Waw magazine

Waw magazine

Menu

Tout au long du printemps et de l’été, aux sons des fifres et des tambours, des milliers d’hommes armés chargent vaillamment les villes et villages de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Pas de panique ! Inoffensifs mais néanmoins enthousiastes, ces compagnies de soldats paradent depuis des décennies, représentations vivantes d’un folklore hissé chef-d’oeuvre du Patrimoine Oral et Immatériel.

Le Ministère de la Culture de la Communauté française a reconnu, à ce jour, quinze marches comme chefs-d’oeuvre du Patrimoine Oral et Immatériel. Quatorze d’entre elles avaient été considérées comme traditionnelles par ce même ministère, après avis du Conseil des Arts et Traditions populaires et du Folklore. Ça, c’est pour la reconnaissance officielle mais, dans la vraie vie, d’où viennent-elles ?

Les escortes armées se sont multipliées entre la Sambre et la Meuse, à la limite des provinces de Hainaut et de Namur. Ces compagnies de « soldats improvisés » rehaussent le plus souvent de leur présence des processions religieuses et contribuent à honorer des personnages sacrés, souvent des saints locaux.

La marche défile dans un ordre bien précis. L’escorte armée se compose d’une ou plusieurs compagnies. D’abord, une saperie, emmenée par un sergent-sapeur en uni forme spectaculaire et porteur d’une masse d’arme ou d’une bêche ( louchet). Les hommes de la troupe, quant à eux, portent traditionnellement un tablier brodé, parfois remplacé par un tablier en cuir. Les fifres et les tambours forment la batterie et sont conduits par un tambour-major à l’uniforme rutilant. La batterie est suivie du drapeau avec les jeunes officiers (des enfants) et le major à cheval. Les tireurs, munis de fusils et de tromblons, sont ceux qui vont faire parler la poudre. Ce sont des voltigeurs, des grenadiers ou des zouaves. Le dernier rang est appelé dernière guérite ou guilite et rassemble d’anciens marcheurs expérimentés. L’ensemble est commandé par deux adjudants. Les officiers se regroupent dans le Corps d’Office qui a la responsabilité de l’organisation de la marche et ont pour mission de faire régner l’ordre et éviter tout problème lors des tirs.

Les uniformes sont souvent inspirés de l’époque napoléonienne, au moment où la vie religieuse a pu se déployer de nouveau après le Concordat de 1801. Au cours du XIXe siècle, d’autres costumes militaires sont venus s’ajouter, par exemple les Zouaves à l’époque du Second Empire. Ces costumes proviennent le plus souvent de louageurs qui veillent à assurer la qualité des équipements. Les armes proviennent d’armuriers. Certaines sociétés possèdent cependant leurs costumes et des marcheurs utilisent leurs armes personnelles.

La participation féminine a été longtemps limitée aux cantinières. Aujourd’hui, elle s’élargit et l’on voit des femmes dans les batteries ou les fanfares. Elles occupent aussi d’autres fonctions ou constituent des compagnies séparées.

Une association des marches rassemble toutes les sociétés et a ouvert un musée à Gerpinnes. www.museedesmarches.be

 

Gerpinnes

La Marche Sainte-Rolende - 9 avril 2012

La ville de Gerpinnes, dans la région d e Ch a r l e r o i , r a s semb l e aujourd’hui 12 000 habitants autour de sa remarquable église gothique. La marche Sainte-Rolende est considérée comme particulièrement significative de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Elle rassemble 3 000 marcheurs qui défilent sur un tour de 35 kilomètres.

La marche se prépare dès le lundi de Pâques avec la cérémonie du cassage du verre, à 18h. Les places d’officiers vacantes sont alors mises aux enchères parfois fortes élevées (en 2002, une place de major à cheval a atteint une somme supérieure à 1 000 € !) Celui qui a obtenu la place convoitée prend son verre de bière, le boit d’un trait et le jette à ses pieds. Par ce geste, il s’engage à assurer le service.

Le dimanche de Pentecôte après-midi, la compagnie de Gerpinnes tire une première salve en l’honneur de sainte Rolende. Mais c’est le lundi que le rituel commence vraiment. Dès 1h du matin, les officiers et tambours réveillent la population qui se retrouve, enthousiaste, à la messe à 3h avec les marcheurs en uniforme, autour de la châsse de sainte Rolende, un remarquable travail d’orfèvrerie de la fin du XVIe siècle, oeuvre du Namurois Henri Libert. Vers 4h, la procession part sous la conduite des officiers et de la batterie de Villers-Poterie où la sainte est morte. À la sortie de la localité, la compagnie de Gerpinnes prend le commandement. Celui-ci est symbolisé par la canne de sainte Rolende manipulée avec dextérité par le tambour-major.

Le tour, jalonné de gestes symboliques ou rituels, va de hameau en village (Hymiée, Hanzinne, Tarcienne, Les Flaches, Joncret, Acoz, Villers-Poterie, Gougnies, Fromiée) avant de regagner le centre de Gerpinnes au début de l’après-midi.

À Hanzinne, la châsse de saint Oger vient à la rencontre de celle dont il aurait été le serviteur et l’ami. Rangées dans un ordre immuable – Hanzinne en tête et Gerpinnes fermant le défilé devant la châsse – les compagnies tirent et bivouaquent à Villers- Poterie, dînent à Gougnies. La partie religieuse est toujours bien présente avec les croix, les jeunes gens avec leurs bannières, les jeunes filles en blanc qui portent la statue de la Sainte Vierge, les chants et les pèlerins. Au cours des 35 kilomètres, les participants se faufilent pour porter la châsse, la caresser de la main nue, la toucher avec un objet symbolique. Dans chaque paroisse, les fidèles se précipitent pour la vénérer. Les soldats en uniforme de chaque localité escortent la procession lorsqu’elle passe sur leur territoire.

Finalement vers 16h, tout ce beau monde arrive au lieu-dit le Sartia où les compagnies évoluent, tirent salve sur salve et forment un bataillon carré. C’est là aussi que sont remises les médailles commémoratives avant la rentrée à Gerpinnes. Pour terminer, les marcheurs d’Hanzinne tirent une décharge d’honneur et la parade des tambours- majors anime la place de la Halle.

Évolution

Cette procession est fort ancienne. Elle passait par les chapelles marquant le ban (le pouvoir) de la localité. La châsse de sainte Rolende y prend part dès le XIIe siècle et devient le centre de la cérémonie qui connaît des mutations et des évolutions au fil du temps. Ainsi, l’escorte militaire qui rend hommage à la sainte apparaît au XVIe siècle. Elle survit à la période révolutionnaire mais adopte les costumes de l’Empire lorsqu’elle est recréée après le Concordat de 1801 qui rétablit le culte catholique. Les costumes des marcheurs viendront aussi du XIXe siècle belge ou d’événements militaires de l’époque (par exemple les zouaves).

La marche Sainte-Rolende contribue à l’affirmation de l’identité de Gerpinnes et de toute la région. La relève est assurée par les jeunes générations qui marchent au côtés de leurs parents. Hors l’aspect religieux, beaucoup de participants ont le sentiment d’accomplir un devoir de mémoire, de poursuivre un rituel qui donne un sens à leur vie.

 

Un monde de légendes

La Légende de sainte Rolende

Plusieurs légendes circulent à propos de la sainte honorée à Gerpinnes. Elle pourrait être la fille du roi des Lombards, Didier, qui régnait sur le nord de l’Italie au VIIIe siècle. Cette princesse aurait épousé Charlemagne vers 770 pour être très vite répudiée par le futur empereur. Le roi des Lombards, vaincu par Charlemagne, est envoyé en captivité avec sa famille dans l’Entre-Sambre-et-Meuse ou la région de Liège. C’est au cours de ce trajet que Rolende, qui a rejoint ses parents, meurt à Villers-Poterie. Des miracles lui sont attribués dès sa mort. Son corps enterré à l’église de Gerpinnes peu après et fait l’objet d’un culte. En 1103, ses reliques, destinées à être vénérées, sont enfermées dans une châsse et seront transférées dans un nouveau reliquaire à la fin du XVIe siècle. La sainte thaumaturge est réputée pour guérir la rétention d’urine, la hernie et la cécité.

La Légende de saint Oger

Saint Oger n’est pas connu dans les dictionnaires spécialisés en hagiographie. Il est honoré à Hanzinne, la paroisse limitrophe de Gerpinnes. Ce saint est parfois considéré comme un serviteur qui aurait vécu à la cour du roi des Lombards et serait devenu un ami de sa fille, Rolende. La légende locale en fait un grand seigneur qui aurait été épris de Rolende et l’aurait poursuivie de ses assiduités. Il se serait converti à la religion catholique au lendemain de la mort de la princesse. En fait, les historiens confirment qu’Oger était bien un noble, adversaire de Charlemagne soutenant Didier et sa famille, forcé de s’exiler après la défaite du roi des Lombards. Riche propriétaire, il serait venu mourir à Hanzinne où il aurait pris part au culte de sainte Rolende.

