suprême de maître-fromager de la Guilde internationale des fromagers. Il ne remerciera jamais assez ses parents de lui avoir transmis ce goût immodéré pour les produits de bouche. « Dès ma plus tendre enfance, je les accompagnais régulièrement au restaurant. Grâce à eux, j’ai découvert la gastronomie. J’ai grandi aussi au contact de deux grands-mères qui cuisinaient merveilleusement bien. La première mijotait de délicieux petits plats à base de gibiers et de poissons tandis que la seconde me régalait avec ses succulentes pâtisseries », se souvient-il avec nostalgie. Ses débuts dans le secteur fromager remontent à 1985. « J’aurais pu tout aussi bien m’orienter vers le chocolat », confesse-til. « À l’époque, je n’étais pas entièrement satisfait des fromages commercialisés sur le marché. » Jacquy a alors entamé un tour de France des producteurs, histoire de sentir le « devenir » d’un fromage et de prendre auprès d’eux le pouls quant à la possibilité d’apporter dans ce secteur du sang neuf et de la valeur ajoutée.

De là est née chez lui l’envie immodérée de créer toute une gamme de fromages audacieux alliant qualité et originalité, reflet d’un savant mélange de tradition et de modernité. « Le fromage a ceci de merveilleux qu’il se prête à d’infinis mariages. » À ce jour, sur sa propre marque, Jacquy Cange a mis au point 35 fromages qu’il exporte aux quatre coins du globe. Ses principaux importateurs sont basés en Europe (Espagne, Ita l ie, Angleterre, Allemagne) ainsi qu’à Singapour, au Japon et aux États-Unis.

Celui qui se considère un peu comme un iconoclaste parvient à des accords parfaits et étonnants en injectant des ingrédients solides et liquides les plus divers dans ses fromages avant-gardistes : vin, bière, alcools (Calvados, pommeau, eau de Villée, Peket), épices, herbes, fruits secs, champignons (truffe), etc. Il travaille, en outre, un Stilton anglais au Porto ! Autant de spécialités et de recettes exclusives qui nécessitent énormément de recherche et d’abnégation. « Il faut parfois plusieurs années et des tests à n’en plus finir avant d’aboutir à un produit cohérent qui tient la distance sur le long terme. Ce fut le cas pour l’élaboration du fromage au chocolat. Toute la difficulté réside dans l’art de le répliquer à l’identique dans un souci de crédibilité et d’authenticité. En vérité, je les aime tous et je serai bien incapable d’en situer un au-dessus des autres. Dans la mesure du possible, nous essayons de sortir chaque année une nouveauté. »

Il parcourt essentiellement la Belgique, la France et quelques autres pays d’Europe afin de dénicher la petite ferme et le bon producteur susceptibles d’apporter de nouvelles saveurs à son assortiment.


Parallèlement à ce travail d’affinage hyper créatif, Jacquy Cange transforme environ 250 fromages plus classiques et minutieusement sélectionnés en leur conférant une qualité optimale. Il parcourt essentiellement la Belgique, la France et quelques autres pays d’Europe afin de dénicher la petite ferme et le bon producteur susceptibles d’apporter de nouvelles saveurs à son assortiment. « Je compare souvent un plateau de fromages à une palette de peintre où chaque goût doit être présent dans des nuances différentes et complémentaires, le tout assorti d’une touche d’innovation personnelle. Nous avons tellement de bons produits chez nous qu’il serait absurde de prospecter à l’autre bout de la planète au risque d’aggraver l’impact environnemental. »

Dans sa boutique de la rue des Meuniers à Stambruges (entité de Beloeil), les particuliers peuvent directement venir acheter ses incomparables fromages qui font également le bonheur des traiteurs ainsi que de grands restaurateurs étoilés. On peut encore les trouver dans quelques petits magasins de la région et sur les marchés ambulants de Mons, Tournai, Ath et Enghien. C’est également ici, sur le site de cette mini PME employant six personnes, que Jacquy Cange fait mâturer ses fromages à l’intérieur de cinq chambres bien gardées.

Notre affineur artisanal les laisse reposer dans des conditions d’humidité, de ventilation et de température adaptées à l’évolution de leur pâte. Les croûtes sont brossées et lavées avec un soin et une délicatesse inouïs. Un regard attentionné favorise l’évolution lente et douce de ces véritables trésors autour desquels le chef maintient légitimement le plus grand des secrets.

 

Renseignements

JAF sa
Rue des Meuniers, 46
B-7973 Stambruges
+32 (0)69 57 97 69
[email protected]
www.jacquycange.be

 

Fête du Fromage à Harzé

Le Pays d’Ourthe-Amblève est une région touristique majeure aux attraits nombreux et variés où l’événementiel de terroir tient une place importante. C’est dans ce cadre bucolique et verdoyant que la Maison du Tourisme du Pays d’Ourthe- Amblève (asbl GRE OA) organisera, le week-end du 17 et 18 août 2013, la 34e édition de la Fête du Fromage dans le site prestigieux du château de Harzé. Fromageries, laiteries et producteurs fermiers de Belgique et d’ailleurs se retrouveront pour célébrer joyeusement cette grande étape du goût dans une ambiance conviviale et festive avec, cette année encore, un invité d’honneur.

Rassemblant chaque année plus de 10 000 personnes, la manifestation sera animée tout au long du week-end par Michel Vincent, le présentateur bien connu des auditeurs de VivaCité- Liège (RT BF). Diverses intronisations de confréries, les concerts de la fanfare bavaroise d’Ulsenheim (Allemagne), de même que les traditionnels concours des fromages de Wallonie compléteront ces festivités à la découverte des plaisirs fromagers. Un bar à lait, un château gonflable, la visite guidée du Musée de la Meunerie et de la Boulangerie ainsi que celle du château de Harzé sont également au programme pour le plaisir des petits et des grands.

http://fdf.ourthe-ambleve.be

Du 11 au 20 octobre, la 19e édition du Festival Nature Namur présentera sa sélection de films professionnels et amateurs autour du thème de la nature. Mais pas seulement ! Le festival proposera également un Village et des Balades Nature, le Concours International de Photo Nature et une quarantaine d’expos photos. Et justement, WAW vous propose de découvrir en avant-première quelques-uns des superbes clichés qui seront exposés au public durant l’évènement dans des espaces emblématiques de Namur.

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