 

Thuin

La Marche Saint-Roch  -19, 20 et 21 mai 2012

Chaque année, le t roi sième dimanche de mai, la ville de Thuin, au sud du Hainaut, s’anime à l’occasion de la marche en l’honneur de saint Roch. Cette manifestation trouverait son origine en 1654, alors que la ville, propriété du Prince-Evêque de Liège, allié de la France, est assiégée par des troupes favorables à la Maison d’Espagne. Les habitants, craignant la peste, invoquent saint Roch et le siège est levé. En remerciement, une procession, enrichie d’une escorte armée, est organisée pour rendre hommage au saint. Cependant, certains historiens remettent en cause cette explication et soulignent que, d’après les archives locales, la procession avec escorte armée est attestée avant 1654.

Cette marche a subsisté jusqu’en 1794 (période française). Après le Concordat de 1801, elle est sortie un an ou deux puis est tombée en désuétude. Il faudra attendre l’épidémie de choléra de 1866 pour que la procession reprenne vie en même temps que les habitants élèvent une chapelle en l’honneur du saint guérisseur, au lieudit Tienne Trappe. Aujourd’hui, la marche connaît un grand développement et réunit plus de 2 000 participants.

Les cérémonies commencent dès le samedi soir avec le tir des campes et la retraite aux flambeaux. Le dimanche, les sociétés se réunissent au lieudit Chant des Oiseaux, dans la Ville Haute, à 13h, et entament la marche à 13h30. La halte-reposoir à la place des Waibes s’accompagne d’un hommage au saint dans l’église du Christ Roi où l’on entame le cantique à saint Roch, composé en 1867, au lendemain de l’épidémie de choléra. Le défilé poursuit sa route vers la chapelle Saint-Roch où les marcheurs défilent à la queue leu leu autour de la chapelle. La rentrée solennelle à l’église de la Ville Basse clôture le parcours vers 19h30. Le lundi, les reliques du saint sont présentées à l’adoration à la messe. Le cortège de l’aprèsmidi se termine avec la remise des décorations à la place du Chapitre au pied du beffroi, dans la Ville Haute.

Aujourd’hui, la marche connaît un grand développement et réunit plus de 2 000 participants.


Le cortège rassemble les 14 sociétés locales et deux groupes invités. Les soldats du Premier et du Second Empire marchent aux côtés des Zouaves pontificaux (qui portent la statue de saint Roch), des deux sociétés de pompiers, des Mousquetaires du Roy ou encore des Volontaires belges de 1830. Un groupe féminin représente les Soeurs Grises. Mélange de religieux et de profane, la marche Saint-Roch est une fête identitaire en plein développement. Son succès s’explique notamment par son évolution au fil du temps et son adaptation aux préoccupations de notre époque, tout en conservant les éléments essentiels de la tradition.

www.saintrochthuin.be

 

Les Zouaves

Ces soldats tirent leur nom d’une tribu kabyle en Algérie, les Zwâyas (ou Zouaoua). Elle fournissait des soldats aux Turcs et après la prise d’Alger, les Français ont constitué un corps de Zouaves en octobre 1830. Par après, le régiment sera aussi composé d’Européens.

Les régiments de Zouaves seront de plus en plus nombreux sous le Second Empire et seront actifs sur le front des guerres de Napoléon III. Ces corps de troupes ont subsisté jusqu’en 1962, année de l’indépendance de l’Algérie. Il y a eu des Zouaves dans l’Empire Ottoman, dans les Etats Pontificaux et aux Etats-Unis, lors de la guerre de Sécession.

Le Zouave se distingue par son costume particulier, inspiré par la tribu éponyme. Il est coiffé d’un fez, il porte un turban, une veste courte ajustée sans bouton, une longue et large ceinture de toile, des culottes bouffantes, des guêtres et des jambières.

Différents éléments peuvent expliquer la présence de ces soldats dans les escortes de l’Entre-Sambreet- Meuse. Les Zouaves Pontificaux, créés pour défendre les États du Pape lors de l’Unification italienne, ont recruté près de 2 000 soldats belges et ont eu leurs adeptes dans les milieux catholiques de notre pays. Mais surtout, les exploits des soldats de Napoléon III ont suscité l’intérêt des Bonapartistes. On peut évidemment aussi invoquer l’attrait d’un uniforme original et pittoresque.

Défilant depuis le début du XXe siècle, les Zouaves pontificaux de Thuin veulent se rattacher à ceux qui ont défendu l’indépendance des États du Pape. Leur société remonte au moins au début du XXe siècle et ils ont le privilège de porter la statue du saint. On rencontre aussi des Zouaves Pontificaux à La Madeleine à Jumet, à la marche de Walcourt et à celle d’Ham-Sur-Heure depuis 2002

Victor Hugo, George Sand et moi et moi et moi. Et vous aussi, comme des centaines de milliers d’écoliers, vous avez visité ces Grottes qui, en 2012, ne seront plus jamais comme avant. Vraiment vrai !

Les Grottes de Han appartiennent à ce patrimoine que l’on a tous côtoyé un jour où l’autre, avant de les ranger dans une armoire à souvenirs, agréables mais un peu poussiéreux. Une image que compte bien bouleverser Brigitte Malou, administratrice déléguée du Domaine de Han depuis janvier 2011. Au vu de son parcours professionnel, on ne peut que prédire aux grottes une nouvelle jeunesse.

Avocate, dans les années 1980, au sein d’un important cabinet bruxellois, cette spécialiste du droit des sociétés décide un jour de passer « de l’autre côté de la barrière. Je voulais vraiment mettre les deux pieds dans l’entreprise », assène-t-elle avec cette énergie qui ne semble jamais la quitter. La voilà donc, de 1990 à 1994, secrétaire générale d’Eternit, où elle aura dans ses attributions la responsabilité pour l’environnement. « Années passionnantes, se souvient-elle. L’objectif était de se repositionner avec une vision d’excellence. » À la fin de sa mission, elle s’offre une année d’études en économie et en finance « pour pouvoir entrer toujours plus au coeur de l’entreprise ». La suite de sa carrière est faite de missions successives de nature financière. Elle passe ensuite au groupe d’agro-ingénierie Desmet, où elle sera directeur d’exécution de projets. Pas de quoi atterrir à Han-sur-Lesse…

Lointaine descendante

Sauf que… Il est une ligne sur son CV qui va lui jouer un tour inattendu. Brigitte Malou est en effet une lointaine descendante du baron Edouard de Spandl, qui acheta le domaine en 1856. À l’heure actuelle, les actionnaires du Domaine de Han S.A., société privée, sont encore et toujours issus des branches fondées par les cinq filles du fondateur ! Brigitte Malou siège depuis une bonne dizaine d’années au conseil d’administration des Grottes. En 2011, pressée par le conseil, elle accepte de reprendre les rênes de l’entreprise. Le défi n’est pas pour déplaire à cette femme qui « aime l’opérationnel ». Car les Grottes doivent affronter une double réalité : la baisse de la fréquentation (les 400 000 visiteurs des bonnes années ne sont plus que 265 000 en 2011) et des frais de gestion très lourds pour une PME.

Quinze mois après avoir accepté le poste, l’administratrice déléguée esquisse un premier bilan. « C’est un projet d’entreprise extraordinaire, avec une équipe extrêmement motivée et attachée au Domaine. Après trois années en perte, 2011 aura dégagé un petit bénéfice au prix de restrictions budgétaires. Mais ce premier boni nous permet déjà de lancer des projets qui s’inscrivent dans une rénovation profonde du Domaine. » WAW vous en offre les grandes lignes en avant-première.

Pour redynamiser l’image et la gestion des Grottes de Han, faut-il faire table rase du passé ? Non, pas du tout. J’ai très vite eu le désir de m’inspirer de ce qui animait Édouard de Spandl. Pourquoi a-t-il acheté le domaine ?
Parce que, quand il a vu la beauté du site, il s’est dit « WAW ! » (rires) Aujourd’hui, je veux que chaque visiteur éprouve la même chose ! Je veux renforcer les trois dimensions qui étaient chères à Édouard : la préservation, la connaissance scientifique et l’accès au plus grand nombre. Commençons par la préservation. La Grotte de Han est un patrimoine naturel et archéologique exceptionnel. C’est la seule grotte d’Europe de l’Ouest où une rivière d’une dimension aussi imposante que celle de la Lesse s’engouffre entièrement sous un massif pour en ressortir de l’autre côté. Les réseaux connus font 14 km de long, même si l’on n’en visite que 2. Les concrétions sont extrêmement belles et il y a des salles immenses. Celle du Dôme fait 145 mètres de bas en haut !

« J’ai très vite eu le désir de m’inspirer de ce qui animait Édouard de Spandl. Pourquoi a-t-il acheté le domaine ? Parce que, quand il a vu la beauté du site, il s’est dit ‘WAW’ ! »


Mais c’est aussi un patrimoine archéologique exceptionnel. C’est un site préhistorique unique en Europe. Il a été probablement un lieu de culte, accueillant des populations venues de très loin. On a trouvé dans l’eau toute une série d’objets très anciens qui y ont été probablement jetés lors de cérémonies rituelles. Certes, le domaine est privé, mais nous avons une responsabilité collective pour rendre accessible ce patrimoine aux générations futures.

Votre deuxième axe est scientifique. C’est un volet souvent méconnu du public…
Nous avons toujours travaillé avec les scientifiques, mais je veux encore davantage formaliser cette collaboration. Nous ne pouvons pas être les seuls à prendre des décisions face à un tel patrimoine. Il y a d’ailleurs une présence scientifique constante à Han, extrêmement pluridisciplinaire.

Quelques exemples de collaboration ?
Le Pr Yves Quinif et son équipe de l’université de Mons travaillent sur la géologie et la formation des grottes, et sur la paléoclimatologie en collaboration avec Sophie Verheyden (actuellement à l’Institut des Sciences Naturelles). Une grotte, c’est la mémoire du climat. On l’étudie par des carottages dans les stalagmites.

Le Pr Vincent Hallet et son équipe de l ’université de Namur mènent des recherches sur l’hydrogéologie. Ils étudient la rivière et les effets de l’eau sur les grottes. Le biologiste Guy Deflandre étudie les chauves-souris des grottes de Han. Il vient d’ailleurs d’en publier un superbe livre de photos.

Quant à la collection d’objets trouvés lors des fouilles archéologiques dans la grotte, tout à fait unique en Europe, elle fait l’objet de nombreuses études et publications, particulièrement par le Centre de Recherches Archéologiques de l’ULB, sous l’impulsion du Pr Eugène Warmenbol.

Enfin, plusieurs clubs de spéléologie continuent régulièrement leurs recherches dans les grottes, qui continuent à nous révéler peu à peu leurs mystères.

Cet intérêt scientifique dépasse-t-il le cadre des grottes ?
En effet, il y a 40 ans, dans un souci de protection du cadre naturel exceptionnel entourant les grottes, le Domaine a décidé de créer sur le massif de Boine, qui surplombe la grotte, et dans la chavée (vallée asséchée) de la Lesse une réserve d’animaux sauvages de nos régions. Mais la Réserve participe également à notre mission de préservation de la nature. Nous faisons partie du Réseau Nature de Natagora. Dans ce cadre, nous restaurons entre autres plusieurs zones de pelouses calcaires, ce qui permet le développement d’une flore très particulière et très rare en nos régions.

« Il y a 40 ans, le Domaine a décidé de créer sur le massif de Boine, qui surplombe la grotte, une réserve d’animaux sauvages de nos régions. »


Nous participons également activement à de nombreux programmes européens pour les espèces en danger, sous l’égide de l’EAZA (Association européenne des zoos et aquariums). Ce type de programme a pour but d’encourager et de surveiller l’élevage d’une espèce menacée, avec pour finalité une éventuelle réintroduction dans la nature. C’est ainsi que nous avons participé à plusieurs programmes d’échange de chevaux de Prevalski, d’aurochs et particulièrement de bisons d’Europe. Il y a un siècle, la race des bisons d’Europe était quasi disparue, il n’existait plus que treize géniteurs dans les forêts de Pologne. Aujourd’hui, ils sont 3 000 dans toute l’Europe. Six sont nés chez nous ces dernières années ! Nous avons ainsi transféré cet été trois bisonnes dans un gigantesque parc naturel écossais où elles sont destinées à être remises en liberté.

Votre troisième priorité est l’élargissement du public. Han ne souffre-t-il pas d’une image un peu trop « scolaire » ?
Vous avez raison. Le premier président de l’association belge des voyages scolaires, en 1932, était d’ailleurs le président des Grottes… Pour beaucoup de gens, les grottes de Han, cela signifie voyage scolaire, point. Le problème, c’est ce point ! Il est facile de faire venir les gens une fois, plus difficile de les faire revenir… Nous n’allons certainement pas abandonner notre politique familiale et scolaire. Mais nous allons considérablement développer l‘offre (voir article « Le nouvel Han » p. 69) Pour que les visiteurs viennent et reviennent, nous devons proposer, au-delà de nos visites classiques, des expériences plus interactives, plus variées, et aussi plus authentiques. « Han, c’est la nature grandeur nature ». Le slogan du domaine met résolument l’accent sur le vrai. À l’heure où le monde virtuel s’insinue partout, l’authentique, c’est notre potentiel. Il est immense !

 

Renseignements

Le Domaine des Grottes de Han
Rue Joseph Lamotte 2
B-5580 Han-Sur-Lesse
+32 (0)84 37 72 13
[email protected]
www.grotte-de-han.be

 

Bio Express

1990 → Etex Group, General Secretary
1991 → Bogimac Engineering, Director
1996 → Ackermans & Van Haaren, Business Consultant for Nationale Maatschappij der Pijpleidingen
1997 → Seghers Better Technology, Director Finance
2000 → Christian Salvesen, Interim Manager, Financial Control & Customer Service, Zellik operations
2001 → Desmet Group, Business Consultant
2004 → Desmet Ballestra, Director Project Execution
2009 → Brigitte Malou BVBA / SPRL, Interim Manager
2011 → Grottes de Han et de Rochefort, Managing Director

 

Les promesses du nouvel Han

Un circuit pédestre, enfin…

À l’heure actuelle, la réserve se visite en safari-car. « Grande première » en été 2012, un premier circuit pédestre de 2 kms sur le massif de Boine, qui surplombe les grottes, permettra aux visiteurs de profiter à leur rythme de cette extraordinaire nature. « Le visiteur pourra ainsi vivre une vraie expérience multisensorielle, sans limite de temps, s’enthousiasme Brigitte Malou, administratricedéléguée du Domaine de Han. Petit à petit, les visiteurs vont revenir parce qu’ils vont découvrir à pied les différentes saisons de ce magnifique paysage de Famenne. Et ils auront le temps d’observer à leur aise les animaux. Nous développerons ensuite d’autres boucles sur le massif, des postes d’affût, voire des parcours aventure… ».

L’éclairage aux LED

L’exploitation a toujours veillé à être la plus respectueuse possible du site. Mais ce respect varie en fonction du temps. Plus question aujourd’hui de visiter avec des torches. Même l’éclairage électrique, qui a succédé à l’éclairage au gaz, peut provoquer la poussée de végétation autour des lampes, ce qui implique de fréquents nettoyages. Il est prévu de passer à l’éclairage par LED (Light Emitting Diode). Beaucoup plus respectueux de l’écologie car dégageant moins de chaleur, il donne une très belle lumière, qui met davantage en évidence les concrétions. D’ici deux ou trois ans, l’ensemble des salles visitées devraient être éclairées aux LED.

Réouverture de la salle des Draperies

Ce n’est pas un hasard si c’est justement celle-là qui bénéficiera en priorité de ce nouvel éclairage LED. Fermée il y a 25 ans parce qu’elle allongeait la visite et était souvent inondée, elle va renouer avec le public dès avril. Les visiteurs ne peuvent que s’en réjouir : c’est l’une des plus belles salles des grottes, et les reflets des stalactites dans la rivière sont fascinants.

Mise en valeur de la Plaine au coeur du Domaine

C’est l’endroit où s’arrêtent les visiteurs après leur visite de la Grotte ou de la Réserve, pour reprendre leur souffle, se restaurer, se récréer. Le lieu est magnifique et accueille deux restaurants, dont un Tea-Room haut de gamme, et une grande plaine de jeux. Cet été, avec la redynamisation de la mini-ferme, et des animations conviviales pour les petits, il fera bon vivre dans la Plaine.

Ouvrir le Domaine aux entreprises et associations…

De grandes sociétés et associations font régulièrement appel au Domaine pour l’organisation de leurs événements de relations publiques ou d’« incentive » pour le personnel. Les privés peuvent aussi s’offrir un extra : la Salle d’Armes au coeur de la Grotte a accueilli deux mariages en 2011. Et il devrait y en avoir d’autres… Les amoureux d’expérience nature pourront également envisager de passer une nuit dans la Cabane des Trappeurs, à côté de la tanière aux ours. Dormir en pleine réserve naturelle…

Un « Pass Han » ouvert sur le village

Les Grottes de Han ne sont pas qu’une grotte et une réserve. Elles forment aussi un vaste domaine, qui se niche dans un superbe village. Ce village compte également la Maison de la vie paysanne, un petit bijou, qui aligne une cinquantaine de scénettes représentant des métiers 1900. Un partenariat conclu avec ce musée permet désormais au visiteur muni d’un « Pass-Han », un billet unique, d’avoir accès à la fois à la grotte, à la réserve, à la plaine et à la Maison de la Vie Paysanne. « Han n’est pas un site fermé, ni une attraction emmurée, insiste Brigitte Malou. C’est tout un village qui s’ouvre au visiteur, et c’est unique. »

Des visites spéciales

Il existe déjà depuis de nombreuses années des visites à thème autour du « brâme du cerf » ou d’Halloween, ou les visites de la Grotte à l’Han-cienne, qui rencontrent un franc succès. D’autres visites spéciales, de la Grotte ou de la Réserve, vont être offertes cette saison. Elles feront appel à tous les sens : visites de la Grotte en musique, en chant ou en conte, visites dans les traces des découvreurs, safaris photos, balades gourmandes et autres visites à thème dans la Réserve… Beaucoup de ces concepts ont été testés l’été 2011, et ils ont visiblement séduit.

PMR bienvenus

À saluer : les gestionnaires du site développent, depuis trois ans, une politique en faveur des personnes à mobilité réduite. À l’heure actuelle, il est possible de visiter la partie centrale des grottes en fauteuil roulant. De même, il existe une remorque spéciale pour les Safari car permettant aux personnes en chaise l’accès à la visite de la Réserve. Quant à la plaine de jeux pour enfants, elle est désormais équipée PMR elle aussi…

Vestiges préhistoriques

Les amoureux de vestiges préhistoriques peuvent admirer sur place une exposition spéciale « Préhisto-Han », qui est une délocalisation de l’exposition montée par le Pr Quinif (Université de Mons). Dans le même esprit, à la sortie de la grotte où ont été trouvés nombre d’objets de culte préhistoriques, la paroi servira bientôt d’écran géant pour la projection de dessins de Benoît Clarys, représentant nos très lointains ancêtres occupants des lieux. Une invitation imagée à nous replonger dans nos origines.

La Bergerie, à Bomal, c’est la piscine et le sauna à la ferme. Le gîte rural d’Anne et Pascal Delzandre est le fruit parfaitement mûri d’une architecture folle ! Un « cinq étoiles » à la campagne.

« Que va-t-on faire de ce grand bâtiment vide ? »… On était en 2002 et Pascal et Anne Delzandre se sont regardés pendant quatre ans avant de se décider. Dame ! On ne transforme pas sur un coup de tête un fenil en cuisine, une grange en salle à manger et une étable en piscine. Surtout quand il s’agit d’envoyer aux oubliettes les vestiges de l’entreprise agricole qui a fait vivre votre famille pendant des lustres.

« Je suis né ici, au hameau d’Herbet, dans la ferme voisine, explique Pascal. Mes parents ont acheté celle-ci en 1985 et notre famille l’a exploitée jusque 2002. D’un commun accord avec mon frère, j’ai alors arrêté l’exploitation, j’ai racheté la ferme et je me suis lancé comme indépendant dans la réalisation et l’entretien de parcs et jardins. Restait le problème de la reconversion des bâtiments… »

En 2005, le couple s’aventure cependant. Une partie du corps de logis est aménagée en vaste salle pour les fêtes familiales et les séminai res d’ent repr ise. Essai peu concluant. Forcés de revoir leur copie, en complément de la partie plus « business », Pascal et Anne se jettent à l’eau et optent pour l’aménagement complet de la ferme ancestrale – la partie la plus ancienne porte le millésime 1679 – en gîte rural.« Mais pas n’importe lequel. Nous voulions un gîte différent… ». Avec Dominique Noël, le cousin d’Anne – architecte et designer dont l’imagination sans limite a donné naissance aux chambres folles de l’hôtel « La Balade des Gnomes », à Heyd – ils ne pouvaient mieux tomber. Ils sont même tombés de haut, en voyant l’investissement grimper au fur et à mesure que les rêves de l’artiste prenaient forme à partir des matériaux bruts (pierres, bois, argile…) façonnés de ses propres mains. « Nous avons dû mettre le holà, car le projet, entamé en janvier 2007, était en train de nous échapper, précise Pascal. Mais nous sommes ravis du résultat. Nous voilà propriétaires, depuis quatre ans maintenant, d’un gîte luxueux et de caractère que les gens s’arrachent chaque saison ». « Et ce succès nous encourage à poursuivre, enchaîne Anne. Nous sommes constamment en quête de nouvelles améliorations ! »

Le résultat final ? Un panel de onze chambres, toutes originales dans les deux sens du terme, pouvant accueillir jusque 34 vacanciers ou séminaristes. Une piscine couverte flanquée d’une salle de jeux et de deux saunas. Une cuisine à l’américaine avec un espace enfants aménagé dans une petite chapelle où ils vont s’attabler sans se faire prier. Des familles entières de tabourets, chaises et tables taillées à la main. Des lustres jaillis de moyeux de roue, des interrupteurs cachés derrière des têtes de moutons sculptées et des rondelles de chêne en guise de tables de chevet. À l’étage, des chambres trouées de petites fenêtres donnent sur… le couloir, de sorte qu’en montant se coucher, avec une petite gueule de bois bien légitime vu l’enchevêtrement de poutres, les locataires se croiront toujours à la rue et pesteront de ne pas trouver la sonnette. Le tout dessiné dans une ferme en carré où, c’est le comble, les arrondis donnent le tournis jusque dans les douches !

L’architecte est peut-être le fils génial que Salvador Dali aurait eu s’il avait regardé entre quatre yeux la fille d’Alexandre Trauner. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut grimper sur les hauteurs de Durbuy et zigzaguer dans ce coin perdu de Bomal pour jouer avec les bulles d’un jacuzzi sous le regard ébahi d’une dizaine de moutons… « Ces bêtes sont les derniers témoins de l’activité agricole du siècle passé, explique Pascal. C’est pour cela que notre gîte s’appelle La Bergerie ».

Les propriétaires n’en feront pas un foin, mais sachez que la maison a cinq étoiles ! Label et les bêtes…

 

Renseignements

[email protected]
www.bergerie-herbet.be
www.ardennes-etape.com

 

A voir, à faire

Découverte de la région en VTT

Si vous venez à La Bergerie avec votre vélo, demandez à Pascal, le propriétaire, de vous faire découvrir la magnifique région qui est la sienne. Il se fera un plaisir de vous proposer une boucle par Izier, le bois de Wéris – l’un des plus beaux villages de Wallonie –, Biron et Barvaux. Mais attention ! Le gaillard est un sportif accompli qui s’est fait les mollets en courant les plus fameux joggings de Wallonie. « Pour les familles, je proposerai plutôt une petite balade en vélo en suivant le Ravel jusque Durbuy », suggère Anne.

Autres curiosités et activités

La ville médiévale de Durbuy, le parc Durbuy Adventure, le parc des « topiaires » (plantes sculptées) à Durbuy, le château féodal de Logne, le site de la Roche aux Corneilles à Bomal, les descentes en kayak sur l’Ourthe, le labyrinthe de Barvaux, le site celtique et le village de Wéris, les grottes de Hotton, le tramway touristique de l’Aisne et la chocolaterie artisanale Defroidmont à Erezée, la brasserie Fantôme à Soy…

Marier les sorcières et les géants, vaste défi. Pas pour la Brasserie des Légendes qui, avec la Quintine et la Gouyasse, donne une vraie saveur au folklore local.

En novembre 1997, Pierre Delcoigne et Vinciane Wergifosse achètent le Castel d’Irchonwelz. Cette bâtisse du XIIe siècle devient alors une brasserie. Pourquoi pas ? À quelques « jets de bière » de la capitale du Pays vert, le jeune ingénieur brassicole décide de s’inspirer du folklore athois pour développer son label. Deux ans plus tard, le premier brassin de la Gouyasse voit le jour et est mis en vente dès le mois d’août 2000. Et c’est sans doute là, la première des bonnes idées du couple brasseur, lier un goût aux us et coutumes locaux. Gouyasse n’étant que le nom du géant local, Goliath, véritable vedette de la ducasse qui se déroule tous les quatrièmes dimanches d’août.

Quelques années plus tard, les deux entrepreneurs remettent le couvert et rachètent la Brasserie Ellezelloise. « Son ancien propriétaire, Philippe Gérard, ne souhaitait pas la vendre aux grands groupes, craignant de voir son entreprise disparaître de la région et les travailleurs perdre leur emploi, précise Pierre Delcoigne. Quand j’étais étudiant, je rêvais d’avoir ma propre entreprise grâce à la formation reçue. Je trouve normal, en retour, de m’efforcer de créer du travail au niveau local. Il était donc naturel pour nous de conserver l’activité en son lieu originel. » Ainsi, depuis décembre 2006, date à laquelle le géant Gouyasse et la sorcière Quintine se sont mariés, est née la Brasserie des Légendes.

Bonne graine

« Enfant, je voulais devenir boulanger, mais admettez qu’être brasseur, c’est finalement un peu le même métier, non ? Dans les deux cas, on crée.», se souvient Pierre Delcoigne. Il faut rappeler aussi que pour lui, fils d’agriculteur, le travail de la terre et de ses produits a une vraie signification. Aujourd’hui, il choisit donc avec grand soin ses matières premières et suit rigoureusement tout le processus de fabrication. Les bières sont brassées exclusivement avec des matières de première qualité – l’orge provient notamment de 20 ha de l’exploitation paternelle – et sont entièrement naturelles, sans aucun additif. C’est la refermentation en bouteille ou en fût qui leur donne ce pétillant 100 % naturel.

Après dix ans, Pierre Delcoigne ne manie plus autant le fourquet, gestion quotidienne des deux entités obligent, le bilan actuel semble positif. Si, il y a cinq ans, son entreprise n’employait que trois personnes, elle en compte aujourd’hui 14 sur les deux sites de production et « là où Irchonwelz produit 3 500 hectolitres, Ellezelles frôle les 3 000 hectolitres. La production de bière de l’ensemble de l’entreprise a encore augmenté d’environ 18% en 2010. Tout en sachant que 80% du chiffre d’affaires provient des ventes en Belgique, et les 20% à l’exportation. Des Pays- Bas jusqu’au Japon ! Ce qui est intéressant, c’est que nous continuons à croître sur le marché intérieur. » Ce sont donc quelque 6 500 hectolitres qui sont brassés... devant les visiteurs qui le souhaitent. « Pour la petite histoire, le lundi et le mardi, c’est la mise en bouteille tandis que les autres jours sont dédiés au brassage. »

Et en parlant de menu, les mets sont traditionnels, de bonne qualité et surtout… à la sauce locale : carbonnade à la Quintine, spaghetti à la sauce Quintine, son pâté, sa crème au chocolat. Que du bonheur !


L’accueil et la diversification sont en effet des préoccupations du couple. En décembre dernier, ils ont, pour ce faire, inauguré une toute nouvelle taverne où les randonneurs (voir par ailleurs) ou les VTTistes peuvent se restaurer. « Nous voulions proposer un menu de qualité et faire bon accueil aux promeneurs, cyclistes et autres visiteurs. Nous avons même aménagé deux douches pour les VTT istes. » Et en parlant de menu, les mets sont traditionnels, de bonne qualité et surtout… à la sauce locale : carbonnade à la Quintine, spaghetti à la sauce Quintine, son pâté, sa crème au chocolat. Que du bonheur ! À l’étage, le bâtiment est prévu pour des noces, des dégustations ou autres teambuildings Tout le dispositif technique est uptodated. Bref, en costume trois pièces, en chaussures de marche ou à vélo, l’endroit vaut vraiment le détour.

D’une bière, deux coups

Ce n’est pas le tout de boire de la bière mais il faut d’abord la produire. Et brasser de la bière nécessite beaucoup d’eau et d’énergie. Par souci écologique et économique – Où est l’oeuf ou est la poule ? – la Brasserie des Légendes se transforme peu à peu en une entreprise durable que Pierre Delcoigne évoque avec la fierté qui s’impose. « Nous possédons notre propre installation d’épuration des eaux. Pendant mes études déjà, j’avais intégré cet aspect dans mon programme. Par ailleurs, nous avons installé quelque 55 m² de panneaux solaires qui nous fournissent en eau chaude. ». Après le brassage, l’eau chaude est récupérée par un système complexe et réutilisée pour le chauffage. « Nous avons aussi installé quelque 250 panneaux photovoltaïques pour produire l’électricité. L’objectif de l’entreprise est donc de générer ainsi 60 % de notre énergie. Soit 50 000 kW sur un total de 85 000 kW qui se traduit par une économie annuelle de 25 000 litres de carburant sur un total de 40 000 litres », précise l’ingénieux ingénieur. Une première du genre en brasserie, semble-t-il.

 

Renseignements

rue Guinaumont 75
B-7890 Ellezelles
+32 (0)68 28 79 36
www.brasseriedeslegendes.be

 

Certifié « Bio »

Une seule de leurs bières est labellisée « bio ». Une volonté car il en faut pour tous les goûts. Cette bière est le résultat d’un processus totalement biologique, sans le moindre ajout d’antioxydants et de pesticides. L’orge cultivé biologiquement provient de Hesbaye, région connue pour son agriculture et son élevage. Petit détail qui a son importance. Le seul sucre biologique qui puisse recevoir le label « bio » est issu… de canne à sucre.

 

Bio Express

Pierre Delcoigne a décroché son diplôme d’ingénieur en chimie et bio-industrie à l’Université catholique de Louvain (UCL), où a également étudié son épouse Vinciane Wergifosse. Il suivra ensuite une spécialisation de 2 ans pour devenir « Ingénieur brassicole » à l’École de Brasserie de Louvain. Un diplôme qu’il a obtenu avec grande distinction. Sa compagne Vinciane Wergifosse, quant à elle, est responsable de l’aspect opérationnel et commercial de l’entreprise.

Constructions monumentales bordant l’Escaut et véritables foyers économiques, les fours à chaux du Rivage Saint André, implantés au pied du pont de Vaulx-Cherc, ont fait vivre pendant plus d’un siècle la région tournaisienne. Situés à seulement 5 km du centre de Tournai, abandonnés, rendus à la végétation et à l’oubli, les lieux, entourés d’anciennes carrières de pierres mais aussi de grands espaces verts, ont été quelque peu délaissé par les nouvelles générations.

Négligés par le plus grand nombre, certes, mais pas par tout le monde cependant. Depuis 1997, quatre hommes travaillent à redonner vie à ce lieu, riche en histoire et en beauté. Via leur fondation, la fondation FaMaWiWi, Domino, Eric, Quentin et Mathieu travaillent à la réhabilitation des lieux avec pour objectif déclaré de susciter la réflexion et le débat sur le thème de l’art et de la mémoire à travers le développement de divers projets artistiques et mémoriels contemporains.

La fondation FaMaWiWi

FaMaWiWi, le nom sonne comme celui d’un mystérieux chef Indien. Mais détrompezvous, aucun Apache ou Iroquois n’a installé un jour son tipi dans le site des fours. Du moins, pas de mémoire de Tournaisien ! FaMaWiWi n’est autre que l’assemblage des deux premières lettres des noms de famille des quatre fondateurs : Domino Favot, Eric Marchal, Quentin Wilbaux et Mathieu Wilputte. Nés dans la région, la connaissant sur le bout des doigts, les quatre hommes, enfants, ont parcouru ensemble, en long et en large le site des fours à chaux. Depuis lors, trois d’entre eux sont devenus architectes. Quant à Domino Favot, il s’est lancé dans le métier de traiteur. De gamins curieux et fascinés par les lieux, ils sont devenus des hommes concernés et entreprenants, bien décidés à rendre aux fours une place prépondérante, à la mesure de leur histoire.

En décembre 1996, la société immobilière tournaisienne « Rivage Saint-André » - dirigée justement pas nos quatre passionnés et créée spécialement pour assurer la restructuration d’anciens sites industriels désaffectés - achète le site en friche. Plus tard, en 2004, après des années de travaux de déblaiement et de réaffectation, la société cède le site en son entier à la fondation FaMaWiWi. Celle-ci est conçue dans le but de transmettre la mémoire des hommes d’aujourd’hui aux générations futures, en alliant l’art au souvenir. Ce projet dicté par l’amour du lieu, soufflé par le lieu ainsi que par l’alchimie qui existe entre les 4 compères, s’ancre désormais dans ce lieu chargé d’histoire et de poésie que sont les anciens fours à chaux.

Espace de vie et du souvenir

Depuis l’acquisition du site à la fin des années 90, les lieux revivent donc à travers des spectacles, des concerts et des expositions. Les fours sont maintenant répartis en salles d’exposition, ateliers de création artistique, jardin du souvenir et mnémothèque. Ainsi, les grandes salles voûtées ont été restaurées pour accueillir des évènements et l’ancienne ferme est devenue un atelier de création artistique où se donnent différents stages.

Pour accéder au jardin du souvenir et à la mnémothèque, le visiteur doit affronter un magnifique pont-levis et traverser l’imposant bâtiment central, semblable par sa forme et par sa taille à un immense vaisseau échoué au bord de l’Escaut. Il doit ensuite atteindre le jardin, un parc semi-naturel, situé en hauteur, dominant l’ensemble du site. C’est là-haut que les oeuvres d’art, sous forme de bornes, des passeurs de mémoire - semblables au témoin lors d’une course de relais - ont trouvé leur place, au détour des chemins de promenades. Une contrainte seulement : l’oeuvre ne peut pas avoir plus de 10 cm de diamètre, les lieux ne doivent pas devenir un ghetto d’artistes. C’est aussi ici que les cendres des défunts donateurs peuvent être répandues. Quant à la mnémothèque (du grec mnémo : mémoire et têkê : lieu de dépôt), elle est destinée à collecter sous diverses formes les traces des passages individuels sur cette terre. Ces témoignages de vie peuvent être des objets, des textes, des oeuvres d’art, etc. destinés à devenir l’expression d’une mémoire collective pour le futur. La mnémothèque est constituée d’alcôves par spirales pouvant contenir des objets personnels. Il y a désormais 2 forêts : la forêt naturelle et l’autre, la forêt dans la forêt, une forêt de messages pour l’avenir. ■

 

FaMaWiWi, en bref…

Les ressources financières de la fondation proviennent principalement des membres donateurs et des mécènes. Ceux-ci ont un accès privilégié au site. En adhérant à la fondation, les souscripteurs – dits aussi les passeurs de mémoire – participent à une oeuvre commune destinée à leur survivre.

La fondation FaMaWiWi considère comme donateur toute personne faisant un don d’un montant minimum de 1500 €. Le donateur se voit dès lors attribué à vie l’accès aux fours et au jardin statuaire. Il reçoit notamment un badge personnel qui lui permet de déployer les ailes du pont-levis. Il a également le droit de faire inscrire sur le site son nom ou tout autre message mémoriel (suivant les modalités fixées par la fondation) et à y faire disperser ses cendres. La fondation propose encore d’autres services tels que la conception de testaments audio-visuels, la création d’oeuvres ou d’évènements personnalisés, des séances de réflexions sur les rites funéraires, etc.

Renseignements:

www.famawiwi.com

Le Château des Thermes, à Chaudfontaine. Un hôtel, un espace thermal, un restaurant et un espace séminaire. Quatre étoiles à l’orée de la forêt. Pas besoin de dormir pour rêver.

Acquis dans les années septante par la Commune de Chaudfontaine, le magnifique château du XVIIIe dressé au coeur du parc de Hauster, à Vaux-sous- Chèvremont, n’eut longtemps comme seule fonction de rappeler le passé. Ses façades classiques, magnifiques mais ternes et vieillissantes, ajoutaient un côté mélancolique au parc où les badauds aimaient se promener. Après beaucoup de projets, on s’est enfin décidé : le château Hauster, rénové, abriterait un centre thermal alimenté directement par l’eau de source de Chaudfontaine qui viendrait enjoliver la carte de visite de cette commune déjà portée… sur l’eau. Des gérants ont été débauchés aux Pays-Bas, le projet a été lancé en novembre 2001. Mais deux ans plus tard, c’était la faillite. Certains ont cru le lieu maudit. D’autres ont été effrayés par les millions d’euros qui avaient été engloutis pour une première rénovation qui, déjà, en appelait une autre.

Parcours atypique

C’est à ce moment que Gilbert Lodomez, originaire de Malmedy et actif dans l’hôtellerie, entre dans la danse avec sa fille Aurélia, diplômée en gestion des ressources humaines, et aujourd’hui chargée de la gestion administrative du château. Ce Malmédien, issu d’une famille très modeste, a pu décrocher via les cours du soir un diplôme d’ingénieur qui l’a mené droit vers une grosse entreprise de distribution d’électricité. C’était une « bonne place », où il a pu gravir les échelons un à un. Jusqu’au jour où, à 34 ans seulement, il décide de repartir de zéro, histoire d’avoir de nouveaux défis à relever.

Changeant radicalement de secteur, l’homme s’est d’abord orienté vers le commerce en moyennes surfaces. Il en a acquis plusieurs, puis les a revendues quand il a senti que les hypermarchés allaient conquérir le marché, justement. Avec son bas de laine, Gilbert Lodomez concrétise le rêve de son épouse en acquérant le Domaine des Hautes Fagnes, hôtel de 72 chambres où il intègre – c’était le premier dans la région - un espace thermal. Une petite étape avec un autre hôtel avant que l’ingénieur, devenu investisseur, ne tombe sous le charme du magnifique domaine calidifontain.

« Ceux qui avaient conduit le site vers la faillite avaient vu trop grand, notamment en nombre d’employés, se souvient Gilbert Lodomez. Pourtant, il y a une chose qu’il faut retenir lorsqu’on s’engage dans un challenge pareil : ne surtout pas dépenser l’argent qu’on n’a pas! » Les premiers gestionnaires avaient une équipe d’une quarantaine de personnes, qui avaient dû être licenciées après deux ans à peine. La famille Lodomez n’a pas suivi leurs traces en débutant avec 13 personnes seulement. Au fil des investissements, tant en moyens humains qu’en matériel, le site s’est amélioré et s’est taillé une réputation désormais excellente. Il emploie aujourd’hui cinquante personnes dont la mission est la même : choyer les invités, faire de chaque minute passée dans leurs murs, un moment unique. « Un hôtel est une somme de détails, confie Gilbert Lodomez. Chacun de ces détails doit être parfait. » Les clients en sont les premiers satisfaits !

Luxe cosy

Côté décor, tout a été fait pour atteindre la perfection. Quelques marches mènent à la réception où de grands comptoirs de bois abritent un personnel affable tiré à quatre épingles. Les visiteurs pénètrent ensuite dans un ailleurs auquel on s’acclimate très vite : un calme particulier règne dans ces lieux. Les hôtes y circulent à pas feutrés, parlant doucement, emballés dans de grands peignoirs blancs. Pas de stress, pas de crispation, pas de bruit. La chaleur ambiante, la douceur des mains expertes dans lesquelles ils sont passés, ont vite fait de leur faire oublier leurs soucis…

Dans ce château plusieurs fois remodelé, mais dont la façade Nord est millésimée « 1753 », tout le luxe de l’époque a été remis en valeur. Le souci de conservation a été appliqué jusqu’aux cheminées de marbre et aux portes moulurées et le choix des meubles a été opéré pour une décoration mêlant avec justesse les clins d’oeil au passé (guéridons massifs peints, candélabres muraux, fauteuils façon Louis XVI…) et la modernité via des meubles épurés. Côté couleurs, le choix a lui aussi été opéré pour que les contraires se côtoient en tout équilibre. Le luxe des dorures et du rouge vermillon vient s’ajouter à la fraîcheur de l’écru et de l’anis, et au chic du noir et blanc…

Dans le corps de logis en L, s’étendant au Nord et à l’Est, se nichent les nombreuses salles de soins. Les annexes accueillent quant à elles les chambres, qui se présentent sous quatre « labels » : 31 d’entre elles sont de type « confort » (109 €/personne, 149 € en demi-pension), sept autres sont des « junior suites » (119 €/personne, 159€ en demi-pension), tandis que deux suites impériales (à partir de 199 €) sont dotées d’une baignoire avec chromothérapie et musicothérapie, d’où l’on sort en ayant une vue sur le jardin « zen » qui porte on ne peut mieux son nom. Sept chambres « authentiques », proposées à partir de 99 €/personne, sont en outre installées dans les anciennes écuries du château.

Les résidents de cet hôtel « 4 étoiles plus » peuvent, tout comme ceux qui se rendent dans les lieux pour se détendre l’espace d’une journée, accéder aux thermes à leur guise, profitant ainsi des trois saunas, du bain thermal extérieur à 34 C° avec son dispositif d’hydrojets, de sa piscine d’eau thermale intérieure, des hammams, des pédiluves, de la cabine de sel et de la cabine infrarouge, du caldarium pour les bains chauds, des salles de relaxation… Ils profiteront également des dizaines de types de soins à la carte prodigués par la trentaine d’esthéticiennes hyperspécialisées.

À midi, les hôtes mangeront selon leur appétit, picorant dans un grand buffet de produits « santé » extra-frais et terminant par les saveurs sucrées des desserts proposés. Ceux qui auront la chance de rester jusqu’au soir profiteront quant à eux d’un menu gastronomique dont celui-ci, choisi au hasard : salade de homard au céleri crémé et coulis de crustacés en guise d’entrée, julienne de pommes vertes pour patienter jusqu’au plat, suprême de volaille farcie aux truffes et émincé de chicons pour se sustenter et panacotta à la vanille de Madagascar pour bien terminer…

À la lecture de tout cela, on comprendra que des stars telles Emmanuelle Béart, Béatrice Dalle, Jamel Debouzze, Laurent Gerra, Bruno Solo, Catherine Jacob, Fanny Cottençon ou encore Jean-Pierre Castaldi aient fait étape ici. On devinera facilement ce qui a poussé Axel Witsel, Steven Defour, Vincent Kompany et les autres diables rouges à venir se ressourcer dans ce château.

On vient de loin pour profiter des moments de détente offerts dans cet écrin. Mais il y a un impératif à respecter pour tout séjour que l’on voudrait y passer : réserver longtemps à l’avance, tant la nuitée que les soins. ■

 

Une clinique esthétique

On l’aura compris, Gilbert Lodomez n’est pas homme à se reposer sur ses lauriers. Il a donc doté son château d’une clinique esthétique en partenariat avec des médecins renommés du Centre Hospitalier Universitaire de Liège. On y retrouve trois cabinets de consultation, deux salles équipées d’un bloc opératoire « High Tech », une salle destinée aux interventions et une salle pour des massages.

« Dans le centre thermal, les gens sont accueillis en tant que clients, explique le patron. Ils se muent ensuite en patients lorsqu’ils passent les portes de la partie dédiée à la chirurgie esthétique. Une fois l’opération achevée, ils redeviennent des clients. Dans l’hôtel du château, ils peuvent se reposer en toute discrétion et bénéficier de l’ensemble des services que nous proposons, tant pour leur remise en forme que pour leur bien-être. Et s’ils n’ont pas envie de quitter leur chambre dans les premières heures ou les premiers jours, pas de problème. Nous venons à eux ! »

 

Des kilomètres de balades au fil de l’eau…

 

Le Château des Thermes vous inspirera sans doute des envies de farniente mais certains auront sans doute l’envie de découvrir les paysages environnants. On vous y proposera la visite de Source O Rama, lieu didactique dédié à l’eau, un petit tour à l’usine d’embouteillage des eaux de Chaudfontaine pour mieux comprendre les différentes étapes parcourues par l’eau avant d’arriver sur nos tables, ou encore une étape au mini-golf, voire au « Fort aventure. » Vous pouvez aussi tout simplement chausser vos bottines et partir pour de grandes balades.

Pour ce faire, la Maison du tourisme a édité une carte IGN (1/15 000e) reprenant les itinéraires balisés tant pour les promenades pédestres que pour celles réservées aux aficionados du VTT. Les promenades pédestres sont, complémentairement à la carte, reprises sous 13 fiches bien didactiques (3 autres fiches sont dédiées au VTT) où vous trouverez, point par point, les différents lieux qu’il vous faut relier.

Le parcours « Chèvremont »

Autour du parc de Hauster, nous vous conseillons ce parcours qui part de la Maison Sauveur, à Chèvremont, pour rejoindre la basilique après avoir parcouru une boucle de 7,5 km. Ces 2h45 de marche vous permettront de découvrir la station thermale d’autrefois et celle d’aujourd’hui, mais aussi le passé métallurgique des lieux (le parc Hauster abritait, au XVIe siècle, une platinerie et une fenderie qui fut ensuite convertie en laminoir). C’est l’énergie hydraulique de la Vesdre, que l’on retrouve sur une bonne partie de la promenade, qui attirait ces usines en ces lieux.

D’autres balades sur le thème de l’eau (les 7 km de la « balade du confluent », les 4,5 km du « circuit de l’eau »…) figurent également sur ces fiches, vendues en lot (5 €).

La carte IGN est quant à elle vendue 7,5 € et une pochette regroupant l’ensemble des informations peut être acquise pour 10 €.  

 

Renseignements:

Maison du tourisme des Thermes et Coteaux & Royal Sydicat d'Initiative de Chaudfontaine

Avenur des Thermes, 78 boite bis

B-4050 Chaudfontaine

+32 (0)4 361 56 30

[email protected]

www.chaudfontaine.be

 

La ville de la région du Centre en Hainaut célèbre chaque année, le carnaval au Laetare. La fête s’inspire beaucoup de l’exemple de Binche mais elle a ses caractéristiques propres.

La Louvière n’est devenue une commune qu’en 1869, à la faveur du développement industriel lié au charbon, à la sidérurgie et aux faïenceries. Elle a réuni différents hameaux rattachés au village de Saint-Vaast. Le carnaval a conservé la trace de ce morcèlement. Les premières sociétés naissent dans les hameaux au milieu du XIXe siècle. En 1882, le grand cortège du lundi a réuni toutes les sociétés de Gilles et de fantaisie.

Aujourd’hui, la fête commence en janvier avec les répétitions de batteries (tambours) et les soumonces. Le dimanche de la Laetare, à 5 heures du matin, les Gilles se mettent en route et se rassemblent dans les quartiers avant de former un rondeau devant l’Hôtel de Ville vers 12 heures avec les Paysans et les autres groupes costumés. La journée se termine avec le feu d’artifice sur la place communale vers 21 heures et l’animation continue tard dans la nuit.

Le lundi est surtout le jour du cortège qui fait suite aux rencontres amicales de la matinée. À partir de 16 heures, le cortège fait défiler toutes les sociétés locales emmenées par les géants D’Jobri et D’Jobrette, avec les sociétés de fantaisie, les Paysans et les Gilles. Le cortège se termine par un rondeau gigantesque sur la place Mansart. Les festivités se poursuivent toute la nuit.

Le mardi, la fête commence à 14 heures et les nombreux travestis (Clowns, Arlequins, Indiens…) côtoient les Gilles et les Paysans. La journée se termine à partir de 21h45, avec les brûlages de bosses devant les locaux des sociétés de Gilles. Un mannequin costumé en Gille, bourré de paille est lui aussi incinéré, symbolisant la fin du carnaval. Le brûlage des bosses singularise les carnavals du Centre alors qu’à Binche, le rituel est inconnu.

La Louvière réunit six sociétés de Gilles, dont certaines, comme les Amis Réunis, les Gilles de Bouvry ou les Boute-en-Train remontent au XIXe siècle. Les Maugré-Tout, les Commerçants et les Indépendants se sont constitués au XXe siècle. La société des Paysans existait en 1860 mais a disparu, elle a été reconstituée en 1985. Les sociétés de fantaisie participent aussi à l’animation carnavalesque.

Le carnaval de La Louvière est une fête populaire identitaire caractéristique de la région du Centre. On retrouve des festivités semblables dans de nombreuses localités de la région où elles sont intensément vécues dans la ligne du grand exemple de Binche.

 

D’Jobri et D’Jobrette, les Géants

Joseph Brismet (1885-1969) a créé son pseudonyme en associant la première syllabe de son prénom et de son nom. Cet auteur dialectal a rencontré un beau succès dans la région du Centre avec ses chansons, monologues, sketches. Interprète et diseur de talent, il a trouvé dans sa famille, des partenaires à sa mesure avec sa femme Laure (D’Jobrette) et ses deux filles Gilberte et Mariette D’Jobrinettes).

Il fut aussi cafetier et gille dans la société les Boute-en-Train. Sa notoriété lui a valu d’être gigantifié de son vivant. En septembre 1955, aux Fêtes de Wallonie, les organisateurs de la foire commerciale de La Louvière ont créé les deux géants D’Jobri et D’Jobrette. Les têtes ont été réalisées par Fernand Liénaux (1897-1980), artiste et écrivain, très impliqué dans la tradition du carnaval. Depuis cette époque, les deux géants ouvrent le cortège du carnaval.

 

Renseignements

Carnaval de La Louvière

Du 15 au 17 mars 2015

www.carnavallalouviere.be

La réputation du carnaval de Binche se justifie par l’originalité et l’authenticité de ses coutumes restées fidèles aux dates traditionnelles des jours gras et à l’ordonnance quasi immuable de la préparation de la fête au sein des familles et des sociétés carnavalesques… dès l’automne.                           

La Nuyt des Quaresmiaux est connue dès 1394. Mais il faut attendre le 23 pluviôse an 3 (11 février 1795) pour voir apparaître le Gille. La fête locale prend son essor au XIXe siècle. Les animations commencent six semaines avant les jours gras, avec les répétitions de batteries (tambours) puis chaque dimanche avec les soumonces, d’abord en batterie puis en musique. Trois bals costumés sont organisés les samedis par les trois courants d’opinions (socialiste, catholique et libéral). Le lundi qui précède le dimanche gras, à partir de 21 heures, la nuit des Trouilles de Nouilles met en scène des déguisements sales et en lambeaux. Les beaux masques, appelés ainsi par dérision, vont intriguer et leurs victimes s’efforcent de reconnaître leur partenaire.

Le Dimanche Gras, jour de la Quinquagésime, est une séquence très colorée où se croisent tous les masques, illustrant des thèmes variés, originaux et surprenants. Les hommes se déguisent parfois en femmes (les Mam’zèles) et vice-versa. Les sorties de masques s’accompagnent des tambours et des orgues de barbarie (les violes). L’après-midi, le défilé réunit les treize sociétés de gilles et les trois sociétés de fantaisie (Paysans, Pierrots et Arlequins). La journée du lundi, qui traditionnellement attire moins de visiteurs extérieurs, est consacrée aux jeunes et aux enfants.

 

Gille, un inca ?

Le Mardi Gras est le jour du Gille. C’est aussi le moment le plus connu qui attire de nombreux touristes. Cette figure emblématique est le résultat d’une longue évolution. Rejetons une fois pour toutes la belle légende qui en fait un descendant des personnages déguisés en Incas dansant lors des fêtes de 1519, organisées par Marie de Hongrie en l’honneur de Charles Quint et Philippe II (1). Le personnage est bien plus complexe. Son nom vient de la Comedia dell’ Arte mais sa danse, ses sabots, son ramon (petit balai), ses sonnailles (l’apertaintaille), sa bosse de paille font penser à des rituels connus dans d’autres fêtes carnavalesques. Son costume et ses célèbres plumes d’autruche sont sans doute des apports de la bourgeoisie du XIXe siècle. Le jet d’oranges est récent mais le geste vise à assurer la prospérité. Le Gille porte aussi lors de la sortie du matin, un masque de cire avec lunettes et moustaches. Dans les deux cortèges, celui du matin et celui de l’après-midi, les centaines de Gilles dansent aux côtés des Pierrots et des Arlequins.

Ce personnage emblématique ne sort qu’à Binche le Mardi Gras. Mais le costume a connu un succès important, non seulement dans la région du Centre mais aussi dans tout le Hainaut ou en pays flamand (carnaval d’Alost). Au vu de ces copies qui se produisent parfois à l’étranger ou dans diverses manifestations, Binche a assuré une protection juridique à la figure du Gille de Binche qui ne quitte pas sa ville et sa fête.

(1) Il semblerait qu'aucun document ne vienne étayer cette affirmation à en croire Samuel GLOTZ, Le Carnaval, une fête vivante, dans Jean FRAIKIN (sous direction), Folklore et Culture, Tradition Wallonne, 24, 2007.

 

Le carnaval est la manifestation emblématique de la cité hennuyère qui vit toute l’année au rythme de la fête. Le rituel est transmis de génération en génération et il renaît chaque année avec la même ferveur. Il fait partie des chefs-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de la Communauté française et a été reconnu en 2003 par l’Unesco, Chef-d’œuvre du Patrimoineoral et immatériel de l’Humanité. Il figure donc dorénavant sur la liste du Patrimoine représentatif tenue par l’institution internationale. La fête est analysée et replacée dans son contexte au sein du Musée international du Carnaval et du Masque fondé par Samuel Glotz et dont l’œuvre a été poursuivie par le deuxième directeur, Michel Revelard.

 

Carnaval de Binche, du 15 au 17 février 2015.

http://www.carnavaldebinche.be

 

En Wallonie, on a le culte de la fête. Si on s’y débride avec générosité, on aime néanmoins que ces réjouissances soient ancrées dans notre histoire. À l’approche du printemps, les carnavals sont sans doute les plus beaux exemples de ces festivités de tradition. À tel point qu’elles appartiennent désormais à ce qu’on a appelé le « patrimoine immatériel ». Excusez du peu !

Au cours des années 1970, l’importance du patrimoine culturel est mise en évidence par l’Unesco. L’Organisation des Nations Unies pour la Science, la Culture et le Patrimoine élabore une Convention internationale sur le Patrimoine Mondial en 1972. Ainsi, les monuments d’importance majeure et les sites naturels remarquables sont considérés non seulement comme des biens nationaux, mais aussi comme faisant partie de l’héritage culturel de l’humanité, appartenant donc sur un plan idéal à l’humanité tout entière (ndlr : ne citons que l’exemple du Temple d’Abou Simbel en Egypte)

La notion de patrimoine sera élargie aux traditions populaires affirmant l’identité des communautés ou des groupes. Traduisant ce nouvel état d’esprit, une Convention est votée par l’Unesco le 17 octobre 2003 pour la Sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel*. Les expressions du patrimoine oral et immatériel sont donc diversifiées et souvent font partie de vastes complexes de traditions, croyances et pratiques séculaires qui constituent l’art et la culture populaires. Venues du passé, elles vivent, évoluent, changent dans le présent sous l’impulsion de toute une série de facteurs socioculturels. Le patrimoine immatériel, ce sont donc les traditions vivantes qui représentent une partie majeure de l’identité des groupes humains qui les pratiquent.

(*)L’article 2 de ce document précise : « On entend par “patrimoine culturel immatériel” les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine.»

Traditions vivantes

La Belgique francophone est terre de nombreuses traditions populaires. Elle est profondément attachée aux richesses multiformes de son folklore qu’elle exprime selon ses régions et la sensibilité des habitants, par ses carnavals, ses marches, ses processions, ses cortèges, ses ducasses, ses sorties de géants, ses jeux, ses repas, les mille et une occasions qui émaillent le calendrier. Elle y puise une part essentielle de son identité. Toutefois, si toutes les saisons sont propices à la fête, en Wallonie, la fin de l’hiver et le début du printemps ont toujours privilégié le carnaval.

Le temps des carnavals

Tel qu’il a survécu dans diverses localités de Wallonie, le carnaval est le prolongement direct de l’ancienne mascarade hivernale. Il est cristallisé autour de quelques dates-clés toutes mobiles puisque liées, tels les Jours Gras, au Mercredi des Cendres, au carême et à la fête de Pâques qui commande toutes les autres fêtes mobiles. La célébration du carnaval est donc restée liée à ce calendrier. Les Jours Gras marquent l’apogée des carnavals les plus traditionnels : Binche et Malmedy.

Les anciens carnavals de la Région du Centre (Hainaut) comme Haine-St-Pierre et Morlanwelz ont lieu le dimanche de la Quadragésime ou Feureu. Plus récemment, la célébration de certains carnavals a été fixée ou déplacée au quatrième dimanche de carême ou Laetare. C’est le cas du carnaval des Blancs-Moussîs à Stavelot, de la sortie des Chinels à Fosses, du carnaval des Porais à Tilff ou encore de plusieurs carnavals de la Région du Centre, La Louvière en particulier. Au terme du carnaval, on a coutume, à Malmedy, de brûler la Haguette. Cette tradition d’allumer un feu pour marquer la fin de la fête ou encore comme raison d’être de la fête, se retrouve un peu partout à travers le temps. Ce Feureu comme on l’appelle dans la Région du Centre, coïncide avec le dimanche des Brandons (Quadragésime). En Wallonie, la tradition des Grands Feux est restée fort vivante dans les provinces de Liège, de Luxembourg et de Namur.

À Treignes près de Couvin, un mannequin, fait de fagots, est promené par le village, avant d’être jugé sur le parvis de l’église ; la damnation à la noyade, puis au brûlage s’accompagne de nombreux traits satiriques décochés au voisinage. Au terme du parcours, le feu est bouté au bûcher. La foule crie et danse autour de l’immense tas de bois enflammé. À Treignes, la coutume veut que l’on profite de ce moment pour « réchauffer les femmes pour un an » en les approchant du foyer. Voilà qui promet !

 

Les mots du Carnaval

 

Carême (ou quaresme)

Période de 46 jours pendant laquelle les chrétiens vont se priver de nourriture pour se purifier avant la fête de Pâques. Ces restrictions s’étendent sur six semaines mais elles sont levées les dimanches. C’est pourquoi s’ajoutent les quatre jours à partir du Mercredi des Cendres. Le mot vient du latin populaire quaresima altération du latin classique quadragesima, le quarantième jour avant Pâques. Cette période ferait aussi allusion aux quarante jours passés par le Christ dans le désert.

Carême-prenant ou Carême-entrant

Les deux mots sont employés dans certaines régions de France pour évoquer le carnaval.

Caresmiaux ou Caresmel ou Cwarmê

Anciennes dénominations du carnaval en Wallonie. Elles viennent directement du mot carême. Le troisième mot est toujours en usage à Malmedy.

Carnage ou Charnage 

Désignation ancienne du carnaval, période où l’on peut consommer beaucoup de viande.

Carnaval

C’est le mot le plus répandu aujourd’hui pour les réjouissances qui marquent la fin de l’hiver et s’inscrivent dans le calendrier chrétien avant le carême. Il est emprunté à l’italien carnevalo qui vient du latin carne levare, ôter la viande. Le mot indique donc l’entrée en carême puis la veille de l’entrée en carême et, par extension, les Jours Gras et l’ensemble de la fête.

Fastnacht ou Fastenavond

Mot allemand désignant le carnaval, par exemple en Communauté germanophone en Wallonie. Il désigne la veille du jeûne (la nuit ou le soir), donc des privations du carême.

Laetare

Terme latin prononcé par le prêtre dans l’introit de la messe de la mi-carême, le quatrième dimanche du carême. C’est un moment de répit qui permet de faire, la fête. Le mot signifie d’ailleurs « réjouissez-vous ! » le carnaval est célébré à cette date, dans plusieurs villes wallonnes, comme Stavelot, La Louvière ou Tournai.

Quadragésime

Désigne le quarantième jour avant Pâques. C’est le premier dimanche de carême.

Quaresmiaux ou Quaresmel

(voir caresmiaux et caresmel)

Quinquagésime

Cinquantième jours avant Pâques. C’est le Dimanche Gras où se déroulent de nombreuses festivités du carnaval.

Rosenmontag

Lundi des Roses, célébré à Eupen le Lundi Gras. Le mot serait une déformation de Rosensonntag qui désigne le Laetare à Cologne.

Vastenavond

Souvent déformé en Vastelavond ou Vastavond. Il désigne le carnaval en Flandre. On se reportera au germanique Fastnacht ou Fastenavond. 

 

LISTE, ÉTABLIE PAR LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE, DES CHEFS-D’OEUVRE DU PATRIMOINE ORAL ET IMMATÉRIEL :

➝ La Ducasse de Mons.➝ La Ducasse d’Ath. ➝ Le Meyboom de Bruxelles. ➝ Le Carnaval de Binche. ➝ Le Carnaval de Malmedy. ➝ La Marche St-Feuillien de Fosses-La-Ville. ➝ La Marche Sainte-Rolende de Gerpinnes. ➝ La Marche de la Trinité à Walcourt. ➝ La Marche St-Roch d’Ham-sur-Heure. ➝ La Marche St-Roch à Thuin. ➝ La Marche de la Madeleine à Jumet. ➝ Le Tour Sainte-Gertrude à Nivelles. ➝ Le Tour Sainte-Renelde à Rebecq (Saintes). ➝ Les Echasseurs de Namur. ➝ La Société royale Moncrabeau de Namur. ➝ La Compagnie royale des Anciens Arbalétriers de Visé. ➝ La Compagnie royale des Anciens Arquebusiers de Visé. ➝ La Compagnie royale des Francs Arquebusiers de Visé. ➝ La Fauconnerie. ➝ La Ducasse de Messines à Mons.

 

La Newsletter

Your opinion counts